L'Âge d'Or du 2 Avril 1930
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| L'Âge d'Or du 2 Avril 1930 | |
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| Revue | Consolation |
| Date | 1930 |
| Année | 1930 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro place au premier plan la question des inégalités économiques et de leurs remèdes, en prenant appui sur l'ouvrage 'The Road to Plenty' de Foster et Catchings pour examiner les causes structurelles de la pauvreté et du chômage aux États-Unis dans le contexte de la crise de 1929. La conférence radiodiffusée de Joseph Rutherford, prévue pour le 27 avril 1930 et annoncée dans ces pages sous le titre *« Détresse mondiale : Cause, Remède »*, constitue l'événement éditorial autour duquel s'articule une part significative du numéro.
Au-delà des enjeux économiques, la publication donne une large place à des questions médicales et sanitaires, notamment la Vaccination obligatoire et les théories alternatives sur le cancer et les prétendus dangers des ustensiles en aluminium, thèmes récurrents dans la revue à cette période. La rubrique *« Pot Shots »* illustre quant à elle la dimension critique et sociale du périodique, en juxtaposant des faits divers, des dénonciations de corruption locale et des observations sur des réalités politiques internationales.
Contenu
Le Pont vers l'Abondance
La publication consacre un long article à l'analyse du livre *The Road to Plenty* de William T. Foster et Waddill Catchings, qui propose des solutions économiques pour remédier à la pauvreté et au chômage aux États-Unis. Le texte souligne que, bien que l'ouvrage suggère des mesures temporaires comme l'augmentation des salaires ou la construction d'infrastructures publiques pour stimuler la demande, ces solutions ne peuvent être durables tant que Satan et son système ne seront pas détruits lors d'Armageddon. La revue cite des exemples frappants de disparités sociales, comme le fait qu'un quart des personnes âgées au Massachusetts survivent avec moins de 400 dollars par an, ou que la moitié des familles de Philadelphie n'ont pas de baignoire[1].
L'article met en lumière les "spirales vicieuses" de l'inflation et de la déflation, où la surproduction ou la sous-consommation aggravent les crises économiques. Il souligne que les industries disposent de capacités de production excédentaires (textile, charbon, acier, etc.), mais que le manque de pouvoir d'achat des travailleurs limite la demande. La solution proposée par les auteurs du livre – un conseil fédéral régulant les dépenses publiques pour soutenir les revenus des consommateurs – est présentée comme une mesure palliative, mais insuffisante sans une intervention divine[2].
Un passage poignant du livre est cité pour illustrer la détresse des travailleurs : « À travers la vitre poussiéreuse, le Petit Homme Gris voyait une file de travailleurs épuisés, s'étirant depuis les portes de l'usine tout le long de la rue sordide. » [3]
La publication conclut que les propositions de *The Road to Plenty* méritent l'attention, notamment pour leur influence sur le président Hoover, mais rappelle que seule la venue du Royaume de Dieu résoudra définitivement les problèmes économiques[4].
Détresse mondiale : Cause, Remède
La revue annonce une conférence radiodiffusée de Joseph Rutherford, président de l'*International Bible Students Association*, prévue le 27 avril 1930 à Oakland (Californie). Intitulée *« Détresse mondiale : Cause, Remède »*, cette allocution sera diffusée sur deux réseaux : l'un couvrant l'Est et le Centre des États-Unis, l'autre la côte Pacifique et les montagnes Rocheuses. Les lecteurs sont invités à promouvoir largement cet événement, présenté comme une occasion unique d'entendre Rutherford expliquer les causes des souffrances humaines et le remède divin[5].
La liste des stations participantes pour le réseau Est inclut des villes comme New York (WBBR, WMCA), Chicago (WCF, WODB), ou encore Washington (WMAL). Pour le réseau Ouest, les détails seront publiés dans le prochain numéro. Les horaires varient selon les fuseaux horaires, allant de 8h à 11h du matin[6].
Tirs au but
Cette rubrique regroupe des brèves sur des sujets variés, souvent critiques envers les institutions ou les pratiques sociales de l'époque.
Un article relate une expérience menée à l'Université d'État de Pennsylvanie, où des chercheurs envisagent de fabriquer des briques de pavage géantes, mesurant jusqu'à six mètres de long. La publication ironise sur l'utilité d'une telle innovation[7].
Un autre sujet aborde la demande des Hindous et des Noirs de la colonie britannique du Kenya d'obtenir le droit de vote, sous réserve de remplir des critères d'éducation et de propriété. La revue souligne l'injustice de refuser ce droit à des populations soumises aux mêmes lois que les colons blancs[8].
La rubrique critique également la Russie soviétique pour son nouveau calendrier, qui supprime les week-ends et fait débuter l'année à la date de la révolution bolchevique. Elle dénonce aussi l'interdiction de la pratique privée du droit en URSS[9].
Un fait divers tragique est rapporté : une jeune femme enceinte, arrêtée en Californie pour possession de quatre bouteilles de bière, accouche d'un enfant mort-né en prison. La publication s'interroge sur le sens de la "civilisation" dans de telles circonstances[10].
Enfin, un article dénonce la corruption des dirigeants de Scranton (Pennsylvanie), où un grand jury a inculpé 77 personnes, dont le shérif, des chefs de police et d'anciens maires, pour leur implication dans un réseau de machines à sous illégales. Une photographie des officiels concernés est présentée pour illustrer l'ampleur du scandale[11].
Harvard licencie ses femmes de ménage
La publication relate le licenciement brutal de vingt femmes de ménage par l'Université Harvard, quatre jours avant Noël 1929. Ces employées, dont certaines travaillaient depuis plus de trente ans, ont été congédiées parce que la *State Minimum Wage Commission* avait ordonné d'augmenter leur salaire de 10,50 à 11,10 dollars par semaine. La revue souligne l'ironie de cette décision, alors que Harvard reçoit des millions de dollars de dons chaque année[12].
Quelques faits sur la vaccination
Cet article, inspiré d'un ouvrage de H. B. Anderson (*The Facts Against Compulsory Vaccination*), dénonce les dangers et l'inefficacité de la vaccination obligatoire. La publication affirme que plusieurs États américains (Maine, Vermont, Indiana, etc.) et des pays comme l'Angleterre ou l'Australie ont abandonné cette pratique en raison de ses risques, notamment l'encéphalite post-vaccinale[13].
Des statistiques sont citées pour étayer ces critiques : au Japon, où la vaccination est obligatoire depuis 1874, le pays a enregistré 77 500 décès dus à la variole en dix ans. Aux États-Unis, où la population est largement non vaccinée, le nombre moyen de décès annuels par variole est de 313 pour 120 millions d'habitants. En Australie, où seulement 30 % de la population est vaccinée, seuls six décès par variole ont été recensés entre 1909 et 1923[14].
L'article dénonce également les conflits d'intérêts au sein du corps médical, où certains médecins prescrivent des vaccins pour des raisons financières. Il cite un éditorial d'*American Medicine* qui critique les pratiques douteuses de certains laboratoires pharmaceutiques, qui paient des médecins pour promouvoir leurs produits[15].
Événements au Canada
Un correspondant canadien relate les progrès de la loi sur les pensions de vieillesse au Canada, adoptée par cinq provinces représentant les deux tiers de la population. La publication souligne que cette mesure, initialement critiquée comme "anti-sociale" ou "paupérisante", a amélioré la vie de milliers de personnes âgées, leur offrant une indépendance financière relative[16].
L'article aborde également les conséquences économiques de la crise boursière de 1929 et de la mauvaise récolte de blé dans l'Ouest canadien. Le *Wheat Pool* (coopérative de producteurs de blé) est critiqué pour sa décision de retenir les stocks de blé en attendant une hausse des prix, ce qui aggrave le chômage et la récession. Un dirigeant syndical, A. R. Mosher, appelle à une conférence nationale pour relancer l'emploi et restaurer la confiance des consommateurs[17].
« Trois milliards de dollars de vols prédits pour 1930 »
Un article paru dans *Lookout*, un magazine chrétien, révèle que les jeunes Américains voleront pour trois milliards de dollars en 1930. La publication utilise cette statistique pour dénoncer l'échec moral des églises, qui n'ont pas su inculquer des valeurs honnêtes à la jeunesse. L'auteur de l'article, O. D. Ebie, admet que les églises portent une responsabilité majeure dans cette "vague de criminalité", en raison de leur manque d'engagement éducatif[18].
La revue ironise sur l'hypocrisie des dirigeants religieux, qui refusent d'admettre leurs mensonges doctrinaux (comme la doctrine de l'enfer) par crainte de nuire à leur "business". Elle conclut que les églises ont été "pesées dans la balance et trouvées insuffisantes", et que le privilège de proclamer le Royaume de Dieu leur sera bientôt retiré[19].
Où sont les morts ?
La publication aborde la question de la condition des morts à travers trois faits divers. Le premier relate une déclaration attribuée au pasteur S. Parkes Cadman, qui aurait admis lors d'une émission de radio que Joseph Rutherford était la meilleure autorité sur ce sujet[20].

Le deuxième cas concerne George H. Austin, un employé de la *Eastman Kodak Company*, déclaré mort après un arrêt cardiaque. Réanimé grâce à une injection d'adrénaline, il n'a rapporté aucune expérience de mort imminente, confirmant ainsi la doctrine des étudiants de la Bible selon laquelle les morts sont inconscients[21].
Un troisième exemple est celui de Juda Campbell, une jeune fille noire dont le cœur a cessé de battre pendant treize minutes lors d'une opération des amygdales. Réanimée par une injection d'oxygène dans le sang, elle n'a gardé aucun souvenir de cette expérience, ce qui est présenté comme une preuve supplémentaire de l'inconscience des morts[22].
Un remède contre le cancer
Cet article, signé M. G., explore les causes possibles du cancer et présente des témoignages de guérisons obtenues par des méthodes alternatives. La publication souligne l'augmentation alarmante des cas de cancer aux États-Unis, où un décès sur huit chez les adultes est attribué à cette maladie[23].
L'auteur critique l'incapacité de la médecine conventionnelle à identifier les causes du cancer ou à proposer des traitements efficaces, en dehors de la chirurgie ou de la radiothérapie. Il présente plusieurs théories, comme celle du chirurgien britannique Sir W. Arbuthnot Lane, qui attribue le cancer à une alimentation raffinée et malsaine, ou celle du Dr C. T. Betts, qui lie la maladie à l'utilisation d'ustensiles de cuisine en aluminium[24].
Trois cas de guérison sont détaillés : 1. Une femme guérie d'un cancer du sein grâce à un régime à base de jus de raisin et de lavements quotidiens. 2. Une autre patiente, atteinte d'un cancer du sein, soignée avec un mélange de jus de fruits et de lavements. 3. Une femme guérie d'un cancer interne après une opération qui a libéré une obstruction intestinale, suivie d'un régime alimentaire strict[25].
L'article conclut en encourageant la prévention par une alimentation saine et l'élimination des ustensiles en aluminium, tout en soulignant que ces méthodes alternatives sont ignorées par le corps médical[26].
L'abeille empoisonneuse de Sacramento
La revue relate un incident survenu à Sacramento, où cinquante personnes ont été empoisonnées après avoir consommé du poulet à la crème préparé dans un ustensile en aluminium. La publication attribue cet empoisonnement à une réaction chimique entre les aliments et le métal, une thèse qu'elle défend régulièrement malgré les dénégations des autorités médicales et scientifiques[27].
Un témoignage d'une victime confirme que le poulet avait été cuit et conservé pendant plusieurs heures dans une casserole en aluminium, ce qui aurait provoqué la contamination. La revue ironise sur l'incapacité des experts à identifier la cause de l'empoisonnement, tout en réaffirmant sa position sur les dangers des ustensiles en aluminium[28].
« La seule explication »
Cet article revient sur un cas d'empoisonnement collectif survenu à The Dalles (Oregon), où huit personnes ont été malades après avoir consommé de la viande rôtie préparée dans un ustensile en aluminium. Les médecins locaux ont attribué l'incident à une réaction chimique entre les aliments crus et le métal, mais la publication souligne que cette explication est ignorée par les autorités sanitaires, qui refusent d'admettre les dangers des ustensiles en aluminium[29].
La revue critique l'hypocrisie des médias et des experts, qui préfèrent taire la vérité plutôt que de remettre en cause leurs positions. Elle conclut en réaffirmant que les ustensiles en aluminium sont responsables de nombreux cas d'empoisonnement, malgré les dénégations des autorités[30].
Encore des mots gentils pour les médecins
Dans une lettre adressée à la rédaction, E. J. Starwalt (Californie) défend la profession médicale contre les critiques excessives. Il souligne que de nombreux médecins font preuve d'altruisme en soignant des patients pauvres, souvent au détriment de leur propre santé. L'auteur cite l'exemple d'un médecin de sa connaissance, qui parcourait de longues distances dans des conditions difficiles pour venir en aide à des malades sans ressources[31].
Starwalt critique également les régimes alimentaires extrêmes proposés par certains "experts", qu'il qualifie d'« abomination de désolation ». Il rappelle que la Bible encourage une alimentation variée et équilibrée, citant 1 Timothée 4:3-4 pour étayer son propos[32].
La résurrection de Jésus
Joseph Rutherford consacre un long article à la résurrection de Jésus, présenté comme une preuve de la puissance de Dieu et de la défaite de Satan. Il explique que Jésus, en tant qu'homme parfait, devait mourir pour fournir le prix de la rançon, mais que sa résurrection était essentielle pour qu'il puisse devenir le Roi du Royaume de Dieu[33].
La publication souligne que Satan a tenté d'empêcher la résurrection de Jésus en influençant les chefs religieux juifs pour qu'ils scellent son tombeau et postent une garde. Après la résurrection, Satan aurait orchestré une campagne de désinformation pour nier ce miracle, en corrompant les gardes pour qu'ils prétendent que le corps de Jésus avait été volé par ses disciples[34].
Rutherford présente les témoignages des Évangiles comme des preuves irréfutables de la résurrection. Il insiste sur le fait que Jésus est ressuscité en tant qu'être spirituel, et non en tant qu'homme, citant 1 Corinthiens 15:50 pour appuyer cette doctrine. Il conclut en affirmant que la résurrection de Jésus est un événement central pour la foi des étudiants de la Bible, et qu'elle annonce la victoire finale de Dieu sur Satan lors d'Armageddon[35].
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- (La section se poursuit avec les pages restantes dans la tranche suivante.)*
Analyse
Croyances
La doctrine de la résurrection de Jésus, telle qu'elle est exposée par Rutherford dans ce numéro, constitue un développement caractéristique de la théologie rutherfordienne : Jésus est ressuscité non pas en tant qu'homme, mais en tant qu'être spirituel, conformément à 1 Corinthiens 15:50, verset qui justifie l'absence de toute résurrection charnelle.[36] Cette position est cohérente avec la doctrine de la rançon telle que l'organisation l'enseigne depuis Russell : si Jésus était mort en tant qu'homme parfait pour fournir le « prix de rançon » correspondant exactement à ce qu'Adam avait perdu, une résurrection corporelle aurait constitué une reprise de ce prix, annulant la transaction sotériologique.[37] La résurrection spirituelle de Jésus n'est donc pas ici une position isolée, mais le prolongement logique de la doctrine de la rançon héritée de Russell et maintenue par Rutherford.
La rubrique « Où sont les morts ? » illustre une stratégie argumentative récurrente dans les publications de cette période : mobiliser des faits divers médicaux — réanimations, arrêts cardiaques temporaires sans souvenir rapporté par le patient — pour étayer la doctrine de l'inconscience des morts.[38] Le cas de George H. Austin, employé d'Eastman Kodak réanimé par injection d'adrénaline, et celui de Juda Campbell, dont le cœur avait cessé de battre treize minutes sans qu'elle conserve aucun souvenir, sont présentés non comme des curiosités médicales mais comme des preuves empiriques venant confirmer une conclusion scripturaire déjà arrêtée. Cette méthode — utiliser l'anecdote médicale comme démonstration doctrinale — est caractéristique de la ligne éditoriale du périodique, qui cherche depuis sa fondation en 1919 à ancrer les enseignements de l'organisation dans des réalités vérifiables par le lecteur ordinaire.[39]
Le traitement de la vaccination dans ce numéro s'inscrit dans une campagne éditoriale plus large du périodique contre la médecine conventionnelle. Dès le numéro du 12 octobre 1921, *The Golden Age* avait qualifié la vaccination de pratique « barbare ».[40] En 1930, l'article sur la vaccination s'appuie sur des statistiques comparatives entre pays à vaccination obligatoire et pays à faible taux de vaccination pour en déduire l'inefficacité, voire la dangerosité, de cette pratique.[41] Ce raisonnement statistique de surface, associé à la dénonciation des conflits d'intérêts médicaux, constitue un argument d'autorité négatif : il ne s'agit pas de défendre une doctrine scripturaire précise, mais de disqualifier l'autorité médicale en tant que telle, dans le cadre d'une méfiance globale envers les institutions du monde présent gouverné par Satan.
La même logique de disqualification des institutions s'applique à l'aluminium. Les articles relatant des empoisonnements collectifs à Sacramento et à The Dalles (Oregon) ne s'appuient sur aucun fondement scripturaire explicite, mais servent à accréditer l'idée que les autorités sanitaires dissimulent des vérités dangereuses pour des raisons d'intérêt.[42] Selon JWFacts.com, le *Golden Age* décrivait l'utilisation de l'aluminium comme une cause de cancer et de folie,[43] ce qui confère à ces faits divers un rôle doctrinal indirect : ils accréditent une thèse présentée ailleurs dans le périodique avec un vernis de démonstration empirique.
La dimension eschatologique est présente dans plusieurs articles de ce numéro sans être exposée sous forme de doctrine formelle. L'article sur *The Road to Plenty* conclut que les réformes économiques proposées par Foster et Catchings, si elles peuvent temporairement atténuer les crises, demeurent sans efficacité définitive tant que Satan et son système mondial n'auront pas été détruits lors d'Armageddon.[44] Cette grille de lecture est systématique : toute analyse sociale ou économique converge vers le même diagnostic théologique. De même, la critique des églises dans l'article sur la criminalité juvénile aboutit à une conclusion eschatologique — le privilège de proclamer le Royaume sera « bientôt retiré » aux Églises « pesées dans la balance et trouvées insuffisantes ».[45] Cette formulation reprend le vocabulaire de Daniel 5:27 pour signifier que les institutions religieuses existantes ont perdu toute légitimité divine, une position centrale dans la théologie rutherfordienne des années 1930.
Organisation et histoire
Le numéro du 2 avril 1930 de *L'Âge d'Or* est publié à une date précise où la question des souffrances humaines occupe une place centrale dans le discours de l'organisation. Ce numéro annonce une conférence radiodiffusée de Joseph Rutherford, présentée sous son titre officiel de président de l'*International Bible Students Association*, prévue pour le 27 avril 1930 à Oakland.[46] Cette désignation — *International Bible Students Association* — est celle que l'organisation emploie officiellement pour ses activités publiques à cette date, avant tout changement de nom qui interviendra ultérieurement ; le numéro n'emploie jamais l'expression « Témoins de Jéhovah ».[47]
La diffusion radiophonique sur deux réseaux distincts, l'un couvrant l'Est et le Centre des États-Unis, l'autre la côte Pacifique et les Rocheuses, avec une liste nommée de stations comme WBBR et WMCA à New York ou WCF à Chicago,[48] traduit un investissement organisationnel massif dans la radio comme outil de propagation du message, caractéristique de la stratégie de Rutherford depuis le milieu des années 1920. La station WBBR, propriété de la Watch Tower, est explicitement citée parmi les diffuseurs du réseau Est, ce qui illustre le contrôle direct exercé par l'organisation sur une partie de ses canaux de diffusion.[49]
L'article signé de Joseph Rutherford sur la résurrection de Jésus,[50] publié dans ce même numéro, reflète l'effort doctrinal soutenu que Rutherford mène alors au sein de l'organisation des Étudiants de la Bible pour affirmer l'autorité théologique de la direction de Brooklyn. Sa présence dans les colonnes du périodique comme auteur identifié par son nom est conforme à la pratique éditoriale de la revue sous sa présidence, qui fait de lui le principal exposant public des positions doctrinales du mouvement. La thèse centrale de cet article — Jésus ressuscité en être spirituel et non charnel — s'appuie sur 1 Corinthiens 15:50 et s'inscrit dans le corpus des doctrines que Rutherford a progressivement formalisées depuis sa prise de présidence en 1917.[51]
Le numéro du 2 avril 1930 paraît également au moment où la villa de Beth-Sarim, construite fin 1929 à San Diego par Robert J. Martin à la demande de Rutherford et officiellement consacrée à l'accueil des princes ressuscités de l'Ancien Testament, vient d'être présentée publiquement aux lecteurs du périodique. L'acte notarié constitutif de Beth-Sarim avait en effet été reproduit dans *L'Âge d'Or* du 19 mars 1930,[52] soit deux semaines avant la parution du présent numéro. Ce contexte immédiat confère une résonance particulière à l'article de Rutherford sur la résurrection, publié dans ce numéro du 2 avril : la démonstration théologique de la résurrection en tant qu'être spirituel plutôt que charnel est cohérente avec la doctrine officielle, tout en coexistant, dans le même périodique et à la même époque, avec la mise en scène publique de Beth-Sarim, destinée à accueillir des personnages de l'Ancien Testament ressuscités en corps visibles et gouvernant la terre.[53]
Illustrations du numéro
Références
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 419.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 420.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 421.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 421.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 423.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 423.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 423.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 423.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 423.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 425.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 427.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 428.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 427.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 430.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 430.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 431.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 431.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 432.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 432.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 432.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 434.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 434.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 435-436.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 437.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 437.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 437.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 438.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 438.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 439.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 439.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 441.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 441-442.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 443.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 443.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 441.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 432.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 432.
- ↑ JWFacts.com — Vaccination Quotes, consulté en 2024.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 428.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 437-438.
- ↑ JWFacts.com — Medical Advice, consulté en 2024.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 421.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 431.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 422.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 441.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 443.
- ↑ Beth-Sarim.
- ↑ L'Âge d'Or du 2 Avril 1930, p. 441-443 ; Beth-Sarim.