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Le Plan Divin des Âges (1886)

De Tj-encyclopédie
Le Plan Divin des Âges (1886)
Auteur Charles Taze Russell
Titre original Le Plan Divin des Âges (1886)
Genre Livre
Sujet Témoins de Jéhovah
Langue Anglais
Pays États-Unis
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society
Parution 1886
Format Livre

Le Plan Divin des Âges constitue le premier volume de la série Études dans les Écritures, œuvre centrale de Charles Taze Russell. L'ouvrage se propose de démontrer que l'ensemble de l'histoire humaine s'inscrit dans un plan cohérent et préétabli par Dieu, divisé en grandes époques ou « âges » successifs, depuis la chute d'Adam jusqu'à la restauration finale de l'humanité sous le règne millénaire du Christ. Ce cadre interprétatif global est présenté comme la clé permettant de réconcilier les difficultés théologiques apparentes des Écritures — la permission du mal, la condition des morts, le jugement — avec les attributs de sagesse, d'amour et de justice attribués à Dieu.[1]

L'originalité de la démarche réside dans son ambition apologétique double : répondre à la fois au scepticisme intellectuel qui gagne les milieux éduqués de l'époque et aux incompréhensions doctrinales régnant au sein du protestantisme traditionnel. Russell y convoque aussi bien la Grande Pyramide de Gizeh, présentée comme un « prophète de pierre » confirmant le plan biblique, que des arguments rationnels sur l'existence de Dieu et l'inspiration des Écritures, pour bâtir un système théologique cohérent à destination des « saints consacrés » et des « chercheurs perplexes ».[2]

Analyse

Croyances

La structure doctrinale du Plan Divin des Âges repose sur une architecture théologique cohérente articulant plusieurs doctrines interdépendantes, dont l'abandon de l'une entraînerait l'effondrement de l'ensemble. Cette interdépendance est délibérée : Russell concevait son « plan des âges » comme un système dont la cohérence interne constituait elle-même une preuve de sa vérité, affirmant qu'un déplacement d'une seule année dans la chronologie détruirait les parallélismes prophétiques soigneusement établis.[3]

La doctrine de la rançon constitue la clef de voûte de tout l'ouvrage. Russell y développe le principe du prix correspondant (exact corresponding ransom) : la mort d'un seul homme parfait, Adam, ayant condamné toute l'humanité à la mort, la mort d'un seul homme parfait, Jésus, peut légalement racheter toute la race adamique.[4] Cette logique de stricte réciprocité est explicitement tirée de Romains 5:18 et constitue le fondement de la restitution universelle : si la rançon a été payée « pour tous », chaque être humain mort sans avoir entendu l'Évangile doit nécessairement recevoir une opportunité individuelle de salut, ce qui justifie la doctrine de la résurrection millénaire et du second jugement. La doctrine de la rançon, telle qu'exposée dans ce volume, présente ainsi une portée universelle que les théologies calviniste et arminienne, toutes deux critiquées, ne parviennent pas à articuler : l'élection de l'Église est limitée et n'exclut pas la bénédiction future de toute l'humanité.[5]

La réinterprétation du jugement dernier, présentée dans l'Étude IX, constitue l'une des ruptures les plus radicales avec la théologie protestante et catholique de l'époque. La publication rejette explicitement l'idée d'un jugement universel simultané et instantané, lui substituant une conception où le « jour » désigne une période étendue de mille ans.[6] Cette réinterprétation repose sur une analyse philologique du terme « jour » dans les Écritures hébraïques et grecques, rappelant que ce mot désigne régulièrement des périodes prolongées dans les prophéties bibliques. Le premier jugement d'Adam constitue la condamnation originelle ; le jugement millénaire futur sera un jugement individuel, dans des conditions bien plus favorables, bénéficiant de l'expérience accumulée de l'humanité sous le péché.[7] Cette doctrine implique que les morts n'ont pas encore reçu leur sentence finale, ce qui constitue le fondement logique de l'espérance de résurrection et de restitution défendue tout au long de l'ouvrage.

La distinction entre nature humaine et nature spirituelle ou divine, traitée dans les Études X et XI, tranche avec la tradition théologique courante qui tend à envisager le salut comme une spiritualisation croissante de l'être humain. L'ouvrage affirme au contraire que l'humanité parfaite, telle qu'Adam la possédait, est une nature complète et satisfaisante en elle-même, distincte par essence de la nature angélique ou divine.[8] Seule l'Église de l'Âge Évangélique est invitée à changer de nature, par un processus de sacrifice total aboutissant à la première résurrection en corps spirituel. Cette doctrine implique que les anges eux-mêmes, bien que parfaits, demeurent mortels, l'immortalité inhérente étant réservée à la nature divine.[9] Cette position, qui refuse explicitement d'attribuer l'immortalité à l'âme humaine par nature, fonde le rejet de la doctrine de l'enfer de feu éternel : si l'homme est mortel, la peine du péché ne peut être qu'une extinction définitive, et non une souffrance sans fin.[10]

La pyramidologie occupe dans cet ouvrage une fonction distincte de celle des arguments purement scripturaires : elle est explicitement présentée comme une confirmation indépendante du plan divin, un « témoin de pierre » bâti par une intelligence non humaine avant même la rédaction des Écritures bibliques.[11] Les mesures de la Grande Galerie et des passages internes de la Grande Pyramide de Gizeh sont censées confirmer les dates de 1874, 1881 et 1914, déduites par ailleurs de la chronologie biblique.[12] Cette double attestation — scripturaire et architecturale — vise à rendre les prophéties de Russell invulnérables à la critique : si la Bible et la Pyramide concordent indépendamment l'une de l'autre, la probabilité d'une erreur humaine serait, selon le raisonnement de l'ouvrage, pratiquement nulle.[13] La validation de ces dates par l'astronome royal d'Écosse, Charles Piazzi Smyth, dont la lettre est reproduite en préface, confère à cette démarche une apparence de légitimité scientifique.[14]

L'eschatologie prophétique déployée dans l'ouvrage articule plusieurs repères chronologiques précis. La seconde venue du Christ est placée en octobre 1874, la fin de l'appel céleste en octobre 1881, et la fin des Temps des Gentils en 1914.[15] La date de 1914 est présentée non pas comme la date du second avènement, mais comme l'échéance à laquelle devrait s'achever la sélection du corps du Christ et commencer la grande période de trouble mondiale.[16] Cette distinction entre la date du second avènement (1874, invisible) et la date de la fin des temps des Gentils (1914) est caractéristique de la chronologie russelliste, qui modifie sensiblement les schémas adventistes antérieurs en déplaçant l'accent de 1844 vers une série de dates échelonnées. L'ouvrage est ainsi l'une des premières formulations systématiques de la doctrine de la « présence invisible » du Christ depuis 1874, doctrine qui persistera dans l'enseignement des Étudiants de la Bible et sera profondément réinterprétée après 1914.

La doctrine de la permission du mal offre la réponse de Russell à la question de la théodicée. Le mal n'est pas attribué à Dieu, mais il a été toléré par lui comme moyen pédagogique permettant à l'humanité de comprendre, par l'expérience, la gravité du péché et le bien-fondé des lois divines.[17] Cet argument repose sur l'idée que la vertu authentique ne peut exister sans la liberté de choisir le mal, et que les créatures dotées d'une conscience morale doivent avoir accès à une connaissance expérientielle du bien et du mal pour développer une obéissance volontaire et éclairée plutôt que mécanique.[18] Russell étend ce raisonnement jusqu'à une démonstration hypothétique : même si Dieu avait accordé à chaque individu une épreuve individuelle initiale, sans la condamnation collective héritée d'Adam, les résultats auraient été comparables ou pires, et auraient rendu impossible le plan de rédemption par un seul rédempteur.[19]

La doctrine du « mystère caché », développée dans l'Étude V, identifie la « semence » promise à Abraham non pas à Jésus seul, mais à une entité collective composée du Christ comme tête et de l'Église comme corps.[20] Cette conception du Christ comme être collectif, appuyée sur Colossiens 1:27 et la métaphore paulinienne du corps, donne son sens profond à l'ensemble de la sotériologie russelliste : l'appel de l'Église à la nature divine n'est pas une fin en soi, mais prépare l'instrument par lequel les bénédictions seront étendues à toute l'humanité pendant le Millénium.[21] Ce mystère, tenu secret pour permettre la crucifixion et la persécution de l'Église sans lesquelles le plan ne pouvait s'accomplir, sera pleinement révélé au monde lors de la manifestation des fils de Dieu, conformément à Romains 8:19.[22]

Le traitement des tensions sociales dans l'Étude XV mérite une attention particulière en raison de son ancrage dans les réalités économiques de la fin du XIXe siècle. La publication n'analyse pas les conflits entre capital et travail comme de simples péchés individuels, mais comme des conséquences structurelles inévitables d'un système mondial dirigé par Satan, condamné à s'effondrer sous ses propres contradictions.[23] Les prophéties d'Ézéchiel, de Sophonie et de Jacques sont mobilisées pour annoncer que les richesses thésaurisées perdront leur valeur, que les structures financières s'effondreront, et que les masses laborieuses se soulèveront, non pas pour bâtir un monde meilleur, mais pour précipiter l'anarchie finale qui rendra nécessaire et évidente l'intervention du Royaume de Dieu.[24] Cette eschatologie sociale préserve la passivité politique des croyants : ils ne doivent pas participer aux luttes sociales, mais maintenir une neutralité confiante et proclamer le seul remède efficace, le Royaume divin.[25]

La doctrine de la révélation progressive, enfin, sert de cadre épistémologique à l'ensemble de l'ouvrage. Russell s'appuie sur 1 Pierre 1:12 et les déclarations de Paul sur les mystères pour affirmer que même les prophètes et les apôtres ne comprenaient pas pleinement leurs propres oracles, et que la compréhension du plan divin s'approfondit nécessairement avec le temps.[26] Cette épistémologie lui permet de critiquer les credos établis des dénominations protestantes, figés à l'époque de la Réforme, et de légitimer une « lumière plus grande » accessible à l'aube du Millénium.[27] Elle fonctionne également comme protection doctrinale : si une interprétation s'avère erronée, la révélation progressive justifie une correction sans ébranler l'autorité de l'enseignement, puisque le principe même de l'évolution de la compréhension est intégré au système.[28]



Organisation et histoire

Le Plan Divin des Âges occupe une place fondatrice dans l'histoire de l'organisation russelliste, puisqu'il constitue le premier volume de la série Études dans les Écritures, publié en 1886 à une époque où le mouvement ne comptait encore qu'une centaine d'adhérents actifs.[29] L'ouvrage parut dans un contexte organisationnel qui venait à peine de se structurer : c'est en effet au début de l'année 1881 que la Zion's Watch Tower Tract Society avait été établie comme organisme non incorporé, Russell et d'autres membres ayant contribué collectivement quelque 35 000 dollars pour en financer les activités d'impression.[30] La Société ne fut constituée en personne morale, sous le nom de Zion's Watch Tower Tract Society, qu'en 1884, soit deux ans avant la publication de ce premier volume.[31]

L'événement organisationnel le plus directement évoqué dans le contenu de ce livre est la diffusion massive de la brochure Food for Thinking Christians en 1881. Russell lui-même y fait référence en soulignant que c'est en 1881 que fut publié et distribué gratuitement le premier texte à avoir distingué clairement l'« appel élevé » adressé à l'Église durant l'Âge évangélique et les faveurs de la restauration destinées au monde entier, fixant la date de clôture de cet appel à octobre 1881.[32] L'ampleur de cette opération illustre la capacité mobilisatrice du mouvement naissant : selon Russell lui-même dans Thy Kingdom Come, quelque 1 400 000 exemplaires furent distribués aux États-Unis et en Grande-Bretagne, financés par des dons volontaires d'environ 42 000 dollars, sans aucune sollicitation directe.[33] La distribution fut assurée par des garçons messagers du District Messenger Service dans les grandes villes, et par courrier dans les zones rurales, plusieurs journaux ayant accepté d'envoyer un exemplaire à chacun de leurs abonnés. Le livre présente cette coïncidence entre la date prophétique de 1881 et la diffusion de cet ouvrage comme un signe providentiel, tout en précisant que l'auteur n'avait pas consciemment établi ce lien au moment des faits.[34]

Le livre révèle également un acte institutionnel de validation externe qui témoigne de la volonté de Russell de légitimer ses thèses pyramidologiques auprès d'une autorité scientifique reconnue. Avant la publication du chapitre consacré à la Grande Pyramide de Gizeh, William M. Wright, collaborateur de Russell, soumit le manuscrit à Charles Piazzi Smyth, astronome royal d'Écosse et figure de référence sur les questions pyramidales.[35] La réponse élogieuse de Smyth, reproduite dans la préface du livre, constitue ainsi une caution scientifique officielle mise en avant dès la première page : l'astronome y exprime son admiration pour les développements sur la chronologie de la pyramide, notamment ceux relatifs au Premier Passage Ascendant et aux parallèles établis avec la vie du Christ, et mentionne son intention de citer certains passages dans une future édition de son propre ouvrage.[36] Russell était convaincu que l'harmonie interne de son plan des âges prouvait sa validité, et que les mesures internes de la Grande Pyramide venaient corroborer la Bible comme un « témoin bâti en pierre ».[37]

Le réseau de colporteurs, décrit explicitement dans les dernières pages du volume, constitue le bras séculier de l'organisation à cette époque. Le livre encourage activement les lecteurs à devenir colporteurs en voyageant de ville en ville pour distribuer les publications, en leur promettant des tarifs de gros préférentiels et en les renvoyant à un guide pratique intitulé Hints to Colporteurs.[38] Ce système de diffusion, complété par la revue La Tour de Garde proposée au prix d'un dollar par an avec des dispositions pour les plus démunis, forme à cette date l'ossature logistique et financière de l'organisation russelliste.

Enfin, le livre mentionne un acte institutionnel précis et daté survenu bien après sa publication initiale, intégré dans les éditions ultérieures : en 1902, un donateur anonyme acquit le copyright de l'Emphatic Diaglott auprès de la Fowler & Wells Co. de New York et le céda à la Watch Tower Society, avec l'instruction expresse de réduire le prix de l'ouvrage pour le rendre accessible aux membres les plus pauvres du mouvement.[39] Cette acquisition, mentionnée dans une section du volume, illustre un mode de développement organisationnel reposant sur des donations individuelles importantes et sur une logique de diffusion à bas coût des outils d'étude biblique jugés indispensables.[40]

Contenu

Le Plan Divin des Âges

Ce livre, publié en 1886 par lInternational Bible Students Association sous la direction de Charles Taze Russell, constitue le premier volume de la série Études dans les Écritures. Il se présente comme une « vindication du caractère et du gouvernement divins », cherchant à harmoniser l'ensemble des Écritures pour démontrer que la permission du mal, passé et présent, est éducative et préparatoire à l'avènement de l'« Âge d'Or de la prophétie ». L'ouvrage promet une « pleine connaissance » et une « pleine opportunité » pour l'humanité d'atteindre la vie éternelle grâce au Rédempteur, décrit comme le « Grand Restaurateur et Donateur de vie »[41].

Schéma illustrant le plan des âges, montrant les étapes de la rédemption et de la restauration de l'humanité.

La page de titre met en avant un schéma illustrant le « Plan de Dieu pour amener de nombreux fils à la gloire », en s'appuyant sur le verset Éphésiens 1:10 : « réunir toutes choses sous un seul chef, même sous l'Oint ». Ce schéma, reproduit en illustration, divise l'histoire humaine en plusieurs âges et périodes, depuis la création jusqu'à la restauration finale de l'humanité. Il souligne la progression depuis la « condition déchue » de l'humanité jusqu'à la « perfection humaine et la vie », en passant par des étapes clés comme l'« Âge de l'Évangile », le « Règne du Christ », et la « Restauration d'Israël »[42].

La dédicace du livre s'adresse aux « saints consacrés », à la « maison de la foi », et à « toute la création gémissante, en travail et attendant la manifestation des fils de Dieu ». Elle cite Éphésiens 3:4-5,9 et Éphésiens 1:8-10 pour souligner la révélation progressive du « mystère caché en Dieu » depuis le commencement du monde, et la volonté divine de rassembler toutes choses sous le Christ lors de la « dispensation de la plénitude des temps »[43].

Préface : Un appel à la défense de la foi chrétienne

La préface du livre s'ouvre sur un constat alarmiste : une « grande vague de marée d'incrédulité » balaie la chrétienté, non pas sous la forme d'un athéisme blasphématoire, mais d'un scepticisme cultivé, porté par les élites intellectuelles et les manuels scolaires. Les collèges, séminaires et écoles secondaires sont décrits comme des foyers de remise en question de l'inspiration des Écritures, où affirmer sa foi en la Bible expose au mépris des pairs. Même les figures de Jésus et des apôtres sont réduites à des « sincères » ayant commis des erreurs en citant l'Ancien Testament comme inspiré[44].

Face à cette crise, la publication affirme que la Watch Tower Bible & Tract Society s'engage à « dresser l'étendard du Seigneur pour le peuple ». Elle propose six séries d'« Études bibliques » (dont ce volume fait partie) pour aider les chrétiens de toutes dénominations à répondre aux doutes des « chercheurs perplexes ». Ces études, vendues à prix coûtant (environ deux cents chacune, ou 35 cents pour un ensemble de 15 études reliées), sont présentées comme un outil accessible pour contrer l'incrédulité, notamment auprès des jeunes générations. La préface encourage les lecteurs à utiliser ces études pour répondre aux questions sur l'existence de Dieu ou l'inspiration de la Bible, en invitant les sceptiques à lire les textes directement plutôt qu'à les qualifier de « questions sottes »[45].

Préface — Commentaire de C. Piazzi Smyth

La préface de cet ouvrage inclut un commentaire élogieux de Charles Piazzi Smyth, astronome royal d'Écosse, sur le chapitre consacré à la Grande Pyramide de Gizeh. Ce chapitre, initialement rédigé sous forme de manuscrit, fut envoyé à Smyth pour examen critique avant sa publication. William M. Wright, un collaborateur de Russell, fut à l'origine de cette démarche, souhaitant soumettre le texte à un expert reconnu pour ses connaissances sur la Grande Pyramide[46].

Smyth, après une lecture attentive du manuscrit, exprima son admiration pour la profondeur et l'originalité des analyses présentées. Il souligna en particulier les développements sur la chronologie de la Pyramide, notamment ceux relatifs au Premier Passage Ascendant et à son bouchon de granit, ainsi que les parallèles établis entre la Grande Galerie et la vie du Christ. Il mentionna également les correspondances entre la Chambre du Roi et ses éléments de granit, d'une part, et le Tabernacle et ses ornements d'or, d'autre part. Smyth reconnut que ces interprétations apportaient une confirmation remarquable des enseignements bibliques, tout en offrant des perspectives nouvelles et stimulantes[47].

La lettre de Smyth, reproduite dans la préface, témoigne de son enthousiasme pour le travail de Russell. Il y exprime son intention de citer certains passages du manuscrit dans une future édition de son propre ouvrage sur la Pyramide, tout en respectant le choix de Russell quant à la date de publication. Smyth conclut en remerciant Wright pour l'opportunité qui lui a été offerte de découvrir ce texte, et en promettant de le retourner avec ses annotations[48].

La Grande Pyramide — Témoignage de la pierre de Dieu

C

La Grande Pyramide de Gizeh

La section consacrée à la Grande Pyramide de Gizeh explore son rôle symbolique et scientifique dans le cadre du Plan des Âges. L'ouvrage affirme que cette structure, située en Égypte, n'est pas seulement un monument architectural, mais aussi un « témoin » silencieux des desseins divins, corroborant les enseignements bibliques[49].

Localisation et signification géographique

La Grande Pyramide est décrite comme occupant une position géographique remarquable. Elle se trouve sur un plateau rocheux dominant le Nil, près du Caire, et marque l'angle intérieur d'un quart de cercle formé par le delta du fleuve. Cette particularité a été mise en évidence par Henry Mitchell, hydrographe en chef de l'United States Coast Survey, qui a souligné que la pyramide se situe au centre physique de la masse terrestre mondiale, incluant les continents alors inconnus comme l'Amérique[50].

Un passage biblique est cité pour appuyer cette interprétation : Isaïe 19:19-20 évoque un « autel à l’Éternel au milieu du pays d’Égypte, et une colonne près de la frontière, à l’Éternel ». La publication interprète cette « colonne » comme une référence à la Grande Pyramide, située à la fois au centre et à la frontière symbolique de l’Égypte[51].

Leçons scientifiques

L'ouvrage souligne que la Grande Pyramide ne communique pas par des hiéroglyphes ou des dessins, mais par sa localisation, sa construction et ses mesures. Bien que les détails techniques soient omis pour des raisons de concision, il est mentionné que ses dimensions reflètent des connaissances astronomiques précises. Par exemple, la somme des côtés de sa base correspond au nombre de jours dans quatre années (incluant les années bissextiles), tandis que la somme de ses diagonales indique la durée du cycle précessionnel, estimé à 25 827 ans. Ces mesures corroborent les calculs des astronomes de l'époque[52].

La pyramide est également présentée comme un indicateur des distances astronomiques. Sa hauteur et son angle permettraient de déduire la distance moyenne entre la Terre et le Soleil, estimée à 91 840 270 miles, une valeur proche des calculs modernes. Enfin, elle établirait un standard universel pour les poids et mesures, basé sur les dimensions et la masse de la Terre[53].

Schéma des chambres et passages internes de la Grande Pyramide, illustrant son symbolisme eschatologique.

Le révérend Joseph Seiss, cité dans l'ouvrage, propose une interprétation spirituelle de la pyramide. Il suggère que son sommet, point culminant où convergent toutes ses lignes, symbolise le centre gravitationnel de l'univers. Selon les découvertes astronomiques de l'époque, le Soleil et son système planétaire seraient en mouvement autour d'un centre plus vaste, identifié par certains comme les Pléiades, et plus précisément l'étoile Alcyone. La publication souligne que, lors de la construction de la pyramide (datée de 2170 av. J.-C.), Alcyone se trouvait précisément sur le méridien de la structure à minuit lors de l'équinoxe d'automne, coïncidant avec le début de l'année juive. Cette observation est mise en relation avec un passage biblique : Job 38:31-32 interroge : « Peux-tu lier les liens des Pléiades ? »[54].

Témoignage sur le plan de rédemption

La section insiste sur le fait que la principale valeur de la Grande Pyramide réside dans son symbolisme du Plan des Âges. Bien que ses enseignements scientifiques soient fascinants, c'est son illustration du plan divin de rédemption qui retient l'attention. La structure extérieure de la pyramide, avec sa forme achevée, représenterait le plan de Dieu accompli à la fin de l'Âge millénaire. La pierre angulaire sommitale symboliserait le Christ, élevé comme chef suprême, tandis que chaque pierre de l'édifice représenterait les élus, parfaitement ajustés et unis par l'amour[55].

Plusieurs passages bibliques sont invoqués pour étayer cette interprétation : - Modèle:CiteBible décrit le Christ comme la « pierre angulaire précieuse ». - Modèle:CiteBible évoque la pose de cette pierre avec des cris de grâce. - Modèle:CiteBible déclare : « La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle ». - Modèle:CiteBible et Modèle:CiteBible appliquent cette prophétie au Christ, rejeté par les chefs religieux d'Israël[56].

La publication explique que la pierre angulaire, bien que parfaitement taillée, aurait été initialement rejetée par les bâtisseurs en raison de sa forme inhabituelle (cinq côtés et seize angles). Ce rejet symboliserait celui du Christ par les Juifs, qui ne reconnaissaient pas sa place dans le plan divin. Cependant, à la fin des temps, cette pierre deviendrait indispensable pour achever l'édifice, tout comme le Christ sera reconnu comme le chef suprême du plan de Dieu[57].

Structure interne et plan de rédemption

La construction interne de la pyramide est présentée comme une illustration détaillée du plan de rédemption. Chaque passage et chambre symboliserait une étape spécifique de ce plan : - Le **passage d'entrée**, descendant et étroit, représenterait la chute de l'humanité dans le péché et sa marche vers la destruction. - La **chambre souterraine**, inachevée et rugueuse, symboliserait la « fosse sans fond » mentionnée dans les Écritures, c'est-à-dire la mort et l'oubli résultant du péché[58].

Le **premier passage ascendant**, difficile et exigu, illustrerait la Dispensation de la Loi et la tentative d'Israël de suivre la voie divine. Ce passage débouche sur la **Grande Galerie**, haute et spacieuse, qui symboliserait l'Âge de l'Évangile, offrant des espoirs et des libertés plus grands que ceux de la Loi. À l'extrémité inférieure de cette galerie, un passage horizontal mène à la **chambre de la Reine**, tandis qu'à son extrémité supérieure, un autre passage conduit à l'**antichambre**, décrite comme un lieu d'instruction et d'épreuve. Enfin, la **chambre du Roi**, la plus importante, contiendrait un coffre en pierre, seul mobilier de la pyramide, et serait surmontée de chambres de construction, interprétées comme symbolisant des êtres spirituels[59].

Le **puits**, reliant la Grande Galerie au passage d'entrée, jouerait un rôle central dans cette symbolique. Son ouverture, qui semble avoir été forcée depuis l'intérieur, représenterait la résurrection du Christ, brisant les liens de la mort et ouvrant une nouvelle voie vers la vie. Ce puits symboliserait également le sacrifice rédempteur du Christ, seul moyen pour l'humanité de sortir de la condamnation et d'accéder à la vie éternelle. La publication cite Modèle:CiteBible pour appuyer cette interprétation : « Il nous a ouvert un chemin nouveau et vivant »[60].

Chronologie et datation

L'ouvrage mentionne que la théorie selon laquelle chaque pouce des passages de la pyramide correspondrait à une année a été proposée par Robert Menzies, un Écossais. Selon cette hypothèse, la Grande Galerie représenterait l'Âge de l'Évangile, et ses dimensions permettraient de dater des événements clés du plan divin. Par exemple, les 33 premiers pouces de la galerie correspondraient aux 33 années de la vie du Christ, menant directement à l'ouverture du puits, symbole de sa mort et de sa résurrection[61].

Des mesures précises, réalisées en 1872 par un ingénieur civil, auraient confirmé cette théorie. La longueur totale du passage d'entrée et du premier passage ascendant, mesurée jusqu'à une ligne finement gravée dans le mur, correspondrait à 2170,34 pouces, soit la date présumée de la construction de la pyramide (2170 av. J.-C.). Cette découverte renforcerait l'idée que les passages de la pyramide constituent une « chronologie de pierre », attestant du plan divin[62].

Voici la section == Contenu == pour la tranche 4/34 (pages physiques 43 à 56) du livre *Le Plan Divin des Âges (1886)* :

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La Grande Pyramide

Schéma de la Grande Pyramide de Gizeh, illustrant les passages internes et leur symbolisme.

La publication consacre une section détaillée à l'étude symbolique de la Grande Pyramide de Gizeh, présentée comme un « témoin de pierre » corroborant les enseignements bibliques. L'auteur affirme que la structure interne de la pyramide, notamment ses passages et chambres, reflète le plan divin pour l'humanité, depuis la chute d'Adam jusqu'à la restauration millénaire[63].

Le « Passage Descendant » est interprété comme symbolisant la trajectoire de l'humanité sous l'emprise du « prince de ce monde » (Jean 12:31), menant vers une période de troubles représentée par la « Chambre Subterranéenne » ou « Puits ». Cette dernière, décrite comme irrégulière et inachevée, évoque à la fois la liberté et le chaos, préfigurant les bouleversements sociaux et politiques annoncés pour la fin des « temps des Gentils »[64]. La mesure de ce passage, soit 3 457 pouces pyramidaux, est présentée comme une confirmation chronologique de la date de 1915 pour le début des troubles finaux, calculée à partir de l'an 1542 av. J.-C. (date symbolique de la jonction entre les passages descendant et ascendant)[65].

Un changement de pente dans le « Passage Descendant », passant d'une inclinaison à une section horizontale, est associé à l'année 1590. Bien que l'auteur reconnaisse l'imprécision des mesures disponibles, il suggère que cet événement pourrait correspondre à un tournant historique, comme la Réforme protestante, qui aurait temporairement freiné la « descente » morale et spirituelle de l'humanité[66].

Le « Passage Ascendant » et l'Âge Évangélique

Le « Premier Passage Ascendant » est interprété comme représentant la période s'étendant de l'Exode d'Israël à la naissance de Jésus-Christ. Initialement, une discordance apparente entre la mesure de ce passage (1 542 pouces) et la chronologie biblique (1 614 ans) est relevée. Cependant, l'auteur explique que cette divergence est résolue par la présence d'un « bouchon de granit » de 179 pouces, dont la longueur, ajoutée à celle du passage, donne un total de 1 649 pouces (soit 1 650 ans en comptant l'usure du granit). Ce détail est présenté comme une preuve de la précision du plan divin, confirmant la durée de la faveur accordée à Israël jusqu'en l'an 36[67].

La « Grande Galerie », haute de sept fois le passage précédent, symbolise l'« appel céleste » adressé à l'Église durant l'Âge Évangélique. Ses sept rangées de pierres superposées et son sol incliné illustrent les défis et les privilèges de la « voie étroite » menant à la vie éternelle (Matthieu 7:14). La publication souligne que cette galerie, bien que longue et difficile, a une fin, marquant la clôture de l'appel à la nature divine pour les fidèles[68].

La « Chambre du Roi » et la destinée des élus

L'accès à la « Chambre du Roi », située à l'extrémité de la « Grande Galerie », est décrit comme nécessitant le passage par des couloirs bas et une « Chambre Antérieure ». Ces obstacles symbolisent les épreuves et le sacrifice de la volonté humaine, requis pour atteindre la perfection divine. La « Chambre Antérieure », avec son sol en granit et ses parois irrégulières, est comparée à une « salle de classe » où les élus sont formés et éprouvés avant d'entrer dans la gloire céleste[69].

La publication insiste sur le fait que la mort physique, représentée par un dernier passage bas, est une étape nécessaire pour accéder à la « Chambre du Roi », symbole de la nature divine promise aux vainqueurs. Ce parcours est présenté comme une illustration fidèle des enseignements bibliques sur la nécessité de la souffrance et de la mort pour hériter de la gloire avec Christ (Romains 8:17)[70].

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  • (La suite du contenu sera traitée dans la tranche suivante.)*


La Grande Galerie

La publication aborde la signification symbolique de la Grande Pyramide de Gizeh dans le cadre du plan divin. Elle explique que la « Grande Galerie » de la pyramide représente la période de l'appel céleste, ou « haute vocation », adressé aux croyants pour accéder à la nature divine, symbolisée par la « Chambre du Roi »[71]. Cet appel commence avec la naissance de Jésus et se poursuit jusqu'à la fin des temps de la grâce, marquée par la fin de l'âge de l'Évangile. La publication souligne que cet appel à la nature divine est un privilège offert à tous les croyants justifiés, bien que peu l'acceptent pleinement en se conformant aux conditions requises, c'est-à-dire en suivant les pas du Christ[72].

Plan en coupe de l'antichambre et des murs adjacents de la Grande Pyramide.

La « Chambre du Roi », accessible uniquement par la « Grande Galerie » et l'« Antichambre », est décrite comme l'appartement le plus noble de la pyramide, symbolisant la nature divine. Elle est entièrement construite en granit rouge poli, un matériau qui, dans la pyramide, représente les choses divines, tout comme l'or le faisait dans le Tabernacle et le Temple d'Israël[73]. La publication note que le seul objet présent dans cette chambre est un coffre en granit, sans couvercle, qui correspond en capacité à l'Arche de l'Alliance du Tabernacle de Moïse. Ce coffre symbolise ainsi l'Arche, renforçant le parallèle entre les deux structures sacrées[74].

L'Antichambre

La publication poursuit son analyse en expliquant que l'« Antichambre » de la Grande Pyramide, tout comme le « Saint » du Tabernacle, représente l'état de relation avec Dieu dans lequel le croyant entre après avoir accepté le pardon des péchés et s'être consacré à Son service[75]. Cet état est celui d'une « nouvelle créature », appelée à hériter de la nature divine. L'entrée basse dans l'Antichambre symbolise la consécration ou la soumission totale à la volonté divine, marquant le début d'une nouvelle vie spirituelle pour ceux qui aspirent à faire partie de la prêtrise royale[76].

La publication souligne que, bien que le croyant soit considéré comme une « nouvelle créature » dès sa consécration, il ne devient pleinement participant de la nature divine qu'après avoir traversé les épreuves et les sacrifices de la vie présente, représentés par les murs de l'Antichambre et les objets du « Saint » du Tabernacle (la Table des pains de proposition, le Chandelier d'or et l'Autel des parfums)[77]. Ce n'est qu'après avoir passé par la mort et participé à la Première Résurrection que le croyant accède pleinement à la nature divine, symbolisée par la « Chambre du Roi »[78].

La Grande Pyramide est ainsi présentée comme un témoin non seulement de la chute de l'humanité dans le péché, mais aussi des étapes du plan divin pour sa rédemption, ouvertes par la mort et la résurrection de Jésus-Christ[79].

La Feuille de Granit

La publication examine ensuite un détail architectural de l'Antichambre, notant que le sol en granit ne s'étend pas jusqu'à l'avant de la pièce, tandis que le plafond en granit couvre toute sa longueur[80]. Ce détail est interprété comme une leçon symbolique en harmonie avec le plan divin : bien que le croyant entre dans un état sanctifié (symbolisé par l'Antichambre) dès sa consécration, il n'est pas considéré comme ayant pleinement accédé à la nouvelle nature divine tant qu'il n'est pas « vivifié » par l'esprit de la vérité et engagé activement dans le service de Dieu[81].

Cette étape cruciale est représentée par la « Feuille de Granit », une structure suspendue qui semble prête à tomber et à bloquer toute progression ultérieure. Elle symbolise l'avertissement suivant : même après avoir consacré sa vie à Dieu, le croyant doit être activé par l'esprit de la vérité pour avoir une véritable place dans la nature divine à laquelle il est appelé[82]. La publication identifie trois étapes clés pour accéder à la gloire divine : (1) la consécration, ou engendrement par l'esprit à travers la Parole de vérité, symbolisée par le passage bas vers l'Antichambre ; (2) la vivification par le service actif et le sacrifice, symbolisée par le passage sous la Feuille de Granit ; et (3) la naissance spirituelle par la participation à la Première Résurrection, symbolisée par le passage vers la « Chambre du Roi »[83].

Les Natures Humaine et Spirituelle

La publication explore ensuite la manière dont la Grande Pyramide illustre la distinction entre les natures humaine et spirituelle. En traçant une ligne verticale imaginaire à travers l'axe de la pyramide, on observe que la « Chambre de la Reine », son passage horizontal, le « Passage d'Entrée », le « Premier Passage Ascendant » et la « Grande Galerie » se trouvent tous du côté nord de cet axe, tandis que seule l'« Antichambre » et la « Chambre du Roi » se situent du côté sud[84].

Cette disposition symbolise la distinction entre les deux natures, comme le souligne le verset 1 Corinthiens 15:40. La « Chambre de la Reine », représentant la perfection humaine après le Millénium, montre que l'humanité restaurée, bien que toujours humaine, sera très proche de la nature divine, à l'image de son Créateur[85]. Les passages ascendants menant vers cet axe symbolisent les efforts des fidèles pour atteindre la perfection humaine, tandis que ceux qui sont appelés à faire partie de l'Église de l'âge de l'Évangile sont invités à aller au-delà, pour accéder à la nature divine en tant que cohéritiers avec le Christ[86].

Coupe verticale de l'Antichambre, de l'extrémité sud de la Grande Galerie et des cavités supérieures de la Chambre du Roi.

La publication note également que la « Chambre Souterraine », ou « Fosse », représentant la mort et les troubles, ne se trouve pas entièrement du même côté de l'axe que la « Chambre de la Reine ». Cela n'invalide pas l'interprétation symbolique, car cette chambre ne fait pas partie intégrante de la structure de la pyramide, mais se situe bien en dessous de sa base[87]. Cependant, une ligne verticale tracée depuis son mur le plus éloigné coïncide avec le mur le plus éloigné de l'Antichambre, ce qui pourrait symboliser la possibilité pour certains croyants sanctifiés de commettre le péché conduisant à la seconde mort, c'est-à-dire la destruction éternelle[88].

L'Adventisme et la Mort du Christ

La publication aborde ensuite un autre aspect symbolique de la Grande Pyramide, en lien avec la première venue du Christ et sa mort. Elle explique que l'emplacement de l'ouverture du « Puits », marquant l'avènement et la mort de Jésus, se situe du côté de l'axe de la pyramide représentant la nature humaine[89]. Ce positionnement souligne que Jésus, bien qu'il ait été « fait chair » pour offrir sa vie en rançon pour l'humanité, était sans péché et n'a jamais participé à la chute d'Adam, symbolisée par le passage menant à la « Fosse »[90].

La « Grotte », située au-dessus de la base de la pyramide et non taillée par l'homme, symbolise la mort de Jésus. Son caractère naturel indique que le sacrifice du Christ n'était pas une mesure improvisée, mais une partie intégrante du plan divin, préétabli avant même le début de la construction symbolique de la pyramide[91]. Son emplacement au-dessus de la ligne de base de la pyramide enseigne que, bien que Jésus soit mort en rançon pour les pécheurs, il n'est jamais descendu dans le péché ou la dégradation, mais est resté dans les limites du plan divin[92].

La publication pose ensuite une question cruciale : la Grande Pyramide corrobore-t-elle les Écritures concernant la fin de l'appel à la haute vocation ? Elle souligne que cette question constitue un « test crucial » pour ce « témoin de pierre », qui doit confirmer ou infirmer les enseignements bibliques sur la durée de cet appel[93].

La Fin de l'Appel Céleste

La publication affirme que la Grande Pyramide confirme pleinement les enseignements bibliques concernant le plan divin. Ses correspondances remarquables avec la Bible ne laissent aucun doute sur le fait que le même inspirateur divin a guidé à la fois les prophètes et les apôtres, ainsi que les concepteurs de ce « témoin de pierre »[94].

Elle rappelle que les Écritures indiquent que la fin du pouvoir des Gentils et le temps de trouble qui y mettra un terme surviendront après 1914, et que les derniers membres de l'Église du Christ seront glorifiés avant cette date[95]. Les Écritures montrent également que la « moisson », ou la fin de cet âge, a commencé en octobre 1874, et que l'appel céleste a pris fin en octobre 1881, bien que certains puissent encore être admis par la suite pour remplacer ceux jugés indignes parmi les appelés[96].

La publication explique que la ligne de sol de la « Grande Galerie » a été mesurée à plusieurs reprises, donnant trois ensembles de mesures distincts. La première mesure, le long de la surface de marche, donne 1874 pouces pyramidaux ; la deuxième, en incluant l'« Escalier », donne 1881 pouces ; et la troisième, en incluant la surface supérieure de l'escalier, donne 1910 pouces[97]. En ajustant ces mesures pour correspondre au calendrier actuel (qui est en retard d'un an et trois mois), ces dates correspondent à octobre 1874, octobre 1881 et octobre 1910[98].

Ces trois dates sont en parfaite harmonie avec les enseignements bibliques : la « moisson » a commencé en octobre 1874, l'appel céleste a pris fin en octobre 1881, et une période de tri a suivi, durant laquelle certains ont pu encore être admis pour remplacer les indignes[99].

Les Dates Clés et la Fin des Temps

La publication souligne que cette concordance entre la Grande Pyramide et la Bible est remarquable. Les dates d'octobre 1874 et octobre 1881 sont exactes, tandis que la date de 1910, bien que non explicitement mentionnée dans les Écritures, semble raisonnable pour marquer un événement important dans l'expérience de l'Église et son ultime épreuve[100]. La date de 1914 est clairement définie comme la fin de cette période, après laquelle surviendra le plus grand trouble du monde, dans lequel certains de la « grande multitude » pourraient avoir un rôle à jouer[101].

La publication rappelle que cette date limite de 1914 doit non seulement marquer l'achèvement de la sélection, de l'épreuve et de la glorification de tout le corps du Christ, mais aussi la purification de certains membres de la « grande compagnie » de croyants consacrés qui, par peur ou manque de courage, n'ont pas rendu de sacrifices acceptables à Dieu et se sont ainsi contaminés par les idées et les voies du monde[102]. Certains de ces croyants pourraient encore être sauvés « comme par le feu » avant la fin de cette période, mais ils devront d'abord voir la chute de la Grande Babylone et subir une partie de ses plaies[103].

Les quatre années entre 1910 et 1914, indiquées par la Grande Pyramide, seront probablement une période d'« épreuve ardente » pour l'Église, précédant l'anarchie mondiale, qui ne durera pas longtemps, car « si ces jours n'étaient abrégés, aucune chair ne serait sauvée » (Matthieu 24:22)[104].

La Seconde Venue du Christ

La publication poursuit en expliquant que la Grande Pyramide ne se limite pas à ces correspondances. Elle marque également les dates de deux grands événements liés à la fin de cet âge : (1) la seconde venue du Christ et (2) le début de la moisson[105]. Tout comme la mort et la résurrection du Christ sont symbolisées par le « Puits » à l'extrémité inférieure de la « Grande Galerie », ces événements sont marqués à son extrémité supérieure.

À l'extrémité sud du mur est de la « Grande Galerie », une ouverture relie l'espace inachevé au-dessus de la « Chambre du Roi ». Cette ouverture symbolise l'entrée d'un être céleste, capable de se déplacer librement, sans avoir besoin de portes[106]. Les mesures précises du professeur Smyth révèlent que ce mur sud n'est pas parfaitement perpendiculaire, mais penche de sept pouces vers l'intérieur. La pyramide indique ainsi que, sept ans avant la fin de l'appel céleste (avant octobre 1881), le grand Être céleste fera son entrée[107]. Ce mur incliné symbolise également la fin progressive de l'appel, qui s'achèvera définitivement en octobre 1881.

La publication souligne que cette correspondance exacte avec les enseignements bibliques est d'autant plus remarquable que les mesures de la Grande Pyramide ont été prises indépendamment de toute connaissance des interprétations scripturaires des auteurs de la publication[108].

Le Début des Bénédictions de la Rédemption

Enfin, la publication examine un dernier aspect symbolique de la Grande Pyramide, lié au début des bénédictions de la rédemption pour le monde. Elle suggère que la fin de l'appel spécial de l'âge de l'Évangile, en 1881, marque également le début des bénédictions de la restitution pour l'humanité[109]. Le « Puits », qui symbolise la rançon à son extrémité supérieure, devrait, à son extrémité inférieure (où il rejoint le passage descendant), marquer le moment où les bienfaits de la rançon commenceront à atteindre toutes les familles de la terre, une fois les élections des âges juif et évangélique achevées[110].

En adoptant 1881 comme date marquant le début des bénédictions de la restitution, la publication mesure la distance le long du « Passage d'Entrée » jusqu'à l'entrée originale de la pyramide. Cette distance est de 3826 pouces pyramidaux, représentant 3826 ans[111]. En remontant 3826 ans avant 1881, on arrive à l'année 1945 av. J.-C., date à laquelle Isaac, le fils typique d'Abraham, hérita de toute la richesse de son père et fut en mesure de bénir ses frères, Ismaël et les enfants de Ketura, symbolisant ainsi le monde en général[112].

Le « Passage d'Entrée » marque donc, en années-pouces, la période allant de l'année où Isaac devint héritier (1945 av. J.-C.) à 1881 apr. J.-C., date à laquelle les bénédictions devaient effectivement atteindre le monde par l'intermédiaire du Christ, l'héritier antitypique de toutes choses (Galates 3:16,29)[113].

La Grande Pyramide

La section consacrée à la Grande Pyramide de Gizeh se poursuit en détaillant son rôle symbolique dans le plan divin. L'auteur établit un parallèle entre les mesures de la pyramide et la chronologie biblique, notamment en ce qui concerne la période séparant la bénédiction typique d'Isaac (représentant le Christ) et la bénédiction antitypique de l'humanité entière. Il souligne que les 3 826 années indiquées par les mesures de la pyramide correspondent à la durée entre la bénédiction d'Isaac (1945 av. J.-C.) et l'année 1881, marquée par le début des annonces de la restauration[114]. Cette date de 1881 est présentée comme le moment où s'achève l'appel à la nature divine (la "haute vocation") et où commence la proclamation de la restauration pour l'humanité, bien que ces événements soient invisibles aux yeux du monde et ne puissent être discernés que par la foi[115].

L'auteur mentionne également un événement marquant lié à cette période : la publication et la diffusion massive de l'ouvrage Food for Thinking Christians en 1881. Ce livre, distribué gratuitement à plus d'un million d'exemplaires aux États-Unis et en Grande-Bretagne, est présenté comme le premier à distinguer clairement l'appel à la nature divine réservé à l'Église durant l'Âge évangélique et les faveurs de la restauration destinées au monde entier. La diffusion de cet ouvrage est décrite comme un signe providentiel, bien que l'auteur affirme ne pas avoir remarqué cette coïncidence au moment des faits[116].

Schéma des sept côtés de la Chambre de la Reine, illustrant la perfection symbolique associée à la restauration de la nature humaine.

La section aborde ensuite le symbolisme des différentes parties de la pyramide. La "Chambre du Roi" représente la nature divine, tandis que la "Grande Galerie" symbolise l'appel à cette nature. En dessous, la "Chambre de la Reine" incarne la nature humaine parfaite, et le chemin qui y mène illustre le parcours que l'humanité devra suivre pour atteindre la perfection durant le Millénium. Ces deux voies, menant respectivement à la nature divine et à la perfection humaine, ont été rendues possibles par le sacrifice de rançon du Médiateur, représenté dans la pyramide par l'ouverture du "Puits" permettant l'accès aux deux passages[117].

L'auteur insiste sur le fait que la pyramide, en accord avec les Écritures, montre que personne ne pouvait accéder à la vie ou à l'immortalité par la Loi ou l'Ancienne Alliance. Le "Premier Passage Ascendant", bien qu'existant, était impraticable en raison du "Bouchon de granit", symbolisant l'incapacité de la Loi à offrir la vie. Seul le sacrifice du Christ, représenté par le "Puits", permet d'accéder à la vie et à l'immortalité, comme l'affirment les Écritures[118].

Le Plan Divin des Âges

Cette section introduit la première étude intitulée « La nuit de péché de la Terre prendra fin dans un matin de joie ». L'auteur présente le titre de l'ouvrage, Le Plan Divin des Âges, comme reflétant une progression ordonnée et préconçue dans les desseins de Dieu. Il souligne que la période de permission du péché a été une nuit sombre pour l'humanité, mais que le jour glorieux de la justice et de la faveur divine, inauguré par le Messie, apportera une compensation bien plus grande que les souffrances passées. Ce jour est comparé à un matin de joie, en référence au Psaume 30:5, où les pleurs de la nuit cèdent la place à la joie du matin[119].

L'auteur explique que toute la création, bien que gémissant sous la douleur, aspire à ce jour, souvent appelé l'Âge d'Or, sans toutefois en comprendre pleinement la portée. Il affirme que les desseins de Dieu dépassent largement les attentes humaines, citant Isaïe 55:8-9 pour illustrer la supériorité des pensées et des voies divines sur celles des hommes[120].

La section met en garde contre l'idée que cette compréhension du plan divin serait le fruit d'une sagesse ou d'une capacité exceptionnelle de l'auteur. Au contraire, il attribue cette révélation à la lumière du "Soleil de Justice" qui se lève à l'aube du Millénium, rendant ces vérités accessibles aux cœurs purs et sincères. L'auteur souligne également la nécessité de renforcer les fondements de la foi, souvent remis en question par le scepticisme ambiant, en s'appuyant sur la Parole de Dieu comme base inébranlable[121].

Il explique que l'objectif de cet ouvrage est de présenter le plan de Dieu de manière harmonieuse et cohérente, en s'appuyant sur les Écritures pour en révéler les aspects passés, présents et futurs. L'auteur insiste sur l'importance d'étudier les Écritures de manière méthodique et réfléchie, en évitant les spéculations dangereuses et en cherchant à comprendre le plan divin dans son ensemble, guidé par l'esprit de vérité promis aux enfants de Dieu[122].

Deux méthodes d'étude sont proposées : la première consiste à puiser parmi les différentes doctrines des sectes chrétiennes, une approche jugée confuse et risquée en raison des préjugés et des erreurs inhérents à chaque système. La seconde méthode, privilégiée par l'auteur, invite à se libérer de tout préjugé et à s'appuyer uniquement sur la Parole de Dieu, en utilisant les aides divinement fournies, comme mentionné dans Éphésiens 4:11-16. Cette méthode est présentée comme la seule capable de conduire à une compréhension progressive et éclairée de la vérité[123].

L'auteur précise que cet ouvrage s'adresse particulièrement aux étudiants de la Parole de Dieu, en s'appuyant exclusivement sur les Écritures et, occasionnellement, sur l'histoire séculière pour confirmer l'accomplissement des prophéties bibliques. Il rejette l'autorité des théologiens modernes et des "Pères de l'Église", estimant que leur témoignage, bien que parfois conforme aux idées présentées, repose souvent sur une adhésion aveugle à des traditions plutôt que sur une recherche personnelle de la vérité. Il encourage les chercheurs de vérité à vider leurs esprits des eaux troubles de la tradition pour puiser directement à la source de la Parole de Dieu[124].

Enfin, l'auteur reconnaît que cet ouvrage ne peut offrir qu'un examen général et rapide de la Bible et de ses enseignements, en raison des contraintes de temps et de la hâte caractéristique de l'époque. Il invite les lecteurs intéressés à ne pas se contenter d'une lecture superficielle, mais à étudier attentivement les arguments et les preuves scripturaires présentés, afin de saisir pleinement la cohérence et l'harmonie du plan divin[125].

La joie du matin

Ce chapitre poursuit l'exposé du plan divin en insistant sur la nécessité d'une étude méthodique et ordonnée des Écritures pour en saisir la cohérence globale. L'auteur souligne que la révélation divine, bien que complète, se déploie progressivement et nécessite une approche rigoureuse, distincte des spéculations hasardeuses qui transforment souvent les étudiants en prophètes autoproclamés plutôt qu'en exégètes sérieux[126]. La publication affirme que « non seulement dans un langage adapté, mais aussi dans un ordre conçu pour permettre à tous les lecteurs de saisir clairement le sujet et le plan général » de la révélation. Cette structure pédagogique est présentée comme essentielle pour éviter les interprétations fragmentaires ou erronées, fréquentes lorsque les Écritures sont abordées sans méthode.

L'étude des prophéties et des symboles bibliques, souvent négligée par les chrétiens, est défendue comme une composante indispensable de toute théologie équilibrée. L'auteur met en garde contre les dérives de la spéculation prophétique, qui, sous couvert d'interprétation divine, peut conduire à des théories fantaisistes et éloignées des textes sacrés[127]. Il insiste sur la noblesse de l'étude révérencieuse des desseins divins, citant 1 Pierre 1:12 pour rappeler que même les anges désirent sonder ces mystères. La prophétie n'est pas présentée comme un simple outil de curiosité, mais comme un moyen de comprendre les plans de Dieu, d'aligner sa perspective sur la sienne et de servir avec intelligence et engagement[128].

Diagramme représentant la répartition religieuse de l'humanité selon les estimations de l'époque.

La publication aborde ensuite l'état spirituel du monde, décrit comme enveloppé dans une ignorance généralisée du nom de Jésus-Christ. Un diagramme publié par la *London Missionary Society* et repris par le *Women's Presbyterian Board of Missions* est cité pour illustrer cette situation. Intitulé *« A Mute Appeal on Behalf of Foreign Missions »*, ce graphique classe l'humanité en plusieurs catégories religieuses : 856 millions de païens, 170 millions de musulmans, 16 millions de juifs, 116 millions de protestants, 84 millions de catholiques grecs et 168 millions de catholiques romains[129]. Le commentaire du *Watchman*, journal de la *Y.M.C.A.* de Chicago, souligne que même parmi les 116 millions de protestants, une grande partie est tombée dans l'incrédulité ou l'ignorance, réduisant encore le nombre de ceux qui adhèrent véritablement à l'Évangile[130].

L'auteur conteste cependant l'exactitude de ces chiffres, estimant que le nombre réel de protestants est surévalué. Il suggère que 16 millions serait une estimation plus réaliste pour les membres adultes des églises, et que seul un million pourrait correspondre aux véritables saints, ceux qui marchent selon l'esprit et non selon la chair[131]. Cette remise en question s'appuie sur la pratique courante, notamment en Europe, d'inclure les nourrissons et les jeunes enfants dans les effectifs des églises, ce qui fausse les statistiques. La publication conclut que ce tableau, déjà sombre, devient encore plus inquiétant lorsque l'on considère les générations passées, dont la grande majorité a vécu et est morte dans l'ignorance du salut.

Face à cette réalité, les doctrines traditionnelles sont critiquées pour leur enseignement selon lequel ces milliards d'âmes ignorantes sont condamnées à un tourment éternel. L'auteur souligne l'absurdité d'une telle perspective, qui, si elle était vraie, plongerait la vie dans le désespoir et priverait l'existence de toute joie[132]. Il cite un pamphlet intitulé *« A Mute Appeal on Behalf of Foreign Missions »* pour illustrer cette vision orthodoxe, selon laquelle 100 000 âmes meurent chaque jour dans un désespoir sans Christ. Cependant, la publication rejette cette interprétation et propose une lecture plus optimiste des Écritures, affirmant que le plan divin de salut n'est pas un échec, mais qu'il se déploie selon un calendrier précis et rassurant.

Pour étayer cette position, l'auteur invoque Isaïe 60:2-3, où le prophète annonce que les ténèbres couvriront la terre, mais que la gloire de Dieu se lèvera sur son peuple et attirera les nations. Cette prophétie est présentée comme une promesse de lumière future, contrastant avec l'obscurité actuelle. La publication souligne que cette ignorance généralisée et cette lente progression de la vérité ont été une source de perplexité pour l'Église, mais aussi pour le monde lui-même, qui a ressenti cette obscurité comme une oppression tangible[133].

Un poème publié dans un journal de Philadelphie est cité pour illustrer ce sentiment de désarroi. L'auteur anonyme exprime son incompréhension face au dessein divin, demandant pourquoi Dieu a créé l'humanité pour une existence si brève et si douloureuse, et pourquoi aucun défunt ne revient pour éclairer les vivants sur leur destinée. Le poème rejette les dogmes des sectes et des écoles, qui entravent la raison, et appelle à une révélation directe de Dieu pour dissiper les ténèbres et révéler le mystère de son trône[134]. La publication répond à ce poème en affirmant que la réponse à ces questions se trouve dans les Écritures, qui révèlent un plan divin de salut et de résurrection, offrant une espérance au-delà de la mort.

La progression de la lumière

Ce chapitre explore la manière dont la lumière divine se révèle progressivement aux croyants, en insistant sur l'importance de marcher dans cette lumière pour ne pas être laissé dans les ténèbres. La publication affirme que la vérité est semée pour les justes, citant Psaume 97:11, et que la Parole de Dieu agit comme une lampe pour les pieds et une lumière pour le chemin des fidèles[135]. Cependant, cette lumière ne brille pleinement que pour ceux qui sont justifiés par la foi, et non pour les incrédules. Le chemin des justes est décrit comme une voie qui s'illumine de plus en plus jusqu'au jour parfait, une métaphore de la révélation progressive des desseins divins.

L'auteur souligne que cette progression n'est pas individuelle, mais collective, s'appliquant à l'ensemble des croyants à travers les âges. Les patriarches, les prophètes, les apôtres et les saints de toutes les époques ont marché dans cette lumière croissante, et celle-ci continuera de s'intensifier jusqu'à la réalisation complète du plan divin[136]. Cette perspective est présentée comme une source de joie et d'espérance pour les justes, qui doivent se réjouir dans l'attente de l'accomplissement des promesses divines. Cependant, la publication déplore que beaucoup, par manque de foi ou d'intérêt, restent dans l'obscurité alors qu'ils pourraient marcher dans la lumière.

La publication aborde ensuite l'histoire de l'Église chrétienne, marquée par des périodes de lumière et d'obscurité. Après la mort des apôtres, une grande partie de l'Église a commencé à négliger la Parole de Dieu pour se tourner vers des enseignants humains. Ces derniers, animés par l'orgueil, ont pris des titres et des fonctions, et ont progressivement établi un système clérical qui a conduit à la domination de la Papauté[137]. Ce système, fondé sur le respect excessif des traditions humaines et le mépris des Écritures, a asservi à la fois l'Église et le monde civilisé, les amenant à adorer les dogmes des hommes plutôt que la vérité divine.

La Réforme est présentée comme un mouvement libérateur, initié par des figures comme Luther, Zwingli, Melanchthon, Wycliffe et Knox, qui ont dénoncé les erreurs de la Papauté et remis la Bible au centre de la foi chrétienne. Ces réformateurs ont montré que les enseignements et les pratiques de l'Église catholique étaient contraires aux Écritures et fondés sur des traditions humaines[138]. Cependant, la publication critique les protestants pour leur manque de progrès depuis la Réforme. Au lieu de continuer à marcher dans la lumière, ils se sont arrêtés autour de leurs leaders favoris, se contentant de voir ce que ceux-ci voyaient et refusant d'aller plus loin. Ils ont ainsi érigé des barrières doctrinales, mêlant des vérités partielles à des erreurs héritées de l'Église catholique, et ont figé leur compréhension des plans divins dans des credos formulés il y a plusieurs siècles.

Cette stagnation est présentée comme une erreur coûteuse, car elle a privé les chrétiens des vérités dispensationnelles qui deviennent successivement accessibles. L'auteur illustre ce point en comparant la vérité à une nourriture adaptée aux différentes saisons et conditions, citant Luc 12:42 et Matthieu 13:52 pour montrer que le serviteur fidèle doit apporter la nourriture au moment opportun, en puisant dans le trésor des choses nouvelles et anciennes[139]. Les credos sectaires, en revanche, ne contiennent que des vérités anciennes et partielles, souvent mélangées à des erreurs, ce qui les rend incapables de fournir une nourriture spirituelle complète et adaptée.

La publication souligne que cette confusion doctrinale a conduit à une méfiance généralisée envers la Bible, souvent perçue comme un livre ambigu sur lequel chacun peut plaquer ses propres interprétations. Cette situation a favorisé l'incrédulité moderne, alimentée par les représentations erronées de la Parole et du caractère de Dieu, ainsi que par le refus de se soumettre aveuglément aux opinions humaines[140]. Face à cette crise, l'auteur insiste sur la nécessité pour les croyants de pouvoir rendre compte de leur espérance, en s'appuyant sur la Parole de Dieu, qui seule peut rendre sage et fournir une doctrine solide.

La révélation progressive des mystères divins

Ce chapitre examine la manière dont les mystères divins ont été révélés progressivement à l'Église, en insistant sur le fait que la perfection de la connaissance n'appartient pas au passé, mais à l'avenir. La publication affirme que les prophètes et les apôtres ont été utilisés par Dieu pour communiquer des vérités au fur et à mesure qu'elles devenaient accessibles, et non parce qu'ils comprenaient mieux ces vérités que les générations ultérieures[141]. Cette idée est illustrée par l'exemple de Paul, qui révèle que Dieu a fait connaître à l'Église chrétienne un mystère (ou secret) de sa volonté, jamais révélé auparavant, bien qu'il ait été consigné dans des paroles obscures qui ne pouvaient être comprises qu'au moment opportun.

Paul explique que ce mystère a été révélé pour ouvrir les yeux des croyants et leur faire comprendre l'appel élevé réservé exclusivement aux fidèles de l'Âge chrétien[142]. Cette révélation montre clairement que ni les prophètes ni les anges ne comprenaient le sens des prophéties qu'ils énonçaient. Pierre confirme cette idée en déclarant que les prophètes ont cherché à comprendre les vérités contenues dans leurs propres prophéties, mais que Dieu leur a révélé que ces vérités n'étaient pas pour eux, mais pour les croyants de l'Âge chrétien. Il exhorte l'Église à espérer encore davantage de grâce dans ce domaine, c'est-à-dire une connaissance plus approfondie des plans divins.

La publication souligne que la promesse de Jésus, selon laquelle l'Esprit de vérité guiderait l'Église dans toute la vérité, s'est accomplie de manière progressive. Bien que l'Église des premiers siècles ait été libérée de nombreuses erreurs propagées par la Papauté, elle ne pouvait pas avoir une compréhension aussi profonde et claire du plan divin que celle accessible aujourd'hui[143]. Il est également évident que les différents apôtres avaient des degrés variables de compréhension des desseins divins, bien que tous leurs écrits aient été inspirés par Dieu. L'exemple de Pierre et des autres apôtres, à l'exception de Paul, illustre cette différence lorsqu'ils ont hésité à étendre l'Évangile aux Gentils, contrairement à Paul, qui était guidé par les prophètes, les actions passées de Dieu et les révélations directes qu'il avait reçues.

Paul est présenté comme ayant reçu des révélations plus abondantes que tout autre apôtre, bien qu'il n'ait pas été autorisé à les partager pleinement avec l'Église ou même avec les autres apôtres. Ces visions et révélations, bien que non divulguées, ont donné une profondeur et une richesse particulières à ses écrits, que les générations ultérieures peuvent apprécier plus pleinement à la lumière des accomplissements prophétiques et de la guidance de l'Esprit[144]. Pour corroborer cette idée, la publication cite le livre de l'Apocalypse, écrit vers 96 ap. J.-C., qui se présente comme une révélation spéciale de choses jusqu'alors incomprises. Cela prouve que le plan divin n'était pas entièrement révélé à cette époque, et que ce livre n'a jamais été, jusqu'à présent, ce que son nom implique : une révélation.

L'auteur souligne que même Jean, qui a vu les visions de l'Apocalypse, n'en comprenait probablement pas la signification. En tant qu'apôtre et prophète, Jean a enseigné ce qui était « viande au temps opportun » pour son époque, tout en énonçant des vérités qui serviraient de nourriture spirituelle aux générations futures[145]. Pendant l'Âge chrétien, certains saints ont tenté de comprendre l'avenir de l'Église en étudiant ce livre symbolique, mais même une lecture partielle de ses mystères était inaccessible sans la lumière des événements ultérieurs. La publication conclut en affirmant que la compréhension des plans divins continue de s'approfondir, et que les croyants doivent rester ouverts à de nouvelles révélations pour marcher pleinement dans la lumière.


La lumière continue de croître

La publication souligne que la révélation progressive des vérités bibliques s'est poursuivie au fil des siècles, notamment lors de la Réforme, où des figures comme Luther ont pu identifier l'Antéchrist mentionné dans les prophéties bibliques. Cette progression est présentée comme une confirmation de la promesse divine selon laquelle ceux qui étudient les Écritures seront bénis (Apocalypse 1:3). Le texte insiste sur le fait que la lumière spirituelle est plus abondante à l'époque contemporaine qu'à toute autre période de l'histoire de l'Église[146].

Étude III

L'existence d'un Créateur suprême et intelligent

Cette section aborde la question de l'existence d'un Créateur intelligent en s'appuyant sur la raison et les observations de la nature. Le texte rejette l'idée que l'ordre, la symétrie et la diversité de l'univers puissent être le fruit du hasard, affirmant que de tels effets nécessitent une cause compétente. Il critique également la théorie de l'évolution, qui postule que les espèces se transforment sans intervention divine, en soulignant que les espèces actuelles sont fixes et ne peuvent se mélanger ou évoluer en d'autres espèces. Par exemple, bien que certains poissons puissent utiliser leurs nageoires comme des ailes, ils ne se transforment jamais en oiseaux[147].

Le texte propose une théorie alternative de l'évolution, compatible avec la raison et la Bible, selon laquelle les espèces actuelles, bien que fixes, pourraient provenir d'espèces antérieures aujourd'hui éteintes. Cette théorie suppose que les lois divines ont permis des évolutions graduelles sous l'influence de facteurs comme le climat et l'alimentation, jusqu'à l'établissement des espèces actuelles. Cependant, cette évolution aurait cessé une fois l'objectif divin atteint, laissant place à des espèces immuables. Le texte souligne que cette hypothèse n'invalide pas l'idée d'un Créateur intelligent, mais soutient plutôt que la nature, dans sa complexité, est le fruit d'une intelligence supérieure[148].

Enfin, la publication affirme que la raison humaine, en observant la nature et ses lois, conduit inévitablement à la conclusion qu'un Créateur intelligent, doté de sagesse, de justice, d'amour et de puissance, existe. Ce Créateur, dont les attributs dépassent infiniment ceux de l'humanité, est présenté comme digne d'adoration. Le texte argue que la présence d'un être capable d'apprécier ces attributs divins implique logiquement que ce Créateur fournirait une révélation de ses plans et de ses desseins, afin de répondre aux aspirations naturelles de l'homme[149].

Soleil sur tout

Ce poème, attribué à Whittier, exprime une vision optimiste et fidèle de l'avenir malgré les critiques et les moqueries des sceptiques. Il décrit un monde marqué par les conflits et les divisions, où la guerre et la violence semblent dominer. Cependant, le texte encourage les croyants à rester fidèles à la Parole de Dieu, malgré les railleries des incrédules. Il affirme que, comme le soleil finit par percer après les tempêtes, les vérités divines finiront par s'imposer et apporter la paix et la joie à l'humanité entière. Le poème conclut en soulignant que les vérités venues du ciel, bien que d'abord niées et moquées, deviendront aussi communes que la rosée et le soleil sur toute la terre[150].

Étude IV

La Bible comme révélation divine

Cette section examine la Bible comme une révélation divine, en s'appuyant sur des arguments rationnels et historiques. Le texte souligne que la Bible est un livre unique, ayant survécu à des siècles de persécutions et de tentatives de destruction. Malgré les efforts pour la faire disparaître, elle s'est répandue dans le monde entier, traduite en plus de deux cents langues. Cette longévité et cette diffusion sont présentées comme des preuves circonstancielles de la protection divine sur ce livre, qui se revendique comme la Parole de Dieu[151].

La publication met également en avant l'influence morale positive de la Bible. Contrairement à d'autres écrits religieux ou scientifiques, la Bible a apporté joie, paix et bénédictions à des millions de personnes, qu'elles soient riches ou pauvres, instruites ou non. Le texte insiste sur le fait que la Bible n'est pas un livre à lire superficiellement, mais à étudier avec soin, car les pensées de Dieu dépassent celles des hommes. Il souligne que les trésors de vérité qu'elle contient ne se révèlent pas toujours à la surface, mais nécessitent une étude approfondie[152].

Le texte aborde ensuite les motivations des auteurs bibliques, en particulier ceux du Nouveau Testament, qui ont consacré leur vie à promouvoir les enseignements de Jésus de Nazareth. Malgré la condamnation et la crucifixion de Jésus, ces auteurs ont persévéré dans leur mission, affrontant persécutions, emprisonnements et même la mort. Leur engagement désintéressé et leur intégrité morale sont présentés comme des preuves de la sincérité de leur témoignage. Le texte argue que des hommes prêts à sacrifier leur vie pour une cause ne pouvaient être motivés que par des convictions pures et nobles, et non par des intérêts égoïstes[153].

Enfin, la section examine le caractère des écrits bibliques, en particulier ceux de l'Ancien Testament. Les auteurs de ces textes, comme ceux du Nouveau Testament, sont décrits comme des hommes intègres, dont les faiblesses et les défauts sont rapportés avec franchise. Cette honnêteté dans la narration est présentée comme une preuve supplémentaire de l'authenticité de la Bible, car des imposteurs n'auraient pas manqué de glorifier leurs héros de manière exagérée. Le texte conclut en invitant à examiner les enseignements bibliques pour vérifier s'ils correspondent au caractère de Dieu, tel que la raison permet de le concevoir[154].

Les cinq premiers livres et l'histoire biblique

Cette partie aborde la nature historique des premiers livres de la Bible, tant dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament. Le texte explique que ces livres ne nécessitent pas une révélation spéciale pour relater des faits connus des auteurs, mais que leur inclusion dans la Bible s'explique par leur pertinence pour la révélation divine. Il souligne que la crédibilité de ces récits repose sur l'intégrité et les motivations des auteurs, qui étaient des hommes honnêtes et intègres[155].

Le texte mentionne également que certains livres de la Bible, comme les Livres des Rois, des Chroniques et des Juges, sont des récits historiques détaillés des événements et des personnages marquants de leur époque. Ces récits, bien que parfois jugés indécents selon les normes modernes, sont justifiés par la nécessité de tracer la lignée du Messie promis, descendant d'Abraham. Par exemple, les origines des Moabites et des Ammonites, ainsi que la généalogie de David, sont rapportées avec précision pour établir les liens familiaux menant à Jésus (Genèse 19:36-38, Luc 3:23,31,33,34, Matthieu 1:2-16). Cette rigueur historique est présentée comme une preuve de l'authenticité et de la fiabilité de la Bible[156].

Une Révélation Divine

Ce chapitre poursuit l'examen des fondements bibliques en se concentrant sur les livres attribués à Moïse et les lois qui y sont promulguées. La publication affirme que les cinq premiers livres de la Bible, bien qu'ils ne mentionnent pas explicitement Moïse comme auteur, lui sont raisonnablement attribués. Elle souligne que l'omission d'une déclaration explicite d'auteur ne constitue pas une preuve contre cette attribution, car un imposteur aurait probablement revendiqué la paternité de Moïse pour renforcer la crédibilité de ces textes[157].

La publication met en avant plusieurs arguments pour soutenir l'origine divine de ces écrits : 1. **L'historicité crédible** : Les livres de Moïse contiennent la seule histoire crédible de l'époque qu'ils couvrent, contrairement à d'autres récits comme celui de la Chine qui commence avec une création fantaisiste. 2. **La cohérence scientifique** : Le récit de la Genèse, qui commence par « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre », est présenté comme raisonnable et corroboré par les découvertes scientifiques accumulées depuis quatre mille ans. La publication argue que l'intelligence d'un seul homme, Moïse, surpasserait celle de l'humanité entière combinée sur trois mille ans, y compris avec les outils modernes et les ressources financières[158].

La publication examine ensuite le système de lois promulgué dans ces écrits, le présentant comme sans égal à son époque et même jusqu'au XXe siècle. Elle note que les lois modernes sont basées sur les principes du code mosaïque, souvent établis par des hommes reconnaissant son origine divine. Le Décalogue, en particulier, est décrit comme un résumé remarquable de la loi, bien que familier et donc sous-estimé. Ces commandements, donnés aux Hébreux et non aux chrétiens, visaient à convaincre les hommes de leur état pécheur et de leur besoin d'un rançon. Jésus-Christ en a résumé l'essence en deux commandements : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-mêmeMarc 12:30-31[159].

Le gouvernement institué par Moïse est présenté comme unique, affirmant être celui du Créateur lui-même. Les lois et institutions, tant civiles que religieuses, émanaient de Dieu, et le peuple était tenu responsable devant Lui. Le Tabernacle, au centre du camp, abritait une manifestation de la présence de Jéhovah, d'où les instructions étaient données par des moyens surnaturels. Un ordre de prêtres était établi, mais contrairement à ce que certains pourraient penser, ils n'avaient aucun pouvoir civil et ne pouvaient imposer leur autorité sur le peuple. Cette organisation était conçue par Moïse, un membre de la tribu sacerdotale, qui a délibérément séparé le pouvoir religieux du pouvoir civil en le plaçant entre les mains du peuple[160].

La publication souligne que le gouvernement d'Israël était une théocratie, un gouvernement divin, où les lois données par Dieu ne pouvaient être modifiées. Les anciens et les officiers du peuple étaient choisis parmi les tribus pour représenter leurs intérêts, et Moïse a établi un système de gouvernance qui favorisait l'esprit de liberté. Contrairement aux autres nations, où les dirigeants cherchaient à centraliser le pouvoir, Moïse a mis en place une démocratie où les droits et libertés du peuple étaient protégés. Ce système a duré plus de quatre cents ans avant d'être remplacé par une monarchie à la demande du peuple, contre l'avis de Dieu[161].

Les instructions données aux juges civils reflétaient la simplicité et la pureté des lois mosaïques. Moïse a exhorté les juges à écouter les causes avec équité, sans partialité, et à ne pas craindre les hommes, car le jugement appartenait à Dieu. Les lois mosaïques garantissaient que riches et pauvres étaient égaux devant la loi, une avancée remarquable pour l'époque. Elles prévoyaient également une restitution tous les cinquante ans, appelée l'année du Jubilé, pour empêcher l'accumulation excessive de richesses et de propriétés entre les mains de quelques-uns. Les lois étaient rendues publiques, et les prêtres avaient le devoir de les lire au peuple lors des fêtes septennales pour s'assurer que même les plus pauvres et les moins instruits les connaissaient[162].

La publication met en avant la bienveillance des lois mosaïques envers les étrangers et les ennemis, les plaçant trente-deux siècles en avance sur leur temps. Les lois protégeaient les droits des étrangers, les traitant comme des natifs, et exigeaient même de l'amour envers eux. Les animaux n'étaient pas oubliés, avec des lois interdisant la cruauté et assurant leur repos. La publication argue que ces lois ne pouvaient être l'œuvre d'hommes égoïstes et ambitieux, mais reflétaient plutôt la justice et la bienveillance de Dieu[163].

Concernant le soutien des Lévites par la dîme, la publication explique que cette disposition était équitable. Les Lévites n'ayant reçu aucune terre en héritage, la dîme servait de compensation pour leur service religieux. Contrairement à une taxe, la dîme était une contribution volontaire, dépendant de la conscience de chacun. La publication souligne que cette dépendance envers le peuple pour leur soutien rendait les Lévites vulnérables, une situation peu probable si des prêtres ambitieux avaient conçu ces lois[164].

Enfin, la publication note que les lois mosaïques ne prévoyaient aucune protection spéciale pour les prêtres, contrairement à d'autres lois qui protégeaient les serviteurs, les étrangers et les personnes âgées. Les arrangements sanitaires et les lois sur les animaux propres ou impropres à la consommation étaient également remarquables, souvent en avance sur les conclusions de la science médicale moderne. La publication conclut que ces lois, considérées dans leur ensemble, montrent une sagesse et une justice extraordinaires, surtout compte tenu de leur époque. Elles ne portent aucune trace d'être l'œuvre d'hommes méchants et calculateurs, mais correspondent exactement à ce que la raison enseigne sur le caractère de Dieu : Sa Sagesse, Sa Justice et Son Amour[165].

Les Prophètes de la Bible

Ce chapitre aborde le caractère général des prophètes bibliques et leurs témoignages. La publication souligne que la plupart des prophètes n'appartenaient pas à la classe sacerdotale et que leurs prophéties étaient souvent en opposition avec les prêtres dégénérés et le peuple enclin à l'idolâtrie. Leurs messages de la part de Dieu consistaient principalement en des reproches pour les péchés, accompagnés d'avertissements de punitions futures, entrecoupés de promesses de bénédictions futures une fois le peuple purifié de ses péchés et revenu en faveur auprès du Seigneur[166].

Les prophètes ont souvent eu des expériences difficiles, étant généralement méprisés, emprisonnés et même mis à mort violemment. Dans certains cas, leur véritable caractère de prophètes de Dieu n'a été reconnu que des années après leur mort. La publication précise que ces observations concernent les prophètes dont les écrits prétendent être directement inspirés par Jéhovah. Elle rappelle que lors de la promulgation de la loi à Israël, il n'y avait pas d'intervention sacerdotale : la loi a été donnée par Dieu au peuple par l'intermédiaire de Moïse. De plus, il était du devoir de chaque individu de reprocher le pécheur. Ainsi, bien que la majorité des gens étaient absorbés par les soucis quotidiens et devenaient indifférents et irréligieux, quelques-uns accomplissaient ce devoir en réprimandant le péché et en exhortant à la piété. Ces prédicateurs étaient appelés « prophètes » dans l'Ancien et le Nouveau Testament, un terme qui signifie généralement « exposant public ». Les enseignants de l'idolâtrie étaient également appelés prophètes, comme « les prophètes de Baal »[167].

La prophétie, au sens ordinaire d'enseignement, est devenue populaire auprès d'une certaine classe et a dégénéré en pharisaïsme, enseignant les traditions des anciens plutôt que les commandements de Dieu, s'opposant ainsi à la vérité et devenant de faux prophètes ou enseignants. Parmi la grande classe des prophètes, Jéhovah a choisi certains pour délivrer des messages spécifiques, parfois concernant des événements immédiats, parfois des événements futurs. La publication se concentre sur les écrits de cette classe de prophètes, qui parlaient et écrivaient sous l'inspiration du Saint-Esprit, et qu'elle désigne comme des « prophètes ou voyants divinement commissionnés »[168].

La publication souligne que ces prophètes étaient principalement des laïcs, ne recevant aucun soutien des dîmes de la tribu sacerdotale. Ils reprochaient souvent non seulement les rois et les juges, mais aussi les prêtres, bien qu'ils ne critiquaient pas la fonction sacerdotale elle-même, mais les péchés personnels des hommes qui l'occupaient. Cela montre qu'il est déraisonnable de supposer que ces prophètes faisaient partie d'une quelconque alliance avec les prêtres ou d'autres pour fabriquer des mensonges au nom de Dieu. La raison, éclairée par les faits, contredit une telle suspicion[169].

Si la publication ne trouve aucune raison de mettre en doute les motifs des divers auteurs de la Bible, et constate que l'esprit de ses différentes parties est la justice et la vérité, elle propose ensuite d'examiner s'il existe un lien ou une union entre les écrits de Moïse, ceux des autres prophètes et ceux des auteurs du Nouveau Testament. Si un thème commun traverse la Loi, les Prophètes et les écrits du Nouveau Testament, couvrant une période de quinze cents ans, cela, combiné au caractère des auteurs, serait une bonne raison d'admettre leur prétention à être divinement inspirés, surtout si ce thème est grand et noble, en accord avec ce que le bon sens sanctifié enseigne sur le caractère et les attributs de Dieu[170].

La publication affirme qu'un tel thème commun existe : un plan, un esprit, un but et une intention parcourent tout le livre. Ses premières pages enregistrent la création et la chute de l'homme ; ses dernières pages parlent de la rédemption de cette chute ; et les pages intermédiaires montrent les étapes successives du plan de Dieu pour accomplir ce dessein. L'harmonie, mais aussi le contraste, entre les trois premiers et les trois derniers chapitres de la Bible est frappante. L'un décrit la première création, l'autre la création renouvelée ou restaurée, avec le péché et sa malédiction pénale supprimés ; l'un montre Satan et le mal entrant dans le monde pour tromper et détruire, l'autre montre son œuvre défaite, les détruits restaurés, le mal éteint et Satan détruit ; l'un montre la domination perdue par Adam, l'autre montre qu'elle est restaurée et établie pour toujours par Christ, et la volonté de Dieu accomplie sur la terre comme au ciel ; l'un montre le péché produisant la mort, l'autre montre la vie éternelle par Jésus-Christ[171].


Une révélation divine

La publication poursuit son analyse de la cohérence interne de la Bible, présentée comme une révélation divine systématique. Elle affirme que les Écritures, bien que rédigées par divers auteurs sur une longue période, forment un ensemble harmonieux expliquant les causes du mal actuel, son remède et ses conséquences ultimes. Selon le texte, la Genèse établit le cadre initial : l'homme, créé parfait, a échoué dans une épreuve représentative, entraînant imperfection, maladie et mort. Cependant, Dieu n'aurait pas abandonné l'humanité et prévoit sa rédemption par un rédempteur né d'une femme (Genèse 3:15), une promesse développée tout au long des Écritures[172].

La nécessité d'un sacrifice rédempteur pour expier les péchés est illustrée par plusieurs épisodes bibliques : les vêtements de peaux donnés à Adam et Ève, le sacrifice d'Abel, Isaac sur l'autel, et les sacrifices perpétuels de la loi mosaïque. Les prophètes, bien qu'ils n'aient pas toujours compris la portée de leurs propres paroles (1 Pierre 1:12), auraient annoncé un rédempteur souffrant, décrit comme un agneau mené à l'abattoir, portant les péchés du monde et guérissant par ses blessures (Ésaïe 53:3-6). Ces prophéties précisent des détails sur sa naissance (Michée 5:2), sa mort non pour lui-même (Daniel 9:26), son innocence, sa trahison pour trente pièces d'argent (Zacharie 11:12), et sa résurrection (Psaume 16:10)[173].

Les auteurs du Nouveau Testament, selon la publication, auraient démontré l'accomplissement de ces prophéties en Jésus de Nazareth, présentant une argumentation logique et cohérente. Ils auraient expliqué que le sacrifice du Christ était nécessaire pour racheter les péchés du monde, conformément aux prédictions de la Loi et des Prophètes. L'apôtre Paul, en particulier, aurait développé une démonstration rigoureuse de ce plan, notamment dans Romains 5:17-19 et les chapitres suivants[174].

La publication souligne que Moïse, dans la Loi, ne se serait pas contenté d'annoncer un sacrifice, mais aussi l'effacement des péchés et une bénédiction universelle sous l'autorité d'un grand libérateur, dont le pouvoir dépasserait le sien (Deutéronome 18:15,19). Ce libérateur devait bénir non seulement Israël, mais aussi "toutes les familles de la terre" (Genèse 12:3; 18:18; 22:18; 26:4). Malgré les préjugés juifs, les prophètes auraient insisté sur le rôle du Messie comme lumière pour les nations (Ésaïe 49:6), attirant les Gentils des extrémités de la terre (Jérémie 16:19) et établissant sa renommée parmi eux (Malachie 1:11)[175].

Les auteurs du Nouveau Testament, bien que juifs et initialement convaincus que les bénédictions divines étaient réservées à leur peuple (Actes 11:1-18), auraient reconnu que le plan divin prévoyait une bénédiction universelle. Avant cela, une sélection d'un "petit troupeau" parmi les Juifs et les Gentils, jugé digne, devait être faite pour devenir cohéritier de la gloire du Grand Libérateur et participer à la bénédiction d'Israël et des nations (Romains 8:17)[176].

La publication insiste sur l'harmonie de cette vision avec les Écritures, présentant un plan grandiose et cohérent, bien au-delà des attentes humaines. Ce plan, qualifié de "bonne nouvelle de grande joie pour tous les peuples", ne pourrait être une invention humaine, car même révélé, il serait trop grandiose pour être cru[177].

Le thème du Messie comme souverain non seulement d'Israël mais du monde entier, suggéré dans les livres de Moïse, serait central dans les prophéties. Jésus aurait enseigné à prier pour la venue de ce royaume (Matthieu 6:10) et promis une part dans celui-ci à ceux qui souffriraient pour la vérité. Cette espérance du royaume à venir aurait donné aux fidèles le courage d'endurer persécutions et souffrances, même jusqu'à la mort[178].

L'Apocalypse, dernier livre du Nouveau Testament, décrirait symboliquement le "Agneau immolé" (Apocalypse 5:12), les "vainqueurs" qui deviendraient rois et prêtres dans son royaume, ainsi que les épreuves à surmonter pour y participer. Elle présenterait aussi les bénédictions du règne millénaire, lorsque Satan sera lié et la mort adamique effacée, permettant à toutes les nations de marcher dans la lumière du royaume céleste, la nouvelle Jérusalem[179].

La publication affirme que la Bible, de la Genèse à l'Apocalypse, enseigne une doctrine unique et opposée aux théories des religions païennes : la vie future pour les morts viendrait par une résurrection. Tous les écrivains inspirés auraient exprimé leur confiance en un rédempteur, et un psaume annoncerait que les justes domineront les méchants "au matin", lorsque Dieu appellera les morts hors du tombeau (Psaume 49:14). La résurrection des morts serait enseignée par les prophètes, et les auteurs du Nouveau Testament fonderaient leurs espoirs de vie future sur elle. Paul aurait résumé cette espérance ainsi : si la résurrection n'existe pas, le Christ n'est pas ressuscité, la prédication et la foi sont vaines, et ceux qui sont morts en Christ sont perdus. Mais le Christ est ressuscité, devenant les prémices de ceux qui sont endormis, et comme en Adam tous meurent, en Christ tous seront rendus vivants (1 Corinthiens 15:13-22)[180].

La publication compare la Bible à une montre, dont les rouages, bien que semblant superflus, sont tous essentiels. De même, la Bible, composée de nombreuses parties et écrite par divers auteurs, formerait un tout harmonieux et complet. Aucune partie ne serait superflue, même si certaines jouent un rôle plus actif que d'autres. Les "théologiens avancés" de l'époque, qui traitent avec légèreté ou nient certains "miracles" de l'Ancien Testament (comme Jonas et le grand poisson, Noé et l'arche, Ève et le serpent, l'arrêt du soleil à la demande de Josué, ou l'ânesse de Balaam), seraient critiqués pour ne pas voir que la Bible est un tissu indissociable. Nier ces miracles reviendrait à invalider l'ensemble des Écritures, car si les récits originaux sont faux, leurs auteurs seraient soit des falsificateurs, soit des dupes, rendant leur témoignage indigne de confiance[181].

La publication défend la véracité de ces miracles en citant des confirmations dans le Nouveau Testament. La chute d'Adam et la tentation d'Ève par le serpent seraient attestées par Paul (Romains 5:17; 2 Corinthiens 11:3; 1 Timothée 2:14) et Jésus (Apocalypse 12:9; 20:2). L'arrêt du soleil lors de la défaite des Amorites, symbole de la puissance divine, préfigurerait la puissance à venir lors du "jour du Seigneur", et serait confirmé par trois prophètes (Ésaïe 28:21; Habacuc 2:1-3,13-14; 3:2-11; Zacharie 14:1,6-7). L'épisode de l'ânesse parlant serait confirmé par Jude (Jude 1:11) et Pierre (2 Pierre 2:16). Jésus lui-même aurait confirmé les récits de Jonas et le grand poisson, et de Noé et le déluge (Matthieu 12:40; 24:38-39; Luc 17:26; 1 Pierre 3:20)[182].

La publication souligne que ces miracles ne sont pas plus extraordinaires que ceux accomplis par Jésus et les apôtres, comme la transformation de l'eau en vin ou la guérison des maladies. Le plus grand miracle serait la résurrection des morts. Ces événements, bien que sortant de l'ordinaire, trouveraient des parallèles dans la nature, souvent ignorés car devenus familiers. La reproduction des organismes vivants, animaux ou végétaux, serait tout aussi incompréhensible et miraculeuse. Deux graines plantées côte à côte, dans les mêmes conditions, donneraient naissance à des organismes aux caractéristiques opposées, sans que personne ne puisse expliquer ce processus. Ces "miracles" quotidiens manifesteraient une puissance bien au-delà de la compréhension humaine, illustrant la capacité du Créateur à accomplir sa volonté, y compris la résurrection des morts, l'élimination du mal et le règne éternel de la justice[183].

La publication conclut en affirmant que chaque étape du raisonnement a été testée par la raison. Elle aurait démontré l'existence d'un Dieu suprême, créateur intelligent, en qui sagesse, justice, amour et puissance coexistent en harmonie parfaite. Il serait raisonnable de s'attendre à une révélation de ses plans aux créatures capables de les apprécier. La Bible, prétendant être cette révélation, mériterait d'être considérée. Ses auteurs et leurs motivations, examinés à la lumière de leurs enseignements, auraient surpris par leur sagesse et la pureté de leurs intentions, excluant toute idée de ruse pour des fins égoïstes. La raison suggérerait que de telles lois et sentiments, à la fois justes et bienveillants, ne pourraient provenir que de Dieu, et non des hommes. La publication aurait mis en lumière l'harmonie du témoignage concernant Jésus, son sacrifice rédempteur, et la résurrection et bénédiction de tous dans son glorieux royaume à venir. Un plan aussi grandiose et complet, bien que dépassant les attentes humaines, serait nécessairement le plan de Dieu. Même révélé, il serait presque trop grandiose pour être cru par les hommes[184].

La publication compare cette révélation à la découverte du fleuve Orénoque par Christophe Colomb. Lorsqu'on suggéra qu'il s'agissait d'une île, Colomb aurait répondu qu'un tel fleuve ne pouvait drainer qu'un continent. De même, la profondeur, la puissance et la sagesse du témoignage biblique convaincraient que son auteur n'est pas l'homme, mais Dieu tout-puissant. Une simple observation superficielle des prétentions scripturaires à une origine divine aurait révélé leur caractère raisonnable. Les chapitres suivants promettraient de dévoiler les différentes parties du plan divin, offrant, espère-t-on, des preuves suffisantes à tout esprit impartial que la Bible est une révélation divinement inspirée, et que l'ampleur du plan qu'elle révèle reflète glorieusement le caractère divin, jusqu'alors mal compris, mais désormais plus clairement visible à la lumière de l'aube du Jour millénaire[185].

La vérité la plus précieuse

La publication inclut un poème intitulé "La vérité la plus précieuse", soulignant que les grandes vérités ne s'acquièrent pas facilement. Contrairement aux vérités communes, échangées quotidiennement et portées par le vent, les grandes vérités se gagnent au prix d'une lutte intense de l'âme, affrontant vents et courants contraires. Parfois, au milieu des conflits, des tourments, des peurs et des chagrins, la main puissante de Dieu labourerait le cœur stagnant, faisant émerger des graines de vérité enfouies. Ces vérités ne se trouveraient ni dans les marchés, parmi les richesses matérielles, ni dans les fêtes mondaines ou les diadèmes royaux. Elles ne se révéleraient pas non plus dans les conflits entre credo humains ou les marchandages entre l'Église et le monde. La vérité, comme une moisson, jaillirait des champs bien labourés, récompensant la patience, la foi et le zèle de ceux qui la cherchent, leur offrant ses plus riches trésors pour leur bien-être éternel[186].

Étude IV

Les époques et dispensations marquées dans le développement du plan divin

Cette section introduit une étude sur les époques et dispensations qui structurent le plan divin. Elle critique ceux qui jugent prématurément la sagesse d'un grand architecte en observant une œuvre inachevée, soulignant que beaucoup méjugent actuellement Dieu en se basant sur son œuvre inachevée. Cependant, lorsque l'échafaudage du mal, permis pour la discipline de l'homme et finalement utilisé pour son bien, sera retiré et les décombres dégagés, l'œuvre achevée de Dieu révélerait universellement sa sagesse et sa puissance infinies. Son plan, en harmonie avec son caractère glorieux, deviendrait alors évident[187].

La publication insiste sur le fait que Dieu a un dessein précis et que tous ses desseins s'accompliront. Il incomberait donc à ses enfants de s'enquérir diligemment de ces plans pour s'y harmoniser. La Bible affirmerait avec emphase la fermeté du dessein divin : "L'Éternel des armées l'a juré, disant : Certainement, comme je l'ai pensé, ainsi cela arrivera ; et comme je l'ai résolu, ainsi cela se fera" (Ésaïe 14:24). "Le Seigneur des armées l'a résolu, et qui l'annulera ?" (Ésaïe 14:27). "Je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre ; je suis Dieu, et nul n'est semblable à moi... Mon dessein subsistera, et j'accomplirai toute ma volonté... Oui, je l'ai dit, je le réaliserai ; je l'ai résolu, je l'exécuterai" (Ésaïe 46:9-11). Ainsi, malgré l'apparente confusion ou mystère des actions divines envers les hommes, ceux qui croient en ce témoignage doivent reconnaître que son plan original et immuable progresse systématiquement vers son accomplissement[188].

Diagramme des grandes époques appelées "mondes"

Tandis que la majorité de l'humanité, plongée dans les ténèbres de l'ignorance, doit attendre les développements concrets du plan divin pour en saisir la gloire, l'enfant de Dieu aurait le privilège de voir, par la foi et la lumière de la Parole, les gloires futures annoncées. Il pourrait ainsi apprécier les desseins divins, autrement mystérieux, du passé et du présent. En tant qu'héritiers d'une promesse, les croyants sont invités à étudier la Parole de Dieu pour comprendre ses desseins à partir des plans et spécifications qu'elle contient. Ils y découvriraient que le plan divin, concernant l'homme, s'étend sur trois grandes périodes, depuis la création de l'homme jusqu'à un avenir illimité. Pierre et Paul désigneraient ces périodes comme "trois mondes", représentés dans un diagramme[189].

Ces trois grandes époques représenteraient trois manifestations distinctes de la providence divine. La première, de la création au déluge, aurait été sous l'administration des anges et est appelée par Pierre "le monde qui était" (2 Pierre 3:6). La deuxième époque, du déluge à l'établissement du royaume de Dieu, serait sous le contrôle limité de Satan, "le prince de ce monde", et est donc appelée "ce monde mauvais présent" (Galates 1:4; 2 Pierre 3:7). La troisième serait un "monde sans fin" (Ésaïe 45:17) sous l'administration divine, le royaume de Dieu, appelé "le monde à venir où la justice habitera" (Hébreux 2:5; 2 Pierre 3:13)[190].

La première de ces périodes, sous l'administration des anges, aurait été un échec. La deuxième, sous la domination de Satan l'usurpateur, serait effectivement un "monde mauvais". La troisième, en revanche, serait une ère de justice et de bénédiction pour toutes les familles de la terre. Les deux dernières de ces "mondes" sont particulièrement mentionnées, leurs caractéristiques étant fortement contrastées. La période actuelle, ou deuxième époque, est appelée "le monde mauvais présent", non parce qu'il n'y a rien de bon en elle, mais parce que le mal y prédomine. "Maintenant, nous appelons heureux les orgueilleux ; oui, ceux qui font le mal sont élevés ; oui, ceux qui tentent Dieu sont même délivrés" (Malachie 3:15). Le troisième monde ou époque est mentionné comme "le monde à venir où la justice habitera", non parce qu'il n'y aura aucun mal, mais parce que le mal n'y prédominera pas. L'effacement du mal serait progressif, nécessitant tout le premier millénaire. Le mal ne régnera plus, ne prospérera plus, et les méchants ne fleuriront plus. Au contraire, "les justes fleuriront" (Psaume 72:7), "les obéissants mangeront les biens du pays" (Ésaïe 1:19), et "le malfaiteur sera retranché" (Psaume 37:9)[191].

Ainsi, la prochaine dispensation serait si différente qu'elle serait l'inverse de la présente en presque tous points. Les paroles de Jésus expliqueraient cette différence : c'est parce qu'il sera le prince ou souverain du monde à venir que la justice et la vérité y prospéreront. En revanche, parce que Satan est le prince (dirigeant) du présent monde mauvais, le mal prospère et les méchants fleurissent. Jésus a dit que le prince de ce monde "n'a rien en moi" (Jean 14:30) et, par conséquent, n'a aucun intérêt pour ses disciples, si ce n'est de les opposer, tenter, importuner et affliger (2 Corinthiens 12:7). C'est pourquoi, dans ce monde mauvais présent, quiconque veut vivre pieusement subira la persécution, tandis que les méchants fleuriront comme un arbre verdoyant (2 Timothée 3:12; Psaume 37:35)[192].

Jésus a déclaré : "Mon royaume n'est pas de ce monde" (Jean 18:36), et jusqu'à ce que l'ère du "monde à venir" arrive, le royaume du Christ ne contrôlera pas la terre. C'est pourquoi les croyants sont enseignés à prier et espérer : "Que ton royaume vienne, que ta volonté soit faite sur la terre" (Matthieu 6:10). Satan est le "prince des ténèbres de ce monde" (Éphésiens 6:12), et c'est pourquoi "les ténèbres couvrent la terre, et l'obscurité les peuples" (Ésaïe 60:2). Il règne et agit actuellement dans les cœurs des enfants de la désobéissance (Éphésiens 2:2)[193].

La publication souligne qu'il doit exister une partie très importante du grand plan de l'Architecte pour le salut de l'homme qui n'a pas encore été pleinement développée, sans quoi le nouveau prince et la nouvelle dispensation auraient été introduits depuis longtemps. La raison de ce report à un temps fixé, ainsi que la manière dont s'effectuera le passage de la domination actuelle du mal sous Satan à celle de la justice sous Christ, sont des points d'intérêt qui seront développés ultérieurement. Il suffit pour l'instant de dire que les royaumes de ce monde, actuellement soumis à Satan, deviendront en temps voulu les royaumes de notre Seigneur et de son Christ (Apocalypse 11:15). Le contexte montre que ce transfert s'accomplira par une période générale de trouble. Jésus a dit à ce sujet : "Personne ne peut entrer dans la maison d'un homme fort et piller ses biens, à moins de l'avoir d'abord lié, et alors il pillera sa maison" (Marc 3:22-27). Ainsi, il est enseigné que Satan doit d'abord être lié, retenu et déposé, avant que le règne de justice et de paix du Christ puisse être établi. Ce lien de Satan est présenté comme la première œuvre de la nouvelle dispensation (Apocalypse 20:2)[194].

La publication rappelle que cette terre est la base de tous ces "mondes" et dispensations. Bien que les âges passent et les dispensations changent, la terre demeure "éternellement" (Ecclésiaste 1:4). En développant cette métaphore, Pierre appelle chacune de ces périodes un "ciel et une terre" distincts. Ici, le mot "cieux" symboliserait les pouvoirs spirituels supérieurs ou contrôlants, tandis que la "terre" symboliserait les gouvernements humains et les arrangements sociaux. Ainsi, le premier ciel et la première terre, ou l'ordre et l'arrangement des choses alors existants, ayant servi leur but, auraient pris fin avec le déluge. Cependant, les cieux physiques (le ciel et l'atmosphère) et la terre physique n'ont pas disparu : ils sont restés. De même, le monde présent (cieux et terre) passera avec un grand bruit, le feu et la fonte - la confusion, le trouble et la dissolution. L'homme fort (Satan), étant lié, luttera pour conserver son pouvoir. Ce n'est pas le ciel physique et la terre qui passeront, mais l'ordre ou l'arrangement actuel du gouvernement et de la société. Les cieux présents (pouvoirs de contrôle spirituel) doivent céder la place aux "nouveaux cieux" - le contrôle spirituel du Christ. La terre présente (la société humaine telle qu'organisée sous le contrôle de Satan) doit (symboliquement) fondre et se dissoudre au début du "Jour du Seigneur", qui "brûlera comme un four" (Malachie 4:1). Elle sera suivie d'une "nouvelle terre", c'est-à-dire une société réorganisée en harmonie avec le nouveau Prince de la terre - Christ. La justice, la paix et l'amour régneront parmi les hommes lorsque les arrangements actuels auront cédé la place au nouveau et meilleur royaume, dont la base sera la justice la plus stricte[195].

Paul aurait eu un aperçu de la prochaine dispensation, qu'il appelle "le monde à venir". Il dit avoir été "ravi" (physiquement ou mentalement, ou les deux, il ne pouvait le dire, tant les choses lui semblaient réelles) dans le futur, vers la nouvelle condition des choses, le "nouveau ciel", donc le "troisième ciel". Il aurait ainsi vu les choses telles qu'elles seront sous le contrôle spirituel du Christ, des choses qu'il ne lui était pas permis de révéler (2 Corinthiens 12:2-4). Il s'agirait probablement des mêmes choses que Jean vit plus tard et fut autorisé à exprimer à l'Église en symboles, qui ne peuvent être compris qu'en temps voulu. Jean, dans la révélation qui lui fut donnée par le Seigneur sur l'île de Patmos, fut transporté en vision à travers cet Âge chrétien et ses scènes changeantes d'Église et d'État, jusqu'à la fin du présent monde mauvais, ou époque. Là, dans des visions prophétiques, il vit Satan lié, Christ régnant, et le nouveau ciel et la nouvelle terre établis, car l'ancien ciel et l'ancienne terre étaient passés (Apocalypse 21:1)[196].

Âges ou dispensations

La publication examine ensuite les âges en lesquels ces grandes époques sont subdivisées, illustrés par un diagramme. La première de ces grandes époques ("mondes") n'aurait pas été subdivisée : la méthode de Dieu pour traiter avec les hommes serait restée inchangée durant toute cette période, de la chute d'Adam au déluge. Dieu, après avoir donné à l'homme sa loi écrite dans sa nature, l'aurait laissé, après son péché, suivre en grande partie sa propre voie, qui allait en déclinant, "mauvaise, et cela continuellement", afin que l'homme réalise sa folie et que la sagesse de Dieu en commandant une obéissance absolue soit manifestée. Cette dispensation se serait terminée par un déluge qui emporta tous sauf Noé et sa famille fidèle. Ainsi, la première dispensation aurait non seulement révélé les effets désastreux du péché, mais aussi montré que la tendance du péché est de conduire à une plus grande dégradation et misère, prouvant la nécessité de l'intervention de Jéhovah pour que la restauration de "ce qui était perdu" - l'état originel de l'homme - puisse jamais être accomplie[197].

La deuxième époque, ou "monde qui est maintenant", comprendrait trois âges, chacun représentant une étape dans le plan de Dieu pour le renversement du mal. Chaque étape serait plus élevée que la précédente, faisant avancer le plan et le rapprochant de son achèvement. La troisième grande époque - "le monde à venir" - future à partir du second avènement du Christ, comprendrait l'Âge millénaire, ou "temps de la restitution", suivi d'autres "âges à venir", dont les détails ne sont pas révélés. Les révélations présentes traiteraient de la rédemption de l'homme du péché, et non de l'éternité de gloire qui suivra[198].

Le premier âge du "monde qui est maintenant" est appelé l'Âge patriarcal, ou dispensation, car durant cette période, les faveurs et les relations de Dieu se seraient limitées à quelques individus seulement, le reste de l'humanité étant presque ignoré. Parmi ces favorisés figuraient les patriarches Noé, Abraham, Isaac et Jacob. Chacun d'eux, à son tour, aurait semblé être le favori de Dieu. À la mort de Jacob, cet âge ou mode de relation aurait pris fin. À la mort de Jacob, ses descendants furent pour la première fois appelés "les douze tribus d'Israël" et furent ensemble reconnus par Dieu comme son "peuple particulier". Par des sacrifices typiques, ils étaient typiquement "une nation sainte", séparée des autres nations pour un but particulier, et donc destinée à jouir de certaines faveurs spéciales. La période allouée à cette phase du plan divin, commençant ici et se terminant à la mort du Christ, est désignée comme l'Âge juif[199].

Les époques et les dispensations

Ce chapitre poursuit l'explication des différentes époques et dispensations divines qui structurent le plan de Dieu pour l'humanité. La publication rappelle que chaque âge a un rôle spécifique dans l'accomplissement progressif de ce plan[200]. L'âge juif, ou dispensation de la Loi, est présenté comme une période durant laquelle Dieu a accordé des faveurs particulières à la nation d'Israël, notamment en lui donnant sa loi, en établissant une alliance spéciale avec elle, et en lui offrant le Tabernacle, dont la gloire *shekinah* dans le Saint des Saints symbolisait la présence de Jéhovah comme guide et roi[201]. Les prophètes et, finalement, Jésus ont été envoyés à ce peuple, ce dernier refusant délibérément de se tourner vers les nations environnantes, comme en témoignent ses instructions à ses disciples : « Ne prenez pas le chemin des païens, et n'entrez pas dans les villes des Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël »[202].

La fin de cette faveur nationale est marquée par le rejet et la crucifixion de Jésus, illustrée par ses paroles : « Votre maison vous est laissée déserte »[203]. À partir de la mort de Jésus commence l'âge chrétien, ou dispensation évangélique, durant lequel la bonne nouvelle de la justification est annoncée non seulement aux Juifs, mais à toutes les nations, car « Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, a goûté la mort pour tout homme »[204]. Cet âge a permis de sélectionner, parmi toutes les nations, un petit troupeau de croyants qui marcheront sur les traces de Christ et recevront le Royaume dans l'âge à venir[205].

La publication souligne que, malgré l'apparente domination du mal durant cet âge, les desseins divins progressent selon un plan fixe et ordonné. À la fin de cet âge, Satan sera lié et son pouvoir renversé, préparant ainsi l'établissement du Royaume de Christ et le début de l'âge millénaire, décrit comme « le monde à venir, où la justice habitera »[206]. Le Millénium, période de mille ans, verra la restauration de toutes choses perdues à cause de la chute d'Adam, et à sa fin, « il n'y aura plus ni mort, ni deuil, ni cri, ni douleur »[207].

L'auteur insiste sur l'harmonie et l'ordre qui caractérisent ce plan divin, chaque âge ayant un rôle indispensable à jouer. Bien que les desseins de Dieu puissent sembler confus ou lents à se réaliser pour l'esprit humain, ils sont en réalité exécutés avec une sagesse et une économie parfaites, sans que rien ne puisse entraver leur accomplissement[208].

Étude V : Le mystère caché depuis les siècles

Cette section aborde le mystère divin caché depuis les âges et les générations, mais désormais révélé aux saints, comme l'indique Colossiens 1:26. L'étude commence par une analyse de la première promesse divine, faite après la chute d'Adam et Ève, selon laquelle la postérité de la femme écraserait la tête du serpent[209]. Bien que cette promesse ait été obscure pour les premiers humains, elle contenait en germe le plan de salut de Dieu.

La promesse faite à Abraham, selon laquelle sa descendance bénirait toutes les familles de la terre, est ensuite examinée. Malgré les apparentes contradictions et les retards dans son accomplissement, cette promesse a été maintenue par Dieu, qui l'a confirmée à Isaac, Jacob et à la nation d'Israël[210]. La publication souligne que les Israélites, en tant que peuple choisi, ont longtemps cru que cette promesse se réaliserait à travers leur nation tout entière, mais que les événements historiques, comme leur esclavage en Égypte, ont semblé contredire cette espérance.

L'étude explique que le mystère a commencé à se dévoiler après la résurrection de Christ, notamment à la Pentecôte, lorsque le Saint-Esprit a été répandu sur les disciples. Ce mystère, révélé progressivement aux saints, concerne la nature même du Christ, qui n'est pas seulement Jésus en tant qu'individu, mais une compagnie anointie composée de Jésus et de ses disciples fidèles[211]. Cette idée est illustrée par l'apôtre Paul, qui déclare que « Christ en vous » est « l'espérance de la gloire »[212].

La publication utilise la métaphore du corps humain pour expliquer cette unité : de même que le corps est composé de nombreux membres, le Christ est une entité collective, avec Jésus comme tête et l'Église comme corps[213]. Cette conception est également illustrée par la figure de la pyramide, où Jésus, la pierre angulaire, est complété par les croyants qui s'harmonisent avec lui. L'étude insiste sur la nécessité pour les croyants de se soumettre à la volonté divine, afin de devenir des « pierres vivantes » dans cette construction spirituelle[214].

L'auteur explique que ce mystère a été gardé secret pour des raisons pratiques : si les hommes avaient connu le plan de Dieu, ils n'auraient pas crucifié Jésus ni persécuté l'Église, ce qui aurait empêché l'accomplissement du dessein divin[215]. Ce mystère, incompréhensible pour le monde, est également la source de l'incompréhension et de la persécution subies par les croyants, qui sont souvent considérés comme fous ou dérangés pour avoir abandonné leurs ambitions terrestres au profit d'une espérance céleste.

Enfin, la publication annonce que ce mystère ne restera pas caché éternellement : lors du Millénium, la connaissance de Dieu remplira la terre, et le Christ, composé de Jésus et de son Église glorifiée, apparaîtra dans toute sa splendeur pour apporter la guérison et la lumière à l'humanité[216].

Le Mystère caché

Ce chapitre conclut la réflexion sur le « mystère caché » mentionné dans les Écritures, identifié comme le dessein secret de Dieu concernant l'Église et son rôle futur. La publication explique que ce mystère, longtemps dissimulé dans les promesses, les types et les figures bibliques, sera pleinement révélé lorsque l'Église, composée des élus, aura achevé sa course terrestre. À ce moment, les bénédictions promises s'étendront au monde entier, et les nations reconnaîtront la légitimité de l'appel des chrétiens à une destinée céleste. Le texte souligne que cette révélation ne suscitera aucune jalousie parmi les non-élus, car leur propre appel à une perfection humaine les satisfera pleinement. Le mystère prendra fin lorsque le monde comprendra que l'esprit de Dieu en Christ, et en ses disciples, était la manifestation de Dieu dans la chair, justifiant ainsi leur choix de poursuivre des richesses, des honneurs et une couronne invisibles aux yeux du monde. En termes chronologiques, ce mystère s'achèvera durant la période de la septième trompette symbolique (Apocalypse 10:7), marquant à la fois la révélation complète du plan divin et l'accomplissement de l'Église comme corps du Christ[217].

La publication évoque ensuite l'immensité des préparatifs divins pour ce plan, suggérant que les bénédictions futures pour l'humanité seront à la hauteur des six mille ans d'attente et d'espérance. Elle cite Romains 8:19,21,22 pour illustrer l'attente de la création tout entière, qui soupire après la manifestation des fils de Dieu, la « semence » promise par laquelle toutes les familles de la terre seront bénies[218].

Un poème intitulé « Une offrande pour le jour du Seigneur » suit ce développement. Il exprime une consécration totale à Dieu, offrant chaque battement de cœur, chaque lien humain, chaque joie et chaque peine, ainsi que chaque pensée et action. Le poème se termine par une prière pour que Dieu multiplie ces offrandes et les utilise pour Sa gloire, dans un esprit d'amour parfait[219].

Le Retour de Notre Seigneur

Cette étude aborde le retour de Jésus-Christ, son objet et son lien avec la restauration de toutes choses. La publication affirme que le retour du Christ est un événement personnel et pré-millénarial, distinct de sa présence spirituelle continue auprès de l'Église. Elle rejette les interprétations qui assimilent ce retour à la descente du Saint-Esprit à la Pentecôte ou à la destruction de Jérusalem, en s'appuyant sur Apocalypse 22:12,20, où Jésus annonce sa venue rapide et où Jean répond par un appel à son retour. Le texte souligne que le monde ne sera pas converti au moment de ce retour, citant 2 Timothée 3:1-4,13 pour décrire une humanité éloignée de Dieu et en proie à la séduction. Il mentionne également l'avertissement de Jésus dans Luc 21:34-35, où il met en garde contre une venue inattendue et soudaine, comparable à un piège pour ceux qui ne sont pas vigilants[220].

La publication critique également l'idée que le retour du Christ coïnciderait avec la conversion du monde par les efforts de l'Église. Elle argue que cette vision contredit les Écritures, qui annoncent plutôt que le Christ reviendra pour régner et convertir le monde, tandis que l'Église, après avoir été glorifiée, partagera ce règne pour bénir l'humanité. Elle cite Apocalypse 3:21 et Apocalypse 20:4 pour appuyer cette interprétation, soulignant que le rôle de l'Église est de se préparer pour ce règne futur, et non de convertir le monde dans son état actuel[221].

Deux textes bibliques souvent invoqués pour soutenir l'idée d'un retour post-millénial sont analysés. Le premier, Matthieu 24:14, est interprété comme une proclamation du message du Royaume en tant que témoignage, et non comme une conversion universelle. La publication note que ce témoignage a déjà été accompli, citant des rapports des sociétés bibliques du XIXe siècle pour montrer que l'Évangile a été diffusé dans toutes les langues, bien que tous les habitants de la terre ne l'aient pas encore reçu. Le second texte, Psaume 110:1, est expliqué comme une référence à l'autorité et au règne de Christ, et non à un trône matériel. La publication utilise l'exemple de l'empereur Guillaume de Allemagne et de son chancelier pour illustrer que la « droite » symbolise une position d'excellence et de pouvoir, et non un lieu physique[222].

Le texte revient ensuite sur l'objet des premier et second avènements du Christ. Le premier avènement avait pour but de racheter l'humanité par le sacrifice de Jésus, tandis que le second avènement vise à restaurer, bénir et libérer les rachetés. La publication explique que le Christ, après avoir offert sa vie en rançon, est monté au ciel pour présenter ce sacrifice au Père, accomplissant ainsi la réconciliation pour le péché de l'humanité. Il attend maintenant la sélection de l'Église, la « fiancée de l'Agneau », avant de commencer l'œuvre de bénédiction pour toutes les familles de la terre. Le texte souligne que cette période d'attente, bien que longue, est nécessaire pour permettre la sélection et la préparation de l'Église, qui doit surmonter les influences du monde actuel pour être jugée digne de cet honneur[223].

La publication aborde également la question de l'élection et de la grâce libre, deux doctrines apparemment opposées mais toutes deux soutenues par les Écritures. Elle explique que l'élection, telle qu'enseignée dans la Bible, n'est pas un fatalisme arbitraire, mais une sélection basée sur l'aptitude et l'adaptation au dessein divin. Cette élection s'est manifestée dans le choix d'Abraham et de sa descendance comme canal de la semence promise, ainsi que dans la sélection d'Israël comme nation typique illustrant le plan de Dieu pour le salut du monde. La publication souligne que cette élection était limitée à Israël jusqu'à la venue du Christ, dont le ministère était d'abord destiné aux « brebis perdues de la maison d'Israël » (Matthieu 10:5-6; 15:24). Cependant, le sacrifice de Jésus était destiné à toute l'humanité, comme l'indique Hébreux 2:9[224].

Pour l'âge actuel, une forme d'élection persiste, bien que l'Évangile soit offert à tous ceux qui l'entendent. La publication note que certaines parties du monde sont plus favorisées que d'autres en termes d'accès à l'Évangile, et que cette élection concerne ceux qui sont appelés à devenir des fils de Dieu, des héritiers de Dieu et des cohéritiers avec Christ. Une fois cette élection achevée, le plan de Dieu pour le salut du monde ne fera que commencer. La publication cite Romains 16:20 et Genèse 3:15 pour montrer que l'Église, une fois glorifiée, écrasera Satan et commencera l'œuvre de restauration. Elle souligne que l'âge de l'Évangile prépare l'Église pour ce grand travail futur, et que la création tout entière attend avec impatience la manifestation des fils de Dieu (Romains 8:22,19)[225].

Enfin, la publication aborde la question des « prisonniers d'espérance », c'est-à-dire ceux qui sont morts sans avoir entendu l'Évangile. Elle estime que environ 143 milliards d'êtres humains ont vécu sur terre depuis la création d'Adam, dont seulement une infime partie (moins d'un milliard) étaient des saints de Dieu. La grande majorité, n'ayant jamais entendu parler de Jésus, n'a pas pu croire en lui. La publication pose la question du sort de cette multitude et rejette les réponses traditionnelles : l'athéisme, qui nie toute vie après la mort ; le calvinisme, qui affirme une prédestination à la damnation éternelle ; et l'arminianisme, qui suggère que l'ignorance peut être une base de salut. Elle souligne que les Écritures enseignent que la foi en Christ est la seule base du salut (Éphésiens 2:8), et que la justification par la foi est le principe fondamental du christianisme. La publication laisse entendre que le plan de Dieu prévoit une opportunité de salut pour tous, y compris ceux qui sont morts dans l'ignorance, mais ne développe pas encore cette idée[226].

La nécessité de la foi pour le salut

Ce chapitre poursuit l'exposé sur les conditions du salut en insistant sur la nécessité de la foi en Jésus-Christ comme unique voie de rédemption. La publication cite Actes 4:12 et Romains 10:13 pour affirmer que « quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé », tout en soulignant que cette invocation suppose une croyance préalable, elle-même conditionnée par l'audition de l'Évangile [227]. L'argumentaire rejette l'idée que l'ignorance puisse constituer un motif de salut, en s'appuyant sur Romains 2:14 et Romains 3:20 : la loi de la conscience, bien qu'elle condamne les païens, ne les justifie pas, pas plus que la loi écrite ne justifie les Juifs. Tous sont déclarés coupables devant Dieu, car « par les œuvres de la loi, personne ne sera justifié » [228].

La publication critique également l'envoi de missionnaires auprès des païens par ceux qui croient au salut par l'ignorance. Elle souligne l'absurdité de cette pratique : si l'ignorance sauve, alors la prédication missionnaire, qui ne touche qu'une infime minorité, prive en réalité les autres de leur salut. Cette logique, poussée à son terme, rendrait inutile la venue et la mort de Jésus, ainsi que les souffrances des apôtres [229].

Enfin, le texte réaffirme que la seule voie de salut est la foi en le sang précieux du Christ, qui « ôte le péché du monde » (1 Pierre 1:19, Jean 1:29). Cette foi, présentée comme une « bonne nouvelle de grande joie qui sera pour tout le peuple », ne peut être pleinement comprise et acceptée que dans le « temps marqué » de Dieu, c'est-à-dire lors de la restitution millénaire [230].

Le salut universel et le « temps marqué »

Cette section développe la doctrine du salut universel en réponse aux objections soulevées par le sort des milliards d'êtres humains morts dans l'ignorance. La publication affirme que, contrairement à l'idée reçue, la mort ne met pas fin à toute probation, et que les Écritures annoncent une restauration future pour tous. Elle cite 1 Timothée 2:4-6 pour souligner que Jésus s'est donné en rançon « pour tous », et que cette vérité sera « attestée en son propre temps » [231].

Le texte réfute l'interprétation fataliste de Ecclésiaste 11:3 (« Là où l'arbre tombe, il reste »), en expliquant que cette parole signifie simplement que l'état des morts ne change pas jusqu'à leur résurrection. Il insiste sur le fait que Dieu, dans son amour, a prévu un temps de restitution où tous auront l'opportunité de connaître la vérité et de choisir la vie. Cette période correspond au Millénium, où « comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Corinthiens 15:22) [232].

La publication aborde également la question des impies, en citant 2 Pierre 2:9 : « Le Seigneur sait réserver les injustes pour le jour du jugement, où ils seront punis ». Elle précise que cette punition n'est pas un châtiment éternel, mais une correction nécessaire pour amener les hommes à la repentance et à la perfection [233].

Le salut général et le salut spécial

Ce passage distingue deux formes de salut : un salut général, offert à tous les hommes, et un salut spécial, réservé à ceux qui croient en Christ. La publication cite 1 Timothée 4:10 : « Nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement de ceux qui croient » [234]. Le salut général consiste en une illumination par la lumière de Christ (Jean 1:9) et en une opportunité de choisir la vie, tandis que le salut spécial, réservé aux croyants, est une libération complète du péché et de la corruption, conduisant à la « glorieuse liberté des enfants de Dieu » [235].

Le texte souligne que cette distinction est confirmée par les paroles de Siméon (Luc 2:30-32), qui annonce que la lumière de Christ éclairera les nations, tout en étant la gloire d'Israël. Il précise que le salut général sera offert à tous, y compris aux morts, qui seront ressuscités pour en bénéficier. En revanche, le salut spécial dépendra de l'acceptation volontaire des lois du Royaume de Christ, et ceux qui, après avoir été éclairés, se détourneront, subiront la « seconde mort » (Apocalypse 21:8) [236].

La restitution annoncée par les prophètes

Cette section s'appuie sur les prophéties de l'Ancien Testament pour démontrer que la restitution de l'humanité est un thème central du plan divin. La publication cite Actes 3:19-21, où Pierre annonce que le Christ doit demeurer au ciel « jusqu'aux temps du rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé par la bouche de ses saints prophètes depuis des siècles » [237]. Elle interprète cette promesse comme une référence à la résurrection des morts et à leur restauration à la perfection originelle.

Le texte évoque la vision d'Ézéchiel sur la vallée des ossements secs (Ézéchiel 37:11-14), où Dieu promet d'ouvrir les sépulcres d'Israël, de les ramener sur leur terre, et de leur donner son Esprit. Cette prophétie est présentée comme une illustration de la résurrection et de la restauration de tous les hommes, y compris les nations païennes. La publication cite également Romains 11:25-26, où Paul annonce que « tout Israël sera sauvé » après que la plénitude des Gentils soit entrée dans le Royaume [238].

Le texte souligne que ces promesses ne se limitent pas à Israël, mais s'étendent à toutes les nations, car Israël était un peuple typique représentant l'humanité entière. Il mentionne également les prophéties de Jérémie (Jérémie 24:5-7, Jérémie 31:28, Jérémie 32:40-42), qui annoncent la restauration d'Israël et la conclusion d'une « alliance éternelle » avec eux [239].

La restauration des Sodomites et des nations impies

Ce chapitre aborde la question de la restauration des nations impies, en prenant l'exemple des Sodomites. La publication cite Matthieu 11:23-24, où Jésus déclare que si les miracles accomplis à Capernaüm l'avaient été à Sodome, cette ville serait demeurée jusqu'à ce jour. Il en déduit que les Sodomites n'ont pas eu une pleine opportunité de salut, et que leur jugement sera plus tolérable que celui des villes incrédules de Galilée [240].

Le texte examine ensuite la prophétie d'Ézéchiel 16:48-63, où Dieu compare Israël à Sodome et à Samarie, et annonce qu'il rétablira leur captivité. La publication interprète cette « captivité » comme une référence à la mort, et la restauration comme une promesse de résurrection. Elle souligne que cette prophétie implique que les Sodomites, bien que détruits par le feu du ciel, seront ressuscités et auront l'opportunité de recevoir les bénédictions du « temps marqué » [241].

Le texte aborde également le cas des Amalécites, que Dieu avait ordonné à Israël d'exterminer (1 Samuel 15:3). Il explique que cette destruction, bien qu'apparemment cruelle, s'inscrit dans le plan divin : ces nations servaient d'exemples pour illustrer la justice de Dieu et sa détermination à détruire le mal. Leur mort prématurée ne les prive pas de leur place dans le plan de restitution, car ils seront ressuscités et jugés en leur « temps marqué » [242].

La confirmation de la Nouvelle Alliance

Cette section insiste sur la certitude de la restauration d'Israël et des nations, en s'appuyant sur la promesse divine de la Nouvelle Alliance. La publication cite Ézéchiel 16:60-62, où Dieu déclare qu'il se souviendra de son alliance avec Israël et établira avec eux une « alliance éternelle ». Elle souligne que cette promesse est confirmée par le sang de Christ, qui scelle la Nouvelle Alliance [243].

Le texte cite également Romains 11:26-29, où Paul affirme que « tout Israël sera sauvé » et que les dons et l'appel de Dieu sont irrévocables. Il interprète cette promesse comme une garantie que les Juifs, tant vivants que morts, seront restaurés à la faveur divine après la sélection de l'Église, la « plénitude des Gentils » [244].

La publication souligne que cette restauration s'étendra à toutes les nations, y compris les Sodomites, qui bénéficieront des bénédictions promises à « toutes les familles de la terre » (Genèse 12:3). Elle insiste sur le fait que cette vérité, bien que difficile à accepter pour certains, est confirmée par la signature même de Dieu (« dit l'Éternel ») et par le témoignage des apôtres [245].

Critique du calvinisme et de l'arminianisme

Ce chapitre conclut en critiquant les deux principales interprétations théologiques du salut : le calvinisme et l'arminianisme. La publication rejette le calvinisme pour son fatalisme, qui nie la grâce libre de Dieu et déforme la doctrine de l'élection. Selon cette doctrine, Dieu aurait prédestiné une minorité au salut éternel et la majorité à la damnation éternelle, ce qui contredit l'amour et la justice divins [246].

À l'inverse, l'arminianisme est critiqué pour nier l'élection divine et pour ne pas saisir pleinement l'étendue de la grâce gratuite de Dieu. La publication présente le plan divin comme une synthèse supérieure à ces deux doctrines : une élection limitée à l'Église, dans le but de bénir ensuite toute l'humanité lors du Millénium. Ce plan, qui combine la grâce libre et l'élection, est présenté comme la seule interprétation fidèle aux Écritures [247].

Le texte met en garde les croyants contre l'opposition à cette « lumière naissante » du Millénium, qui annonce des bénédictions pour le monde entier. Il souligne que ceux qui s'opposent à cette vérité risquent de se priver de ses bienfaits, tout comme les Juifs incrédules ont été aveuglés par leurs préjugés et leurs traditions humaines [248].


L’autorisation du mal et sa relation avec le plan de Dieu

Pourquoi le mal a été permis

Cette section aborde la question fondamentale de la permission du mal par Dieu et son rôle dans le plan divin. L’auteur rejette les interprétations calvinistes et arminiennes, qui présentent Dieu soit comme un être cruel condamnant une partie de l’humanité à la torture éternelle, soit comme un être bienveillant mais impuissant face à l’influence de Satan. Selon le texte, ces visions déforment la nature de Dieu, qui est à la fois amour et justice. Le mal n’est pas une fin en soi, mais un moyen pédagogique permettant à l’humanité de comprendre, par l’expérience, la gravité du péché et la valeur de la justice divine. Cette permission temporaire du mal est justifiée par la sagesse divine, qui prévoit que son issue finale servira à établir une leçon durable pour toutes les créatures[249].

Le texte souligne que Dieu, en permettant le mal, n’en est pas l’auteur. Il distingue clairement entre la permission du mal et sa création : Dieu n’a pas conçu le mal, mais il l’a toléré pour un temps afin d’en tirer un bien supérieur. Cette distinction est cruciale pour éviter de blasphémer contre le caractère divin, en attribuant à Dieu la responsabilité directe du péché. L’auteur insiste sur le fait que Dieu, dans sa prescience, avait prévu la chute d’Adam et Ève, mais qu’il a choisi de ne pas l’empêcher afin de permettre à l’humanité d’apprendre par l’expérience les conséquences du péché. Cette approche vise à renforcer l’appréciation de la justice et de l’amour divins, une fois que le mal aura été définitivement éradiqué[250].

Le bien et le mal comme principes

Cette partie définit le bien et le mal comme des principes opposés, dont les effets permettent de les distinguer. Le bien est associé à l’ordre, à l’harmonie et au bonheur, tandis que le mal engendre la discorde, le malheur et la destruction. L’auteur explique que ces principes ne sont pas des entités abstraites, mais des forces actives dont les résultats concrets permettent de les identifier. Le sens moral, ou conscience, est présenté comme la faculté qui permet à l’homme de discerner ces principes et de choisir entre eux. Ce sens moral est une caractéristique essentielle de l’image divine en l’homme, bien qu’il ait été affaibli par la chute[251].

Le texte précise que les animaux, dépourvus de ce sens moral, ne peuvent être qualifiés de vertueux ou de pécheurs, car ils agissent par instinct et non par choix conscient. En revanche, l’homme, créé à l’image de Dieu, possède la liberté de choisir entre le bien et le mal, ce qui fait de lui un être moralement responsable. Cette liberté est à la fois un don et un risque, car elle expose l’homme à la tentation et à la possibilité de pécher. Cependant, c’est cette même liberté qui permet à l’homme de développer une véritable vertu, basée sur une compréhension éclairée du bien et du mal[252].

Dieu a permis le mal pour en tirer un bien

L’auteur explique que Dieu a permis le mal afin d’en tirer un bien supérieur. Il souligne que Dieu, dans sa sagesse infinie, a prévu que l’expérience du mal serait la leçon la plus efficace pour l’humanité. En permettant à Adam et Ève de pécher, Dieu n’a pas agi par négligence ou par faiblesse, mais par un dessein bienveillant. Cette permission a pour but de montrer, de manière concrète, les conséquences désastreuses du péché, afin que l’humanité, une fois libérée de son emprise, puisse apprécier pleinement la justice et l’amour divins. Le texte insiste sur le fait que cette expérience, bien que douloureuse, est nécessaire pour établir une base solide et durable de justice et de paix dans l’univers[253].

Le texte aborde également la question de la liberté humaine. Dieu aurait pu créer des êtres incapables de pécher, mais cela les aurait réduits à l’état de machines, dépourvues de véritable libre arbitre. En donnant à l’homme la liberté de choisir, Dieu a fait de lui un être moral, capable de développer une vertu authentique. Cette liberté, bien qu’elle expose l’homme à la tentation, est essentielle pour qu’il puisse aimer et servir Dieu de manière volontaire et éclairée. L’auteur souligne que cette liberté est un reflet de la nature divine, car Dieu lui-même agit selon des principes de justice et d’amour, sans contrainte[254].

L’épreuve d’Adam n’était pas une farce

Cette section examine la sévérité de la tentation à laquelle Adam et Ève ont été soumis et la justice de la peine qui leur a été infligée. L’auteur souligne que la tentation était particulièrement forte, car Ève, créée après Adam, avait une connaissance moins directe des commandements divins. Elle a été trompée par Satan, ce qui atténue sa culpabilité, bien qu’elle ait tout de même péché. Adam, en revanche, n’a pas été trompé : il a choisi délibérément de désobéir, en pleine connaissance des conséquences de son acte. Son péché était motivé par un amour profond pour Ève, qu’il ne voulait pas perdre. En partageant son sort, il a accepté la peine de mort, pensant peut-être qu’elle s’appliquait déjà à Ève[255].

Le texte rejette l’idée que l’épreuve d’Adam ait été une farce ou un simulacre. Au contraire, elle était réelle et sévère, car elle mettait en jeu la vie éternelle. La peine de mort, bien que sévère, était juste, car elle reflétait la gravité du péché. L’auteur explique que cette peine n’était pas une manifestation de haine ou de cruauté de la part de Dieu, mais la conséquence inévitable du choix de l’homme. En permettant à Adam de pécher, Dieu n’a pas agi par indifférence, mais par un dessein bienveillant, visant à enseigner à l’humanité une leçon durable sur les dangers du péché et la valeur de la justice[256].

Dieu n’est pas l’auteur du péché

L’auteur réfute vigoureusement l’idée que Dieu soit l’auteur du péché. Cette accusation, selon lui, est blasphématoire et contraire aux Écritures. Le texte explique que Dieu a permis le péché, mais qu’il n’en est pas la cause. Cette distinction est cruciale pour comprendre le plan divin : Dieu n’a pas créé le mal, mais il l’a toléré pour un temps afin d’en tirer un bien supérieur. L’auteur cite des passages bibliques, comme Isaïe 45:7 et Amos 3:6, souvent mal interprétés pour soutenir cette idée erronée. Il précise que le mot "mal" dans ces textes ne désigne pas le péché, mais les calamités ou les épreuves, que Dieu utilise comme châtiments pour corriger son peuple[257].

Le texte souligne que Dieu, dans sa justice, ne peut forcer l’homme à pécher, car cela irait à l’encontre de sa nature divine. Dieu cherche à obtenir l’adoration et l’amour de ceux qui le servent librement, en esprit et en vérité. Pour cela, il a donné à l’homme une liberté de choix, semblable à la sienne. Cette liberté, bien qu’elle expose l’homme à la tentation, est essentielle pour qu’il puisse développer une véritable vertu. L’auteur insiste sur le fait que Dieu, dans sa prescience, a prévu la chute de l’homme, mais qu’il a choisi de ne pas l’empêcher afin de permettre à l’humanité d’apprendre par l’expérience les conséquences du péché. Cette approche vise à établir une base solide pour la justice et la paix éternelles[258].

La sévérité de la peine n’était pas injuste

Cette section aborde la question de la sévérité de la peine infligée à Adam et à sa postérité. L’auteur explique que la peine de mort, bien que sévère, n’était pas injuste. Elle était la conséquence naturelle du péché, et non une manifestation de cruauté ou de haine de la part de Dieu. Le texte souligne que la vie est un don de Dieu, et qu’elle ne peut être maintenue éternellement que pour ceux qui obéissent à ses lois. En permettant à l’homme de pécher, Dieu n’a pas agi par indifférence, mais par un dessein bienveillant, visant à enseigner à l’humanité une leçon durable sur les dangers du péché et la valeur de la justice[259].

L’auteur rejette également l’idée que Dieu aurait dû accorder à chaque individu une épreuve individuelle pour la vie éternelle. Il explique que la condamnation d’Adam a été transmise à sa postérité de manière naturelle, et que cette approche a en réalité rendu possible une épreuve plus favorable pour l’humanité. En effet, grâce au sacrifice de Jésus-Christ, tous les hommes auront l’opportunité de bénéficier de la rédemption et de la restauration. Le texte souligne que cette approche est plus miséricordieuse que celle qui aurait consisté à accorder à chaque individu une épreuve individuelle, car elle permet à tous de bénéficier des mérites du sacrifice du Christ[260].

La peine de mort, et non la torture éternelle

Cette partie clarifie la nature de la peine infligée à Adam et à sa postérité. L’auteur rejette l’idée que la peine pour le péché soit la torture éternelle, une doctrine qu’il qualifie d’absurde et contraire aux Écritures. Selon le texte, la peine prononcée par Dieu était la mort, et non une souffrance éternelle. L’auteur cite plusieurs passages bibliques pour étayer cette affirmation, notamment Romains 6:23 (« Le salaire du péché, c’est la mort ») et Ézéchiel 18:4 (« L’âme qui pèche, c’est celle qui mourra »). Il explique que la vie éternelle est un don réservé aux obéissants, et que la mort est la conséquence naturelle du péché[261].

Le texte souligne que l’idée de la torture éternelle est une déformation des enseignements bibliques, souvent basée sur une mauvaise interprétation des symboles et des paraboles. L’auteur insiste sur le fait que Dieu, dans sa justice et son amour, ne pourrait jamais condamner ses créatures à une souffrance éternelle. La peine de mort, bien que sévère, est présentée comme une conséquence logique et juste du péché, et non comme une punition cruelle. Cette peine permet à l’humanité de comprendre la gravité du péché et la nécessité de la rédemption offerte par Jésus-Christ[262].

La Permission du Mal

Ce chapitre poursuit l'explication théologique de la rédemption humaine par le sacrifice de Jésus-Christ. La publication affirme que la mort de Jésus, « l'innocent, le sans péché », constitue un règlement complet envers Dieu pour le péché d'Adam. Puisque un seul homme (Adam) a péché et que toute l'humanité a partagé sa malédiction, Jésus, en payant la peine de ce pécheur unique, a racheté non seulement Adam, mais aussi toute sa postérité, c'est-à-dire tous les hommes. Cette logique repose sur l'idée que tous les descendants d'Adam ont hérité de ses faiblesses, de ses péchés et de la peine qui en découle, la mort. Le Christ, « l'homme Christ Jésus », lui-même irréprochable et doté d'une descendance parfaite et non encore née, exempte de tout péché, a offert les 4/7 de sa vie humaine et de son titre en tant que prix de rançon complet pour Adam et sa race au moment de leur condamnation[263].

Après avoir pleinement racheté les vies d'Adam et de sa race, le Christ propose d'adopter comme ses enfants tous ceux qui accepteront les termes de sa Nouvelle Alliance et qui, par la foi et l'obéissance, entreront ainsi dans la famille de Dieu pour recevoir la vie éternelle. La publication cite une traduction corrigée de 1 Corinthiens 15:22 : « Comme tous meurent en Adam, de même tous seront rendus vivants en Christ »[264]. Elle précise que le Rédempteur verra sa postérité (autant de descendants d'Adam qui accepteront l'adoption selon ses conditions) et prolongera ses jours par une résurrection à un plan supérieur à l'humain, accordée par le Père en récompense de son obéissance, même jusqu'au sacrifice de sa vie et de sa postérité[265].

La publication souligne que l'injustice subie par l'humanité à travers la chute d'Adam sera plus que compensée par la faveur divine à travers le Christ. Tous auront tôt ou tard (dans le « temps fixé » de Dieu) l'opportunité complète d'être restaurés à la même condition qu'Adam avant son péché. Ceux qui ne reçoivent pas une connaissance complète et, par la foi, une jouissance de cette faveur divine dans le temps présent (incluant la grande majorité, comme les enfants et les païens) auront assurément ces privilèges dans l'âge à venir, ou « monde futur », la dispensation qui suivra la présente. À cette fin, « tous ceux qui sont dans leurs tombes [...] en sortiront »[266].

Chaque individu, qu'il soit de cet âge ou du suivant, devient pleinement conscient du prix de rançon donné par le Seigneur Jésus et de ses privilèges ultérieurs, est considéré comme étant en jugement, comme l'était Adam. L'obéissance apporte la vie éternelle, tandis que la désobéissance entraîne la mort éternelle, la « seconde mort ». Cependant, une obéissance parfaite n'est pas exigée de quiconque sans une capacité parfaite à la rendre. Sous l'Alliance de Grâce, les membres de l'Église durant l'âge de l'Évangile ont eu la justice du Christ imputée par la foi pour compenser leurs déficiences inévitables dues aux faiblesses de la chair. La grâce divine opérera également envers « quiconque le voudra » durant l'âge millénaire. Ce n'est qu'une fois la perfection physique atteinte (ce qui sera le privilège de tous avant la fin de l'âge millénaire) que la perfection morale absolue sera attendue[267].

La publication aborde ensuite la question de savoir si cela constitue une seconde chance pour certains membres de la race humaine d'obtenir la vie éternelle. Elle répond que la première chance de vie éternelle a été perdue pour Adam et toute sa race, « encore dans ses reins », par la désobéissance d'Adam. Sous ce jugement originel, « la condamnation est passée sur tous les hommes ». Le plan de Dieu était qu'à travers le sacrifice rédempteur du Christ, Adam et tous ceux qui ont perdu la vie dans son échec, après avoir goûté à l'extrême méchanceté du péché et ressenti le poids de sa peine, aient l'opportunité de se tourner vers Dieu par la foi en le Rédempteur. Si quelqu'un choisit d'appeler cela une « seconde chance », qu'il le fasse : cela doit certainement être la seconde chance d'Adam, et dans un sens au moins, la même pour toute la race rachetée, mais ce sera la première opportunité individuelle pour ses descendants, qui, à leur naissance, étaient déjà sous condamnation à mort. Peu importe comment on l'appelle, les faits restent les mêmes : tous ont été condamnés à mort à cause de la désobéissance d'Adam, et tous jouiront (dans l'âge millénaire) d'une opportunité complète d'obtenir la vie éternelle sous les conditions favorables de la Nouvelle Alliance[268].

La publication précise que cette bonne nouvelle, annoncée par les anges comme une « bonne nouvelle de grande joie qui sera pour tout le peuple », et la grâce de Dieu selon laquelle notre Seigneur Jésus « s'est donné en rançon pour tous », doit être « attestée » à tous « en temps voulu »[269]. Elle critique les hommes qui ont limité cette chance ou opportunité d'atteindre la vie à l'âge de l'Évangile. Dieu, au contraire, affirme que l'âge de l'Évangile est uniquement destiné à la sélection de l'Église, le sacerdoce royal, par lequel, durant un âge successif, tous les autres seront amenés à une connaissance exacte de la vérité et recevront l'opportunité complète de garantir la vie éternelle sous la Nouvelle Alliance[270].

La publication interroge ensuite sur l'avantage de la méthode suivie par Dieu. Pourquoi ne pas donner à tous les hommes une chance individuelle de vie dès maintenant, sans le long processus du jugement d'Adam, de la condamnation partagée par sa descendance, de la rédemption de tous par le sacrifice du Christ, et de la nouvelle offre de vie éternelle sous les conditions de la Nouvelle Alliance ? Si le mal doit être permis en raison de l'agence morale libre de l'homme, pourquoi son extermination est-elle accomplie par une méthode aussi particulière et détournée ? Pourquoi permettre autant de misère à intervenir et à affecter beaucoup de ceux qui recevront finalement le don de la vie en tant qu'enfants obéissants de Dieu[271] ?

La publication explique que si Dieu avait ordonné différemment la propagation de notre espèce, de sorte que les enfants ne participent pas aux résultats des péchés parentaux (faiblesses mentales, morales et physiques), et si le Créateur avait arrangé pour que tous aient une condition édénique favorable pour leur épreuve, et que seuls les transgresseurs soient condamnés et « retranchés », on pourrait se demander combien auraient été jugés dignes, et combien indignes de la vie. En prenant l'exemple d'Adam comme critère (et il était certainement un échantillon de l'humanité parfaite), la conclusion serait que personne n'aurait été trouvé parfaitement obéissant et digne, car personne ne posséderait cette connaissance claire et cette expérience de Dieu qui développeraient en eux une confiance totale en ses lois, au-delà de leur jugement personnel. La publication assure que c'est la connaissance du Père par le Christ qui lui a permis de faire confiance et d'obéir implicitement[272].

La publication envisage un scénario hypothétique où un quart de l'humanité gagnerait la vie, ou même la moitié. Elle suppose que l'autre moitié, les obéissants, n'ayant ni expérimenté ni été témoins du péché, pourrait ressentir une curiosité éternelle envers les choses interdites, seulement retenue par la crainte de Dieu et de la peine. Leur service ne pourrait pas être aussi sincère que s'ils connaissaient le bien et le mal, et donc avaient une pleine appréciation des desseins bienveillants du Créateur en établissant les lois qui régissent sa propre conduite ainsi que celle de ses créatures[273].

Elle considère ensuite la moitié qui serait ainsi condamnée à mort à la suite de leur péché volontaire. Ceux-ci seraient définitivement retranchés de la vie, et leur seul espoir serait que Dieu, par amour, se souvienne d'eux comme de ses créatures, l'œuvre de ses mains, et leur accorde un autre jugement. Mais pourquoi le ferait-il ? La seule raison serait l'espoir que, s'ils étaient réveillés et jugés à nouveau, certains d'entre eux, en raison de leur plus grande expérience, pourraient alors choisir l'obéissance et vivre. Cependant, même si un tel plan était aussi bon dans ses résultats que celui que Dieu a adopté, il y aurait de sérieuses objections à son encontre[274].

La publication souligne qu'il est beaucoup plus conforme à la sagesse de Dieu de confiner le péché à certaines limites, comme le fait son plan. Il est bien préférable, même pour nos esprits finis, de voir qu'il n'y a qu'une seule loi parfaite et impartiale, qui déclare que le salaire du péché volontaire est la mort, la destruction, le retranchement de la vie. Dieu limite ainsi le mal qu'il permet, en prévoyant que le règne millénaire du Christ accomplira l'extinction complète du mal et des malfaiteurs volontaires, et introduira une éternité de justice, basée sur une connaissance complète et une obéissance volontaire parfaite de la part d'êtres parfaits[275].

La publication présente deux autres objections au plan suggéré d'un jugement individuel initial. Un seul Rédempteur était tout à fait suffisant dans le plan que Dieu a adopté, car un seul avait péché et un seul avait été condamné (les autres partageant sa condamnation). Mais si le premier jugement avait été un jugement individuel, et si la moitié de la race avait péché et été individuellement condamnée, il aurait fallu le sacrifice d'un rédempteur pour chaque individu condamné. Une vie non forfaite pouvait racheter une vie forfaite, mais pas plus. L'homme parfait, « l'homme Christ Jésus », qui rachète Adam déchu (et nos pertes à travers lui), n'aurait pas pu être « une rançon [un prix correspondant] pour TOUS » dans d'autres circonstances que celles du plan que Dieu a choisi[276].

Si l'on suppose que le nombre total d'êtres humains depuis Adam est de cent milliards, et que seulement la moitié d'entre eux avaient péché, il aurait fallu que les cinquante milliards d'hommes obéissants et parfaits meurent afin de donner une rançon [un prix correspondant] pour tous les cinquante milliards de transgresseurs. Ainsi, par ce plan également, la mort serait passée sur tous. Et un tel plan impliquerait autant de souffrance que celle actuellement expérimentée[277].

L'autre objection à un tel plan est qu'il perturberait sérieusement les plans de Dieu relatifs à la sélection et à l'exaltation à la nature divine d'un « petit troupeau », le corps du Christ, dont Jésus est la Tête et le Seigneur. Dieu ne pourrait pas justement demander aux cinquante milliards de fils obéissants de donner leurs droits, privilèges et vies comme rançons pour les pécheurs, car selon sa propre loi, leur obéissance leur aurait valu le droit à la vie éternelle. Par conséquent, si ces hommes parfaits étaient invités à devenir les rédempteurs des déchus, ce serait le plan de Dieu, comme avec notre Seigneur Jésus, de leur offrir une récompense spéciale, afin qu'eux, pour la joie qui leur était proposée, puissent endurer la peine de leurs frères. Et si la même récompense leur était donnée que celle accordée à notre Seigneur Jésus, à savoir, participer à une nouvelle nature, la nature divine, et être hautement exaltés au-dessus des anges et des principautés et des puissances, et de tout nom qui est nommé, juste après Jéhovah, alors il y aurait un nombre immense sur le plan divin, ce que la sagesse de Dieu n'a manifestement pas approuvé. De plus, ces cinquante milliards, dans de telles circonstances, seraient tous sur un pied d'égalité, et aucun parmi eux ne serait chef, tandis que le plan que Dieu a adopté ne nécessite qu'un seul Rédempteur, hautement exalté à la nature divine, puis un « petit troupeau » de ceux qu'il a rachetés, et qui « marchent sur ses traces » de souffrance et de renoncement à soi, pour partager son nom, son honneur, sa gloire et sa nature, comme l'épouse partage avec l'époux[278].

Ceux qui peuvent apprécier cette caractéristique du plan de Dieu, qui, en condamnant tous en un seul représentant, a ouvert la voie à la rançon et à la restitution de tous par un seul Rédempteur, trouveront en elle la solution de nombreuses perplexités. Ils verront que la condamnation de tous en un seul a été l'inverse d'une injustice : c'était une grande faveur pour tous lorsqu'elle est considérée en relation avec le plan de Dieu pour fournir la justification à tous par le sacrifice d'un autre. Le mal sera à jamais éteint lorsque le dessein de Dieu en le permettant aura été accompli, et lorsque les bienfaits de la rançon seront rendus coextensifs à la peine du péché. Il est impossible, cependant, d'apprécier correctement cette caractéristique du plan de Dieu sans une reconnaissance complète de la nature pécheresse du péché, de la nature de sa peine — la mort, de l'importance et de la valeur de la rançon que notre Seigneur Jésus a donnée, et de la restauration positive et complète de l'individu à des conditions favorables, conditions sous lesquelles il aura un procès complet et ample, avant d'être jugé digne de la récompense (la vie éternelle), ou de la peine (la mort éternelle)[279].

En vue du grand plan de rédemption et de la « restitution de toutes choses » par le Christ, on peut voir que des bénédictions résultent de la permission du mal qui, probablement, n'auraient pas pu être réalisées autrement. Non seulement les hommes sont bénis pour l'éternité par l'expérience acquise, et les anges par leur observation des expériences humaines, mais tous sont davantage avantagés par une connaissance plus complète du caractère de Dieu tel que manifesté dans son plan. Lorsque son plan sera pleinement accompli, tous pourront lire clairement sa sagesse, sa justice, son amour et sa puissance. Ils verront la justice qui n'a pu violer le décret divin, ni sauver la race justement condamnée sans une pleine annulation de leur peine par un rédempteur consentant. Ils verront l'amour qui a fourni ce noble sacrifice et qui a hautement exalté le Rédempteur à la droite de Dieu, lui donnant ainsi le pouvoir et l'autorité de restaurer à la vie ceux qu'il avait rachetés avec son précieux sang. Ils verront également la puissance et la sagesse qui ont été capables d'élaborer un destin glorieux pour ses créatures, et de diriger ainsi toute influence opposée qu'elles soient des agents volontaires ou involontaires pour l'avancement et l'accomplissement final de ses grands desseins. Sans la permission du mal et sa direction par la providence divine, on ne voit pas comment ces résultats auraient pu être atteints. La permission du mal parmi les hommes pendant un certain temps révèle ainsi une sagesse prévoyante, qui a saisi toutes les circonstances attenantes, a conçu le remède, et marqué le résultat final par sa puissance et sa grâce[280].

Durant la dispensation de l'Évangile, le péché et ses maux attenants ont été davantage utilisés pour la discipline et la préparation de l'Église. Sans la permission du péché, le sacrifice de notre Seigneur Jésus et de son Église, dont la récompense est la nature divine, aurait été impossible. Il semble clair que la même loi de Dieu qui régit actuellement l'humanité, selon laquelle l'obéissance est récompensée par la vie et la désobéissance punie par la mort, doit finalement gouverner toutes les créatures intelligentes de Dieu. Et cette loi, comme notre Seigneur l'a définie, est brièvement comprise dans le seul mot, amour. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même »[281]. Finalement, lorsque les desseins de Dieu auront été accomplis, la gloire du caractère divin sera manifeste à toutes les créatures intelligentes, et la permission temporaire du mal sera vue par tous comme une caractéristique sage de la politique divine. Maintenant, cela ne peut être vu que par l'œil de la foi, regardant en avant à travers la Parole de Dieu les choses annoncées par la bouche de tous les saints prophètes depuis le commencement du monde — la restitution de toutes choses[282].

Le Jour est Proche

Ce poème, intitulé « Le Jour est Proche », s'adresse au pèlerin fatigué, l'encourageant à persévérer car l'aube est proche. Il reconnaît la lassitude actuelle du pèlerin, mais souligne que le rayon lumineux devient de plus en plus clair. Le poème exhorte à tenir bon un peu plus longtemps, à attendre le repos, et à ne pas céder au sommeil malgré la fatigue[283].

Il décrit la nuit de la vie comme étant triste, mais encourage à regarder vers l'avant, car l'aube est proche. Bientôt, les scènes et les formes ombragées de la terre disparaîtront, et il ne faut pas céder à la peur. Le sommet de la montagne sera bientôt atteint, et le monde lumineux de joie et de paix sera atteint. Le poème conclut en exhortant à se ceindre les reins, à attacher les sandales aux pieds, car le chemin est sombre et long, mais la fin est douce[284].

Étude VIII : Le Jour du Jugement

Cette étude aborde la question du jour du jugement, un sujet souvent mal compris. La publication cite Actes 17:31, 1 Jean 2:1 et Jean 5:22, affirmant que Dieu a fixé un jour où il jugera le monde en justice par Jésus-Christ, à qui le Père a confié tout jugement[285].

La publication critique la vision généralement répandue selon laquelle le Christ reviendra sur terre, assis sur un grand trône blanc, pour convoquer les saints et les pécheurs en rang devant lui afin de les juger, au milieu de grandes convulsions de la nature. Selon cette vision, les pécheurs tremblants seraient amenés des profondeurs d'une souffrance éternelle pour entendre leurs péchés énumérés, seulement pour être renvoyés à un destin éternel et impitoyable. Les saints seraient amenés du ciel pour témoigner de la misère et du désespoir des condamnés, pour entendre à nouveau la décision dans leurs propres cas, et pour retourner. Selon la théorie dominante, tous reçoivent leur sentence et leur récompense à la mort, et ce qui est communément appelé le jugement général n'est qu'une répétition de ce premier jugement, sans but concevable, puisque la décision rendue à la mort est présentée comme finale et irrévocable[286].

La publication mentionne un discours récemment prononcé devant une congrégation de Brooklyn, qui prétendait donner un compte rendu détaillé des travaux du Jour du Jugement, les représentant comme accomplis en l'espace d'une seule journée littérale. Elle qualifie cette conception de très rudimentaire et totalement en désaccord avec la Parole inspirée, soulignant qu'elle découle d'une interprétation trop littérale de la parabole du Christ sur les brebis et les boucs (Matthieu 25:31-46). Elle explique qu'une parabole n'est jamais une déclaration exacte, mais simplement une illustration d'une vérité par quelque chose qui lui ressemble à bien des égards. Si cette parabole était une déclaration littérale de la manière dont le jugement sera conduit, elle s'appliquerait à des brebis et des boucs littéraux, et non à l'humanité[287].

La publication propose une vision plus scripturaire et raisonnable du travail et du résultat du grand Jour du Jugement que Dieu a fixé. Elle explique que le terme jugement signifie plus que simplement rendre un verdict ; il inclut l'idée d'un procès ainsi qu'une décision basée sur ce procès. Cela est vrai non seulement pour le mot anglais « judgment », mais aussi pour le mot grec qu'il traduit[288].

Le terme « jour », tant dans les Écritures que dans l'usage courant, bien que le plus souvent utilisé pour représenter une période de douze ou vingt-quatre heures, signifie réellement toute période définie ou spéciale. Ainsi, par exemple, on parle du jour de Noé, du jour de Luther, du jour de Washington. De même, dans la Bible, toute la période de la création est appelée un jour, comme on lit dans Genèse 2:4 : « le jour où Jéhovah Dieu fit la terre et les cieux ». On lit également du « jour de la tentation dans le désert » (quarante ans, Hébreux 3:8-9), du « jour du salut » (2 Corinthiens 6:2), ainsi que du « jour de la vengeance », du « jour de la colère » et du « jour de la détresse » (termes appliqués à une période de quarante ans à la fin de l'âge juif, et à une période similaire de trouble à la fin de l'âge de l'Évangile). On lit également du « jour du Christ », du « jour du jugement », et de « ce jour » (termes applicables à l'âge millénaire, durant lequel le Messie régnera sur, gouvernera et jugera le monde en justice, accordant un procès ainsi que rendant une sentence). Et de cette période, il est écrit : Il jugera le monde en justice, et en son jour il montrera qui est ce bienheureux et seul Potentat, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Actes 17:31 ; 1 Timothée 6:15). Pourquoi certains supposent-ils que ce jour du jugement ne dure que douze ou vingt-quatre heures, alors qu'ils reconnaissent la signification plus large du mot jour dans d'autres cas similaires, dépasse l'entendement, sauf en supposant qu'ils ont été influencés par la tradition, sans preuve ou investigation appropriée[289].

La publication encourage ceux qui consulteront soigneusement une concordance complète de la Bible concernant le Jour du Jugement, et noteront le type et la quantité de travail à accomplir durant cette période, à voir rapidement l'absurdité de la vision commune et la nécessité de donner au terme « jour » sa signification plus large. Bien que les Écritures parlent d'un grand jour de jugement ou de procès futur, et montrent que les masses de l'humanité auront leur procès complet et leur sentence finale durant ce jour, elles enseignent également qu'il y a eu d'autres jours de jugement, durant lesquels certaines classes élues ont été mises à l'épreuve[290].

Le premier grand jugement (procès et sentence) a eu lieu au commencement, en Éden, lorsque toute la race humaine, représentée en son chef, Adam, a été mise à l'épreuve devant Dieu. Le résultat de ce procès a été le verdict : Coupable, désobéissant, indigne de la vie ; et la peine infligée a été la mort — « Mourant, tu mourras » (Genèse 2:17, marge). Et ainsi « en Adam tous meurent ». Ce temps d'épreuve en Éden a été le premier jour de jugement du monde, et la décision du Juge (Jéhovah) a été appliquée depuis lors. La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété. Elle peut être vue dans chaque cortège funèbre. Chaque tombe en est un témoin. Elle est ressentie dans chaque douleur que nous éprouvons — toutes sont le résultat du premier procès et de la sentence — la sentence juste de Dieu, que nous sommes indignes de la vie et des bénédictions initialement prévues pour l'homme lorsqu'il était obéissant et à l'image de Dieu[291].

Cependant, l'humanité doit être sauvée de la sentence de ce premier procès par l'unique sacrifice pour tous, que le grand Rédempteur fournit. Tous doivent être sauvés de la tombe et de la sentence de mort — destruction — qui, à la lumière de cette rédemption, ne doit plus être considérée comme la mort au sens plein et éternel du terme, mais plutôt comme un sommeil temporaire ; car dans la matinée du Millénium, tous seront réveillés par le Donneur de vie qui a racheté tous. Seule l'Église des croyants en Christ est en quelque sorte libérée ou « échappée » de cette sentence et peine originelles ; et leur échappée n'est pas encore actuelle, mais seulement comptée par la foi. « Nous sommes sauvés par l'espérance » seulement. Notre libération effective de cette peine de mort (encourue en Adam et échappée en entrant dans le Christ) ne sera pleinement expérimentée que le matin de la résurrection, lorsque nous serons satisfaits de nous réveiller à la ressemblance de notre Rédempteur. Mais le fait que nous, qui sommes parvenus à la connaissance du plan gracieux de Dieu en Christ, « avons échappé à la corruption qui est [toujours] dans le monde », loin de prouver que les autres n'auront aucune espérance future d'échapper, prouve plutôt le contraire ; car nous sommes les prémices pour Dieu de ses créatures. Notre échappée de la mort en Adam à la vie en Christ n'est qu'un avant-goût de la délivrance de quiconque voudra être délivré de l'esclavage de la corruption [la mort] à la liberté de la vie propre à tous ceux que Dieu reconnaîtra comme fils. Tous ceux qui le voudront pourront être délivrés de la mort à la vie, indépendamment des distinctions de nature que Dieu a prévues pour ses fils sur différents plans d'être. L'âge de l'Évangile est le jour du procès pour la vie ou la mort pour ceux qui sont appelés à la nature divine[292].

Cependant, Dieu a fixé un jour où il jugera le monde. Comment cela peut-il être ? Dieu a-t-il changé d'avis ? A-t-il conclu que sa décision lors du procès du premier homme et la sentence générale étaient injustes, trop sévères, qu'il décide maintenant de juger le monde individuellement ? Non ; si tel était le cas, nous n'aurions pas de meilleure garantie d'une décision juste dans le futur procès que dans le passé. Ce n'est pas que Dieu considère sa décision dans le premier jugement injuste, mais qu'il a prévu une rédemption de la peine du premier jugement, afin de pouvoir accorder un autre jugement (procès) dans des conditions plus favorables à toute la race — tous ayant alors eu l'expérience du péché et de ses résultats. Dieu n'a pas changé un iota de son dessein originel, qu'il a formé avant que le monde ne commence. Il nous informe distinctement qu'il ne change pas, et qu'il ne tiendra en aucune manière le coupable pour innocent. Il exigera la pleine peine qu'il a justement prononcée. Et cette pleine peine a été prévue par le Rédempteur ou substitut que Dieu lui-même a fourni — Jésus-Christ, qui, « par la grâce [faveur] de Dieu, a goûté la mort pour tout homme ». Notre Seigneur ayant fourni une rançon pour la race d'Adam avec sa propre vie, peut justement offrir une nouvelle chance de vie à tous. Cette offre à l'Église se fait sous l'Alliance du sacrifice (Psaume 50:5 ; Romains 12:1) : pour le monde, elle se fera sous la Nouvelle Alliance (Romains 14:9 ; Hébreux 10:16 ; Jérémie 31:31)[293].

La publication informe également que lorsque Dieu donnera au monde ce procès individuel, ce sera sous le Christ comme Juge, que Jéhovah honorera ainsi en raison de son obéissance jusqu'à la mort pour notre rédemption. Dieu l'a hautement exalté, même à la nature divine, afin qu'il puisse être un Prince et un Sauveur (Actes 5:31), afin qu'il puisse être capable de sauver de la mort et d'accorder le jugement à tous ceux qu'il a rachetés avec son propre sang précieux. Dieu a confié tout jugement au Fils, et lui a donné tout pouvoir dans le ciel et sur la terre (Jean 5:22)[294].

C'est donc le Christ hautement exalté et glorifié, qui a tant aimé le monde qu'il a donné sa vie en rançon, qui sera le Juge du monde lors de son procès futur promis. Et c'est Jéhovah lui-même qui l'a nommé à cette fonction, dans ce but précis. Puisque telles sont les déclarations claires des Écritures, il n'y a rien à craindre, mais au contraire, il y a une grande raison de se réjouir en regardant vers le Jour du Jugement. Le caractère du Juge est une garantie suffisante que le jugement sera juste et miséricordieux, et avec une considération due pour les infirmités de tous, jusqu'à ce que les volontaires et obéissants soient ramenés à la perfection originelle perdue en Éden[295].

Un juge, dans les temps anciens, était quelqu'un qui exécutait la justice et soulageait les opprimés. Par exemple, lorsque sous l'oppression de leurs ennemis à cause de la transgression contre le Seigneur, Israël criait vers Jéhovah, Jéhovah suscitait un libérateur. Ainsi, on lit : « Lorsque les enfants d'Israël crièrent à Jéhovah, Jéhovah suscita un libérateur, [...] Othniel. Et l'Esprit de Jéhovah vint sur lui, et il jugea Israël, et il sortit pour la guerre, et il prévalut, et le pays eut du repos pendant quarante ans » (Juges 3:9-11). Ainsi, bien que le monde ait longtemps été sous le pouvoir et l'oppression de l'adversaire, Satan, bientôt celui qui paie pour les péchés de tous avec son propre sang précieux prendra sa grande puissance et commencera son règne. Le monde, qui a longtemps gémi sous le joug de l'oppression, sera soulagé et béni par son règne juste et miséricordieux. Et pendant ce règne millénaire, tous les hommes auront une pleine opportunité de se libérer de la condamnation et de la corruption héritées d'Adam, et de revenir à la perfection et à l'harmonie avec Dieu[296].

Le Jour du Jugement

Ce chapitre poursuit l'exposé sur le jugement dernier en insistant sur la justice et l'équité de ce processus divin. La publication affirme que le jugement à venir sera fondé sur les mêmes principes que le premier jugement d'Adam, avec une loi exigeant l'obéissance parfaite, une récompense de vie éternelle et une peine de mort pour les désobéissants[297]. Contrairement au premier jugement, où l'humanité a hérité de la condamnation d'Adam, le second jugement sera individuel : chacun sera responsable de ses propres actes, sans subir les conséquences du péché originel[298]. La publication cite le prophète Ézéchiel pour appuyer cette idée : *« Le père ne portera pas l'iniquité du fils, et le fils ne portera pas l'iniquité du père ; la justice du juste sera sur lui, et la méchanceté du méchant sera sur lui »* (Ézéchiel 18:20)[299].

Le texte souligne que le jugement futur sera plus favorable que le premier, car l'humanité bénéficiera de l'expérience acquise sous l'effet du péché originel. Durant ce jugement, les hommes seront progressivement éduqués et disciplinés jusqu'à atteindre la perfection. Ceux qui, malgré cette opportunité, refusent délibérément d'obéir seront condamnés à la *« seconde mort »*, une extinction définitive sans possibilité de rédemption[300]. La publication précise que même une période de cent ans sans progrès spirituel suffira à condamner un individu, car ce laps de temps sera considéré comme une enfance prolongée, et l'absence de progrès équivaudra à un rejet délibéré des faveurs divines[301].

La conclusion du jugement est décrite à travers la parabole des brebis et des boucs (Matthieu 25:31-46), où les obéissants seront séparés des désobéissants. Les premiers accéderont à la vie éternelle, tandis que les seconds subiront la *« seconde mort »*, sans espoir de résurrection, car leur péché sera considéré comme volontaire et commis en pleine connaissance de cause[302].

La publication reconnaît que l'humanité est déjà responsable devant Dieu selon la lumière dont elle dispose, qu'elle provienne de la nature ou de la révélation. Cependant, seuls les membres de la *« petite troupe »* du Seigneur, c'est-à-dire les chrétiens fidèles, bénéficient actuellement d'une lumière suffisante pour encourir la peine finale de la seconde mort[303]. Entre le premier et le second jugement, un intervalle d'environ six mille ans permet à Dieu de sélectionner deux classes spéciales : la *« maison des fils »* (les fidèles de l'ère chrétienne) et la *« maison des serviteurs »* (les fidèles ayant précédé l'ère chrétienne). Ces deux groupes, une fois éprouvés et jugés dignes, deviendront les instruments de Dieu pour bénir et juger le monde durant son jour de jugement[304].

Le texte critique les erreurs doctrinales qui ont déformé la perception du jugement dernier, notamment celles propagées par les credos et les hymnes religieux. Ces erreurs ont conduit à une vision effrayante du jugement, alors que les prophètes et les apôtres le décrivaient comme un jour de joie et de délivrance. La publication cite le psaume de David (1 Chroniques 16:31-34) pour illustrer cette espérance, où le jugement est associé à la joie de la création entière[305]. Elle souligne également que l'apôtre Paul, dans son épître aux Romains (Romains 8:21-22), présente ce jour comme une libération pour toute la création, attendant avec impatience l'intervention du grand Juge[306].

Ensuite

Cette section est un poème intitulé *« Ensuite »*, qui célèbre la justice et la miséricorde divines. Le poème affirme que les voies de Dieu, bien que parfois incomprises, sont équitables et visent à transformer le mal en bien durable. Il décrit les épreuves comme des tempêtes passagères, suivies d'une paix et d'une joie éternelles. Le texte évoque la confiance en Dieu, même dans les moments de souffrance, et promet que les épreuves actuelles laisseront place à une *« suite de paix »* pour ceux qui placent leur espérance en Lui[307].

Étude IX

Rançon et Restitution

Cette étude aborde le lien indissociable entre la rançon et la restitution, deux piliers du plan divin. La publication affirme que la restitution de l'humanité, c'est-à-dire son retour à la perfection et à la gloire perdues en Éden, est une conséquence logique et nécessaire de la rançon payée par Jésus-Christ[308]. Selon le texte, la rançon garantit que tous les hommes, sauf ceux qui résistent délibérément au pouvoir salvateur du Christ, seront libérés de la *« servitude de la corruption »* (Romains 8:21), c'est-à-dire de la mort héritée d'Adam[309].

L'apôtre Paul est cité pour appuyer cette idée : *« Car c'est pour cela que Christ est mort et qu'il est revenu à la vie, afin de dominer sur les morts et sur les vivants »* (Romains 14:9). La publication explique que la mort et la résurrection de Jésus ont pour but de lui donner autorité sur les morts comme sur les vivants, assurant ainsi les bienfaits de la rançon à tous[310]. Le texte rejette l'idée que la rançon ne bénéficierait qu'à une minorité, car cela impliquerait soit que Dieu a accepté le prix de la rançon sans accorder la libération des rachetés, soit que le Christ, après avoir racheté tous les hommes, serait incapable ou réticent à accomplir son dessein bienveillant[311].

La rançon ne garantit pas automatiquement la vie éternelle, mais elle offre à chaque individu une nouvelle opportunité de trial pour obtenir cette vie. Le premier jugement de l'humanité, qui a abouti à la perte des bénédictions originelles, est transformé en une expérience bénéfique pour les cœurs loyaux grâce à la rançon. Cependant, le fait d'être racheté de la première condamnation ne signifie pas que les hommes ne pourront plus pécher lors de leur second trial. Ce dernier sera individuel, et ceux qui refuseront délibérément d'obéir seront condamnés à la *« seconde mort »*, une extinction définitive sans possibilité de rédemption[312].

La publication souligne que le second trial sera plus favorable que le premier, car l'humanité bénéficiera de l'expérience acquise sous l'effet du péché originel. Les conditions de ce trial seront identiques à celles du premier jugement : la loi de Dieu restera inchangée, exigeant une obéissance parfaite. Cependant, la grande différence résidera dans la connaissance accrue de l'humanité, qui aura expérimenté à la fois le bien et le mal. Cette expérience constituera un avantage décisif, permettant à la majorité de réussir ce second trial[313].

Le texte insiste sur le fait que la rançon ne dispense pas du péché et ne transforme pas les pécheurs en saints. Elle libère simplement le pécheur de la première condamnation et lui offre une nouvelle opportunité de trial pour la vie éternelle. La publication rejette l'idée que la simple possession d'une Bible ou la vie dans une société civilisée constitue une opportunité suffisante pour ce trial. Elle rappelle que la chute d'Adam n'a pas affecté tous ses descendants de la même manière : certains sont nés si affaiblis et corrompus qu'ils sont facilement trompés par Satan et entraînés dans le péché. Même ceux qui aspirent à faire le bien sont souvent dominés par le mal en raison de leur environnement[314].

Seule une minorité, composée de l'Église, bénéficie actuellement des bienfaits de la rançon et est en trial pour la vie éternelle. Ces fidèles, bien que non parfaits, sont considérés comme tels par la foi en Christ, et leurs imperfections sont couvertes par la perfection du Rédempteur. Leur trial est aussi équitable que celui que connaîtra le monde lors de son jugement futur. À cette époque, tous les hommes seront amenés à une connaissance complète de la vérité, et ceux qui accepteront les conditions divines seront traités comme des fils, héritiers des bénédictions de la restitution[315].

La publication explique que les obéissants du monde commenceront immédiatement à recevoir les bénédictions de la restitution, sous forme d'une suppression progressive de leurs faiblesses physiques et mentales. En revanche, l'Église du Gospel, consacrée au service du Seigneur jusqu'à la mort, obtiendra sa perfection instantanément lors de la *« première résurrection »*. Une autre différence entre les deux trials réside dans les circonstances : le trial du monde se déroulera dans un environnement favorable à la justice, tandis que celui de l'Église se déroule actuellement dans des conditions défavorables, sous l'influence de Satan. Cependant, cette difficulté est compensée par la promesse de la nature divine, en plus de la vie éternelle[316].

La mort d'Adam, bien que progressive, était certaine, et tous ses descendants sont nés dans le même état de mortalité, sans droit à la vie. La publication rappelle que ce n'est pas la souffrance associée à la mort, mais la mort elle-même, c'est-à-dire l'extinction de la vie, qui constitue la peine du péché. La restitution est présentée comme un acte de grâce divine, car la peine prononcée contre Adam ne prévoyait aucune possibilité de libération. Dès la prononciation de cette peine, la promesse d'une rédemption future a été faite, indiquant que Dieu avait un plan pour le salut de l'humanité[317].

La promesse faite à Abraham, selon laquelle toutes les familles de la terre seraient bénies en sa postérité, implique une résurrection ou une restitution pour tous, car beaucoup étaient déjà morts au moment de cette promesse. Cette promesse reste valable, et tous seront bénis lors des *« temps de la restitution »* (Actes 3:19). La bénédiction divine, qui a été retirée à cause du péché, sera rétablie, soit par un pardon divin, soit par un plan de rédemption. La publication explique que Dieu ne pouvait pas simplement pardonner le péché sans justice, comme le montrent les sacrifices typiques exigés de ceux qui s'approchaient de Lui. Ces sacrifices symbolisaient la nécessité d'une expiation pour abolir la peine du péché[318].

Le texte utilise l'exemple d'Abraham et de son fils Isaac pour illustrer ce principe. Isaac, en qui se concentrait la promesse de bénédiction, devait d'abord être sacrifié avant de pouvoir bénir. Ce sacrifice préfigurait celui de Jésus-Christ, le *« vrai germe »*, qui est mort pour racheter les hommes afin que tous puissent recevoir la bénédiction promise. Si Abraham avait cru que Dieu pardonnerait simplement le péché, il aurait pu douter de la stabilité des promesses divines. Mais Dieu a montré qu'Il ne pouvait pas absoudre le coupable sans justice, tout en aimant suffisamment l'humanité pour sacrifier Son propre Fils[319].

La publication conclut en expliquant que, tout comme toute l'humanité était en Adam lorsqu'il a été condamné et a perdu la vie, Jésus a donné Sa vie comme *« rançon pour tous »*, offrant ainsi la possibilité d'une race non encore née. Ce prix de rançon, une *« satisfaction correspondante »*, a été remis à la Justice pour être appliqué *« en temps voulu »*. Jésus, qui a tout racheté, a pleine autorité pour restaurer tous ceux qui viennent à Dieu par Lui[320]. Le texte cite l'apôtre Paul pour résumer ce principe : *« Comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes »* (Romains 5:18). Cependant, la publication insiste sur le fait que les dispositions divines reconnaissent toujours la volonté humaine comme un facteur essentiel pour obtenir les faveurs divines. La rançon ne rend pas automatiquement les hommes justes : elle leur offre une opportunité de justification par la foi en Christ[321].

La rançon et la restauration

Ce chapitre approfondit la doctrine de la rançon payée par Jésus-Christ pour le péché d’Adam et ses conséquences sur la restauration de l’humanité. La publication affirme que la justice divine exige que la peine du péché adamique soit pleinement compensée avant que la restauration ne puisse avoir lieu. Elle cite 1 Jean 1:9 pour souligner que Dieu, dans sa fidélité et sa justice, pardonne les péchés confessés et purifie de toute iniquité[322]. La rançon, présentée comme un sacrifice suffisant, est décrite comme la base permettant à l’humanité de retrouver la vie et la perfection perdues.

La logique théologique développée ici repose sur l’idée que la mort, définie comme l’extinction de l’être, est la conséquence directe du péché. La publication rejette catégoriquement l’interprétation traditionnelle du châtiment éternel, arguant que cette conception contredit à la fois la justice divine et la nature du sacrifice du Christ. Elle souligne que si Jésus avait subi une peine éternelle, cela impliquerait que l’humanité est condamnée à une souffrance sans fin, ce qui est incompatible avec les Écritures[323]. Ce raisonnement s’appuie sur des passages comme Romains 8:33-34, qui présentent le Christ comme l’intercesseur garantissant la justification des croyants.

Un argument central est que la rançon, une fois payée, ouvre la voie à la restauration de tous ceux qui accepteront les conditions divines, comme le suggère Apocalypse 22:17. La publication insiste sur le fait que cette restauration n’est pas automatique : elle dépend de la repentance, de la foi et de la réforme individuelle. Cependant, elle précise que la majorité des humains n’ont jamais eu accès à une lumière suffisante pour exercer pleinement ces choix, ce qui justifie la nécessité d’une période de restauration où chacun pourra bénéficier d’une opportunité équitable[324].

La distinction entre la mort adamique, dont les effets seront effacés grâce à la rançon, et la seconde mort, résultant d’un rejet volontaire de la grâce divine, est également clarifiée. Cette dernière est présentée comme définitive, sans possibilité de résurrection, conformément à une interprétation littérale des Écritures[325].

Enfin, la publication aborde brièvement la philosophie du plan de rédemption, annonçant qu’elle sera développée dans un volume ultérieur. Elle réaffirme que la rédemption par le Christ est aussi vaste dans ses effets bénéfiques que le péché d’Adam l’a été dans ses conséquences néfastes, citant des passages comme Romains 5:18-19 pour étayer cette vision universelle du salut[326].

La restauration est-elle praticable ?

Cette section répond aux objections pratiques concernant la faisabilité de la résurrection et de la restauration de milliards d’êtres humains. La publication réfute l’idée que la terre ne pourrait pas accueillir une telle population, en proposant des calculs détaillés pour démontrer l’abondance d’espace disponible. Elle prend comme exemple l’État du Texas, dont la superficie permettrait d’enterrer tous les humains ayant vécu depuis la création, même en utilisant une estimation généreuse de leur nombre[327].

Pour étayer son propos, la publication effectue une estimation démographique en supposant une population constante de 1,4 milliard d’individus depuis Adam, avec trois générations par siècle. Cela aboutit à un total de 252 milliards d’individus sur 6 000 ans, un chiffre présenté comme largement surévalué. Elle calcule ensuite que la superficie du Texas, convertie en pieds carrés, pourrait contenir 660 milliards de corps, soit près de trois fois cette estimation[328]. Pour illustrer la capacité d’accueil actuelle, elle souligne que la population mondiale pourrait tenir debout sur une superficie équivalente à celle de Londres ou de Philadelphie, tandis que l’Irlande pourrait accueillir plus du double du nombre total d’humains ayant jamais vécu[329].

La publication cite également Isaïe 35:1-6 pour appuyer l’idée que Dieu a prévu les ressources nécessaires à la restauration. Ce passage prophétique décrit une terre fertile et abondante, où les déserts se transformeront en lieux de vie, assurant ainsi les besoins matériels de l’humanité restaurée[330].

Restauration contre évolution

Cette section confronte la doctrine biblique de la restauration avec la théorie évolutionniste, qui gagne en popularité à la fin du XIXe siècle. La publication critique l’idée selon laquelle l’humanité aurait évolué d’un état primitif vers une intelligence supérieure, ce qui rendrait une restauration à un état antérieur indésirable. Elle cite un représentant de cette théorie, qui décrit l’humanité comme passant d’un stade dominé par l’instinct animal à un « Âge du Cerveau », où la raison et la maîtrise de la nature prévalent[331].

La publication rejette cette vision en soulignant que les Écritures, notamment Romains 5:12-19 et Actes 3:19-21, attribuent la mort et les souffrances humaines au péché d’Adam et annoncent une restauration par le Christ. Elle argue que si l’on rejette cette interprétation, il faut également rejeter l’ensemble du témoignage apostolique, ce qui remettrait en cause l’autorité des Écritures[332].

Pour contrer l’argument évolutionniste, la publication met en avant des exemples historiques démontrant que les civilisations anciennes possédaient des connaissances et des compétences comparables, voire supérieures, à celles de l’époque moderne. Elle évoque les techniques d’embaumement égyptiennes, la fabrication de verre élastique et d’acier damassé, ainsi que les réalisations architecturales comme la Grande Pyramide de Gizeh, dont la précision mathématique et astronomique dépasse les capacités des scientifiques contemporains[333]. Ces exemples sont présentés comme des preuves que l’intelligence humaine n’a pas progressé, mais que les circonstances ont favorisé une diffusion plus large des connaissances.

La publication souligne également que les grands penseurs, orateurs et artistes des siècles passés, comme Platon, Aristote, Démosthène ou l’apôtre Paul, restent des références incontournables, ce qui remet en cause l’idée d’un progrès intellectuel linéaire. Elle cite en particulier Moïse, dont les lois ont servi de fondement aux civilisations ultérieures, comme exemple de sagesse ancienne[334].

Enfin, elle propose une explication alternative à l’essor des inventions modernes. Selon elle, ces progrès ne résultent pas d’une augmentation de la capacité cérébrale, mais de facteurs naturels comme l’invention de l’imprimerie, qui a permis la diffusion des connaissances, et l’éducation généralisée, qui a stimulé l’innovation. Elle suggère que ces développements ont été permis par la providence divine en préparation du Millénium, conformément à des prophéties comme Daniel 12:4, qui annonce une augmentation de la connaissance à la fin des temps[335].

La publication conclut en affirmant que les inventions modernes, bien que bénéfiques, ont également exacerbé les inégalités et les tensions sociales en raison de la nature pécheresse de l’humanité. Elle prédit que ces développements mèneront à un « temps de trouble » sans précédent, comme annoncé dans Daniel 12:1, avant l’établissement du Royaume de Dieu, qui seul pourra utiliser ces avancées pour le bien de tous[336].


Rançon et Restitution

La section aborde la nécessité d'une guidance divine pour que l'humanité puisse pleinement bénéficier des bénédictions promises lors de la restitution. Elle souligne que l'homme, dans son état déchu, ne peut utiliser correctement ces bénédictions sans contrôle. Ce n'est qu'à l'avènement du Règne millénaire que la loi de Dieu sera réécrite dans le cœur des hommes restaurés, leur permettant d'exercer une liberté complète sans danger. La publication affirme que le jour des troubles prendra fin lorsque le Prince de la Paix exercera son autorité, apaisant les passions humaines et instaurant un grand calme. Alors, les éléments en conflit reconnaîtront l'autorité de « l'Oint de Jéhovah », et toutes les familles de la terre seront bénies [337].

La section critique également les théories évolutionnistes, les qualifiant de « vains bavardages de science, faussement ainsi nommée », en opposition directe avec la Parole de Dieu. Elle insiste sur le fait que ce que les hommes attribuent à l'évolution ou au développement naturel est en réalité l'œuvre de Jéhovah, préparant les bénédictions pour l'humanité. Seuls les saints, dotés de la sagesse céleste, peuvent comprendre cette vérité, car « le secret de l'Éternel est pour ceux qui le craignent » Psaume 25:14 [338].

Le récit biblique de la création de l'homme est présenté comme une réfutation des théories évolutionnistes : Dieu a créé l'homme parfait et droit, à son image terrestre, mais l'homme s'est égaré par ses propres inventions Genèse 1:27 Romains 5:12 Ecclésiaste 7:29. Incapable de se racheter lui-même, l'humanité a nécessité l'intervention divine, où le Fils de Dieu est devenu homme pour offrir le prix de la rançon. En récompense de ce sacrifice, il a été exalté à la nature divine, et en temps voulu, il accomplira la restitution de l'humanité à sa perfection originelle et à toutes les bénédictions perdues [339].

La section se conclut par un poème célébrant la restauration future de la Terre, où la justice divine triomphera de l'oppression et où la nature elle-même sera transformée en un nouvel Éden [340].

Étude X : Les natures spirituelle et humaine, séparées et distinctes

Cette étude vise à clarifier les malentendus courants concernant les natures humaine et spirituelle, leurs gloires respectives, et la distinction entre mortalité et immortalité. Elle souligne que le plan divin pour l'humanité en général prévoit une restitution à l'état de perfection humaine perdu en Éden, tandis que l'Église chrétienne, en tant qu'exception, est appelée à une transformation de nature, passant de l'humaine à la spirituelle. Les Écritures promettent la vie et la bénédiction à toutes les familles de la terre, mais réservent la nature spirituelle uniquement à l'Église sélectionnée durant l'Âge de l'Évangile [341].

La section explique que si les masses de l'humanité sont sauvées de la dégradation, de la faiblesse, de la douleur et de la mort, et restaurées à la perfection humaine, elles sont tout aussi sauvées que ceux qui, sous l'« appel élevé » de l'Âge de l'Évangile, deviennent « participants de la nature divine ». Les malentendus sur la perfection humaine, les termes « mortel » et « immortel », ainsi que des idées erronées sur la justice, ont contribué à cette confusion. Une idée répandue, bien que non soutenue par les Écritures, est qu'un homme parfait n'a jamais existé sur terre, et que l'humanité actuelle n'est qu'une version partiellement développée de l'homme, devant devenir spirituelle pour atteindre la perfection [342].

Les Écritures enseignent qu'il n'y a eu que deux hommes parfaits : Adam et Jésus. Adam a été créé à l'image de Dieu, doté de facultés mentales et morales similaires, bien que d'un degré inférieur. Il était « de la terre, terrestre », une image terrestre d'un être spirituel. Même après la chute, Dieu peut dire à l'homme déchu : « Venez, raisonnons ensemble » Ésaïe 1:18. Comme Jéhovah est le souverain de toutes choses, l'homme a été fait pour dominer sur toutes les créatures terrestres Genèse 1:26. Moïse affirme que Dieu a reconnu l'homme qu'il avait créé comme « très bon », c'est-à-dire parfait, car aux yeux de Dieu, rien de moins que la perfection n'est acceptable pour ses créatures intelligentes [343].

La perfection de l'homme, tel que créé, est exprimée dans le Psaume 8:5-8, où il est dit que l'homme a été fait « un peu moindre que les anges » et couronné de gloire et d'honneur, avec domination sur les œuvres de Dieu. Certains ont tenté de faire correspondre ce passage à une théorie évolutionniste en interprétant « un peu » comme signifiant « un peu de temps » plutôt qu'un degré inférieur. Cependant, une comparaison critique des textes hébreu et grec ne laisse aucun doute : l'homme est un peu inférieur en degré aux anges. David, dans ce psaume, fait référence à l'homme dans son état originel et suggère prophétiquement que Dieu n'a pas abandonné son plan initial de faire de l'homme son image et le roi de la terre. L'apôtre Paul, dans Hébreux 2:7, attire l'attention sur le même fait : le dessein originel de Dieu n'a pas été abandonné, et l'homme, autrefois glorieux et parfait, sera restauré. Bien que cette restauration ne soit pas encore visible, le premier pas vers son accomplissement est déjà observable en Jésus, couronné de gloire et d'honneur, et qui, en tant que rançon, a goûté la mort pour chaque homme [344].

La section souligne qu'il ne faut pas confondre « un peu inférieur en degré » avec « un peu moins parfait ». Une créature peut être parfaite tout en étant sur un plan inférieur à une autre. Par exemple, un cheval parfait est inférieur à un homme parfait. Les natures, qu'elles soient animées ou inanimées, varient en degrés de perfection. Un tableau illustre cette hiérarchie : les êtres spirituels (divins, angéliques), les êtres terrestres (humains, animaux), les végétaux (arbres, herbes) et les minéraux (or, fer). Chaque catégorie peut atteindre la perfection sans changer de nature. Ainsi, bien que les anges soient des êtres spirituels, l'homme, bien que parfait, reste « un peu inférieur aux anges » [345].

La perfection de l'homme, tel que créé, est confirmée par le fait que Jésus, en devenant homme, a pris une nature humaine parfaite, et non une nature angélique. Il est descendu de deux degrés, passant de spirituel à humain, pour devenir la rançon de l'humanité. En tant qu'homme parfait, Jésus a pu accomplir une loi parfaite et offrir un prix correspondant pour la vie perdue d'Adam. S'il avait été imparfait, il n'aurait pu être un sacrifice acceptable ni garder parfaitement la loi de Dieu. Seul un homme parfait pouvait racheter l'humanité, comme le montre 1 Corinthiens 15:21 : « Par un homme est venue la mort, par un homme aussi vient la résurrection des morts » [346].

Jésus n'était pas un mélange des natures humaine et spirituelle. Un tel mélange aurait produit une créature hybride et imparfaite, incompatible avec le dessein divin. Avant de devenir homme, Jésus était un être spirituel parfait ; après sa résurrection, il est devenu un être spirituel parfait de la plus haute nature divine. Ce n'est qu'à l'âge de trente ans, lors de son baptême, qu'il a reçu les prémices de la nature divine, après avoir consacré sa nature humaine à la mort. Ce n'est qu'après avoir effectivement sacrifié sa nature humaine qu'il est devenu participant à part entière de la nature divine Philippiens 2:8-9 [347].

Ainsi, Jésus illustre à la fois la perfection humaine, à laquelle l'humanité sera restaurée, et la nature divine, que l'Église victorieuse partagera avec lui à la résurrection. La perfection humaine, bien que glorieuse, reste distincte de la nature spirituelle. Les facultés et pouvoirs parfaits de l'homme peuvent être exercés indéfiniment, et la connaissance et les compétences peuvent s'accroître, mais cela ne changera pas sa nature. L'homme restera humain, apprenant à utiliser pleinement les pouvoirs de sa nature [348].

La section aborde ensuite la nature des êtres spirituels. Bien que les Écritures reconnaissent l'existence d'un corps spirituel, distinct du corps humain, beaucoup ignorent ce que cela implique. Paul affirme qu'il existe une gloire terrestre et une gloire céleste, et que ces gloires sont distinctes. La gloire terrestre, perdue par le péché d'Adam, sera restaurée à l'humanité par le Christ durant le Règne millénaire. La gloire céleste, quant à elle, reste invisible, révélée seulement par la foi et la Parole de Dieu [349].

Les êtres spirituels, tels que les anges, possèdent des pouvoirs remarquables. Ils peuvent être présents mais invisibles, comme le suggère Psaume 34:7 : « L'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent ». Ils peuvent également prendre une forme humaine, comme le montrent les exemples d'Abraham, de Gédéon et des parents de Samson. Dans leur état normal, les êtres spirituels sont glorieux et brillants, comme le décrit Daniel en voyant un être spirituel aux yeux comme des lampes de feu et au visage comme l'éclair Daniel 10:6. Saul de Tarse a également eu une vision de la gloire du Christ, qui brillait plus que le soleil de midi, le laissant aveugle et terrassé [350].

Les Écritures montrent que les natures spirituelle et humaine sont distinctes et qu'il n'y a aucune preuve qu'une nature puisse évoluer vers l'autre. Seuls quelques-uns seront transformés de la nature humaine à la nature divine, comme Jésus, leur chef, l'a déjà été. Cette transformation exceptionnelle a pour but de préparer ces élus à devenir les agents de Dieu pour la grande œuvre future de restauration de toutes choses [351].

La section conclut en annonçant l'examen des termes « mortalité » et « immortalité », dont les significations exactes s'harmonisent avec les distinctions établies entre les natures humaine et spirituelle, ainsi qu'entre les promesses terrestres et célestes. Ces termes, souvent mal compris, ont conduit à des interprétations erronées des Écritures [352].

Natures distinctes

Ce chapitre approfondit la distinction entre les concepts de mortalité et d'immortalité, tels qu'ils sont présentés dans les Écritures. La publication affirme que la mortalité ne signifie pas un état de mort, mais une condition dans laquelle la mort est une possibilité, tandis que l'immortalité désigne un état où la mort est impossible[353]. Cette clarification est essentielle pour comprendre la condition originelle d'Adam avant sa transgression. Selon le texte, Adam était mortel, c'est-à-dire qu'il possédait la vie en plénitude, mais celle-ci n'était pas inhérente : elle dépendait de son obéissance à Dieu. Tant qu'il restait en harmonie avec son Créateur, sa vie était assurée, mais la possibilité de la mort existait[354].

La publication rejette l'idée courante selon laquelle Adam aurait été immortel avant sa chute, car une telle hypothèse rendrait incompréhensible la menace divine : « Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Genèse 2:17). Si Adam avait été immortel, la mort aurait été impossible, et la menace n'aurait eu aucun sens. À l'inverse, si Adam avait été mortel au sens erroné du terme (c'est-à-dire condamné à mourir inévitablement), la menace de mort n'aurait pas constitué une véritable sanction. La publication souligne que la confusion provient d'une mauvaise définition de la mortalité, qui doit être comprise comme une condition où la mort est possible, mais pas inévitable[355].

Le texte aborde également la question de savoir si Adam était à l'épreuve pour obtenir l'immortalité. Il répond par la négative, affirmant que l'épreuve d'Adam visait à déterminer s'il était digne de conserver la vie et les bénédictions qu'il possédait déjà. Aucune promesse d'immortalité n'avait été faite en cas d'obéissance ; seule une continuation des bénédictions existantes était garantie. En cas de désobéissance, la conséquence était la perte de tout, c'est-à-dire la mort[356].

La publication réfute également l'idée que tous les êtres qui ne meurent pas sont immortels. Selon elle, cette croyance erronée conduit à inclure Dieu, Jésus, les anges et même l'humanité sauvée dans la catégorie des êtres immortels. Or, les Écritures n'attribuent l'immortalité qu'à la nature divine, initialement réservée à Jéhovah, puis étendue à Jésus-Christ après son exaltation, et enfin promise à l'Église, le corps de Christ, lorsqu'elle sera glorifiée avec lui[357]. Les anges, bien que parfaits et bienheureux, restent mortels, car leur nature les rend susceptibles de mourir s'ils commettent le péché. La destruction de Satan, autrefois un ange, en est la preuve (Hébreux 2:14)[358].

Cette distinction entre mortalité et immortalité a des implications majeures pour la doctrine de l'enfer éternel. Si l'homme est mortel et non immortel, la punition ultime pour les pécheurs incorrigibles n'est pas une vie de tourments, mais une seconde mort, conformément à l'affirmation biblique : « L'âme qui pèche, c'est celle qui mourra » (Ézéchiel 18:4)[359].

« Qui es-tu pour répliquer contre Dieu ? »

Cette section aborde la question de l'élection divine et de la justice de Dieu dans la distribution de ses faveurs. La publication rejette l'idée selon laquelle la justice exigerait que Dieu traite tous ses créatures de manière égale, sauf si certaines ont perdu leurs droits par leur désobéissance. Une telle conception mènerait à des conclusions absurdes, comme l'obligation pour Dieu d'élever tous les anges et tous les hommes à la nature divine, ou même d'étendre cette élévation aux animaux et aux insectes[360].

Le texte souligne que la diversité est une caractéristique fondamentale de la création divine, tant dans le monde naturel que parmi les êtres intelligents. Les Écritures, la raison et les analogies de la nature montrent que Dieu a le droit de distribuer ses faveurs comme il l'entend, sans que cela ne constitue une injustice. Une faveur ne doit jamais être considérée comme une récompense méritée, mais comme une manifestation de l'amour et de la grâce de Dieu. Par exemple, le simple fait d'exister est déjà une faveur, et la rédemption de l'humanité après la chute est une grâce encore plus grande[361].

La publication cite Romains 9:20 pour rappeler que l'homme n'a pas le droit de contester les décisions de Dieu : « Qui es-tu, ô homme, pour répliquer contre Dieu ? ». Dieu a créé l'humanité pour habiter la terre, et il a établi un plan pour restaurer les hommes à la perfection humaine, sans que cela implique une transformation de leur nature en une nature spirituelle ou divine. Le texte critique ceux qui, par orgueil, prétendent dicter à Dieu ce qu'il doit faire, comme Satan, dont l'aspiration à s'élever au-dessus de sa condition a conduit à sa chute (Ésaïe 14:14)[362].

Le chapitre aborde également la doctrine de l'élection, souvent mal comprise. Les Écritures enseignent clairement que Dieu choisit certains pour des rôles spécifiques, mais cela ne signifie pas que cette élection soit arbitraire ou inconditionnelle. Par exemple, Dieu a déterminé avant la fondation du monde que l'Église, le corps de Christ, serait sélectionnée pour partager la nature divine et régner avec Christ pendant le Millénium (Éphésiens 1:4-5). Cependant, cette élection est conditionnelle : seuls ceux qui répondent à l'appel, se consacrent à Dieu et restent fidèles jusqu'à la mort seront comptés parmi les élus (Apocalypse 17:14)[363].

La publication insiste sur le fait que l'élection divine n'est pas une question de mérite, mais de grâce. Dieu a le droit de choisir qui il veut pour accomplir ses desseins, et personne ne peut contester ses décisions. L'appel à la nature divine est un honneur immense, bien au-delà de ce que l'homme pourrait aspirer par lui-même. Même Jésus-Christ a dû être invité par le Père avant de pouvoir aspirer à cette position (Hébreux 5:5)[364].

La destinée humaine et l'élection de l'Église

Cette section décrit la destinée glorieuse réservée à l'humanité restaurée. La publication invite le lecteur à imaginer un monde sans péché, sans souffrance, sans maladie ni mort, où régneraient l'harmonie, l'amour et la paix. Dans ce monde parfait, les hommes restaurés à l'image de Dieu vivront en parfaite harmonie avec la création, et la terre, transformée en un paradis, produira abondamment sans effort excessif. Les animaux, eux aussi restaurés à la perfection, seront des serviteurs obéissants, et la nature tout entière reflétera la gloire et la puissance de Dieu[365].

Le texte souligne que cette destinée humaine est le plan général de Dieu pour l'humanité. Les hommes, créés à l'image de Dieu et couronnés de gloire et d'honneur (Psaume 8:4-8), seront restaurés à cette perfection et retrouveront leur domination sur la terre. Cette restauration est promise par les prophètes et par Jésus-Christ lui-même (Actes 3:19-21)[366].

Cependant, l'Église, le corps de Christ, constitue une exception à ce plan général. Son élection a été déterminée avant la fondation du monde, et elle est appelée à partager la nature divine et à régner avec Christ pour établir la justice et la paix universelles (Romains 8:28-31). Cette élection n'est pas arbitraire, mais elle est conditionnelle : seuls ceux qui répondent à l'appel, se consacrent à Dieu et restent fidèles jusqu'à la mort seront comptés parmi les élus. L'appel est général (« beaucoup sont appelés »), mais peu sont choisis, car peu sont fidèles (Matthieu 22:14)[367].

La publication explique que la transformation de la nature humaine en nature divine est un processus qui commence dès la consécration du croyant et se poursuit jusqu'à la résurrection. Au moment de leur consécration, les croyants deviennent de « nouvelles créatures » en Christ, et leurs anciennes aspirations humaines sont crucifiées pour laisser place à une nouvelle vie spirituelle. Cette transformation est progressive, car elle implique de soumettre chaque pensée à la volonté de Dieu (Romains 12:2)[368].

La « naissance » de la nouvelle créature a lieu lors de la résurrection, qui est désignée comme la « première résurrection » (Apocalypse 20:6). À ce moment-là, les croyants fidèles recevront un corps spirituel, adapté à leur nouvelle nature divine. Cette transformation est réservée à ceux qui, pendant l'âge de l'Évangile, ont sacrifié leur nature humaine et sont restés fidèles à leur consécration jusqu'à la mort[369].

Le texte souligne que cette transformation n'est pas automatique : elle dépend de la fidélité du croyant à son engagement. Ceux qui ne portent pas les « vêtements de noces » (la justice imputée de Christ) ou qui ne restent pas fidèles à leur consécration seront rejetés. Seuls ceux qui sont « appelés, choisis et fidèles » partageront la gloire de l'Agneau (Apocalypse 17:14)[370].

Étude XI

Les trois voies

Cette section introduit une réflexion sur les trois voies spirituelles décrites dans les Écritures : la voie large menant à la destruction, la voie étroite conduisant à la vie, et la voie de sainteté, ou "autoroute" [371]. Le texte s'appuie sur des références bibliques telles que Matthieu 7:13-14 et Ésaïe 35:8-9 pour illustrer ces concepts.

La voie large est présentée comme le chemin naturel emprunté par l'humanité déchue depuis la chute d'Adam. Ce chemin, marqué par le péché et la dégradation progressive, mène inévitablement à la destruction. Le texte souligne que, malgré les efforts de certains pour revenir en arrière, la restauration complète à la perfection originelle est impossible sans l'intervention divine. Depuis six mille ans, le péché et la mort règnent sur l'humanité, et ce n'est qu'avec l'avènement de l'ère évangélique que la possibilité d'une échappatoire a été révélée [372].

La voie étroite, en revanche, est décrite comme un chemin difficile et exigeant, réservé aux croyants consacrés qui cherchent à atteindre une nature supérieure, spirituelle. Cette voie est ouverte grâce au sacrifice du Christ, qui a permis aux croyants de viser une existence au-delà de la nature humaine. Le texte insiste sur le fait que cette voie est peu empruntée en raison de ses exigences, notamment le renoncement à soi et la soumission totale à la volonté divine [373].

Enfin, la voie de sainteté est évoquée comme un chemin futur, accessible à tous après la restauration promise. Ce chemin sera marqué par la pureté et la sécurité, et même les plus simples pourront y marcher sans crainte. Le texte souligne que cette voie sera exempte des dangers et des obstacles qui caractérisent la vie terrestre actuelle [374].

Le chapitre explore également la notion de vie, en la définissant comme un principe énergétique émanant de Dieu, la source ultime de toute existence. La vie est présentée comme une réalité multiforme, se manifestant à différents niveaux d'être, des végétaux aux créatures célestes. Le texte explique que la vie divine, ou immortalité, est une qualité exclusive de Dieu, caractérisée par son indépendance et son caractère inépuisable. Cette immortalité, autrefois réservée à Dieu seul, a été accordée à Jésus après sa résurrection, et elle est désormais offerte à ceux qui suivent la voie étroite du sacrifice et de la consécration [375].

La nature humaine, bien que parfaite à l'origine, est décrite comme dépendante des moyens fournis par Dieu pour maintenir la vie. La chute d'Adam a rompu cette dépendance, entraînant la mort et la dégradation progressive de l'humanité. Cependant, le sacrifice du Christ a ouvert la voie à une restauration future, où l'humanité pourra à nouveau refléter l'image divine, comme un diamant qui retrouve son éclat sous la lumière du soleil [376].

Le texte conclut en soulignant que la récompense promise à ceux qui marchent sur la voie étroite n'est pas simplement une restauration à la vie humaine, mais l'obtention de la nature divine, ou immortalité. Cette récompense, réservée à un petit nombre d'élus, est présentée comme le but ultime de la voie étroite, un chemin de sacrifice qui mène à une gloire incomparable [377].

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Les Trois Voies

Ce chapitre poursuit l'exploration des différentes voies spirituelles accessibles à l'humanité selon le plan divin. Il insiste sur le fait que la voie étroite menant à l'immortalité, réservée à l'« petit troupeau » des élus, se refermera à la fin de l'Âge de l'Évangile, car son objectif — tester et éprouver les fidèles — aura été accompli. La publication souligne que cette voie n'est accessible qu'aux « nouvelles créatures » qui, en tant qu'êtres humains, se sont consacrées à la destruction en tant que sacrifices[378]. Cette consécration, acceptée par Dieu, implique que la nature humaine est considérée comme morte dès maintenant et doit effectivement mourir sans espoir de restauration[379].

Le texte met en garde contre les dangers de revenir en arrière après avoir été « engendré de l'esprit » : ceux qui vivent selon la chair risquent de perdre leur vie spirituelle, tandis que ceux qui mortifient les œuvres du corps par l'esprit vivront en tant que nouvelles créatures[380]. Cette dynamique est présentée comme cruciale pour les consacrés, car renoncer à leur sacrifice reviendrait à perdre à la fois leur nature humaine et leur nature spirituelle naissante.

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La publication aborde ensuite le cas des consacrés partiellement vaincus par les attraits du monde, les désirs de la chair ou les ruses du diable. Ces individus, bien qu'ayant été engendrés de l'esprit, perdent de vue le prix qui leur est offert et tentent de concilier la faveur de Dieu avec celle du monde, oubliant que « l'amitié du monde est inimitié contre Dieu » Jacques 4:4. Ils sont décrits comme recevant une discipline purificatrice, livrés à Satan pour la destruction de la chair afin que leur esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus 1 Corinthiens 5:5. S'ils répondent correctement à cette discipline, ils obtiendront la vie spirituelle éternelle, mais sans le prix de l'immortalité, servant Dieu dans son temple sans accéder au trône comme les vainqueurs[381].

Le chapitre souligne la difficulté de la voie étroite, mais rappelle que la grâce du Christ est suffisante pour chaque étape du voyage, transformant la faiblesse en force 2 Corinthiens 12:9. Les épreuves de cette voie agissent comme un principe de séparation pour sanctifier et affiner un « peuple particulier » destiné à être « héritiers de Dieu et cohéritiers de Jésus-Christ » Romains 8:17[382].

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La Grande Route de la Sainteté

Ce chapitre introduit la « Grande Route de la Sainteté », qui contraste radicalement avec la voie étroite de l'Âge de l'Évangile. Alors que cette dernière est difficile et réservée à une minorité, la Grande Route de la Sainteté, qui s'ouvrira lors de l'Âge millénaire, sera accessible à tous les rachetés. Elle ne requerra pas le sacrifice de la nature humaine, mais seulement l'abandon du péché, menant à la purification personnelle et à la restauration de l'image de Dieu telle qu'elle existait avant la chute d'Adam[383].

La publication décrit cette voie comme si claire que même les « voyageurs inexpérimentés » ne s'égareront pas Ésaïe 35:8, et si simple que personne n'aura besoin d'enseigner son prochain, car tous connaîtront le Seigneur Jérémie 31:34. Contrairement à la voie étroite, cette route sera une « grande route », publique et préparée pour un voyage aisé, sans les obstacles et les dangers qui caractérisent la voie actuelle[384].


Le texte explique que cette Grande Route sera ouverte à tous ceux pour qui le Christ est mort, leur offrant la possibilité d'atteindre la perfection humaine et la vie éternelle. Contrairement à l'Âge de l'Évangile, où les fidèles sont simplement considérés comme justifiés, ceux qui emprunteront cette voie pourront progresser vers une perfection réelle grâce à l'administration sage et parfaite du nouveau royaume. Cette dynamique est présentée comme la conséquence logique du rançon offert par le Christ, qui a donné sa vie pour tous et désire que tous parviennent à la connaissance de la vérité[385].

La publication critique ceux qui, ne comprenant pas la distinction entre les deux voies, tentent de prêcher une « grande route de la sainteté » facile dans l'Âge présent, alors qu'elle n'existe pas encore. Elle souligne que la voie actuelle est une voie de sacrifice, où les fidèles doivent renoncer à des choses non pécheresses, tandis que la voie future sera une voie de justice, où seul le péché sera prohibé[386].

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Le chapitre utilise un langage symbolique pour décrire les caractéristiques de la Grande Route de la Sainteté : « Aucun lion ne sera là, ni aucune bête vorace ne montera dessus » Ésaïe 35:9. Cette métaphore illustre l'absence des obstacles qui entravent actuellement ceux qui cherchent à vivre selon la justice. Par exemple, les pressions sociales, les tentations comme l'alcool, ou les structures égoïstes comme les grandes corporations, seront éliminées. Le texte affirme que rien ne pourra nuire ni détruire dans tout le « saint royaume » de Dieu Ésaïe 11:9[387].

Bien que des difficultés subsisteront pour surmonter les penchants au mal, la voie future sera infiniment plus accessible que la voie étroite actuelle. Les pierres d'achoppement seront enlevées, l'ignorance et la superstition disparaîtront, et la justice sera récompensée tandis que le mal recevra son juste châtiment Malachie 3:15,18. Les hommes, comme des fils prodigues de retour, seront formés et disciplinés jusqu'à atteindre la perfection originelle d'Adam[388].

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Le chapitre conclut en résumant les trois voies présentées : la « Grande Route » actuelle, où la majorité de l'humanité voyage sous l'influence du « prince de ce monde » ; la « Grande Route de la Sainteté », qui s'ouvrira lors de l'Âge millénaire et sera accessible à tous les rachetés ; et la « Voie Étroite », réservée aux élus de l'Âge de l'Évangile, qui mène à l'immortalité et à la nature divine. La publication rappelle que cette dernière voie est rendue possible par le mérite du sang précieux du Christ et constitue un test et une discipline pour ceux qui sont appelés à devenir cohéritiers avec lui dans le Royaume de gloire[389].

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Étude XII : Explication du Diagramme Représentant le Plan des Âges

Cette section introduit une étude détaillée du diagramme placé en frontispice du livre, qui représente visuellement le plan de Dieu pour le salut de l'humanité. Le diagramme est conçu pour aider à comprendre le caractère progressif du plan divin et les étapes successives que doivent franchir ceux qui aspirent à la « transformation » de la nature humaine à la nature divine[390].

Le diagramme esquisse d'abord les trois grandes dispensations : la première (A), s'étendant de la création de l'homme au Déluge ; la deuxième (B), allant du Déluge au début du règne millénaire du Christ lors de son second avènement ; et la troisième (C), appelée « Dispensation de la Plénitude des Temps », qui débutera avec le règne du Christ et durera « pour les siècles à venir » Éphésiens 1:10; 2:7. Ces dispensations sont fréquemment mentionnées dans les Écritures : la première est appelée « le monde qui fut », la deuxième « ce monde présent » ou « le monde actuel », et la troisième « le monde à venir », où la justice habitera[391].

Le texte explique que chaque dispensation possède une structure distincte pour le début et le développement de son œuvre, et se termine par une « moisson » révélant ses fruits. La première dispensation, ou « monde », était sous la supervision des anges, qui tentèrent sans succès de ramener l'humanité déchue à la justice. Leur échec est illustré par la méchanceté croissante des hommes, qui conduisit Dieu à détruire le monde d'alors par le Déluge, à l'exception de huit personnes Genèse 7:13. Le texte souligne que les anges n'ont pas reçu la domination du « monde à venir », qui sera sous le contrôle du Seigneur Jésus et de ses cohéritiers[392].

La deuxième dispensation (B) est présentée comme une période où l'humanité est autorisée à se gouverner elle-même, mais sous l'influence de Satan, le « prince de ce monde ». Cette tentative de gouvernance humaine sous l'emprise satanique est décrite comme devant aboutir à la plus grande période de trouble que le monde ait jamais connue, prouvant ainsi l'incapacité des anges et des hommes à sauver l'humanité par leurs propres moyens[393].


La deuxième dispensation (B) est divisée en trois âges distincts, chacun représentant une étape progressive dans le plan de Dieu. Le premier âge (D) est celui des patriarches, comme Abraham, Isaac et Jacob, avec lesquels Dieu entretint des relations spéciales. Le deuxième âge (E) est l'Âge juif, durant lequel les descendants de Jacob furent considérés comme le peuple élu de Dieu. Cet âge est présenté comme typique de l'Église chrétienne, la « nation sainte, le peuple acquis » 1 Pierre 2:9. Les promesses faites à Israël étaient des ombres des « meilleures promesses » accordées aux chrétiens[394].

Le troisième âge (F) est l'Âge de l'Évangile, durant lequel le corps du Christ est appelé hors du monde et invité à devenir participant de la nature divine 2 Pierre 1:4. Durant cet âge, le mal est encore permis de régner, afin de tester ceux qui sont prêts à sacrifier leur nature humaine pour devenir semblables à Christ dans la résurrection Psaume 17:15. La troisième dispensation (C) est composée de nombreux âges, dont le premier, l'Âge millénaire (G), est le seul pour lequel des informations précises sont fournies. Cet âge verra le règne du Christ pour bénir toutes les familles de la terre et accomplir la « restauration de toutes choses » annoncée par les prophètes Actes 3:19-21. Le péché et la mort seront définitivement abolis, et les ennemis de Dieu seront soumis 1 Corinthiens 15:25,26[395].

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Le texte précise que les âges suivants, après l'Âge millénaire, seront des périodes de perfection, de bonheur et de bénédiction sous la faveur divine, bien que les Écritures restent silencieuses à leur sujet. Chaque dispensation se termine par une « moisson » révélant ses fruits. La moisson de l'Âge juif dura quarante ans, de l'onction de Jésus en l'an 29 jusqu'à la destruction de Jérusalem en l'an 70. Cette période marqua la fin de l'Âge juif et le début de l'Âge de l'Évangile, avec un chevauchement des deux dispensations[396].

L'Âge juif prit fin en deux étapes : d'abord lorsque Jésus rejeta la nation juive après trois ans et demi de ministère, déclarant leur maison déserte Matthieu 23:38 ; puis, trois ans et demi plus tard, lorsque la faveur divine cessa définitivement envers Israël, marquant la fin de leur âge et le début de la prédication de l'Évangile aux Gentils Actes 10:45. Leur existence nationale prit fin dans une grande période de trouble[397].

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L'Âge de l'Évangile, quant à lui, a pour but d'appeler, de développer et d'éprouver « le Christ de Dieu » — la tête et le corps. Il s'agit d'une dispensation de l'Esprit, qui commença avec l'onction de Jésus par le Saint-Esprit et la puissance Actes 10:38. La moisson de cet âge, qui marque sa fin et le début de l'Âge de la Restitution ou millénaire, se déroule également par étapes, comme ce fut le cas pour l'Âge juif. Les sept premières années de cette moisson seront consacrées à un travail spécial pour l'Église de l'Évangile, suivies d'une période de trouble pour le monde, préparant ainsi le règne de la justice[398].

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Le Chemin vers la Gloire

Cette partie du diagramme représente les différents plans spirituels accessibles à l'humanité. Le plan WV correspond à la nature humaine parfaite, telle qu'Adam la possédait avant sa chute. Après son péché, Adam et toute sa postérité sont tombés sur le plan déchu Æ, qui correspond à la « Grande Route » menant à la destruction. Le plan Z représente la justification typique, obtenue par les sacrifices de la Loi, mais qui ne permettait pas d'atteindre la perfection réelle Hébreux 7:19[399].

Le plan WV ne représente pas seulement la perfection humaine originelle d'Adam, mais aussi la position de tous les justifiés. Grâce à la mort du Christ pour nos péchés, tous ceux qui croient en lui sont considérés par Dieu comme justifiés, comme s'ils n'avaient jamais péché. Ainsi, tous les croyants sont comptés comme étant sur le plan de la perfection humaine, le seul à partir duquel l'homme peut s'approcher de Dieu et avoir communion avec lui. Adam était un fils de Dieu dans ce sens Luc 3:38, et tous ceux qui acceptent le sacrifice du Christ sont rétablis dans cette position primitive[400].


Durant l'Âge de l'Évangile, Dieu a offert aux êtres humains justifiés la possibilité de changer de nature, passant de la nature humaine à la nature spirituelle, à l'image du Christ. Certains croyants, satisfaits de la paix et de la joie obtenues par le pardon de leurs péchés, ne répondent pas à cet appel. D'autres, cependant, mus par l'amour de Dieu manifesté dans leur rédemption, se consacrent entièrement à son service. L'apôtre Paul les exhorte à présenter leurs corps comme un sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu Romains 12:1. Cette consécration implique de vivre non plus pour soi-même, mais pour Dieu, en obéissant à sa volonté[401].

Le texte précise que Dieu n'accepte que des sacrifices sans défaut, et que les croyants ne peuvent être acceptables que parce qu'ils sont justifiés par la foi en Christ. Bien qu'ils ne soient pas parfaits comme Jésus, qui n'a jamais péché, ni encore parvenus à une conduite irréprochable, leur acceptation par Dieu repose sur leur justification par le sacrifice du Christ. Dès le moment de leur consécration, ces croyants ne sont plus considérés comme des hommes, mais comme des enfants spirituels, engendrés de Dieu par la parole de vérité[402].

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Ces nouveaux êtres spirituels, bien qu'encore imparfaits, sont décrits comme étant « engendrés », mais pas encore « nés de l'esprit ». Leur transformation complète en êtres spirituels parfaits est présentée comme l'objectif ultime de leur appel, les rapprochant ainsi du prix de la nature divine et de la gloire à venir[403].

Les étapes de la transformation spirituelle

Ce chapitre poursuit l'explication du schéma symbolique représentant le « Plan des Âges ». Il détaille les différentes étapes de la transformation spirituelle des croyants, en s'appuyant sur une série de pyramides et de plans illustrant les degrés de perfection et de justification[404].

La publication décrit d'abord les conditions nécessaires pour devenir des « enfants spirituels embryonnaires », situés sur le plan 4 (ou plan M), celui de la « génération spirituelle ». Une fois engendrés par l'Esprit, les croyants ne sont plus considérés comme humains, mais comme spirituels, car leur nature humaine, autrefois justifiée, est désormais « comptée morte » – un sacrifice vivant, saint et acceptable à Dieu. Ils deviennent ainsi de « nouvelles créatures en Christ Jésus », où les anciennes choses (espoirs, volontés et ambitions humaines) ont disparu, et où tout est renouvelé. La publication cite Romains 8:9 pour appuyer cette transformation : « Vous n'êtes pas dans la chair, mais dans l'esprit, si du moins l'Esprit de Dieu habite en vous »[405].

Le plan Z représente l'état de perfection spirituelle, mais avant de l'atteindre, les croyants doivent accomplir les conditions de leur alliance avec Dieu. Il ne suffit pas de promettre de mourir à toutes les choses humaines ; il faut aussi réaliser cette promesse tout au long de leur vie terrestre, en maintenant leur « corps sous contrôle » (c'est-à-dire mort), en mettant de côté leur propre volonté et en n'accomplissant que celle du Seigneur. L'entrée sur le plan Z est décrite comme une « naissance », ou l'accès complet à la vie en tant qu'être spirituel. L'ensemble de l'Église atteindra ce plan lors de la « moisson » ou de la fin de l'âge évangélique, lorsque « les morts en Christ ressusciteront les premiers ». Ensuite, ceux qui sont encore vivants seront transformés en un instant, devenant des êtres spirituels parfaits, semblables au corps glorieux du Christ. À ce moment-là, « ce qui est parfait étant venu, ce qui est partiel (l'état engendré, avec ses diverses entraves de la chair) sera aboli »[406].

Au-delà de la perfection spirituelle, une étape supplémentaire est décrite : atteindre la « gloire qui suivra » (plan X). Cette gloire ne concerne pas la personne elle-même, mais une gloire de pouvoir et de fonction. Atteindre le plan Z apporte une gloire personnelle complète, c'est-à-dire un être glorieux semblable au Christ. Cependant, une fois ainsi perfectionnés et rendus entièrement semblables à leur Seigneur et Chef, les croyants seront associés à lui dans la « gloire » du pouvoir et de la fonction, siégeant avec lui sur son trône. Ainsi, ils entreront dans une gloire éternelle, représentée par le plan X[407].

La publication invite ensuite à étudier attentivement le schéma pour en comprendre les différentes illustrations du plan de Dieu. Les pyramides y sont utilisées pour symboliser la perfection, en raison de leur adéquation et des références évidentes aux Écritures. Adam, en tant qu'être parfait, est représenté par une pyramide (a) située sur le plan N, qui symbolise la perfection humaine. Sur le plan R, celui du péché et de l'imperfection, une pyramide tronquée (b) représente Adam déchu et sa postérité, marqués par la dépravation, le péché et la condamnation[408].

Abraham et la justification par la foi

Abraham et d'autres figures de son époque, justifiés par la foi pour leur communion avec Dieu, sont représentés par une pyramide (c) sur le plan V. Bien qu'Abraham fasse partie de la famille humaine déchue et appartienne naturellement au plan R, l'apôtre Paul explique qu'il a été justifié par la foi. Cela signifie que Dieu le considérait comme un homme sans péché et parfait en raison de sa foi. Cette justification divine a élevé Abraham au-dessus du monde des hommes pécheurs et dépravés, le plaçant sur le plan V. Bien qu'il soit resté imparfait en réalité, il a été reçu dans la faveur perdue par Adam, à savoir la communion avec Dieu en tant qu'« ami »[409].

Tous ceux qui se trouvent sur le plan parfait (sans péché) N sont des amis de Dieu, et Dieu est leur ami. En revanche, les pécheurs (sur le plan R) sont en inimitié avec Dieu, qualifiés d'« ennemis par leurs œuvres mauvaises ». Le monde de l'humanité après le déluge, représenté par la figure d, reste sur le plan R, dans un état d'inimitié, où il demeure jusqu'à ce que l'Église évangélique soit sélectionnée et que commence l'âge millénaire[410].

Israël et la justification typique

« Israël selon la chair », durant l'âge juif, lorsque les sacrifices typiques de taureaux et de boucs les purifiaient (non pas réellement, mais typiquement, car « la Loi n'a rien amené à la perfection » – Hébreux 7:19), était typiquement justifié. Ces Israélites sont représentés par la figure e sur le plan P, le plan de la justification typique, qui a duré depuis la promulgation de la Loi au mont Sinaï jusqu'à ce que Jésus mette fin à la Loi en la clouant à sa croix. Là, la justification typique a pris fin avec l'institution des « meilleurs sacrifices » que les types juifs, ceux qui « ôtent le péché du monde » et « rendent parfaits ceux qui s'en approchent »[411].

Le « feu de l'épreuve et de la tribulation » par lequel Israël selon la chair est passé lors de la présence de Jésus, les épurant et extrayant le froment, les « Israélites en vérité », et surtout lorsque, après la séparation du froment, il a « brûlé la paille [la partie inutile de ce système] avec un feu inextinguible », est illustré par la figure f. Il s'agissait d'une période de trouble qu'ils étaient impuissants à éviter. La publication cite Luc 3:17, 1 Thessaloniciens 2:16 et d'autres passages pour illustrer cette période de jugement[412].

Jésus, à l'âge de trente ans, était un homme sérieux et mature (figure g), ayant quitté la gloire de la condition spirituelle pour devenir un homme afin que, par la grâce de Dieu, il goûte la mort pour chaque homme. La justice de la loi de Dieu est absolue : « œil pour œil, dent pour dent, vie pour vie ». Il était nécessaire qu'un homme parfait meure pour l'humanité, car les exigences de la justice ne pouvaient être satisfaites autrement. La mort d'un ange n'aurait pas plus payé la pénalité et libéré l'homme que la mort de « taureaux et de boucs, qui ne peuvent jamais ôter les péchés ». C'est pourquoi celui qui est appelé « le commencement de la création de Dieu » est devenu homme, a été « fait chair », afin de donner cette rançon (prix correspondant) qui rachèterait l'humanité. Il devait être un homme parfait, sinon il n'aurait pu faire plus qu'un membre de la race déchue pour payer le prix. Il était « saint, innocent, sans tache, séparé des pécheurs ». Il a pris la même forme ou ressemblance que les pécheurs – « la ressemblance de la chair de péché » – la ressemblance humaine. Mais il a pris cette ressemblance dans sa perfection : il n'a pas participé au péché ni partagé son imperfection, sauf lorsqu'il a volontairement partagé les peines et les douleurs de certains pendant son ministère, prenant leurs infirmités tout en leur communiquant sa vitalité, sa santé et sa force. Il est écrit qu'« il a pris nos infirmités et porté nos maladies » (Ésaïe 53:4), et que « la vertu [la vie, la vitalité, la vigueur] sortait de lui et les guérissait tous » (Marc 5:30 ; Luc 6:19 ; Matthieu 8:16-17)[413].

Jésus et le sacrifice rédempteur

Étant trouvé sous la forme d'un homme parfait, Jésus s'est humilié et est devenu obéissant jusqu'à la mort. Il s'est présenté à Dieu en disant : « Voici, je viens (il est écrit de moi dans le rouleau du livre) pour faire ta volonté, ô Dieu » – et il a symbolisé cette consécration par un baptême dans l'eau. Lorsqu'il s'est ainsi présenté, consacrant son être, son offrande était sainte (pure) et acceptable à Dieu, qui a montré son acceptation en le remplissant de son Esprit et de sa puissance – lorsque le Saint-Esprit est descendu sur lui, l'oignant ainsi[414].

Ce remplissage de l'Esprit était l'engendrement à une nouvelle nature – la nature divine – qui devait être pleinement développée ou née lorsque Jésus aurait pleinement accompli l'offrande, le sacrifice de la nature humaine. Cet engendrement était un pas en avant par rapport aux conditions humaines et est représenté par la pyramide h sur le plan M, le plan de l'engendrement spirituel. Sur ce plan, Jésus a passé trois ans et demi de sa vie, jusqu'à ce que son existence humaine prenne fin sur la croix. Ensuite, après être resté mort pendant trois jours, il a été ressuscité à la vie, à la perfection de l'être spirituel (figure i, plan Z), né de l'Esprit – « le premier-né d'entre les morts ». « Ce qui est né de l'Esprit est esprit »[415].

Jésus, par conséquent, lors de sa résurrection et après celle-ci, était un esprit – un être spirituel, et non plus un être humain en aucun sens. Il est vrai qu'après sa résurrection, il avait le pouvoir d'apparaître et est apparu comme un homme afin d'enseigner à ses disciples et de leur prouver qu'il n'était plus mort. Cependant, il n'était pas un homme et n'était plus soumis aux conditions humaines, mais pouvait aller et venir comme le vent (même lorsque les portes étaient fermées), et personne ne pouvait dire d'où il venait ni où il allait. « Ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit » (Jean 3:8). La publication cite également Jean 20:19 et Jean 20:26 pour illustrer cette liberté nouvelle[416].

Dès le moment de sa consécration au sacrifice, lors de son baptême, la nature humaine avait été comptée morte, et c'est là que la nouvelle nature avait été considérée comme commencée, achevée à la résurrection, lorsqu'il atteignit le plan spirituel parfait Z – ressuscité en un corps spirituel. Quarante jours après sa résurrection, Jésus monta dans la majesté d'en haut – le plan de la gloire divine, X (pyramide j). Pendant l'âge évangélique, il a été dans la gloire (figure k), « assis avec le Père sur son trône », et Chef de son Église sur la terre – son directeur et guide. Durant tout cet âge évangélique, l'Église a été en processus de développement, de discipline et d'épreuve, afin qu'à la fin ou moisson de l'âge, elle puisse devenir son épouse et cohéritière. Elle a donc part aux souffrances de Jésus, afin de pouvoir aussi être glorifiée avec lui (plan X) lorsque le moment opportun viendra[417].

Les étapes de l'Église vers la gloire

Les étapes de l'Église vers la gloire sont les mêmes que celles de son Chef et Seigneur, qui « nous a laissé un exemple afin que nous suivions ses traces » – à la différence que l'Église part d'un plan inférieur. Le Seigneur, comme nous l'avons vu, est venu dans le monde sur le plan de la perfection humaine, N, tandis que tous ceux de la race adamique se trouvent sur un plan inférieur, R – le plan du péché, de l'imperfection et de l'inimitié contre Dieu. La première chose nécessaire pour l'Église est donc d'être justifiée, et ainsi d'atteindre le plan N. Comment cela s'accomplit-il ? Est-ce par les bonnes œuvres ? Non, car les pécheurs ne peuvent accomplir de bonnes œuvres. Ils ne peuvent se recommander eux-mêmes à Dieu, aussi « Dieu a-t-il manifesté son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Romains 5:8). La condition pour accéder au plan justifié ou humain parfait est donc que Christ soit mort pour nos péchés, nous ait rachetés et élevés, « par la foi en son sang », au plan parfait d'où nous sommes tombés en Adam. « Nous sommes justifiés par la foi ». Et « étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu » (Romains 5:1), et nous ne sommes plus considérés par Dieu comme des ennemis, mais comme des fils humains justifiés, sur le même plan qu'Adam et notre Seigneur Jésus, à la différence qu'eux étaient réellement parfaits, tandis que nous ne le sommes que par imputation divine. Cette justification par imputation, nous la réalisons par la foi en la Parole de Dieu, qui déclare : « Vous avez été achetés », « rachetés », « justifiés gratuitement de toutes choses ». Nous nous tenons devant Dieu sans reproche, sans tache et saints, revêtus de la justice du Christ qui nous est imputée par la foi. Nos péchés, il a consenti à ce qu'ils lui soient imputés, afin qu'il puisse porter notre peine à notre place ; et il est mort en notre faveur, comme s'il était le pécheur. Sa justice est donc imputée à tous ceux qui acceptent sa rédemption, et elle apporte avec elle tous les droits et bénédictions possédés à l'origine avant que le péché n'entre dans le monde. Elle nous rétablit dans la vie et la communion avec Dieu. Cette communion, nous pouvons l'avoir immédiatement par l'exercice de la foi, et la vie ainsi que la communion et la joie plus complètes sont assurées « au temps marqué par Dieu »[418].

La justification et la consécration

La publication rappelle que, bien que la justification soit une chose bénie, elle ne change pas notre nature : nous restons des êtres humains. Le terme « nature » est utilisé ici dans un sens accommodé lorsqu'il est dit d'un homme qu'il est « mal-né ». Strictement parlant, aucun homme n'est mauvais par nature. La nature humaine est « très bonne », une image terrestre de la nature divine. Ainsi, tout homme est de bonne nature, la difficulté étant que cette bonne nature est devenue dépravée. Il est donc contre nature pour un homme d'être mauvais, brutal, etc., et naturel pour lui d'être semblable à Dieu. Dans ce sens premier, la publication utilise le terme « nature ». Les croyants sont justifiés par le Christ pour un retour complet à tous les privilèges et bénédictions de leur nature humaine – l'image terrestre de Dieu[419].

Nous sommes sauvés de l'état misérable de péché et d'éloignement de Dieu, et au lieu d'être des pécheurs humains, nous devenons des fils humains. Et parce que nous sommes fils, Dieu nous parle comme tels. Durant l'âge évangélique, il a appelé le « petit troupeau » des « cohéritiers », disant : « Mon fils, donne-moi ton cœur » – c'est-à-dire donne-toi toi-même, toutes tes facultés terrestres, ta volonté, tes talents, tout, à moi, comme Jésus t'en a donné l'exemple. Et je ferai de toi un fils sur un plan plus élevé que le plan humain. Je ferai de toi un fils spirituel, avec un corps spirituel semblable au Jésus ressuscité – « l'image expresse de la personne du Père ». Si tu abandonnes tous les espoirs, ambitions et objectifs terrestres, consacre entièrement la nature humaine et utilise-la à mon service, je te donnerai une nature plus élevée que celle du reste de ta race. Je ferai de toi un « participant de la nature divine » – un « héritier de Dieu et cohéritier avec Jésus-Christ, si toutefois tu souffres avec lui, afin d'être aussi glorifié avec lui »[420].

Ceux qui apprécient à sa juste valeur ce prix placé devant eux dans l'Évangile abandonnent joyeusement tout fardeau et courent avec persévérance la course qui leur est proposée, afin de le remporter. Nos œuvres n'ont pas été requises pour obtenir notre justification : notre Seigneur Jésus a accompli tout le travail nécessaire à cette fin, et lorsque, par la foi, nous avons accepté son œuvre achevée, nous avons été justifiés, élevés au plan M. Mais si nous voulons aller plus loin, nous ne pouvons le faire sans œuvres. Certes, nous ne devons pas perdre notre foi, sinon nous perdrons par là même notre justification. Mais étant justifiés et persévérant dans la foi, nous sommes capables (par la grâce qui nous est donnée lors de notre engendrement par l'Esprit) d'accomplir des œuvres, de porter un fruit agréable à Dieu. Et Dieu l'exige, car c'est le sacrifice que nous avons promis de faire. Dieu demande que nous montrions notre appréciation du grand prix en donnant tout ce que nous avons et sommes pour lui – non pas aux hommes, mais à Dieu – un sacrifice saint et, par le Christ, acceptable à ses yeux – notre service raisonnable[421].

L'accomplissement du sacrifice

Lorsque nous présentons toutes ces choses, nous disons : Seigneur, comment veux-tu que je t'offre ce sacrifice, mon temps, mes talents, mon influence, etc. ? Ensuite, en examinant la Parole de Dieu pour trouver une réponse, nous entendons sa voix nous instruire de lui remettre tout comme notre Seigneur Jésus l'a fait, en faisant du bien à tous les hommes chaque fois que nous en avons l'occasion, et particulièrement à la maison de la foi – en les servant avec de la nourriture spirituelle ou naturelle, en les revêtant de la justice du Christ ou de vêtements terrestres, selon nos capacités ou leurs besoins. Ayant tout consacré, nous sommes engendrés par l'Esprit et avons atteint le plan M. Désormais, par la puissance qui nous est donnée, si nous l'utilisons, nous serons capables d'accomplir tout notre engagement de sacrifice et de devenir des vainqueurs, et plus que des vainqueurs, par (la puissance ou l'Esprit de) celui qui nous a aimés et nous a rachetés par son propre sang précieux. Mais, marchant ainsi sur les traces de Jésus, « ne pense jamais que la victoire est gagnée, ni ne t'assieds une fois à l'aise, ton travail ardu ne sera pas achevé avant que tu n'aies obtenu ta couronne »[422].

La couronne sera remportée lorsque, comme notre fidèle frère Paul, nous aurons combattu le bon combat et achevé la course, mais pas avant. Jusqu'alors, la flamme et l'encens de notre sacrifice de labeur et de service doivent monter quotidiennement – un sacrifice d'agréable odeur à Dieu, acceptable par Jésus-Christ, notre Seigneur. Ceux de cette classe des vainqueurs qui « dorment » seront ressuscités en êtres spirituels, sur le plan Z, et ceux de la même classe qui sont encore vivants à la venue du Seigneur seront « changés » au même plan d'être spirituel, et ne « dormiront » pas un instant, bien que ce « changement » nécessite la dissolution du vase terrestre. Ces êtres ne seront plus faibles, terrestres, mortels et corruptibles, mais pleinement nés de l'Esprit – célestes, spirituels, incorruptibles, immortels (1 Corinthiens 15:44, 1 Corinthiens 15:52)[423].

La glorification de l'Église

La publication souligne que l'on ne sait pas combien de temps s'écoulera après leur « changement » ou leur perfection en tant qu'êtres spirituels (plan Z), avant qu'ils ne soient glorifiés (plan X) avec le Seigneur, unis à lui dans la puissance et la grande gloire, en tant que compagnie complète. Cette unification et glorification complète de tout le corps du Christ avec la Tête est comprise comme étant les « noces de l'Agneau » avec son Épouse, lorsqu'elle entrera pleinement dans les joies de son Seigneur[424].

En observant à nouveau le schéma, les figures l, m, p et g représentent quatre classes distinctes qui, ensemble, forment l'Église nominale évangélique dans son ensemble, prétendant être le corps du Christ. Les classes l et m se trouvent toutes deux sur le plan de l'engendrement spirituel, M. Ces deux classes ont coexisté tout au long de l'âge évangélique ; toutes deux ont fait alliance avec Dieu pour devenir des sacrifices vivants ; toutes deux ont été « acceptées dans le Bien-Aimé » et engendrées par l'Esprit en tant que « nouvelles créatures ». La différence entre elles réside dans le fait que la classe l représente ceux qui accomplissent leur alliance et sont morts avec Christ aux volontés, buts et ambitions terrestres, tandis que la classe m représente la plus grande compagnie des enfants engendrés par l'Esprit qui ont fait alliance, mais qui, hélas, reculent devant l'accomplissement de leur alliance. La classe x est constituée des vainqueurs qui formeront l'Épouse du Christ, siégeant avec le Seigneur sur son trône dans la gloire – plan X. Il s'agit du « petit troupeau » auquel il plaît au Père de donner le Royaume (Luc 12:32). Ceux de la classe m reculent devant la mort de la volonté humaine, mais Dieu les aime encore et les amènera donc, par la voie de l'adversité et de la tribulation, au plan Z, le plan spirituel parfait. Cependant, ils auront perdu le droit au plan X, le trône de gloire, parce qu'ils n'ont pas été des vainqueurs[425].

Les différentes classes dans l'Église nominale

La majorité de l'Église nominale est représentée par la section p. Il est à noter qu'ils ne se trouvent pas sur le plan M, mais sur le plan W. Ils sont justifiés mais non sanctifiés. Ils ne sont pas entièrement consacrés à Dieu et ne sont donc pas engendrés en tant qu'êtres spirituels. Ils sont cependant plus élevés que le monde, car ils acceptent Jésus comme leur rançon du péché. Mais ils n'ont pas accepté l'appel élevé de cet âge à devenir une partie de la famille spirituelle de Dieu. S'ils continuent dans la foi et se soumettent pleinement aux lois justes du Royaume du Christ, aux Temps de la Restauration, ils atteindront finalement la ressemblance de l'homme terrestre parfait, Adam. Ils recouvreront tout ce qui a été perdu par lui. Ils atteindront la même perfection humaine, mentale, morale et physique, et seront de nouveau à l'image de Dieu, comme l'était Adam, car c'est pour cela qu'ils ont été rachetés. Leur position de justification, sur le plan W, en tant que ceux qui ont entendu et cru au salut par le Christ, est une bénédiction spéciale dont ils jouissent par la foi plus tôt que le monde en général (car tous seront amenés à une connaissance exacte de la Vérité durant l'âge millénaire). Ceux-ci auront toutefois eu l'avantage d'un départ plus précoce et de quelques progrès dans la bonne direction. Cependant, la classe p ne tire pas pleinement profit de cette justification par la foi dans le temps présent. Elle est accordée maintenant dans le but spécial de permettre à certains de faire le « sacrifice acceptable » et de devenir la classe l en tant que membres du « corps du Christ ». Ceux de la classe p reçoivent la faveur de Dieu (la justification) « en vain » (2 Corinthiens 6:1) : ils ne l'utilisent pas pour aller de l'avant et se présenter comme des sacrifices acceptables durant ce temps où les sacrifices sont agréables à Dieu[426].

Une autre classe liée à l'Église nominale, qui n'a jamais cru en Jésus comme sacrifice pour ses péchés et qui, par conséquent, n'est pas justifiée – n'est pas sur le plan V – est représentée sous le plan N par la section g. Ce sont des « loups déguisés en brebis » ; pourtant, ils se disent chrétiens et sont reconnus comme membres de l'Église nominale. Ils ne croient pas vraiment en Christ comme leur Rédempteur ; ils appartiennent au plan R ; ils font partie du monde et sont déplacés dans l'Église, lui causant un grand préjudice. Dans cet état mixte, avec ces différentes classes (l, m, p et g) se mêlant et se disant toutes chrétiennes, l'Église a existé tout au long de l'âge évangélique. Comme l'a prédit notre Seigneur, le royaume nominal des cieux (l'Église nominale) est semblable à un champ semé de froment et d'ivraie. Et il a dit qu'il laisserait les deux croître ensemble jusqu'à la moisson, à la fin de l'âge. Au temps de la moisson, il dira aux moissonneurs (« les anges » – messagers) : Rassemblez d'abord l'ivraie et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le froment dans mon grenier (Matthieu 13:38, Matthieu 13:41, Matthieu 13:49)[427].

La moisson et la séparation

Ces paroles de notre Seigneur montrent que, bien qu'il ait voulu que les deux croissent ensemble durant l'âge et soient reconnus comme membres de l'Église nominale, il a aussi prévu qu'il viendrait un temps de séparation entre ces différents éléments, où ceux qui sont véritablement l'Église, ses saints (classe l), approuvés et reconnus par Dieu, seraient manifestés (Matthieu 13:39)[428].

Durant l'âge évangélique, la bonne semence a poussé, ainsi que l'ivraie ou les contrefaçons. « La bonne semence, ce sont les enfants du royaume », les enfants spirituels, classes l et m, tandis que « l'ivraie, ce sont les enfants du malin ». Toute la classe g, et beaucoup de la classe p, sont donc de « l'ivraie », car « nul ne peut servir deux maîtres », et « vous êtes serviteurs de celui à qui vous obéissez ». Comme ceux de la classe p ne consacrent pas leur service et leurs talents au Seigneur qui les a rachetés – un service raisonnable –, il est probable qu'ils consacrent une grande partie de leur temps et de leurs talents en opposition à Dieu, et donc au service de l'ennemi[429].

La publication attire ensuite l'attention sur la moisson ou la fin de l'âge évangélique, en notant qu'elle est divisée en deux parties : sept ans et trente-trois ans, le parallèle exact de la moisson de l'âge juif. Cette moisson, comme celle des Juifs, doit d'abord être une période d'épreuve et de criblage pour l'Église, suivie d'une période de colère ou de déversement des « sept dernières plaies » sur le monde, y compris l'Église nominale. L'Église juive était « l'ombre » ou le modèle sur le plan charnel de tout ce que l'Église évangélique jouit sur le plan spirituel. Ce qui a éprouvé Israël selon la chair lors de la moisson de leur âge était LA VÉRITÉ alors présentée à eux. La vérité alors due était la faucille, et elle a séparé les « Israélites en vérité » de l'Église juive nominale ; et du vrai froment, il n'y avait qu'un fragment comparé aux professeurs. Il en va de même pour la moisson de cet âge. La moisson de l'âge évangélique, comme celle de l'âge juif, se déroule sous la supervision du principal moissonneur, notre Seigneur Jésus, qui doit alors être présent (Apocalypse 14:14). Le premier travail de notre Seigneur lors de la moisson de cet âge sera de séparer le vrai du faux. L'Église nominale, en raison de son état mixte, est appelée par le Seigneur « Babylone » – confusion ; et la moisson est le temps de séparer les différentes classes dans l'Église nominale, et de mûrir et perfectionner la classe l[430].

La séparation du froment et de l'ivraie

La séparation de ce petit troupeau de Babylone est représentée par la figure s. Il est en route pour s'unir au Seigneur et porter son nom, partager sa gloire. Le Christ glorifié, Tête et corps, est représenté par la figure w. Les figures c, l et p représentent Babylone – l'Église nominale – s'effondrant, se désagrégeant durant « le temps de la détresse » dans « le jour de notre Seigneur ». Bien que cela puisse sembler une chose terrible, ce sera en réalité d'un grand avantage pour tout le vrai froment. Babylone tombe parce qu'elle n'est pas ce qu'elle prétend être. L'Église nominale contient de nombreux hypocrites qui se sont associés à elle en raison de sa position honorable aux yeux du monde, et qui, par leur conduite, rendent Babylone une puanteur dans les narines du monde. Le Seigneur a toujours connu leur véritable caractère, mais selon son dessein, il les laisse tranquilles jusqu'à la moisson, lorsqu'il « enlèvera de [ou de parmi] son royaume [la véritable Église] toutes les choses qui offensent, et ceux qui commettent l'iniquité, et les jettera dans la fournaise de feu [la détresse, destructive pour leur système nominal et leur fausse profession]... Alors les justes [la classe l] resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13:41-43). La détresse qui s'abattra sur l'Église sera causée en grande partie par la croissance de l'incrédulité et du spiritisme, sous diverses formes, qui seront des épreuves sévères parce que Babylone détient tant de doctrines contraires à la Parole de Dieu. Comme, lors de la moisson de l'âge juif, la croix du Christ était pour le Juif, qui s'attendait à la gloire et au pouvoir, une pierre d'achoppement, et pour le Grec mondain, une folie, de même, lors de la moisson de l'âge évangélique, elle sera de nouveau la pierre d'achoppement et le rocher d'offense[431].

Le jugement et la purification

Quiconque a bâti sur le Christ autre chose que l'or, l'argent et les pierres précieuses de la vérité, et un caractère conforme à celle-ci, se trouvera gravement éprouvé durant le temps de la colère (« feu ») ; car tout le bois, le foin et le chaume de la doctrine et de la pratique seront consumés. Ceux qui ont bâti correctement, et qui possèdent par conséquent le caractère approuvé, sont représentés par la figure s, tandis que la figure c représente la « grande compagnie », engendrée par l'Esprit, mais qui a bâti avec du bois, du foin et du chaume – du froment, mais pas entièrement mûr au moment de la récolte des prémices (s). Ceux-ci (c) perdent le prix du trône et de la nature divine, mais atteindront finalement la naissance en tant qu'êtres spirituels d'un ordre inférieur à la nature divine. Bien que ceux-ci soient véritablement consacrés, ils sont vaincus par l'esprit mondain au point de ne pas offrir leur vie en sacrifice. Même lors de la « moisson », alors que les membres vivants de l'Épouse sont séparés des autres par la « vérité », les oreilles des autres, y compris la classe c, seront dures à entendre. Ils seront lents à croire et lents à agir en ce temps de séparation. Ils seront sans doute grandement consternés lorsqu'ils réaliseront ensuite que l'Épouse a été complétée et unie au Seigneur, et qu'eux, en raison de leur apathie et de leur surcharge, ont perdu ce grand prix. Mais la beauté du plan de Dieu, qu'ils commenceront alors à discerner comme un plan d'amour, tant pour eux que pour tout le monde de l'humanité, surmontera assez leur chagrin, et ils s'exclameront : « Alléluia ! car le Seigneur Dieu tout-puissant règne. Réjouissons-nous, soyons dans l'allégresse et donnons-lui gloire, car les noces de l'Agneau sont venues, et son épouse s'est préparée » (Apocalypse 19:6-7). Remarquez aussi la généreuse disposition du Seigneur : le message leur est envoyé – Bien que vous ne soyez pas l'Épouse de l'Agneau, vous pouvez être présents au festin des noces – « Heureux ceux qui sont appelés au festin des noces de l'Agneau » (Verset 9)[432].

La structure pyramidale du Plan Divin

Ce chapitre poursuit l'explication symbolique de la pyramide comme représentation du plan divin. La publication affirme que cette structure illustre la hiérarchie des êtres parfaits, depuis les humains restaurés jusqu'aux anges et à la classe spirituelle supérieure, avec le Christ comme sommet[433]. Elle décrit comment, après la chute de Babylone et pendant le temps de trouble, Israël charnel sera restauré à la faveur divine tandis que l'Église spirituelle sera glorifiée. Durant l'âge millénaire, Israël deviendra la nation principale sur le plan terrestre, attirant progressivement tous les obéissants vers l'harmonie avec Dieu[434].

La restauration de l'humanité, y compris celle d'Israël, est présentée comme un processus graduel nécessitant tout l'âge millénaire. Les effets de la mort adamique – maladie, douleur, faiblesse et tombeau – seront progressivement éliminés par le pouvoir du Grand Restaurateur. À la fin de cet âge, la pyramide sera complète, avec le Christ à la tête de toutes choses, suivi de la grande compagnie (classe spirituelle), des anges, puis d'Israël selon la chair et enfin du monde restauré[435]. La publication souligne que certains seront détruits définitivement : ceux qui, malgré la pleine lumière, refusent de progresser vers la justice, et ceux qui, après avoir atteint la perfection, échouent à l'épreuve finale[436].

La métaphore de la pyramide est également utilisée pour illustrer l'unité future de toute la création sous la direction du Christ. Chaque "pierre" de cette structure doit être conforme à l'image du Fils de Dieu, manifestant un esprit d'obéissance et d'amour envers Dieu et toutes ses créatures[437]. Le processus de rassemblement commence par le Christ, puis l'Église, suivie des anges et des hommes dignes, jusqu'à ce que tous soient en harmonie avec les principes divins.

Le Tabernacle du désert

Cette section présente le Tabernacle du désert comme un type divin enseignant les mêmes leçons que le diagramme des Âges. Elle décrit les différents plans ou étapes menant au Saint des Saints, symbolisant le parcours spirituel des croyants[438]. À l'extérieur du parvis se trouve le monde en état de péché (plan A). En entrant par la "porte" dans le "parvis", les individus deviennent des croyants justifiés (plan AN). Ceux qui poursuivent leur consécration franchissent la "porte" du Tabernacle et deviennent prêtres (plan 47). Ils sont fortifiés par le "pain de proposition", éclairés par le "chandelier" et habilités à offrir un encens agréable à Dieu par l'intermédiaire de Jésus-Christ à l'"autel d'or". Enfin, lors de la première résurrection, ils accèdent à la condition spirituelle parfaite, ou "Saint des Saints" (plan Z), et sont associés à Jésus dans la gloire du royaume (plan X)[439].

Les royaumes de ce monde

Cette étude examine l'origine et l'évolution des royaumes terrestres, en commençant par le premier dominion conféré à l'humanité. La publication cite Genèse 1:26-28 pour montrer que Dieu a donné à l'homme la domination sur la terre, représentée par Adam, parfait et qualifié pour être le seigneur de la création[440]. Cette domination était conditionnelle à l'obéissance à la loi divine, résumée par l'amour envers Dieu et le prochain.

La désobéissance d'Adam a entraîné la perte de ses droits à la vie et à la domination, faisant de lui un rebelle condamné. Cependant, cette domination n'a pas été immédiatement retirée, permettant à l'humanité de l'exercer selon ses propres conceptions jusqu'au moment où Christ, ayant racheté ces droits par sa mort, prendra possession de son héritage[441]. Le règne du Messie ne sera pas éternel : il durera jusqu'à ce que l'humanité déchue soit restaurée à la perfection originelle et capable d'exercer à nouveau cette domination en harmonie avec Dieu.

La publication explique que durant l'âge juif, Israël a été organisé comme un royaume typique de Dieu, d'abord sous Moïse et les Juges, puis sous des rois comme David et Salomon. Ce royaume était une préfiguration du règne messianique à venir. Cependant, en raison de leurs transgressions, Dieu a finalement retiré ce royaume à Israël lors de la déportation à Babylone sous le roi Sédécias[442]. Depuis lors, aucun autre royaume n'a été reconnu par Dieu comme représentant son gouvernement, et tous les autres sont qualifiés de "royaumes de ce monde", sous l'influence de Satan.

L'interrègne actuel, appelé "Les Temps des Gentils", est une période durant laquelle les royaumes païens sont autorisés à régner jusqu'à l'établissement du Royaume de Dieu sous le Messie[443]. Ces gouvernements, bien qu'imparfaits, ont été permis par Dieu pour démontrer l'incapacité de l'homme déchu à se gouverner lui-même et pour préparer la venue du règne juste et éternel du Christ.

La vision de Nabuchodonosor

Cette section analyse la vision de Nabuchodonosor interprétée par Daniel, qui révèle les quatre grands empires universels : Babylone (tête d'or), Médo-Perse (poitrine d'argent), Grèce (ventre d'airain) et Rome (jambes de fer et pieds mêlés d'argile et de fer)[444]. La publication explique que ces empires ont été autorisés par Dieu à régner jusqu'à l'établissement du Royaume de Christ.

Rome, le quatrième empire, est décrit comme le plus fort et le plus durable, se prolongeant à travers les nations européennes représentées par les dix orteils de la statue. L'argile mêlée au fer symbolise l'union de l'Église et de l'État, appelée "Babylone" ou confusion dans les Écritures[445]. Cette union, bien qu'elle prétende être le Royaume de Christ, n'est qu'une contrefaçon. La publication affirme que, durant les jours de ces royaumes, Dieu établira son propre royaume, qui détruira et consumera tous les autres et subsistera éternellement[446]. Elle souligne que l'accomplissement de ces prophéties indique que la fin des gouvernements gentils est proche.


Les Royaumes de ce monde

La publication poursuit son analyse des royaumes terrestres à travers la vision de Daniel concernant l'image composée de différents métaux, symbolisant les empires successifs. Elle explique que cette image, représentant les gouvernements humains, perd progressivement sa cohésion, notamment avec le mélange de fer et d'argile, signe de leur fragilité et de leur dissolution imminente. Le « rocher » symbolisant le Royaume de Dieu, coupé sans intervention humaine, doit frapper et détruire ces royaumes pour établir un règne éternel. Ce rocher, identifié comme la véritable Église, est en préparation durant l'Âge de l'Évangile et ne deviendra pleinement opérationnel qu'après avoir renversé les dominations terrestres[447].

La promesse faite aux chrétiens vainqueurs est rappelée : ils régneront avec le Christ et recevront le pouvoir sur les nations, les gouvernant avec une « verge de fer » pour briser les structures injustes. Une fois cette destruction accomplie, la main qui a frappé se tournera vers la guérison, et les peuples se tourneront vers Jéhovah pour être restaurés[448].

La vision de Daniel sur les gouvernements terrestres

Cette section présente une interprétation alternative des mêmes empires, cette fois-ci à travers les yeux de Daniel, qui les décrit non comme une image majestueuse, mais comme quatre bêtes féroces et voraces. Ces bêtes symbolisent les mêmes puissances universelles : Babylone (lion), la Médie-Perse (ours), la Grèce (léopard) et Rome (une bête indescriptible, si terrible qu'aucun animal terrestre ne peut la représenter). Rome, en particulier, est décrite comme une bête effrayante aux dents de fer et dix cornes, dont une petite corne émerge, représentant la Papauté. Cette petite corne, dotée d'yeux et d'une bouche parlant avec arrogance, s'élève en supplantant trois des dix cornes initiales, illustrant l'ascension du pouvoir papal au sein de l'Empire romain[449].

La publication souligne que cette vision met en lumière la nature bestiale et oppressive des gouvernements humains, contrastant avec la gloire superficielle perçue par le monde. Elle note également que la Papauté, bien que se présentant comme un pouvoir spirituel et chrétien, a hérité des caractéristiques diaboliques de Rome païenne, notamment à travers ses persécutions sanglantes et ses prétentions à une autorité divine[450].

La chute des gouvernements terrestres

La publication décrit le processus de déclin des gouvernements terrestres, en particulier celui de la Papauté, dont le pouvoir temporel a commencé à s'effriter avec la capture du pape par Napoléon. Ce déclin s'est poursuivi jusqu'en 1870, lorsque la Papauté a perdu son dernier vestige de pouvoir temporel sous Victor-Emmanuel. Malgré ce déclin, la Papauté a continué à proférer des « paroles orgueilleuses et blasphématoires », culminant avec la proclamation de l'infaillibilité pontificale en 1870, peu avant sa chute. Ce déclin est interprété comme l'accomplissement de la prophétie de Daniel, qui annonçait la destruction finale de ces gouvernements par le Royaume de Dieu[451].

Le texte explique que la destruction de ces gouvernements ne signifie pas l'anéantissement des peuples, mais la fin des structures oppressives qui les dominent. Le Royaume de Dieu, symbolisé par le « Fils de l'homme », recevra alors la domination éternelle, et tous les peuples lui seront soumis. Ce transfert de pouvoir marquera la fin des gouvernements humains et l'établissement d'un règne de justice et de paix[452].

Les gouvernements actuels sous un autre angle

Cette section adopte une perspective plus nuancée sur les gouvernements terrestres, les présentant comme les « meilleurs efforts » d'une humanité déchue pour se gouverner elle-même. Bien que ces gouvernements aient été corrompus par des dirigeants injustes et influencés par Satan, ils ont néanmoins permis d'éviter l'anarchie et le chaos total. La publication reconnaît que ces structures, malgré leurs imperfections, ont offert une certaine protection aux justes et ont maintenu un ordre relatif, empêchant les éléments les plus bas de la société de dominer[453].

Le texte souligne que la montée des connaissances et de l'éducation parmi les masses, depuis le XVIe siècle, a progressivement éveillé un esprit d'indépendance et une prise de conscience des droits inaliénables des individus. Cette évolution, bien que positive, a également engendré une insatisfaction croissante envers les gouvernements, conduisant à des révolutions et à des bouleversements sociaux. La publication annonce que cette insatisfaction culminera dans une révolution mondiale, suivie de l'établissement du Royaume de Dieu, qui répondra enfin aux aspirations des nations[454].

Le rôle de l'Église dans les gouvernements terrestres

La publication insiste sur le fait que l'Église véritable, composée des saints de Dieu, ne doit pas s'impliquer dans les affaires politiques des gouvernements terrestres. Elle rappelle que Jésus et les apôtres ont enseigné la soumission aux autorités terrestres, tout en refusant de participer à leurs systèmes. L'Église doit se concentrer sur la prédication du Royaume de Dieu et sur la préparation de son avènement, sans chercher à réformer ou à influencer les gouvernements actuels, dont la chute est inévitable et prophétisée[455].

Le texte met en garde contre la tentation de s'allier aux pouvoirs terrestres pour obtenir des faveurs ou éviter les persécutions. Il cite l'exemple de l'Église primitive, qui, après la mort des apôtres, a succombé à cette tentation en s'alliant à Rome, donnant naissance à la Papauté. Cette alliance a conduit à une corruption doctrinale et morale, transformant l'Église en un pouvoir persécuteur plutôt que persécuté. La publication souligne que cette dérive a éloigné l'Église de sa mission originelle, qui était de proclamer la venue du Royaume de Dieu et de vivre en séparation du monde[456].

Les Royaumes de ce monde

La publication examine la notion de « royaumes de ce monde » et leur relation avec le christianisme nominal. Elle critique l'idée, héritée de la Réforme protestante, selon laquelle les nations modernes seraient des « royaumes chrétiens » ou des « royaumes du Christ »[457]. Cette conception est présentée comme une erreur théologique, car elle contredit les enseignements bibliques selon lesquels les disciples de Jésus ne font pas partie du monde (Jean 17:16) et ne doivent pas se conformer à ses valeurs (Romains 12:2)[458]. La publication souligne que ces royaumes, bien qu'ayant reçu une légitimité temporaire de la part de Dieu, ne sont pas approuvés par Lui et ne portent le nom du Christ que de manière usurpée[459].

Un des effets pernicieux de cette confusion est d'avoir détourné l'attention des croyants du véritable Royaume céleste promis, les incitant à tenter d'imposer les valeurs chrétiennes sur des systèmes politiques et sociaux intrinsèquement mondains[460]. La publication cite en exemple les débats contemporains aux États-Unis sur l'inclusion du nom de Dieu dans la Constitution, une démarche jugée vaine et trompeuse, car elle ne transformerait pas un gouvernement terrestre en un royaume de Christ[461]. Elle rappelle que l'Église réformée presbytérienne refuse de participer à la vie politique américaine précisément parce qu'elle ne reconnaît pas ce gouvernement comme un royaume de Christ, une position avec laquelle l'auteur exprime une certaine sympathie, tout en rejetant l'idée qu'une simple mention de Dieu dans la Constitution suffirait à le rendre légitime[462].

La publication dénonce également l'influence persistante de la Papauté et des réformateurs protestants dans la sanctification de ces royaumes terrestres, une pratique qui, selon elle, a conduit les chrétiens à soutenir des régimes oppressifs au nom d'une prétendue alliance avec le Christ[463]. Cette confusion a contribué à discréditer le christianisme aux yeux du monde, certains y voyant une religion complice des puissants pour maintenir les masses sous contrôle. L'auteur exprime l'espoir que les hommes, en comprenant le véritable plan divin, abandonneraient progressivement ces royaumes imparfaits pour laisser place à un règne de justice et de paix, mais il reconnaît que leur nature déchue les en empêche[464]. Il prédit ainsi que ces royaumes s'effondreront dans une période de trouble sans précédent, conformément aux prophéties bibliques, et que ceux qui tenteront de s'accrocher à un pouvoir révolu combattront en réalité contre Dieu lui-même (Psaumes 2:1-6, Psaumes 2:10-12)[465].

Le Royaume proche

Un poème intitulé « Le Royaume proche » est présenté, invitant à la vigilance et à l'espérance face à l'avènement du Royaume de Dieu. Il décrit un dialogue entre un veilleur et un voyageur, où ce dernier annonce l'arrivée imminente du jour promis à Israël, symbolisé par une étoile brillante[466]. Le voyageur explique que cette étoile, dont la lumière remplit la terre, annonce la paix, la vérité et la bénédiction pour toutes les nations. Le poème se conclut par un appel à se préparer pour l'aube du règne glorieux de Sion, marquant la fin des ténèbres et le début d'une ère nouvelle[467].

Étude XIV. Le Royaume de Dieu

Cette section constitue une étude approfondie sur le Royaume de Dieu, un thème central dans les Écritures. L'auteur souligne la place prépondérante de ce sujet dans l'Ancien Testament, où il est présenté comme l'espérance ultime d'Israël, avec le Messie comme roi[468]. Jean le Baptiste, Jésus et ses disciples ont tous commencé leur ministère en annonçant l'imminence de ce Royaume (Matthieu 3:2, Matthieu 4:17, Matthieu 10:7, Luc 9:2)[469]. Jésus a consacré une grande partie de son enseignement à ce thème, utilisant des paraboles pour en illustrer les différentes facettes ou pour souligner la nécessité d'une consécration totale à Dieu afin d'y participer[470].

L'auteur explique que les disciples de Jésus, bien que déçus par sa crucifixion, ont vu leurs espoirs ranimés après sa résurrection, lorsque Jésus leur a révélé que son sacrifice était une étape nécessaire avant l'établissement du Royaume (Luc 24:21, Luc 24:25-27)[471]. Il souligne que Dieu aurait pu donner à Jésus la domination terrestre sans racheter l'humanité, mais qu'Il avait un dessein plus grand : offrir une rédemption éternelle en libérant l'humanité de la condamnation à mort héritée d'Adam[472]. Après l'ascension de Jésus, ses disciples ont continué à espérer la restauration du Royaume d'Israël, une attente que Jésus n'a pas contredite, mais dont il a reporté la réalisation à un temps fixé par le Père (Actes 1:6-7)[473].

La publication aborde ensuite les conceptions erronées du Royaume de Dieu, tant chez les Juifs que chez certains chrétiens. Les Juifs, y compris les disciples de Jésus, envisageaient initialement le Royaume comme une entité exclusivement terrestre, tandis que certains chrétiens modernes le réduisent à une réalité purement spirituelle ou à une influence morale dans le cœur des croyants[474]. L'auteur insiste sur le fait que Jésus a toujours présenté le Royaume comme un gouvernement réel, destiné à s'établir sur la terre et à régner parmi les hommes, tout en enseignant à ses disciples à prier pour sa venue (Matthieu 6:10)[475]. Il note que cette vision était perçue comme absurde par les élites juives, qui ne pouvaient concevoir qu'un homme sans armée ni richesse puisse prétendre établir un royaume capable de rivaliser avec Rome[476].

Pour répondre aux interrogations des Pharisiens sur la manifestation visible du Royaume, Jésus a expliqué que celui-ci ne viendrait pas avec des signes extérieurs, mais qu'il serait invisible et présent au milieu des hommes (Luc 17:20-21)[477]. Cette réponse, bien que mal comprise à l'époque, visait à corriger les attentes matérialistes des Juifs en leur révélant l'existence d'une phase spirituelle et invisible du Royaume. L'auteur précise que cette phase spirituelle, destinée à être établie en premier, serait suivie d'une phase terrestre, et que la participation à la phase spirituelle était l'unique offre faite aux croyants durant l'Âge de l'Évangile[478].

La publication relate ensuite le dialogue entre Jésus et Nicodème, un pharisien venu interroger Jésus de nuit (Jean 3:1-21). Nicodème, bien que sceptique quant aux prétentions de Jésus, reconnaît sa légitimité en raison de ses miracles. Jésus lui explique que pour comprendre et participer au Royaume de Dieu, il est nécessaire de naître de nouveau, une notion que Nicodème interprète littéralement[479]. Jésus clarifie alors que cette nouvelle naissance implique une transformation spirituelle, rendue possible par une régénération opérée par l'Esprit de Dieu. Il utilise l'image du vent pour illustrer l'invisibilité et la puissance des êtres spirituels qui constitueront ce Royaume : comme le vent, ils seront présents et influents, mais invisibles aux yeux des hommes non régénérés[480].

L'auteur souligne que cette explication était difficile à accepter pour Nicodème, car elle remettait en cause ses conceptions traditionnelles. Jésus insiste sur le fait que la compréhension du Royaume de Dieu nécessite une foi progressive et une obéissance à la lumière déjà reçue. Il explique que la nouvelle naissance spirituelle est une condition essentielle pour accéder à la nature divine et participer à la première résurrection, qui permettra aux croyants de régner avec Christ[481]. La publication conclut cette section en rappelant que, malgré les obstacles et les incompréhensions, le processus de sélection des cohéritiers du Royaume s'est poursuivi, d'abord parmi les Juifs, puis parmi les Gentils, conformément au plan divin (Actes 15:14)[482].

Le Royaume de Dieu

Le chapitre poursuit son développement sur la nature et l'établissement futur du Royaume de Dieu. La publication affirme que les promesses bibliques concernant ce Royaume ne sauraient être réduites à une simple expérience spirituelle individuelle ou à une domination symbolique de l'Église actuelle. Elle insiste sur le fait que le Royaume de Dieu, tel qu'annoncé par Jésus et les apôtres, doit s'établir sous les cieux avec une puissance et une gloire visibles, accomplissant ainsi les prophéties selon lesquelles « tous les royaumes de la terre deviendront ceux de notre Seigneur et de son Christ »[483].

La distinction entre le Royaume dans son état embryonnaire (l'Église actuelle) et son établissement futur en puissance est soulignée. La publication explique que l'Église, bien qu'elle reconnaisse dès à présent la domination de Christ, ne règne pas encore avec lui de manière visible et contraignante. Elle cite Luc 19:11-15 pour illustrer que l'établissement du Royaume coïncidera avec le retour du Christ, et non avant[484]. Les membres de l'Église sont décrits comme des sujets volontaires du nouveau Prince, s'engageant par la foi à le servir avant même que son règne ne soit imposé au monde.

La publication rejette l'idée que les promesses du Royaume soient déjà accomplies dans les conditions présentes de l'Église. Elle rappelle que les premiers chrétiens considéraient ces promesses comme des incitations à la fidélité face aux persécutions, et non comme des réalités actuelles. Les paroles de réconfort de l'Apocalypse, telles que « À celui qui vaincra, je donnerai de s'asseoir avec moi sur mon trône », sont présentées comme des promesses futures, conditionnées à une victoire obtenue par la souffrance et la mort dans le service de Dieu[485].

Un parallèle est établi avec les erreurs des Corinthiens, qui, selon l'apôtre Paul, s'étaient approprié prématurément les honneurs et le pouvoir promis pour le futur. La publication souligne que cette attitude avait conduit à l'orgueil et à l'éloignement de l'esprit de sacrifice, contrastant avec la voie étroite de la souffrance et de l'humilité menant à la gloire future[486].

Les deux phases du Royaume de Dieu

La publication aborde la distinction entre les deux phases du Royaume de Dieu : une phase spirituelle et une phase terrestre. La phase spirituelle, invisible aux hommes, sera composée des saints vainqueurs de l'Âge Évangélique, c'est-à-dire le Christ, tête et corps, glorifiés. Leur résurrection et leur exaltation précéderont celles de tous les autres, car c'est par eux que les bénédictions seront étendues à l'humanité. Cette phase nécessitera une nature divine, seule capable d'accomplir une œuvre s'étendant à la fois au ciel et à la terre[487].

La phase terrestre du Royaume sera quant à elle composée des anciens dignes, tels qu'Abraham, Isaac et Jacob, qui seront ressuscités à la perfection humaine dès le début du Millénium. Ces derniers serviront d'agents visibles du Christ pour restaurer et bénir le reste de l'humanité. Leur perfection humaine sera un exemple et un encouragement pour les autres hommes, les incitant à atteindre la même perfection. La publication cite Matthieu 8:11 pour appuyer l'idée que ces anciens dignes seront visibles et accessibles aux hommes, contrairement à la phase spirituelle du Royaume[488].

La publication explique que ces deux phases opéreront en harmonie, bien que leur mode exact de collaboration ne soit pas explicitement détaillé. Elle propose une illustration tirée de l'histoire d'Israël, où Dieu a agi par l'intermédiaire de représentants humains comme Moïse et les prophètes, tout en annonçant que les manifestations futures de la puissance divine dépasseront largement celles de l'âge typique[489].

La phase terrestre du Royaume sera marquée par l'établissement d'un gouvernement parfait, avec des hommes parfaits aux postes de contrôle, ainsi que par des mesures éducatives et philanthropiques visant à élever progressivement l'humanité vers la perfection. Ce travail noble, dirigé par les membres invisibles du Royaume spirituel, sera l'honneur suprême réservé aux anciens dignes, qui recevront la coopération et l'honneur de tous les hommes une fois le système actuel détruit et Satan lié[490].

L'accomplissement de la promesse faite à Abraham

La publication revient sur la promesse faite à Abraham, selon laquelle « en toi et en ta postérité seront bénies toutes les familles de la terre » (Genèse 12:3). Cette promesse, explique-t-elle, se réalisera à travers deux semences : une semence terrestre, représentée par les anciens dignes comme Abraham, Isaac et Jacob, et une semence spirituelle, composée du Christ et de son Église. Ces deux semences formeront les deux phases du Royaume de Dieu, instruments par lesquels les bénédictions seront étendues au monde entier[491].

L'apôtre Paul, dans Romains 11:17, compare cette promesse à une racine d'où Israël charnel a poussé naturellement, tandis que les croyants gentils y ont été greffés après que les branches naturelles eurent été coupées à cause de leur incrédulité. Cela illustre le double accomplissement de la promesse, avec le développement de deux semences distinctes : l'une terrestre (humaine) et l'autre céleste (spirituelle), qui constitueront les deux phases du Royaume[492].

La publication souligne que la phase terrestre du Royaume est intrinsèquement liée à Israël. Les prophéties annonçant la restauration d'Israël et la reconstruction de Jérusalem sur ses anciennes ruines sont citées pour appuyer cette idée. Elle explique que, lors des temps de restauration, Israël sera la première nation à s'harmoniser avec le nouvel ordre des choses, et que Jérusalem terrestre sera reconstruite pour devenir la capitale du monde. Les anciens dignes, familiarisés avec la Loi, seront particulièrement préparés à obéir sous l'autorité du Royaume[493].

La publication aborde également la question des « tribus perdues » d'Israël, reconnaissant que certaines théories suggèrent leur présence parmi les nations civilisées actuelles. Cependant, elle souligne que, même si cela était prouvé, cela n'accorderait aucun avantage particulier sous « l'appel céleste », qui ne fait plus de distinction entre Juifs et Gentils depuis le rejet national d'Israël. En revanche, cela serait en harmonie avec les prophéties concernant la phase terrestre du Royaume[494].

Enfin, la publication décrit Jérusalem comme le symbole du Royaume de Dieu, une « cité qui a des fondements », fondée sur la justice du Christ Rédempteur. Cette cité, ou gouvernement, sera d'abord composée de la classe spirituelle (l'Épouse du Christ), puis, en temps voulu, de la phase terrestre, incluant les anciens dignes. Jérusalem, en tant que capitale du monde, incarnera la paix et la justice, offrant salut et bénédiction à tous ceux qui y entreront[495].

Le Royaume de Dieu

Le chapitre poursuit son développement sur le thème du Royaume de Dieu, en insistant sur son double aspect : spirituel et terrestre. La publication cite abondamment les prophéties bibliques pour étayer l'idée que Jérusalem, tant dans sa dimension céleste que terrestre, deviendra le centre de ce royaume. Elle souligne que les promesses faites à Israël, bien que littéralement adressées à ce peuple, ont également une portée typologique pour l'ensemble de l'humanité. Ainsi, le Nouvel Alliance et le sacrifice rédempteur de Christ s'appliquent non seulement aux Juifs, mais aussi aux Gentils, conformément à la déclaration de l'apôtre Paul : « Il n'y a point de partialité chez Dieu »[496].

La publication explique que, bien qu'Israël ait rejeté le Messie lors de sa première venue, ce rejet n'a pas annulé les promesses divines. Au contraire, Dieu a utilisé ce rejet pour offrir la grâce aux Gentils, tout en maintenant une porte ouverte pour le retour d'Israël à la faveur divine. L'apôtre Paul, dans son épître aux Romains, est cité pour illustrer cette idée : « L'endurcissement d'une partie d'Israël durera jusqu'à ce que la totalité des Gentils soit entrée »[497]. Ce passage est interprété comme une indication que, une fois le nombre complet des élus parmi les Gentils atteint, Israël retrouvera sa place dans le plan divin. La publication insiste sur le fait que les promesses faites à Israël, bien que partiellement réalisées dans ce peuple, trouveront leur accomplissement ultime dans la bénédiction de toutes les familles de la terre[498].

Les héritiers du Royaume

Cette section aborde la question des conditions requises pour hériter du Royaume de Dieu. Elle s'appuie sur le Psaume 24 pour définir les qualités nécessaires : « Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur »[499]. La publication interprète cette exigence comme une invitation à la pureté morale et spirituelle, tant pour ceux qui aspirent à la phase céleste du Royaume que pour ceux qui en hériteront la phase terrestre. Elle souligne que cette pureté est rendue possible par l'imputation de la justice du Christ, qui compense les faiblesses humaines, à condition que les croyants marchent selon l'esprit et non selon la chair[500].

La publication rappelle que cette exigence de pureté s'applique également aux anciens fidèles de l'Ancien Testament, qui, bien qu'imparfaits, ont aimé la justice et détesté l'iniquité. Elle étend cette exigence aux croyants de l'âge évangélique, ainsi qu'à ceux qui vivront durant le Millénium, lorsque l'esprit de Dieu sera répandu sur toute chair. Les vainqueurs de cet âge devront également lutter pour la pureté afin de mériter leur place dans le Royaume préparé pour eux dès la fondation du monde[501].

La règle de fer

Ce passage décrit le caractère strict et intransigeant du règne millénaire du Christ. La publication explique que, contrairement aux attentes de certains, ce règne ne sera pas marqué par une liberté sans limites, mais par une discipline rigoureuse. Elle utilise l'image d'une « règle de fer » pour symboliser l'autorité inflexible du Christ, qui mettra fin à toutes les formes de mal : tromperie, corruption, abus de soi-même ou d'autrui, et toute licence de faire le mal[502].

La publication souligne que cette rigueur sera nécessaire pour briser les habitudes et les institutions fondées sur des principes erronés. Elle cite les prophéties bibliques, notamment celles d'Isaïe et des Psaumes, pour illustrer cette idée : « Il les paîtra avec une verge de fer »[503]. Ce règne sera également marqué par un jugement équitable, où chaque acte sera mesuré à l'aune de la justice divine. Ceux qui auront vécu dans l'égoïsme et l'exploitation d'autrui devront apprendre les leçons de l'équité et de la justice, sous peine de châtiments sévères[504].

Le Royaume éternel

Cette section traite de la nature éternelle du Royaume de Dieu. La publication explique que, bien que le règne millénaire du Christ ait une durée limitée et un objectif précis — la restauration de l'humanité —, le Royaume de Dieu lui-même durera éternellement. Elle compare ce règne à une période de reconstruction, similaire à celle qui a suivi la guerre de Sécession aux États-Unis, où des gouverneurs ont été placés à la tête des États rebelles pour les ramener dans le giron de l'Union[505].

La publication insiste sur le fait que, une fois la mission du Christ accomplie, il remettra le Royaume au Père, permettant ainsi à l'humanité, désormais parfaite, de traiter directement avec Dieu. Elle cite l'apôtre Paul pour appuyer cette idée : « Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père »[506]. À ce moment-là, les lois divines, toujours justes et parfaites, seront pleinement observées par une humanité restaurée, et toute crainte disparaîtra, laissant place à une harmonie éternelle entre Dieu et ses créatures[507].

La publication distingue également entre le Royaume préparé pour l'humanité dès la fondation du monde et celui, plus élevé, préparé pour le Christ et ses cohéritiers. Elle souligne que, bien que le règne spécifique du Christ sur la terre prenne fin, sa gloire et son pouvoir demeureront éternellement, et sa Épouse partagera cette gloire[508].

Étude XV. Le Jour de Jéhovah

Cette étude est consacrée au « Jour de Jéhovah », une période décrite comme un temps de grands bouleversements et de troubles, au cours duquel le Royaume de Dieu s'établira progressivement sur la terre, tandis que les royaumes de ce monde disparaîtront et que le pouvoir de Satan sera neutralisé. La publication insiste sur le fait que cette période sera marquée par une détresse sans précédent, comparable à aucune autre dans l'histoire de l'humanité[509].

Elle explique que ce jour est appelé « Jour de Jéhovah » parce que, bien que le Christ en soit le représentant direct, c'est Jéhovah qui en est l'instigateur ultime. Ce jour est également décrit comme un « jour de vengeance » et un « jour de colère », non pas au sens d'une colère arbitraire de Dieu, mais comme la conséquence naturelle du rejet de ses lois et de ses conseils par l'humanité. La publication cite les prophètes et l'apôtre Paul pour illustrer cette idée, en soulignant que les troubles de ce jour sont le résultat inévitable de l'iniquité et de l'égoïsme humains[510].

La publication décrit également les causes profondes de ces troubles, en remontant à la chute de l'homme et à la perte de la faveur divine. Elle explique que, privés de la protection divine, les hommes ont dû lutter pour leur survie dans un monde hostile, ce qui a progressivement développé en eux des traits égoïstes et avides. Ces traits, exploités par Satan, ont conduit à l'accumulation des richesses entre les mains d'une minorité, tandis que les masses vivaient dans l'ignorance et la soumission. Cependant, avec l'avènement des Lumières et des progrès technologiques, les peuples ont commencé à s'élever, remettant en cause les structures de pouvoir traditionnelles et préparant le terrain pour les bouleversements du Jour de Jéhovah[511].

Les riches et les travailleurs

Ce chapitre examine les tensions croissantes entre les classes sociales, en particulier entre les riches et les travailleurs, dans le contexte de ce que la publication nomme « le Jour de Jéhovah »[512]. L'auteur souligne que les inégalités économiques et sociales, exacerbées par l'accumulation des richesses entre les mains d'une minorité, conduisent à un sentiment d'injustice parmi les masses laborieuses. Bien que certains riches contribuent à des œuvres caritatives, comme la création d'hôpitaux, d'asiles ou d'écoles, ces initiatives sont souvent perçues comme insuffisantes pour compenser les disparités structurelles[513].

La publication affirme que « leur précipitation vers » les douleurs d'autrui reflète une forme d'égoïsme, même parmi ceux qui prétendent être bienveillants. Elle cite l'exemple de personnes ayant accédé rapidement à la richesse après une vie modeste, et qui, loin de devenir plus généreuses, adoptent souvent des comportements encore plus durs et égoïstes[514]. À l'inverse, elle reconnaît que les institutions destinées à améliorer le sort des plus pauvres sont généralement financées par les riches, mais note que ces derniers sont de plus en plus perçus comme dépendants de la protection des gouvernements pour préserver leurs privilèges.

Le Jour de Jéhovah

Cette section approfondit la description du « Jour de Jéhovah » comme une période de troubles sociaux, politiques et religieux, marquée par l'effondrement des systèmes en place. L'auteur s'appuie sur plusieurs prophéties bibliques pour illustrer cette période, en soulignant que les références à des nations comme l'Égypte, Babylone ou Israël ont une double signification : une réalisation littérale dans l'histoire ancienne, et une réalisation symbolique et plus large dans le contexte du « Jour de Jéhovah »[515].

Dans cette interprétation symbolique, l'Égypte représente le monde, Babylone symbolise la « Christendom » (l'Église nominale), tandis qu'Israël incarne l'humanité justifiée, incluant la prêtrise royale, les Lévites et le peuple croyant. La publication annonce que Babylone, symbole de l'Église corrompue, subira une destruction totale et définitive, comparée à une « grande meule jetée dans la mer » (Apocalypse 18:21), sans possibilité de rétablissement[516].

L'apôtre Jacques est cité pour décrire les tensions entre le capital et le travail, annonçant que les riches, qui ont accumulé des richesses au détriment des travailleurs, subiront des pertes matérielles et des épreuves. La publication interprète ces paroles comme une prophétie des conflits sociaux à venir, où les richesses perdront leur valeur et où les injustices commises contre les travailleurs seront révélées[517].

Votre richesse

Ce passage décrit les conséquences économiques et sociales des tensions entre les classes. La publication affirme que les salaires des travailleurs tendent à diminuer, tandis que les prix sont artificiellement maintenus ou augmentés par des mouvements de grève et des combinaisons syndicales. Elle prédit que cette situation atteindra un point de rupture, provoquant une révolte des masses laborieuses[518].

Cette révolte, selon l'auteur, alarmera les détenteurs de capitaux, qui retireront leurs fonds des circuits économiques pour les thésauriser, aggravant ainsi les crises financières et les paniques bancaires. La publication souligne que l'économie moderne repose largement sur le crédit, et que la disparition de ce dernier entraînera une paralysie des affaires, jetant des milliers de personnes au chômage et plongeant le monde dans le chaos[519]. Les prophéties d'Ézéchiel (Ézéchiel 7:10-19) sont citées pour illustrer cette période de désordre, où l'or et l'argent ne pourront plus sauver leurs possesseurs du « jour de la colère de Jéhovah »[520].

Il ne faut pas oublier

Cette section rappelle que la période de troubles vécue par Israël avant sa destruction en tant que nation préfigure une période de troubles encore plus grande pour la « Christendom » nominale. L'auteur insiste sur le fait que les prophéties concernant le « Jour du Seigneur » s'adressent principalement à Israël et à Jérusalem, mais que leur accomplissement final inclut toute l'humanité[521].

La publication cite le prophète Sophonie (Sophonie 1:7-9,14-18) pour décrire le « Jour de Jéhovah » comme un jour de colère, de détresse et de désolation, marqué par des troubles politiques et sociaux. Ce jour est présenté comme une période où les gouvernements fortifiés et les institutions établies seront ébranlés par des mouvements de protestation et de révolte. L'auteur souligne que cette période sera si intense que ni l'or ni l'argent ne pourront protéger leurs possesseurs, et que la terre entière sera consumée par le « feu du zèle de Jéhovah »[522].

Ce feu

Ce chapitre explore la signification symbolique du « feu » mentionné dans les prophéties bibliques. L'auteur explique que ce feu représente la destruction des structures sociales et des systèmes corrompus, plutôt qu'une destruction littérale de la terre. Il souligne que les prophéties utilisent des symboles comme le feu, les tempêtes ou les tremblements pour décrire les bouleversements qui précéderont l'établissement du Royaume millénaire de Dieu[523].

La publication cite l'apôtre Pierre (2 Pierre 3:6-7,10-13), qui compare le déluge des temps de Noé à la destruction symbolique des « cieux et de la terre » actuels par le feu. Ce feu, selon l'auteur, détruira les systèmes sociaux corrompus et les inégalités, tout en préparant l'avènement d'un « nouveau ciel » (le royaume spirituel du Christ) et d'une « nouvelle terre » (une société organisée sur des principes de justice et d'amour)[524].

L'auteur insiste sur le fait que les apôtres, en tant que prophètes, ont écrit des choses qu'ils ne comprenaient pas pleinement à leur époque, mais dont la signification profonde se révèle progressivement. Il souligne que ces prophéties sont destinées à guider et à nourrir la foi des croyants, et que leur accomplissement est assuré par la parole divine[525].

L'Apôtre

Ce passage examine la purification des croyants pendant le « Jour de Jéhovah », en utilisant la métaphore du feu pour décrire le processus de raffinement spirituel. L'auteur cite l'apôtre Paul (1 Corinthiens 3:12-15), qui explique que les œuvres des croyants seront éprouvées par le feu : celles construites avec des matériaux nobles (or, argent, pierres précieuses) résisteront, tandis que celles bâties avec des matériaux fragiles (bois, foin, chaume) seront consumées[526].

La publication interprète cette métaphore comme une purification de la foi et du caractère des croyants. Ceux qui auront construit leur foi sur le fondement solide du sacrifice rédempteur du Christ seront récompensés, tandis que ceux qui auront adhéré à des erreurs traditionnelles ou à des doctrines corrompues subiront des pertes, bien qu'ils puissent être sauvés « comme à travers le feu »[527]. L'auteur souligne que ce processus de purification est nécessaire pour préparer les croyants à offrir des sacrifices agréables à Dieu.

De plus

Cette section décrit le « Jour de Jéhovah » comme une période de bouleversements symbolisés par une tempête, en plus du feu. L'auteur cite l'épître aux Hébreux (Hébreux 12:26-29), qui compare l'inauguration de l'Alliance de la Loi au Sinaï à l'introduction de la Nouvelle Alliance au début du Millénium. Il explique que la voix de Dieu ébranlera non seulement la terre (la société), mais aussi les cieux (les pouvoirs spirituels), afin d'éliminer tout ce qui est faux et corrompu, et de laisser subsister uniquement ce qui est juste et vrai[528].

La publication souligne que cette période de troubles précédera l'établissement d'un royaume inébranlable, où la justice régnera. Elle cite le prophète Malachie (Malachie 4:2) pour illustrer la venue du « Soleil de Justice », qui apportera la guérison et la bénédiction à l'humanité rachetée[529].

David, le prophète

Ce chapitre présente les prophéties de David concernant le « Jour de Jéhovah », en utilisant des symboles comme le feu, les tempêtes et les ténèbres pour décrire les bouleversements à venir. L'auteur cite plusieurs psaumes pour illustrer cette période de troubles, où les nations se révolteront contre les gouvernements établis, et où la société sera ébranlée jusqu'à ses fondements[530].

La publication cite le Psaume 50 (Psaume 50:3), où Dieu est décrit comme venant avec un feu dévorant et une tempête violente, ainsi que le Psaume 97 (Psaume 97:2-6), où les montagnes (symboles des royaumes) fondent comme de la cire devant la présence de Jéhovah. L'auteur souligne que ces prophéties annoncent la destruction des systèmes corrompus et l'établissement d'un nouveau ciel et d'une nouvelle terre, où la justice régnera[531].

Le Psaume 46 est également cité pour montrer que Dieu sera un refuge pour les croyants pendant cette période de troubles, et que les nations seront finalement amenées à reconnaître la souveraineté de Jéhovah[532].

Un autre témoignage

Cette section examine les prophéties de l'Apocalypse pour décrire le « Jour de Jéhovah ». L'auteur cite le livre de l'Apocalypse (Apocalypse 11:17-18 et Apocalypse 19:15,19) pour illustrer la colère de Dieu contre les nations et la destruction des systèmes symbolisés par la « bête » et le « faux prophète »[533].

La publication interprète ces symboles comme représentant les pouvoirs politiques et religieux corrompus qui s'opposeront au règne du Christ. Elle souligne que la « bataille » et le « pressoir » mentionnés dans l'Apocalypse ne sont que d'autres symboles pour décrire les mêmes événements que ceux évoqués par les prophètes de l'Ancien Testament sous les figures du feu, de la tempête ou du tremblement[534].

L'auteur annonce que ces symboles seront examinés plus en détail dans un volume ultérieur, mais insiste sur le fait qu'ils décrivent tous la même période de troubles et de destruction qui marquera la fin de l'âge présent et l'avènement du Millénium.

La situation actuelle

Ce chapitre conclut en analysant la situation contemporaine comme un prélude aux troubles annoncés. L'auteur observe que les tensions entre les classes sociales s'intensifient, avec d'un côté les riches, arrogants et orgueilleux, et de l'autre les pauvres, ignorants et animés par un sentiment d'injustice. Il note que ces deux camps s'organisent déjà à travers le monde civilisé, et que les signes avant-coureurs des troubles prophétisés sont visibles[535].

La publication décrit les masses laborieuses comme une mer agitée, prête à déferler contre les montagnes (les gouvernements et les institutions établies), tandis que les frictions entre les différentes factions de la société génèrent une chaleur qui menace de faire fondre les éléments mêmes de l'ordre social. L'auteur souligne que cette situation est difficile à percevoir pour ceux qui sont aveuglés par leurs propres intérêts, mais que les signes de l'approche du « Jour de Jéhovah » sont indéniables[536].

Le Jour de Jéhovah

Ce chapitre examine les tensions sociales et économiques de l'époque, présentées comme les prémices du « Jour de Jéhovah », une période de bouleversements annoncée par les Écritures. La publication analyse les conflits entre capital et travail, en soulignant les inégalités croissantes et les revendications des travailleurs. Elle décrit les arguments des artisans et des ouvriers, qui estiment que les progrès technologiques et les inventions, bien qu'ayant amélioré leurs conditions de vie, les exposent désormais à une précarité accrue en raison de la surproduction et de la mécanisation[537].

Les travailleurs, organisés en syndicats, cherchent à limiter l'exploitation par des mesures telles que la réduction du temps de travail sans baisse de salaire, la régulation des taux d'intérêt, ou encore la nationalisation des chemins de fer. Ils dénoncent les pratiques des grandes corporations, accusées d'enrichir une minorité au détriment des masses, et comparent leur pouvoir à celui des aristocrates européens. La publication souligne que ces revendications, bien que légitimes, risquent d'être détournées par des mouvements extrémistes, conduisant à des conflits violents et à l'anarchie[538].

Elle met en garde contre les conséquences de ces tensions : une rupture sociale où les lois et l'ordre seraient balayés, plongeant le monde dans un chaos comparable aux prophéties bibliques. Ce « Jour de Jéhovah » est décrit comme une série de convulsions de plus en plus violentes, culminant dans une révolution finale où les structures politiques et religieuses (symbolisées par les « cieux ») s'effondreraient. La publication cite Luc 21:26 pour illustrer l'angoisse qui saisira les puissants face à ces événements[539].

Devoir et privilège des saints

Ce passage aborde le rôle des « saints » (les fidèles chrétiens) durant cette période de troubles. Contrairement au monde, qui sera submergé par l'anxiété et le désespoir, les saints sont appelés à rester sereins et confiants, car ils comprennent que ces bouleversements préparent l'avènement du règne millénaire du Christ. Leur attitude doit refléter cette espérance, en témoignant de leur foi et de leur contentement malgré les épreuves[540].

La publication insiste sur l'importance de la piété associée au contentement, citant 1 Timothée 6:6 pour rappeler que cette vertu est une source de richesse spirituelle. Elle critique l'insatisfaction généralisée de l'époque, où même les plus favorisés, malgré leurs privilèges, sont rongés par l'envie et la convoitise. Les saints, en revanche, doivent se détacher de ces ambitions matérielles et se concentrer sur leur vocation céleste, en suivant l'exemple du Christ et des apôtres[541].

Leur mission est double : d'une part, montrer par leur attitude que la paix intérieure est possible même au milieu du chaos ; d'autre part, préparer le monde à la venue du Royaume de Dieu, où la justice et l'amour remplaceront l'égoïsme et la violence. Ce chapitre souligne ainsi la responsabilité des croyants dans la transmission de l'espérance divine durant les temps de crise.


Le Jour de Jéhovah

Ce chapitre examine l'attitude des croyants face aux épreuves et aux troubles du « Jour de Jéhovah », une période marquée par des bouleversements sociaux et spirituels. La publication encourage les fidèles à adopter une posture de contentement et de confiance en Dieu, en se détournant des ambitions matérielles et des conflits terrestres. Elle cite l'apôtre Paul pour illustrer cette idée : « La piété avec le contentement est un grand gain »[542]. Les croyants sont invités à se concentrer sur les richesses spirituelles et à accepter les épreuves présentes comme temporaires, en vue des bénédictions futures promises par Dieu.

Le texte souligne également le rôle des fidèles en tant qu'ambassadeurs de paix, chargés de proclamer la venue du Royaume de Dieu et d'offrir un message d'espoir aux affligés. Il les exhorte à éviter de nourrir les conflits ou les mécontentements du monde, mais plutôt à diriger les regards vers la solution divine : le rétablissement de toutes choses sous l'autorité du Christ. Cette mission est présentée comme une opportunité unique de témoigner de la vérité et de préparer les cœurs à la justice[543].

Enfin, la publication rappelle que les troubles actuels ne sont pas une fin en soi, mais une étape nécessaire pour permettre à l'humanité d'apprendre la justice. Les croyants sont appelés à rester neutres face aux luttes politiques et sociales, tout en proclamant activement le message du Royaume comme seul remède aux maux du monde[544].

Réflexions conclusives

Cette section constitue une synthèse des enseignements présentés dans les chapitres précédents. Elle récapitule le plan divin tel qu'il est révélé dans les Écritures, en insistant sur la souveraineté de Dieu et sur la cohérence de son dessein à travers les âges. Le texte rappelle que le mal, bien que présent, est temporaire et permis pour des raisons pédagogiques, tandis que la lumière divine finira par dissiper toutes les ténèbres[545].

La publication souligne que le plan de Dieu s'étend sur plusieurs âges, chacun ayant un rôle spécifique dans la réalisation de ses promesses. Le chapitre met en lumière le rôle central du second avènement du Christ, qui marquera le début du jugement et du règne millénaire. Ce retour est présenté comme une source d'espoir pour toutes les classes d'hommes, mais particulièrement pour l'Église, qui sera unie au Christ pour accomplir la restauration de l'humanité[546].

Le texte insiste sur la responsabilité des croyants face à la vérité révélée. Il les exhorte à étudier les Écritures avec diligence pour obtenir la force nécessaire à leur marche spirituelle. Cette étude doit s'accompagner d'un abandon total de soi, incluant le renoncement aux plans personnels et aux théories humaines pour se soumettre pleinement au plan divin. La publication met en garde contre les compromis et les demi-mesures, soulignant que la sincérité de la consécration sera éprouvée par les sacrifices exigés[547].

Enfin, le chapitre souligne l'harmonie parfaite du plan divin avec les Écritures et le caractère de Dieu. Il invite les lecteurs à rejeter les traditions et les credos humains, souvent déformés, pour embrasser la vérité biblique dans toute sa cohérence. La responsabilité de partager cette vérité avec les autres membres de la famille de Dieu est également mise en avant, car chaque croyant devient un débiteur de la lumière reçue[548].

Le Tissage Divin

Ce poème allégorique illustre le plan divin comme une tapisserie tissée par Dieu à travers l'histoire. Le « Tisseur mystique », assis dans les cieux, utilise les événements et les nations comme fils pour créer une œuvre dont le dessein échappe souvent aux hommes. Le texte décrit les rois, les sages, les armées et les trônes comme des éléments du métier à tisser divin, dont les mouvements apparemment chaotiques concourent à un résultat harmonieux et glorieux[549].

Le poème souligne que seule la foi permet de discerner la beauté et la cohérence de cette tapisserie. Il invite les croyants à reconnaître que chaque fil, même ceux qui semblent sombres ou confus, contribue à l'accomplissement du plan divin. La conclusion du poème affirme que cette œuvre est guidée par une lumière céleste, et que ceux qui croient en Dieu peuvent y voir la manifestation de sa sagesse et de son amour[550].

Une critique des espoirs millénaristes examinée

Ce chapitre constitue une réponse détaillée aux objections soulevées par le révérend E.L. Eaton concernant les perspectives millénaristes présentées dans Le Plan Divin des Âges. Eaton, lors d'une réunion des ministres méthodistes épiscopaux de Pittsburgh en avril 1903, avait avancé que si la population mondiale avait doublé chaque siècle au cours des soixante derniers siècles, la Terre compterait aujourd'hui plus de deux quintillions d'habitants, une estimation qu'il jugeait "raisonnable". Cette affirmation, largement applaudie par ses pairs, fut reprise six mois plus tard lors d'un débat avec Charles Taze Russell, mais avec des chiffres révisés à la baisse, passant de 2,333 quintillions à 98 098 billions d'individus[551].

L'auteur souligne l'absurdité de ces calculs en les confrontant aux données démographiques réelles. Selon les recensements de l'époque, la population mondiale s'élevait à environ 1,6 milliard d'habitants, un chiffre bien éloigné des projections d'Eaton. Pour illustrer l'erreur, il démontre que, selon la méthode de calcul du révérend (un doublement de la population chaque siècle), la population du dernier siècle aurait dû représenter la moitié du total cumulé de l'humanité, ce qui est manifestement faux. Par exemple, les chiffres d'Eaton impliqueraient une densité de population invraisemblable, avec des individus empilés sur une hauteur de près de quatre miles[552].

Au-delà de l'erreur mathématique, l'auteur critique la tendance des théologiens modernes à rejeter les enseignements bibliques au profit de spéculations humaines. Il cite 1 Corinthiens 1:19-20 pour rappeler que la sagesse divine peut paraître folie aux yeux du monde, mais qu'elle reste supérieure à la raison humaine lorsqu'elle n'est pas guidée par la révélation. Eaton et ses partisans sont présentés comme des exemples de cette mécompréhension, leur rejet du millénarisme biblique étant attribué à un manque de foi dans les Écritures et dans la doctrine de la rançon, centrale pour les Étudiants de la Bible[553].

Pour contrer ces objections, l'auteur propose une estimation plus réaliste du nombre total d'êtres humains ayant vécu sur Terre. En s'appuyant sur des données historiques et bibliques, il évalue ce nombre à environ 28,4 milliards d'individus, un chiffre qu'il considère comme généreux, voire probablement surestimé. Cette estimation repose sur plusieurs hypothèses : - Avant le Déluge, la longévité des patriarches et le développement lent des générations successives limitent la population à environ un million d'individus, bien que l'auteur suggère que le chiffre réel pourrait être bien inférieur. - Après le Déluge, la population repart avec huit personnes (Noé et sa famille) et croît plus rapidement, bien que toujours à un rythme inférieur aux projections modernes[554].

Cette démonstration vise à rétablir la crédibilité des enseignements bibliques sur le millénium, en montrant que les objections fondées sur des calculs erronés ou des préjugés théologiques ne résistent pas à une analyse rigoureuse.

Une critique des espoirs millénaristes examinée

Ce chapitre poursuit l'examen des objections soulevées contre la doctrine millénariste, en particulier celles formulées par des critiques contemporains de Charles Taze Russell, comme le révérend E.L. Eaton[555]. L'auteur s'attache à démontrer l'incohérence des arguments opposés à l'idée d'un règne millénaire du Christ, en s'appuyant sur des calculs démographiques et des références bibliques.

L'argument central repose sur une estimation de la population mondiale depuis le Déluge jusqu'à l'époque contemporaine. Russell propose une méthode de calcul libérale, multipliant par deux les chiffres réels pour éviter toute sous-évaluation, et arrive à un total de 28 441 126 858 individus ayant vécu sur Terre depuis la création[556]. Cette estimation, bien que présentée comme généreuse, est utilisée pour réfuter les critiques qui jugent impossible la résurrection de tous les morts, en soulignant que la Terre, sous les conditions millénaristes promises (où « le désert deviendra comme un jardin d'Éden »), pourrait aisément accueillir et nourrir cette population[557].

Un tableau comparatif est présenté pour illustrer la libéralité de ces estimations face à d'autres calculs démographiques du XIXe siècle, comme ceux de Volney (437 millions en 1804) ou de Malte-Brun (640 millions en 1810)[558]. Russell souligne que ses propres chiffres restent bien supérieurs à ces estimations, tout en restant plausibles dans le cadre des promesses bibliques.

L'auteur aborde également la question de la croissance démographique future, en réponse aux critiques qui estiment que le retour du Christ ne pourrait survenir avant des dizaines de milliers d'années. En extrapolant le taux de croissance actuel (8 % par décennie), Russell démontre que, sans l'instauration du Millénium, la Terre deviendrait invivable en quelques siècles seulement, avec une densité de population atteignant des niveaux absurdes (plus de 10 000 personnes par pied carré de surface habitable)[559]. Cette démonstration vise à montrer que le Millénium n'est pas seulement une promesse biblique, mais une nécessité pratique pour éviter une catastrophe démographique.

Enfin, Russell revient sur l'exemple d'Israël pour illustrer les miracles divins en matière de croissance démographique. Il souligne que la multiplication des Israélites, passant de 70 personnes (la famille de Jacob) à 2 millions en 198 ans, ne peut s'expliquer que par une intervention divine[560]. Cette croissance miraculeuse est présentée comme une preuve supplémentaire de la capacité de Dieu à accomplir ses promesses, y compris celle de la résurrection universelle.

Les anti-millénaristes confondus

Cette section vise à ridiculiser les opposants à la doctrine millénariste, en particulier ceux qui, comme le révérend Eaton, estiment que le retour du Christ ne surviendra pas avant 50 000 ans. Russell utilise des calculs démographiques pour démontrer l'absurdité de cette position, en montrant que, sans l'instauration du Millénium, la Terre deviendrait rapidement invivable en raison d'une surpopulation exponentielle.

L'auteur commence par souligner l'inconséquence des critiques qui rejettent les promesses bibliques tout en se basant sur des hypothèses purement humaines. Il rappelle que les opposants au Millénium ignorent délibérément les prophéties selon lesquelles « le désert fleurira comme une rose » et que les terres incultes deviendront fertiles[561]. En excluant ces promesses de leurs calculs, ils sous-estiment volontairement les ressources disponibles pour l'humanité.

Russell procède ensuite à une démonstration mathématique implacable. En partant d'une population mondiale de 1,6 milliard d'individus en 1900 et en appliquant un taux de croissance de 8 % par décennie (soit 115 % par siècle), il calcule que, après seulement 3 000 ans, la population atteindrait des niveaux catastrophiques : plus de 76 milliards de milliards d'individus[562]. Même en ne considérant que les terres habitables (25 millions de miles carrés), la densité de population deviendrait insoutenable, avec des individus empilés les uns sur les autres sur des milliers de niveaux.

L'auteur souligne que ces calculs ne prennent pas en compte les décès, qui ne suffiraient pas à équilibrer une telle croissance. Il en conclut que, sans l'intervention divine promise par le Millénium, l'humanité serait condamnée à une crise sans précédent, tant pour l'espace que pour les ressources alimentaires. Cette démonstration vise à montrer que le Millénium n'est pas seulement une espérance spirituelle, mais une nécessité pratique pour éviter l'effondrement de la civilisation.

Russell termine en invitant les opposants au Millénium à reconsidérer leur position, en les exhortant à prier pour que Dieu établisse son Royaume sans tarder. Il rappelle que les faits démographiques, passés et futurs, s'accordent parfaitement avec les prophéties bibliques, et que le retour du Christ est imminent[563].

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Illustrations du numéro


Références

  1. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 5.
  2. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 7-9.
  3. Wikipedia, « Studies in the Scriptures », https://en.wikipedia.org/wiki/Studies_in_the_Scriptures, consulté en 2024.
  4. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 197.
  5. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 182.
  6. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 207.
  7. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 211.
  8. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 246.
  9. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  10. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  11. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 66.
  12. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 66-68.
  13. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 69.
  14. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 12.
  15. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 66-67.
  16. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 68.
  17. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 189-190.
  18. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 200.
  19. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 201-202.
  20. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 149-150.
  21. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 153-154.
  22. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 156.
  23. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 393-395.
  24. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 382-384.
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  328. Ibid., p. 229.
  329. Ibid.
  330. Ibid., p. 229.
  331. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 230-231.
  332. Ibid., p. 230.
  333. Ibid., p. 232-233.
  334. Ibid., p. 232.
  335. Ibid., p. 234-235.
  336. Ibid., p. 236-237.
  337. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 243.
  338. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 243.
  339. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 244.
  340. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 244.
  341. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 245.
  342. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 246.
  343. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 246.
  344. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 247.
  345. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 248.
  346. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 250.
  347. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 251.
  348. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 252.
  349. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 253.
  350. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  351. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 256.
  352. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 256.
  353. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 253.
  354. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 254.
  355. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 254.
  356. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 254.
  357. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  358. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  359. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 255.
  360. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 256.
  361. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 257.
  362. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 258.
  363. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 262.
  364. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 263.
  365. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 260.
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  367. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 263.
  368. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 265.
  369. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 266.
  370. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 263.
  371. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 273.
  372. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 274.
  373. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 275.
  374. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 273.
  375. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 276-277.
  376. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 278.
  377. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 279-280.
  378. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 281.
  379. Ibid., p. 281.
  380. Ibid., p. 281.
  381. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 282.
  382. Ibid., p. 283.
  383. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 283.
  384. Ibid., p. 284.
  385. Ibid., p. 284.
  386. Ibid., p. 285.
  387. Ibid., p. 285.
  388. Ibid., p. 286.
  389. Ibid., p. 286.
  390. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 287.
  391. Ibid., p. 287.
  392. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 288.
  393. Ibid., p. 289.
  394. Ibid., p. 289.
  395. Ibid., p. 290.
  396. Ibid., p. 290.
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  398. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 291.
  399. Ibid., p. 293.
  400. Ibid., p. 293.
  401. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 293.
  402. Ibid., p. 294.
  403. Ibid., p. 294.
  404. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 295.
  405. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 295.
  406. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 295.
  407. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 296.
  408. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 296.
  409. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 296.
  410. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 297.
  411. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 297.
  412. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 297.
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  455. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 335.
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  458. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 337.
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  460. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 337.
  461. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 338.
  462. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 338.
  463. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 338.
  464. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 339.
  465. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 340.
  466. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 344.
  467. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 344.
  468. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 341.
  469. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 341.
  470. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 342.
  471. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 342.
  472. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 342.
  473. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 343.
  474. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 343.
  475. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 343.
  476. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 343.
  477. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 344.
  478. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 345.
  479. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 346.
  480. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 347.
  481. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 348.
  482. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 350.
  483. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 351.
  484. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 352.
  485. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 354.
  486. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 355.
  487. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 357.
  488. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 358.
  489. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 359.
  490. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 360.
  491. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 361.
  492. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 361.
  493. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 362.
  494. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 363.
  495. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 364.
  496. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 365.
  497. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 368.
  498. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 366.
  499. Psaumes 24:3-4.
  500. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 370.
  501. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 370.
  502. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 371.
  503. Psaumes 2:9.
  504. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 371.
  505. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 372.
  506. 1 Corinthiens 15:24.
  507. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 373.
  508. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 374.
  509. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 375.
  510. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 376.
  511. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 378.
  512. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 380.
  513. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 380.
  514. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 380.
  515. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 381.
  516. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 381.
  517. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 382.
  518. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 382.
  519. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 382.
  520. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 383.
  521. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 383.
  522. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 384.
  523. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 385.
  524. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 387.
  525. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 387.
  526. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 389.
  527. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 389.
  528. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 390.
  529. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 390.
  530. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 391.
  531. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 391.
  532. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 392.
  533. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 392.
  534. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 393.
  535. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 393.
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  556. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 433.
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  558. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 436.
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  560. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 442.
  561. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 439.
  562. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 439.
  563. Le Plan Divin des Âges (1886), p. 441.
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