Consolation du 26 juin 1940
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| Consolation du 26 juin 1940 | |
|---|---|
| Revue | Consolation |
| Date | 1940 |
| Année | 1940 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est dominé par une confrontation juridique et médiatique entre les Témoins de Jéhovah et la hiérarchie catholique romaine aux États-Unis, articulée autour de l'arrêt unanime rendu le 20 mai 1940 par la Cour suprême dans l'affaire Cantwell vs. The State of Connecticut. La publication présente cette décision judiciaire comme une validation institutionnelle de la liberté de prédication revendiquée par le mouvement, et en retourne le bénéfice contre ce qu'elle désigne comme une campagne de mensonges orchestrée par la presse catholique.
Le numéro consacre par ailleurs un long reportage à la Rhodésie du Nord, colonie britannique présentée à travers le prisme de son économie minière, de ses structures coloniales et de la situation des populations africaines, tout en mentionnant les activités des Témoins de Jéhovah sur place et les tensions nées des émeutes du Copper Belt de 1935.
Analyse
Croyances
L'article « Un refuge sûr » (p. 16-17) constitue le centre doctrinal de ce numéro. Il développe une interprétation eschatologique directement appliquée aux événements de 1940 : la guerre en cours est lue comme le signe que Satan, précipité du ciel conformément à Apocalypse 12:12, sait qu'il n'a plus que peu de temps et précipite les nations vers la bataille d'Armageddon.[1] Cette lecture s'inscrit dans le cadre prophétique rutherfordien qui, depuis la crise de 1914, articule tout événement politique majeur autour de la chute de Satan et de l'imminence du conflit final. La formulation « la grande bataille d'Armageddon approche rapidement » ne laisse aucune ambiguïté : les événements contemporains ne sont pas seulement des signes précurseurs, ils sont l'accomplissement en cours de la prophétie.[2]
Le recours à Isaïe 26:20 — « Va, mon peuple, entre dans tes chambres, et ferme tes portes sur toi ; cache-toi pour un peu de temps, jusqu'à ce que l'indignation soit passée » — pour désigner un « lieu de refuge » spirituel constitue l'un des développements exégétiques les plus élaborés de ce numéro. La publication articule ce verset avec Matthieu 6:6, où Jésus invite ses disciples à entrer dans leur « chambre intérieure » pour prier. Ce rapprochement n'est pas fortuit : dans la version grecque de la Septante, le terme sous-jacent à « chambre » en Isaïe 26:20 est tameion, le même mot employé par Jésus en Matthieu 6:6 pour désigner la retraite intérieure de la prière.[3] La publication s'approprie ce parallèle lexical pour affirmer que le « lieu secret du Très-Haut » désigne concrètement l'organisation théocratique elle-même, et que s'y réfugier est une condition nécessaire à la survie d'Armageddon.[4] Cette identification du refuge prophétique avec l'organisation visible du mouvement prolonge une tendance déjà perceptible dans les publications rutherfordiennes antérieures, où l'appartenance à la Société est présentée comme une garantie de protection divine.
La publication déverrouille l'accès à ce « temple spirituel » au moyen d'une distinction interne au groupe : tous ceux qui se réclament de « la vérité présente » n'y bénéficient pas automatiquement d'une protection. Seuls ceux qui ont discerné « les éclairs de révélation de la Parole de Dieu » depuis l'établissement du temple sont jugés dignes de ce refuge.[5] Cette restriction introduit une hiérarchie spirituelle au sein même du mouvement, séparant les membres pleinement éveillés de ceux jugés insuffisamment illuminés par les révélations progressives. Elle s'articule directement avec la doctrine de la séparation des « brebis et des boucs », présentée comme un processus prophétique en cours, où les peuples se positionnent pour ou contre la Théocratie.[6]
L'interprétation d'Isaïe 24:5-6 et d'Isaïe 26:21 fournit le fondement scripturaire de la doctrine de la responsabilité divine pour le sang versé. La publication affirme que la violation de l'« alliance éternelle » mentionnée en Isaïe 24:5 concerne spécifiquement la sainteté du sang des créatures, une disposition remontant aux injonctions noachiques.[7] En combinant ce verset avec Actes 17:26 — « Dieu a fait toutes les nations d'un seul sang » — et avec Apocalypse 6:9-10, la publication construit un réquisitoire théologique contre les gouvernants et les clercs : Jéhovah tiendra ceux-ci personnellement responsables du sang de millions d'innocents, versé dans les guerres que le clergé a activement encouragées. La citation de Jérémie 2:34 dans la traduction de Rotherham — « Même sur les pans de tes vêtements se trouve le sang des âmes des pauvres innocents » — est directement appliquée aux hommes de religion qui ont harangué les jeunes gens pour les envoyer à la guerre.[8]
L'article sur la croix au Brésil (p. 12 et p. 24-25) illustre la position doctrinale du mouvement sur la croix comme symbole, consolidée depuis le début des années 1930. Ce numéro de juin 1940 se situe dans la continuité directe d'un tournant éditorial que la Watch Tower avait amorcé en 1931, lorsque le logo croix-et-couronne fut supprimé de la couverture de ses publications après avoir figuré pendant quarante ans.[9] Dès 1936, dans le livre Riches, Rutherford avait affirmé que Jésus n'était pas mort sur une croix à deux branches mais sur un arbre ou un pieu simple.[10] Dans ce numéro, la croix n'est pas seulement rejetée comme instrument de mort : elle est présentée comme un outil de Satan pour détourner les populations du vrai Dieu et les maintenir dans la superstition. La publication lie son implantation au Brésil à la volonté délibérée de la hiérarchie catholique d'emprisonner les esprits dans l'ignorance des desseins divins.[11] Selon les publications Watch Tower de cette époque, la croix à deux branches tire son origine du culte du dieu babylonien Tammuz, dont elle constituait l'initiale.[12] L'article brésilien inscrit donc cette critique du symbole dans un cadre plus large : la colonisation catholique du Brésil est elle-même interprétée comme une étape de la domination de Satan sur les peuples, dont la seule délivrance possible serait l'établissement du Gouvernement Théocratique de Jéhovah.[13]
Le cadre dualiste structurant l'ensemble du numéro — organisation de Satan contre organisation théocratique de Dieu — permet à la publication d'unifier des réalités aussi diverses que la guerre en Europe, la persécution en Allemagne nazie, les missions catholiques en Rhodésie du Nord et les croix de bord de route au Brésil. Chacun de ces phénomènes est lu comme une manifestation du même conflit cosmique invisible. En Rhodésie du Nord, le refus des Témoins de se prosterner devant les chefs locaux est ainsi présenté non comme un acte de résistance civile, mais comme un acte de fidélité théologique : se plier à des marques de respect humiliantes équivaudrait à reconnaître une autorité concurrente de celle de Jéhovah.[14] De même, les émeutes du Copper Belt de 1935, attribuées à tort selon la publication à l'influence de la Société Watch Tower, sont intégrées dans cette lecture : les autorités coloniales auraient cherché un bouc émissaire pour dissimuler leur propre responsabilité dans l'exploitation des travailleurs africains, un mécanisme de dissimulation des crimes que Jéhovah s'apprête précisément à déchirer.[15]
L'article sur le clergé comme « syndicat » (p. 29) et celui sur les « prédicateurs de la Parole » (p. 28-29) développent une ecclésiologie négative cohérente : tout clergé ordonné, catholique ou protestant, est présenté comme une construction artificielle sans fondement scripturaire, destinée à monopoliser la prédication et à priver les fidèles ordinaires de leur responsabilité devant Dieu. La publication cite l'exemple apostolique pour affirmer que le droit de prêcher appartient à quiconque accepte la vérité et se consacre à Dieu, sans nécessité d'une ordination humaine.[16] Cette position ecclésiologique justifie en retour la pratique centrale du mouvement : la prédication de maison en maison par des membres ordinaires, présentée comme le modèle primitif et authentique du christianisme, par opposition au cléricalisme dénoncé comme une déviation satanique.[17]
Organisation et histoire
Ce numéro du 26 juin 1940 s'inscrit dans une phase où plusieurs développements institutionnels précis, identifiables article par article, permettent de cerner la situation organisationnelle de la Watch Tower Society à cette date.
L'affaire Cantwell v. Connecticut, dont la décision unanime de la Cour suprême des États-Unis du 20 mai 1940 est reproduite sur plusieurs pages du numéro, constitue le premier de ces faits institutionnels. Cette affaire trouve son origine le 26 avril 1938 à New Haven (Connecticut), lorsque Newton Cantwell et ses fils font du prosélytisme dans un quartier à forte majorité catholique en faisant jouer depuis un phonographe portable un disque du discours de Rutherford intitulé Enemies[18]. La Cour suprême, dans une décision rédigée par le juge Owen Roberts, incorpore pour la première fois la clause de libre exercice religieux du Premier Amendement dans le Quatorzième Amendement, la rendant opposable aux États fédérés[19]. Ce précédent constitutionnel est directement lié à la stratégie judiciaire délibérée menée par la Watch Tower Society aux États-Unis depuis la fin des années 1930 : entre 1938 et 1943, les Témoins de Jéhovah plaident environ trente affaires devant la Cour suprême[20]. La reproduction intégrale de cet arrêt dans le numéro, accompagnée d'une dénonciation de la presse catholique accusée d'en avoir falsifié le contenu, illustre la façon dont la Watch Tower Society utilise ses périodiques comme instruments de communication juridique et organisationnelle auprès de ses membres.[21]
Le numéro rend compte par ailleurs de la répression des Témoins de Jéhovah en Allemagne nazie en s'appuyant explicitement sur le Yearbook of Jehovah's Witnesses for 1940.[22] Les Bibelforscher (« Chercheurs de la Bible », désignation officielle des Témoins en Allemagne) sont la première confession chrétienne à avoir été officiellement interdite par le gouvernement nazi, dès 1933, et le groupe chrétien le plus extensivement persécuté sous le Troisième Reich[23]. Le numéro décrit des méthodes précises de la Gestapo : infiltrations des réunions à l'aide des derniers numéros de La Tour de Garde comme moyen d'introduction, utilisation d'informateurs se faisant passer pour des représentants du bureau de Berne, recours à la torture et à la stérilisation[24]. La mention du bureau de Berne comme référence d'autorité extérieure reflète le fait que la Société Watch Tower administrait depuis la Suisse neutre les activités clandestines en Europe occupée pendant la guerre[25].
Deux articles consacrés à la Rhodésie du Nord documentent la situation organisationnelle du mouvement dans cette colonie britannique. Le numéro signale que le nom Watch Tower y est étroitement associé au territoire, mais note que des groupes n'ayant aucun lien avec la Société Watch Tower de Brooklyn s'en réclament abusivement.[26] Ce phénomène de mouvements dissidents africains se réclamant de la Watch Tower est attesté de longue date en Afrique centrale : la Watch Tower movement en Zambie (alors Rhodésie du Nord) a produit depuis le début du XXe siècle des courants millénaristes indépendants, notamment autour d'Elliot Kamwana, qui n'avaient qu'un rapport très indirect avec la Société de Brooklyn[27]. Les émeutes du Copper Belt de 1935, mentionnées dans le numéro comme ayant été faussement attribuées à la Watch Tower Society, s'inscrivent dans ce contexte : une augmentation de l'impôt de capitation sans consultation préalable des travailleurs africains avait déclenché des troubles que les autorités coloniales avaient imputés à l'influence du mouvement Watch Tower, servant ainsi de bouc émissaire commode.[28] Le numéro signale également l'interdiction faite aux Témoins de Jéhovah de construire une salle de réunion à Broken Hill, décision attribuée à l'influence de la hiérarchie catholique sur le conseil d'administration local.[29]
Un fait administratif directement mesurable affectant la diffusion du périodique est mentionné dans ce numéro : le Comité de coordination de la censure canadien a bloqué plusieurs numéros de l'édition ukrainienne de Consolation, intitulée Wistnyk Potechy, empêchant son envoi aux abonnés canadiens.[30] La Watch Tower Society propose en substitution l'édition anglaise à ses abonnés canadiens concernés. Cette décision s'inscrit dans le contexte de la surveillance renforcée des publications en langues d'Europe de l'Est au Canada durant la Seconde Guerre mondiale, les autorités canadiennes s'inquiétant de la pénétration éventuelle de propagandes étrangères via les communautés immigrantes ukrainiennes[31]. La mesure illustre concrètement les contraintes institutionnelles pesant sur la diffusion internationale du périodique en temps de guerre.
Enfin, la section signée par J. Hemery depuis Londres mentionne que la voix de Rutherford a été diffusée par radio à de nombreuses reprises à travers le monde comme moyen de propagation organisationnelle du message du mouvement.[32] Rutherford s'était imposé depuis les années 1920 comme orateur radiophonique international, la Watch Tower Society exploitant sa propre station WBBR à Staten Island ainsi qu'un réseau de stations associées pour diffuser ses discours[33]. Cette mention dans le numéro reflète l'importance que la direction du mouvement accordait à la radio comme outil de mobilisation collective en période de crise mondiale.
Contenu
Propagation de faussetés
Cet article dénonce les pratiques de désinformation attribuées à la hiérarchie catholique romaine et à sa presse, accusées de recourir systématiquement au mensonge pour influencer l'opinion publique en leur faveur. La publication cite un passage biblique du livre d'Isaïe 28:15 pour appuyer cette critique, affirmant que ces institutions se réfugient dans le mensonge plutôt que dans la vérité[34].
L'article prend pour exemple une affaire judiciaire récente devant la Cour suprême des États-Unis, l'affaire *Cantwell vs. The State of Connecticut*. Il rapporte que la presse catholique a faussement affirmé que le juge en chef Charles Evans Hughes aurait réprimandé un avocat pour avoir insulté la hiérarchie et critiqué sa religion. La publication souligne qu'aucune preuve ne soutient cette allégation et que de telles affirmations constituent une insulte envers le juge Hughes, dont l'intégrité est présentée comme incontestable[35].
Pour contrer ces accusations, l'article reproduit intégralement l'arrêt unanime de la Cour suprême rendu le 20 mai 1940, qui invalide la condamnation des Témoins de Jéhovah dans cette affaire. Cet arrêt est présenté comme une réfutation définitive des mensonges de la presse catholique, assimilant cette dernière aux dirigeants nazis en les qualifiant de membres du "Club Ananias", en référence à un personnage biblique connu pour ses mensonges[36].
L'arrêt de la Cour suprême des États-Unis
L'arrêt de la Cour suprême des États-Unis, rendu le 20 mai 1940 dans l'affaire *Cantwell vs. The State of Connecticut*, est reproduit en partie. Il examine la condamnation de Jesse Cantwell et de ses deux fils, Newton et Russell, membres des Témoins de Jéhovah, pour violation d'une loi de l'État du Connecticut interdisant la sollicitation de fonds pour des causes religieuses ou caritatives sans certificat préalable[37].
La Cour suprême invalide cette condamnation, estimant que la loi en question porte atteinte à la liberté de religion et à la liberté d'expression garanties par le Quatorzième Amendement de la Constitution américaine. Elle souligne que la liberté de religion comprend à la fois la liberté de croire et la liberté d'agir, cette dernière pouvant être soumise à des régulations raisonnables pour protéger la société. Cependant, la Cour juge que la loi du Connecticut, en exigeant un certificat pour toute sollicitation religieuse, impose une restriction excessive et discriminatoire[38].
L'arrêt précise également que les activités des Cantwell, qui consistaient à distribuer des livres et des pamphlets religieux, ne relevaient pas de la sollicitation au sens de la loi, mais étaient protégées par la Constitution. La Cour conclut que la loi, telle qu'appliquée aux Témoins de Jéhovah, les prive de leur liberté sans procédure légale régulière, en violation du Quatorzième Amendement[39].
Divers
La rubrique « Divers » propose une série de brèves et d'anecdotes variées, souvent teintées d'humour ou de critique sociale.
Un premier article s'amuse des différences linguistiques entre l'anglais britannique et l'anglais américain. Il souligne que certains termes ou expressions, anodins en Angleterre, peuvent prêter à confusion ou à sourire aux États-Unis. Par exemple, les Britanniques appellent une bobine de fil un « reel of cotton », tandis que les Américains utilisent le terme « spool of thread ». De même, un « house breaker » désigne en Angleterre un ouvrier chargé de démolir des bâtiments, alors qu'aux États-Unis, ce terme est synonyme de cambrioleur. La publication note également que les Britanniques « mend the fire » (réparent le feu), alors que les Américains réservent le verbe « to mend » aux objets nécessitant des réparations mineures. Enfin, l'article relève que les Britanniques utilisent le terme « gum » pour désigner de la colle ou de la pâte, tandis que les Américains l'associent à une substance à mâcher[40].
Un autre article relate une anecdote survenue à Los Angeles, où un homme a provoqué une émeute en distribuant des pièces de 25 cents. Après avoir converti sa fortune en pièces, il a commencé à les distribuer dans la rue, attirant une foule de 2 000 personnes. La police a dû intervenir pour le conduire au poste, où il a été averti de ne plus recommencer, du moins pas à Los Angeles, en raison du risque de troubles à l'ordre public. La publication estime que cette anecdote illustre le coût et les conséquences imprévisibles d'une telle initiative, tout en soulignant son caractère divertissant pour ceux qui en ont les moyens[41].
La rubrique aborde également des faits divers liés à la cruauté envers les enfants. Elle cite plusieurs cas rapportés par la presse britannique, notamment celui d'une femme de 18 ans condamnée à six mois de travaux forcés pour avoir brûlé les mains de son beau-fils de trois ans avec un briquet à cigarette avant de le jeter dans un escalier. Un autre cas concerne un père qui a battu son fils de 20 mois jusqu'à le rendre inconscient, tandis qu'un beau-père a été condamné à six mois de prison pour avoir frappé et donné des coups de pied à son beau-fils de cinq ans. Enfin, une mère a été condamnée pour avoir mordu son enfant en pleurs, l'avoir secoué violemment et jeté au sol[42].
La publication mentionne également une innovation militaire américaine : un nouveau canon de campagne capable de tirer un obus de 100 livres à une distance de 15 miles. À l'impact, cet obus creuse un cratère de 16 pieds de profondeur. Le canon lui-même pèse 15 tonnes, illustrant les progrès technologiques dans le domaine de l'armement[43].

La Rhodésie du Nord
Un article détaillé est consacré à la Rhodésie du Nord, présentée comme une colonie britannique riche en ressources minières et stratégiquement importante pour l'Empire britannique. La publication décrit cette région comme un territoire relativement jeune pour les colons européens, attirés par ses gisements minéraux et sa position géographique. Elle souligne également l'attrait de la région pour les amateurs de nature, tout en déplorant la présence de chasseurs qui, inspirés par le culte de Nimrod, détruisent aveuglément la faune locale[44].
L'article retrace brièvement l'histoire de la colonisation de la Rhodésie du Nord. Les premiers Européens à explorer la région seraient arrivés en 1798 depuis le Nyassaland, mais c'est seulement en 1865 que l'explorateur David Livingstone découvre les chutes Victoria et traverse le Barotseland. En 1899, la Rhodésie du Nord-Ouest, incluant le Barotseland, est placée sous le contrôle de la British South Africa Company, suivie en 1900 par la Rhodésie du Nord-Est. En 1924, la Rhodésie du Nord passe sous le contrôle direct de la Couronne britannique et devient une colonie administrée par le gouvernement britannique[45].
La publication fournit des données géographiques et démographiques sur la Rhodésie du Nord. Le territoire s'étend sur environ 300 600 miles carrés, avec une grande partie située à une altitude comprise entre 3 000 et 4 500 pieds au-dessus du niveau de la mer. Les routes, bien que praticables pendant une grande partie de l'année, deviennent impraticables pendant la saison des pluies en raison de l'absence de fondations solides. En 1936, la population se compose de 9 913 Européens et de 1 366 425 Africains, soit un ratio d'un Européen pour 138 Africains[46].
Les ressources minières de la Rhodésie du Nord sont décrites comme quasi inépuisables. L'article énumère les principales exportations minières pour l'année 1938, parmi lesquelles figurent le cuivre (213 031 tonnes), le cobalt (3 221 357 livres), l'or (1 113 onces), le manganèse (2 735 tonnes), le mica (8 620 livres), l'argent (88 237 onces), l'étain (4,25 tonnes), le vanadium (823 626 livres), le zinc (10 215 tonnes), le sélénium (4 078 livres), la silice (2 076 tonnes), le minerai de fer (205 tonnes) et le plomb (273 tonnes). La valeur totale de ces exportations est estimée à 10 683 611 livres sterling. La publication souligne que les grandes compagnies minières réalisent des profits colossaux, citant en exemple la British South Africa Company, décrite comme un « poulpe » qui s'enrichit sans avoir contribué à la mise en valeur du territoire[47].
L'article critique également le système administratif et économique de la colonie. La Rhodésie du Nord est divisée en sept provinces, chacune dirigée par un commissaire provincial et d'autres fonctionnaires. Le siège du gouvernement se trouve à Lusaka, la capitale. Le gouverneur, nommé par la Couronne, est assisté d'un Conseil exécutif et d'un Conseil législatif composé de huit membres élus, de huit membres nommés par le gouvernement et du gouverneur lui-même. La publication note que les membres nommés par le gouvernement ne peuvent pas exprimer d'opinions contraires à la politique officielle, ce qui limite la représentativité du Conseil législatif[48].

Les conditions de vie des Européens et des Africains sont contrastées. Les Européens, en particulier ceux travaillant dans les mines, bénéficient de salaires plus élevés que leurs homologues britanniques, ainsi que de logements et de soins médicaux de meilleure qualité. Les mines offrent également des infrastructures de loisirs, comme des piscines, des terrains de sport et des clubs, pour favoriser le bien-être des travailleurs européens. Cependant, la publication souligne que ces avantages sont contrebalancés par les risques sanitaires liés aux maladies tropicales, comme le paludisme, qui affaiblissent les colons et peuvent entraîner des problèmes de santé permanents[49].
En revanche, les conditions de vie des Africains sont décrites comme précaires. La majorité d'entre eux sont sous-alimentés et mal logés, en particulier en dehors des zones minières. Bien que les écoles, principalement gérées par des missions, aient contribué à l'éducation et aux soins médicaux des populations locales, leur impact reste limité. La publication cite un rapport du directeur de l'éducation des populations autochtones pour l'année 1936, qui souligne que les progrès parmi les Africains sont lents et que leurs conditions de vie restent difficiles[50].
L'article aborde également les tensions sociales liées à la fiscalité et aux conditions de travail. Les travailleurs africains, en particulier ceux employés dans les mines, sont soumis à un impôt de capitation annuel variant entre 7 shillings et 6 pence dans les zones rurales et 15 shillings dans les zones industrielles. La publication mentionne les émeutes du Copper Belt en 1935, provoquées par une augmentation de cet impôt sans explication préalable aux populations concernées. Ces émeutes ont été attribuées, à tort selon l'article, à l'influence de la Société Watch Tower, qui a servi de bouc émissaire pour détourner l'attention des responsabilités des autorités coloniales[51].
La vie quotidienne des Africains en Rhodésie du Nord (suite)
L'article poursuit sa description des conditions de vie des populations africaines en Rhodésie du Nord, en insistant sur leur mode de vie traditionnel et les défis posés par l'influence européenne. La publication souligne que la vie dans les villages africains est généralement exempte des troubles qui affectent le reste de l'humanité, bien que cette tranquillité soit menacée par les transformations imposées par la colonisation. Les Africains cultivent leurs terres avec l'aide de leurs épouses et de leurs enfants, vendant les surplus de grains, de volailles ou de poissons pour subvenir à leurs besoins. Leurs habitations, souvent construites en bois et en boue avec un toit de chaume, sont rudimentaires et doivent être reconstruites tous les un ou deux ans en raison de l'épuisement des sols[52].
La publication décrit une forme de solidarité traditionnelle au sein des communautés africaines, où les veuves et les orphelins sont pris en charge par la famille élargie, et où les étrangers affamés reçoivent une part de la nourriture disponible. Cependant, cette générosité est parfois exploitée par des individus paresseux, qui vivent aux dépens de leurs proches sans contribuer au travail collectif. L'article mentionne également la persistance de pratiques superstitieuses, comme la sorcellerie, qui resurgissent occasionnellement sous forme de crimes[53].
Le rôle des chefs locaux, sous le système de l'*indirect rule* (gouvernance indirecte) britannique, est également abordé. Bien que ce système présente certains avantages, la publication critique l'incompétence et l'arrogance de certains chefs, qui exigent des marques de respect excessives, comme des salutations humiliantes. Les Témoins de Jéhovah, refusant de se plier à ces exigences, sont souvent victimes de mépris et d'injustices de la part de ces autorités locales[54].

L'éducation des populations africaines est présentée comme un enjeu majeur. Bien que les missions religieuses, notamment catholiques, reçoivent des subventions gouvernementales pour gérer des écoles, la qualité de l'enseignement reste médiocre en raison du manque de moyens et de la difficulté à inculquer des concepts abstraits à des populations issues de tribus jugées "arriérées". La publication suggère que des formations pratiques, comme l'agriculture, l'hygiène ou l'hygiène sociale, seraient plus bénéfiques pour les Africains que les programmes scolaires traditionnels. Elle souligne également que l'arrivée des Européens a eu des effets contrastés : si certains fonctionnaires et colons s'efforcent d'aider les populations locales, l'exploitation économique persiste, et seule l'instauration du Royaume de Dieu pourrait répondre pleinement à leurs besoins[55].
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La croix au Brésil
Un article est consacré à l'histoire du Brésil et à son lien indissociable avec la croix chrétienne, symbole imposé par les colonisateurs portugais dès la découverte du territoire. La publication affirme que le Brésil a été "découvert" le 28 avril 1500, mais que cette date a été déplacée au 3 mai pour coïncider avec la fête catholique de l'Invention de la Sainte-Croix (*Inventio Crucis*). Ce choix symbolique aurait été motivé par la volonté de la hiérarchie catholique de faire de la croix le fondement spirituel du pays, plutôt que de célébrer la découverte elle-même. Le Brésil est ainsi présenté comme une terre condamnée à "porter sa croix", une métaphore de la domination religieuse et politique exercée par l'Église[56].
L'article retrace les premières expéditions organisées pour explorer le Brésil, au cours desquelles les Jésuites, accompagnant les conquistadors, érigeaient systématiquement des croix pour marquer leur présence. Ces croix étaient perçues par les populations autochtones comme des objets maléfiques, inspirant une telle terreur que certaines tribus allaient jusqu'à sacrifier leurs enfants pour s'en débarrasser. La publication souligne que cette pratique superstitieuse a perduré, donnant naissance à des proverbes comme *« Fuir une chose comme le diable fuit la croix »*, et que les croix sont devenues omniprésentes dans le paysage brésilien, marquant les lieux de décès ou servant de repères le long des routes[57].

La publication décrit les croix brésiliennes comme des objets de formes et de tailles variées, souvent ornées de rubans, de fleurs ou de bougies, et parfois entourées de murs ou de clôtures. Elle interprète cette prolifération comme une stratégie de Satan pour détourner les esprits de l'adoration du vrai Dieu, en maintenant les populations dans l'ignorance des desseins divins. L'article note que, bien que la tradition de planter des croix tende à disparaître, elle reste ancrée dans les mentalités, et que les Brésiliens continuent de manifester une dévotion superstitieuse envers ces symboles en se découvrant ou en se signant à leur passage[58].
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L'industrie principale de la Terre
Sous ce titre, la publication présente une série de brèves rubriques illustrant les conséquences du règne de Satan sur les affaires humaines, en particulier à travers les conflits armés et les innovations militaires.
La première rubrique, intitulée *« Les nouveaux avions d'attaque »*, décrit les caractéristiques des avions de combat modernes, capables de voler à basse altitude et d'infliger des dégâts considérables en un temps record. Ces appareils, équipés de mitrailleuses et de bombes à parachute, peuvent couvrir un aérodrome ennemi avec une efficacité comparable à un barrage d'artillerie. La publication cite un reportage de l'*International News Service* pour souligner la rapidité et la létalité de ces engins, qui rendent la défense quasi impossible[59].

La rubrique *« La manière dont les guerres commencent »* explique que les conflits naissent de la colère et des provocations. À titre d'exemple, la publication évoque la célébration de l'anniversaire de l'Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) en 1939, à laquelle les autorités américaines n'ont pas participé, envoyant ainsi un message de désapprobation envers la politique soviétique, notamment en ce qui concerne le partage de la Pologne[60].
Sous le titre *« Près de 70 % [de l'humanité] en guerre »*, la publication affirme qu'au début de l'année 1940, 1,486 milliard d'êtres humains étaient gouvernés par des régimes en guerre, ne laissant que 613 millions de personnes en dehors des conflits. La majorité de ces dernières vivent dans l'hémisphère occidental et risquent d'être entraînées dans la guerre à leur tour[61].
Enfin, la rubrique *« Le pacte de paix Kellogg »* ironise sur l'échec de ce traité, signé dix ans plus tôt par neuf nations pour renoncer à la guerre. Cinq de ces signataires (Allemagne, France, Angleterre, Japon et Belgique) sont désormais en guerre, deux (Pologne et Tchécoslovaquie) ont été rayés de la carte, l'Italie a mené deux guerres depuis la signature, et les États-Unis s'attendent à être impliqués dans le conflit à tout moment[62].
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La Grande-Bretagne et le Japon
Cette section présente une analyse des tensions diplomatiques entre la Grande-Bretagne et le Japon, à travers la publication d'une correspondance officielle entre les deux gouvernements. Le gouvernement britannique exprime ses inquiétudes quant aux intentions du Japon de créer un bloc tripartite composé du Japon, de la Chine et de la Mandchourie, sous domination japonaise. Selon les termes de cette proposition, le Japon exercerait un contrôle absolu sur les affaires politiques, économiques et culturelles de la Chine, via le Conseil de développement asiatique basé à Tokyo. La publication souligne que cette initiative vise à soumettre les activités économiques des autres puissances aux exigences de la « défense nationale » et de la « sécurité économique » du bloc proposé[63].
Le gouvernement britannique rejette également les conditions imposées par le Japon pour mettre fin aux hostilités en Chine, notamment la signature d'un accord anti-Komintern par la Chine et le maintien indéfini de troupes japonaises sur son territoire. La publication note que ces exigences sont incompatibles avec la souveraineté chinoise et que le Japon cherche à détacher la Mongolie intérieure pour en faire une zone anti-communiste sous contrôle militaire renforcé. Le gouvernement britannique réaffirme son attachement aux principes du traité des Neuf Puissances et refuse toute modification unilatérale de ses termes[64].
Sous le titre *« La télévision en Grande-Bretagne »*, la publication évoque le développement de la télévision dans ce pays, où les téléviseurs sont bien plus avancés qu'aux États-Unis. Cependant, leur coût élevé (jusqu'à 900 dollars pour les modèles haut de gamme) les rend inaccessibles à la majorité de la population. La portée des émissions est limitée à trente miles, bien que cette distance soit parfois dépassée en pratique[65].
La rubrique *« Le sac de laine »* (*The Woolsack*) révèle une anecdote humoristique sur le siège du lord chancelier à la Chambre des Lords, traditionnellement appelé *woolsack* (sac de laine) en référence à la richesse historique de la Grande-Bretagne liée à l'industrie lainière. La publication rapporte que ce siège, symbole de la stabilité britannique, est en réalité rembourré de crin de cheval et non de laine, ce qui est présenté comme une métaphore des illusions entretenues par les institutions politiques[66].
Enfin, la rubrique *« Bon conseil »* cite Benjamin Jowett, un enseignant du XIXe siècle, qui aurait conseillé à Margot Tennant (future épouse d'Herbert Asquith) : *« Si vous voulez croire en Dieu, ne croyez pas ce que les ecclésiastiques vous disent de Lui »*. Cette remarque est présentée comme une critique des dogmes religieux et une invitation à une foi personnelle et éclairée[67].
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Le nouveau gouvernement en Rhodésie du Nord (suite et fin)
L'article conclut son analyse de la situation en Rhodésie du Nord en abordant la présence et l'influence des Témoins de Jéhovah dans la région. La publication reconnaît que le nom *« Watch Tower »* (Tour de Garde) est étroitement associé au territoire, au même titre que le cuivre, mais déplore que cette appellation ait été détournée par des groupes se réclamant faussement de la Société Watch Tower. Ces mouvements, décrits comme des *« faux frères »* suivant *« la voie de Caïn »* ou *« l'erreur de Balaam »*, sont accusés d'avoir déformé les enseignements bibliques pour justifier des comportements répréhensibles. La publication se félicite cependant du déclin de ces groupes, grâce à l'opposition active de la Société Watch Tower et aux mesures prises par le gouvernement colonial[68].

Malgré les difficultés, notamment l'interdiction de certaines publications de la Société par les autorités, le nombre de *« proclamateurs du Royaume »* ne cesse de croître. Ces derniers diffusent le message biblique dans plusieurs langues locales, profitant de la diversité linguistique exceptionnelle de la région. Des réunions d'étude sont organisées dans des huttes ou en plein air, et des phonographes sont utilisés pour diffuser des enregistrements en chinyanja et en anglais, apportant un réconfort spirituel à ceux qui n'ont jamais entendu parler du Royaume de Dieu[69].
La publication souligne l'hostilité des *« religionistes »* (terme péjoratif désignant les membres des religions établies) envers le message et ses messagers, mais note que leurs *« troupeaux »* commencent à les abandonner. Elle critique également les méthodes des missionnaires, qui attirent les convertis en leur offrant des cadeaux ou du sel gratuit, une pratique jugée hypocrite et contraire aux enseignements de Jésus. L'article dénonce particulièrement l'influence croissante de la hiérarchie catholique, qui renforce son emprise sur les populations locales à travers des écoles conventuelles et des missions. La publication rapporte que certains élèves de ces écoles, y compris les non-catholiques, sont contraints de se lever pendant la prière de l'*Angelus*, et que de nombreux fonctionnaires gouvernementaux envoient leurs enfants dans ces établissements plutôt que dans les écoles publiques[70].
Un refuge sûr
La publication développe une interprétation eschatologique des événements contemporains, en les présentant comme l'accomplissement des prophéties bibliques concernant la fin du règne de Satan et l'avènement du Royaume de Jéhovah. Elle affirme que la grande bataille d'Armageddon approche rapidement, posant la question centrale : *« Qui régnera sur le monde ? »*, non seulement sur la terre, mais aussi dans les cieux invisibles. Selon l'article, les peuples de la terre doivent apprendre que *« Celui dont le nom seul est Jéhovah »* est Dieu, et qu'Il se fera connaître à ceux qui ne L'ont pas encore reconnu ou accepté[71].
L'article cite le prophète Isaïe 26:21 dans la traduction de Rotherham pour illustrer l'intervention divine imminente : *« Voici, Jéhovah sort de Sa demeure pour punir les habitants de la terre à cause de leur iniquité ; la terre aussi révélera son sang et ne couvrira plus ses tués »*. Cette prophétie est interprétée comme le moment où Jéhovah se révèle en dehors de Son organisation, mettant fin à une période où Il est resté caché et inconnu des nations. La publication souligne que, pendant des siècles, les dirigeants terrestres, soutenus par une partie de la population, ont versé le sang des innocents et dissimulé leurs méfaits sous l'influence de *« l'instigateur de ce monde »*, Satan. Le temps est venu, selon l'article, où Jéhovah déchire ce voile de dissimulation et expose les crimes commis sous l'impulsion du *« prince de ce monde »*[72].
La publication lie cet événement à la chute de Satan du ciel, décrite dans Apocalypse 12:12, où il est écrit que le diable, *« sachant qu'il n'a plus que peu de temps »*, précipite les nations vers la bataille d'Armageddon. L'article précise que le terme *« la terre »*, dans ce contexte, désigne plus particulièrement les facteurs gouvernants des nations. Il cite à nouveau Isaïe 24:5-6 pour expliquer la raison de l'intervention divine : *« La terre est souillée sous ses habitants, parce qu'ils ont transgressé les lois, changé les ordonnances, rompu l'alliance éternelle. C'est pourquoi la malédiction dévore la terre, et ses habitants en portent la peine »*. Cette *« alliance éternelle »* est interprétée comme concernant la sainteté du sang des créatures, dont la violation a provoqué la colère de Jéhovah[73].
L'article insiste sur l'unité du genre humain, rappelant que *« Dieu a fait toutes les nations d'un seul sang »* (Actes 17:26). Il souligne que la terre a littéralement absorbé le sang de millions de victimes, versé injustement, et que Jéhovah exige des comptes pour ces crimes. Parmi les victimes figurent des hommes et des femmes tués pour leur fidélité à témoigner du nom et de la bonté de Dieu, désignés comme *« les témoins de Jéhovah »*. La publication cite Apocalypse 6:9-10 pour illustrer leur plainte : *« Je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. Ils crièrent d'une voix forte, disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger et à venger notre sang sur ceux qui habitent la terre ? »*[74].
La publication explique que cette prophétie symbolique annonce que Jéhovah exposera publiquement les crimes sanglants commis par *« la terre »*, c'est-à-dire les autorités terrestres, et en tiendra les responsables pour comptables. Elle dénonce les monuments érigés en mémoire des victimes, présentés comme un moyen de dissimuler la vérité sous un voile de *« faux patriotisme »*. Selon l'article, Jéhovah promet de déchirer ce voile et de révéler les coupables, en particulier ceux qui ont hypocritement sanctifié la guerre pour aveugler les populations[75].
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La responsabilité des clercs
La publication poursuit son analyse en ciblant spécifiquement les responsables religieux, qu'elle accuse d'être complices des crimes commis contre les innocents. Elle cite le prophète Jérémie 2:34 dans la traduction de Rotherham pour illustrer cette responsabilité : *« Même sur les pans de tes vêtements se trouve le sang des âmes des pauvres innocents, que tu n'as pas surpris en train de forcer une entrée »*. Cette prophétie est interprétée comme une condamnation des jeunes hommes envoyés à la guerre sous l'influence des harangues des clercs religieux. Leur sang, versé alors qu'ils n'étaient pas en train de commettre un crime, est imputé par Jéhovah aux hommes de religion qui les ont incités à partir[76].
L'article affirme que cette prophétie prouve que les clercs, qui se réclament du nom du Seigneur Dieu tout en Le représentant faussement, font partie de l'organisation de Satan. Il souligne que Jéhovah sort de Sa demeure pour exprimer Son indignation contre ces malfaiteurs. La publication rappelle que, ces dernières années, *« l'abomination de la désolation »* est apparue sous la forme d'un monstre totalitaire soumis à la volonté et aux desseins de la hiérarchie religieuse. Ce monstre, comparé à Goliath terrifiant les Israélites sur le champ de bataille, inspire aujourd'hui la terreur à ceux qui ont peu de foi en Dieu. Cependant, l'article rassure ceux qui sont *« revêtus de l'armure scripturaire »* et qui sont *« forts dans le Seigneur et dans la puissance de Sa force »*, affirmant qu'ils savent qu'ils sont imparfaits et tomberaient rapidement face aux ennemis du gouvernement théocratique, mais que leur confiance absolue en Jéhovah les protège[77].
Pour encourager Ses fidèles en cette période périlleuse, Jéhovah leur adresse des paroles de réconfort à travers Ses prophètes. L'article cite Isaïe 26:20 : *« Va, mon peuple, entre dans tes chambres, et ferme tes portes sur toi ; cache-toi pour un peu de temps, jusqu'à ce que l'indignation soit passée »*. Cette invitation à se réfugier dans un lieu sûr est reprise par Jésus dans Matthieu 6:6, où Il exhorte Ses disciples à entrer dans leur *« chambre intérieure »* pour prier leur Père. Ceux qui sont amenés dans ce lieu de sécurité, le temple spirituel de Dieu, prient ainsi : *« Tu es mon refuge et mon bouclier ; j'espère en Ta parole »* (Psaume 119:114)[78].
La publication explique que l'ordre donné aux témoins de Jéhovah de se cacher dans le temple spirituel ne pouvait s'appliquer avant la venue du Roi de Jéhovah, Jésus-Christ, pour le jugement. Elle affirme que tous les faits et prophéties montrent que le jugement des nations est en cours et que les peuples sont en train d'être séparés comme des brebis et des boucs, pour ou contre la Théocratie. Le lieu de sécurité doit donc être accessible désormais. Cependant, elle précise que tous ceux qui prétendent être *« dans la vérité présente »* ne bénéficient pas de cette protection. Ceux qui n'ont pas discerné les *« éclairs de révélation de la Parole de Dieu »* depuis l'établissement du temple ne voient même pas qu'il existe un lieu de sécurité ou de refuge sous la protection de Jéhovah. Ils n'ont pas compris l'existence et la puissance de l'organisation de Satan, ni l'organisation théocratique qui s'y oppose[79].

L'article conclut en affirmant que le *« lieu secret du Très-Haut »*, mentionné dans les prophéties, est désormais occupé par le reste des témoins de Jéhovah et leurs compagnons, les *« gens de bonne volonté »* sur la terre. Ces derniers se placent sous l'organisation théocratique pour leur sécurité et se réjouissent ensemble. La publication cite Proverbes 18:10 pour illustrer cette protection : *« Le nom de Jéhovah est une tour forte ; le juste s'y réfugie et est en sécurité »*. Elle rappelle que Jéhovah promet à Ses fidèles de se cacher *« pour un peu de temps, jusqu'à ce que l'indignation soit passée »*, ce *« peu de temps »* correspondant à la *« courte période »* pendant laquelle Satan sait qu'il doit préparer et livrer la bataille d'Armageddon (Apocalypse 12:12). Le psalmiste évoque également cette période en parlant des ennemis de la Théocratie : *« Comme ils sont réduits à la désolation en un instant ! »* (Psaume 73:19)[80].
La publication souligne que l'organisation de Satan menace de destruction immédiate ceux qui se réfugient sous la protection de Jéhovah. Après avoir rassemblé Son peuple dans ce lieu sûr, Jéhovah s'adresse à l'organisation visible de Satan sur la terre, en citant Michée 1:2-3 : *« Écoutez, vous tous, peuples ; sois attentive, terre, et tout ce qu'elle renferme ! Que le Seigneur Jéhovah soit témoin contre vous, le Seigneur qui sort de Son saint temple ! Car voici, Jéhovah sort de Sa demeure, Il descend et marche sur les hauts lieux de la terre »*. Ainsi, Dieu manifeste Sa détermination à Se révéler aux peuples de la terre et à exercer Sa puissance. L'organisation ennemie lancera une attaque féroce contre l'organisation de Dieu, mais Son peuple, abrité dans ce refuge sûr, sera sauvé[81].
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Pie XII et le complice de Staline (3ᵉ partie)
Sous ce titre, la publication poursuit une série d'articles consacrés aux liens entre le régime nazi et la hiérarchie catholique, en mettant particulièrement l'accent sur les personnalités d'Adolf Hitler, de Joseph Staline et du pape Pie XII (Eugenio Pacelli). Elle présente une analyse critique des fortunes accumulées par les dirigeants nazis, en s'appuyant sur des sources journalistiques pour illustrer leur enrichissement personnel et leur corruption.
L'article révèle que le revenu personnel d'Adolf Hitler dépasse un million de dollars par an. Ce montant est composé de plusieurs sources : un salaire et des indemnités en tant que président du Reich (75 000 dollars), chancelier (15 000 dollars) et chef du parti nazi (15 000 dollars), ainsi que des droits d'auteur sur son livre Mein Kampf (665 000 dollars), des bénéfices tirés de la maison d'édition Franz Eher (118 750 dollars) et du journal Völkischer Beobachter (71 500 dollars). La publication souligne que une grande partie de l'argent volé aux Juifs et à d'autres victimes a été placée à l'étranger, mais que les dirigeants nazis disposent de suffisamment de fonds pour vivre dans l'opulence en Allemagne jusqu'au *« jour des comptes »*[82].
La publication décrit le train de vie luxueux des principaux dirigeants nazis, tels que Hermann Göring, Joseph Goebbels et Joachim von Ribbentrop, qui possèdent chacun trois palais. Elle rapporte que l'ancien propriétaire de l'un des palais de von Ribbentrop est mort dans un camp de concentration, et que l'un des palais de Goebbels compte cinquante pièces. L'article évoque également les fortunes placées à l'étranger par les dirigeants nazis, citant le journaliste américain H. R. Knickerbocker, qui a mentionné des investissements d'environ 35 millions de dollars réalisés par les dirigeants nazis dans des villes comme Buenos Aires, Santiago, La Haye, Zurich, São Paulo, New York, Chicago, San Francisco et Helsinki. Knickerbocker aurait même fourni les noms des intermédiaires impliqués dans ces transactions, ce qui a valu à Goebbels de proposer une récompense de 10 % du montant s'il pouvait prouver ses accusations[83].
L'article aborde ensuite le rôle de Julius Streicher, un proche d'Hitler, dans la propagande antisémite. Streicher, décrit comme dépendant de Hitler pour une grande partie de sa propagande infâme contre les Juifs, a été découvert en train de confisquer d'énormes sommes d'argent aux Juifs pour son usage personnel pendant l'excitation de la guerre. Bien qu'il ait échappé à l'exécution grâce à l'intervention d'Hitler, il a été placé en *« détention préventive »*, ce qui pourrait signifier sa mort aux mains de la Gestapo. La publication souligne que *« malheur à celui qui est 'protégé' par Hitler ou son 'gouvernement' »*[84].
La publication dénonce également la censure stricte imposée par le régime nazi, non seulement en Allemagne, mais aussi dans les pays voisins, en particulier dans les Balkans. Elle rapporte que les nazis ont décrété que les citoyens du Reich ne peuvent écouter, intentionnellement ou non, aucun programme radio étranger, musical ou autre, sous peine de peines allant de un à quinze ans de prison, voire la peine de mort. Des voyageurs de retour affirment cependant que l'écoute des programmes étrangers reste répandue. La police a même publié des annonces dans les journaux allemands pour des postes de radio d'occasion offrant une *« bonne réception de toutes les stations européennes »*, avant de saisir les appareils des clients qui se présentaient. Les autorités ont également confisqué les anciens récepteurs radio à écouteurs installés dans les foyers[85].
L'article évoque également la situation de la radio en Europe, où les *« blackouts »* (interruptions de diffusion) sont monnaie courante. La propagande allemande est diffusée en anglais pur, et vice versa, avec des speakers italiens utilisant des accents américains, et la British Broadcasting Corporation (BBC) employant des speakers avec des accents hongrois, croate, grec, roumain, serbe et bulgare. Les auditeurs sont désorientés par cette cacophonie. La censure dans les Balkans est si stricte que les Américains, situés à des milliers de kilomètres, en savent plus sur ce qui se passe dans les zones de guerre que ceux qui vivent à moins de cinquante miles des fronts. Les journaux du matin publient des articles avec des *« trous »* laissés par la censure, tandis que les journaux de l'après-midi paraissent avec encore plus d'espaces blancs. Parfois, les censeurs autorisent un journal à publier une dépêche tout en l'interdisant à un autre journal de la même ville[86].
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Parler de subversion !
La publication dénonce les activités subversives menées par les nazis dans les pays non encore impliqués dans la guerre, en s'appuyant sur des exemples concrets pour illustrer leurs méthodes de propagande et de déstabilisation. Elle cite une correspondance entre l'agence de propagande nazie *Fiete Bund*, basée à Hambourg, et une Américaine, le Dr Anna Bogenholm Sloane, qui projetait de lancer un journal avec la bénédiction d'Hitler. La publication révèle que cette dernière avait nommé plusieurs personnalités qu'elle jugeait idéales pour siéger au conseil de rédaction de ce journal, parmi lesquelles figuraient des figures controversées de l'extrême droite américaine[87].
Parmi les noms cités figurent le Dr Hiram Wesley Evans, président du Ku Klux Klan ; le Dr Edward Hunter, président de la *Industrial Defense League* ; Donald Shea, président des *White Shirts* et de la *Gentile League* ; William Dudley Pelley, président des *Silver Shirts* ; le *« Révérend »* Charles E. Coughlin, éditeur de *« Social Justice »* ; George E. Deatherage, président des *Knights of the White Camelia* ; James True, président de *James True Associates* ; le général George Van Horn Moseley, ancien commandant de la quatrième zone de corps d'armée ; George W. Christians, président des *Crusaders for Economic Liberty* ; Gerald Winrod, éditeur du *« Defender »* ; Harry A. Jung, président de la *Vigilanti Federation* ; et Fritz Kuhn, président du *German Bund*[88].
La publication souligne que Fritz Kuhn, un proche d'Adolf Hitler et organisateur des *Bunds* aux États-Unis, est un exemple typique de nazi. Elle rapporte qu'il a été arrêté pour avoir détourné les fonds de son organisation au profit d'une maîtresse, une affaire qui a révélé qu'il avait dépensé 717 dollars sur les 5 641,24 dollars volés pour une *« blonde 'ange' de Californie »*. Condamné pour ce détournement, Kuhn a été emprisonné, et les nazis le décrivent désormais comme un *« prisonnier de guerre »*, une désignation jugée significative par la publication[89].
L'article affirme que, dans les pays non encore impliqués dans la guerre, les nazis poursuivent leur propagande subversive et s'efforcent d'affaiblir les gouvernements par tous les moyens possibles. La publication présente ces activités comme une pratique typique des *« romanistes »* (terme péjoratif désignant les catholiques), et souligne que c'est à ce complice d'Hitler contre la liberté que le président Roosevelt a envoyé son *« ambassadeur personnel »*, rapprochant ainsi les États-Unis de la sphère d'influence nazie et hiérarchique[90].
Sous le titre *« Qui a écrit 'Mein Kampf' ? »*, la publication aborde les doutes entourant la paternité du livre d'Adolf Hitler, en particulier depuis que ce dernier s'est rapproché de Staline. Elle cite un article du journal *Diario da Noite*, qui rapporte qu'un médecin viennois, le Dr Paul Maybach, aurait rencontré dans la jungle brésilienne un Juif allemand nommé Peter Lieberknecht, affirmant être le véritable auteur de Mein Kampf. Selon le Dr Maybach, Lieberknecht aurait écrit ce livre pendant que Hitler était en prison, et ce dernier l'aurait ensuite envoyé dans un camp de concentration, d'où il se serait échappé avec le manuscrit. Lieberknecht aurait déclaré au médecin qu'il ne retournerait jamais à la civilisation et vivrait désormais dans la jungle, près de la frontière entre le Brésil et le Paraguay[91].
La publication évoque également l'explosion d'une bombe à Munich, attribuée par les journaux allemands aux Anglais pour attiser la haine des Allemands envers ces derniers. Cependant, elle suggère que cette explication est peu crédible et que la bombe a probablement été posée par les mêmes mains qui ont incendié le Reichstag, c'est-à-dire avec la connaissance, le consentement et la complicité d'Hitler lui-même, dans le même but. La publication rejette également l'hypothèse selon laquelle les communistes russes auraient été responsables de l'attentat, une théorie avancée par le *« Révérend Dr »* Edmund A. Walsh, un jésuite[92].
L'article fournit un exemple de la mentalité nazie en relatant l'histoire d'un vieil homme de Lituanie qui se trouvait en Pologne au moment de l'invasion nazie et qui a demandé un passeport pour retourner en Lituanie. Les nazis ont refusé de lui accorder ce passeport parce que son nom était le même que celui du dictateur, la seule différence étant que le vieil homme écrivait son nom Adolf Hittler au lieu de Hitler. La publication présente cet incident comme un indice révélateur de la mentalité nazie[93].
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D'autres nations et la guerre
La publication aborde les répercussions de la guerre sur les nations non directement impliquées dans le conflit, en soulignant que les marges étroites imposées par l'état de guerre affectent inévitablement ces pays. Elle cite un exemple de tension entre l'Allemagne et la Norvège, provoquée par un désaccord mineur concernant une blessure à la jambe. Le steamer américain *City of Flint*, sous le contrôle d'un équipage de prise allemand, aurait pu s'arrêter dans un port norvégien en raison de son état de navigabilité ou d'une maladie à bord. Cependant, les autorités allemandes ont interdit cet arrêt, arguant que la blessure d'un membre de l'équipage n'était pas suffisamment grave. Le navire a finalement accosté en Norvège, où les Norvégiens ont libéré le steamer et interné l'équipage allemand. La publication note qu'Hitler *« ne pardonne ni n'oublie jamais »*, et que cet incident illustre les tensions croissantes entre les nations[94].

L'article évoque également les traités existants signés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon, mais non par l'Allemagne, qui permettent aux navires marchands de s'armer sans être considérés comme des navires de guerre, et interdisent les attaques contre les navires marchands sans secourir et prendre soin de toutes les personnes à bord. La publication souligne que les attaques de sous-marins contre les navires marchands sans sauvetage des personnes à bord constituent un acte de piraterie, punissable de mort. Cependant, elle note que la principale difficulté réside dans l'identification et la capture des pirates, même si leur identité semble moins problématique, malgré les dénégations des intéressés[95].
La publication conclut en affirmant que, à ce moment précis, le monde entier est *« en train de 's'émerveiller' »*, paniqué par les événements en cours. Elle souligne que les marges étroites de la guerre affectent inévitablement d'autres nations que celles directement impliquées dans le conflit[96].
Au milieu du feu
La publication poursuit son récit des persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Allemagne nazie, en s'appuyant sur des extraits du Yearbook of Jehovah's Witnesses for 1940[97]. Elle souligne que ces fidèles, à l'instar de leurs frères des temps apostoliques, endurent de grandes souffrances pour l'honneur du nom divin. Malgré les épreuves, ils maintiennent leur foi en Jéhovah, *« regardant non pas aux choses visibles, mais aux invisibles »*, convaincus que *« les choses visibles sont temporaires, mais les invisibles sont éternelles »*[98].
L'article décrit l'instrument principal de la répression nazie, la Gestapo (police secrète d'État), comme un outil de Satan, comparable aux nephilim des jours de Noé, *« remplissant la terre de violence »*. La Gestapo est présentée comme une organisation cruelle, agissant en toute impunité, exécutant les ordres du parti national-socialiste et recourant à des méthodes brutales pour extorquer des aveux à ses victimes. Parmi ces méthodes figurent la fraude, la tromperie, les menaces, la confiscation de biens, les coups de matraque, les instruments de torture, les produits chimiques pour briser la volonté et la raison, la stérilisation, et le meurtre. La publication cite l'exemple de Karl Kirsch, un frère de Bochum, qui aurait été *« défiguré et tué avec sa propre jambe artificielle »*[99].
La publication dénonce également la complicité de la classe de *« l'esclave méchant »*, qui agit comme des espions et des traîtres, à l'image de Judas, aggravant ainsi les souffrances des fidèles. Elle affirme que de nombreux membres de cette classe ont accepté *« le salaire du meurtrier »* de la Gestapo et occupent même des postes élevés au sein de cette organisation. Certains se font passer pour des frères ou des représentants du bureau de Berne afin de piéger les fidèles. La Gestapo utilise même les derniers numéros de La Tour de Garde comme moyen d'introduction pour infiltrer les réunions des Témoins de Jéhovah. Pour contrer cette manœuvre, les fidèles ont développé leurs propres méthodes de distribution de la nourriture spirituelle[100].
La publication évoque également les souffrances des familles des fidèles, souvent déchirées, avec des enfants arrachés à leurs parents pour être élevés dans l'esprit national-socialiste. Cependant, elle souligne que ces épreuves renforcent souvent la foi des enfants. Elle cite l'exemple d'une jeune fille de 13 ans qui écrit à ses parents : *« Je me souviens toujours des hommes fidèles comme Job, Daniel et d'autres, les prenant pour exemple, et je préférerais mourir plutôt que de devenir infidèle à Dieu »*. Un garçon de onze ans aurait également exprimé sa détermination à rester fidèle à Jéhovah[101].
Malgré la terreur nazie, la publication affirme que les Témoins de Jéhovah en Allemagne restent fidèles à leur foi, *« exaltant le nom de Jéhovah »* comme le firent Shadrach, Meshach et Abed-Nego. Elle souligne que *« Gog a envahi le pays avec toutes ses hordes, cherchant à détruire le peuple de Dieu »*, mais que *« le Seigneur a permis à Son peuple d'être mis à l'épreuve comme dans la 'fournaise chauffée sept fois plus' de Nebucadnetsar »*. Grâce à la protection divine, les fidèles accomplissent des *« merveilles de foi »* et maintiennent leur confiance en Jéhovah, *« attendant qu'Il accomplisse Son acte merveilleux et étrange »*, à savoir la destruction des hypocrites qui prétendent servir Dieu tout en s'alignant avec les plus méchants[102].
Statues « célèbres »
En marge du récit des persécutions, la publication insère deux brèves rubriques factuelles. La première signale que Londres possède 240 statues dites « célèbres », appartenant à la Couronne. « nettoyées régulièrement, mais en veillant à ne pas les rendre trop propres et neuves » Les laveurs de statues changent et lavent les drapeaux du Cénotaphe trente-huit fois par an, et il faut un mois à treize hommes pour nettoyer le Victoria Memorial devant le palais de Buckingham.[103] La seconde rubrique évoque la découverte au large de Dundee, en Écosse, d'un poisson géant de 17 pieds et 10 pouces de longueur, identifié comme le plus grand Régalec ou « Roi des harengs » jamais capturé, placé ensuite au British Museum.[104]
Le nouveau gouvernement (suite)
La publication poursuit son analyse de l'influence de la hiérarchie catholique en Afrique, en soulignant que cette dernière exerce un contrôle si important sur les populations africaines dans certaines régions que *« même maintenant, la hiérarchie est presque en mesure de dicter sa politique »*. Un commissaire de district aurait même qualifié l'afflux de prêtres étrangers de *« menace pour le pays »*[105].
L'article révèle que, dans au moins une propriété minière, la meilleure référence pour obtenir un emploi ou une promotion est d'être catholique. Plusieurs personnes *« sans colonne vertébrale »* auraient succombé au système de la *« prostituée »* (terme péjoratif désignant l'Église catholique) pour obtenir des faveurs terrestres temporaires. Dans la ville de Broken Hill, un centre catholique fortifié par un évêque, le conseil d'administration a récemment décidé de ne pas autoriser la section africaine des Témoins de Jéhovah à construire une salle de réunion dans la ville. La publication dénonce cette décision comme une atteinte à la liberté de culte, *« cédant ainsi la place à l'esprit de Rome »*, dont les enfants célèbres, Hitler et Mussolini, ne connaissent d'autre liberté que celle de l'obéissance à eux-mêmes et à l'Église qu'ils servent avec tant de zèle[106].
La publication souligne que les auteurs de cette décision injuste, qui va à l'encontre du droit à la liberté de culte, sont probablement parmi ceux qui exigent et attendent le respect des Africains, non pas en raison de leurs actes de justice et d'humanité, mais simplement en raison de leur ascendance européenne. Elle note que l'esprit de guerre s'est matérialisé en une réalité plus haïssable, et que les Européens, bien que calmes en apparence, réalisent que l'ordre mondial change rapidement, avec les anciens systèmes démocratiques cédant la place à une forme de dictature partout. Les problèmes actuels sont jugés plus grands que les hommes chargés de les gérer. Les fidèles qui vont à l'église, peu nombreux, se sentent en confiance car ils croient que le Seigneur les délivrera parce qu'ils font confiance à leurs pasteurs, et non à *« la parole plus sûre de la prophétie »*. Cependant, l'homme moyen dans la rue se soucie peu de la religion ou de tout ce qui pourrait interférer avec son mode de vie actuel[107].
La publication rapporte que les recrues africaines partent au combat en chantant leurs anciens chants de guerre, se demandant sans doute pourquoi elles sont appelées à combattre et à tuer des Européens. Elle souligne que, çà et là, comme aux jours de Mustapha, certains sont las et désireux d'écouter le dessein du Seigneur tel qu'il est révélé dans Sa Parole et dans la littérature de la Société. Ces personnes sont fatiguées des promesses non tenues des politiciens, de l'infidélité des prédicateurs, de l'égoïsme des financiers, et n'ont plus confiance en un gouvernement local dont les postes administratifs sont souvent occupés par des hommes nommés en raison de leur association avec les universités d'Oxford et de Cambridge, plutôt que pour leurs compétences exécutives ou leur expérience commerciale. Pour ces personnes, la connaissance que *« Jéhovah est sur le point de justifier Son nom dans toute la terre et d'établir pleinement Son royaume »* est une vision salvatrice. La publication ajoute qu'une copie de Consolation est pour elles *« un mot d'encouragement et comme une gorgée d'eau pure et rafraîchissante »*[108].
Témoignage en Belgique
La publication reproduit une lettre personnelle d'une Témoin de Jéhovah en Belgique, écrite quatre semaines après le début de la guerre. Cette jeune Anglaise, Mona Prait, décrit les conditions difficiles dans lesquelles elle poursuit son témoignage. Elle se trouvait initialement à seulement 25 miles de la ligne Maginot, où les hommes étaient mobilisés et l'activité militaire intense. Face à l'avancée des troupes, elle a dû se déplacer plus à l'intérieur des terres. La censure postale était en place, et les zones militaires devaient être évitées. Elle était arrêtée quotidiennement par la police ou les gendarmes, et s'était habituée à être conduite devant les autorités. Un recensement des étrangers était en cours, et une taxe supplémentaire sur les vélos avait été instaurée. Les produits de première nécessité, comme le sucre, le savon, les allumettes et le sel, commençaient à manquer. Dans ses moments de repos, elle écoutait anxieusement les messages radio en provenance d'Angleterre, d'Amérique, de France, de Pologne et d'Allemagne[109].
Malgré ces conditions difficiles, Mona Prait affirme que les Témoins de Jéhovah en Belgique *« tiennent bon »* et poursuivent leur travail et leurs études avec enthousiasme. Les jeunes témoins en âge de servir militaire devaient prendre position, et toutes les réunions étaient organisées l'après-midi en raison du rationnement de la nourriture et de l'essence. Elle souligne que *« nous ne savons pas quand l'ennemi va frapper, mais nous faisons de notre mieux pour accomplir ce que nous pouvons au moment présent, appréciant le privilège tant que nous l'avons »*. Elle exprime sa confiance absolue en Jéhovah en ces temps troublés et son désir de *« rester fidèle à Lui jusqu'à ce que Son 'acte étrange' ait lieu »*[110].
Sous le drapeau totalitaire (suite)
La publication poursuit son analyse des origines des croix de bord de route au Brésil, en expliquant que ces symboles religieux trouvent leur source dans les conflits et les vengeances qui éclataient lors des bals populaires. Ces événements, initialement organisés sous forme de *« reza »* (prières sans la présence d'un prêtre), rassemblaient les habitants des environs autour d'un autel improvisé où étaient exposées des statues de saints. Après une heure de prières, les statues étaient rangées et la musique commençait, marquant le début des festivités[111].
Lors de ces bals, des altercations éclataient souvent entre les participants, notamment lorsque des jeunes femmes refusaient de danser avec certains hommes en raison de leur ivresse. Ces refus, qualifiés de *« tôba »* (littéralement *« envoyer au diable »*), provoquaient des rancœurs. Si les conflits n'étaient pas réglés sur place, les antagonistes se donnaient rendez-vous pour une date ultérieure, souvent avec l'intention de *« faire disparaître »* l'un d'eux. Les vengeances se déroulaient généralement dans des endroits isolés, comme des virages, où l'agresseur attendait sa victime pour la tuer d'un coup de feu ou d'un coup de couteau. La nouvelle du meurtre se répandait rapidement, et une messe était organisée pour le repos de l'âme de la victime[112].
Cependant, la croyance populaire voulait que si la victime avait fait une promesse à un saint sans pouvoir l'accomplir, ou si elle avait été injustement tuée, son âme revenait hanter les lieux du crime pour demander vengeance. Pour apaiser cette âme errante, une croix était érigée sur le lieu du meurtre. Cette pratique s'est généralisée, et les croix ont commencé à apparaître à tous les endroits où des accidents mortels survenaient : foudroiement, chute d'arbre, accident de train, ou même des lieux où personne n'était mort sur le coup, mais où un accident avait entraîné la mort ultérieurement. Comme lors de la découverte du Brésil, ces croix n'étaient pas toujours placées à l'endroit exact de l'accident, mais près des routes, afin d'être visibles par les passants[113].
La publication explique que les fêtes célébrées près de ces croix et chapels ont également évolué. Des groupes de personnes, principalement des hommes, se formaient pour *« quêter »* dans les environs afin d'organiser la fête. Ceux qui refusaient de contribuer étaient rapidement mis au ban de la communauté, considérés comme des indésirables, des protestants, ou même des complices du diable. Avant la fête, le lieu était nettoyé, la croix décorée, et des stands étaient installés pour vendre des sucreries, des boissons, des jeux de hasard, et d'autres marchandises. L'élément central de ces fêtes était la vente aux enchères, où étaient proposés des objets offerts aux saints. L'argent récolté était destiné à des poches bien connues, ou du moins facilement devinables[114].
La publication note que cette pratique des croix est en déclin, en raison de la situation économique difficile des colons, des agriculteurs et des journaliers, qui les pousse à chercher des solutions plus efficaces. Elle affirme que *« la seule chose qui puisse leur apporter ce qu'ils désirent, les libérant de leur vaine conversation reçue par tradition de leurs pères, et délivrant complètement les peuples encore dans les ténèbres, est le Gouvernement Théocratique de Jéhovah »*[115].


Par ici pour le comptoir des divorces
La publication dénonce avec ironie la facilité avec laquelle les divorces sont obtenus au Vatican, comparant cette pratique à une opération commerciale bien rodée. Elle affirme que le *« commerce du divorce »* est si florissant que le Vatican a établi un barème de coûts fixes pour rationaliser le processus. Elle suggère que, dans l'esprit du *« New Deal »* (Nouvelle Donne) révélé par les divorces de trois des cinq enfants du président Roosevelt, les hommes mariés à des femmes *« difficiles »* peuvent simplement écrire pour connaître le coût du divorce et envoyer la somme requise, comprise entre 1 000 et 6 000 lires (soit environ 50,50 à 303 dollars), pour se débarrasser de leur épouse[116].
Le grand bruit
La publication cite un article du North China Daily News de Shanghai, qui rapporte une déclaration de l'évêque Haouisée soulignant la nécessité d'écouter la voix du Christ, en particulier en ces temps troublés. L'évêque affirme que *« le Pontife romain est pour toute la chrétienté la Voix du Christ »*. La publication tourne cette déclaration en dérision, la qualifiant de *« blague n°1 qui devrait figurer dans la colonne des 'Amuse-gueule' »*. Elle souligne que, aux États-Unis, seulement 15 % de la population est catholique, et que ces derniers sont les seuls à avoir confiance en le pape. Les autres le considèrent simplement comme *« un grand bruit sans aucun sens des proportions ni de bon sens »*[117].
L'ambition du cardinal défunt
La publication aborde les promesses faites par le cardinal Verdier, archevêque de Paris, à la *« Reine du Ciel »* (la Vierge Marie), selon lesquelles il s'engageait à faire construire une nouvelle église en son honneur à Lourdes si la France catholique remportait la victoire sur l'Allemagne catholique. La publication souligne l'ironie de cette situation, où deux nations catholiques s'affrontent, et où le cardinal espérait que l'argent nécessaire à la reconstruction de l'église, détruite par les bombardements allemands, serait fourni par John D. Rockefeller ou un autre *« imbécile américain »*. Elle dénonce cette pratique comme une forme de commerce religieux, où les fidèles sont incités à financer des projets en échange de faveurs spirituelles supposées, comme un sourire de leur mère défunte depuis le ciel[118].
L'article critique également les méthodes utilisées par la hiérarchie catholique pour extorquer de l'argent aux fidèles sous prétexte de soulager les âmes du purgatoire. Il cite un exemple tiré d'une publicité des Pères Dominicains de l'église du Sacré-Cœur à Jersey City, qui propose aux fidèles de faire célébrer une messe en mémoire de leur mère défunte le jour de la fête des Mères. La publication tourne en dérision l'idée que les âmes du purgatoire pourraient bénéficier de ces messes, en soulignant que la durée de leur séjour au purgatoire dépendrait uniquement de la somme d'argent disponible pour financer ces cérémonies. Elle suggère que les prêtres exploitent la culpabilité des fidèles pour les inciter à donner de l'argent, en insérant des termes comme *« peut-être »* pour laisser planer un doute sur l'efficacité de ces pratiques[119].
La publication illustre cette critique en imaginant un scénario où un fils, ayant gagné de l'argent grâce à des jeux d'argent ou à une loterie, souhaite *« faire quelque chose pour sa mère »* en donnant 500 dollars à un prêtre. Elle décrit la réaction du prêtre, qui accepterait l'argent en promettant que la mère du donateur pourrait *« au moins avoir un jour de congé le jour de la Décoration et sourire depuis le ciel »*, bien que ses traits soient *« bien cuits »* et qu'elle ressemble à *« une braise animée »*. Ce passage vise à dénoncer l'hypocrisie et le mercantilisme de ces pratiques religieuses[120].
Marie aimait le pain
La publication critique les enseignements de la hiérarchie catholique concernant la communion, en citant un discours du *« Révérend »* Harry P. Harris, de Groveport (Ohio), prononcé à l'église catholique romaine St. Mary de Bayonne (New Jersey). Ce dernier affirme que, selon la tradition, Marie, mère de Jésus, aurait trouvé sa plus grande joie après l'ascension du Christ en le recevant *« sous l'apparence du pain »* lors de la communion, des mains des apôtres. Il cite également l'exemple de sainte Thérèse de Lisieux, qui aurait désiré recevoir fréquemment la communion, comme le pratiquaient les premiers chrétiens[121].
La publication rejette ces affirmations en soulignant qu'elles sont contraires aux Écritures, qui enseignent que la commémoration de la mort du Christ, en l'honneur du nom de Jéhovah, ne doit être observée qu'une fois par an, comme le faisaient les premiers chrétiens. Elle rappelle que les apôtres participaient à cette commémoration au même titre que les autres fidèles, et qu'il n'est pas nécessaire de leur attribuer une gloire particulière pour en transférer une partie à leurs prétendus successeurs. La publication qualifie l'idée que Marie aurait *« spécialement apprécié la communion parce qu'elle mangeait littéralement son fils »* de *« déraisonnable et non scripturaire »*, et affirme que Marie n'était pas cannibale[122].
La Gestapo sud-africaine
La publication évoque la création d'une branche spéciale de la police sud-africaine, inspirée de la Gestapo allemande et de la branche spéciale de Scotland Yard, chargée de lutter contre les mouvements subversifs et les associations inspirées par l'étranger. Elle cite un article du Rand Daily Mail du 28 juin 1939, qui décrit cette nouvelle unité comme un outil au service de la hiérarchie catholique romaine, destiné à imposer sa volonté et à combattre la vérité. Le colonel G. R. C. Baston, chef adjoint de la police, aurait refusé de révéler les méthodes ou les préparatifs de cette unité, affirmant qu'il s'agissait d'une question de politique gouvernementale[123].
La publication présente cette initiative comme un signe encourageant pour ceux qui aiment le Seigneur et placent leurs espoirs dans Son Royaume. Elle souligne que la création de cette *« Gestapo sud-africaine »* reflète la montée des persécutions contre les fidèles, comparable à celles menées par la Gestapo allemande, et qu'elle annonce l'imminence du *« jour de Jéhovah »*, où les jugements divins s'abattront sur la terre[124].
Autour de la crèche
La publication tourne en dérision une déclaration du cardinal Mundelein, publiée dans le Chicago American du 17 décembre 1937, dans laquelle ce dernier invitait les fidèles à se rassembler *« autour de la crèche de l'Enfant Sauveur »* lors de la fête de Noël, promettant de faire de leur mieux pour être *« contents et résignés à tout ce qu'Il daigne nous envoyer dans cette vie »*. La publication qualifie cette déclaration de *« blague »*, soulignant que le cardinal était *« un peu crépusculaire »* (obscur) concernant la crèche et l'« Enfant Sauveur », et qu'il n'a pas précisé leur localisation ou leur état. Elle suggère que les hommes ne sont plus aussi crédules qu'autrefois, et que le cardinal a eu la sagesse de ne pas être trop précis sur ces détails[125].
Remercié au moins dix-sept fois
La publication reproduit une annonce payante parue dans un journal de Louisiane, dans laquelle une personne remercie plusieurs saints, la Vierge Marie, des âmes du purgatoire et des figures religieuses pour des faveurs obtenues, notamment une opération évitée, de l'argent perdu retrouvé et d'autres *« merveilleuses faveurs »*. La publication souligne que Dieu n'est même pas mentionné dans cette prière, et que les Écritures enseignent que les prières doivent être adressées à Jéhovah, et non à d'autres figures. Elle cite Matthieu 6:6, qui enseigne que les prières doivent être faites en secret au Père céleste, et non à des intermédiaires[126].
Les prêtres obtiennent les meilleurs emplois
La publication dénonce le fait que des prêtres catholiques soient nommés lieutenants dans l'armée française et soient chargés de mener leurs hommes au combat. Elle cite le journal catholique The Register, qui se vante que 160 prêtres au front occupent des postes de lieutenants et *« mèneront naturellement leurs hommes au combat dans les combats actifs »*, c'est-à-dire dans l'assassinat de leurs frères catholiques. La publication présente cette situation comme une preuve de l'hypocrisie de la hiérarchie catholique, qui prêche la paix tout en participant activement à la guerre[127].
Arrestations en France
La publication rapporte que de nombreux Témoins de Jéhovah français et polonais ont été arrêtés et emprisonnés dans des camps de concentration. Elle souligne que les fidèles doivent désormais se réunir en secret pour étudier la Bible, et que cette situation représente une grande épreuve pour eux dans un monde mauvais. L'article se termine par la mention *« (À suivre) »*, indiquant que le sujet sera développé dans un prochain numéro[128].
Commentaires britanniques
Sous la signature de J. Hemery (Londres), la publication propose une analyse de la situation en Grande-Bretagne au début de l'invasion des Pays-Bas et de la Belgique par l'Allemagne nazie. L'auteur souligne que cette invasion a provoqué une prise de conscience brutale de la réalité de la guerre parmi la population britannique, bien que les préparatifs militaires n'aient pas encore suscité une telle réaction. Il note que l'invasion de la Norvège et du Danemark, bien que préoccupante, semblait lointaine en raison de la mer du Nord et de la présence d'une flotte britannique. En revanche, l'invasion des Pays-Bas et de la Belgique, perçue comme une menace directe pour les frontières britanniques, a marqué un tournant dans la perception de la guerre[129].
L'article décrit l'état d'esprit des Britanniques, qui, bien que dépourvus de peur, sont désormais conscients que la guerre, avec toutes ses horreurs modernes, est à leurs portes. Il évoque la réaction du Parlement, soutenu par le peuple, qui a exigé un changement dans la conduite des efforts nationaux, conduisant à la formation d'un nouveau cabinet plus représentatif, un gouvernement national remplaçant un gouvernement maintenu par des votes partisans. L'auteur souligne que le coût énorme de la guerre, estimé à six millions de livres sterling par jour, n'est pas critiqué dans son ensemble, bien que certains politiciens pointent du doigt la gestion des détails par l'exécutif. La population comprend que, si l'agression allemande, dont l'objectif déclaré est d'écraser l'Empire britannique, n'est pas stoppée, tout ce que la Grande-Bretagne a construit et représente sera perdu[130].
La publication affirme que cette prise de conscience est partagée par la France, et que les peuples de ces deux nations réalisent désormais qu'ils doivent se battre pour leur existence. Avec la domination nazie sur la Hollande, la Belgique, le Luxembourg et la Picardie, les armées alliées sont unies dans une cause commune. L'auteur décrit cette situation comme un spectacle inédit dans l'histoire, où des forces terribles s'affrontent dans un conflit mortel : l'une luttant pour la domination mondiale, l'autre pour détruire les agresseurs impitoyables et affirmant que la guerre leur a été imposée[131].
Religion
L'auteur aborde l'impact de la guerre sur les institutions religieuses, soulignant que les responsables religieux sont profondément troublés par les événements actuels. Il cite l'archevêque de Canterbury, qui a exprimé à plusieurs reprises sa conviction que le mal qui sévit sur la terre est orchestré par les démons. D'autres commencent à percevoir qu'une puissance maléfique, bien supérieure à celle des hommes, est à l'œuvre parmi les nations. Certains dirigeants religieux suggèrent que Dieu permet ces troubles en raison de l'apathie des populations envers la religion et de leur indifférence à l'égard de tout culte divin[132].
La publication note cependant que, malgré ces interprétations, les responsables religieux s'accordent sur un point : la guerre doit être menée avec vigueur pour préserver ce que les églises possèdent et défendent. Certains dirigeants affirment que cette bataille contre le nazisme est *« la bataille de Dieu »*, et s'engagent dans cette cause. Le pape, quant à lui, prie pour la paix dans le monde et a particulièrement insisté pour que l'Italie reste en dehors du conflit. Cependant, l'auteur souligne que ces prières, diffusées par la radio contrôlée par l'Italie, sont connues de Mussolini, dont la décision d'entrer ou non en guerre dépendra uniquement de ses ambitions et de sa politique, et non des supplications du pape[133].
L'article mentionne également que la voix de Joseph Franklin Rutherford a été diffusée à de nombreuses reprises à travers le monde, et que les Témoins de Jéhovah saisissent chaque occasion pour annoncer que *« le jour des jugements de Jéhovah est venu »*. Il souligne que quiconque écoute les avertissements répétés concernant l'approche d'Armageddon et considère les événements actuels ne peut éviter de conclure que la fin de la domination ininterrompue de Satan est proche, et que la paix ne sera rétablie sur la terre qu'après que tout ce qui s'oppose à la justice aura été éliminé[134].
Prédicateurs de la Parole
L'auteur établit un parallèle entre l'enthousiasme et la joie des Témoins de Jéhovah qui découvrent la vérité sur le Royaume et le récit du huitième chapitre des Actes des Apôtres. Il rappelle que, à l'époque apostolique, les chefs religieux juifs avaient été ébranlés dans leur sentiment de sécurité en raison de la prédication de Jésus, de son meurtre, et du fait que des milliers de personnes qu'ils avaient égarées avaient désormais la preuve que Jésus était le Christ. La publication souligne que, comme aujourd'hui, les *« faux frères »* et les *« faux enseignants »*, introduits parmi les fidèles par le Diable, ont perçu une opportunité d'exaltation personnelle et ont progressivement imposé une classe exclusive au sein des églises, revendiquant une succession apostolique[135].
L'article décrit comment cette classe cléricale s'est arrogé des privilèges divins, en citant des textes scripturaires et des écrits des *« Pères de l'Église »* pour justifier ses revendications. Il dénonce particulièrement l'Église catholique romaine, qu'il qualifie de *« plus grande imposture imposée aux nations »*, et souligne que les protestants, bien que rejetant certaines de ses prétentions, adhèrent néanmoins à des doctrines tout aussi dépourvues de fondement scripturaire. La publication rappelle que Jésus a choisi douze hommes pour être avec lui et les a envoyés prêcher, mais que cette *« ordination »* ne signifiait rien de plus que leur désignation et leur mise à part pour le service du Seigneur. Après la résurrection de Jésus et la réception du saint esprit, les apôtres ont été pleinement équipés pour leur mission, mais les manifestations spéciales de l'esprit ont cessé avec eux[136].
L'auteur affirme que l'Église du Christ devait être guidée par le saint esprit jusqu'au retour du Seigneur, non pas visible aux yeux humains, mais en tant que grand Roi intronisé sur le trône du Royaume, sous l'autorité du Grand Théocrate, Jéhovah. Il dénonce les *« faux frères »* qui, en exploitant cette situation, ont créé une classe cléricale exclusive, se prétendant en succession apostolique directe, et revendiquant pour le pape le titre de *« Vicaire du Christ »*. Bien que les protestants rejettent cette prétention, ils continuent de défendre des doctrines tout aussi artificielles, comme le droit exclusif des clercs à prêcher l'Évangile[137].
Le syndicat des clercs
La publication compare le clergé à un syndicat professionnel, soulignant que les membres de cette classe sont aussi vigilants, voire plus, que les syndicats ouvriers lorsqu'il s'agit de défendre leurs droits, privilèges et intérêts. Elle note que, contrairement aux syndicats ouvriers, qui sont souvent associés aux métiers manuels, les *« professions »* religieuses sont tout aussi attentives à préserver leurs prérogatives, qu'elles soient établies par la coutume ou par la loi. L'auteur souligne que le *« syndicat »* le plus étroitement protégé sur terre est celui du clergé, qui s'est élevé au-dessus des voies ordinaires des hommes en revendiquant une autorité divine et une ordination sacrée[138].
La publication explique que, bien que des textes scripturaires soient cités pour soutenir ces revendications, les Écritures ne fournissent pas de fondement clair. Les écrits des *« Pères de l'Église »* sont alors invoqués pour justifier ces prétentions, et les décisions des clercs eux-mêmes sont promulguées comme ayant une autorité égale à celle de la Parole de Dieu. L'Église catholique romaine est présentée comme la principale transgresseuse dans ce domaine, imposant la plus grande imposture aux nations. Les protestants, bien que rejetant certaines de ses revendications, perpétuent néanmoins des pratiques similaires, comme la création d'un ministère exclusif et la restriction des *« sacrements »* aux prêtres et aux clercs[139].
L'article dénonce ce système comme entièrement artificiel et dépourvu d'autorité scripturaire. Il souligne que, outre leur prétention à être sanctifiés pour administrer les *« sacrements »*, les clercs revendiquent également le droit exclusif de prêcher l'Évangile. Bien que cette rigidité soit quelque peu assouplie dans certaines confessions non conformistes, la théorie reste largement admise. La publication affirme que cette revendication est aussi artificielle que celle du sacerdoce, et que l'appel à prêcher l'Évangile s'adresse à ceux qui l'acceptent, se consacrent à Dieu et obéissent aux paroles du Seigneur Jésus. Elle cite l'exemple des premiers chrétiens, qui, dès qu'ils étaient touchés par la vérité, devenaient immédiatement des ministres de la Parole, avec la bénédiction de Dieu[140].
Le « Groupe d'Oxford » — Buchmanites
La publication aborde la controverse entourant le *« Groupe d'Oxford »*, également connu sous le nom de Buchmanites, en citant A. P. Herbert, représentant principal de l'Université d'Oxford, qui s'oppose à l'utilisation de ce nom par le mouvement. Herbert affirme qu'il *« les poursuivra implacablement partout où il pourra jusqu'à ce qu'ils abandonnent ce nom, auquel ils n'ont pas droit »*. Il aurait reçu de nombreuses lettres de soutien et des informations sur les *« maux »* causés par ce mouvement, bien que ses motivations puissent être louables. La publication note que le Bureau du Commerce britannique a accordé aux Buchmanites le privilège d'utiliser ce nom, malgré les objections[141].
La plus lourde cloche d'Angleterre
La publication évoque la tradition des cloches d'église en Angleterre, qui continuent d'être sonnées *« en saison et hors saison »*, bien qu'elles ne servent à rien d'autre qu'à troubler la paix. Elle souligne que certaines de ces cloches sont si lourdes et bruyantes qu'il est dangereux pour l'ouïe et la vie de vivre à proximité. L'article mentionne la cloche la plus lourde d'Angleterre, *« Great Paul »*, située dans la cathédrale St. Paul de Londres, qui pèse 163 tonnes. La publication dénonce cette pratique comme un attachement à des conventions dépassées, caractéristique de la *« chrétienté »*, qui néglige les choses vraiment importantes[142].
Un toxicomane du tabac âgé de trois ans
Un témoignage personnel relate l'histoire d'un enfant de trois ans devenu dépendant au tabac. Une femme aurait confié à l'épouse de l'auteur que son fils, âgé de trois ans, hurlait depuis deux heures pour obtenir un morceau de cigare. Incapable de le calmer, elle aurait fini par céder et lui en donner un. L'auteur décrit la scène où l'enfant, une fois le cigare en main, tirait sur la fumée avec plaisir et se calmait tant qu'il pouvait en profiter. La mère de l'enfant aurait expliqué qu'elle-même avait commencé à fumer à l'âge de dix-sept ans, et que son premier enfant avait également manifesté des crises de manque, bien que moins intenses que celles de son deuxième enfant. La publication utilise cet exemple pour illustrer les dangers de la dépendance au tabac, en particulier chez les femmes, et s'interroge sur les conséquences possibles si les fumeurs ne pouvaient plus obtenir leur « poison » en cas de pénurie ou de difficultés d'approvisionnement. Elle souligne que le monde est fou de tabac et que cette dépendance est l'une des causes de la folie actuelle[143].
La publication rappelle que Jéhovah prépare actuellement son peuple à remplir la terre, et que, par l'intermédiaire de son organisation, il a montré que ce poison doit être abandonné par tous ceux qui souhaitent être ses témoins. Elle affirme que le tabac à fumer ne survivra pas à la fournaise ardente d'Armageddon, bien que son poison puisse encore être utilisé pour des usages pratiques, comme tuer les poux sur la volaille. Ce témoignage est signé par J. Davidian, Sr., de Californie[144].
« Consolation » en ukrainien
La publication informe ses lecteurs que le magazine Consolation en ukrainien, intitulé Wistnyk Potechy, n'est temporairement pas expédié aux abonnés canadiens en raison des restrictions imposées par le Comité de coordination de la censure. Plusieurs numéros ont été retenus par cette instance. Les abonnés canadiens à l'édition ukrainienne peuvent, en écrivant à la Société Watch Tower (117 Adams Street, Brooklyn, New York), recevoir l'édition anglaise de Consolation jusqu'à l'expiration de leur abonnement ou jusqu'à ce que l'édition ukrainienne soit de nouveau autorisée à entrer au Canada[145].
Événement de première importance en 1940
La publication annonce la Convention Théocratique des Témoins de Jéhovah, un événement de cinq jours qui se tiendra du 24 au 28 juillet 1940 dans trente villes à travers les États-Unis. Cet événement est présenté comme l'événement de première importance de 1940, ouvert à tous les amateurs de justice. La convention principale se déroulera à Columbus (Ohio), au Ohio State Fair Grounds, et sera retransmise en direct par fil dans les autres villes participantes. Parmi ces villes figurent Atlanta (Géorgie), Bangor (Maine), Boston (Massachusetts), Burlington (Vermont), Des Moines (Iowa), Duluth (Minnesota), El Paso (Texas), Fargo (Dakota du Nord), Fort Worth (Texas), Great Falls (Montana), Honolulu (Hawaï), Jackson (Mississippi), Kansas City (Missouri), Lincoln (Nebraska), Long Beach (Californie), Medford (Oregon), Memphis (Tennessee), Montgomery (Alabama), Pueblo (Colorado), Saint Paul (Minnesota), San Antonio (Texas), San Diego (Californie), San Jose (Californie), Savannah (Géorgie), Seattle (Washington), Sioux Falls (Dakota du Sud), Spokane (Washington), Tampa (Floride) et Tulsa (Oklahoma)[146].
L'événement culminera le dimanche 28 juillet à 15 heures (EST) avec un discours public de Rutherford, intitulé Remedy (Remède), qui présentera les preuves à l'appui. Cette conférence sera gratuite et ouverte à toutes les personnes de bonne volonté. La publication encourage les lecteurs à se rendre dans l'une des villes participantes pour assister à cette convention, en soulignant que celui qui a une oreille pour entendre viendra écouter les enseignements du mouvement. Pour obtenir des informations détaillées sur ces conventions, les lecteurs sont invités à écrire au Comité de la convention Watch Tower à l'adresse de la Société Watch Tower à Brooklyn[147].
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Illustrations du numéro
Références
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- ↑ Consolation du 26 juin 1940, p. 16-17.
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- ↑ « Learning Righteousness When the World Is Upending — Reflections on Isaiah 26 », bobekblad.com, consulté en 2025.
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Voir aussi l'article 1940 qui recense les publications de cette année.