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Consolation du 13 décembre 1939

De Tj-encyclopédie
Consolation du 13 décembre 1939
Revue Consolation
Date 13 décembre 1939
Sujet(s) La mort de la Pologne et la Seconde Guerre mondiale ; la campagne catholique « Dieu dans le gouvernement » ; Noël : origines et signification ; persécution des Témoins de Jéhovah en Grèce et en Allemagne
Auteur(s) Clayton J. Woodworth, J. Hemery
Année 1939
Langue anglais
Pays États-Unis
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Paru le 13 décembre 1939, alors que la Seconde Guerre mondiale vient d'éclater depuis trois mois, ce numéro de Consolation paraît dans un contexte d'effondrement de la Pologne sous les assauts conjugués de l'Allemagne nazie et de l'Union soviétique. La publication analyse en détail les bouleversements géopolitiques en Europe, la montée du totalitarisme et ses liens présumés avec l'Église catholique romaine, tout en rendant compte de la persécution des Témoins de Jéhovah en Allemagne, en Grèce et en Afrique du Sud. Elle aborde également la signification de Noël sous un angle critique, et présente des témoignages de proclamateurs actifs en Amérique du Sud, aux Antilles et en Afrique.

Analyse

Croyances

La publication affirme que tous les gouvernements terrestres sont sous la domination invisible de Satan, s'appuyant sur des textes comme Jean 12:31 et 2 Corinthiens 4:4 pour soutenir que « le prince de ce monde » est bien le Diable et non Dieu.[1] Elle affirme que la Théocratie — le gouvernement de Jéhovah par Jésus-Christ — est la seule espérance de l'humanité, citant Ésaïe 9:6-7 et la prière du Seigneur en Matthieu 6:10 comme prophéties attendant leur accomplissement.[2] Le numéro relie explicitement les événements de la guerre à l'imminence d'Harmaguédon, présenté comme la bataille finale contre l'organisation de Satan, dont la proximité serait confirmée par les persécutions infligées aux Témoins en Grèce.[3]

Sur la question de Noël, la publication soutient que cette fête n'a aucun fondement biblique et qu'elle est héritée du culte solaire païen antérieur au christianisme, associant le sapin de Noël aux adorateurs du soleil et à la légende de Nimrod et de Sémiramis.[4] Elle affirme que Jésus serait né aux alentours du 1er octobre et que ni lui ni son Père n'ont jamais commandé de célébrer cette date.[5] Le numéro établit un lien symbolique entre « Santa » et « Satan », relevant que ces deux noms sont composés des mêmes lettres.[6]

La rubrique « Sous le drapeau totalitaire » développe une théologie de la religion comme institution satanique, distinguant la « religion » — présentée comme l'accomplissement de la volonté de créatures à la place de la volonté de Dieu — du « christianisme » authentique.[7] La publication cite Psaumes 33:12, Exode 9:16, Ésaïe 8:20 et Matthieu 23:13-35 pour étayer cette position.[8]

Organisation et histoire

Le numéro mentionne que le premier martyr connu exécuté en Allemagne pour refus du service militaire au début de la guerre est August Dieckmann, de Dinslaken, décrit comme l'un des Témoins de Jéhovah, dont l'exécution fut signalée dans des journaux britanniques dix-sept jours après le début du conflit.[9] Un compte rendu détaillé de l'arrestation de 74 Témoins à Athènes — 39 hommes et 35 femmes — décrit leurs conditions de détention, les pressions exercées pour les amener à renier leurs croyances, et leur libération finalement accordée par une autorité supérieure à celle du ministère de l'Éducation.[10] Le numéro reproduit également une traduction de la presse grecque qualifiant les Témoins d'« organisation conspiratrice internationale » cherchant à « saper les fondements de l'Église et de la nation ».[11]

En Afrique du Sud, la publication relate l'interdiction de cinq livres de Joseph Rutherford par le Département de l'Intérieur, notamment l'ouvrage Richesses, et reproduit plusieurs lettres de lecteurs sud-africains publiées dans la presse locale, dont le Sunday Times de Johannesburg, qui protestent contre cette censure au nom de la liberté religieuse.[12]

Clayton J. Woodworth, rédacteur en chef, signe de son nom une longue lettre adressée au Daily News de New York, défendant Joseph Rutherford contre ce qu'il décrit comme des calomnies orchestrées au bénéfice de la hiérarchie catholique, et dénonçant les pressions exercées par le père Coughlin.[13] La correspondance britannique signée J. Hemery de Londres décrit la situation des objecteurs de conscience au Royaume-Uni, notant que les jeunes Témoins qui ont témoigné devant les tribunaux en déclarant rejeter la religion — tout en servant Dieu et le Christ-Roi — ont dans la quasi-totalité des cas obtenu une exemption complète de la conscription.[14]

Contenu

Apéritifs

Illustration de la page 2.

Cette rubrique humoristique regroupe plusieurs anecdotes brèves destinées à divertir le lecteur.[15] On y trouve des histoires d'enfants comiques — un garçon incapable d'épeler « tissu » mais connaissant la matière du manteau de son père, un citadin décrivant un cochon qui aurait eu ses boutons de gilet arrachés par de petits cochons — ainsi que des jeux de mots autour d'un épouvantail habillé du costume criard du fils d'un fermier, et une réplique d'étudiants sur l'apparence physique. Ces courtes pièces légères alternent avec des devinettes visuelles et des quiproquos enfantins sur les anges et les petites sœurs.

La mort de la Pologne

Hitler, Staline et la destruction de la Pologne

Illustration de la page 5 relative à la Pologne et à la guerre.

La publication affirme que l'Allemagne a anéanti la Pologne en dix-huit jours grâce à la plus puissante armée mécanisée jamais assemblée, et dresse un bilan des destructions successives perpétrées par Hitler et Mussolini : l'République espagnole, l'Autriche, l'Éthiopie, la Tchécoslovaquie, l'Albanie et enfin la Pologne, divisée entre Hitler et Staline.[16] Elle signale que 329 nouveaux chars ont été commandés par l'armée américaine à 17 790 dollars l'unité après avoir observé les performances des blindés allemands.[17] Le récit décrit le bombardement de Varsovie, la destruction de neuf hôpitaux bondés de blessés, la mort de quelque 3 000 civils dont des femmes et des enfants, et la résistance de deux bataillons féminins aux côtés des soldats polonais.[18]

La publication accuse les grandes entreprises américaines, en particulier la société Pratt & Whitney, d'avoir vendu des moteurs d'avions à Hitler avec la complicité d'officiers de l'armée et de la marine américaines, au mépris des avertissements du secrétaire d'État.[19] Elle reproduit plusieurs déclarations publiques d'Hitler favorables à la Pologne, prononcées entre 1935 et 1938, pour souligner le caractère mensonger de sa politique.[20]

Staline poignarde la Pologne dans le dos

La publication décrit comment l'URSS a envahi la Pologne sur un front de 800 kilomètres dès que l'Allemagne eut réduit toute résistance, conformément à un accord préalable.[21] Elle reproduit de larges extraits du Mein Kampf d'Hitler traduits dans le New York Times, dans lesquels Hitler décrit les dirigeants soviétiques comme des « criminels aux mains souillées de sang » et les qualifie de « juifs internationaux » — extraits présentés comme illustration du double jeu des deux dictateurs.[22] En six semaines, l'URSS aurait annexé la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie et contraint la Finlande à négocier, tandis que des millions de brochures communistes avaient été distribuées dans les territoires polonais occupés par les Soviétiques.[23]

Alignement pour le contrôle mondial

Illustration de la page 6.

La publication décrit un alignement totalitaire réunissant l'Allemagne, l'Italie, la Russie et le Japon contre le reste du monde, auquel l'Espagne apporterait une sympathie silencieuse.[24] Elle reproduit une longue citation du Chicago Tribune énumérant toutes les erreurs stratégiques commises par les démocraties — le réarmement de l'Allemagne toléré, la remilitarisation de la Rhénanie, l'annexion de l'Autriche, la cession des Sudètes — et cite Harold Picton dans le Manchester Guardian qui relate sa propre expérience en Italie en 1922 et en Allemagne en 1932, les deux fois ayant sous-estimé la menace fasciste jusqu'à ce qu'il soit trop tard.[25] Elle affirme par ailleurs que plus de 1 200 membres des troupes d'assaut et des chemises noires ont été fusillés ou mis en « garde à vue protectrice » pour avoir critiqué le pacte Hitler-Staline.[26]

Le Vatican soutient Hitler

La publication affirme catégoriquement que les évêques catholiques allemands ont publié une lettre pastorale exhortant les soldats catholiques à obéir au Führer et à se sacrifier pour la patrie.[27] Elle cite une dépêche du Vatican indiquant que « l'Église sous le pape actuel n'a pas de querelle avec le totalitarisme en tant que tel et ses relations avec l'Italie totalitaire sont actuellement bonnes ».[28] La publication interprète cela comme la preuve que Satan utilise son propre instrument — la hiérarchie catholique — pour faire du monde entier un régime totalitaire et ainsi empêcher la proclamation du Royaume de Dieu.[29]

Opprimé par la racket

Cet article présente un portrait social et historique de la Pologne, nation slave prise entre l'Allemagne et la Russie, à la population composée de 21 millions de Polonais, 4 millions d'Ukrainiens, 3 millions de Juifs, 1 million d'Allemands et 1 million de Russes blancs.[30] La publication décrit l'extrême pauvreté du pays — 40 % d'illettrisme, 30 % des travailleurs recevant moins de 3,50 dollars par semaine — et ses traditions culinaires et sociales pittoresques comme le plus grand gâteau jamais cuit pour le roi de Pologne en 1730.[31] Elle évoque le rôle de Kosciuszko et de Pulaski dans la fondation de la République américaine, les soulèvements populaires polonais de 1793 à 1917, le dictateur Pilsudski et l'ancien premier ministre Paderewski, toujours en exil en Suisse à 78 ans.[32] Elle dénonce également les pogroms antisémites en Pologne, soutenus notamment par un prêtre catholique, le « révérend père » Trzeciak, et rapporte que 85 % des Juifs polonais vivaient dans la misère lors de la dernière visite de Pierre van Paassen.[33]

Meurtre systématique des amoureux de la liberté

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Le chef des pousse-pousse

Le chef des pousse-pousse zoulou à Durban, Natal.

Une proclamatrice identifiée comme Alice Cooper, depuis Durban, en Natal, décrit ses activités de pionnière dans cette ville côtière, utilisant les pousse-pousse pour rejoindre son territoire de prédication.[34] Elle fait le portrait du « chef » de tous les tireurs de pousse-pousse zoulou de Durban, dont la coiffe élaborée est décrite avec admiration : bordure d'ailes de pigeons blancs, roses en papier rouge et blanc, plumes de dindon, cornes de bœufs, perles colorées et deux globes de verre bleu utilisés habituellement pour décorer les arbres de Noël.[35] La publication note que les femmes zouloues excellent dans la broderie de perles, le tressage de paniers, la poterie et la fabrication de nattes en herbe, et conclut en exprimant la certitude que « la promesse des bénédictions du Royaume apportera joie et bonheur à presque tous » ces peuples qui vivent une vie difficile.[36]

Le numéro reproduit également une anecdote concernant un enfant nommé Lucas, élevé par une troupe de babouins en Afrique du Sud jusqu'à l'âge de 12 ans, qui aurait marché à quatre pattes, dormi nu et vécu de nids d'autruches et de rayons de miel sauvage.[37]

Nouveau gouvernement

Des commandes affluèrent en conséquence

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Des politiciens à la tête de bois

Des lecteurs d'Afrique du Sud protestent dans la presse locale contre l'interdiction du livre Richesses de Joseph Rutherford par le gouvernement sud-africain, soulignant qu'il est paradoxal d'interdire un ouvrage biblique sérieux tandis que les étals regorgent de « littérature immonde ».[38] Un encadré reproduit un article du Sunday Times de Johannesburg expliquant que cinq livres de Rutherford ont été interdits par le Département de l'Intérieur, qui déclare ne pouvoir fournir aucune raison de l'interdiction, et que la Watchtower Bible and Tract Society soutient que le contenu de Richesses suit fidèlement le langage de la Bible.[39]

Des sauterelles à Bromsgrove

Activités du Royaume à Zomba, Nyasaland.

La publication relate comment les Témoins de Jéhovah ont organisé une conférence publique sur « Fascisme ou Liberté » à Bromsgrove, en Angleterre, après que le café De Grey, sous pression du « révérend père » Warner — un prêtre catholique —, a refusé de mettre sa salle à disposition après que 10 000 tracts et des affiches avaient déjà été préparés.[40] Grâce à la coopération du greffier municipal, de la police et du directeur du marché couvert, la réunion a finalement eu lieu au Produce Market Hall, où 250 personnes ont assisté debout à la conférence sans incident, six voitures sonorisées ayant couvert la ville avec des pancartes dénonçant l'ingérence catholique dans la liberté de parole.[41] Un groupe de bonne volonté de 16 personnes a été formé pour une étude du Salut le dimanche suivant.[42]

Des témoignages de Cuba et de Trinidad complètent cette section : à Cuba, un commerçant qui avait d'abord accusé le proclamateur d'être « fou » a finalement choisi lui-même une Bible et la brochure Démasqués dans la sacoche du visiteur en déclarant à sa femme : « Cet homme nous a apporté les choses que nous devons savoir. Nous remercions le grand Jéhovah. »[43] Un autre contact, Alexander Vernon, ancien catéchiste de l'Église d'Angleterre, a déclaré que Rutherford devrait être brûlé vif.[44] À Trinidad, une panne de voiture sonorisée a transformé une avarie en occasion de prédication pour les villageois curieux du message du Royaume.[45]

Conseil de J. F. Rutherford

« Dieu dans le gouvernement »

Immersion au Nyasaland, désigné comme « aller au Jourdain » en Afrique centrale et australe.

Joseph Rutherford réfute la campagne de la hiérarchie catholique américaine intitulée « Dieu dans le gouvernement » (God in Government), présentée comme une croisade pour « défendre la République contre la propagande athée ».[46] La publication affirme que le vrai Dieu de la hiérarchie n'est pas Jéhovah, puisqu'elle persécute quiconque préconise le gouvernement de Jéhovah, citant Psaumes 33:12 à l'appui.[47] Elle soutient, en se fondant sur Jean 12:31 et 2 Corinthiens 4:4, que depuis les jours de Nimrod jusqu'à aujourd'hui tous les gouvernements ont été dirigés invisiblement par Satan, et qu'aucun gouvernement humain n'a jamais été conduit selon la volonté de Dieu.[48]

La publication cite Ésaïe 9:6-7 comme prophétie annonçant le gouvernement théocratique à venir, administré par le Christ Jésus, et Psaumes 2:8-9 comme description du futur jugement des nations.[49] Elle conclut que le vrai but de la croisade catholique est de prendre le contrôle politique des États-Unis pour y instaurer une dictature, et que le « dieu » invoqué par la hiérarchie est en réalité Satan.[50]

Social

Siège des proclamateurs du Royaume et du bureau de la compagnie, Zomba, Nyasaland.

Cette section rassemble une série de brèves statistiques et d'observations sociales sans lien entre elles. La publication rapporte que l'American Bar Association estime qu'un Américain sur trente-sept est un criminel et que 200 000 personnes dans le pays deviendront des meurtriers avant de mourir, posant la question rhétorique : « Les États-Unis ont-ils besoin de plus de religion, ou en ont-ils déjà trop ? »[51] Elle signale que les garçons et les filles sont aujourd'hui plus grands d'un à deux pouces qu'il y a cinquante ans grâce à la disparition du travail physique pénible, un phénomène observé aussi en Tchécoslovaquie, en Norvège et en Allemagne.[52] Elle évoque une femme londonienne née sans bras qui élève seule son enfant avec ses pieds, le taux de meurtres aux États-Unis (vingt et une fois supérieur à celui de l'Angleterre), les populations des trois plus grandes villes du monde (Londres, New York et Tokyo), le coût humain et financier de la négligence américaine en 1937 (106 000 morts, 3,7 milliards de dollars de pertes), le taux annuel de suicides atteignant 20 000 par an avec une hausse de 50 % en dix ans, et la question de l'euthanasie, que la publication tranche par le commandement biblique « Tu ne tueras point ».[53] Un texte non signé intitulé « Une vie solitaire » brosse en quelques lignes le portrait de Jésus de Nazareth, né dans un village obscur, mort crucifié entre deux brigands, et affirme que son influence sur l'histoire humaine dépasse celle de toutes les armées, marines, parlements et rois réunis.[54]

Sous le drapeau totalitaire

Un lecteur veut une morale encore plus corrompue

La publication rapporte le cas d'un certain O. B. Harris, de Beckley (Virginie-Occidentale), qui a détruit un panneau religieux contenant les mots « Servez Dieu et le Christ », et dont le journal local Raleigh Register a soigneusement omis ces mots dans sa couverture de l'incident.[55] La publication développe ensuite une longue argumentation sur la nature de la « religion » comme instrument du Diable depuis les jours de Nimrod, s'appuyant sur 2 Corinthiens 4:4, 1 Jean 5:19, 2 Timothée 2:26 et Genèse 3:4 pour soutenir que toute religion est fondée sur le mensonge de Satan à Ève.[56] Elle passe en revue l'histoire de la religion depuis Canaan — idolâtrie, inceste, sacrifice à Molek ordonnant la séparation en Exode 23:32 et Lévitique 20:24 — jusqu'aux scribes et Pharisiens du temps de Jésus, décrits comme des meurtriers en Jean 8:44 et Matthieu 23:35, puis aux Croisades, aux Inquisitions et à la situation contemporaine.[57]

Nouvelle législation ecclésiastique au Japon

Illustration de la page 15.

La publication cite les propos enthousiastes de l'archevêque catholique Paul Marella, délégué apostolique au Japon, qui se félicite de la nouvelle loi accordant pour la première fois une personnalité juridique à l'Église catholique dans l'histoire japonaise, estimant que cette reconnaissance officielle par l'État augmentera le prestige et le respect accordés au catholicisme par le peuple japonais.[58]

« Noël », ou « La messe du Christ »

Illustration de la page 15.

La publication affirme que les premiers chrétiens et les premiers Américains refusaient toute célébration de Noël, connue de l'Antiquité comme la « fête du soleil », célébrée le troisième jour après le solstice d'hiver pour perpétuer le mensonge diabolique de l'immortalité de l'âme (Genèse 3:4).[59] Elle fait appel à l'encyclopédie pour établir que le houx, le gui, la bûche de Noël et le sapin sont d'anciens symboles du soleil renaissant et du dieu Nimrod prétendument ressuscité, et renvoie au livre Les Deux Babylones d'Alexander Hislop pour reconstituer la mythologie de Sémiramis et de Nimrod.[60] Elle souligne que les trois « mages » ayant rendu visite à Jésus étaient en réalité des magiciens, trompés par le Diable qui utilisa Hérode pour tenter de tuer l'enfant, et que « Santa » est une anagramme de « Satan ».[61] La publication recommande aux parents de dire la vérité à leurs enfants sur Noël et de leur offrir des cadeaux en toute saison sans les associer à un mythe mensonger, citant Actes 20:35 implicitement sur le bonheur de donner plutôt que de recevoir.[62]

La peur de la racket

La section reproduit une longue lettre signée Clayton J. Woodworth, datée du 4 octobre 1939, adressée à l'éditeur du Daily News de New York, dénonçant un article qui qualifiait Joseph Rutherford d'« ex-juge, chef de culte anti-clérical dont les diatribes contre l'Église catholique ont provoqué une émeute au Madison Square Garden le 25 juin ».[63] Woodworth demande au journal de lire la transcription du discours de Rutherford « Gouvernement et Paix » et d'identifier les « diatribes » en question, et dénonce l'influence du père Coughlin, reproduisant des extraits d'un discours de Coughlin du 30 juillet 1939 contenant des menaces explicites de violence « à la manière de Franco ».[64] Il rappelle que Rutherford avait volontairement cessé d'acheter du temps d'antenne radio en septembre 1937, et non pas sous la contrainte en octobre 1939 comme l'inférait le journal, et cite des textes bibliques sur le châtiment des faux témoins en Deutéronome 19:19, Proverbes 6:17-19 et Ésaïe 28:15-18.[65]

Religion en Allemagne

Un lecteur identifié comme J. W. Guenther, dans le Richmond (Va.) Times-Dispatch, présente une liste de faits officiels destinés à nuancer l'image d'une Allemagne nazie opprimant les religions : les stations de radio de Berlin, Munich, Cologne, Stuttgart, Breslau, Francfort, Sarrebruck et Vienne diffusent régulièrement des messes catholiques ; en 1938, 42 monastères jésuites fonctionnaient dans le Reich ; l'instruction religieuse est dispensée dans les écoles publiques aux frais de l'État ; les Églises catholique et protestante ont reçu du gouvernement nazi 500 millions de marks en 1938 contre 130 millions en 1933.[66] Un bref encadré signale que la Gestapo nazie a retenu des enfants tchèques dans un wagon de train pendant trois jours pour les avoir entendus crier « Vive Staline ».[67]

Amérique du Sud

Illustration de la page 25.

Cette section rassemble des nouvelles brèves d'Amérique du Sud. La publication rapporte qu'une sécheresse dans l'État brésilien de Minas Gerais en 1939 a fait baisser les cours d'eau, révélant des diamants encastrés dans la boue, transformant l'exode des habitants en afflux de chercheurs de pierres précieuses.[68] Elle évoque le rapport de la Commission des réfugiés de la Guyane britannique sur la possibilité d'y installer des réfugiés juifs d'Europe centrale, concluant que la région est adaptée à la foresterie mais non à l'agriculture, ses sols sablonneux perdant leur humus dès que la forêt est défrichée.[69] La publication rapporte la naissance en mai 1939, à Lima, au Pérou, d'un bébé par césarienne d'une fillette prénommée Lina Medina, âgée de cinq ans et demi selon son acte de naissance du 23 septembre 1934, présentée comme la plus jeune mère humaine connue.[70] D'autres faits divers concernent la police colombienne qui, pour récupérer 40 000 dollars de billets volés jetés dans un fleuve, a convaincu des centaines de ramasseurs de les restituer en leur affirmant qu'ils étaient faux, et un décret équatorien imposant des amendes aux propriétaires terriens dont les employés âgés de 8 à 21 ans seraient analphabètes.[71]

Dans le Grand Sud-Ouest

D'un fermier indépendant à l'AAA

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Commentaire britannique

Par J. Hemery (Londres)[72]

Conditions de guerre

J. Hemery rend compte depuis Londres de la situation britannique deux mois après le début de la guerre : aucune attaque aérienne allemande n'a encore atteint l'intérieur du pays, ce qui constitue une grande surprise au regard des menaces proférées par les dirigeants militaires allemands.[73] Il décrit les contraintes du black-out total imposé à l'ensemble du territoire — rues plongées dans l'obscurité, amendes lourdes pour tout trait de lumière visible — et note que le nombre de morts par accident de la route a fortement augmenté.[74]

L'évacuation

La publication décrit l'évacuation de près de deux millions d'enfants et de leurs mères des villes vers les campagnes en quatre jours après le 3 septembre, présentée comme un « triomphe d'organisation », mais source de tensions religieuses, notamment de la part de l'Église catholique qui surveille étroitement le sort des enfants catholiques.[75] La publication affirme qu'aucun enfant de Témoins de Jéhovah ni de leurs compagnons jonadabs n'a participé à cette évacuation gouvernementale.[76]

Législation d'urgence

Hemery décrit les pouvoirs d'urgence accordés au gouvernement britannique, qui permettent l'arrestation sans mandat, l'interdiction de réunions publiques sans justification, et la poursuite de toute personne exprimant des opinions « préjudiciables à la défense du royaume ».[77] Il note qu'une brochure gouvernementale de 36 pages sur les atrocités des camps de concentration nazis mentionne les souffrances des « chercheurs sérieux de la Bible » (Témoins de Jéhovah), louant leur courage inébranlable, mais que la BBC, dans ses rediffusions du soir, a supprimé cette mention — vraisemblablement sur intervention d'un catholique dirigeant les programmes.[78]

Objecteurs de conscience

Hemery signale que les jeunes Témoins de Jéhovah comparaissant devant les tribunaux militaires britanniques ont bénéficié d'un traitement notablement plus équitable qu'en 1914-1918, les juges ayant été surpris d'entendre des témoins déclarer qu'ils répudiaient la religion tout en servant Dieu et le Christ-Roi ; cette position inédite a généralement été acceptée et une exemption complète a été accordée dans la quasi-totalité des cas.[79]

Les légions victorieuses de Franco

La publication décrit les conséquences de la victoire de Franco en Espagne : des champs dévastés, des villes en ruines, des veuves et des orphelins, des tombes d'enfants tués par les avions, et des condamnations à mort au rythme de vingt par jour devant les cinq tribunaux spéciaux de Madrid seuls, trois mois et demi après la reddition complète de la République espagnole.[80] Elle reproduit un extrait du London Daily Herald qui accuse Franco d'avoir acheté sa victoire à l'étranger, d'avoir mitraillé des réfugiés sur les routes, et souligne qu'aucune parole de miséricorde n'a jamais franchi ses lèvres.[81]

Annonces et publications disponibles

Le numéro se termine par trois encadrés publicitaires. Le premier propose l'Annuaire 1940 des Témoins de Jéhovah, présenté comme un compte rendu complet des activités mondiales de l'année écoulée rédigé par le président de la Société, assorti d'un commentaire sur le texte de l'année et d'un texte quotidien tiré de récentes livraisons de La Tour de Garde, au prix de 50 cents.[82] Le deuxième annonce le Calendrier 1940, illustré d'une peinture en couleur basée sur le texte de l'année tiré de Psaumes 13:5 (« Mon cœur se réjouira en ton salut »), au prix de 25 cents l'unité ou 1 dollar pour cinq exemplaires envoyés à la même adresse.[83] Le troisième propose un ensemble de trois brochures et du dernier numéro du Kingdom NewsGouvernement et Paix, Fascisme ou Liberté et Face aux Faits avec le Kingdom News n° 5 — pour une contribution de 10 cents le set.[84]


Illustrations du numéro

Fichiers

Références

  1. Consolation du 13 décembre 1939, p. 17.
  2. Consolation du 13 décembre 1939, p. 17.
  3. Consolation du 13 décembre 1939, p. 14.
  4. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  5. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  6. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  7. Consolation du 13 décembre 1939, p. 19-20.
  8. Consolation du 13 décembre 1939, p. 16-20.
  9. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  10. Consolation du 13 décembre 1939, p. 14-15.
  11. Consolation du 13 décembre 1939, p. 15.
  12. Consolation du 13 décembre 1939, p. 11-12.
  13. Consolation du 13 décembre 1939, p. 23-24.
  14. Consolation du 13 décembre 1939, p. 30.
  15. Titre original : « Appetizers ».
  16. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  17. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  18. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  19. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  20. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  21. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  22. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  23. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  24. Consolation du 13 décembre 1939, p. 5.
  25. Consolation du 13 décembre 1939, p. 5.
  26. Consolation du 13 décembre 1939, p. 4.
  27. Consolation du 13 décembre 1939, p. 6.
  28. Consolation du 13 décembre 1939, p. 6.
  29. Consolation du 13 décembre 1939, p. 6.
  30. Consolation du 13 décembre 1939, p. 6.
  31. Consolation du 13 décembre 1939, p. 7.
  32. Consolation du 13 décembre 1939, p. 7.
  33. Consolation du 13 décembre 1939, p. 7.
  34. Consolation du 13 décembre 1939, p. 11.
  35. Consolation du 13 décembre 1939, p. 11.
  36. Consolation du 13 décembre 1939, p. 11.
  37. Consolation du 13 décembre 1939, p. 11.
  38. Consolation du 13 décembre 1939, p. 12.
  39. Consolation du 13 décembre 1939, p. 12.
  40. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  41. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  42. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  43. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  44. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  45. Consolation du 13 décembre 1939, p. 13.
  46. Consolation du 13 décembre 1939, p. 16.
  47. Consolation du 13 décembre 1939, p. 16.
  48. Consolation du 13 décembre 1939, p. 16-17.
  49. Consolation du 13 décembre 1939, p. 17.
  50. Consolation du 13 décembre 1939, p. 17.
  51. Consolation du 13 décembre 1939, p. 18.
  52. Consolation du 13 décembre 1939, p. 18.
  53. Consolation du 13 décembre 1939, p. 18-19.
  54. Consolation du 13 décembre 1939, p. 18.
  55. Consolation du 13 décembre 1939, p. 19.
  56. Consolation du 13 décembre 1939, p. 19.
  57. Consolation du 13 décembre 1939, p. 19-20.
  58. Consolation du 13 décembre 1939, p. 21.
  59. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  60. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  61. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  62. Consolation du 13 décembre 1939, p. 22.
  63. Consolation du 13 décembre 1939, p. 23.
  64. Consolation du 13 décembre 1939, p. 23.
  65. Consolation du 13 décembre 1939, p. 23-24.
  66. Consolation du 13 décembre 1939, p. 25.
  67. Consolation du 13 décembre 1939, p. 25.
  68. Consolation du 13 décembre 1939, p. 26.
  69. Consolation du 13 décembre 1939, p. 26.
  70. Consolation du 13 décembre 1939, p. 26.
  71. Consolation du 13 décembre 1939, p. 26.
  72. Titre original : « British Comment ».
  73. Consolation du 13 décembre 1939, p. 27-28.
  74. Consolation du 13 décembre 1939, p. 28.
  75. Consolation du 13 décembre 1939, p. 28.
  76. Consolation du 13 décembre 1939, p. 28.
  77. Consolation du 13 décembre 1939, p. 28-29.
  78. Consolation du 13 décembre 1939, p. 29.
  79. Consolation du 13 décembre 1939, p. 30.
  80. Consolation du 13 décembre 1939, p. 31.
  81. Consolation du 13 décembre 1939, p. 31.
  82. Consolation du 13 décembre 1939, p. 31.
  83. Consolation du 13 décembre 1939, p. 31.
  84. Consolation du 13 décembre 1939, p. 32.