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La présence dans ce numéro d'une lettre signée par un millier de membres rassemblés à la Salle du Royaume de Londres, exprimant leur engagement à combattre la « religion diabolique » dirigée par la hiérarchie catholique, témoigne de la dimension conflictuelle et publiquement déclarée de l'identité collective du mouvement à cette date.<ref>''La Tour de Garde du 15 mars 1938'', p. 95.</ref> De même, le témoignage de J.H. Eneroth relatif à la Suède mentionne une campagne de diffamation présentant les Témoins de Jéhovah comme des agents bolcheviques, à laquelle la Société aurait répondu par des lettres aux éditeurs de presse et des réunions publiques de démenti.<ref>''La Tour de Garde du 15 mars 1938'', p. 95.</ref> Ce type de réponse institutionnelle organisée — impliquant une coordination entre le terrain local et le siège central — est caractéristique de la gestion des relations extérieures du mouvement dans plusieurs pays européens durant la seconde moitié des années 1930. | La présence dans ce numéro d'une lettre signée par un millier de membres rassemblés à la Salle du Royaume de Londres, exprimant leur engagement à combattre la « religion diabolique » dirigée par la hiérarchie catholique, témoigne de la dimension conflictuelle et publiquement déclarée de l'identité collective du mouvement à cette date.<ref>''La Tour de Garde du 15 mars 1938'', p. 95.</ref> De même, le témoignage de J.H. Eneroth relatif à la Suède mentionne une campagne de diffamation présentant les Témoins de Jéhovah comme des agents bolcheviques, à laquelle la Société aurait répondu par des lettres aux éditeurs de presse et des réunions publiques de démenti.<ref>''La Tour de Garde du 15 mars 1938'', p. 95.</ref> Ce type de réponse institutionnelle organisée — impliquant une coordination entre le terrain local et le siège central — est caractéristique de la gestion des relations extérieures du mouvement dans plusieurs pays européens durant la seconde moitié des années 1930. | ||
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Version du 16 juillet 2026 à 22:59
Analyse
Croyances
La doctrine centrale qui traverse ce numéro est la distinction entre deux classes de sauvés — les oints (le « petit troupeau ») et les Jonadabs (la « grande multitude ») — fondée sur une lecture de Romains 8:14-17. L'organisation enseignait à cette époque que le « témoignage de l'esprit avec notre esprit » mentionné par Paul constitue une confirmation intérieure et objective de la filiation divine, strictement réservée aux membres du corps du Christ. Cette position est solidement ancrée dans le corpus doctrinal alors en vigueur : la révélation de l'identité de la grande multitude, intervenue selon la publication en 1935, constituait encore un acquis récent, et ce numéro s'emploie à en tirer toutes les conséquences théologiques en matière de pneumatologie.[1]
L'argumentation développée dans les sections « Esprit et application » et « L'esprit lui-même » repose sur un principe herméneutique constant dans la théologie rutherfordienne : la différenciation radicale entre deux formes d'action de l'esprit saint. D'un côté, l'esprit agit sur les oints en les « engendrant » spirituellement, leur conférant l'esprit d'adoption filiale et la certitude de leur vocation céleste ; de l'autre, il guide les Jonadabs dans l'accomplissement de la volonté divine sans les introduire dans cette relation filiale directe avec Jéhovah.[2] Pour étayer cette distinction, la publication mobilise des figures de l'Ancien Testament — Betsaleel, rempli de l'esprit pour les travaux du tabernacle, et Cyrus, dont l'esprit fut « réveillé » par Jéhovah — comme exemples d'une action de l'esprit qui n'implique pas une naissance spirituelle.[3] Cette catégorisation précise avait été introduite progressivement depuis le milieu des années 1930 et ce numéro la systématise avec une minutie exégétique particulièrement développée.
La condition de cohéritier avec Christ, telle qu'elle est exposée dans la section « Souffrance », introduit une nuance doctrinale notable : la souffrance, même jusqu'à la mort, ne suffit pas à établir l'appartenance au « petit troupeau ». La publication s'appuie sur 1 Pierre 1:10-12 pour démontrer que les prophètes de l'Ancien Testament, bien qu'ayant enduré des tribulations, n'avaient pas accès à l'esprit d'adoption et ne faisaient donc pas partie des élus célestes.[4] Ce point s'inscrit dans une réflexion théologique plus large sur la nature de l'élection : l'appartenance au corps du Christ ne se réduit pas à des comportements observables, mais requiert une confirmation divine intérieure et invisible.
Le traitement de la chronologie prophétique dans cet article illustre la manière dont les dates 1914, 1918, 1931 et 1935 fonctionnaient, à cette époque, comme un système articulé de jalons eschatologiques.[5] En particulier, 1918 est présentée comme un double événement : la venue du Christ au temple pour juger les siens, et le début d'une illumination accrue des Écritures accordée aux oints.[6] Ce schéma chronologique, dans lequel 1914 marque la fin des « temps des Gentils » et le début du règne céleste du Christ, est issu d'un calcul fondé sur les 2 520 ans des « sept temps » des nations, popularisé dans le mouvement adventiste avant d'être repris par Nelson Barbour puis par Charles Taze Russell.[7]
L'application du message à l'église de Laodicée (Apocalypse 3:14-22) à la période post-1918 reflète une lecture ecclésiologique cohérente avec la pneumatologie du numéro : la tiédeur spirituelle des Laodicéens est explicitement identifiée à un manque de zèle dans la proclamation du Royaume, c'est-à-dire à une défaillance pratique dans l'œuvre de témoignage que les oints sont appelés à accomplir.[8] Dans la tradition exégétique générale, les commentateurs ont souligné que le Christ, dans sa lettre à Laodicée, n'y trouve aucun élément positif à mentionner — contrairement à chacune des six autres lettres aux églises de l'Apocalypse — ce qui fait de Laodicée la congrégation la plus sévèrement réprimandée de l'ensemble du septénaire.[9] La publication rutherfordienne s'empare de cette singularité pour en faire un avertissement adressé aux membres oints insuffisamment actifs dans leur ministère, opposant les « zélés » — qui voient et magnifient l'organisation de Dieu — aux « tièdes » qui se contentent des vérités acquises avant 1917 sans assimiler les développements doctrinaux ultérieurs.[10]
L'exégèse des chapitres 4 et 5 de l'Apocalypse, consacrée à la vision du temple céleste, mobilise une symbolique complexe au service d'une ecclésiologie précise. Les vingt-quatre anciens siégeant autour du trône sont interprétés non comme des anges, mais comme la représentation de l'ensemble des 144 000 membres du corps du Christ, y compris ceux encore sur terre.[11] Cette identification contraste avec d'autres positions exégétiques : des commentateurs extérieurs au mouvement ont par exemple rapproché ces vingt-quatre anciens des vingt-quatre tours sacerdotales d'Israël mentionnées en 1 Chroniques 24:7-18, les considérant comme des êtres angéliques exerçant une fonction sacerdotale céleste, notamment en présentant les prières des fidèles (Apocalypse 5:8).[12] La lecture proposée dans ce numéro est donc résolument ecclésiologique : elle fait des anciens une représentation symbolique de la communauté des oints dans sa totalité, plutôt qu'un ordre céleste distinct.
L'interprétation des quatre créatures vivantes comme représentation des attributs de l'organisation divine — justice et courage royal pour le lion, force pour le bœuf, amour pour l'homme, sagesse et rapidité pour l'aigle — constitue une lecture allégorique d'inspiration théocratique qui substitue à chaque figure animale une qualité propre à l'organisation de Jéhovah.[13] Cette approche, qui lit les visions de l'Apocalypse comme un déchiffrement de la structure même de l'organisation divine visible, est caractéristique de l'herméneutique développée sous la direction de Joseph Franklin Rutherford.
Enfin, la condition de salut des Jonadabs, définie comme leur maintien dans « la ville de refuge » identifiée à l'organisation théocratique sous la direction du Christ, articule directement la sotériologie et l'ecclésiologie : le salut de la grande multitude ne dépend pas d'une relation filiale directe avec Jéhovah, mais de la fidélité à demeurer au sein de la structure organisationnelle visible.[14] Cette formulation confère à l'organisation une fonction sotériologique explicite, en faisant d'elle le cadre indispensable à l'intérieur duquel les Jonadabs peuvent espérer survivre à Harmaguédon et accéder à la vie éternelle sur la terre renouvelée.
Contenu
« Compagnons »
Cette rubrique annonce la période de témoignage intitulée « Compagnons », qui se déroulera du 9 au 17 avril 1938. Elle est destinée à rassembler les membres oints (le « reste oint ») et les Jonadabs (les « autres brebis ») dans une campagne mondiale d'évangélisation. La stratégie de prédication proposée combine un abonnement d'un an à la revue Consolation avec les livres Ennemis (ou Akiches) et le nouveau livret Cure, le tout pour une contribution de 1,00 dollar. Les détails supplémentaires sur cette campagne sont annoncés pour paraître dans les prochains numéros de l'Informant[15].
Mémorial
La date du Mémorial, célébration annuelle de la mort de Jésus-Christ, est fixée au vendredi 15 avril 1938, après 18 heures. Les compagnies des oints sont invitées à se rassembler pour cette commémoration, en présence des Jonadabs. Les emblèmes utilisés doivent être du pain sans levain et du vrai vin rouge, conformément à la pratique de Jésus et de ses apôtres[16].
Convention
Une convention des Témoins de Jéhovah est prévue à Sydney, en Australie, du 22 au 25 avril 1938. Cette assemblée servira à la fois l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Le discours public du président sera diffusé par radio. Tous les serviteurs de Jéhovah sont invités à y participer[17].
Convention espagnole des Témoins de Jéhovah
Une convention spécialement destinée aux frères hispanophones est organisée à San Antonio, au Texas, du 15 au 17 avril 1938. Les Témoins de Jéhovah de langue espagnole sont encouragés à y assister. La compagnie locale de San Antonio, sous la direction de la Société Watch Tower, est chargée des préparatifs. Les frères Montero et Keller y participeront. Les intéressés peuvent contacter J.D. Carter pour plus d'informations[18].
« Cure »
La Société Watch Tower publie un nouveau livret intitulé Cure, rédigé par Joseph Franklin Rutherford. Ce livret, présenté dans une couverture percutante, propose une réponse aux recherches vaines des nations et des individus pour un remède aux maux de l'humanité. Sa sortie est annoncée pour une campagne de prédication. Les proclamateurs du Royaume sont invités à se familiariser avec son contenu. Des exemplaires peuvent être obtenus contre une contribution de 5 cents chacun[19].
Son troupeau (1re partie)
Cet article examine la distinction entre les deux groupes composant le troupeau de Jéhovah : le « petit troupeau » (les oints) et les « autres brebis » (la grande multitude). Jéhovah a confié à Jésus-Christ la tâche de rassembler ces deux groupes pour former un seul troupeau sous sa direction. Le « petit troupeau » est destiné à régner avec Christ dans les cieux, tandis que la « grande multitude » vivra éternellement sur la terre. L'article souligne que cette distinction a été révélée progressivement : en 1918, lorsque Christ est venu au temple pour juger les siens ; en 1931, lorsque Jéhovah a donné un nouveau nom à son peuple ; et en 1935, lorsque l'identité de la grande multitude a été clarifiée.
La publication affirme que « Ne crains point, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume » (Luc 12:32). Elle explique que chaque individu doit déterminer lui-même, à la lumière des Écritures, s'il appartient au « petit troupeau » ou à la « grande multitude ». Les dates clés mentionnées (1918, 1931, 1935) servent de repères pour comprendre le processus de rassemblement en cours[20].
Témoignage de l'esprit
Cette section analyse le passage de Romains 8:16-17, qui déclare que « l'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu ». L'article précise que ce message s'adresse exclusivement aux « appelés », c'est-à-dire aux membres du « petit troupeau », et non à la grande multitude. Plusieurs traductions de ce passage sont citées pour en éclairer le sens, notamment celles de la Version Révisée Américaine, du Diaglott, de Weymouth, de la Bible de Douay (catholique), de Rotherham et de l'édition syriaque.
La publication affirme que « L'Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit que nous sommes enfants de Dieu » est une preuve intérieure et invisible, donnée par Dieu, qui permet aux oints de reconnaître leur filiation divine. Cette reconnaissance implique une relation filiale avec Jéhovah, où le croyant peut l'invoquer comme « Père ». L'article souligne que cette relation est réservée aux membres du « petit troupeau », qui sont héritiers de Dieu et cohéritiers avec Christ, à condition de souffrir avec lui[21].
Souffrance
Cette partie aborde la condition de la souffrance comme élément nécessaire pour être cohéritier avec Christ. L'article précise que la souffrance seule, même jusqu'à la mort, ne suffit pas à déterminer si une personne fait partie du « petit troupeau ». Il cite les exemples des hommes fidèles de l'Ancien Testament, qui ont enduré des persécutions sans pour autant être considérés comme fils de Dieu ou héritiers célestes. La publication affirme que « Concernant ce salut, les prophètes qui ont prophétisé au sujet de la grâce qui vous était destinée, l'ont recherché et examiné avec soin » (1 Pierre 1:10-12), soulignant que ces prophètes ne faisaient pas partie des élus, mais annonçaient les souffrances du Christ et les gloires qui suivraient, réservées aux oints[22].
« Esprit » et application
Ce long développement théologique examine l'interprétation de l'apôtre Paul dans l'épître aux Romains, chapitre 8, en particulier les versets 14 à 17, pour distinguer les conditions spirituelles des membres oints du « petit troupeau » et des « Jonadabs » (ou « autres brebis »), ces derniers représentant les personnes de bonne volonté ayant une espérance terrestre[23]. La publication affirme que la filiation divine, réservée aux oints, ne peut être prouvée par la seule souffrance ou le témoignage rendu au nom de Jéhovah, mais nécessite également « le témoignage de l'esprit avec notre esprit » (Romains 8:16)[24].
L'article souligne que les Jonadabs, bien que consacrés à faire la volonté de Dieu et bénéficiant de son esprit pour accomplir cette mission, ne sont pas « engendrés de l'esprit » comme les membres du corps de Christ. Leur espérance reste terrestre, et ils doivent « marcher selon l'esprit » plutôt que selon la chair, c'est-à-dire rejeter les désirs du monde et se consacrer à la justice divine[25]. La « chair », dans ce contexte, désigne une orientation vers les choses du monde, sous l'influence de Satan, tandis que l'esprit implique une dévotion exclusive à Jéhovah et à son royaume[26].
La distinction entre les deux groupes est approfondie par une analyse des versets 9 à 11 de Romains 8. Les oints, en tant que « temple spirituel » où réside l'esprit de Dieu, sont libérés de la « loi du péché et de la mort » grâce à leur union avec Christ. En revanche, les Jonadabs, bien que guidés par l'esprit de Dieu, ne sont pas « en Christ » au sens spirituel et ne bénéficient pas de cette libération absolue. Leur salut dépend de leur fidélité à rester dans « la ville de refuge », c'est-à-dire l'organisation théocratique sous la direction de Christ[27].
L'article aborde également la notion de « gémissement » de la création, mentionnée en Romains 8:22, en l'interprétant comme l'attente de la manifestation des fils spirituels de Dieu, qui s'est produite en 1918 avec la venue de Christ au temple pour le jugement. Les Jonadabs, ayant reconnu cette manifestation, ont cessé de gémir et se réjouissent désormais avec les oints, formant un seul troupeau sous la direction de Christ[28].
Enfin, la publication explique que l'adoption en tant que fils de Dieu, mentionnée en Romains 8:15, s'applique uniquement aux oints. Ceux-ci, libérés de la « servitude de la crainte » imposée par les religions humaines, crient « Abba, Père » avec assurance. Les Jonadabs, bien qu'ils adressent également des prières à Jéhovah en tant que Père, le font dans l'espoir d'être un jour pleinement intégrés à la famille divine sur terre, à l'image des disciples de Jésus avant la Pentecôte[29].
« L'Esprit »
Cette section approfondit la signification du terme « esprit » dans Romains 8:16, où l'apôtre Paul écrit : « L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu »[30]. La publication précise que cette déclaration s'adresse exclusivement aux oints, qui ont reçu « l'esprit d'adoption » et sont ainsi reconnus comme fils spirituels de Dieu. L'« esprit » mentionné ici désigne la force active invisible de Jéhovah, qui agit comme un « consolateur » pour les disciples de Christ après son départ[31].
L'article cite les paroles de Jésus en Jean 14:16-17,26, où il promet l'envoi d'un « autre consolateur », identifié comme l'esprit saint, pour enseigner et rappeler aux disciples tout ce qu'il leur a dit. Cette promesse s'est accomplie à la Pentecôte, lorsque l'esprit saint a été répandu sur les premiers chrétiens, confirmant leur statut de fils de Dieu[32]. La publication souligne que cette manifestation de l'esprit ne s'est pas limitée aux oints, mais a également été accordée à des figures de l'Ancien Testament, comme Betsaleel, que Jéhovah a « rempli de son esprit » pour accomplir des travaux artistiques dans le tabernacle, sans pour autant l'engendrer spirituellement[33].
La distinction entre l'action de l'esprit sur les oints et sur les Jonadabs est illustrée par l'exemple de Cyrus, roi de Perse. Bien que Jéhovah ait « réveillé l'esprit de Cyrus » pour qu'il autorise la reconstruction du temple de Jérusalem, il ne lui a pas conféré son esprit de la même manière qu'aux personnes consacrées, comme les Jonadabs, qui reçoivent à la fois l'impulsion et la direction de l'esprit saint pour accomplir la volonté divine[34].
« L’esprit lui-même »
La publication poursuit son analyse de l’opération du saint esprit parmi les fidèles, en particulier ceux qui sont « engendrés par l’esprit »[35]. Elle cite l’apôtre Paul dans l’épître aux Romains (Romains 8:16) pour souligner que « l’esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu »[36]. Ce témoignage, précise-t-elle, n’est pas une simple émotion ou un sentiment subjectif, mais une action divine et objective, indépendante des fluctuations humaines. Le texte insiste sur le fait que ce témoignage est réservé aux seuls « engendrés par l’esprit », c’est-à-dire aux membres de la « petite troupe » ointe, et non aux Jonadabs, qui ne bénéficient pas de cette confirmation spirituelle[37].
La publication rappelle également que le retour de Jésus-Christ au temple en 1918 a marqué un tournant dans l’éclairage des prophéties pour les fidèles. Depuis cette date, le Seigneur illumine directement les esprits des oints, leur permettant de comprendre et d’apprécier les Écritures avec une clarté accrue[38]. Cette illumination est présentée comme une preuve supplémentaire de la relation privilégiée entre Dieu et ses fils spirituels.
Une distinction est établie entre les « engendrés par l’esprit » et les autres croyants, notamment à travers des références bibliques telles que 1 Pierre 1:3-4 et 1 Jean 3:1-2. Ces passages soulignent que seuls les premiers sont appelés à partager le royaume céleste avec le Christ, tandis que les seconds, bien que fidèles, n’ont pas cette vocation[39]. La publication conclut cette section en annonçant que la suite de l’article abordera la question de savoir quand et comment ce témoignage de l’esprit se manifeste pour confirmer l’appel et l’élection des fidèles.
Questions pour l’étude
La rubrique propose une série de questions destinées à guider l’étude des fidèles sur les thèmes abordés dans l’article. Ces questions couvrent divers aspects doctrinaux, notamment le rôle du Christ Jésus dans la gestion des affaires du royaume de Dieu, l’opération du saint esprit depuis la Pentecôte jusqu’en 1918, et les distinctions entre les différentes classes de croyants[40].
Parmi les points soulevés, on trouve des interrogations sur l’application des paroles de Romains 8:16-17 aux seuls « engendrés par l’esprit », ainsi que sur la signification des termes « esprit de servitude » et « esprit d’adoption » mentionnés dans ce passage. Les questions invitent également les lecteurs à réfléchir sur la manière dont les fidèles peuvent discerner leur appel et leur élection, en s’appuyant sur des références scripturaires précises[41].
Laodicée
Cet article examine le message adressé à l’église de Laodicée, tel qu’il est rapporté dans le livre de l’Apocalypse (Apocalypse 3:14-22). La publication souligne que ce message s’applique particulièrement à la période suivant le retour du Seigneur Jésus au temple en 1918, une époque marquée par le jugement des serviteurs de Dieu[42].
Le texte met en lumière le caractère tiède des Laodicéens, décrits comme étant « ni froids ni chauds », ce qui provoque le dégoût du Seigneur. Cette tiédeur est illustrée par leur autosatisfaction et leur aveuglement spirituel : ils se considèrent comme riches et n’ayant besoin de rien, alors qu’en réalité, ils sont « misérables, pauvres, aveugles et nus »[43]. La publication interprète cette condition comme le résultat d’un manque de zèle et d’activité dans le service de Dieu, notamment dans la proclamation du message divin.
Le Seigneur exhorte les Laodicéens à se repentir et à devenir zélés dans leur service. Il se présente comme celui qui frappe à la porte, prêt à entrer et à souper avec ceux qui lui ouvrent. Cette image est interprétée comme une invitation à accueillir le Seigneur dans leur vie et à participer activement à son œuvre[44]. La publication souligne que cette exhortation s’adresse spécifiquement aux membres de l’église qui, bien que liés par l’alliance avec Dieu, manquent de ferveur et de dévouement.
Une distinction est établie entre les « jeunes hommes » et les « vieillards » au sein de l’église. Les premiers, décrits comme zélés et actifs, ont reçu une vision claire de la vérité et se sont engagés avec enthousiasme dans le service de Dieu. Les seconds, en revanche, sont présentés comme languissants et inactifs, se contentant de rêver aux récompenses célestes sans participer activement à l’œuvre divine[45]. Cette dichotomie est utilisée pour illustrer la nécessité d’un réveil spirituel parmi les fidèles.
La publication conclut en rappelant que le jugement de Dieu commence par sa maison, et que ceux qui répondent à l’invitation du Seigneur seront récompensés en partageant son trône, tout comme lui-même a surmonté les épreuves et s’est assis avec son Père sur son trône[46].
Laodicée (suite)
La publication poursuit son analyse du message à Laodicée en soulignant les conséquences de la tiédeur spirituelle. Elle décrit les Laodicéens comme étant « wretched, and miserable, and poor, and blind, and naked »[47] « misérables, malheureux », une condition qui les rend malheureux et inconfortables. Leur manque de joie dans le Seigneur les empêche de comprendre la véritable nature de la joie divine et les prive de toute appréciation du royaume de Dieu.
Le texte met en lumière l’illusion des Laodicéens, qui se croient riches alors qu’ils sont en réalité pauvres. Cette pauvreté spirituelle est attribuée à leur refus de subir le « reproche du Christ », une condition nécessaire pour être riche aux yeux de Dieu[48]. La publication cite des références bibliques, telles que Hébreux 11:26 et Proverbes 22:1, pour souligner que la véritable richesse réside dans une bonne réputation auprès de Jéhovah et dans sa faveur, plutôt que dans les possessions matérielles.
Une distinction est faite entre les « zélés » et les « tièdes ». Les premiers, décrits comme « chauds », sont ceux qui voient et apprécient l’organisation de Dieu et magnifient son nom. Leur zèle les pousse à participer activement à l’œuvre de témoignage, malgré les épreuves et les privations. Les seconds, en revanche, sont ceux qui évitent le reproche du Christ et se contentent de méditer sur les vérités reçues avant 1917, sans chercher à comprendre les développements doctrinaux ultérieurs[49].
La publication critique également l’attitude de ceux qui, bien qu’ayant une certaine activité, ne suivent pas les commandements de Dieu. Elle souligne que ces individus ne voient pas la distinction claire entre l’organisation de Satan et celle de Dieu, et négligent ainsi leur devoir de témoins zélés pour Jéhovah. Leur manque de vision spirituelle les rend aveugles aux accomplissements des prophéties et aux desseins divins[50].
Enfin, le texte rappelle que le Seigneur, par amour pour ceux qui sont dans l’alliance, les reprend et les exhorte à se repentir. Il les avertit de la nécessité de changer leur comportement et de devenir zélés dans le service de Dieu, afin d’éviter les conséquences de leur tiédeur spirituelle[51].
Jéhovah dans son temple
Cet article met en lumière la révélation progressive de Jéhovah comme le Souverain suprême et le Roi de l’éternité, une compréhension qui s’est affinée parmi les fidèles après le retour du Seigneur Jésus au temple en 1918[52]. La publication souligne que la période allant de 1879 à 1918 a été marquée par la « préparation du chemin devant Jéhovah », tandis que la période suivant 1918, jusqu’à la bataille d’Armageddon, est décrite comme « le jour de sa préparation », conformément à la prophétie de Nahum 2:3.
Le texte invite les lecteurs à méditer sur les chapitres 4 et 5 de l’Apocalypse, qui offrent une vision symbolique de Jéhovah dans son temple et de son représentant glorieux, « l’Agneau ». Ces images sont présentées comme sublimes et exaltantes, reflétant les réalités spirituelles qui se sont manifestées depuis 1914[53]. La publication encourage une lecture attentive de ces passages pour saisir pleinement leur signification.
L’article décrit ensuite une vision symbolique dans laquelle l’apôtre Jean, représentant le reste des fidèles oints, est invité à « monter ici » pour contempler des réalités spirituelles. Cette invitation est interprétée comme l’ouverture d’une porte permettant de discerner les choses spirituelles qui devaient être comprises à cette époque[54]. La vision révèle Jéhovah assis sur son trône, entouré d’une gloire resplendissante, symbolisée par des pierres précieuses et un arc-en-ciel, représentant la sainteté de la vie et l’immortalité divine.
La publication souligne que cette vision a coïncidé avec le déversement du saint esprit sur toute chair, comme annoncé dans Joël 2:28-29. Ce déversement a permis aux fidèles de discerner les « choses profondes de Dieu », préparées pour ceux qui l’aiment, et qui ne peuvent être comprises que par l’intermédiaire du saint esprit[55].
Enfin, le texte décrit la voix du Seigneur Jésus, comparée au son d’une trompette, annonçant des événements majeurs. Cette voix est interprétée comme celle de l’Annonciateur ou Verbe de Jéhovah, invitant les fidèles à contempler les réalités spirituelles qui se déroulent depuis son retour au temple. La publication conclut en soulignant l’importance de cette révélation pour les fidèles, qui sont appelés à participer activement à l’œuvre de témoignage pour Jéhovah et son royaume[56].
La vision du temple céleste
La publication poursuit son exégèse de la vision du temple céleste décrite dans le livre de l'Apocalypse 4, en insistant sur l'ouverture de ce temple comme un événement exclusivement divin, indépendant de toute intervention humaine. Elle affirme que cette révélation a été accordée aux membres du reste fidèle uniquement par la grâce de Dieu, par l'intermédiaire de Jésus-Christ[57].
Le texte décrit les vingt-quatre trônes entourant le trône de Jéhovah, sur lesquels siègent des anciens vêtus de blanc et couronnés d'or. Ces anciens représenteraient non seulement les douze apôtres, mais aussi l'ensemble des fidèles formant le corps du Christ, y compris ceux encore sur terre sous « la robe de justice » et dans « le lieu secret du Très-Haut »[58]. La publication cite Psaume 149:5 et 1 Pierre 5:4 pour appuyer l'idée que ces fidèles reçoivent une couronne de gloire impérissable lors de l'apparition du Grand Berger.
Les éclairs, tonnerres et voix émanant du trône sont interprétés comme des manifestations de l'autorité divine, tandis que les « sept lampes de feu » symboliseraient la lumière spirituelle complète accordée par l'esprit de Jéhovah aux serviteurs de Dieu[59]. La mer de verre devant le trône, comparée à la « mer fondue » du temple de Salomon, est présentée comme une image de la pureté de la Parole de Dieu, que Jéhovah rendra parfaitement claire en temps voulu pour le reste fidèle[60].
Les quatre créatures vivantes
La publication analyse ensuite les quatre créatures vivantes (ou « bêtes ») décrites autour du trône divin. Ces créatures, distinctes de Jéhovah et de Jésus, représenteraient l'organisation divine dans sa complétude. Leur description détaillée est interprétée comme suit :
- La première, semblable à un lion, symboliserait la justice et le courage royal, en accord avec Psaume 89:14. - La seconde, ressemblant à un bœuf, évoquerait la puissance et la force soutenant l'organisation divine, illustrée par les douze bœufs de cuivre du temple de Salomon. - La troisième, avec un visage d'homme, représenterait l'amour comme motif d'action, conformément à la déclaration « Dieu est amour » et à l'image divine de l'homme. - La quatrième, semblable à un aigle en vol, incarnerait la sagesse élevée, la perspicacité et la rapidité d'action, en référence à Proverbes 23:5 et Psaume 103:5[61].
Les six ailes de chaque créature suggéreraient leur capacité à agir rapidement tout en assurant une protection aux membres terrestres de l'organisation. Leur activité incessante, décrite comme une louange continue à Jéhovah, est mise en parallèle avec Isaïe 62:6-7, soulignant leur vigilance constante[62].
La réaction des vingt-quatre anciens
La publication décrit la réaction des vingt-quatre anciens face à l'hymne des créatures vivantes. Ces anciens, représentant les 144 000 fidèles ayant surmonté l'épreuve avec le Christ, se prosternent devant le trône et déposent leurs couronnes, reconnaissant ainsi la suprématie absolue de Jéhovah[63]. Cette action symboliserait leur soumission totale à l'autorité divine, en accord avec Romains 13:1 et 1 Corinthiens 11:3.
Le texte souligne que cette vision du temple céleste, révélée au reste fidèle, marque le début d'une période de préparation pour la grande bataille d'Harmaguédon. Il cite Apocalypse 22:11 pour affirmer que ce moment correspond au jugement divin au temple, où ceux qui sont saints doivent persévérer dans leur sainteté[64].
Réorganisation du service en Grande-Bretagne
La publication annonce une réorganisation du travail de prédication en Grande-Bretagne, illustrée par la transformation du Tabernacle de Londres en « Salle du Royaume ». Cette modification, impliquant le retrait des éléments religieux traditionnels (chaire, bancs ecclésiastiques) au profit d'une estrade moderne et de chaises, symboliserait une rupture avec les formes cultuelles établies[65].
Albert D. Schroeder est présenté comme le nouveau serviteur de filiale de la Société à Londres, chargé de superviser cette réorganisation. La publication reproduit deux lettres illustrant cette transition. La première, adressée aux éditeurs de la « Greater London Company », annonce l'ouverture officielle de la Salle du Royaume le 16 janvier 1938 et la tenue d'une assemblée unifiée pour présenter les nouvelles instructions organisationnelles[66].
Témoignages sur l'utilisation du phonographe
La seconde lettre, signée par un millier de frères assemblés à la Salle du Royaume, exprime leur engagement à défendre les intérêts du Royaume et à combattre la « religion diabolique » dirigée par la hiérarchie catholique. Elle souligne leur détermination à soutenir Jéhovah et son Roi glorieux, citant 2 Chroniques 20:15 pour affirmer que « la bataille est à Dieu »[67].
La publication inclut également des témoignages de pionniers sur l'utilisation du phonographe comme outil de prédication. Une lettre d'Arthur Burrows et Robert Fletcher, pionniers en Angleterre, décrit leur succès dans l'utilisation systématique du phonographe, notamment en milieu rural, et leur participation à des séries de conférences publiques comme « Exposed » et « Religion and Christianity »[68]. Ils soulignent leur confiance en la providence divine pour subvenir à leurs besoins matériels, citant Hébreux 13:5-6.
Lettres d'encouragement sur le phonographe
Une autre lettre, signée J.H. Eneroth, relate les bénédictions associées à l'usage du phonographe en Suède. Il mentionne des expériences positives, comme un frère ayant placé quatorze livres après une seule écoute d'un disque, ou un couple initialement désintéressé ayant finalement souscrit à la revue Consolation après avoir entendu un enregistrement[69].
Eneroth évoque également une campagne de diffamation lancée contre les Témoins de Jéhovah en Suède, les accusant d'être des agents bolcheviques. Il décrit la réponse de la Société, qui a envoyé des lettres aux éditeurs pour rétablir les faits et organiser des réunions publiques pour dénoncer ces allégations. Il exprime sa confiance dans la capacité de Jéhovah à transformer ces attaques en opportunités de témoignage[70].
Enfin, une dernière lettre, non signée, loue l'efficacité du phonographe comme « nouvelle arme » dans le travail de prédication, décrivant l'accueil positif réservé aux enregistrements lors d'une sortie sur le terrain[71].
Intéressant de voir comment les gens écoutent
Ce compte-rendu relate les expériences de plusieurs proclamateurs utilisant le phonographe comme outil de prédication dans leur ministère. Les témoignages soulignent l'efficacité de cet instrument pour transmettre le message du Royaume de Dieu, notamment dans des contextes où les personnes sont réticentes à engager une conversation directe.
Un pionnier suédois, Mill Larsson, décrit comment le phonographe permet de présenter des conférences de manière uniforme, même lorsque les auditeurs ressentent une certaine gêne. Il mentionne avoir adapté son équipement pour le protéger des intempéries, facilitant ainsi son utilisation en toutes circonstances. Larsson souligne également que les enregistrements suscitent souvent un intérêt immédiat, y compris chez des personnes endeuillées ou sceptiques[72].
D'autres proclamateurs, comme Karl et Caroline Lindeborg, rapportent des réactions positives après avoir diffusé des enregistrements sur la résurrection. Une femme initialement hostile aurait été émue par le message et aurait acheté de la littérature. Les Lindeborg expliquent que le phonographe ouvre des portes qui resteraient autrement fermées, notamment en permettant de présenter le message sans confrontation directe[73].
Plusieurs témoignages mettent en avant la flexibilité de l'outil. Par exemple, une pionnière nommée Batseba Johansson explique que le phonographe peut être utilisé en binôme, l'un préparant l'appareil pendant que l'autre présente les publications. Cette méthode optimise le temps et permet de toucher davantage de foyers. Johansson souligne également l'importance d'écouter les enregistrements avant de sortir en service, afin de se fortifier spirituellement[74].
Des expériences marquantes sont partagées, comme celle d'une famille qualifiée de "haute église" qui, après avoir entendu un enregistrement, aurait reconnu que les prêtres mentaient. Une autre auditrice, après deux conférences, aurait exprimé son dégoût pour l'hypocrisie religieuse et accepté de la littérature. Ces récits illustrent comment le phonographe permet de contourner les préjugés et d'atteindre des personnes qui n'auraient pas été réceptives à une approche traditionnelle[75].
Enfin, un proclamateur nommé Arthur Falk qualifie le phonographe d'"arme efficace" et exprime son désir de l'utiliser fidèlement. Ces témoignages reflètent l'enthousiasme des proclamateurs pour cet outil, qui leur permet de diffuser le message de Jéhovah de manière claire et cohérente, tout en surmontant les barrières linguistiques ou émotionnelles[76].
Organisation et histoire
La réorganisation du travail de prédication en Grande-Bretagne, telle qu'elle est documentée dans ce numéro, constitue un événement organisationnel précis et daté. La transformation du Tabernacle de Londres en « Salle du Royaume » implique le retrait des éléments cultuels traditionnels — chaire, bancs ecclésiastiques — au profit d'une estrade et de chaises, signalant une rupture délibérée avec les formes de culte héritées du protestantisme.[77] La supervision de cette réorganisation est confiée à Albert D. Schroeder, que la publication présente comme le nouveau serviteur de filiale de la Société à Londres. Les informations biographiques disponibles indiquent que c'est Rutherford lui-même qui lui proposa la fonction de surveillant de filiale le 11 novembre 1937, soit quelques semaines avant l'ouverture officielle de la Salle du Royaume, fixée au 16 janvier 1938.[78] Cette nomination illustre le processus de centralisation administrative qui caractérise le mouvement à cette période, où les filiales locales sont directement supervisées par des responsables désignés par le siège de Brooklyn.
L'usage du phonographe portable comme instrument de prédication occupe, dans ce numéro, un espace rédactionnel considérable : trois sections distinctes, couvrant les pages 95 et 96, reproduisent des témoignages de proclamateurs originaires d'Angleterre et de Suède. Cette place éditoriale reflète une décision institutionnelle antérieure : à partir de 1934, la Société Watch Tower avait entrepris de fabriquer elle-même des phonographes portables et des disques shellac 78 tours de quatre minutes et demie, contenant des causeries bibliques destinées à la prédication de porte à porte ; quelque 20 000 exemplaires de ces appareils avaient été produits au siège de Brooklyn, et la Société avait publié plus de 200 titres différents sur ces supports.[79] Les témoignages reproduits dans ce numéro — notamment ceux d'Arthur Burrows, Robert Fletcher, J.H. Eneroth, Mill Larsson, Karl et Caroline Lindeborg, Batseba Johansson et Arthur Falk — s'inscrivent dans cette stratégie missionnaire officiellement promue par la Société, qui cherche à standardiser la méthode de prédication à l'échelle internationale en diffusant un message uniforme, indépendamment des compétences oratoires individuelles des proclamateurs.[80]
Ce numéro documente également la campagne de prédication dénommée « Compagnons », organisée du 9 au 17 avril 1938. Cette campagne constitue une décision organisationnelle coordonnée à l'échelle mondiale, associant les membres oints — le « reste oint » — et les Jonadabs dans une même action évangélique. Le dispositif retenu est standardisé : un abonnement d'un an à la revue Consolation combiné aux livres Ennemis et au livret Cure, le tout pour une contribution d'un dollar.[81] Ce type de campagne coordonnée, avec un paquet de publications à tarif fixe, illustre la méthode de mobilisation des proclamateurs développée sous la direction de Rutherford, où l'organisation centrale définit le contenu, le support et les modalités financières de chaque action de terrain, en renvoyant les instructions détaillées à la revue Informant.
La présence dans ce numéro d'une lettre signée par un millier de membres rassemblés à la Salle du Royaume de Londres, exprimant leur engagement à combattre la « religion diabolique » dirigée par la hiérarchie catholique, témoigne de la dimension conflictuelle et publiquement déclarée de l'identité collective du mouvement à cette date.[82] De même, le témoignage de J.H. Eneroth relatif à la Suède mentionne une campagne de diffamation présentant les Témoins de Jéhovah comme des agents bolcheviques, à laquelle la Société aurait répondu par des lettres aux éditeurs de presse et des réunions publiques de démenti.[83] Ce type de réponse institutionnelle organisée — impliquant une coordination entre le terrain local et le siège central — est caractéristique de la gestion des relations extérieures du mouvement dans plusieurs pays européens durant la seconde moitié des années 1930.
Références
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- ↑ « Watch Tower Bible and Tract Society Portable Phonographs », Musical Treasures, octobre 2024.
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