The Golden Age du 27 mai 1931
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| The Golden Age du 27 mai 1931 | |
|---|---|
| Revue | L'Âge d'Or |
| Date | 1931 |
| Année | 1931 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro de L'Âge d'Or place au centre de son propos la question de l'esclavage, envisagé non comme une réalité révolue mais comme une pratique persistante à l'échelle mondiale. Le dossier principal, qui occupe la majeure partie du numéro, documente des formes de servitude contemporaines sur plusieurs continents — Chine, Afrique orientale, Liberia, Amérique du Nord et du Sud — en les replaçant dans une longue continuité historique allant de l'Antiquité biblique jusqu'aux années 1930.
La publication s'appuie sur des chiffres, des témoignages et des cas judiciaires pour dénoncer des systèmes d'exploitation que les structures politiques et économiques de l'époque perpétuent ou tolèrent, notamment le peonage agricole du Sud américain et les réseaux de traite active à Buenos Aires. Ce traitement de l'esclavage coexiste dans le numéro avec des articles de nature plus diverse, portant sur la logistique ferroviaire des wagons Pullman et sur les déséquilibres monétaires aux États-Unis.
Contenu
Esclavage en 1931 et auparavant
Ce long article examine la persistance de l'esclavage dans le monde en 1931, en s'appuyant sur des exemples historiques et contemporains. La publication affirme que l'esclavage était une pratique courante dans l'Antiquité, notamment chez les Hébreux, les Égyptiens et les Arabes, avec des références bibliques comme celle d'Abraham possédant des esclaves (Genèse 17:27). Elle souligne que, malgré des lois comme le jubilé hébraïque libérant les esclaves tous les cinquante ans, l'esclavage a persisté sous diverses formes jusqu'au XXe siècle[1].
L'article dénonce particulièrement la situation en Chine, où des millions d'enfants, appelés *Mui Tsai*, sont vendus comme esclaves domestiques ou pour la prostitution. Les conditions de vie de ces enfants sont décrites comme extrêmement cruelles, avec des pratiques de torture et de mutilation. La publication cite des témoignages de missionnaires et des rapports sur le trafic d'enfants vers des marchés comme Hong Kong ou Shanghai[2].
En Afrique, l'Abyssinie (Éthiopie) est présentée comme le pire foyer d'esclavage, avec deux millions de personnes réduites en servitude. Le roi Ras Tafari est critiqué pour son incapacité à éradiquer cette pratique, malgré ses proclamations. L'article décrit des caravanes d'esclaves traversant le désert, avec des morts fréquentes en cours de route. Il mentionne également le rôle des Arabes dans ce trafic, justifié par des préceptes religieux comme ceux du Coran[3].
La publication aborde aussi la situation en Afrique de l'Ouest, notamment au Liberia, où un système de "pawnage" (mise en gage d'êtres humains) a transformé près de 400 000 personnes en esclaves de fait. Elle critique l'hypocrisie des États-Unis, qui ont exercé des pressions sur le gouvernement libérien pour mettre fin à ces pratiques, tout en soulignant que des entreprises américaines, comme les plantations Firestone, exploitent cette main-d'œuvre[4].
Enfin, l'article évoque brièvement l'esclavage en Europe, rappelant que la Grèce et Rome antiques reposaient sur cette institution. Il mentionne des cas isolés de servitude moderne, comme celui d'un jeune Anglais réduit en quasi-esclavage en 1929, et souligne que le terme "esclave" dérive du mot *Slav*, en référence aux populations slaves réduites en servitude au Moyen Âge[5].
L'esclavage dans l'histoire et en Amérique du Nord
Ce long article retrace l’histoire de l’esclavage à travers différentes époques et régions, en insistant sur ses formes modernes et passées. La publication décrit d’abord les pratiques esclavagistes en Circassie, où les jeunes filles étaient vendues aux riches Turcs, souvent avec l’approbation de leurs familles. Les mères circassiennes encourageaient leurs filles à se préparer pour être achetées par un pacha, et certaines familles aristocratiques posaient comme condition de n’être vendues qu’à un Turc dont le statut et l’apparence leur plaisaient. Lorsque la Russie mit fin à ce commerce, de nombreuses jeunes filles préférèrent se suicider ou se jeter à la mer plutôt que de renoncer à leur destin dans les harems turcs. L’article souligne que ces femmes savaient qu’elles ne pourraient jamais retourner dans leur famille, même pour une visite, une fois vendues[6].
L’esclavage dans les couvents est présenté comme une forme similaire, bien que volontaire au départ. Les jeunes filles qui entraient dans ces institutions se retrouvaient rapidement enfermées, sans possibilité de retour en arrière, et soumises à une surveillance constante lorsqu’elles communiquaient avec l’extérieur[7].
La section aborde ensuite l’esclavage en Amérique du Nord, en commençant par les pratiques des Espagnols, qui réduisirent les populations indigènes en esclavage dès leur arrivée dans le Nouveau Monde pour les faire travailler dans les mines. Face à la mortalité massive des Amérindiens, le clergé espagnol proposa d’importer des esclaves africains, donnant naissance à un commerce triangulaire impliquant les nations européennes. Les premiers esclaves africains, au nombre de vingt, furent vendus sur le continent nord-américain à Jamestown, en Virginie, en 1619, par un navire de guerre hollandais en échange de provisions. Le gouvernement colonial les acheta puis les revendit à des colons. L’article mentionne également l’exil forcé de 50 000 condamnés britanniques vers les colonies américaines, où ils étaient souvent traités comme des esclaves. Ces serviteurs sous contrat devaient travailler pour rembourser leur passage, et beaucoup, comme John Harrower, s’engageaient pour plusieurs années en échange de conditions précaires. Les fugitifs étaient poursuivis, arrêtés, fouettés et marqués au fer rouge[8].
La publication évoque la contradiction entre les idéaux de liberté proclamés par la Déclaration d’Indépendance et la réalité de l’esclavage aux États-Unis, où environ un sixième de la population était alors réduite en servitude. Les ports de Newport et Bristol, dans le Rhode Island, étaient des centres majeurs de la traite négrière, financée en partie par des capitaux bostoniens. L’article décrit des cas extrêmes de cruauté, comme celui d’un esclave noir condamné en 1780 à mourir dans une cage, exposé aux éléments et aux insectes, après avoir tué un homme blanc. Ce prisonnier, découvert par Saint-John de Crèvecœur, était encore vivant malgré la destruction de ses yeux[9].
La condition des esclaves variait considérablement selon les maîtres, certains étant traités avec une relative bienveillance, tandis que d’autres subissaient des sévices atroces. L’article souligne que, malgré l’abolition progressive de l’esclavage dans les États du Nord entre 1777 et 1800, son maintien dans le Sud était justifié par des arguments économiques, notamment après l’invention de l’égreneuse à coton, qui rendit cette culture extrêmement rentable. En 1860, un sixième des esclaves avaient été affranchis, et certains jouissaient de droits civiques complets, mais la majorité restait soumise à un système exploiteur. L’article mentionne également que trois quarts des Blancs du Sud ne possédaient aucun esclave, mais défendaient néanmoins cette institution[10].
La publication décrit les variations de prix des esclaves, passant de 30 dollars au début du XVIIIe siècle à 1 500 dollars pour un travailleur qualifié en 1860. Après l’émancipation, les prix s’effondrèrent, et des cas extrêmes, comme la vente d’une fillette de huit ans pour un dollar ou d’une femme pour quinze dollars, furent rapportés. L’article conclut en dénonçant l’exploitation économique des Noirs après la guerre de Sécession, soulignant que leur travail non rémunéré pendant deux siècles fut "payé" par le sang versé lors du conflit de 1861-1865. Beaucoup d’anciens esclaves, incapables de s’adapter à leur nouvelle condition, retournèrent auprès de leurs anciens maîtres pour y vivre dans des conditions précaires. La publication mentionne également les réunions annuelles des anciens esclaves en Alabama, où maîtres et esclaves se retrouvent dans une forme de célébration nostalgique[11].
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Autres formes d'esclavage en Amérique du Nord
Cette section poursuit la dénonciation des formes modernes d’esclavage aux États-Unis. La publication évoque d’abord la location de condamnés à des propriétaires de mines de charbon en Alabama, une pratique jugée particulièrement odieuse et qui ne prit fin qu’en 1928, après le meurtre brutal d’un détenu. En 1929, un réseau de traite des Blanches fut démantelé dans plusieurs États du Nord-Est, impliquant des meurtres et des transferts forcés de jeunes femmes entre les villes, comme des marchandises. Cinquante assassinats furent attribués à ce réseau[12].
L’article aborde également le système de peonage, encore en vigueur dans certaines régions du Sud, où des métayers noirs sont maintenus dans un cycle de dettes perpétuelles. Les propriétaires terriens s’entendent pour ne pas embaucher les métayers endettés, les condamnant ainsi à une forme d’esclavage économique. La publication décrit le mécanisme de cette exploitation : le métayer reçoit un crédit annuel de 200 dollars, dont 50 dollars sont immédiatement prélevés pour l’achat d’engrais et 40 dollars pour la nourriture du bétail utilisé dans les cultures. Sur les 100 dollars restants, 10 dollars sont consacrés au paiement des intérêts, et le solde est versé au métayer à raison de 15 dollars par mois pendant six mois. Le propriétaire vend ensuite la récolte et ne reverse presque rien au métayer, le maintenant dans un état de dépendance totale[13].
La section se termine par une évocation de l’esclavage en Amérique du Sud, notamment dans les plantations de caoutchouc du Putumayo, au Pérou, où des populations indigènes étaient soumises à des tortures et à des exécutions sommaires. Une région fut surnommée le "Paradis des Diables" en raison des atrocités commises. L’article mentionne également l’existence d’un trafic d’esclaves dans les régions reculées de l’Équateur, du Pérou et de la Bolivie, où des tribus attaquaient des villages pour capturer des femmes et les vendre à des propriétaires terriens. Ce commerce était même encouragé par les Blancs, qui offraient des récompenses pour les travailleurs ainsi capturés[14].
Enfin, la publication révèle l’existence d’un réseau de traite des Blanches à Buenos Aires, dirigé par la société Zwi Migdal. Officiellement enregistrée comme une société d’entraide, cette organisation était en réalité une machine criminelle spécialisée dans l’importation et l’exploitation de jeunes femmes juives polonaises, achetées et vendues comme esclaves blanches. Le juge chargé de l’enquête découvrit que les 424 membres de cette société étaient tous impliqués dans ce trafic, qui dura quarante ans[15].
L’article conclut en soulignant que peu de lecteurs, même après avoir pris connaissance de ces faits, peuvent imaginer l’ampleur des conditions horribles qui persistent encore aujourd’hui dans le monde, et les souffrances infligées à des millions de personnes innocentes. La publication exprime l’espoir qu’un jour, tous ces prisonniers seront libérés dans le sens le plus complet du terme[16].
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Faits sur les wagons Pullman
Cet article met en lumière les conditions de vie et les innovations techniques des wagons-lits Pullman, présentés comme des "hôtels roulants". La publication souligne l’ampleur du service offert par la Pullman Company, qui fournit chaque nuit des lits à 60 000 personnes, soit environ un cinquième de la population américaine sur une année. Les wagons Pullman sont comparés à des oiseaux migrateurs, se déplaçant vers le nord en été et vers le sud en hiver, avec des variations importantes selon les lignes ferroviaires. Par exemple, une compagnie ferroviaire utilisait en moyenne 24 wagons en octobre pour desservir la Floride, mais en nécessitait 105 en février. Une autre compagnie utilisait 96 wagons en août et 227 en mars, tandis qu’une ligne de Nouvelle-Angleterre se contentait de 46 wagons en mars, mais en utilisait 104 en août[17].
L’article décrit les évolutions techniques des wagons Pullman, passant des premières voitures éclairées par des bougies à des modèles modernes équipés de systèmes électriques complexes. Les wagons actuels contiennent plus d’un kilomètre et demi de câbles électriques, ainsi qu’un réseau de tuyaux pour le chauffage, l’eau et l’air conditionné. L’isolation thermique est assurée par plus de 6 000 pieds carrés de couvertures isolantes, composées de feutre traité et d’amiante, pour maintenir une température agréable en toutes saisons. La publication mentionne également des détails historiques, comme la présence d’orgues et de livres de cantiques dans certains wagons anciens, ou la pratique consistant à faire partager le même lit à deux inconnus, chacun ayant acheté la moitié de la couchette[18].
La Pullman Company est présentée comme une entreprise logistique impressionnante, gérant un stock de plus de dix millions de pièces de linge (serviettes, draps, taies d’oreiller, couvertures, etc.) pour équiper ses 9 700 wagons. La publication cite des chiffres spectaculaires : si tout le linge utilisé en une année était étendu en diagonale à travers les États-Unis, il formerait vingt lignes continues de Key West à Nome, en Alaska. L’article souligne également la sécurité des voyages en Pullman, avec seulement huit décès enregistrés en 1929, dont aucun ne résultait d’un accident ferroviaire classique. En comparaison, les accidents de la route, les chutes et les noyades ont causé des dizaines de milliers de morts la même année. La publication affirme que les wagons-lits américains offrent un niveau de sécurité exceptionnel, avec seulement 114 décès de passagers ferroviaires en 1929, dont seulement huit dans des wagons Pullman[19].
Enfin, la publication compare les tarifs des wagons-lits américains à ceux des services européens, affirmant que les prix américains sont inférieurs à ceux des première et deuxième classes en Europe. Elle décrit les différences d’aménagement entre les wagons européens, où les compartiments peuvent être partagés par plusieurs passagers, parfois de sexes opposés, et où les conditions d’hygiène et de confort varient considérablement. Par exemple, certains wagons européens proposent des compartiments de six places pour deux ou trois passagers la nuit, ou des lits superposés séparés uniquement par un accoudoir. La publication note que, dans certains cas, une femme peut se voir attribuer une couchette dans un compartiment occupé par un homme, et vice versa, si les deux parties y consentent[20].
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Brèves et anecdotes
Cette rubrique regroupe plusieurs brèves et anecdotes sur des sujets variés, reflétant les préoccupations sociales et économiques de l’époque.
La publication cite le Farmers Union Herald de Saint Paul, qui dénonce le système des "fermes en chaîne", où douze ouvriers agricoles, payés quatre dollars par jour, remplacent cinquante-trois agriculteurs indépendants. L’article s’interroge sur le sort des quarante-et-un hommes ainsi déplacés et de leurs familles, soulignant les conséquences sociales de la mécanisation et de la concentration des terres[21].
La publication calcule que la part moyenne de chaque Américain dans la richesse nationale s’élève à 2 877 dollars en 1929. Elle note que dans certains États comme l’Idaho, l’Iowa ou le Nevada, cette moyenne dépasse 4 000 dollars, voire 6 000 dollars, soulignant ainsi les inégalités régionales[22].
L’article dénonce l’augmentation des revenus de la New York Telephone Company, qui a collecté 14 millions de dollars de plus en 1930, année de crise économique, qu’en 1929, année de prospérité. La publication ironise sur la "générosité" et le "patriotisme" des grands patrons, suggérant une exploitation des consommateurs[23].
La publication rapporte la fermeture d’un laminoir à Donora, en Pennsylvanie, où 99 % des ouvriers ont perdu leur emploi. L’usine, qui employait autrefois 600 hommes, n’en nécessite plus que six pour effectuer le même travail grâce à la mécanisation. L’article souligne que les machines, contrairement aux humains, ne font pas grève et ne réclament pas d’augmentations de salaire[24].
La ville de Détroit relance ses "jardins de guerre", cette fois pour lutter contre la faim des pauvres plutôt que contre l’Allemagne. Cinq mille jardins, chacun mesurant 40 par 100 pieds, seront cultivés, et les parcelles seront préparées à l’avance avec des semences fournies si nécessaire. Les fonds pour cette initiative proviennent des employés municipaux[25].
La publication rappelle qu’il y a cent ans, en 1831, la Bank of America a acheté un terrain de 50 par 100 pieds à l’angle de Wall Street et de William Street, à New York, pour 70 000 dollars. Aujourd’hui, la valeur du terrain seul est estimée à plus de six millions de dollars, illustrant la spéculation immobilière[26].
Un pasteur de Cleveland, le Dr. Miles H. Krumbine, aurait déclaré publiquement que « aucun prédicateur ne pourrait conserver son emploi pendant cinq semaines s’il exprimait les convictions qui sont au fond de son cœur »« les convictions qui sont ». La publication y voit un signe de l’imminence du Millénium, où les vérités spirituelles seront enfin révélées[27].
La publication relate des expériences menées par le Dr. Elmer V. McCollum, de l’université Johns Hopkins, montrant que des rats privés de manganèse cessent de se reproduire et perdent tout intérêt pour leurs petits. L’ajout de traces infimes de manganèse dans leur alimentation rétablit un comportement normal. L’article en déduit l’importance d’une alimentation variée pour la santé et les comportements maternels[28].
La publication note qu’une fortune de 256 000 dollars, considérée comme modeste aux États-Unis, est perçue comme une grande richesse en Allemagne, où elle équivaut à un million de marks. L’article mentionne que la présence de 2 465 millionnaires en Allemagne suscite des inquiétudes, tout en soulignant que le pays compte 9 000 travailleurs supplémentaires par rapport à l’avant-guerre, grâce à l’emploi accru des femmes[29].
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Nouvelles brèves et réflexions
Cette section poursuit la série de brèves et de réflexions sur des sujets d’actualité et de société.
Roy W. Howard, président des journaux Scripps-Howard, affirme que la crise du chômage ne pourra être résolue que par une réduction du temps de travail et une meilleure répartition des richesses parmi les travailleurs. À défaut, il prédit l’avènement de régimes autoritaires, comme ceux de Lénine ou Mussolini, avec peu de choix entre les deux[30].
La publication rapporte que la consommation de tabac pour la fabrication de cigarettes a plus que doublé entre 1913 et 1929, passant de 146 millions à 346 millions de livres. L’augmentation quotidienne équivaut à plus de dix-sept tonnes par jour, et l’article dénonce les dommages considérables causés par cette habitude[31].
Sir Hubert Wilkins aurait déclaré que si toute la glace de l’Antarctique fondait en un jour, le niveau des mers s’élèverait de trente pieds dans le monde entier. De plus, si toute la glace dérivante était rassemblée en un seul endroit, elle formerait une colonne atteignant presque la Lune[32].
Le major H.G. Lyons, de la Royal Geographical Society, affirme qu’au rythme actuel de chasse, il ne restera plus d’éléphants, de rhinocéros ou d’hippopotames en Afrique d’ici cinquante ans. La publication mentionne également l’interdiction récente de chasser les lions depuis des avions[33].
L’article évoque les découvertes archéologiques confirmant la destruction biblique de Jéricho, comme relatée dans le livre de Josué. Des réserves de grains et d’autres provisions, brûlées jusqu’à devenir des cendres, ont été retrouvées sur un versant de la ville, corroborant le récit biblique[34].
La publication relate l’histoire d’un pasteur de Norwalk, dans le Connecticut, qui, incapable de vivre de son ministère en raison de la crise économique, a trouvé un emploi à la décharge municipale. Il a finalement abandonné la prédication pour se consacrer au tri des déchets, un métier jugé plus honorable que de « durcir les cœurs des gens contre Dieu »« durcir les cœurs » en le dépeignant de manière mensongère[35].
L’article annonce l’ouverture du premier chemin de fer traversant l’Afrique, reliant l’Afrique orientale portugaise à la colonie portugaise de Lobito Bay, sur la côte ouest. Ce projet, en construction depuis vingt-huit ans, offre désormais un débouché pour les mines de cuivre de la Rhodésie du Nord[36].
À partir de juin 1931, des avions géants, capables de transporter trente-huit passagers et plus d’une tonne de courrier et de fret, seront mis en service sur la ligne Le Cap-Le Caire. Ces appareils, identiques à ceux utilisés entre Londres et Calcutta, effectueront le trajet de 8 040 miles en onze jours[37].
La publication rapporte que la crise économique est encore plus sévère au Canada qu’aux États-Unis. Dans certaines régions, le beurre se vend à dix cents la livre et les œufs à quinze cents la douzaine, mais les agriculteurs ne peuvent même pas se permettre d’acheter ces produits pour leur propre consommation. Des familles vivent dans des cabanes de fortune, se nourrissant de soupes à base de chardons canadiens[38].
L’article note qu’en 1920, 333 personnes aux États-Unis déclaraient un revenu annuel d’un million de dollars ou plus. En 1929, ce nombre était passé à 504, soit quinze fois plus, et leur revenu total avait atteint 1,18 milliard de dollars par an. La publication souligne ainsi l’accroissement des inégalités économiques[39].
Enseigner aux enfants à se détendre
La rubrique évoque une méthode pédagogique expérimentée par une institutrice de maternelle à Seattle, qui introduit une pause de dix minutes de relaxation pour les jeunes enfants. Ceux-ci s’allongent sur des tapis de papier, dans une posture précise (tête tournée à gauche, jambe droite tendue, jambe gauche légèrement pliée, bras relâchés). L’article souligne que cette pratique permet de réduire les tensions nerveuses et que les enfants finissent par l’apprécier. Aucune dimension doctrinale n’est mentionnée, mais l’approche est présentée comme bénéfique pour le bien-être physique et mental des enfants[40].
La « City of Truro » dans un musée
Cet article relate l’histoire de la locomotive *City of Truro*, qui établit en 1904 un record de vitesse ferroviaire en atteignant 102,8 miles par heure (environ 165 km/h) sur la ligne Great Western entre Londres et Plymouth. Après avoir été rénovée, la locomotive est exposée au *York Railway Museum*. L’article mentionne également d’autres records de vitesse ferroviaire, dont un trajet à 120 miles par heure (environ 193 km/h) près de Jacksonville, en Floride. Le ton est factuel et centré sur des anecdotes techniques[41].
31 heures pour traverser le continent
La publication annonce l’inauguration d’un service aérien de jour et de nuit entre New York et San Francisco, permettant de relier les deux villes en 31 heures (28 heures pour le trajet retour). Les passagers survolent les États de l’Iowa, du Nebraska et du Wyoming pendant la nuit, tandis que le reste du voyage s’effectue de jour. Ce service, opéré par *National Air Transport*, est présenté comme une avancée majeure pour le transport de passagers et du courrier[42].
Service passager vers la côte est de l’Amérique du Sud
La rubrique décrit l’extension du réseau aérien de *Pan-American Airways*, qui dessert désormais la côte est de l’Amérique du Sud depuis Miami. L’itinéraire inclut des escales à Trinidad, Georgetown, Paramaribo, Cayenne, Pará et Rio de Janeiro, avec un terminus à Santos, au Brésil. Le réseau total de la compagnie couvre alors 22 000 miles, reliant les Antilles, l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale et le Mexique. L’article souligne l’importance de cette expansion pour les échanges commerciaux et touristiques[43].
Columbus, une ville planifiée
Columbus, capitale de l’Ohio, est présentée comme l’une des rares villes américaines conçues selon un plan préétabli. Son emplacement central dans l’État en a fait un choix stratégique avant même sa construction. Avec une population de 335 000 habitants, la ville est décrite comme un carrefour accessible depuis la plupart des régions des États-Unis. L’article met en avant son développement organisé, contrastant avec la croissance souvent anarchique d’autres villes américaines[44].
Il avait la bonne idée
L’article rapporte les propos de Louis F. Martin, un prêtre épiscopalien de Kankakee (Illinois), qui critique vivement le christianisme organisé lors d’une réunion de clercs à Chicago. Selon lui, les Églises se sont compromises avec le monde moderne et se concentrent davantage sur la construction d’institutions que sur la recherche de Dieu. Il propose de brûler tous les registres paroissiaux pour repartir de zéro. La publication suggère que Martin a été influencé par les écrits de Joseph Franklin Rutherford, bien qu’il soit « dans le mauvais métier »[45].
L’acte de Dieu de M. Edgerton
L’article critique les déclarations de William B. Edgerton, président de la *National Manufacturers’ Association*, qui attribue la crise économique à un « acte de Dieu ». La publication ironise sur cette explication, soulignant que les trusts téléphoniques et énergétiques, eux, continuent de prospérer. Elle demande avec sarcasme qui est responsable de ces exceptions à la règle divine, tout en affirmant que la réponse est évidente sans qu’Edgerton ait besoin de la fournir[46].
La confession de Billy Sunday
L’article revient sur les déclarations de l’évangéliste Billy Sunday, qui se vante d’être le principal responsable de l’adoption du *Volstead Act* (loi sur la prohibition de l’alcool). La publication suggère que cette confession explique en partie la vague de criminalité qui a suivi l’entrée en vigueur de la loi. Elle appelle également Aimee Semple McPherson, une autre figure religieuse influente, à faire de même pour « avancer dans la compréhension des choses »[47].
Le barrage magnifique de Seattle
L’article décrit le barrage de *Diablo*, récemment achevé par la municipalité de Seattle, qui culmine à 389 pieds (environ 119 mètres) et est présenté comme le plus haut barrage voûté du monde. En aval se trouve la centrale électrique de *Gorge*, également propriété de la ville. Un autre barrage, *Ruby*, est en projet et devrait atteindre 620 pieds (environ 189 mètres), créant un réservoir s’étendant sur 34 miles. Bien que ce dernier ne dépasse pas encore le barrage Hoover en construction sur le Colorado, il sera le plus haut barrage jamais construit à son achèvement[48].
Les profits tirés des blessures des travailleurs
La publication dénonce les pratiques des compagnies d’assurance privées en Caroline du Nord, qui ont perçu 2 199 962 dollars de primes pour les accidents du travail en 1930, mais n’ont reversé que 1 792 602 dollars aux travailleurs blessés. Cet écart de plus d’un million de dollars pousse les autorités locales à envisager de suivre l’exemple de l’Ohio en instaurant un monopole d’État pour l’assurance contre les accidents du travail. L’article souligne l’injustice de ce système, où les profits des assureurs sont prioritaires sur l’indemnisation des victimes[49].
Le carillon électrique
L’article annonce la fin des carillons traditionnels, remplacés par un système électrique innovant. Des petits marteaux actionnés par l’électricité frappent des cloches similaires à celles des horloges, et le son est amplifié pour être audible à plusieurs miles. Ce dispositif permet de créer des mélodies et des effets sonores inédits, ouvrant la voie à une « nouvelle musique ». La publication y voit une évolution technologique majeure pour les instruments de musique[50].
Le Venezuela toujours submergé par le pétrole
L’article décrit la dictature pétrolière qui sévit au Venezuela depuis trente ans sous le régime de Juan Vicente Gómez. Les opposants au dictateur sont emprisonnés sans procès, chargés de chaînes pesant jusqu’à 100 livres (environ 45 kg), et meurent souvent de gangrène ou d’épuisement. Selon un article du *San Juan Times* (Porto Rico), 9 000 personnes attendraient ainsi la mort en prison, tandis que 100 000 autres auraient fui le pays pour échapper à ce sort. La publication dénonce cette répression brutale et les conditions inhumaines imposées aux détenus[51].
Seuls quelques-uns le savent
La publication commente une interview d’Henry Ford, qui affirme que « ce sont vraiment de bons temps, mais seuls quelques-uns le savent ». Elle ironise sur cette déclaration, soulignant que seuls les membres des trusts téléphoniques, énergétiques et autres grands groupes capitalistes en profitent, tandis que des milliers de mineurs du charbon n’ont travaillé que 56 jours dans l’année. L’article critique ainsi l’écart croissant entre les élites économiques et les travailleurs précaires[52].
La folie économique mondiale
Le *Manchester and Salford Trade Council*, représentant 80 000 travailleurs, publie un manifeste dénonçant la « folie économique mondiale ». Selon ce texte, la surproduction et le sous-consommation sont liées : plus les travailleurs produisent, moins ils peuvent consommer, ce qui prolonge le chômage. Le manifeste cite M. Albert Thomas, du Bureau international du travail, selon lequel 100 millions de personnes souffrent du chômage dans le monde. La publication reprend ces arguments pour illustrer les contradictions du système capitaliste[53].
La démocratie recule de 100 ans
L’article rapporte un discours de Fred B. Smith, prononcé à Détroit en mars 1931, dans lequel il critique le slogan de la Première Guerre mondiale sur la démocratie. Selon lui, la guerre a en réalité fait reculer la démocratie de plus d’un siècle, notamment en Orient, où les populations sont confrontées à des missionnaires chrétiens armés d’une Bible et d’une épée. Smith remet en question l’hypocrisie des nations occidentales, qui prônent la démocratie tout en imposant leur domination par la force[54].
Les raisons des téléphones automatiques
La publication ironise sur les justifications avancées par les compagnies téléphoniques pour expliquer l’adoption des téléphones automatiques. Officiellement, ces installations ne viseraient pas à économiser de la main-d’œuvre, mais à améliorer l’efficacité, notamment en raison du mariage fréquent des opératrices ou de la diversité des langues parlées par les abonnés. L’article souligne le caractère fallacieux de ces arguments, suggérant que les véritables motivations sont économiques et visent à réduire les coûts[55].
Un chemin facile vers la santé
Sous la signature de Florence Bowers (Californie), ce témoignage relate les problèmes de santé d’un couple et de leur enfant, attribués à l’utilisation d’ustensiles en aluminium. Après avoir abandonné ces derniers pour des ustensiles en émail, l’auteure affirme que son mari a retrouvé la santé, que les taches brunes sur sa peau ont disparu et que son fils n’a plus souffert de troubles gastriques. Elle présente cette expérience comme une preuve irréfutable des dangers de l’aluminium pour la santé[56].
Seulement cinq dollars par habitant en circulation
Dans cette contribution signée W. H. Harvey (Arkansas), l’auteur conteste les chiffres officiels du département du Trésor américain, selon lesquels 37,30 dollars par habitant seraient en circulation aux États-Unis. Harvey explique que ces statistiques incluent l’argent déposé dans les banques, qui n’est pas réellement en circulation mais sert de base à des prêts dix fois supérieurs. Il cite une déclaration de la Chambre de commerce des États-Unis, selon laquelle seulement 5 % de la monnaie émise se trouve effectivement dans les poches des citoyens, soit environ 5 dollars par habitant. L’article dénonce un système financier qui encourage les banques à thésauriser l’argent et à endetter la population[57].
Un petit tremblement historique
L’article reproduit un extrait d’un journal daté du 16 mars 1918, dans lequel 400 pasteurs méthodistes épiscopaliens de Philadelphie appellent à la peine de mort pour les « propagandistes allemands » et les « traîtres américains ». La publication rappelle que ces termes visaient en réalité les étudiants de la Bible, presque les seuls à avoir été condamnés en vertu de l’*Espionage Act*. Elle souligne que ces pasteurs, bien informés des persécutions subies par les étudiants de la Bible, cherchaient à inciter le gouvernement américain à les assassiner. L’article conclut en affirmant que ces « chiens misérables » étaient des meurtriers en 1918 et le restent aujourd’hui[58].
Conditions de circulation aux États-Unis
Lord Cowdray, interviewé par le *London News Chronicle*, décrit les conditions de circulation aux États-Unis. Il souligne la rapidité de construction des routes, dotées de « bas-côtés » (*shoulders*) de 8 pieds de large pour permettre aux automobilistes de s’arrêter sans gêner la circulation. Il mentionne également l’utilisation de lignes blanches pour séparer les voies, notamment près de Los Angeles, où certaines routes sont divisées en quatre voies. Cowdray note que les conducteurs américains respectent généralement les règles, bien que celles-ci varient d’un État à l’autre. Il évoque aussi les vitesses pratiquées (45 miles par heure en moyenne) et les difficultés des routes de montagne. Enfin, il souligne les facilités de stationnement dans les villes américaines, où des parkings occupent jusqu’à un quart des blocs centraux[59].
Une fois de plus dans la brèche — les eugénistes
Sous la plume d’A. J. West (Danemark), cet article engage un débat avec les eugénistes, en réponse à un essai de K. C. MacArthur et à une critique de Paul Saddlemire. L’auteur défend l’idée que des termes comme « fierté familiale » ou « patriotisme » ne sont pas nécessairement négatifs si on les comprend dans leur sens le plus noble. Il cite Voltaire (« Si vous voulez converser avec moi, définissez vos termes ») pour souligner l’importance de clarifier les concepts. West affirme que l’amour de sa famille ou de son pays n’est pas condamnable en soi, et que les eugénistes devraient se concentrer sur l’éducation plutôt que sur la suppression des droits individuels. Il conclut en défendant l’objectif des eugénistes — « que les gens naissent bien » — comme une aspiration louable[60].
Eugénisme et santé publique
Ce long article aborde la question de l'eugénisme et de la stérilisation des individus jugés inaptes à procréer, en s'appuyant sur des arguments médicaux et sociaux. La publication affirme que la stérilisation de certains types d'individus, notamment ceux atteints de maladies vénériennes ou de troubles héréditaires, serait bénéfique pour la société dans son ensemble. Elle cite un exemple frappant concernant neuf couples syphilitiques, chez lesquels 66 grossesses ont abouti à 33 avortements ou mort-nés, 20 décès précoces parmi les enfants survivants, et seulement 13 enfants encore en vie, dont seulement deux seraient "normaux"[61].
L'article critique également l'argument selon lequel l'homme n'aurait pas le droit d'intervenir dans les desseins divins, en soulignant que l'humanité utilise déjà des moyens artificiels pour corriger des imperfections naturelles, comme les prothèses dentaires ou les amputations en cas de gangrène. La publication conclut que, bien que l'eugénisme puisse améliorer la qualité de la race humaine, il ne saurait apporter une satisfaction spirituelle ou une harmonie durable avec le Créateur, celle-ci ne pouvant être atteinte que par la soumission aux desseins divins[62].
Un rapport commandé par le président Hoover sur la santé des enfants aux États-Unis est également mentionné. Ce rapport révèle que près de 11 millions d'enfants américains souffrent de handicaps physiques ou mentaux, allant de la malnutrition aux troubles cardiaques, en passant par la cécité, la surdité ou la délinquance. La publication souligne que près d'un quart des enfants du pays sont touchés par ces problèmes, ce qui constitue un constat alarmant pour la nation[63].
La fin des monarchies
Cet article annonce la fin des monarchies en Europe et en Asie, avec la chute des régimes royaux au Portugal, en Chine, en Russie, en Autriche, en Allemagne, en Turquie, en Grèce et en Espagne. La publication prédit que cette tendance se généralisera bientôt à l'ensemble du monde, marquant ainsi la fin des "humbugs royaux", suivis de près par les fraudes ecclésiastiques et la hiérarchie financière. Selon l'article, cette évolution annonce l'avènement du Millénium, une ère de paix et de justice divine[64].
La thérapie glandulaire : une mode controversée
Sous la plume du Dr. Herbert M. Shelton, cet article critique sévèrement la mode de la thérapie glandulaire, qui prétend soigner diverses maladies en agissant sur les glandes endocrines. La publication dénonce cette approche comme une forme de charlatanisme, exploitant l'ignorance du public et la crédulité des patients. L'auteur cite plusieurs médecins et experts, dont le Dr. J.A. Baldwin, qui qualifient cette thérapie de "porte ouverte au charlatanisme", tout en reconnaissant que certaines substances, comme l'extrait de thyroïde ou l'épinéphrine, peuvent avoir des effets thérapeutiques limités[65].
L'article souligne que les glandes endocrines, autrefois considérées comme des organes rudimentaires sans fonction précise, sont devenues le centre d'une exploitation commerciale effrénée. Des livres et des brochures vantant les mérites de ces thérapies sont publiés par des médecins et des laboratoires pharmaceutiques, promettant des résultats "miraculeux" pour des maladies variées. Le Dr. Shelton cite également des propos de médecins renommés, comme le Dr. Osler, qui expriment leur scepticisme face à ces pratiques[66].
La publication met en garde contre les affirmations exagérées des partisans de la thérapie glandulaire, qui prétendent que les glandes endocrines déterminent non seulement la santé physique, mais aussi le caractère, la personnalité et même l'âme des individus. Selon ces théories, des traits comme l'intelligence, la beauté, la couleur des cheveux ou la tendance à la criminalité seraient entièrement contrôlés par les sécrétions glandulaires. Le Dr. Shelton ridiculise ces idées en soulignant leur manque de fondement scientifique et leur caractère réductionniste[67].
Les limites de la thérapie glandulaire
L'article poursuit sa critique de la thérapie glandulaire en interrogeant les limites de cette approche. Le Dr. Shelton souligne que, si les glandes endocrines jouent un rôle important dans le fonctionnement du corps humain, elles ne sont pas des entités autonomes, mais des parties intégrantes d'un système plus large, dépendant de la circulation sanguine et du système nerveux. Il remet en question l'idée selon laquelle les glandes seraient les "créatrices" de l'homme, en demandant : « Qui a créé ces créatrices ? »[68].
La publication critique également l'approche consistant à stimuler ou à inhiber les glandes défaillantes sans chercher à comprendre les causes profondes de leurs dysfonctionnements. Selon le Dr. Shelton, cette méthode est vouée à l'échec, car elle ignore les facteurs sous-jacents, comme l'alimentation, le mode de vie ou les conditions environnementales, qui influencent directement la santé des glandes. Il cite des exemples concrets, comme l'impact d'un régime riche en viande ou en amidon sur la thyroïde, pour illustrer l'importance de ces facteurs[69].
L'article dénonce également les pratiques commerciales associées à la thérapie glandulaire, comme la transplantation de glandes animales ou l'utilisation de rayons gamma, qui sont présentées comme des solutions miracles pour rajeunir les patients ou guérir des maladies incurables. Le Dr. Shelton qualifie ces méthodes de "travaux d'amateur" et souligne qu'elles ne font que masquer temporairement les symptômes, sans traiter les causes réelles des problèmes de santé[70].
Les dangers de l'endocrinologie commerciale
Cet article approfondit la critique des dérives commerciales de l'endocrinologie, en citant un livre du Dr. Clayton E.H. Wheeler, intitulé Health and Vitality from Normal Gland Activity. La publication qualifie cet ouvrage de "pièce publicitaire astucieusement rédigée", vantant les mérites des traitements glandulaires pour des maladies réputées incurables. Le Dr. Shelton souligne que ces affirmations sont accompagnées de témoignages exagérés, semblables à ceux que l'on trouve dans les almanachs de médicaments brevetés[71].
L'article critique également l'idée selon laquelle les déséquilibres glandulaires seraient responsables de toutes les maladies. Le Dr. Shelton affirme que cette théorie est non seulement fausse, mais qu'elle ignore les causes profondes des troubles de santé, comme l'épuisement nerveux ou la toxicité sanguine. Il souligne que les glandes ne sont pas des entités indépendantes, mais des organes dépendant du reste du corps, et que leur dysfonctionnement est souvent le résultat de facteurs externes, comme une mauvaise alimentation ou un mode de vie malsain[72].
La publication met en garde contre les méthodes de stimulation ou d'inhibition des glandes, qui, selon le Dr. Shelton, ne font qu'accélérer leur destruction tout en laissant intactes les causes sous-jacentes des problèmes de santé. Il cite un extrait de l'un de ses propres ouvrages pour illustrer les dangers de cette approche, qui traite les symptômes plutôt que les causes, et qui peut conduire à des dommages irréversibles[73].
Les véritables clés de la santé
Dans cet article, le Dr. Shelton réaffirme que les véritables clés de la santé résident dans des facteurs simples et naturels, comme une alimentation équilibrée, de l'exercice physique, un sommeil réparateur et l'absence de mauvaises habitudes. Il souligne que ces principes, connus depuis des siècles, restent valables malgré les avancées scientifiques, y compris dans le domaine des glandes endocrines[74].
La publication critique l'idée selon laquelle les traitements glandulaires pourraient remplacer ces principes fondamentaux. Le Dr. Shelton affirme que les glandes, bien qu'importantes, ne sont qu'une partie d'un système plus large, et que leur santé dépend de celle de l'ensemble du corps. Il souligne que les traitements basés sur des extraits glandulaires, des médicaments ou des radiations ont tous échoué à apporter des solutions durables aux problèmes de santé[75].
Enfin, l'article aborde brièvement la perception biblique des chiens, en citant un sermon du Dr. E.O. Heath, pasteur méthodiste. La publication souligne que la Bible mentionne rarement les chiens de manière positive, les associant plutôt à des images de répulsion et de mépris. Elle cite le livre d'Isaïe (56:10-11) pour illustrer cette vision négative, tout en reconnaissant une exception dans les paroles de Jésus concernant les chiens léchant les plaies de Lazare[76].
Vitamines et leur importance pour la santé
Cet article, rédigé par David B. Christie d'Écosse, traite de la découverte et de l'importance des vitamines pour la santé humaine et animale. La publication affirme que les vitamines, bien que découvertes relativement récemment, jouent un rôle crucial dans la prévention de maladies carentielles comme le béribéri, le scorbut ou le rachitisme. L'auteur explique que le béribéri, une maladie répandue dans les régions tropicales, était causé par la consommation de riz poli, dont les couches externes riches en vitamines avaient été retirées. Des expériences menées sur des pigeons ont démontré que l'ajout de ces couches permettait une guérison rapide, confirmant ainsi le rôle vital de ces substances[77].
Le texte présente également un tableau classant les vitamines (liposolubles A et hydrosolubles B et C) en fonction des aliments qui les contiennent et des maladies résultant de leur carence. Par exemple, la vitamine A, présente dans le beurre, les légumes verts et l'huile de foie de morue, est essentielle pour la croissance et la prévention du rachitisme. La publication souligne que les aliments exposés à la lumière solaire, comme les fruits et légumes verts, sont particulièrement riches en vitamines, car ils transforment l'énergie solaire en énergie chimique grâce à la chlorophylle[78].
Enfin, l'article encourage une alimentation équilibrée, incluant des aliments naturels et non transformés, pour éviter les carences et améliorer la santé globale. Il critique implicitement les régimes basés sur des aliments raffinés, comme le pain blanc ou le riz poli, qui privent l'organisme de ces éléments essentiels[79].
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La gestion sociale des forêts américaines
Cette rubrique présente une recension du livre The Social Management of American Forests de Robert Marshall, publié par la League for Industrial Democracy. L'ouvrage, bien que court (36 pages), défend la nécessité de socialiser la gestion des forêts américaines pour en assurer la pérennité. La publication résume les arguments de Marshall en opposant les effets néfastes de la propriété privée des forêts (déforestation, érosion des sols, exploitation des travailleurs) aux avantages de la propriété publique, qui garantit une gestion durable et protectrice des ressources naturelles[80].
Le texte cite plusieurs exemples frappants pour illustrer les conséquences de la gestion privée : des terres forestières vendues pour six cents l'acre au XVIIIe siècle et rachetées 540 dollars l'acre quelques décennies plus tard, ou encore le fait que les États-Unis consomment sept fois plus de bois par habitant que le reste du monde, menaçant ainsi leurs réserves. La publication souligne également que 40 % des terres exploitées par des opérateurs privés sont laissées dans un état de dévastation totale, sans aucune mesure pour assurer la repousse des arbres[81].
Enfin, l'article critique l'inefficacité des programmes de "coopération" entre le gouvernement et les propriétaires privés, qui se limitent à des discours et des promesses sans résultats concrets. La solution proposée par Marshall, et relayée par The Golden Age, est la socialisation des forêts pour éviter leur destruction et garantir un approvisionnement durable en ressources naturelles[82].
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Un week-end en Afrique du Sud
Cet article, signé par P. J. de Jager, relate les expériences d'un missionnaire des Étudiants de la Bible en Afrique du Sud, dans une région proche de la frontière nord-est de l'Union sud-africaine. L'auteur décrit son voyage en train, durant lequel il a distribué des livres et brochures en anglais et en afrikaans, ainsi que sa visite à un jeune converti vivant dans un camp minier isolé, entouré de lions, d'hippopotames et de crocodiles[83].
Le récit met en avant les dangers et les beautés de la nature sauvage : observation de lions, de crocodiles dans la rivière Olifants, et de petits animaux comme l'"oiseau à miel", qui guide les humains vers les ruches. L'auteur souligne que les animaux, lorsqu'ils ne sont pas maltraités par l'homme, peuvent être des voisins respectueux et confiants. Il critique également la chasse sportive, qui a créé une méfiance entre l'homme et les animaux, et note que même les lions fuient devant un humain déterminé[84].
Enfin, l'article évoque la joie de prêcher la bonne nouvelle du Royaume de Dieu dans un environnement aussi sauvage, tout en soulignant la beauté des paysages et la nécessité de préserver certaines régions intactes pour les générations futures[85].
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Fruit et homme
Cette section poursuit le récit de P. J. de Jager, qui se déplace vers une région plus peuplée du Transvaal, où les terres ont été réhabilitées grâce à un vaste projet d'irrigation gouvernemental. L'auteur décrit les efforts d'un autre missionnaire, installé au cœur de ce projet, qui prêche activement la bonne nouvelle du Royaume de Dieu malgré les difficultés financières et les obstacles posés par les autorités locales. Ce missionnaire, décrit comme un "pauvre en biens matériels mais riche en foi", parcourt régulièrement la région à vélo ou à pied pour distribuer des livres et brochures, souvent en afrikaans[86].
Le texte souligne l'importance de ce témoignage dans une région où des milliers de personnes, souvent pauvres et en difficulté, ont été installées sur des parcelles de terre. L'auteur exprime son admiration pour la détermination de ce missionnaire, qui, malgré les épreuves, continue de chanter les louanges de Dieu et de partager son message d'espoir[87].
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Un saint reconnaissant
Cette rubrique relate le témoignage d'un membre d'une église catholique dans une ville de l'Ouest américain, qui exprime son admiration pour les Étudiants de la Bible. Le narrateur décrit la situation financière difficile de son église : le prêtre, le père Ennis, a dû puiser dans les fonds réservés à la construction d'une nouvelle église pour couvrir les dépenses courantes, car les dons des fidèles étaient insuffisants. Le témoin souligne que l'église actuelle est à moitié vide et qu'il n'y a pas besoin d'un nouvel édifice, contrairement à ce que prétend le clergé[88].
Ce témoignage sert à illustrer les dysfonctionnements des institutions religieuses traditionnelles, en opposition avec les valeurs de simplicité et de dévouement prônées par les Étudiants de la Bible[89].
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Que ferai-je pour hériter de la vie éternelle ?
Cet article doctrinal explique les conditions nécessaires pour obtenir la vie éternelle selon les croyances des Étudiants de la Bible. La publication affirme que pour hériter de la vie éternelle, il faut connaître le seul vrai Dieu, Lui donner la première place dans son cœur, obéir à Ses commandements, accepter Jésus-Christ comme Sauveur, et montrer de l'amour et de la miséricorde envers autrui. Le texte cite des passages bibliques, comme Actes 17:24-25, pour souligner que Dieu n'a besoin de rien et qu'Il est la source de toute vie[90].
L'article met également en avant la relation unique entre Dieu et Ses enfants, en opposition avec les liens temporels et fragiles que les humains entretiennent entre eux. Il souligne que la relation filiale avec Dieu peut être éternelle et devenir de plus en plus précieuse au fil du temps, contrairement aux relations humaines, qui sont limitées par la mort[91].
Enfin, le texte encourage les lecteurs à reconnaître Dieu comme leur "ami immuable" et à Lui adresser leurs prières, en citant Matthieu 6:9 et Matthieu 7:11 pour illustrer la bienveillance divine envers Ses enfants[92].
La relation filiale avec Dieu
Ce long article théologique développe une réflexion sur la relation entre les croyants et Dieu, présenté comme un Père céleste bienveillant et miséricordieux. La publication insiste sur l'idée que les membres de la famille divine, désignés comme les « enfants de Dieu », bénéficient d'une protection et d'une guidance constantes. Elle cite abondamment les Écritures pour étayer cette vision, notamment Matthieu 10:32, où Jésus promet de reconnaître devant le Père ceux qui le reconnaissent devant les hommes. L'article souligne que cette relation filiale n'est pas temporaire, mais permanente, et qu'elle confère aux croyants un statut privilégié au sein du royaume de Dieu [93].
La publication met en avant la notion de partenariat spirituel entre Dieu et ses enfants, en s'appuyant sur Matthieu 18:19, qui évoque la puissance de la prière collective. Elle interprète ce passage comme une invitation à une collaboration active avec le Père céleste, où les demandes des fidèles sont exaucées si elles sont en accord avec Sa volonté. L'article insiste également sur le fait que Dieu révèle Ses secrets à Ses enfants, comme le montre la réaction de Jésus face à la confession de Pierre en Matthieu 16:17, où il attribue cette révélation non à une compréhension humaine, mais à une illumination divine [94].
Un autre thème central est la protection accordée aux « petits » de la famille divine. La publication cite Matthieu 18:10, où Jésus affirme que les anges de ces croyants contemplent constamment la face du Père, soulignant ainsi leur importance aux yeux de Dieu. Elle rappelle également que le Père céleste ne souhaite pas la perte de Ses enfants, comme l'indique Matthieu 18:14, et qu'Il pourvoit à leur salut éternel [95].
L'article aborde aussi la question de la discipline divine, présentée comme une manifestation d'amour plutôt que de punition. En citant Hébreux 12:5-10, la publication explique que les épreuves et les corrections sont des preuves de l'appartenance à la famille divine, car elles visent à sanctifier les croyants et à les rendre participants de la sainteté de Dieu. Cette discipline est comparée à celle d'un père terrestre, mais avec une finalité spirituelle et éternelle [96].
Enfin, l'article souligne que Dieu accorde des bénédictions spirituelles à Ses enfants dès leur vie terrestre, en citant Éphésiens 1:3, qui évoque les « bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ». Il insiste sur le fait que, malgré leur apparence humble, les croyants ont accès à la présence divine et peuvent vivre une vie céleste dès maintenant, en attendant la réalisation complète des promesses divines [97].
L'amour inconditionnel du Père céleste
Cette section poursuit la réflexion sur la relation filiale avec Dieu en insistant sur Son amour inconditionnel et Sa miséricorde envers Ses enfants. La publication cite Romains 8:15 pour illustrer le fait que les croyants, adoptés comme fils de Dieu, peuvent s'adresser à Lui avec une familiarité affectueuse, en utilisant le terme « Abba, Père ». Cet amour est présenté comme une force transformatrice, qui libère les croyants de la peur et les pousse à vivre selon les principes divins [98].
L'article souligne que Dieu agit pour délivrer Ses enfants de l'emprise de Satan et du « présent siècle mauvais », en citant Galates 1:4. Cette délivrance est rendue possible par le sacrifice de Jésus-Christ, qui a donné Sa vie pour les péchés des hommes. La publication insiste sur le fait que cette action divine n'est pas motivée par la valeur ou la force des croyants, mais par la richesse de la miséricorde et de l'amour de Dieu, comme le montre Éphésiens 2:4-5. Elle rappelle que les hommes, « morts dans leurs péchés », n'avaient aucun espoir de résurrection sans cette intervention divine [99].
La publication met également en avant la notion d'héritage spirituel, en citant Galates 4:6-7, où il est précisé que les croyants, en tant que fils de Dieu, deviennent également Ses héritiers par l'intermédiaire du Christ. Cet héritage est présenté comme une promesse d'une vie éternelle et d'une participation aux bénédictions divines. L'article souligne que, malgré leur condition humble sur terre, les croyants vivent déjà une vie céleste, comme l'indique Éphésiens 1:3, qui évoque les « bénédictions spirituelles dans les lieux célestes » [100].
Un autre aspect développé est la manifestation concrète de l'amour de Dieu à travers le réconfort et l'espérance qu'Il accorde à Ses enfants. La publication cite 2 Thessaloniciens 2:16, où Dieu est décrit comme « notre Père, qui nous a aimés et nous a donné une consolation éternelle et une bonne espérance par Sa grâce ». Cet amour est présenté comme une source de joie et de stabilité dans un monde marqué par le péché et la souffrance [101].
Enfin, l'article aborde la question de la discipline divine, en rappelant que les corrections infligées par Dieu sont une preuve de Son amour et de Son désir de voir Ses enfants progresser spirituellement. En citant Hébreux 12:5-10, la publication explique que ces épreuves sont comparables à celles qu'un père terrestre impose à ses enfants pour leur bien, afin qu'ils deviennent participants de Sa sainteté. Elle insiste sur le fait que cette discipline est réservée aux véritables enfants de Dieu, et non aux imposteurs [102].
La profondeur de l'amour divin
Cette section approfondit la réflexion sur l'amour de Dieu en insistant sur sa profondeur et son universalité. La publication cite Jean 3:16, un passage central dans la théologie chrétienne, pour rappeler que Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. Elle souligne que ce sacrifice est la preuve ultime de l'amour divin, car il a été accompli alors que les hommes étaient encore pécheurs, comme l'indique Romains 5:8 [103].
L'article met en avant le fait que l'amour de Dieu n'est pas réservé aux justes ou aux forts, mais qu'il s'étend à tous, y compris aux plus faibles et aux plus indignes. En citant Éphésiens 2:4-5, la publication rappelle que Dieu, « riche en miséricorde », a agi par amour pour les hommes alors qu'ils étaient « morts dans leurs péchés ». Elle interprète ce passage comme une preuve que Dieu n'a pas abandonné l'humanité malgré sa nature pécheresse, mais qu'Il a au contraire choisi de la sauver [104].
Un autre thème développé est la manifestation de l'amour de Dieu à travers Ses actions concrètes. La publication cite 1 Jean 4:8-10, 16, 19, où il est affirmé que « Dieu est amour » et que cet amour s'est manifesté par l'envoi de Son Fils pour être une propitiation pour les péchés des hommes. Elle insiste sur le fait que cet amour n'est pas une simple déclaration, mais une réalité tangible, qui transforme la vie de ceux qui le reçoivent. L'article souligne également que les croyants sont appelés à aimer Dieu en retour, car « nous l'aimons parce qu'Il nous a aimés le premier » [105].
La publication aborde aussi la question de la réconciliation entre Dieu et les hommes. En citant 2 Corinthiens 5:18-19, elle explique que Dieu, par l'intermédiaire du Christ, a réconcilié le monde avec Lui-même et n'impute plus aux hommes leurs péchés. Elle interprète ce passage comme une invitation à la repentance, motivée non par la peur du jugement, mais par la reconnaissance de l'amour et de la bonté de Dieu, comme le souligne Romains 2:4 [106].
Enfin, l'article évoque la parabole du fils prodigue pour illustrer la miséricorde divine. Il insiste sur le fait que Dieu accueille avec joie ceux qui reviennent à Lui, quel que soit leur passé. La publication cite également Malachie 3:16-17, où Dieu promet de faire de Ses fidèles Ses « joyaux » et de les épargner comme un père épargne son fils. Elle conclut en rappelant que l'amour de Dieu est inconditionnel et qu'Il cherche à établir une relation durable avec Ses enfants [107].
L'appel à la repentance et à la foi
Cette section s'adresse directement aux lecteurs pour les exhorter à se tourner vers Dieu et à répondre à Son amour. La publication souligne que le temps présent est une opportunité pour chercher le Seigneur, en citant Psaume 86:5, 15, où Dieu est décrit comme « bon et prêt à pardonner, abondant en miséricorde pour tous ceux qui L'invoquent ». Elle insiste sur le fait que Dieu est plein de compassion et de grâce, et qu'Il est disposé à accueillir ceux qui se repentent [108].
L'article évoque également la promesse de Dieu de pardonner les péchés et de guérir les maladies spirituelles, en citant Psaume 103:8-14, 17. Il souligne que la miséricorde divine est éternelle et qu'elle s'étend à ceux qui Le craignent. La publication encourage les lecteurs à s'engager pleinement dans leur relation avec Dieu, en leur rappelant que cette décision leur apportera une joie incomparable [109].
Un autre aspect développé est l'idée que Dieu est du côté des croyants et qu'Il les soutient dans leurs épreuves. En citant Romains 8:31-32, la publication affirme que si Dieu est pour les croyants, personne ne peut s'opposer à eux. Elle rappelle que Dieu a déjà donné Son Fils pour eux, et qu'Il leur accordera également toutes les autres choses nécessaires à leur salut. L'article insiste sur le fait que rien ne peut séparer les croyants de l'amour de Dieu, comme le montre Romains 8:38-39, où il est affirmé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les puissances, ni aucune autre créature ne peut rompre ce lien [110].
Enfin, la publication cite 2 Chroniques 7:14 pour exhorter les croyants à se humilier, à prier et à se détourner de leurs mauvaises voies. Elle interprète ce passage comme une invitation à la repentance collective, en soulignant que Dieu est prêt à pardonner les péchés et à guérir la terre si Ses enfants se tournent vers Lui. L'article conclut en encourageant les lecteurs à s'engager pleinement dans leur relation avec Dieu, en leur rappelant que cette décision leur apportera une paix et une joie durables [111].
Les malheurs habituels suivent la bénédiction
Cet article relate un incident impliquant une tentative de vol en avion vers Le Cap, en Afrique du Sud, après avoir reçu la bénédiction du pape. La publication rapporte que le Liverpool Catholic Herald a publié trois titres successifs pour couvrir cet événement. Le premier titre, « Le Pape bénit le vol des jeunes filles », met en avant la bénédiction papale, tandis que le deuxième, « Malheurs durant le voyage vers Le Cap », annonce les difficultés rencontrées. Le troisième titre, « Un atterrissage forcé », révèle que les conditions météorologiques ont contraint l'aviatrice, Miss Reynolds, à interrompre son voyage jusqu'à une amélioration des conditions [112].
La publication adopte un ton ironique pour souligner que les malheurs semblent systématiquement suivre les bénédictions papales, comme si ces dernières portaient malheur. Elle note que, malgré les circonstances, l'aviatrice a survécu, ce qui est présenté comme une exception plutôt que comme une règle. L'article suggère que ces incidents sont fréquents et que les bénédictions religieuses ne protègent pas nécessairement des dangers terrestres [113].
Extraits de lettres intéressantes
Cette rubrique présente des extraits de lettres envoyées par des lecteurs ou des auditeurs des programmes radiophoniques de la Société Watch Tower. Plusieurs correspondants expriment leur appréciation pour les discours de Joseph Franklin Rutherford, diffusés à la radio. Un auditeur de Youngstown, dans l'Ohio, déclare que les émissions de la Watchtower diffusées sur la station WKBN ont convaincu sa famille d'acquérir tous les livres de Rutherford, qu'ils jugent en harmonie avec la Bible. Un autre auditeur, de Hollywood en Californie, demande la liste des livres de Rutherford et leurs prix après avoir écouté l'un de ses discours, qu'il qualifie de « très utile et nécessaire en ces temps » [114].
D'autres lettres proviennent de différentes régions des États-Unis et du Canada. Une auditrice de Burnet, au Texas, une veuve confinée chez elle en raison de la maladie de sa fille, exprime son intérêt pour les émissions diffusées sur la station WFAA de Dallas. Elle demande à recevoir le livre sur le « Gouvernement », qu'elle juge susceptible de l'intéresser. Un auditeur de Cleveland, dans l'Ohio, félicite la Société pour le message de réconfort diffusé par Rutherford sur la station WGAR, après avoir perdu un être cher. Enfin, un correspondant de Calgary, en Alberta, témoigne avoir écouté une conférence de Rutherford et souhaite obtenir la liste de ses livres [115].
Prochain numéro
La publication annonce les sujets qui seront abordés dans le prochain numéro de The Golden Age. Parmi ceux-ci figure un récit intitulé « Les derniers jours des 'âges sombres' », qui décrit les pratiques brutales d'un directeur d'établissement correctionnel aux États-Unis en 1921. Cet article évoque des méthodes telles que l'utilisation de camisoles de force, de menottes, de ruban adhésif pour sceller les bouches des détenues, et de fouets pour les flageller. La publication précise que ces événements ne se sont pas déroulés dans des pays lointains comme l'Inde ou la Chine, ni au Moyen Âge, mais dans le pays de la liberté et des Lumières, les États-Unis [116].
Le prochain numéro promet également un article sur une « pluie de vérité venue des cieux » et un voyage aérien, ainsi qu'un texte en faveur de la gestion de la Standard Oil. Un autre sujet abordera la manière dont une grande entreprise de Racine maintient les fonds de la communauté locale. La publication mentionne également des réflexions sur les tentatives d'amélioration du calendrier, des informations sur le corps humain, et un article sur la conception méthodiste de l'enfer. Enfin, le numéro inclura une conférence radiophonique sur un sujet scripturaire d'actualité, visant à compléter l'offre éditoriale [117].
Un coupon d'abonnement est inséré à la fin de la rubrique, invitant les lecteurs à s'abonner à The Golden Age pour un an au prix de 1,00 dollar aux États-Unis et dans ses possessions, et de 1,25 dollar au Canada et à l'étranger. Ce coupon permet aux lecteurs d'envoyer un mandat postal à l'adresse de la revue à Brooklyn, New York, pour souscrire un abonnement [118].
Judge Rutherford et la diffusion phénoménale de ses ouvrages
Ce dernier article du numéro met en avant l'influence et la popularité de Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Watch Tower Bible and Tract Society, en soulignant l'ampleur de la diffusion de ses conférences et de ses livres. La publication affirme que les allocutions de Rutherford sont diffusées chaque semaine sur plus de 215 stations de radio, tandis que ses ouvrages ont atteint un tirage cumulé de 934 millions d'exemplaires en seulement dix ans[119].
L'article explique ce succès par la volonté supposée des « gens ordinaires » de comprendre la Bible, un besoin longtemps étouffé par le clergé, accusé de maintenir les populations dans « l'ignorance, la superstition et les ténèbres » à travers des credos absurdes et des cérémonies inventées par les hommes. Les représentants des religions organisées sont cités comme admettant que leur persistance repose sur le fait que « les gens sont encore superstitieux ». Rutherford, en revanche, est présenté comme un révélateur des « mensonges, fausses représentations et superstitions » propagés par les prédicateurs, offrant une explication « claire et logique » des vérités bibliques, accessible à tous[120].
La publication insiste sur le fait que Rutherford s'exprime « hardiment et sans restriction sectaire », s'appuyant exclusivement sur la Bible comme autorité pour ses affirmations. Son approche est décrite comme « claire et logique », reflétant les desseins de Dieu. Pour appuyer cette présentation, l'article énumère plusieurs de ses ouvrages, dont The Harp of God, Deliverance, Creation, Reconciliation, Government, Life, Prophecy et Light (en deux volumes). Ces neuf livres sont proposés à un prix global de 2,90 dollars, frais de port inclus, présenté comme le simple coût de production et de distribution[121].
Un coupon détachable est intégré à l'article, invitant les lecteurs à commander l'ensemble des ouvrages en envoyant un mandat postal à l'adresse du siège de la Société Watch Tower à Brooklyn. Ce dispositif promotionnel souligne l'importance accordée à la diffusion massive des écrits de Rutherford, présentée comme une opportunité pour les lecteurs de rejoindre une dynamique de propagation de la « vérité divine »[122].
Analyse
Croyances
Le numéro du 27 mai 1931 consacre plusieurs pages à une doctrine de la filiation divine particulièrement développée, articulée autour des notions d'adoption, d'héritage céleste et de discipline paternelle. Les articles des pages 570 à 574 forment un ensemble homogène fondé sur une lecture combinée de passages pauliniens (Romains 8:15, Galates 4:6-7, Éphésiens 1:3) et johanniques (Jean 3:16), où l'adoption filiale est présentée comme la condition ontologique du salut plutôt que comme une conséquence secondaire.[123] Cette insistance sur l'adoption et sur le terme « Abba, Père » (Romains 8:15) s'inscrit dans un cadre doctrinal que la Watch Tower avait progressivement précisé depuis les années 1920, où la notion de « classe du Royaume » ou « petit troupeau » des 144 000 désignait ceux qui bénéficiaient de cette filiation céleste exclusive.[124] L'article des pages 570-574 ne restreint pas explicitement cette filiation à une classe numérique délimitée, mais le registre utilisé — héritage, vocation céleste, bénédictions « dans les lieux célestes en Christ » — est caractéristique de l'enseignement que Rutherford réservait aux membres oints lors de cette période.
La discipline divine, développée à partir de Hébreux 12:5-10, reçoit dans ce numéro une interprétation qui distingue nettement les « véritables enfants de Dieu » des « imposteurs » : les épreuves sont présentées comme une preuve d'appartenance à la famille divine, réservée aux seuls membres authentiquement consacrés.[125] Cette lecture corrobore la logique ecclésiologique de Rutherford, selon laquelle, à partir de 1927, seuls les chrétiens oints étaient pleinement habilités à exercer un ministère actif, la filiation divine conditionnant ainsi directement la légitimité de la vocation missionnaire.[126]
Les conditions d'accès à la vie éternelle, exposées à la page 570, forment une liste doctrinale qui combine foi en Jésus-Christ, connaissance du « seul vrai Dieu », obéissance aux commandements divins et amour du prochain, s'appuyant notamment sur Actes 17:24-25 et Matthieu 7:11.[127] Ce schéma sotériologique se distingue de la tradition réformée classique en associant étroitement la foi et les œuvres (obéissance, amour actif), sans que la grâce seule suffise à garantir le salut. La publication insiste par ailleurs sur la connaissance comme condition nécessaire — non pas la simple foi déclarative —, ce qui confère au mouvement un rôle de médiateur indispensable de cette connaissance, dans la lignée de la revendication d'une vérité biblique exclusive.
L'eschatologie millénariste traverse plusieurs articles de ce numéro sans jamais être exposée de façon systématique, mais elle se manifeste dans les brèves des pages 555 et 561 comme grille d'interprétation des événements contemporains. La déclaration du pasteur de Cleveland — selon laquelle aucun prédicateur ne pourrait conserver son emploi en exprimant « les convictions qui sont au fond de son cœur » — est interprétée comme un signe de l'imminence du Millénium, où les vérités spirituelles seraient enfin révélées.[128] De même, la chute des monarchies européennes et asiatiques — en Portugal, en Russie, en Autriche, en Allemagne, en Espagne — est lue à la page 561 comme une étape prophétique précédant la disparition des « fraudes ecclésiastiques » et l'avènement d'une ère de justice divine.[129] Cette lecture événementielle de l'histoire contemporaine comme accomplissement prophétique est cohérente avec la position de Rutherford, qui avait établi 1914 comme point de départ des « derniers jours » et présentait la désintégration des institutions politiques et religieuses comme confirmation de ce repère chronologique.[130]
La revendication de la Sola Scriptura est formulée explicitement dans la présentation de Rutherford à la page 576, où ses ouvrages sont décrits comme fondés exclusivement sur la Bible, offrant une explication « claire et logique » des vérités bibliques en rupture avec les « credos absurdes » et les « cérémonies inventées par les hommes » des Églises traditionnelles.[131] Toutefois, cette revendication formelle de l'autorité scripturaire exclusive est pratiquement médiatisée par l'autorité de Rutherford lui-même : ses allocutions diffusées sur plus de 215 stations de radio et ses neuf livres proposés en bloc constituent un corpus interprétatif centralisé, sans lequel les lecteurs ne sauraient, selon la publication, accéder à la « vérité divine ».[132] Ce dispositif illustre la tension, bien documentée dans l'histoire du mouvement, entre la revendication formelle d'une lecture biblique libre et la concentration effective de l'autorité herméneutique dans la personne du dirigeant, une tension que les chercheurs ont décrite comme une Sola Scriptura organisationnelle plutôt qu'individuelle.[133]
L'article sur les conditions du salut s'appuie sur Jean 3:16 et Romains 5:8 pour présenter le sacrifice du Christ comme accompli au profit des pécheurs non encore repentants, insistant sur l'antériorité de l'amour divin par rapport à tout mérite humain.[134] Ce cadre christologique est complété par la notion de réconciliation (2 Corinthiens 5:18-19), où Dieu est présenté comme n'imputant plus les péchés à ceux qui se tournent vers Lui, la repentance étant motivée non par la crainte du jugement mais par la « bonté de Dieu » (Romains 2:4).[135] Cette insistance sur la grâce antécédente et l'amour inconditionnel comme moteur de la conversion se distingue d'une lecture légaliste du salut, même si le numéro maintient par ailleurs une liste de conditions comportementales explicites (obéissance, amour actif) que le croyant doit réaliser pour hériter de la vie éternelle.
Organisation et histoire
L'article de clôture de ce numéro constitue un document précis sur l'ampleur de la diffusion éditoriale et radiophonique de Joseph Franklin Rutherford au printemps 1931. La publication y avance le chiffre de plus de 215 stations de radio diffusant chaque semaine les allocutions de Rutherford, et celui de 934 millions d'exemplaires de livres distribués en dix ans.[136] Ces données doivent être replacées dans le contexte des transformations techniques que la Société traverse alors. Selon les archives de watchtowerdocuments.org, c'est précisément en 1931 que la Watch Tower décide de passer d'émissions en direct à des programmes préenregistrés sur disques de transcription, distribués à quelque 250 stations qui les programment à leur convenance, un dispositif appelé à s'élargir jusqu'à 340 stations en 1932 puis 408 en 1933.[137] La rubrique « Extraits de lettres » de ce numéro illustre concrètement comment ce réseau radiophonique fonctionne comme outil de contact avec des auditeurs isolés : un correspondant d'Ohio, une veuve du Texas confinée à domicile, un lecteur de Calgary décrivent tous avoir découvert les enseignements de la Société par l'intermédiaire d'une station locale, avant de solliciter par courrier la liste des ouvrages disponibles.[138] Ce circuit — émission radiophonique, lettre d'auditeur, commande postale de livres — constitue en 1931 le modèle de recrutement et de fidélisation à distance que la Société met en œuvre à l'échelle continentale.
La diffusion éditoriale s'appuie sur un catalogue de neuf ouvrages de Rutherford, proposés groupés pour 2,90 dollars, frais de port inclus, présentés dans l'article final du numéro.[139] Ce catalogue atteste de la production livresque intense menée par la Watch Tower depuis le début des années 1920 sous la conduite de Rutherford, qui, selon la page wiki de ce dernier sur ce site, avait centralisé l'autorité organisationnelle et exigé de tous les adeptes qu'ils distribuent les publications par le porte-à-porte en remettant des rapports réguliers de leur activité.[140]
L'activité missionnaire des étudiants de la Bible en Afrique du Sud, documentée dans le récit de terrain de P. J. de Jager, révèle un aspect organisationnel concret de ce réseau de diffusion internationale. Le missionnaire décrit la distribution de livres et brochures en anglais et en afrikaans, deux langues distinctes, ce qui suppose une logistique éditoriale bilingue opérationnelle depuis la filiale locale de la Société.[141] La présence d'une activité de colportage organisé en Afrique du Sud à cette date est cohérente avec ce que rapporte le Yearbook of Jehovah's Witnesses de 2007, selon lequel les premières publications des étudiants de la Bible étaient arrivées en Afrique du Sud dès 1902 et qu'un bureau y était établi de longue date, comme l'atteste la mention d'une adresse capetownienne dans des publications de 1932.[142] Le récit de de Jager, qui mentionne des déplacements à bicyclette ou à pied dans une région de camp minier frontalier, illustre la dimension artisanale et individuelle de cette organisation, distincte des mécanismes radiophoniques et postaux déployés simultanément aux États-Unis.
Science et médecine
Ce numéro du 27 mai 1931 contient plusieurs passages à enjeu idéologique dans le domaine médical et scientifique, où la revue met sa rhétorique au service d'une vision du monde fondée sur la méfiance envers la médecine conventionnelle et l'industrie, et sur l'idée que la santé obéit à des lois naturelles d'origine divine.
La critique la plus caractéristique de la ligne éditoriale de The Golden Age concerne les ustensiles de cuisine en aluminium. Un témoignage signé Florence Bowers, de Californie, impute à ces ustensiles des taches brunes sur la peau, des troubles gastriques et des problèmes de santé généraux, et présente leur abandon au profit d'ustensiles en émail comme une guérison miraculeuse.[143] Cette présentation entre dans un corpus éditorial bien documenté : selon la page Aluminium de ce wiki, The Golden Age a publié plus de 130 articles dénonçant les dangers des ustensiles en aluminium entre 1925 et 1969, sous l'impulsion de son éditeur Clayton Woodworth et du dentiste presbytérien Charles Truax Betts, dont le professeur Jerry Bergman a conclu que les auteurs de ces articles « étaient extrêmement naïfs et avaient peu ou aucune formation en médecine et en sciences ».[144] En 1931, aucun consensus scientifique ne reconnaissait une toxicité des ustensiles en aluminium à usage culinaire ordinaire, et la présentation de témoignages anecdotiques comme des preuves irréfutables caractérise bien la démarche pseudo-scientifique que l'historien James Penton a décrite comme ayant conduit les Témoins de l'époque à attribuer systématiquement toute indisposition alimentaire à la présence d'aluminium dans leur cuisine.[145]
Plus substantiel encore est le long développement consacré à la thérapie glandulaire, signé du Dr Herbert M. Shelton, un partisan du mouvement hygiéniste naturel dont Wikipedia note qu'il fut « sévèrement critiqué par ses contemporains pour avoir préconisé le jeûne plutôt que le traitement médical ».[146] La revue lui offre plusieurs pages pour dénoncer l'endocrinologie thérapeutique comme un tissu de charlatanisme commercial, en affirmant que les glandes ne peuvent être ni stimulées ni inhibées sans aggraver les troubles sous-jacents, et que les véritables clés de la santé résident dans des habitudes naturelles de vie.[147] Or, si l'endocrinologie clinique connaissait effectivement des dérives spéculatives à cette époque — la revue de l'American Historical Review décrit les années 1920 comme traversées de « fantasmes spéculatifs sur le renversement du vieillissement » et d'une psychologie « glandulaire » non étayée[148] —, des traitements glandulaires spécifiques étaient en 1931 déjà scientifiquement validés : les extraits de thyroïde pour l'hypothyroïdie et l'épinéphrine comme vasoconstricteur d'urgence faisaient partie de la pharmacopée reconnue, et l'endocrinologiste Harvey Cushing, bien avant 1931, avait lui-même critiqué non pas l'endocrinologie en tant que telle mais l'usage indiscriminé des mélanges glandulaires bruts, plaidant pour une approche fondée sur la preuve physiologique.[149] La position de la revue, qui présente comme un fait établi que tous les traitements endocriniens sans exception « ne font qu'accélérer la destruction » des glandes, outrepasse donc ce que même les critiques contemporains les plus sévères de l'organothérapie affirmaient, et elle le fait avec un intérêt idéologique clair : Shelton conclut que seule une hygiène de vie « naturelle » — conforme aux lois que le Créateur a inscrites dans le corps humain — peut garantir la santé, ce qui reconduit le lecteur vers une conception providentialiste de la biologie humaine cohérente avec la ligne eschatologique de la revue.[150]
Le numéro aborde également l'eugénisme sous un angle médico-scientifique apparent. La publication cite des statistiques sur des couples syphilitiques pour justifier la stérilisation des individus porteurs de maladies vénériennes ou de troubles héréditaires, présentée comme bénéfique pour la société, avant de conclure que seule la soumission aux desseins divins peut apporter une véritable harmonie.[151] Cette instrumentalisation de données épidémiologiques au service d'une argumentation qui invalide finalement la médecine au profit de la providence divine illustre un procédé récurrent dans la revue à cette période : mobiliser un fait scientifique partiellement exact pour mieux asseoir une conclusion théologique. En 1931, le mouvement eugéniste disposait d'un soutien institutionnel notable dans plusieurs pays, y compris aux États-Unis où la loi Buck v. Bell de 1927 avait légalisé la stérilisation forcée des « inaptes » ; la revue ne dénonçait donc pas une position marginale, mais adoptait un consensus scientifique et législatif douteux pour l'intégrer dans son propre discours eschatologique, sans distance critique.[152]
Économie et société
Le numéro du 27 mai 1931 consacre une portion significative de son espace éditorial à une description systématiquement sombre de la situation économique et sociale mondiale. La revue avait une raison idéologique manifeste de présenter la crise de cette façon : en accord avec l'eschatologie rutherfordienne, les désordres économiques et sociaux du monde séculier constituaient autant de signes de l'imminence du Millénium et de la faillite irrémédiable des gouvernements humains.[153] Deux affirmations méritent un examen critique particulier, car elles sont présentées comme des faits établis alors que la revue avait précisément intérêt à les accentuer ou à les déformer pour servir cette rhétorique.
La première concerne la quantité de monnaie réellement en circulation aux États-Unis. W. H. Harvey, dont l'article est relayé favorablement par la publication, affirme que « seulement cinq dollars par habitant » se trouvaient effectivement dans les poches des Américains, les statistiques officielles de 37,30 dollars incluant les dépôts bancaires qui ne feraient que servir de base à des prêts décuplés.[154] Or les données du Congressional Research Service établissent qu'en 1929, le montant de la monnaie en circulation per capita aux États-Unis s'élevait à environ 32 dollars, et que cette grandeur ne s'effondra pas à 5 dollars avec la crise qui suivit.[155] La manipulation rhétorique de Harvey, reprise sans recul critique par The Golden Age, consiste à confondre délibérément la masse monétaire au sens large — incluant les réserves bancaires et les dépôts — avec la seule monnaie fiduciaire physique détenue par les particuliers, afin d'obtenir un chiffre scandaleusement bas susceptible d'illustrer la « fraude » du système financier capitaliste. La revue avait un intérêt idéologique évident à relayer cette présentation alarmiste, qui servait sa dénonciation du système économique comme corruption fondamentale du monde séculier.
La seconde affirmation à enjeu idéologique est la description du recul de la démocratie dans le monde comme un phénomène universel et irréversible, signe prophétique de la fin des gouvernements humains.[156] Si la montée des régimes autoritaires en Europe dans les années 1930 est un fait historique réel — confirmé par les analyses consacrées à cette période, qui soulignent que les gouvernements fascistes paraissaient alors plus dynamiques que les démocraties libérales, lesquelles semblaient en retrait face à l'Allemagne nazie, à l'Italie mussolinienne et à l'URSS stalinienne[157] — la revue outrepassait ce constat en interprétant ce recul comme la preuve que l'ensemble des systèmes politiques humains allaient imminément s'effondrer pour laisser place au gouvernement divin. Cette lecture prophétique transformait un phénomène historique réel mais conjoncturel en une vérité eschatologique absolue, conférant à la crise démocratique des années 1930 une portée que les faits eux-mêmes n'autorisaient pas à affirmer avec cette certitude.
Illustrations du numéro
Références
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