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Informant de avril 1940

De Tj-encyclopédie
Informant de avril 1940
Revue Informant
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est dominé par la mobilisation intensive du réseau de proclamateurs autour d'une campagne de distribution dont l'ampleur est sans précédent : douze millions d'exemplaires de la brochure Réfugiés à écouler en trois mois à l'échelle mondiale, sur fond de persécutions qui rendent la prédication impossible dans de nombreux pays et concentrent l'effort sur le continent américain.[1]

L'objectif de 50 000 proclamateurs actifs aux États-Unis, la convention de Columbus annoncée pour juillet, le développement des circuits de distribution de magazines et l'appel au service pionnier forment un ensemble coordonné qui révèle une organisation en pleine expansion numérique malgré les contraintes de l'hiver écoulé.[2]

Analyse

Croyances

Sophonie accomplie au présent : un calendrier devenu prophétie

La série d'études de La Tour de Garde fondée sur la prophétie de Sophonie, dont l'article « Instruction » succède à « Refuge », est présentée comme un enseignement que tout consacré — le reste comme la classe des Jonadabs — doit étudier parce qu'il est personnellement impliqué dans l'accomplissement de cette prophétie.[3] Ce n'est pas un commentaire exégétique parmi d'autres : le livre de Sophonie fournit en 1940 le verset-pivot de la survie, Sophonie 2:3, où la recherche de l'humilité et de la justice offre la possibilité d'être « caché au jour de la colère de Jéhovah », lecture dans laquelle l'humilité requise se traduit concrètement par l'empressement à suivre la direction donnée.[4] La typologie retenue pour désigner les survivants de la catastrophe annoncée par Sophonie — Jérémie, Ébed-Mélek, la maison de Jonadab, épargnés pour avoir écouté la parole divine — recoupe exactement le vocabulaire employé pour nommer les deux classes de lecteurs.[5] L'articulation est donc circulaire et délibérée : le texte prophétique fournit les noms des groupes, et les groupes ainsi nommés se lisent dans le texte prophétique comme ses acteurs.

Ce cadre déborde l'étude hebdomadaire pour structurer le calendrier lui-même. Le mois d'avril porte le nom de période de témoignage « Siège de Bataille » et ouvre une séquence de trois mois qui s'achève en juin avec la période de l'« Armée des Sauterelles ».[6] L'identification des sauterelles à l'activité de prédication des oints, établie à partir de Joël 2:7-9 et d'Apocalypse 9:3-11, était déjà mobilisée en février 1940 pour interpréter un record de placements obtenu malgré l'hiver, et en mars pour désigner le tourment infligé au clergé.[7][8] L'apport propre de ce numéro est de rendre visible la mécanique complète : le découpage administratif de l'année de service ne porte pas des noms thématiques ou commerciaux mais des noms tirés d'un imaginaire de guerre eschatologique, de sorte qu'un quota mensuel de 4 millions de brochures devient un épisode du déroulement prophétique.[9]

Les villes de refuge : le salut suspendu à l'activité

L'affirmation doctrinale la plus lourde de ce numéro tient en une phrase : la simple connaissance de la vérité ne suffit pas à entrer dans les « villes de refuge » de la Théocratie, une participation active à la proclamation étant indispensable — instruction rappelée comme émanant de Rutherford le 20 janvier.[10] La typologie sous-jacente, tirée de Nombres 35:9-12, fait des six villes lévitiques la figure de l'organisation théocratique, hors des limites de laquelle il n'y a pas de survie à Har-Maguédon, le réfugié sorti des murs pouvant être tué impunément.[11] Elle est déjà déployée en 1940 dans la brochure Réfugiés, arme principale de cette même campagne de printemps, et reprise dans l'Informant de mars 1940.

La rupture n'est donc pas dans la typologie, connue, mais dans le critère d'admission qu'on lui attache. Jusque-là, la figure du refuge répondait surtout à la question « où ? » ; ici elle répond à la question « à quelle condition ? », et la réponse déplace le salut de l'adhésion doctrinale vers l'acte. Cette inflexion est cohérente avec le livre Salut de 1939, expressément conçu comme un manuel destiné aux Jonadabs et consacré à exposer la provision divine de protection contre le désastre.[12] Recommandé ici parmi les livres à placer prioritairement aux côtés d'Ennemis et de Richesses[13], cet ouvrage installe une continuité entre l'objet vendu et la doctrine qui commande de le vendre : le proclamateur place à la porte le livre qui lui explique pourquoi il doit y être.

La conséquence sur le statut du croyant est directe. La « Théocratie » n'est pas ici une espérance future mais un régime déjà effectif dont on est sujet par l'action ; elle est le nom d'un système d'organisation adopté en 1938, où toutes les nominations congrégationnelles procèdent désormais du siège de Brooklyn et où les congrégations sont sommées de « se mettre en ligne ».[14] Le quota de 50 000 proclamateurs se ramène d'ailleurs explicitement à une règle unique, que chacun se fixe pour objectif personnel d'être sur le terrain chaque mois, et l'écart entre les 45 200 du début d'exercice et la moyenne de 43 225 des cinq premiers mois est imputé à l'hiver et à la maladie.[15] Une statistique de participation devient ainsi, dans ce cadre, un indicateur du nombre de personnes effectivement à l'abri. James Beckford, dont The Trumpet of Prophecy constitue la première grande enquête sociologique sur le mouvement, a précisément récusé les explications par la privation sociale et les typologies église/secte pour rendre compte de ce type de fonctionnement.[16] Andrew Holden, enquêtant plus tard sur le terrain britannique, décrit comment l'évangélisation est apprise comme une pratique constitutive de l'appartenance et non comme un service facultatif rendu à une institution.[17]

Deux classes, une seule table : la hiérarchie rendue comptable

Le rapport de mars doit indiquer séparément le nombre de présents au Mémorial et le nombre de participants aux emblèmes.[18] Cette exigence statistique, d'apparence purement administrative, est la traduction liturgique et chiffrée d'une doctrine : la communion est réservée aux seuls oints des 144 000, tandis que les Jonadabs assistent sans consommer. L'invitation nommément adressée aux Jonadabs d'assister au Mémorial comme observateurs et non comme participants date de La Tour de Garde du 15 février 1938[19] ; deux ans plus tard, ce qui était une consigne pastorale est devenu une rubrique de formulaire. Le mouvement des chiffres explique l'intérêt porté à cette double colonne : 63 146 présents pour 52 465 participants en 1935, mais 73 420 présents pour seulement 39 225 participants en 1938.[20] L'écart croissant rend l'assistance globale inutilisable comme indicateur de croissance des oints, et le dénombrement séparé devient la seule manière de mesurer à la fois l'expansion et la clôture.

Cette architecture à deux étages repose sur deux décisions doctrinales antérieures et distinctes. La typologie de Jéhu et de Jonadab tirée de 2 Rois 10:15-23, formulée en 1932, fait du compagnon de char la figure des gens de bonne volonté sortis de l'organisation de Satan pour soutenir l'œuvre, et l'obligation de vœu et de baptême leur est imposée en 1934.[21] L'identification de ces mêmes personnes à la « grande multitude » d'Apocalypse 7:9 comme classe terrestre intervient ensuite, lors du discours prononcé à Washington devant environ 20 000 assistants durant l'assemblée du 30 mai au 3 juin 1935.[22] Ce numéro fait travailler les deux catégories comme des synonymes opératoires : les « autres brebis » sont celles qu'il faut informer de la convention de Columbus et rassembler dans les villes reliées par fil, tandis que les Jonadabs sont ceux qui, avec le reste, doivent étudier Sophonie.[23]

L'intérêt analytique de cette superposition est qu'elle résout une tension créée par la doctrine du refuge. Si l'entrée dans la ville de refuge dépend de l'activité et non de l'onction, rien ne distingue plus fonctionnellement un oint d'un Jonadab : tous prêchent, tous remplissent un rapport, tous visent le même quota. La différence de statut eschatologique ne survit qu'en se donnant un lieu où se manifester, et ce lieu est le Mémorial — un unique moment annuel où la main qui ne prend pas le pain rend visible une frontière que le reste de l'année a effacée. La hiérarchie céleste, autrement dit, ne se maintient plus par l'inégalité des tâches mais par un geste rituel d'abstention, soigneusement compté et remonté au siège.

Organisation et histoire

Une prédication pilotée depuis Brooklyn : quotas, calendrier et autorité présidentielle

Le numéro assigne aux congrégations un objectif chiffré de douze millions d'exemplaires de la brochure Réfugiés, un million de livres reliés et cent mille abonnements à La Tour de Garde pour une campagne de trois mois, dont quatre millions de brochures, 333 833 livres et 33 338 abonnements pour le seul mois d'avril.[24] Ce n'est pas une exhortation générale à prêcher davantage : c'est une quantité arrêtée ailleurs, divisée en tranches mensuelles, puis répartie sur un corps de proclamateurs qui n'a pas participé à sa fixation. La précision des chiffres — le quota national du mois n'est pas arrondi à 333 000 mais porté à 333 833 — signale une opération de division arithmétique appliquée depuis le siège, non une estimation de terrain remontée par les congrégations.[25]

Ce pilotage par volumes s'appuie sur un découpage du temps annuel en « périodes de témoignage » désignées par des noms empruntés au registre militaire : avril est le mois du « Siège de Bataille », juin celui de l'« Armée des Sauterelles », l'ensemble formant une campagne de trois mois ouverte par le Mémorial.[26] Le calendrier n'est donc pas un cadre neutre dans lequel l'activité se déploie : il est lui-même un instrument de mobilisation, chaque mois recevant une dénomination qui en fixe la tonalité et rattache l'effort demandé à une figure prophétique déjà installée dans le vocabulaire interne. Ce vocabulaire n'est pas inventé pour l'occasion — l'application des sauterelles et criquets de Joël aux Témoins de Jéhovah eux-mêmes, comme armée que rien n'arrête, remonte à l'exégèse développée sous Rutherford.[27]

Le troisième élément du dispositif est l'autorité personnelle du président. L'atteinte des objectifs est adossée à une instruction de Rutherford datée du 20 janvier, selon laquelle la connaissance de la vérité ne suffit pas à entrer dans les « villes de refuge » de la Théocratie : la participation active à la proclamation est requise.[28] La parole présidentielle ne fonctionne pas ici comme un encouragement mais comme la source normative qui transforme une performance mesurée en condition de survie. Cette configuration prolonge la réorganisation de 1938, qui a supprimé l'élection des collèges d'anciens par les congrégations — déjà entamée en 1932 — et transféré à Brooklyn l'ensemble des nominations congrégationnelles, avec pour consigne aux congrégations de se conformer au nouveau système.[29] James Beckford, dans la première étude sociologique d'ampleur consacrée au mouvement, qualifie cette structure de « totalisante » : une direction affirmative, des objectifs étroitement définis et un contrôle exercé sur les demandes concurrentes qui pèsent sur le temps et l'énergie des membres.[30] Les quotas d'avril 1940 en offrent une illustration littérale : le temps disponible du proclamateur est préalablement affecté par un plan qu'il reçoit.

Standardisation de l'offre de terrain et du programme d'étude

Ce qui vaut pour le volume vaut aussi pour le contenu de chaque contact. L'offre présentée aux portes est fixée : La Tour de Garde, un livre relié et la brochure Réfugiés contre une contribution d'un dollar, les titres Salut, Ennemis et Richesses étant nommément recommandés, avec substitution autorisée d'une autre brochure à couverture souple lorsque Réfugiés n'existe pas dans la langue voulue.[31] Le proclamateur ne choisit ni son argumentaire ni son catalogue : il exécute une combinaison. Le titre Salut, paru en 1939, portait pour sous-titre l'indication qu'il s'agissait d'un manuel destiné aux Jonadabs, ce qui inscrit d'emblée l'offre de terrain dans la logique du recrutement d'une classe terrestre.[32]

L'unique exception à la règle du dollar est elle-même encadrée : Réfugiés peut être laissée gratuitement dans un foyer trop pauvre pour contribuer, mais à la double condition que les habitants soient disposés à la lire et que l'« intérêt » manifesté le justifie.[33] La gratuité n'est donc pas un principe missionnaire mais une dérogation subordonnée à un critère d'évaluation laissé au proclamateur, qui devra par ailleurs en rendre compte dans son rapport mensuel.

La même logique d'uniformisation s'applique à l'intérieur des congrégations. Les études successives de La Tour de Garde — « Réjouissez-vous en son Salut », « L'Opprobre des Hommes », « La Puissance des Démons », « Refuge », puis « Instruction », fondée sur la prophétie de Sophonie — constituent un programme commun, que chaque personne consacrée, reste comme Jonadabs, est tenue d'étudier.[34] Le fil qui relie ces titres n'est pas thématiquement neutre : « Refuge » et « Instruction » préparent la réception de la brochure distribuée le même mois, l'application de Sophonie 2:3</CiteBille> aux survivants faisant de la recherche de l'humilité une réponse empressée à la direction reçue.<ref>[https://wol.jw.org/en/wol/d/r1/lp-e/1981608 Hidden in the Day of Jehovah's Anger], consulté en 2026.</ref> Le curriculum interne et le message diffusé à l'extérieur sont ainsi synchronisés par la même main : le proclamateur étudie en réunion ce qu'il proposera à la porte.

==== Mesurer, classer et expliquer l'écart : l'appareil statistique ====

Un pilotage par quotas suppose un instrument de mesure, et le numéro en détaille le fonctionnement : les rapports de mars doivent être adressés en un seul bloc mensuel complet, en distinguant les présents au Mémorial des participants aux emblèmes, et, pour chaque mois de campagne, les abonnements obtenus des magazines placés à l'unité.<ref>{{SourceDoc|fichier=/documents/informant/1940/informant-de-avril-1940-en-ocr.pdf|page=3|label=''Informant de avril 1940'', p. 1}} </ref> La ventilation imposée n'est pas comptable par hasard : le double dénombrement du Mémorial mesure l'écart entre l'assistance totale et le nombre d'oints, c'est-à-dire la croissance de la classe terrestre. Ce comptage séparé était devenu significatif depuis que ''[[La Tour de Garde du 15 février 1938]]'' avait nommément invité les Jonadabs à assister au Mémorial comme observateurs et non comme participants.<ref>[https://en.wikipedia.org/wiki/Memorial_(Jehovah%27s_Witnesses) Memorial (Jehovah's Witnesses)], consulté en 2026.</ref> L'évolution des chiffres donne la mesure du basculement : 63 146 assistants pour 52 465 participants en 1935, mais 73 420 assistants pour seulement 39 225 participants en 1938.<ref>[https://www.jwfacts.com/watchtower/memorial-partakers.php Increasing Memorial Partakers], consulté en 2026.</ref>

Cette machinerie s'applique à un corps stratifié, dont le numéro mobilise sans les expliquer toutes les catégories : le reste, les Jonadabs, les « autres brebis », les proclamateurs de congrégation et les pionniers, chacun porteur d'obligations distinctes.<ref>{{SourceDoc|fichier=/documents/informant/1940/informant-de-avril-1940-en-ocr.pdf|page=3|label=''Informant de avril 1940'', p. 1}} </ref> Cette architecture s'est construite par étapes documentées : la typologie de Jéhu et Jonadab est formulée en 1932, l'obligation de vœu et de baptême pour les chrétiens à espérance terrestre est posée en 1934, et l'identification des « autres brebis » de <CiteBible>Jean 10:16 à la « grande foule » d'Apocalypse 7:9 est prononcée par Rutherford à la convention de Washington du 30 mai au 3 juin 1935.[35] Ce qui était initialement une révision doctrinale devient ici une nomenclature de gestion : les catégories eschatologiques servent à répartir des devoirs et à trier des lignes de rapport.

Le troisième temps du cycle est l'explication de l'échec. L'année de service s'était ouverte sur 45 200 proclamateurs aux États-Unis avec un objectif de 50 000, mais la moyenne des cinq premiers mois ne dépasse pas 43 225, aucun mois depuis octobre n'ayant retrouvé le pic initial ; l'hiver rigoureux et les maladies qu'il a provoquées sont désignés comme causes du recul.[36] L'imputation à un facteur extérieur et non maîtrisable préserve intégralement l'objectif : la contre-performance est absorbée sans que le quota soit révisé ni sa pertinence discutée. Le même raisonnement avait été tenu en sens inverse deux mois plus tôt, le record de placements de livres de janvier 1940 obtenu malgré l'hiver étant alors donné comme preuve que rien n'arrête l'« armée de sauterelles » — la rigueur du climat servant successivement de démonstration et d'excuse selon le résultat obtenu.[37] Ce fonctionnement illustre ce que la sociologie des organisations décrit comme la rationalisation appliquée au champ religieux : une structure orientée vers un but, dotée de procédures conçues pour l'atteindre efficacement, et dont les instruments de mesure servent autant à surveiller qu'à justifier.[38]

Columbus 1940 : la convention comme réponse au rétrécissement du monde

Le report de la charge sur le continent américain est énoncé sans détour : la prédication étant présentée comme pratiquement impossible dans de nombreux pays, c'est aux proclamateurs américains qu'il revient d'écouler la quasi-totalité du quota mondial.[39] Derrière cette formule administrative se lit la situation réelle du printemps 1940. L'activité du mouvement est interdite en Allemagne depuis 1936[40] ; dès 1939, environ six mille Témoins d'Allemagne, d'Autriche et de Tchécoslovaquie sont détenus en prison ou en camp[41] ; entre août 1939 et septembre 1940, cent cinquante-deux étudiants de la Bible comparaissent devant la plus haute juridiction militaire de la Wehrmacht pour démoralisation de l'armée, dont cent douze sont exécutés.[42] À Sachsenhausen, cent des quatre cents Témoins internés meurent au cours de l'hiver de mauvais traitements, de faim ou d'épuisement.[43] Le quota américain est donc l'envers comptable d'un effondrement du terrain européen.

La réponse organisationnelle à ce rétrécissement consiste à concentrer symboliquement ce qui ne peut plus se déployer géographiquement. Une convention théocratique est annoncée pour les 24 au 28 juillet à Columbus, dans l'Ohio, sur le terrain de la foire de l'État, avec raccordement par fil direct de nombreuses autres villes pour permettre aux « autres brebis » empêchées de s'y rendre de se rassembler localement.[44] Le dispositif technique n'est pas une improvisation : dès 1927, un discours prononcé à Toronto avait été relayé par une chaîne de cinquante-trois stations, et en 1938, depuis le Royal Albert Hall de Londres, le discours « Regardez les faits » avait été retransmis vers une cinquantaine de villes de convention à travers le monde.[45] La retransmission permet une manifestation nationale dispersée sans dispersion du discours : l'assistance est multipliée, la source reste unique.

Le déploiement des pionniers relève de la même économie. Ils sont invités à progresser par étapes vers Columbus, la Société se proposant de leur assigner des territoires dans les grandes villes et les petites localités jalonnant leur trajet.[46] Le corps des prédicateurs à plein temps apparaît ainsi comme une ressource mobile placée sous affectation directe du siège, dont le déplacement vers l'événement est converti en campagne de prédication itinérante : aucun kilomètre parcouru n'échappe au rendement attendu. Le projet de Columbus ne fut toutefois pas exécuté tel qu'annoncé en avril, la grande convention de l'été 1940 s'étant finalement tenue à Detroit, dans le Michigan, où Rutherford, alors malade, prononça le discours public avant de faire annoncer son retour immédiat au Béthel.[47]

Contenu

La campagne « Watchtower » : obligations, quotas et période de témoignage « Siège de Bataille »

La période de témoignage dite « Siège de Bataille »[48] constitue le premier mois complet d'une campagne de trois mois s'étendant du Mémorial jusqu'à la période de l'« Armée des Sauterelles » en juin. Les proclamateurs sont investis de la responsabilité de distribuer le message du Royaume à des millions de personnes de bonne volonté qui, dans un monde « plongé dans la confusion et aveuglé par » la diplomatie internationale, l'intrigue et l'hypocrisie, cherchent Dieu sans l'avoir encore trouvé.[49]

Le quota mondial fixé pour les trois mois de campagne est de 12 millions d'exemplaires de la brochure Réfugiés, un million de livres reliés et 100 000 abonnements à La Tour de Garde.[50] Étant donné que l'activité de prédication est présentée comme pratiquement impossible dans de nombreux pays, la charge principale de cette distribution incombe aux proclamateurs du continent américain.[51] Pour le seul mois de « Siège de Bataille », le quota mondial est fixé à 4 millions de brochures, 333 833 livres reliés et 33 338 abonnements.[52]

L'offre de terrain comprend La Tour de Garde, un livre relié et une brochure Réfugiés pour une contribution de 1 dollar. En l'absence de Réfugiés en langue étrangère, toute autre brochure à couverture souple peut lui être substituée. Les livres Salut, Ennemis et Richesses sont particulièrement recommandés.[53] La brochure Réfugiés doit être laissée dans chaque foyer disposé à la lire, gratuitement si les habitants sont trop pauvres pour contribuer et si l'intérêt le justifie.[54]

Les rapports du mois de mars doivent être envoyés en un seul bloc mensuel complet, en indiquant séparément le nombre de présents au Mémorial et le nombre de participants aux emblèmes.[55] Chaque mois de campagne doit préciser clairement le nombre d'abonnements obtenus et le nombre de magazines distribués individuellement, ainsi que tout élément d'intérêt remarquable.[56]

Des récentes études de La Tour de Garde, dont les articles « Réjouissez-vous en son Salut », « L'Opprobre des Hommes », « La Puissance des Démons », « Refuge » et désormais « Instruction », fondée sur la prophétie de Sophonie, sont présentées comme un enseignement que chaque personne consacrée à la volonté de Dieu — incluant le reste et la classe des Jonadabs — doit étudier avec le plus vif intérêt, car elle est impliquée dans l'accomplissement de cette prophétie.[57]

Convention théocratique : Columbus sélectionnée pour la convention générale

La convention théocratique des Témoins de Jéhovah de 1940 est annoncée pour les 24 au 28 juillet inclus, à Columbus, dans l'Ohio, au terrain de la foire de l'État de l'Ohio.[58] De nombreuses autres villes du pays sont reliées par fil direct afin que les « autres brebis » ne pouvant se rendre à Columbus puissent se rassembler localement avec l'ensemble du peuple du Seigneur.[59]

Les pionniers de tout le pays sont encouragés à se diriger progressivement vers Columbus. La Société propose de leur attribuer des missions dans les grandes villes et les petites localités jalonnant leur itinéraire.[60] Les proclamateurs sont invités à mentionner cet événement lors de leurs visites de retour et à s'assurer que toutes les « autres brebis » en sont informées et invitées à y assister.[61]

Cinquante mille proclamateurs : votre congrégation a-t-elle atteint un nouveau sommet ?

L'année fiscale en cours a débuté avec 45 200 proclamateurs de congrégation et pionniers aux États-Unis, avec un objectif de 50 000 à atteindre au cours de l'année.[62] Malgré une hausse de plus de 12 000 proclamateurs au cours de l'année précédente, la moyenne des cinq premiers mois n'atteint que 43 225 proclamateurs, aucun mois depuis octobre n'ayant retrouvé le pic de 45 200.[63] L'hiver rigoureux et les maladies qu'il a entraînées sont identifiés comme les principales causes de ce recul.[64]

L'atteinte du quota de 50 000 proclamateurs se ramène à une règle unique : que chaque proclamateur de la Théocratie se fixe comme objectif personnel d'être lui-même sur le terrain chaque mois.[65] Il est par ailleurs rappelé, reprenant une instruction de Rutherford du 20 janvier, que la simple connaissance de la vérité ne suffit pas à entrer dans les « villes de refuge » de la Théocratie ; une participation active à la proclamation du message est indispensable.[66]

La campagne de magazines : les circuits de distribution comme principale nouveauté

Le premier mois de la campagne de magazines, en février, a abouti à la distribution de 159 836 magazines individuels par les proclamateurs de la Théocratie aux États-Unis, la majorité ayant été distribuée par le témoignage aux coins de rue.[67] Cette activité est présentée comme ayant un double effet bénéfique : toucher les personnes de bonne volonté et rendre les frères plus hardis et efficaces dans leur témoignage de porte en porte.[68]

L'accent est mis sur la nécessité de développer des circuits de distribution réguliers auprès des personnes de bonne volonté connues dans chaque territoire, afin de les servir régulièrement avec La Tour de Garde ou Consolation, ou les deux.[69] Un pionnier est cité comme exemple, ayant constitué un circuit de 100 noms avec l'intention de l'agrandir. Le serviteur de publicité est chargé de vérifier avec chaque détenteur d'une assignation de territoire si les personnes intéressées ont bien été sollicitées pour recevoir régulièrement les magazines.[70]

Les vieux numéros de La Tour de Garde et de Consolation ne doivent pas s'accumuler ; si les numéros courants ne peuvent être distribués aux coins de rue ou sur les circuits avant la réception du numéro suivant, ils doivent être promptement distribués de porte en porte. Les numéros anciens ne doivent jamais être proposés aux coins de rue.[71] En raison de la campagne d'abonnements en cours, chaque congrégation et chaque pionnier sont invités à maintenir un stock supplémentaire de La Tour de Garde.[72]

Pour le témoignage aux coins de rue, les proclamateurs de magazines sont tenus d'adopter une conduite digne, de ne pas élever excessivement la voix, de ne pas obstrue la circulation et de ne donner aucune occasion d'être accusés de comportement désordonnée.[73]

Une notice administrative précise que les congrégations ne sont pas autorisées à approvisionner les pionniers en littérature aux tarifs pionniers — cet arrangement étant réservé aux seuls servants de zone. Tout transfert de stock doit faire l'objet d'une autorisation de la Société ou du servant de zone, et être déclaré sur les formulaires de transfert de stock réglementaires.[74]

Une suggestion pratique est formulée pour l'entretien des sacs à magazines : utiliser une planche ou un carton rigide découpé aux dimensions du sac pour le maintenir tendu pendant le lavage, laver à l'eau tiède avec un savon doux, bien rincer et laisser sécher avec la planche en place afin d'éviter le rétrécissement et le délavage des couleurs.[75]

Une notice spéciale aux servants de congrégation et secrétaires signale que de nombreuses congrégations omettent d'inscrire les abonnements sur les feuilles de relevé d'abonnements (S-10) et d'y apposer le nom de la congrégation. Les abonnements ne peuvent en aucun cas être portés en compte, sauf pour les pionniers disposant d'un solde créditeur ; dans tous les autres cas, le paiement doit accompagner les abonnements.[76]

Avez-vous envisagé le service de pionnier ? Des privilèges accrus

Une lettre adressée le 11 mars « À tous les proclamateurs de la Théocratie » a été envoyée à chaque congrégation avec instruction d'en donner lecture lors d'une réunion de service et d'une étude de La Tour de Garde.[77] Cette lettre présente le privilège du service à plein temps en tant que pionniers comme une réponse à la prière « Seigneur, augmente notre foi », la conviction étant que le salut ne vient que de Jéhovah Dieu à travers sa Théocratie.[78]

Les proclamateurs non retenus par des obligations personnelles sont invités à répondre comme le prophète : « Me voici, Seigneur : envoie-moi ».[79] Des lettres reçues de congrégations témoignent d'un besoin pressant de pionniers pour prendre en charge des territoires négligés et encadrer de nouveaux membres.[80] La situation est résumée par la citation évangélique : « la moisson est grande et les ouvriers peu nombreux » (Matthieu 9:37).[81]

Planifiez votre activité de témoignage : plus de temps et davantage de visites de retour

Le rapport des proclamateurs de congrégation pour février enregistre une hausse significative du nombre de proclamateurs par rapport à février 1939, avec près de 10 000 proclamateurs supplémentaires.[82] Cependant, le nombre moyen d'heures a diminué, passant de 14,4 en 1939 à 13,6, et la moyenne des visites de retour est tombée de 3,0 à 2,8. Cette moyenne de 13,6 heures est présentée comme la plus basse depuis que Rutherford a fixé le quota de 60 heures mensuelles.[83]

Un tableau comparatif des rapports de terrain des proclamateurs de congrégation sur deux années est présenté, couvrant les mois d'octobre à avril, indiquant pour chaque mois le nombre moyen de proclamateurs, le nombre moyen d'heures et le nombre moyen de visites de retour. Pour mars et avril 1940, les données sont encore inconnues au moment de la publication.[84]

Les servants de congrégation et servants chargés des visites de retour sont invités à examiner les dossiers des proclamateurs peu actifs et à les emmener en service. Chaque proclamateur est appelé à être « constamment attentif aux visites de retour », c'est-à-dire à saisir toute occasion, en témoignant où que ce soit, de repasser chez les personnes intéressées.[85] La méthode recommandée consiste à noter l'adresse de chaque personne à qui de la littérature a été remise, puis à y retourner deux ou trois semaines plus tard pour établir des visites régulières et des études modèles.[86]

Chaque proclamateur est invité à organiser son emploi du temps en réservant des plages définies pour le témoignage de porte en porte, les visites de retour et les études modèles, le travail sur les circuits de magazines et le témoignage aux coins de rue, ainsi que pour les réunions de service et d'étude.[87]

Nouvelles publications et réimpressions disponibles

Parmi les nouvelles publications disponibles figurent l'annuaire en allemand et Sécurité en tagalog. La réimpression disponible en stock est La Harpe de Dieu en anglais.[88]

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Illustrations du numéro

Références

  1. Informant de avril 1940, p. 1
  2. Informant de avril 1940, p. 1-2
  3. Informant de avril 1940, p. 1
  4. « Hidden in the Day of Jehovah's Anger », Watchtower Online Library.
  5. « Zephaniah, Book of », Watchtower Online Library.
  6. Informant de avril 1940, p. 1
  7. « Jehovah's Witnesses & the Locusts of Joel », e-Watchman.
  8. « The First Woe—Locusts », Watchtower Online Library.
  9. Informant de avril 1940, p. 1
  10. Informant de avril 1940, p. 1
  11. Informant de avril 1940, p. 1
  12. Salvation; Disclosing God's Provision for Man's Protection from Disaster and Salvation to Life Everlasting in Complete Happiness, Internet Archive.
  13. Informant de avril 1940, p. 1
  14. « History of Jehovah's Witnesses », Wikipédia.
  15. Informant de avril 1940, p. 1
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