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« Consolation du 1er juin 1938 » : différence entre les versions

De Tj-encyclopédie
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Cet article critique les réunions religieuses annuelles organisées à Londres par diverses sectes entre mi-avril et mi-juin. La publication affirme que ces rassemblements, bien que centrés sur des activités religieuses, parlent peu de la Parole de Dieu ou du Royaume des cieux. Elle souligne que la presse quotidienne les ignore, sauf lorsqu'un intervenant fait une déclaration provocante. Selon la publication, ces réunions reflètent les priorités des partisans de la religion, qui cherchent avant tout à promouvoir leur propre cause plutôt qu'à diffuser le message de Jéhovah. Elle conclut que ces organisations sont parmi les dernières à être réceptives au message porté par les Témoins de Jéhovah, car elles privilégient leur propre prospérité et des réformes sociales plutôt que l'avènement du Royaume de Dieu<ref>''Consolation du 1er juin 1938'', p. 28.</ref>.
Cet article critique les réunions religieuses annuelles organisées à Londres par diverses sectes entre mi-avril et mi-juin. La publication affirme que ces rassemblements, bien que centrés sur des activités religieuses, parlent peu de la Parole de Dieu ou du Royaume des cieux. Elle souligne que la presse quotidienne les ignore, sauf lorsqu'un intervenant fait une déclaration provocante. Selon la publication, ces réunions reflètent les priorités des partisans de la religion, qui cherchent avant tout à promouvoir leur propre cause plutôt qu'à diffuser le message de Jéhovah. Elle conclut que ces organisations sont parmi les dernières à être réceptives au message porté par les Témoins de Jéhovah, car elles privilégient leur propre prospérité et des réformes sociales plutôt que l'avènement du Royaume de Dieu<ref>''Consolation du 1er juin 1938'', p. 28.</ref>.


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Cet article dénonce la pratique religieuse consistant à donner des noms de saints aux édifices religieux, une tradition étrangère au christianisme authentique selon la publication. Elle explique que cette coutume, notamment dans l'Église d'Angleterre, vise à faire d'un saint le patron d'une église particulière, comme c'est le cas pour les églises dédiées à « Tous les Saints » ou à « Sainte Marguerite ». La publication affirme que cette pratique relève de la tromperie religieuse et sert les intérêts commerciaux des églises.
Cet article dénonce la pratique religieuse consistant à donner des noms de saints aux édifices religieux, une tradition étrangère au christianisme authentique selon la publication. Elle explique que cette coutume, notamment dans l'Église d'Angleterre, vise à faire d'un saint le patron d'une église particulière, comme c'est le cas pour les églises dédiées à « Tous les Saints » ou à « Sainte Marguerite ». La publication affirme que cette pratique relève de la tromperie religieuse et sert les intérêts commerciaux des églises.

Version du 4 juillet 2026 à 11:59

Consolation du 1er juin 1938
Revue Consolation
Date 1938
Année 1938
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de Consolation est dominé par un long reportage missionnaire en provenance d'Inde, rédigé sous la forme d'un récit de voyage et d'expériences de terrain. Un missionnaire identifié comme Claude Goodman y décrit le travail de diffusion des enseignements des Témoins de Jéhovah à travers le sous-continent, à bord d'un véhicule équipé d'un système sonore, dans des conditions matérielles précaires et face à une opposition organisée du clergé catholique et protestant.[1]

Le numéro consacre également plusieurs courts articles à des faits de société observés en Inde et à Ceylan, mêlant critique sociale, anecdotes religieuses et apports scientifiques. Une lettre ouverte adressée à l'archevêque nouvellement intronisé à Bombay illustre la posture polémique caractéristique de la publication vis-à-vis des hiérarchies catholiques, s'appuyant sur des citations bibliques pour dénoncer les pratiques jugées contraires aux Écritures.[2]

Contenu

Avec une voiture en bon état en Inde

La publication relate le voyage d'un missionnaire des Témoins de Jéhovah en Inde, utilisant une voiture équipée d'un système sonore pour diffuser des enregistrements en langues locales. L'auteur décrit les conditions difficiles du pays, marqué par la pauvreté, les inondations et l'illettrisme, estimant que 95 % de la population ne sait pas lire. Les enregistrements permettent de contourner cette barrière et d'atteindre des auditeurs dans des régions reculées. Le missionnaire souligne l'opposition des prêtres catholiques, qui surveillent les activités des Témoins et tentent de dissuader les fidèles de s'intéresser à leurs enseignements. Malgré cela, certains catholiques acceptent de recevoir des publications comme Riches ou The Golden Age (devenu Consolation) après avoir entendu des discours sur des sujets comme le purgatoire ou la Trinité. L'article mentionne également des réactions positives parmi les populations locales, y compris des missionnaires protestants, bien que ces derniers tentent de discréditer les Témoins de Jéhovah lors de réunions publiques[3].

Illustration accompagnant l'article sur la diffusion des enseignements en Inde.

Espionnage des gardiens de prison

Cet article dénonce les méthodes d'espionnage employées par le clergé catholique pour surveiller les activités des Témoins de Jéhovah. L'auteur rapporte qu'une femme ayant commandé des livres des Témoins a été dénoncée à son prêtre, bien qu'elle n'en ait parlé à personne. Le texte souligne la peur croissante de la hiérarchie catholique face à la diffusion de la vérité biblique, même dans des villages reculés où les prêtres réagissent comme si les Témoins étaient "contagieux". L'article insiste sur l'efficacité d'une approche directe et ferme pour convaincre les catholiques, citant des exemples où des fidèles ont accepté des publications après avoir entendu des discours sur des doctrines comme le purgatoire ou la Trinité. La publication affirme que cette méthode a permis de distribuer des livres dans plusieurs villes indiennes[4].

Un catholique au noble esprit

L'article raconte l'histoire d'un catholique qui, après avoir entendu les enseignements des Témoins de Jéhovah, a prêté son système de sonorisation publique (60 watts) pour une diffusion en plein air. Environ mille personnes ont assisté à l'événement, et de nombreux livres et brochures ont été distribués. L'auteur souligne la générosité de cet homme, qui a refusé toute rémunération et a même contribué financièrement à l'achat de publications. L'article décrit également les réactions des missionnaires protestants, qui tentent de contrer la diffusion de la vérité en organisant des réunions pour discréditer les Témoins, mais sans succès. Plusieurs Indiens, y compris des catholiques, montrent un vif intérêt pour les enseignements bibliques et commandent des publications comme The Watchtower ou The Golden Age[5].

Illustration accompagnant l'article sur la diffusion des enseignements en Inde.

Choisir entre la vie et la mort

Cet article relate une rencontre avec un missionnaire protestant qui, après avoir invité les Témoins de Jéhovah à déjeuner, a évité toute discussion sur la Bible. L'auteur l'a ensuite confronté en lui rappelant sa responsabilité de prêcher la vérité, ce que le missionnaire a reconnu ne pas faire. L'article mentionne également une discussion avec un prêtre catholique qui, après avoir étudié la Bible avec les Témoins, a admis que son église enseignait des mensonges sur des doctrines comme la Trinité ou la mort. Le prêtre a choisi de ne pas agir selon cette vérité, ce que l'auteur compare à un suicide spirituel. L'article décrit aussi des scènes où des Indiens viennent écouter les enseignements bibliques dans des camps de missionnaires, ainsi que des tentatives d'interdiction de leurs activités par des autorités locales catholiques[6].

Voyage missionnaire en Inde : expériences et anecdotes

Ce récit relate les expériences d'un missionnaire itinérant en Inde, identifié comme Claude Goodman, qui parcourt le pays dans un véhicule aménagé pour diffuser les enseignements des Témoins de Jéhovah. L'article décrit plusieurs épisodes marquants de son périple, mêlant observations culturelles, défis logistiques et interactions avec les populations locales.

À Bénarès, ville considérée comme sacrée en Inde, le missionnaire exprime sa compassion pour les touristes occidentaux venus chercher une forme de spiritualité, mais confrontés à une réalité qu'il juge sordide, notamment la pratique consistant à laisser mourir les personnes âgées dans les rues pour qu'elles soient incinérées près du Gange[7]. Il évoque également la période de témoignage intense, désignée par l'expression « Mount Perazim » (référence biblique à 2 Samuel 5:20), durant laquelle lui et son compagnon parviennent à distribuer trente-six livres malgré un contexte peu favorable[8].

Le récit inclut des détails pratiques sur la vie quotidienne dans le véhicule, comme la fabrication d'un four pliable en tôle galvanisée, chauffé par un réchaud Primus, permettant de cuire du pain complet à moindre coût. Cette invention, bien que perfectible lors des premières tentatives, est présentée comme une solution ingénieuse pour optimiser l'espace limité du van[9]. Le missionnaire mentionne également des expériences avec des équipements pliables, comme une moustiquaire, dont l'usage s'avère parfois hasardeux, notamment lors d'une averse imprévue qui le laisse trempé[10].

L'article aborde aussi des interactions avec des responsables religieux locaux. À Tinnevelly, dans le sud de l'Inde, le missionnaire et son compagnon subissent des intimidations nocturnes de la part d'un groupe de jeunes, probablement incités par des opposants à leur message. Malgré ces menaces, ils choisissent de ne pas réagir et constatent que les agresseurs finissent par se lasser[11]. À Trichinopoly, ils utilisent un haut-parleur pour diffuser des conférences dans un quartier ouvrier majoritairement catholique, attirant l'attention des habitants et suscitant la colère d'un prêtre qui tente, sans succès, de dissuader les auditeurs de les écouter[12].

Un épisode particulièrement tendu se déroule dans une mission où le missionnaire est invité à donner une conférence. Le pasteur local, initialement ouvert à leur présence, s'oppose violemment au contenu des enseignements, notamment lorsqu'il est question des critiques envers le clergé. Malgré ses tentatives pour interrompre la conférence, le public, majoritairement acquis aux idées présentées, refuse de quitter les lieux. Le missionnaire relate comment le pasteur, après avoir menacé de faire détruire leur véhicule, finit par quitter les lieux, laissant le champ libre à la diffusion du message[13]. Cet événement est présenté comme une illustration de la protection divine et de la direction providentielle de leur travail, malgré les obstacles apparents[14].

Lettre ouverte à l'archevêque Roberts

Cette section reproduit une lettre ouverte adressée à l'archevêque Roberts, récemment intronisé à Bombay, dans laquelle l'auteur, F.E. Skinner, critique ouvertement les pratiques du clergé catholique en les opposant aux enseignements bibliques. La lettre, distribuée librement dans les centres catholiques de Bombay, provoque une vive réaction, comme le souligne l'auteur en citant Apocalypse 9:6[15].

L'auteur reproche à l'archevêque d'avoir permis à des fidèles de s'agenouiller devant lui et de baiser son anneau, une pratique qu'il juge contraire à l'exemple de l'apôtre Pierre, qui avait refusé qu'un homme se prosterne devant lui (Actes 10:25-26)[16]. Il interroge également la réaction de l'archevêque si quelqu'un l'appelait « bon maître », rappelant les paroles de Jésus selon lesquelles « nul n'est bon, si ce n'est Dieu seul » (Luc 18:18-19)[17].

La lettre dénonce ensuite l'hypocrisie des institutions religieuses, accusées de s'être protégées par le mensonge (Isaïe 28:15) et d'avoir trompé les fidèles au nom de Dieu. L'auteur affirme que la fin de ces structures est proche, avec l'avènement d'Armageddon, qui balayera ces organisations pour la gloire de Jéhovah et le bien des peuples[18]. Il justifie cette démarche publique en citant les exemples de Jésus et des vrais chrétiens, appelés à dénoncer la fraude et la tromperie pour permettre aux personnes de bonne volonté de découvrir la vérité (Matthieu 10:26 ; Jean 8:31-32)[19].

Bholanath, le bœuf démoniaque

Cet article relate un phénomène observé à Bombay, où un bœuf nommé Bholanath est présenté comme étant possédé par un démon. Lors d'exhibitions publiques, l'animal est capable d'identifier avec une précision surprenante des individus dans une foule, répondant à des questions telles que « Qui a perdu quatre dents ? » ou « Qui importe des poules étrangères ? »[20]. L'auteur souligne que même les personnes concernées ignorent souvent qui détient l'enveloppe contenant leur nom, ce qui rend les performances de Bholanath d'autant plus mystérieuses.

L'article explique que ces manifestations sont interprétées localement comme des preuves de la possession démoniaque, une croyance largement répandue en Inde. Il mentionne également la capacité de l'animal à obéir à des ordres à distance, renforçant l'idée que des forces surnaturelles sont à l'œuvre[21].

La déesse échoue à son devoir

Ce court article raconte une anecdote survenue à Lucknow, en Inde, où un homme nommé Mannulal, désespéré par la maladie de son fils, se rend au sanctuaire de la déesse Sitla Devi pour lui offrir un morceau de sa langue en sacrifice. Loin d'obtenir la guérison escomptée, Mannulal perd connaissance en raison de l'hémorragie et doit être hospitalisé. L'auteur conclut avec ironie que la déesse s'est révélée inefficace, laissant Mannulal avec deux malades à la maison au lieu d'un, et invite à réfléchir sur la fiabilité des divinités féminines[22].

Le prix du thé de Ceylan

Cet article dénonce les conditions de travail des ouvriers agricoles à Ceylan, en particulier ceux qui cultivent le thé. Il révèle que les salaires sont extrêmement bas, soit sept pence (environ un cent) par jour pour un adulte et quatre pence (huit centimes) pour un enfant, pour une journée de huit heures[23]. Avec ces revenus, un travailleur peut s'offrir environ quatre livres de viande par mois et treize pence de légumes, le reste de son alimentation reposant principalement sur le riz.

L'article souligne également que seulement la moitié des enfants en âge d'être scolarisés fréquentent l'école, et qu'un cinquième des nouveau-nés meurent à la naissance[24]. Ces informations sont présentées comme une critique des conditions sociales et économiques dans les colonies britanniques, bien que l'article ne propose pas de solution explicite.

La science ne soutient pas le mensonge

Cet article rapporte les propos du professeur F.A.E. Crew, de l'Université d'Édimbourg, lors d'une conférence à Calcutta dans le cadre du Congrès scientifique indien. Le professeur affirme que les avancées en neurochirurgie ne soutiennent pas l'idée d'une survie de l'âme après la mort, contrairement aux croyances religieuses traditionnelles[25].

Il explique que la destruction progressive du cerveau, que ce soit par une tumeur ou une intervention chirurgicale, entraîne une disparition graduelle de la personnalité et de la conscience, jusqu'à ce que l'individu ne présente plus aucun signe de vie mentale, même s'il reste biologiquement vivant[26]. Ces déclarations sont utilisées pour appuyer l'idée que les enseignements religieux sur l'immortalité de l'âme sont infondés et contraires aux découvertes scientifiques.

Progrès de l'Université hébraïque

Cet article fait état des avancées de l'Université hébraïque de Palestine, fondée treize ans plus tôt. Il souligne que l'institution compte désormais 110 membres dans son corps professoral, dont 35 proviennent d'universités allemandes en déclin[27]. Avec environ 800 étudiants, l'université est présentée comme un succès, ayant développé plusieurs départements au fil des ans.

L'article mentionne également l'arrivée de professeurs issus d'Allemagne, probablement en raison des persécutions nazies, bien que cela ne soit pas explicitement évoqué. Il s'inscrit dans une perspective de valorisation des réalisations éducatives et culturelles en Palestine, sans lien direct avec les doctrines des Témoins de Jéhovah[28].

Un diable occupé à Beyrouth

Cette brève relate un fait divers tragique survenu à Beyrouth, en Syrie. Une femme arménienne perd trois de ses enfants en l'espace de quelques minutes : son fils aîné, âgé de sept ans, tue accidentellement son frère de cinq ans avec un couteau, puis, pris de panique, tombe sur la lame et meurt à son tour. La mère, alertée par les cris, découvre en rentrant chez elle que son bébé s'est noyé dans la baignoire[29]. L'article, tiré du Melbourne Herald, est présenté sans commentaire doctrinal, mais s'inscrit dans une rubrique consacrée aux faits divers et aux manifestations du mal dans le monde.

Voici l'éléphant, que j'ai fait (Job 40:15)

Cet article propose une réflexion sur l'éléphant, présenté comme une créature remarquable et une preuve de la sagesse divine. L'auteur, s'appuyant sur des références bibliques telles que Psaume 111:2 et Ecclésiaste 3:11, souligne que chaque créature est belle à sa manière et parfaitement adaptée à son rôle dans la création[30].

L'article décrit les caractéristiques physiques de l'éléphant, en insistant sur sa force, sa docilité et son intelligence. Il évoque sa capacité à gravir des montagnes, sa vitesse lors d'une charge (plus de vingt miles à l'heure), et l'utilité de sa trompe, qui lui sert à manger, boire, combattre ou manifester de l'affection[31]. L'éléphant est également présenté comme un animal social, vivant en troupeaux dirigés par un mâle dominant, et comme un végétarien, bien qu'il apprécie particulièrement la canne à sucre.

L'auteur aborde ensuite les différences entre les éléphants d'Asie et d'Afrique, notamment en ce qui concerne la taille des oreilles, la forme de la tête et la présence de défenses. Il mentionne que les défenses des éléphants africains sont plus usées à droite qu'à gauche, sans expliquer cette particularité[32]. L'ivoire, issu de ces défenses, est présenté comme un matériau précieux, utilisé depuis l'Antiquité pour fabriquer des objets de luxe, comme en témoignent les références bibliques aux « palais d'ivoire » (Psaume 45:8) ou au trône de Salomon (1 Rois 10:18)[33].

L'article se conclut par des considérations sur la domestication des éléphants, notamment en Inde, où ils sont utilisés comme moyen de transport ou pour des processions royales. Il décrit les méthodes de capture et de dressage, qui reposent sur la privation de nourriture et la récompense, et souligne la douceur dont ces animaux peuvent faire preuve une fois apprivoisés[34].

Voyez l'éléphant

La rubrique présente un article illustré sur les éléphants, mêlant anecdotes et informations générales sur leur comportement et leur place dans différentes cultures. L'article souligne la valeur symbolique et économique des éléphants en Asie, notamment en Inde et au Siam, où ils sont utilisés pour le travail, les cérémonies et même comme animaux de guerre. Les éléphants blancs, considérés comme sacrés, y sont particulièrement vénérés[35].

L'article relate plusieurs anecdotes illustrant l'intelligence et la mémoire des éléphants. Par exemple, un éléphant nommé Rosie, appartenant à un cirque, refuse de quitter une ville où il reçoit quotidiennement trois gallons de bière. Pour le faire monter dans le train, ses gardiens placent un seau de bière dans son compartiment, le distrayant suffisamment pour verrouiller la porte sans qu'il s'en aperçoive[36]. Une autre histoire met en scène un éléphant nommé Lyzzie, qui reconnaît un pharmacien quatre ans après que celui-ci l'ait soigné pour des coliques, démontrant ainsi une mémoire remarquable[37].

L'article aborde également des comportements plus destructeurs, comme celui d'un éléphant nommé Tusko, qui prend plaisir à détruire des bâtiments, ou celui de Khartoum, un éléphant devenu agressif envers les humains mais resté doux avec les oiseaux. La fin de l'article évoque la mort tragique de Jumbo, un éléphant célèbre tué par une locomotive en 1885, et la réaction de son amie Alice, qui manifesta sa détresse en repassant sur les lieux du drame 44 ans plus tard[38].

Illustration accompagnant l'article sur les éléphants.

L'article se poursuit à la page 14, où il est mentionné que les éléphants ont une excellente mémoire et des comportements parfois surprenants, comme leur capacité à faire grève en refusant de travailler lorsque leurs rations sont réduites[39].

La Chine face à l'agression japonaise

Cette rubrique traite de la situation géopolitique en Chine, alors en proie à l'invasion japonaise. La publication analyse les faiblesses logistiques et industrielles du Japon, soulignant sa dépendance aux importations pour des ressources stratégiques comme le pétrole et le fer. Le Japon ne produit que 10 % de sa consommation de pétrole en temps de paix, et ses réserves ne suffiraient que pour un ou deux mois en cas de guerre. De même, sa production de minerai de fer ne couvre que 30 % de ses besoins, et l'exploitation des gisements de Mandchourie reste économiquement peu viable[40].

L'article critique également la stratégie militaire japonaise, notamment les raids aériens massifs sur des villes comme Nankin, Canton et Hankou, visant à terroriser la population civile et forcer la Chine à capituler malgré la résistance de ses armées. Les sous-marins japonais torpillent même des jonques de pêcheurs, tuant des familles entières sans faire de prisonniers. Ces méthodes sont présentées comme une violation flagrante du droit international et une illustration de la brutalité du code bushido, glorifié par certains observateurs occidentaux[41].

La publication cite des témoignages de journalistes et d'observateurs, comme Agnes Smedley, qui décrit les conditions extrêmes endurées par les soldats chinois, souvent mal équipés et contraints de fabriquer leurs propres armes. Elle rapporte également des exactions commises par les troupes japonaises, comme l'exécution sommaire de leurs propres soldats capturés par les Chinois[42].

Un encadré relate l'histoire de Valentine Holdosi, un jeune Hongrois décoré par les gouvernements américain et britannique pour avoir bravé les zones de combat à Shanghai afin de sauver son chien, un acte interprété comme une réprobation symbolique des massacres perpétrés par les Japonais[43].

« Stupidité paroissiale » en Australie

Cette rubrique dénonce les tentatives de la hiérarchie catholique romaine en Australie pour empêcher Joseph Rutherford, alors président de la Watch Tower Bible and Tract Society, de prononcer un discours au Sydney Town Hall. La publication qualifie ces manœuvres d'« stupides » et attribue leur échec à la capacité des Australiens à penser par eux-mêmes, contrairement aux populations d'Espagne, d'Italie ou du Mexique, où le fascisme catholique aurait déjà pris racine[44].

L'article reproduit des extraits de la presse australienne relatant les péripéties de cette affaire. Dès l'annonce de la visite de Rutherford, des voix s'élèvent pour demander l'annulation de la location de la salle, sous prétexte que ses positions pacifistes pendant la Première Guerre mondiale pourraient offenser les anciens combattants. Des conseillers municipaux, comme Alderman Grant, dénoncent cette décision comme une atteinte à la liberté d'expression, pilier de la démocratie[45].

Les Témoins de Jéhovah locaux organisent des manifestations et des campagnes de sensibilisation, distribuant des pétitions pour exiger la diffusion du discours de Rutherford à la radio nationale. Malgré l'annulation de la location de la salle par le conseil municipal, les responsables des Témoins de Jéhovah affirment avoir des plans pour contourner cette interdiction, évoquant une « cartouche à blanc » ou une « cartouche puissante » sans préciser leur nature[46].

La publication souligne l'hypocrisie des autorités, qui invoquent la protection des anciens combattants tout en refusant de laisser Rutherford s'exprimer. Elle cite des déclarations de Rutherford lui-même, affirmant que « Jéhovah trouvera un moyen » pour que son message soit délivré, et des responsables locaux, comme M. H. E. Gill, qui expriment leur confiance dans la victoire de la vérité[47].

Formation des prêtres mexicains

Cette rubrique aborde la décision du gouvernement mexicain d'interdire la formation de nouveaux prêtres catholiques sur son territoire, une mesure présentée comme bénéfique pour le peuple mexicain. Pour contourner cette interdiction, la hiérarchie catholique ouvre un séminaire à Las Vegas, au Nouveau-Mexique, à quelques kilomètres de la frontière, permettant ainsi aux jeunes Mexicains de s'y former sans enfreindre la loi[48].

Un autre encadré, intitulé « Fascisme (Action catholique) au Mexique », cite le représentant Jerry J. O'Connell, qui affirme que des informations parvenues au Congrès américain dès janvier 1938 indiquaient que l'Allemagne fournissait des armes à une armée de 100 000 hommes en formation dans les collines de Guadalupe, sous le commandement du général catholique Cedillo[49].

Question : L'homme possède-t-il des droits inaliénables que l'État ne peut lui retirer ?

Cette rubrique répond à une question doctrinale sur les droits inaliénables de l'homme face à l'État. La publication affirme que le premier devoir de l'homme est envers son Créateur, Genèse 2:7, et que le droit de servir et d'adorer Jéhovah est un droit individuel et inaliénable que nul gouvernement ne peut légitimement supprimer[50].

L'article condamne spécifiquement le régime nazi allemand, accusé de violer ce droit en emprisonnant des hommes et des femmes pour possession de Bibles ou de livres religieux, et en interdisant les réunions d'étude biblique. Ces persécutions sont présentées comme une tentative du Diable, « adversaire de Jéhovah », d'éloigner les hommes de Dieu en utilisant des gouvernements comme celui de l'Allemagne[51].

La publication cite la Déclaration d'Indépendance des États-Unis, adoptée par des « hommes craignant Dieu », comme un exemple de reconnaissance des droits inaliénables de l'homme. Elle dénonce cependant l'influence croissante de la hiérarchie catholique romaine et d'autres groupes radicaux, qui tenteraient de substituer aux droits divins des cérémonies d'origine diabolique[52].

L'article conclut en exhortant les croyants à suivre l'exemple des apôtres, qui déclarèrent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5:29), et à craindre Dieu plutôt que les hommes, en citant Matthieu 10:28 dans la version américaine révisée[53].

« Un homme suprêmement honnête »

La rubrique s’ouvre sur un projet cinématographique attribué à un certain Cr O’Connell, de Boston, visant à mettre en scène « un homme suprêmement honnête ». La publication souligne l’intérêt d’un tel personnage, qui devrait reconnaître l’absence totale de fondement biblique dans plusieurs doctrines catholiques, telles que le purgatoire, l’immaculée conception de Marie, la maternité divine de cette dernière, l’usage de l’eau bénite, la substitution des traditions humaines aux enseignements divins, ou encore l’autorité de Pierre comme fondement de l’Église. Le texte affirme que la Bible ne contient rien qui justifie la messe, l’adoration des images, les chapelets, les indulgences, le pape ou la hiérarchie catholique[54].

La publication cite ensuite une déclaration du cardinal O’Connell, qui dénonce un « petit groupe d’hommes très perspicaces » cherchant à saper les normes morales et religieuses. Elle exprime l’espoir que ces hommes soient de véritables chrétiens, animés par la volonté de remplacer la religion par le christianisme[55].

Vérités bibliques non séditieuses

Cet article relate deux décisions judiciaires récentes, l’une en Afrique du Sud et l’autre aux États-Unis, concernant la liberté de diffusion des publications des Témoins de Jéhovah. En Afrique du Sud, la Cour suprême a statué le 22 mars 1938 que le message du Royaume de Jéhovah n’était pas séditieux, dans l’affaire opposant le magistrat de Bulawayo à Oliver Maidstone Kabungo. Aux États-Unis, la Cour suprême a invalidé le 28 mars 1938 une ordonnance de la ville de Griffin (Géorgie) exigeant un permis pour distribuer des publications sur le « Royaume de Jéhovah », au motif que cette mesure portait atteinte à la liberté de la presse[56].

La publication souligne que ces deux affaires impliquaient les mêmes droits fondamentaux et que les décisions rendues confirment que les écrits des Témoins de Jéhovah ne constituent pas une menace pour les gouvernements civils. Elle mentionne également qu’en juin 1936, un tribunal de Griffin avait saisi quatorze publications de la Watch Tower, jugées séditieuses par les autorités coloniales britanniques, avant que cette décision ne soit infirmée en appel[57].


La publication poursuit son récit de l’affaire sud-africaine en détaillant les arguments présentés devant la Cour suprême. Les autorités judiciaires avaient accusé quatorze ouvrages de la Watch Tower, dont Jehovah, Riches, Preparation, Government, Creation, Deliverance, The Harp of God, Supremacy, Righteous Ruler, The Kingdom, Angels, The Final War, Beyond the Grave et Where Are the Dead?, d’inciter à la sédition contre le roi, le gouverneur ou le gouvernement. Le magistrat de Bulawayo avait soutenu que ces livres pouvaient exciter la désaffection envers les institutions[58].

La Cour suprême sud-africaine a cependant rejeté ces accusations, estimant que les écrits en question ne visaient pas à inciter à la violence, aux émeutes ou à la rébellion. Elle a relevé que l’auteur, Joseph Rutherford, condamnait explicitement l’usage de la force et exhortait ses lecteurs à se séparer des systèmes politiques et religieux corrompus, sans pour autant prôner leur renversement violent. La Cour a conclu que les livres ne contenaient aucune intention de susciter la haine ou le mépris envers le roi ou le gouvernement, et a ordonné leur restitution à Oliver Maidstone Kabungo[59].

La publication salue cette décision comme une victoire pour la liberté d’expression et une preuve que certains tribunaux résistent aux pressions de la hiérarchie catholique romaine, qu’elle accuse d’être à l’origine des poursuites[60].

Éduquer un shérif de l’Illinois

Cet article relate un incident survenu en septembre 1936 dans le comté de Peoria, en Illinois, impliquant Marcus G. Olson, shérif du comté. Ce dernier, influencé par des rumeurs propagées par un prêtre catholique local, avait arrêté S. N. Van Orsdel, un Témoin de Jéhovah, alors qu’il prêchait de maison en maison. Olson avait détenu Van Orsdel pendant deux jours sans motif légal, dans le but apparent de recueillir des informations sur les activités des Témoins de Jéhovah[61].

Van Orsdel a ensuite poursuivi le shérif pour arrestation illégale et poursuites malveillantes. Bien que les juges du comté de Peoria aient tenté d’enterrer l’affaire, un ordre de la Cour suprême de l’Illinois a forcé son transfert dans un autre comté. Le 25 avril 1938, le juge Clyde H. Thompson, du comté de Livingston, a rendu un verdict en faveur de Van Orsdel, condamnant Olson à lui verser 500 dollars de dommages et intérêts[62].

Dans sa décision, le juge Thompson a souligné que le shérif n’avait apporté aucune preuve justifiant l’arrestation et la détention de Van Orsdel, et qu’il avait agi avec malveillance. Il a également rappelé que les droits à la liberté étaient aussi sacrés pour les citoyens ordinaires que pour les personnalités les plus éminentes, et que les dommages-intérêts exemplaires étaient justifiés en cas d’arrestation illégale et malveillante[63].

La publication conclut en mentionnant que cet incident a contribué à dissuader les autorités locales d’interférer avec les activités des Témoins de Jéhovah dans le comté de Peoria[64].

Médication métropolitaine

Cette rubrique critique les pratiques médicales controversées et les campagnes de vaccination imposées par les autorités sanitaires. La publication cite des statistiques montrant que la variole a fortement reculé aux États-Unis au cours du dernier quart de siècle, avec un taux de mortalité ne dépassant jamais un cas pour 100 000 habitants en une année, et seulement 22 décès enregistrés en 1935. Elle souligne également que la vaccination n’est pas obligatoire pour l’admission dans les écoles dans la majorité des États américains[65].

La publication mentionne que des épidémies dévastatrices de variole ont pourtant éclaté dans des pays comme l’Italie, le Mexique et les Philippines, où la vaccination et la revaccination sont strictement imposées par la loi. Elle note que l’Inde, où les conditions sanitaires sont précaires, connaît un taux de mortalité élevé dû à cette maladie, tandis que des pays comme l’Angleterre et l’Australie, où les taux de vaccination ont fortement diminué, voient la variole disparaître presque complètement[66].

Le texte cite ensuite I. T. B. Anderson, secrétaire du Citizens Medical Reference Bureau, qui dénonce l’intolérance des agences gouvernementales envers les personnes refusant certains traitements médicaux controversés. Anderson affirme que ces agences confondent souvent les problèmes sanitaires avec les questions médicales, et qu’elles tentent d’imposer des pratiques médicales en utilisant la peur ou des statistiques sélectives. Il défend le droit des individus à refuser des traitements qu’ils jugent inappropriés et critique l’utilisation de fonds publics pour promouvoir des méthodes médicales controversées[67].

La supercherie du vaccin contre la coqueluche

Cet article dénonce l’inefficacité du vaccin contre la coqueluche, qui avait été largement promu comme un remède miracle avant d’être discrédité. La publication cite le Quarterly Bulletin du département de la santé de New York, qui, dans son numéro d’août 1937, a annoncé la suspension de l’administration systématique du vaccin contre la coqueluche dans les centres de santé pour nourrissons. Le département a expliqué qu’il allait désormais mener une étude expérimentale pour évaluer l’efficacité réelle du vaccin[68].

La publication ironise sur cette décision, soulignant que des milliers de bébés avaient déjà été vaccinés avant que les autorités ne décident d’enquêter sur la valeur du produit. Elle établit un parallèle avec la vaccination contre la variole, suggérant que les campagnes de vaccination de masse pourraient être responsables de l’augmentation des cas de paralysie infantile observée ces dernières années[69].

Sûrs dans l'Arche

La rubrique présente une lettre adressée à la rédaction par un ancien prédicateur baptiste, le docteur K. B. Ford, qui témoigne de sa conversion aux croyances des Étudiants de la Bible. Ce dernier exprime sa gratitude envers Jéhovah pour la révélation progressive de la vérité et son appréciation des publications de la Watch Tower, qu'il juge exemptes d'obstacles doctrinaux. Il souligne avoir enseigné pendant vingt ans des vérités bibliques, comme l'absence d'immortalité innée chez l'homme ou l'annihilation des ennemis de Dieu, avant de réaliser que la religion organisée était un substitut diabolique au christianisme authentique. Ford critique particulièrement les multiples organisations religieuses créées par le clergé, qu'il considère comme des distractions empêchant l'étude sérieuse des Écritures. Il conclut en affirmant que les publications de la Watch Tower l'ont aidé sans le faire trébucher, et annonce son intention de poursuivre son étude avec les Témoins locaux du Kansas[70].

Un encadré intitulé *« What America Got »* résume les conséquences de la Première Guerre mondiale pour les États-Unis, selon un article du American Guardian. Il énumère les résultats perçus comme négatifs : l'enrichissement d'une minorité de millionnaires, l'augmentation du coût de la vie (symbolisée par les timbres à trois cents), la prohibition, l'épidémie de grippe, le chômage massif, les faillites agricoles et bancaires, ainsi que la dépendance des classes moyennes et professionnelles aux aides sociales[71].

Par sentiers, ruisseaux et jardins — Une « ombre »

Cette section narrative raconte une promenade en forêt de quatre enfants, Jane, Buddy, Sally et Bunny. Jane et Buddy observent une tortue boîte, dont Jane explique les caractéristiques, comme la charnière de sa carapace inférieure. Buddy, espiègle, fait rouler un tronc d'arbre sur lequel Jane traverse un ruisseau, provoquant sa frayeur. Plus tard, Jane et Sally marchent de nuit et aperçoivent un papillon de nuit lunaire, dont Jane décrit la beauté et les particularités, comme ses longues queues. L'histoire se termine sur une note poétique, soulignant la fugacité de la rencontre avec l'insecte, qui disparaît dans l'obscurité[72].

Illustration accompagnant l'article sur la soif de sang de Mussolini.

La soif de sang sans vergogne de Mussolini

L'article compare défavorablement Mussolini à l'empereur Guillaume II, le qualifiant de bien plus sanguinaire. Il cite un discours de Mussolini à Berlin, dans lequel ce dernier justifie l'intervention italienne en Espagne comme une lutte contre le bolchevisme, présentée comme une « dégénérescence ». La publication souligne que Mussolini, comme Hitler et le pape, cherche à détruire les démocraties. Elle mentionne également un pacte d'assistance mutuelle entre Mussolini et l'amiral Horthy, régent de Hongrie, tous deux liés au Vatican, ce qui expliquerait l'impopularité de la vérité en Hongrie malgré une prétendue tolérance religieuse[73].

La rubrique évoque ensuite une réunion au Palazzo Venezia à Rome, où Mussolini s'adresse à des évêques et prêtres pour les inciter à soutenir sa campagne nataliste, arguant que « seules les grandes familles donnent les grands bataillons sans lesquels les victoires ne sont pas remportées ». La publication ironise sur l'enthousiasme des ecclésiastiques, motivé par les revenus générés par les sacrements, et rappelle que l'Église catholique n'a jamais été opposée à la guerre. Elle décrit également les violences commises sous le régime fasciste, comme les tortures infligées sur l'île de Ponza en 1933, et rapporte des rumeurs de troubles en Italie, avec une distribution de tracts antifascistes et des soldats de retour d'Éthiopie organisant des marches de protestation[74].

Un encadré aborde la formation militaire des travailleurs agricoles italiens envoyés en Allemagne. Pour la première fois en 1938, ces travailleurs, au nombre de 30 000, ont reçu une formation militaire avant leur départ, bénéficiant de nourriture, de logement, d'une solde quotidienne et d'assurances contre les accidents et la maladie[75].

Le fascisme

Un courrier d'un postier rural anonyme dénonce la propagande fasciste diffusée massivement par voie postale aux agriculteurs et aux travailleurs. Il s'interroge sur les objectifs de cette campagne d'endoctrinement et sur les fins qu'elle sert, suggérant qu'elle vise à façonner l'opinion publique pour des desseins obscurs[76].

Un article intitulé *« What About Fascism? »* analyse une recension du livre *« Fascism and Providence »* de J. K. Heydon, publiée dans The Catholic Herald. L'auteur de la recension, Michael Derrick, y défend l'idée que le fascisme est un moyen providentiel pour restaurer la foi catholique en Europe et en Angleterre, et qu'il est en accord avec les enseignements de l'Église. La publication de Consolation interprète cette position comme une preuve que le fascisme est un outil de la hiérarchie catholique romaine, et donc du Diable, pour détruire les libertés humaines[77].

Un autre encadré, *« Forward on Every Front »*, rapporte les progrès de l'« Action catholique » aux États-Unis, qui a étendu ses activités pour répondre aux « exigences d'une époque mouvementée ». Il mentionne une réunion annuelle des évêques à l'Université catholique d'Amérique, où des projets comme l'aide de l'État aux écoles catholiques sont discutés. La publication souligne que près de 10 000 étudiants catholiques ont déjà bénéficié d'aides gouvernementales[78].

Illustration accompagnant l'article sur le fascisme et la propagande.

Un dernier encadré, *« Nightshirt Lunacy and Communism »*, cite le secrétaire à l'Intérieur américain Harold L. Ickes, qui critique l'hystérie anticommuniste utilisée comme prétexte par les régimes fascistes pour commettre des crimes. Ickes dénonce également l'exploitation de cette peur par les candidats politiques américains en manque d'arguments, et affirme que les véritables ennemis des institutions démocratiques sont les hommes d'esprit fasciste[79].

La Grande-Bretagne

La rubrique s'ouvre sur un fait divers judiciaire : un prêtre catholique romain, le « Révérend Père » Stephen Keane, est condamné à une amende de 50 livres sterling pour conduite en état d'ivresse ayant causé des blessures graves à un inspecteur de police à Aberdeen, en Écosse. Il s'agit de sa troisième condamnation pour des faits similaires. Après le paiement de l'amende, ses supérieurs ecclésiastiques le mutent dans une autre région[80].

Un encadré intitulé *« In the Prisons of Great Britain »* présente des statistiques sur la proportion de détenus parmi les fidèles de différentes confessions religieuses en Grande-Bretagne, en 1906. Les catholiques romains arrivent en tête avec 247 détenus pour 100 000 fidèles, suivis par les anglicans (118), les juifs (116), les presbytériens (46), les méthodistes (10), les baptistes (9), les congrégationalistes (3) et les membres de l'Armée du Salut (2)[81].

Un autre encadré, *« Anticlerical Outbreaks »*, cite l'archevêque d'York et d'autres membres du clergé britannique, qui rejettent l'idée que les mouvements anticléricaux en Espagne soient nécessairement liés au communisme. Ils rappellent que ces mouvements existaient bien avant Karl Marx, et dénoncent l'« United Christian Front », une alliance de pasteurs protestants espérant obtenir des postes au service de la hiérarchie catholique romaine[82].

Un article intitulé *« Long and Short of It »* fournit des statistiques sur la taille moyenne des hommes britanniques : 5 pieds 7,5 pouces pour les Anglais, 5 pieds 8 pouces pour les Irlandais et 5 pieds 8,5 pouces pour les Écossais. Il précise que la taille minimale pour s'engager dans l'armée est de 5 pieds 2 pouces, mais que seulement 0,7 % de la population masculine britannique est en dessous de cette taille. Près d'un tiers des hommes adultes mesurent plus de 5 pieds 10 pouces, taille requise pour servir dans la Garde. Napoléon et Wellington mesuraient chacun 5 pieds 6,5 pouces[83].

Un encadré sur *« Air Transport Competition »* relate une compétition entre compagnies aériennes pour battre le record de vitesse entre Londres et Paris. Le 28 janvier 1938, malgré une tempête, deux compagnies ont successivement battu le record, réduisant le temps de trajet à 54 minutes[84].

Un autre encadré, *« Old People Would Better Not Run »*, raconte l'histoire tragique d'un homme de 74 ans, employé dans une scierie, qui a couru 14 miles pour ne pas arriver en retard au travail après s'être réveillé en retard. Il est mort à son arrivée[85].

Un encadré intitulé *« Britain Can Feed Herself »* cite Henry Ford, qui affirme avoir démontré sur sa ferme de 4 000 acres en Angleterre que le pays pourrait produire suffisamment de nourriture pour subvenir à ses besoins en cas de guerre prolongée[86].

Un dernier encadré, *« British Exhibition of Idolatry »*, décrit une scène d'idolâtrie lors du retour du cardinal Hinsley à Londres. Des foules se sont agenouillées dans les rues, et le duc de Norfolk a été photographié en train de baiser l'anneau du cardinal à la gare Victoria, une image publiée par le London News Chronicle[87].

Un article intitulé *« Legal Efficiency in Britain »* relate une erreur judiciaire commise par un cabinet d'avocats britannique, qui a envoyé une lettre menaçant une femme innocente de prison si elle ne payait pas une dette dans un délai imparti. La femme, effrayée, a payé la dette malgré son innocence. La publication souligne que de tels agissements auraient conduit les avocats en prison aux États-Unis[88].

Enfin, un encadré intitulé *« Dress Your Wife in Banana Peelings »* évoque une innovation textile britannique : un fil produit à partir de pelures de bananes, décrit comme doux comme la laine, léger comme le coton, infroissable comme la soie et doté de propriétés élastiques similaires à celles du caoutchouc. La valeur pratique de cette découverte reste cependant incertaine[89].

« Ambrose sent l'odeur des biscuits »

Cet article satirique compare l'attitude du pape Pie XI envers la Grande-Bretagne à celle d'un enfant affamé attiré par l'odeur de biscuits chauds. La publication affirme que la nomination de l'archevêque Hinsley comme cardinal vise à obtenir le soutien des Britanniques pour les ambitions politiques du Vatican, notamment le contrôle du Commonwealth. Elle souligne l'hypocrisie de cette démarche en rappelant l'attitude du pape envers les Éthiopiens, les républicains espagnols et les Basques, qu'il ne soutient pas. Le texte conclut que cette stratégie relève d'une manipulation similaire à celle d'un enfant cherchant à s'attirer les faveurs de sa mère pour obtenir de la nourriture[90].

Effets d'une bombe incendiaire

Cette brève note technique décrit les effets d'une bombe incendiaire sur une maison ordinaire. La publication explique qu'une telle bombe peut traverser un toit en vingt secondes et un plancher de chambre en douze secondes supplémentaires. Elle souligne la difficulté pour les civils, notamment les femmes en Grande-Bretagne, d'éteindre ces bombes dans un laps de temps aussi court, surtout lorsque l'utilisation d'eau peut provoquer une explosion destructrice. Le ton est à la fois informatif et alarmiste, reflétant les préoccupations liées aux préparatifs de guerre en Europe[91].

À Manchester, en Angleterre

Cet article critique les contradictions des lois britanniques en matière de divertissement dominical. La publication rapporte que, selon le Daily Express, il est légal d'assister à un combat de catch, à un combat de boxe ou à une partie de cartes à Manchester le dimanche, mais illégal de se rendre au cinéma. Elle souligne l'absurdité de cette situation en notant que les habitants peuvent contourner cette interdiction en se rendant dans une ville voisine comme Ashton-under-Lyne pour voir des films. Le ton est ironique et met en lumière l'incohérence des réglementations religieuses et sociales[92].

De grands requins dans les eaux britanniques

Cette brève note rapporte l'apparition de grands requins, mesurant jusqu'à 30 pieds, dans les eaux côtières britanniques. La publication explique que ces requins, bien que non mangeurs d'hommes, ont causé des dégâts aux filets de pêche et, dans un cas, provoqué la mort de trois personnes en renversant une embarcation. Le ton est factuel, mais souligne le caractère inhabituel et perturbant de cette présence pour les pêcheurs locaux[93].

Le marché des tapis de Londres

Cet article décrit le marché des tapis orientaux à Londres, situé dans Cutler Street, comme le centre mondial de ce commerce, principalement contrôlé par des Juifs. La publication explique que les tapis persans, par exemple, se déclinent en 200 styles différents, et que leurs prix varient en fonction des motifs, des matériaux et de la densité des points par pouce carré, qui peut atteindre près de mille. Le ton est descriptif et met en avant l'importance économique et culturelle de ce marché[94].

Ministère britannique de la Santé

Cet article rapporte une mise en garde du ministère britannique de la Santé contre la vaccination des enfants d'âge scolaire non vaccinés durant leur petite enfance, sauf en cas de contact avéré avec la variole. La publication cite un dispatch de John Hangdon-Davies pour souligner cette recommandation, reflétant les préoccupations sanitaires de l'époque[95].

Évasion fiscale à Donegal

Cette brève note ironique rapporte l'existence d'une réunion annuelle dans une église de Gweedore, dans le comté de Donegal (État libre d'Irlande), où la congrégation se réduit à une seule personne. La publication explique que cette pratique vise à éviter la vente du bâtiment pour non-paiement des taxes. Elle critique cette manœuvre en suggérant que le ministre concerné ferait mieux de chercher un emploi honnête plutôt que de recourir à de telles astuces[96].

Enseigne dans une auberge du XVIIIe siècle

Cet article reproduit une enseigne d'auberge datant du XVIIIe siècle, qui détaille les règles strictes en vigueur pour les clients. Parmi celles-ci figurent des tarifs fixes (quatre pence pour un lit, six pence avec souper), l'interdiction de dormir à plus de cinq personnes dans un même lit, l'obligation de retirer ses bottes avant de se coucher, et des restrictions concernant les musiciens ambulants, les chiens et la consommation de bière. La publication utilise ce texte pour illustrer les mœurs et les pratiques sociales de l'époque, tout en soulignant leur caractère rigide et parfois absurde[97].

Commentaires britanniques

Cette rubrique, rédigée par J. Hemery depuis Londres, analyse l'actualité politique et religieuse britannique. Elle est divisée en plusieurs sous-parties :

Crainte de la guerre

La publication explique que la signature du pacte entre la Grande-Bretagne et l'Italie, représenté par Mussolini, a apaisé les tensions politiques récentes. Elle note que la démission forcée d'Anthony Eden, alors secrétaire d'État aux Affaires étrangères, avait provoqué une vive émotion, mais que celle-ci s'est atténuée après l'annexion de l'Autriche par Hitler, perçue comme une réunification naturelle des peuples allemands. La publication souligne cependant que les préparatifs de guerre se poursuivent, voire s'accélèrent, et que le pacte anglo-italien ne fait que reporter un conflit inévitable. Elle cite un dirigeant du Parti travailliste qui ironise sur la formulation du pacte, se terminant par « Fait à Rome », et affirme que cette entente ne protège ni l'Empire britannique ni les idéaux démocratiques, mais sert uniquement les ambitions de Mussolini[98].

Réunions religieuses

Cet article critique les réunions religieuses annuelles organisées à Londres par diverses sectes entre mi-avril et mi-juin. La publication affirme que ces rassemblements, bien que centrés sur des activités religieuses, parlent peu de la Parole de Dieu ou du Royaume des cieux. Elle souligne que la presse quotidienne les ignore, sauf lorsqu'un intervenant fait une déclaration provocante. Selon la publication, ces réunions reflètent les priorités des partisans de la religion, qui cherchent avant tout à promouvoir leur propre cause plutôt qu'à diffuser le message de Jéhovah. Elle conclut que ces organisations sont parmi les dernières à être réceptives au message porté par les Témoins de Jéhovah, car elles privilégient leur propre prospérité et des réformes sociales plutôt que l'avènement du Royaume de Dieu[99].

« Les saints » et leurs églises

Cet article dénonce la pratique religieuse consistant à donner des noms de saints aux édifices religieux, une tradition étrangère au christianisme authentique selon la publication. Elle explique que cette coutume, notamment dans l'Église d'Angleterre, vise à faire d'un saint le patron d'une église particulière, comme c'est le cas pour les églises dédiées à « Tous les Saints » ou à « Sainte Marguerite ». La publication affirme que cette pratique relève de la tromperie religieuse et sert les intérêts commerciaux des églises.

Elle critique également la récente canonisation de trois nouveaux saints par le pape, soulignant que ces figures sont utilisées pour invoquer Dieu ou demander des faveurs, et que des cierges leur sont dédiés. La publication précise que ces saints ne seront pas vénérés par l'Église d'Angleterre, mais appartiennent exclusivement à la section romaine du christianisme. Elle conclut que ces pratiques sont anti-chrétiennes et que le véritable christianisme, tel qu'il existait depuis la Pentecôte, reconnaît comme saints ceux qui acceptent la Parole de Dieu par Jésus-Christ et se consacrent à Son service, sans distinction hiérarchique entre les croyants[100].

Action catholique

Cet article met en garde contre les activités de l'Église catholique romaine en Grande-Bretagne, dirigées par la hiérarchie ecclésiastique. La publication cite un conférencier protestant qui affirme que l'objectif principal de l'Église romaine est de reconquérir la Grande-Bretagne protestante. Elle souligne que cette église envoie un grand nombre de prêtres, moines et religieuses étrangers pour mener une propagande active, souvent sous l'influence de l'Église italienne et en collaboration avec le régime fasciste. La publication conclut que ces acteurs religieux étrangers représentent une menace pour la Grande-Bretagne, pouvant même devenir des ennemis potentiels en cas de guerre, et que l'Église catholique, sous couvert de fascisme, cherche à établir une domination politique mondiale[101].

« Voici l'éléphant » (suite de la page 14)

Cet article, qui conclut un texte commencé précédemment, décrit le comportement et les caractéristiques des éléphants. La publication relate l'histoire de Pete, un éléphant pygmée du zoo du Bronx à New York, qui avait pris l'habitude de voler une partie du repas d'Alice, une éléphante indienne, en passant par un trou dans la clôture. Elle note que les éléphanteaux sont joueurs et espiègles, causant parfois des soucis à leurs mères, et que les très jeunes éléphants doivent apprendre à utiliser leur trompe, qu'ils utilisent pour jouer avec l'eau.

La publication souligne également l'intelligence supérieure des éléphants par rapport à la plupart des autres animaux, illustrée par leur capacité à manipuler des objets avec précision et à faire preuve de considération envers leurs congénères. Elle mentionne leur gentillesse et leur prudence envers les humains, qu'ils savent capables de causer des dégâts en raison de leur force.

Enfin, l'article aborde la rareté des carcasses ou squelettes d'éléphants retrouvés, réfutant la théorie d'un « cimetière des éléphants » mystérieux. La publication explique que les éléphants vivent longtemps lorsqu'ils ne sont pas chassés, mais que beaucoup sont tués par l'homme. Les carcasses des éléphants âgés ou affaiblis sont souvent utilisées par les chasseurs locaux, le reste étant dispersé par les animaux sauvages, ce qui explique pourquoi elles sont rarement retrouvées intactes[102].

Pour ceux qui possèdent des phonographes

Cette section propose une liste de disques phonographiques contenant des conférences de Joseph Franklin Rutherford, alors président de la Société Watch Tower. Chaque disque, vendu 70 cents aux États-Unis (les tarifs pour les autres pays étant disponibles sur demande), contient deux conférences de 44 minutes chacune. Les sujets abordés incluent des thèmes théologiques et doctrinaux tels que Jéhovah, la rébellion, la rédemption, la vie, le Royaume, Armageddon, l'âme, les morts, le purgatoire, la résurrection, et bien d'autres.

La publication encourage les lecteurs à utiliser ces disques pour diffuser le message du Royaume de Dieu auprès de leurs amis et voisins. Elle propose également un service gratuit pour ceux qui ne possèdent pas de phonographe : en envoyant leur nom et adresse à la Société Watch Tower, ils seront mis en contact avec l'organisation locale des Témoins de Jéhovah, qui leur fera écouter ces enregistrements[103].

Offre spéciale prolongée jusqu'au 30 juin

La publication annonce la prolongation d'une offre spéciale jusqu'au 30 juin 1938, visant à encourager la participation des fidèles à la campagne de témoignage pour le Royaume de Dieu. Cette campagne, lancée le 9 avril, inclut une période de témoignage intitulée « Audace » (« BOLDNESS »), prévue du 4 au 12 juin. Durant ces neuf jours, les Témoins de Jéhovah sont invités à distribuer massivement le livret CURE du juge Rutherford, ainsi que le livre ENEMIES (384 pages). Une souscription d'un an au magazine Consolation est proposée pour un dollar (1,25 dollar hors des États-Unis), incluant gratuitement le livre ENEMIES et le livret CURE si l'abonnement est souscrit avant le 30 juin. Deux coupons sont proposés : le premier permet de s'abonner et de recevoir les publications gratuites, tandis que le second permet d'acquérir davantage d'exemplaires du livret CURE et du livre ENEMIES pour participer activement à la campagne de témoignage[104].

Cette initiative s'inscrit dans une stratégie de diffusion massive des écrits de l'organisation, présentée comme un moyen de « partager le témoignage pour le Royaume » durant la période désignée. La publication souligne que des millions de personnes lisent déjà le livret CURE, renforçant ainsi l'importance de cette distribution[105].

Analyse

Croyances

Le rejet systématique des doctrines catholiques constitue l'armature doctrinale la plus visible de ce numéro, qui l'instrumentalise comme outil de prédication directe sur le terrain. Que ce soit dans les récits missionnaires d'Inde, dans la lettre ouverte à l'archevêque Roberts ou dans les commentaires britanniques, la réfutation du purgatoire, de la Trinité, de la vénération des saints et de l'immortalité de l'âme n'est pas présentée comme une simple divergence théologique, mais comme une confrontation entre la « vraie vérité biblique » et une institution décrite comme mensongère. Cette posture antidoctrinale remonte à Charles Taze Russell lui-même, qui s'était opposé à plusieurs doctrines du christianisme traditionnel, notamment l'immortalité de l'âme, la Trinité et le feu de l'enfer[106]. La Watch Tower Society a constamment rejeté la doctrine de la Trinité, affirmant qu'elle trouvait ses origines dans le paganisme[107]. Ce numéro de juin 1938 illustre comment ce rejet doctrinal, hérité de Russell, est déployé concrètement par les prédicateurs sur le terrain, notamment au moyen de phonographes portables — un équipement introduit sous la présidence de Rutherford et utilisé précisément pour atteindre des populations rurales indiennes peu alphabétisées[108]. L'efficacité supposée de cette approche est présentée dans les témoignages missionnaires comme une preuve que les catholiques eux-mêmes reconnaissent, une fois confrontés aux textes bibliques, le caractère non scripturaire de leurs pratiques rituelles.[109]

La doctrine de la mortalité de l'âme — corollaire direct du rejet de l'immortalité de l'âme — occupe une place singulière dans ce numéro en raison de la façon dont elle est étayée. L'article consacré aux déclarations du professeur F.A.E. Crew, de l'Université d'Édimbourg, mobilise des arguments tirés de la neurochirurgie pour conclure que la destruction progressive du cerveau entraîne la disparition de toute personnalité et de toute conscience, sans qu'aucun résidu spirituel ne subsiste[110]. La publication ne présente pas cette démarche comme une concession au naturalisme scientifique, mais comme une confirmation extérieure d'un enseignement biblique que les Témoins de Jéhovah défendent depuis Russell. Cette doctrine, selon laquelle l'âme n'est pas par nature immortelle et que les morts se trouvent dans un état d'inconscience totale, est en effet une des positions les plus anciennes et les plus stables de la Watch Tower, posée notamment contre la doctrine catholique du purgatoire et contre le protestantisme évangélique[111]. Le fait que la publication juge utile de renforcer cet enseignement par une autorité scientifique révèle une stratégie apologétique caractéristique de la période rutherfordienne : chercher dans les discours savants profanes une validation des thèses doctrinales propres à l'organisation.[112]

L'imminence d'Har-Maguédôn comme horizon eschatologique de destruction des institutions religieuses corrompues est affirmée avec une précision rhétorique particulièrement nette dans la lettre ouverte à l'archevêque Roberts. La publication y présente Armageddon non comme une catastrophe abstraite et lointaine, mais comme un événement imminent qui balayera spécifiquement les structures ecclésiastiques pour « la gloire de Jéhovah et le bien des peuples »[113]. Cette eschatologie punitive à cible institutionnelle est cohérente avec la doctrine rutherfordienne selon laquelle la vindication du nom de Jéhovah constitue la doctrine primordiale du christianisme, plus importante que la manifestation de la grâce divine envers les individus[114]. Ar-Maguédôn n'est pas dans ce numéro un horizon indéfini : il est présenté comme la conclusion logique et imminente d'une guerre spirituelle dont les faits d'actualité décrits dans le même numéro — l'invasion japonaise de la Chine, les fascismes européens, la complicité vaticane avec Mussolini et Hitler — constituent autant de signes convergents. La « lettre ouverte » à l'archevêque est ainsi un document théologique autant que polémique : elle assigne à l'Église catholique une place précise dans le scénario eschatologique en cours d'accomplissement, tout en utilisant les textes d'Isaïe 28:15 et de Matthieu 10:26 pour justifier la publicité donnée à cette dénonciation.[115]

La rubrique doctrinale consacrée aux droits inaliénables de l'homme face à l'État déploie une argumentation théologique qui dépasse la simple défense des libertés civiles. La publication fonde le droit d'adorer Jéhovah sur Genèse 2:7 — la création de l'homme par Dieu — pour en déduire que ce droit précède ontologiquement toute autorité gouvernementale et ne peut lui être soustrait[116]. Ce raisonnement s'inscrit dans la doctrine rutherfordienne des « autorités supérieures » telle qu'elle avait été reformulée depuis 1929 : Rutherford avait utilisé cette position pour justifier la neutralité vis-à-vis des obligations civiques et la primauté absolue de l'obéissance à Dieu sur l'obéissance aux gouvernements[117]. La citation d'Actes 5:29 — « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » — et de Matthieu 10:28 dans ce contexte est caractéristique de cet arsenal scripturaire mis au service de la résistance aux régimes qui interdisent la prédication. L'article vise explicitement l'Allemagne nazie, dont la publication décrit les persécutions comme une tentative du Diable d'utiliser les gouvernements pour éloigner les hommes de Dieu[118]. Cette formulation — liant le régime nazi à l'action directe du Diable — constitue une position doctrinale précise : l'opposition des États à la prédication n'est pas analysée comme un conflit politique ordinaire, mais comme une manifestation du conflit cosmique entre Jéhovah et Satan, dont l'issue est prédéterminée par l'imminence d'Har-Maguédôn.[119]

Organisation et histoire

Le numéro du 1er juin 1938 paraît dans un contexte de montée en puissance de l'organisation missionnaire de la Société Watch Tower à l'échelle mondiale. La campagne dite « Boldness » (« Audace »), planifiée du 4 au 12 juin 1938 et annoncée dans la dernière page du numéro, illustre la coordination croissante imposée depuis le siège de Brooklyn : les Témoins de Jéhovah sont invités à distribuer simultanément, dans un délai de neuf jours, le livret CURE et le livre Enemies de Joseph Rutherford, en lien direct avec une offre d'abonnement au magazine[120]. Ce type d'action collective synchronisée correspond à la transition, engagée par Rutherford à partir de 1938, vers un système de direction entièrement centralisé depuis Brooklyn, dans lequel le siège procédait désormais à toutes les nominations dans les congrégations du monde entier[121].

Le recours aux disques phonographiques enregistrés de Rutherford, dont la liste complète figure dans ce numéro avec tarifs et instructions de mise en réseau avec les congrégations locales, s'inscrit dans cette même logique d'uniformisation du témoignage[122]. L'évangélisation phonographique, développée par Rutherford à partir de 1933 pour contourner la censure radiophonique qui frappait les émissions de la Société Watch Tower, constituait en 1938 un outil standardisé d'action de terrain, complétant les voitures sonorisées et le porte-à-porte[123]. Ce numéro en rend compte à la fois par la liste des titres disponibles et par le récit missionnaire en Inde, où Claude Goodman utilise précisément un véhicule sonorisé pour diffuser les enregistrements en langues locales[124].

Les deux victoires judiciaires de mars 1938, détaillées dans ce numéro, constituent des acquis institutionnels majeurs présentés comme une validation de la légitimité des publications de la Watch Tower. L'affaire Lovell v. City of Griffin, tranchée à l'unanimité le 28 mars 1938 par la Cour suprême des États-Unis sous la plume du président Charles Evans Hughes, invalida l'ordonnance de Griffin (Géorgie) qui exigeait un permis pour distribuer de la littérature, au motif que cette restriction préalable violait le Premier Amendement[125]. La décision de la Cour suprême d'Afrique du Sud, rendue le 22 mars 1938 dans l'affaire Kabungo, confirma pour sa part que les publications de la Watch Tower ne constituaient pas un acte de sédition contre la Couronne britannique[126]. Le numéro présente ces deux décisions rendues à quelques jours d'intervalle comme une double légitimation judiciaire de l'activité missionnaire de l'organisation, dans deux juridictions distinctes et sur deux continents différents.

L'épisode australien, centré sur la tentative d'interdire à Rutherford l'accès au Sydney Town Hall, constitue le seul cas dans ce numéro où le président de la Société Watch Tower est nommément impliqué dans un conflit avec des autorités municipales[127]. La publication y impute la pression exercée sur le conseil municipal à la hiérarchie catholique romaine, en comparant la situation australienne à celle de pays comme l'Espagne, l'Italie ou le Mexique, présentés comme sous emprise catholico-fasciste. Ce cadrage identique à celui utilisé dans les rubriques consacrées au fascisme italien, à l'« Action catholique » en Grande-Bretagne et à la formation des prêtres mexicains révèle une ligne éditoriale cohérente dans ce numéro : l'Église catholique romaine y est systématiquement présentée comme un acteur politique hostile agissant contre les libertés civiles des Témoins de Jéhovah, que ce soit en Inde, en Australie, en Amérique du Sud ou en Europe[128].

Science et médecine

Ce numéro du 1er juin 1938 contient plusieurs prises de position à fort enjeu idéologique sur des questions médicales et scientifiques, dont la portée ne peut être pleinement évaluée qu'en les resituant dans l'état des connaissances de l'époque.

Le premier cas concerne la question de l'immortalité de l'âme, à laquelle la publication consacre un encadré intitulé « La science ne soutient pas le mensonge ». Elle y rapporte les propos du professeur F.A.E. Crew de l'Université d'Édimbourg, qui aurait déclaré lors d'une conférence à Calcutta que les avancées en neurochirurgie ne permettaient pas de soutenir l'idée d'une survie de la personnalité après la mort.[129] La publication utilise cette déclaration pour appuyer sa doctrine de la mort comme état d'inconscience totale — doctrine centrale chez les Témoins de Jéhovah, qui rejettent l'immortalité innée de l'âme depuis les origines du mouvement. En 1938, le débat entre matérialisme neurologique et dualisme âme-corps était réel dans les milieux scientifiques, et certains neurophysiologistes défendaient effectivement des positions proches de celles attribuées au professeur Crew. Toutefois, la Consolation sélectionne délibérément une voix scientifique minoritaire et la présente comme une réfutation définitive des « croyances religieuses traditionnelles », sans mentionner que la question restait alors très débattue. L'instrumentalisation est claire : la science n'est convoquée ici qu'en tant qu'alliée circonstancielle d'une conclusion théologique préexistante, celle que la mort est un anéantissement provisoire en attente de résurrection, conformément aux enseignements de la Watch Tower.

Le deuxième cas porte sur la vaccination antivariolique. La rubrique intitulée « Médication métropolitaine » présente une série de statistiques visant à démontrer que la variole recule davantage dans les pays où la vaccination est peu pratiquée que dans ceux où elle est imposée par la loi.[130] La publication cite notamment le fait que l'Angleterre et l'Australie, où les taux de vaccination auraient « fortement diminué », connaîtraient une quasi-disparition de la maladie, tandis que l'Italie, le Mexique et les Philippines, où la vaccination est strictement obligatoire, auraient subi des épidémies dévastatrices. Ces affirmations sont présentées comme autant de preuves que la vaccination est inutile voire contre-productive. Or la littérature médicale des années 1930 attestait au contraire que la vaccination antivariolique constituait le seul moyen éprouvé de prévention de la variole, même si des débats existaient sur les conditions d'efficacité et les effets indésirables.[131] La Watch Tower diffusait depuis le début des années 1920 une rhétorique antivaccinale dans ses périodiques, notamment dans L'Âge d'Or, dont Clayton Woodworth, rédacteur en chef, était ouvertement hostile à la médecine allopathique.[132] En 1938, se faire vacciner était encore assimilé dans certains écrits de l'organisation à une violation de la loi divine sur le sang.[133] La sélection de statistiques présentées sans contexte — et l'appel à I. T. B. Anderson, secrétaire d'un bureau d'information marginal hostile aux agences sanitaires — confirme que la démarche n'est pas scientifique mais idéologique : il s'agit de légitimer un rejet de l'autorité médicale gouvernementale, cohérent avec la méfiance générale de l'organisation envers les institutions séculières.

Le troisième cas porte sur le vaccin anticoquelucheux. L'article intitulé « La supercherie du vaccin contre la coqueluche » cite le Quarterly Bulletin du département de la santé de New York d'août 1937, qui annonçait la suspension de l'administration systématique de ce vaccin dans les centres de santé pour nourrissons, au profit d'une étude expérimentale sur son efficacité réelle.[134] La publication en tire la conclusion que des milliers de bébés avaient été vaccinés avant que quiconque ne se soucie d'évaluer le produit, et établit un parallèle avec la vaccination antivariolique, suggérant que les campagnes de masse pourraient expliquer l'augmentation des cas de paralysie infantile. En réalité, le contexte scientifique des années 1930 était celui d'une période de maturation : le vaccin anticoquelucheux à cellules entières, développé dans les années 1910, n'avait été évalué à grande échelle aux États-Unis que dans les années 1930, et des essais de terrain menés par Pearl Kendrick et Grace Eldering en 1935 avaient produit des résultats préliminaires très favorables — 63 cas de coqueluche dans le groupe contrôle contre 3 dans le groupe vacciné.[135] La coqueluche tuait alors environ 9 000 enfants américains par an avant la généralisation du vaccin.[136] La décision administrative de New York relevait donc d'une évaluation scientifique en cours, et non de la reconnaissance d'une « supercherie » : la revue amplifie délibérément un épisode réel de prudence sanitaire institutionnelle pour construire une rhétorique générale de méfiance envers la médecine organisée, prolongeant ainsi une ligne éditoriale antivaccinale constante depuis le début des années 1920.


Illustrations du numéro

Références

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