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Consolation du 5 octobre 1938

De Tj-encyclopédie
Version datée du 7 juillet 2026 à 21:01 par Tjrecherches (discussion | contributions) (Ajout section : == Analyse == / === Science et médecine ===)

Contenu

Tuberculination des vaches

Tuberculination des vaches

La rubrique s'ouvre sur un article signé du Dr. Eugene Underhill, publié initialement dans le Homeopathic Recorder d'octobre 1924, qui remet en cause l'efficacité et la sécurité du test à la tuberculine utilisé pour dépister la tuberculose bovine[1]. L'auteur souligne que le lait issu de vaches ayant subi ce test pourrait ne pas être aussi bénéfique pour les enfants que celui de vaches saines non testées. Il cite le doyen de la New York State Veterinary College, le Dr. Veranus A. Moore, selon lequel la tuberculose bovine s'est propagée malgré les efforts massifs de dépistage par la tuberculine, suggérant que le test lui-même pourrait contribuer à la diffusion de la maladie[2].

L'article met en lumière les incertitudes et les contradictions des documents officiels du Département de l'Agriculture des États-Unis, notamment le Circular No. 249, qui admet que des animaux peuvent développer une tolérance à la tuberculine après des injections répétées, faussant ainsi les résultats des tests[3]. Le Dr. Underhill critique également les méthodes de test, qui varient entre la voie sous-cutanée, intradermique et ophtalmique, sans qu'aucune ne soit présentée comme fiable à 100 %. Il souligne que les propriétaires de bétail sont tenus à l'écart des autopsies, car souvent aucune lésion tuberculeuse n'est détectée chez les animaux déclarés positifs[4].

Le texte dénonce également le caractère spéculatif et potentiellement nuisible du test, qui peut affaiblir les vaches et contaminer leur lait. Le Dr. Underhill affirme que la tuberculine, en tant que substance étrangère, peut déstabiliser l'organisme des vaches, réduisant leur vitalité et altérant la qualité de leur lait. Il propose plutôt de se concentrer sur des mesures d'hygiène strictes, comme l'isolement des animaux malades et une meilleure ventilation des étables, pour lutter contre la propagation de la maladie[5].

L'article conclut en résumant les observations de médecins, vétérinaires et éleveurs, qui estiment que le test à la tuberculine est non seulement inefficace, mais aussi nuisible pour les animaux et les humains. Il souligne que les vaches testées deviennent plus vulnérables à d'autres maladies, que leur lait perd ses propriétés nutritives, et que le processus de test lui-même peut propager la tuberculose plutôt que de l'éradiquer[6]. La publication Rutherford ajoute une note éditoriale pour appuyer ces critiques, dénonçant l'ingérence des "fauteurs de troubles humains" qui contaminent ce que Dieu a créé, et encourageant des mesures sanitaires saines plutôt que des expérimentations dangereuses[7].

Tabac, aspirine, aluminium

Le tabac est-il nocif ?

Cet article interroge l'absence de mises en garde contre les dangers du tabac dans la presse grand public et l'éducation, attribuant ce silence à l'influence des annonceurs publicitaires, dont les marchands de tabac, sur la politique éditoriale des journaux[8]. La publication, indépendante de tout annonceur, se propose de révéler la vérité sur les effets néfastes du tabac, en s'appuyant sur des arguments scientifiques et médicaux.

L'article décrit les premières expériences de consommation de tabac, souvent marquées par des réactions physiques désagréables (yeux irrités, nausées, vertiges), mais souligne que la pression sociale pousse les individus à persévérer jusqu'à ce que leur organisme développe une tolérance[9]. Il note que les athlètes de haut niveau évitent le tabac pour préserver leur condition physique, et que les produits comme les cigarettes ne sont jamais présentés comme des stimulants pour l'endurance ou la santé, contrairement à d'autres remèdes commerciaux.

Le texte détaille les effets physiologiques de la nicotine, principale substance active du tabac, qui paralyse progressivement les nerfs et affaiblit les réflexes de défense de l'organisme[10]. Il explique que la nicotine accélère le rythme cardiaque, passant de 72 à 90-150 battements par minute, ce qui affaiblit le cœur à long terme. D'autres substances toxiques, comme l'acide cyanhydrique (ou prussique), l'ammoniaque, l'acide sulfurique, le benzol et le monoxyde de carbone, sont également libérées lors de la combustion du tabac, contribuant à saper la santé des fumeurs.

L'article aborde les conséquences spécifiques de la consommation de tabac, notamment la dyspepsie, les troubles digestifs, la perte d'appétit et la diminution de la résistance aux infections[11]. Il mentionne également des cas de cancer de la langue liés à la pipe, ainsi que des maladies respiratoires comme la bronchite et la laryngite chronique, qui peuvent précéder la tuberculose. Le texte souligne que le tabac réduit la résistance globale de l'organisme et peut provoquer un durcissement des artères, augmentant ainsi les risques de maladies graves.

Les dangers du tabac

La rubrique aborde les méfaits du tabac, en soulignant ses effets néfastes sur la santé. La publication affirme que l’irritation causée par la pipe, notamment sur la langue, peut favoriser l’apparition de cancers[12]. Bien que certains fumeurs, comme les guides alpins tyroliens, semblent résister aux effets du tabac, la revue insiste sur le fait que les organismes réagissent différemment et que l’usage du tabac finit par affaiblir la résistance aux maladies[13]. Un témoignage anonyme évoque le cas d’une jeune fille morte après avoir fumé sa première cigarette, illustrant les risques immédiats[14].

Un récit personnel relate l’histoire d’un homme en proie à une dépendance extrême au tabac, au point de braver une tempête de neige pour en obtenir, malgré les risques pour sa vie[15]. Ce récit est présenté comme un exemple frappant de l’emprise de la nicotine sur les individus.

Illustration accompagnant l'article sur les dangers du tabac.

Analphabétisme et tabagisme

La revue cite l’ancien président des États-Unis, Herbert Hoover, pour dénoncer l’impact du tabagisme sur la jeunesse américaine. Hoover affirme que la cigarette est un facteur majeur de l’analphabétisme, de la criminalité et de la dégradation de la santé et du caractère des jeunes[16]. La publication reprend cette critique pour souligner l’absence de mesures concrètes pour protéger les enfants de cette habitude, malgré son influence néfaste sur leur éducation et leur moralité[17].

Les dangers de l'aspirine

Un article du Current Medical Digest est cité pour mettre en garde contre les risques liés à l’usage de l’aspirine. La publication rapporte que quatre décès et de nombreux cas d’asthme ont été attribués à ce médicament, et que le seul remède efficace consiste à cesser complètement son utilisation[18]. Elle souligne également que l’aspirine est un composant caché de nombreux médicaments brevetés, ce qui en accroît les dangers[19].

Comment contracter un ulcère à l'estomac

La revue relaie une mise en garde de l’American College of Surgeons contre le tabagisme avant le petit-déjeuner, présenté comme l’une des causes principales des ulcères d’estomac[20]. Elle ajoute que l’utilisation d’ustensiles en aluminium pour la cuisson des aliments constitue un autre facteur de risque, bien que cette dernière affirmation ne soit pas étayée par une source médicale[21].

Hepburn et les hypocrites

La publication critique le premier ministre de l’Ontario, Mitchell F. Hepburn, pour ses propos dénonçant l’hypocrisie des ministres religieux qui s’opposent aux loteries tout en organisant des tirages pour financer leurs églises[22]. Hepburn est cité déclarant qu’il refuse d’être manipulé par ces « hypocrites » et qu’il ne considère pas les ministres comme des modèles de moralité[23]. La revue utilise cette déclaration pour illustrer les tensions entre le pouvoir politique et les institutions religieuses au Canada.

Sir Charles Edward Saunders

Un hommage est rendu à Sir Charles Edward Saunders, un expert canadien en blé décédé récemment à l’âge de 70 ans. La publication rappelle ses travaux de croisement et de sélection de variétés de blé, qui ont abouti en 1903 à la création du blé Marquis, une variété à maturation rapide (110 jours)[24]. Cette découverte a permis d’étendre la culture du blé à des régions auparavant impropres à cette culture, générant des centaines de millions de dollars de richesse supplémentaire pour le monde[25]. Les expériences de Saunders ont été menées dans un petit jardin à Ottawa.

La civilisation sauvée à Montréal

La revue ironise sur une intervention policière à Montréal, où 700 exemplaires du journal The Clarion (imprimé à Toronto) ont été saisis pour empêcher leur distribution[26]. La publication qualifie cet acte de « courageux » et souligne l’absurdité de la situation, où des idées sont considérées comme une menace pour la civilisation, en particulier dans le contexte politique tendu de l’époque, marqué par la montée des régimes autoritaires comme ceux de Adolf Hitler et Benito Mussolini, ainsi que par l’influence du pape[27]. L’article dénonce cette censure comme un exemple de la peur des idées nouvelles.

Illustration accompagnant l'article sur la Ligue des Nations.

Faire passer la Ligue des Nations pour un singe

La publication critique sévèrement la Ligue des Nations et la Grande-Bretagne pour leur hypocrisie dans la gestion du conflit entre l’Éthiopie et l’Italie. Elle rappelle que l’empereur Haïlé Sélassié Ier a dépensé 1 000 dollars pour dénoncer cette hypocrisie devant la Ligue, une somme issue des cotisations éthiopiennes[28]. La revue souligne que la Ligue n’a pas pu refuser cet argent, car l’Éthiopie en était alors un membre légal[29].

La publication dénonce ensuite l’accord conclu entre la Grande-Bretagne et l’Italie, par lequel la première reconnaît la conquête italienne de l’Éthiopie, alors que ce pays n’est pas entièrement soumis et continue de résister[30]. Cet accord est présenté comme une trahison des principes de liberté que la Grande-Bretagne prétend défendre. La revue accuse les politiciens britanniques d’avoir privé l’Éthiopie de fournitures militaires avant le déclenchement de la guerre, tout en lui conseillant de se fier à la protection de la Ligue[31].

Enfin, la publication cite un représentant éthiopien à la Ligue des Nations, qui déclare que « la moralité internationale a disparu » en raison des actions des grandes puissances, tout en proclamant leur attachement à la Charte de la Ligue[32]. La revue utilise ces événements pour illustrer l’effondrement des valeurs morales et le cynisme des nations dominantes.

Enduire les hypocrites de goudron

La publication poursuit sa critique de l’hypocrisie des nations occidentales, en particulier de la Grande-Bretagne et de la France, accusées d’avoir abandonné les principes de la Ligue des Nations pour servir leurs intérêts égoïstes[33]. Elle cite un porte-parole éthiopien, qui déclare que ces nations, en trahissant la Charte de la Ligue, ont provoqué la disparition de la moralité internationale[34].

La revue souligne que la Ligue elle-même est en train de creuser sa propre tombe en reniant son propre pacte, et se demande si elle ne va pas finir par se saborder[35]. Elle ironise sur la performance de Lord Halifax, qui a dû défendre l’accord britannique avec l’Italie devant les représentants de l’Éthiopie, de l’Espagne et de la Chine, trois pays victimes de l’agression des puissances fascistes[36].

Enfin, la publication cite le New York Times, qui décrit la défaite de Haïlé Sélassié comme une vengeance pour avoir mis la Ligue dans l’embarras[37]. Elle conclut en dénonçant les « hommes d’État » du monde entier, accusés de sacrifier les principes moraux pour préserver leurs intérêts matériels, et annonce que leur temps de jugement approche, conformément aux prophéties bibliques[38].

Un éditeur de Béthel à bord d'un navire

Un article relate l'expérience d'un éditeur de la Société Watch Tower (alors dirigée par Joseph Franklin Rutherford) qui distribue des publications des étudiants de la Bible à bord de navires commerciaux, principalement dans le port de New York. L'auteur décrit ses interactions avec les membres d'équipage de différentes nationalités, notamment des Espagnols, des Allemands et des Irlandais[39].

Sur le vapeur American Legion, des enregistrements de conférences en espagnol sont diffusés dans la cuisine, attirant l'attention des cuisiniers et stewards, qui acceptent avec enthousiasme la littérature proposée. L'auteur souligne que ces hommes reconnaissent la vérité des enseignements présentés. Sur le même navire, un maître d'armes signale la disparition d'un exemplaire du livre Ennemis (*Enemies*), qui a en réalité été lu par plusieurs membres de l'équipage, chacun souhaitant en obtenir un exemplaire[40].

L'article mentionne également le vapeur Boston, où des officiers et membres d'équipage reçoivent des livres en anglais et en allemand. Cependant, l'intervention d'un détective, décrit comme un « Irlandais catholique », interrompt la distribution. Ce dernier, hostile, ordonne à l'éditeur de quitter le navire, malgré l'accueil favorable réservé par d'autres membres du personnel, y compris des détectives et des douaniers. Ces derniers expriment leur soutien à la diffusion de la vérité, l'un d'eux déclarant qu'il ne s'opposerait en aucun cas à cette démarche[41].

Illustration accompagnant l'article sur les activités des éditeurs à bord des navires.

Avec les Norvégiens

Cette section met en avant l'accueil réservé aux publications des étudiants de la Bible par les équipages des navires norvégiens et suédois. L'auteur souligne la propreté et l'ordre qui règnent à bord de ces navires, ainsi que l'intérêt marqué des marins pour le message du Royaume de Dieu[42].

Sur les navires Stavangerfjord et Bergensfjord, les publications sont bien reçues, bien que l'absence d'enregistrements en norvégien ou en suédois limite les échanges verbaux. L'auteur note que les marins, bien que peu familiers avec l'anglais, manifestent une grande courtoisie et un vif désir d'en apprendre davantage sur Jéhovah et son Royaume. Un Norvégien instruit exprime sa surprise devant l'orthographe moderne du mot « richesse » (*Rikdom*) dans les publications, une orthographe qui n'est alors adoptée que récemment en Norvège. L'auteur en profite pour souligner que Jéhovah est non seulement à la pointe de son époque, mais qu'il a également prédit dans la Bible la montée et la chute de l'organisation satanique actuelle[43].

Sur les navires suédo-américains Kungsholm, Drottningholm et Gripsholm, un total de 13 livres et 86 brochures sont distribués. Bien que certains membres d'équipage, apparemment influencés par leurs dirigeants religieux, se montrent réticents, les officiers accueillent favorablement les publications. L'auteur décrit une scène où cinq officiers, après avoir écouté une carte de témoignage lue en suédois, expriment leur étonnement qu'un étranger puisse leur apporter un tel message. Ces navires, aux coques blanches et aux cheminées jaune et bleu, symbolisent l'ordre et la propreté, tandis que les cabines des marins regorgent de souvenirs de Norvège et de Suède[44].

Privilèges du Royaume au Proche-Orient (1)

Cet article relate l'expérience d'un éditeur des étudiants de la Bible en attente d'un passeport, qui engage une conversation avec un prêtre catholique syrien âgé d'environ 75 ans. Ce dernier, reconnaissable à ses insignes et à sa barbe, se trouve dans l'impossibilité d'obtenir une cabine sur un navire en raison de la surpopulation. L'éditeur intervient en sa faveur auprès du commissaire de bord et parvient à lui obtenir une chambre, ce qui lui vaut la gratitude du prêtre[45].

Feignant de ne pas reconnaître son statut religieux, l'éditeur interroge le prêtre sur ses activités. Ce dernier révèle qu'il appartient à la branche maronite de l'Église catholique, qui utilise le syriaque plutôt que le latin pour la messe. Il explique avoir voyagé pendant trois ans en Australie, au Mexique, en Nouvelle-Zélande et en Afrique, et exprime son épuisement. L'éditeur lui demande alors s'il ne trouve pas répréhensible de parcourir de si longues distances pour propager des doctrines qui, selon lui, ont attiré le déshonneur sur le nom de Jéhovah. Le prêtre défend sa position en affirmant que l'Église catholique romaine est la seule véritable Église, tout en critiquant le traitement que lui réservent ses supérieurs hiérarchiques[46].

Cette critique ouvre la voie à un témoignage sur le Royaume de Dieu. L'éditeur aborde des sujets tels que l'enfer, le purgatoire, les doctrines fondamentales et l'immortalité de l'âme. Il explique que si l'homme possédait une âme immortelle, la mort et la rédemption de Jésus Christ n'auraient pas été nécessaires. Ces arguments semblent toucher le prêtre, qui admet ne pas pouvoir concilier la Bible avec la croyance en l'immortalité de l'âme. Le prêtre révèle ensuite qu'il a déjà lu des publications de la Watch Tower chez un membre de sa famille au Liban et qu'il n'y a trouvé aucun défaut. Il accepte plusieurs livres, dont Richesses (*Riches*), Dénudé (*Uncovered*), Protection et Harmaguédon (*Armageddon*), et exprime son désir d'en obtenir davantage. Faute de littérature disponible, il note l'adresse de l'éditeur au Liban et lui écrit à plusieurs reprises pour l'inviter chez lui. Il déclare également son intention de se libérer du joug de « cette organisation diabolique »[47].

La voix de la Tour de Garde

Cette section présente la station de radio WBBR, propriété de la Société Watch Tower, qui diffuse des programmes éducatifs et musicaux de haute qualité. La station se distingue par son absence de concurrents dans la diffusion du message du Royaume de Dieu, une thématique délaissée par les stations commerciales. Parmi ses programmes phares figure Kingdom Instruction, une émission éducative centrée sur les fondements du Royaume de Jéhovah, tels qu'enseignés par Jésus Christ lors de son ministère terrestre. Dans un monde en proie au désespoir, cette instruction est présentée comme une nécessité vitale pour le public[48].

La programmation musicale de WBBR est également mise en avant pour son excellence, encadrant harmonieusement le message du Royaume. L'article fournit ensuite les horaires de diffusion de la station, invitant les auditeurs à les conserver pour référence. Voici les horaires indiqués :

- Dimanche : 8 h 00 - 11 h 00 ; 15 h 00 - 20 h 00 - Lundi : 6 h 30 - 7 h 00 ; 16 h 00 - 0 h 00 - Mardi : 6 h 30 - 7 h 00 ; 10 h 00 - 0 h 00 ; 18 h 00 - 20 h 00 - Mercredi : 6 h 30 - 7 h 00 ; 10 h 00 - 0 h 00 - Jeudi : 6 h 30 - 7 h 00 ; 10 h 00 - 0 h 00 - Vendredi : 6 h 30 - 7 h 00 ; 10 h 00 - 0 h 00[49].

Les âmes timorées

Cet article critique les classes moyennes et supérieures américaines, qualifiées de « Caspar Milquetoasts », pour leur passivité face aux inégalités sociales et économiques. L'auteur cite des exemples de pays comme la Hongrie, où 2 % de la population agricole possède autant de terres que les 98 % restants, et la Roumanie, où la redistribution des grandes propriétés est perçue comme une tendance « communiste » justifiant une intervention étrangère, notamment de la part de Adolf Hitler et du gouvernement britannique[50].

L'article souligne que les réformes agraires, comme celles menées en Chine par les « paysans rouges », devraient inciter les populations des autres pays à exiger des changements similaires. Il mentionne également les propos de George H. Tinkham, un homme politique américain, qui qualifie le Mexique de « État communiste » en raison de ses tentatives de redistribution des terres des grands propriétaires terriens. L'auteur ironise sur cette position en rappelant que les États-Unis comptent eux aussi leurs propres « barons féodaux »[51].

La conclusion de l'article appelle les peuples à tirer les leçons de l'histoire et à se libérer des structures oppressives, en citant l'exemple de l'Irlande, qui a finalement reconquis sa terre et sa liberté après des luttes pacifiques et violentes[52].

Le vol des pauvres

Cette section dénonce les pratiques frauduleuses des commerçants new-yorkais, en particulier dans les épiceries, les charcuteries et les boucheries. Selon des études citées, deux tiers de ces commerces trichent sur les poids, infligeant une perte annuelle moyenne de 54 dollars par ménagère. Les victimes principales de ces pratiques sont les plus pauvres, qui peuvent le moins se permettre ces pertes[53].

Graphique illustrant les cycles de l'activité économique américaine depuis 1790.

Hausse et chute de l'activité commerciale américaine depuis 1790

Un graphique illustre les cycles de prospérité et de récession de l'économie américaine depuis 1790. Ce document visuel, tiré de l'ouvrage Free Economy, the Way Out (San Antonio, Texas), met en évidence les fluctuations de l'activité commerciale, avec des périodes de croissance suivies de crises économiques. Le graphique est présenté sans commentaire supplémentaire, laissant aux lecteurs le soin d'interpréter ces données historiques[54].

Oiseaux et abeilles

Cette rubrique propose plusieurs anecdotes et informations scientifiques sur le monde animal, présentées sous forme de brèves.

Vitesse des oiseaux

L'article cite des records de vitesse pour différentes espèces d'oiseaux. Le faucon pèlerin (*duck hawk*) est présenté comme le plus rapide, avec des pointes mesurées entre 165 et 180 miles par heure (environ 265 à 290 km/h). D'autres oiseaux, comme l'aigle royal (120 miles/h), le canard pilet (72 miles/h), le pluvier doré américain et européen (70 miles/h), ainsi que le canard colvert et la sarcelle (60 miles/h), sont également mentionnés pour leurs performances en vol[55].

Les abeilles sans dard ne sont pas sans défense

Cette brève explique que les abeilles sans dard, bien que dépourvues de piqûre, ne sont pas totalement inoffensives. L'auteur relate une anecdote où un enfant de quatre ans, ayant tenté de presser une telle abeille, s'est fait piquer douloureusement. L'article conclut en soulignant que les plus grandes surprises surviennent souvent lorsque l'on sous-estime la capacité de résistance des êtres pacifiques[56].

La migration, un effort épuisant pour les oiseaux

L'article évoque les observations de voyageurs en Amérique du Sud, qui ont remarqué un grand nombre d'oiseaux chanteurs nord-américains morts dans les régions tropicales à la fin de l'automne. Ces oiseaux, épuisés par leur long voyage depuis le nord, semblent trop affaiblis pour se nourrir correctement, malgré la disponibilité de la nourriture[57].

Les oiseaux soignent leurs propres blessures

Cette brève décrit le comportement de certains oiseaux, comme la bécasse et la perdrix, qui soignent leurs blessures en utilisant des duvets prélevés sur leurs propres plumes. Ces duvets sont disposés sur la plaie pour former une sorte de pansement naturel[58].

Illustration accompagnant la rubrique sur les oiseaux et les abeilles.

Voici la section **== Contenu ==** pour la tranche 4/7 (pages physiques 17 à 21) du numéro de *Consolation du 5 octobre 1938*, rédigée selon les règles strictes fournies :

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« Sans tache du monde »

La publication définit le terme « monde » (Galates 1:4) comme l’ensemble des structures politiques et religieuses soumises à l’influence de Satan, désigné comme « le dieu de ce monde » (2 Corinthiens 4:4). Selon l’article, Jéhovah a extrait de ce système corrompu des individus dévoués à son nom, appelés à pratiquer un culte « pur et saint » en évitant toute compromission avec les institutions terrestres. Ces fidèles, identifiés comme des étudiants de la Bible, doivent se tenir à l’écart des pratiques religieuses et politiques pour rester « sans tache du monde ». L’auteur cite l’apôtre Pierre pour illustrer cette exigence : « Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera » (2 Pierre 3:13). Ce « monde de justice » futur, gouverné par Jésus Christ et ses associés célestes, contraste avec l’ordre actuel, marqué par l’injustice et la rébellion contre Dieu[59].

« La plus grande convention du monde »

L’article relate le retour de Joseph Franklin Rutherford après une série de discours prononcés lors de la « plus grande convention de l’histoire humaine », organisée par les étudiants de la Bible et diffusée par radio depuis le Royal Albert Hall de Londres. Les 10 et 11 septembre 1938, plus de 50 villes à travers le monde (États-Unis, Canada, Australie, Europe, etc.) ont retransmis les allocutions, atteignant un auditoire estimé à trois millions de personnes. Des télégrammes enthousiastes, cités dans l’article, saluent la « puissance de Dieu » manifestée lors de ces événements, avec des expressions comme « coup le plus dur jamais porté » ou « révélations du royaume convaincantes ». Les organisateurs soulignent que des milliers de personnes ont été refoulées faute de place, et que des incidents locaux (comme la fermeture d’auditoriums à Rochester sous pression cléricale) ont été surmontés grâce à des interventions judiciaires. La revue annonce qu’un numéro spécial du *Messenger* détaillera ces conventions[60].

Aliments

Cette rubrique propose des conseils pratiques sur la conservation et la préparation des aliments, illustrés par des recettes et des anecdotes.

« À propos des conserves »

L’article explique que les légumes en conserve sont déjà cuits et que leur jus, riche en nutriments, peut être utilisé pour préparer des sauces ou des soupes. Il met en garde contre l’ouverture prématurée des boîtes, qui altère la saveur, et contre l’utilisation de conserves gonflées, signe de fermentation. Une anecdote rapporte qu’un chat est mort après avoir mangé des sardines laissées dans leur boîte ouverte pendant 24 heures, en raison d’une réaction chimique imprévue[61].

« Pain de pommes de terre au blé complet »

Une recette de pain sans levain est détaillée, combinant farine de blé complet, purée de pommes de terre, et levure. Le texte souligne que ce pain, à réaction alcaline, se coupe en tranches fines sans s’effriter, et fournit les proportions exactes des ingrédients[62].

« Nouvelle méthode d’expédition du veau »

L’article décrit une innovation logistique : le veau est désormais expédié enveloppé dans de la mousseline, avec une bande de cellulose indiquant les découpes (rôti, ragoût, côtelettes). Une note humoristique évoque un boucher ayant vendu des veaux nouveau-nés comme « poulet en conserve », suscitant des doutes sur la qualité de ce produit[63].

« La mise en conserve du cidre »

Une méthode de pasteurisation du cidre est présentée, développée par une station de recherche anglaise. Le processus inclut huit étapes, dont deux pasteurisations en récipients métalliques, et a permis la commercialisation de 15 millions de gallons de cidre en Allemagne en 1937[64].

« Le riz comme aliment »

Le riz est présenté comme l’aliment le plus consommé au monde. Une anecdote met en scène une jeune fille se plaignant de manger du riz deux fois par semaine, à quoi sa mère rétorque : « Les Chinois en mangent tous les jours », sous-entendant que cette fréquence est raisonnable[65].

« Sous le drapeau totalitaire »

Cet article, signé par l’historien italien Gaetano Salvemini[66], analyse le soutien de l’Église catholique à la guerre d’Éthiopie menée par l’Italie fasciste. Il révèle que 103 dignitaires ecclésiastiques (cardinaux, archevêques, évêques) ont publiquement appuyé l’invasion, justifiant cette position par cinq arguments : 1. L’obéissance au gouvernement légitime ; 2. La « mission civilisatrice » de l’Italie en Éthiopie, présentée comme une croisade contre les « schismes et infidèles » ; 3. Le caractère prétendument défensif de la guerre ; 4. Les bénéfices économiques attendus (matières premières, main-d’œuvre) ; 5. La lutte contre l’esclavage.

Pie XI est accusé d’avoir abandonné son rôle de chef spirituel international pour défendre les intérêts italiens. L’article cite ses discours appelant à reconnaître les « besoins » du peuple italien, en écho aux déclarations de Benito Mussolini. Des incidents symboliques sont rapportés, comme la fonte des trésors des églises pour financer l’effort de guerre ou le son des cloches de la basilique Saint-Pierre lors de la mobilisation d’octobre 1935. L’auteur souligne que cette implication contraste avec l’attitude neutre ou opposée du clergé lors des conflits précédents (guerre italo-éthiopienne de 1895-1896, Première Guerre mondiale)[67].

L’illustration

« Le consolateur » (détail de la page 21)

accompagne la fin de l’article, montrant une figure allégorique évoquant la résistance aux régimes totalitaires.

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    • Notes techniques** :

- Les titres et citations en anglais ont été reproduits *verbatim* (fautes d’OCR incluses) dans les champs `citation=`. - Les références bibliques utilisent systématiquement ``. - Les liens internes renvoient aux pages existantes du wiki (ex. : [[Pape]], [[Benito Mussolini]]). - L’image est insérée dans le paragraphe correspondant à la page 21, comme requis.

=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=22|label=L'Italie et le Vatican dans la guerre d'Éthiopie|citation=Italian people}} ===

La publication examine le rôle du [[Vatican]] et de l'Italie fasciste durant la [[guerre d'Éthiopie]] (1935-1936). Elle affirme que le journal officiel du Vatican, ''L'Osservatore Romano'', a pratiqué une forme de désinformation en ne présentant qu'une partie de la vérité, qualifiant cette pratique de « vicieuse » dans certaines circonstances<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. Le périodique cite un article de la revue ''Città Cattolica'' (19 octobre 1935) qui attribue la prospérité de l'Éthiopie à la présence de l'Église catholique, suggérant implicitement que le retour du catholicisme dans ce pays serait nécessaire pour restaurer son développement<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>.

Le texte évoque également le [[plan Hoare-Laval]] (décembre 1935), un accord secret visant à partager l'Éthiopie entre l'Italie et d'autres puissances, qui suscita une indignation internationale et força la démission de Samuel Hoare. Le [[pape Pie XI]] refusa de prendre position publiquement sur ce plan, par crainte d'être « mal compris »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. Cependant, le cardinal [[Laurenti]], membre de la Curie romaine, aurait révélé indirectement l'implication du Vatican en déclarant que « deux hommes se sont rencontrés pour discuter de la paix, mais un bras mystérieux a détruit leurs efforts »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. La publication en déduit que le Vatican soutenait activement les propositions de [[Benito Mussolini]], [[Pie XI]] et Hoare-Laval.

D'autres preuves de partialité sont avancées : l'organisation [[Action catholique]], sous supervision directe du pape, incita ses membres à offrir leur or à la nation italienne pour financer l'effort de guerre<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. Le recteur de l'Université catholique de Milan se distingua comme l'un des propagandistes les plus actifs de la guerre menée par Mussolini. Le 15 janvier 1936, ''L'Osservatore Romano'' proposa l'envoi d'une commission en Afrique de l'Est pour étudier la situation, tout en suggérant aux autres nations de suspendre les sanctions contre l'Italie, sans pour autant demander à Mussolini de cesser ses opérations militaires<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. Enfin, le 12 mai 1936, [[Pie XI]] perdit son sang-froid et célébra publiquement « la marche triomphale d'un peuple bon et grand »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>.

La publication conclut que le Vatican n'a pas maintenu son impartialité dans ce conflit et que ses motivations réelles, jugées peu honorables, furent masquées par des justifications officielles. Elle cite un banquier américain pour illustrer cette duplicité : « Les actions des hommes ont toujours des raisons vraies et des raisons bonnes ; les vraies ne sont pas bonnes, et les bonnes ne sont pas vraies »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 22.</ref>. Selon l'article, la raison officielle avancée pour justifier le soutien du pape à Mussolini – à savoir que l'Italie aurait été contrainte à une guerre défensive après avoir épuisé toutes les voies de conciliation – n'était qu'un prétexte, car cette explication ne fut jamais reprise publiquement par les catholiques en dehors de l'Italie.

=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=23|label=Éthiopie et Égypte|citation=Ethiopia Egypt}} ===

==== La ruine de l'Éthiopie ==== L'article décrit l'Éthiopie comme un pays appauvri après la guerre, drainant les ressources financières et matérielles de l'Italie sans offrir de marché viable en retour. Le commerce y est quasi paralysé, et la population locale ne produit plus suffisamment de nourriture pour ses propres besoins. Les caravanes traditionnelles ne parviennent plus à la capitale, Addis-Abeba, et celles qui y arrivent sont souvent vides. Les explications avancées pour ce déclin incluent la peur des habitants de se rendre dans la capitale. Le trafic ferroviaire sur la ligne Djibouti-Addis-Abeba a été réduit de plus de moitié en septembre 1938, et les importations de pétrole ont été drastiquement limitées. La méfiance envers l'avenir de l'Abyssinie est telle que même les fonctionnaires contournent les réglementations monétaires pour exporter leurs économies hors du pays, entraînant une dépréciation de la lire italienne sur place. Le commerce des peaux et des cuirs abyssins a également cessé<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== 7 060 morts en deux mois ==== Ludwig Lore, correspondant américain bien informé, affirme que 7 000 soldats italiens ont été tués en Éthiopie au début de l'année 1938. Il estime que la construction des infrastructures nécessaires, comme les routes, coûtera 3 milliards de lires à l'Italie. Le trésor italien serait vide, la population mécontente, et un rationnement alimentaire imminent. Pendant ce temps, la guerre en Espagne, soutenue par le [[Vatican]], se poursuit. L'article suggère que même les puissances les plus riches atteindront leurs limites financières pour restaurer l'hégémonie de la hiérarchie catholique sur les populations qu'elle a exploitées, comme ce fut le cas en Espagne<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== Le capitaine Wienholt en Éthiopie ==== Le capitaine Arnold Wienholt, qui a passé six mois en Éthiopie comme officier de transport pour la Croix-Rouge éthiopienne, décrit la région des Gallas comme une contrée fertile, densément peuplée et cultivée, produisant du blé, de l'orge et d'autres céréales. Le pain y était vendu à bas prix dans des échoppes en bord de route, et le bétail (chevaux, mules, moutons, ânes et bovins) abondait. Les canards et les oies sauvages étaient si apprivoisés qu'ils ne s'envolaient pas à l'approche des humains. Wienholt déplore que cette terre prospère soit ravagée par un « meurtrier »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== Service d'ambulance britannique en Éthiopie ==== L'article relate un incident au cours duquel Vittorio Mussolini, fils du dictateur italien, a largué 40 bombes sur un camp de la [[Croix-Rouge]] britannique en Éthiopie. Une femme, mortellement blessée et tenant contre sa poitrine un nourrisson de dix jours dont la jambe avait été arrachée par un éclat de bombe, fut retrouvée dans le camp. L'article dénonce cette attaque comme un exemple de la « civilisation » que l'Italie apporte en Éthiopie<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== Les champs de fer égyptiens ==== L'article révèle l'existence de vastes gisements de fer en Égypte, notamment près du barrage d'Assouan, couvrant 300 000 acres et produisant un minerai contenant 63 % de fer pur. Cette information est présentée comme peu connue du grand public<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== Politesse envers les fascistes ==== Les colons blancs, principalement britanniques mais aussi italiens et allemands, installés au [[Kenya]] ont offensé de nombreux Indiens en leur interdisant de participer au développement du pays sous prétexte que leur peau était plus foncée que celle des Italiens. Les Indiens s'interrogent sur cette politesse sélective envers les fascistes et soupçonnent le gouvernement britannique de privilégier les sympathisants fascistes au détriment des autres populations<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

==== Exploitation minière difficile ==== L'Italie, dépourvue de charbon, tentait d'exploiter les gisements éthiopiens près de Djimma. Les travaux avançaient bien jusqu'à ce qu'une nuit, des Éthiopiens attaquent le site, tuant ou blessant 3 000 personnes et poursuivant les survivants sur des kilomètres. Les machines, outils et matériaux furent saisis, ainsi que d'importantes quantités d'armes et de munitions<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 23.</ref>.

=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=24|label=Europe centrale|citation=Central Europe}} ===

==== Les Juifs à Vienne perdent espoir ==== Après l'[[Anschluss]] (annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie), les nazis ont immédiatement imposé des mesures arbitraires contre les Juifs, notamment en les contraignant à nettoyer les rues. La publication rapporte que 140 Juifs, ayant tué leurs familles avant de se suicider, furent enterrés le même jour à Vienne. Les journaux parisiens mentionnent 1 700 suicides en une semaine, principalement parmi les professionnels, les scientifiques et les commerçants. Les pays civilisés, menés par les États-Unis, tentent d'organiser des asiles pour les réfugiés fuyant la folie nazie. Plusieurs milliers d'Autrichiens ont assiégé le consulat américain à Vienne pour échapper à la répression. Le terme « Germania » prend une nouvelle signification, et ceux qui en souffrent sont qualifiés de « Germaniacs »<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== Effets de la religion orthodoxe ==== En [[Roumanie]], des événements récents ont illustré les effets de la religion orthodoxe. Dans une faculté de médecine, 20 des 160 étudiants sont juifs. Une jeune Juive de 22 ans a été agressée par un groupe de 30 étudiants qui l'ont battue avec une matraque en caoutchouc après lui avoir relevé sa robe. Une autre étudiante juive de 23 ans a été frappée jusqu'à l'inconscience par six étudiants déguisés en hommes et jetée dans la salle de dissection, d'où elle n'a été sauvée que par l'intervention risquée d'un homme juif. Dans les tribunaux, des avocats non juifs ont frappé leurs confrères juifs. Les appels à la police pour protection ont abouti à des passages à tabac encore plus violents de la part des forces de l'ordre. L'article conclut que la religion et le christianisme sont des concepts opposés, aussi éloignés l'un de l'autre que l'est l'est de l'ouest<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== Meilleur traitement des minorités ==== Les persécutions brutales contre les minorités en [[Allemagne nazie]] ont conduit les États des [[Balkans]] à améliorer le traitement de leurs propres minorités, par crainte de subir le même sort que l'Autriche ou de voir la [[Tchécoslovaquie]] menacée<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== Un fort tous les deux miles ==== La Tchécoslovaquie, avec ses 2 200 miles de frontières, dispose d'un fort tous les deux miles. Ces fortifications sont équipées d'armes, de munitions, de théâtres, de cinémas et reliées entre elles et à l'intérieur du pays par des chemins de fer souterrains. Certaines abritent même des hangars pour avions. Le pays est entouré de cinq lignes de barbelés pouvant être électrifiées instantanément. Des travaux sont en cours pour construire une voie ferrée traversant la Roumanie jusqu'à la Russie, capable de transporter 90 000 soldats par jour en cas de guerre. Toutes les routes menant au pays peuvent être bloquées en un instant par des portes d'acier surgissant du sol<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== Poudre insecticide au mauvais endroit ==== L'article relate l'histoire d'un artiste de cirque hongrois, Kalman Hosszu, qui a poursuivi sa logeuse en justice pour avoir saupoudré son appartement de poudre insecticide, tuant ainsi ses puces dressées. Ces puces, qu'il appelait par leur nom, étaient capables de réaliser des exploits de force et d'intelligence, comme tirer des charges relativement lourdes et obéir instantanément aux ordres. L'artiste soulignait leur obéissance remarquable, contrastant avec l'attitude de ceux qui les tuent par ignorance<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== L'anti-fascisme en Roumanie ==== En Roumanie, 1 665 membres de la Garde de Fer de [[Corneliu Zelea Codreanu]] ont été arrêtés, dont huit prêtres. Parmi les armes découvertes figuraient cinq mitrailleuses, dont la possession est un délit grave dans le pays. Les dirigeants de la Garde de Fer ont été jugés par un tribunal militaire, et leur organisation a été démantelée<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

==== Une des pires censures ==== La Hongrie est décrite comme appliquant l'une des pires censures de la presse. Contrairement à d'autres pays où le matériel peut être soumis sous forme de manuscrit, en Hongrie, le censeur exige que les articles lui soient présentés dans leur forme finale, juste avant l'impression. Cette pratique entraîne des coûts et des désagréments considérables pour les éditeurs en cas de rejet d'un article<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 24.</ref>.

=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=25|label=Par monts, par vaux et par sentiers de jardin — Fleurs d'automne|citation=Trail Stream}} ===

Cet article, présenté sous forme de récit, met en scène deux enfants, Bunny et Buddy, accompagnés de Jane, explorant la nature en automne. Jane leur explique les caractéristiques de différentes fleurs et plantes qu'ils rencontrent.

Les enfants découvrent d'abord une ''jewelweed'' (impatience ou ''touch-me-not''), une fleur orange tachetée de rouge-brun, dotée d'une sorte d'éperon. Jane leur révèle que cette plante est aussi appelée « touche-moi pas » en raison de son mécanisme de dispersion des graines : lorsqu'on touche sa cosse mûre, celle-ci éclate brusquement, projetant ses graines à distance. Elle récite un poème illustrant ce phénomène : {{SourceDoc|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=25|citation=Dainty touch-me-not|label=« Délicate touche-moi pas / Avec sa cosse à éclatement soudain, / Comme Dieu t'a étrangement façonnée / Pour pousser d'autres touche-moi pas / Dans les recoins ombragés des bois / Par semailles dispersées ! »}} Plus loin, les enfants observent une fleur ressemblant à un petit muflier, que Jane identifie comme un ''toadflax'' (linaire commune), aussi appelé « beurre-et-œufs » en raison de ses couleurs jaune et orange. Jane explique que les bourdons, trop lourds pour les abeilles domestiques, jouent un rôle crucial dans la pollinisation de cette fleur en se posant sur sa lèvre inférieure, ce qui permet à la fleur de s'ouvrir. Elle souligne que certaines personnes tuent les bourdons par ignorance, alors qu'ils contribuent activement à la reproduction des plantes<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 25.</ref>.

=== {{SourceDocTitre|fichier=/documents/periodiques/consolation/1938/consolation-du-5-octobre-1938-en-ocr.pdf|page=26|label=Religion|citation=Religion}} ===

L'article traite de la distinction entre « religion » et « christianisme », une clarification que la publication attribue aux publications de la [[Watch Tower Bible and Tract Society]]. Selon l'article, la majorité des gens confondaient ces deux termes avant que cette distinction ne soit mise en lumière. Plusieurs autorités sont citées pour étayer cette analyse.

L'encyclopédie ''Harmsworth'' est mentionnée pour son entrée sur la religion, soulignant que le terme est entré en usage courant à partir du XVIe siècle et que les langues chinoise, sanskrite et arabe ne possèdent pas de terme équivalent. La Renaissance aurait permis une réévaluation de toutes les formes de religion, mais aucune définition satisfaisante n'aurait encore été trouvée. L'origine du mot « religion » est discutée : certains le font dériver du latin ''re-'' (retour) et ''ligare'' (lier), suggérant qu'il signifie « lier à nouveau à Dieu », une interprétation qualifiée de « totalement fausse » par l'article. L'archevêque Trench, autorité reconnue en étymologie, explique qu'un « religieux » désignait autrefois une personne ayant prononcé des vœux monastiques, et non quelqu'un reconnaissant un lien avec Dieu ou ses semblables. Ainsi, une « maison religieuse » ne désignait pas un foyer chrétien, mais un lieu où vivaient des moines ou des nonnes selon la règle d'un homme<ref>''Consolation du 5 octobre 1938'', p. 26.</ref>.

Richardson, dans son ''Dictionnaire de la langue anglaise'', associe la religion à l'obligation réciproque entre les hommes et aux devoirs envers les dieux dans les temps païens. L'article en conclut que la religion trouve ses racines à [[Babylone]], où elle aurait été conçue pour asservir l'humanité à une créature et à son pouvoir égoïste, plutôt qu'à Dieu.

L'histoire du mot « religion », telle que retracée dans l'''Oxford English Dictionary'', suggère que son sens actuel est relativement moderne et qu'il désignait autrefois les pratiques rituelles du culte païen. Vernes, un autre expert cité, affirme que la religion est le produit de l'esprit humain. L'article souligne que la religion représente la reconnaissance par l'humanité d'un ordre mondial dans lequel elle se fond, ce qui exclut les chrétiens, car les Écritures déclarent : « nous n'avons pas ici-bas de cité permanente » (<CiteBible>Hébreux 13:14) et « vous n'êtes pas du monde » (Jean 15:19). Ces paroles, jugées sans équivoque, empêchent toute fusion entre le chrétien et ce monde[68].

Herbert Spencer, dans ses Principes de sociologie, propose que les premiers dieux furent des ancêtres et que la première religion consista en rites funéraires. Aucune des autorités citées n'associe Jéhovah ou Jésus à la religion ; au contraire, elles confirment que la religion est d'origine païenne et qu'elle consiste en l'adoration de l'homme ou de la créature, éloignant ainsi l'humanité de Dieu.

Robert G. Ingersoll, dans son ouvrage Difficulties of Belief, est cité pour son analyse critique de la religion, qu'il décrit comme n'acceptant que l'hommage des prosternés et méprisant les offrandes de ceux qui se tiennent debout. Il souligne que la religion ne tolère pas la liberté de pensée et que les vastes champs ensoleillés n'appartiennent pas à son domaine. L'article oppose cette vision à celle des Écritures, citant l'apôtre Paul : « Tenez donc ferme dans la liberté pour laquelle Christ nous a affranchis » (Galates 5:1) et « Comportez-vous en hommes, soyez forts » (1 Corinthiens 16:13). L'apôtre Pierre est également cité pour avoir dit à un converti prosterné : « Lève-toi, je ne suis qu'un homme moi aussi » (Actes 10:26).

L'article conclut en citant à nouveau Herbert Spencer, qui énumère les figures associées à la religion : juges, ministres d'État, orateurs, acteurs, danseurs, écrivains de fiction, sculpteurs, tatoueurs, scientifiques et philosophes. Selon l'article, la religion, telle qu'elle est définie, est incompatible avec le christianisme authentique, qui prône la liberté en Christ et rejette toute forme d'asservissement à des systèmes humains.

Troisièmes degrés et aveux forcés

La rubrique aborde les méthodes policières controversées, notamment les « troisièmes degrés » utilisés pour extorquer des aveux. Un jugement rendu par le juge Wrottesley en Angleterre est cité, condamnant ces pratiques après qu'un accusé de meurtre ait été soumis à des pressions psychologiques, y compris une proposition de liberté en échange de son suicide. Le juge souligne l'inefficacité de ces méthodes, déclarant que les aveux obtenus sous la contrainte sont « plus qu'inutiles »[69].

Voyage à Rome

Les responsables religieux anglicans, réunis lors d'une conférence diocésaine à Manchester, proposent une démarche unitaire pour promouvoir la paix mondiale. Ils suggèrent que l'archevêque de Cantorbéry, considéré comme le « second chef religieux » après le pape, mène une délégation auprès de ce dernier afin d'émettre une déclaration commune depuis Rome. Cette initiative vise à affirmer l'unité des chrétiens face aux menaces de guerre. La publication souligne que cette reconnaissance du pape comme autorité religieuse suprême s'inscrit dans la stratégie historique de la hiérarchie catholique[70].

Intermède

Un ecclésiastique anglican, le « Révérend » George Braithwaite, critique ouvertement les institutions religieuses dans la presse londonienne, les qualifiant de « racket ». Il dénonce leur mercantilisme et leur hypocrisie, tout en reconnaissant que l'idée initiale du christianisme était juste. La publication salue ses propos, tout en regrettant qu'il conserve son titre clérical, symbole d'une appartenance à un système qu'il dénonce. Elle l'encourage à abandonner ce titre pour embrasser pleinement la vérité biblique et devenir un témoin de Jéhovah[71].

Les cartes de rationnement sont prêtes

La Grande-Bretagne a préparé des cartes de rationnement pour l'ensemble de son territoire. En cas de guerre, un système de rationnement alimentaire serait mis en place en quelques heures. Cette mesure reflète les tensions internationales de l'époque et les préparatifs des gouvernements face à un conflit potentiel[72].

Commentaires britanniques

Cette rubrique, signée par J. Hemery depuis Londres, examine les critiques formulées par le vicaire de l'église « All Saints » de Pakefield à l'encontre des publications de la Société Watch Tower et des Témoins de Jéhovah. Le vicaire qualifie ces publications d'« anti-chrétiennes » et met en garde ses paroissiens contre leur influence. Il reproche notamment aux Témoins de Jéhovah de nier la doctrine de la Trinité, affirmant que Jésus est le Fils de Dieu et non Dieu lui-même. La publication répond en soulignant que cette doctrine, issue des credos religieux, est une invention du « prince du mal » pour égarer les fidèles. Elle rappelle que les Écritures ne soutiennent pas cette croyance et que les grandes institutions religieuses fondent leur autorité sur leurs propres dogmes plutôt que sur la Bible.

Le vicaire est également critiqué pour son usage du terme « saints » pour désigner les églises, une pratique jugée contraire aux enseignements de Jésus et de ses apôtres. La publication souligne que la religion, quelle que soit sa forme, est un outil utilisé par Satan pour détourner les hommes du culte de Dieu à travers le Christ. Dans un second article, le vicaire persiste dans ses attaques, répétant des accusations infondées contre les Témoins de Jéhovah et leurs associés. La publication lui reproche son ignorance ou sa malveillance, notamment lorsqu'il affirme que les publications de la Société Watch Tower prétendent que le don de la vie éternelle serait réservé à une élite. Elle défend l'idée que ces accusations révèlent plutôt l'hypocrisie et l'ignorance des institutions religieuses traditionnelles[73].

Éviter le nom

L'article répond aux critiques du vicaire de Pakefield concernant l'usage du nom Jéhovah par les Témoins de Jéhovah. Le vicaire affirme que les Juifs ne prononçaient pas ce nom, une ignorance que la publication juge inexcusable pour un ecclésiastique. Elle rappelle que Jéhovah a révélé ce nom à Moïse (Exode 6:3) et qu'il apparaît des milliers de fois dans les Écritures. L'absence de son usage courant parmi les Juifs s'explique par l'influence des chefs religieux, qui ont interdit sa prononciation pour éviter de le « prendre en vain » (Exode 20:7). Ces mêmes chefs ont remplacé le nom Jéhovah par « Adonaï » (Seigneur) dans les manuscrits, une pratique reprise par les traducteurs de la Bible anglaise, qui ont utilisé « Lord » (Seigneur) en lettres capitales pour le désigner.

La publication dénonce cette manipulation comme une preuve de la volonté des institutions religieuses de cacher la vérité aux fidèles. Elle souligne que les Témoins de Jéhovah accomplissent aujourd'hui l'œuvre prophétisée dans Psaume 83:18, faisant connaître le nom de Jéhovah comme le « Très-Haut sur toute la terre ». Leur mission consiste à libérer les personnes de bonne volonté de l'autorité des clercs et des ténèbres de la religion pour les conduire vers la lumière de la vérité[74].

L'évêque et la guerre

L'article analyse l'évolution de la position des responsables religieux britanniques face à la guerre. Alors qu'ils affichaient initialement des discours pacifistes, leur attitude a changé avec l'aggravation des tensions internationales. Les ecclésiastiques, notamment ceux de l'Église d'Angleterre, ont progressivement justifié leur soutien aux préparatifs militaires, invoquant la défense de la « justice internationale » et de « l'ordre mondial ». La publication interprète ce revirement comme une preuve de leur soumission aux gouvernements, qu'elle qualifie de « gouvernements du Diable », et de leur incapacité à s'opposer aux politiques bellicistes. Elle souligne que les institutions religieuses, liées directement ou indirectement à l'État, n'ont d'autre choix que de soutenir les décisions gouvernementales pour éviter de perdre leur influence[75].

La situation politique

L'article passe en revue la situation politique européenne, marquée par les ambitions des dictateurs Adolf Hitler et Benito Mussolini. Adolf Hitler, présenté comme un messie par ses partisans, est décrit comme un homme déterminé à unifier tous les Allemands et à humilier la France, tout en récupérant les anciennes colonies allemandes. La publication souligne son silence calculé et ses préparatifs secrets, tout en mentionnant la rumeur selon laquelle il préparerait une nouvelle version de la Bible pour les Allemands.

Benito Mussolini, quant à lui, est décrit comme un dirigeant en difficulté, cherchant à obtenir des financements britanniques tout en soutenant le général Franco en Espagne. La publication met en garde contre les conséquences imprévisibles de leurs actions, soulignant que leurs ambitions pourraient déclencher un conflit mondial. Elle évoque également une affaire politique interne en Grande-Bretagne, où un député, D. Sandys, a été menacé de poursuites militaires pour avoir révélé des informations classifiées sur les préparatifs de guerre. Cette affaire est présentée comme un exemple de la montée des méthodes dictatoriales dans un pays démocratique[76].

Avances vers Rome

L'article rapporte les propositions de réunification entre l'Église anglicane et les Églises libres, ainsi que les appels à un rapprochement avec l'Église catholique romaine. L'évêque E.J. Palmer, ancien évêque de Bombay, plaide pour une union des Églises anglicanes et protestantes, tandis que l'évêque de Southampton reconnaît l'Église catholique comme la « plus grande Église missionnaire », bien qu'il désapprouve ses méthodes. La publication interprète ces démarches comme une tentative de renforcer l'influence des institutions religieuses en s'alignant sur Rome, tout en soulignant l'absurdité d'une réunification qui exclurait l'Église catholique[77].

Heure du coucher

Cette rubrique évoque l'importance des histoires bibliques racontées aux enfants au moment du coucher. Elle souligne que ces récits, tirés de la Bible, captivent l'imagination des enfants et les aident à s'endormir en paix. La publication compare la mort à un « moment d'aller au lit », une période de sommeil inconscient avant la résurrection promise dans les Écritures. Elle cite Jean 5:28-29 et Daniel 12:2, affirmant que ceux qui « dorment » dans la mort se réveilleront comme si un instant seulement s'était écoulé. Cette vision est présentée comme une source de réconfort pour les croyants, qui voient la mort comme une transition vers un réveil radieux[78].

Avez-vous commandé votre exemplaire du Messager ?

La publication annonce la sortie du Messenger, un rapport détaillé de la convention mondiale des Témoins de Jéhovah qui s'est tenue du 9 au 11 septembre 1938. Ce document de 64 pages, au format 7 x 9 pouces, contient des photographies et des comptes-rendus des événements, notamment ceux qui se sont déroulés au Royal Albert Hall de Londres, relié aux autres villes conventionnelles par des lignes téléphoniques internationales. Le Messenger vise à expliquer les motivations des Témoins de Jéhovah, leur joie et leur unité, ainsi que leur engagement malgré l'opposition. La publication encourage les lecteurs à commander des exemplaires pour eux-mêmes et pour leurs proches, soulignant que le tirage est limité. Le coût est fixé à 10 cents par exemplaire[79].

Avertissement

La dernière page de ce numéro de Consolation est consacrée à la promotion de la brochure Avertissement (« Warning »[note 1]), publiée par Rutherford et présentée comme un message crucial pour l'époque[80]. La publication affirme que cette brochure identifie une « monstrueuse hideur » menaçant la sécurité et le bien-être des peuples, sans préciser davantage sa nature[81]. Elle souligne l'urgence de diffuser ce document, dont plus de 3,5 millions d'exemplaires auraient déjà été imprimés pour répondre à la demande[82].

Un appel est lancé aux lecteurs pour qu'ils obtiennent leur exemplaire contre une contribution de cinq cents, et qu'ils en distribuent des copies supplémentaires à leur entourage[83]. La brochure est présentée comme un moyen de s'associer à l'œuvre de la Société Watch Tower, décrite comme étant menée par des personnes de « bonne volonté » et de « cœur honnête », croyant en Dieu et en sa Parole, et attendant l'établissement de son Royaume comme seule solution aux problèmes actuels[84]. Un coupon détachable est proposé pour commander la brochure ou demander la visite d'un Étudiant de la Bible afin d'obtenir plus d'informations sur la manière de participer à cette œuvre[85].

Analyse

Croyances

La distinction théologique entre « religion » et « christianisme », développée en page 26, constitue l'un des pivots doctrinaux les plus élaborés de ce numéro. La publication s'appuie sur une argumentation étymologique : le terme « religion » serait d'origine latine et désignerait à l'origine les obligations rituelles des moines, sans lien avec la reconnaissance d'un rapport personnel à Dieu.[86] En convoquant des autorités comme l'archevêque Trench, l'encyclopédie Harmsworth et l'Oxford English Dictionary, la revue construit un dossier cherchant à démontrer que la « religion » remonte à Babylone et constitue un outil d'asservissement de l'humanité à des systèmes d'origine satanique, étrangers au message des Écritures hébraïques et chrétiennes. Cette thèse n'est pas isolée : dès 1934, Rutherford développait systématiquement dans ses publications la notion que la « religion » était l'instrument de Satan pour détourner les hommes du vrai culte de Jéhovah.[87] L'article de la page 26 prolonge donc un effort doctrinal déjà en cours, en lui donnant ici un ancrage lexicographique et historique plus élaboré que dans les numéros antérieurs. Les textes bibliques convoqués, notamment Hébreux 13:14 (« nous n'avons pas ici-bas de cité permanente ») et Jean 15:19 (« vous n'êtes pas du monde »), servent à fonder scripturalement l'idée que le chrétien authentique ne peut pas se « fondre » dans un ordre mondial — à distinguer de la position doctrinale de neutralité politique traitée séparément dans la section « Sans tache du monde » (p. 17).

Le rejet de la doctrine trinitaire, exposé en pages 28 à 29 en réponse aux attaques du vicaire de Pakefield, reproduit une position antitrinitaire que la revue défend depuis la rupture de Russell avec John H. Paton en 1882, date à partir de laquelle La Tour de Garde critiquait ouvertement la Trinité.[88] Ce numéro est particulièrement explicite : Jésus Christ y est présenté comme le Fils de Dieu et non comme Dieu lui-même, la doctrine trinitaire étant attribuée non à l'Écriture mais à l'invention des « credos religieux » présentés comme inspirés par le « prince du mal ».[89] Cette formulation fait écho à ce que Rutherford écrivait dans Réconciliation, où la Trinité est qualifiée de doctrine « la plus trompeuse jamais avancée ».[90] Corrélativement, l'article de la page 29 consacré à l'usage du nom « Jéhovah » présente la substitution de ce nom par « Adonaï » ou « Lord » dans les traditions juive et protestante comme une manipulation délibérée des institutions religieuses. L'obligation scripturaire de prononcer ce nom est fondée sur Exode 6:3 et Psaume 83:18, conformément à la doctrine que Rutherford avait érigée en priorité absolue à partir de 1934, date à laquelle la vindication du nom de Jéhovah était devenue, dans l'enseignement du mouvement, plus centrale encore que la doctrine de la rédemption.[91]

La position eschatologique sur l'état des morts, brièvement exposée en page 31, rattache la mort à un état de « sommeil » inconscient, par référence explicite à Jean 5:28-29 et Daniel 12:2. Cette doctrine est cohérente avec le rejet du trinitarisme et de l'immortalité inhérente de l'âme, que le mouvement tient pour une doctrine d'origine pagano-babylonienne au même titre que la Trinité.[92] L'article de la page 14, qui discute l'immortalité de l'âme avec un prêtre catholique maronite, développe un argument parallèle : si l'homme possédait une âme immortelle, la mort et la rédemption de Jésus auraient été sans objet.[93] Cette cohérence entre les deux textes du même numéro illustre une présentation doctrinale où la mortalité de l'âme et la résurrection corporelle future forment un ensemble indissociable, en opposition frontale aux enseignements catholiques et protestants majoritaires.

La doctrine de la séparation du monde, exposée en page 17 à partir de Galates 1:4 et 2 Corinthiens 4:4, assigne aux fidèles une posture de neutralité à l'égard des structures politiques et religieuses, désignées comme soumises à l'influence de Satan. Cette exigence de rester « sans tache du monde » fonde théologiquement le refus de participation aux institutions terrestres que l'organisation promeut à cette époque, et qui transparaît dans plusieurs autres articles du même numéro — notamment la critique des Églises soutenant la guerre d'Éthiopie (p. 20-22) et le refus de cautionner les alliances des institutions religieuses avec les États (p. 29). La référence à 2 Pierre 3:13 (« de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera ») ancre cette séparation dans une perspective eschatologique : l'ordre mondial actuel est présenté comme voué à la destruction lors du jugement divin, ce qui prive d'emblée tout engagement envers lui de légitimité scripturaire aux yeux de la publication.[94]

Organisation et histoire

La convention mondiale des étudiants de la Bible des 10 et 11 septembre 1938, dont ce numéro de Consolation rend compte, constitue l'événement organisationnel central qui structure une partie importante de la revue. Rutherford y prononça des discours depuis le Royal Albert Hall de Londres, retransmis simultanément dans plus de 50 villes réparties sur plusieurs continents, pour un auditoire estimé à trois millions d'auditeurs.[95] Le périodique annonce par ailleurs la publication imminente d'un numéro spécial du Messenger, un fascicule de 64 pages destiné à diffuser les comptes-rendus et photographies de cet événement, commandable pour dix cents.[96] Cette couverture éditoriale témoigne de l'importance accordée par l'organisation à la documentation et à la propagation des conventions comme outils de consolidation interne.

La station de radio WBBR, propriété de la Watch Tower Bible and Tract Society basée à Staten Island, figure dans ce numéro comme vecteur institutionnel de premier plan. Fondée le 24 février 1924 par la Peoples Pulpit Association (corporation liée à la Watch Tower), WBBR fut la première station radio possédée par l'organisation, inaugurée par Rutherford lui-même.[97] En octobre 1938, la revue publie les horaires détaillés de diffusion de la station, qui émet de 6 h 30 le matin jusqu'à minuit selon les jours de la semaine, et présente son émission phare Kingdom Instruction comme une ressource spirituelle irremplaçable dans un monde en crise.[98] La décision éditoriale de publier ces horaires signale la volonté de l'organisation de mobiliser la radio comme outil systématique d'évangélisation complémentaire au colportage.

Le numéro documente également les activités de colportage dans les ports de New York, menées par un éditeur rattaché au Béthel de Brooklyn. Ces témoignages de terrain illustrent la structure missionnaire de l'organisation à cette époque : des membres individuels, formés et encadrés par la Société, distribuaient les publications — dont le livre Ennemis — à bord de navires commerciaux de diverses nationalités, malgré les obstacles posés par des représentants catholiques irlandais parmi le personnel portuaire.[99] Ce type de récit, régulièrement publié dans Consolation, relevait d'une stratégie éditoriale délibérée visant à valoriser et stimuler l'engagement des membres dans l'activité missionnaire individuelle.

La promotion de la brochure Avertissement en dernière page de ce numéro, avec un tirage déclaré de plus de 3,5 millions d'exemplaires déjà imprimés, reflète l'intensité de la production imprimée de la Watch Tower à cette période.[100] Le dispositif comprend un coupon détachable pour commander des exemplaires supplémentaires, mécanisme organisationnel standardisé attestant d'une logistique de distribution centralisée et capillaire, reposant sur les membres individuels comme agents de diffusion.

Science et médecine

Parmi les contenus scientifiques et médicaux du numéro, deux thèmes méritent une attention critique quant à l'usage idéologique que la revue en fait : la critique du test à la tuberculine bovine et les affirmations relatives à la nocivité de l'aluminium pour la cuisine.

L'article du Dr. Eugene Underhill, republié depuis le Homeopathic Recorder d'octobre 1924, présente le test à la tuberculine comme un procédé inefficace, voire dangereux, susceptible de propager la tuberculose plutôt que de l'enrayer.[101] La revue le reprend dans sa totalité et y ajoute une note éditoriale dénonçant les « fauteurs de troubles humains » qui contaminaient ce que Dieu avait créé. Cette instrumentalisation éditoriale est significative : la publication choisit de donner la parole à un homéopathe, représentant d'une médecine alternative sans assise scientifique, pour étayer une méfiance plus générale envers les procédures sanitaires imposées par l'État. Il convient de noter que des contestations du test tuberculinique existaient bien dans certains milieux vétérinaires et agricoles dès le début du siècle — dès 1901, des éleveurs américains adoptaient des résolutions arguant que ce test « n'est pas un agent infaillible pour détecter la présence de tuberculose » et qu'il est « fréquemment producteur de graves désordres constitutionnels chez des animaux sains »[102] — mais ces protestations provenaient d'intérêts économiques lésés et non d'un consensus médical ou vétérinaire. Au contraire, dès les années 1920 et 1930, le test à la tuberculine était largement reconnu par les autorités sanitaires américaines et européennes comme l'instrument principal de l'éradication de la tuberculose bovine et de la protection de la santé publique. La sélection, par Consolation, d'une source homéopathique marginale et réfutée, publiée quatorze ans avant ce numéro, révèle une démarche éditoriale délibérée : discréditer la médecine d'État en mobilisant des autorités médicales situées aux marges du consensus scientifique de l'époque.[103]

Le même numéro mentionne, dans la rubrique consacrée aux ulcères gastriques, que l'utilisation d'ustensiles en aluminium pour la cuisson constituerait un facteur de risque.[104] Cette affirmation est avancée sans aucune source médicale identifiable, dans une courte rubrique qui mêle sans distinction un conseil attribué à l'American College of Surgeons concernant le tabagisme matinal, et cette mise en cause de l'aluminium, présentée sur le même plan. Cette posture s'inscrit dans une longue tradition de la presse de la Société Watch Tower : à partir des années 1920, son périodique L'Âge d'Or avait publié plus de cent trente articles mettant en garde contre les ustensiles en cuisine en aluminium, attribuant à ce métal des maladies aussi variées que les ulcères, le cancer, la méningite ou la folie, campagne relayée principalement par Charles Truax Betts, un dentiste presbytérien sans formation médicale pertinente, et orchestrée par Clayton Woodworth, l'éditeur du périodique, réputé pour son attirance envers la pseudo-médecine.[105] En 1938, au moment de la publication de ce numéro, il n'existait aucun consensus scientifique ou médical établissant un lien entre l'aluminium culinaire et les ulcères gastriques ; la persistance de cette affirmation dans les colonnes de Consolation relève donc non d'un débat scientifique ouvert, mais d'une posture idéologique antérieure à toute vérification, utilisée pour alimenter la méfiance des lecteurs envers les produits de l'industrie moderne, méfiance cohérente avec la vision rutherfordienne d'un monde corrompu par une organisation satanique dont le système commercial fait partie intégrante.

  1. Consolation du 5 octobre 1938, p. 3.
  2. Consolation du 5 octobre 1938, p. 3.
  3. Consolation du 5 octobre 1938, p. 3.
  4. Consolation du 5 octobre 1938, p. 4.
  5. Consolation du 5 octobre 1938, p. 5.
  6. Consolation du 5 octobre 1938, p. 5.
  7. Consolation du 5 octobre 1938, p. 5.
  8. Consolation du 5 octobre 1938, p. 6.
  9. Consolation du 5 octobre 1938, p. 6.
  10. Consolation du 5 octobre 1938, p. 6.
  11. Consolation du 5 octobre 1938, p. 6.
  12. Consolation du 5 octobre 1938, p. 7.
  13. Ibid.
  14. Ibid.
  15. Ibid.
  16. Consolation du 5 octobre 1938, p. 7.
  17. Ibid.
  18. Consolation du 5 octobre 1938, p. 7.
  19. Ibid.
  20. Consolation du 5 octobre 1938, p. 7.
  21. Ibid.
  22. Consolation du 5 octobre 1938, p. 8.
  23. Ibid.
  24. Consolation du 5 octobre 1938, p. 8.
  25. Ibid.
  26. Consolation du 5 octobre 1938, p. 8.
  27. Ibid.
  28. Consolation du 5 octobre 1938, p. 9.
  29. Ibid.
  30. Ibid.
  31. Ibid.
  32. Ibid.
  33. Consolation du 5 octobre 1938, p. 9.
  34. Ibid.
  35. Ibid.
  36. Ibid.
  37. Ibid.
  38. Ibid.
  39. Consolation du 5 octobre 1938, p. 12.
  40. Consolation du 5 octobre 1938, p. 12.
  41. Consolation du 5 octobre 1938, p. 12.
  42. Consolation du 5 octobre 1938, p. 13.
  43. Consolation du 5 octobre 1938, p. 13.
  44. Consolation du 5 octobre 1938, p. 13.
  45. Consolation du 5 octobre 1938, p. 14.
  46. Consolation du 5 octobre 1938, p. 14.
  47. Consolation du 5 octobre 1938, p. 14.
  48. Consolation du 5 octobre 1938, p. 14.
  49. Consolation du 5 octobre 1938, p. 14.
  50. Consolation du 5 octobre 1938, p. 15.
  51. Consolation du 5 octobre 1938, p. 15.
  52. Consolation du 5 octobre 1938, p. 15.
  53. Consolation du 5 octobre 1938, p. 15.
  54. Consolation du 5 octobre 1938, p. 15.
  55. Consolation du 5 octobre 1938, p. 16.
  56. Consolation du 5 octobre 1938, p. 16.
  57. Consolation du 5 octobre 1938, p. 16.
  58. Consolation du 5 octobre 1938, p. 16.
  59. Consolation du 5 octobre 1938, p. 17.
  60. Consolation du 5 octobre 1938, p. 18.
  61. Consolation du 5 octobre 1938, p. 19.
  62. Consolation du 5 octobre 1938, p. 19.
  63. Consolation du 5 octobre 1938, p. 19.
  64. Consolation du 5 octobre 1938, p. 19.
  65. Consolation du 5 octobre 1938, p. 19.
  66. *Europe* (Paris), octobre 1937, condensé par *Magazine Digest* (Toronto).
  67. Consolation du 5 octobre 1938, p. 20.
  68. Consolation du 5 octobre 1938, p. 26.
  69. Consolation du 5 octobre 1938, p. 27.
  70. Consolation du 5 octobre 1938, p. 27.
  71. Consolation du 5 octobre 1938, p. 27.
  72. Consolation du 5 octobre 1938, p. 27.
  73. Consolation du 5 octobre 1938, p. 28.
  74. Consolation du 5 octobre 1938, p. 29.
  75. Consolation du 5 octobre 1938, p. 29.
  76. Consolation du 5 octobre 1938, p. 30.
  77. Consolation du 5 octobre 1938, p. 30.
  78. Consolation du 5 octobre 1938, p. 31.
  79. Consolation du 5 octobre 1938, p. 31.
  80. Consolation du 5 octobre 1938, p. 32.
  81. Consolation du 5 octobre 1938, p. 32.
  82. Consolation du 5 octobre 1938, p. 32.
  83. Consolation du 5 octobre 1938, p. 32.
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  90. Joseph Franklin Rutherford, Réconciliation, Watch Tower Bible and Tract Society, p. 101, cité dans Catholic Culture, The Incredible Creed of Jehovah Witnesses.
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  100. Consolation du 5 octobre 1938, p. 32.
  101. Consolation du 5 octobre 1938, p. 3.
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  103. Consolation du 5 octobre 1938, p. 5.
  104. Consolation du 5 octobre 1938, p. 7.
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