La Tour de Garde du 1er janvier 1940
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| La Tour de Garde du 1er janvier 1940 | |
|---|---|
| Revue | La Tour de Garde |
| Date | 1940 |
| Année | 1940 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est dominé par une méditation eschatologique centrée sur le thème du salut, décliné à travers une lecture typologique du Psaume 13 et de l'histoire de David. Le texte annuel choisi pour 1940, tiré du Psaume 13:5, sert de fil conducteur à l'ensemble du numéro : la confiance en Jéhovah comme seule source de délivrance dans un contexte d'épreuves et de persécutions intenses.
La publication identifie avec précision les ennemis visibles et invisibles des serviteurs de Jéhovah, allant des régimes totalitaires — nazis, fascistes, communistes — à la hiérarchie catholique romaine, en passant par des dissidents internes qualifiés de « classe de l'esclave méchant ». Cette cartographie des adversaires, ancrée dans des parallèles bibliques avec Saül, Absalom et Ahithophel, confère au numéro un caractère à la fois doctrinal et polémique.
Analyse
Croyances
L'article principal de ce numéro, « Réjouissez-vous en son salut », construit sa démonstration autour d'un triptyque scripturaire récurrent dans la littérature rutherfordienne : Psaume 3:8 (« Le salut appartient à Jéhovah »), Actes 4:12 (« Il n'y a de salut en aucun autre ») et Ésaïe 12:2 (« Dieu est mon salut »). Ces trois versets sont mobilisés conjointement pour formuler une doctrine du salut radicalement exclusive : aucune organisation religieuse humaine, aucun effort individuel autonome ne peut procurer la délivrance.[1] La publication va plus loin en nommant explicitement les prétentions adverses : la « hiérarchie catholique romaine » y est désignée comme une instance qui « blasphème le nom de Dieu en prétendant offrir le salut par des systèmes religieux humains »,[2] tandis que la notion de « salut universel » — l'idée que l'amour de Dieu s'étendrait même à Satan — est expressément réfutée par Psaume 145:20.[3] Cette formulation tranchée s'inscrit dans une constante de la théologie rutherfordienne : depuis les ouvrages Ennemis (1937) et Salvation (1939), la Watch Tower oppose systématiquement l'organisation de Jéhovah à « l'organisation de Satan », faisant du refus du salut institutionnel une marque d'appartenance à la vérité.[4]
La chronologie eschatologique articulée dans ce numéro repose sur une interprétation typologique qui structure l'ensemble de l'article. Les épreuves de David — menacé par Saül, trahi par Ahithophel, menacé par les géants philistins — sont lues comme autant de préfigurations des dangers que courent les 144 000 oints à l'époque moderne, désignés par l'expression tirée d'Ésaïe 52:7 comme les « pieds de lui ». Cette herméneutique typologique, appliquée ici de manière systématique sur plusieurs sections consécutives, est caractéristique de la méthode exégétique utilisée dans les grandes publications de Rutherford des années 1930, notamment dans Vindication (1931-1932), qui mobilise déjà Ézéchiel comme préfiguration de l'organisation théocratique.[5] La nouveauté du présent numéro tient à l'ampleur de la chaîne typologique : Saül représente la coalition ennemie terrestre, Absalom figure les apostats internes, Ahithophel illustre la trahison du faux conseiller, et les géants philistins symbolisent les régimes totalitaires contemporains — nazis, fascistes et communistes — présentés comme autant d'agents visibles de Satan.[6]
La bataille d'Armageddon est présentée dans ce numéro comme une délivrance eschatologique certaine et imminente, dont la préfiguration biblique est trouvée dans la bataille de Guilboa, où Saül et son armée furent défaits, permettant à David de régner. Habacuc 3:8, 12, 13 est cité pour décrire l'intervention directe de Jéhovah au profit de son peuple oint, tandis que Matthieu 24:37 est utilisé pour affirmer que le monde actuel est comparable aux « jours de Noé », sous l'emprise croissante des démons.[7] La publication ne fixe aucune date précise pour cette bataille, mais l'urgence de la proclamation — qui doit s'achever avant qu'Armageddon ne survienne — est présentée comme le motif premier de toutes les activités de témoignage décrites dans le numéro, y compris la campagne de témoignage « Salut » annoncée pour février 1940.[8]
La doctrine des 144 000 oints est définie dans ce numéro à partir d'une double détermination : leur mission actuelle de proclamation au nom de Jéhovah, et leur vocation céleste à régner avec Christ Jésus dans la « prêtrise royale ». La publication recourt à l'expression « pieds de lui » (Ésaïe 52:7) pour désigner cette catégorie de membres, dont la survie physique jusqu'à Armageddon est présentée comme un enjeu théologique : si les ennemis parviennent à les éliminer, la proclamation s'arrêterait avant terme, ce qui explique l'acharnement de la coalition satanique contre eux.[9] Cette configuration doctrinale — où les oints sont à la fois les cibles prioritaires de Satan et les instruments indispensables du dessein divin — est cohérente avec la position défendue depuis les années 1920 dans La Tour de Garde, selon laquelle la persécution est elle-même une validation de la fidélité.[10]
La distinction entre les 144 000 oints et la « grande multitude » des Jonadabs, révélée selon la publication en 1935, est rappelée dans ce numéro comme une vérité doctrinale acquise, non comme une nouveauté.[11] La mention de cette date s'inscrit dans le cadre plus large de la théorie de la « lumière croissante », selon laquelle les vérités scripturaires sont révélées progressivement par Jéhovah à son organisation. Le numéro cite ainsi plusieurs jalons successifs : le déversement de l'esprit saint en 1922, la révélation de la doctrine sur les « autorités supérieures » en 1929 — identifiées à Jéhovah et au Christ, et non aux gouvernements humains comme l'enseignait Russell —, puis l'identification des Jonadabs en 1935.[12] Chacune de ces dates est présentée comme un accomplissement prophétique inscrit dans la progression du dessein de Jéhovah, et non comme une révision doctrinale. Cette lecture rétrospective des changements de position permet à la publication de maintenir la cohérence de l'enseignement tout en intégrant les inflexions théologiques majeures de l'ère Rutherford.
L'exégèse de la vision d'Ézéchiel consacrée à la « portion sainte » (Ézéchiel 45) occupe une part significative du numéro et constitue l'un des développements doctrinaux les plus techniques. La publication rejette explicitement toute interprétation littérale ou géographique de cette vision : la « terre » mentionnée par Ézéchiel ne désigne pas un territoire physique en Palestine, mais la structure hiérarchique de l'organisation théocratique universelle.[13] Cette lecture entièrement allégorique de la vision ézéchiélienne prolonge l'usage qu'en fait Rutherford dans Vindication, où Ézéchiel est systématiquement relu comme une prophétie de l'organisation de Jéhovah à l'époque moderne. Dans le présent numéro, la division de la portion sainte sert à établir une cartographie symbolique de l'organisation théocratique : les prêtres (les oints) au centre autour du sanctuaire, les Lévites (les Jonadabs) à proximité pour le service, et les princes (les patriarches ressuscités) aux marges, chacun à sa place dans une hiérarchie voulue par Dieu.[14]
La doctrine de la résurrection terrestre des « princes » de l'Ancien Testament, illustrée par Psaume 45:16 et Ézéchiel 45:7-8, est présentée dans ce numéro comme la clef de voûte du gouvernement visible du Royaume sur terre. Ces patriarches et témoins fidèles d'avant l'ère chrétienne — dont la résurrection imminente avait conduit à la construction de Beth-Sarim à San Diego en 1930 — sont décrits comme les futurs « représentants visibles de l'organisation théocratique sur terre », exerçant une autorité juste et sans oppression, en opposition directe avec les dirigeants politiques contemporains.[15] La revue souligne que leurs fonctions dans le Royaume anticiperont l'établissement d'une économie entièrement juste, régie par des mesures standardisées (Ézéchiel 45:10-12), par opposition aux pratiques frauduleuses du « Big Business » contemporain.[16]
La section consacrée à la miséricorde divine développe une position théologique qui conditionne strictement l'octroi de cette miséricorde à l'intégrité comportementale des bénéficiaires. La publication s'appuie sur Hébreux 10:26-29 pour affirmer que ceux qui ont connu la vérité et l'ont délibérément rejetée — notamment les membres de la « classe de l'esclave méchant » (Matthieu 24:48-51) — se trouvent hors de portée de toute miséricorde divine.[17] Cette lecture d'Hébreux 10:26-29 comme texte fondateur de l'exclusion théologique des apostats est cohérente avec la position développée par Rutherford depuis les années 1930 dans sa polémique contre les dissidents issus du mouvement des étudiants de la Bible, et elle fournit ici une justification scripturaire à la condamnation des individus identifiés au type Absalom ou Ahithophel.[18]
La condamnation des apostats internes constitue en effet un développement doctrinal à part entière dans ce numéro. Le type Absalom — qui prétend être en ligne pour le trône céleste tout en étant aveuglé par ses ambitions — et le type Ahithophel — dont le nom est interprété comme signifiant « frère du déguisement » ou « dissimulateur » — sont utilisés pour identifier une classe distincte de traîtres au sein même de la communauté des oints. La publication mobilise Psaume 55:12-14, Psaume 109 et Jean 13:18-21 pour ancrer cette condamnation dans les Écritures, établissant un parallèle explicite entre la trahison d'Ahithophel, celle de Judas Iscariot et les comportements des apostats contemporains.[19] La lettre de la compagnie de Waukegan (Illinois), publiée dans ce même numéro, cite nommément Olin Moyle comme source des perturbations que cette condamnation typologique vient théologiquement légitimer : la doctrine des types-antitypes sert ainsi directement à qualifier et à disqualifier des individus réels au sein de l'organisation.[20]
Organisation et histoire
Le numéro du 1er janvier 1940 de La Tour de Garde paraît dans un contexte de crise interne sévère pour la Société Watch Tower, au moment où l'affaire Olin Moyle entre dans sa phase la plus aiguë. Olin Moyle, avocat de la Watch Tower de 1935 à 1939, avait adressé à Rutherford une lettre de démission le 21 juillet 1939, dénonçant les mauvais traitements infligés aux travailleurs du Béthel de Brooklyn, la discrimination et l'usage abusif d'alcool.[21] Le Watchtower du 15 octobre 1939 avait répondu en qualifiant chaque paragraphe de la lettre de « faux, rempli de mensonges, et constituant une calomnie et un libelle perfides », et avait comparé les actes de Moyle à ceux de Judas Iscariote.[22] Moyle avait ensuite été exclu de sa congrégation. C'est dans ce contexte tendu que la lettre émanant d'une compagnie de Waukegan (Illinois) publiée dans ce numéro mentionnait explicitement les perturbations causées par des courriers que Moyle avait envoyés à différents membres de la région, présentés comme une source de confusion ayant nécessité l'intervention d'un représentant de la Société pour rétablir l'unité.[23] La même lettre incluait un « Pledge of Loyalty » adressé au président de la Société, témoignant du processus de recentrage institutionnel autour de la figure de Rutherford que l'organisation mettait en œuvre pour contenir les effets de la crise.[24]
Ce numéro illustre également le degré élevé de centralisation organisationnelle atteint sous Rutherford. Plusieurs rubriques prescrivent l'envoi systématique de rapports à la Société Watch Tower : la campagne de témoignage « Salut » prévue pour février 1940 impose aux proclamateurs de transmettre un bilan à la Société à l'issue du mois,[25] et la célébration du Mémorial du 23 mars 1940 est soumise au même dispositif de reporting.[26] Les commandes de publications — Annuaire, calendrier, livret d'étude — doivent être regroupées par les serviteurs de compagnie locaux avant d'être transmises à la Société, selon un protocole qui centralise toute la logistique de l'organisation en un point unique.[27] Cette structure de remontée d'information systématique correspond à la « théocratie » que Rutherford avait imposée progressivement depuis les années 1930, exigeant de chaque adepte qu'il rende compte de son activité de prédication.[28]
La campagne de témoignage coordonnée pour le mois de février 1940 constitue un exemple précis de la planification institutionnelle centralisée caractéristique de cette période. Les instructions détaillées publiées dans ce numéro prescrivent une combinaison standardisée d'un livre et d'une brochure contre une contribution fixe de 25 cents, l'emploi systématique de phonographes portables pour la prédication de maison en maison, et le renvoi des détails pratiques à The Informant, la publication interne réservée aux proclamateurs.[29] Ce type de campagne nationale uniforme témoigne de la capacité de la Société à mobiliser simultanément ses membres dans de nombreux pays selon des directives communes, un mode d'action que Rutherford avait progressivement imposé à l'ensemble du mouvement depuis le début des années 1930.[30]
La lettre publiée au nom d'un groupe de fidèles de Louisiane, documentant une progression quantifiée du nombre de proclamateurs locaux, s'inscrit dans ce dispositif de reporting centralisé et illustre, au niveau local, la croissance que l'organisation enregistrait malgré les persécutions et les restrictions liées à la guerre en cours.[31] De même, le témoignage de J.B. Egede en provenance du Nigeria reflète la réalité d'une présence Watch Tower en Afrique occidentale remontant aux années 1920 — le Nigeria ayant reçu ses premiers représentants dès 1921, avec l'arrivée de missionnaires comme Claude Brown, puis d'Alfred Nduaguibe dépêché par la Société en 1934 pour visiter l'Igboland —, et illustre la gestion institutionnelle des départs et retours de membres, présentés dans les publications comme des récits de conversion ou de restauration à valeur édifiante.[32][33]
Contenu
Réjouissez-vous en son salut
Ce premier article du numéro s'ouvre sur une méditation autour du texte annuel choisi pour 1940, tiré du Psaume 13:5 : « Mon cœur se réjouira en ton salut ». La publication souligne que Jéhovah est présenté comme le Dieu tout-puissant, le Rocher éternel, le seul capable d'offrir le salut aux justes, c'est-à-dire à ceux qui croient en lui et obéissent à ses commandements. À l'inverse, les transgresseurs volontaires sont destinés à la destruction. La période actuelle, décrite comme périlleuse, voit les agents de Satan s'acharner particulièrement contre ceux qui se sont consacrés à Jéhovah. Malgré les épreuves et les persécutions subies par les fidèles au cours de l'année 1939, la confiance en Jéhovah reste inébranlable, comme en témoigne le texte de l'année précédente : « Ils ne prévaudront pas contre toi »[34].
L'article s'appuie sur le Psaume 13 pour illustrer les épreuves et la délivrance des serviteurs de Dieu. Ce psaume, attribué à David, est interprété comme une prophétie s'appliquant aux « pieds de lui » (expression tirée de Isaïe 52:7), c'est-à-dire aux membres oints du Christ. Les persécutions subies par David, notamment de la part du roi Saül, sont présentées comme des types des épreuves endurées par les serviteurs de Jéhovah à l'époque moderne. La publication insiste sur le fait que ces prophéties trouvent leur accomplissement à partir de 1922, année marquée par le déversement de l'esprit saint sur les fidèles, et plus particulièrement après 1929, lorsque la vérité sur les « autorités supérieures » (identifiées à Jéhovah et au Christ) a été révélée. L'article mentionne également l'identification progressive des différentes classes prophétiques, comme les Jonadabs (ou « grande multitude »), révélée en 1935, et les Philistins modernes, ennemis des serviteurs de Dieu[35].
Le texte évoque aussi les trahisons subies par David, notamment celle d'Ahithophel, son conseiller qui le trahit pour rejoindre Absalom. Cette trahison est comparée à celle de Judas Iscariot et sert d'avertissement aux membres oints du Christ, qui doivent se méfier des faux frères et des traîtres au sein même de l'organisation théocratique. Le Psaume 55:12-14 et le Psaume 109 sont cités pour illustrer la douleur causée par ces trahisons et la condamnation divine qui les attend[36].
Danger
Cette section met en garde contre les dangers auxquels sont exposés les serviteurs de Jéhovah, en s'appuyant sur les épreuves de David. La publication souligne que David a été menacé de mort violente par son ennemi Saül, une mort qui n'aurait pas été une conséquence naturelle du péché d'Adam, mais un assassinat perpétré par des ennemis mortels. Cette situation est présentée comme un type des dangers auxquels sont confrontés les « pieds de lui », c'est-à-dire les membres oints du Christ, qui risquent d'être empêchés d'accomplir leur mission divine. Leur devoir est de proclamer le nom de Jéhovah et d'annoncer son Royaume comme un témoignage et un avertissement aux nations. En raison de leur fidélité, ils sont la cible des ennemis de Dieu, qui cherchent à les empêcher de remplir leur mission avant la bataille d'Armageddon[37].
Période de témoignage « Salut »
Cette rubrique annonce la période de témoignage intitulée « Salut », qui se déroulera tout au long du mois de février 1940. Les éditeurs encouragent les proclamateurs théocratiques à intensifier leurs activités de prédication en offrant au public une combinaison du livre Salvation et de la brochure Government and Peace, contre une contribution de 25 cents. Les phonographes portables seront utilisés de maison en maison pour diffuser les enregistrements annonçant le livre Salvation. Les détails pratiques concernant cette campagne sont disponibles dans The Informant, une publication interne destinée aux proclamateurs. À la fin du mois, un rapport sera adressé à la Société Watch Tower pour évaluer l'efficacité de cette campagne de témoignage[38].
Mémorial
Cette section rappelle la date du Mémorial, la célébration annuelle de la mort de Jésus-Christ, fixée au samedi 23 mars 1940 après 18 heures. Les compagnies locales sont invitées à se réunir à cette date, et les oints célébreront le Mémorial, tandis que les Jonadabs y assisteront en tant qu'observateurs. La publication recommande de désigner une personne compétente pour prononcer un bref discours avant la participation aux emblèmes (le pain et le vin). L'article « Memorial » paru dans le numéro du 15 mars 1939 de La Tour de Garde est suggéré comme lecture préparatoire. Les emblèmes utilisés doivent être du pain sans levain et du vin rouge, conformément à la pratique de Jésus et de ses apôtres. Un rapport de cette célébration devra être envoyé à la Société Watch Tower, comme indiqué dans The Informant[39].
Annuaire pour 1940
Cette rubrique présente l'Annuaire pour 1940 des Témoins de Jéhovah, qui offre un rapport complet des activités mondiales de l'organisation au cours de l'année écoulée. Malgré l'opposition croissante, les restrictions imposées par les régimes dictatoriaux et les contraintes liées à la guerre, l'année 1939 est décrite comme la plus fructueuse en termes de service théocratique. La publication souligne les succès obtenus par les proclamateurs de Jéhovah dans leur mission de témoignage, malgré les difficultés rencontrées[40].
Ennemis
La publication identifie les ennemis invisibles et visibles des serviteurs de Jéhovah, en s'appuyant sur des parallèles bibliques pour décrire leur stratégie et leurs motivations. Les ennemis invisibles, dirigés par Satan le Diable, agissent à travers des agents terrestres pour tenter de détruire les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons, les Jonadabs. Ces agents terrestres forment ce que la revue qualifie d'« antitype de la classe de Saül », une coalition incluant la hiérarchie catholique romaine, d'autres religionistes malveillants, et ceux qui, autrefois en lice pour le Royaume, constituent désormais la classe de « l'esclave méchant » (Matthieu 24:48-51). Cette coalition est désignée comme « l'homme de péché » et « le fils de perdition » (2 Thessaloniciens 2:3), un groupe qui manipule des dupes influençables pour mener à bien ses desseins destructeurs[41].
La revue souligne que ces ennemis visibles se cachent derrière un « refuge de mensonges » et utilisent des « discours flatteurs » pour tromper les simples d'esprit. Leur caractéristique commune est la crainte des hommes plutôt que celle de Dieu. Parmi les exemples concrets cités figurent les espions de la hiérarchie catholique romaine, qui infiltrent les réunions des fidèles pour recueillir des informations susceptibles de nuire à l'organisation. Ces espions, comparés à Doëg l'Édomite (Psaume 52), agissent par peur de perdre l'estime des hommes et sont motivés par des intérêts égoïstes. La publication mentionne également des organisations comme « The American Legion », « The Christian Front » et les « Christian Mobilizers » comme des instruments de cette hiérarchie, agissant sous l'influence des démons[42].
La coalition ennemie est également illustrée par des figures bibliques telles que les géants philistins, dont Goliath et ses successeurs (Ishbi-Benob, Saph, le frère de Goliath et le géant aux douze doigts et douze orteils). Ces géants symbolisent les régimes totalitaires modernes, notamment les nazis, les fascistes et les communistes, qui s'opposent activement à la Théocratie représentée sur terre par les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons. La revue insiste sur le fait que ces ennemis, bien qu'ils semblent puissants, sont voués à l'échec, comme le furent les géants bibliques sous la main de David et de ses serviteurs[43].
La publication consacre également un développement aux rebelles figurés par Absalom, qui prétendent être en ligne pour le trône céleste mais sont aveuglés par leurs ambitions personnelles. Ces modernes Absalom sont soutenus par de faux conseillers, représentés par Ahithophel — dont le nom signifie « frère du déguisement » ou « dissimulateur » —, qui trahit son roi de même que Judas Iscariote trahit Jésus-Christ. La revue applique explicitement le Psaume 55 à cette classe traîtresse du temps présent, en s'appuyant sur les paroles de Jésus en Jean 13:18-21.[44]
La publication rappelle enfin que Jésus lui-même a averti ses serviteurs de cette combinaison d'ennemis (Matthieu 24:9) et que, malgré des arrestations, des mauvais traitements et des mises à mort, ceux qui endurent jusqu'à la fin seront sauvés (Matthieu 24:13). Les fidèles sont exhortés à faire entièrement confiance à Jéhovah et à son Roi.[45]
Miséricorde
La miséricorde de Jéhovah est présentée comme une promesse inébranlable pour ceux qui lui restent fidèles. La publication cite plusieurs passages bibliques pour étayer cette affirmation, notamment 2 Chroniques 20:21 et Psaume 103:11-18, qui soulignent que la miséricorde divine s'étend à ceux qui craignent Dieu et gardent son alliance. La revue précise que la miséricorde n'est pas accordée à ceux qui, bien que se réclamant serviteurs de Jéhovah, violent délibérément son alliance ou traitent son organisation avec mépris. Elle cite Hébreux 10:26-29 pour illustrer que ceux qui rejettent volontairement la vérité après l'avoir connue n'ont plus d'espoir de miséricorde[46].
La publication explique que la miséricorde de Jéhovah est accordée pour l'honneur de son nom, et non en raison des mérites des individus. Elle rappelle que David, bien que sujet à des faiblesses humaines, a toujours gardé un cœur pur envers Dieu et a reçu sa miséricorde. De même, les fidèles qui suivent les traces du « Grand David », Jésus-Christ, peuvent espérer recevoir les « miséricordes assurées de David » (Ésaïe 55:3). La revue insiste sur le fait que la miséricorde divine est réservée à ceux qui servent Jéhovah avec un cœur intègre et qui protègent son organisation[47].
Qui sauve ?
Ce passage rejette catégoriquement l'idée que les organisations religieuses ou les efforts humains puissent offrir une véritable protection ou salut. La publication affirme que ceux qui pratiquent la religion et s'appuient sur leurs propres organisations sont voués à une « déception complète », car leur fin est la destruction. Elle critique également la classe de « l'esclave méchant », qui, bien que se prétendant serviteurs de Dieu, compte sur ses propres capacités pour obtenir le salut. La revue dénonce l'idée d'une « salut universel », qui prétendrait que l'amour de Dieu s'étend même à Satan, en contradiction avec les Écritures (Psaume 145:20)[48].
La publication rappelle que Jéhovah est la source unique du salut, accordé uniquement aux obéissants par l'intermédiaire de Jésus-Christ. Elle cite Psaume 3:8 (« Le salut appartient à Jéhovah ») et Actes 4:12 (« Il n'y a de salut en aucun autre ») pour souligner que le salut ne peut venir que de Dieu. Les fidèles sont exhortés à reconnaître que « Dieu est [leur] salut » (Ésaïe 12:2) et que Jésus-Christ, en tant que Roi oint de Jéhovah, est l'agent par lequel ce salut est accordé. La revue insiste sur le fait que ceux qui sont dévoués à Jéhovah et qui lui restent fidèles recevront la protection et le salut lors de la bataille d'Armageddon[49].
Quand vient le salut ?
La publication définit le salut comme une délivrance de la catastrophe mondiale qui surviendra lors de la bataille d'Armageddon, ainsi que l'octroi de la vie éternelle sous le Royaume de Jéhovah. Elle établit un parallèle entre la délivrance de David et de ses compagnons, sauvés de la classe de Saül lors de la bataille de Guilboa, et le salut qui sera accordé aux fidèles lors d'Armageddon. La bataille de Guilboa est présentée comme un type prophétique d'Armageddon, où les ennemis de Jéhovah seront définitivement vaincus[50].
La revue souligne que les nations sont actuellement en proie à la détresse et à la perplexité, et que les systèmes religieux, en particulier la hiérarchie catholique romaine, sont sous l'emprise des démons. Elle cite Matthieu 24:37 pour rappeler que les jours actuels sont comparables à ceux de Noé, où les démons exercent une influence croissante sur les hommes. La publication exhorte ceux qui désirent le salut à se détourner des enseignements religieux humains et à suivre la Parole de Jéhovah, qui est la seule véritable guide (Psaume 119:105). Elle affirme que les systèmes religieux ne peuvent offrir ni protection ni salut face aux terreurs actuelles et à la destruction imminente d'Armageddon. Enfin, la revue cite Matthieu 12:18-21 pour rappeler que ceux qui placent leur confiance en Jéhovah et en son serviteur oint recevront le salut[51].
Son acte
La publication insiste sur la certitude de l'intervention divine lors de la bataille d'Armageddon, où Jéhovah exercera sa puissance pour sauver ses fidèles et anéantir ses ennemis. Elle cite Ésaïe 59:16-18 pour illustrer la détermination de Dieu à user de vengeance contre ses adversaires, vêtu de justice et de zèle. La revue souligne que cette intervention est inévitable, car elle vise à rétablir la suprématie de Jéhovah et à protéger ceux qui lui sont dévoués. Elle compare cette délivrance à celle de David et de ses compagnons lors de batailles bibliques, comme celle de Guilboa, où Jéhovah combattit pour son roi oint. La publication rappelle que les fidèles doivent placer leur confiance en Dieu, même face à l'intensification des persécutions et des malheurs mondiaux, car leur délivrance est proche[52].
La revue décrit également les ennemis de Jéhovah comme des agents de Satan, dont les actions sont motivées par la peur des hommes plutôt que par la crainte de Dieu. Elle mentionne que ces ennemis, bien qu'ils semblent puissants, seront détruits lors d'Armageddon, tout comme les géants philistins furent vaincus par David et ses serviteurs. La publication cite Habacuc 3:8,12,13 pour illustrer la manière dont Jéhovah agira pour sauver son peuple et détruire les méchants. Elle souligne que les fidèles doivent rester fermes dans leur foi, car les malheurs actuels ne sont que les préludes de la grande bataille finale[53].
La publication exhorte les fidèles à se réjouir de la proximité de leur délivrance, en s'appuyant sur les paroles de Jésus en Luc 21:28. Elle rappelle que, malgré les calamités et les persécutions, les serviteurs de Jéhovah doivent garder confiance en sa miséricorde et en sa protection. La revue cite également Habacuc 3:17,18 pour illustrer la joie que les fidèles éprouveront même dans les moments les plus difficiles, car ils savent que leur salut vient de Jéhovah[54].
Réjouissez-vous
La publication encourage les fidèles à se réjouir de la proximité de leur délivrance, malgré les épreuves et les persécutions. Elle souligne que les conditions actuelles, marquées par les ténèbres, la guerre et la confusion, ne doivent pas décourager les serviteurs de Jéhovah, car leur joie est fondée sur la certitude de leur salut. La revue cite Psaume 13:5 pour illustrer cette confiance : « Mais j'ai confiance en ta miséricorde ; mon cœur se réjouira de ton salut »[55].
La publication rappelle que les ennemis de Jéhovah, notamment la hiérarchie catholique romaine et ses alliés, cherchent à empêcher les fidèles d'entendre la vérité. Elle dénonce leurs efforts pour ridiculiser les témoins de Jéhovah et les empêcher de proclamer le message du Royaume théocratique. La revue souligne que ces ennemis blasphèment le nom de Dieu en prétendant offrir le salut par des systèmes religieux humains, alors que seul Jéhovah peut accorder la délivrance. Elle cite Psaume 14:6 pour rappeler que ceux qui cherchent refuge en Jéhovah ne seront pas déçus[56].
La publication évoque également les prophéties bibliques qui annoncent la joie des fidèles lors de la délivrance finale. Elle cite 2 Chroniques 20:27,28 pour illustrer la joie des Israélites après leur victoire sur leurs ennemis, et Apocalypse 18:19,20 pour décrire la réjouissance des cieux lors de la destruction de Babylone la Grande. La revue insiste sur le fait que les fidèles doivent proclamer avec joie le nom de Jéhovah et son Royaume, car leur salut est proche. Elle cite Romains 10:13 pour rappeler que « quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé »[57].
Qui se réjouit maintenant
La publication souligne que la joie des fidèles contraste avec l'absence de bonheur dans le monde, marqué par les ténèbres, la détresse et la confusion. Elle affirme que les systèmes religieux et commerciaux ne parviennent pas à apporter réconfort ou joie aux hommes, mais qu'au contraire, ils aggravent leurs malheurs. La revue insiste sur le fait que, malgré ces conditions difficiles, les serviteurs de Jéhovah trouvent leur joie dans la certitude de leur salut et dans la proclamation du message du Royaume théocratique[58].
La publication cite Psaume 89:16 pour illustrer la joie des fidèles dans le nom de Jéhovah et dans sa justice. Elle souligne que cette joie est fondée sur la confiance en la miséricorde divine et en la protection que Jéhovah accorde à ses serviteurs. La revue rappelle que les fidèles, en tant que « pieds » de Christ Jésus, publient le salut de Jéhovah et proclament avec confiance que « quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé » (Romains 10:13)[59].
La publication évoque également la « grande multitude » des compagnons des fidèles, qui se réjouissent et s'engagent avec zèle dans la proclamation du nom de Jéhovah et de son Royaume. Elle cite Apocalypse 7:10,15 pour décrire cette multitude, qui vient de toutes les nations et qui attribue le salut à Dieu et à l'Agneau. La revue insiste sur le fait que, quelle que soit l'année à venir, les fidèles doivent garder à l'esprit que le salut vient du gouvernement théocratique de Jéhovah, et que Christ Jésus règne déjà. Elle cite Apocalypse 12:10 pour rappeler que « le salut, la puissance et le royaume de notre Dieu, et l'autorité de son Christ » sont désormais établis[60].
Héritage
La publication aborde la question de l'héritage des fidèles dans l'organisation théocratique de Jéhovah, en s'appuyant sur la vision du prophète Ézéchiel concernant la division de la terre (Ézéchiel 45). Elle explique que cette « terre » ne désigne pas un territoire littéral, mais plutôt la position et la condition des membres de l'organisation de Dieu. La revue cite Jean 14:2 pour rappeler les paroles de Jésus : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père », illustrant ainsi les différentes places réservées aux fidèles dans l'organisation divine[61].

La publication décrit l'organisation théocratique comme une structure hiérarchisée, avec Jéhovah comme Souverain suprême et Christ Jésus comme son Exécutif. Elle explique que les 144 000 oints, associés à Christ Jésus dans le Royaume, forment une « prêtrise royale » et sont destinés à servir dans le temple spirituel de Jéhovah. La revue souligne que cette organisation, appelée « Sion », représente les nouveaux cieux de justice. Elle précise que les fidèles sur terre, représentés par les « princes », agissent comme gouverneurs sous la direction du Roi théocratique[62].
La publication détaille la vision d'Ézéchiel concernant la division de la « portion sainte » de la terre, où les prêtres, les Lévites et la ville occupent des positions spécifiques. Elle explique que cette division symbolise l'organisation des fidèles dans le Royaume de Jéhovah. Les prêtres, représentant les oints, occupent une position centrale autour du sanctuaire, tandis que les Lévites, symbolisant les compagnons des fidèles, sont situés à proximité pour servir dans le temple. La revue souligne que cette organisation reflète la sagesse et la prévoyance de Jéhovah, qui a prévu des places pour tous ses serviteurs. Elle cite Ézéchiel 45:2,4,5 pour illustrer ces divisions et leur signification symbolique[63].
La publication explique également que les Lévites antitypiques, représentant les fidèles non oints, ont pour mission de proclamer le message du Royaume théocratique et de marquer ceux qui cherchent la faveur de Jéhovah. Elle cite Ézéchiel 9:6 et Sophonie 2:3 pour illustrer cette responsabilité. La revue insiste sur le fait que tous les fidèles, qu'ils soient oints ou compagnons, seront finalement rassemblés dans l'organisation théocratique de Jéhovah, où ils recevront leur héritage éternel[64].
La portion sainte
La publication poursuit son analyse de la vision d'Ézéchiel concernant la division symbolique de la « portion sainte » de la terre, en insistant sur son application à l'organisation théocratique de Jéhovah. Elle explique que cette portion, mesurant vingt-cinq mille coudées de côté, représente l'organisation universelle de Dieu, désignée sous le nom de « Jérusalem ». La revue précise que Sion, la famille royale composée de Christ Jésus et de son Église ointe, est figurée par la partie de la terre attribuée au temple et occupée par les prêtres. Cette organisation céleste, appelée « nouveaux cieux », est distincte de la représentation terrestre du gouvernement divin, symbolisée par la ville mentionnée en Ézéchiel 45:6. Cette ville, nommée « Jéhovah-Shammah » (« la renommée de Jéhovah »), est décrite comme étant séparée du temple par environ huit mille coudées, illustrant ainsi la distinction entre les aspects célestes et terrestres de l'organisation théocratique[65].
La publication souligne que les représentants terrestres du Royaume de Jéhovah seront les prophètes et témoins fidèles ressuscités d'avant l'ère chrétienne, désignés comme « princes sur toute la terre » (Psaume 45:16). Leur position dans l'organisation divine est détaillée en Ézéchiel 45:7,8, où il est précisé qu'une portion de terre leur sera attribuée de part et d'autre de la portion sainte et de la ville. La revue insiste sur le fait que ces princes ne seront plus des oppresseurs, mais des dirigeants justes, reflétant la volonté de Jéhovah. Elle cite Ézéchiel 45:9 pour illustrer les instructions divines concernant ces dirigeants : « Ainsi parle le Seigneur Jéhovah : Assez, princes d'Israël ! Éloignez la violence et la rapine, pratiquez la justice et l'équité, cessez vos exactions sur mon peuple »[66].
La publication aborde également les principes économiques qui régiront le Royaume théocratique, en opposition aux pratiques oppressives de l'organisation de Satan. Elle affirme que tout sera fait avec justice et équité, conformément aux mesures divines énoncées en Ézéchiel 45:10-12. Ces versets prescrivent l'utilisation de balances justes, d'un épha et d'un bath de mesure unique, ainsi que d'un sicle standardisé. La revue souligne que ces mesures garantiront l'absence de fraude ou de manipulation dans les échanges commerciaux, contrairement aux pratiques de « Big Business », qui exploite les populations sous la protection de structures militaires. Elle cite Luc 6:38 pour illustrer le principe divin de la générosité : « Donnez, et il vous sera donné : une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde »[67].
La publication explique que les princes terrestres auront pour mission de représenter Jéhovah et son Roi, Christ Jésus, dans les affaires terrestres. Elle cite Ézéchiel 45:13-17 pour décrire les offrandes que ces princes devront apporter lors des fêtes, des nouvelles lunes et des sabbats, afin de faire réconciliation pour le peuple. Ces offrandes symbolisent l'obéissance et la coopération des fidèles avec les représentants terrestres du Royaume. La revue précise que les peuples de la terre devront agir par l'intermédiaire de ces princes, qui serviront de médiateurs entre les fidèles et la prêtrise royale céleste. Elle souligne que ces instructions spécifiques montrent la reconnaissance divine envers les hommes fidèles qui ont maintenu leur intégrité dans le passé et qui seront ressuscités pour servir de représentants visibles de l'organisation théocratique sur terre. La publication ajoute que la vision d'Ézéchiel ne préfigure pas la construction d'un temple matériel à proximité de Jérusalem, mais constitue une prophétie de l'organisation de Dieu en opération, dont l'accomplissement aura lieu en son temps [68].
Lettres
Cette section présente plusieurs témoignages de fidèles à travers le monde, illustrant leur engagement envers la Théocratie et leur soutien à l'organisation dirigée par Joseph Franklin Rutherford. Les lettres, adressées directement au président de la Société Watch Tower, expriment une loyauté inconditionnelle et une reconnaissance pour les enseignements dispensés par la revue La Tour de Garde et les publications associées.
La première lettre, envoyée par un groupe de fidèles de la zone de Louisiane, souligne l'augmentation significative du nombre de proclamateurs du Royaume dans leur région. Les signataires rapportent une croissance notable, passant de 142 proclamateurs réguliers à 197, et de 100 irréguliers à 190, avec un pic de 260 proclamateurs pour un mois. Ils attribuent cette progression à l'attrait exercé par le message théocratique sur des personnes sincères, notamment celles issues du système catholique. La lettre exprime également une détermination sans faille à soutenir la Théocratie, malgré l'opposition croissante des forces sataniques[69].
Une autre lettre, signée par J.B. Egede depuis le Nigeria, témoigne d'une réconciliation personnelle avec l'organisation après une période de doute. L'auteur explique avoir été initialement influencé par une personne qui, bien qu'éclairée sur la connaissance de Dieu, a rejoint les « pollutions de ce monde » et est devenue un outil de Satan. Après avoir pris conscience de la véritable nature des forces sataniques et de l'importance de la fidélité à Jéhovah, l'auteur exprime sa gratitude pour avoir été « extrait » de cette influence néfaste et pour avoir retrouvé la joie de participer au service de prédication. Il mentionne particulièrement l'impact de l'article « Drama of Vindication », publié dans plusieurs numéros de La Tour de Garde, qui a permis aux fidèles d'identifier plus clairement les forces de Satan et la classe d'Achan[70].
Une troisième lettre, émanant d'une compagnie de Waukegan (Illinois), inclut un « Pledge of Loyalty » (Engagement de Loyauté) envers la Société Watch Tower et son président. Les signataires déclarent leur reconnaissance pour l'arrangement théocratique de Jéhovah sur terre et leur engagement à servir Dieu et à participer à la vindication de son nom. Ils affirment leur soutien indéfectible à la Société, qu'ils considèrent comme le canal utilisé pour dispenser la « nourriture au temps convenable » à la maison de la foi. La lettre souligne également leur détermination à rester fidèles à Jéhovah et à son Roi, Christ Jésus, malgré les défis et les oppositions. La lettre fait explicitement référence aux perturbations créées par les courriers qu'Olin Moyle avait envoyés à différents membres dans cette région, présentées comme une source de confusion que la visite d'un représentant de la Société est venue dissiper[71].
Enfin, une lettre de O.M. Kabungo, en provenance de Rhodésie du Sud, relate un épisode marquant où des fidèles ont été invités par un prêtre de l'Église d'Angleterre à expliquer leur message. Lors de cette rencontre, les frères ont utilisé un phonographe pour diffuser des discours de Rutherford, notamment « Religion and Christianity » et « Enemies ». Le prêtre et ses ministres, après avoir écouté les enregistrements et discuté avec les fidèles, ont exprimé leur adhésion aux enseignements des Témoins de Jéhovah. Ils ont publiquement renoncé à leurs anciennes pratiques, telles que la rémunération des prédicateurs et la collecte d'argent dans les églises, et ont encouragé leurs membres à étudier les publications de la Société Watch Tower. Cette conversion a provoqué la démission de trente-quatre personnes de la mission et a suscité la colère de l'évêque, qui a tenté de réorganiser le travail et de menacer les fidèles, allant jusqu'à instruire ses membres d'agresser ou de tuer quiconque se présenterait comme Témoin de Jéhovah. Malgré ces pressions, les Témoins de Jéhovah ont continué à proclamer leur message avec audace, contribuant à la croissance du Royaume dans la région[72].
Informations pratiques
La publication annonce la parution de plusieurs outils destinés à soutenir les fidèles dans leur ministère. Elle mentionne tout d'abord le Yearbook (Annuaire) de 1940, qui présente un rapport détaillé des activités théocratiques dans de nombreux pays. Ce rapport, préparé par le président de la Société, inclut également un commentaire sur le texte de l'année pour le nouveau calendrier, ainsi qu'un texte quotidien accompagné de commentaires tirés des numéros récents de La Tour de Garde. L'édition de l'Annuaire étant limitée, les fidèles sont invités à commander rapidement leur exemplaire en envoyant une contribution de 50 cents. Les commandes doivent être regroupées par les serviteurs de compagnie locaux pour faciliter leur traitement[73].
La revue présente également le « Model Study No. 2 », un livret complémentaire au premier « Model Study ». Ce nouvel outil permet aux fidèles équipés d'un phonographe de mener des études modèles basées sur les sept derniers discours enregistrés du président de la Société, allant de « Safety » (1937) à « Government and Peace » (1939). Le livret inclut un index de référence pour faciliter la localisation des enregistrements sur des sujets d'intérêt actuel. Avec 64 pages de matériel, ce livret est présenté comme un complément indispensable pour les études locales. Il est disponible contre une contribution de 5 cents par exemplaire, et les commandes doivent être passées par l'intermédiaire des serviteurs de compagnie[74].
Enfin, la publication annonce la disponibilité du calendrier de 1940, illustré par une peinture en couleur spécialement réalisée pour l'occasion. Le thème du calendrier, « Mon cœur se réjouira de ton salut » (Psaume 13:5), est accompagné d'une illustration représentant les événements imminents qui réjouiront les fidèles. Le calendrier inclut des indications sur les périodes spéciales de témoignage et les activités mensuelles de prédication du message du Royaume. Les calendriers, dont le stock est limité, sont disponibles au prix de 25 cents l'unité, ou 1 dollar pour cinq exemplaires envoyés à la même adresse. Les commandes doivent être passées par les serviteurs de compagnie[75].
La section se termine par l'annonce des études de La Tour de Garde pour les semaines à venir. La semaine du 4 février sera consacrée à l'étude de l'article « Rejoice in His Salvation » (paragraphes 1 à 24 du numéro du 1er janvier 1940), tandis que la semaine du 11 février portera sur la suite de cet article (paragraphes 25 à 47 du même numéro)[76].
La publication se conclut par une rubrique intitulée Expériences de terrain, qui met en avant des témoignages de fidèles engagés dans la prédication, illustrant leur zèle et leur persévérance malgré les obstacles. Ces récits, souvent anonymes, proviennent de différentes régions du monde et soulignent l'impact du message théocratique sur des individus de divers horizons.
Un pionnier du Lancashire (Angleterre) relate une expérience marquante où un homme, profondément ému par le discours « Government and Peace », a exprimé sa gratitude et sa conviction que le message entendu était la vérité. Cet homme, ancien enseignant d'école du dimanche depuis plus de vingt ans, a renoncé à la religion traditionnelle après avoir écouté les enregistrements phonographiques. Le pionnier décrit comment cet individu, après avoir entendu le message « Victory », a manifesté une joie intense et une reconnaissance envers Jéhovah pour lui avoir envoyé un témoin. Le récit souligne également l'efficacité de la méthode de prédication, avec des résultats concrets tels que la distribution de livres et de brochures, ainsi que des rendez-vous pour des écoutes supplémentaires. Le pionnier mentionne avoir été accueilli avec des cadeaux (fleurs, tomates) et avoir suscité des discussions animées sur la religion et les Témoins de Jéhovah dans des quartiers modestes[77].
Un autre témoignage provient d'un pionnier sourd-muet à New York, qui utilise la méthode de la « porte-à-porte » avec un phonographe dans les quartiers d'affaires de la ville. En trois heures de prédication, il a réussi à installer son phonographe à douze reprises, attirant trente auditeurs et distribuant vingt-quatre brochures et deux livres. Ce récit met en lumière l'adaptabilité des fidèles dans leur ministère, même dans des environnements urbains denses et exigeants[78].
Un intertitre distinct introduit ensuite le cas de fidèles octogénaires présentés comme toujours actifs dans le ministère (« Octogénaires non à la retraite »). La rubrique regroupe plusieurs témoignages géographiquement distincts. Une femme de quatre-vingts ans du Maryland rapporte avoir célébré son anniversaire le 10 septembre en participant à des marches d'information et à des conférences au Moose Hall, tout en accumulant cent cinquante-six heures de prédication, cent douze livres et quatre cent soixante-quatre brochures distribués au cours de la période. Un fidèle de Cleveland (Ohio) indique avoir reçu un phonographe le lendemain de son quatre-vingtième anniversaire et y voit un « cadeau de Jéhovah » pour proclamer son nom. Enfin, un fidèle de quatre-vingt-un ans en Pennsylvanie est cité comme dépassant régulièrement son quota mensuel de soixante heures, et ayant même frôlé les cent heures ; lors d'une marche d'information, un chef de police lui a ôté de force ses pancartes, mais le fidèle s'est immédiatement rendu au véhicule sonore pour en prendre de nouvelles, avant de repartir en sifflotant dans la rue. La publication note entre parenthèses que ce chef de police a depuis été arrêté pour abus de procédure[79].
Un récit en provenance de l'Utah, territoire majoritairement mormon, décrit les efforts d'un pionnier pour diffuser le message théocratique malgré l'opposition des membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le pionnier relate avoir distribué des livres et des brochures, ainsi que des écoutes phonographiques, en utilisant la méthode de la « porte-à-porte ». Il mentionne les tentatives des mormons pour le convertir, tout en soulignant la difficulté de « décaper le vernis » de leurs croyances. Ce témoignage illustre les défis spécifiques rencontrés dans des régions où les Témoins de Jéhovah sont minoritaires et confrontés à des doctrines concurrentes[80].
Un autre récit met en scène un fidèle d'origine chinoise, M. Suey, qui exprime son désir de s'engager dans le « travail du Seigneur » dès que son père le rejoindra sur une ferme en Alberta. Il manifeste son intérêt pour les publications de la Société Watch Tower, notamment La Tour de Garde et Consolation, et demande à recevoir des livres supplémentaires pour les prêter à ses voisins. Ce témoignage souligne l'attrait universel du message théocratique, transcendant les barrières culturelles et linguistiques[81].
Enfin, un récit en provenance du Pays de Galles relate la conversion d'une femme catholique, initialement hostile au message des Témoins de Jéhovah. Après une première visite où elle avait réagi avec agressivité, cette femme a exprimé des regrets lors d'une seconde visite et a demandé à recevoir davantage de publications. Ce témoignage illustre la capacité du message théocratique à toucher des cœurs même parmi ceux qui semblent initialement réfractaires[82].
Illustrations du numéro
Références
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- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 7-8.
- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 10.
- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 7.
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- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 4-6.
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- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 8-9.
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- ↑ Olin Moyle
- ↑ Olin Moyle
- ↑ La Tour de Garde du 1er janvier 1940, p. 14.
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- ↑ Joseph Franklin Rutherford
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- ↑ 1986 Yearbook of Jehovah's Witnesses, Nigeria, consulté en 2024.
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Voir aussi l'article 1940, qui recense les publications de cette année.