Nelson Barbour
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| Nelson Barbour | |
|---|---|
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| Nom complet | Nelson Horatio Barbour |
| Naissance |
21 août 1824 Throopsville, New York, États-Unis |
| Décès |
30 août 1905 Tacoma, Washington, États-Unis |
| Nationalité |
|
| Occupation | prédicateur adventiste, écrivain |
| Connu(e) pour | influence doctrinale de Charles Taze Russell |
| Conjoint | Emeline |
Nelson Horatio Barbour (21 août 1824, Throopsville — 30 août 1905, Tacoma) était un prêcheur adventiste qui exerça une influence sur les doctrines de Charles Taze Russell avec qui il fut associé pendant une courte période de temps.
Biographie
Barbour naquit à Throopsville (USA) le 21 août 1824. Prêcheur adventiste, il épousa Emeline en 1876.
Il suivit ses études au Temple Hill Academy de Geneseo, New York, de 1839 à 1842. À 15 ans, il abandonna la foi presbytérienne de ses parents pour se convertir au méthodisme. À 19 ans, il devint prêcheur indépendant selon ses dires, l'auteur Bruce W. Schulz suppose qu'il s'agit de sa conversion au millérisme.[1] Suite à la grande déception de 1843, il quitta le mouvement désappointé.
Il devint médecin à Rochester, New York, puis s'embarqua pour l'Australie en 1853 pour tenter de faire fortune dans les mines d'or, ayant abandonné toutes recherches dans le domaine de la prophétie biblique.
En 1859, lors de son retour d'Australie en bateau, il discuta avec un membre du clergé sur le passage biblique de Daniel 12:7 et eut une sorte de révélation sur la signification des 1290 jours de ce passage, qu'il pensa voir se finir en 1828 au début du mouvement millérite, et sur les 1335 jours qu'il interpréta comme finissant en 1873.
À partir de 1860, il s'associa de nouveau avec les adventistes de New York. Il exerça le métier de médecin usant des courants électriques pour soigner et devint l'inventeur d'une machine à propulsion par acide carbonique.[2]
Il publia en 1870 un livre intitulé Evidences for the Coming of the Lord in 1873, or The Midnight Cry (Preuves du retour du Christ en 1873 ou le Cri de Minuit) qui reçut un accueil chaleureux dans le mouvement adventiste suite à la déception provoquée par l'année 1868, qui avait été prédite comme marquant le retour du Christ par Thurman. Barbour produisit des articles sur le sujet dans la revue adventiste The Crisis en 1871, et publia de nouveau un pamphlet résumant sa vision en 1873. À partir de 1874, il publia sa propre revue intitulée Midnight Cry and Herald of the Morning.
En 1876, Charles Taze Russell, alors en voyage d'affaire, prit connaissance de la revue de Barbour. Il paya le voyage de Barbour jusqu'à lui pour comparer les visions que les deux hommes avaient des Écritures. Selon Russell, Barbour l'éclaira sur la chronologie prophétique et biblique, sur le Temps de la Moisson, et sur la venue du Christ en 1874; Russell, quant à lui, informa Barbour sur la manière du retour du Christ et la rançon.
La revue de Barbour en perte de vitesse suite à la déception de 1874 fut renflouée par Russell. De plus, Russell finança le livre de Barbour qu'il co-signa The Three Worlds publié en 1877.
L'enlèvement des Saints ne s'étant pas produit en 1878 comme les deux associés l'avaient prévu, il s'ensuivit un conflit entre eux deux. Barbour reconnut son erreur d'avoir entretenu dans la tête de ses lecteurs "une fausse espérance", tandis que Russell considéra que la chronologie était exacte, mais qu'on avait attendu "la mauvaise chose au bon moment" et pensa qu'à partir de cette date, chaque saint qui mourait sur terre était directement ressuscité au ciel. Barbour n'accepta pas cette théorie.
Pendant un temps, Russell et Barbour ainsi que John Paton se lancèrent dans des débats contradictoires dans les pages du Herald, notamment sur le sujet de la rançon, mais à partir de juillet 1879, Russell décida de se dissocier et enleva son soutien financier à Barbour pour créer la revue La Tour de Garde.
Barbour organisa alors en 1879 "L'Église des Étrangers", et critiqua les nouveaux points de vue de Russell; ce débat contradictoire par revue interposée donna par exemple naissance au livre de Russell Tabernacle Shadows of the Better Sacrifices abordant la signification symbolique du Tabernacle.
La Tour de Garde de février 1881
En février 1881, Barbour apparaît dans La Tour de Garde sous les traits d'un frère que l'on ne nomme pas. Ce frère rejette la rançon, soutient que chacun paie son péché en mourant, puis finit par nier la présence du Christ.[3] Ce portrait correspond à la position que Barbour publie en 1878. Il affirme alors que la mort de chaque homme le libère du péché d'Adam et qu'il peut ressusciter sans péché, sans qu'une substitution soit nécessaire.[4] En 1880, Barbour abandonne aussi le retour invisible et revient à l'attente d'un retour à venir.[5]
Pour le décrire, La Tour de Garde choisit la parabole des noces (Matthieu 22:11-13).[6] Le choix vise Barbour directement. Celui-ci enseignait que l'habit de noces représente une doctrine correcte, et John Paton lui avait répondu dans La Tour de Garde en juillet 1880.[7] En février 1881, l'habit de noces désigne la justice du Christ accordée au croyant. Celui qui la refuse devient « un homme n'ayant pas d'habit de noces », rejeté dans l'ignorance du jour du Seigneur.[8] Le départ de l'ancien associé devient ainsi l'accomplissement d'une parabole, et donc une preuve que le groupe de Pittsburgh a raison.[9]
Le même numéro reste pourtant très marqué par l'enseignement de Barbour. Le partage entre l'Église, déjà « engendrée » à une nature divine, et le monde, appelé à retrouver la vie humaine parfaite perdue par Adam, rejoint une distinction que Barbour faisait dès 1875 entre l'appel céleste et l'âge de restauration sur la terre.[10][11] La présence invisible du Christ, attribuée à Benjamin W. Keith, avait été exposée clairement par Barbour dans lHerald of the Morning d'octobre 1875.[12][13] La même année, le groupe de Barbour décrivait le Christ et les élus comme invisibles aux yeux humains, à la manière des anges.[14] Raymond Franz souligne qu'une présence invisible ne peut pas être réfutée. C'est ce qui a permis aux amis de Barbour de garder la date de 1874 après la déception.[15] Le feu annoncé par les prophètes représente la chute des gouvernements et de l'ordre social, et non un embrasement de la terre.[16] Barbour enseignait déjà que la terre ne serait pas brûlée, mais que les institutions seraient renversées.[17] Quant à Genèse 3:15, dont la descendance de la femme désigne le Christ et son Église ensemble, il figurait déjà en tête de lHerald of the Morning en 1875.[18][19]
Le calendrier de Barbour est conservé, mais ajusté. Ses tableaux faisaient finir les 1 335 jours de Daniel 12:12 en 1873 et le cycle des jubilés au printemps 1875.[20] Le récit de février 1881 rattache ces deux calculs à l'année 1874.[21] Chez Barbour, la moisson ne durait que trois ans et demi, de l'automne 1874 au printemps 1878, ce qui fondait l'attente de l'enlèvement en 1878.[22] En février 1881, la moisson juive s'étend sur quarante ans, de l'an 30 à l'an 70.[23] En 1875, le groupe de Barbour plaçait l'enlèvement des saints et le « mariage de l'Agneau » ensemble, au printemps 1878.[24] En février 1881, le changement des saints et le mariage sont séparés. Entre les deux s'ouvre un temps où les saints changés restent « sous le voile de la chair » et servent de porte-parole.[25] L'image vient pourtant de la période où les deux hommes travaillaient ensemble. En 1877, des conférences de Barbour et de Russell annonçaient que l'Église glorifiée parlerait aux hommes « sous un voile, c'est-à-dire la chair ».[26]
Héritage doctrinal dans La Tour de Garde
Après la rupture, l'architecture chronologique et interprétative de Barbour continue de structurer les premiers numéros de La Tour de Garde. Le découpage de l'histoire humaine en « âges » successifs qui sert de charpente à l'exposé du dessein divin dans le numéro de mai 1880 reprend le classement barbourien en trois « mondes » successifs, le second se subdivisant en âge patriarcal, âge judaïque et « temps des Gentils »[27], modèle lui-même héritier de l'adventisme de l'« âge à venir » où Joseph Marsh distinguait déjà l'âge mosaïque, l'âge de l'Évangile, le millénium et l'âge éternel[28].
L'affirmation, en mai 1880, que l'âge évangélique s'est achevé en 1878 et se prolonge de trente-sept ans jusqu'à 1914 est entièrement barbourienne : s'appuyant sur une lecture d'Ésaïe 40:2 où Jérusalem reçoit « le double », Barbour avait posé que l'âge de l'Évangile devait durer autant que l'âge juif — d'où son terme en 1878 — et, les trois ans et demi allant du baptême de Jésus à sa mort ayant été un temps de moisson, il attendait la même chose entre l'automne 1874 et le printemps 1878[29]. La Tour de Garde de mai 1880 reprend cette armature sans la rediscuter[30].
Il en va de même de l'enlèvement des saints vivants, maintenu au programme comme événement à venir : Barbour enseignait qu'ils seraient changés comme Élie et emportés, et le Herald of the Morning avait fixé ce « mariage de l'Agneau » au printemps 1878[31]. L'idée que le temps de trouble est déjà en route lui est également redevable : Barbour soutenait qu'il avait commencé dès septembre 1873 sous une forme initiale, avant d'éclater dans sa terrible réalité[32].
La ligne de fracture reste en revanche la rançon : en août 1878, Barbour déclare dans le Herald of the Morning que la substitution n'est pas biblique, là où Russell y voit le fondement même de la foi chrétienne, et la rupture est consommée au printemps 1879[33]. La Tour de Garde de mai 1880 n'argumente plus frontalement cette question, déjà longuement traitée en février 1880, mais en montre le mécanisme à l'œuvre dans les sacrifices du Lévitique : une vie humaine parfaite rendue à la place de celle qu'Adam a perdue, la chair et la vie du Christ données parce que c'est la chair et la vie que l'homme avait mises en gage[34].
Ressources sur le sujet
Schulz, Bruce W.; De Vienne, Rachael (2009) (anglais), Nelson Barbour: The Millenium's Forgotten Prophet, Fluttering Wings Press, via Lulu
Références
- ↑ Schulz, 2009, p. 12
- ↑ Schulz, 2009, p. 28
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 189-190
- ↑ WILLS Tony, A People for His Name, chap. 3 « Harvest Gatherings and Siftings ». Original : « He claimed that the death of each individual man freed him from Adam's sin, and he could be resurrected sinless without substitutionary atonement. »
- ↑ La Tour de Garde de novembre 1880, p. 152.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 190
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 60-61.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 190
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 190
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 190
- ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 133-134.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 188
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 126-127.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 129-131.
- ↑ FRANZ Raymond, Crise de conscience, p. 224-225.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 188
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 111-112.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 192
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 182-184.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-184.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 188
- ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 29-30.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 189
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 129-131.
- ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 190
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 224-225.
- ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 181-182.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 58-59.
- ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 29.
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 111-112 et 129-130.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 111-112.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 160-161.
- ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 96

