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Consolation du 25 juin 1941

De Tj-encyclopédie
Consolation du 25 juin 1941
Revue Consolation
Date 1941
Année 1941
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par une longue enquête à charge contre la Compagnie de Jésus, présentée comme le bras armé secret de la papauté et comme l'artisan des grands régimes totalitaires européens. La démonstration s'appuie sur des sources historiques, des citations de presse et des extraits d'ouvrages anciens — dont un livre de Samuel F. B. Morse datant de 1836 — pour établir que les Jésuites œuvreraient depuis des siècles à la destruction des libertés protestantes et démocratiques, y compris aux États-Unis.

Le numéro situe cette menace dans le contexte immédiat de la Seconde Guerre mondiale, en mettant en cause la neutralité affichée du Vatican et en affirmant que le nazisme et le fascisme seraient des instruments délibérément forgés par la hiérarchie catholique romaine. Les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah sont intégrées à cette grille de lecture comme une illustration contemporaine des méthodes jésuites dirigées contre ceux qui, selon la publication, s'opposent à la domination de Rome.

Analyse

Croyances

Le Royaume de Dieu comme seule véritable théocratie

Le concept de « Gouvernement Théocratique » structure de bout en bout ce numéro : nazisme, fascisme, communisme et papauté y sont présentés comme autant d'instruments de l'« organisation de Satan » s'opposant à l'instauration du règne divin sur la terre.[1] Dans le discours prononcé lors de l'inauguration des Kingdom Farms, Rutherford oppose explicitement le « royaume de Satan » au « Royaume de Dieu », présentant la théocratie divine comme la seule réponse légitime aux bouleversements du monde contemporain.[2] La chronique britannique de J. Hemery reproduit la même logique dualiste en affirmant que « le message de l'établissement du Royaume doit désormais être proclamé » constitue la tâche essentielle du moment, au-delà même de la seule proclamation de la mort rédemptrice du Christ.[3] Ce thème théocratique est ici caractéristique de la doctrine rutherfordienne telle qu'elle s'était affirmée depuis la fin des années 1930, où la Watch Tower opposait systématiquement la « théocratie de Jéhovah » à toute forme d'autorité humaine.[4]

1914 comme point de départ de la période eschatologique

Le discours de Rutherford lors de l'inauguration des Kingdom Farms mentionne explicitement 1914 comme l'année de l'avènement du « Royaume de Dieu » sur la terre, marquant selon lui le début d'une période de troubles croissants devant aboutir à Harmaguédon.[5] Cette affirmation s'inscrit dans l'évolution doctrinale de l'organisation : si Russell avait d'abord envisagé 1914 comme la date de la fin des gouvernements humains, Rutherford avait progressivement réinterprété cette date comme le « commencement de la fin », soit le point de départ des signes eschatologiques et non leur terme.[6] La Seconde Guerre mondiale en cours est ainsi intégrée à ce schéma prophétique : elle n'est pas un accident de l'histoire, mais le développement prévisible d'une période inaugurée en 1914, lorsque le Christ aurait été intronisé dans les cieux et Satan précipité aux abords de la terre, y répandant la tribulation.[7]

Harmaguédon comme aboutissement imminent du conflit actuel

Harmaguédon est présenté dans ce numéro comme l'issue prophétique inévitable de la confrontation entre le « royaume de Satan » — dont nazisme, fascisme et papauté sont les instruments — et le Royaume de Dieu.[8] Cette doctrine de l'imminence d'Harmaguédon donne à la Seconde Guerre mondiale une signification eschatologique précise : les persécutions contre les Témoins de Jéhovah en Allemagne, en Autriche, en Tchécoslovaquie et en Pologne, mentionnées par Rutherford, ne sont pas simplement des faits politiques, mais les manifestations attendues de l'opposition satanique dans la dernière phase de l'histoire humaine.[9] La résistance des prisonniers des camps nazis sommés de choisir entre « accepter Hitler » et « rester fidèles à Jéhovah » est lue à travers ce prisme : elle illustre concrètement le conflit cosmique que la doctrine situe à son point culminant.[10]

Le pape et la papauté identifiés à une puissance prophétique antagoniste

L'article de tête du numéro qualifie l'ambition papale de restaurer l'« Empire romain saint de la nation germanique » de menace pour la « véritable théocratie chrétienne », l'inscrivant dans une lecture prophétique des Écritures.[11] La publication présente les Jésuites comme les exécuteurs d'une stratégie millénaire visant à reconstituer une domination universelle contraire au dessein divin, thème qui s'enracine dans une longue tradition protestante d'identification de la papauté à la « Bête » de l'Apocalypse ou à la « petite corne » de Daniel. Cette tradition remonte aux Réformateurs du XVIe siècle et a été reprise par des courants millénaristes depuis le XVIIIe siècle, avant d'être intégrée à la théologie Watch Tower.[12] Dans ce numéro, la figure de Samuel F. B. Morse — présenté comme un témoin historique de la menace pontificale sur les institutions démocratiques — est mobilisée pour valider cette lecture, établissant ainsi un continuum entre l'anticatholicisme du XIXe siècle américain et la doctrine eschatologique de l'organisation en 1941.[13]

La fidélité à Jéhovah comme obligation absolue face aux autorités humaines

Deux exemples distincts illustrent dans ce numéro la doctrine de la primauté de l'autorité divine sur toute autorité humaine. D'une part, le témoignage des prisonniers des camps nazis confrontés au choix entre Hitler et Jéhovah, rapporté par le missionnaire britannique Norman E. Walker, pose cette exigence dans le contexte extrême de la persécution physique.[14] D'autre part, la victoire juridique de quatre Témoins de Jéhovah contre l'ordonnance municipale de Moscow (Idaho), déclarée inconstitutionnelle par le juge Cavanah en mai 1941, illustre la même doctrine dans le cadre des libertés civiles américaines : la distribution de littérature religieuse est présentée comme un acte de service envers Jéhovah que nulle autorité locale ne saurait légitimement restreindre.[15] Ces deux registres — le martyre en régime totalitaire et la résistance légale en démocratie — convergent vers une même affirmation théologique : l'obéissance à Dieu prime sur toute injonction humaine, conformément à la lecture que l'organisation faisait de passages tels que Actes 5:29.

L'humanisme et l'évolutionnisme comme rejets du Créateur aux conséquences eschatologiques

La chronique britannique de J. Hemery consacre des développements significatifs à la critique du « doyen Inge » et de l'évêque Barnes de Birmingham, tous deux présentés comme des représentants d'un humanisme athée incompatible avec les Écritures. William Ralph Inge (1860–1954), doyen de la cathédrale Saint-Paul de Londres jusqu'en 1934 et surnommé « the gloomy Dean » par le Daily Mail en raison de ses prédictions pessimistes, professait une forme d'évolutionnisme philosophique et des vues sociales-darwiniennes, dont il ne percevait pas la contradiction avec la foi chrétienne.[16] La publication lui reproche précisément cette conciliation : en qualifiant les Écritures de simples « pensées d'hommes bons et bien intentionnés » plutôt que de Parole inspirée de Dieu, Inge serait, selon Consolation, l'un des vecteurs d'un scepticisme biblique qui prépare le terrain à l'humanisme totalitaire.[17] L'évêque Barnes, de son côté, est cité pour avoir affirmé que « l'homme est issu d'ancêtres animaux », remettant en cause l'historicité de récits du Nouveau Testament.[18] Pour la publication, le bolchevisme et le nazisme sont eux-mêmes interprétés comme les aboutissements politiques de cette même idéologie humaniste : refuser le Créateur conduit logiquement, selon ce schéma, à l'effondrement de tout ordre moral et à la tyrannie.[19]

Le message du Royaume comme obligation de proclamation urgente

Hemery souligne explicitement dans sa chronique qu'il y a davantage à proclamer que la seule mort rédemptrice du Christ, et que le message de l'établissement du Royaume est «  désormais dû à être proclamé dans la terre ».[20] Cette formulation reflète une doctrine missionnaire caractéristique de la période : la prédication n'est pas seulement un acte de témoignage individuel, mais une obligation eschatologique urgente, liée à l'imminence d'Harmaguédon. Les récits de prédication à Cuba et dans l'Idaho, ainsi que l'assemblée londonienne de plus de 2 000 personnes tenue le lendemain d'un bombardement, sont présentés comme autant de preuves de la détermination à accomplir cette mission malgré les obstacles.[21] L'enregistrement radiodiffusé de « Judge Rutherford Uncovers Fifth Column », utilisé comme outil de prédication à La Havane, signale en outre que la proclamation du Royaume et la dénonciation des puissances antagonistes sont conçues comme deux aspects d'un seul et même acte missionnaire.[22]

Organisation et histoire

Ce numéro du 25 juin 1941 de Consolation rend compte d'un ensemble d'activités institutionnelles et judiciaires qui illustrent concrètement l'état de l'organisation au cours du premier semestre 1941, dans un contexte de Seconde Guerre mondiale et de tensions persistantes avec les autorités civiles et religieuses dans plusieurs pays.

Le récit de l'arrestation de sept missionnaires à La Havane, puis de leur libération après plusieurs heures de garde à vue, constitue l'un des rares témoignages détaillés disponibles sur l'implantation des Témoins de Jéhovah à Cuba à cette époque.[23] L'incident illustre les difficultés concrètes que rencontrent les missionnaires Watch Tower dans des pays à forte majorité catholique où les autorités locales sont susceptibles d'intervenir à la demande du clergé. La narration met en relief les divisions internes aux forces de l'ordre cubaines, certains policiers se montrant favorables aux missionnaires au nom de la liberté de religion, pendant qu'un policier catholique tente au contraire d'entraver la vente de leurs publications. Cette tension interne aux institutions locales est présentée par la publication comme une preuve de la légitimité de l'activité missionnaire et un signe de la division croissante entre les tenants de la liberté religieuse et les représentants de la hiérarchie catholique.[24]

La décision du juge fédéral C.E. Cavanah déclarant inconstitutionnelle l'ordonnance de la ville de Moscow (Idaho) est présentée par la revue comme une victoire significative pour les libertés civiles américaines.[25] Cette ordonnance, adoptée en mars 1941, exigeait que les distributeurs de littérature prêtent serment d'allégeance au drapeau américain et obtiennent une autorisation policière préalable, sous prétexte de lutter contre la diffusion de « littérature subversive ». Quatre membres de l'organisation — George Narum, Della Campbell, Marie Logan et Carolyn Grenz — avaient été arrêtés pour l'avoir violée. La décision Cavanah s'inscrit dans la continuité de la jurisprudence établie par la Cour suprême des États-Unis dans l'arrêt Lovell v. City of Griffin du 28 mars 1938, dans lequel la Cour avait statué à l'unanimité qu'une ordonnance subordonnant la distribution de littérature à une autorisation préalable violait le Premier Amendement, cette liberté s'étendant aux brochures et tracts aussi bien qu'aux périodiques.[26] Entre 1938 et la fin de la présidence de Rutherford, la Watch Tower Society avait engagé une stratégie juridique délibérée aux États-Unis, transformant chaque arrestation de prédicateur en banc d'essai constitutionnel.[27] La ville de Moscow renonce à faire appel de la décision Cavanah, ce que la revue interprète comme une reconnaissance implicite du bien-fondé de la position de l'organisation.[28]

Le numéro consacre un long article à l'inauguration du nouveau bâtiment des « Kingdom Farms » près de South Lansing (État de New York), propriété de la Watch Tower Bible and Tract Society, le 1er juin 1941.[29] Environ 700 à 800 personnes y assistèrent, parmi lesquelles des professeurs de l'université Cornell, des commerçants, des médecins et des voisins. Ces « Kingdom Farms » de South Lansing — situées dans le comté de Tompkins — étaient déjà connues comme propriété institutionnelle Watch Tower, et elles accueilleront à partir de 1943, sous la présidence de Nathan Knorr, l'École de Guiléad, centre international de formation missionnaire.[30] En 1941, la vocation de ces fermes est présentée par Rutherford comme un lieu d'accueil et d'hébergement pour les personnes dans le besoin, en prévision des « grands troubles » qu'il annonce comme imminents sur la base des prophéties bibliques. Le discours d'inauguration de Rutherford insiste sur la nature pacifique et humanitaire de l'établissement, répondant directement aux rumeurs selon lesquelles ces locaux auraient une utilisation militaire ou paramilitaire.[31]

La dénonciation des mesures prises par les gouvernements australien et néo-zélandais contre les Témoins de Jéhovah occupe une place importante dans ce numéro, les qualifiant d'« organisation illégale ».[32] L'interdiction officielle en Australie avait été prononcée en janvier 1941 par le gouvernement de Robert Menzies, qui invoquait les convictions pacifistes de l'organisation et leur opposition au service militaire comme raisons de l'interdiction.[33] La revue reproduit une lettre parue dans la presse britannique qui dénonce ces mesures comme « hitlériennes » et appelle les chrétiens britanniques à protester auprès des représentants de ces deux gouvernements au Royaume-Uni, ce qui traduit une stratégie organisationnelle consistant à mobiliser l'opinion publique internationale pour faire pression sur les gouvernements des pays où l'organisation est interdite.[34]

Le témoignage du missionnaire britannique Norman E. Walker, relayant le récit d'une réfugiée polonaise sur le traitement des Témoins de Jéhovah internés dans un camp de concentration en Allemagne, s'inscrit dans la pratique éditoriale constante de Consolation de documenter les persécutions nazies contre l'organisation.[35] Les Témoins de Jéhovah étaient internés dans les camps de concentration nazis dès 1933 et représentaient, selon les estimations historiques, environ 5 000 à 6 000 prisonniers au plus fort de la répression, dont environ 250 furent exécutés ou moururent de mauvais traitements.[36] Le fait que les prisonniers soient confrontés chaque matin au choix entre « accepter Hitler » ou « rester fidèles à Jéhovah » correspond aux témoignages documentés par les historiens sur les pressions exercées dans les camps pour obtenir une rétractation formelle.[37]

La mention de la réunion tenue dans un auditorium londonien au lendemain d'un raid aérien allemand, rassemblant plus de 2 000 personnes, constitue un fait organisationnel précis qui illustre le maintien de l'activité collective de l'organisation en Grande-Bretagne en pleine période de Blitz.[38] La rubrique signée J. Hemery depuis Londres, présente dans plusieurs numéros précédents de Consolation, est ici de nouveau mobilisée pour rendre compte de la situation des Témoins de Jéhovah au Royaume-Uni et pour critiquer les manœuvres de la hiérarchie catholique à travers l'organisation Sword of the Spirit.[39] J. Hemery, secrétaire du bureau britannique de la Watch Tower Society, était le correspondant régulier de la revue pour les nouvelles du Royaume-Uni depuis au moins 1939.[40]

La décision éditoriale de reproduire des photostats de l'ouvrage de Samuel F. B. Morse, Foreign Conspiracy against the Liberties of the United States (1835-1836), dans les pages du numéro — à partir d'un exemplaire consulté à la New York Library le 22 mai 1941 — constitue un acte éditorial significatif.[41] Morse, inventeur du télégraphe électrique, était également l'un des principaux animateurs du mouvement anti-catholique et nativiste américain du milieu du XIXe siècle ; il s'était présenté sans succès à la mairie de New York en 1836 sous la bannière du Parti nativiste.[42] En reproduisant photographiquement cet ouvrage rare — dont la revue attribue la rareté à une destruction systématique par les Jésuites — la publication tente de conférer à son propre discours anticatholique une légitimité historique en le rattachant à une tradition déjà plus que centenaire, tout en signalant nommément le magazine America des Jésuites comme un adversaire institutionnel qui attaque ouvertement les Témoins de Jéhovah.[43]

Économie et société

Le numéro du 25 juin 1941 contient plusieurs affirmations à enjeu idéologique dans le domaine politique et sociétal, dont l'une mérite un examen critique précis : la présentation de Franz von Papen comme agent jésuite ayant orchestré l'ascension d'Adolf Hitler au pouvoir pour le compte du Vatican.

La publication affirme, de manière répétée et péremptoire, que les Jésuites ont « manipulé » des figures clés comme Franz von Papen et le cardinal Pacelli (futur Pie XII) pour porter Hitler au pouvoir et établir un « Empire romain saint » en Europe.[44] Cette lecture réductrice d'un processus historique d'une grande complexité sert directement la rhétorique eschatologique de la revue : si le nazisme n'est que l'instrument d'une conspiration jésuite, alors son avènement confirme les prophéties bibliques sur la coalition satanique des « rois de la terre » contre la théocratie divine, validant ainsi l'interprétation de 1914 comme début de la « fin du système actuel ».[45]

Or l'analyse historique ne confirme pas cette thèse conspirationniste. Franz von Papen était bien catholique pratiquant, et à ce titre membre des Chevaliers de Malte, mais il n'était nullement jésuite — la confusion (ou l'amalgame délibéré) entre « catholique influent » et « agent jésuite » est caractéristique de la propagande anticatholique du XIXe siècle que la revue reproduit et amplifie. Von Papen joua effectivement un rôle déterminant dans la nomination de Hitler à la chancellerie le 30 janvier 1933, en convainquant le président Hindenburg que le chancelier nazi pourrait être domestiqué par une coalition de conservateurs nationalistes.[46] Mais cette décision relevait d'un calcul politique personnel et d'une sous-estimation tragique de Hitler, non d'une directive vaticane ou jésuite. Von Papen agissait en représentant de l'establishment conservateur catholique allemand, non comme exécutant d'un plan orchestré depuis Rome. Le concordat Reich-Vatican signé le 20 juillet 1933 — que Pacelli négocia effectivement au nom du Saint-Siège — fut par ailleurs conclu dans un contexte où l'interdiction de l'IBSA (la structure organisationnelle des Témoins de Jéhovah) était déjà effective depuis juin 1933, ce qui illustre que le régime nazi n'attendit pas le feu vert du Vatican pour persécuter les opposants religieux.[47]

La revue a donc un intérêt idéologique manifeste à réduire l'ascension du nazisme à une conspiration ecclésiastique : cette lecture exonère les forces sociales, économiques et politiques structurelles — crise de la République de Weimar, chômage de masse, nationalisme revanchiste — et les requalifie en agents d'une « organisation de Satan » dont les Témoins de Jéhovah seraient les seuls à percevoir la véritable nature. La dramatisation de la crise politique européenne de 1933-1941 comme accomplissement prophétique exige précisément ce type de monocausalité conspirationniste, qui écrase la réalité historique multifactorielle au profit d'un récit eschatologique lisible.

Contenu

La Ruse jésuite

Ce long article introductif présente les Jésuites comme les « policiers secrets de la Papauté » et les décrit comme une menace historique et actuelle pour les États-Unis. La publication affirme que les Jésuites, membres de la « Société de Jésus », ont été fondés en 1540 par Ignace de Loyola dans le but de détruire la Réforme protestante et de rétablir l'hégémonie de l'Église catholique romaine. Leur histoire est marquée par des actes de violence, notamment le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572, l'envoi de l'Invincible Armada en 1588, et le complot des Poudres en 1605, tous visant à écraser les oppositions à la Papauté[48].

La publication souligne que les Jésuites sont souvent qualifiés de « cruels » dans les pays hispanophones et que leur réputation est entachée par des siècles de persécutions et d'expulsions de divers pays européens. Elle cite un dictionnaire pour définir le terme « jésuitique » comme synonyme de « rusé », « trompeur » et « fourbe », et rappelle que leur devise implicite est « la fin justifie les moyens »[49].

L'article met en avant le rôle dominant des Jésuites au sein de l'Église catholique, en particulier depuis la fin du XIXe siècle, où ils ont pris le contrôle des factions intransigeantes et réactionnaires, favorisant un retour aux méthodes médiévales de répression. Il est mentionné que les libéraux au sein de l'Église catholique ont été éliminés ou réduits au silence, notamment en Allemagne nazie, où des figures comme le Dr Klausner, chef du parti catholique libéral, ont été assassinées lors des purges de 1934[50].

La publication accuse les Jésuites d'être à l'origine de l'ascension d'Adolf Hitler, en manipulant des figures clés comme Franz von Papen et le pape Pie XII (alors cardinal Pacelli). Elle affirme que le nazisme et le fascisme sont des instruments de la stratégie jésuite pour rétablir l'« Empire romain saint de la nation germanique », un objectif prophétisé dans les Écritures comme une menace pour la véritable théocratie chrétienne. L'article cite des déclarations de l'évêque catholique allemand Rarkowski, qui bénit les soldats allemands pour leur « attitude chrétienne » sur le champ de bataille, illustrant ainsi l'alliance entre le régime nazi et la hiérarchie catholique[51].

Enfin, la publication dénonce les tactiques jésuites, notamment l'antisémitisme, la destruction de la franc-maçonnerie, la restauration de l'enseignement religieux dans les écoles (comme en France), et l'utilisation de la propagande pour semer la confusion. Elle souligne que les Jésuites exploitent la « cinquième colonne » et manipulent l'opinion publique, notamment aux États-Unis, où ils se présentent comme des victimes des dictateurs tout en soutenant secrètement ces derniers en Europe. L'article conclut en avertissant que ces manœuvres visent à détourner les peuples de la véritable théocratie, le Royaume de Dieu, et à les précipiter dans un conflit mondial destructeur[52].

Pourquoi ne bombardons-nous pas Rome ?

La publication revient sur les tensions géopolitiques liées à la neutralité apparente du Vatican durant la Seconde Guerre mondiale. Elle cite un article du Sunday Dispatch du 19 janvier 1941, intitulé *« Why Don't We Bomb Rome ? »*, qui remet en question l'immunité accordée à Rome et au Vatican, alors que les villes alliées subissent des bombardements intensifs. L'auteur souligne que le pape Pie XII a signé des concordats avec l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, mais aucun avec les démocraties comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, où la liberté d'expression empêche toute restriction imposée par la hiérarchie catholique[53].

L'article dénonce également la duplicité du Vatican, qui se présente comme neutre tout en soutenant activement les régimes totalitaires. Il mentionne que le pape a béni les aviateurs italiens ayant bombardé le palais royal britannique, où le roi et la reine ont échappé de justesse à la mort, et qu'il a ordonné aux catholiques allemands et italiens de rester loyaux envers leurs dictateurs respectifs. Lorsque le Royaume-Uni a menacé de bombarder Rome en représailles à des attaques sur Athènes ou Alexandrie, l'Allemagne nazie a immédiatement évité ces cibles, illustrant ainsi l'influence du Vatican sur les décisions militaires[54].

La publication cite également l'écrivain britannique H.G. Wells, qui exprime son indignation face à l'impunité de Rome et plaide pour que la ville soit attaquée, soulignant que cette immunité est perçue comme une injustice par les populations des pays alliés[55].

Communisme et fascisme : une alliance cachée

L'article aborde la stratégie de la hiérarchie catholique pour discréditer ses opposants en les associant au communisme. Il rappelle que le juge Rutherford avait déjà dénoncé, plusieurs années auparavant, l'utilisation du communisme comme un « épouvantail » par les catholiques pour pousser les populations vers le nazisme et le fascisme. Cette tactique est illustrée par un éditorial du New York Times du 6 octobre 1940, intitulé *« Death of an Illusion »*, qui révèle que les différences entre communisme et fascisme étaient en réalité minimes, malgré les apparences[56].

La publication souligne que cette illusion a servi les intérêts d'Adolf Hitler, lui permettant de consolider son pouvoir en Allemagne et d'étendre son influence à l'étranger. Elle cite également un discours prononcé à Londres en septembre 1938, *« Face the Facts »*, qui corrobore cette analyse en montrant que le Vatican et le communisme entretenaient des relations de coopération. L'article conclut en affirmant que cette manipulation a permis aux régimes totalitaires de justifier leurs actions et de semer la confusion parmi les démocraties[57].

Les Jésuites en Amérique

Cet article se concentre sur l'influence des Jésuites aux États-Unis, où ils sont présentés comme une menace pour les libertés démocratiques. Selon la publication, l'*Official Catholic Directory* de 1938 recense 6 008 Jésuites en Amérique, dont le quartier général, appelé *« General Motherhouse »*, est situé à Rome. Ces religieux sont décrits comme des espions formés à la ruse et à la manipulation, agissant sous les ordres directs de la hiérarchie catholique[58].

La publication affirme que les Jésuites contrôlent des organisations comme les Chevaliers de Colomb, dont le serment, publié dans le *Congressional Record*, suggère une origine jésuite. Elle mentionne également leur organe de propagande, le magazine America, publié à New York, qui attaque ouvertement les Témoins de Jéhovah et, de manière plus discrète, la démocratie et le protestantisme. L'article souligne que les Jésuites ont invité les deux candidats à l'élection présidentielle américaine de 1940, Franklin D. Roosevelt et Wendell Willkie, à une *« Solemn Pontifical Mass »* commémorant le 400e anniversaire de la Société de Jésus, illustrant ainsi leur capacité à jouer sur les deux tableaux politiques[59].

L'article dénonce également la propagande jésuite en faveur du général Francisco Franco durant la guerre civile espagnole. Il cite John A. Toomey, un propagandiste jésuite, qui affirme que les *« Rouges »* soutenus par Moscou tentaient d'établir un gouvernement soviétique en Espagne. La publication contredit cette version en citant le journaliste néerlandais Pierre van Paassen, ainsi que des auteurs catholiques comme De Semprun Gurrea et Jacques Maritain, qui décrivent Franco comme un instrument de la hiérarchie catholique, reprenant les méthodes de répression utilisées par l'Inquisition et les conquistadors[60].

Une conspiration historique contre les États-Unis

La publication reproduit des extraits d'un livre publié en 1836 par Samuel F.B. Morse, inventeur du télégraphe, intitulé *« Foreign Conspiracy Against the Liberties of the United States »*. Morse y dénonce une conspiration jésuite visant à détruire les institutions démocratiques américaines, qu'il qualifie de *« pépinière de principes destructeurs »* et de *« école révolutionnaire pour la France et le reste de l'Europe »*. Il met en garde contre l'alliance entre la Papauté et les monarchies européennes, qui considèrent les États-Unis comme une menace en raison de leur système démocratique et protestant[61].

Morse souligne que cette haine remonte à la Révolution française de 1789, qui avait affaibli l'influence de la hiérarchie catholique. Il cite des extraits de son livre, où il exhorte ses compatriotes à se méfier des *« formes changeantes de la Papauté »* et à ne pas se laisser tromper par ses alliances apparentes avec les intérêts américains. La publication rappelle que Morse a risqué sa vie pour avertir ses concitoyens et que son éditeur, Van Nostrand & Dwight, a finalement renié ses écrits par crainte des représailles jésuites[62].

L'article reproduit également des déclarations de personnalités historiques comme le marquis de Lafayette, qui avait affirmé après la guerre d'Indépendance américaine que *« la liberté américaine ne pourrait être détruite que par le clergé catholique »*. La publication souligne que ces avertissements, bien que vieux de plus d'un siècle, restent d'actualité, car les Jésuites continuent de menacer les libertés fondamentales des États-Unis[63].

Authenticité des avertissements

Pour renforcer la crédibilité des avertissements de Morse, la publication annonce la publication de reproductions photostatiques de *« Foreign Conspiracy Against the Liberties of the United States »* dans les prochains numéros de Consolation. Elle explique que ces reproductions sont nécessaires en raison de la rareté des exemplaires disponibles, attribuée à la destruction systématique des livres par les Jésuites. Les photostats sont réalisés à partir d'un exemplaire conservé à la New York Library, consulté pour la dernière fois le 22 mai 1941[64].

L'article rappelle que Morse avait publié son livre sous le pseudonyme de *« Brutus »* dans le New York Observer et que plusieurs éditions avaient été imprimées. Il souligne que quatre protestants de différentes confessions avaient endossé ses avertissements dans une lettre publiée en préface, démontrant ainsi l'ampleur de la menace perçue à l'époque[65].

La haine des Témoins de Jéhovah

La publication établit un lien entre les persécutions historiques subies par les opposants à la hiérarchie catholique et les violences actuelles contre les Témoins de Jéhovah. Elle énumère plusieurs exemples de crimes commis par les Jésuites au fil des siècles, notamment l'exécution d'un Jésuite pour le meurtre d'un roi de France, le massacre des Incas et des Aztèques en Amérique centrale et du Sud, l'assassinat du président Abraham Lincoln (où un moine échoua mais où un acteur formé par les Jésuites réussit), et l'affaire Dreyfus en France, où un Juif fut faussement accusé pour provoquer une rupture entre la France et l'Allemagne[66].

L'article souligne que ces événements, bien que séparés dans le temps, illustrent la constance des méthodes jésuites pour éliminer leurs opposants. Il mentionne également les condamnations de prêtres pour espionnage contre les Alliés après la Première Guerre mondiale, ainsi que les persécutions actuelles contre les Témoins de Jéhovah, qualifiées d'« inégalées en Amérique depuis les attaques contre les Mormons ». La publication affirme que ces violences sont orchestrées par la hiérarchie catholique, qui se présente comme une défenseuse des États-Unis contre le nazisme tout en attaquant ses véritables amis[67].

Témoignages de prédication à La Havane

La publication relate les expériences de prédication des Témoins de Jéhovah à La Havane, à Cuba. Les missionnaires décrivent les difficultés rencontrées pour obtenir des lieux de réunion, les propriétaires religieux refusant souvent de prêter leurs salles. Malgré ces obstacles, ils organisent des réunions publiques en plein air, utilisant un phonographe pour diffuser des enregistrements de discours, comme *« Judge Rutherford Uncovers Fifth Column »*[68].

L'article raconte une anecdote où sept missionnaires sont arrêtés par la police cubaine après avoir diffusé des enregistrements et distribué des brochures. Ils sont emmenés au poste de police, où ils diffusent à nouveau leurs enregistrements devant treize policiers, dont certains manifestent de l'intérêt pour leur message. Deux policiers se déclarent catholiques, un baptiste, un athée, et les autres restent indifférents. Un policier catholique tente de les empêcher de vendre leurs livres, arguant qu'ils n'ont pas de permis, mais un policier baptiste les défend en affirmant que la liberté de religion le permet[69].

Les missionnaires sont finalement libérés après plusieurs heures d'attente et d'interrogatoires, illustrant les tensions entre les autorités locales et les Témoins de Jéhovah, ainsi que les divisions au sein même de la police cubaine face à leur message. La publication conclut en soulignant que ces expériences montrent la détermination des Témoins de Jéhovah à poursuivre leur œuvre malgré les obstacles et les persécutions[70].

Expériences de prédication à Cuba et aux États-Unis

La publication relate les expériences de prédication des Témoins de Jéhovah à Cuba et dans l'État de l'Idaho, aux États-Unis. À La Havane, les missionnaires décrivent les défis rencontrés pour organiser des réunions publiques, souvent confrontés au refus des propriétaires religieux de louer leurs salles. Malgré ces obstacles, ils utilisent des phonographes pour diffuser des enregistrements de discours, comme *« Judge Rutherford Uncovers Fifth Column »*, et distribuent des brochures en plein air. Une anecdote met en lumière les tensions avec les autorités locales : sept missionnaires sont arrêtés par la police cubaine après avoir diffusé leurs enregistrements. Au poste de police, ils diffusent à nouveau leurs discours devant treize policiers, dont les réactions varient : deux se déclarent catholiques, un baptiste, un athée, et les autres restent indifférents. Un policier catholique tente de les empêcher de vendre leurs livres, arguant qu'ils n'ont pas de permis, mais un policier baptiste les défend en invoquant la liberté de religion. Les missionnaires sont finalement libérés après plusieurs heures d'attente, illustrant les divisions au sein des forces de l'ordre face à leur message[71].

Deux pionniers dans l'intérieur de l'État de São Paulo, Brésil, parents de quatre jeunes enfants âgés de 1 à 7 ans, consacrant leurs forces au service de la Théocratie tout en remplissant leurs obligations envers leurs enfants.

Aux États-Unis, dans la ville de Moscow (Idaho), une ordonnance municipale interdisant la distribution de littérature sans autorisation préalable est déclarée inconstitutionnelle par le juge fédéral C.E. Cavanah. Cette ordonnance, adoptée en mars 1941 sous prétexte de contrôler la diffusion de *« littérature subversive »*, exigeait que les distributeurs prêtent serment d'allégeance au drapeau américain et obtiennent une autorisation policière. Quatre Témoins de Jéhovah, George Narum, Della Campbell, Marie Logan et Carolyn Grenz, avaient été arrêtés pour avoir violé cette ordonnance. Le juge Cavanah statue que l'ordonnance *« porte atteinte aux fondements mêmes de la liberté de la presse »* et viole la Constitution des États-Unis. Il souligne que même un vendeur de journaux aurait dû obtenir une autorisation pour exercer son activité, ce qui constitue une forme de censure inadmissible. L'ordonnance est jugée contraire aux libertés individuelles garanties par la Constitution, notamment en matière de *« commodité, propreté, salubrité, prévention des obstructions et sécurité des personnes dans l'usage des rues publiques »*. La ville de Moscow renonce à faire appel de la décision, et les Témoins de Jéhovah arrêtés sont libérés immédiatement[72].

La publication cite un extrait du journal The Daily Idahoan du 14 mai 1941, qui salue la décision du juge Cavanah comme une victoire pour la liberté d'expression et de circulation de l'information, *« pour ceux qui souhaitent parler, écrire, imprimer ou diffuser des informations de manière ordonnée »*[73].

Retour sur les persécutions en Australie

La publication dénonce les mesures répressives prises par les gouvernements de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande contre les Témoins de Jéhovah, qualifiées de *« purement totalitaires »* et comparées aux méthodes nazies. Une lettre publiée dans le journal britannique Liberator et reprise par le London Guardian du 31 janvier 1941, signée par un certain *« Sir »*, critique ces gouvernements pour avoir déclaré les Témoins de Jéhovah *« organisation illégale »* en raison de leurs convictions pacifistes. L'auteur de la lettre exprime son *« dégoût »* face à cette décision, soulignant que *« tous les hommes ont un droit inaliénable de rendre un culte à Dieu, individuellement ou collectivement, selon les dictées de leur conscience »*. Il rappelle que ces gouvernements, en interdisant les Témoins de Jéhovah, adoptent des méthodes *« hitlériennes »*, alors même qu'ils prétendent combattre le nazisme. La lettre appelle les chrétiens britanniques à protester auprès des représentants de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande au Royaume-Uni pour exiger le retrait de ces mesures répressives. Elle cite les paroles de John Milton, *« Osez-vous, pour cela, adjuger le glaive civil à forcer nos consciences que le Christ a rendues libres ? »*, pour souligner l'incompatibilité entre ces mesures et les principes démocratiques[74].

Baptême lors d'une convention théocratique à Boise (Idaho).
Équipe du jardin maraîcher de la ferme du Royaume dans l'Essex (Angleterre), ramenant les citrouilles.

Témoignages de persécution en Allemagne

Un missionnaire britannique, Norman E. Walker, partage le témoignage d'une réfugiée polonaise dont le frère a été interné dans un camp de concentration en Allemagne aux côtés de plusieurs Témoins de Jéhovah. Chaque matin, les prisonniers étaient conduits devant le surintendant du camp et sommés de choisir entre *« accepter Hitler »* ou *« rester fidèles à Jéhovah »*. Les Témoins de Jéhovah, décrits comme *« un groupe de personnes des plus remarquables »*, refusaient systématiquement de renier leur foi, préférant subir les conséquences de leur fidélité à Dieu. Ce récit illustre la détermination des Témoins de Jéhovah à maintenir leurs convictions malgré les persécutions, même dans les conditions les plus extrêmes[75].

Kingdom Farms

La publication consacre un article détaillé à l'inauguration d'un nouveau bâtiment sur les *« Kingdom Farms »*, situées près de South Lansing, dans l'État de New York. Ces fermes, propriété de la Watch Tower Bible and Tract Society, sont présentées comme un lieu dédié au service de Jéhovah et à l'accueil des personnes dans le besoin. Le 1er juin 1941, environ 700 à 800 personnes, dont des professeurs de l'université Cornell, des commerçants, des médecins et des voisins, sont invitées à visiter le nouveau bâtiment, construit en ciment armé et briques. La structure, décrite comme *« de très haute qualité »*, comprend un sous-sol, trois étages et mesure 130 pieds sur 82 pieds. Les plans ont été dessinés et supervisés par un ingénieur new-yorkais travaillant régulièrement pour le gouvernement américain[76].

Le sous-sol abrite une chaufferie, une salle de séchage, un réservoir sous pression, des réserves d'eau, une buanderie, des lavabos pour les travailleurs agricoles, ainsi qu'une infirmerie équipée pour soigner les malades. Un escalier mène à la salle principale, ou salle à manger, mesurant 82 pieds sur 108 pieds, avec un sol en ciment peint et un éclairage moderne. Cette pièce est destinée à servir de salle à manger et de lieu de réunion pour l'étude de la Bible et le culte. À proximité se trouvent une cuisine moderne et une salle de couture. À l'avant du bâtiment, un magasin propose des produits de première nécessité aux travailleurs et aux visiteurs, sans but lucratif. Les deux étages supérieurs sont aménagés en chambres, conçues pour offrir un maximum de confort et de ventilation, avec des salles de bain et des toilettes séparées pour les hommes et les femmes[77].

Lors de l'inauguration, le président de la Watch Tower Bible and Tract Society, Rutherford, prononce un discours pour expliquer la vocation des *« Kingdom Farms »*. Il souligne que ces fermes sont gérées par des hommes et des femmes *« entièrement dévoués à Dieu Tout-Puissant et à Son Royaume »*, issus de diverses confessions religieuses (catholiques, protestants, juifs) mais unis dans leur foi en Jéhovah et en la Bible comme *« Parole de vérité »*. Rutherford rappelle que les premiers colons américains, fuyant les persécutions religieuses en Europe, avaient fondé leur société sur les principes de liberté de parole, de réunion et de culte. Il souligne que ces principes, autrefois largement partagés, sont aujourd'hui menacés, et que les *« Kingdom Farms »* incarnent une réponse à cette situation en offrant un refuge aux personnes dans le besoin[78].

Rutherford explique que les Témoins de Jéhovah, en étudiant les prophéties bibliques, ont identifié 1914 comme l'année de l'avènement du *« Royaume de Dieu »* sur terre, marquant le début d'une période de troubles croissants qui culminera à Harmaguédon. Il décrit cette période comme une transition entre le *« royaume de Satan »* et le *« Royaume de Dieu »*, durant laquelle les forces du mal s'opposent activement à la diffusion du message divin. Les Témoins de Jéhovah, selon lui, ont pour mission d'avertir les populations des dangers imminents et de les inciter à se ranger du côté de Jéhovah. Il cite des exemples de persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe, notamment en Allemagne, en Autriche, en Tchécoslovaquie et en Pologne, où leurs propriétés ont été confisquées par les régimes nazis. Il mentionne également des fermes similaires acquises en Suisse, en Australie et dans d'autres pays pour servir de refuges aux personnes fuyant les persécutions[79].

Rutherford précise que les *« Kingdom Farms »* ont été achetées il y a quelques années pour répondre aux besoins croissants des personnes vulnérables, notamment en prévision des *« grands troubles »* annoncés par les prophéties bibliques. Le bâtiment inauguré, bien que modeste, est conçu pour offrir un hébergement confortable et fonctionnel. Il insiste sur le fait que les rumeurs selon lesquelles ce lieu servirait à des fins militaires ou à stocker des armes sont *« entièrement sans fondement »*. Il invite les visiteurs à explorer le bâtiment pour constater par eux-mêmes qu'il est destiné à *« le confort de ceux qui pourraient en avoir besoin »*. Enfin, il répond à la question fréquente sur le financement de ces infrastructures en affirmant que les fonds proviennent des dons des Témoins de Jéhovah, sans préciser davantage les détails[80].

Samuel F. B. Morse et la conspiration catholique

La publication reproduit un extrait de la biographie de Samuel Finley Breese Morse, inventeur du télégraphe électrique, écrite par Samuel Irenaeus Prime en 1875. L'article met en lumière les convictions anticatholiques de Morse, qui, lors de son séjour en Italie en 1830-1831, aurait découvert une *« conspiration politique »* menée par l'Église catholique romaine contre les États-Unis. Ces soupçons, partagés par le général Lafayette, l'auraient incité à publier plusieurs ouvrages et articles pour alerter l'opinion publique américaine. Parmi ces publications figure *« Foreign Conspiracy against the Liberties of the United States »* (1835), un livre réédité à plusieurs reprises et largement diffusé, dans lequel Morse dénonce l'influence des *« puissances papales »* sur la démocratie américaine[81].

L'extrait cité évoque notamment un échange entre Morse et un cardinal romain, ainsi que ses discussions avec Lafayette, qui aurait confirmé ses craintes. De retour aux États-Unis en 1832, Morse aurait consacré une partie de son temps à écrire sur ce sujet, malgré le succès de son invention du télégraphe. Ses écrits, publiés dans des périodiques, des brochures et des livres, visaient à *« éclairer le public »* sur les dangers que représentait, selon lui, l'immigration catholique pour les institutions libres du pays. L'article mentionne également d'autres publications de Morse, comme *« Confessions of a French Catholic Priest »* (1837) et *« Our Liberties Defended »* (1841), qui renforcent cette thèse[82].

L'article inclut également un encadré intitulé « A Typical Jesuit Job » (« Un travail typiquement jésuite »), dans lequel la publication cite Otto Strasser, dissident nazi, qui aurait affirmé dans son livre Hitler and I que Mein Kampf aurait été rédigé par un prêtre. La publication commente que cette hypothèse est *« très vraisemblable »*, étant donné que les discours d'Hitler révèlent un homme *« peu instruit »*, et que les propositions, le plan d'action et les méthodes de l'ouvrage seraient tirés de *« la tradition jésuite »*.[83]

« Foreign Conspiracy Against the Liberties of the United States »

La revue consacre une section à l'ouvrage *« Foreign Conspiracy Against the Liberties of the United States »*, publié en 1835 par Samuel F. B. Morse. Ce livre, initialement paru sous forme d'articles dans le New York Observer sous le pseudonyme *« Brutus »*, aurait connu un retentissement national et plusieurs rééditions. La publication reproduit une lettre de recommandation signée en 1835 par quatre représentants de confessions protestantes (épiscopalienne, presbytérienne, méthodiste et baptiste), qui saluent le travail de Morse et expriment leur inquiétude face à l'influence croissante du catholicisme sur les institutions américaines. Les signataires soulignent que, bien qu'ils désapprouvent *« le langage dur et dénonciateur »* envers les catholiques, ils reconnaissent la nécessité de surveiller *« leurs mouvements »* en raison de leur *« histoire passée »* et de leur tendance à agir *« comme guidés par un seul esprit »*[84].

L'article cite également des extraits de la préface de la deuxième édition du livre, dans laquelle Morse évoque les conférences de Friedrich Schlegel, un intellectuel catholique autrichien, qui aurait présenté les États-Unis comme *« le véritable berceau de tous les principes destructeurs »* et *« l'école révolutionnaire de l'Europe »*. Morse lie ces déclarations à la création, en 1829 à Vienne, de la *« St. Leopold Foundation »*, dont l'objectif officiel était de promouvoir les missions catholiques aux États-Unis. Il interprète cette initiative comme une preuve supplémentaire de la *« conspiration papale »* visant à saper les libertés américaines. L'extrait souligne que, selon Morse, le catholicisme, par son principe d'obéissance passive et son rejet du jugement individuel, constitue une menace pour le système républicain. Il appelle les Américains à résister à cette influence en refusant de financer les écoles et institutions catholiques, et en rejetant toute tentative de limiter le débat public sur ce sujet sous prétexte de *« controverse religieuse »*[85].

« Le despotisme inhérent au papisme »

La revue poursuit son analyse de l'ouvrage de Samuel F. B. Morse en citant des extraits du chapitre 3, intitulé *« Despotism Inherent in Popery »*. Ce passage met en lumière les revendications de pouvoir absolu du pape, présenté comme *« le Vicaire de Dieu »*, *« souverain sur tous les mortels »*, *« au-dessus des empereurs, des rois, des princes, des potentats et des peuples »*, et *« Roi des rois et Seigneur des seigneurs »*. La publication souligne que le pape s'arroge le droit de *« déposer les empereurs et les rois »*, d'«* absoudre les sujets de leur serment d'allégeance »*, et de *« dispenser des punitions spirituelles et temporelles »*, sans possibilité d'appel terrestre. Ces prétentions, qualifiées de *« divines »*, seraient confirmées par des documents récents, dont une encyclique du pape Grégoire XVI datant de 1832, où ce dernier affirme son *« droit divin »* à exercer une *« plénitude de pouvoir »* sur les affaires politiques, y compris en intervenant directement dans les conflits dynastiques, comme celui du Portugal[86].

L'article reproduit ensuite des extraits d'un catéchisme catholique publié en 1832 à Wilna (Pologne), utilisé pour l'enseignement dans les écoles polonaises. Ce texte, présenté comme une preuve de la doctrine catholique officielle, enseigne aux fidèles une soumission totale et passive à l'autorité politique, assimilée à une obligation religieuse. Parmi les questions et réponses citées, on trouve notamment la troisième question, demandant quels devoirs la religion enseigne envers l'Empereur de Russie, à laquelle il est répondu : adoration, obéissance, fidélité, paiement des impôts, service, amour et prière, le tout résumé dans les mots adoration et fidélité. La cinquième question porte sur la nature de l'obéissance due à l'Empereur, et la réponse prescrit une obéissance entière, passive et sans limites sous tous les rapports. La huitième question demande si le service de Sa Majesté l'Empereur est obligatoire, et la réponse affirme que oui, absolument, les sujets devant se sacrifier pour accomplir sa volonté, tant dans un rôle civil que militaire. Enfin, la dix-neuvième question demande quels exemples confirment cette doctrine, et la réponse invoque l'exemple de Jésus-Christ lui-même, qui vécut et mourut en allégeance à l'Empereur de Rome, et se soumit respectueusement au jugement qui le condamna à mort.[87]

La publication interprète ces enseignements comme une preuve de l'esclavage spirituel et politique imposé par le catholicisme, où les fidèles sont réduits à un statut de *« simples esclaves passifs »*, condamnés à obéir sans murmure ni examen critique. Elle souligne que cette doctrine, en niant le libre arbitre et le jugement individuel, s'oppose frontalement aux principes démocratiques et républicains. L'extrait cite également Martin Luther, qui aurait été le premier à contester publiquement, lors d'un débat à Leipzig le 4 juillet, le *« droit divin »* du pape, établissant ainsi un parallèle entre la Réforme protestante et la défense des libertés modernes[88].

Reproduction de la page de titre et des recommandations de l'ouvrage de Samuel F. B. Morse, incluant les signatures de représentants protestants (1836).

« Conspiration étrangère contre les libertés des États-Unis »

La section se conclut par une reproduction partielle de la page de titre de la quatrième édition de l'ouvrage de Morse, publiée en 1836 sous le titre *« Foreign Conspiracy Against the Liberties of the United States »*. La publication met en avant les *« Recommendations »* signées en 1836 par quatre représentants de confessions protestantes (épiscopalienne, presbytérienne, méthodiste et baptiste), qui saluent le travail de Morse et encouragent la diffusion de son livre. Les signataires, tout en désapprouvant *« le langage dur et dénonciateur »* envers les catholiques, réaffirment la nécessité de surveiller *« leurs mouvements »*, en raison de leur tendance à agir *« comme guidés par un seul esprit »*. Ils soulignent que l'ouvrage, enrichi de notes supplémentaires, mérite une *« circulation étendue »* et une *« lecture attentive »* de la part des Américains soucieux de préserver leurs institutions libres[89].

Un extrait d'un journal méthodiste de Boston, *« Zion's Herald »*, est également cité pour appuyer la légitimité de l'ouvrage. Le journal recommande vivement la lecture de ce livre, le présentant comme une preuve *« accablante »* de l'existence d'une conspiration dirigée par *« le prince rusé Metternich d'Autriche »*, visant à saper les libertés des États-Unis par l'intermédiaire d'une *« armée d'espions »*. L'auteur, décrit comme un *« gentleman d'intelligence et de candeur »* ayant résidé plusieurs années en Europe, est crédité d'avoir rassemblé *« une accumulation incontestable d'influences diplomatiques étrangères »*, particulièrement dans l'Ouest du pays, où des fonds et des agents auraient été envoyés pour promouvoir les intérêts du catholicisme[90].

La publication termine en insistant sur le caractère *« blasphématoire »* des revendications papales, contrastant ces dernières avec les enseignements de Jésus-Christ, dont l'objectif aurait été de *« magnifier et honorer le Dieu Tout-Puissant »* plutôt que de s'élever lui-même. Ce contraste est présenté comme la raison profonde de l'hostilité des *« religionistes »* envers Jésus, une hostilité qui se perpétuerait à travers les siècles. La section réaffirme ainsi la menace que représenterait le catholicisme pour les libertés démocratiques, en raison de son *« système religieux »* fondé sur l'obéissance aveugle et la négation de la liberté de conscience[91].

« Conspiration étrangère contre les libertés des États-Unis » (suite)

La publication poursuit son analyse de l'ouvrage de Samuel F. B. Morse en reproduisant des extraits de la préface rédigée par ce dernier. Morse y expose les raisons pour lesquelles l'Autriche, sous l'influence de la papauté, chercherait à saper les institutions démocratiques américaines. Il souligne que les principes républicains et protestants des États-Unis menaceraient directement le système monarchique et catholique européen, fondé sur l'obéissance aveugle à une autorité centrale. Pour Morse, l'envoi de missionnaires jésuites et de prêtres en Amérique ne serait pas motivé par une simple expansion religieuse, mais par une stratégie politique visant à affaiblir les fondements de la démocratie[92].

La revue mentionne également que les éditeurs Van Nostrand, bien qu'ayant publié les *« Confessions of a French Catholic Priest »* en 1837, se montrent réticents à reconnaître leur diffusion de l'ouvrage de Morse. Pourtant, la publication insiste sur le fait que ces *« Confessions »* auraient rendu un *« réel service »* aux États-Unis en révélant les méthodes employées par le catholicisme pour étendre son influence[93].

Un extrait de la préface de Morse est cité pour illustrer sa méfiance envers les « centaines de Jésuites et de prêtres » envoyés aux États-Unis, décrits comme des hommes notoires pour leurs intrigues et leurs arts politiques, organisés en une organisation militaire complète à travers les États-Unis. Morse y voit une preuve que le catholicisme servirait de manteau à une entreprise de subversion politique, orchestrée par l'Autriche et ses alliés de la fondation Saint-Léopold[94].

La section se conclut par une comparaison entre les États-Unis et l'Inde, visant à démontrer que les missionnaires protestants américains ne sauraient être accusés de conspiration politique. Contrairement à l'Autriche, les États-Unis n'auraient rien à craindre politiquement de l'Inde, et leur engagement missionnaire s'inscrirait dans une démarche purement spirituelle, sans arrière-pensées politiques[95].

Fac-similés réalisés le 22 mai 1941 contenant le matériel cité aux pages 22-25 de ce numéro.

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« Pourquoi ne pas excommunier Hitler ? »

Un article s'interroge sur l'absence d'excommunication d'Adolf Hitler et de Benito Mussolini par le pape Pie XII, malgré leurs actions jugées contraires aux principes chrétiens. La publication cite un article du journal catholique britannique *The London Universe*, qui consacre cinq colonnes à justifier cette omission. Selon Consolation, la raison en serait la complicité du Vatican avec les régimes fascistes, le pape comptant sur les « prétendus 400 millions de catholiques » comme une armée au service de leurs ambitions mondiales. La revue souligne que cette alliance expliquerait pourquoi le pape s'est contenté d'envoyer un télégramme de félicitations au roi George VI après un bombardement manqué sur le palais royal, plutôt que de condamner les attaques contre des civils[96].

La publication dénonce également l'attitude des ambassadeurs américains en Grande-Bretagne et en Belgique, Joseph Kennedy et John Cudahy, tous deux catholiques, dont les sympathies iraient clairement vers les puissances de l'Axe. Elle cite un article du *London Catholic Herald* du 20 décembre 1940, qui évoque « l'attitude des clercs américains, en particulier des Jésuites, envers la Grande-Bretagne dans la guerre », présentée comme généralement peu sympathique. Consolation interprète cette remarque comme une confirmation des liens entre le Vatican et les régimes totalitaires[97].

Un encadré rapporte par ailleurs le pillage répété d'une église catholique à Moscou, où les autorités soviétiques auraient dérobé les biens du lieu de culte à cinq reprises. Le prêtre américain en charge de la paroisse se serait plaint auprès de l'ambassade des États-Unis, dont plusieurs membres feraient partie de la congrégation. Bien que le gouvernement américain ait déposé une protestation officielle, les Soviétiques auraient promis une enquête sans suite concrète, illustrant les difficultés rencontrées par le catholicisme dans les régimes hostiles à la religion[98].

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« Commentaires britanniques »

Sous la plume de J. Hemery (Londres), la revue publie une série de réflexions sur la situation religieuse et politique en Grande-Bretagne. L'article dénonce les manœuvres de la hiérarchie catholique romaine, qui chercherait à se positionner en vue de la réorganisation post-guerre. Sous couvert d'une organisation nommée *Sword of the Spirit* (« Épée de l'Esprit »), les catholiques auraient invité l'archevêque de Canterbury et des représentants des églises protestantes à partager leur tribune, dans une tentative de rallier les protestants sans compromettre leur propre statut. La publication y voit une stratégie de la papauté pour faire taire les différences et préserver son influence en cas d'effondrement des structures politiques actuelles[99].

Hemery souligne cependant l'existence d'un groupe solide de non-conformistes britanniques, conscients des manœuvres constantes de la papauté pour ramener le pays sous l'autorité du pape. Ces derniers, selon lui, refuseraient de suivre leurs clercs dans cette association avec ce pouvoir intrigant, et certains d'entre eux se tourneraient vers la vérité concernant l'établissement du Gouvernement Théocratique, offrant un refuge à ceux qui cherchent Dieu. La revue affirme que ces personnes doivent reconnaître qu'il y a davantage à proclamer que la seule vérité que « Jésus-Christ est mort en tant qu'Agneau de Dieu », et que le message de l'établissement de son Royaume est désormais dû à être proclamé dans la terre[100].

L'article évoque ensuite le doyen Inge, ancien chanoine de la cathédrale Saint-Paul de Londres, qui se montrerait actif comme contributeur dans la presse. Dans un article récent, il s'interroge sur le châtiment de l'Allemagne, décrivant ce pays comme « un État esclave où personne n'ose parler sans regarder autour pour voir si un espion écoute », où les professeurs d'universités célèbres seraient remplacés par des serviles exposant l'histoire nazie, et où les livres seraient mis à l'index et brûlés[101].

L'article aborde également la montée de l'humanisme en Allemagne, présenté comme le rejet du culte de Dieu au profit de l'exploitation des capacités de l'homme à gérer la terre sans obligation envers un Créateur. Cette idéologie, d'abord incarnée par le bolchevisme russe, puis par le nazisme, serait désormais encouragée par le démonisme et menacerait de s'étendre à l'ensemble de la planète. Hemery affirme que le doyen Inge, en déplorant cette dégradation de l'intellect humain, est lui-même l'un des principaux leaders dans les cercles religieux anglais de l'incroyance envers les Écritures, les réduisant à de simples « pensées d'hommes bons et bien intentionnés » plutôt qu'à la Parole inspirée de Dieu[102].

L'article se conclut en affirmant que si Inge et ceux qui partagent ses vues consentaient à croire en l'existence du diable et à reconnaître que toute la confusion du monde est l'œuvre de Satan cherchant à s'opposer à l'autorité du Grand Théocrate, il y aurait un espoir pour eux. La revue assure que l'annonce de l'établissement du Gouvernement Théocratique, pleinement révélé dans le livre de l'Apocalypse, a été portée par Joseph Franklin Rutherford, accompagnée d'un avertissement sur les buts et les activités du diable[103].

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Théologie de l'évêque Barnes

La revue critique les propos de l'évêque Barnes de Birmingham, qualifié d'humaniste plutôt que de vrai chrétien. Dans un article récent, Barnes aurait déclaré que la compréhension du monde créée par la science moderne doit être acceptée, et que toute doctrine d'une chute de l'homme doit céder le pas à la connaissance que « l'homme est issu d'ancêtres animaux ». Il aurait également remis en cause l'historicité de plusieurs récits du Nouveau Testament, les qualifiant de biographie romanesque inventée pour rehausser la grandeur de leur Seigneur. Pour Consolation, ces déclarations illustreraient la manière dont les églises utilisent les Écritures non pas comme une vérité historique, mais comme un outil au service de leurs propres intérêts[104].

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Destruction des églises

Un bref article rapporte la destruction de nombreuses églises lors des bombardements en Grande-Bretagne, sans qu'il soit possible de déterminer si les nazis ont ciblé spécifiquement ces édifices. Le *North Western Daily Mail* aurait publié un article mentionnant une carte trouvée dans le cockpit d'un avion ennemi abattu, sur laquelle toutes les églises d'une certaine ville étaient marquées comme des dépôts de munitions. La publication note que les bâtiments religieux, en raison de leur visibilité, auraient reçu une bonne part des bombes. L'archevêque catholique de South London aurait pleuré en découvrant les ruines de sa cathédrale, exprimant sa déception que ses prières pour la préservation de son église n'aient pas été exaucées. Consolation ironise sur le fait que les catholiques adressent leurs prières à saint Joseph, saint George et à la Vierge Marie elle-même, sans obtenir de réponse, ce qui amènerait certains fidèles à remettre en question « la fausseté misérable du culte des 'saints' » [105].

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« Un nouveau Blitz sur Londres »

L'article relate un nouveau raid aérien allemand sur Londres, au cours duquel des centaines de bombardiers auraient déversé pendant six heures des bombes explosives et incendiaires sur la ville. Selon les comptes rendus allemands, l'attaque aurait visé les docks et les équipements portuaires, mais Consolation affirme qu'elle aurait été menée avec discrimination pour détruire les quartiers d'affaires et perturber la vie commerciale de Londres. Malgré les dégâts considérables et les pertes humaines, la revue souligne la résilience des Londoniens, capables de s'adapter aux terribles conditions[106].

Un exemple de cette résilience est donné avec la tenue d'une assemblée de Témoins de Jéhovah le lendemain du raid, un dimanche, dans un auditorium londonien. « Plus de 2 000 personnes » y auraient assisté, malgré les difficultés de transport et les pertes personnelles subies par certains participants. La publication présente cette réunion comme un témoignage de confiance dans leur service envers Jéhovah et de gratitude pour la protection qu'ils estiment avoir reçue, chacun cherchant à apporter du réconfort au peuple encore affecté par la guerre[107].

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Représailles

Un court article aborde la question des représailles contre l'Allemagne, en réponse aux bombardements subis par la Grande-Bretagne. Bien que certains appellent à des mesures de rétorsion, la population britannique, avec ce qui est qualifié de retenue remarquable, ne manifesterait pas de désir de soumettre le peuple allemand à une violence malveillante comparable à celle des attaques de la Blitz. La confiance dans le gouvernement serait telle que les appels à la vengeance resteraient marginaux[108].

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Œufs d'oiseaux de mer pour l'alimentation

La revue rapporte une initiative du ministère de l'Approvisionnement britannique visant à collecter des œufs d'oiseaux de mer pour compléter les réserves alimentaires du pays. Près de 200 000 œufs seraient récoltés en sept semaines le long des côtes du Yorkshire, par des équipes de grimpeurs équipés de casques d'acier et de masques faciaux pour se protéger des attaques d'oiseaux. Ces grimpeurs seraient descendus au-dessus de falaises de 450 pieds de hauteur à l'aide de câbles d'acier fixés autour de leur taille et manœuvrés par un treuil. Les œufs, distribués par le ministère, seraient vendus au tarif ordinaire[109].

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Pourquoi ne pas bombarder Rome ?

La publication cite un article de H. G. Wells, paru dans le *London Sunday Dispatch* du 19 janvier 1941, dans lequel l'écrivain s'interroge sur la timidité des Britanniques à bombarder Rome. Wells souligne que le pape, Hitler et Mussolini formeraient un partenariat évident, et que les puissances de l'Axe n'ont pas hésité à bombarder des symboles religieux comme la cathédrale Saint-Paul, l'abbaye de Westminster, le palais de Lambeth et la résidence du roi George. Il suggère qu'un petit nombre de bombes au bon endroit pourrait avoir un effet éducatif sur ce trio totalitaire. Consolation note que Wells n'est pas le seul à penser ainsi, et que « le centre du catholicisme pourrait encore vivre quelque chose de similaire au traitement actuellement infligé au centre du protestantisme » [110].

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« 16 livres de Joseph Rutherford pour 2 dollars ! »

La dernière page du numéro est consacrée à une offre promotionnelle exceptionnelle : l'achat groupé de 16 livres reliés écrits par Joseph Rutherford entre 1921 et 1937, pour la somme de 2 dollars, valable uniquement jusqu'au 30 juin 1941. La publication souligne le succès de ces ouvrages, dont certains ont atteint des tirages de plusieurs millions d'exemplaires, comme *The Harp of God* (près de 6 millions) ou *Deliverance* (plus de 3,4 millions). *Riches*, publié cinq ans plus tôt, approcherait les 3,3 millions d'exemplaires, tandis que *Enemies*, sorti en 1937, aurait déjà dépassé les 2,8 millions[111].

Les 16 livres, présentés comme entièrement basés sur la Parole infaillible de Dieu, la Bible, offriraient près de 6 000 pages de lecture de la meilleure qualité disponible. La revue insiste sur le caractère exceptionnel de cette offre, qui ne sera plus jamais proposée à un tel tarif, et encourage les lecteurs à compléter leur collection avant la date limite, afin de lire pendant les vacances[112].

Un coupon détachable est inséré, permettant de commander les ouvrages en envoyant 2 dollars à l'adresse de la Watch Tower à Brooklyn. La liste des titres comprend : *The Harp of God*, *Deliverance*, *Government*, *Creation*, *Reconciliation*, *Prophecy*, *Light* (volumes 1 et 2), *Vindication* (volumes 1, 2 et 3), *Preservation*, *Preparation*, *Jehovah*, *Riches* et *Enemies*[113].


Illustrations du numéro

Références

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  1. Consolation du 25 juin 1941, p. 4-5.
  2. Consolation du 25 juin 1941, p. 17-18.
  3. Consolation du 25 juin 1941, p. 29.
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Voir aussi l'article sur l'année 1941 pour les autres publications parues cette même année.

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