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La Tour de Garde du 1er juin 1930

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde du 1er juin 1930


Contenu

Les anges dans Sion (partie 1)

Cet article de fond constitue la première partie d'une étude en plusieurs livraisons consacrée au rôle des anges dans l'organisation divine. La publication pose d'emblée que l'organisation de Jéhovah revêt une « importance capitale pour les disciples du Christ » et que l'époque présente, définie comme le « jour du Seigneur », est propice à la révélation de vérités longtemps cachées.[1]

Israël et les anges

L'article entreprend d'abord de réfuter une interprétation antérieure, attribuée aux Studies in the Scriptures (vol. 1), selon laquelle les anges auraient eu la supervision de la race humaine entre l'expulsion d'Éden et le déluge, dans le but d'essayer de relever la race déchue.[2] La publication soutient au contraire que cette conclusion n'est pas étayée par les Écritures, car c'est Lucifer qui avait été placé sur l'humanité dès le commencement, et qu'il conserva cette autorité même après être devenu Satan.[3] Selon la publication, « Satan continue d'être le souverain invisible des impies sur la terre » depuis l'expulsion d'Éden jusqu'à la destruction de son organisation.[4]

La publication argumente ensuite que le rôle particulier des anges fidèles s'est exercé envers Israël, peuple élu placé sous leur surveillance au sens d'une délégation d'autorité divine. Elle s'appuie sur les textes de Hébreux 2:2-5, Actes 7:53 et Galates 3:19 pour établir que les anges n'ont pas simplement transmis la Loi à Israël en qualité de messagers, mais l'ont véritablement instituée avec autorité, à l'image d'un chef promulguant des ordonnances.[5]

Service envers les hommes

Cette sous-partie recense les interventions angéliques en faveur de personnages de l'Ancien Testament : guidance du serviteur d'Abraham pour le choix de Rébecca (Genèse 24:7-27), protection de Jacob lors de son retour en Canaan (Genèse 32:2), assistance militaire lors de la chute de Jéricho (Josué 6:2-21) et de la bataille de Gabaon (Josué 10:11-16), ainsi que la vision du serviteur d'Élisée à Dothan (2 Rois 6:17) et l'extermination de l'armée assyrienne devant Jérusalem.[6] La publication tire de ces récits la conclusion que les anges de Jéhovah offrent une protection spéciale aux oints encore sur la terre, faisant de Jacob et d'Élisée des types prophétiques des croyants contemporains.[7]

Changement de service

Après la résurrection et l'exaltation de Jésus, affirme la publication, la nature du service angélique s'est transformée. Jésus déclarant « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18), les anges n'avaient plus à le protéger personnellement mais devenaient ses sujets et ses co-combattants.[8] La publication lie l'intronisation du Christ en 1914 à Psaume 110:1-2 et à Psaume 2:6, affirmant que « cet intronement eut lieu en 1914, à la fin du monde » et que les anges fidèles combattirent aux côtés de Christ contre l'ennemi (Apocalypse 12:7).[9]

L'article se clôt sur la question de la composition de la compagnie angélique mentionnée en Matthieu 25:31 : la publication conclut que ces anges ne sont pas les membres du corps du Christ ressuscités à la gloire, puisque les textes hébraïques de Hébreux 12:22 les désignent comme une compagnie innombrable distincte de l'assemblée des oints.[10] La question de la fonction précise des anges en Sion dans le cadre du jugement en cours et de la moisson est annoncée comme devant être traitée dans la suite de l'article.[11]

Le Royaume de Dieu

Cet article se présente comme une conférence radiophonique de vingt-cinq minutes. Il expose la doctrine du Royaume en partant de l'affirmation que Jéhovah est le seul Dieu suprême, dont le nom propre — contrairement à tous ses substituts — s'applique exclusivement à lui et non aux anges, aux hommes, à Satan ni aux dieux des nations.[12]

La publication retrace ensuite la séquence cosmique de la rébellion de Lucifer : placé comme gardien du royaume terrestre de Dieu, ce dernier conçut une ambition démesurée, décida de se constituer un royaume propre en détournant les sujets de Dieu, et commença par mentir à Ève, diffusant le mensonge « Vous ne mourrez certainement pas » qui aurait selon la publication imprégné l'ensemble de l'humanité, tant dans sa version « héthène » (réincarnation) que dans sa version chrétienne (immortalité de l'âme).[13] La doctrine du tourment éternel est présentée comme une élaboration ultérieure de Satan à partir de ce mensonge fondamental.[14]

L'article affirme que l'exercice du pouvoir divin, remis à Christ en 1914 conformément à la chronologie biblique, a marqué le début de la destruction du gouvernement de Satan. La publication cite Psaume 2:2-9, Daniel 2:44 et Ésaïe 8:9-10 pour conclure qu'aucune ligue de nations ni aucun effort humain ne saurait empêcher l'établissement du Royaume de Dieu, et que « le royaume de Satan est condamné à une destruction complète dans un proche avenir ».[15]

La conclusion de l'article décrit le règne millénaire de Christ comme une œuvre de reconstruction, d'éducation et de jugement bienveillant, au cours de laquelle les 144 000 membres glorifiés de l'Église assisteront Jésus pour rétablir le Royaume de Dieu sur la terre, après quoi Jésus remettra le Royaume au Père (1 Corinthiens 15:24-28), et « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux ; il n'y aura plus de mort » (Apocalypse 21:4).[16]

Obéir et vivre ; désobéir et mourir

Ce second exposé radiophonique de quinze minutes développe le principe de la responsabilité morale de toute créature intelligente envers Jéhovah. La publication avance que Dieu, ayant tout créé pour le bien de ses créatures, avait le droit légitime d'exiger l'obéissance et de sanctionner de mort quiconque introduirait la rébellion dans son royaume, la loi divine étant formulée en ces termes : « Le salaire du péché c'est la mort » (Romains 6:23).[17]

L'article retrace la désobéissance d'Adam et d'Ève, qualifiés d'agents moraux libres qui laissèrent l'égoïsme entrer dans leur cœur, prouvant ainsi qu'ils ne méritaient plus ni faveur ni vie. La mort d'Adam après 930 ans est présentée comme l'accomplissement intégral de la peine divine, après quoi « l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné » (Ecclésiaste 12:7), le mot « esprit » désignant ici le principe vital et non une entité immortelle.[18]

La publication expose ensuite que toute restauration éventuelle d'Adam relèverait de la pure miséricorde divine et non d'un droit. L'article décrit alors le dispositif du sacrifice de rançon : Jésus, équivalent parfait d'Adam à l'âge de trente ans, s'offrit volontairement pour porter la peine à la place de l'humanité, ouvrant ainsi à chaque être humain, y compris les morts, le droit à une résurrection et à une nouvelle épreuve de loyauté durant le règne millénaire, selon la même condition qu'à Éden : obéir et vivre, pécher et mourir.[19]

L'article se termine par un rappel du sort de la nation d'Israël : ayant reçu la promesse de la vie à condition d'observer la loi (Lévitique 18:5 ; Deutéronome 11:26-28 ; Deutéronome 30:19), Israël désobéit, sombra dans l'idolâtrie et subit la malédiction de la dispersion parmi les nations, illustrant à l'échelle d'un peuple entier le principe universel de la rétribution divine.[20]

La récompense de l'obéissance (suite)

L'article se poursuit avec une réflexion sur les figures bibliques mentionnées dans le onzième chapitre de l'épître aux Hébreux, présentées comme une longue liste de fidèles — d'Abel jusqu'à Jean — qui moururent dans la foi sans avoir reçu leur récompense.[21] La publication affirme que ces justes devront attendre dans le tombeau que Jésus exerce son règne pour recevoir leur rétribution promise, et que « Très bientôt Jésus fera sortir ces obéissants du tombeau en tant qu'êtres humains parfaits, ici même sur la terre, où ils seront "des princes dans toute la terre" durant le règne millénaire du Christ ».[22]

L'article distingue ensuite le sort de ces fidèles de l'Ancien Testament de celui du reste de l'humanité, qui ressuscitera après eux et bénéficiera, durant mille ans, d'un enseignement de la vérité et d'une aide pour se relever du péché et de la déchéance. Ceux qui se montreront obéissants durant cette période d'épreuve recevront la vie éternelle sur la terre ; ceux qui persisteront dans la désobéissance, l'anarchie et l'égoïsme seront détruits dans la seconde mort.[23] La publication cite Ésaïe 1:19 pour illustrer ce principe.

La dernière partie de l'article traite des 144 000 appelés à vivre sur le plan spirituel. Cette offre, ouverte à l'occasion du premier avènement de Jésus, est présentée comme conditionnée à une obéissance fidèle jusqu'à la mort, à l'image du Christ lui-même.[24] La récompense décrite consiste à participer à la première résurrection et à régner avec Christ pendant mille ans, conformément à Apocalypse 20:6 et 1 Jean 3:2. La publication insiste sur le fait que cette récompense implique d'obéir concrètement à l'injonction d'Jésus de prêcher : « Il est de coutume de nos jours de laisser les membres du clergé faire la prédication, mais agir ainsi après avoir appris la vérité constitue une désobéissance manifeste ».[25] Ceux qui seraient « désobéissants à la vision céleste » sont avertis qu'ils subiront la seconde mort, en référence à 2 Thessaloniciens 1:8-9.

Courrier des lecteurs

La rubrique des lettres de lecteurs rassemble plusieurs témoignages de congrégations et de particuliers exprimant leur soutien à Joseph Rutherford et à la Société Watch Tower.[26] Une première lettre, signée par l'ecclésia d'Abilene (Kansas), transmet à l'unanimité l'assurance de loyauté des membres, qui déclarent vouloir se trouver « aux premiers rangs jusqu'à la fin » et expriment leur appréciation pour les sept derniers livres, le service radiophonique et le travail de l'imprimerie.[27]

Une deuxième lettre, signée par C. W. Stiver de l'Illinois, rend grâce pour le livre Prophecy de Rutherford, affirmant que cet ouvrage « accroît mon zèle au service du Roi des rois et m'embrase d'enthousiasme pour proclamer les louanges de celui qui m'a appelé hors des ténèbres vers sa lumière merveilleuse ».[28]

Courrier des lecteurs (suite)

La page suivante prolonge la rubrique épistolaire avec trois nouvelles lettres. La première émane des représentants de neuf classes du nord du New Jersey, réunis en convention à Passaic le 6 avril 1930. Elle présente des statistiques détaillées sur les deux premières séries de conventions tenues par ces classes depuis 1928, montrant une progression notable du nombre de travailleurs, d'heures de service, d'appels et de livres distribués.[29] Ses signataires assurent Rutherford de leur loyauté et l'invitent à s'adresser aux travailleurs lors de la convention de Paterson prévue du 4 au 6 juillet.

La deuxième lettre, signée P. Balzereit depuis l'Allemagne, se présente comme une réponse à un article de L'Âge d'Or évoquant les épreuves personnelles de Rutherford. Son auteur, qui se décrit comme responsable du travail allemand, témoigne de sa propre connaissance du dirigeant américain et exprime son indignation face à ce qu'il désigne comme des calomnies. Il affirme que « je suis pleinement convaincu que l'approbation du Seigneur est sur ton œuvre et tes actions », et conclut en assurant que tous les membres actifs en Allemagne, notamment à la Maison Biblique de Magdebourg, partagent le même sentiment d'unité dans la proclamation du nom de Jéhovah.[30]

La troisième lettre, adoptée unanimement lors d'une assemblée générale de l'ecclésia de Parsons (Kansas) le 1er janvier 1930, exprime la gratitude de la congrégation pour le ministère de Rutherford et les bénédictions reçues de la Maison Biblique au cours de l'année écoulée. Les membres y reconnaissent avoir manqué leur quota de distribution pour la première fois, mais s'engagent à redoubler d'efforts pour l'œuvre du royaume à venir.[31]

Nominations de service et conventions

La dernière page du numéro est entièrement consacrée aux informations pratiques d'organisation du travail de terrain de l'International Bible Students Association.[32] Elle présente un tableau d'itinéraires de service pour une douzaine de prédicateurs itinérants couvrant, entre la fin mai et début juillet 1930, de nombreuses villes des États-Unis et du Canada, notamment dans les États de Virginie, Caroline du Nord, Tennessee, Alabama, Géorgie, Floride, Illinois, Indiana, Michigan, Wisconsin, Iowa, Pennsylvanie, Virginie-Occidentale, Massachusetts, Louisiane, Arkansas, Oklahoma, Californie, Arizona, Colorado et Wyoming, ainsi que dans plusieurs villes de la province d'Ontario.[33]

La section des conventions de service signale trois grandes assemblées prévues pour le 4 au 6 juillet 1930, respectivement à Chicago (Illinois), Pittsburgh (Pennsylvanie), Grand Rapids (Michigan) et Paterson (New Jersey). Pour chacune, des coordonnées de responsables locaux sont fournies, avec mention explicite de sections linguistiques distinctes — allemande, polonaise, italienne, grecque, lithuanienne, ukrainienne, russe, hongroise et slovaque — témoignant du caractère multilingue et multiculturel des assemblées de l'organisation à cette époque.[34]

  1. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 163.
  2. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 163–164.
  3. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 164.
  4. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 164.
  5. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 165.
  6. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 166–167.
  7. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 166–167.
  8. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 167.
  9. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 167.
  10. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 168.
  11. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 168.
  12. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 169.
  13. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 170.
  14. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 170.
  15. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 171.
  16. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 172.
  17. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 172.
  18. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  19. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  20. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  21. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  22. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  23. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 173.
  24. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 174.
  25. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 174.
  26. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 174.
  27. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 174.
  28. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 174.
  29. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 175.
  30. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 175–176.
  31. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 176.
  32. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 176.
  33. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 176.
  34. La Tour de Garde du 1er juin 1930, p. 176.