Harvest Siftings - Partie 2 (1917)
Autres actions
Ce document interne constitue la réponse officielle de Rutherford à une publication adverse intitulée Light after Darkness, diffusée par quatre membres dissidents du conseil d'administration de la Société — les frères Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie — au cœur de la crise de 1917. Il s'attache à démontrer, point par point, que les accusations de prise de pouvoir autocratique et de violation du testament de Charles Taze Russell sont soit erronées, soit délibérément trompeuses.
La ligne de défense adoptée repose sur une argumentation juridique et procédurale : légitimité des nominations au conseil d'administration, conformité des statuts adoptés peu avant la mort de Russell, et régularité du vote ayant conduit à la destitution de deux membres de l'Association du Pupitre du Peuple. Le document s'appuie sur des pièces annexes — affidavits, lettres, compte rendus de réunions — pour étayer chacune de ces positions.
Réservé aux seuls membres consacrés de l'organisation, ce texte se distingue par la virulence de son ton polémique et par la volonté explicite de Rutherford de disqualifier moralement ses adversaires, notamment en soulignant ce qu'il présente comme leur précipitation à contester le testament de Russell dès les jours suivant son décès.
Organisation et histoire
Harvest Siftings - Partie 2 est un document interne produit au cours de l'été 1917, en plein cœur de la Crise de succession de 1917 qui secoue la Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania. Il est rédigé par Joseph Franklin Rutherford, élu président de la Société en janvier 1917 après la mort de Charles Taze Russell en octobre 1916, et distribué exclusivement aux membres consacrés de l'organisation, en réponse directe au périodique adverse intitulé Light After Darkness (« Lumière après les ténèbres »), publié par un groupe d'opposants internes.[1]
L'événement institutionnel central autour duquel s'articule ce document est la nomination, le 12 juillet 1917, de quatre nouveaux membres au Collège Central de la Société : Alexander H. Macmillan, ainsi que les étudiants de la Bible de Pennsylvanie W. E. Spill, J. A. Bohnet et George H. Fisher.[2] Rutherford présentait ces nominations comme le comblement de postes légalement vacants. Les quatre opposants — désignés dans le document sous les noms de Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie — contestaient quant à eux la légalité de ces nominations et la légitimité même de la présidence de Rutherford, soutenant qu'il aurait agi de manière autocratique en concentrant l'autorité exécutive entre ses propres mains.[3]
L'événement déclencheur de cette crise institutionnelle est directement lié aux actions de Paul Johnson en Grande-Bretagne. Johnson, envoyé par Russell peu avant sa mort pour superviser les activités de l'International Bible Students Association, avait, à son arrivée en novembre 1916, outrepassé ses mandats en révoquant des membres du Béthel d'Angleterre qui s'opposaient à lui et en tentant de s'emparer des fonds bancaires de l'organisation à Londres, ce qui contraignit Rutherford à le rappeler aux États-Unis.[4] De retour à Brooklyn, Johnson, au lieu d'accepter la correction de Rutherford, chercha à obtenir le soutien de quatre membres du Collège Central, dont les adversaires du président, précipitant ainsi l'affrontement institutionnel que ce document cherche à résoudre.[5]
L'historien Rud Persson, dans son ouvrage consacré à cette crise, soutient que Rutherford et ses partisans accomplirent un véritable coup d'État institutionnel, s'appuyant sur de nombreux documents pour étayer cette thèse.[6] Le document analysé ici constitue précisément l'un des instruments de cette bataille de légitimité : il s'agit d'un acte de communication institutionnelle visant à convaincre l'ensemble des membres de l'organisation que les décisions de Rutherford étaient conformes à la charte de la Société et aux statuts adoptés peu avant la mort de Russell, et que ses opposants n'occupaient pas légalement leurs sièges au Collège Central.[7]
Un événement organisationnel distinct mais directement connexe à la crise principale est documenté dans ce numéro : la destitution de deux des opposants, Hirsh et Hoskins, de la People's Pulpit Association (association juridique distincte de la Société Watch Tower), lors d'une réunion tenue le 31 juillet 1917. Vingt-trois voix se prononcèrent en faveur de leur destitution, contre cinq oppositions dont une par procuration, conformément aux statuts de cette association.[8]
Enfin, l'affaire met en lumière la tension entre une conception présidentialiste de la gouvernance — défendue par Rutherford, qui argue d'une légitimité conférée à l'unanimité par les actionnaires lors de l'assemblée de janvier 1917 — et une conception collégiale défendue par ses opposants, qui souhaitaient transférer la gestion exécutive de la Société au Collège Central.[9] Cette crise, selon l'article du wiki consacré à Joseph Franklin Rutherford, contribua au départ d'un septième des fidèles en 1919 et jusqu'à 75 % en 1931, illustrant l'ampleur des fractures institutionnelles que ce document entend précisément contenir.[10]
Contenu
Une réponse à l'article « Lumière après les ténèbres »
Ce document, rédigé par le président de la Watch Tower Bible and Tract Society à la demande du conseil d'administration, se présente comme une réponse à une publication intitulée « Light after Darkness »[11], qualifiée ici d'« Opponents’ Paper » (document des opposants). Il s'adresse exclusivement aux membres consacrés de l'organisation et n'est pas destiné à une diffusion générale. L'auteur, Joseph Franklin Rutherford, insiste sur la nécessité de ne pas se laisser distraire par des querelles internes au moment où la « moisson » (le travail d'évangélisation) touche à sa fin, citant 1 Pierre 4:12 pour rappeler que les épreuves actuelles ne doivent pas surprendre les fidèles[12].
La publication affirme que « Harvest Siftings contient pas moins de cent accusations mensongères et déclarations trompeuses » [13], une affirmation jugée exagérée par Rutherford, qui souligne que le nombre de points abordés dans Harvest Siftings est bien inférieur. Il rejette également l'accusation selon laquelle lui et d'autres membres de la direction, dont William Van Amburgh et Alexander H. Macmillan, feraient partie d'un « club d'Ananias » (une référence à un personnage biblique connu pour son mensonge, cf. Actes 5:1-11), estimant cette accusation démesurée et contraire à l'esprit chrétien[14].
La question centrale
Rutherford recentre le débat sur ce qu'il considère comme la véritable question en jeu : la légitimité de la nomination de quatre nouveaux membres au conseil d'administration de la Société le 12 juillet 1917, afin de combler des postes vacants. Il nie toute intention de « renverser » le conseil existant et précise que ces nominations étaient temporaires, jusqu'à l'élection suivante prévue en janvier 1918[15]. Il souligne que les opposants, parmi lesquels figurent les frères Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie, cherchent à brouiller les pistes en introduisant des questions secondaires, comme des allégations de comportement criminel ou des accusations de prise de pouvoir autocratique[16].
Il affirme que la publication des opposants tente de discréditer sa personne en le présentant comme un menteur et un usurpateur, mais insiste sur le fait que ces accusations ne l'affectent pas personnellement. Il justifie néanmoins sa réponse par la nécessité de clarifier les faits pour les membres de l'organisation, afin qu'ils puissent juger de la situation en toute connaissance de cause[17].
Le testament de Russell et la charte de la Société
Rutherford aborde ensuite la question du testament de Charles Taze Russell, décédé en 1916. Il réfute l'affirmation selon laquelle le testament aurait été déclaré illégal peu après la mort de Russell, précisant que la seule question soulevée concernait les actions de vote détenues par ce dernier[18]. Il mentionne également que certains membres, dont le frère Hirsh, auraient tenté de convaincre les fidèles de la nécessité d'annuler le testament de Russell, arguant qu'il ne reflétait plus ses dernières volontés.
Pour étayer cette affirmation, Rutherford présente une déclaration sous serment (affidavit) de deux témoins, Mrs. J.B. Walbach et Miss Mary B. Walbach, qui attestent avoir entendu Hirsh critiquer le testament de Russell deux jours après sa mort. Selon leur témoignage, Hirsh aurait déclaré que le testament, rédigé plusieurs années auparavant, ne représentait plus les souhaits récents de Russell et qu'il devrait être annulé. Il aurait également exprimé sa déception de ne pas avoir été nommé membre permanent du comité de rédaction de La Tour de Garde, mais seulement comme remplaçant[19].
Rutherford souligne que ces propos ont été tenus avant même l'enterrement de Russell, ce qui, selon lui, révèle une précipitation et un manque de respect pour la mémoire du défunt. Il insiste sur le fait que le testament de Russell ne nommait aucun membre du conseil d'administration, car il était impossible de prévoir qui occuperait ces postes après sa mort[20].
Manipulation du testament et de la charte
Rutherford accuse les auteurs de « Opponents’ Paper » de manipuler le testament de Russell et la charte de la Société pour induire les lecteurs en erreur. Il souligne que la charte prévoit bien l'existence d'un conseil d'administration, mais que ni Russell ni aucun autre document officiel ne nommait les opposants comme membres de ce conseil[21].
Il critique particulièrement l'utilisation sélective de citations tirées d'une brochure publiée par Russell en 1894, dans laquelle ce dernier expliquait pourquoi lui et son épouse contrôlaient la Société. Rutherford affirme que ces citations sont sorties de leur contexte et utilisées de manière trompeuse pour suggérer que Russell avait l'intention de protéger la Société contre toute ambition ou prise de pouvoir, alors qu'elles ne concernaient en réalité que le contrôle des publications pendant sa vie[22].
Il réitère que le testament de Russell ne faisait aucune mention des membres actuels du conseil d'administration et que les opposants tentent de faire croire que Rutherford a agi en violation des dernières volontés de Russell, ce qu'il nie catégoriquement[23].
Les statuts de la Société
Rutherford aborde enfin la question des statuts (by-laws) de la Société, adoptés peu avant la mort de Russell. Il explique que ces statuts ont été rédigés à la demande du comité exécutif, composé de lui-même, de Van Amburgh et de Ritchie, dans le but de rendre la Société plus efficace. Il précise que ces statuts ont été approuvés par Ritchie et soumis à une commission de trois frères lors de l'assemblée annuelle de Pittsburgh[24].
Il rejette l'accusation selon laquelle il aurait agi en autocrate en faisant adopter ces statuts, soulignant que la décision a été prise collectivement et que les statuts reflétaient la volonté des actionnaires. Il insiste sur le fait que le conseil d'administration est désormais en place et travaille en harmonie avec les souhaits des actionnaires, conformément à la politique suivie par la Société depuis trente-trois ans[25].
Contenu
Notre Conseiller actuel
Ce texte défend la légitimité de l'élection de Joseph Franklin Rutherford à la présidence de la Société Watch Tower, en réponse aux accusations portées par le document intitulé Light after Darkness[26]. Rutherford affirme que les modifications des statuts de la Société, proposées lors de l'assemblée générale de janvier 1917, n'avaient pas pour but de lui conférer un contrôle absolu, comme le prétendent ses opposants. Il explique que la seule divergence concernait la nomination d'un comité consultatif : le projet initial prévoyait que le président choisisse lui-même ses conseillers, tandis que le comité de révision souhaitait que ce soit le conseil d'administration qui les désigne. Rutherford souligne que cette question fut résolue en sa faveur, sans aucune mention du mot « contrôle » dans les statuts[27].
Il ajoute qu'une lettre d'un membre du comité de révision, incluse dans le document, confirme que les accusations de manipulation sont infondées. Ce membre y affirme que la seule divergence portait sur la nomination du comité consultatif et que Rutherford n'a exercé aucune pression pour obtenir un pouvoir accru[28].
Rutherford exprime également sa confiance en la direction divine des affaires de la Société, citant un poème pour illustrer sa conviction que la volonté de Dieu prévaudra, indépendamment des actions humaines[29].
Lettre d'un membre du comité
Une lettre d'un membre du comité de révision des statuts, datée de Pittsburgh, est reproduite pour corroborer les affirmations de Rutherford. L'auteur de la lettre critique le ton injuste et partial du document Light after Darkness, qu'il juge dépourvu de justice et de miséricorde. Il rappelle les paroles de Matthieu 7:2, qui soulignent que le jugement que l'on porte sur autrui sera appliqué à soi-même[30].
Concernant les statuts, le membre du comité confirme que la seule divergence portait sur la nomination du comité consultatif. Il explique que le comité de révision souhaitait que ce soit le conseil d'administration qui désigne les membres du comité, tandis que Rutherford proposait que ce soit le président. Le comité a finalement accepté la proposition de Rutherford, et cette modification a été intégrée aux statuts avant l'élection[31].
L'auteur de la lettre exprime également sa conviction que Dieu contrôle pleinement la situation et que les affaires de la Société seront dirigées selon Sa volonté, indépendamment des actions des hommes[32].
Destitution de l'Association du Pupitre du Peuple
Ce passage relate la destitution de deux membres de l'Association du Pupitre du Peuple (People's Pulpit Association), les frères Hirsh et Hoskins, le 31 juillet 1917. Rutherford explique que cette décision a été prise conformément aux statuts de l'association, qui prévoient la destitution d'un membre en cas de manquement grave. Les deux frères avaient été informés à l'avance des charges retenues contre eux et avaient demandé un report de la réunion pour préparer leur défense[33].
Lors de la réunion du 31 juillet, les charges ont été lues et les deux parties ont présenté leurs arguments. Cinq votes ont été exprimés contre la destitution, dont un par procuration, tandis que vingt-trois votes ont été exprimés en faveur de la destitution. Les frères Hirsh et Hoskins ont donc été destitués conformément aux statuts. Rutherford souligne que la plupart des membres ayant voté par procuration ont ensuite approuvé cette décision par écrit[34].
Il mentionne également que le document Light after Darkness accuse Rutherford et d'autres frères d'avoir commis des « offenses criminelles » passibles d'une inculpation pénale. Rutherford rejette ces accusations, affirmant que si les frères y croyaient vraiment, ils devraient cesser de les appeler « frères »[35].
Attaque du « Brooklyn Eagle »
Rutherford aborde une attaque publiée par le journal Brooklyn Eagle, qui mettait en cause la gestion de la Société Watch Tower et portait atteinte à la réputation de Charles Taze Russell et d'autres frères. Rutherford affirme ne pas connaître la source des informations divulguées au journal, mais il relate qu'un reporter du Brooklyn Eagle l'a interrogé sur les détails du conflit avec les frères ayant publié Light after Darkness. Rutherford a refusé de faire une déclaration, se contentant de répondre : « Je n'ai rien à dire »[36].
Il mentionne également avoir discuté de l'affaire avec le frère Hirsh, qui lui a révélé qu'un reporter avait tenté de l'interviewer le 17 juillet, alors qu'il prononçait un discours passionné dans la salle à manger de Bethel. Hirsh a refusé de rencontrer le reporter à ce moment-là, mais il a ensuite accepté de lui parler dans la rue quelques jours plus tard. Rutherford précise que ce reporter n'était pas un journaliste accrédité du Brooklyn Eagle et qu'il ignore s'il a transmis les informations au journal[37].
Accusations contre les Frères Pèlerins
Ce passage répond aux accusations portées par le document Light after Darkness, selon lesquelles Rutherford et d'autres frères auraient mené une campagne secrète auprès des membres de la famille Bethel et des Frères Pèlerins (Pilgrim Brethren) pour diffuser de fausses informations sur le conseil d'administration et d'autres frères. Rutherford demande à chaque Frère Pèlerin de témoigner s'il a été approché ou incité à diffuser de telles accusations[38].
Il affirme n'avoir parlé à aucun Frère Pèlerin, à l'exception du frère Wisdom, avant que la crise n'éclate. Il précise que pendant les trois mois où il a été harcelé par ces frères, plusieurs Frères Pèlerins ont visité Bethel sans qu'aucun mot ne soit échangé sur le conflit. Rutherford ajoute que certains Frères Pèlerins lui ont écrit volontairement pour exprimer leur soutien. Plusieurs de ces lettres sont reproduites dans le document[39].
Lettres de soutien des Frères Pèlerins
Plusieurs lettres de Frères Pèlerins sont reproduites pour réfuter les accusations portées par Light after Darkness. Ces lettres expriment un soutien sans réserve à Rutherford et rejettent les allégations selon lesquelles les Frères Pèlerins auraient été influencés ou intimidés par lui ou ses représentants.
1. **Lettre de M. A. Howter (Lansing, Michigan, 18 septembre 1917)** : L'auteur affirme n'avoir jamais été approché par les frères impliqués dans la publication de Light after Darkness. Il exprime sa confiance en la Société Watch Tower et en sa mission, déclarant que rien ne peut entraver son travail jusqu'à ce qu'il soit accompli[40].
2. **Lettre de W. J. Thorn (Mason City, Iowa, 26 septembre 1917)** : L'auteur proteste contre l'affirmation selon laquelle les membres de la famille Bethel, les frères de la Tabernacle et les Frères Pèlerins auraient été soudoyés ou intimidés par Rutherford. Il affirme n'avoir jamais été approché sur ce sujet, ni avant ni après son séjour à Bethel[41].
3. **Lettre de J. A. Gillespie (Clayton, Nouveau-Mexique, 26 septembre 1917)** : L'auteur déclare que les accusations portées contre Rutherford et le frère Macmillan, selon lesquelles ils auraient « empoisonné » l'esprit des Frères Pèlerins, sont fausses en ce qui le concerne. Il exprime sa confiance en la Société Watch Tower et en sa mission, affirmant que rien ne peut entraver son travail jusqu'à ce qu'il soit accompli[42].
4. **Lettre de R. O. Haprey (Logansport, Indiana, 26 septembre 1917)** : L'auteur conteste l'accusation selon laquelle Rutherford ou ses représentants auraient « chuchoté » des informations aux Frères Pèlerins pour influencer leur opinion. Il affirme que les premiers « chuchotements » qu'il a entendus provenaient des quatre frères à l'origine de la publication de Light after Darkness[43].
5. **Lettre de M. E. Reaser (Logansport, Indiana, 18 septembre 1917)** : L'auteur exprime son soutien à Rutherford et rejette les accusations portées contre lui. Il affirme que les frères à l'origine de Light after Darkness agissent sous l'effet de la passion plutôt que de la raison, et il critique l'utilisation de la photo de Charles Taze Russell sur la couverture du document[44].
Contenu
Concernant la « lettre de l'auditeur »
La publication reproduit une lettre signée par I. G. Mason, présentée comme émanant d'un « auditeur » dans le périodique des opposants[45]. L'auteur de cette lettre affirme occuper cette fonction au sein de la Société Watch Tower, ce que la direction conteste fermement. Selon les responsables, Mason n'a jamais exercé les fonctions d'auditeur de la Société. Il était employé comme commis subalterne au sein du département des achats du siège de Brooklyn (Bethel), après avoir été muté depuis le service d'expédition en raison de son comportement jugé inapproprié envers ses collègues[46].
La publication souligne que les factures vérifiées par Mason n'étaient jamais payées sans une vérification supplémentaire par d'autres employés, notamment par le responsable du département des achats. Ce système de double contrôle, mis en place sous la présidence de Charles Taze Russell et supervisé par E. W. Brenneisen, un comptable formé, visait à sécuriser les transactions financières et à éviter les erreurs[47]. La lettre de Mason est présentée comme une critique infondée de ce système, plutôt que comme une remise en question des pratiques de gestion actuelles.
Mason aurait commis plusieurs erreurs graves dans son travail, dont une tentative de paiement d'une facture de 950 dollars pour un montant réel de 9,50 dollars. Ces erreurs répétées auraient conduit à son renvoi du siège de Brooklyn, non pas en raison d'un refus de soutenir l'administration en place, mais à cause de son comportement perturbateur et de son manque de compétence pour les tâches qui lui étaient confiées[48].
Par ailleurs, la publication mentionne que Mason aurait exprimé son soutien à un article publié dans le Brooklyn Eagle, critiquant ouvertement Charles Taze Russell. Après son départ, il aurait tenté de vendre certains de ses biens personnels à la Société, tout en affirmant avoir refusé une demande des opposants de rédiger un texte en réponse à la brochure Harvest Siftings[49].
Biographie et affidavit
La publication aborde une controverse liée à la publication d'une biographie de Joseph Franklin Rutherford dans le périodique des opposants. Cette biographie, présentée comme une tentative de discréditer le président de la Société Watch Tower, aurait été rédigée à partir d'informations obtenues lors d'une entrevue accordée par Rutherford à un journaliste et à un avocat, en présence de Paul S. L. Johnson et de Frederick H. Robison (appelé "Hirsh" dans le texte)[50].
Selon le récit, Hirsh aurait approché Rutherford quelques jours avant une assemblée des actionnaires pour lui proposer de préparer un article biographique destiné à la presse. Rutherford, n'y voyant aucun inconvénient, aurait dicté à sa sténographe un résumé de ses expériences de vie, que Hirsh aurait ensuite utilisé pour rédiger un texte publié sans son approbation préalable[51]. La publication souligne que Hirsh aurait ensuite inclus une version similaire de cette biographie dans la deuxième édition du Memorial Tower, un périodique commémoratif.
Pour contrer les accusations portées par Hirsh, un affidavit (déclaration sous serment) a été rédigé par E. C. Henninges, un employé de la Société. Cet affidavit, publié dans Harvest Siftings, rétablit les faits en affirmant que la biographie avait été préparée à la demande de Hirsh et non à l'initiative de Rutherford. Henninges souligne également que Hirsh aurait modifié le texte à plusieurs reprises, entraînant des coûts d'impression inutiles, avant de parvenir à une version conforme à ses attentes[52].
La publication insiste sur le fait que cette controverse biographique, bien que secondaire, est utilisée par les opposants pour détourner l'attention des véritables enjeux et pour discréditer Rutherford aux yeux des fidèles.
La gestion du président
La publication répond aux critiques formulées par les opposants concernant la gestion de Joseph Franklin Rutherford à la tête de la Société Watch Tower. Lors d'une réunion du conseil d'administration, William E. Van Amburgh aurait demandé aux opposants de citer un seul exemple de mauvaise gestion de la part du président, sans obtenir de réponse concrète[53].
Pourtant, le périodique des opposants tente de trouver des éléments à charge, en mentionnant notamment le contrat lié au Photo-Drame de la Création. La publication précise que ce contrat avait été signé par Alfred I. Ritchie, alors vice-président, et que le conseil d'administration avait ensuite donné pour instruction à Rutherford de négocier le rachat de cette production[54].
Concernant la société Angelophone, la publication indique que Ritchie en avait la charge sous la supervision du conseil d'administration. Elle dément également l'affirmation selon laquelle Rutherford, Van Amburgh et Alexander H. Macmillan auraient méprisé les initiatives lancées par Charles Taze Russell. La Société Angelophone, en particulier, était engagée dans des contrats qui, en raison du décès de Russell, risquaient d'entraîner des pertes financières importantes pour la Société, avec des obligations s'élevant à environ quarante mille dollars[55].
La publication précise que Ritchie avait un temps envisagé de reprendre ces obligations à son compte, mais que Rutherford l'en avait dissuadé, craignant qu'il ne puisse assumer une telle charge financière. Elle dément également l'affirmation selon laquelle une sœur de l'Illinois aurait payé 1 500 dollars pour l'enregistrement des conférences, soulignant que cette somme avait été versée par la Société elle-même, comme en attestent les livres comptables[56].
Conseil d'administration
La publication explique que les nouveaux membres du conseil d'administration de la Société Watch Tower n'ont pas été nommés dans l'intention de nuire à quiconque, mais pour combler des vacances et pour empêcher des individus non légalement membres de mettre à exécution une menace de poursuites judiciaires[57]. Cette menace, selon la direction, visait à paralyser les activités de la Société, à bloquer ses fonds et à compromettre son fonctionnement.
Rutherford affirme avoir agi par nécessité plutôt que par choix, soulignant que la nomination de ces nouveaux membres aurait pu être évitée si les opposants n'avaient pas menacé de recourir à des actions en justice pour prendre le contrôle de la Société[58].
Pourquoi renvoyés de Bethel
La publication justifie le renvoi de plusieurs frères du siège de Brooklyn (Bethel) en raison des perturbations constantes qu'ils y causaient et de leur opposition active aux activités de la Société. Ces individus, selon le texte, passaient la majeure partie de leur temps à organiser des réunions et à discuter des difficultés internes, au détriment du travail de la moisson[59].
La direction affirme que ces frères préparaient des poursuites judiciaires, ce qui aurait pu entraîner une paralysie des activités de la Société. Rutherford mentionne avoir convoqué une réunion avec ces opposants pour leur demander quelles étaient leurs intentions avant son départ pour une tournée de conventions de deux mois. Il souhaitait prendre des dispositions pour assurer la continuité du travail pendant son absence. Cependant, les opposants auraient refusé de répondre à ses questions, exigeant la présence de leur avocat pour discuter de ces sujets[60].
Face à cette situation, Rutherford leur aurait lancé un ultimatum : s'ils souhaitaient poursuivre leur lutte, ils devaient quitter le siège de Brooklyn, car il était impossible de mener à bien le travail de la moisson dans un climat de discorde et de perturbation. La publication insiste sur le fait que Bethel doit rester un lieu de paix, de tranquillité et de travail consacré au Seigneur, et non un espace de dissension[61].
Opposition au septième volume
La publication aborde l'opposition manifestée par certains frères envers le septième volume des Études dans les Écritures, intitulé Le Mystère Accompli. Ce volume, publié par la Société Watch Tower, est présenté comme ayant reçu l'approbation divine et comme étant une source de réconfort pour la majorité des fidèles à travers le monde[62].
Selon le texte, ce volume contient un message essentiel pour la période actuelle, notamment en ce qui concerne la chute de Babylone. Sa distribution est considérée comme une priorité dans le travail de la moisson, qui touche à sa fin. Pourtant, le périodique des opposants révèle que ces frères s'opposent à la diffusion du septième volume, en déclarant : « Soyons prudents dans la manière dont nous recevons ce prétendu septième volume »[63].
La publication souligne que cette attitude vise à ralentir le travail de la moisson plutôt qu'à l'accélérer, alors que celle-ci approche de son terme. Elle insiste sur le fait que le septième volume est une nourriture spirituelle opportune pour les fidèles, les aidant à rester fermes et à se réjouir malgré les tribulations. En s'opposant à sa diffusion, ces frères agissent à l'encontre des intérêts du travail de la moisson[64].
Contenu
La véritable question examinée
Ce long article, rédigé par Joseph Franklin Rutherford, aborde la crise de succession qui secoue la Société Watch Tower en 1917. Rutherford y défend sa décision d'avoir nommé quatre nouveaux membres au Collège Central pour combler des postes vacants, une mesure qu'il présente comme une réponse nécessaire à une tentative de prise de contrôle illégitime par un groupe de dirigeants opposants[65].
L'auteur commence par écarter les « questions immatérielles » qui, selon lui, brouillent le débat, pour se concentrer sur la « véritable question » : le président était-il justifié, au regard des faits et des circonstances, à nommer ces quatre frères consacrés pour occuper temporairement les postes vacants jusqu'à l'élection annuelle de janvier suivant ?[66] Rutherford insiste sur le fait que sa légitimité en tant que manager de la Société ne fait aucun doute, rappelant qu'il a exercé cette fonction sans contestation depuis la fondation de l'organisation jusqu'à la mort de Charles Taze Russell en 1916. Il souligne également que les actionnaires, lors de l'assemblée annuelle de janvier 1917, ont exprimé à l'unanimité leur souhait que le président conserve ce rôle exécutif, et que le Collège Central a ensuite entériné cette décision par un règlement interne[67].
Jusqu'en juin 1917, affirme Rutherford, la gestion de la Société s'est déroulée sans heurt. La crise éclate lorsque l'un des membres du Collège Central, impliqué dans la publication d'un document critique intitulé « Opponents' Paper », propose une résolution visant à abroger les règlements internes et à retirer la gestion de la Société des mains du président pour la confier au Collège Central. Cette initiative, selon Rutherford, trouve son origine dans les « épisodes anglais » de Paul Samuel Leo Johnson, un pèlerin qui, après avoir été rappelé d'Angleterre par Rutherford, a cherché à obtenir le soutien de quatre membres du Collège Central pour faire approuver ses actions controversées, notamment le lancement d'un procès en Angleterre qui a immobilisé des fonds de la Société[68].
Rutherford décrit en détail les événements qui ont conduit à sa décision. Après avoir rejeté une résolution visant à rembourser les frais juridiques de Johnson, il est confronté à une tentative des quatre opposants (Hirsh, Hoskins, Wright et Ritchie) de faire adopter une résolution pour abroger les règlements internes et transférer la gestion de la Société au Collège Central. Face à cette menace, et après avoir obtenu un avis juridique confirmant la légalité de sa position, Rutherford décide de nommer quatre nouveaux membres (Spill, Bohnet, Fisher et Macmillan) pour combler les postes vacants et ainsi préserver les intérêts de la Société[69].
L'article insiste sur le fait que Rutherford n'a agi ni par animosité personnelle ni par ambition, mais par devoir et pour protéger la Société. Il souligne que les quatre opposants n'ont subi aucun préjudice, si ce n'est la perte d'une position qu'ils n'occupaient pas légalement. Enfin, il affirme que la Société et son œuvre n'ont subi aucun dommage, bien au contraire : le travail s'est poursuivi et s'est même intensifié depuis sa décision[70].
Une situation difficile
Cette section approfondit les circonstances qui ont conduit Rutherford à agir rapidement pour nommer les quatre nouveaux membres du Collège Central. L'auteur décrit une situation de crise où un frère, après avoir provoqué des troubles en Angleterre (licenciement de responsables, saisie de fonds, lancement d'un procès), revient aux États-Unis et s'allie avec quatre membres du Collège Central pour tenter de prendre le contrôle de la Société[71].
Rutherford explique qu'il a été informé de menaces visant à immobiliser les fonds de la Société et à perturber son fonctionnement. Face à ces risques, et après une réflexion approfondie, il estime qu'il est de son devoir d'agir sans délai pour éviter un préjudice irréparable. Il se rend directement à Pittsburgh pour nommer les quatre nouveaux membres, une décision qu'il présente comme une mesure de sauvegarde pour la Société[72].
L'article aborde également une question juridique soulevée par les opposants : comment Rutherford et deux autres membres (Van Amburgh et Pierson) ont-ils pu être légalement élus au Collège Central lors de l'assemblée de Pittsburgh ? Rutherford répond en citant les statuts de la Société, qui stipulent que le président, le vice-président et le secrétaire-trésorier sont membres de droit du Collège Central en vertu de leurs fonctions. Il précise que les quatre opposants n'ont jamais été élus légalement et que leur présence au Collège Central était donc irrégulière[73].
Assemblée des actionnaires
Rutherford aborde ici les demandes de certains actionnaires réclamant la convocation d'une assemblée extraordinaire pour régler le différend. Il souligne que cela entraînerait des coûts importants en temps et en argent, et détournerait l'attention de l'œuvre essentielle de la moisson. Il propose plutôt d'attendre l'assemblée annuelle prévue pour le 5 janvier, où les actionnaires pourront élire un nouveau Collège Central et trancher la question[74].
L'auteur réaffirme son désintéressement personnel et son attachement à l'œuvre du Seigneur. Il déclare ne pas briguer la présidence et être prêt à se soumettre à la volonté de la majorité des actionnaires. Il conclut en citant 2 Jean 1:8, exhortant les frères à ne pas perdre ce qu'ils ont accompli et à recevoir une pleine récompense. Dans une formule finale empreinte de solennité, Rutherford se présente comme un serviteur par la grâce de Dieu, exprimant son amour et ses prières pour tous les enfants de Dieu[75].
Illustrations du numéro
Références
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ « Watch Tower Society presidency dispute (1917) », Wikipédia (en anglais).
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ « The Creation of a Theocracy », Mentes Bereanas.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Rud Persson, Rutherford's Coup: The Watchtower Succession Crisis of 1917 and Its Aftermath (Amazon, 2021).
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 1997, p. 50 ; Andrew Rogerson, The Witnesses of Jehovah, 1969, p. 37.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 27.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 29.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 30.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 25.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 26.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.
- ↑ Harvest Siftings - Partie 2 (1917), p. 32.