Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

Consolation du 17 avril 1940

De Tj-encyclopédie
Consolation du 17 avril 1940
Revue Consolation
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro place au cœur de ses préoccupations la question du salut au drapeau imposé dans les écoles américaines, en l'abordant sous l'angle d'une double menace : celle que la publication impute à la hiérarchie catholique romaine, accusée de contrôler les conseils scolaires et de faire circuler des manuels d'histoire falsifiés, et celle des autorités civiles qui punissent des enfants de Témoins de Jéhovah au motif qu'ils refusent, par conscience religieuse, un geste assimilé à de l'idolâtrie. L'affaire Minersville, alors en voie d'être portée devant la Cour suprême des États-Unis, constitue le fil conducteur implicite de plusieurs articles du numéro.

La publication étend ensuite sa dénonciation à des incidents locaux survenus dans le Massachusetts et dans le Vermont, documentant des cas où des maires ou des responsables ont interdit des réunions de Témoins de Jéhovah dans des salles publiques pourtant régulièrement louées, en comparant ces pratiques aux méthodes des régimes totalitaires européens. Ces récits de persécutions ordinaires, mêlés à des brèves sur la fraude commerciale ou les serments d'allégeance, composent un numéro dont la tonalité dominante est la défense des libertés civiles et religieuses face à ce que la publication présente comme une collusion entre autoritarisme clérical et faiblesse politique.

Analyse

Croyances

L'article « Le règne des démons : pourquoi permis ? » constitue le développement doctrinal le plus ambitieux de ce numéro.[1] Il expose une réponse théologique à la question de la permission divine du mal, structurée autour du défi lancé par Satan dans le jardin d'Éden. La doctrine défendue est que Jéhovah ne tolère la méchanceté ni pour enseigner des leçons morales à l'humanité, ni par impuissance, mais uniquement pour régler la question de Sa suprématie universelle face à une contestation dont les conséquences engagent l'ensemble de la création intelligente. Cette formulation correspond à l'enseignement cohérent développé par la Société Watch Tower depuis les publications de Rutherford dans les années 1930, notamment dans Vindication, dont ce numéro cite directement un extrait.[2]

La doctrine de la nature et de l'identité de Satan est exposée avec une précision inhabituelle pour un périodique non spécialisé. L'article distingue soigneusement l'état originel de Satan — ange créé parfait par Jéhovah — de sa chute par convoitise, et énumère ses quatre noms symboliques : Serpent (trompeur), Diable (calomniateur), Dragon (dévoreur) et Satan (adversaire de la justice).[3] Cette quadruple désignation s'appuie sur Apocalypse 12:9 et Apocalypse 20:2, exactement les mêmes textes que ceux mobilisés dans la définition doctrinale standard du mouvement sur Satan, telle qu'elle peut être retrouvée dans les enseignements publiés à la même époque.[4] La publication du 17 avril 1940 ancre ainsi une doctrine déjà solidement établie dans un cadre narratif accessible au lecteur ordinaire, en faisant de Pharaon la préfiguration typologique de Satan.

Ce motif typologique — Pharaon comme type de Satan — mérite une attention particulière. L'article cite Exode 9:16 dans les traductions de Rotherham et Leeser pour établir que Dieu a maintenu Pharaon en place non par faiblesse, mais pour démontrer Sa puissance et faire proclamer Son nom sur toute la terre.[5] Ce raisonnement typologique, selon lequel le destin du Pharaon de l'Exode préfigure la destruction prochaine de Satan lors d'Armageddon, est caractéristique de la méthode herméneutique rutherfordienne, qui lit l'Ancien Testament comme une suite de types prophétiques dont l'accomplissement est attendu dans la période contemporaine. L'article cite Romains 9:17 et Romains 9:22 pour appuyer cette interprétation, intégrant ainsi la théologie paulinienne sur les « vases de colère » dans la démonstration de la suprématie divine.[6]

Le défi de Satan concernant l'intégrité des hommes envers Dieu est formulé à partir de Job 1:10-11 et Job 2:4-7.[7] Cette mobilisation du livre de Job pour expliquer la souffrance des fidèles comme témoignage rendu à Jéhovah face au défi satanique est une constante de l'enseignement de la Société Watch Tower depuis les années 1930. Elle implique une conception précise du sens de la persécution : lorsque les Témoins de Jéhovah subissent des emprisonnements au Massachusetts, des interdictions de réunion à Burlington ou des condamnations à Memel, ces épreuves ne sont pas des accidents de l'histoire, mais des éléments d'un débat cosmique entre Jéhovah et Satan sur la fidélité des humains dans l'adversité.[8] L'article théologique central et les récits de persécution publiés dans le même numéro forment ainsi une unité argumentative cohérente.

L'interprétation de Apocalypse 11:8, qui qualifie le monde présent de « Sodome et Égypte », et l'identification du fleuve Nil aux peuples exploités par les élites constituent une lecture prophétique du monde contemporain.[9] Cette herméneutique projette les catégories bibliques sur la réalité des années 1940 — la guerre en Europe, l'exploitation économique décrite dans les articles sur le capitalisme, la persécution des Témoins de Jéhovah en Europe centrale — en leur donnant une signification eschatologique. L'article sur l'Afrique du Sud, la série sur le « Big Business » et les statistiques de persécution en Europe centrale[10] fonctionnent tous, dans la logique interne du numéro, comme des illustrations de cette domination de Satan sur le monde présent, dont la destruction lors d'Armageddon est présentée comme certaine et imminente.

L'encadré sur Matthieu 5:29-30 développe une herméneutique non littérale explicite.[11] La publication, renvoyant à la brochure Hereafter de Rutherford et à La Tour de Garde du 15 septembre 1939, établit que les paroles de Jésus sur l'œil et la main sont des figures de style dont la signification est symbolique. Le terme « géhenne », explique la publication, désigne la vallée de Hinnom près de Jérusalem, lieu de combustion des ordures, et non un lieu de tourments conscients.[12] Ce rejet de la géhenne comme enfer de feu conscient est la conséquence directe de la doctrine de l'état inconscient des morts, illustrée par la citation d'Ecclésiaste 9:5 dans la rubrique Divers,[13] et qui se retrouve dans la moquerie récurrente de « l'escroquerie du purgatoire » dans l'article sur les plantes.[14] La cohérence de ces trois occurrences dispersées dans le numéro — l'encadré herméneutique, la citation de l'Ecclésiaste et la formule satirique sur le purgatoire — indique que le rejet de l'enfer et de l'immortalité de l'âme est un fil directeur doctrinal du numéro, et non un simple commentaire circonstanciel. Ce rejet de l'immortalité consciente de l'âme distingue l'enseignement des Témoins de Jéhovah de l'ensemble des traditions chrétiennes majoritaires.[15]

L'anecdote rapportée par une Témoin australienne, dans laquelle sa jeune fille répond à une enseignante d'école du dimanche que « Jésus n'est pas Dieu », constitue une illustration doctrinale du rejet de la Trinité.[16] La formulation retenue — « Jésus n'est pas Dieu » — est présentée comme une évidence spontanée, même chez les enfants, signalant que la distinction entre Jéhovah et Jésus est un enseignement fondamental transmis dès le plus jeune âge dans les familles de Témoins de Jéhovah en 1940.

Enfin, l'affirmation conclusive de l'article sur la Catholic Truth Society, selon laquelle « le gouvernement théocratique de Jéhovah est déjà établi » et que ceux qui s'y conforment peuvent espérer le salut lors d'Armageddon,[17] résume la position ecclésiologique du numéro : le Royaume de Dieu n'est pas une réalité future abstraite, mais un gouvernement actif dont les Témoins de Jéhovah sont déjà les sujets, en opposition directe aux gouvernements humains — qu'ils soient totalitaires européens ou démocratiques américains agissant sous influence catholique. Cette affirmation s'inscrit dans la doctrine de la restauration du gouvernement théocratique développée par Rutherford, qui présentait Jéhovah comme le seul souverain légitime et la fidélité à Son gouvernement comme la condition du salut à Armageddon.[18]

Organisation et histoire

Ce numéro de Consolation du 17 avril 1940 s'inscrit dans une période de tensions croissantes entre les Témoins de Jéhovah et les autorités civiles et religieuses aux États-Unis, marquée par des persécutions locales et des enjeux juridiques majeurs autour de la liberté de culte et d'expression[19]. La publication met en lumière plusieurs affaires judiciaires et administratives qui illustrent les conflits entre les principes constitutionnels américains et les pratiques autoritaires de certaines municipalités ou États, souvent influencés par la hiérarchie catholique romaine. Ces tensions s'inscrivent dans un contexte plus large de montée des régimes totalitaires en Europe, que la revue utilise comme miroir pour dénoncer les dérives antidémocratiques aux États-Unis[20].

L'un des thèmes centraux de ce numéro est la persécution des enfants Témoins de Jéhovah dans les écoles publiques pour leur refus de saluer le drapeau américain. Cette question, déjà soulevée dans des numéros antérieurs de Consolation[21], prend une ampleur particulière en 1940, avec des cas documentés dans plusieurs États, notamment le Massachusetts et la Pennsylvanie. La publication cite une décision récente de la Cour d'appel des États-Unis pour le troisième circuit, qui a invalidé la loi de Minersville (Pennsylvanie) imposant le salut au drapeau, une loi ayant conduit à l'exclusion de deux enfants Témoins de Jéhovah de leur école. Le conseil scolaire de Minersville a annoncé son intention de faire appel devant la Cour suprême des États-Unis, ce qui pourrait aboutir à une clarification définitive de l'autorité des responsables scolaires à imposer des pratiques contraires aux objections de conscience des élèves et de leurs parents[22]. Cette affaire s'inscrit dans une série de plus de trente cas similaires portés devant la Cour suprême entre 1938 et 1943, illustrant l'intensité des conflits autour de cette question[23].

La revue dénonce également le contrôle exercé par la hiérarchie catholique romaine sur les conseils scolaires américains, accusés d'imposer des pratiques patriotiques tout en censurant l'histoire dans les manuels scolaires. La publication cite des exemples concrets, comme le manuel The Story of Nations, coécrit par des universitaires de l'Université de Californie du Sud et utilisé dans plusieurs États. Ce livre est critiqué pour son omission délibérée des crimes de l'Inquisition et des persécutions infligées par l'Église catholique, ainsi que pour sa présentation biaisée de la Réforme protestante. La revue accuse les auteurs de manipuler l'histoire pour servir les intérêts de l'Église catholique, tout en soulignant que les enfants, dépourvus de connaissances historiques approfondies, sont des proies faciles pour cette propagande[24]. Cette dénonciation s'inscrit dans une stratégie plus large de la Watch Tower pour discréditer l'influence catholique sur les institutions américaines, une thématique récurrente dans les publications de l'époque[25].

Les activités de prédication et de diffusion des Témoins de Jéhovah à l'international occupent une place importante dans ce numéro. La revue relate notamment la tenue de conventions simultanées en Australie et à New York, ainsi que les difficultés rencontrées par les Témoins pour obtenir des salles publiques. À Sydney, la mairie a refusé de louer ses locaux pour une convention, un refus similaire à celui opposé à Joseph Franklin Rutherford lors de sa visite en Australie. Sir Benjamin Fuller, un pair connu pour son attachement à la liberté, a offert l'un de ses théâtres pour permettre aux Témoins de tenir leur rassemblement. Les discours de Rutherford, intitulés « Victoire » et « Gouvernement et Paix », ont été diffusés avec succès, malgré les tentatives des opposants pour perturber la réunion[26]. Ces conventions illustrent l'organisation croissante du mouvement à l'échelle mondiale, avec des rassemblements de plus en plus importants et une logistique sophistiquée, notamment l'utilisation de la radio pour diffuser les discours[27].

La revue consacre également une large place aux persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe sous les régimes totalitaires. Un encadré présente un résumé des répressions en Europe centrale au cours de l'année 1939, tiré du 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses. Les chiffres rapportés sont éloquents : six cas de meurtres avérés, soixante-et-un cas de mauvais traitements, 437 plaintes déposées par la police contre des proclamateurs, 312 arrestations, des peines de prison totalisant environ cinquante-quatre ans, 149 confiscations de littérature, 155 condamnations, 85 acquittements, 193 libérations sans procès, sept déportations, douze interdictions et vingt-cinq rectifications dans la presse. Ces statistiques illustrent l'intensité de la répression subie par les Témoins de Jéhovah dans les territoires contrôlés par le régime hitlérien, où leur fidélité à Jéhovah est systématiquement criminalisée[28]. En Allemagne nazie, les Témoins de Jéhovah étaient la première confession religieuse à être interdite, dès 1933, et environ 6 000 d'entre eux ont été détenus dans des camps de concentration entre 1933 et 1945, avec un taux de mortalité estimé à 12 %[29].

Les annulations de locations de salles publiques pour les réunions des Témoins de Jéhovah sont un autre thème récurrent de ce numéro. La revue relate plusieurs cas de censure locale, notamment à Newburyport (Massachusetts) et à Burlington (Vermont), où des maires ou des responsables municipaux ont tenté d'empêcher les Témoins de tenir des réunions, malgré le paiement des locations. À Newburyport, Malcolm Ayers, ancien solliciteur de la ville et président de l'Association du bâtiment maçonnique, a tenté d'annuler la location de la salle, invoquant des protestations de certains habitants. Les Témoins ont finalement obtenu gain de cause grâce à l'intervention de la police d'État, qui a confirmé leur droit de rester dans la salle tant qu'ils avaient payé pour son utilisation[30]. À Burlington, le maire Burns a annulé la location de la salle municipale aux Témoins de Jéhovah, bien qu'ils aient payé pour son utilisation, invoquant des protestations et des dissensions au sein de la ville. La publication compare cette décision aux méthodes dictatoriales des régimes totalitaires européens et souligne qu'elle remet en question les droits constitutionnels à la liberté d'expression, de culte et de réunion[31]. Ces affaires illustrent les pressions exercées par des groupes religieux ou des autorités locales pour limiter les activités des Témoins de Jéhovah, souvent sous prétexte de maintenir l'ordre public.

Les affaires judiciaires impliquant les Témoins de Jéhovah sont également mises en avant dans ce numéro. La revue relate notamment une arrestation survenue à Brooklyn, où cinq jeunes Témoins de Jéhovah ont été arrêtés pour avoir distribué des magazines, dont La Tour de Garde et Consolation, en proclamant : « Lisez la vérité sur la religion et voyez par vous-mêmes qu'elle est la plus grande escroquerie du monde. » Un policier catholique, nommé Leahy, a interprété ces paroles comme une forme de communisme et a procédé à leur arrestation. Le juge a finalement reconnu que les Témoins agissaient dans le cadre de leurs droits constitutionnels et a rejeté l'affaire, soulignant que personne n'avait le droit de les empêcher de diffuser leurs idées[32]. Cette affaire s'inscrit dans une série de conflits juridiques autour de la liberté de prédication des Témoins de Jéhovah, qui ont abouti à plusieurs décisions importantes de la Cour suprême des États-Unis, notamment dans l'affaire Cantwell v. Connecticut (1940), où la Cour a reconnu le droit des Témoins de diffuser leur message sans autorisation préalable[33].

Les relations entre les Témoins de Jéhovah et les gouvernements coloniaux sont illustrées par l'exemple des Fidji, où le mouvement a obtenu l'autorisation de reprendre ses activités après une entrevue avec le gouverneur. La revue relate que les Témoins avaient été interdits d'importer certaines publications, mais qu'une pétition des autochtones fidjiens et une entrevue officielle avec le gouverneur ont permis de lever cette interdiction. Lors de cette entrevue, il a été établi que 40 000 exemplaires de littérature avaient été distribués dans la colonie sans provoquer le moindre trouble parmi les autochtones. La publication regrette cependant que l'influence des ecclésiastiques ait retardé la résolution de cette affaire aussi longtemps[34]. Cet exemple illustre les négociations menées par les Témoins de Jéhovah avec les autorités locales pour obtenir la reconnaissance de leur droit à prêcher, une stratégie récurrente dans les territoires sous domination britannique.

La revue met également en avant les conventions et rassemblements des Témoins de Jéhovah, qui jouent un rôle central dans la mobilisation des fidèles et la diffusion de leur message. L'article sur la convention de New York et de l'Australie souligne l'organisation simultanée de ces événements, avec des discours diffusés par radio et une logistique sophistiquée. La convention de Sydney, malgré le refus initial de la mairie, a finalement pu se tenir grâce à l'intervention de Sir Benjamin Fuller, et a attiré une foule importante. Ces rassemblements sont présentés comme des victoires pour la liberté de culte et des démonstrations de la force du mouvement[35].

La persécution des enfants Témoins de Jéhovah dans les écoles est un thème particulièrement poignant de ce numéro. La revue relate plusieurs cas d'exclusions ou de placements en centres de redressement pour refus de saluer le drapeau, notamment dans le Massachusetts, où une famille a vu ses enfants retirés à leurs parents et placés dans un centre de redressement. La publication compare cette situation aux camps de concentration allemands et soviétiques, où les individus dont la conscience ne peut être contrôlée par l'État sont emprisonnés. Elle souligne l'absurdité de cette persécution, qui vise des enfants innocents pour des raisons de conscience, et rappelle que ces législateurs finiront par rendre des comptes devant Dieu[36]. Ces cas illustrent les tensions entre les droits individuels et les exigences patriotiques, dans un contexte où les régimes totalitaires européens cherchent à étendre leur influence.

Les allégations de communisme contre les Témoins de Jéhovah sont également abordées dans ce numéro. La revue relate une anecdote où une femme de Floride a accusé Rutherford d'être un « Rouge » (communiste) et a fait arrêter deux Témoins pour être venus à sa porte. Sybil Rogers, une Témoin, a défendu Rutherford en affirmant que les Témoins de Jéhovah n'étaient pas des communistes, et a rappelé à cette femme les paroles de Jésus dans Matthieu 25:40, soulignant que persécuter les Témoins équivalait à persécuter le Christ lui-même. La femme, touchée par ces paroles, a finalement assisté à une étude du salut et a reconnu son erreur[37]. Ces accusations reflètent les préjugés et la désinformation dont les Témoins de Jéhovah étaient victimes, souvent confondus avec des mouvements politiques subversifs en raison de leur refus de participer aux cérémonies patriotiques.

Enfin, la revue met en lumière la mobilisation des fidèles pour défendre leurs droits, notamment à travers des pétitions, des résolutions et des actions collectives. À Newcastle, en Australie, les Témoins de Jéhovah ont distribué des tracts et utilisé des haut-parleurs pour annoncer une conférence publique, malgré l'annulation de leur réservation à la mairie. Une résolution de protestation a été adoptée à l'unanimité, et une pétition a été signée par des milliers de personnes pour que la conférence ait lieu. Le conseil municipal a finalement voté en faveur de la tenue d'une nouvelle conférence, intitulée « Fascisme ou Liberté », marquant une victoire pour les Témoins de Jéhovah et leurs défenseurs de la liberté[38]. Ces actions illustrent la détermination des Témoins de Jéhovah à résister aux pressions et à défendre leurs droits, même face à des autorités hostiles.

Économie et société

La revue exagère systématiquement les dysfonctionnements du système économique et social pour appuyer son discours eschatologique de fin du « système de choses ». Plusieurs affirmations à enjeu idéologique sont déformées ou présentées de manière biaisée.

L'article sur les syndicats et les salaires à l'Exposition universelle de New York souligne que les ouvriers du bâtiment syndiqués gagnaient entre 200 et 400 dollars par semaine, incluant les heures supplémentaires, et que ces salaires élevés auraient coûté plus de 10 millions de dollars en surcoûts aux gouvernements étrangers[39]. Cette présentation vise à discréditer les syndicats en les associant à des pratiques abusives, sans mentionner les conditions de travail difficiles ou les négociations collectives qui ont permis ces salaires. Les recherches historiques montrent que le *Congress of Industrial Organizations* (CIO), fondé en 1935, était effectivement une organisation militante, souvent perçue comme radicale en raison de ses méthodes de grève sur le tas (*sit-down strikes*) et de la présence de communistes en son sein. Cependant, aucune source ne confirme l'existence d'une amende spécifique infligée au CIO dans les années 1930, comme le suggère la revue. Cette absence de preuve renforce l'hypothèse d'une exagération rhétorique, destinée à présenter les syndicats comme inefficaces ou corrompus, afin de discréditer toute alternative séculière au système économique actuel et de promouvoir l'idée que seule une intervention divine peut rétablir la justice sociale[40].

La dénonciation des assurances-vie industrielles comme une « escroquerie systématique » repose sur l'affirmation que 70 % des polices souscrites entre 1928 et 1937 ont été résiliées, privant les assurés de tout bénéfice[41]. Cette critique s'inscrit dans une stratégie plus large de discrédit des institutions financières, présentées comme intrinsèquement frauduleuses. Les recherches historiques confirment que les taux de résiliation étaient effectivement élevés dans ce secteur, mais les données disponibles, notamment celles de Louis D. Brandeis, indiquent un taux de résiliation d'environ 50 % la première année, et non 70 %[42]. Bien que ce taux reste préoccupant, le chiffre avancé par la revue apparaît comme une exagération, probablement destinée à renforcer l'idée d'un système économique intrinsèquement injuste et exploiteur. Cette distorsion sert à justifier la nécessité d'une intervention divine pour mettre fin à ces abus, conformément à la rhétorique eschatologique de la publication.

Enfin, la revue minimise les protections légales et les avancées sociales réelles en ignorant systématiquement les contextes qui pourraient nuancer ses critiques. Par exemple, elle ne mentionne jamais les efforts des autorités pour réguler les pratiques abusives des assurances ou les progrès réalisés par les syndicats pour améliorer les conditions de travail. Cette omission volontaire permet de présenter le monde séculier comme irrémédiablement corrompu, renforçant ainsi l'urgence d'une intervention divine pour rétablir l'ordre et la justice[43].

Contenu

Religion du Drapeau

La rubrique s'ouvre sur une critique acerbe des conseils scolaires américains, contrôlés par la hiérarchie catholique romaine, qui infligent des punitions aux enfants refusant de saluer le drapeau au nom de leur obéissance à Dieu. La publication dénonce ces conseils comme des « bullies » (brutes) qui, sous couvert de patriotisme, imposent leur autorité aux enfants tout en se soumettant servilement aux directives d'une puissance étrangère, la hiérarchie catholique. Elle cite un arrêt de la Cour suprême de Floride de juin 1939 pour justifier l'interdiction des pratiques religieuses contraires aux « canons moraux approuvés » ou « nuisibles au bien-être public »[44].

Le texte souligne l'hypocrisie de ces conseils scolaires, qui prétendent défendre les principes américains tout en censurant l'histoire réelle de la hiérarchie catholique. Il accuse cette dernière d'avoir préparé des manuels d'histoire falsifiés, omettant ou minimisant ses crimes passés, afin de présenter une image glorifiée d'elle-même aux enfants. Ces manuels, diffusés dans les écoles de plusieurs États comme la Californie, le Texas, l'Oregon ou New York, sont décrits comme des outils de propagande destinés à endoctriner les jeunes esprits. La publication affirme que les conseils scolaires, au lieu de protéger les enfants de cette désinformation, se soumettent docilement à la hiérarchie catholique, trahissant ainsi leur mission éducative[45].

Un exemple concret est donné avec le manuel The Story of Nations, coécrit par des universitaires de l'Université de Californie du Sud et utilisé dans plusieurs États. Ce livre, présenté comme une « revue de l'histoire mondiale », est critiqué pour son introduction trompeuse, qui promet une narration impartiale tout en omettant délibérément les crimes de l'Inquisition et les persécutions infligées par l'Église catholique. La publication dénonce cette omission comme une stratégie délibérée pour empêcher les enfants de découvrir la vérité sur les atrocités commises par l'Église au fil des siècles, notamment pendant la Réforme. Elle cite notamment l'absence de toute mention des tortures infligées par l'Inquisition, comme le bûcher, le chevalet ou les tenailles, qui auraient dissuadé de nombreux enfants de se convertir au catholicisme[46].

« SEULS LES AGITATEURS DE DRAPEAU POURRAIENT LE FAIRE » — ILLUSTRATION ACCOMPAGNANT L'ARTICLE SUR LA RELIGION DU DRAPEAU ET LES MANUELS SCOLAIRES.

Le texte s'attarde également sur la manière dont le manuel traite la Réforme protestante. Il souligne que les figures majeures comme Martin Luther, Jean Calvin ou John Knox sont soit minimisées, soit présentées sous un jour défavorable, tandis que les actions de la hiérarchie catholique pour « ramener les peuples au catholicisme » sont glorifiées. La publication accuse les auteurs du manuel de manipuler l'histoire pour servir les intérêts de l'Église catholique, en insistant sur le fait que ces auteurs, bien qu'éduqués, savent pertinemment que leur récit est biaisé. Elle conclut en rappelant que les enfants, dépourvus de connaissances historiques approfondies, sont des proies faciles pour cette propagande[47].


Le Massachusetts imite l'Allemagne

Une brève rubrique intitulée « Miscellany » (Divers) rapporte un cas de persécution dans le Massachusetts, où une famille d'enfants, dont l'un n'a que huit ans, a été retirée à ses parents et placée dans un centre de redressement pour avoir refusé de saluer le drapeau. La publication compare cette situation aux camps de concentration allemands et soviétiques, où les individus dont la conscience ne peut être contrôlée par l'État sont emprisonnés. Elle attribue la responsabilité de cette mesure aux législateurs de l'État, qui ont refusé d'abroger la loi imposant le salut au drapeau, et s'interroge sur les méthodes qui seront employées pour forcer ces enfants à obéir. Le texte souligne l'absurdité de cette persécution, qui vise des enfants innocents pour des raisons de conscience, et rappelle que ces législateurs finiront par rendre des comptes devant Dieu[48].

Faire ses courses dans la grande ville

Un autre article de la rubrique « Miscellany » relate l'expérience de William Fellows Morgan Jr., commissaire aux marchés de New York, qui a effectué un test pour évaluer l'honnêteté des commerçants de la ville. En sept heures de shopping, il a été trompé à cinq reprises : des bas en soie présentés comme « purs » se sont révélés être des contrefaçons bon marché, un plein d'essence était incomplet d'un demi-litre, et deux poulets achetés pesaient chacun un quart de livre de moins que ce qui était annoncé. La publication souligne l'ironie de la situation, où des commerçants affichant des prix attractifs vendent finalement leurs produits plus chers que prévu. Elle s'interroge sur la prévalence de ces pratiques frauduleuses à New York et dans d'autres villes, et sur l'existence de commerçants honnêtes. L'article conclut en mentionnant que les cinq commerçants malhonnêtes ont été convoqués devant les tribunaux, mais sans préciser les suites données à cette affaire[49].

Dans la ville de William Lloyd Garrison

Un article intitulé « Dans la ville de William Lloyd Garrison » dénonce les événements survenus à Newburyport (Massachusetts), où des Témoins de Jéhovah ont été empêchés de tenir une réunion pacifique dans une salle maçonnique. La publication rappelle que William Lloyd Garrison, célèbre abolitionniste, est originaire de cette ville, et s'interroge sur la liberté d'expression et de culte dans un lieu associé à la défense des droits civiques. Plus de 200 Témoins de Jéhovah s'étaient rendus à Newburyport pour inviter la population à une conférence publique sur le thème « Gouvernement et Paix », basée sur des prophéties bibliques. La conférence devait exposer les forces cherchant à saper la démocratie américaine et à instaurer une dictature similaire à celles existant en Europe[50].

Cependant, Malcolm Ayers, ancien solliciteur de la ville et président de l'Association du bâtiment maçonnique, a tenté d'annuler la location de la salle, invoquant des protestations de certains habitants. Henry G. Judson, représentant des Témoins de Jéhovah, a refusé d'accepter cette annulation et a insisté pour que la réunion ait lieu, conformément au contrat signé. Ayers a alors fait appel à la police locale pour expulser les Témoins de Jéhovah, mais ceux-ci ont sollicité la protection de la police d'État, qui leur a confirmé leur droit de rester dans la salle tant qu'ils avaient payé pour son utilisation. Ayers a finalement retiré sa plainte après avoir constaté que la réunion se déroulait dans le calme, mais trois policiers sont restés en surveillance à l'extérieur de la salle pendant toute la durée de l'événement. La publication souligne l'ironie de cette situation, où des forces extérieures ont tenté de perturber une réunion pacifique, et cite un article du Boston Globe qui a rapporté l'incident de manière critique[51].

Réprimande d'un maire lâche

Un article intitulé « Réprimande d'un maire lâche » relate un incident survenu à Burlington (Vermont), où le maire, M. Burns, a empêché des Témoins de Jéhovah de tenir une réunion dans la salle municipale, bien qu'ils aient payé pour son utilisation. Le maire a justifié sa décision en invoquant des protestations et des dissensions au sein de la ville, une raison similaire à celle avancée par le maire Hague de Jersey City pour interdire des réunions syndicales. La publication rappelle que la Cour suprême des États-Unis avait finalement statué que le maire Hague n'avait pas l'autorité pour refuser une telle réunion, et s'interroge sur la légitimité des actions du maire Burns. Elle souligne que cette décision remet en question les droits constitutionnels à la liberté d'expression, de culte et de réunion, et critique le maire pour ses méthodes dictatoriales, comparables à celles des régimes totalitaires européens[52].

La publication rapporte également que le maire Burns a refusé de divulguer l'identité des personnes ayant protesté contre la réunion, privant ainsi les Témoins de Jéhovah de la possibilité de confronter leurs accusateurs. Elle suggère que le maire pourrait croire que les États-Unis sont en état de guerre et que Burlington nécessite un gouvernement dictatorial, une idée jugée absurde et dangereuse. L'article conclut en invitant le maire à lire la Constitution, la Déclaration des droits et la charte municipale pour se rappeler les principes démocratiques qu'il est censé défendre[53].

Burlington piégée par des escrocs

Un bref article intitulé « Burlington piégée par des escrocs » révèle une ironie supplémentaire dans l'affaire de Burlington. Le maire Burns, qui avait refusé de louer la salle municipale aux Témoins de Jéhovah après avoir encaissé leur paiement de 15 dollars, avait précédemment autorisé une autre organisation à utiliser la salle gratuitement. Cette organisation avait ensuite laissé une facture d'eau impayée de 32 dollars à la charge de la ville. La publication suggère que cette même organisation pourrait être à l'origine des pressions exercées sur le maire pour qu'il annule la location aux Témoins de Jéhovah, et souligne l'hypocrisie de la situation[54].

Serments inutiles

Un dernier article de la rubrique « Miscellany » critique une proposition visant à inclure un serment d'allégeance aux États-Unis dans un projet de loi sur les secours (WPA). La publication compare cette mesure au serment déjà imposé aux enseignants dans certains États, dont l'objectif est de protéger le pays contre les menées communistes. Elle souligne l'absurdité de cette proposition, arguant qu'un individu prêt à trahir les États-Unis au profit de Staline ou d'un autre dirigeant étranger ne reculerait pas devant un simple serment. Elle rappelle que les marxistes, en tant qu'athées, ne croient pas aux serments, et que cette mesure pourrait offenser les citoyens honnêtes, qui pourraient refuser d'être traités comme une classe suspecte. L'article conclut en suggérant que cette proposition est inutile et contre-productive[55].


La publication poursuit sa dénonciation des méthodes autoritaires employées par les conseils scolaires et la hiérarchie catholique pour imposer le salut au drapeau, en les comparant aux régimes totalitaires européens. Elle cite un éditorial du Dallas Morning News du 12 février 1940, qui souligne que pour la majorité des Américains, le salut au drapeau est une expression normale de patriotisme, sans conflit avec leur religion. Cependant, la publication rappelle que certaines minorités religieuses, comme les Témoins de Jéhovah, considèrent ce geste comme incompatible avec leur foi, en se référant à des principes bibliques tels que l'interdiction de l'idolâtrie. Elle souligne que ces enfants, en refusant de saluer le drapeau, ne font qu'obéir aux enseignements de leurs parents et de leurs pasteurs, et que leur exclusion des écoles publiques constitue une violation de leur droit à l'éducation[56].

La publication évoque également une décision récente de la Cour d'appel des États-Unis pour le troisième circuit, qui a invalidé la loi de Minersville (Pennsylvanie) imposant le salut au drapeau. Cette loi avait conduit à l'exclusion de deux enfants de Témoins de Jéhovah de leur école. Le conseil scolaire de Minersville a annoncé son intention de faire appel devant la Cour suprême des États-Unis, ce qui pourrait clarifier l'autorité des responsables scolaires à imposer des pratiques contraires aux objections de conscience des élèves et de leurs parents. La publication souligne que cette affaire met en lumière les tensions entre les droits individuels et les exigences patriotiques, dans un contexte où les régimes totalitaires européens cherchent à étendre leur influence[57].

Un encadré intitulé The Catholic Crisis est cité pour rappeler que la hiérarchie catholique romaine contrôle la majorité des agences de presse et des médias aux États-Unis, et qu'elle est alliée aux régimes totalitaires européens, notamment ceux d'Hitler, Mussolini, Franco et Staline. La publication affirme que ces régimes partagent un programme commun de destruction mondiale, et que les Écritures avaient prédit ces conditions. Elle insiste sur la nécessité d'informer les enfants de la véritable histoire du catholicisme, afin qu'ils puissent comprendre les menaces actuelles et agir en conséquence. La publication conclut en citant un article de presse décrivant les méthodes répressives du régime nazi, notamment l'emprisonnement ou la peine de mort pour ceux qui écoutent des émissions de radio étrangères. Elle compare ces méthodes à celles employées par les conseils scolaires américains, qui punissent les enfants refusant de saluer le drapeau, et rappelle que ces persécuteurs finiront par être vaincus par le Christ Jésus, conformément aux prophéties bibliques[58].

Un commentaire signé Elton Groves souligne que les persécuteurs des enfants fidèles à Jéhovah, bien qu'ils puissent temporairement échapper à la justice, seront finalement jugés par le Christ Jésus. Il cite le livre de Jérémie (Jérémie 25:33) pour illustrer la fin inévitable de ceux qui s'opposent à Dieu, et encourage les enfants persécutés à se réjouir de leur salut futur, conformément au Psaume 13 (Psaume 13:5)[59].

Deux jeunes femmes brillantes

La rubrique « Miscellany » (Divers) relate l'histoire de deux jeunes femmes de Bridgeport qui se sont déguisées en religieuses pour mendier dans les rues de New York. Vêtues de costumes de nonnes fabriqués maison, elles se faisaient passer pour des « navetteuses » (commuters) et sollicitaient l'aumône auprès des passants. Leur stratagème leur rapportait entre 15 et 20 dollars par jour, une somme considérable pour l'époque. Cependant, leur supercherie fut découverte lorsque quelqu'un à Bridgeport, ayant reconnu leur méthode, alerta les autorités new-yorkaises. Les deux femmes furent arrêtées pour escroquerie et obtention d'argent sous de faux prétextes. La publication souligne l'ironie de la situation, où ces femmes ont réussi à exploiter un système de mendicité organisé tout en gardant l'intégralité de l'argent récolté, au lieu de le partager avec d'autres membres de leur réseau. Elle conclut que leur arrestation était justifiée, car leur activité constituait une fraude pure et simple[60].

Aussi chevalier de la mallette noire

Un bref article évoque le cas d'E. L. Doheny, un homme d'affaires décédé dont la veuve a été nommée comtesse papale par le pape Pie XII. La publication rappelle que Doheny avait été fait chevalier de Saint-Grégoire et chevalier du Saint-Sépulcre, des titres honorifiques catholiques. Elle mentionne également qu'il avait envoyé 100 000 dollars en espèces dans une mallette noire à Albert L. Fall, alors secrétaire à l'Intérieur des États-Unis. Bien que Fall ait été reconnu coupable de corruption pour avoir reçu ce pot-de-vin, aucune mesure n'a été prise contre Doheny, malgré ses titres de chevalier. La publication souligne que le gouvernement américain s'est contenté de récupérer les terres pétrolifères qui appartenaient au peuple, sans poursuivre les responsables de cette affaire de corruption[61].

Il faut s'agenouiller sur les os

Un article critique la première indulgence plénière accordée par radio, diffusée depuis la Cité du Vatican le 24 août 1939. La publication explique que pour bénéficier de cette « bénédiction », les auditeurs devaient s'agenouiller devant leur poste de radio. Elle cite une explication de la National Broadcasting Company (NBC), qui précise que cette condition était nécessaire pour recevoir l'indulgence. La publication tourne en dérision cette pratique, soulignant son caractère absurde et superstitieux, et rappelle que les véritables bénédictions de Dieu ne dépendent pas de rituels aussi superficiels[62].

Les nonnes ne paient pas

Un article rapporte que dans plusieurs villes américaines, dont La Nouvelle-Orléans, Denver, Houston et San Francisco, les nonnes voyagent gratuitement dans les tramways. La publication souligne que ces religieuses ne dépensent pas un centime lorsqu'elles reviennent de leurs campagnes de mendicité, ce qui leur permet de maximiser les profits de leurs collectes. Elle critique cette pratique, qui avantage les nonnes au détriment des autres usagers des transports en commun, et dénonce l'hypocrisie d'un système où les religieuses bénéficient de privilèges tout en prétendant servir une cause spirituelle[63].

Le taureau dressé

UN ARTICLE SATIRIQUE ÉVOQUE LE CAS D'UN TAUREAU DRESSÉ EMPLOYÉ DANS LES ABATTOIRS DE CHICAGO, DONT LE RÔLE EST DE COURIR DEVANT LES BÊTES DESTINÉES À L'ABATTAGE POUR LES ENTRAÎNER VERS LES TUERIES, AVANT DE SE RÉFUGIER DANS UNE NICHE PRÉVUE À CET EFFET PENDANT QUE LE BÉTAIL CONTINUE VERS L'ABATTOIR. LA PUBLICATION CITE ENSUITE UN EXTRAIT DU LONDON CATHOLIC UNIVERSE, PUBLIÉ UN MOIS APRÈS LE DÉBUT DE LA GUERRE, QUI ANNONÇAIT LA PROTECTION ACCORDÉE AUX ÉTUDIANTS EN THÉOLOGIE CONTRE LE SERVICE MILITAIRE : CES ÉTUDIANTS, DÉFINIS COMME DES HOMMES QUI, AVANT SEPTEMBRE 1939, POURSUIVAIENT LEUR FORMATION DANS UN ÉTABLISSEMENT RECONNU PAR UNE CONFESSION RELIGIEUSE COMME INSTITUTION DE FORMATION AUX ORDRES SACRÉS OU AU MINISTÈRE PASTORAL, ÉTAIENT EXEMPTÉS DU SERVICE MILITAIRE EN VERTU DU « NATIONAL SERVICE (ARMED FORCES) ACT, 1939 ». LA PUBLICATION UTILISE LA MÉTAPHORE DU TAUREAU DRESSÉ POUR RAILLER LES CLERCS CATHOLIQUES QU'ELLE ASSIMILE À DES AGENTS GUIDANT LEURS OUAILLES VERS LA MORT TOUT EN SE PROTÉGEANT EUX-MÊMES, GRÂCE À CES EXEMPTIONS LÉGALES[64].

Les petits tyrans durement touchés

LA PUBLICATION CITE UN EXTRAIT DU NEW ORLEANS TRIBUNE QUI SE FÉLICITE QUE LES AUTORITÉS LOCALES — MAIRES, ÉCHEVINS ET CHEFS DE POLICE — QUI S'ÉTAIENT ÉRIGÉES EN CENSEURS DES IMPRIMERIES ET INTERDISAIENT LA DISTRIBUTION DE TRACTS ET BROCHURES, DOIVENT DÉSORMAIS RENONCER À CETTE PRATIQUE. LA PUBLICATION SOULIGNE QUE LA NOUVELLE-ORLÉANS A CONNU DE NOMBREUSES ARRESTATIONS POUR DISTRIBUTION DE TRACTS CONTESTÉS, MAIS QUE CES ABUS DE POUVOIR NE SAURAIENT SE RÉPÉTER. CET ARTICLE EST PRÉSENTÉ COMME UNE VICTOIRE POUR LA LIBERTÉ DE DIFFUSION DE MATÉRIEL IMPRIMÉ[65].

« Les morts ne savent rien »

UN BREF ARTICLE CITE Ecclésiaste 9:5 SELON LEQUEL « LES MORTS NE SAVENT RIEN », ET CONFRONTE CETTE AFFIRMATION BIBLIQUE À UN TITRE DU NEW YORK HERALD TRIBUNE ANNONÇANT QUE DES « FOULES PRIENT UNE FEMME MORTE EN 1881 ». IL S'AGIT DE « MÈRE MARY MAZZARELLO », BÉATIFIÉE PAR LE PAPE PIE XI. LA PUBLICATION AFFIRME QUE CETTE BÉATIFICATION NE REPRÉSENTE RIEN D'AUTRE QU'UN PÉCHÉ DE PRÉSOMPTION CONTRE DIEU[66].

Parmi les marchands d'os et de chiffons

Un témoignage personnel signé Ray Hann, de l'Illinois, dénonce les pratiques de la messe catholique. L'auteur, qui se présente comme un ancien « servant de messe », décrit son rôle consistant à suivre le prêtre, lui tendre le vin et tenir sa chasuble tout en agitant une clochette pendant la consécration. Il souligne que le vin utilisé lors de la messe, malgré les prières du prêtre, conserve toujours l'odeur du vin ordinaire. Il révèle également que la messe n'est valide que si elle est célébrée sur les « os de saints ». Pour ce faire, une plaque de marbre carrée, insérée dans l'autel, contient un petit compartiment où sont placés des ossements de « saints ». Cette plaque, recouverte d'une nappe d'autel, est invisible pour les fidèles, mais elle est essentielle pour que la messe soit considérée comme valide. La publication utilise ce témoignage pour critiquer les rituels catholiques, qu'elle juge superstitieux et dénués de fondement biblique[67].

Le salaire de Joseph Klaszeh

Un article reproduit un relevé de paie de Joseph Klaszeh, un mineur travaillant pour une compagnie charbonnière non identifiée dans le comté de Jefferson, en Alabama. La publication décrit les conditions de vie difficiles de Klaszeh, qui vit dans une ville minière entourée d'un cordon de gardes armés pour empêcher les organisateurs syndicaux et les journalistes d'y pénétrer. Le relevé de paie montre que pour un demi-mois de travail, Klaszeh a extrait 102 tonnes de charbon, ce qui aurait dû lui rapporter 33,66 dollars au taux de 33 cents par tonne. Cependant, de nombreuses retenues ont été effectuées sur son salaire : 4,40 dollars pour la poudre, 0,50 dollar pour la forge, 9,77 dollars pour les fournitures, 5 dollars pour le loyer, 2,50 dollars pour le charbon, 4 dollars pour le magasin, 0,55 dollar pour les taxes, 1 dollar pour les cotisations syndicales, 1 dollar pour une cotisation syndicale spéciale, 0,50 dollar pour la collecte, et 1 dollar pour le prêtre. Même après ces retenues, Klaszeh aurait dû recevoir 3,44 dollars, mais une erreur de calcul dans les déductions l'a privé de 34 cents supplémentaires, ne lui laissant que 3,10 dollars pour un demi-mois de travail. La publication dénonce cette exploitation, qui réduit les mineurs à une situation de quasi-esclavage, et souligne que ces pratiques frauduleuses sont courantes dans les villes minières contrôlées par les compagnies[68].

Ce n'est tout simplement pas vrai

UN BREF ARTICLE RELATE UNE RUMEUR COLPORTÉE À LA NOUVELLE-ORLÉANS, SELON LAQUELLE L'ARCHEVÊQUE JOSEPH F. RUMMEL ET D'AUTRES MEMBRES DU CLERGÉ CATHOLIQUE SERAIENT IMPLIQUÉS DANS LE SCANDALE DES « HOT OILS » (PÉTROLE FRAUDULEUX) EN LOUISIANE. CES RUMEURS ONT ÉTÉ DÉMENTIES PAR O. JOHN ROGGE, PROCUREUR GÉNÉRAL ADJOINT DES ÉTATS-UNIS CHARGÉ DE L'ENQUÊTE SUR LE SCANDALE, QUI A DÉCLARÉ QU'AUCUNE INVESTIGATION N'ÉTAIT EN COURS CONCERNANT L'ARCHEVÊQUE ET QU'AUCUN ÉLÉMENT LE METTANT EN CAUSE N'AVAIT ÉTÉ DÉCOUVERT. L'ARCHEVÊQUE RUMMEL LUI-MÊME A DÉMENTI CES ALLÉGATIONS PAR UNE DÉCLARATION PUBLIQUE INDIGNÉE. LA PUBLICATION CITE L'ALTOONA REGISTER, JOURNAL CATHOLIQUE ROMAIN, COMME SOURCE[69].

Confesser le père

UN ANECDOTE RAPPORTÉE PAR WILLIAM B. FOWLER, DU MASSACHUSETTS, RACONTE QU'UNE JEUNE FEMME, FILLE D'UN « JONADAB » APPARTENANT À LA CONGRÉGATION DE CAMBRIDGE, VOYAGEAIT DANS UN TRAMWAY BONDÉ EN DIRECTION DE WATERTOWN EN COMPAGNIE D'UNE AMIE. EN SE FRAYANT UN CHEMIN DANS L'ALLÉE DU TRAMWAY, L'AMIE A INVOLONTAIREMENT BOUSCULÉ UN PRÊTRE CATHOLIQUE QUI SE TROUVAIT DANS L'ALLÉE. CELUI-CI, SE RETOURNANT AVEC BRUSQUERIE, A DIT : « JEUNE FEMME, SAVEZ-VOUS QUI JE SUIS ? JE SUIS UN "PÈRE". » LA RÉPLIQUE IMMÉDIATE DE L'AMIE A ÉTÉ : « FÉLICITATIONS ! » CE QUI A CLOS L'INCIDENT. LA PUBLICATION PRÉSENTE CET ÉPISODE COMME UNE ILLUSTRATION HUMORISTIQUE DE L'INUTILITÉ DES TITRES ECCLÉSIASTIQUES FACE À LA FRANCHISE[70].

Pourquoi tant de précipitation ?

UN COURT ARTICLE SIGNÉ E. C. ANDERSON, PUBLIÉ DANS LE BRIDGEPORT POST, S'INTERROGE SUR LA SOUDAINE VOLONTÉ DE RENDRE OBLIGATOIRE LE SALUT AU DRAPEAU AUX ÉTATS-UNIS, ALORS QUE PENDANT PLUS DE 150 ANS LES AMÉRICAINS HONNÊTES ONT OBÉI AUX LOIS SANS Y ÊTRE CONTRAINTS. LA PUBLICATION AVANCE QUE LES MÊMES FORCES QUI ONT PERMIS L'ÉMERGENCE DU FASCISME ET DU HITLÉRISME EN EUROPE CHERCHENT DÉSORMAIS À CONTRÔLER LES INSTITUTIONS AMÉRICAINES, ET QUE LE SALUT AU DRAPEAU OBLIGATOIRE N'EST QU'UN ÉLÉMENT DE CE PROGRAMME[71].

Cela semble raisonnable

UN DERNIER EXTRAIT CITE LE DOCTEUR ANTON J. DE HAAS, PROFESSEUR DE RELATIONS INTERNATIONALES À L'UNIVERSITÉ HARVARD, QUI, LORS D'UNE ALLOCUTION À NORTH ADAMS, MASSACHUSETTS, A DÉCLARÉ QUE RENVOYER DES ENFANTS DE HUIT ANS DANS UN CAMP DE DÉTENTION POUR N'AVOIR PAS SALUÉ LE DRAPEAU NE REPRÉSENTE PAS LA FORME LA PLUS ÉLEVÉE DE LA DÉMOCRATIE. LA PUBLICATION REPRODUIT CETTE CITATION SANS COMMENTAIRE, LA PRÉSENTANT COMME UNE ÉVIDENCE[72].

Publieurs du Royaume de Jéhovah à Rio de Janeiro, Brésil — un bastion de la hiérarchie.

Convention de New York

Un article relate la tenue d'une convention des Témoins de Jéhovah en Australie, qui s'est déroulée simultanément avec celle de New York. Les Témoins australiens avaient demandé à utiliser la mairie de Sydney pour leur rassemblement, mais cette demande leur a été refusée. Ce refus, similaire à celui opposé à Rutherford lors de sa visite en Australie, a suscité une importante couverture médiatique et relancé le débat sur la liberté de culte dans le pays. Sir Benjamin Fuller, un pair connu pour son attachement à la liberté, a offert l'un de ses théâtres pour permettre aux Témoins de tenir leur convention. Les discours de Rutherford, intitulés « Victoire » et « Gouvernement et Paix », ont été diffusés avec une clarté remarquable, malgré les tentatives des opposants pour perturber la réunion. La publication souligne que même après la diffusion publique des discours, une foule importante s'est rassemblée pour les écouter, démontrant ainsi l'intérêt du public pour le message des Témoins de Jéhovah. Elle cite le Yearbook of Jehovah's witnesses de 1940 pour appuyer ses propos[73].

Le Grand Berger connaît ses brebis

Un témoignage signé Mme R. G. Young, de Virginie, raconte une expérience de prédication dans une région rurale. Alors qu'elle se rendait avec sa famille dans une zone montagneuse pour témoigner, deux tentatives pour atteindre des maisons isolées en voiture ont échoué. Son fils Billy, âgé de huit ans, et elle ont alors décidé de marcher pour rejoindre ces habitations. Malgré la fatigue et les mauvaises conditions de la route, leur persévérance a été récompensée : ils ont pu parler à dix auditeurs, distribuer un livre de salut, dix brochures, et organiser une réunion pour les trois familles rencontrées. Ils ont également pris une commande pour une combinaison de trois livres. La publication souligne la joie de Mme Young et de son fils, qui ont vu dans cette expérience une preuve que le Grand Berger, Jéhovah, connaît ses brebis et les guide vers les personnes de bonne volonté[74].

Libérer le prisonnier

Un témoignage signé Sybil Rogers, de Floride, relate une conversation avec une femme qui critiquait Rutherford en l'accusant d'être un « Rouge » (communiste). Lorsque Sybil Rogers a défendu Rutherford en affirmant que les Témoins de Jéhovah n'étaient pas des communistes, la femme a rétorqué qu'elle avait fait arrêter deux d'entre eux pour être venus à sa porte. Sybil Rogers lui a alors rappelé les paroles de Jésus dans Matthieu 25:40, soulignant que persécuter les Témoins de Jéhovah équivalait à persécuter le Christ lui-même. Elle a également reproché à cette femme de critiquer des personnes sans avoir lu leurs livres ni connaître leurs enseignements. La femme, touchée par ces paroles, a finalement assisté à une étude du salut et a reconnu son erreur. La publication utilise ce témoignage pour illustrer l'importance de défendre la vérité face aux préjugés et aux calomnies[75].

L'Australie

Un article décrit les difficultés rencontrées par les Témoins de Jéhovah à Newcastle, en Australie, une ville industrielle centrée sur l'extraction du charbon et la sidérurgie. Les Témoins avaient demandé à utiliser la mairie pour une conférence publique intitulée « Face the Facts » (Affrontez les faits), et avaient payé pour la location de la salle. Cependant, à la dernière minute, ils ont reçu un avis officieux annulant leur réservation. Malgré cette annulation, les Témoins ont poursuivi leur campagne de publicité, distribuant des tracts et utilisant des haut-parleurs et la radio pour annoncer la conférence. Le jour de l'événement, plus de mille personnes se sont rassemblées devant la mairie, mais les lumières étaient éteintes et un avis non signé sur les portes indiquait que la réunion était annulée. Le président de la réunion a alors informé la foule que les forces catholiques-fascistes étaient responsables de cette annulation. Une résolution de protestation a été adoptée à l'unanimité, et un tract spécial a été imprimé et distribué le lendemain pour informer la population des faits. Une centaine de Témoins venus de Sydney ont rejoint les efforts pour poursuivre la prédication. La publication souligne que cette action a suscité une large indignation dans la ville, et que des milliers de personnes ont signé une pétition pour que la conférence ait lieu. Une nouvelle demande a été faite pour une conférence intitulée « Fascisme ou Liberté », et le conseil municipal a voté à 18 voix contre 2 en faveur de sa tenue. Malgré la présence de voyous envoyés par les prêtres catholiques, la conférence s'est déroulée sans incident, marquant une victoire pour les Témoins de Jéhovah et leurs défenseurs de la liberté[76].

Un résident de Kissimmee, en Floride, diffuse le message du Royaume depuis son domicile.

Le Brésil

Un article relate les activités des Témoins de Jéhovah au Brésil, un pays où la hiérarchie catholique exerce une forte influence. La publication décrit l'utilisation d'une voiture-sono pour diffuser le message du Royaume à des milliers de personnes chaque semaine. Malgré les tentatives des agents de la hiérarchie pour faire taire cette prédication, la voiture-sono a continué à diffuser ses programmes sans interruption, avec l'aide de Jéhovah. Lors de la « Journée des Morts » (All Souls' Day), la voiture-sono et une demi-douzaine de Témoins ont visité des cimetières pour donner des conférences sur des thèmes tels que « Où sont les morts ? », « Le Purgatoire », « La Résurrection », « Jéhovah » et « Les Richesses ». Plus de 45 000 personnes ont écouté ces conférences, et les Témoins ont distribué une quantité importante de littérature, dont plus de 200 brochures intitulées Where Are the Dead? (Où sont les morts ?). La publication cite le Yearbook of Jehovah's witnesses de 1940 pour illustrer ces efforts[77].

L'article mentionne également les persécutions subies par les Témoins de Jéhovah dans l'État de Rio Grande do Sul. Un prêtre catholique s'est plaint aux autorités locales des activités d'un petit groupe de Témoins, composés de fermiers polonais et allemands, qui annonçaient le Royaume de Dieu et dénonçaient la corruption du clergé. Leur littérature a été saisie et envoyée à Porto Alegre pour enquête. Les Témoins ont été accusés de « mettre en danger le gouvernement brésilien » et de « diffuser de la littérature séditieuse ». Un officier du Bureau des Investigations, approché par deux prêtres catholiques, a été tenté de faire un rapport défavorable contre les Témoins en échange d'un pot-de-vin. Cependant, cet officier, qui avait entendu les programmes de la voiture-sono et connaissait la nature pacifique du travail des Témoins, a refusé cette offre et a rendu un rapport favorable. Une protestation formelle a été déposée, et la littérature saisie a finalement été restituée après plusieurs mois de retard. Les Témoins ont obtenu une déclaration écrite garantissant qu'aucun officier ne pourrait interférer avec leur travail. Depuis lors, leur activité s'est intensifiée, et trois d'entre eux se préparent à entrer dans le service pionnier[78].

Pas si mal après tout

Un témoignage signé d'un Témoin de Jéhovah relate une expérience de prédication en Floride. Alors qu'il marchait avec sa femme dans une zone rurale pour témoigner, le couple a décidé de s'arrêter dans une maison près d'une ligne de bus pour attendre le prochain bus. Fatigués, ils ont joué un enregistrement intitulé « Snare and Racket » (Piège et Escroquerie) pour onze auditeurs présents. Les auditeurs ont posé de nombreuses questions, et le Témoin a tenté d'y répondre en citant les Écritures. Cependant, la maîtresse de maison, une baptiste, est intervenue avec colère, affirmant qu'elle n'avait pas besoin des enseignements des Témoins de Jéhovah car son pasteur lui enseignait tout ce qu'elle devait savoir. Elle a ordonné aux Témoins de partir, mais ceux-ci sont restés, car le mari et les fils de la femme semblaient intéressés par le message. Le Témoin a finalement cité Hébreux 13:2 et Genèse 18:3-8 pour souligner l'importance de l'hospitalité, ce qui a amusé les autres auditeurs. Il a répondu à toutes les questions de la femme en utilisant les Écritures, et celle-ci, incapable de réfuter ses arguments, a finalement quitté la pièce. La publication utilise ce témoignage pour illustrer la persévérance des Témoins de Jéhovah dans leur mission de prédication, même face à l'hostilité[79].


Le travail de témoignage rétabli aux Fidji

DEUX PROCLAMATEURS DU ROYAUME AU TEXAS — « TOUS LES DIX ANS QU'ILS SONT DANS LE TRAVAIL, ILS PARAISSENT DIX ANS PLUS JEUNES. C'EST PAREIL POUR LES FILLES. AUCUN D'EUX NE PARAÎT PLUS DE 30 ANS. »

Un article relate la reprise des activités des Témoins de Jéhovah aux Fidji, avec l'approbation du gouvernement local. Cette reprise marque une amélioration significative de la situation, les réunions d'étude étant désormais bien fréquentées et le travail de porte-à-porte régulièrement effectué par ceux qui aiment le Seigneur. La publication souligne que des milliers de livres sont distribués dans l'archipel. L'article mentionne également une entrevue officielle accordée par le gouverneur des Fidji à un représentant des Témoins de Jéhovah, au cours de laquelle sept points ont été abordés : (a) une pétition des autochtones fidjiens demandant la littérature de la Watch Tower ; (b) une demande d'explications sur la raison pour laquelle des publications comme The Harp of God étaient considérées comme contraires à l'intérêt public ; (c) une demande d'informations sur les motifs pour lesquels le gouvernement refusait de justifier l'interdiction d'importer certaines publications ; (d) la présentation de preuves démontrant que la Watch Tower accomplissait un travail bénéfique et favorisait une meilleure citoyenneté aux Fidji ; (e) la démonstration, à partir de la Bible, que les Témoins de Jéhovah, en partageant les vérités bibliques, aidaient l'Empire britannique ; (f) une demande d'abrogation des décrets entravant le travail de la Watch Tower aux Fidji ; et (g) la présentation d'une pétition signée par les participants réguliers aux réunions organisées par les Témoins de Jéhovah dans l'archipel[80].

Lors de cette entrevue, il a été établi que 40 000 exemplaires de littérature avaient été distribués dans la colonie sans provoquer le moindre trouble parmi les autochtones. Des preuves ont également été soumises, tirées de la presse catholique, démontrant que la hiérarchie s'oppose à la Bible tout en étant protégée par un gouvernement se revendiquant chrétien, protestant et démocratique, tandis que les véritables chrétiens sont persécutés. Les résultats de cette entrevue ont été jugés satisfaisants par toutes les parties, et la publication regrette seulement que l'influence des ecclésiastiques ait retardé la résolution de cette affaire aussi longtemps[81].

Un témoignage signé R. J. Norman, pionnier, raconte une expérience de prédication dans une région rurale. Alors qu'il lisait un passage de la Bible à une femme, celle-ci a d'abord exprimé son incrédulité en secouant la tête, avant de hocher la tête de plus en plus rapidement, comme si elle découvrait quelque chose pour la première fois. D'autres personnes présentes ont ensuite engagé la conversation avec le Témoin, et la femme a préparé un repas pour les visiteurs, conformément à l'hospitalité décrite dans Genèse 18:3-8. La publication souligne que cette expérience a permis de distribuer quatre exemplaires de littérature, dont les brochures Face the Facts et Government and Peace. Le Témoin conclut en invitant les lecteurs à revenir pour poursuivre la discussion[82].

Les Témoins de Jéhovah à Memel

Un bref article rapporte que deux Témoins de Jéhovah résidant à Memel, une ville récemment annexée par l'Allemagne nazie, ont été condamnés à deux ans et demi de prison pour avoir continué à pratiquer leur foi en tant que véritables chrétiens sous un régime nazi. La publication souligne la gravité de cette condamnation, qui illustre la persécution subie par les Témoins de Jéhovah dans les territoires contrôlés par le régime hitlérien[83].

Toujours un peu de liberté à Brooklyn

Un témoignage anonyme, signé par un membre de la famille de la maison Bethel à Brooklyn, relate une arrestation survenue le 24 février 1940. Cinq jeunes Témoins de Jéhovah distribuaient des magazines, dont La Tour de Garde et Consolation, à un carrefour animé de Brooklyn, en proclamant : « Lisez la vérité sur la religion et voyez par vous-mêmes qu'elle est la plus grande escroquerie du monde. » Un policier nommé Leahy, bien qu'ayant prêté serment de défendre la liberté d'expression et de la presse, a interprété ces paroles comme une forme de communisme et a arrêté les cinq jeunes. L'un d'eux, âgé de moins de 18 ans mais mesurant plus d'un mètre quatre-vingts, a été placé dans une cellule avec dix-sept criminels, dont l'un lui a demandé s'il avait été arrêté pour viol. La publication souligne l'absurdité de cette arrestation, qui a finalement été jugée en faveur des Témoins de Jéhovah. Le juge a reconnu que leurs idéaux étaient des plus élevés, qu'ils n'étaient pas des criminels, et qu'ils avaient le droit de diffuser leurs idées. Il a également déclaré que personne n'avait le droit de les en empêcher, et que le pays aurait tout à gagner à compter plus de jeunes de cette trempe[84].

Lors de l'audience, le policier Leahy a été interrogé sur son appartenance religieuse et a admis être catholique romain, bien que sa voix ait été à peine audible. Il a affirmé avoir arrêté les jeunes parce qu'ils parlaient trop fort, mais lorsqu'on lui a demandé de démontrer à quel point ils étaient bruyants, il a presque perdu son dentier et s'est exprimé si faiblement qu'il était difficile de l'entendre. Il a également reconnu que le magazine Social Justice, édité par le père Coughlin, était régulièrement distribué au même endroit. La publication souligne l'hypocrisie de cette situation, où un policier catholique arrête des Témoins de Jéhovah pour des motifs fallacieux, tout en tolérant la diffusion d'autres publications. Le juge a finalement conclu que les jeunes agissaient dans le cadre de leurs droits constitutionnels et a rejeté l'affaire[85].

Les Témoins de Jéhovah en Europe centrale

Un encadré présente un résumé des persécutions subies par les Témoins de Jéhovah en Europe centrale au cours de l'année 1939, tiré du 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses. Les chiffres rapportés sont les suivants : six cas de meurtres avérés, soixante-et-un cas de mauvais traitements, 437 plaintes déposées par la police contre des proclamateurs, 312 arrestations, des peines de prison totalisant environ cinquante-quatre ans, 149 confiscations de littérature, 155 condamnations, 85 acquittements par les tribunaux inférieurs ou supérieurs, 193 libérations sans procès, sept déportations, douze interdictions ET VINGT-CINQ RECTIFICATIONS DANS LA PRESSE. La publication utilise ces chiffres pour illustrer l'intensité de la répression subie par les Témoins de Jéhovah dans les régimes totalitaires, où leur fidélité à Jéhovah est systématiquement criminalisée[86].

Piège et escroquerie

Un témoignage signé d'une Témoins de Jéhovah australienne relate une anecdote impliquant sa jeune fille. Alors que cette dernière jouait près de la porte de leur maison, une enseignante d'une école du dimanche voisine lui a proposé de venir à son école, promettant des cadeaux pour Noël, un siège spécial pour son anniversaire et une sucette. La fillette a refusé, ce qui a conduit l'enseignante à lui demander si elle savait que Dieu était mort pour elle. La petite a répondu avec assurance que ce n'était pas vrai, et que c'était Jésus, leur Sauveur, qui était mort pour eux. L'enseignante a alors rétorqué : « Eh bien, n'est-il pas Dieu ? », ce à quoi la fillette a répondu en s'éloignant, dégoûtée : « Jésus n'est pas Dieu. » La publication utilise cette anecdote pour illustrer la confusion doctrinale entretenue par les enseignements religieux traditionnels, et pour souligner la clarté des croyances des Témoins de Jéhovah, même chez les jeunes enfants[87].

Le règne des démons : pourquoi permis ?

Un article théologique approfondi aborde la question de la permission divine du mal sur la terre. La publication s'interroge sur les raisons pour lesquelles Jéhovah, Dieu de justice, permet la méchanceté, l'exploitation des hommes par les grandes entreprises, les politiciens sans scrupules et la religion. Elle rappelle que le Diable est « le prince de ce monde » et que le monde actuel est symbolisé par l'Égypte antique, où Jésus-Christ a été crucifié. La publication cite Apocalypse 11:8, qui décrit spirituellement ce monde comme « Sodome et Égypte », et explique que le fleuve Nil, symbole des peuples exploités par les élites, représente les masses utilisées par les dirigeants de ce monde. Le pharaon d'Égypte, qui se proclamait souverain absolu, est présenté comme une préfiguration de Satan, le « grand dragon » et « serpent ancien » mentionné dans Apocalypse 12:9 et Apocalypse 20:2. La publication souligne que Satan, autrefois un ange parfait, a été créé par Jéhovah et placé dans une position de responsabilité, mais que son esprit de convoitise l'a conduit à se rebeller contre Dieu[88].

Dans le jardin d'Éden, Lucifer a accusé Dieu de mentir, remettant ainsi en cause la véracité de Sa Parole. En réponse, Dieu lui a attribué plusieurs noms reflétant sa nature : Serpent, pour son caractère de menteur et de trompeur ; Diable, pour son rôle de calomniateur ; Dragon, pour sa capacité à dévorer ce qui est bon ; et Satan, pour son opposition à tout ce qui est juste. La publication cite Job 1:10-11 et Job 2:4-7 pour illustrer comment Satan a défié Jéhovah en affirmant que les hommes ne Lui resteraient pas fidèles dans l'adversité. Ce défi a soulevé la question de la suprématie divine : qui est le souverain suprême de l'univers ? La publication explique que le nom de Jéhovah représente la justice, la vérité, la sagesse, l'amour et la puissance, et que Satan a remis en cause ces attributs en défiant Dieu de placer un homme sur terre capable de maintenir son intégrité envers Lui dans les conditions les plus adverses[89].

L'article poursuit en expliquant que Dieu a permis à Satan de poursuivre sa voie égoïste et méchante afin de démontrer pleinement la question soulevée par le Diable. Cette permission a pour but de prouver que le nom de Jéhovah incarne bien tout ce qu'Il revendique : Sa suprématie, Sa puissance illimitée, Sa justice absolue, Son désintéressement total et Sa sagesse parfaite. La publication cite Exode 9:16 dans les traductions de Rotherham et Leeser pour illustrer comment Dieu a permis à Pharaon de rester en place afin de démontrer Sa puissance et de faire proclamer Son nom sur toute la terre. Elle souligne que Pharaon, en tant que symbole de Satan, a été utilisé par Dieu pour illustrer comment, après avoir donné un avertissement suffisant, Jéhovah détruira Satan et son organisation pour délivrer les personnes de bonne volonté de leur oppression. Cette destruction aura lieu lors de la bataille d'Armageddon, qui est proche[90].

La publication explique que Dieu n'a pas créé Satan comme un être méchant, mais qu'Il lui a permis de suivre sa voie pour démontrer que toute méchanceté conduit inévitablement à la destruction. Elle cite Romains 9:17 et Romains 9:22 pour appuyer cette idée, soulignant que Dieu endure avec une grande patience les « vases de colère » préparés pour la destruction, afin de manifester Sa puissance et de faire connaître Son nom. L'article conclut en affirmant que les Écritures montrent clairement que Jéhovah n'est en aucun cas responsable de la méchanceté sur terre, et qu'Il n'a pas permis cette situation pour enseigner des leçons aux hommes, mais pour régler définitivement la question de Sa suprématie et de la validité de Son nom[91].

Australasie

LA SECTION AUSTRALASIE REGROUPE PLUSIEURS BRÈVES PUBLIÉES EN PAGE 18 ET 19 DU DOCUMENT. UNE PREMIÈRE NOTICE ÉVOQUE LE « ROLY-POLY », UNE PLANTE DU DÉSERT AUSTRALIEN QUI PROSPÈRE LORS DES PÉRIODES HUMIDES ET PEUT ATTEINDRE SOIXANTE CENTIMÈTRES DE DIAMÈTRE, MAIS QUI, LORSQUE LA SÉCHERESSE ARRIVE, PERD TOUTE SA SÈVE, SE DÉTACHE DE SA TIGE AU MOINDRE COUP DE VENT ET ROULE SUR LE DÉSERT EN DISPERSANT SES GRAINES, AVANT DE SE COINCER CONTRE UNE CLÔTURE — CE QUI EXPLIQUE, SELON LA PUBLICATION, POURQUOI CERTAINES CLÔTURES D'AUSTRALIE SONT DEVENUES DES ÉLÉMENTS PERMANENTS DU PAYSAGE[92]. UNE SECONDE BRÈVE MENTIONNE L'EXPÉDITION DE L'AMIRAL BYRD VERS LE CONTINENT ANTARCTIQUE, DÉCRIT COMME COUVRANT PLUS DE SUPERFICIE QUE L'ENSEMBLE DES ÉTATS-UNIS ET DU MEXIQUE RÉUNIS. L'EXPÉDITION EMPORTAIT UN IMPOSANT MATÉRIEL, DONT UN GIGANTESQUE VÉHICULE TOUT-TERRAIN DE CINQUANTE-CINQ PIEDS DE LONG CAPABLE DE TRANSPORTER UN AVION SUR SON TOIT, PLUSIEURS MAISONS PRÉFABRIQUÉES EN ACIER, TROIS CHARS, DEUX AVIONS ET ENVIRON UN MILLION DE DOLLARS D'ÉQUIPEMENT ET DE VIVRES[93].

LA PAGE 19 POURSUIT AVEC PLUSIEURS AUTRES BRÈVES AUSTRALASIENNES. UN PREMIER PASSAGE RAPPORTE LA DÉCLARATION DE W. J. CLEARY, PRÉSIDENT DE L'AUSTRALIAN BROADCASTING COMMISSION, SELON LAQUELLE « IL N'EXISTE PAS DE LIBERTÉ DE PAROLE », DÉCLARATION QU'IL A PRÉSENTÉE COMME JUSTIFICATION POUR REFUSER UNE ÉMISSION CONSACRÉE PRÉCISÉMENT À CE SUJET. UNE NOTICE CONSACRÉE À LA NOUVELLE-ZÉLANDE DRESSE UN TABLEAU STATISTIQUE DU PAYS : MOYENNE DE 2 017 HEURES D'ENSOLEILLEMENT PAR AN, POPULATION ESTIMÉE À 1 573 000 HABITANTS FIN 1936, TAUX DE MORTALITÉ LE PLUS BAS DU MONDE (8,48 POUR MILLE), TAUX DE MORTALITÉ INFANTILE LE PLUS BAS DU MONDE (31,21 POUR MILLE), PREMIER PAYS BRITANNIQUE À AVOIR ACCORDÉ LE SUFFRAGE UNIVERSEL MASCULIN (1889) ET FÉMININ (1893), ET PRINCIPAL CLIENT PER CAPITA DE LA GRANDE-BRETAGNE[94]. UN ENCADRÉ CRITIQUE LE JOURNAL SYDNEY SUN, QUI AVAIT PUBLIÉ UN ARTICLE DÉNONÇANT LE FASCISME AU QUÉBEC, MAIS QUI S'ÉTAIT MONTRÉ TOTALEMENT PARTIAL ENVERS LE JUGE RUTHERFORD LORS DE SA VISITE EN AUSTRALIE, PRÉFÉRANT PUBLIER DES MENSONGES À SON SUJET PLUTÔT QUE DE RAPPORTER LES FAITS QU'IL AVAIT PRÉSENTÉS SUR UNE CONSPIRATION MONDIALE[95]. UN TÉMOIGNAGE D'AUSTRALIE OCCIDENTALE RAPPORTE QUE LES CANNIBALES DE LA TERRE D'ARNHEM, DANS LE TERRITOIRE DU NORD, REFUSENT DE TUER, CUISINER ET MANGER DES FUMEURS, CAR LA VIANDE D'UN FUMEUR NOIRCIT À LA CUISSON ET EST EMPOISONNÉE — L'AUTEUR EN PROFITE POUR CONDAMNER L'HABITUDE DU TABAC ET PRÉDIRE QUE LES FUMEURS SERONT DANS UNE SITUATION DÉSESPÉRÉE LORSQU'ARMAGEDDON ARRIVERA ET QU'ILS NE POURRONT PLUS SE PROCURER LEURS PAQUETS DE CIGARETTES[96]. UNE BRÈVE RETRACE LA DÉCOUVERTE DU CONTINENT AUSTRALIEN EN 1420 PAR UNE EXPÉDITION MILITAIRE CHINOISE QUE UNE VIOLENTE TEMPÊTE AVAIT DÉTOURNÉE DE SA ROUTE VERS CEYLAN — LES NAVIRES AURAIENT CIRCUMNAVIGUÉ L'AUSTRALIE ET, À LEUR RETOUR, UNE CARTE EN PORCELAINE DU « PAYS DU SUD » AURAIT ÉTÉ OFFERTE À L'EMPEREUR CHINOIS[97]. UNE AUTRE BRÈVE SIGNALE QUE DES RATS ONT APPRIS À NAGER DEPUIS LA NOUVELLE-ZÉLANDE CONTINENTALE VERS DES ÎLES INHABITÉES FRÉQUENTÉES PAR LE MUTTON BIRD, OÙ ILS FONT DES RAVAGES DANS LES ŒUFS ET LES JEUNES OISEAUX, CE QUI EXPLIQUE LA RÉDUCTION DES CAPTURES LORS DE LA SAISON DE CHASSE[98]. ENFIN, UNE DERNIÈRE BRÈVE MENTIONNE QUE L'EXPOSITION DU CENTENAIRE EN NOUVELLE-ZÉLANDE A PRÉSENTÉ LES DEUX PLUS GRANDES VITRES DE VERRE À VITRES JAMAIS EXPOSÉES DANS CE PAYS, L'UNE MESURANT 1 125 PIEDS CARRÉS ET L'AUTRE 2 520 PIEDS CARRÉS[99].

L'Afrique du Sud

Un article intitulé « Le Noir dans son pays natal » dénonce les lois récentes adoptées par l'Union sud-africaine, qui restreignent les droits des populations autochtones. La publication critique notamment le « Color Bar Act », qui interdit aux Noirs d'accéder à certains métiers qualifiés ou semi-qualifiés, les condamnant ainsi à occuper des emplois mal rémunérés et subalternes. Elle évoque également le « Land Act », qui empêche les autochtones d'acquérir des terres en dehors des réserves, jugées insuffisantes pour accueillir l'ensemble de la population noire. Ces lois limitent également la liberté de mouvement des autochtones, soumis à des passeports intérieurs restrictifs, et leur retirent tout espoir de progrès politique, notamment en les privant du droit de vote direct dans la seule province où ils en disposaient. La publication souligne que l'objectif de cette politique est la ségrégation des Noirs, cantonnés à des rôles de main-d'œuvre bon marché et exploitable. Elle cite un expert néerlandais, qui aurait admis auprès de Sir John Harris que cette vision du destin des autochtones n'a jamais été partagée par les hommes d'État britanniques, et conclut en dénonçant une politique raciste et oppressive[100].

Un autre article de cette rubrique évoque le retour des attelages hippomobiles à Bulawayo, en Rhodésie du Sud, en raison des restrictions sur l'essence imposées par la guerre. La publication note avec ironie que les Allemands du Sud-Ouest africain, qui étaient des nazis militants quelques mois plus tôt, adoptent désormais une attitude plus discrète, illustrant les « vicissitudes de la guerre »[101].

Un troisième article aborde la question de l'impôt par tête (« poll tax ») en Afrique du Sud, qui oblige tout homme adulte âgé de 18 à 65 ans à payer une livre sterling à l'État et une demi-livre supplémentaire pour la hutte dans laquelle il vit. La publication souligne que cet impôt, s'il n'est pas payé, peut conduire à l'emprisonnement, et critique cette mesure comme une forme d'exploitation des populations autochtones[102].

Enfin, un dernier article relate l'histoire d'un détenu de la prison centrale de Pretoria, qui a obtenu un diplôme universitaire après avoir suivi des cours par correspondance pendant les deux dernières années de sa peine de cinq ans. La publication décrit le système éducatif mis en place dans les prisons sud-africaines, qui permet aux détenus européens de longue durée d'améliorer leur éducation. Elle cite plusieurs exemples de détenus ayant obtenu des diplômes ou suivant des formations, notamment en ingénierie et en droit, et souligne que ce système a permis d'améliorer la discipline en prison. Les détenus qui suivent ces cours sont décrits comme plus dociles et respectueux des règles, et la publication conclut en saluant les efforts des autorités pénitentiaires pour offrir une seconde chance aux condamnés[103].

Quelques plantes communes

Un article intitulé « Quelques plantes communes » s'ouvre sur une réflexion autour de la promesse divine selon laquelle la terre produirait des chardons pour que l'humanité ait à les combattre, citant implicitement Genèse 3:18. La publication évoque plusieurs exemples de plantes considérées comme nuisibles, mais dont certaines se révèlent utiles ou symboliques. Elle raconte ainsi l'histoire du chardon écossais, qui aurait sauvé l'Écosse d'une invasion danoise en faisant crier un soldat danois marchant pieds nus sur cette plante, alertant ainsi les Écossais. Ce chardon est depuis devenu l'emblème national de l'Écosse. La publication décrit également les méthodes employées en Angleterre pour éradiquer les chardons avant leur floraison, ainsi que les difficultés posées par le chardon du Canada et le chardon russe dans les États du nord des États-Unis. Elle souligne que certaines de ces plantes, autrefois considérées comme des pestes, sont désormais utilisées à des fins alimentaires ou fourragères, comme le trèfle doux ou les tournesols[104].

L'article aborde également le cas des oignons et des choux, dont les tentatives d'éradication ont échoué en raison de leur popularité et de leurs bienfaits pour la santé. La publication ironise sur le contraste entre cette attitude raisonnable envers les légumes et la persistance des superstitions religieuses, comme l'« affaire de l'enfer » et l'« escroquerie du purgatoire », qui continuent d'attirer les foules. Elle cite l'exemple d'un chou inodore développé par l'Université Cornell après quatre mille essais, et souligne que les New-Yorkais consomment chaque année plus de six mille wagons de choux. L'article mentionne également d'autres plantes, comme la luzerne, introduite en Grèce depuis la Perse vers 500 av. J.-C., ou le soja, dont les variétés améliorées sont de plus en plus utilisées dans l'alimentation humaine et animale. La publication conclut en évoquant les innovations agricoles, comme le réchauffement des jardins extérieurs par l'électricité en Suède, ou la production de légumes de serre aux États-Unis, qui représente un marché de quinze millions de dollars par an[105].

« Business as usual »

Un long article introduit par un encadré critique le système économique mondial, dominé par la cupidité et l'exploitation des masses. La publication cite le livre Vindication (Book Two) de Joseph Franklin Rutherford, dans lequel il affirme que Jéhovah détruira les structures commerciales qui ont maudit l'humanité, et que le commerce, qu'il soit maritime ou terrestre, ne renaîtra jamais sous sa forme actuelle. Rutherford y dénonce le « Big Business » (les grandes entreprises) et son rôle dans l'exploitation des peuples, une situation qui, selon lui, prendra fin lors de la bataille d'Armageddon. L'article qui suit présente une série d'exemples illustrant les abus du capitalisme et les inégalités qu'il engendre, en temps de paix comme en temps de guerre[106].

La publication relate d'abord l'affaire d'un avocat de Boston et de ses complices, qui ont détourné plus de 200 000 dollars en huit mois en prenant le contrôle de deux fonds d'investissement. Elle compare cette escroquerie aux méthodes traditionnelles de cambriolage, soulignant que les nouvelles techniques financières sont bien plus lucratives et respectées. L'article dénonce également les pratiques des compagnies d'assurance, en citant un cas dans l'Illinois où les dirigeants de l'« Illinois Bankers' Life Association » ont réécrit les polices d'assurance pour s'approprier 1,5 million de dollars, au détriment de 40 000 assurés. La publication souligne que, entre 1928 et 1937, plus de 70 % des polices d'assurance-vie industrielles ont été résiliées, privant les assurés de tout bénéfice, tandis que seulement 8 millions de polices ont été résiliées par décès[107].

LA PUBLICATION DÉVELOPPE ENSUITE UN SOUS-ARTICLE INTITULÉ « IF RELIGION DOESN'T WORK » (SI LA RELIGION N'EST D'AUCUN SECOURS), QUI DÉNONCE L'ARSENAL MILITAIRE PRIVÉ DES GRANDES ENTREPRISES. ELLE CITE LE SÉNATEUR LA FOLLETTE, QUI AURAIT DÉCLARÉ QUE LA REPUBLIC STEEL DISPOSAIT D'UNE ARMÉE PRIVÉE MIEUX ÉQUIPÉE QUE N'IMPORTE QUELLE FORCE DE L'ORDRE PUBLIQUE DU PAYS, AVEC 1 800 ARMES À FEU, 300 FUSILS À GAZ, 160 000 MUNITIONS ET 10 000 PROJECTILES DE GAZ. LA PUBLICATION IRONISE EN DÉCLARANT QU'IL NE LUI MANQUE PLUS QU'UN ÉVÊQUE OU UN CARDINAL POUR « BÉNIR » CET ÉQUIPEMENT. ELLE CITE ÉGALEMENT LE CAS DE TOM GIRDLER, DE REPUBLIC STEEL, ACCUSÉ D'AVOIR PRÉSENTÉ AU SÉNAT DES PHOTOGRAPHIES FRAUDULEUSES DE PRÉTENDUES « BOMBES DE GRÉVISTES »[108].

L'article évoque ensuite les inégalités sociales engendrées par le système économique. Il cite une étude de l'Université Columbia montrant que, entre 1917 et 1932, le revenu par habitant des propriétaires fonciers a augmenté de 128 %, celui des banquiers et financiers de 60 %, et celui des professions libérales de 25 %, tandis que les revenus des travailleurs ont diminué de 45 % et ceux des agriculteurs de 60 %. La publication attribue cette situation au système de l'intérêt, qu'elle décrit comme une « voie directe vers le servage ». Elle souligne également que plus de 99 % des fronts de mer aux États-Unis sont privatisés, empêchant l'accès aux plages sans paiement ou sans enfreindre la loi. Enfin, elle ironise sur l'hypocrisie des religieux, qui prétendent aimer un Dieu censé torturer éternellement ses créatures pour des fautes commises par d'autres, tout en investissant des milliards dans des propriétés ecclésiastiques, alors que la valeur des biens de l'American Telephone and Telegraph Company dépasse celle de l'ensemble des propriétés religieuses américaines[109].

LA PUBLICATION DÉNONCE ENSUITE LES PRATIQUES DES GRANDES ENTREPRISES ET LEUR RÔLE DANS LA PRÉPARATION DES GUERRES. ELLE ÉVOQUE LE CAS DES MACHINES MODERNES, COMME LES NOUVELLES MACHINES À EMBALLER, CAPABLES DE NOUER ENTRE VINGT-CINQ ET TRENTE-CINQ PAQUETS PAR MINUTE, OU LE LAMINOIR CONTINU, LE PLUS GRAND DU MONDE, QUI PERMET À 125 HOMMES DE FAIRE LE TRAVAIL DE 4 500. LA PUBLICATION S'INTERROGE SUR LE SORT DES TRAVAILLEURS REMPLACÉS PAR CES MACHINES, ET IRONISE SUR L'IDÉE QUE LE « BIG BUSINESS » SERAIT UNE ŒUVRE DE CHARITÉ, UNE ÉCOLE DU DIMANCHE OU UNE RÉUNION DE PRIÈRE[110].

UN SOUS-ARTICLE INTITULÉ « INTERNATIONAL MURDERERS, INC. » (LES ASSASSINS INTERNATIONAUX S.A.) DÉNONCE LE COMMERCE DES ARMES ET LE RÔLE DES GRANDES PUISSANCES DANS LA PRÉPARATION DES GUERRES. La publication souligne que, comme lors de la Première Guerre mondiale, les usines de munitions sont à l'abri des attaques, citant les exemples des centres industriels allemands de la Sarre et français de Lorraine, qui, bien que faciles à bombarder, ne sont jamais visés. Elle explique que ces usines sont protégées car leur destruction nuirait aux affaires, et que la guerre est le « plus grand et plus important business de tous ». La publication cite Roger Babson, un statisticien, qui décrit l'industrie des machines-outils comme « dopée » par les préparatifs de guerre, et compare cette situation à celle d'un ivrogne sautant vers une étoile, avec le caniveau comme destination naturelle. Elle rappelle que, dès février 1939, la Grande-Bretagne avait commandé 200 millions de sacs de sable en Inde en prévision de la guerre, et que les nations de la « chrétienté » dépensent un milliard de dollars par mois pour l'achat de matériel de guerre, soit six fois plus qu'en 1938. Les États-Unis, précise-t-elle, dépensent à eux seuls un sixième de cette somme[111].

La publication dénonce également le rôle des hommes politiques et des dirigeants d'entreprises dans ce système. Elle cite l'exemple de Neville Chamberlain, qui, après la Première Guerre mondiale, était directeur de la Birmingham Small Arms Company, une entreprise d'armement, tandis que l'un de ses collègues du Cabinet, Sir John Anderson, était directeur de Vickers, une autre firme d'armement, avant de rejoindre le gouvernement. Elle souligne que le « Big Business » et la religion, aveuglés par leurs intérêts égoïstes, ne voient pas au-delà du présent immédiat et espèrent tirer profit de la guerre, même au prix de la ruine de l'humanité. La publication conclut en affirmant que Jéhovah interviendra avant que l'humanité ne s'autodétruise, et que seuls ceux qui aiment Dieu seront préservés lors de la bataille d'Armageddon. Elle cite le livre Vindication pour rappeler que le Prince de la Paix régnera après cette bataille, et que la religion, le « Big Business » et la guerre appartiendront définitivement au passé[112].

« Malheur à vous, riches »

Un article intitulé « Malheur à vous, riches » dénonce les inégalités économiques et l'exploitation des travailleurs par les grandes fortunes. La publication cite l'exemple de Marshall Field III, héritier d'une fortune de 400 millions de dollars, qui n'a jamais travaillé de sa vie et a reçu trois millions de dollars à sa naissance. Elle oppose cette richesse à la situation des travailleurs de Gary, dans l'Indiana, où se trouve la plus grande aciérie du monde. La ville de Gary a décidé que ses éboueurs devaient être « propres », sous peine de se voir retirer leur permis de fouiller les poubelles. La publication ironise sur cette mesure, qui semble refléter le mépris des dirigeants de l'United States Steel Corporation pour leurs employés les plus précaires[113].

La publication évoque également le cas de la compagnie American Telephone and Telegraph (AT&T), dont les actifs sont estimés à 4,5 milliards de dollars, soit plus que la valeur totale des propriétés religieuses américaines. Elle souligne que cette entreprise a licencié des dizaines de milliers de travailleurs au cours des dernières années, les laissant à la charge des aides publiques plutôt que de les maintenir dans ses effectifs. La publication compare cette attitude à celle des « dieux » des églises, qu'elle décrit comme tout aussi cruels et égoïstes[114].

Des millions et des milliards de tout

Un dernier article, intitulé « Des millions et des milliards de tout », dresse un tableau des excès de la société de consommation aux États-Unis. La publication cite des chiffres impressionnants, comme les 39 millions de femmes américaines qui fréquentent les instituts de beauté, dépensant chacune environ cinq dollars par an dans les 78 624 salons de coiffure du pays. Elle évoque également la production de treize milliards de boîtes de conserve en 1938, soit le double de la production d'il y a vingt ans, et souligne que les nouvelles utilisations des boîtes de conserve se multiplient, comme l'huile moteur en bidon, dont la consommation annuelle atteint désormais 400 millions d'unités. La publication mentionne également la production de jus de fruits en conserve, qui a été multipliée par quarante en dix ans[115].

L'article se termine par une anecdote humoristique tirée du North Dakota Union Farmer, qui raconte l'histoire d'Ole, un fermier endetté auprès de l'Equitable Life Insurance Company. Malgré des récoltes désastreuses, Ole et sa famille se lèvent chaque jour à cinq heures du matin, réveillés par un réveil Montgomery Ward, et travaillent jusqu'à neuf heures du soir, avant de s'effondrer dans des lits Simmons. La publication utilise cette histoire pour illustrer l'absurdité d'un système économique qui exploite les travailleurs tout en enrichissant les grandes entreprises[116].

« IT WON'T BE LONG NOW! » — LÉGENDE IMPRIMÉE ACCOMPAGNANT UNE ILLUSTRATION MONTRANT UN PANNEAU « STAY OUT » DANS UN ARTICLE SUR LES INÉGALITÉS ÉCONOMIQUES AUX ÉTATS-UNIS.


La publication aborde ensuite une série d'articles consacrés à des sujets variés, allant de la situation politique et sociale en Afrique du Sud à des réflexions sur la botanique, en passant par une analyse critique du capitalisme et des inégalités économiques.

La publication poursuit son analyse critique du système économique américain en illustrant, à travers une satire détaillée, l'emprise des grandes corporations sur la vie quotidienne des citoyens. L'article, inspiré d'un récit paru dans le North Dakota Union Farmer, suit le parcours d'Ole, un fermier endetté, dont chaque geste et chaque achat est contrôlé par des entreprises géantes. Ole, après une journée de travail, utilise des produits fabriqués par des sociétés valant des centaines de millions, voire des milliards de dollars : son tracteur McCormick-Deering appartient à International Harvester (400 millions de dollars), son camion Chevrolet à General Motors (1,5 milliard de dollars), et même les clous qu'il utilise sont produits par United States Steel, une entreprise de deux milliards de dollars. La publication souligne que chaque aspect de la vie d'Ole, de son savon Ivory (192 millions de dollars) à son poste de radio Silvertone (Sears-Roebuck, 275 millions de dollars), est dominé par des conglomérats industriels et financiers. Elle dénonce cette dépendance comme une forme d'esclavage moderne, où les travailleurs sont réduits à des consommateurs passifs, alimentant sans cesse les profits des grandes entreprises[117].

L'article cite ensuite un extrait du New York Times rapportant un discours de l'ancien président Herbert Hoover, qui présente les grandes entreprises sous un jour favorable. Hoover y décrit les « démons nationaux » successifs — le pétrole, les canaux, les chemins de fer, le charbon anthracite et les compagnies d'électricité — qui, après avoir été diabolisés par les politiciens, ont finalement été supplantés par des innovations technologiques. La publication tourne en dérision cette vision complaisante, soulignant que Hoover, en tant qu'ancien dirigeant d'entreprises, défend systématiquement les intérêts du « Big Business ». Elle cite notamment son exemple sur les compagnies d'électricité, dont les excès auraient été corrigés par les ingénieurs, réduisant la consommation de charbon et rendant obsolètes de nombreuses centrales hydroélectriques. La publication conteste cette interprétation, affirmant que les ingénieurs n'ont pas résolu les problèmes structurels du capitalisme, mais ont simplement déplacé les inégalités vers d'autres secteurs[118].

Un encadré intitulé « Not All Successful Men Are Money-mad » (Tous les hommes qui réussissent ne sont pas obsédés par l'argent) rapporte deux cas d'employeurs ayant partagé généreusement leurs fortunes avec leurs employés. Le premier cas est celui de John F. Webendorfer, de la société Webendorfer-Wills, fabricant de machines d'imprimerie, qui, lors de la vente de son entreprise pour un million de dollars à l'American Type Founders, distribua 250 000 dollars entre ses 115 employés, dont quatre reçurent chacun 10 000 dollars — tous conservant leur emploi sous la nouvelle direction. Le second cas est celui de J. Harvey Gravell, président de l'American Chemical Paint Company, qui légua l'essentiel de son patrimoine de trois millions de dollars aux quinze employés qui l'avaient aidé à bâtir son entreprise, et qui avait déjà, de son vivant, distribué 100 000 dollars à ses employés pour régler leurs dettes, et offert 300 dollars à chacune de leurs épouses. La publication présente ces exemples comme la preuve qu'il existe « suffisamment pour tous », empruntant cette formule à The Emancipator, et les utilise comme introduction au dialogue entre le Dr. Howe et le banquier[119].

Un encadré intitulé « Two Sides to Every Story » (Il y a deux versions à chaque histoire) reprend un dialogue fictif entre le docteur P. L. Howe, de Bonham (Texas), et un banquier de province. Le docteur Howe y explique que le véritable problème économique réside dans la mauvaise répartition des richesses : si les travailleurs produisent 150 milliards de dollars de richesse en un an, ils devraient en recevoir une part équitable pour créer un marché efficace. Le banquier, après une série de questions, finit par admettre que les salaires des riches devraient être réduits et ceux des pauvres augmentés, afin de stimuler la consommation et mettre fin à la dépression. La publication utilise ce dialogue pour illustrer l'absurdité d'un système où une minorité s'enrichit tandis que la majorité peine à subvenir à ses besoins, et pour promouvoir l'idée d'une redistribution plus juste des ressources[120].

La publication aborde ensuite le pouvoir des syndicats, en citant des exemples de grèves et de salaires exorbitants. Elle mentionne une plainte de gouvernements étrangers selon laquelle les syndicats new-yorkais auraient coûté plus de 10 millions de dollars en surcoûts pour la construction des pavillons de l'Exposition universelle. Elle cite notamment le cas du pavillon roumain, où les salaires hebdomadaires variaient entre 200 et 400 dollars, incluant des heures supplémentaires. La publication souligne que ces salaires élevés ne reflètent pas la réalité de la majorité des travailleurs américains, et que les syndicats, bien qu'influents, ne parviennent pas à améliorer durablement les conditions de vie des ouvriers. Elle évoque également une amende de 712 000 dollars infligée à une branche du CIO (Congress of Industrial Organizations) pour une grève de sept semaines dans une usine de bonneterie, illustrant les tensions entre les syndicats et les employeurs[121].

Un autre article met en lumière les inégalités salariales et les difficultés des travailleurs âgés. La publication cite l'exemple d'un vendeur dont les revenus mensuels ne dépassent pas 13 dollars, une somme insuffisante pour subvenir aux besoins de sa famille. Elle critique également les politiques de retraite anticipée, qui privent les travailleurs âgés de leur utilité sociale, et souligne que de nombreuses personnes en âge de travailler sont contraintes de vivre de leurs économies ou de l'aide de leurs proches. La publication mentionne une étude du département du Travail montrant que les travailleurs âgés sont souvent plus productifs et plus prudents que les jeunes, et que la plupart des accidents du travail concernent des employés inexpérimentés. Elle cite également l'exemple de Henry Ford, qui emploie des travailleurs âgés de plus de 70 ans, démontrant que l'expérience et la maturité sont des atouts dans le monde du travail[122].

La publication dénonce ensuite le fléau de l'intérêt, qu'elle présente comme l'une des causes principales des inégalités économiques. Elle explique que la richesse des États-Unis, estimée à 300 milliards de dollars, génère un intérêt annuel de 18 milliards de dollars à un taux de 6 %. En 1937, 30 % des revenus nationaux, soit 18 milliards de dollars, ont été consacrés au paiement des intérêts, une somme qui, selon la publication, finira par enrichir une minorité au détriment de la majorité. Elle cite l'exemple de 115 pièces de monnaie romaines découvertes à Volubilis (Maroc), qui, si elles avaient été placées à intérêt composé, auraient produit une quantité d'or équivalente à plusieurs fois le poids de la Terre en moins de mille ans. La publication utilise cet exemple pour illustrer l'absurdité et l'injustice du système de l'intérêt, qu'elle qualifie d'« impossible » et de « maudit »[123].

Un dernier article relate une initiative de la ville de Rochester (New York), qui a distribué des surplus alimentaires aux familles nécessiteuses, générant un million de dollars de revenus supplémentaires pour la ville. La publication souligne que cette initiative a été menacée par les banquiers, qui voulaient prélever une commission de 1 % sur les cartes de rationnement. Elle salue la résistance des autorités locales, qui ont refusé cette demande et menacé de supprimer les surplus alimentaires si les banquiers persistaient. La publication utilise cet exemple pour illustrer les tensions entre les institutions financières et les besoins des populations, et pour dénoncer l'avidité des banquiers, qu'elle compare à des « patriotes zélés »[124].

Un encadré signé J. Hemery, de Londres, commente la situation en Grande-Bretagne six mois après le début de la guerre contre l'Allemagne. L'auteur souligne que le conflit a pris un tournant inattendu, avec les armées alliées et allemandes se faisant face dans une impasse, sans avancée significative. Il décrit cette situation comme un « no man's land » et s'interroge sur les motivations d'Hitler, dont les décisions semblent dictées par des caprices plutôt que par la raison. La publication évoque également les difficultés économiques croissantes en Grande-Bretagne, notamment la pénurie de nourriture et le rationnement du sucre, du beurre, du bacon et du jambon. Elle mentionne les plaintes des bouchers, qui peinent à obtenir des quantités suffisantes de viande pour respecter les rations, et souligne que les Britanniques devront s'habituer à consommer d'autres types d'aliments pour maintenir leur santé. L'auteur conclut en rappelant que, malgré ces difficultés, la population ne souffre pas encore de la faim, mais que l'avenir reste incertain[125].

Un article relate une anecdote survenue dans la cathédrale catholique romaine de Westminster, où un jeune homme de 22 ans, appelé sous les drapeaux, a été baptisé, confirmé, marié et a reçu sa première communion en l'espace d'une heure et demie. La publication ironise sur cette rapidité, soulignant que les prêtres catholiques ont su s'adapter aux contraintes du service militaire pour convertir et marier le jeune homme avant son départ. Elle compare cette efficacité à celle des prêtres qui, à l'article de la mort, sauvent des bébés non baptisés ou des criminels endurcis en les envoyant respectivement au « limbe » ou au « purgatoire ». La publication utilise cette anecdote pour critiquer les rituels catholiques, qu'elle juge opportunistes et dénués de véritable spiritualité[126].

Enfin, la publication cite un éditorial du London Times qui appelle à un retour de la religion comme fondement de la vie nationale britannique. L'article du Times affirme que l'éducation nationale a une influence païenne sur les jeunes et que la foi religieuse est la base d'une bonne citoyenneté. La publication souligne que cet éditorial a suscité un vif intérêt dans les milieux religieux et a été largement diffusé. Elle émet des doutes sur l'origine de cet appel, suggérant qu'il pourrait être inspiré par des cercles catholiques romains, notamment en raison de l'empressement des journaux catholiques à le relayer. Elle mentionne également que le Times est influencé par des personnalités catholiques, comme le beau-frère d'Hilaire Belloc, et conclut en dénonçant cette tentative de promouvoir la religion comme un outil de contrôle social[127].

La publication poursuit sa critique de la hiérarchie catholique romaine en analysant ses stratégies pour étendre son influence, notamment en Grande-Bretagne. Elle souligne que le Vatican, présenté comme un centre d'activité politique et religieuse mondiale, entretient des relations avec la plupart des gouvernements de la terre, tout en dissimulant ses véritables objectifs sous une façade de religiosité. La hiérarchie, par l'intermédiaire du pape, se présente comme le sauveur de l'humanité en promouvant la religion, sans jamais préciser que cette religion doit être spécifiquement le catholicisme romain. La publication rappelle que l'Église catholique se considère comme la seule véritable Église, mais évite de le déclarer ouvertement pour ne pas nuire à sa politique d'expansion[128].

Deux politiques principales retiennent particulièrement l'attention de la hiérarchie : d'une part, le pape exprime publiquement son désir de paix et de bonheur pour le monde, tout en multipliant les efforts pour y parvenir ; d'autre part, il cherche à reconquérir l'Angleterre et à y rétablir la prédominance qu'il y exerçait autrefois. La publication affirme que la hiérarchie considère le contexte actuel comme favorable à ses ambitions et qu'elle est déterminée à les réaliser. Elle cite en exemple la récente dédicace solennelle de l'Angleterre à la Vierge Marie, effectuée par le cardinal Hinsley dans la cathédrale de Westminster. Lors de cette cérémonie, l'archevêque Godfrey, représentant spécial du pape, a déclaré que cet événement pourrait être considéré à l'avenir comme un tournant dans l'histoire du royaume. La publication souligne que cette dédicace s'accompagne de l'invocation de saint Grégoire le Grand, un pape canonisé par l'Église catholique, présenté comme un protecteur spirituel de l'Angleterre. Elle explique que ces rituels visent à mobiliser les fidèles, souvent mal informés, au service des intérêts de l'Église, en les convainquant de l'importance de ces actes symboliques[129].

La publication rappelle que l'Église catholique pense à long terme, comme en témoigne la formule « L'Église romaine pense en siècles ». Elle souligne que la hiérarchie sait pertinemment que la conversion de l'Angleterre à la soumission aux prêtres catholiques ne peut se faire rapidement, mais qu'elle profite des opportunités offertes par les crises actuelles. L'Église d'Angleterre, décrite comme impuissante, et les différentes branches du protestantisme non conformiste, présentées comme dépourvues de direction, offrent un terrain propice à l'expansion catholique. La publication insiste sur le caractère totalitaire de l'Église romaine, qui dispose d'une armée bien organisée et d'une masse de fidèles qu'elle peut mobiliser à sa guise. Pour ces fidèles, l'Église représente la seule grande institution à soutenir, et l'appel à la religion se traduit en réalité par un appel à soutenir l'Église catholique[130].

Un encadré intitulé « Catholic Truth » (La vérité catholique) dénonce les activités de la Catholic Truth Society, une maison d'édition londonienne dirigée par la hiérarchie catholique romaine. Cette organisation publie des brochures en soutien aux activités du système catholique et en diffuse plus d'un million par an. Le cardinal Gasquet affirme que ces brochures ont contribué à « surnaturaliser » la vie de milliers de personnes, ce qui, selon la publication, signifie en réalité les convertir au catholicisme romain. La publication souligne que ces brochures sont présentées comme diffusant la « vérité catholique », mais que cette vérité diffère de la vérité objective. Elle explique que, pour les catholiques romains, la vérité doit d'abord être adaptée et « rectifiée » par leur système avant d'être transmise au public. Cette pratique est comparée à la manière dont l'Église traite les Écritures, qu'elle édite et modifie avant de les publier. La publication rappelle que toute information, y compris celle concernant les Témoins de Jéhovah ou leurs dirigeants, doit être « traitée » par les prêtres catholiques pour être transformée en « vérité catholique »[131].

La publication revient ensuite sur les attaques menées par le journal catholique The Universe contre Joseph Franklin Rutherford. Ces attaques, initialement publiées sous la plume du père H. Thurston, un controversiste catholique, ont été reprises et amplifiées par la Catholic Truth Society. Le père Thurston, décédé peu après la rédaction de ces articles, y répète l'histoire infamante de l'emprisonnement injuste de Rutherford et de six de ses associés en 1918. Il évoque leur condamnation à neuf mois de prison fédérale pour conspiration contre l'État et incitation à la désobéissance civile, mais s'abstient de mentionner les circonstances réelles de cette affaire. La publication rappelle que la vérité sur cet emprisonnement a déjà été exposée dans Consolation et que les responsables de cette injustice étaient les catholiques romains. Elle souligne que les Témoins de Jéhovah avaient été condamnés à tort, et que cette condamnation avait été obtenue sous l'influence d'un juge catholique fanatique, soumis au contrôle des prêtres. La publication précise que la cour d'appel avait finalement annulé cette condamnation, et que le juge Manton, un chevalier papal de Saint-Grégoire, avait lui-même été condamné pour corruption et destitué de son poste avant d'être emprisonné. Elle conclut en affirmant que la Catholic Truth Society, si elle avait réellement voulu dire la vérité, aurait dû relater ces faits ou s'abstenir de publier ces attaques[132].

La publication dénonce également l'attitude méprisante des controversistes catholiques, comme le père Thurston, qui qualifient systématiquement les partisans des Témoins de Jéhovah de « populace inculte ». Elle compare cette rhétorique à celle de l'Église presbytérienne d'Écosse, qui utilise des arguments similaires pour discréditer ceux qui remettent en cause ses enseignements. La publication rappelle que ces attaques visent en réalité les personnes instruites qui quittent les églises traditionnelles pour rejoindre les Témoins de Jéhovah, et que les dirigeants religieux, plutôt que de reconnaître cette perte d'influence, préfèrent dénigrer leurs anciens fidèles. Elle cite les Actes des Apôtres (Actes 4:1-2) pour illustrer cette colère des autorités religieuses face à la diffusion de la vérité, et souligne que ni les fausses déclarations ni les persécutions ne parviendront à arrêter le travail des Témoins de Jéhovah. Elle affirme que le gouvernement théocratique de Jéhovah est déjà établi et que ceux qui l'acceptent et s'y conforment selon les enseignements de Jésus peuvent espérer le salut lors de la bataille d'Armageddon, qui approche rapidement[133].

Un encadré intitulé « A Serious Misunderstanding of Scripture » (Une grave mécompréhension des Écritures) revient sur une interprétation erronée des paroles de Jésus dans Matthieu 5:29-30, où il est dit : « Si ton œil droit t'offense, arrache-le et jette-le loin de toi ; car il est avantageux pour toi qu'un de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne. Et si ta main droite t'offense, coupe-la et jette-la loin de toi. » La publication rappelle que Joseph Franklin Rutherford avait déjà expliqué, dans la brochure Hereafter, que ces paroles étaient symboliques et ne devaient pas être prises au pied de la lettre. Elle souligne que personne ne pourrait sérieusement prétendre qu'arracher un œil ou couper une main permettrait d'entrer au ciel. Jésus, selon Rutherford, utilisait ces images pour enseigner à ses disciples l'importance de renoncer à tout ce qui pourrait les empêcher d'entrer dans le Royaume de Dieu, même si cela leur était aussi cher qu'un œil ou une main. La publication précise que le mot « géhenne », utilisé par Jésus, désigne la vallée de Hinnom, située près de Jérusalem, où les ordures de la ville étaient brûlées en permanence. Cette vallée symbolisait la destruction totale, et non un lieu de tourments conscients[134].

La publication cite également un article de La Tour de Garde du 15 septembre 1939, dans lequel Rutherford expliquait que Jésus s'adressait aux Israélites et que ses paroles ne devaient pas être comprises littéralement. Il soulignait que Jésus utilisait des figures de style pour illustrer l'attitude que les Israélites devaient adopter face à leurs adversaires sous l'alliance de la loi. La publication dénonce les pratiques superstitieuses inspirées par une mauvaise interprétation de ces textes, comme les crucifixions, les flagellations, le port de cilices, le sommeil sur des pointes, l'énucléation ou l'amputation de membres. Elle cite l'exemple d'un homme mal informé de Pittsburgh qui s'était mutilé en suivant ces préceptes, et affirme que de telles actions glorifient le Diable plutôt que Dieu. Elle conclut en rappelant que ces pratiques ne peuvent être attribuées à Dieu ni à Ses serviteurs, qui possèdent « l'esprit d'une intelligence saine »[135].

Enfin, la publication annonce la disponibilité du 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses (Annuaire des Témoins de Jéhovah de 1940), un ouvrage de 400 pages relié en toile, contenant un rapport détaillé des activités des Témoins de Jéhovah au cours de l'année écoulée. Ce livre, présenté comme une source d'informations authentiques, révèle les persécutions cruelles et diaboliques subies par les Témoins de Jéhovah dans les pays où la liberté d'expression et de culte est censée prévaloir. Il met également en lumière l'ampleur du travail accompli par un petit groupe de chrétiens face à une opposition croissante. La publication affirme que la lecture de cet annuaire convaincra les lecteurs que les religionistes ne sont pas des amis, mais les pires ennemis de l'humanité, et qu'ils doivent être évités. L'annuaire, préparé sous la direction de Rutherford, contient également un texte biblique pour chaque jour de l'année, accompagné de commentaires tirés de La Tour de Garde[136].

Illustrations du numéro

Références

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

  1. Consolation du 17 avril 1940, p. 17-18.
  2. Consolation du 17 avril 1940, p. 22.
  3. Consolation du 17 avril 1940, p. 17.
  4. Étude perspicace des Écritures, article « Satan », consulté en 2024.
  5. Consolation du 17 avril 1940, p. 17-18.
  6. Consolation du 17 avril 1940, p. 18.
  7. Consolation du 17 avril 1940, p. 17.
  8. Consolation du 17 avril 1940, p. 7, 9, 15.
  9. Consolation du 17 avril 1940, p. 17.
  10. Consolation du 17 avril 1940, p. 16, 20, 22-23.
  11. Consolation du 17 avril 1940, p. 31.
  12. Consolation du 17 avril 1940, p. 31.
  13. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  14. Consolation du 17 avril 1940, p. 21.
  15. James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 1985, p. 193-194.
  16. Consolation du 17 avril 1940, p. 16.
  17. Consolation du 17 avril 1940, p. 30.
  18. James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press, 1985, p. 67-68.
  19. Consolation du 17 avril 1940, p. 3, 6-9, 16.
  20. Consolation du 17 avril 1940, p. 6-7, 13.
  21. Voir Consolation du 4 octobre 1939 et Consolation du 27 décembre 1939.
  22. Consolation du 17 avril 1940, p. 6.
  23. Recherche web : Jehovah's Witnesses Arrested and Beaten in the USA, 1939-1940, consulté en 2024.
  24. Consolation du 17 avril 1940, p. 4-5.
  25. Recherche web : Jehovah's Witnesses Flag Salute Refusal: Obedience to God Over Men, consulté en 2024.
  26. Consolation du 17 avril 1940, p. 12 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 105-106.
  27. Recherche web : Jehovah's Witnesses 1938 World Convention: "The Messenger", consulté en 2024.
  28. Consolation du 17 avril 1940, p. 16 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 133.
  29. Recherche web : Jehovah's Witnesses Persecution in Germany, 1933-1945, consulté en 2024.
  30. Consolation du 17 avril 1940, p. 8.
  31. Consolation du 17 avril 1940, p. 9.
  32. Consolation du 17 avril 1940, p. 16.
  33. Recherche web : Jehovah's Witnesses in Connecticut: Mass Arrests in 1938, consulté en 2024.
  34. Consolation du 17 avril 1940, p. 15.
  35. Consolation du 17 avril 1940, p. 12 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 105-106.
  36. Consolation du 17 avril 1940, p. 7.
  37. Consolation du 17 avril 1940, p. 12.
  38. Consolation du 17 avril 1940, p. 13 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 105-106.
  39. Consolation du 17 avril 1940, p. 26.
  40. Wikipedia, *Congress of Industrial Organizations*, consulté en 2024.
  41. Consolation du 17 avril 1940, p. 22.
  42. Brandeis School of Law Library, *Life Insurance*, consulté en 2024.
  43. Northwestern Law, *Ending Jim Crow Life Insurance Rates*, consulté en 2024.
  44. Consolation du 17 avril 1940, p. 3.
  45. Consolation du 17 avril 1940, p. 4.
  46. Consolation du 17 avril 1940, p. 4-5.
  47. Consolation du 17 avril 1940, p. 5.
  48. Consolation du 17 avril 1940, p. 7.
  49. Consolation du 17 avril 1940, p. 7.
  50. Consolation du 17 avril 1940, p. 8.
  51. Consolation du 17 avril 1940, p. 8.
  52. Consolation du 17 avril 1940, p. 9.
  53. Consolation du 17 avril 1940, p. 9.
  54. Consolation du 17 avril 1940, p. 9.
  55. Consolation du 17 avril 1940, p. 9.
  56. Consolation du 17 avril 1940, p. 6.
  57. Consolation du 17 avril 1940, p. 6.
  58. Consolation du 17 avril 1940, p. 6-7.
  59. Consolation du 17 avril 1940, p. 7.
  60. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  61. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  62. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  63. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  64. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  65. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  66. Consolation du 17 avril 1940, p. 10.
  67. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  68. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  69. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  70. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  71. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  72. Consolation du 17 avril 1940, p. 11.
  73. Consolation du 17 avril 1940, p. 12 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 105-106.
  74. Consolation du 17 avril 1940, p. 12.
  75. Consolation du 17 avril 1940, p. 12.
  76. Consolation du 17 avril 1940, p. 13 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 105-106.
  77. Consolation du 17 avril 1940, p. 13 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 118.
  78. Consolation du 17 avril 1940, p. 13-14 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 119-120.
  79. Consolation du 17 avril 1940, p. 14.
  80. Consolation du 17 avril 1940, p. 15.
  81. Consolation du 17 avril 1940, p. 15.
  82. Consolation du 17 avril 1940, p. 15.
  83. Consolation du 17 avril 1940, p. 15.
  84. Consolation du 17 avril 1940, p. 16.
  85. Consolation du 17 avril 1940, p. 16.
  86. Consolation du 17 avril 1940, p. 16 ; 1940 Yearbook of Jehovah's witnesses, p. 133.
  87. Consolation du 17 avril 1940, p. 16.
  88. Consolation du 17 avril 1940, p. 17.
  89. Consolation du 17 avril 1940, p. 17.
  90. Consolation du 17 avril 1940, p. 17-18.
  91. Consolation du 17 avril 1940, p. 18.
  92. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 18.
  93. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 18.
  94. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  95. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  96. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  97. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  98. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  99. CONSOLATION DU 17 AVRIL 1940, P. 19.
  100. Consolation du 17 avril 1940, p. 20.
  101. Consolation du 17 avril 1940, p. 20.
  102. Consolation du 17 avril 1940, p. 20.
  103. Consolation du 17 avril 1940, p. 20.
  104. Consolation du 17 avril 1940, p. 21.
  105. Consolation du 17 avril 1940, p. 21.
  106. Consolation du 17 avril 1940, p. 22.
  107. Consolation du 17 avril 1940, p. 22.
  108. Consolation du 17 avril 1940, p. 22.
  109. Consolation du 17 avril 1940, p. 22-23.
  110. Consolation du 17 avril 1940, p. 23.
  111. Consolation du 17 avril 1940, p. 23.
  112. Consolation du 17 avril 1940, p. 23.
  113. Consolation du 17 avril 1940, p. 23.
  114. Consolation du 17 avril 1940, p. 23-24.
  115. Consolation du 17 avril 1940, p. 24.
  116. Consolation du 17 avril 1940, p. 24.
  117. Consolation du 17 avril 1940, p. 25.
  118. Consolation du 17 avril 1940, p. 25-26.
  119. Consolation du 17 avril 1940, p. 26.
  120. Consolation du 17 avril 1940, p. 26.
  121. Consolation du 17 avril 1940, p. 26.
  122. Consolation du 17 avril 1940, p. 27.
  123. Consolation du 17 avril 1940, p. 27.
  124. Consolation du 17 avril 1940, p. 27.
  125. Consolation du 17 avril 1940, p. 28.
  126. Consolation du 17 avril 1940, p. 28.
  127. Consolation du 17 avril 1940, p. 28.
  128. Consolation du 17 avril 1940, p. 29.
  129. Consolation du 17 avril 1940, p. 29.
  130. Consolation du 17 avril 1940, p. 29.
  131. Consolation du 17 avril 1940, p. 30.
  132. Consolation du 17 avril 1940, p. 30.
  133. Consolation du 17 avril 1940, p. 30.
  134. Consolation du 17 avril 1940, p. 31.
  135. Consolation du 17 avril 1940, p. 31.
  136. Consolation du 17 avril 1940, p. 31.
Sommaire