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La Tour de Garde du 15 avril 1940

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde du 15 avril 1940
Revue La Tour de Garde
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par une lecture prophétique du livre de Sophonie, dont les versets sont interprétés comme annonçant la destruction imminente de la « chrétienté » lors d'Harmaguédon. La publication y développe longuement l'idée que les dirigeants religieux — en particulier la hiérarchie catholique romaine — et les dirigeants politiques constituent les instruments visibles de Satan, voués à être balayés lors d'un grand « sacrifice » divin décrit en termes délibérément sanglants.

Le numéro se distingue par la virulence de ses attaques contre l'Église catholique, qualifiée de « racket » exploitant la crédulité des fidèles à travers la doctrine du purgatoire, et par la mobilisation d'un vaste arsenal de textes prophétiques — Sophonie, Ésaïe, Ézéchiel, Jérémie, l'Apocalypse — pour justifier cette condamnation. Ces développements théologiques s'inscrivent dans une campagne active de prosélytisme annoncée dans le même numéro, baptisée « Siège de la bataille », centrée sur la distribution d'abonnements à La Tour de Garde.

Analyse

Croyances

L'interprétation de la prophétie de Sophonie qui structure l'article « Instruction (2ᵉ partie) » s'inscrit dans une lecture typologique caractéristique de la théologie rutherfordienne : chaque élément du texte vétérotestamentaire est systématiquement appliqué à la situation contemporaine, Jérusalem devenant l'antitype de la « chrétienté », et la destruction babylonienne de la ville une préfiguration de la destruction d'Armageddon.[1] La méthode exégétique n'est pas nouvelle dans la tradition des étudiants de la Bible : elle remonte à Charles Taze Russell, qui lisait déjà les prophètes hébreux comme des annonces de l'ère présente. Cependant, sous Rutherford, cette méthode est renforcée par une doctrine de la vindication du nom de Jéhovah érigée en principe premier, au point que James Penton note que depuis la fin des années 1920, la vindication divine est présentée comme plus centrale que la grâce divine envers l'humanité.[2]

Le verset Sophonie 1:7 — « Sois silencieux devant le Seigneur Jéhovah » — est interprété dans ce numéro non pas comme une invitation à la contemplation spirituelle individuelle, mais comme une injonction eschatologique adressée aux nations et à leurs dirigeants religieux : cesser toute propagande en faveur du règne de Satan et reconnaître la souveraineté divine imminente.[3] Cette lecture — qui fait du silence un acte de capitulation politique plutôt qu'un acte de dévotion — est cohérente avec l'ensemble de la théologie rutherfordienne du jugement, où le « jour de Jéhovah » n'est pas un événement futur lointain mais une réalité déjà amorcée, dont Armageddon constitue le dénouement militaire immédiat. Les parallèles textuels convoqués — Habacuc 2:20 et Zacharie 2:13 — montrent que la publication mobilise une topique prophétique cohérente, où le silence eschatologique des nations face à Dieu est un motif récurrent de la littérature prophétique hébraïque, réinterprété ici comme un ultimatum divin contemporain.[4]

Le jalon chronologique de 1918 comme date de l'inspection du temple par Christ Jésus constitue un pivot doctrinal structurant dans ce numéro, affirmé explicitement dans la section « Instruction ».[5] Ce jalon s'articule à une chronologie eschatologique plus large fixée par la Watch Tower à partir de la date de 607 av. J.-C. pour la destruction de Jérusalem — date rejetée par le consensus académique au profit de 587 av. J.-C. — qui permet de calculer 1914 comme fin des « temps des Gentils » et début du règne royal de Christ.[6] La date de 1922, mentionnée dans ce numéro comme le début de la proclamation de la lumière divine par les serviteurs fidèles de Jéhovah, correspond à la convention de Cedar Point (Ohio) lors de laquelle Rutherford formula le mot d'ordre « Publicisez, publicisez, publicisez le Roi et son Royaume », jalonnant la chronologie doctrinal comme le début d'un nouveau cycle de proclamation.[7] Ces trois dates — 1914, 1918, 1922 — forment dans ce numéro un système cohérent justifiant l'urgence de la prédication en 1940 comme activité répondant à un calendrier prophétique précis.

La doctrine de la théocratie divine comme seule autorité légitime, opposée à l'organisation de Satan, fonde l'ensemble des développements de ce numéro. Depuis 1925, la Watch Tower enseigne qu'il n'existe que deux organisations cosmiques — celle de Jéhovah et celle de Satan — et que toutes les institutions humaines, politiques, religieuses et commerciales relèvent de la seconde.[8] Dans ce numéro, cette bipartition radicale structure l'interprétation de Sophonie : les « sauteurs de seuil », les religionistes « installés sur leurs lies », les « princes » catholiques et les dirigeants totalitaires sont tous des rameaux de l'organisation satanique, condamnés sans distinction à la destruction d'Armageddon.[9]

La figure du Christ comme Grand Prêtre et Roi exécuteur du jugement divin, développée dans la sous-section consacrée au « grand sacrifice », est directement ancrée dans la trilogie Vindication publiée par Rutherford en 1931-1932, qui avait développé la prophétie d'Ézéchiel comme cadre central de la vindication divine.[10] Ce numéro de 1940 mobilise les mêmes textes — Ézéchiel 39:2-4 et Apocalypse 19:17-21 — pour décrire la destruction des démons et de leurs représentants terrestres lors d'Armageddon, en insistant sur le fait que ce « sacrifice » est un acte de justice sainte, accompli exclusivement par l'autorité divine et ses délégués, non par une initiative humaine.[11]

L'identification typologique de la « chrétienté » avec Babylone, Jérusalem infidèle, Sodome et Samarie, qui traverse tout ce numéro, repose sur une méthode exégétique en vigueur depuis le livre Enemies publié par Rutherford en 1937, qui identifiait la « fausse religion » organisée comme l'adversaire principal du peuple de Dieu.[12] Dans ce numéro, la pluralité des identifications typologiques — Sodome pour les péchés sociaux, Samarie pour le catholicisme, Jérusalem pour le protestantisme — manifeste une sophistication exégétique : la culpabilité n'est pas uniforme, elle est graduée selon la lumière reçue, conformément au principe tiré de Matthieu 11:23-24.[13] Le protestantisme anglo-américain est ainsi présenté comme plus coupable que le catholicisme, car bénéficiaire d'une plus grande lumière scripturaire — un classement théologique qui reflète aussi, implicitement, la rivalité historique entre ces deux branches chrétiennes dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale déjà amorcée en Europe.[14]

La doctrine de l'alliance éternelle noachique comme fondement de la sacralité de la vie humaine, développée dans l'article « Quelle sacralité pour la vie humaine ? », constitue l'un des développements doctrinaux les plus structurés de ce numéro. La publication articule Genèse 9:5-6, Exode 20:13 et Ésaïe 24:5 pour démontrer que toute guerre bénie par une institution religieuse constitue une violation de cette alliance cosmique, liant ainsi une doctrine de droit naturel biblique à une condamnation théologique de la guerre en général et du soutien catholique à Franco en particulier.[15] Le fait que ce développement soit déclenché par le télégramme du pape Pie XII à Franco du 1ᵉʳ avril 1939 situe précisément l'argument dans l'actualité de la guerre d'Espagne, dont les séquelles immédiates restaient un sujet vif au printemps 1940, et illustre la méthode rutherfordienne qui part systématiquement d'un fait d'actualité pour en tirer une démonstration prophétique.[16]

La doctrine des « villes de refuge » comme type de l'organisation théocratique offrant le salut à ceux qui fuient Babylone introduit dans ce numéro une nuance sotériologique notable : tous les membres des systèmes condamnés ne sont pas nécessairement perdus. La publication distingue explicitement ceux qui ont servi l'organisation de Satan « sans malice et sans connaissance de la loi divine » — comme les soldats de la Première Guerre mondiale — et ceux qui y ont activement participé avec une pleine conscience de leur opposition à Jéhovah.[17] Cette nuance, fondée sur Ézéchiel 9:5-6, s'articule à la doctrine de la « grande multitude » de personnes de bonne volonté qui peuvent encore être sauvées en fuyant Babylone — doctrine qui confère à la prédication intensive de 1940 une urgence supplémentaire : le temps du refuge est limité par l'imminence d'Armageddon.[18]

L'interprétation de Malcham (Sophonie 1:5) comme idole représentant le pouvoir politique auquel les dirigeants religieux prêtent allégeance condamne explicitement la formule « Dieu et la patrie » des responsables catholiques américains comme un compromis idolâtre entre religion et État.[19] Cette exégèse prolonge une position doctrinale Watch Tower fermement établie depuis le début des années 1930, qui réservait à Jéhovah seul l'allégeance totale du croyant et rejetait tout mélange entre dévotion religieuse et nationalisme, thème central justifiant notamment le refus du Salut au drapeau par les Témoins de Jéhovah devant les tribunaux américains de la période.[20]

La métaphore du « vin sur ses lies » tirée de Sophonie 1:12 et appliquée à l'immobilisme doctrinal et moral de la hiérarchie catholique fonctionne dans ce numéro comme une image exégétique condensant plusieurs reproches doctrinaux simultanément : l'attachement à des credos immuables, le refus de la vérité biblique et la corruption spirituelle figée.[21] Le parallèle avec Jérémie 48:11, qui décrit Moab comme un vin jamais transvasé, indique que cette image n'est pas une invention rutherfordienne mais une topique prophétique hébraïque délibérément réactivée pour caractériser l'inertie institutionnelle catholique — une continuité scripturaire qui confère à la critique doctrinale l'autorité rhétorique du texte biblique lui-même.[22]

Organisation et histoire

La convention générale annoncée dans ce numéro pour Columbus (Ohio), du 24 au 28 juillet 1940, constitue le seul fait organisationnel explicitement structuré dans le numéro autour de la présence personnelle du président de la Société Watch Tower.[23] Columbus occupe une place symbolique de premier rang dans la mémoire institutionnelle du mouvement : c'est dans cette même ville que, le 26 juillet 1931, Rutherford avait proposé l'adoption du nom « Témoins de Jéhovah », résolution adoptée à l'unanimité et fondée sur Ésaïe 43:10.[24] C'est également à Columbus, en 1937, que Rutherford avait prononcé son discours « Sécurité »,[note 1] retransmis sur 135 stations de radio, annonçant le retrait des émissions radio commerciales.[25] Le choix répété de Columbus comme lieu de rassemblement général n'est donc pas anodin : la ville fonctionne, dans la communication interne du mouvement, comme un espace de légitimation institutionnelle récurrente.

La convention de juillet 1940 est annoncée dans un contexte de pression organisationnelle exceptionnelle. Le 4 juillet 1940, soit moins de trois mois après la parution de ce numéro, le gouvernement canadien interdit l'organisation au titre de la War Measures Act, la déclarant association subversive — interdiction qui durera jusqu'au 14 octobre 1943 et entraînera l'arrestation de centaines de membres, dont un grand nombre au Québec.[26] Le 3 juin 1940, la Cour suprême des États-Unis avait par ailleurs statué dans l'affaire Minersville School District v. Gobitis que le salut obligatoire au drapeau dans les écoles publiques n'était pas inconstitutionnel, déclenchant une vague de violences contre les Témoins de Jéhovah à travers les États-Unis.[27] La rhétorique du numéro, qui présente la persécution comme confirmation de la vérité et l'imminence d'Armageddon comme certitude, s'articule directement sur ce contexte de crise institutionnelle aiguë.

La rubrique des expériences de terrain reproduite dans ce numéro fonctionne simultanément comme outil d'édification et comme révélateur de la structure missionnaire de l'organisation en 1940. Les témoignages provenant de Saint-Kitts (Antilles britanniques) et de Vancouver (Colombie-Britannique) attestent de l'extension géographique du réseau de proclamateurs bien au-delà des États-Unis, dans des territoires où l'activité de prédication repose sur des pionnières isolées utilisant un phonographe portable comme substitut au discours oral.[28] Cette méthode, introduite à grande échelle à partir de 1934 sous l'impulsion de Rutherford, permettait de diffuser des conférences enregistrées de porte en porte sans exposer le proclamateur à des questions auxquelles il aurait pu ne pas savoir répondre, tout en standardisant le message à l'échelle mondiale.[29] Les témoignages mentionnent explicitement des conférences enregistrées telles que Victory et Government and Peace, ainsi que des brochures d'étude standardisées comme le Model Study No. 2, outils conçus centralement par le bureau de Brooklyn et distribués à l'ensemble des proclamateurs, qu'ils soient pionniers ou simplement membres de congrégation.[30]

La hiérarchie entre pionniers et proclamateurs ordinaires transparaît dans ces récits : la pionnière de Saint-Kitts comptabilise ses heures mensuelles, organise des réunions publiques avec un programme structuré et envisage des études bibliques dans un asile de lépreux, témoignant d'une activité missionnaire autonome mais encadrée par des objectifs quantifiés transmis par le bureau central.[31] Les proclamateurs ordinaires, quant à eux, sont décrits comme dépendant de l'organisation locale de congrégation pour la distribution de territoire et la fourniture de matériel, et sont invités à contacter le bureau central s'ils ne connaissent pas de congrégation dans leur localité.[32] Cette double structure — pionniers autonomes et proclamateurs encadrés — reflète l'organisation missionnaire que Rutherford avait progressivement mise en place au cours des années 1930, en substituant à la logique des « assemblées locales » indépendantes un réseau centralisé de proclamateurs hiérarchisés rendant compte à Brooklyn.

Les deux repères chronologiques institutionnels que le numéro intègre dans son exégèse de Sophonie — 1918 comme date à laquelle Christ Jésus commence à inspecter la « christianité »,[33] et 1922 comme date à partir de laquelle les serviteurs fidèles proclament publiquement la lumière divine[34] — ne sont pas de simples jalons eschatologiques : ils structurent l'auto-compréhension historique du mouvement en distinguant une phase d'inspection interne (1918-1922) d'une phase de proclamation externe (depuis 1922). Cette bipartition, établie par Rutherford à partir de la convention de Cedar Point (Ohio) de septembre 1922, lors de laquelle le mot d'ordre « Annoncez le Roi et le Royaume » fut lancé, est devenue un cadre canonique d'interprétation de l'activité missionnaire : chaque campagne de témoignage ultérieure, y compris la campagne « Siège de la bataille » annoncée dans ce numéro pour le mois d'avril, s'inscrit dans la continuité de cette proclamation publique inaugurée en 1922.[35]

  1. En anglais : Security. Discours prononcé le dimanche 18 septembre 1937, retransmis simultanément sur 135 stations de radio, et lors duquel fut annoncé le retrait des contrats commerciaux radiophoniques après le 31 octobre 1937.

Contenu

Instruction (2ᵉ partie)

Cette section poursuit l'analyse de la prophétie de Sophonie, en se concentrant sur les versets 5 à 13 du premier chapitre. La publication affirme que Jéhovah avertit de son intention d'éliminer tous les éléments de l'organisation de Satan, en particulier ceux qui y restent attachés après avoir été prévenus[36]. Elle met en garde contre les dirigeants religieux et leurs fidèles qui tentent de mélanger les choses de Dieu avec celles du Diable, soulignant qu'ils ne trouveront aucune échappatoire à la colère divine. Seuls ceux qui se consacrent entièrement à Jéhovah et restent fidèles seront épargnés lors d'Harmaguédon[37].

La publication dénonce également les pratiques religieuses contemporaines, notamment l'adoration des "grandes lumières" ecclésiastiques, qui reçoivent des louanges et un culte réservés à Dieu seul. Elle critique les hommes qui, au lieu d'adorer Jéhovah, se livrent à l'adoration de créatures, une pratique qualifiée d'abomination[38]. Les dirigeants politiques et religieux qui s'engagent dans ce type de démonisme sont également visés, leur temps étant compté en raison de l'approche du jour du jugement final.

Un passage spécifique est consacré à la condamnation de ceux qui prétendent servir Jéhovah tout en jurant allégeance à Malcham, une idole représentant le pouvoir politique. La publication cite l'exemple des dirigeants catholiques américains qui proclament leur loyauté envers "Dieu et la patrie", une tentative de compromis entre la religion et l'État. Elle souligne que ces pratiques détournent les gens de Jéhovah et les incitent à servir des créatures plutôt que le Créateur[39].

La section aborde également la classe des "renégats", ceux qui ont prétendu servir Dieu mais qui se sont ensuite retirés de son service. Ces individus, qualifiés de "méchants serviteurs" ou de "serviteurs du mal", font partie de l'"homme de péché" et s'opposent à Dieu, à son gouvernement et à son Roi. En revanche, les fidèles qui restent dévoués à Jéhovah malgré les persécutions sont désignés comme les "saints", purifiés par leur alliance avec le sacrifice de Christ[40].

Enfin, la publication rappelle que depuis 1918, Christ Jésus a commencé à inspecter la "christianité", un groupe religieux qui prétend servir Dieu mais qui ne le fait pas en vérité. Jéhovah déclare par son prophète que ces personnes seront retranchées, car elles n'ont pas cherché le Seigneur ni ne se sont enquises de Lui[41].

« La valeur sacrée de la vie humaine ? »

Cet article, dont le titre complet est « « La valeur sacrée de la vie humaine ? » », n'est pas développé dans les pages fournies pour cette tranche. Il sera traité dans les sections suivantes.

« La "christianité" est-elle pire que Sodome ? »

Cet article, dont le titre complet est « « La "christianité" est-elle pire que Sodome ? » », n'est pas développé dans les pages fournies pour cette tranche. Il sera traité dans les sections suivantes.

Expériences des fidèles

Cette rubrique, intitulée « Expériences des fidèles », n'est pas développée dans les pages fournies pour cette tranche. Elle sera traitée dans les sections suivantes.

Convention théocratique des Témoins de Jéhovah

La publication annonce une convention générale des Témoins de Jéhovah pour l'année 1940, indiquant que les directives divines invitent tous les amateurs du gouvernement théocratique de Jéhovah à s'y rassembler. Columbus, dans l'Ohio, est choisie comme ville clé pour une convention de cinq jours, du 24 au 28 juillet inclus. Cette annonce précoce vise à permettre aux Témoins de Jéhovah et à toutes les personnes de bonne volonté de organiser leur participation. Le président de la Société Watch Tower sera présent en personne à l'assemblée clé de Columbus. Des détails supplémentaires seront publiés ultérieurement[42].

Période de témoignage « Siège de la bataille »

La publication lance une campagne mondiale de témoignage intitulée « Siège de la bataille », qui débute le 13 avril et se poursuit tout au long du mois. Cette campagne vise à intensifier l'effort de prosélytisme en augmentant les abonnements à La Tour de Garde. Une offre spéciale est proposée : un abonnement d'un an à la revue, accompagné d'un livre relié et d'une brochure à couverture souple, pour une contribution d'un dollar (1,50 dollar pour les pays étrangers). Cette période de témoignage, qui marque le début d'une campagne de trois mois centrée sur La Tour de Garde, a été lancée le 23 mars, date de la célébration du Mémorial. La publication encourage les lecteurs à s'organiser pour participer, que ce soit en termes de territoire, d'équipement, de temps, de fournitures ou de copies destinées aux distributeurs. Ceux qui ne connaissent pas de compagnie organisée de proclamateurs dans leur localité sont invités à contacter le bureau central pour être mis en relation[43].

Études de « La Tour de Garde »

La publication propose un programme d'études pour les semaines à venir, centré sur la rubrique « Instruction » (2ᵉ partie). Pour la semaine du 19 mai, les paragraphes 1 à 25 de La Tour de Garde du 15 avril 1940 sont à l'étude. La semaine suivante, du 26 mai, les paragraphes 26 à 47 du même numéro sont prévus[44].

L'opposition des dirigeants religieux et politiques

La publication affirme que Jéhovah envoie ses messagers pour avertir les dirigeants de la « chrétienté », mais que ces derniers, bien que se réclamant du christianisme, soutiennent activement Satan et son organisation. Leur fierté et leur arrogance les poussent à privilégier l'approbation des États totalitaires plutôt que celle de Dieu et de son Roi, Christ Jésus. Ces religionistes, décrits comme des ennemis volontaires de la théocratie, sont qualifiés de « méchants » par le psalmiste : Psaume 10:2-4. La publication souligne que ces dirigeants, en s'opposant à la gouvernance divine, se placent sous le jugement de Jéhovah, qui les considère comme des instruments de Satan[45].

La rubrique insiste sur le fait que les nations « s'agitent » contre la théocratie, tandis que les peuples qui les soutiennent « imaginent une vaine chose » (Psaume 2:1-2). Les dirigeants politiques et religieux, en proclamant leur capacité à rendre la terre habitable, se dressent contre Dieu. La publication interprète cette attitude comme une preuve de leur aveuglement spirituel, les peuples étant dupés par des discours creux et des promesses illusoires. Jéhovah, par l'intermédiaire de ses témoins, exhorte ces dirigeants à cesser leurs proclamations orgueilleuses et à écouter son message, sous peine de subir sa colère lors d'Armageddon[46].

Le commandement de se taire

La publication cite le prophète Sophonie pour illustrer le commandement divin adressé aux nations (Sophonie 1:7). Ce silence est interprété comme une injonction à cesser toute propagande en faveur du règne de Satan et à écouter la parole de Jéhovah. La publication explique que ce jour est celui du jugement divin, où Jéhovah, par l'intermédiaire de Christ Jésus, siège en jugement. Les témoins de Jéhovah sont présentés comme les messagers chargés de transmettre cet avertissement, invitant les peuples à se taire et à reconnaître la souveraineté de Dieu[47].

La référence à Habacuc 2:20 et Zacharie 2:13 renforce cette interprétation. La publication souligne que ce commandement s'applique particulièrement à la « chrétienté », décrite comme une antitype de Jérusalem, dont la destruction est annoncée comme imminente. Le parallèle est établi avec la destruction de Jérusalem par les Babyloniens, qui préfigure celle de la « chrétienté » lors d'Armageddon. La publication précise que Sophonie commença à prophétiser avant que le roi Josias ne cherche à purger le pays de l'idolâtrie, et que depuis lors il ne s'écoula qu'une quarantaine d'années avant la destruction de Jérusalem — un schéma typologique appliqué aux événements contemporains[48].

Le sacrifice préparé par Jéhovah

La publication décrit le « sacrifice » préparé par Jéhovah comme un grand massacre, une effusion de sang qui surviendra lors de la bataille d'Armageddon. Ce sacrifice est présenté comme une œuvre sainte, exclusivement dédiée à la justice divine. Jéhovah invite ses « invités » – ceux qui sont consacrés à son service – à participer à cette œuvre de vindication de son nom. Ces invités, décrits comme ayant les « mains pures », doivent soutenir pleinement son Roi, Christ Jésus, et se réjouir de son triomphe lors de l'exécution du jugement divin[49].

La publication cite Ésaïe 34:4-6 pour illustrer l'ampleur de ce sacrifice, un passage interprété comme une prophétie dirigée contre les religionistes, particulièrement ceux qui se perchent « dans les rochers élevés », une métaphore des institutions religieuses orgueilleuses. Elle cite également Ézéchiel 39:2-4 et Apocalypse 19:17-21 pour décrire le sort réservé aux démons et à leurs représentants terrestres lors de ce grand sacrifice. La publication souligne que ce sacrifice est une réponse divine à la diffamation du nom de Jéhovah par les démons et leurs représentants terrestres, notamment la hiérarchie catholique romaine, qualifiée de « prince » parmi les religionistes. C'est le Grand Prêtre Christ Jésus qui accomplit ce travail de mise à mort, en exécution du commandement de Jéhovah et en vindication de son saint nom[50].

La punition des princes religieux

La publication annonce que la punition divine frappera en premier lieu les dirigeants religieux, décrits comme les « princes » de la « chrétienté ». Elle cite Jérémie 46:2-10, interprété comme une prophétie contre les systèmes religieux corrompus, en particulier la hiérarchie catholique romaine, associée à l'Égypte antique. La publication souligne que cette punition surviendra lors du « jour de la vengeance de l'Éternel », une référence à Armageddon[51].

La publication décrit ces « princes » comme des loups rapaces, dévorant les biens des autres, versant le sang innocent (en référence explicite aux actions de Franco en Espagne) et détruisant les âmes pour un gain malhonnête, citant Ézéchiel 22:27 pour illustrer leur cupidité et leur violence. La hiérarchie catholique est présentée comme un « racket », exploitant la crédulité des fidèles en leur extorquant de l'argent sous prétexte de prières pour les âmes du « purgatoire ». La publication cite le cardinal Gibbons lui-même pour souligner que la doctrine du purgatoire repose uniquement sur la tradition des « pères » de l'Église catholique romaine, et conclut que cette pratique constitue une tromperie inspirée par le Diable, destinée à soutirer de l'argent aux croyants (Ésaïe 1:23-24). La publication exhorte les personnes honnêtes à se détourner de ces « racketteurs » et à chercher l'instruction divine[52].

Les « fils du roi » et les vêtements étrangers

La publication explique que la prophétie de Sophonie 1:8 s'applique aux dirigeants religieux qui se réclament d'être les « fils de Dieu », mais que Jésus identifie comme les « fils du Diable » (Jean 8:44). Ces « princes » religieux, en particulier ceux de la hiérarchie catholique, exercent une domination spirituelle sur la « chrétienté » et enseignent des doctrines mensongères, comme celle du « purgatoire ». Ils prétendent pouvoir intercéder pour les âmes des défunts en échange de dons financiers, une pratique qualifiée de frauduleuse et inspirée par Satan[53].

La publication souligne que ces dirigeants portent des « vêtements étrangers », symbolisant leur allégeance à Satan plutôt qu'à Dieu. Elle cite les vêtements sacerdotaux de la hiérarchie catholique comme exemple de ces « habits étranges », qui les distinguent des autres hommes et leur donnent une apparence de sainteté supérieure. La publication annonce que ces dirigeants, ainsi que ceux qui les soutiennent, seront punis lors d'Armageddon, conformément à la prophétie de Sophonie[54].

Les « sauteurs de seuil » et la violence démoniaque

La publication interprète Sophonie 1:9 comme une référence aux adorateurs de démons, qui, après avoir contribué à la destruction des religions, défient ouvertement Jéhovah. Elle établit un parallèle avec le récit de 1 Samuel 5:4-5, où les Philistins, après avoir vaincu les Israélites, découvrent que la statue de leur dieu Dagon est brisée. Les prêtres de Dagon, au lieu de marcher sur le seuil de son temple, le sautent, un geste interprété comme un symbole de rébellion contre Jéhovah[55].

Ces « sauteurs de seuil » sont décrits comme des individus qui, après avoir utilisé la religion pour des gains politiques, économiques ou sociaux, rejettent toute allégeance à Dieu et remplissent la « maison du Diable » de violence et de tromperie. La publication souligne qu'il n'existe que deux maîtres possibles : Jéhovah ou Satan. Ceux qui choisissent Satan seront punis lors d'Armageddon, conformément à la prophétie. La publication conclut en annonçant que ce jour de jugement verra la fin de toute forme de religion, y compris celles qui se réclament du christianisme, et que Sophonie 1:10 annonce le bruit et le fracas qui accompagneront l'exécution de la vengeance divine[56].

La recherche des ennemis de Dieu

La publication interprète le « bruit d'un cri depuis la porte des poissons » (Sophonie 1:10) comme une référence aux marchands de Tyr, qui vendaient du poisson à Jérusalem (Néhémie 13:16). Ce cri n'est pas celui des vendeurs, mais un hurlement de désespoir face à la destruction de leur commerce, symbolisant la fin des activités religieuses lucratives. La publication souligne que les agents de Satan, par le biais de la religion, ont « pêché » des hommes comme des poissons, les attirant dans des filets par la peur. À Armageddon, cette pêche cessera définitivement, et les pêcheurs religieux pousseront des cris de désespoir en voyant leur « racket » anéanti. La hiérarchie catholique romaine, en particulier, est visée par cette prophétie, son influence commerciale étant décrite comme une tromperie inspirée par le Diable[57].

La publication mentionne également une autre classe de religionistes, ceux qui « hurlent depuis le second quartier » (Sophonie 1:11). Ce « second quartier » représente les principaux membres du troupeau de l'organisation catholique, ceux qui utilisent la religion à des fins politiques et commerciales. Leur hurlement est interprété comme une réaction à la fin de leur domination, leur commerce religieux étant réduit à néant. La publication cite Jérémie 25:34-36 pour illustrer leur désespoir, soulignant que leur richesse et leur pouvoir ne leur offriront aucune protection lors du jugement divin[58].

La destruction des collines et des hauteurs

Les « collines » sont présentées comme la partie la plus élevée des montagnes de l'organisation de Satan, symbolisant les dirigeants politiques, militaires et commerciaux qui occupent des positions de pouvoir. Lors d'Armageddon, ces dirigeants, habituellement arrogants et hautains, seront plongés dans un tel désarroi qu'ils supplieront les collines de les protéger ou de les ensevelir (Osée 10:8). La publication cite Proverbes 18:12 pour rappeler que l'orgueil précède la destruction, et que ceux qui se sont appuyés sur la religion, la richesse ou leur position sociale seront humiliés. Elle souligne que les collines, représentant les institutions de Satan, seront détruites lors de la bataille d'Armageddon, et que les richesses accumulées par ces dirigeants seront transférées aux justes (Proverbes 13:22)[59].

La publication décrit également les « hommes installés sur leurs lies » (Sophonie 1:12), une métaphore des religionistes qui, comme le vin laissé trop longtemps sur ses lies, ont développé un goût perverti et une arrogance immuable. Ces dirigeants religieux, en particulier ceux de la hiérarchie catholique, sont décrits comme figés dans des credos et des cérémonies immuables, refusant toute remise en question. La publication annonce que Jéhovah les « visitera » pour les secouer, les forçant à reconnaître leur impureté et leur corruption. Leur condition est comparée à celle du vin qui n'a jamais été transvasé, conservant un goût amer et une odeur inchangée (Jérémie 48:11)[60].

La lumière de Jéhovah et l'exposition des ennemis

La publication affirme que Jéhovah, en accomplissant son « œuvre étrange », utilise sa Parole comme une lampe pour guider ses serviteurs et exposer les ennemis de la théocratie. Cette lumière divine révèle la nature frauduleuse de la religion pratiquée par la hiérarchie catholique, cachée derrière des mensonges et des doctrines trompeuses. La publication cite Ésaïe 28:15-18 pour illustrer comment ces religionistes se sont réfugiés dans des mensonges, mais que ce refuge sera balayé par la vérité. Elle souligne que la lumière de Jéhovah force les ennemis de la théocratie à sortir de l'ombre, les exposant au grand jour. Depuis 1922, les serviteurs fidèles de Jéhovah ont proclamé cette lumière, provoquant la colère des religionistes, qui rejettent la Bible et ses enseignements[61].

La publication explique que cette lumière divine divise les peuples, séparant les « boucs » (ennemis de Dieu) des brebis (serviteurs fidèles). Elle cite Amos 9:3 et Abdias 6 pour illustrer comment Jéhovah recherche et punit ses ennemis, même ceux qui se cachent dans les endroits les plus reculés. La recherche des ennemis de Dieu se poursuivra jusqu'à Armageddon, et aucun lieu sombre ne restera inexploré. La publication souligne que les religionistes, en particulier ceux de la hiérarchie catholique, préfèrent les ténèbres à la lumière, car leurs œuvres sont mauvaises. Leur réaction à la lumière de la vérité est décrite comme une perturbation, surtout lorsque l'histoire de la hiérarchie catholique est révélée en lien avec les prophéties divines. Cette lumière les tourmente, et Jéhovah les visitera avec son « acte étrange », c'est-à-dire leur destruction à Armageddon[62].

L'ambition des dirigeants religieux et politiques

La publication décrit l'ambition des dirigeants religieux et politiques comme une volonté de régner arbitrairement sur la terre, de contrôler ses richesses et de soumettre les peuples à leur volonté. Ces dirigeants, en particulier ceux des États totalitaires, cherchent à concentrer le pouvoir entre les mains d'une minorité égoïste, tout en se reposant dans une condition de facilité. La publication souligne que ces dirigeants ignorent délibérément la Parole de Dieu et se soumettent à l'influence des démons. Ils se sentent en sécurité dans leurs réalisations, se vantant de leur pouvoir et de leur richesse, mais Jéhovah annonce que leurs biens deviendront un butin et leurs maisons une désolation (Sophonie 1:13)[63].

La publication cite Psaume 110:5 pour annoncer que Jéhovah, par l'intermédiaire de Christ Jésus, frappera ces rois au jour de sa colère. Elle souligne que les serviteurs de Jéhovah arracheront soudainement à ces dirigeants leur pouvoir arbitraire et tout ce qu'ils possèdent, les plongeant dans la déception et l'humiliation. Leurs rêves de domination éternelle seront brisés, et ils reconnaîtront que la puissance de Jéhovah s'exerce contre eux. La publication mentionne également que les dirigeants des nations totalitaires, comme celui de l'Allemagne, croient construire un empire qui durera mille ans, mais que la Parole de Dieu montre que tout s'effondrera soudainement pour eux. Jésus lui-même a prophétisé que ces dirigeants continueraient à construire jusqu'au déclenchement d'Armageddon (Matthieu 24:37-39)[64].

L'accomplissement de la prophétie en 1940

La publication affirme que l'année 1940 marque l'accomplissement de la prophétie selon laquelle toutes les nations de la terre ont oublié Jéhovah et se sont tournées vers la religion, c'est-à-dire vers le démonisme. Elle souligne que les nations sont tombées dans le piège de Satan, et que l'État corporatif, dirigé par des dictateurs, a privé les peuples de leurs libertés. Ces dirigeants égoïstes se complaisent dans leur pouvoir, mais leur règne ne durera pas. La publication annonce que l'« acte étrange » de Jéhovah mettra fin à cette oppression, et que les souffrances des peuples augmenteront en même temps que l'oppression. Seuls ceux qui se sont consacrés à Jéhovah et soutiennent la théocratie trouveront une raison de se réjouir, malgré les persécutions et la haine des nations (Habacuc 3:17-18)[65].

La publication conclut en citant Psaume 13:5 pour illustrer la confiance des serviteurs fidèles de Jéhovah, qui continuent à chanter sa louange malgré l'opposition et la persécution. Elle souligne que leur cœur se réjouit dans le salut de Jéhovah, et que leur foi reste inébranlable face à l'adversité[66].

« Quelle sacralité pour la vie humaine ? »

Ce long article, introduit par une référence à un télégramme envoyé par le pape Pie XII (alors cardinal Pacelli) au général Franco le 1ᵉʳ avril 1939, interroge la sacralité de la vie humaine aux yeux des religions. La publication souligne que ce télégramme, dans lequel le pape félicite Franco pour la « victoire catholique désirée » en Espagne, a coûté la vie à environ 1,2 million de personnes, dont des femmes, des enfants et des nourrissons. Elle pose la question : « Quelle sacralité la religion accorde-t-elle à la vie humaine ? »[67].

Dieu, source de la vie

La publication affirme que Dieu est la source de toute vie, citant Psaume 36:9 : « Car auprès de toi est la source de la vie ; par ta lumière nous voyons la lumière. » Elle explique que personne ne peut jouir de la vie sans la permission de Jéhovah, et que quiconque prend une vie en violation de sa loi divine en portera la responsabilité. La publication souligne que l'« alliance éternelle » de Dieu, établie après le Déluge, est une expression de sa volonté immuable concernant la sacralité de la vie. Cette alliance, conclue avec Noé et ses descendants, ainsi qu'avec toutes les créatures vivantes, promet que la terre ne sera plus jamais détruite par un déluge. Le signe de cette alliance, l'arc-en-ciel, est présenté comme un rappel constant de la fidélité de Jéhovah à ses promesses[68].

L'alliance éternelle et la sanctification de la vie

La publication rappelle que Jéhovah a mis fin au premier monde humain par le Déluge, détruisant tous les êtres vivants sur la terre, à l'exception de Noé et de sa famille. Elle cite 2 Pierre 2:5 pour souligner que ceux qui ont péri étaient des impies, abominables aux yeux de Dieu. Après le Déluge, Jéhovah a renouvelé son mandat divin à Noé et à ses fils, leur ordonnant de se multiplier et de remplir la terre. La publication explique que l'« alliance éternelle » établie avec Noé inclut des conditions spécifiques concernant la prise de vie humaine. Elle cite Genèse 9:5-6 pour illustrer que Jéhovah exige que le sang de ceux qui prennent une vie soit versé, car l'homme a été créé à l'image de Dieu. Cette alliance ne signifie pas que quiconque peut se désigner comme exécuteur, mais que seul un représentant autorisé par Dieu peut appliquer cette sentence[69].

La publication souligne que cette alliance éternelle est un engagement unilatéral de Jéhovah, qui s'engage à accomplir sa volonté sans condition. Elle cite Ésaïe 46:11 et Ésaïe 55:11 pour illustrer que la Parole de Dieu ne revient jamais à lui sans avoir accompli son dessein. Elle rappelle également que Jéhovah est un Dieu fidèle, qui garde son alliance et sa miséricorde envers ceux qui l'aiment et observent ses commandements (Deutéronome 7:9). La publication conclut en affirmant que ceux qui violent cette alliance éternelle, en prenant une vie humaine en dehors des conditions fixées par Dieu, sont des transgresseurs. Elle cite Ésaïe 24:5 pour montrer que la terre est aujourd'hui souillée parce que ses habitants ont « rompu l'alliance éternelle »[70].

La violation de l'alliance éternelle

La publication explique que l'alliance éternelle de Jéhovah prévoit des conditions spécifiques pour la prise de vie humaine, en particulier en cas de meurtre. Elle cite Genèse 9:5-6 pour souligner que seul un représentant autorisé par Dieu peut exécuter un meurtrier, et que quiconque s'arroge ce droit devient lui-même un meurtrier. La publication rappelle que le commandement « Tu ne tueras point » (Exode 20:13) ne s'oppose pas à cette alliance, mais en est le complément. Elle cite Exode 21:12-25 et Lévitique 24:16-21 pour illustrer les lois divines concernant l'exécution des meurtriers, soulignant que cette exécution doit être effectuée en justice et en harmonie avec la loi de Dieu[71].

La publication conclut en condamnant les dirigeants religieux, en particulier le chef suprême de la « chrétienté », qui bénit les massacres d'innocents tout en prétendant servir Dieu. Elle souligne que ces dirigeants, en violant l'alliance éternelle, montrent leur mépris pour la sacralité de la vie humaine. La publication affirme que ceux qui prennent plaisir à de tels actes, ou qui les approuvent, sont également coupables de transgresser cette alliance. Elle rappelle que Jéhovah seul a le droit de donner et de reprendre la vie, et que toute prise de vie humaine doit être strictement conforme à sa loi[72].

La complicité des religions dans la violation de l'alliance éternelle

La publication poursuit son analyse en dénonçant la complicité des systèmes religieux, politiques et commerciaux dans la violation de l'alliance éternelle de Jéhovah. Elle affirme que ces systèmes, dirigés par Satan, ont délibérément rompu cette alliance en provoquant des guerres cruelles et en répandant le sang innocent. La publication souligne que les éléments religieux de la « chrétienté », en particulier le clergé, ont sanctifié ces guerres et les ont présentées comme conformes à la volonté divine, ce qui constitue un blasphème. Tous ceux qui ont participé à ces actes, qu'ils soient dirigeants politiques, militaires ou religieux, périront lors d'Armageddon, sous la main du grand Exécuteur de Jéhovah, le Christ Jésus[73].

La publication distingue cependant ceux qui, bien qu'ayant soutenu ou servi ces systèmes oppressifs, l'ont fait sans malice et sans connaissance de la loi divine. Elle cite l'exemple des soldats ayant participé à la Première Guerre mondiale, notamment en persécutant les serviteurs de Dieu, mais sans comprendre qu'ils violaient ainsi la loi de Jéhovah. Pour ces personnes, une possibilité de refuge est offerte, à l'image des « villes de refuge » établies parmi les Israélites. Ce refuge symbolise l'organisation théocratique de Jéhovah, où ceux qui fuient l'organisation de Satan peuvent trouver protection et sécurité. La publication insiste sur la nécessité pour ces réfugiés de rompre tout lien avec l'organisation diabolique et de se ranger résolument du côté de Jéhovah et de son gouvernement théocratique[74].

La fuite vers l'organisation théocratique

La publication rappelle que le monde entier est sous le contrôle de Satan et de son organisation depuis des siècles. Elle annonce que, lors d'Armageddon, Jésus-Christ, en tant que Vengeur du sang innocent, exterminera les clercs malveillants et leurs alliés. Ces derniers, qui ont prétendu servir Dieu tout en servant le Diable, subiront un châtiment particulièrement sévère. La publication cite Ézéchiel 9:5-6 pour illustrer que la « religion organisée », responsable de la profanation du nom de Jéhovah et de la persécution de ses fidèles, sera détruite sans pitié[75].

Elle précise que ceux qui échapperont à cette destruction sont ceux qui composent la « grande multitude » de personnes de bonne volonté envers Dieu. Ces individus, autrefois associés à l'organisation de Satan, ont fui vers l'organisation de Jéhovah après avoir pris conscience de sa méchanceté. La publication compare cette fuite aux « villes de refuge » de l'ancienne Israël, où les innocents pouvaient trouver asile. Une fois réfugiés, ces personnes doivent rompre tout lien avec Babylone, c'est-à-dire l'organisation de Satan, et s'engager pleinement aux côtés de Jéhovah et de son gouvernement théocratique. Elles ne doivent plus manifester aucune sympathie ni apporter aucun soutien à l'organisation diabolique, mais rester fermement attachées à l'œuvre de Jéhovah[76].

« La chrétienté est-elle pire que Sodome ? »

Cet article compare la « chrétienté » aux nations païennes, en particulier à Sodome, pour démontrer que la première est bien plus coupable aux yeux de Jéhovah. La publication explique que Dieu a choisi Jérusalem comme lieu où placer son nom et y a donné sa loi pour définir le péché. En comparant ceux qui ont reçu la loi à ceux qui ne l'ont pas reçue, il a révélé que le péché devient encore plus grave lorsque la loi divine est connue mais ignorée. La publication cite Romains 7:7-14 pour illustrer que la loi de Dieu met en lumière la gravité du péché, mais que Jérusalem, malgré cette connaissance, a persisté dans sa méchanceté[77].

La publication souligne que les dirigeants de Jérusalem, en particulier les chefs religieux, ont été choqués lorsque le prophète Ézéchiel a comparé leur ville à Sodome, la qualifiant de « sœur » de cette dernière, et affirmant que Jérusalem était encore plus coupable. Elle cite Ézéchiel 16:48-49 pour décrire les péchés de Sodome : orgueil, abondance de pain, oisiveté et indifférence envers les pauvres et les nécessiteux. Ces mêmes péchés, selon la publication, caractérisent les nations païennes, qui, sous le contrôle de Satan, ignorent Jéhovah. Cependant, les nations de la « chrétienté », qui prétendent suivre la Bible et connaître la volonté de Dieu, sont encore plus coupables, car elles violent délibérément l'alliance éternelle[78].

La publication illustre cette culpabilité accrue en citant les paroles de Jésus dans Matthieu 11:23-24, où il déclare que le châtiment de Capernaüm, qui avait reçu la lumière mais l'avait rejetée, serait plus sévère que celui de Sodome. Elle applique ce principe à la « chrétienté », affirmant que ses dirigeants sont orgueilleux, durs et égoïstes, vivant dans le luxe tout en refusant d'aider les pauvres. La publication prend l'exemple des États-Unis, nation la plus riche et la plus puissante de la « chrétienté », où une minorité contrôle les richesses produites par le travail des masses, tandis que des millions de personnes souffrent de la faim et du chômage. Elle dénonce les lois qui, sous prétexte d'aider les pauvres, exigent des garanties impossibles à fournir, condamnant ainsi les nécessiteux à la famine[79].

L'hypocrisie des nations « chrétiennes »

La publication critique sévèrement l'hypocrisie des nations de la « chrétienté », en particulier les États-Unis, qu'elle présente comme un exemple frappant de l'injustice sociale et économique. Elle dénonce le fait que les richesses du pays sont concentrées entre les mains d'une minorité qui les a acquises par la manipulation et la fraude, plutôt que par un travail honnête. Les masses laborieuses, qui ont produit ces richesses, se retrouvent dans la misère, tandis que les puissants refusent de leur venir en aide. La publication cite le cas d'une loi votée pour prêter de l'argent aux pauvres affamés, mais à condition qu'ils fournissent des garanties, ce qui est impossible pour ceux qui n'ont rien. Elle qualifie cette mesure d'« insulte à la blessure », car elle condamne les nécessiteux à mourir de faim[80].

La publication souligne que les États-Unis se prétendent une nation chrétienne, où tous les citoyens sont frères, mais que leurs lois violent les commandements divins, notamment celui qui interdit de prêter à usure à son frère (Deutéronome 23:19). Elle dénonce l'attitude des grands industriels et des politiciens, qui ignorent les cris des pauvres et des chômeurs, tout en vivant dans le luxe. La publication cite Jacques 5:4-6 pour rappeler que Jéhovah entend les cris des opprimés et qu'il punira les oppresseurs. Elle annonce que la prophétie d'Ézéchiel, soutenue par d'autres Écritures, montre que le châtiment réservé à la « chrétienté », et en particulier aux États-Unis, sera bien plus sévère que celui qui a frappé Sodome ou Jérusalem[81].

La culpabilité accrue de la « chrétienté »

La publication approfondit sa comparaison entre la « chrétienté » et les nations païennes en s'appuyant sur l'exemple historique de Samarie et Jérusalem. Elle rappelle que Samarie, capitale des dix tribus d'Israël, était devenue un centre d'idolâtrie sous l'influence du roi Omri. Bien que Samarie ait été coupable de nombreux péchés, Jérusalem, en raison de ses privilèges et de ses avantages spirituels, était encore plus coupable. La publication cite Ézéchiel 16:51 pour illustrer que Jérusalem avait multiplié ses abominations bien au-delà de celles de Samarie, et que son châtiment serait donc plus sévère[82].

La publication applique cette logique à la « chrétienté » moderne, divisée en deux branches principales : le catholicisme et le protestantisme. Elle compare Samarie au catholicisme et Jérusalem au protestantisme, en particulier aux nations anglo-américaines, qui constituent la principale puissance protestante. La publication affirme que, bien que le catholicisme soit une abomination aux yeux de Dieu, le protestantisme est encore plus coupable, car il a bénéficié de plus de lumière et d'opportunités pour connaître la volonté divine. Elle cite Ézéchiel 16:52 pour montrer que ceux qui ont jugé les autres, comme les protestants l'ont fait avec les catholiques, doivent eux-mêmes porter leur honte, car leurs péchés sont encore plus grands[83].

La publication conclut en soulignant que la responsabilité devant Dieu est proportionnelle à la lumière reçue. Ceux qui, dans la « chrétienté », ont eu connaissance de la vérité et l'ont rejetée pour vivre dans l'illégalité sont encore plus coupables que ceux qui n'ont jamais eu cette opportunité. Elle annonce que le châtiment réservé à la « chrétienté » sera à la mesure de sa culpabilité, et que ceux qui ont persécuté les serviteurs de Dieu ou profané son nom subiront une punition exemplaire lors d'Armageddon[84].

Expériences de terrain

Cette rubrique présente des témoignages de prédicateurs sur le terrain, illustrant leurs méthodes et leurs succès dans la diffusion des publications des Témoins de Jéhovah. Les récits, souvent anonymes, mettent en avant des stratégies variées pour surmonter les obstacles et toucher différents publics, notamment dans des contextes géographiques ou sociaux difficiles.

Un récit relate l'expérience d'une pionnière à Saint-Kitts (Antilles), où elle utilise un phonographe pour diffuser des conférences enregistrées, comme *« Victory »*. Elle décrit la réaction émue d'un homme affamé de vérité, qui, après avoir écouté la conférence, exprime son désir d'en savoir plus et accepte le livre *« Enemies »*. La pionnière évoque également ses visites dans un asile de lépreux, où elle envisage d'organiser des études bibliques pour les malades, soulignant que *« là où un bon travail doit être fait, la distance ne compte pas »*. Pour le mois de janvier, elle mentionne avoir tenu cinq réunions publiques avec des conférences enregistrées, où les auditeurs *« suppliaient de revenir »*, et avoir placé 21 combinaisons de livres reliés[85].

Un autre témoignage met en lumière les obstacles rencontrés pour obtenir des abonnements aux revues The Watchtower et Consolation. Après avoir organisé une réunion avec une série de conférences enregistrées, les prédicateurs constatent que seules deux familles intéressées y assistent. Le lendemain, ils rendent visite aux autres familles invitées pour leur rappeler leur responsabilité devant Jéhovah. Cette démarche aboutit à trois abonnements à The Watchtower et cinq à Consolation. Un homme, initialement inaccessible en raison de l'opposition de son épouse, finit par être contacté et accepte avec enthousiasme un abonnement à The Watchtower. Une étude modèle est ensuite organisée avec ses voisins, et cet homme prend finalement la responsabilité de diriger une étude locale de The Watchtower, devenant *« 100 % engagé »*[86].

Un récit particulièrement notable concerne un candidat au service de pionnier, anciennement membre de l'Église catholique et destiné à devenir prêtre. Ce dernier, après avoir entendu un Témoin de Jéhovah jouer une conférence enregistrée dans une maison de sœurs françaises, manifeste un intérêt immédiat et rejoint le service de terrain en moins de deux semaines. Malgré des problèmes de santé, il reste actif et fidèle dans son engagement[87].

D'autres témoignages soulignent l'efficacité de l'utilisation de la brochure *« Model Study No. 2 »* pour placer des ensembles de livres et encourager l'étude biblique dans les foyers. Un prédicateur explique que cette brochure lui a permis de montrer l'index de référence des publications et de placer des Bibles en complément des livres, en insistant sur l'importance d'une étude biblique cohérente[88].

Un récit émouvant raconte la rencontre avec un octogénaire dépassant régulièrement les 60 heures de service mensuel. Malgré une réception hostile de la part d'une femme catholique, ce dernier parvient à éveiller son intérêt en lui offrant la brochure *« Government and Peace »*. Une heure plus tard, la même femme, ayant changé d'avis, lui demande de revenir avec d'autres livres après les avoir lus[89].

Un autre témoignage décrit comment un homme, après avoir lu les livres de The Watchtower pendant des années, décide de prendre *« une position ferme pour le Seigneur »* et organise une étude biblique familiale. Ancien surintendant d'école du dimanche, il exprime son désir de *« jouer un grand rôle dans ce travail »* plutôt qu'un petit. Une étude est organisée chez lui, avec vingt participants, et une jeune femme espagnole, touchée par la lecture de *« Uncovered »*, manifeste son enthousiasme pour s'engager dans le service[90].

Enfin, un récit relate une expérience de prédication le jour de Noël à Vancouver (Colombie-Britannique). Malgré les doutes initiaux sur l'opportunité de témoigner pendant cette période de fête, les prédicateurs décident de se rendre dans un camp de bûcherons. Ils y trouvent des personnes *« affamées de vérité »* parmi ceux qui ne participent pas aux festivités. Ils placent huit livres reliés, 51 brochures, et prennent cinq abonnements à Consolation. Un homme, particulièrement réjoui par leur visite, reçoit un ensemble complet d'enregistrements *« Government and Peace »* ainsi que trois disques supplémentaires. Le récit conclut en encourageant les lecteurs à *« sortir et essayer par eux-mêmes »*, affirmant que Noël n'est pas une mauvaise période pour témoigner[91].

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Illustrations du numéro

Références

  1. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 117-118.
  2. M. James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 1985, p. 174.
  3. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 117.
  4. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 117-118.
  5. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 116.
  6. Carl Olof Jonsson, The Gentile Times Reconsidered, Commentary Press, 4ᵉ éd., 2004, p. 21-26.
  7. La Tour de Garde, 1er mai 1922, p. 147, cité dans Penton, Apocalypse Delayed, p. 60.
  8. M. James Penton, Apocalypse Delayed, p. 148.
  9. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 120-121.
  10. J.F. Rutherford, Vindication, vol. 1, Watch Tower Bible and Tract Society, 1931, p. 1-10.
  11. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 118.
  12. J.F. Rutherford, Enemies, Watch Tower Bible and Tract Society, 1937, p. 10-15.
  13. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 126-127.
  14. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 127.
  15. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 123-124.
  16. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 123.
  17. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 125.
  18. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 125-126.
  19. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 116.
  20. Penton, Apocalypse Delayed, p. 155-156.
  21. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 121-122.
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  76. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 125-126.
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  82. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 127.
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  85. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 128.
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  88. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 128.
  89. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 128.
  90. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 128.
  91. La Tour de Garde du 15 avril 1940, p. 128.

Pour en savoir plus sur les publications de la même période, voir Catégorie:1940.

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