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Food For Thinking Christians (1881)

De Tj-encyclopédie
Food For Thinking Christians (1881)
Auteur Charles Taze Russell
Titre original Food For Thinking Christians (1881)
Genre Livre
Sujet Témoins de Jéhovah
Langue Anglais
Pays Erreur lors de la création de la vignette : /bin/bash: /usr/bin/rsvg-convert: No such file or directory États-Unis
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society
Parution 1881
Format Livre

Food For Thinking Christians est un ouvrage de Charles Taze Russell publié en 1881, consacré à la démonstration que le plan de salut divin s'étend à l'ensemble de l'humanité, y compris aux milliards d'individus décédés sans avoir eu accès à l'Évangile. La question centrale qui structure l'ouvrage est celle de la justice et de la cohérence de Dieu : comment concilier l'affirmation que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Timothée 2:4) avec la réalité d'une humanité dont la grande majorité n'a jamais entendu le message chrétien ? Russell répond en développant la doctrine d'une probation post-mortem, articulée autour de la résurrection universelle et de l'âge millénaire.

L'ouvrage se distingue par sa forme argumentative directe, mobilisant à la fois le dialogue philosophique, l'exégèse scripturaire et la réfutation de doctrines établies — calvinisme, arminianisme, éternalité des peines — pour défendre une vision du salut à la fois universelle dans sa portée et graduée dans son application. Le spiritualisme contemporain y est également abordé comme une contrefaçon satanique des réalités bibliques, présenté comme un danger direct pour les lecteurs de l'époque.

Analyse

Croyances

La doctrine de la rançon telle qu'elle est exposée dans Food For Thinking Christians constitue, dès 1881, la clef de voûte de l'ensemble du système théologique proposé par Charles Taze Russell. Le sacrifice du Christ est présenté comme un « prix correspondant » (corresponding price) à la vie parfaite perdue par Adam, formule déjà au cœur de la controverse avec Nelson Barbour qui avait conduit Russell à fonder la Zion's Watch Tower Tract Society en 1879.[1] Cette correspondance exacte entre la vie d'Adam et la mort du Christ est la condition nécessaire qui permet d'articuler, dans un système cohérent, la rédemption universelle et la restauration millénaire : si la rançon est un prix exact et non excessif, elle rachète précisément l'humanité adamique à la perfection humaine, ni plus ni moins, tandis que l'accès à la nature spirituelle-divine demeure un privilège supplémentaire accordé à l'Église élue.[2]

L'articulation entre la rançon et la doctrine du « temps marqué » (due time) constitue l'un des apports théologiques les plus distinctifs de cet ouvrage. La publication affirme que le sacrifice du Christ, bien qu'offert pour tous, ne devient effectif pour chaque individu qu'au moment où Dieu le décide.[3] Cette nuance permet à Russell de défendre simultanément la valeur universelle de la rançon et le principe de l'élection d'un « petit troupeau » au cours de l'âge évangélique, sans que l'une contredise l'autre : les milliards de défunts n'ayant jamais entendu l'Évangile n'ont pas encore bénéficié de leur « temps marqué », lequel viendra lors de la résurrection millénaire. Cette position, qui refuse de considérer la mort comme une clôture définitive des possibilités de salut, est présentée non comme une « seconde chance » accordée aux croyants actuels, mais comme une première opportunité pour l'humanité non encore jugée.[4]

La tentative de réconciliation entre calvinisme et arminianisme, développée dans la section correspondante, illustre la démarche herméneutique centrale de l'ouvrage : chaque doctrine traditionnellement disputée se révèle vraie, selon Russell, mais applicable à un âge différent du plan divin. Le calvinisme, avec son insistance sur la souveraineté divine et l'élection, décrit correctement le fonctionnement de l'âge évangélique actuel, durant lequel Dieu choisit un petit nombre de consacrés pour régner avec Christ. L'arminianisme, centré sur l'amour universel de Dieu et l'offre de la grâce à tous, décrit exactement ce qui se passera lors de l'âge millénaire.[5] Cette grille de lecture en deux âges successifs, qui structure l'ensemble de l'ouvrage, permet à Russell d'affirmer que la doctrine de l'élection n'implique pas la damnation éternelle de la majorité de l'humanité, critique récurrente adressée au calvinisme.

La doctrine de l'âme et de la mort, développée en détail dans la partie VII, représente un point de rupture explicite avec la tradition chrétienne majoritaire. En définissant l'âme (nephesh/psuchè) comme l'être résultant de la combinaison du corps et du principe de vie, et non comme une entité immatérielle et immortelle distincte du corps, l'ouvrage rejette l'immortalité naturelle de l'âme au profit d'un mortalisme cohérent : la mort est la cessation de l'existence, et seule la résurrection peut rendre l'être à l'existence.[6] Cette position s'appuie sur une analyse philologique des termes hébreux et grecs, et constitue le fondement logique de la résurrection telle que Russell la conçoit : si l'âme ne survivait pas à la mort, seule une re-création de l'être entier, corps et vie réunis, peut constituer une véritable résurrection.

La distinction entre « première résurrection » à une nature spirituelle et résurrection générale à une nature humaine parfaite est présentée comme découlant directement de la différence entre le sacrifice du consacré, qui renonce à sa nature humaine, et la situation des non-consacrés, dont la nature humaine est simplement rachetée et restituée.[7] Cette distinction entre deux types de corps — terrestres et spirituels — s'appuie sur le développement paulinien de 1 Corinthiens 15:38-48 et constitue l'axe central de la sotériologie de l'ouvrage. Russell faisait valoir que le plan divin prévu pour l'humanité en général était une restitution à la perfection humaine perdue en Éden, et que l'Église chrétienne constituait une exception à ce plan général, appelée à un changement de nature — de humaine à spirituelle — et à devenir cohéritière du Royaume millénaire.[8]

La distinction entre le « petit troupeau » (classe s, l'Épouse du Christ) et la « grande compagnie » (classe m, croyants régénérés mais n'ayant pas accompli leur consécration), telle qu'elle est exposée dans les sections sur la moisson, est déjà pleinement articulée dans cet ouvrage de 1881. La position selon laquelle ces deux classes atteignent finalement une existence spirituelle, mais à des niveaux de gloire différents, est cohérente avec ce que la Zion's Watch Tower articulait dès novembre 1881 en identifiant le « petit troupeau » comme la classe des serviteurs consacrés destinés à la royauté céleste.[9] La « grande compagnie » sauvée « comme au travers du feu » (1 Corinthiens 3:10-15) figure ainsi parmi les éléments doctrinaux les plus précoces et les plus stables du russellisme.

La chronologie prophétique occupe une place décisive dans l'économie de l'ouvrage : la publication affirme que le « jour du Seigneur » a commencé en 1878 et que le retour invisible du Christ a eu lieu en 1874, marquant le début d'une « moisson » de sept ans au sein de l'Église avant que les trente-trois années de « sept dernières plaies » ne s'abattent sur le monde.[10] Ces deux dates — 1874 et 1878 — constituent en 1881 les piliers chronologiques du système prophétique de Russell, fondant l'urgence de la séparation d'avec l'Église nominale, qualifiée de « Babylone », et l'imminence de la transformation du « petit troupeau ».

L'identification de l'Église chrétienne institutionnelle à « Babylone » — terme signifiant « confusion » — est présentée comme une conséquence logique de l'état mélangé de ces institutions, qui abritent simultanément le « blé » des vrais croyants et l'« ivraie » des faux.[11] Cette lecture prophétique de l'Apocalypse (Apocalypse 18:2) comme condamnation de l'ensemble des Églises chrétiennes établies constitue, dès 1881, un positionnement théologique radical vis-à-vis du protestantisme et du catholicisme, qui n'est pas sans lien avec le rejet explicite de toute association à ces institutions.

La section sur le spiritualisme attribue à Satan la capacité de matérialiser des esprits sous forme humaine — une faculté présentée comme étant en voie de s'intensifier pendant le « jour du Seigneur ».[12] Ce faisant, l'ouvrage intègre les phénomènes spirites dans son cadre eschatologique global : ils constituent un signe de l'époque, confirmant que la période de libération des anges déchus est en cours. La position de Russell sur le spiritualisme reflète une préoccupation théologique cohérente avec sa doctrine de l'état des morts : si les morts sont dans un état d'inconscience totale, les manifestations spirites ne peuvent provenir des défunts, mais uniquement de démons qui les imitent, perpétuant ainsi le premier mensonge de Satan en Genèse 3:4.[13]

L'interprétation allégorique de la parabole du riche et de Lazare, qui identifie le riche à la nation d'Israël et Lazare aux nations païennes, illustre la cohérence interne du système exégétique de Russell : une lecture littérale de ce texte contredirait frontalement la doctrine mortaliste, puisqu'elle impliquerait une existence consciente après la mort dans un lieu de tourments. En substituant une lecture symbolique, la publication peut maintenir à la fois sa doctrine de l'état des morts et son affirmation du rejet temporaire d'Israël au profit des Gentils, thème également développé dans la section sur le rétablissement des Sodomites à partir d'Ézéchiel 16:48-63.[14]

L'argument contre l'authenticité du verset d'Apocalypse 20:5 — attribué à une interpolation médiévale visant à légitimer les prétentions de la papauté — illustre le recours de Russell à la critique textuelle pour défendre ses positions doctrinales.[15] En s'appuyant sur le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus, la publication ancre sa démonstration dans un registre académique, tout en servant une thèse anti-catholique : la papauté aurait falsifié les Écritures pour s'arroger le titre de règne millénaire du Christ sur terre. Ce type d'argumentation, qui mêle critique textuelle et polémique anti-papale, est caractéristique des écrits de Russell de cette période.

Organisation et histoire

La brochure Food for Thinking Christians constitue un jalon documenté dans l'histoire éditoriale de la Watch Tower naissante. Charles Taze Russell consacra une part significative de sa fortune personnelle à sa publication et à sa distribution en 1881, aux côtés d'une autre brochure parue la même année : The Tabernacle and its Teachings, plus tard rééditée sous le titre Tabernacle Shadows of the Better Sacrifices.[16] Ces deux publications forment un ensemble doctrinal cohérent : Food for Thinking Christians expose les erreurs doctrinales des Églises établies et développe le plan divin du salut, tandis que la brochure sur le Tabernacle en fournit l'illustration typologique.[17]

La stratégie de diffusion adoptée pour cette brochure est directement attestée par son contenu : la dernière page invite explicitement les lecteurs à en distribuer gratuitement des exemplaires à des proches susceptibles d'être intéressés, révélant ainsi un modèle de propagation missionnaire organisé, distinct de la vente et reposant sur le réseau personnel des sympathisants.[18] Cette même page annonce la parution imminente d'un tract intitulé The Tabernacle and its Teachings, en fournissant l'adresse de la Zion's Watch Tower à Pittsburgh pour les demandes. Ce tract parut effectivement en décembre 1881 et constitue, selon les sources internes du mouvement, le plus ancien ouvrage de Russell encore en impression, plus tard réimprimé sous le titre Tabernacle Shadows.[19]

La brochure fixe deux repères chronologiques qui fonctionnent, à la date de sa parution, comme des positions doctrinales institutionnellement adoptées par le mouvement naissant. La « moisson » de la fin de l'âge évangélique est datée à partir de 1874, présentée comme le début d'une période de tri au sein de l'Église nominale ; le « jour du Seigneur », défini comme une période de trouble et de purification préparant l'humanité au règne millénaire, est quant à lui daté à partir de 1878.[20] Ces deux datations ne sont pas présentées comme hypothétiques mais comme des repères déjà inaugurés, ce qui confirme que la chronologie prophétique du mouvement était fixée et diffusée publiquement dès 1881, soit plusieurs années avant la structuration formelle de l'organisation.

La brochure illustre également le recours à des figures d'autorité extérieures au mouvement pour en légitimer les positions doctrinales. Le révérend Joseph Cook, conférencier congrégationaliste américain, est cité comme témoin de la réalité surnaturelle du spiritualisme. Ses Boston Monday Lectures hebdomadaires au Tremont Temple de Boston, inaugurées en 1875 et attirant des milliers d'auditeurs chaque lundi pendant près de vingt ans, lui avaient conféré une notoriété nationale comme apologiste du christianisme orthodoxe contre le darwinisme et le matérialisme.[21] En s'appuyant sur l'autorité d'un homme aussi reconnu pour défendre la science et la théologie orthodoxe, la publication cherche à accréditer sa propre analyse du spiritualisme auprès d'un lectorat protestant cultivé, au-delà du cercle des sympathisants déjà acquis.

Contenu

Pourquoi le mal a été permis

Un dialogue

Ce texte prend la forme d'un dialogue entre trois personnages : le frère A, le frère B et le frère C. L'objectif est d'expliquer pourquoi Dieu a permis le mal dans le monde, une question qui préoccupe particulièrement le frère B, décrit comme un « chercheur honnête de la vérité »[22].

Le frère A commence par rappeler que Dieu, dans sa sagesse infinie, a créé l'homme parfait et doté de libre arbitre. Cependant, cette perfection initiale ne signifiait pas une invulnérabilité au mal, car l'homme devait apprendre à distinguer le bien du mal par l'expérience. Le frère A souligne que la chute d'Adam n'était pas un accident, mais une partie du plan divin : Dieu avait prévu cette chute et préparé un remède, à savoir le sacrifice de Jésus-Christ, « l'Agneau immolé dès la fondation du monde »[23]. Cette perspective permet de voir dans l'introduction du mal une nécessité pédagogique, permettant à l'humanité de comprendre « l'excès de méchanceté du péché » et d'apprécier davantage la justice et l'amour de Dieu[24].

Le frère B exprime des doutes quant à l'équité de cette situation : si Adam a chuté par manque de connaissance, comment ses descendants, bien que possédant cette connaissance, peuvent-ils être jugés incapables de résister au péché en raison des imperfections héritées de lui ? Le frère A répond en citant l'apôtre Paul : « Par la désobéissance d'un seul homme, les nombreux ont été constitués pécheurs » (Romains 5:19), expliquant que l'humanité est considérée comme solidaire d'Adam dans sa chute. Cette solidarité justifie la condamnation universelle à la mort, mais ouvre également la voie à la rédemption par le sacrifice du Christ[25].

Le dialogue aborde ensuite la question de la justice divine. Le frère B s'interroge sur la légitimité de faire souffrir l'innocent (le Christ) pour le coupable (l'humanité). Le frère A répond que le Christ s'est offert librement, motivé par « la joie qui lui était réservée » (Hébreux 12:2). Il introduit alors le principe de substitution : de même qu'Adam a représenté l'humanité dans sa chute, le Christ représente l'humanité dans sa rédemption. Son obéissance jusqu'à la mort justifie tous les hommes à une restauration de la vie, comme l'exprime Paul : « Par l'obéissance d'un seul, les nombreux seront constitués justes » (Romains 5:19)[26].

Le frère C soulève une objection : si le Christ a payé le prix de la rédemption, pourquoi les hommes continuent-ils de mourir ? Le frère A explique que la mort d'Adam a entraîné l'humanité dans une prison spirituelle, et que le sacrifice du Christ ne supprime pas la mort physique, mais ouvre la porte à la résurrection. La justice divine exige que le prix soit entièrement payé avant que les prisonniers ne soient libérés. Cette libération interviendra lors de la résurrection, rendue possible par le sacrifice du Christ, qui a « goûté la mort pour tout homme » (Hébreux 2:9)[27].

Le dialogue distingue ensuite deux types de salut : la restauration de la vie humaine parfaite pour l'humanité en général, et l'octroi de l'immortalité, un don divin réservé à l'Église, la « fiancée » du Christ. Le frère A précise que l'immortalité, définie comme une vie incorruptible et indépendante de tout support, n'était pas promise à Adam avant sa chute, mais est une promesse exclusive pour les croyants de l'âge évangélique, qui deviendront « participants de la nature divine » (2 Pierre 1:4)[28].

Enfin, le frère C s'interroge sur les conditions du salut. Le frère A clarifie que si la rédemption de l'humanité est inconditionnelle (car basée sur le sacrifice du Christ), l'appel à la « haute vocation » de devenir co-héritiers avec le Christ est soumis à des conditions strictes : vivre séparé du monde, « vaincre le monde » et devenir des « enfants de Dieu » (1 Jean 5:4)[29]. Cette distinction entre l'humanité en général et l'Église, appelée à partager la gloire du Christ, est un élément central de la théologie présentée dans ce dialogue.

La chance de tous =

La publication aborde la question de la rédemption universelle et de la justice divine en réponse aux interrogations sur le salut des milliards d'individus n'ayant pas eu accès à l'Évangile durant leur vie terrestre. Elle remet en cause l'idée selon laquelle la mort mettrait fin à toute possibilité de salut, soulignant l'absence de fondement scripturaire pour cette croyance. L'auteur argue que les textes bibliques tels que 1 Timothée 2:4 (« Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ») ou Jean 1:9 (« la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde ») ne peuvent être compris sans admettre une période future où ces promesses se réaliseront. La notion de « temps marqué » (*due time*) est centrale : le sacrifice de Jésus-Christ, bien qu'offert pour tous, ne devient effectif pour chaque individu qu'au moment où Dieu le décide, y compris après la résurrection. Ainsi, les milliards de défunts, comme les Hottentots ou les habitants de Sodome, n'ont pas encore eu leur « temps marqué » pour entendre l'Évangile, mais le recevront lors des « temps de rétablissement » (Actes 3:21), identifiés à l'âge millénaire[30].

La publication insiste sur le fait que la résurrection universelle, promise en 1 Corinthiens 15:22 (« comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ »), est la clé pour comprendre la justice divine. Elle rejette l'idée que la mort soit une punition définitive, affirmant que Dieu, dans son amour, a prévu un processus de restauration progressive pour l'humanité. Les défunts, une fois ressuscités, bénéficieront d'une probation où ils pourront choisir entre le bien et le mal, éclairés par la connaissance de la vérité. Cette probation ne constitue pas une « seconde chance » pour les croyants actuels (dont le nombre est limité à l'« petit troupeau »), mais une première opportunité pour le reste de l'humanité, qui n'a pas encore été jugée selon ses œuvres[31].

Le rétablissement des Sodomites =

L'article examine la prophétie d'Ézéchiel 16:48-63 concernant le rétablissement des Sodomites, un exemple frappant pour illustrer la portée universelle du plan de salut divin. L'auteur souligne que les Sodomites, souvent cités comme symbole de dépravation, n'ont pas eu leur « temps marqué » pour entendre l'Évangile, tout comme les Amalécites ou d'autres peuples détruits sur ordre divin. Leur destruction, loin d'être une condamnation éternelle, est présentée comme une mesure temporaire, comparable à une anesthésie avant une opération : ils seront ressuscités et recevront une opportunité de salut lors du Millénium. Jésus lui-même, en Matthieu 11:23-24, suggère que Sodome aurait pu se repentir si elle avait bénéficié des mêmes signes que Capernaüm, confirmant ainsi que leur jugement n'était pas définitif[32].

La prophétie d'Ézéchiel est interprétée comme une promesse de « rétablissement dans leur ancien état » (*restitution*), c'est-à-dire une restauration à la perfection humaine originelle, perdue par le péché d'Adam. L'auteur insiste sur le fait que ce rétablissement n'est pas réservé aux Juifs, mais s'étend à toutes les nations, y compris les plus méprisées. Il répond aux objections selon lesquelles Dieu parlerait ironiquement en promettant ce rétablissement, en citant Ézéchiel 16:60-63, où Dieu affirme solennellement (« oracle du Seigneur Dieu ») qu'il se souviendra de son alliance et établira une alliance éternelle avec Israël et les nations environnantes. Cette alliance, selon Romains 11:27-29, est irrévocable et fondée sur la fidélité divine, non sur les mérites des hommes. Ainsi, la grâce divine dépasse largement les attentes humaines, et la restauration des Sodomites devient un symbole de l'amour universel de Dieu[33].

L'harmonisation du calvinisme et de l'arminianisme =

Cet article propose une synthèse entre les doctrines calviniste et arminienne, traditionnellement opposées, en les situant dans le cadre des deux âges successifs du plan divin : l'âge évangélique actuel et l'âge millénaire à venir. L'auteur reconnaît les forces et les faiblesses de chaque système. Le calvinisme, avec son insistance sur la souveraineté et l'omniscience de Dieu, est critiqué pour son manque de miséricorde envers les milliards d'êtres humains prédestinés à la damnation sans avoir eu la possibilité de connaître le Christ. À l'inverse, l'arminianisme, qui met l'accent sur l'amour et la grâce divine, est jugé incohérent en attribuant à Satan un pouvoir supérieur à celui de Dieu, capable de contrecarrer ses plans pendant des millénaires[34].

La publication affirme que ces deux doctrines ne sont pas contradictoires, mais complémentaires, si on les applique aux âges auxquels elles correspondent. Durant l'âge évangélique, Dieu « élit » un petit nombre de croyants (l'Église) pour régner avec Christ lors du Millénium, conformément aux principes calvinistes. Cependant, cette élection ne signifie pas une condamnation éternelle pour les autres : lors de l'âge millénaire, la grâce divine sera offerte à tous, conformément aux principes arminiens. Le sacrifice de Jésus-Christ, présenté comme une « rançon pour tous » (1 Timothée 2:6), devient effectif pour l'humanité entière lors du Millénium, où « l'Esprit et l'Épouse diront : Viens ! Et que celui qui entend dise : Viens ! » (Apocalypse 22:17). Ainsi, la justice et la miséricorde divines sont réconciliées : Dieu manifeste sa souveraineté en choisissant une élite pour régner, tout en offrant à tous les hommes une opportunité de salut lors du rétablissement[35].

Le péché impardonnable =

L'article analyse le concept de « péché impardonnable » mentionné en Matthieu 12:32 (« quiconque parlera contre le Saint-Esprit, cela ne lui sera pardonné ni dans ce siècle ni dans le siècle à venir »). La publication clarifie que ce péché ne concerne pas une offense contre le Saint-Esprit en tant que personne, mais le rejet délibéré de la lumière divine manifestée par les œuvres de l'Esprit. Elle distingue deux types de péchés : ceux résultant de la nature déchue héritée d'Adam, qui sont pardonnables, et ceux commis contre la lumière et la capacité morale de l'individu, qui ne le sont pas. Par exemple, blasphémer contre Jésus par ignorance peut être pardonné, mais attribuer ses miracles à Satan, malgré une claire évidence de leur origine divine, constitue un péché impardonnable, car il révèle une opposition consciente à la vérité[36].

La publication explique que les « coups » (*stripes*) mentionnés en Luc 12:47-48 symbolisent les punitions pour les péchés impardonnables, proportionnelles à la connaissance et à la capacité de l'individu. Ces punitions ne sont pas des châtiments éternels, mais des corrections temporaires lors du Millénium, visant à restaurer l'humanité. L'auteur compare cette dynamique à un tribunal terrestre où un accusé pourrait être acquitté pour un crime involontaire, mais condamné pour un autre commis en pleine connaissance de cause. Ainsi, tous les hommes seront ressuscités et jugés selon leurs œuvres, mais seuls les péchés commis contre la lumière reçue seront punis, tandis que les autres seront pardonnés grâce au sacrifice de Jésus-Christ[37].

Spiritualisme et pouvoir de Satan

La publication aborde le thème du spiritualisme en le présentant comme une manifestation contemporaine des pouvoirs de Satan. Elle affirme que, depuis les temps bibliques, Satan utilise des médiums pour tromper les humains, citant des exemples tels que Simon le sorcier (Actes 8:7,9-24), Elymas (Actes 13:10), et une femme possédée à Philippes (Actes 16:16,18). Ces cas illustrent comment Satan, sous des apparences religieuses, cherche à égarer les croyants en imitant les miracles divins. La publication souligne que le spiritualisme moderne, bien que présenté comme une forme de religion, perpétue les mêmes pratiques condamnées dans les Écritures, notamment en niant la mort comme état de non-existence, conformément au premier mensonge de Satan en Genèse 3:4 [38].

Elle met en garde contre la nature trompeuse du spiritualisme, qui, malgré ses prétentions à la légitimité religieuse, s'oppose activement aux enseignements bibliques. La publication affirme que les spiritualistes possèdent des pouvoirs surnaturels, bien que certains de leurs actes relèvent de la supercherie. Elle cite des témoignages de personnes ayant été des médiums avant de se convertir à la vérité biblique, soulignant que ces individus reconnaissent désormais le spiritualisme comme un "piège de Satan". Le texte insiste sur le caractère secret et nocturne des pratiques spiritualistes, conformément à l'avertissement de Jésus en Jean 3:20, selon lequel ceux qui font le mal évitent la lumière [39].

La publication note également que le spiritualisme gagne en influence, attirant même des figures puissantes comme des juges et des sénateurs. Elle mentionne le cas de la reine d'un grand royaume chrétien, identifiée comme une spiritualiste, illustrant ainsi l'ampleur de cette tromperie. Le révérend Joseph Cook, connu pour ses débats contre des athées comme Huxley et Darwin, est cité comme ayant reconnu le caractère surnaturel des phénomènes spiritualistes après une enquête personnelle. Bien qu'il ne puisse expliquer leur origine, il admet que ces manifestations dépassent les explications scientifiques conventionnelles [40].

L'intensification des pouvoirs de Satan

La publication explique que le spiritualisme tire son pouvoir de Satan, décrit dans les Écritures comme "le prince de ce monde" (Jean 14:30) et "le prince de la puissance de l'air" (Éphésiens 2:2). Elle affirme que les pouvoirs du spiritualisme sont appelés à s'intensifier, citant 1 Timothée 4:1, où Paul annonce que dans les derniers temps, certains abandonneront la foi pour suivre des esprits séducteurs et des doctrines démoniaques. Jésus lui-même, en Apocalypse 16:14, décrit ces esprits comme des démons accomplissant des miracles pour rassembler les rois de la terre en vue de la bataille du grand jour de Dieu Tout-Puissant [41].

La publication relie cette intensification des pouvoirs sataniques à la période appelée "le jour du Seigneur", un temps de trouble et d'épreuve qui prépare l'humanité pour le règne millénaire du Christ. Elle soutient que ce jour a commencé en 1878 et vise à purifier la foi des chrétiens en consumant les erreurs des traditions humaines, comme le décrit 1 Corinthiens 3:12-15. Ce processus de purification est présenté comme une épreuve nécessaire pour distinguer les véritables croyants (le "blé") des faux (l'"ivraie"), conformément à la parabole de Jésus en Matthieu 13:38 [42].

La publication explique que Satan et ses anges, bien que limités par des "chaînes de ténèbres" depuis leur chute (2 Pierre 2:4, Jude 1:6), seront libérés de ces contraintes pendant le "jour du Seigneur". Cette libération permettra à Satan d'exercer pleinement ses pouvoirs, notamment en matérialisant des esprits, une capacité jusqu'alors réservée aux anges de Dieu. La publication cite des exemples bibliques de matérialisation, comme les apparitions d'anges sous forme humaine ou les manifestations de Jésus après sa résurrection (Marc 16:12). Elle interprète les revendications récentes des spiritualistes, qui affirment pouvoir matérialiser des esprits en plein jour, comme un signe que cette période de libération satanique est imminente [43].

L'épreuve de la foi

La publication décrit le "jour du Seigneur" comme une période d'épreuve pour la foi des chrétiens, au cours de laquelle la lumière de la vérité biblique brille avec une intensité particulière. Ce jour révèle la présence du Christ, qui nourrit les croyants avec une "nourriture au temps convenable" (Matthieu 24:45), leur donnant la force nécessaire pour affronter les défis de cette époque. Cependant, ce jour est également marqué par une intensification des pouvoirs du mal, afin de séparer définitivement le "blé" (les enfants du Royaume) de l'"ivraie" (les enfants du Malin), conformément à la parabole de Jésus en Matthieu 13:38 [44].

Pour résister aux ruses de Satan, la publication exhorte les croyants à revêtir "toute l'armure de Dieu" (Éphésiens 6:11-14). Elle souligne que le combat des chrétiens n'est pas contre des êtres humains, mais contre des puissances spirituelles maléfiques, dirigées par Satan. Le texte insiste sur la nécessité de se protéger avec les vérités bibliques, présentées comme un bouclier et une cuirasse, pour résister aux attaques du diable pendant ce "jour mauvais" [45].

La publication cite le Psaume 91, qui promet une protection divine à ceux qui font de la vérité leur bouclier. Elle interprète ce psaume comme une assurance que, malgré les épreuves et les dangers de ce jour, les croyants qui s'appuient sur Dieu seront préservés. Un cantique tiré de l'ouvrage Songs of the Bride est cité pour illustrer cette confiance : il décrit comment les croyants, abrités sous les ailes du Seigneur, peuvent affronter les fléaux et les dangers sans craindre, car la vérité divine les protège [46].

Les manifestations des saints

La publication suggère que, pendant le "jour du Seigneur", les saints ressuscités sous des corps spirituels, semblables à celui du Christ glorifié, pourraient se manifester sous des formes humaines pour accomplir une œuvre d'enseignement. Elle compare cette période à l'époque où Jésus, après sa résurrection, est apparu à ses disciples pour leur expliquer les Écritures (Luc 24:45). La publication établit un parallèle typologique entre les venues de Moïse pour délivrer Israël et les deux venues du Christ : la première en humilité, la seconde en puissance. Elle explique que, lors de la seconde venue de Moïse, Aaron, "le saint", a servi de porte-parole devant Pharaon, accomplissant des signes miraculeux. De même, les représentants vivants de l'Église pourraient, dans l'antitype, servir de porte-parole pour le Christ devant le monde, symbolisé par l'Égypte [47].

La publication anticipe que ces manifestations des saints seront contestées par les mêmes puissances spirituelles maléfiques qui, dans le type biblique, ont opposé Moïse et Aaron. Elle cite 2 Timothée 3:1-8, où Paul évoque l'opposition de Jannès et Jambrès à Moïse, comme une préfiguration de la résistance que rencontreront les enseignements des saints pendant le "jour du Seigneur". Cependant, elle affirme que cette opposition ne pourra pas aller au-delà de ce que Dieu permet, car la folie des adversaires sera révélée à tous, comme ce fut le cas pour les magiciens de Pharaon [48].

Discerner le vrai du faux

La publication met en garde contre les imitations sataniques des vérités divines, soulignant que toute contrefaçon prouve l'existence d'un original précieux. Elle explique que les spiritualistes, pour tromper les croyants, adoptent un discours similaire à celui des chrétiens, évoquant "le bon temps à venir" et la "présence de Jésus". Cette stratégie rappelle les démons qui, lors du premier avènement du Christ, reconnaissaient Jésus comme le Fils de Dieu (Luc 4:41) ou proclamaient sa divinité (Actes 16:17). La publication cite Jacques 2:19 pour rappeler que même les démons croient en Dieu et tremblent, mais que cette croyance ne les sauve pas [49].

Pour distinguer les véritables enseignements divins des contrefaçons sataniques, la publication exhorte les croyants à "ne pas croire tout esprit, mais éprouver les esprits pour voir s'ils sont de Dieu" (1 Jean 4:1). Elle propose un critère simple : juger les systèmes religieux à leurs fruits. Un système qui se concentre sur des pratiques futiles, utilise des pouvoirs surnaturels pour obtenir de l'argent, et ignore ou rejette la Bible et le plan de salut, est clairement inspiré par Satan. À l'inverse, un système fondé uniquement sur la Parole de Dieu, qui glorifie le Père et le Fils, et encourage la recherche quotidienne des Écritures, porte la marque divine. La publication insiste sur le fait que la véritable foi exige une persévérance dans la sanctification, conduisant à une vie nouvelle en Christ [50].

Le jour du jugement

La publication critique les conceptions populaires du "jour du jugement", souvent représentées comme un événement unique et terrifiant où Dieu, assis sur un trône, sépare les justes des méchants en quelques heures. Elle souligne que cette vision, bien que partiellement inspirée par des images bibliques symboliques, est loin de correspondre à la réalité scripturaire. Selon la publication, cette idée erronée conduit à une incompréhension totale du jugement divin, présenté comme une simple formalité pour des âmes déjà jugées à leur mort et condamnées à leur destin éternel [51].

La publication rejette cette conception en affirmant qu'elle ne repose sur aucune base biblique solide. Elle souligne que les Écritures révèlent trois grandes périodes de séparation, et non une seule : la séparation du "grain" de la "paille" à la fin de l'âge juif (Matthieu 3:10,12), la séparation de l'"ivraie" du "blé" à la fin de l'âge évangélique (Matthieu 13:37,43), et la séparation des "brebis" des "boucs" lors du jugement final (Matthieu 25:31). Elle explique que la première séparation a déjà eu lieu lors de la "moisson" de la fin de l'âge juif, où Jésus a purifié la maison d'Israël, rassemblant les croyants dans l'Église chrétienne et condamnant les incrédules à la destruction de Jérusalem [52].

Trois grandes périodes de séparation

La publication détaille les trois périodes de séparation mentionnées dans les Écritures. La première, la séparation du "grain" de la "paille", s'est produite à la fin de l'âge juif, lors de la "moisson" où Jésus a purifié la maison d'Israël. Les croyants, symbolisés par le "grain", ont été rassemblés dans l'Église chrétienne, tandis que les incrédules, représentés par la "paille", ont été condamnés à la destruction lors de la chute de Jérusalem en 70 ap. J.-C. La publication souligne que cette séparation s'est faite sans que le peuple juif ne réalise pleinement qu'il était jugé, conformément à Luc 19:44, où Jésus déplore que Jérusalem n'ait pas reconnu le temps de sa visitation [53].

La seconde période de séparation, celle de l'"ivraie" et du "blé", se déroule à la fin de l'âge évangélique, c'est-à-dire à la période actuelle. La publication affirme que cette séparation est en cours, bien que le monde et l'Église mondaine n'en aient pas conscience. Elle compare ce processus à une moisson où la vérité divine, décrite comme une épée à double tranchant, sépare discrètement mais efficacement les véritables croyants des faux. Enfin, la troisième séparation, celle des "brebis" et des "boucs", aura lieu lors du jugement final, où la Parole écrite de Dieu manifestera clairement les deux groupes [54].

La publication explique que le terme "jour" dans les Écritures peut désigner une période prolongée et définie, et non une simple journée de 24 heures. Elle cite plusieurs exemples bibliques pour illustrer cette notion, comme "le jour où Jéhovah Dieu fit la terre et les cieux" (Genèse 2:4), "le jour de la tentation dans le désert" (Hébreux 3:8, qui dura 40 ans), ou "le jour du salut" (2 Corinthiens 6:2, qui couvre toute la dispensation évangélique). Elle encourage les lecteurs à étudier les Écritures pour comprendre l'ampleur des travaux accomplis durant le "jour du jugement", et à accepter l'explication de Pierre selon laquelle "un jour est auprès du Seigneur comme mille ans" (2 Pierre 3:8). Cette perspective permet de comprendre que le règne millénaire du Christ, promis en Apocalypse 20:6, correspond à ce "jour du jugement" [55].

La nature du jugement

La publication explique que le jugement biblique ne se limite pas à une condamnation, mais inclut également une dimension de délivrance et de rétablissement de la justice. Elle s'appuie sur le livre des Juges pour illustrer cette idée, montrant que les juges d'Israël étaient des libérateurs qui délivraient le peuple de l'oppression et rétablissaient la paix. Par exemple, Othniel, après avoir été suscité par Dieu, a jugé Israël et mené une guerre victorieuse, apportant quarante ans de paix (Juges 3:9-11). La publication souligne que les juges étaient des figures respectées et désirées, car ils apportaient la justice et la prospérité au peuple [56].

Elle critique la vision négative du "jour du jugement" répandue dans le monde et même au sein de l'Église, qui le présente comme une période de terreur universelle. Au contraire, les prophètes bibliques, inspirés par l'Esprit de Dieu, attendaient ce jour avec joie, car ils comprenaient qu'il marquerait l'avènement du règne de justice du Christ. La publication cite le Psaume 96, où David et les chantres d'Israël célèbrent la venue du Seigneur pour juger la terre, comme une illustration de cette espérance. Elle explique que cette incompréhension moderne du jugement découle d'une méconnaissance des Écritures et des véritables desseins de Dieu [57].

Le jour du Seigneur : une période de transition

La publication décrit le "jour du Seigneur" comme une période de transition marquée par une alternance de ténèbres et de lumière, comparable aux jours de la création. Elle explique que, tout comme les jours bibliques commençaient par le soir avant de laisser place au matin, le "jour du Seigneur" débute par une période d'épreuve et de souffrance avant d'aboutir à une ère de gloire et de joie. Elle compare cette période aux quarante années d'errance des Israélites dans le désert, ou aux nombreux siècles d'attente de l'Église chrétienne pour le retour du Christ. De même, les nations, lors du règne millénaire, devront traverser une période de trial avant de recevoir la récompense promise [58].

La publication souligne que cette nuit de ténèbres, bien que difficile, est nécessaire pour enseigner l'obéissance aux nations. Elle cite Psaume 30:5 pour rappeler que "la nuit, les pleurs durent, mais au matin vient la joie". Elle met en garde contre ceux qui, ne comprenant pas les Écritures, ne voient que cette nuit de ténèbres et en sont effrayés, comme si elle devait durer éternellement. Cependant, elle affirme que cette période de trouble sera suivie d'un matin glorieux, où le "Soleil de justice" se lèvera avec la guérison dans ses rayons (Malachie 4:2), dissipant les ténèbres de l'ignorance et du péché [59].

Une nuit de ténèbres

La publication décrit la période actuelle comme une "nuit sombre" qui enveloppe une Église endormie et un monde aveugle. Elle affirme que cette nuit sera marquée par des malheurs et des épreuves, au cours desquels les nations devront apprendre l'obéissance par la souffrance. Cependant, elle rappelle que ces épreuves ne sont que temporaires et que ceux qui les surmontent, comme les vainqueurs des époques passées, recevront une récompense bénie. Le "jour du jugement" est présenté comme une période en deux phases : d'abord, un "temps de trouble" où les nations seront humiliées et soumises, puis un matin où le "Soleil de justice" se lèvera, apportant lumière, vie et amour aux opprimés [60].

La publication cite plusieurs passages bibliques pour illustrer cette période de trouble, notamment Ésaïe 13:9-11, qui décrit un jour de colère et de ténèbres spirituelles où les étoiles et les constellations ne donneront plus leur lumière. Elle interprète ce passage comme une métaphore d'une nuit spirituelle où les nations seront punies pour leur méchanceté et leur arrogance. Elle cite également Psaume 2:8-9, où Dieu promet à son Fils les nations en héritage et annonce qu'il les brisera comme un vase de potier, pour montrer que les royaumes de ce monde, actuellement sous l'emprise de Satan, seront renversés lors de l'avènement du Christ [61].

La chute des royaumes terrestres

La publication affirme que les royaumes de ce monde sont actuellement sous le contrôle de Satan, décrit comme le "Prince des ténèbres". Elle explique que ces royaumes sont dirigés par des hommes égoïstes, corrompus et maléfiques, qui agissent comme des agents de Satan. Cependant, elle annonce que lors de l'avènement du Christ, ces royaumes seront renversés et remplacés par le règne de Dieu. Elle cite Haggai 2:22, où Dieu promet de "renverser le trône des royaumes" et de "détruire la force des royaumes des nations", pour illustrer cette transition. Ce renversement permettra aux "royaumes de ce monde" de devenir les "royaumes de notre Seigneur et de son Christ", qui régnera éternellement (Apocalypse 11:15) [62].

La publication explique que ce changement de pouvoir s'accompagnera de l'instauration de nouveaux dirigeants, les "saints du Très-Haut", qui prendront possession du royaume et le gouverneront pour toujours (Daniel 7:18). Elle souligne que toutes les nations devront servir et obéir au Christ, ce qui n'est pas le cas actuellement. Pour y parvenir, les nations seront soumises à des châtiments pendant le "jour du Seigneur", afin de les amener à la soumission. Elle cite Ésaïe 26:9 pour montrer que ces jugements divins enseigneront la justice aux habitants de la terre. Enfin, elle décrit ce jour comme un temps de colère, de détresse et de ténèbres, où ni l'or ni l'argent ne pourront sauver les hommes de la colère divine (Sophonie 1:15,18). Cependant, elle affirme que cette période de trouble aboutira à une purification, où Dieu rassemblera les nations pour leur donner une "langue pure", afin qu'elles puissent toutes l'invoquer et le servir d'un commun accord (Sophonie 3:8-9) [63].

La voie vers la gloire

La publication présente un schéma détaillé expliquant les étapes spirituelles menant à la gloire divine, en s'appuyant sur une interprétation littérale des Écritures. Ce schéma, illustré par des plans et des pyramides, distingue plusieurs niveaux d'existence spirituelle et humaine. Le plan N représente la nature humaine parfaite, telle qu'Adam avant le péché, tandis que le plan A symbolise l'état de dépravation humaine après la chute [64].

Le texte explique que la justification par la foi, obtenue grâce au sacrifice du Christ, permet aux croyants d'être considérés comme parfaits aux yeux de Dieu, les élevant ainsi au plan N. Cependant, cette justification ne change pas leur nature humaine. Pour accéder à une nature spirituelle, les croyants doivent se consacrer entièrement à Dieu, offrant leur vie comme un sacrifice vivant, à l'image de Jésus. Cette consécration les place sur le plan JA, celui de la régénération spirituelle, où ils sont considérés comme des "enfants spirituels" en devenir [65].

La publication souligne que cette transformation spirituelle n'est pleinement achevée qu'à la résurrection, lorsque les croyants atteignent le plan Z, celui des êtres spirituels parfaits, semblables au Christ glorifié. Enfin, le plan X représente la gloire ultime, où les croyants sont associés au Christ dans son règne millénaire [66].

Illustrations du chemin vers la gloire

Le document utilise des pyramides pour illustrer les différents états spirituels des êtres humains. Une pyramide complète représente un être parfait, tandis qu'une pyramide tronquée symbolise un état de dépravation ou d'imperfection. Par exemple, Adam avant le péché est représenté par une pyramide complète sur le plan N, tandis que l'humanité déchue est figurée par une pyramide tronquée sur le plan A [67].

Abraham, bien qu'imparfait, est placé sur le plan N en raison de sa justification par la foi, ce qui lui permet d'être considéré comme un "ami de Dieu". Israël, durant l'âge juif, est représenté sur le plan R de la justification typique, obtenue par les sacrifices rituels, mais non réelle, car "la Loi n'a rien amené à la perfection" [68].

Jésus, en tant que parfait homme, est illustré par une pyramide complète sur le plan N. Après son baptême et sa consécration, il est élevé au plan JA de la régénération spirituelle, puis, après sa résurrection, au plan Z de la perfection spirituelle. Quarante jours après sa résurrection, il accède au plan X, celui de la gloire divine, où il siège à la droite de Dieu [69].

Les étapes de l'Église vers la gloire

L'Église, en tant que corps du Christ, suit un cheminement spirituel similaire à celui de Jésus. Les croyants commencent sur le plan A de la dépravation humaine, mais sont élevés au plan N de la justification par la foi en Christ. Pour progresser vers une nature spirituelle, ils doivent se consacrer entièrement à Dieu, offrant leur vie comme un sacrifice vivant. Cette consécration les place sur le plan JA de la régénération spirituelle, où ils sont considérés comme des "nouvelles créatures" en Christ [70].

Le texte insiste sur l'importance des œuvres pour les croyants justifiés. Bien que la justification soit obtenue par la foi seule, les œuvres sont nécessaires pour démontrer l'appréciation du sacrifice du Christ et accomplir le vœu de consécration. Les croyants doivent "faire du bien à tous les hommes, surtout à ceux de la maison de la foi", en partageant la nourriture spirituelle et matérielle selon les besoins [71].

La publication souligne que la couronne de vie est promise à ceux qui "combattent le bon combat et achèvent la course". Bien que la récompense puisse ne pas être immédiate, elle sera accordée lors du "jour du Seigneur", lorsque l'Église sera complète. Certains croyants, vivant à la fin de l'âge de l'Évangile, pourraient ne pas connaître la mort, mais être transformés instantanément pour rejoindre le Christ [72].

Les différentes classes au sein de l'Église

Le document distingue plusieurs classes au sein de l'Église nominale. La première, représentée par j sur le schéma, est composée des croyants qui accomplissent leur vœu de consécration et renoncent à leur volonté humaine. Ces "vainqueurs" formeront l'Épouse du Christ et régneront avec lui sur le plan X de la gloire divine. Ils constituent un "petit troupeau" à qui le Père a donné le Royaume [73].

Une deuxième classe, symbolisée par m, regroupe les croyants qui ont été régénérés spirituellement mais qui reculent devant l'accomplissement de leur consécration. Bien qu'ils atteindront finalement le plan Z de la perfection spirituelle, ils perdront le droit de régner avec le Christ en raison de leur manque de persévérance. Leur nature humaine sera détruite par les épreuves et les adversités [74].

Enfin, la majorité de l'Église nominale, représentée par z, est composée de croyants justifiés mais non consacrés. Ils restent sur le plan N de la nature humaine et ne feront pas partie de l'Église spirituelle. Une dernière classe, symbolisée par g, regroupe ceux qui ne croient pas en Jésus comme sacrifice pour leurs péchés. Ces "loups déguisés en brebis" appartiennent au monde et sont une source de corruption au sein de l'Église [75].

Le texte conclut en rappelant la parabole du blé et de l'ivraie, où Jésus annonce que les deux croîtront ensemble jusqu'à la moisson, moment où les anges sépareront les justes des injustes. Cette moisson marquera la fin de l'âge de l'Évangile et le début du règne millénaire du Christ [76].

La moisson et la séparation des classes

La publication présente une interprétation détaillée de la parabole du blé et de l'ivraie, tirée de Matthieu 13:24-30,36-43, en l'appliquant à la fin de l'Âge Évangélique. Selon le texte, la « moisson » correspond à la fin de cet âge, période durant laquelle une séparation s'opère entre les « enfants du royaume » (les vrais croyants, classes # et m) et les « enfants du méchant » (les contrefaçons, classe g et une partie de la classe #). Cette séparation est comparée à celle qui eut lieu lors de la moisson juive, où Jésus, présent comme « Seigneur de la moisson », utilisa la vérité sur sa présence comme une faucille pour distinguer les véritables Israélites des membres de l'Église juive nominale. De même, la moisson actuelle verrait Jésus revenir, non plus comme un être charnel, mais comme un corps spirituel, pour séparer le blé des ivraies au sein de l'Église chrétienne. La publication insiste sur le fait que les corps spirituels sont invisibles aux humains sans intervention miraculeuse, et que cette moisson a débuté en 1874, marquant le début d'une période de tri et de perfectionnement des différentes classes au sein de l'Église[77].

La moisson est divisée en deux phases : sept ans de tri au sein de l'Église, suivis de trente-trois ans de « sept dernières plaies » déversées sur le monde et sur ceux qui, au sein de l'Église, n'auront pas été séparés comme « froment ». Cette structure est présentée comme un parallèle exact avec la moisson juive, où les deux périodes (âge et moisson) se reflètent mutuellement. Les chérubins, décrits comme étant « d'égale taille et mesure », symboliseraient cette égalité et cette similitude entre les deux âges[78].

Babylone et la séparation du « petit troupeau »

L'Église nominale, en raison de son état mixte, est qualifiée de « Babylone » ou de « confusion » par le Seigneur. Durant la moisson, Dieu entreprend de mûrir, séparer et perfectionner les différentes classes au sein de l'Église : le blé est distingué des ivraies, et le blé mûr est séparé du blé non mûr. La classe #, décrite comme les « prémices » du blé, est destinée à devenir l'Épouse du Christ après avoir été séparée spirituellement. Cette séparation du « petit troupeau » d'avec Babylone est illustrée par la figure s du diagramme. Une fois unie à Jésus, cette classe portera son nom et partagera sa gloire, formant avec lui le Christ glorifié (figure +). Les figures 4, # et y représentent quant à elles « Babylone », l'Église nominale en déclin, qui se désagrège durant le « temps de détresse » ou « jour du Seigneur »[79].

La chute de Babylone est décrite comme un événement inévitable et bénéfique pour le vrai blé, car elle n'est pas ce qu'elle prétend être. Le texte cite Apocalypse 18:2 pour illustrer cette décadence : « Babylone est tombée, est tombée, et est devenue la demeure des démons, et le repaire de tout esprit impur, et la cage de tout oiseau impur et odieux ». L'Église nominale, selon la publication, abrite de nombreux hypocrites qui s'y sont associés pour son prestige terrestre. Leur conduite a progressivement transformé Babylone en une abomination aux yeux du monde. Le Seigneur, qui connaissait leur existence, les a tolérés jusqu'à la moisson, moment où il « retirera de son royaume (l'Église) toutes les choses qui offensent et ceux qui commettent l'iniquité, et les jettera dans une fournaise de feu (la détresse) » (Matthieu 13:41). Les justes, quant à eux, « brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père »[80].

La « grande compagnie » et son salut

La publication aborde le sort de la « grande compagnie » (représentée par la figure ¢), située sur le plan J et engendrée de l'esprit, mais n'ayant pas atteint la maturité au moment de la récolte des prémices (classe s). Ces individus, bien qu'ayant bâti leur foi sur le roc qu'est le Christ, l'ont fait en s'appuyant sur des doctrines humaines et des systèmes de croyances (bois, foin, chaume). Ils subiront des pertes durant le « feu » du temps de détresse, mais seront sauvés « comme au travers du feu » (1 Corinthiens 3:10-15). Ils perdent ainsi la récompense du trône, mais atteindront finalement la naissance spirituelle complète, devenant des êtres spirituels sur le plan Z. Plusieurs Écritures suggèrent que cette compagnie n'atteindra la perfection sur le plan spirituel qu'après la fin de la moisson et de ses troubles, tandis que le petit troupeau (classe s) sera manifestement transformé avant le déversement des « sept dernières plaies », car ils ont un rôle à jouer dans leur exécution[81].

La « grande compagnie » est décrite comme ayant été tellement accaparée par les affaires de ce monde et par une Église mondaine que, tandis que l'Épouse était séparée de Babylone, leurs oreilles sont devenues sourdes à l'appel : « La moisson est venue... Sortez d'elle, mon peuple, afin que vous ne participiez pas à ses péchés et que vous ne receviez pas de ses plaies » (Apocalypse 18:2-4). Après la chute de Babylone et la prise de l'Épouse, cette compagnie, libérée des chaînes de l'Église nominale, prendra conscience que les Églises terrestres et les organisations humaines n'ont jamais été l'Église de Dieu. Leur réaction, décrite dans Apocalypse 19:2,5-7, est empreinte de reconnaissance envers Dieu pour le début de son règne, malgré leur déception de ne pas faire partie de l'Épouse. Le Seigneur leur offre cependant une place à la « cène des noces de l'Agneau », les invitant à se mettre pleinement en harmonie avec son plan. Ils atteindront finalement la position réservée à l'Épouse sur le plan spirituel Z[82].

Le temps de détresse et la restauration d'Israël

Le temps de détresse qui suivra la chute de Babylone entraînera un bouleversement et une désintégration de tous les gouvernements humains et de la société, préparant ainsi le monde à un gouvernement juste et équitable. Durant cette période, Israël selon la chair, qui avait été rejeté jusqu'à ce que « la plénitude des Gentils soit entrée », sera rétabli dans la faveur de Dieu, car l'Église évangélique, ou Israël spirituel, sera alors complète. Israël deviendra la principale nation terrestre durant l'Âge Millénaire, « une louange sur toute la terre »[83].

La restauration d'Israël, tout comme celle du reste du monde, sera progressive et s'étendra sur tout l'Âge Millénaire. Durant ce règne de mille ans du Christ, la mort sera progressivement « engloutie » et détruite. Ses diverses manifestations — maladie, douleur, faiblesse et même la tombe — céderont peu à peu devant le pouvoir du Grand Restaurateur, jusqu'à ce que, à la fin de cet âge, la grande pyramide du diagramme soit achevée. Cette pyramide représente : x. Le Christ, tête des anges et des hommes, juste après le Père ; y. La grande compagnie, êtres spirituels semblables aux anges ; z. Israël selon la chair, à la tête des créatures terrestres ; et IV. Le monde des hommes restaurés à la perfection, comme Adam avant le péché[84].

La résurrection et la restauration de l'humanité

La publication explique que le monde, tel qu'il est actuellement, sera ressuscité, ou ramené à l'existence, car la peine de son péché a été payée par la mort du Christ. Ce retour à la vie est décrit comme une « résurrection » et se déroulera durant l'Âge Millénaire, désigné comme les « temps (années) de rétablissement » (Actes 3:21). L'ensemble de l'Âge Millénaire sera nécessaire pour accomplir cette restauration à la perfection de l'humanité. Les hommes restaurés seront alors semblables à Adam, avec une différence notable : ils auront bénéficié d'une connaissance plus étendue du bien et du mal. Ils seront mentalement à l'image de Dieu, car tel est le dessein divin sous la nouvelle alliance : ôter le cœur de pierre de leur chair et leur donner un cœur de chair, à l'image d'Adam, reflet de Dieu. Le texte cite Jérémie 31:33, Ézéchiel 36:26-32 et Hébreux 10:16 pour illustrer cette transformation[85].

Le péché, actuellement inscrit dans le cœur de toute l'humanité, devra d'abord être effacé avant que l'image de Dieu ne soit rétablie. Ce processus est appelé « rétablissement », et Dieu l'a promis aux hommes. Une fois restaurés, ils ne risqueront plus de tomber, car ils ne confondront plus le mal avec le bien, connaissant désormais les deux. Cependant, Apocalypse 20:9 révèle que certains seront détruits à la fin du règne millénaire, car, malgré l'opportunité qui leur aura été offerte de devenir des hommes parfaits et en harmonie avec Dieu, ils auront choisi le mal. Ceux-là mourront de la « seconde mort », dont il n'y a ni résurrection ni rétablissement. En contemplant le plan divin pour l'exaltation de l'Église et la bénédiction de toutes les familles de la terre par le rétablissement de toutes choses, la publication évoque le cantique des anges : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ; paix sur la terre, bienveillance parmi les hommes ! » Ce sera l'accomplissement du plan de Dieu, le rassemblement de toutes choses sous le Christ[86].

Le Tabernacle du désert et son enseignement

Le Tabernacle du désert est présenté comme enseignant la même leçon générale que le diagramme des âges. Il est placé en parallèle avec ce dernier afin que les différents plans ou étapes menant au Saint des Saints puissent être dûment notés et appréciés. À l'extérieur du parvis du Tabernacle se trouve le monde entier plongé dans le péché, sur le plan dépravé. En entrant par la « porte » dans le parvis, on devient croyant ou personne justifiée. Ceux qui avancent dans la consécration se pressent vers la porte du Tabernacle et, en y entrant, deviennent prêtres. Ils sont alors fortifiés par le « pain de proposition », éclairés par le chandelier, et rendus capables d'offrir des sacrifices agréables à Dieu par Jésus-Christ, à l'« autel d'or ». Les plans correspondants sur le diagramme sont M, f et 4. Enfin, lorsque les sacrifices sont achevés, lors de la résurrection, ils entrent dans le lieu très saint (plan Z), parfait et spirituel, et sont alors associés à Jésus dans la gloire du royaume[87].

Partie VII : La Résurrection

La nature de l'âme et de la mort

La publication aborde la question de la mort et de la résurrection en insistant sur le fait que les Écritures ne mentionnent jamais la mort d'un corps humain comme une entité distincte et séparée de l'être intelligent. Il n'est jamais écrit qu'Abraham, Jésus ou quiconque soit mort dans son corps. Le terme « âme » (en hébreu *nephesh*, en grec *psuchè*) est défini comme signifiant l'existence ou l'être, résultant de la combinaison de la vie et du corps. Sans vie, il ne peut y avoir ni dessein ni existence. La vie est décrite comme un principe ou une puissance qui imprègne toute la création, présent dans les arbres, les poissons, les oiseaux, les bêtes, les hommes, les anges, et au plus haut degré en Dieu, qui en est la source. La différence entre l'homme et l'animal ne réside pas dans une nature de vie distincte, mais dans une nature de corps différente[88].

Plusieurs illustrations bibliques sont citées pour étayer cette définition de l'âme comme désignant l'être. Par exemple, Genèse 2:7 décrit la création d'Adam : « Le Seigneur Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie (*ruach*), et l'homme devint une âme vivante (*nephesh*) ». D'autres passages, tels que Lévitique 5:2,4,15, Proverbes 6:30, Matthieu 26:38, Luc 12:19-20 et Matthieu 16:26, sont utilisés pour montrer que le terme « âme » désigne l'être ou l'existence dans son ensemble. La publication souligne que de nombreux exemples quotidiens illustrent cette vérité : des hommes qui sacrifient leur santé et leur existence pour accumuler des richesses terrestres, pour ensuite réaliser qu'ils ont fait un mauvais échange en donnant leur être pour de l'argent[89].

Qu'est-ce qui meurt ?

La publication pose la question : « Qu'est-ce qui meurt ? » et répond que ce n'est ni le principe de vie ni le corps qui meurent. Le principe de vie, présent dans toute la création, ne peut être dit mourir, bien que son retrait entraîne la cessation de l'existence de la créature. De même, le corps, séparé du principe de vie, n'a jamais eu de vie et ne peut donc pas mourir. La mort est définie comme la dissolution ou la séparation des éléments qui constituent l'être, à savoir la vie et le corps. Lorsque l'esprit de vie retourne à Dieu, qui l'a donné, l'être cesse d'exister, et le corps retourne à la poussière. Ainsi, ce n'est pas le corps, mais l'être — appelé « âme » dans les Écritures — qui meurt[90].

Plusieurs passages bibliques sont cités pour appuyer cette affirmation. Par exemple, Job 31:39 (version marginale) dit : « Faire expirer l'âme de ses propriétaires » ; Job 36:14 mentionne que « leur âme meurt dans la jeunesse » ; Psaume 78:50 parle de « livrer leur âme à la mort » ; et Ézéchiel 18:4 déclare : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra ». La publication souligne également que c'est l'âme de Jésus qui a été donnée en rançon, comme le montrent Ésaïe 53:10-12, et que son âme n'a pas été laissée dans le séjour des morts (Actes 2:31). Jésus a été ressuscité pour devenir un être d'un ordre supérieur, « mis à mort dans la chair, mais rendu vivant par l'esprit »[91].

Les deux natures et les deux résurrections

La publication explique que la résurrection signifie le rétablissement de l'être, et non simplement la sortie d'un corps du tombeau. Seule la puissance de Dieu peut ressusciter un être qui a cessé d'exister. Paul, dans 1 Corinthiens 15:35, pose la question : « Avec quel corps reviennent-ils ? » et répond que, bien que chaque être doive avoir un corps, tous n'auront pas le même type de corps dans la résurrection. Il distingue deux grandes catégories de corps : les corps terrestres ou naturels, et les corps spirituels ou célestes. Adam est présenté comme le chef de la famille humaine terrestre et le modèle de l'être humain parfait, tandis que Jésus, ressuscité comme le premier-né d'entre les morts à une nature spirituelle parfaite, est l'exemple d'un être spirituel parfait. Tous les humains appartiennent à l'une de ces deux classes : soit ils sont des hommes naturels, de la « semence adamique », soit ils ont été engendrés de l'esprit par la parole de vérité et se sont donnés à Christ pour accomplir la volonté de Dieu, appartenant ainsi à la « semence spirituelle »[92].

Paul affirme que « Dieu donne à chacun un corps comme il lui plaît, et à chaque semence son propre corps » (1 Corinthiens 15:38). Ceux qui sont devenus participants de la nature divine durant cette vie doivent nécessairement recevoir un « corps spirituel », semblable au « corps glorieux » du Christ, tandis que ceux qui n'ont pas changé de nature recevront des corps humains naturels lors de leur résurrection. La résurrection à une condition spirituelle, avec un corps spirituel, est désignée dans les Écritures comme « la première résurrection », en raison de son importance. Elle est souvent qualifiée par l'article défini « la » dans le texte grec, comme dans Luc 20:35 : « Ceux qui seront jugés dignes d'avoir part à ce monde et à la résurrection... ». Paul exprime son désir d'atteindre cette résurrection première, celle qui mène à une condition et à un être spirituels (Philippiens 3:11). Cette résurrection est réservée à ceux qui se consacrent entièrement au service de Dieu, comme le souligne Romains 12:1 : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu »[93].

La gloire des êtres spirituels

La publication décrit la transformation radicale qui attend ceux qui auront part à la première résurrection. Paul, dans 1 Corinthiens 15:42-44, explique que cette résurrection implique un passage de la corruption à l'incorruptibilité, de la dishonneur à la gloire, de la faiblesse à la puissance, et d'un corps naturel à un corps spirituel. Ceux qui atteindront cette résurrection seront « semblables au corps glorieux » du Christ (Philippiens 3:21) et, comme le dit 1 Jean 3:2, « nous serons semblables à lui ». La publication rejette l'idée que les êtres spirituels ne seraient que des corps de chair et d'os, en soulignant que Jésus, après sa résurrection, n'était plus dans le même corps de chair et d'os qu'avant sa mort. Ce corps avait été sacrifié pour la souffrance de la mort, et Jésus avait été « rendu vivant par l'esprit », devenant un « esprit vivifiant » (1 Corinthiens 15:45). Il est désormais « l'image expresse de la personne du Père », et non plus simplement un grand homme, car « Dieu est esprit »[94].

La publication insiste sur la distinction entre les deux types de corps et de gloires : celle des corps humains terrestres, qui sera glorieuse, et celle des corps spirituels célestes, qui sera d'un ordre tout à fait différent. Les hommes restaurés seront glorieux, semblables à Adam avant le péché, mais cette gloire ne saurait se comparer à « la gloire qui sera révélée en nous », ceux qui auront renoncé à la nature humaine pour devenir participants de la nature divine. Comme le dit Paul, « Tel est l'homme terrestre, tels sont aussi les terrestres ; et tel est l'homme céleste, tels sont aussi les célestes » (1 Corinthiens 15:48)[95].

L'ordre dans la résurrection

La publication souligne que tous les plans et œuvres de Dieu sont marqués par l'ordre, et que la résurrection ne fait pas exception. Bien qu'il y ait une résurrection à la fois des justes et des injustes, et que tous soient rendus vivants, il existe des temps, des saisons et des ordres distincts pour ces événements. Paul déclare : « Chacun en son propre rang : Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ lors de sa venue » (1 Corinthiens 15:23). Le Christ, en tant que tête, a été ressuscité il y a près de deux mille ans, et ses membres (l'Église) le seront à leur tour, formant un seul corps. La première résurrection, réservée aux justes, est décrite comme un privilège exceptionnel : « Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection ! La seconde mort n'a point de pouvoir sur eux ; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans » (Apocalypse 20:6)[96].

La résurrection des morts et le règne millénaire

Cette section poursuit l'explication de la chronologie eschatologique en s'appuyant sur les écrits de Paul dans la première épître aux Corinthiens. La publication affirme que le règne millénaire du Christ, d'une durée de mille ans, a pour but d'abolir progressivement toute autorité et puissance opposées à Dieu, jusqu'à la destruction finale de la mort, dernier ennemi 1 Corinthiens 15:24-28. Ce processus s'achèverait par la remise du royaume au Père, permettant ainsi à Dieu d'être « tout en tous »[97].

Le texte souligne une apparente contradiction entre ce schéma et un passage de l'Apocalypse (Apocalypse 20:5), qui semble reporter la résurrection des morts après le millénium. Cette divergence est attribuée à une interpolation humaine, introduite durant les « âges sombres » de la domination papale, entre le IIIᵉ et le XVIᵉ siècle. L'argument repose sur la découverte de manuscrits anciens, comme le *Codex Vaticanus* et le *Codex Sinaiticus*, qui ne contiennent pas cette phrase problématique. La publication affirme que cette interpolation visait à légitimer la prétention de la Papauté à incarner le règne millénaire du Christ sur terre, justifiant ainsi son autorité temporelle[98].

La voie étroite vers la vie

Cette partie développe une réflexion sur la nature de la vie et les conditions d'accès à l'immortalité. La publication affirme que Dieu est la seule source de vie véritable, qualifiée d'« immortalité », c'est-à-dire une existence exempte de mort, de maladie et de souffrance. Cette perfection de vie, originellement réservée à Dieu seul, aurait été accordée à Jésus-Christ après sa résurrection, faisant de lui le premier être à partager cette nature divine[99].

Le texte établit une analogie entre la lumière du soleil et la vie divine : de même que la lumière se manifeste différemment selon les objets qu'elle éclaire, la vie divine s'exprime à travers diverses créatures selon leur capacité à la recevoir. L'homme, créé « un peu inférieur aux anges » (Psaume 8:5), aurait été conçu pour refléter parfaitement cette vie, mais le péché d'Adam aurait rompu ce lien, entraînant la mortalité de l'humanité. La publication insiste sur le fait que la vie humaine dépend entièrement de Dieu, comme un diamant ne brille que sous la lumière du soleil[100].

La section souligne également que l'immortalité n'est promise qu'à un petit nombre de croyants, décrits comme une « petite troupe » (Luc 12:32). Ces élus, après avoir renoncé à leur nature humaine par une vie de consécration et d'obéissance, deviendraient des « nouvelles créatures », participant à la nature divine et recevant une existence spirituelle et immortelle lors de leur résurrection. Cette transformation est présentée comme un chemin étroit et difficile, accessible uniquement à ceux qui « suivent » le Christ en prenant leur croix[101].

Le texte distingue clairement l'« immortalité » de la « vie éternelle » : la première est une qualité intrinsèque, réservée à Dieu et à ses élus, tandis que la seconde désigne une existence perpétuelle, conditionnelle à l'obéissance, et accessible à tous les êtres créés, y compris les anges et les hommes restaurés. La publication affirme que le sacrifice de Jésus a ouvert la voie à cette restauration, permettant à l'humanité de retrouver la perfection originelle et la capacité d'obéir pleinement à Dieu[102].

Partie X. Explication de quelques Écritures fréquemment mal comprises

La dixième partie de l'ouvrage aborde l'interprétation de passages bibliques souvent mal compris par les chrétiens de l'époque. Elle s'ouvre sur une analyse des alliances divines, en particulier la nouvelle alliance, présentée comme devant succéder aux alliances précédentes conclues avec Abraham et Israël. La publication explique que la première alliance, symbolisée par Sara, a engendré le "hériter de toutes choses", à savoir Jésus-Christ et son épouse spirituelle, l'Église. La seconde alliance, représentée par Agar, a donné naissance à Israël selon la chair, tandis que la nouvelle alliance, illustrée par Ketura, doit produire six fils, complétant ainsi le nombre sept, symbole de plénitude, pour représenter l'ensemble de l'humanité rachetée[103].

L'accent est mis sur la nécessité pour les croyants de partager les souffrances du Christ afin de participer à sa gloire et à son œuvre de purification de l'humanité lors du Millénium. La publication cite Romains 8:17 pour souligner que les héritiers de Dieu doivent souffrir avec Christ pour être glorifiés avec lui. Elle évoque également le rôle du "Grand Prophète", identifié au Christ (tête et corps), qui accomplira l'œuvre de purification et de jugement lors des "temps de la restauration de toutes choses" mentionnés dans Actes 3:21[104].

Le riche et Lazare

Cet article propose une interprétation allégorique de la parabole du riche et de Lazare, rapportée dans Luc 16:19-31. La publication rejette une lecture littérale de ce récit, soulignant les absurdités qu'elle engendrerait : par exemple, l'idée que la richesse matérielle condamnerait automatiquement à l'enfer, ou que la pauvreté et la maladie garantiraient le salut. Elle insiste sur le fait qu'une parabole est une comparaison où les éléments littéraux représentent des réalités spirituelles ou des classes de personnes[105].

Selon cette exégèse, le "riche" symbolise la nation d'Israël, qui bénéficiait des faveurs divines, des promesses et des rituels sacrificiels (représentés par le "lin fin" et la "pourpre"). Lazare, quant à lui, incarne les nations païennes, exclues de ces privilèges et considérées comme moralement impures par les Juifs. La publication explique que la mort du riche et de Lazare marque un tournant historique : la fin des privilèges exclusifs d'Israël et l'ouverture du salut aux Gentils après la mort et la résurrection de Jésus. Les "cinq frères" du riche représenteraient les dix tribus d'Israël, également privées des enseignements de Moïse et des prophètes après la rupture de l'alliance[106].

L'article s'appuie sur Romains 11:19-31 pour confirmer cette interprétation, soulignant que la parabole illustre le rejet temporaire d'Israël et l'inclusion des Gentils dans les promesses abrahamiques, tout en annonçant la future restauration d'Israël.

Avoir le désir de s'en aller et d'être avec Christ

Ce passage examine l'interprétation de Philippiens 1:23, où l'apôtre Paul exprime son désir de "s'en aller et d'être avec Christ". La publication conteste la traduction traditionnelle de ce verset, qui suggère une présence immédiate auprès du Christ après la mort. Elle propose une lecture alternative, basée sur le terme grec *analusis* (rendu par "retour" dans certaines traductions), pour indiquer que Paul aspirait au retour du Christ et à la résurrection, plutôt qu'à une existence consciente dans l'au-delà avant ces événements[107].

La publication souligne que Paul était indécis entre continuer à vivre pour servir l'Église ou mourir pour être avec Christ, mais que son véritable désir était le retour du Christ (*analusis*), qu'il considérait comme bien préférable aux deux autres options. Cette interprétation s'appuie sur une note de bas de page de l'*Emphatic Diaglott*, qui explique que *analusis* ne peut signifier la mort, mais plutôt le retour du Christ, comme illustré dans Luc 12:36[108].

Compter le coût. Combien donnerez-vous ?

Cet article s'adresse directement au lecteur pour l'inciter à réfléchir au prix à payer pour suivre l'Évangile. Il souligne que le salut est gratuit, mais que le disciple doit être prêt à renoncer à tout pour Christ. La publication énumère sept domaines de sacrifice : l'attention, le temps, l'esprit, la réputation, les amis, l'argent et la vie elle-même. Elle compare cette offrande totale à celle du Christ, qui, bien que riche, s'est fait pauvre pour enrichir les croyants (2 Corinthiens 8:9)[109].

L'article insiste sur la nécessité de renoncer aux valeurs mondaines, telles que la recherche de la gloire humaine ou la dépendance aux biens matériels, pour adopter une perspective spirituelle. Il cite Luc 16:15 pour rappeler que ce qui est estimé par les hommes est souvent une abomination aux yeux de Dieu. La publication encourage le lecteur à imiter l'exemple du Christ et à se considérer comme un "pauvre de ce monde", riche en foi et héritier du Royaume (Jacques 2:5)[110].

Demandez et vous recevrez

La publication se conclut par un appel à l'action, invitant les lecteurs intéressés par les thèmes abordés à demander des lectures complémentaires ou des prédications sur ces sujets. Elle propose également de distribuer gratuitement des exemplaires de la brochure à des amis susceptibles d'être intéressés. Un encart annonce la parution prochaine d'un tract gratuit intitulé "Le Tabernacle et ses enseignements", et fournit l'adresse de la *Zion's Watch Tower* à Pittsburgh pour les demandes[111].


Illustrations du numéro

Références

  1. Page wiki Rançon, Tj-encyclopedie.org.
  2. Food For Thinking Christians (1881), p. 10-12.
  3. Food For Thinking Christians (1881), p. 40-41.
  4. Food For Thinking Christians (1881), p. 42-43.
  5. Food For Thinking Christians (1881), p. 48-51.
  6. Food For Thinking Christians (1881), p. 125-127.
  7. Food For Thinking Christians (1881), p. 128-129.
  8. The Divine Plan of the Ages, C. T. Russell, 1886 (édition revue) ; chapitre « Natures spirituelles et humaines, séparées et distinctes ».
  9. Zion's Watch Tower, oct./nov. 1881, p. 5, cité dans Preach From The Housetops, « A Simpler Approach to the Faithful and Discreet Slave – Part 2 », consulté en 2024.
  10. Food For Thinking Christians (1881), p. 83 et 119-120.
  11. Food For Thinking Christians (1881), p. 121.
  12. Food For Thinking Christians (1881), p. 83.
  13. Food For Thinking Christians (1881), p. 80.
  14. Food For Thinking Christians (1881), p. 155-157.
  15. Food For Thinking Christians (1881), p. 131-132.
  16. Part 1 — United States of America, Watchtower Online Library (1975 Yearbook).
  17. Charles Taze Russell, Simple English Wikipedia.
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  19. The Bible Student Movement in the Days of C.T. Russell, herald-magazine.com.
  20. Food For Thinking Christians (1881), p. 83 et p. 120.
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  108. Food For Thinking Christians (1881), p. 158-159.
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  110. Food For Thinking Christians (1881), p. 161-162.
  111. Food For Thinking Christians (1881), p. 163.
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