Informant de février 1940
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| Informant de février 1940 | |
|---|---|
| Revue | Informant |
| Date | 1940 |
| Année | 1940 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro est entièrement consacré à l'intensification de l'activité de terrain des proclamateurs, avec comme priorité absolue l'établissement d'un système permanent de distribution des magazines à domicile, lancé au 1er février. Le quota de revisites, fixé à douze par mois par Rutherford dans sa lettre du 20 janvier adressée à l'ensemble des proclamateurs de la Théocratie, constitue la mesure organisationnelle centrale du mois.
Le rapport mondial de la période de témoignage « Théocratie » confirme une progression significative de l'activité : 73 469 proclamateurs recensés dans 99 pays, contre 58 117 lors de la période équivalente de l'année précédente. Ce bond s'accompagne d'un doublement du nombre de revisites, présentées désormais comme le vecteur principal de l'implantation durable des publications dans les foyers.
Analyse
Croyances
Les « sauterelles » prophétiques et l'urgence de l'achèvement du témoignage
Le record de placements de livres reliés obtenu en janvier 1940 malgré un hiver rigoureux est interprété comme la preuve que rien ne peut arrêter les « sauterelles » dans leur œuvre.[1] Cette désignation n'est pas une métaphore ornementale : elle renvoie à l'exégèse de Joël 2:7-9 rapprochée d'Apocalypse 9:3-11, où l'armée de sauterelles qui envahit sans être arrêtée est appliquée au reste oint sortant d'un « abîme » d'inactivité à la fin de la Première Guerre mondiale, puis essaimant à partir de 1919 pour proclamer les jugements divins contre le système de choses.[2] L'application collective de figures prophétiques au groupe lui-même s'était largement stabilisée au cours de la réinterprétation des prophéties datées menée entre 1930 et 1932.[3] Le même faisceau d'identités prophétiques est mobilisé la même année dans La Tour de Garde du 15 octobre 1940, où le Christ Jésus est identifié à Abaddon-Apollyon, roi de l'abîme commandant les « sauterelles » que sont les oints ; l'emploi du terme ici, sans aucune explication ni citation scripturaire, montre que l'exégèse est supposée déjà acquise par le lectorat et fonctionne comme un simple mot de passe interne.[4]
Ce vocabulaire prophétique a une fonction opérationnelle immédiate : si les « sauterelles » sont par nature inarrêtables, la baisse de la moyenne horaire par proclamateur — de 19,1 heures en octobre à 14,5 en décembre — ne relève pas du constat administratif mais du démenti apporté à une prophétie.[5] La description de la fermeture progressive du témoignage à travers le monde et l'insistance sur les privilèges exceptionnels dont jouissent encore les proclamateurs du continent américain ajoutent à cette tension le sentiment que le champ se rétrécit.[6] Depuis les années 1930, Rutherford s'abstient de fixer une date précise pour Har-Maguédon, mais maintient la thèse de son imminence extrême.[7] C'est dans cet intervalle indéterminé mais réputé bref que le quota de trois revisites hebdomadaires, soit douze par mois, prend son sens : un objectif chiffré fonctionne ici comme la traduction comptable d'une attente eschatologique.[8]
« Religion » contre « foi théocratique » : la disqualification doctrinale des fêtes
L'idée que les rigueurs de l'hiver et les fêtes de Noël dispensent de toute activité de témoignage est qualifiée de manifestation de la « religion » subsistant parmi le peuple du Seigneur, par opposition à la vraie foi théocratique.[9] Cette formulation n'est intelligible qu'à la lumière de la rupture opérée par Rutherford à partir de 1936-1937, qui cesse de traiter « religion » comme un synonyme neutre de culte pour en faire le nom d'une œuvre démoniaque, d'un piège et d'un racket opposé au christianisme véritable, la religion organisée étant assimilée à la Babylone prostituée. Le reproche adressé aux proclamateurs relâchés change alors de nature : il ne s'agit plus d'un manque de zèle, mais de la survivance d'un principe adverse à l'intérieur même du peuple de Dieu. Le couple antithétique est ici complet, puisque le terme opposé, « théocratique », a été introduit par Rutherford en 1938 pour désigner le mode de gouvernement du mouvement, au moment où le système congrégationnel électif cède la place à des nominations centralisées.[10] La lettre présidentielle du 20 janvier, adressée « Aux proclamateurs de la Théocratie », fait ainsi du mot par lequel le lecteur est nommé le pôle positif de l'antithèse qu'elle développe.[11]
Le choix de Noël comme exemple d'inactivité illégitime n'a rien d'accidentel. La fête est rejetée doctrinalement depuis la fin des années 1920 : The Golden Age du 14 décembre 1927 la qualifie de célébration païenne relevant du culte des idoles, la famille du Béthel cesse de la célébrer, et Richard H. Barber prononce le 12 décembre 1928 une conférence radiodiffusée d'une heure sur ses origines païennes, reprise dans The Golden Age.[12] Douze ans plus tard, le grief a changé de registre : il ne porte plus sur la légitimité de célébrer, question tenue pour tranchée, mais sur le temps de prédication perdu. Une période traditionnellement consacrée au repos familial est requalifiée en créneau de terrain, et l'abstention est rangée du côté de l'ennemi théologique plutôt que du côté de la simple négligence.[13]
La littérature placée comme acte de proclamation, non comme vente
La leçon tirée de janvier — la littérature ne sert à rien si elle reste dans les réserves des salles de stockage — subordonne entièrement la valeur de l'imprimé à sa circulation.[14] Le dispositif financier est construit pour écarter toute assimilation à un commerce : l'offre de Salut avec la brochure Gouvernement et Paix est proposée contre une contribution de 25 cents, mais la brochure est laissée gratuitement à qui ne peut contribuer, et chaque personne visitée doit au minimum recevoir un Kingdom News ou un tract « Salut ».[15] Le terme de « contribution » avait déjà remplacé celui de prix, la somme annoncée étant présentée comme couvrant les frais d'impression, les pionniers à plein temps ayant par ailleurs cessé de porter le titre de « colporteurs » en 1931.[16] Ce vocabulaire écarte le soupçon de colportage sans supprimer le flux financier vers Brooklyn, la Société imprimant et diffusant sa littérature avec bénéfice depuis ses origines.[17]
La campagne de distribution des magazines ouverte au 1er février pousse cette logique plus loin encore, puisqu'elle n'est assortie d'aucune limite de durée et est présentée comme un élément permanent de la proclamation de la Théocratie.[18] Le sac en tissu portant les titres THE WATCHTOWER et CONSOLATION, le panneau publicitaire porté dans les quartiers commerçants aux heures de pointe, la table de brochures munie d'un phonographe : ces accessoires font du porteur de littérature un support visuel du message autant qu'un distributeur.[19] L'interdiction d'apposer le nom de la congrégation locale sur les magazines eux-mêmes, au profit d'un tract joint et tamponné, préserve pour sa part le caractère indifférencié de l'imprimé, rattaché à l'organisation mondiale plutôt qu'à une assemblée particulière — cohérent avec l'usage rutherfordien du mot « organisation » pour désigner l'ensemble mondial, les congrégations locales n'étant que des « compagnies ».[20][21]
Organisation et histoire
La lettre présidentielle et la chaîne de commandement
Une lettre datée du 20 janvier 1940, signée de Rutherford et adressée « Aux proclamateurs de la Théocratie », est expédiée à toutes les congrégations avec obligation de la lire et de l'étudier lors des quatre réunions de service suivantes.[22] Le dispositif est révélateur du mode d'autorité en vigueur : le président de la société écrit directement à chaque membre, sans instance intermédiaire de délibération, et la congrégation locale n'a pas à discuter le texte mais à l'étudier pendant un mois. Cette configuration découle de la réforme de 1938, qui a supprimé l'élection locale des anciens et transféré au siège de Brooklyn la nomination de tous les responsables de congrégation dans le monde.[23] Le vocabulaire employé dans l'adresse même de la lettre est celui que Rutherford a introduit en 1938 pour désigner le gouvernement du mouvement, la « Théocratie » étant alors présentée comme administrée par la Watch Tower Bible and Tract Society dont il est président et directeur général.[24]
Le bulletin qui véhicule cette lettre constitue lui-même le maillon technique du dispositif : c'est par ce support interne mensuel, distinct des périodiques offerts au public, que sont transmises les consignes opérationnelles de campagne, les quotas et les méthodes de terrain.[25] La réunion de service hebdomadaire en constitue le relais local obligatoire, puisque c'est elle qui fournit le cadre prescrit pour l'étude de la lettre sur quatre semaines.[26] Siège, bulletin, réunion de service et proclamateur forment ainsi une chaîne descendante continue, où chaque échelon transmet sans reformuler.
Cette mobilisation est explicitement justifiée par la contraction mondiale du champ d'action : la lettre décrit la fermeture progressive de l'activité de témoignage à travers le monde et souligne les privilèges exceptionnels dont jouissent les proclamateurs du continent américain.[27] Au moment où ces lignes sont écrites, l'activité et l'organisation sont interdites en Allemagne depuis juin 1933, et entre août 1939 et septembre 1940 cent cinquante-deux étudiants de la Bible allemands sont jugés par le tribunal militaire suprême de la Wehrmacht pour démoralisation des forces armées, dont cent douze sont exécutés.[28] Le resserrement de l'autorité sur le seul terrain encore ouvert trouve là sa légitimation interne.
Quota de revisites et gouvernement par les chiffres
Le cœur de la lettre présidentielle est une directive chiffrée : trois revisites par semaine, soit douze par mois, pour chaque proclamateur.[29] L'objectif n'est pas collectif mais individuel, et il est immédiatement confronté aux résultats constatés, puisque la moyenne effective se situe à 2,1 revisites, très en dessous du seuil désormais exigé.[30] Le mécanisme mis en place est celui d'une gestion par objectifs : fixer une norme numérique, mesurer l'écart, rendre cet écart public.
L'appareil statistique qui permet cette mesure occupe une place considérable dans le numéro, avec le détail mensuel des effectifs — 42 436 proclamateurs de congrégation en octobre, 41 146 en novembre, 42 020 en décembre — et des moyennes horaires par proclamateur en baisse continue, de 19,1 à 15,4 puis 14,5 heures.[31] Ces chiffres supposent que chaque membre remette un rapport individuel mensuel d'activité, système instauré sous Rutherford et qui restera en vigueur cent trois ans, jusqu'à son abolition le 1er novembre 2023 ; il comptabilise notamment les placements de littérature et les revisites.[32] La baisse documentée des heures de terrain entre octobre et décembre fournit précisément le motif de la directive de janvier : le quota est une réponse administrative à une décrue statistiquement établie.[33]
Le record de placement de livres reliés obtenu en janvier, présenté comme dépassant tous les mois précédents malgré les conditions hivernales les plus dures depuis plusieurs années, joue dans ce dispositif le rôle d'instrument d'émulation.[34] Il démontre par l'exemple que la norme exigée est atteignable et rend illégitime toute objection tirée des circonstances. La sociologie des organisations religieuses décrit ce type de dispositif comme un « mécanisme d'engagement », destiné à élever le niveau de participation d'un ensemble hétérogène en le rapprochant du noyau des militants les plus actifs.[35] Les listes de personnes intéressées, où chaque contact est simultanément inscrit sur la liste de distribution des magazines et sur celle des revisites, fournissent la base administrative sans laquelle ce pilotage serait impraticable.[36]
La « religion » retournée contre les relâchements internes
L'idée que les rigueurs de l'hiver et les fêtes de Noël dispensent les membres de toute activité de témoignage est déclarée révolue et requalifiée en manifestation de la « religion » parmi le peuple du Seigneur, distincte de la vraie foi théocratique.[37] Le geste est significatif : la catégorie polémique de « religion », que Rutherford a forgée à partir de 1936 en l'opposant au christianisme et en la décrivant comme un piège, était jusque-là dirigée contre les Églises ; elle est ici retournée vers l'intérieur et employée comme instrument disciplinaire contre les membres eux-mêmes. La référence à Noël n'est pas fortuite : la célébration a été abandonnée au Béthel après le dernier repas de Noël de 1926, à la suite d'un article de The Golden Age du 14 décembre 1927 dénonçant une fête païenne relevant de l'idolâtrie, puis d'une conférence radiodiffusée de Richard H. Barber le 12 décembre 1928.[38] Douze ans après, ce n'est plus la légitimité de la fête qui est en cause, mais le relâchement d'activité qu'elle continue d'entraîner.
La même logique de continuité opérationnelle commande la campagne de distribution des magazines lancée au 1er février, explicitement déclarée non limitée dans le temps et destinée à durer indéfiniment comme élément permanent de la proclamation.[39] Là où les « périodes de témoignage » thématiques encadraient l'activité sur un mois donné, une activité sans terme est instituée, qui supprime par construction les intervalles de repos.
Standardisation des techniques de terrain
La création de la fonction de distributeur de magazines s'accompagne d'une prescription minutieuse des gestes. Le témoignage sur les trottoirs, les tables de brochures équipées d'un phonographe et d'un panneau d'identification, ou le binôme formé d'un porteur de panneau publicitaire pour La Tour de Garde et Consolation et d'un collègue muni des magazines constituent les formes normalisées de l'activité publique, avec des créneaux horaires prescrits — samedis après-midi et soirées, heures de pointe des soirées de semaine dans les quartiers commerçants.[40] Ces techniques relèvent d'un répertoire développé sous Rutherford, qui associe panneaux-sandwichs, pancartes et bannières aux voitures-sono utilisées entre 1936 et 1941.[41]
L'uniformisation vaut aussi pour l'offre elle-même : pour la période de témoignage « Salut », l'ouvrage du même nom, publié par Rutherford en 1939 et présenté comme un manuel destiné aux Yonadabs, est proposé avec la brochure Gouvernement et Paix pour une contribution fixée à 25 cents.[42][43] Des dizaines de milliers de membres présentent ainsi la même offre au même tarif au cours du même mois.
L'interdiction faite aux proclamateurs d'écrire ou de tamponner le nom de la congrégation locale sur les magazines, avec obligation de joindre à la place un tract dûment tamponné, complète ce contrôle de la présentation.[44] La consigne se comprend dans un contexte où la qualification juridique de l'activité est en jeu : les taxes municipales de licence imposées aux colporteurs religieux font alors l'objet d'un contentieux nourri aux États-Unis, qui ne sera tranché que par la Cour suprême dans Murdock v. Pennsylvania le 3 mai 1943.[45] Au Canada, 115 Témoins sont inculpés au cours de l'année 1940, notamment pour vente de littérature sans licence.[46]
Logistique et économie de l'imprimé
La leçon tirée de la campagne de janvier est formulée en termes strictement matériels : la littérature ne sert à rien si elle demeure dans les réserves des salles de stockage.[47] D'où les instructions sur la constitution de stocks personnels, l'emport d'une sélection variée à chaque sortie et le transport par chaque groupe en voiture d'un stock supplémentaire distinct de la littérature de campagne.[48] Les revisites sont explicitement identifiées comme le canal principal d'écoulement des publications plus anciennes, ce qui articule le quota imposé par Rutherford à une fonction logistique précise : résorber les invendus des campagnes passées.[49]
Le barème des contributions structure le rapport matériel avec le public : cinq cents par magazine remis à domicile, vingt-cinq cents pour l'offre de livres, brochure laissée gratuitement à qui ne peut contribuer, chaque personne visitée devant au minimum recevoir un tract.[50] Ce système de « contribution suggérée » est celui en vigueur depuis l'époque des colporteurs, le montant étant fixé pour couvrir les frais d'impression.[51] La modulation prévue — gratuité pour les indigents, reprise du magazine à cinq cents pour ceux qui avaient laissé expirer leur abonnement faute de moyens — traduit l'adaptation à la situation économique de la sortie de crise.[52]
Enfin, la Société commercialise elle-même auprès de ses membres un sac en tissu portant les titres THE WATCHTOWER et CONSOLATION, à quinze cents l'unité ou sept pour un dollar, présenté comme maintenant les magazines propres et identifiant le proclamateur auprès du public.[53] L'objet cumule trois fonctions : équipement fonctionnel, signe d'appartenance visible dans l'espace public, et produit vendu par l'organisation à ses propres membres — le circuit économique interne alimentant ainsi directement la visibilité extérieure du mouvement.
Contenu
Période de témoignage « Salut » : augmenter les proclamateurs, les heures et les revisites
Des rapports préliminaires indiquent qu'en janvier un nombre record de livres reliés a été placé auprès du public, dépassant tous les mois précédents, malgré les conditions hivernales les plus difficiles depuis plusieurs années.[54] Cet essor est interprété comme une preuve que rien ne peut arrêter les « sauterelles » dans leur œuvre.[55]
Pour la période de témoignage « Salut », l'offre porte-à-porte est fixée à l'ouvrage Salut accompagné de la brochure Gouvernement et Paix, pour une contribution de 25 cents.[56] Là où l'intérêt est marqué, l'offre est étendue à l'ajout de Ennemis ou de Richesses, ou des deux à la fois, et les personnes concernées sont inscrites à la fois sur la liste de distribution des magazines et sur la liste des revisites.[57] Pour ceux qui ne peuvent contribuer financièrement, la brochure Gouvernement et Paix est laissée gratuitement, et chaque personne visitée doit au minimum recevoir un exemplaire du Kingdom News ou d'un tract « Salut ».[58]
Toujours placer des livres
La leçon tirée de la campagne de janvier est que la littérature ne sert à rien si elle reste dans les réserves des salles de stockage.[59] Les proclamateurs sont donc exhortés à se constituer un bon stock de livres et à emporter une sélection variée lors de chaque visite de terrain, notamment lors des revisites, qui se révèlent être le canal principal de distribution des publications plus anciennes.[60] Chaque groupe en voiture est invité à toujours transporter un stock supplémentaire de littérature en plus de la littérature de campagne habituelle.[61]
Des milliers de nouvelles commandes — Êtes-vous aussi un distributeur de magazines ?
La campagne de distribution des magazines, lancée au 1er février, est présentée comme la plus importante et la plus stimulante jamais entreprise, non limitée dans le temps mais destinée à durer indéfiniment en tant qu'élément permanent de la proclamation de la Théocratie.[62]
Les proclamateurs sont invités à organiser un circuit de distribution dans leur territoire, en appelant d'abord les personnes intéressées inscrites sur leurs listes pour leur proposer les numéros de février de La Tour de Garde et de Consolation.[63] Ceux qui avaient laissé leur abonnement expirer faute de moyens sont encouragés à reprendre le magazine en contribution de cinq cents par exemplaire remis directement à domicile.[64]
La Société met à la disposition des distributeurs de magazines un sac en tissu portant les noms THE WATCHTOWER et CONSOLATION, vendu quinze cents l'unité ou sept pour un dollar, destiné à maintenir les magazines propres et à identifier le proclamateur dans le public.[65] Les proclamateurs sont instruits de ne jamais écrire ou tamponner le nom de la congrégation locale directement sur les magazines, mais de joindre plutôt un tract « Salut » ou un tract de réunion publique dûment tamponné.[66]
Différentes méthodes de publicité pour la distribution sont suggérées : le témoignage sur les trottoirs, les tables de brochures avec un phonographe et un panneau d'identification, ou encore un proclamateur portant un panneau publicitaire pour La Tour de Garde et Consolation accompagné d'un collègue muni des magazines.[67] Les samedis après-midi et soirées, ainsi que les heures de pointe des soirées de semaine dans les quartiers commerçants, sont jugés les plus propices à ce type d'activité.[68]
Frère Rutherford écrit aux proclamateurs : les revisites au premier plan
La lettre de Rutherford du 20 janvier, adressée « Aux proclamateurs de la Théocratie », a été transmise à toutes les congrégations et doit être lue et étudiée attentivement lors des quatre prochaines réunions de service.[69]
La lettre décrit la fermeture progressive de l'activité de témoignage à travers le monde et souligne les privilèges exceptionnels dont jouissent les proclamateurs sur le continent américain.[70] Elle insiste sur l'importance du travail de revisites et fixe un nouveau quota de trois revisites par semaine, soit douze par mois, pour chaque proclamateur.[71]
Les statistiques pour l'année fiscale allant jusqu'au 1er janvier font état des chiffres suivants : en octobre 42 436 proclamateurs de congrégation, en novembre 41 146, et en décembre 42 020.[72] Le temps passé sur le terrain a toutefois montré une tendance à la baisse : la moyenne horaire par proclamateur était de 19,1 en octobre, 15,4 en novembre et 14,5 en décembre.[73] La moyenne de revisites s'est maintenue à 2,1, en dessous du nouveau quota fixé à 12 par mois.[74]
L'idée ancienne selon laquelle les rigueurs de l'hiver et les fêtes de Noël dispensaient les membres de toute activité de témoignage est présentée comme révolue, qualifiée de simple manifestation de la « religion » parmi le peuple du Seigneur, distincte de la vraie foi théocratique.[75]
99 nations rendent compte de la période « Théocratie » — Augmentation formidable du nombre de proclamateurs
Le rapport mondial du premier mois de la nouvelle année fiscale, correspondant à la période de témoignage « Théocratie », fait état de 73 469 proclamateurs ayant passé 1 861 543 heures sur le terrain et effectué 209 106 revisites.[76]
Une comparaison avec la période de témoignage correspondante de l'année précédente (« La Bataille de Jéhovah », octobre 1938) illustre la progression : 338 618 livres placés contre 207 634, et 209 106 revisites contre 99 132, soit plus du double.[77] Le nombre total de proclamateurs est passé de 58 117 à 73 469, celui des pionniers de 3 412 à 4 239.[78]
Période « Siège de Bataille »
La prochaine période de témoignage, dite « Siège de Bataille », est annoncée à l'avance en raison de son importance et de la préparation nécessaire.[79] Elle débutera le 28 mars, date de la célébration du Mémorial, et inaugurera une campagne mondiale de trois mois pour les nouveaux abonnements à La Tour de Garde.[80] L'offre associée comprend La Tour de Garde avec un livre relié et une brochure souple pour une contribution d'un dollar.[81] La campagne de l'année précédente avait permis d'ajouter plus de 120 000 nouveaux noms à la liste des abonnés.[82]
Le disque « Ennemis »
Face à des proclamateurs signalant que les habitants ont parfois déjà entendu le disque « Piège et Racket », il est recommandé de porter plusieurs disques différents en tournée, notamment le disque « Ennemis » (références P-113 et P-114), disponible sur commande auprès du serviteur de congrégation.[83]
Le livret Étude Modèle et les marque-pages
Le livret Étude Modèle n° 2 est présenté comme la dernière disposition du Seigneur, permettant à chaque proclamateur de congrégation de conduire des études modèles et d'aider les gens de bonne volonté à cerner l'enjeu et à prendre position.[84] Chaque proclamateur est invité à emporter plusieurs exemplaires de ce livret lors des revisites, afin de pouvoir engager une étude modèle immédiatement si l'occasion se présente.[85]
Les marque-pages doivent être utilisés abondamment par toutes les congrégations, car ils indiquent de façon permanente aux personnes de bonne volonté l'adresse et les horaires des réunions ainsi que la manière d'obtenir des réponses à leurs questions.[86] Une seconde édition de l'Annuaire vient d'être imprimée et doit être signalée lors des revisites et des études modèles.[87]
Avis aux serviteurs de congrégation
À compter du 1er février, la Société gère deux comptes distincts pour chaque congrégation moyenne : un compte pour les distributeurs de magazines (pour La Tour de Garde et Consolation hors abonnements) et un compte pour les livres et brochures de campagne.[88] Toutes les autres commandes, notamment les phonographes et les disques, doivent être accompagnées d'un paiement, la Société acceptant toutefois un acompte d'environ vingt-cinq pour cent pour les commandes de phonographes avec solde différé.[89]
Nouvelles publications
Parmi les nouvelles éditions en langues étrangères figurent Gouvernement et Paix en chinois, allemand et portugais, Fascisme ou Liberté en japonais et en polonais, Avertissement en cinyanja, hongrois, polonais et xosa, Sa Vengeance en bohémien, et Suprématie en français et en hongrois.[90] La brochure Consolation en français est déclarée abandonnée, et l'Annuaire 1940 en français ne sera pas publié.[91]
Avis à tous les proclamateurs du Royaume
Un avis juridique pratique est adressé à tous les proclamateurs, destiné à être découpé et collé dans le livret Conseils pour les proclamateurs du Royaume.[92] En cas de condamnation pour violation d'une ordonnance municipale, chaque proclamateur doit impérativement obtenir une « copie certifiée conforme » de l'ordonnance en question et la joindre aux pièces d'appel, instruction à communiquer à tout avocat éventuellement consulté.[93]
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Illustrations du numéro
Références
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- ↑ « The First Woe — Locusts », Watchtower ONLINE LIBRARY.
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