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« L'Age D'Or 22 Janvier 1930 » : différence entre les versions

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La récurrence dans ce numéro de témoignages de lecteurs dénonçant les effets nocifs de l'aluminium culinaire reflète la politique éditoriale impulsée par [[Clayton Woodworth|Clayton J. Woodworth]], rédacteur en chef de la publication depuis sa fondation en 1919.<ref>[https://jwfacts.com/watchtower/medical.php Paul Grundy, « Medical Advice – Dangerous Watchtower Mistakes », JWfacts.com]</ref> Woodworth fit de ''The Golden Age'' un forum durable pour les mises en garde contre l'[[Aluminium|aluminium]], au point qu'un ouvrage de 2009 consacré à l'histoire de la politique américaine sur le fluorure recense plus de cent trente articles publiés sur ce sujet dans la revue entre 1925 et 1969.<ref>Freeze, R. Allan ; Lehr, Jay H., ''The Fluoride Wars'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 132.</ref>
La récurrence dans ce numéro de témoignages de lecteurs dénonçant les effets nocifs de l'aluminium culinaire reflète la politique éditoriale impulsée par [[Clayton Woodworth|Clayton J. Woodworth]], rédacteur en chef de la publication depuis sa fondation en 1919.<ref>[https://jwfacts.com/watchtower/medical.php Paul Grundy, « Medical Advice – Dangerous Watchtower Mistakes », JWfacts.com]</ref> Woodworth fit de ''The Golden Age'' un forum durable pour les mises en garde contre l'[[Aluminium|aluminium]], au point qu'un ouvrage de 2009 consacré à l'histoire de la politique américaine sur le fluorure recense plus de cent trente articles publiés sur ce sujet dans la revue entre 1925 et 1969.<ref>Freeze, R. Allan ; Lehr, Jay H., ''The Fluoride Wars'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 132.</ref>
== Illustrations du numéro ==
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== Références ==
== Références ==

Version du 23 juin 2026 à 22:30

l'Age D'Or 22 Janvier 1930
Revue L'Âge d'Or
Date 1930
Année 1930
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro place au cœur de sa réflexion la question du krach boursier d'octobre 1929, analysé à la fois comme un phénomène de manipulation financière et comme un signe prophétique annonciateur d'un effondrement bien plus radical du système mondial. L'article principal sur Wall Street donne au numéro sa tonalité dominante : une lecture eschatologique de l'actualité économique, où la chute des marchés illustre la corruption fondamentale d'un ordre social que la publication condamne sans appel.

Le numéro conjugue cet ancrage dans l'actualité immédiate avec des préoccupations plus larges touchant à la santé et aux conditions de vie des populations. Deux dossiers y occupent une place notable : l'un met en cause les dangers de l'aluminium dans les ustensiles de cuisine, présenté comme une source insidieuse d'empoisonnement domestique, tandis que l'autre s'attarde sur la chiropractie, examinée avec une attention critique dans le contexte des débats de l'époque sur les médecines alternatives et les intérêts de la profession médicale établie.

Cette diversité de ton, mêlant enquête sociale, avertissements sanitaires, témoignages personnels et commentaire prophétique, est mise au service d'une vision cohérente où les maux du monde présent — qu'ils soient financiers, politiques ou médicaux — appellent une transformation radicale et imminente. Le courrier des lecteurs, portant sur des remèdes domestiques et des curiosités naturelles, complète ce tableau en ancrant la publication dans les préoccupations concrètes de son lectorat populaire.

Contenu

Un peu à propos des maisons

Cet article de fond examine l'évolution du logement à travers le monde industrialisé. La publication constate que la Grande Guerre a provoqué une pénurie aiguë de logements en raison de la mort de nombreux artisans du bâtiment, et que les gouvernements européens ont réagi avec énergie : l'Angleterre aurait relogé un dixième de sa population depuis l'armistice, la Hollande environ un cinquième.[1] New York est présenté comme disposant d'un meilleur parc de logements ouvriers que toute autre ville du monde, malgré la persistance de zones dégradées jugées honteuses.[2]

L'article décrit la tendance générale à l'abandon de la maison individuelle au profit des immeubles collectifs, notamment à Boston, New York, Chicago et San Francisco, et évoque les gratte-ciel résidentiels dont la construction est annoncée dans le quartier financier de Manhattan.[3] Le phénomène de la réduction extrême de l'espace est illustré par l'appartement new-yorkais d'une seule pièce polyvalente, où alcôves et placards dissimulent tous les meubles.[4]

La section sur les propriétaires-bailleurs oppose des exemples de générosité — un propriétaire de South Bend qui offre un bail à vie après vingt et un ans de loyers, ou la ville de Vienne qui a pratiquement nationalisé l'ensemble du parc locatif — à des pratiques abusives, comme la surfacturation des appartements côté ensoleillé de la rue en Angleterre.[5] Un passage invoque les Écritures pour déclarer que les propriétaires ne sont qu'un expédient provisoire, la promesse biblique étant que « chacun s'assiéra sous sa vigne et sous son figuier » annonce un ordre où le bailleur n'aura plus sa place.[6]

L'article s'attarde sur les types insolites de construction : maisons en pisé, en tourbe, en béton ou en acier préfabriqué, dugouts de soldats recyclés par deux vétérans de San Francisco en habitation touristique, maisons perchées sur pilotis à Jamaica Bay, tour en brique convertie en immeuble de cent personnes à Berlin, maison octogonale pivotante conçue par des architectes français pour suivre le soleil.[7] Il évoque également les demeures historiques les plus anciennes de Grande-Bretagne et d'Allemagne, ainsi que les vieilles fermes de l'État de New York, et rappelle que la résidence Whitfield de Guilford (Connecticut), construite en 1639, est toujours en usage.[8]

La conclusion aborde la question des enfants dans le foyer. La publication relate les répliques impudentes de jeunes enfants à leurs maîtres d'école du dimanche — l'un déclarant être lassé de « l'affaire Jésus » et vouloir des histoires plus animées, un autre annonçant son intention d'enquêter sur le personnage de Jésus-Christ après avoir découvert que le Père Noël et la cigogne n'existent pas — pour poser la question rhétorique de savoir si l'on dira enfin la vérité à ces enfants ou si l'on continuera à leur servir « les vieux mensonges du Père Noël, du feu de l'enfer, de la Trinité et de l'immortalité ».[9]

Une chose après l'autre

Cette rubrique de brèves rassemble des nouvelles variées sans lien thématique. On y apprend que les ours prolifèrent en Pennsylvanie occidentale au détriment des éleveurs de moutons et des apiculteurs.[10] Il est révélé que l'ex-kaiser Guillaume II pratique le spiritisme, ayant soumis des questions, une photographie et des échantillons d'écriture à un médium.[11] Une brève signale que la généralisation des centraux téléphoniques automatiques va supprimer 95 % des emplois du secteur.[12]

D'autres entrefilets évoquent la surproduction de café au Brésil dont les entrepôts sont saturés, la détresse économique en Turquie où le coût de la vie est quatorze fois plus élevé qu'en 1914,[13] la progression du nombre de millionnaires aux États-Unis (290 personnes déclarant un revenu annuel supérieur à un million de dollars),[14] la situation des familles noires à New York dont le revenu moyen est inférieur de 17 % à celui du ménage type de la ville mais qui payent presque trois dollars de plus par pièce et par mois,[15] et la destruction ordonnée par un juge d'Arkansas d'une chaise électrique de torture utilisée par les shérifs du comté de Phillips.[16]

La rubrique mentionne aussi des émeutes antisémites dans les universités d'Europe centrale, où des étudiants juifs sont attaqués avec des instruments chirurgicaux, des pieds de chaise et des gourdins, causant d'importants dégâts matériels à Vienne et Prague.[17] Un article signale le projet de reconstituer le Grand Sanhédrin à Jérusalem pour réviser officiellement le procès de Jésus, le tribunal devant être composé de vingt-trois rabbins, vingt-quatre savants et vingt-quatre hommes d'affaires éminents de la communauté juive.[18]

D'autres brèves portent sur l'électrification de la ligne ferroviaire entre New York et Washington par la Pennsylvania Railroad,[19] la retraite financée par Alfred I. du Pont pour les personnes âgées du Delaware,[20] un pasteur de Long Island qui compare son métier à la vente de produits que les gens ne veulent pas acheter,[21] le recensement de 216 sectes différentes opérant aux États-Unis,[22] la bonne intégration des Mennonites au Paraguay après leur émigration du Canada,[23] et la découverte en Russie d'une nouvelle céréale combinant la résistance du seigle et la richesse du blé.[24]

La rubrique contient également un développement sur les conflits ouvriers en Caroline du Nord, décrivant des patrons de filatures qui possèdent les églises locales et dont les pasteurs seraient, selon la publication, « la police morale des seigneurs industriels ».[25] Le grand jury de Gastonia est accusé d'avoir refusé d'inculper les hommes ayant tué la militante ouvrière Ella May Wiggins, tout en poursuivant les dirigeants syndicaux pour meurtre.[26]

Parmi les anecdotes diverses figurent l'histoire du chien pompier de Millbury (Massachusetts) qui aurait sauvé un nourrisson d'un incendie,[27] le décès de Charles T. Wichmann qui avait réparé bénévolement les vêtements de trente mille sans-abri en quatre ans à New York,[28] le cas du garçon hindou Damodar Ketkar à Londres dont la présence s'accompagnerait de manifestations poltergeist interprétées comme l'œuvre de démons,[29] et les fusions industrielles en cours aboutissant à la concentration de la production de savon Colgate, de fromages Kraft-Phenix et de chocolats Hershey dans une seule entité de 125 millions de dollars.[30]

La rubrique évoque encore la position du sénateur Smith de Caroline du Sud déplorant qu'une économie qui employait cinquante travailleurs là où elle n'en emploie plus qu'un ne redistribue pas les gains de productivité,[31] la mort de Georges Clemenceau présenté comme tenant, à l'instar de la Bible, d'une conception du sommeil de la mort sans immortalité de l'âme,[32] le cas de Tom Mooney détenu depuis treize ans en Californie sur la base de faux témoignages,[33] et les risques mortels du métier de laveur de vitres à New York où deux pour cent des praticiens tombent chaque année.[34]

Feuilles de noyer et anémie

Ce court courrier des lecteurs, signé W. Denis Raenger, rend compte de l'expérience d'une femme souffrant de faiblesse et d'anémie qui, sur la recommandation d'un article antérieur de la revue, aurait préparé une infusion de feuilles de noyer noir séchées. La publication affirme qu'avant la fin de la première semaine la patiente se sentait mieux et plus forte, et qu'après plusieurs semaines elle avait repris du poids et retrouvé l'appétit, devenant selon le correspondant une adepte enthousiaste des conseils de santé de l'Age d'Or.[35]

La mémoire prodigieuse d'un éléphant

Un abonné rapporte qu'un éléphant nommé Black Diamond, défilant à Corsicana (Texas), aurait quitté le cortège pour se précipiter sur une femme dans la foule, la saisir avec sa trompe et la tuer, se souvenant après sept ans qu'elle avait fourni un emploi au cornac de l'animal, entraînant ainsi une séparation entre l'éléphant et son gardien.[36] L'animal, condamné à mort, aurait refusé la nourriture empoisonnée qui lui était offerte, comme s'il pressentait son exécution, et aurait dû être abattu par plusieurs rafales de mitrailleuse, sa carcasse pesant neuf tonnes.[37]

La sauce à la cenotaphe

Ce courrier de lectrice, signé Ida Heryon, témoigne des effets néfastes supposés de la cuisson en ustensiles d'aluminium. La correspondante affirme que depuis qu'elle a cessé d'utiliser ses casseroles en aluminium il y a environ quatre mois, ses chevilles très enflées ont considérablement dégonflé, le jaunissement de ses yeux a disparu et son sommeil s'est amélioré.[38] Elle raconte comment l'utilisation accidentelle d'un couvercle en aluminium pour faire cuire du porridge lui a causé trois jours de malaise grave avec vomissements et douleurs, attribuant cet épisode à la vapeur condensée sur le couvercle.[39] Ce témoignage s'inscrit dans la campagne récurrente de la revue contre l'aluminium culinaire.

Grondements de Wall Street

Illustration accompagnant l'article sur le krach boursier de 1929, page 272.
Seconde illustration de l'article sur Wall Street, représentant une scène apocalyptique évoquant la chute de Babylone, page 272.

Cet article signé F. W. O'Neill analyse le krach boursier d'octobre 1929. La publication décrit les événements du jeudi 24 octobre comme un choc sans précédent dans l'histoire financière de Wall Street : près de 13 millions de titres déversés sur le marché en une seule séance, avec des pertes estimées à environ cinq milliards de dollars.[40] Malgré les déclarations rassurantes des banquiers réunis dans le plus grand établissement financier de Wall Street, du secrétaire au Trésor et du président Hoover, le lundi suivant les cours reprenaient leur chute, jusqu'à l'effondrement complet du mardi avec plus de 16 millions de titres échangés.[41]

La publication illustre la mécanique de la manipulation boursière par l'exemple d'un constructeur automobile dont le titre est passé de 514 dollars le 18 septembre à 120 dollars le 29 octobre, soit une perte de quelque 77 %,[42] et dénonce le fait qu'une minorité de spéculateurs peut imposer ses prix à l'ensemble du marché. L'article décrit la stratégie des grands opérateurs — acheter bas après la panique, puis annoncer publiquement leurs achats pour déclencher le rebond dont ils profiteront à la revente —, citant en exemple le magnat pétrolier le plus riche du monde et son fils.[43]

Le ton de l'article s'élève ensuite vers une condamnation morale et eschatologique du système financier dans son ensemble. La publication affirme que le krach de 1929 ne sera qu'un tremblement mineur comparé à « le plus grand tremblement de terre que le monde ait jamais vu ou connu, qui secouera les fondations de ce système injuste et malsain ».[44] Le texte se conclut par une citation de Apocalypse 22:11-12, annonçant que dans le jour à venir ce sont les hommes, et non l'argent ou la richesse, qui seront l'étalon de valeur, et que le « serviteur sage » ne doit pas se laisser dérouter par les fluctuations de ce système.[45]

L'article est accompagné de deux illustrations : l'une représente la dynamique financière de la spéculation (intitulée « The Uplift »), l'autre est une citation biblique illustrée évoquant l'ange de l'Apocalypse jetant la grande ville de Babylone dans la mer (« And a mighty angel took a stone like unto a millstone, and cast it into the sea »), établissant ainsi une analogie entre le système financier mondial et la Babylone de Apocalypse 18.[46]

==== Dur pour le comptable ===={

Cette brève ironique rapporte qu'un bootlegger de Staten Island a négocié avec les autorités fédérales le paiement de 100 000 dollars sur 498 737 dollars d'impôts et pénalités évalués sur ses profits de contrebande d'alcool, et a été condamné à une amende de 2 000 dollars et un an de prison avec sursis. La publication note avec ironie que Mr Dunne reste ainsi bénéficiaire de 296 737 dollars, concluant par le jeu de mots « Well Dunne ! ».[47]

La sécurité dans la maison équipée électriquement

Illustration accompagnant l'article sur la sécurité électrique, page 275.

Cet article de Vinzens Spath, électricien, expose les risques d'électrocution à basse tension dans les habitations. La publication explique que lors d'un choc électrique à basse tension les muscles se contractent progressivement, immobilisant la victime qui ne peut se dégager, la mort survenant par animation suspendue en l'espace de quelques minutes à une heure.[48] L'auteur recommande qu'une personne seule coincée sur une surface conductrice tente de se déplacer vers un matériau isolant sec — planche, carton, journaux — afin de rompre le circuit, ou de briser l'ampoule de sa rallonge contre une surface pour faire fondre les fusibles.[49]

L'article est illustré d'anecdotes : un plombier réparant une chaudière qui s'évanouit et tombe hors de la fosse, rompant ainsi le circuit et survivant ; une famille de Rose City Park qui, en lavant son sol de cuisine à grande eau, se retrouve à recevoir des décharges à chaque contact avec les robinets, la fuite d'eau ayant chargé électriquement le plancher par l'intermédiaire d'un vieux culot en porcelaine.[50] La publication déconseille les cordons à gaine de soie ou les cordons dits « heater cord » en zones humides, recommande les prises étanches de type « Brewery », « Packing House » ou « Tyrex », et insiste sur la nécessité de porter des caoutchoucs dans les caves.[51]

L'auteur condamne également la pratique consistant à insérer une pièce de monnaie derrière un fusible grillé, supprimant ainsi la protection automatique du circuit, et déplore que la plupart des familles ne sachent pas où couper le gaz, l'eau et l'électricité de leur propre maison en cas d'urgence.[52]

Le couteau contre la main

Illustration accompagnant l'article sur la chiropraxie, page 276.

Cette brève rapporte le cas d'une jeune femme de San Antonio (Texas) restée cinquante jours dans le coma après un accident d'automobile, sans réaction aux opérations ni aux médicaments, et qui aurait repris conscience immédiatement après l'intervention d'un chiropraticien. La publication en conclut qu'il pourrait être utile pour les chirurgiens de suivre une formation en chiropraxie afin de savoir quand ne pas opérer.[53]

Le savon et l'eau plus sûrs que le calomel

Cet article, signé par le Dr Alex. C. Barthels, directeur de l'Edinburgh School of Natural Therapeutics et membre de la Society of British Naturopaths, réagit à un article antérieur de l'Age d'Or citant le Bureau de santé publique américain selon lequel un cinquième des journées d'hospitalisation des marins américains sont imputables aux maladies vénériennes et qu'un prophylactique à base de pommade de calomel pourrait être fourni pour cinq cents.[54]

Le Dr Barthels avertit que le principe actif du calomel est le mercure, un métal lourd susceptible de s'accumuler dans l'organisme et de détruire les tissus nerveux. Il affirme que les manuels de toxicologie médicale décrivent les symptômes de l'intoxication mercurielle chronique comme parallèles à ceux de la syphilis tertiaire, et que l'on ne saurait trouver aujourd'hui un malade au stade tertiaire qui n'ait pas reçu de traitement mercuriel.[55] Il invoque l'exemple du Dr Hermann, qui aurait traité soixante mille cas de maladies vénériennes sans mercure à l'hôpital Leiden près de Vienne, sans observer un seul cas de rechute spontanée, de symptômes tertiaires ou de transmission héréditaire.[56] L'auteur conclut en appelant les autorités à « laisser les administrations de poisons à ceux qui s'intéressent à la cruauté, au suicide et au meurtre » et à privilégier l'hygiène corporelle.[57]

Ces employés de banque de Flint

Cette brève ironique signale que le caissier et d'autres employés de la Union Industrial Bank de Flint (Michigan) ont détourné 3 592 000 dollars des fonds de l'établissement pour spéculer en Bourse. La publication note avec causticité qu'ils ont eu la délicatesse de ne pas emporter la vitrine ni la porte du coffre, et que le président de la banque a remboursé les pertes de sa propre fortune, permettant à l'établissement de continuer à fonctionner avec un nouveau personnel.[58]

Les postes récepteurs se multiplient rapidement

Cette brève indique que les postes récepteurs de radio continuent de se multiplier rapidement, avec 10 250 000 appareils aux États-Unis et 9 139 824 en Europe hors Russie et Turquie.[59]

Le colporteur rencontre son Waterloo sur l'île de Corse

Ce récit de voyage, signé A. E. Bosselli, relate l'expérience d'un colporteur de l'I.B.S.A. (International Bible Students Association) parcourant l'île de Corse pour y diffuser des publications. L'auteur établit d'emblée un parallèle avec Napoléon — né à Ajaccio, parti de Corse vers la France et défait à Waterloo — pour annoncer que lui-même, parti de France vers la Corse, a remporté des succès dans les grandes villes avant de rencontrer son propre « Waterloo » dans la ville natale de l'Empereur.[60]

L'article offre une description géographique de la Corse : île méditerranéenne d'environ 5 500 miles carrés et 300 000 habitants, dominée par une chaîne de montagnes centrale dont les sommets atteignent 8 900 pieds, parcourue par des mulets utilisés comme bêtes de somme là où les Suisses portent leurs charges eux-mêmes faute de pouvoir entretenir des ânes pendant les longs hivers alpins.[61] Bosselli décrit la ligne de chemin de fer à voie étroite reliant Bastia (33 000 habitants) à Ajaccio (23 000 habitants), franchissant les montagnes à une altitude maximale de 3 300 pieds avec l'aide de deux locomotives en poussée sur les sections les plus raides.[62]

L'article relate plusieurs anecdotes de voyage : un contrôleur se déplaçant à l'extérieur des wagons en marche pour poinçonner les billets en passant la tête par les fenêtres ouvertes ; une serveuse de restaurant dont la bourse, laissée sur un porte-manteau, avait été vidée, situation que la patronne imputait à un client habituel ; une femme italienne lavant son linge dans un ruisseau à genoux dans l'eau, qui achète des publications en italien après que le colporteur les lui présente dans sa langue.[63]

Le colporteur note que le catholicisme domine l'île mais perd du terrain, que les habitants commencent à penser par eux-mêmes, et que « aucun intérêt vraiment éveillé ne fut trouvé ».[64] Son « Waterloo » consiste en fait à avoir épuisé tout son stock de livres en français dans la matinée du dernier jour, le bateau ne partant qu'à seize heures, le laissant comme un soldat sans munitions sur le champ de bataille — situation qu'il accueille avec joie, préférant avoir tout placé avec quelques heures à perdre plutôt que de rentrer avec des invendus.[65] L'article se clôt sur une citation de Matthieu 24:14 et une prière pour que les lecteurs des livres en tirent bénéfice.[66]

Le protestantisme près de sa fin

La publication présente la traduction d'un article paru dans deux journaux lisbonnais le 29 octobre 1929, rapportant un incident survenu lors d'une conférence générale à Worcester : un pasteur anglican de Worcester, le révérend Locey, aurait déclaré ne pas considérer la Bible comme l'expression de la Parole divine, estimant n'y trouver « simplement une vaste collection de précieuse littérature » et ne voir dans l'Écriture que des hommes cherchant Dieu à tâtons.[67] La revue commente avec acrimonie que le pasteur en question ne réalise pas qu'il est en train de se couper la gorge, et que ses propos confirment que le glas du protestantisme sonne.[68]

Satan dans les séminaires

Citant l'écrivain H. L. Mencken, qui déclarait en septembre 1929 que Satan s'était infiltré dans les séminaires de théologie et que le clergé de demain était en train d'être corrompu, la publication approuve cette appréciation et affirme que les diplômés des séminaires contemporains sont des incrédules à l'égard de la Bible et, pour beaucoup, des athées dans l'âme, « n'ayant ni amour ni révérence pour Dieu ni pour quoi que ce soit qui lui soit lié », dont le seul effet possible sur leurs ouailles est de détruire leur foi.[69]

Erreur contre vérité

Ce long article radiodiffusé, présenté comme une émission du juge Rutherford depuis la station WBBR de New York, constitue le cœur doctrinal du numéro. Il s'inscrit dans une série consacrée à l'étude du livre de Job, exhortant les auditeurs à lire les chapitres 14 à 33 de ce livre.[70]

La publication affirme d'emblée que la règle divine pour discerner qui suit une voie sage est donnée dans Psaume 25:14 : le secret de l'Éternel est avec ceux qui le craignent. À l'inverse, l'homme orgueilleux et satisfait de lui-même, qui donne gloire aux hommes, déplaît à Dieu, selon 1 Pierre 5:5.[71] Jésus illustrait ce principe par la parabole du pharisien et du publicain : le religieux pharisaïque était condamné pour son attitude, tandis que le pécheur humble obtenait la faveur de Dieu.[72]

L'article interprète la déclaration de Job en Job 14:13-14 — exprimant l'espoir d'une résurrection — comme une vérité prophétique qui mit Satan en colère, le poussant à utiliser son agent Éliphaz pour répliquer par l'erreur. Le discours d'Éliphaz (Job 15:1-10) est présenté comme l'ancêtre du raisonnement clérical qui prétend que seul le clergé, fort de ses théologiens chargés d'ans, est dépositaire de la sagesse divine et seul habilité à enseigner les vérités sur la vie future.[73] La publication cite des paroles prétendument tenues par des pasteurs à leurs fidèles : « Vous feriez mieux de ne lire aucun livre et de ne pas étudier par vous-même. Laissez tout cela à nous, les prédicateurs. Nous sommes les gardiens de votre âme et vos seuls enseignants. » [74]

L'article développe ensuite l'analyse d'Éliphaz affirmant en Job 15:15-19 que Dieu n'a pas confiance même dans ses anges saints, encore moins dans l'homme souillé d'iniquité — passage interprété comme illustrant la prétention du clergé à s'arroger toute la sagesse d'en haut tout en condamnant l'homme ordinaire.[75] Face aux réfutations de ses trois amis, Job maintient son intégrité (Job 16:1-7) et est présenté comme le type prophétique de l'homme honnête incapable d'harmoniser les prétentions de la « chrétienté » avec un Dieu de justice et d'amour.[76]

La publication condamne successivement les doctrines catholique — qui promet le ciel à ses membres, le purgatoire ou les flammes éternelles aux autres — et protestante — qui menace identiquement ses non-membres des tourments éternels — comme deux branches de l'organisation de Satan dont le but est d'éloigner les hommes de Dieu.[77] Elle affirme qu'aucun système ecclésiastique ne prêche la rédemption par le sang du Christ, la résurrection des morts et la restitution à la vie pour les obéissants sur la terre, et que tous ces systèmes sont « des fraudes et des "faussaires de mensonges" et des docteurs en théologie sans valeur aucune ».[78]

La seconde partie de l'article est consacrée au personnage d'Élihu, présenté comme un jeune homme descendant d'Abraham (Genèse 22:20-21), dont le nom signifie « mon Dieu c'est lui ».[79] Élihu n'a rien dit pendant tout le débat, attendant que les trois prétendus sages aient épuisé leurs arguments. La publication cite longuement son discours (Job 32:6-13 et Job 32:20-22) pour souligner son refus de flatter les hommes : « De grâce, ne me laissez pas accepter la personne de quiconque, ni donner des titres flatteurs à l'homme. Car je ne sais pas donner de titres flatteurs ; en agissant ainsi, mon Créateur m'emporterait bientôt. » [80]

L'article développe l'idée que toute adulation des hommes est une œuvre du Diable visant à détourner les créatures de Jéhovah, et que les galeries d'art d'Europe et d'Amérique, où figurent aux côtés du guerrier et de l'homme d'État le religieux à l'air sanctimonieux, constituent une preuve tangible de l'union entre la puissance financière, militaire, politique et cléricale au service de l'organisation de Satan.[81] La publication conclut ce passage en énonçant la règle selon laquelle toute adulation et vénération des hommes traduit l'influence subtile du Diable pour détourner les hommes de Jéhovah, et en affirmant que ceux qui flattent les hommes ou reçoivent des flatteries sont « emportés » du Seigneur — ce qui s'applique aussi bien aux juifs exaltant leurs rabbins, aux catholiques vénérant leurs saints, qu'aux protestants louant leurs pasteurs.[82]

La suite du sermon sur Job

La page 29 poursuit l'article sur la souffrance humaine et le livre de Job, en s'appuyant sur le discours d'Élihu. La publication expose que Job avait parlé sans comprendre et que ses amis, à l'image du clergé selon le texte, n'avaient pas enseigné au peuple la vraie raison de la souffrance humaine.[83] Élihu prend alors la parole pour chanter les louanges de Jéhovah Dieu et annoncer, selon la publication, un dessein rédempteur : le texte affirme que ses paroles étaient prophétiques et décrivaient l'intention de Dieu de mettre fin à la maladie et à la mort, et de restaurer l'humanité déchue. La publication cite longuement Job 33 : 18-30 afin d'illustrer la grâce divine promise à l'homme souffrant, pourvu qu'un messager interprète pour lui la vérité.[84] La série d'articles se conclut par l'annonce que la prochaine méditation dominicale portera sur le message de vérité contenu dans les chapitres 33 à 38 du livre de Job, « dont le message et sa compréhension jettent un flot de lumière sur certains événements importants qui se déroulent de nos jours ».[85]

La même page accueille une brève lettre d'une lectrice, Mme D. P. O'Rear, intitulée « It Makes a Difference » (« Cela fait une différence »), qui témoigne que l'abandon des ustensiles de cuisine en aluminium au profit de la vaisselle en granit a fait disparaître des troubles rénaux, vésicaux et gastriques dont souffraient son mari et elle.[86] Ce témoignage s'inscrit dans la ligne éditoriale récurrente de L'Âge d'Or contre les matériaux d'aluminium, présentés comme une source d'empoisonnement alimentaire.

Questions et réponses bibliques sur le sabbat

Illustration extraite du numéro du 22 janvier 1930.

La rubrique « Bible Question and Answer » est consacrée dans ce numéro à une triple question de lecteurs portant sur le jour du sabbat : lequel est le vrai jour du Seigneur, le samedi ou le dimanche, et quel sabbat le chrétien doit-il observer ?[87] La réponse développée occupe la totalité de la page 30 et prend soin de distinguer plusieurs niveaux : le grand sabbat de Dieu, le sabbat hebdomadaire mosaïque, et le repos de foi propre aux chrétiens.

La publication explique que le mot « sabbat » signifie repos et cessation, et que le repos divin décrit en Genèse 2:1-3 ne dure pas vingt-quatre heures mais correspond à la durée de chaque jour créateur, soit, selon le raisonnement exposé, sept mille ans.[88] Elle cite le Psaume 95 et l'épître aux Hébreux 4 pour établir que Dieu était encore dans son repos plus de quatre mille ans après la création d'Adam, et que ce grand sabbat ne s'achèvera qu'à la fin du règne millénaire du Christ Jésus.[89]

Le texte soutient que le sabbat hebdomadaire du samedi fut institué exclusivement pour les Hébreux sortis d'Égypte, comme « signe » entre eux et Dieu, conformément à Exode 31:13 et Ézéchiel 20:12,20.[90] La publication précise que Jésus a aboli cette obligation en mourant sur la croix, s'appuyant sur Éphésiens 2:15 et Colossiens 2:14, de sorte que « les chrétiens, qu'ils soient anciennement juifs ou Gentils, ne sont pas soumis à une loi leur imposant d'observer le samedi, le dimanche ou tout autre jour de la semaine en cessant totalement tout travail corporel ».[91]

La réunion dominicale est ainsi présentée non comme un sabbat mais comme une commémoration de la résurrection de Jésus le premier jour de la semaine. La publication invoque l'exemple de l'apôtre Paul, qui fréquentait les synagogues le samedi uniquement pour y trouver un auditoire, et critique dans Galates 4:10 les chrétiens qui s'imposaient l'observation des jours à la manière juive.[92] La conclusion pratique est que les Étudiants de la Bible se sentent libres de prêcher de porte en porte les samedis et les dimanches, entrant ainsi dans le grand sabbat de Dieu par la foi.[93]

L'histoire radio des enfants — les aveugles de Jéricho et la résurrection de Lazare

Illustration extraite du numéro du 22 janvier 1930.

La rubrique enfantine « The Children's Own Radio Story », signée C. J. W. Jr., présente le quarante-quatrième épisode de sa série narrative à destination des jeunes lecteurs.[94] L'épisode raconte deux événements consécutifs du ministère de Jésus. En premier lieu, la guérison de deux aveugles assis au bord de la route près de Jéricho : ceux-ci, entendant passer la foule qui suivait Jésus, l'interpellent malgré les tentatives de la foule pour les faire taire, jusqu'à ce que Jésus s'arrête, touche leurs yeux et leur rende immédiatement la vue.[95]

Le récit enchaîne avec l'épisode de la résurrection de Lazare, présenté par l'auteur comme « le miracle le plus important de son ministère » en raison de ses effets les plus décisifs sur la suite des événements.[96] La narration insiste sur la distance à parcourir depuis la Pérée jusqu'à Béthanie, sur le fait que Lazare était mort depuis quatre jours et avait été enseveli dans un caveau de pierre scellé, selon la coutume juive de l'époque.[97] Le texte met en relief le verset « Jésus pleura », qu'il qualifie de « le verset le plus court de la Bible, et le plus touchant, car il révèle clairement la belle tendresse de cœur du grand Fils de Dieu ».[98] Après la résurrection de Lazare, le récit note que si la foi des disciples de Jésus en fut centuplée, certains témoins portèrent au contraire la nouvelle aux grands prêtres de Jérusalem, provoquant le concile qui décida de mettre Jésus à mort.[99]

Illustration extraite du numéro du 22 janvier 1930.
Illustration extraite du numéro du 22 janvier 1930.

Analyse

Croyances

L'article « Erreur contre vérité » constitue le pivot doctrinal de ce numéro. Sa thèse centrale — que l'exégèse du livre de Job oppose une vérité divine accessible à tout homme humble à une erreur cléricale entretenue par une hiérarchie institutionnelle corrompue — s'inscrit dans la polémique antireligieuse constante de L'Âge d'Or depuis sa fondation par Clayton Woodworth en 1919, mais elle lui confère ici une dimension herméneutique précise en faisant d'Éliphaz le prototype typologique du prêtre catholique et du pasteur protestant.[100] La démonstration procède par comparaison entre les trois amis de Job, qui s'arrogent la sagesse divine en raison de leur âge et de leur rang, et le clergé contemporain, dont la publication affirme qu'il dissuade ses fidèles de toute lecture personnelle des Écritures et se pose en seul intermédiaire légitime entre Dieu et l'homme.[101]

La figure d'Élihu occupe une place théologique particulièrement significative dans cet article. Le jeune homme qui, dans le texte biblique de Job 32, attend que ses aînés aient épuisé leurs arguments avant de prendre la parole, est érigé en modèle de celui qui refuse toute flatterie des hommes et ne cherche pas à plaire aux puissants. La publication emploie ce personnage pour articuler une doctrine de l'humilité radicale : toute déférence envers une personnalité humaine, qu'elle soit rabbinique, catholique ou protestante, est présentée comme une déviation diabolique détournant le fidèle de Jéhovah.[102] Ce raisonnement est cohérent avec la position théologique soutenue dans la rubrique « Bible Question and Answer » du même numéro, qui établit que ni le samedi ni le dimanche ne constituent un sabbat obligatoire pour le chrétien, libérant ainsi les membres du groupe pour la prédication de porte en porte ces deux jours — la pratique missionnaire étant présentée comme le seul vrai « repos en Dieu ».[103]

La doctrine sur le sabbat développée dans la rubrique « Bible Question and Answer » repose sur une lecture typologique du septième jour de la Genèse : la publication soutient que chacun des « jours » créateurs de Genèse 2:1-3 correspond à sept mille ans d'histoire humaine, de sorte que le grand sabbat de Dieu couvre l'ensemble de la période allant de la création d'Adam jusqu'à la fin du règne millénaire du Christ.[104] Ce calcul chronologique — qui rattache le repos divin à une eschatologie millénaire — est structurellement solidaire de la doctrine prophétique d'ensemble défendue par la Watch Tower depuis Charles Taze Russell, selon laquelle les « jours de création » ne sont pas des périodes de vingt-quatre heures mais des âges prophétiques aux durées calculables.[105] L'argument scripturaire mobilisé, Hébreux 4 combiné au Psaume 95, est celui-là même que Russell utilisait pour établir que le sabbat mosaïque était une « ombre » du grand repos millénaire à venir, et non une obligation permanente pour les chrétiens.[106]

La série radiodiffusée sur Job illustre également la manière dont l'eschatologie économique et l'eschatologie théologique convergent dans ce numéro. L'article sur le krach boursier de 1929 signe F. W. O'Neill recourt à l'imagerie d'Apocalypse 18 — l'ange jetant la meule de Babylone dans la mer — pour qualifier le système financier mondial de structure condamnée, parallèlement à la conviction exprimée dans « Erreur contre vérité » que les institutions ecclésiastiques constituent elles aussi un élément de l'organisation de Satan voué à l'effondrement.[107] La conjonction de ces deux niveaux d'analyse — l'un économique, l'autre théologique — au sein d'un même numéro révèle que la publication traite le krach de 1929 non comme un simple événement financier mais comme une confirmation prophétique : le tremblement de terre économique est lu à la lumière de Apocalypse 22:11-12, les grandes fortunes s'effondrant conformément à l'annonce de jugements divins imminents.[108]

La condamnation simultanée des doctrines catholique et protestante dans « Erreur contre vérité » présente une symétrie remarquable : les deux traditions sont déclarées « deux branches de l'organisation de Satan » au motif qu'elles menacent leurs non-membres de damnation éternelle tout en promettant le salut à leurs adhérents.[109] Cette équivalence condamnatoire est cohérente avec la position que la Watch Tower défend depuis le début du siècle sur l'immortalité de l'âme : les doctrines du purgatoire, de l'enfer éternel et de la Trinité sont rassemblées dans un même rejet, comme en témoigne aussi la formule de la conclusion de l'article sur les maisons, qui met sur le même plan « les vieux mensonges du Père Noël, du feu de l'enfer, de la Trinité et de l'immortalité ».[110] La doctrine du « sommeil de l'âme » — la mort comme état d'inconscience totale, sans survie immédiate — est par ailleurs évoquée à travers l'anecdote sur Georges Clemenceau, présenté comme tenant, à l'instar de la Bible, d'une conception non dualiste de la mort.[111]

La campagne contre les ustensiles en aluminium, dont ce numéro publie deux témoignages de lecteurs distincts, s'inscrit dans la série documentée de plus de cent trente articles que la revue a consacrés à ce sujet entre 1925 et les années 1950.[112] Les deux courriers des lecteurs de ce numéro — celui d'Ida Heryon attribuant la disparition d'œdèmes et de jaunisse à l'abandon des casseroles en aluminium, et celui de Mme D. P. O'Rear imputant la guérison de troubles rénaux et gastriques au passage à la vaisselle en granit — obéissent au schéma narratif du témoignage de santé que la rédaction de Clayton Woodworth a systématisé comme mode de validation de ses thèses médicales non conventionnelles.[113] L'historien James Penton a relevé que ce type d'articles a conduit les lecteurs de la revue à attribuer systématiquement leurs malaises à la cuisson en aluminium plutôt qu'à d'autres causes alimentaires.[114]

La résurrection de Lazare, présentée dans la rubrique enfantine comme « le miracle le plus important de son ministère », n'est pas un choix anodin dans l'économie doctrinale de ce numéro.[115] Ce récit illustre concrètement la doctrine du « sommeil de l'âme » : Lazare était mort depuis quatre jours et il n'est nullement question d'une existence consciente de son âme pendant cette période, ce qui rend cet épisode évangélique particulièrement utile à la démonstration que la mort est un état d'inconscience dont seule la résurrection peut tirer l'homme, conformément à l'espérance exprimée en Job 14:13-14 et glosée dans « Erreur contre vérité ».[116] La narration insiste sur les quatre jours d'ensevelissement dans le caveau scellé pour rendre toute interprétation d'une survie intermédiaire de l'âme impossible à défendre à partir de ce texte, ce qui constitue un argumentaire implicite contre la doctrine catholique du purgatoire et la croyance protestante en une vie consciente après la mort.[117]

Organisation et histoire

Ce numéro de L'Âge d'Or paraît dans une période où le mouvement des Etudiants de la Bible opère depuis plusieurs années sous la bannière de l'International Bible Students Association, désignation collective encore en usage au début de l'année 1930. Le récit du colporteur Bosselli, publié dans ce numéro, documente une tournée de diffusion réalisée en Corse, île française alors particulièrement difficile d'accès, illustrant ainsi l'extension géographique du réseau de distribution de la publication au-delà du continent américain.[118] La Corse constitue dans ce récit un terrain d'expérimentation spécifique pour le colportage : Bosselli y décrit les obstacles logistiques propres à l'insularité — routes de montagne, villages isolés, population rurale peu exposée aux publications de l'organisation — et la manière dont il parvient néanmoins à placer ses livres et périodiques auprès d'un public local.[119]

La mention de la station de radio WBBR de New York comme source du discours de Rutherford reproduit dans ce numéro témoigne du recours systématique à la radiodiffusion comme vecteur de diffusion doctrinale.[120] Selon le Consolation 8 Janvier 1930, le réseau Watch Tower diffusait à cette époque les conférences dominicales de Rutherford sur trente et un stations réparties entre le Maine et la Caroline du Nord.[121]

La récurrence dans ce numéro de témoignages de lecteurs dénonçant les effets nocifs de l'aluminium culinaire reflète la politique éditoriale impulsée par Clayton J. Woodworth, rédacteur en chef de la publication depuis sa fondation en 1919.[122] Woodworth fit de The Golden Age un forum durable pour les mises en garde contre l'aluminium, au point qu'un ouvrage de 2009 consacré à l'histoire de la politique américaine sur le fluorure recense plus de cent trente articles publiés sur ce sujet dans la revue entre 1925 et 1969.[123]


Illustrations du numéro

Références

  1. l'Age D'Or 22 Janvier 1930, p. 259.
  2. l'Age D'Or 22 Janvier 1930, p. 259.
  3. l'Age D'Or 22 Janvier 1930, p. 259.
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  6. l'Age D'Or 22 Janvier 1930, p. 260.
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