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La Tour de Garde du 1er septembre 1940

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde du 1er septembre 1940
Revue La Tour de Garde
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Le cœur de ce numéro est occupé par le troisième volet d'une série consacrée aux « temps et saisons », qui développe une lecture eschatologique serrée de 1 Thessaloniciens 5:3 : la proclamation de « paix et sécurité » par les chefs religieux y est érigée en signal daté et identifiable, annonçant le déclenchement immédiat d'Harmaguédon. Autour de cette clef de lecture s'organisent des développements sur l'« acte étrange » de Jéhovah, sur le « travail d'enfantement » de la « chrétienté » et sur l'impossibilité, pour ses chefs, d'échapper au jugement.

La construction repose sur un usage typologique massif de l'Ancien Testament : Jérusalem et ses prêtres chez Jérémie, la belle-fille d'Éli à Silo, la coalition d'Ammon, de Moab et du mont Séir en 2 Chroniques 20:20-23, les oracles d'Amos sur les fugitifs introuvables, sont tous convertis en figures d'un événement présenté comme imminent. Cette exégèse s'accompagne d'une désignation nominale des adversaires — Hiérarchie catholique romaine, chefs protestants, rabbins juifs, dirigeants totalitaires dont Hitler est cité — rangés dans une même catégorie d'ennemis du « Gouvernement Théocratique ».

Le numéro fixe également un cadre chronologique explicite, articulant l'intronisation du Christ en 1914, la guerre de 1914-1918 comme « commencement des douleurs », le « trouble de Jacob » de 1917-1918 et la période ouverte en 1918, consacrée au rassemblement des « autres brebis ». La suppression annoncée de l'œuvre de témoignage y est interprétée non comme une défaite, mais comme l'indice que l'« œuvre étrange » touche à son terme — lecture qui transforme par avance toute interdiction subie en confirmation du calendrier prophétique.

Analyse

Croyances

L'ensemble de l'argumentation repose sur une chronologie posée comme acquise avant toute exégèse. L'intronisation du Christ en 1914 n'est pas démontrée dans ce numéro : elle est employée comme borne initiale des « temps et saisons », à partir de laquelle sont datés les actes manifestes des adversaires de la Théocratie.[1] Cette date résulte du calcul des Temps des Gentils sur 2 520 ans à partir de 607 avant notre ère, chronologie héritée de Russell et de Nelson Barbour qui attendaient de 1914 non l'intronisation céleste mais la fin de l'ordre terrestre existant ; le report de l'événement sur un plan invisible constitue une réinterprétation opérée après 1914 et consolidée dans les années 1920.[2] Le numéro superpose à cette borne un jeu de dates secondaires — les « douleurs de l'enfantement » identifiées à la Première Guerre mondiale, le « trouble de Jacob » situé en 1917-1918, la venue du Christ au temple en 1918, la prise de conscience de cette venue en 1922, le versement de la cinquième fiole en 1926 — qui forment un calendrier interne cohérent uniquement par renvoi mutuel.[3] La mention de 1917-1918 comme « trouble de Jacob » dont le peuple de l'alliance aurait été sauvé constitue une relecture théologique de l'emprisonnement de Rutherford et de sept dirigeants de la Société Watch Tower en 1918, épisode converti en accomplissement prophétique de Jérémie 30:6-7.[4]

Le parallélisme entre Salomon commençant les travaux du temple la quatrième année de son règne et Jésus offrant sa vie la quatrième année après son onction de 29 de notre ère, au printemps de 33, remplit une fonction méthodologique et non anecdotique : il valide rétrospectivement le procédé chronologique appliqué à la seconde venue.[5] Cette datation de l'onction en 29 et de la mort en 33 s'écarte de la chronologie russelliste antérieure, qui situait le baptême de Jésus à l'automne 29 et sa mort au printemps 33 dans le cadre d'une « moisson » de quarante ans ; elle est ici réemployée sans son appareil d'origine, comme simple preuve que la méthode fonctionne.[6] La chronologie précède donc l'exégèse et la commande : les textes ne servent pas à établir les dates, ils sont convoqués pour les illustrer.

Cette subordination des textes aux dates s'opère par une typologie systématique qui constitue, de fait, le principal outil doctrinal du numéro. Jérusalem vaut pour la « chrétienté », le temple de Salomon pour le temple spirituel, et des figures secondaires — Rachel mourant sur la route d'Éphrath, la belle-fille d'Éli expirant à l'annonce du désastre de Silo, la coalition d'Ammon, de Moab et du mont Séir s'entredétruisant — fournissent l'essentiel de l'appareil scripturaire.[7] Le procédé n'est pas neutre : une figure de l'Ancien Testament n'illustre pas une thèse, elle la prouve, puisque l'antitype est réputé contenu dans le type. L'usage de récits de mort en couches pour annoncer la destruction sans recours de la « chrétienté » opposée au salut du peuple de l'alliance montre que la sélection des types est commandée par la conclusion recherchée.[8] Appliquée à l'actualité, la même machine produit des identifications datées : la cinquième fiole d'Apocalypse 16:10-11 déversée en 1926 sur le « siège de la bête » explique rétrospectivement l'aveuglement du clergé, et Ésaïe 8:9-10 assimile en un seul objet de destruction la Société des Nations et les puissances totalitaires.[9] Cette condamnation de la Société des Nations prolonge la position exposée dès 1930 dans la brochure La Prohibition et la Société des Nations, où l'organisation internationale était déjà présentée comme une contrefaçon diabolique du Royaume.[10]

Le signe eschatologique central — la proclamation « Paix et sécurité » de 1 Thessaloniciens 5:3, appuyée sur la glose du grec aiphnidios — n'a de portée que par les proclamateurs qu'il désigne nommément : Hiérarchie catholique romaine, chefs protestants et rabbins juifs.[11] Un marqueur temporel se convertit ainsi en verdict sur un adversaire social identifié, lui-même désigné par Jérémie 6:13-15 comme cupide et faussaire, et voué selon Apocalypse 17:16-17 à être détruit par ses propres alliés politiques et commerciaux.[12] L'inclusion explicite des rabbins dans la liste des faux proclamateurs prolonge l'hostilité au judaïsme organisé exprimée depuis le milieu des années 1930 dans les publications de la Société, hostilité d'autant plus notable qu'elle coexiste avec la condamnation des régimes totalitaires.[13] La condamnation frappe donc simultanément le clergé catholique, le protestantisme, le judaïsme rabbinique et les États — ce que traduit la disqualification globale, dans l'article final, des monarchies, démocraties, aristocraties, papisme, fascisme, communisme et nazisme, rangés dans une même catégorie de gouvernements humains voués à disparaître.[14]

Le dénouement annoncé, Harmaguédon comme « acte étrange » de Jéhovah exécuté par le Christ selon Ésaïe 28:21, déplace l'enjeu du salut des hommes vers la vindication du nom divin.[15] Ce primat de la vindication sur la rédemption est le trait le plus constant de la théologie élaborée sous Rutherford depuis Vindication en 1931 : le sacrifice du Christ y perd son rôle central au profit de la démonstration publique de la souveraineté de Jéhovah.[16] Le dispositif se referme par Matthieu 24:14 : la suppression imminente et complète de l'œuvre de témoignage est annoncée comme le signal achevant l'« œuvre étrange », ce qui transforme la persécution en confirmation de la thèse.[17] En septembre 1940, cette affirmation coïncide avec les interdictions effectives frappant l'activité de prédication au Canada — proscrite en juillet 1940 — et en Australie, et avec la vague d'agressions consécutive aux décisions américaines sur le salut au drapeau ; l'événement historique est ainsi intégré au calendrier prophétique comme preuve de son exactitude, mécanisme d'autovalidation bien documenté dans l'étude des groupes millénaristes, où l'hostilité extérieure fonctionne comme ressource de cohésion plutôt que comme démenti.[18]

La destruction annoncée s'accompagne d'une hiérarchisation du salut qui distingue le « reste » oint, promis à l'enlèvement dans les nuées selon 1 Thessaloniciens 4:15-17, et les « autres brebis » constituant la « grande foule » d'Apocalypse 7:9-17, rassemblées depuis 1918.[19] Cette identification de la grande foule à une classe terrestre distincte des 144 000 est récente à la date de ce numéro : elle a été exposée à l'assemblée de Washington en mai 1935, renversant l'interprétation russelliste qui voyait dans la grande foule une classe céleste de second rang.[20] Sa présence ici, cinq ans plus tard, comme fondement de l'activité de prédication et de l'espérance terrestre des non-oints, montre que la doctrine est déjà pleinement intégrée au raisonnement eschatologique. Un élément demeure toutefois hésitant : la possibilité envisagée que des membres du reste survivent à Harmaguédon et demeurent sur terre au-delà de la bataille, formulation prudente qui laisse ouverte une question que l'article ne tranche pas.[21] La protection est en tout cas conditionnelle : le « lieu secret du Très-Haut », l'injonction d'Ésaïe 26:20 d'entrer dans ses chambres et la promesse d'être « cachés » de Sophonie 2:2-3 subordonnent explicitement la survie à la dévotion théocratique maintenue.[22]

Le revers de ce tri est le traitement théologique de ceux qui quittent le mouvement. La doctrine du « mauvais serviteur » appliquée à ceux qui, ayant fait alliance avec Dieu, se sont joints aux « religionistes » est ici construite sur un montage scripturaire singulier : Exode 22:2, qui autorise à tuer impunément le voleur surpris de nuit, Zacharie 5:1-4 et Psaumes 50:18-20 assimilant le complice du voleur au voleur lui-même.[23] L'ancien croyant n'est donc pas décrit comme égaré mais comme receleur : il a vu voler et n'a pas donné l'alarme. Cette théologisation de la dissidence intervient dans un contexte de ruptures récentes au sommet de l'organisation, celle de Walter Salter en 1937 et celle de l'avocat Olin Moyle qui quitta le Béthel en juillet 1939 après sa lettre de reproches adressée à Rutherford.[24] Symétriquement, l'accès à la vérité est encadré : 2 Timothée 2:15 fait de l'étude une condition d'approbation divine, mais cette étude se déroule dans les classes mentionnées comme bien fréquentées, c'est-à-dire sur les publications de la Société.[25] La production autorisée du sens et la sanction de la dissidence forment ainsi un même dispositif, articulation que la sociologie religieuse identifie comme caractéristique des groupes en forte tension avec leur environnement, où le monopole doctrinal et la sévérité disciplinaire se renforcent mutuellement.[26]

L'exposé des quatre titres d'Isaïe 9:6 constitue une des rares christologies développées pour elle-même dans la revue de cette période.[27] Sa formulation est doctrinalement notable : le Christ y est nommé « Dieu puissant » et « Père éternel » sans que ces titres soient assortis d'une mise en garde antitrinitaire, alors même que la Trinité est par ailleurs rejetée par le mouvement. Les titres sont neutralisés par leur glose fonctionnelle — « Dieu puissant » parce que toute puissance lui est confiée, « Père éternel » parce qu'il est le donneur de vie selon Romains 6:23 — qui les convertit en attributions déléguées plutôt qu'en qualités d'essence.[28] Cette christologie fonde la légitimité du roi intronisé et débouche sur l'eschatologie restauratrice du dernier article : paix perpétuelle, résurrection des morts selon Jean 5:25-30, fertilité de la terre selon Psaume 67:6.[29] Le rejet explicite du « New Deal » comme incapable d'apporter une prospérité durable, placé immédiatement avant ces promesses, indique la fonction de cette section finale : la violence annoncée d'Harmaguédon n'est intelligible, dans l'économie du discours, que comme condition d'accès à une restauration que nul programme politique humain ne saurait produire.[30]

Organisation et histoire

La répression étatique convertie en signe eschatologique

La suppression de l'œuvre de prédication occupe dans ce numéro une place qui ne relève pas de la spéculation abstraite : au moment où il paraît, les activités de la Watch Tower sont effectivement interdites ou entravées dans une partie de l'Europe. L'Allemagne avait proscrit les organisations des Témoins de Jéhovah dès 1933 au motif de leur refus du serment d'allégeance à l'État, et des centaines d'arrestations pour tenue de réunions religieuses interdites étaient intervenues à partir de 1935.[31] En France, le gouvernement avait interdit l'association avant l'entrée en guerre et ordonné l'évacuation des bureaux français de la Société Watch Tower.[32] C'est cette situation matérielle que l'article rend lisible autrement : la suppression du message du Royaume « dans presque toute la terre » et l'annonce d'une suppression imminente et complète de l'œuvre de témoignage ne sont pas présentées comme une défaite organisationnelle mais comme le signal achevant l'« œuvre étrange » de Jéhovah.[33] L'entrave administrative devient ainsi une donnée du calendrier divin, et non un problème de gestion.

L'emprisonnement des fidèles, mentionné en conclusion du numéro comme un fait établi — beaucoup de témoins de Jéhovah « croupissent derrière les barreaux des diverses nations » —, fonctionne selon la même logique : il est cité non comme un obstacle mais comme la conséquence attendue de la fidélité au message.[34] Les données disponibles confirment la réalité de cette répression au moment précis de la publication : entre 1940 et 1946, plus de 4 000 Témoins furent condamnés et emprisonnés aux États-Unis après le refus de leurs demandes par les conseils de conscription et les tribunaux fédéraux[35], tandis que la période 1933-1951 totalise 18 866 arrestations et environ 1 500 épisodes de violence collective sur le seul territoire américain.[36] L'année 1940 elle-même est marquée par la décision Minersville School District c. Gobitis du 3 juin, qui valide par huit voix contre une l'obligation du salut au drapeau scolaire et déclenche une vague d'agressions à travers le pays, dont le rassemblement de quinze cents à dix-sept cents personnes devant une Salle du Royaume de Saco, dans le Maine, alors que des Témoins y préparaient la diffusion d'une conférence enregistrée.[37]

L'affirmation selon laquelle l'occasion d'un témoignage mondial serait « en voie de se fermer » tire les conséquences opérationnelles de ce constat.[38] Elle s'inscrit dans une série continue d'annonces d'imminence : la Société avait déclaré en 1939 que la bataille du grand jour était très proche, et de mai 1940 au printemps 1943 elle multiplie les formulations de ce type.[39] Le sociologue Bryan R. Wilson a analysé ce type de configuration en soutenant qu'une secte prêchant le salut par l'extraction de l'individu hors du monde extérieur, catégorie où il range explicitement les Témoins de Jéhovah, ne peut évoluer vers le statut de dénomination sans perdre sa nature même : l'hostilité de l'État ne constitue pas pour elle une anomalie à corriger mais une confirmation de la frontière qu'elle a elle-même posée.[40] Roy Wallis a formalisé la même opposition en distinguant les nouveaux mouvements religieux « d'affirmation du monde » de ceux « de rejet du monde », grille qui rend compte du refus de toute compromission avec les institutions extérieures que ce numéro exprime en désignant l'ensemble des gouvernements humains comme voués à disparaître.[41]

Une auto-périodisation légitimante : dates-repères et crise fondatrice

Ce numéro mobilise quatre jalons datés qui, pris ensemble, dessinent une chronologie officielle du mouvement : l'intronisation du Christ en 1914, la venue au temple en 1918, la prise de conscience de cette venue en 1922 et le déversement de la cinquième fiole sur le « siège de la bête » en 1926.[42] Ces dates ne sont pas de simples repères prophétiques : elles servent à périodiser l'histoire interne de l'organisation elle-même. La précision selon laquelle ce n'est qu'en 1922 que les fidèles apprirent que le Seigneur était venu au temple renvoie à l'assemblée de Cedar Point, tenue du 5 au 13 septembre 1922, où fut formulée cette compréhension rétrospective de 1918.[43] Le décalage de quatre ans ainsi assumé entre l'événement céleste et sa reconnaissance terrestre est fonctionnel : il autorise à faire d'un enseignement adopté tardivement la découverte d'une réalité antérieure, et transforme un tournant doctrinal en révélation progressive.

Le « trouble de Jacob » de 1917-1918, présenté comme une grande affliction dont le peuple de l'alliance fut sauvé, appartient à la même opération.[44] La période ainsi désignée correspond exactement à l'interdiction du Mystère accompli le 14 mars 1918, à la délivrance des mandats d'arrêt contre les dirigeants de la Société le 7 mai 1918, à leur condamnation à vingt ans de détention le 21 juin et à leur libération le 26 mars 1919. La doctrine watch-towerienne a ultérieurement codifié cet épisode sous le nom de « captivité babylonienne » courant de 1914 à 1918 et culminant avec l'emprisonnement des directeurs.[45] Ce numéro convoque l'épisode non pour en faire le récit, mais comme terme de comparaison minorant : les épreuves de 1917-1918 sont déclarées bien moins terribles que le trouble d'Harmaguédon à venir. La crise qui faillit détruire l'organisation devient ainsi un précédent rassurant, la preuve que Jéhovah sauve son peuple des affres qu'il traverse — et le contraste avec la « chrétienté », promise à mourir sans espoir d'être ranimée, achève de convertir l'épreuve subie en marque d'élection.[46]

Le « mauvais serviteur » et la disqualification des dissidents

Le développement consacré au « mauvais serviteur » désigne une catégorie précise : ceux qui firent autrefois alliance avec Dieu, violèrent cet engagement en se tournant vers le monde et rejoignirent les religionistes pour s'opposer au Gouvernement Théocratique.[47] Ce ne sont donc ni des étrangers ni des adversaires politiques, mais d'anciens membres, décrits comme jadis éclairés puis devenus infidèles, complices du vol de la dévotion des peuples à Jéhovah.[48] La catégorie a un référent historique identifiable : les scissions déclenchées en 1917 par le remplacement contesté de quatre directeurs et par la publication du Mystère accompli en juillet 1917 aboutirent dès 1918 à la formation de la Stand Fast Bible Students Association, du Pastoral Bible Institute — constitué lors d'une réunion de novembre 1918, avec un premier numéro du Herald of Christ's Kingdom en décembre — et du Laymen's Home Missionary Movement de Paul Johnson.[49] L'hémorragie fut massive : jusqu'aux trois quarts des quelque cinquante mille étudiants de la Bible associés en 1917 avaient quitté le mouvement en 1931.[50]

La dissidence n'était pas seulement ancienne au moment où paraît ce numéro. Le conflit avec Olin Moyle, avocat de la Société, s'était ouvert par sa lettre de démission du 21 juillet 1939 dénonçant les conditions de vie au Béthel et la conduite de Rutherford, et avait donné lieu à une riposte publiée dans l'édition du 15 octobre 1939 de la revue, qui l'assimilait à Judas avant son exclusion et l'engagement d'une procédure en diffamation encore pendante. La rubrique du « mauvais serviteur » fournit dans ce contexte le portrait-type de l'apostat, appuyé sur Matthieu 24:48 et son « mon maître tarde », et sur le Psaume cité ici même à l'adresse de ceux qui courent avec le voleur.[51] L'assimilation du dissident au voleur nocturne que la loi de Exode 22:2 permet de tuer impunément n'est pas une image neutre : elle place la contestation interne du côté du crime capital et rend toute critique formulée depuis l'intérieur assimilable à une trahison eschatologique. Bryan Wilson, qui a plaidé pour une approche des sectes comme entités sociales analysables indépendamment de leurs prétentions théologiques, a montré par le suivi des liens de parenté et des rythmes de croissance que les Témoins de Jéhovah ne relèvent pas de la catégorie des mouvements éphémères d'une seule génération — ce qui suppose précisément des mécanismes durables de contrôle des frontières du groupe comme celui déployé ici.[52][53]

L'injonction au service comme réponse à la clôture

La conséquence pratique tirée de la fermeture annoncée du témoignage mondial est l'inverse d'un repli : le constat que l'occasion se referme est immédiatement suivi de la précision qu'il ne constitue une excuse pour aucun des consacrés de s'endormir ou d'être indifférent, chacun devant rester vigilant quant à ses « privilèges de service » et le remplir selon ses possibilités.[54] La contrainte extérieure est ainsi convertie en argument d'intensification de l'activité individuelle. Cette exhortation s'adresse à une structure qui, depuis le début des années 1930, a supprimé l'élection des anciens par les congrégations — décision publiée dans les numéros des 15 août et 1er septembre 1932 au motif que cette charge n'était pas scripturaire — et transféré à Brooklyn la nomination des responsables locaux, tout en encadrant le service de terrain par des rapports hebdomadaires, des quotas et des campagnes diffusés par le bulletin interne The Informant.[55]

La mention des classes d'étude « maintenues et bien fréquentées » par ceux qui aiment le Gouvernement Théocratique relève du même dispositif : la fréquentation est citée comme indicateur de loyauté collective, à un moment où les réunions publiques sont précisément ce que les interdictions étatiques visent.[56] Le vocabulaire militaire de la section « Exhortation » — cuirasse, casque, résistance à la stupeur — donne à l'engagement individuel une forme mesurable, la cuirasse étant explicitement identifiée à la dévotion totale du cœur à la Théocratie.[57] L'imminence proclamée ne fonctionne donc pas seulement comme espérance : elle sert de justification à l'intensification du service au moment même où celui-ci devient le plus coûteux pour ceux qui l'accomplissent.

Contenu

« Les temps et les saisons » — Partie 3

Cet article, troisième volet d'une série consacrée aux « temps et saisons », s'ouvre sur Psaumes 2:9 : « Tu les briseras avec une verge de fer ; tu les mettras en pièces comme un vase de potier ». Jéhovah « le Grand Théocrate » est présenté comme ayant intronisé le roi Christ Jésus, à qui toutes les nations de la terre ont été données en possession.[58] Le roi est décrit comme ayant reçu mission d'agir contre ceux qui ont conspiré contre les témoins oints de Jéhovah, diligents à rendre témoignage au nom de Jéhovah et à son gouvernement théocratique — vérités que le deuxième psaume est réputé énoncer clairement.[59]

Les « religionistes » et les totalitaires sont présentés comme ayant non seulement conspiré contre la Théocratie, mais aussi commis de nombreux actes manifestes contre les représentants de Jéhovah « dans le cadre des "temps et saisons", c'est-à-dire depuis l'intronisation du Christ Jésus en 1914 jusqu'à l'heure présente ».[60] Ces adversaires auraient supprimé le message du Royaume dans presque toute la terre, et la suppression imminente et complète de l'œuvre de témoignage est annoncée comme le signal qui achèvera l'« œuvre étrange » de Jéhovah.[61] C'est à ce moment que les « religionistes » et leurs alliés proclameront « paix et sécurité », ce qui constituera le « signe » positif qu'Harmaguédon est sur le point de se déchaîner.[62]

L'apôtre Paul est invoqué pour annoncer aux serviteurs fidèles de Dieu ce à quoi ils doivent s'attendre : lorsqu'ils verront ce signe — la proclamation de paix et de sécurité par les religionistes et leurs alliés — « alors la destruction soudaine viendra sur eux », pareille à un coup de tonnerre dans un ciel serein.[63] Le terme grec aiphnidios, traduit par « soudain », est glosé comme signifiant « non apparent à la surface extérieure des choses »: sous l'emprise des démons et donc dans les ténèbres quant au dessein de Dieu, les opposants au gouvernement théocratique seront pris complètement au dépourvu.[64] Les paroles de Jésus en Luc 21:34-36 et en Marc 13:35-37 sont citées en appui, exhortant à la vigilance et à la prière pour mériter d'échapper à tout ce qui doit arriver.[65]

« Ils sauront »

Fondée sur plusieurs versets du livre d'Ézéchiel (Ézéchiel 35:15 ; Ézéchiel 36:38 ; Ézéchiel 38:23 ; Ézéchiel 39:7), la conviction est affirmée que les conspirateurs, au moment de leur destruction, reconnaîtront qu'il s'agit de l'exécution du jugement du Dieu Tout-Puissant contre eux.[66] Les religionistes n'auraient pu proclamer « paix et sécurité » sans la coopération des éléments politiques, commerciaux et judiciaires de l'organisation visible de Satan ; ensemble, ils prendront des mesures audacieuses contre les témoins de Jéhovah.[67]

La « destruction soudaine » qui procède de Jéhovah est désignée, d'après Ésaïe 28:21, comme « son acte, son acte étrange », et son exécution est confiée au Christ Jésus en vertu de l'autorité reçue selon Jean 5:27.[68] Le passage de 2 Thessaloniciens 1:7-10 est longuement cité pour décrire la révélation du Seigneur Jésus depuis le ciel avec ses anges puissants, en feu flamboyant, tirant vengeance de ceux qui ne connaissent pas Dieu.[69] Harmaguédon, une fois commencé, est annoncé comme devant se poursuivre jusqu'à la destruction complète de toute l'organisation de Satan, en s'appuyant sur Matthieu 24:21 : « il y aura alors une grande tribulation, telle qu'il n'y en a pas eu depuis le commencement du monde jusqu'à maintenant, et telle qu'il n'y en aura plus ».[70]

Il est raisonné que Jéhovah provoquera une démonstration surnaturelle frappant de terreur les esprits des politiciens et des éléments commerciaux de l'humanité, les amenant à réaliser qu'ils ont été lamentablement trompés par les pronostics du clergé ; ils se retourneront alors soudainement contre leurs chefs religieux et les détruiront, renversant ainsi la vieille « prostituée » de leurs épaules, selon Apocalypse 17:16-17.[71] L'épisode biblique où Ammon, Moab et le mont Séir marchèrent ensemble contre le peuple de l'alliance à Jérusalem, avant de se détruire mutuellement, est cité en 2 Chroniques 20:20-23 comme figure prophétique de ce qui s'apprête à s'abattre sur la « chrétienté ».[72]

Les fanfarons

Les Écritures sont déclarées comme enseignant que ce sont les chefs religieux qui, les premiers, commencent à se vanter et à proclamer « paix et sécurité », avant que « la destruction ne s'abatte instantanément sur eux » selon la traduction Moffatt.[73] La Hiérarchie catholique romaine, les chefs protestants, les rabbins juifs et tous les grands chefs religieux semblables sont expressément désignés comme appartenant à cette classe qui se dit entre elle « Tout va bien maintenant ; nous avons les choses comme nous le souhaitons ».[74]

Jérusalem est présentée comme un type de la « chrétienté », et ce que Dieu fit déclarer par son prophète Jérémie concernant Jérusalem et ses prêtres et prophètes est jugé s'appliquer désormais avec plus de force encore à la réalité — les prêtres et prophètes de la « chrétienté » — en s'appuyant sur Jérémie 6:13-15 : « du plus petit jusqu'au plus grand, chacun est adonné à la cupidité ; du prophète au prêtre, chacun agit faussement ».[75] Il est précisé que le but de ces mises en garde n'est pas de tourner des individus en ridicule, mais « d'attirer l'attention sur ce que Jéhovah Dieu a déclaré il y a longtemps et ce qu'il est certain d'accomplir pleinement dans un avenir très proche », au profit des personnes de bonne volonté envers Dieu.[76]

Le travail d'enfantement

La Première Guerre mondiale est présentée comme ayant fait peser sur la « chrétienté » des douleurs semblables aux premiers travaux d'enfantement, selon la parole de Jésus en Matthieu 24:8 et Marc 13:8 : « Tout cela est le commencement des douleurs ».[77] La guerre aurait duré quatre ans avant que le Seigneur n'en abrège les douleurs, afin que « cet évangile du Royaume » fût prêché avant la fin ultime, conformément à Matthieu 24:14 et Matthieu 24:21-22.[78] La période de 1918 jusqu'à Harmaguédon est décrite comme le temps où le Seigneur utilise ses témoins pour rassembler ses « autres brebis » devant former la « grande foule » de Apocalypse 7:9-17.[79]

Le trouble d'Harmaguédon, lorsqu'il commencera, est annoncé comme devant ressembler aux « douleurs d'une femme en travail », bien plus terribles que les épreuves du « trouble de Jacob » de 1917-1918.[80] Le peuple de l'alliance de Dieu sur terre, figuré par « Jacob », aurait traversé alors une grande affliction mais en aurait été sauvé, selon Jérémie 30:6-7.[81] À l'inverse, la « chrétienté » n'est pas destinée à être sauvée de son prochain grand trouble : elle mourra sans espoir d'être jamais ranimée, à l'image de la belle-fille d'Éli en 1 Samuel 4:19-20, qui mourut en apprenant le désastre de la bataille de Silo.[82]

La naissance douloureuse de Rachel à la route d'Éphrath (Genèse 35:16-18) est également citée comme figure prophétique, et l'épisode de 1 Samuel est présenté comme « une image de l'"acte étrange" de Jéhovah ».[83] À Harmaguédon, il n'y aura pas de « sommeil crépusculaire » pour engourdir les douleurs de la « chrétienté » ; ses souffrances s'achèveront dans sa destruction complète, et « ils n'échapperont pas », selon 1 Thessaloniciens 5:3, avec la double négation grecque traduite dans la Version Révisée et par Rotherham comme : « En aucune façon ils n'échapperont ».[84]

L'ensemble des dirigeants totalitaires et des partisans des religions sont désignés comme ennemis du « Gouvernement Théocratique » : « Harmaguédon sera un nettoyage de tout ce qui s'est opposé à Jéhovah dans l'établissement de son gouvernement de justice ».[85] Le Psaume Psaumes 21:8 est cité en assurance que la main du Seigneur retrouvera tous ses ennemis. Les pasteurs des diverses organisations religieuses, ayant fait des personnalités politiques et commerciales les principaux de leurs troupeaux, sont visés par la parole de Jérémie en Jérémie 25:35 : « les bergers n'auront aucun moyen de fuir, ni les principaux du troupeau d'échapper ».[86]

Un long passage d'Amos 9:1-4 est ensuite cité dans son intégralité, décrivant le Seigneur frappant le linteau du sanctuaire et poursuivant les fugitifs jusque dans le séol, les cieux, le sommet du Carmel, le fond de la mer ou en captivité — sans qu'aucun n'échappe.[87] Le passage d'Amos 2:14-16 est également convoqué pour affirmer que les rapides, les forts, les archers et les cavaliers seront tous impuissants en ce jour.[88] Il est affirmé que ni Gog, ni Hitler, ni aucun autre dirigeant opposé à la Théocratie n'échappera à la colère du Dieu Tout-Puissant.[89]

La lumière

La promesse que « La lumière est semée pour les justes » (Psaumes 97:10-12) est présentée comme adressée à ceux qui font entièrement confiance à Jéhovah et se consacrent à la Théocratie.[90] L'ensemble du monde est déclaré sous l'emprise du méchant selon 1 Jean 5:19, tandis que les serviteurs fidèles ne font pas partie de ce monde mauvais selon Jean 15:19.[91] Une ténèbre couvre la terre et ses dirigeants conformément à Ésaïe 60:2, mais l'apôtre dit à ceux qui sont les serviteurs oints fidèles : « vous, frères, vous n'êtes pas dans les ténèbres, pour que ce jour vous surprenne comme un voleur » (1 Thessaloniciens 5:4).[92]

Ces paroles de l'apôtre sont appliquées au « reste » présent sur la terre, demeurant fidèle et ferme dans sa dévotion à Dieu — ceux qui, selon 1 Thessaloniciens 4:15-17, seront ravis ensemble dans les nuées pour rencontrer le Seigneur dans les airs.[93] Ceux qui sont avec le Seigneur dans le temple sont dans la lumière, et depuis la venue du Seigneur au temple, la lumière de Dieu brillant sur le Christ Jésus est réfléchie sur la « compagnie du temple » selon Apocalypse 11:19.[94] Tous ceux qui fuient vers l'organisation de Jéhovah sous le Christ reçoivent lumière et protection, à condition de demeurer fidèles dans leur dévotion à la Théocratie.[95]

C'est en 1926 que le Seigneur est présenté comme ayant commencé à déverser la cinquième fiole sur le « siège de la bête », selon Apocalypse 16:10-11 : « son royaume fut plongé dans les ténèbres, et ils se mordaient la langue à cause de la douleur ».[96] Les chefs religieux terrestres seraient dans les ténèbres depuis lors, continuant à blasphémer le nom de Jéhovah en prétendant gouverner la terre à la place du « grand Théocrate » par le Christ Jésus.[97]

Depuis 1918, le Christ Jésus, décrit comme le « Grand Serviteur Élu » de Jéhovah, est présenté comme ayant tiré les fidèles des ténèbres vers la pleine lumière et les ayant utilisés pour proclamer « cet évangile du Royaume ».[98] Les personnes dans les organisations religieuses désireuses de justice, ayant entendu et cru ce message du Royaume, auraient fui vers le Seigneur, selon Ésaïe 42:7 : « Pour ouvrir les yeux des aveugles, pour faire sortir du cachot les prisonniers et de la prison ceux qui habitent dans les ténèbres ».[99] Jusqu'en 1918, les pleinement consacrés étaient dans une large mesure tenus prisonniers par les religionistes ; puis, à la venue du Seigneur au temple, ils furent amenés des ténèbres à la merveilleuse lumière selon 1 Pierre 2:9 et Colossiens 1:13.[100]

Il est rappelé que ceux qui se trouvent dans la lumière et y demeurent ne douteront pas du dessein de Jéhovah ; aussi l'apôtre ajoute-t-il que le « jour du Seigneur » ne les surprendra pas comme un voleur.[101] C'est seulement en 1922 que ces fidèles apprirent que le Seigneur était venu à son temple, mais désormais, quand le « signe » se manifestera clairement — la proclamation de « paix et sécurité » par les religionistes suivie de la destruction soudaine —, « nul ne sera dans le doute, celui qui dit la vérité ».[102]

La pratique des voleurs — venir dans la nuit pour dérober — est appliquée aux opposants à la Théocratie : les chefs religieux et les principaux de leurs troupeaux tentent, dans l'obscurité, de voler aux gens leur dévotion, leur foi, leur adoration envers Dieu et de les conduire à suivre des hommes, lançant le cri de « Paix et sécurité ! », qui est qualifié de faux.[103] La loi de Dieu en Exode 22:2 est invoquée — le voleur surpris de nuit peut être tué impunément — puis les malédictions de Zacharie 5:1-4 sont citées pour illustrer le jugement qui frappera ceux qui volent et jurent faussement au nom de Jéhovah.[104]

Ce jugement est désigné comme s'appliquant aussi au « mauvais serviteur » : ceux qui firent autrefois alliance avec Dieu mais violèrent cet engagement en se tournant vers le monde, en rejoignant les religionistes pour s'opposer au Gouvernement Théocratique et en aidant à dérober la dévotion des peuples à Jéhovah.[105] Le Psaume Psaumes 50:18-20 est cité à leur adresse : « Quand tu voyais un voleur, tu courais avec lui, et tu t'associais aux adultères ».[106] Ceux qui furent jadis éclairés mais devinrent infidèles, s'associant aux religionistes, auraient observé ces derniers voler les peuples à la Théocratie et s'y seraient joints au lieu de donner l'alarme contre le voleur ; ils en seraient donc devenus complices, et la destruction soudaine s'abattra sur eux également.[107]

La section s'achève sur une exhortation : les membres du reste fidèle sont présentés comme « tous enfants de la lumière et enfants du jour » (1 Thessaloniciens 5:5), n'étant pas de la nuit ni des ténèbres.[108] Dieu est décrit comme lumière selon Jacques 1:17, et par Sion, son « femme » (organisation), il aurait engendré et reconnu comme ses fils les membres de la compagnie du temple, tous « enseignés de Dieu » selon Ésaïe 54:13 et Jean 6:46.[109]

Exhortation

Sous la rubrique « Exhortation », l'apôtre est présenté comme guidant le reste fidèle quant à la conduite à adopter, en citant 1 Thessaloniciens 5:6 : « Ne dormons donc pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres ».[110] Bien que l'occasion d'un témoignage mondial soit en voie de se fermer, cela n'est présenté comme une excuse pour aucun des consacrés de s'endormir ou d'être indifférent.[111] Tous les serviteurs de Dieu doivent être vigilants quant à leurs privilèges de service et le remplir selon leurs possibilités, attentifs également au fait que le Vengeur du nom de Jéhovah — Christ Jésus — dirige et fait avancer le dessein divin.[112]

La vigilance est décrite en termes militaires : il faut résister à la « stupeur » que produit le vin de la politique de Satan, tout en buvant librement le vin symbolique de la joie du Seigneur dans le Royaume.[113] Les fidèles, en tant qu'enfants du jour, sont invités à se revêtir de la cuirasse de la foi et de l'amour, et du casque de l'espérance du salut selon 1 Thessaloniciens 5:7-8.[114] La cuirasse symbolise la dévotion totale du cœur à la Théocratie ; le casque représente un esprit nourri de la Parole de Dieu, guidant correctement vers les choses de la Théocratie.[115] L'exhortation s'appuie sur 2 Timothée 2:15« Efforce-toi de te présenter approuvé devant Dieu ».[116]

La certitude de la victoire divine est affirmée : la vindication du nom de Jéhovah est déclarée certaine, ainsi que le salut de ceux qui lui demeurent fidèles.[117] Il est envisagé que ce salut puisse inclure la préservation d'une partie du reste à travers la bataille d'Armageddon, permettant à ces fidèles de demeurer sur terre au-delà de cet événement.[118] Les opposants volontaires à la Théocratie, désignés comme des « bêtes brutes, faites pour être détruites » selon 2 Pierre 2:12, sont déclarés voués à la destruction, tandis que la colère de Dieu n'est pas destinée aux fidèles, conformément à 1 Thessaloniciens 5:9-10.[119]

Réconfort

La section finale de l'article est consacrée au réconfort des serviteurs fidèles de Jéhovah sur terre.[120] Les paroles inspirées de l'apôtre, consignées de longue date, sont présentées comme expressément destinées aux fidèles vivant à cette époque de « temps périlleux ».[121] Ceux qui s'opposent à la Théocratie n'auraient aucune consolation possible : « comme le flot furieux du Jourdain en crue, ils se précipitent vers une mort certaine ».[122]

La mission de La Tour de Garde est rappelée : attirer l'attention sur les dispositions gracieuses de Jéhovah en faveur de ceux qui l'aiment et continuer à lancer l'avertissement à portée de ceux qui désirent apprendre la voie de la justice et de la vie.[123] Les fidèles encore dans le monde sont exhortés à se réconforter et s'édifier mutuellement en parlant ensemble des grandes vérités que Jéhovah révèle par le Christ Jésus.[124] Malgré la faiblesse inhérente à leur condition charnelle, ils sont déclarés forts dans le Seigneur s'ils s'appuient entièrement sur lui.[125]

Des classes d'étude sont mentionnées comme maintenues et bien fréquentées par ceux qui aiment le Gouvernement Théocratique.[126] L'horizon eschatologique est évoqué : depuis des siècles, les amoureux de la justice ont fondé leurs espoirs sur la Théocratie, lui témoignant de leur dévotion au prix de leur sang ; désormais « la grande Théocratie sous le Christ Roi est là, et son règne de justice durera éternellement ».[127]

Une vigilance constante est enjointe dans l'attente du « signe » précédant immédiatement la bataille du grand jour, en s'appuyant sur Ésaïe 26:3-4 : « Tu garderas dans une paix parfaite celui dont l'esprit s'appuie sur toi, parce qu'il se confie en toi ».[128] Quand ce signe apparaîtra clairement, la promesse de Ésaïe 26:20 est citée : « Viens, mon peuple, entre dans tes chambres, et ferme tes portes derrière toi ; cache-toi un instant, jusqu'à ce que la colère soit passée ».[129] L'article s'achève par une double citation d'encouragement tirée de Psaumes 2:12 et du Psaume 68:19 dans la version Rotherham : « Béni soit le Seigneur souverain ! chaque jour il nous charge de bienfaits ; Dieu lui-même est notre salut ».[130]

Le désir de toutes les nations

Cet article prend pour point de départ la prophétie de Aggée 2:7, prononcée il y a environ 2 500 ans : le « désir de toutes les nations » viendra et Jéhovah remplira sa maison de gloire.[131] Ce verset est interprété en lien avec les événements contemporains : depuis 1914, toutes les nations sont déclarées être « secouées », et le « désir de toutes les nations » serait venu au vrai temple.[132] Le Christ Jésus est désigné comme la « lumière de toutes les nations » au sens où les gens de bonne volonté le reconnaîtront comme représentant de Dieu ; il est venu au temple en qualité de vice-régent de Jéhovah Dieu, et est la « Semence » de la promesse selon Genèse 22:18.[133]

Il est affirmé que Jéhovah Dieu ne permettra pas aux nations de réaliser elles-mêmes leur propre paix et sécurité et de redresser leur situation, conformément à 1 Thessaloniciens 5:3.[134] L'agitation financière et politique s'intensifie chaque jour, les dirigeants du monde entier sont dans la perplexité et la détresse des peuples s'accroît.[135] L'ébranlement de l'organisation de Satan sur terre se poursuivra jusqu'à la destruction finale : rien de ce que Satan a fait et qui est sous son contrôle ne pourra subsister selon Hébreux 12:26-27, sauf ceux qui demeurent dans le « lieu secret du Très-Haut », sous la protection du Gouvernement Théocratique du Christ Jésus.[136]

L'article développe ensuite une longue comparaison entre le temple de Salomon et le « vrai temple » de Dieu. La destruction du temple d'Hérode à Jérusalem en 70 de notre ère est rappelée ; avant sa mort, Jésus avait chassé les marchands du temple en citant Matthieu 21:12-13.[137] Le premier temple de Salomon, dont la construction fut réalisée sans marteaux ni haches ni aucun outil de fer selon 1 Rois 6:7, est présenté comme préfiguration prophétique du vrai temple royal de Jéhovah, bâti de « pierres vivantes ».[138] Ces « pierres vivantes », désignant les fidèles membres de la compagnie du temple avec le Christ Jésus comme « Pierre Angulaire », sont citées d'après 1 Pierre 2:3-6 : « une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie de Dieu et précieuse ».[139]

Le Christ Jésus est désigné comme la « Pierre Maîtresse » ou « Pierre Angulaire » du temple royal de Jéhovah, à partir de Matthieu 21:42-44 : celui qui tombera sur cette pierre sera brisé, et celui sur qui elle tombera sera réduit en poudre.[140] Ce motif est rapproché d'Éphésiens 2:18-22 et appliqué aux fidèles membres de « son corps », l'Église.[141]

La venue du Christ Jésus au temple est décrite comme marquée d'abord par son apparition et le rassemblement de ses fidèles disciples. Ceux qui étaient morts avant sa venue et avaient été fidèles jusqu'à la mort seraient les premiers ressuscités et rassemblés à lui ; puis le reste — les fidèles encore en vie sur terre — serait rassemblé dans une unité de compréhension, de foi et d'action comme témoins de Jéhovah sous la direction du Christ Jésus, selon 2 Thessaloniciens 2:1.[142]

Un parallèle chronologique est tracé entre Salomon et Jésus : de même que Salomon fut intronisé et commença les travaux du temple la quatrième année de son règne, de même Jésus, oint de l'esprit de Dieu en 29 de notre ère, offrit sa vie comme Roi et Pierre Angulaire dans la quatrième année suivant son onction — soit au printemps de l'an 33 de notre ère — et fut rejeté puis mis à mort par les Juifs.[143] L'accomplissement plus grand et complet de cette prophétie est déclaré postérieur à la seconde venue du Seigneur Jésus Christ.[144] L'article se clôt en rappelant l'épisode de la dernière semaine avant la mort de Jésus : ses disciples lui parlaient du temple de Jérusalem, et il leur déclara selon Matthieu 24:2 qu'il n'y resterait pas pierre sur pierre.[145]

Bientôt la paix sans fin

La bataille d'Harmaguédon, déclarée imminente, est présentée comme devant frayer la voie à l'opération sans entraves du Gouvernement Théocratique glorieux. Toutes les formes de gouvernement humain — monarchies, démocraties, aristocraties, papisme, fascisme, communisme et nazisme — disparaîtront à Harmaguédon et seront bientôt oubliées.[146] Le gouvernement de justice de Dieu sous le Roi Christ Jésus exercera sa pleine autorité et dispensera d'innombrables bénédictions à tous ceux qui agissent justement.[147]

Le Christ Jésus, Messie et Fils bien-aimé de Dieu, fut envoyé sur terre il y a dix-neuf siècles pour proclamer la vérité concernant le nom et le gouvernement de Jéhovah. Mis à mort, il est désormais présenté comme revenu non plus en tant qu'être humain, mais en tant qu'esprit dans les cieux, investi de toute puissance au ciel et sur la terre, pour vindiqer le nom de son Père que la religion aurait défiguré, et pour gouverner le monde dans la justice. La prophétie d'Isaïe 9:6-7 est citée à son sujet : « le gouvernement sera sur son épaule ; et on l'appellera Conseiller admirable, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la Paix ».[148]

Les quatre titres messianiques issus d'Isaïe 9:6 font l'objet d'une explication détaillée. Il est dit « Conseiller admirable » parce que ses conseils seront toujours sages, parfaits et infaillibles, et que ceux qui les suivront ne mourront jamais selon Jean 8:51. Il est dit « Dieu puissant » parce que toute puissance au ciel et sur la terre lui est confiée et que toute la création est commandée de le servir et de lui obéir, selon Matthieu 28:18 et Jean 5:22-27. Il est dit « Père éternel » parce qu'il est, par commandement de Jéhovah Dieu, le donneur de vie aux hommes et qu'il n'existe aucune autre voie pour obtenir la vie, selon Romains 6:23 et Actes 4:12. Il est dit « Prince de la Paix » parce que sous son gouvernement juste il n'y aura plus jamais de guerre, selon Matthieu 24:21.[149] Les survivants d'Harmaguédon connaîtront une paix perpétuelle, selon la promesse d'Isaïe 2:4 : « ils forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en faucilles ; une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, et l'on n'apprendra plus la guerre ».[150]

La Société des Nations est déclarée être, sur la foi d'Isaïe 8:9-10, une fraude et un piège que Jéhovah a expressément condamné à la destruction complète, à l'instar de la combinaison des puissances totalitaires. La paix éternelle ne peut venir que par la Théocratie de Jéhovah sous le Christ, dont la justice est décrite à travers Psaume 72:4 et Psaume 72:7 : sous son règne, les jours du juste seront florissants et la paix sera abondante aussi longtemps que la lune existera.[151] Sous ce gouvernement juste, nul ne sera autorisé à tromper ou à induire les autres en erreur, et la vérité sera toujours dite. Le peuple célébrera alors, selon Psaume 85:10-12 : « La grâce et la vérité se sont rencontrées ; la justice et la paix se sont embrassées ».[152]

Ni le « New Deal » ni aucun autre programme humain ne peut apporter une prospérité durable. Le commandement de Dieu veut que chaque homme aime son prochain, ce qui implique d'agir avec honnêteté et justice envers ses semblables. Sous le gouvernement du Seigneur, le peuple « ne travaillera pas en vain et n'enfantera pas pour le malheur », selon Isaïe 65:23 ; la terre sera libérée des fléaux qui détruisent les récoltes et produira en abondance pour tous, conformément à Psaume 67:6.[153]

La vie est présentée comme le don de Dieu par Jésus Christ, et comme l'unique voie pour l'obtenir, selon Romains 6:23 et Actes 4:12. Jésus lui-même aurait déclaré en prière à Dieu, selon Jean 17:3 : « C'est ici la vie éternelle, qu'ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » Lors de la terrible bataille d'Harmaguédon, ceux qui ont préféré croire un mensonge reconnaîtront que Satan est le grand menteur et que Jéhovah seul peut donner la vie. Ceux qui survivront seront ceux qui auront maintenant prêté attention au message du Royaume, cherché la justice et l'humilité, et à qui Jéhovah promet d'être « cachés » dans ce temps de détresse, selon Sophonie 2:2-3.[154]

Sous le Gouvernement Théocratique, le peuple bénéficiera d'une pleine occasion d'obéir et de vivre. Les morts, dormant dans la tombe, seront également ressuscités et auront l'occasion d'obéir et de vivre, selon la promesse de Jésus en Jean 5:25-30 : « Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront ».[155] La promesse d'Isaïe 32:1 et Isaïe 32:17-18 est alors citée : un roi régnera dans la justice, et l'œuvre de la justice sera la paix, son effet le calme et la sécurité pour toujours ; le peuple de Dieu habitera un séjour paisible, des demeures sûres et des lieux de repos tranquilles.[156]

C'est pour annoncer la destruction du régime oppressif de Satan et le gouvernement gracieux et juste du Christ Jésus que les témoins de Jéhovah reçoivent l'ordre d'aller proclamer ce message aux « hommes de bonne volonté ». C'est précisément pour avoir apporté ce message de consolation au peuple que beaucoup de témoins de Jéhovah croupissent alors derrière les barreaux des diverses nations.[157] La période présente est qualifiée de pire des temps pour les nations de l'organisation du Diable, mais aussi de temps le plus béni que les hommes aient connu, parce que le Gouvernement Théocratique de Jéhovah est désormais en opération. Tous ceux qui sont de bonne volonté envers Jéhovah et son Royaume sont invités à continuer de croître dans la connaissance de la vérité et à la communiquer aux autres, afin de recevoir les bénédictions sans bornes du gouvernement de Jéhovah, selon la parole de Luc 2:14 : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté ».[158]

Expériences de terrain

Cette rubrique rassemble plusieurs témoignages de prédicateurs Témoins de Jéhovah actifs en Grande-Bretagne, au Canada et aux États-Unis, illustrant leurs méthodes d'approche et les réactions du public à leur égard.[159]

Un premier récit, situé devant le siège londonien de la Société au 34 Craven Terrace, décrit le chargement matinal de quarante cartons de livres sur un camion destiné à desservir diverses congrégations. Un passant élégant, présenté comme ayant l'accent d'Oxford, aurait déclaré en observant la scène : « Si c'étaient des bombes plutôt que des traités bibliques, nous aurions peut-être une chance de gagner cette guerre ».[160] Devant le silence des prédicateurs, il aurait tenté d'obtenir l'appui d'un balayeur de rue qui, au contraire, prit la défense des témoins de Jéhovah en déclarant que « si tout le monde voyait les choses comme eux et défendait aussi fermement ce en quoi il croit, nous n'aurions pas des hommes comme Hitler se conduisant comme le diable qu'il est ».[161] Le récit précise que ce balayeur avait entendu le juge Rutherford s'exprimer à l'Albert Hall lors de sa dernière prise de parole en ce lieu.[162]

Un deuxième témoignage relate une réunion organisée le 11 juin à Shelby, dans l'Idaho, à la suite d'une visite nocturne d'un groupe comprenant la Légion américaine, le shérif du comté, la police locale, la police d'État et un agent fédéral. Le commandant de la Légion aurait demandé aux témoins de venir démontrer le lendemain soir, à la salle de la Légion, la manière dont ils menaient leurs réunions dans les foyers privés. Une étude modèle aurait été présentée, le matériel sonore diffusant l'allocution « Gouvernement et Paix », et les douze responsables présents auraient exprimé leur admiration pour les informations du juge Rutherford, le commandant déclarant que « tout le monde devrait obtenir ce type d'information, qui est véritablement américaine ».[163]

Un troisième récit, en provenance de la Saskatchewan au Canada, rapporte qu'une mère et sa fille de douze ans, déconcertées par de mauvaises routes et des opposants, arrivèrent dans une maison où une assemblée de personnes était réunie. Après la diffusion d'un phonographe présentant le message « Instruction », plusieurs personnes manifestèrent des réserves vis-à-vis du juge et de ses opinions, mais un homme se leva pour déclarer que « vous, les témoins de Jéhovah, avez accompli plus de bon travail dans cette communauté en trois ans que les pasteurs en trente ».[164] Cet homme de bonne volonté se vit promettre la protection divine lors d'Harmaguédon, et de la littérature lui fut laissée.[165]

Un quatrième témoignage, venu de New York, évoque une actrice de Brooklyn qui mit en contact téléphonique une de ses collègues avec une prédicatrice. Cette collègue, curieuse des révélations faites par les témoins de Jéhovah, reçut la visite de la prédicatrice et manifesta une remarquable bonne volonté, déclarant qu'elle n'était pas crédule mais acceptait ce qui lui était démontré comme vrai. Elle n'accepta dans un premier temps que le livre Salut, expliquant que si elle prenait toutes les publications d'un coup, elle deviendrait si absorbée par leur lecture qu'elle ne pourrait plus travailler — elle s'engagea à téléphoner quand elle serait prête pour la suivante.[166] Elle confia ensuite le livre à un homme fortuné qui le trouva d'un intérêt extraordinaire et à qui elle espérait voir consacrer une partie de sa fortune à soutenir l'œuvre.[167]

Le dernier témoignage, daté de Nashville, signale qu'un prédicateur conduisait sept études modèles par semaine dans des foyers privés, en plus de participer à trois études de la congrégation locale et d'assurer sa subsistance. Cette activité lui permettait d'atteindre aisément soixante heures mensuelles, et ses études modèles contribuaient à la croissance rapide de la congrégation tout en l'ancrant profondément dans la connaissance de la Bible, ce qui le rendait plus efficace dans la prédication de porte à porte.[168]


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Références

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  3. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 262-263.
  4. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 262.
  5. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 268.
  6. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 268.
  7. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 260, 262.
  8. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 262.
  9. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 263, 271.
  10. La Prohibition et la Société des Nations (1930).
  11. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 260.
  12. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 260.
  13. James Penton, Jehovah's Witnesses and the Third Reich, sur le traitement du judaïsme dans les publications de la Société sous Rutherford.
  14. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 270.
  15. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 260.
  16. James Penton, Apocalypse Delayed, sur le déplacement de la sotériologie vers la vindication du nom divin sous Rutherford.
  17. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 257.
  18. Bryan Wilson, Magic and the Millennium, sur la conversion de l'hostilité extérieure en confirmation doctrinale chez les mouvements millénaristes.
  19. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 262-263.
  20. Les Témoins de Jéhovah - Prédicateurs du Royaume de Dieu, sur l'exposé de 1935 relatif à la grande foule.
  21. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 266.
  22. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 268, 271.
  23. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 264.
  24. Lettre de Olin Moyle à Joseph Rutherford.
  25. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 266-267.
  26. Rodney Stark et William Sims Bainbridge, The Future of Religion, sur la corrélation entre tension avec l'environnement et contrôle doctrinal interne.
  27. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 271.
  28. La Tour de Garde du 1er septembre 1940, p. 271.
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