Facts For Shareholders (1917)
Autres actions
Facts For Shareholders est un document interne publié en novembre 1917 à l'intention des actionnaires de la Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania, dans le contexte de la Crise de succession de 1917 qui oppose Rutherford aux quatre administrateurs qu'il a fait destituer en juillet de la même année. Son objet central est de préparer les actionnaires à l'élection du conseil d'administration prévue pour le 5 janvier 1918 à Pittsburgh, en leur exposant leurs droits légaux et en contestant point par point la légitimité des actes posés par le président en exercice.
Le document s'appuie sur une argumentation juridique serrée, citant la législation de Pennsylvanie, des décisions de jurisprudence et les dispositions de la charte de la Société, pour démontrer que les nominations effectuées unilatéralement par Rutherford étaient sans fondement légal. Il répond directement aux deux numéros de Harvest Siftings, la publication par laquelle Rutherford avait cherché à justifier ses actions auprès des membres du mouvement.
Organisation et histoire
Facts for Shareholders est un document interne produit en novembre 1917 dans le contexte immédiat de la Crise de succession de 1917, le conflit le plus grave ayant secoué la Watch Tower Bible and Tract Society depuis la mort de Charles Taze Russell en octobre 1916. Dès juin 1917, quatre des sept administrateurs de la Société — Robert H. Hirsh, Alfred I. Ritchie, Isaac F. Hoskins et James D. Wright — avaient conclu qu'ils avaient eu tort d'approuver l'élargissement des pouvoirs de gestion de Rutherford et cherchaient à réduire son autorité présidentielle.[1] Rutherford répliqua le 12 juillet 1917 en se rendant à Pittsburgh, où il nomma unilatéralement quatre nouveaux administrateurs — Alexander Hugh Macmillan, W. E. Spill, John A. Bohnet et George H. Fisher — en invoquant l'existence de vacances au conseil que les administrateurs destitués contestaient juridiquement.[2] Ce document est précisément la réponse organisée de ces quatre administrateurs destitués et de leurs partisans en vue de l'assemblée électorale fixée au 5 janvier 1918 à Pittsburgh.
L'enjeu organisationnel central du document est la légitimité du mandat des administrateurs au regard de la charte pennsylvanienne de la Société, adoptée en 1884 et amendée en 1896. La charte prévoyait des mandats à vie pour les administrateurs, révocables uniquement par un vote des deux tiers des actionnaires, disposition que le document oppose systématiquement à la thèse de Rutherford selon laquelle quatre sièges auraient été vacants depuis 1904 faute de réélection formelle.[3] L'avis juridique sur lequel s'appuyait Rutherford soutenait que, lors de l'assemblée du 6 janvier 1917, seuls trois hommes avaient été élus à des fonctions et que les quatre autres membres du conseil, entrés en fonction dès 1904, n'avaient aucun statut légal d'administrateurs.[4] Pour contrer cet argument, les auteurs du document mobilisèrent les avis de treize avocats, dont des assistants des procureurs généraux de Pennsylvanie et du New Jersey, qui conclurent tous à l'illégalité des nominations effectuées par Rutherford.[5]
Le document rend compte d'une réunion organisationnelle précise tenue le 20 juin 1917, lors de laquelle les administrateurs majoritaires envisageaient d'adopter de nouveaux règlements intérieurs soumis à un cabinet d'avocats new-yorkais, visant à encadrer les pouvoirs du président et à renforcer le contrôle collégial du conseil.[6] Ces règlements furent finalement adoptés le 20 juillet 1917 et prévoyaient notamment un comité de surveillance de trois administrateurs, un contrôle des signatures de chèques nécessitant la cosignature d'au moins deux membres du conseil, et l'obligation pour le président de n'agir qu'avec l'accord de la majorité des administrateurs.[7] Ces mesures témoignent d'une tentative structurée de limiter la concentration du pouvoir exécutif que les administrateurs destitués attribuaient à Rutherford, à William E. Van Amburgh et à Alexander Hugh Macmillan.
La question de la réunion ajournée du 27 juillet 1917 de la Peoples Pulpit Association constitue un autre événement institutionnel précis documenté par cette publication. Les auteurs contestent l'utilisation de procurations datant de janvier 1917 pour procéder à l'expulsion de membres — Richard H. Hirsh et Isaac F. Hoskins — lors d'une réunion portant sur des questions non prévues à l'ordre du jour initial, pratique qu'ils qualifient d'illégale au regard du droit corporatif de l'État de New York.[8]
La déclaration écrite remise par Andrew N. Pierson à la convention de Boston d'août 1917 constitue l'un des documents organisationnels les plus significatifs reproduits dans la publication. En tant que vice-président de la Société, Pierson dénonçait formellement l'absence de reddition de comptes financière au conseil d'administration, l'ignorance des administrateurs quant à l'état des fonds fiduciaires et aux relations financières entre la Watch Tower Bible and Tract Society et la Peoples Pulpit Association, ainsi que le sort non élucidé d'un emprunt de 100 000 dollars contracté pour le projet du Photo-Drame de la Création.[9]
La publication aborde également la question de la relation institutionnelle entre la Watch Tower Bible and Tract Society, la Peoples Pulpit Association et l'International Bible Students Association. Elle rappelle que ces trois dénominations désignaient, selon Russell lui-même dans La Tour de Garde du 1er décembre 1915, « virtuellement la même chose », les distinctions n'étant que des nécessités juridiques liées aux lois des différents États et pays.[10] Les auteurs soulignent que la publication du septième volume des Études dans les Écritures sous le copyright de la Peoples Pulpit Association plutôt que de la Watch Tower Bible and Tract Society, et sans l'accord du conseil d'administration ni du comité éditorial, illustrait précisément ce brouillage institutionnel que le document cherchait à clarifier en faveur de l'entité principale.[11]
Le résultat de l'assemblée du 5 janvier 1918 conclut la séquence organisationnelle engagée par ce document : environ 13 % des voix allèrent aux candidats proposés par les administrateurs destitués — Menta Sturgeon, Alfred I. Ritchie, H. Clay Rockwell, Isaac F. Hoskins, Robert H. Hirsh, James D. Wright et William J. Hollister —, Rutherford étant reconduit à la présidence par une large majorité.[12] Selon l'historien M. James Penton, cette crise de succession et ses suites contribuèrent au départ d'un septième des fidèles dès 1919.[13]
Contenu
Instructions sur les droits, privilèges, suggestions et devoirs
Ce document, publié en novembre 1917 par la Watch Tower Bible and Tract Society[14], vise à informer les actionnaires de leurs droits et responsabilités en prévision de l’élection des administrateurs prévue pour le 5 janvier 1918 à Pittsburgh. Il souligne que chaque individu doit assumer la responsabilité de ses choix électoraux, conformément à un principe juridique selon lequel « un homme entend les conséquences de ses actes »[15]. Les administrateurs destitués cherchent à remplir leur devoir envers le Seigneur et les frères afin de clore toute contestation ultérieure.
Le document aborde ensuite les modalités de vote par procuration. Il précise qu’une procuration en Pennsylvanie n’est valide que pour deux mois à partir de sa date, rendant ainsi invalide toute procuration antérieure au 5 novembre 1917[16]. Une procuration ultérieure annule automatiquement une procuration antérieure. Si un actionnaire donne une procuration puis assiste en personne à l’assemblée, sa présence annule la procuration. Deux types de procurations sont fournis : l’une donne une discrétion totale à la personne désignée, tandis que l’autre restreint son pouvoir à voter pour des personnes spécifiques. Le document recommande cette dernière méthode, déjà suggérée par Charles Taze Russell pour les affaires ecclésiastiques.
Chaque actionnaire ayant fait un don d’au moins dix dollars est autorisé à voter, avec un vote par tranche de dix dollars. Les actionnaires reçoivent un certificat indiquant le nombre de parts qu’ils peuvent voter[17].
Les administrateurs n’ont pas besoin d’être résidents de Pennsylvanie
Le document clarifie que les administrateurs de la Watch Tower Bible and Tract Society n’ont pas l’obligation légale d’être résidents de Pennsylvanie. Bien que certaines lois de cet État exigent qu’un tiers des administrateurs de certaines corporations y résident, ces dispositions ne s’appliquent pas à la Société, qui est une corporation à but non lucratif et non une organisation religieuse publique comme une église. La loi exigeant que trois des souscripteurs initiaux résident en Pennsylvanie ne s’étend pas aux administrateurs actuels[18].
Le droit de vote
Le droit de vote des actionnaires est un droit statutaire qui ne peut être légalement supprimé par un règlement interne. Bien qu’un règlement puisse encadrer ce droit, il ne peut l’annuler. Le document souligne que la majorité des actionnaires, en tant que croyants dans la « Vérité présente », ne représentent pas un danger pour la Société. Cependant, il recommande à ceux qui se considèrent en harmonie avec les objectifs de la Société, tels que définis dans La Tour de Garde sous la rubrique « Ce Journal et sa Mission sacrée », de voter en répondant « oui » à la question posée sur la procuration jointe à la Tour de Garde du 1er novembre 1917[19].
Le document précise que Joseph Franklin Rutherford, en tant que président, ne peut imposer ses conditions pour le vote, car il ne représente pas la Société à lui seul. Les actionnaires sont invités à fermer les livres de la Société avant le 10 décembre 1917 pour permettre au secrétaire de déterminer le nombre de votes auxquels chacun a droit. Cependant, la Société n’a pas le droit d’empêcher un actionnaire de voter si le secrétaire ne l’a pas approuvé[20].
Inspecteurs de l’élection
La loi exige que les votes soient recueillis par des inspecteurs d’élection, qui doivent prêter serment pour exercer leurs fonctions. Ces inspecteurs sont choisis par les actionnaires présents, en personne ou par procuration. Ils sont responsables de la validité du scrutin et doivent vérifier les droits de vote des actionnaires en fonction des registres de la Société au 10 décembre 1917. En cas de suspicion de fraude ou de manipulation, un actionnaire peut saisir la Cour de Pennsylvanie pour désigner un maître en chancellerie afin de superviser l’élection[21].
Le document suggère que les amis choisissent deux avocats, ou un avocat et un frère, pour agir en tant qu’inspecteurs, à condition qu’ils n’aient pas d’intérêt personnel dans le scrutin.
Aucune vacance au sein du conseil d’administration de la W.T.B. & T. Society — Par conséquent, aucun espace pour de nouveaux administrateurs
Le document conteste l’affirmation selon laquelle les quatre administrateurs destitués n’étaient pas membres légaux du conseil d’administration, comme le prétend le numéro 2 de Harvest Siftings. Il cite plusieurs décisions judiciaires de Pennsylvanie et des manuels juridiques pour soutenir que les administrateurs en place continuent d’exercer leurs fonctions jusqu’à ce que leurs successeurs soient élus et qualifiés. Les tribunaux de Pennsylvanie ont statué que les administrateurs nommés pour combler des vacances restent en fonction jusqu’à l’élection suivante, même si le délai légal pour cette élection est dépassé[22].
Le document souligne également que les administrateurs en fonction peuvent tenir des réunions, combler les vacances au sein du conseil et voter pour la vente de biens, comme s’ils avaient été régulièrement élus. Il réfute ainsi l’affirmation de Rutherford selon laquelle aucun administrateur n’a été élu depuis la création du conseil initial en 1884.
Contenu
Statut juridique des administrateurs hors de Pennsylvanie
Ce texte aborde la légalité des réunions du conseil d'administration de la Société Watch Tower tenues en dehors de l'État de Pennsylvanie, où la société est légalement enregistrée. Il explique que, selon la loi de cet État, les administrateurs peuvent valablement se réunir en dehors de la Pennsylvanie, à condition qu'une majorité d'entre eux réside dans un autre État et que l'élection annuelle des dirigeants ait lieu en Pennsylvanie. Cette disposition légale est citée pour démontrer que les réunions tenues à Brooklyn, où réside la majorité des administrateurs, sont conformes à la loi. La publication souligne également que cette interprétation est soutenue par des décisions judiciaires, comme l'affaire *Wood vs. Bing* (21 Atl. 574), qui confirme qu'un administrateur ne peut contester la validité d'une réunion tenue hors de l'État s'il y a participé[23].
La question des vacances au sein du conseil d'administration est également examinée. Le document affirme que, selon les statuts de la Pennsylvanie, les administrateurs en fonction peuvent combler les vacances jusqu'à l'élection suivante, et non pas seulement jusqu'à la prochaine réunion électorale. Cette interprétation est utilisée pour contester la légitimité des nominations effectuées par Joseph Franklin Rutherford en juillet 1917, arguant qu'il n'existait aucune vacance à combler et que, même si cela avait été le cas, Rutherford n'avait pas l'autorité pour agir unilatéralement[24].
Analyse des déclarations de Rutherford dans « Harvest Siftings »
Cette section critique les déclarations faites par Joseph Franklin Rutherford dans la publication Harvest Siftings No. 2. Le document conteste l'affirmation de Rutherford selon laquelle il aurait été justifié de nommer quatre nouveaux administrateurs pour combler des vacances existantes. Il est précisé que la véritable question n'était pas de savoir si Rutherford avait le droit de combler ces vacances, mais plutôt de déterminer si des vacances existaient réellement. La publication affirme que la réponse à cette question est négative, invalidant ainsi l'argument de Rutherford[25].
Le texte souligne également que, même si des vacances avaient existé, Rutherford n'aurait pas été autorisé à les combler de sa propre initiative. Il est rappelé que la charte de la Société Watch Tower stipule que les administrateurs doivent d'abord tenter de combler les vacances dans un délai de trente jours. Ce n'est qu'en cas d'échec de leur part que le président peut intervenir. La publication argue que Rutherford n'a pas respecté cette procédure et qu'il a agi de manière illégale en nommant des administrateurs sans l'accord préalable du conseil[26].
Proposition de vote pour les actionnaires
Cette rubrique propose aux actionnaires une stratégie pour voter lors de l'élection à venir, dans le but de contrer l'influence de Joseph Franklin Rutherford et de ses partisans. La publication suggère que les actionnaires votent pour Menta Sturgeon en tant qu'administrateur, puis le soutiennent pour le poste de président. Cette proposition est présentée comme une réponse à la gestion temporaire de Rutherford, jugée problématique. Le texte encourage également les actionnaires à soutenir les administrateurs destitués, qui ont agi avec courage en défendant ce qu'ils estimaient être juste, malgré les risques pour leur subsistance[27].
Une liste de noms est fournie pour guider les actionnaires dans leur vote. Les candidats proposés pour les postes d'administrateurs et de dirigeants sont les suivants : Menta Sturgeon (administrateur et président), Alfred I. Ritchie (administrateur et vice-président), H. Clay Rockwell (administrateur et secrétaire-trésorier), J. Dennis Wright, Isaac F. Hoskins, Robert H. Hirsh et Andrew N. Pierson (tous administrateurs)[28].
Statut des administrateurs selon la charte et la loi
Cette section examine en détail les dispositions légales et statutaires concernant la durée du mandat des administrateurs de la Société Watch Tower. Le document explique que, selon la charte de la société, les administrateurs sont élus à vie, sauf s'ils sont démis de leurs fonctions par un vote des deux tiers des actionnaires. Les vacances au sein du conseil, causées par un décès, une démission ou une destitution, doivent être comblées par un vote de la majorité des administrateurs restants dans un délai de vingt jours. Si les administrateurs ne parviennent pas à combler ces vacances dans les trente jours, le président est alors autorisé à nommer un remplaçant jusqu'à l'élection annuelle suivante[29].
La publication souligne que cette disposition de la charte est en contradiction avec la loi de l'État de Pennsylvanie, qui stipule que les vacances doivent être comblées par les administrateurs restants jusqu'à l'élection suivante. Le texte argue que, dans le cas où une minorité d'administrateurs tente d'agir, une assemblée des actionnaires doit être convoquée pour élire de nouveaux administrateurs. Cette interprétation est utilisée pour contester la légitimité des nominations effectuées par Rutherford, qui, selon le document, n'avait pas l'autorité légale pour agir unilatéralement[30].
Le document mentionne également que, dans l'État du New Jersey, les statuts permettent au président ou à une minorité d'administrateurs de combler les vacances si les règlements internes de la société le prévoient. Cependant, cette disposition ne s'applique pas à la Société Watch Tower, enregistrée en Pennsylvanie, et ne peut donc pas être invoquée pour justifier les actions de Rutherford[31].
Certification de la charte par le tribunal
Cette partie aborde la certification de la charte de la Société Watch Tower par le tribunal de Pennsylvanie. Le document rappelle qu'en 1884, le juge Collier de la Cour de common pleas de Pennsylvanie a examiné et certifié la charte comme étant conforme aux objectifs énoncés dans la loi de l'État. Une modification de la charte en 1896 a également été certifiée par le même juge. La publication souligne que cette certification confère une légitimité juridique à la charte et à ses amendements, qui doivent être considérés comme valides dès leur adoption[32].
Le texte explique que les amendements à la charte ne rendent pas la société soumise à des lois adoptées après sa création, sauf si ces lois affectent explicitement les amendements. Cette interprétation est utilisée pour affirmer que les dispositions de la charte, y compris celles concernant la durée du mandat des administrateurs, restent valides et doivent être respectées[33].
Responsabilité de Rutherford dans les troubles
Cette section attribue à Joseph Franklin Rutherford la responsabilité des troubles actuels au sein de la Société Watch Tower. Le document affirme que les administrateurs élus par les actionnaires ou par les administrateurs eux-mêmes pour combler des vacances restent en fonction jusqu'à l'élection suivante. Cette interprétation est utilisée pour soutenir que Charles Taze Russell, en tant qu'administrateur élu à vie, n'a jamais eu besoin d'être réélu après sa nomination initiale. La publication argue que Rutherford est à l'origine des changements actuels, car il a remis en question la légitimité des administrateurs en fonction et a agi de manière unilatérale[34].
Le texte souligne que, si tous les membres de la société avaient accepté les dispositions de la charte, la situation serait restée stable et les administrateurs auraient continué à gérer les affaires de la société sans interruption. La publication critique Rutherford pour avoir créé une situation de crise en contestant la légalité des administrateurs en place et en nommant de nouveaux membres sans respecter les procédures établies[35].
Objectifs des administrateurs selon Rutherford
Cette rubrique examine les motivations des administrateurs qui ont suscité l'opposition de Joseph Franklin Rutherford. Le document révèle que, lors de la réunion du conseil d'administration du 20 juin 1917, les administrateurs majoritaires envisageaient d'adopter de nouveaux règlements internes pour réformer la gestion de la société. Ces règlements, soumis à un cabinet d'avocats new-yorkais avant que Rutherford n'annonce les nominations contestées, visaient notamment à exclure Alexander Hugh Macmillan de la gestion, jugé incompétent par les actionnaires[36].
La publication présente un extrait des projets de règlements internes, qui montrent que les administrateurs souhaitaient renforcer leur autorité et éliminer les pratiques jugées nuisibles à la stabilité de la société. Le texte argue que ces projets démontrent que les administrateurs n'avaient pas l'intention de "détruire" la société, comme le prétendait Rutherford, mais plutôt de la réformer pour mieux servir ses objectifs[37].
Les règlements proposés incluaient des dispositions pour garantir qu'aucune décision ne serait prise sans l'accord de la majorité des sept administrateurs, ainsi que l'organisation de réunions mensuelles pour examiner l'état des finances et des activités de la société. Ces mesures visaient à améliorer la transparence et l'efficacité de la gestion[38].
Déclaration du vice-président contre la gestion en août
Ce document reproduit une déclaration écrite remise par Andrew N. Pierson, vice-président de la Société Watch Tower, lors de la convention de Boston en août 1917. Ce texte, adressé aux administrateurs mais initialement dissimulé par Joseph Franklin Rutherford et William E. Van Amburgh, dénonce l'opacité financière de la direction et l'absence de reddition de comptes aux membres du conseil d'administration[39].
Pierson y affirme que les administrateurs ignorent délibérément des informations cruciales sur la gestion des fonds de la Société. Il souligne notamment que le conseil n'a jamais reçu de rapport satisfaisant du trésorier depuis son entrée en fonction, et que les administrateurs ne connaissent ni l'état des fonds fiduciaires, ni les relations financières entre la Watch Tower Bible and Tract Society et la Peoples Pulpit Association. La déclaration interroge également le sort d'un emprunt de 100 000 dollars contracté pour le projet du Photo-Drame de la Création, demandant à qui cet argent a été remboursé et quel intérêt a été versé[40].
Pierson avertit que, en cas de poursuites judiciaires, les administrateurs seraient contraints de reconnaître leur ignorance totale de ces questions, ce qui les exposerait à des responsabilités légales. Il exige que le conseil d'administration soit reconnu et autorisé à poursuivre ses activités jusqu'à la fin de l'année, ou jusqu'à ce que les administrateurs puissent démissionner sans encourir de responsabilités financières ou autres. Ce document révèle ainsi une crise de gouvernance au sein de la Société, marquée par une méfiance croissante envers la gestion centralisée de Rutherford et Van Amburgh[41].
Règlements intérieurs et contrôle des départements
Cette section présente les nouveaux règlements intérieurs adoptés par le conseil d'administration le 20 juillet 1917, visant à encadrer la gestion de la Société Watch Tower. Ces règles, inspirées par les propositions des actionnaires lors de l'assemblée de Pittsburgh en janvier 1917, cherchent à instaurer un contrôle plus strict sur les activités financières et organisationnelles[42].
Le texte établit d'abord que le conseil d'administration se réserve le droit de confier à ses membres des missions individuelles au sein des bureaux de la Société, à l'exception du vice-président. Ces missions doivent être compatibles avec leurs fonctions et leurs compétences, et leur permettre d'assister régulièrement aux réunions du conseil. Les administrateurs peuvent également enquêter sur tout département ou employé, sans toutefois interférer avec la gestion directe des activités[43].
Un comité de surveillance, composé de trois administrateurs désignés pour trois mois, est chargé d'exercer un contrôle direct sur tous les départements et branches de l'organisation. Ce comité doit être représenté en permanence par au moins un membre au Tabernacle et un autre à la maison Bethel. En cas de désaccord, les décisions sont soumises au conseil d'administration. Aucune nouvelle initiative ne peut être lancée, aucun contrat signé, ni aucun achat supérieur à 100 dollars effectué sans l'approbation majoritaire du conseil[44].
Le président, dont les fonctions se limitent à représenter publiquement la Société sur autorisation du conseil, ne peut engager la Société sans l'accord des administrateurs. Les membres du comité de surveillance ne peuvent être absents de Brooklyn contre leur gré, et les ordres de retrait d'argent des coffres de la Société doivent être signés selon les mêmes règles que les chèques[45].
Gestion financière et identité institutionnelle
Cette partie des règlements intérieurs aborde la gestion financière et l'identité institutionnelle de la Société Watch Tower. Elle stipule que tous les fonds reçus par la Société doivent être déposés en son nom, et que les sommes non immédiatement nécessaires à son fonctionnement doivent être placées à la Nassau National Bank de Brooklyn, ou dans tout autre établissement désigné par le conseil d'administration[46].
Les chèques émis par le département du Trésor doivent être signés par au moins deux administrateurs. L'un d'eux doit être soit le trésorier, soit le président ou le vice-président, et l'autre, soit l'auditeur, soit l'auditeur adjoint (eux-mêmes membres du conseil). En cas d'absence du président ou du trésorier, leurs remplaçants désignés peuvent signer, mais jamais le président et le trésorier, ou l'auditeur et l'auditeur adjoint, sur le même chèque. Les ordres de retrait d'argent des coffres doivent suivre les mêmes règles de signature[47].
Le texte insiste également sur la nécessité de promouvoir le nom Watch Tower Bible and Tract Society auprès des membres, car c'est sous cette dénomination qu'ils détiennent leurs actions votantes. À cette fin, l'en-tête des lettres, les enveloppes, et les étiquettes des publications doivent systématiquement porter ce nom. Cette mesure vise à clarifier l'identité institutionnelle de la Société, souvent confondue avec ses filiales comme la Peoples Pulpit Association ou l'International Bible Students Association[48].
La Peoples Pulpit Association, bien que seule habilitée à opérer légalement dans l'État de New York, est présentée comme une entité auxiliaire travaillant sous la direction de la Watch Tower Bible and Tract Society. Les deux organisations sont décrites comme fonctionnellement identiques, bien que distinctes sur le plan juridique. Cette clarification vise à éviter toute confusion parmi les membres et les donateurs, qui sont encouragés à contribuer au nom de la Watch Tower Bible and Tract Society[49].
Ordonnances et représentation aux assemblées
Cette section détaille les ordonnances adoptées par le conseil d'administration le 20 juillet 1917, ainsi que l'ordre du jour type des réunions du conseil. Les ordonnances réaffirment d'abord la volonté de respecter le testament de Charles Taze Russell, notamment en ce qui concerne la gestion et la direction éditoriale de La Tour de Garde, propriété de la Société. Elles reconnaissent également le transfert des actions votantes de Russell à un conseil de cinq sœurs désignées comme « fiduciaires »[50].
Le texte précise ensuite que les différentes dénominations utilisées par la Société (Watch Tower Bible and Tract Society, Peoples Pulpit Association, International Bible Students Association) désignent « virtuellement la même chose », selon les propos de Russell publiés dans La Tour de Garde du 1er décembre 1915. Ces distinctions sont présentées comme des nécessités légales liées aux lois des différents États et pays, mais sans incidence sur l'unité de l'organisation. La Watch Tower Bible and Tract Society est décrite comme l'entité principale, tandis que les autres associations agissent comme des auxiliaires sous sa direction[51].
Une ordonnance stipule que le conseil d'administration de la Watch Tower Bible and Tract Society doit être représenté à chaque assemblée des actionnaires de la Peoples Pulpit Association et de l'International Bible Students Association. Le représentant, désigné par vote majoritaire du conseil, doit voter selon les instructions de ce dernier. Cette mesure vise à garantir une cohérence dans la gouvernance des différentes entités juridiques de la Société[52].
L'ordre du jour des réunions du conseil d'administration est également précisé. Il comprend notamment la lecture et l'approbation des minutes de la réunion précédente, les rapports des comités spéciaux et permanents, le rapport du trésorier, les affaires en cours, les rapports du président et du comité de surveillance, ainsi que les nouvelles affaires. Cet ordre du jour reflète une volonté de structurer les délibérations et d'assurer une transparence minimale dans la gestion de la Société[53].
Association du pupitre du peuple
Le document aborde les irrégularités liées à l'utilisation de procurations lors d'une réunion de l'Association du pupitre du peuple (People's Pulpit Association), une entité juridique distincte de la Société Watch Tower[54]. Joseph Franklin Rutherford et Alexander Hugh Macmillan, respectivement président et vice-président de cette association, affirment que les procurations émises pour la réunion annuelle de janvier 1917 restaient valables pour une réunion ajournée le 27 juillet 1917, permettant ainsi de voter sur des questions non prévues initialement, comme l'expulsion de membres[55]. Cependant, le document conteste cette interprétation, soulignant que les procurations ne pouvaient être utilisées que pour des sujets prévus à l'ordre du jour initial de la réunion annuelle, et non pour des questions nouvelles apparues ultérieurement[56]. De plus, la forme même des procurations, limitées à l'élection des administrateurs, rendait leur utilisation illégale pour d'autres fins[57]. En conséquence, les administrateurs destitués, Richard H. Hirsh et Isaac F. Hoskins, conservaient leur statut légal au sein de l'association[58].
Le texte pose également une question sur la légitimité des procès-verbaux de l'association, s'interrogeant sur l'identité de la personne ayant consigné l'ajournement de la réunion annuelle au 27 juillet 1917, une date choisie pour expulser des membres, et sur la manière dont les administrateurs pouvaient anticiper cette nécessité[59]. Il est rappelé que la loi de l'État de New York, régissant les corporations comme l'Association du pupitre du peuple, confère l'essentiel du pouvoir au conseil d'administration, limitant ainsi les prérogatives exceptionnelles revendiquées par Rutherford[60]. Enfin, le document suggère que si Rutherford n'était pas réélu à la présidence de la Société Watch Tower, il devrait démissionner de celle de l'Association du pupitre du peuple[61].
Question nécessitant une réponse
Cette section interroge la légitimité des actions menées par Joseph Franklin Rutherford au sein de l'Association du pupitre du peuple et de la Société Watch Tower[62]. Elle soulève des doutes sur la régularité des procès-verbaux de l'association, en demandant qui a rédigé l'enregistrement de l'ajournement de la réunion annuelle au 27 juillet 1917, une date utilisée pour expulser des membres[63]. Le texte s'interroge sur la manière dont les administrateurs pouvaient prévoir, dès la rédaction des procès-verbaux, la nécessité de se réunir à cette date précise pour de telles actions[64].
À propos des frères
Cette rubrique présente une série de questions visant à éclairer les actionnaires sur les agissements de Joseph Franklin Rutherford et de ses partisans au sein de la Société Watch Tower et de la communauté des Étudiants de la Bible[65]. Le document interroge la crédibilité de certains témoignages, notamment celui de Mary Walbach, qui aurait attribué à Richard H. Hirsh des propos concernant le testament de Charles Taze Russell, alors qu'elle-même les aurait tenus[66]. Il est souligné que cette sœur, dont la mère n'est pas dans la Vérité, est connue pour ses déclarations souvent inexactes, violant ainsi les instructions bibliques contre les serments[67].
Le texte met également en lumière des contradictions dans les déclarations de Rutherford. Ce dernier affirme dans « « Lumière après les ténèbres » » que des objections à sa gestion des affaires de la Société existaient avant le retour d'Angleterre de Paul Samuel Leo Johnson, tandis que dans « « Glanages de la moisson, partie 2 » », il prétend que la majorité du conseil d'administration était satisfaite de sa conduite jusqu'à ce retour[68]. Le document questionne également la légitimité des accusations portées contre Johnson, qualifiées de « l'une des plus grandes illusions jamais imposées par un serviteur à un autre »[69].
D'autres points abordés concernent les conditions de travail et les décisions financières au sein de la Société. Il est mentionné que Mason effectuait un travail d'audit, vérifiant les factures et préparant les chèques, et que Rutherford a refusé de discuter des différends en présence de témoins, comme le recommande Matthieu 18:16[70]. Une sœur fidèle aurait confié ses économies à Russell pour qu'elles soient utilisées dans l'œuvre, mais Rutherford aurait suggéré qu'elle devait payer une somme exorbitante pour son hébergement à la Maison Bethel, bien que les coûts réels soient bien inférieurs[71].
Le document souligne également la confusion créée par les actions de Rutherford, qui a conduit à une perplexité générale parmi les fidèles à travers le monde, désireux de comprendre l'organisation de la Société, ses finances et les activités de l'année écoulée[72]. Il est fait état d'une résolution dictée par Rutherford, faisant de lui le président permanent de l'Église de New York, contrôlant ainsi tous les aspects de la congrégation et considérant comme ennemis ceux qui ne le suivent pas en tout[73]. Plusieurs anciens de l'Église de New York, dont Andrew N. Pierson, Isaac F. Hoskins et Robert Hirsh, se sont vu refuser leur service en tant qu'anciens pour avoir soutenu les dispositions du testament de Russell et les statuts de la Société[74].
À propos du « canal »
Cette section critique la gestion de Joseph Franklin Rutherford au sein de la Société Watch Tower et remet en question la légitimité du « canal » par lequel la connaissance du plan divin était transmise[75]. Le document souligne que le secrétaire et compagnon de voyage de Charles Taze Russell, qui l'a assisté jusqu'à sa mort, a quitté la Société et la Maison Bethel, estimant que les volontés de Russell n'étaient pas respectées[76]. Environ cinquante travailleurs efficaces ont également été écartés de Bethel depuis que Rutherford a pris le contrôle[77].
Le texte mentionne que presque tout a changé au Tabernacle et à Bethel en moins d'un an après le départ de Russell, et que la Société ne représente plus ses idées concernant l'œuvre[78]. Le Temple de New York, où le dernier service en mémoire de Russell a été tenu, est passé sous le contrôle d'autres mains en raison d'un manque de fonds[79]. Le document souligne que le canal utilisé par Dieu pour transmettre la connaissance du plan divin pendant quarante ans a été transféré à d'autres domaines après la mort de Russell, et que pour continuer l'œuvre de ce canal, il faut « suivre [Russell] comme il a suivi Christ »[80].
Plusieurs exemples illustrent les changements opérés sous la direction de Rutherford. Le matin suivant la mort de Russell, Macmillan a ordonné l'annulation des contrats d'Angelophone, un système de diffusion utilisé pour les enregistrements[81]. Une sœur a offert de donner 1 500 dollars pour enregistrer les conférences d'Angelophone, mais Rutherford a suggéré de retarder le contrat et a finalement accepté cette somme de la Société, payant immédiatement pour l'enregistrement avec un chèque de la Société, bien que techniquement l'argent provienne de la sœur[82]. Cette manipulation est présentée comme trompeuse.
Le document aborde également la question du « canal » en soulignant que Dieu a changé de canal à plusieurs reprises lorsque celui-ci devenait corrompu, comme ce fut le cas avec les dénominations catholiques et protestantes[83]. Il est mentionné que de nombreux partisans de la gestion actuelle de la Société Watch Tower affirment savoir que Rutherford a « absolument tort », mais qu'ils doivent soutenir le « canal »[84]. Le texte rappelle que pendant que Dieu approuvait Russell comme canal, aucune fausse déclaration ne corrompait la vérité transmise[85].
Enfin, le document interroge pourquoi le Seigneur a permis que la Société Watch Tower soit le canal, et répond que c'était parce que le réservoir choisi pour les eaux pures de la vérité était « cet esclave », qui seul pouvait ouvrir les écluses pour que l'eau coule à travers le canal[86]. Il est souligné que seule l'eau pure peut couler à travers un canal approuvé par Dieu, et que les six volumes des « Études dans les Écritures » ne sont plus mentionnés dans les réunions publiques comme guides pour comprendre le plan de Dieu, le septième volume étant mis en avant à leur place[87].
À propos du septième volume
Cette section remet en question la légitimité et l'origine du septième volume des « Études dans les Écritures », intitulé « « Le mystère accompli » »[88]. Le document affirme que ce volume n'est pas l'œuvre posthume de Charles Taze Russell, car il ne présente rien que Russell ait préparé avant sa mort pour une publication ultérieure[89]. Il est souligné que le septième volume ne correspond pas à la parabole du « denier » (ou « penny ») mentionnée dans les enseignements de Russell[90].
Le texte mentionne que de nombreux partisans les plus fervents du septième volume sont ceux qui ne l'ont jamais lu, et que ce volume n'est pas passé par le « canal » officiel de la Société Watch Tower[91]. Il n'a pas été mentionné dans « « La Tour » » avant sa distribution et n'a pas été inspecté par le conseil d'administration ni par le comité de rédaction[92].
Le document révèle que la publication du septième volume était une mesure d'opportunité pour devancer d'autres personnes qui auraient pu publier un volume similaire, et non en raison d'une nouvelle lumière doctrinale[93]. Rutherford, avant son élection, avait recommandé sa publication en raison de la forte demande des fidèles, et pour éviter que quelqu'un d'autre ne profite financièrement de cette demande, estimant que cela pourrait rapporter entre quarante et cinquante mille dollars[94]. Le volume a été préparé et publié sans la connaissance des administrateurs ou du comité de rédaction[95].
Plusieurs incohérences et erreurs dans le septième volume sont pointées. Par exemple, Woodworth avait prophétisé en mars que le volume serait publié en octobre et qu'il apporterait une grande persécution aux saints, mais Rutherford l'a fait publier en juillet et aucune persécution n'a encore eu lieu[96]. Le volume avait également prophétisé que la guerre cesserait vers le 1er octobre, mais celle-ci est devenue plus sévère que jamais[97].
Le document révèle que l'interprétation du Cantique des Cantiques dans le septième volume n'est pas l'œuvre posthume de Russell, mais a été écrite par Woodworth et envoyée à Russell il y a plusieurs années, avant d'être retrouvée et incluse dans le volume après la mort de Russell[98]. Plusieurs autres erreurs factuelles sont soulignées, comme l'affirmation que Russell aurait prié toute une nuit, alors que Russell lui-même avait déclaré ne jamais prier plus d'une demi-heure à la fois[99].
Le texte interroge également la légitimité de l'origine divine revendiquée pour le livre, basée sur une distance de 1 200 stades entre Scranton et Bethel, une mesure erronée trouvée dans un seul manuscrit obscur et rejetée par tous les érudits[100]. Il est mentionné que le courrier ne suit pas l'itinéraire imaginé par Woodworth pour faire correspondre la distance, et qu'il est improbable qu'une partie du manuscrit soit passée par cet itinéraire[101].
Enfin, le document s'interroge sur les raisons pour lesquelles Rutherford a agi de manière secrète et trompeuse concernant la publication du septième volume, suggérant qu'il craignait que les administrateurs et le comité de rédaction ne découvrent ses plans et n'insistent pour que le volume soit édité par le comité de rédaction[102]. Il est également mentionné que le volume a été publié sous le copyright de l'Association du pupitre du peuple plutôt que de la Société Watch Tower, et que les fonds pour sa publication n'ont pas été fournis par la Société Watch Tower, mais détournés à cet effet[103].
Questions sur la charte de la Société
Ce segment aborde les aspects juridiques et administratifs de la charte de la Watch Tower Bible and Tract Society, en mettant en lumière des pratiques contestées par les auteurs du document. La publication interroge les actionnaires sur la légitimité des procédures électorales et la conformité des actions de la direction avec les statuts de l'organisation.
La charte de la Société est présentée comme un document juridiquement solide, mais les auteurs soulignent que son interprétation par Joseph Franklin Rutherford et ses associés en limite l'application. Par exemple, il est rappelé que les administrateurs (directeurs) sont élus à vie, sauf démission ou révocation par une majorité des deux tiers des actionnaires[104]. Cette disposition, initialement conçue pour assurer la stabilité de la gouvernance, est utilisée pour justifier l'exclusion de certains administrateurs, comme les quatre directeurs destitués en 1917. Les auteurs dénoncent cette pratique comme une violation des principes de transparence et de démocratie interne, affirmant que Rutherford manipule les règles pour consolider son pouvoir.
Un autre point critique concerne les procurations (proxy forms) utilisées lors des élections annuelles. Le document révèle que les formulaires de procuration distribués pour l'élection de 1917 diffèrent de ceux des années précédentes et sont conçus pour exclure les actionnaires qui ne soutiennent pas la direction actuelle[105]. Cette stratégie est présentée comme une tentative de museler l'opposition et de garantir une réélection sans contestation. Les auteurs soulignent également que des procurations ont été envoyées à des personnes connues pour être hostiles à la vérité, simplement parce qu'elles avaient contribué financièrement à la Société dans le passé, tandis que des partisans fidèles de la doctrine sont exclus sous prétexte qu'ils ne soutiennent pas la gestion interne de Rutherford, Van Amburgh et Macmillan.
La publication remet en question la légalité de ces pratiques en citant des extraits de la charte. Par exemple, il est rappelé que les actions de vote sont « non-forfaitables » et ne peuvent être retirées aux actionnaires, même en cas de désaccord avec la direction[106]. Les auteurs accusent Rutherford de chercher à contourner cette disposition pour imposer son contrôle sur la Société. Ils citent également des avis juridiques émanant de treize avocats, dont des assistants des procureurs généraux de Pennsylvanie et du New Jersey, qui estiment que la destitution des quatre directeurs est non seulement moralement répréhensible, mais aussi illégale[107].
Enfin, le document évoque les déclarations publiques de Rutherford, qui aurait affirmé que la charte de la Société était le « meilleur document de ce genre » qu'il ait jamais vu. Les auteurs ironisent sur cette affirmation, soulignant que Rutherford lui-même en viole les principes fondamentaux pour servir ses intérêts personnels.
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Questions sur le conseil d'administration
Cette section se concentre sur les tensions au sein du conseil d'administration de la Watch Tower Bible and Tract Society et sur les méthodes employées par Joseph Franklin Rutherford pour en prendre le contrôle. Les auteurs du document exposent une série de questions visant à démontrer que Rutherford a usurpé l'autorité du conseil pour imposer sa vision personnelle de la gouvernance.
Les auteurs rappellent que Charles Taze Russell, fondateur de la Société, avait toujours veillé à ce que le conseil d'administration reflète la volonté collective des actionnaires et des fidèles. Ils soulignent que Russell nommait des administrateurs qui partageaient sa vision, et que ces derniers étaient systématiquement réélus par les actionnaires[108]. En revanche, Rutherford est accusé d'avoir manipulé les statuts pour écarter les administrateurs qui s'opposaient à ses méthodes. Par exemple, la destitution des quatre directeurs en 1917 est présentée comme une manœuvre illégale, car elle aurait rendu vacante la position de Rutherford lui-même, le rendant inéligible à la présidence et invalidant son élection[109].
Le document révèle également que Rutherford a tenté de contourner l'autorité du conseil en créant un « comité consultatif » (Advisory Committee) chargé de le conseiller, mais dont la composition était contrôlée par lui et ses alliés, Van Amburgh et Macmillan. Les auteurs soulignent que cette initiative visait à priver le conseil de son pouvoir de contrôle sur la gestion de la Société. Ils citent un extrait de la brochure Light After Darkness (1917), qui confirme que le conflit entre Rutherford et le comité des résolutions portait précisément sur la création de ce comité consultatif[110].
Les auteurs dénoncent également le manque de transparence financière sous la présidence de Rutherford. Ils affirment que le conseil d'administration n'a pas été informé des rapports financiers de la Société, et que Rutherford a déclaré à plusieurs reprises que ces questions « ne regardaient pas le conseil »[111]. Cette attitude est présentée comme une violation des principes de bonne gouvernance et une preuve supplémentaire de la volonté de Rutherford de centraliser le pouvoir entre ses mains.
Un autre point critique concerne les résolutions adoptées en janvier 1917, qui ont renforcé les pouvoirs de Rutherford. Les auteurs révèlent que ces résolutions ont été préparées en secret par Rutherford et Van Amburgh, sans consultation préalable des autres membres du comité exécutif, notamment Alfred I. Ritchie, alors vice-président. Ils soulignent que Ritchie n'a jamais soutenu ces résolutions et ne les a pas transmises au comité des résolutions, contrairement à ce qu'affirme Rutherford[112]. Cette manipulation est présentée comme une preuve supplémentaire de la volonté de Rutherford de contrôler la Société sans opposition.
Enfin, les auteurs s'interrogent sur les motivations réelles de Rutherford. Ils suggèrent que ses actions visent à transformer la Société en une organisation hiérarchisée, où le président détient un pouvoir absolu, à l'image des structures ecclésiastiques traditionnelles. Ils soulignent que cette vision est en contradiction avec les principes démocratiques et collégiaux défendus par Russell, et qu'elle risque de nuire à la réputation de la Société auprès des fidèles et du public.
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Questions sur la volonté de Russell et la gestion actuelle
Cette section aborde deux thèmes centraux : le respect de la volonté de Charles Taze Russell et les conséquences des actions de Joseph Franklin Rutherford sur la gestion de la Watch Tower Bible and Tract Society. Les auteurs du document cherchent à démontrer que Rutherford a trahi les intentions de Russell et a instauré un climat de confusion et de division au sein de l'organisation.
Les auteurs rappellent que Russell a légué à la Société des actifs importants, notamment les droits d'auteur des Études dans les Écritures et la gestion de la revue The Watch Tower, avec pour instruction explicite que ces biens soient administrés selon ses directives et ses souhaits après sa mort[113]. Ils soulignent que Russell a investi plus d'argent dans la Société que tous les autres contributeurs réunis au cours des vingt-quatre années précédant sa mort, et que sa volonté devait donc être respectée scrupuleusement. Cependant, les auteurs affirment que Rutherford a ignoré ces instructions en écartant plusieurs membres du comité éditorial nommé par Russell dans son testament.
Le document révèle que seul un des cinq membres désignés par Russell dans son testament pour former le comité éditorial est encore en fonction. Les auteurs soulignent que Rutherford a également ignoré les noms de cinq autres frères, considérés par Russell comme les plus aptes à remplacer les membres décédés ou démissionnaires du comité[114]. Parmi ces exclus, figure notamment le frère Hirsh, qui, bien que mentionné dans The Watch Tower comme membre du comité éditorial, n'a pas été autorisé à exercer ses fonctions depuis plusieurs mois. Les auteurs dénoncent cette situation comme une violation flagrante de la volonté de Russell et une preuve de la volonté de Rutherford de contrôler tous les aspects de la Société.
Un autre point critique concerne les accusations portées contre les administrateurs destitués. Les auteurs révèlent que Rutherford a publié des déclarations sous serment (affidavits) pour discréditer ces derniers, encourageant ainsi les fidèles à violer les enseignements bibliques qui interdisent aux frères de prêter serment les uns envers les autres[115]. Cette pratique est présentée comme une tentative de manipuler l'opinion des fidèles et de légitimer la destitution des directeurs.
Les auteurs s'interrogent également sur l'utilisation des ressources financières de la Société. Ils affirment que Rutherford a déclaré que la Société recevait en moyenne mille dollars par jour pour son œuvre, mais que personne, y compris les administrateurs, ne sait comment cet argent est utilisé[116]. Cette opacité financière est présentée comme une preuve supplémentaire du manque de transparence de la direction actuelle. Les auteurs soulignent que certains fidèles ont été expulsés du siège de la Société (Bethel) avec seulement quelques heures pour trouver un logement et de la nourriture, ce qui témoigne d'un climat de peur et d'arbitraire.
Enfin, le document aborde la question de la gouvernance ecclésiale. Les auteurs dénoncent les tentatives de Rutherford de créer une hiérarchie au sein de l'organisation, en s'appuyant sur des méthodes similaires à celles de l'Église catholique. Par exemple, ils révèlent que Rutherford a suggéré que les pèlerins (Pilgrims) soient automatiquement considérés comme des anciens (Elders) dans toutes les congrégations, sans nécessiter d'élection locale[117]. Cette proposition est présentée comme une violation des principes démocratiques défendus par Russell et une tentative de centraliser le pouvoir entre les mains de Rutherford et de ses alliés.
Les auteurs concluent en appelant les actionnaires à réfléchir aux conséquences de ces actions. Ils soulignent que Rutherford, en si peu de temps après son élection, a plongé l'organisation dans un état de confusion et de division, et qu'il n'est donc pas apte à occuper la présidence. Ils invitent les fidèles à ne pas soutenir ces pratiques et à exiger le respect des principes de transparence, de collégialité et de fidélité à la volonté de Russell.
Contenu
Questions sur la gestion éditoriale et les engagements non tenus
Cette série de questions met en cause la gestion éditoriale de la revue La Tour de Garde et le respect des volontés de Charles Taze Russell après sa mort. La publication interroge les actionnaires sur plusieurs points litigieux concernant la composition des comités et les modifications apportées aux publications[118].
Il est demandé si les nouveaux volontaires du Bulletin du Service de la Bonne Nouvelle (B.S.M.) ont été constitués de réimpressions des sermons de Russell, comme il l'avait demandé, ou s'ils ont été remplis par des articles de Joseph Franklin Rutherford. La publication souligne que le premier numéro de l'année a été composé de deux articles de Rutherford, et non de ceux de Russell. Elle mentionne également que l'article de Russell intitulé « Justice » a été retiré d'un numéro de Le Monde en feu pour être remplacé par un texte de Rutherford, laissant même une phrase inachevée de Russell[119].
La gestion du comité éditorial est également critiquée. La publication relève que la liste des membres du comité éditorial publiée dans La Tour de Garde n'a jamais été exacte, citant des exemples comme Fredrik Homer Robison, dont le nom est resté malgré son exclusion, ou George H. Fisher, qui réside à plus de cent miles du siège. Elle questionne aussi le fait que Robert Hirsh n'a jamais été jugé pour les accusations portées contre lui, bien qu'un délai de 60 jours ait été fixé pour son procès[120].
Enfin, la publication s'interroge sur l'établissement d'une hiérarchie au sein de la Société, contraire aux principes de Russell, et sur l'influence croissante de la People’s Pulpit Association sur la Watch Tower Bible and Tract Society depuis la mort de ce dernier[121].
Questions sur la gestion financière et les controverses internes
Cette section aborde les controverses internes et les dépenses accrues sous la direction de Rutherford. La publication affirme que les intérêts de la Vérité auraient été mieux servis si les volontés et les méthodes de Russell, exprimées dans la charte de la Société et son testament, avaient été respectées. Elle critique la gestion actuelle pour avoir engendré des divisions au sein de l'Église et pour avoir remplacé les principes de justice et d'amour par des politiques d'opportunisme et de favoritisme[122].
La publication souligne que les dépenses accrues en temps, en argent et en main-d'œuvre sont dues à plusieurs facteurs, notamment la mort de Russell, les changements inutiles dans les méthodes de travail qu'il avait établies, la publication du volume 7 des Études dans les Écritures, la diffusion de « Moissons et Soupçons » (qui a semé la confusion et la détresse), la recherche d'approbation pour la gestion actuelle, une série sans précédent de conventions visant à promouvoir la réélection de Rutherford, et les préparatifs pour l'élection à venir, qui devraient entraîner un volume de correspondance sans précédent[123].
Elle mentionne également que, bien que la Société ait été créée pour poursuivre l'œuvre de Russell, presque toutes les branches de travail qu'il avait mises en place ont été soit réduites, soit éliminées sous la direction actuelle. La publication s'interroge sur la légitimité de ces actions, notamment en ce qui concerne le respect des engagements pris envers Russell avant qu'il ne fasse don de ses biens à la Société[124].
Enfin, elle évoque la possibilité que le soutien apporté à Rutherford par les amis de la Vérité, malgré ses actions, soit interprété par ce dernier comme une approbation de ses actes et un encouragement à continuer de mépriser ses obligations envers Russell[125].
Avis juridique d'un membre du barreau de Philadelphie
Cette section reproduit un avis juridique émis par J. Fithian Tatem, membre du barreau de Philadelphie, concernant des questions légales liées à la gestion de la Watch Tower Bible and Tract Society. Cet avis a été sollicité pour éclairer les actionnaires sur la validité des actions entreprises par la direction actuelle, notamment en réponse à l'opinion juridique précédemment obtenue par Rutherford[126].
L'avis juridique aborde plusieurs points clés. Tout d'abord, il confirme qu'une corporation légalement constituée dans un État peut exercer ses activités dans un autre État, sauf si cela est expressément interdit par les lois de ce dernier. Il précise que les lois de Pennsylvanie, État où la Société est enregistrée, n'imposent pas une telle restriction[127].
Ensuite, il explique que les réunions du conseil d'administration peuvent se tenir en dehors de l'État de constitution de la corporation, sauf si la charte ou une loi l'interdit expressément. Il cite une loi de Pennsylvanie qui autorise explicitement les réunions des administrateurs en dehors de l'État, à condition que l'élection annuelle des dirigeants ait lieu en Pennsylvanie[128].
L'avis souligne également que l'exigence selon laquelle trois des fondateurs doivent être citoyens de Pennsylvanie ne s'applique qu'à la création de la corporation et non à la composition permanente du conseil d'administration. Il précise que les administrateurs en fonction continuent d'exercer leurs pouvoirs et obligations jusqu'à l'élection de leurs successeurs, même après la fin de leur mandat officiel[129].
Enfin, l'avis juridique aborde la question des procurations pour les votes lors des assemblées des actionnaires. Il indique que, en l'absence de règlements internes spécifiques, les actions peuvent être transférées jusqu'à la date de l'assemblée, et les procurations présentées à cette date peuvent être votées. Il rappelle que, selon la loi de Pennsylvanie, une procuration est invalide si elle date de plus de deux mois avant l'assemblée et doit être signée en présence d'un témoin[130].
Déclaration des rédacteurs
Cette section présente une déclaration des rédacteurs de la publication, qui affirment avoir préparé ce document avec le plus grand soin pour garantir l'exactitude des informations présentées. Ils soulignent que les questions intitulées « Savez-vous que... » ont été rédigées par un grand nombre de membres bien informés de la congrégation de New York, qui attestent de la véracité des affirmations contenues dans ces interrogations[131].
Les rédacteurs précisent que la préface du document n'a pas été écrite par eux et qu'ils n'en avaient pas connaissance avant sa publication. Ils mentionnent également que les questions juridiques soulevées par Rutherford dans cette controverse ont été prises en charge par Frederick H. McGee, un avocat bien connu des amis de la Vérité. McGee, qui fait partie de l'équipe juridique du procureur général de l'État du New Jersey, a émis un avis sur les questions légales soulevées par Rutherford, avis qui a été corroboré par douze autres avocats, dont deux de Pennsylvanie, État où la charte de la Société a été émise[132].
Les rédacteurs expriment leur absence de plaisir à pointer les erreurs commises dans la gestion de la Société au cours de l'année écoulée, mais ils estiment nécessaire de le faire en raison des enjeux soulevés par Rutherford et largement diffusés. Ils affirment que les informations fournies dans « Moissons et Soupçons » sont souvent éloignées de la vérité et laissent les amis de la Vérité sous une fausse impression, voire une « forte illusion »[133].
Appel à une médiation et conclusion
Cette section conclut le document en réaffirmant que les rédacteurs estiment avoir accompli leur devoir en fournissant une information complète aux actionnaires et à tous les frères. Ils insistent sur le fait que la controverse en cours ne relève pas d'une question personnelle, mais touche à des principes de justice qu'ils ne peuvent ignorer[134].
La publication mentionne une lettre reçue juste avant l'impression, proposant de soumettre les questions en litige à l'examen de quinze actionnaires sages et impartiaux. Ces derniers seraient chargés de présenter les résultats de leurs investigations lors de l'assemblée des actionnaires en janvier. Les rédacteurs expriment leur soutien à cette proposition et expriment l'espoir que Rutherford adoptera le même point de vue. Ils précisent que plus de 150 membres de la congrégation de New York ont déjà signé cet appel, et que d'autres signatures auraient pu être obtenues si le temps l'avait permis[135].
Enfin, la publication fournit des informations pratiques concernant les procurations pour l'élection qui doit se tenir à Allegheny, en Pennsylvanie, le 5 janvier. Elle indique que les procurations peuvent être envoyées à plusieurs personnes, dont William J. Hollister, Frederick H. McGee, John L. Cooke et George L. Wiley. Les rédacteurs encouragent les actionnaires à assister personnellement à l'assemblée annuelle si possible, ou à envoyer leurs procurations par l'intermédiaire d'un membre de leur classe locale. Ils rappellent que toutes les informations relatives à la procuration doivent être dûment remplies pour être valides[136].
Illustrations du numéro
Références
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