Christadelphiens
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| Christadelphiens | |
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Les christadelphiens (mot tiré du grec qui signifie "Frères en Christ") constituent un mouvement chrétien fondé en 1848 par John Thomas. Le groupe s'est développé au XIXè siècle au Royaume-Uni et en Amérique du Nord, et actuellement, bien qu'aucune statistique ne soit publiée, l'effectif mondial peut être estimé à environ 60 000 membres, répartis dans environ 120 pays. Les christadelphiens ont un grand nombre de croyances en commun avec les Témoins de Jéhovah, et il est d'ailleurs fort possible que Charles Taze Russell, le fondateur de la Société Watch Tower, ait été influencé par ce groupe dans l'élaboration de sa doctrine, ce qui n'empêche pas l'organisation jéhoviste de critiquer ce dernier comme étant dans les ténèbres spirituelles.
Ressemblances et différences
Le mouvement christadelphien est probablement l'un des groupes religieux qui partage le plus de similitudes avec les Étudiants de la Bible et les Témoins de Jéhovah.
Sur son site officiel, il se présente ainsi:[1]
- "[Nous sommes] un groupe religieux qui fondent nos convictions entièrement sur la Bible, la considérant comme totalement inspirée par Dieu, et donc tenue pour être exempte d'erreur. Le nom "christadelphien" a d'abord été utilisé dans le milieu des années 1800, mais nous croyons qu'il y a eu des gens qui ont partagé nos convictions à travers l'histoire. Nous attendons en toute confiance le retour du Christ sur la terre quand il établira le Royaume de Dieu."
Comme Russell, John Thomas, le fondateur, ne prétendait pas être un prophète ni être inspiré par Dieu, mais se définissait comme un simple chercheur de vérité qui, au travers de sa propre étude de la Bible, avait rétabli les croyances du christianisme originel;[2] son but n'était donc pas de fonder une nouvelle secte, bien qu'il en vint à percevoir ses croyances comme étant les seules qui soient véridiques. Rejetant les crédos des religions de son époque, il fut en lien avec les adeptes de William Miller — les millérites ou adventistes — dont la théologie avait également influencé le fondateur des Étudiants de la Bible, de qui il accepta l'idée d'une seconde venue du Christ et d'une période de règne de 1 000 ans. Tout comme Russell qui voyagea pour propager sa doctrine et visiter ses ecclesias et consigna par écrit ses dogmes dans la série Études dans les Écritures, Thomas donna des conférences et des débats, notamment à New York et en Angleterre, visita ses groupes de fidèles, et publia le livre Elpis Israel — An Exposition of the Kingdom of God qui expliquait sa compréhension de différents sujets bibliques, ainsi que de plusieurs autres ouvrages religieux. Ses adeptes se regroupèrent au sein d' ecclesias, et publièrent entre autres le journal The Herald of the Kingdom (les journaux de Nelson Barbour et de Russell contenait aussi le mot "Herald" dans leur nom). Tout comme Russell, Thomas entretenait des vues sionistes: il pensait que les Juifs retourneraient dans leur pays et que la Grande-Bretagne jouerait un rôle dans cet événement.[3]
La structure organisationnelle, peu développée, est semblable à celle qui existait à l'époque de Russell: en effet, les ecclesias sont organisées de façon autonome, sur un modèle démocratique — ce qui diffère toutefois grandement des Témoins —, et sans clergé rémunéré. Les christadelphiens pratiquent l'excommunication.[4] Tout comme le russellisme se morcela en un certain nombre de groupes schismatiques, la doctrine de Thomas donna naissance à de nombreux mouvements de petite audience, dont les christadelphiens nazaréens, les christadelphiens non amendés, les christadelphiens béréens,[5] les christadelphiens de l'aurore, les christadelphiens des vieux sentiers, les compagnons christadelphiens,[6] les pionniers christadelphiens,[7] etc.
Le mouvement croit en l'inerrance de la Bible, Parole de Dieu sans erreurs sinon celles de traduction et qui doit être le seul livre à servir de base pour la doctrine. Pour eux, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, l'Esprit saint n'est pas une personne mais la force de Dieu, et les dons de l'esprit n'ont plus cours à notre époque. Jésus est le Fils de Dieu; il fut un humain lorsqu'il naquit de Marie, et donnant sa vie par mort sacrificielle, ouvrit la voie du salut. Dieu l'a ensuite ressuscité, et Jésus est actuellement au ciel, à la droite de Dieu. Le baptême par immersion totale est considéré comme essentiel au salut. Les christadelphiens croient que les justes vivront sur terre pendant le millénium, des morts étant alors ressuscités. Les autres religions sont perçues comme étant apostates, en particulier l'Église catholique, considérée comme étant Babylone.
Le mouvement rejette la Trinité, l'observance du Sabbat, le baptême des nouveaux-nés, l'immortalité de l'âme ainsi que l'enfer (celui-ci désigne la tombe). Ils estiment que ces croyances sont le fruit de l'apostasie de la chrétienté qui les a introduits par le biais de la philosophie grecque, et ne sont pas en accord avec la Bible.
Au niveau des comportements, les adeptes ne doivent pas participer à la guerre, ni voter, et sont invités à fréquenter le moins possible les personnes n'appartenant pas à leur confession. Les rapports sexuels ne sont acceptés que dans le cadre du mariage (hétérosexuel). Sur son site, le mouvement exprime quelques préoccupations à propos de l'usage d'Internet qui, néanmoins, peut être utilisé pour prêcher.[8]
Il y a toutefois deux différences essentielles au niveau doctrinal entre la position de ce groupe et celle des Témoins: en effet, les christadelphiens perçoivent le Diable, non comme une personne, mais comme le principe du mal; ils ne croient pas non plus à l'existence pré-humaine de Jésus. De plus, à la différence des Témoins, la doctrine des christadelphiens est restée quasiment inchangée au fil des années, et les adeptes continuent d'utiliser les écrits de Thomas comme base pour leurs croyances (par contraste, les écrits de Russell furent abandonnés à la fin des années 1920). Enfin, s'il est vrai que les christadelphiens sont engagés dans l'évangélisation, celle-ci reste très limitée par rapport à celle pratiquée par les Témoins.[9]
Influence sur Russell
Certains observateurs présument que les christadelphiens ont constitué l'une des principales sources doctrinales de Russell avec les adventistes, et ceci bien que le mouvement des Étudiants de la Bible et celui des Témoins de Jéhovah n'évoquent jamais ce point dans l'histoire officielle du fondateur de la Watch Tower.[10]
En effet, Benjamin Wilson, co-fondateur de l'Église de Dieu de la Foi abrahamique, un mouvement issu des christadelphiens, eut un rôle primordial sur le fondement même de la théologie de Russell (bien qu'il ne fit jamais partie de son groupe): en effet, la Bible dont Wilson fut l'auteur en 1864, The Emphattic Diaglott, fournit au groupe composé de Nelson Barbour et de Russell, par l'intermédiaire de leur collaborateur, Benjamin Keith, une nouvelle approche de la parousia de Jésus, mentionnée en Matthieu 24:27,37-39. Ce mot grec, traduit par "venue" de la King James Version et jusque là compris comme tel par Russell, y était retranscrit par le mot "présence", permettant ainsi au pasteur de rationaliser son échec concernant 1874 tout en maintenant cette date; l'idée était désormais que le Christ était revenu invisiblement et se manifesterait au besoin par certains actes.[10] Par la suite, avec la permission des héritiers de Wilson, la Watch Tower publia la Diaglott dès 1902, et plus tard en 1927 elle le fit sur ses propres presses. Il est à noter que Wilson n'avait aucune qualification pour sa traduction de la Bible, ce qui signifie que celle-ci n'a été réalisée que pour justifier sa théologie; le fait que Russell l'ait appréciée aussi facilement, et ceci alors qu'elle faisait déjà l'objet de certaines critiques, était la preuve qu'il l'utilisa simplement parce qu'elle lui était profitable pour asseoir ses propres croyances. [10]
Dans l'un de ses ouvrages, Edmond C. Gruss cite un Étudiant de la Bible du début du siècle qui déclara: "Les travaux du Dr Thomas ont peut-être aidé le jeune Russell à avoir un aperçu des "deux saluts", de l'âge de l'appel céleste, et l'âge du millénaire, qui était la clé du mystère. (...) Il se pourrait bien que la citation volumineuse des Écritures du Dr Thomas sur la bénédiction terrestre ait été la clé de l'esprit qui déverrouillait le mystère divin dans l'esprit astucieux du jeune Russell."[11] De même, le sociologue britannique Bryan Wilson écrivit: "Puisque les christadelphiens se référaient aux premières manifestations de foi des Témoins de Jéhovah, le Russellisme en vint à l'attaque spéciale, car cette croyance portait une certaine ressemblance avec le christadelphianisme lui-même, et séduisit quelques frères".[12]
Même s'il admet que seul Russell aurait pu dire dans quelle mesure ce groupe a influencé sa théologie, Gruss en vient à dire qu'il y a "presque un accord mot à mot entre les théologies christadelphienne et russelliste dans certains domaines". De surcroît, les Témoins et les christadelphiens puisent dans des mêmes influences, notamment Arius.[10] Le professeur Jerry Bergman estime que les deux groupes "sont probablement plus semblables que les autres sectes".[13]
Dans les publications
| Publication | Contenu |
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| The Three Words and the Harvest of the World, 1877, pp. 57,58 | "Je commence à penser que les gens de "l'âge à venir", et beaucoup d'autres chez les pré-millénaristes, ne croient en rien d'une nature spirituelle, ou ont la compréhension la plus éloignée des choses de cet ordre; soit que le saint est élevé dans "un corps spirituel", ou en l'existence d'êtres spirituels, ou même de l'Esprit Saint lui-même. Je connais une classe de croyants de l'"âge à venir", les christadelphiens, qui ne le croient pas. Le Saint-Esprit, disent-ils, n'est qu'un principe, ou un élément de la puissance, et non pas une intelligence. Ce n'est rien de plus ni moins que "l'électricité", enseigné dans un de leurs livres, maintenant devant moi. Quoi d'étonnant qu'ils ne discernent qu'un avenir charnel. (...) Un faux raisonnement (...), par ceux qui ne peuvent pas discerner les choses spirituelles, est en train de conduire de nombreux autres que les christadelphiens dans les ténèbres. (...) Je suis reconnaissant qu'ils ne désirent pas de prouver que les anges sont des principes simples dans la nature; car ce serait une tâche facile. Et s'ils se mettaient vraiment sur ce sujet, comme les christadelphiens l'ont fait, ils peuvent écarter de l'explication le Saint-Esprit. Et le même raisonnement, poussé à sa conclusion légitime, peut aussi permettre de se débarasser à la fois du Christ et du Père."
=> Ainsi, dans ce livre publié conjointement par Nelson Barbour et par Russell, l'auteur reproche de façon explicite aux christadelphiens le fait qu'ils ne croient pas que l'esprit saint soit une personne, et partant, leur rejet de la Trinité. Voilà qui est ironique quand on sait qu'à peine quatre ans plus tard Russel rejeta à son tour la Trinité et la personnification de l'Esprit saint! |
| Que ton Royaume vienne, 1891, p. 138 | "C'est ainsi qu'aujourd'hui, aucune secte ne peut prétendre ou ne prétend que tous ses membres sont du froment [c'est-à-dire du blé] et qu'elle ne renferme point d'ivraie. Aucune organisation terrestre (à l'exception des Mormons et des Christadelphiens) n'oserait encore moins prétendre qu'elle renferme tout le froment. Dès lors, pourquoi donc toutes ces organisations, toutes ces barrières théologiques? Aucune excuse n'existe de les établir. Elles n'arrivent pas à séparer le bon grain d'avec l'ivraie, et rien ne peut accomplir complètement et entièrement cette séparation des cœurs, si ce n'est par le moyen que le Seigneur a choisi pour être employé au temps de la moisson."
=> Ainsi, les christadelphiens sont, pour Russell, orgueilleux de se croire être les seuls à détenir entièrement la vérité. Et pourtant, n'est-ce pas ce que croient les Témoins actuels? |
| La Tour de Garde, 15 mars 1896, R1950, p. 56, "Christadelphian Views" | "Ici et là on peut trouver des personnes qui soutiennent ce qu'on appelle les points de vue christadelphiens, qui sont à certains égards, un peu comme les points de vue défendus dans La Tour de Garde, et à d'autres égards le contraire. Leurs points de vue, en bref, sont (1) Que l'Église est choisie ou élue (selon la prescience de Dieu) à travers la vérité; et qu'elle est entièrement un "petit troupeau", héritiers du Royaume. (2) Ils soutiennent, cependant, que le Royaume sera visible, avec un trône terrestre, sur lequel le Christ s'assoira avec ses apôtres, et qu'en quelque sorte tous les christadelphiens seront "cohéritiers", qui "habiteront chacun sous sa propre vigne et son figuier" (...). (3) En ce qui concerne les christadelphiens morts, ils seront ressuscités pour partager ces bénédictions, mais pour toutes les autres personnes mortes, bonnes ou mauvaises, ils ne voient aucun espoir, pas de résurrection. (4) Une grande catastrophe lors de la seconde venue du Christ détruira la quasi-totalité de la vie à l'exception des christadelphiens, et les quelques personnes épargnées le seront simplement de façon à être les serviteurs éternels des christadelphiens — leurs coupeurs de bois et des porteurs de l'eau — leurs esclaves".
Ensuite, il est reproché aux christadelphiens d'utiliser ce terme dans un sens très étroit, pour se désigner eux-mêmes et non tous les vrais chrétiens en général, ainsi que leur rejet de l'existence pré-humaine de Jésus, de l'existence du Diable et de la rançon. => Et quand la Watch Tower parle des "vrais chrétiens", ne fait-elle pas uniquement référence à ses propres adeptes? "N'importe qui peut voir en un coup d'œil, lorsque ces points de vue sont donc exprimés de façon concise, la très grande différence entre eux et les opinions présentées comme bibliques dans la Tour et dans Millennial Dawn. Mais la politique des partisans de tous les faux systèmes est d'éviter une déclaration complète de leur théorie, et, couvrant les particularités dont ils sont quelque peu honteux, ils continuent à la consolider sur d'autres au coup par coup comme ils l'ont eux-mêmes reçue. (...)" => Cette façon de procéder ne fut-elle pas typique de Russell qui récupéra toutes sortes de croyances de différents mouvements ou personnalités religieuses tout en estimant que c'était Dieu qui lui avait fait connaître la vérité? Puis sont cités et critiqués des textes bibliques avancés par les christadelphiens: Ésaïe 26:14; 43:17 et Jérémie 51:39,57. |
| La Tour de Garde (anglais), 15 février 1898, R2266, p. 57, "Think It Not Strange" | Après avoir cité une croyances du mouvement des Disciples, une lettre disait: "Peut-on trouver une croyance plus faible que celle-ci? Si c'est le cas, faites-nous le savoir! Oui, nous pensons à une croyance qui est plus faible, à savoir celle des christadelphiens." Ceux-ci croient en la destruction de tous les individus hormis eux-mêmes.
=> Est-il judicieux de publier une telle déclaration, qui n'a pas été contredite par Russell, alors que les christadelphiens ont des croyances très proches de celles des Étudiants de la Bible? |
| La Tour de Garde, 15 juillet 1898, R2337, p. 216, "Christadelphian Proof-Texts" | L'article examine, sous forme de questions et réponses, les textes mis en avant par les christadelphiens pour soutenir leur dogmes, à savoir Psaumes 88:4,5; 49:14; Ésaïe 26:14; 43:16,17; Obadia 16 pour affirmer que la majorité des humains morts ne se réveilleront pas du sommeil des morts.
Le rédacteur de La Tour de Garde répond: "Ces textes doivent être interprétés en harmonie avec les interprétations que l'Esprit Saint nous a données dans les paroles de notre Seigneur et des apôtres enregistrées dans le Nouveau Testament", le texte de Jean 5:29 étant cité. Concernant Psaume 88, il est dit que "l'écrivain ne donne pas sa propre opinion, mais est simplement en train de dire comment il est considéré par d'autres". En Psaumes 49, le prophète David parle d'une certaine classe de personnes pense à s'amasser des fortunes, sans se rendre compte que c'est la véritable richesse de caractère qui doit être recherchée; "mais, il n'y a rien dans ce texte pour indiquer que la mort mettra fin à tous pour ces derniers". Pour ce qui est d'Ésaïe 26, le contexte serait une description prophétique du Jour millénaire, et les versets 12 à 15 représentent le point de vue des fidèles, regardant en arrière, et voyant là la délivrance entièrement réalisée par Dieu. En Ésaïe 43, ce sont les instruments de guerre, et non les humains, qui ne se relèveront pas une fois abattus. Enfin concernant Obadia, le verset est une description par le Seigneur via le prophète des événements de "la journée du Seigneur", lors de laquelle toutes les nations, terme "improprement traduit par païens", entrera en jugement, et boiront la coupe de la colère du Seigneur. |
| La Tour de Garde, 15 février 1906, R3724, p. 55, "Reply to a Christadelphian", par Ernest Henninges, | Ernest Henninges, alors dirigeant de la filiale en Australie, reçut une lettre d'un habitant de Tasmanie estimant que l'enseignement de La Tour de Garde n'était pas en accord avec la Bible sur la question de la résurrection pour tous, citant les passages utilisés par les christadelphiens sur ce sujet. À cela, Henninges répondit par une lettre examinant un par un ces versets. Dans un autre courrier adressé à Russell depuis Melbourne et daté du 21 décembre 1905, il demande à ce que La Tour de Garde publie les deux courriers afin que cela profite aux lecteurs.
Dans sa réponse, Henninges déclare en introduction: "Cher Monsieur, nous sommes fort désolés que les explications de la Parole donnée dans les colonnes de La Tour de Garde ne vous aient pas interpelé plus fortement que ce qu'elles semblent l'avoir fait. Pourtant, nous sommes heureux que vous ne l'ayez pas condamné sans l'avoir regardé au moins un peu. Peut-être que vous en auriez davantage fait l'éloge si vous l'aviez davantage examiné. => Même si cela n'est pas spécialement en rapport avec les christadelphiens, cette réponse est intéressante sous plusieurs aspects: 1/ selon Henninges, la personne a très bien fait de ne pas avoir rejeté un magazine avec lequel elle n'était pas forcément d'accord, et de l'avoir examiné quand même; quel dommage que la même ouverture d'esprit ne soit pas encouragée et félicitée chez les adeptes jéhovistes désirant lire ou ayant lu des écrits contredisant leur mouvement! Il y a clairement deux poids deux mesures; 2/ Évidemment, pour Henninges, si la personne n'a pas apprécié le magazine, ce n'est pas parce que les arguments n'étaient pas convaincants, mais parce qu'elle ne s'y est pas assez plongée dedans, car le mouvement n'a jamais tort! Puis, alors que le christadelphien avait écrit qu'à son avis la résurrection de nombreuses personnes comme enseigné par La Tour de Garde était une "théorie plaisante", Henninges répond ceci: "L'expérience montre que dans l'enseignement de la résurrection de tous (à la fois des justes et des injustes), nous ne donnons pas quelque chose qui est agréable à la 'chair'", car "la 'chair' préfère croire qu'elle a une âme qui vit quand le corps est mort, ce qui bien sûr rend inutile la résurrection". => Argument typique des querelles de clochers: chaque groupe estime que ce sont les enseignements des autres qui "chatouillent les oreilles" de leurs ouailles, pas les siens... Puis Henninges donne l'interprétation de la Watch Tower sur les versets cités par celui à qui il répond, à savoir Ésaïe 26:13,14; Jérémie 51:39,57; Proverbes 21:16; Psaumes 49:12,20; Éphésiens 4:17,18. |
| La Tour de Garde (anglais), 1er août 1962, pp. 473-78, "Christadelphianism of God or Men?" | Sans surprise, la réponse est que ce mouvement vient des hommes, mais sur certaines questions, le rédacteur est bien obligé d'exprimer un accord implicite. Il est adressé plusieurs reproches à ce groupe:
Suite à cet article, le christadelphien R. W. Abel fit une très longue réfutation de ces neuf points dans une brochure de 32 pages, étant capable de citer de nombreux versets bibliques pour soutenir ses croyances, et même de terminer son article en posant des questions embarrassantes pour les Témoins (voir section suivante). |
| La Tour de Garde, 1er novembre 1990, p. 6 | "Toutefois, certains refusent de croire à un personnage s'appelant Satan, et préfèrent dire que "la nature humaine et sa propension au péché, c'est le diable dont parlent les Écritures"", un astérisque précisant qu'il s'agit de la "déclaration de foi officielle du Christadelphianisme, une secte de la chrétienté".
=> Qualifier ce mouvement de "secte de la chrétienté" est plutôt audacieux de la part d'une organisation qui partage une très grande partie de sa théologie. De plus, la Watch Tower n'hésite pas à appeler le groupe par un substantif se terminant par -isme, et ceci alors qu'apparemment les christadelphiens eux-mêmes ne l'emploient pas pour se désigner et que l'organisation jéhoviste n'apprécie pas du tout le terme "jéhovisme" quand il est utilisé pour la désigner... |
Réponse à l'article de La Tour de Garde de 1962
Suite à l'article critique sur les christadelphiens paru dans La Tour de Garde de 1962, un adepte de ce groupe, R.W. Abel, fit, dans une brochure de 32 pages, une très longue réfutation des neuf reproches adressés à son mouvement religieux.[14] Il peut être intéressant de donner la version des christadelphiens qui permet de mettre en perspective les affirmations péremptoires de la Watch Tower, montrant 1/ combien un groupe peut être caricaturé dans sa littérature afin de le discréditer; 2/ le caractère relatif de la "vérité" jéhoviste puisqu'un autre groupe est tout autant capable de citer maints versets pour soutenir un dogme parfois totalement opposé.
Ultérieurement, en 1980, les christadelphiens publièrent la brochure Who Are God's True Witnesses, qui cherche à démontrer que les christadelphiens, et non les Témoins de Jéhovah, sont le vrai peuple de Dieu et que les enseignements jéhovistes sont "presque entièrement non scripturaires".[13]
| # | Critique de la Watch Tower sur les christadelphiens | Réponse de R. W. Abel |
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| 1 | Ignorent la question de la souveraineté universelle et l'importance du nom de Dieu |
En conclusion, Abel écrit que, suivant ces quelques arguments relatifs au nom de Dieu, "la manifestation de Dieu, et non le salut de l'homme comme une fin en soi, est le dessein divin, et que la souveraineté sera manifestée aussi". Il estime que cette première critique du rédacteur de La Tour de Garde est "fausse", constituant "une déformation grossière de l'enseignement christadelphien", et cite de nombreuses références où celui-ci peut être consulté. |
| 2 | Manquent d'unité et d'amour (cf. nombreux schismes) |
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| 3 | Ne prêchent pas à toutes les nations |
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| 4 | N'ont pas d'espoir pour l'humanité décédée car ils enseignent que beaucoup ne seront pas ressuscités |
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| 5 | Nient tous les versets se rapportant l'existence pré-humaine de Jésus |
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| 6 | Nient l'existence du Diable |
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| 7 | Nient la rançon |
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| 8 | Croient en un Royaume de Dieu terrestre |
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| 9 | Placent de nombreux espoirs sur les Juifs selon la chair, et non sur l'Israël spirituel |
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Vidéos
- Vidéo dans laquelle les christadelphiens présentent leurs croyances:
Références
- ↑ "Christadelphians - Bible Believing People" (anglais), christadelphian.org.uk. Consulté le 6 juin 2012
- ↑ "The Destinies of the Cities, Countries, and Empires", Nottingham Mercury, Nottingham, GB, 13 juillet 1849:
- "The Lecturer [John Thomas] commenced by denying a statement which had appeared in many of the London and country newspapers, and amongst them, one made by a religious Editor in this town, to the effect that he assumed to himself the true, infallible, prophetic character, as one sent from God, verbatim. He would appeal to his writings -- and he had written a great deal in twelve years -- and to his speeches, whether he had ever claimed to be such, in the remotest degree whatever. He believed truth as it was taught in the scriptures of truth..."
- ↑ Thomas, John (1848) (anglais), Elpis Israel, "chapitre 6, thechristadelphian.com. Consulté le 6 juin 2012
- ↑ Roberts, Robert (1883), A Guide to the Formation and Conduct of Christadelphian Ecclesias, Birmingham, sections 32,35,36
- ↑ "The Berean Christadelphian" (anglais), bereans.org. Consulté le 6 juin 2012
- ↑ "Companion Christadelphians", companionchristadelphians.org. Consulté le 6 juin 2012
- ↑ "Pioneer Christadelphian" (anglais), pioneerchristadelphians.org. Consulté le 6 juin 2012
- ↑ "Is the Internet a Danger — A Guide for Concerned Christadelphians" (anglais), christadelphian.org.uk. Consulté le 5 mai 2012
- ↑ Brose, Alberta Jeanne (1982) (anglais), Jehovah's Witnesses: Recruitement and Enculturation in a Millenial Sect [thèse], University of California, Riverside, pp. 186-89
- ↑ 10,0 10,1 10,2 et 10,3 Gruss, Edmond C. (1986, 11è éd.) (anglais), Apostles of Denial: An Examination and Exposé of the History, Doctrines and Claims of the Jehovah's Witensses, Presbyterian and Reformed Publishing Co, pp. 15-17 (ISBN 0-87552-305-6) Erreur de référence : Balise
<ref>incorrecte : le nom « Gruss15 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents. - ↑ Goodrich, Roy D. (janvier-février 1966) (anglais), "Freedom from Confusion", Back to the Bible Way, 15, pp. 397,399, cité par Gruss, Edmond C. (1986, 11è éd.) (anglais), Apostles of Denial: An Examination and Exposé of the History, Doctrines and Claims of the Jehovah's Witensses, Presbyterian and Reformed Publishing Co, pp. 15-17 (ISBN 0-87552-305-6)
- ↑ Wilson, Bryan R. (1961) (anglais), Sects and Society: A Sociological Study of the Elim Tabernacle, Christian Science, and Christadelphians, Los Angeles: University of California Press, pp. 294,295, cité par Gruss, Edmond C. (1986, 11è éd.) (anglais), Apostles of Denial: An Examination and Exposé of the History, Doctrines and Claims of the Jehovah's Witensses, Presbyterian and Reformed Publishing Co, pp. 15-17 (ISBN 0-87552-305-6)
- ↑ 13,0 et 13,1 Bergman, Jerry (1999) (anglais), Jehovah's Witnesses: A Comprehensive and Selectively Annotated Bibliography, Westport, Londres: Greenwood Press, p. 124 (ISBN 0-313-30510-2)
- ↑ Abel, R.W. (anglais), "Christadelphianism of God or Men? A Reply to the Aug. 1962 Watchtower Article", antipas.org. Consulté le 6 juin 2012