L'Âge d'Or du 18 mars 1931
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| L'Âge d'Or du 18 mars 1931 | |
|---|---|
| Revue | L'Âge d'Or |
| Date | 1931 |
| Année | 1931 |
| Éditeur | Watch Tower Bible and Tract Society |
Ce numéro de L'Âge d'Or consacre l'essentiel de ses pages à la condition de l'enfant dans la société américaine du début des années 1930, un sujet traité sous des angles multiples : éducation, santé, travail, délinquance et prise en charge institutionnelle. La crise économique en cours constitue le cadre implicite de plusieurs de ces développements, notamment lorsque la publication dénonce l'exploitation des enfants dans les mines et les usines, ou les conditions de vie dans les orphelinats surpeuplés.
Le numéro comprend également des rubriques plus brèves qui témoignent des préoccupations sociales et politiques du périodique : critique de la guerre à travers une satire mordante, dénonciation des inégalités économiques exacerbées par la grande dépression, et observations sur la montée de la violence criminelle dans les grandes villes américaines. La prise de position d'Albert Einstein contre tout service militaire y est notamment rapportée comme un exemple de résistance morale au militarisme.
Contenu
Cette édition de L'Âge d'Or du 18 mars 1931 aborde plusieurs thèmes variés, principalement centrés sur des questions sociales, éducatives, religieuses et politiques. Voici le contenu détaillé des articles et rubriques, présentés dans l'ordre de leur apparition dans le périodique.
Les petits
Cette rubrique est consacrée aux enfants, à leur éducation et à leur bien-être. Plusieurs articles explorent les défis liés à l'enfance, notamment dans les milieux urbains et ruraux.
Les enfants et leur développement
La publication affirme que les enfants sont naturellement dotés d'une capacité de destruction et d'exécutivité, souvent exacerbée par l'environnement familial. Elle souligne l'importance de l'équilibre entre discipline et liberté, en citant les Écritures pour appuyer l'idée que « celui qui épargne la verge gâte l'enfant »[1]. La ville est présentée comme un environnement moins propice à l'épanouissement des enfants que la campagne, où ils peuvent développer leurs sens et leur imagination au contact de la nature[2].
Garder les enfants en bonne santé
Cet article met en garde contre les dangers des vaccins et des injections de sang animal (comme le sang de veau ou de cheval) dans le cadre de la prévention des maladies infantiles. La publication affirme que « le sang de veau empoisonné et le sang de cheval empoisonné » sont injectés aux enfants sous prétexte de les protéger, ce qui est présenté comme une superstition dangereuse[3]. Elle recommande plutôt une alimentation saine, riche en fruits et légumes, et une exposition suffisante à l'air frais et au soleil.
Les enfants dans les institutions
La publication critique vivement le placement des enfants dans des institutions, comme les orphelinats, qu'elle décrit comme des lieux de négligence et de souffrance. Elle affirme que même les foyers les plus pauvres, animés par l'amour maternel, sont préférables à ces institutions. Aux États-Unis, environ 125 000 enfants vivaient dans des orphelinats en 1931, souvent dans des conditions déplorables, sous la garde de personnel peu qualifié[4].
Trouver des foyers pour les petits
Cet article met en avant le travail de la *Children's Aid Society* de New York, qui place des enfants dans des familles d'accueil, principalement dans des fermes ou des villages éloignés des villes. La publication souligne que cette approche, bien que coûteuse, est bénéfique pour les enfants, car elle leur offre un environnement plus sain et plus aimant que les orphelinats. Environ 250 bébés sont adoptés chaque année par cette société, avec une préférence marquée pour les petites filles blondes[5].
Les usages et abus de l'imagination
L'imagination est présentée comme une qualité essentielle chez les enfants, mais qui doit être guidée pour éviter qu'elle ne dérive vers des mensonges ou des comportements inappropriés. La publication affirme que les enfants apprennent beaucoup par le jeu et l'exploration, et que les parents doivent leur laisser une certaine liberté pour développer leur jugement[6].
Les enfants élevés par des animaux
Cet article relate des cas d'enfants élevés par des animaux, comme des babouins ou des loups, en Afrique du Sud et en Inde. Il décrit comment ces enfants, une fois récupérés par les humains, conservent des comportements animaux, comme marcher à quatre pattes ou se nourrir d'herbes et de racines. La publication utilise ces exemples pour illustrer l'importance de l'éducation humaine et la capacité des animaux à manifester de l'affection envers les enfants[7].
La délinquance juvénile
La délinquance juvénile est présentée comme un phénomène en augmentation, notamment en raison des influences néfastes de la Première Guerre mondiale. La publication affirme que les enfants exposés à la haine et à la violence pendant leur enfance reproduisent ces comportements. Elle cite des exemples de crimes commis par des enfants, comme des meurtres ou des vols, et souligne que la plupart des délinquants juvéniles sont des enfants normaux, et non des « morons »[8].
Les enfants déficients
Cet article aborde la question des enfants présentant des déficiences physiques ou mentales, qui représentent environ 10 % des élèves dans les écoles américaines. La publication souligne la nécessité de leur offrir une éducation adaptée pour qu'ils deviennent des citoyens utiles. Elle critique également les conditions de travail des enfants dans les usines, qui aggravent leurs problèmes de santé[9].
Le travail des enfants
La publication dénonce le travail des enfants aux États-Unis, où plus d'un million d'enfants âgés de 10 à 15 ans ne fréquentent pas l'école car ils doivent travailler pour subvenir à leurs besoins. Elle cite des exemples de secteurs où les enfants sont exploités, comme les mines, les usines de chaussures, les aciéries ou les messageries. Elle critique également les lois inefficaces qui permettent cette exploitation, notamment dans des États comme le New Jersey ou la Pennsylvanie[10].
La législation sur le travail des enfants
Cet article passe en revue les lois sur le travail des enfants aux États-Unis. Bien que certains États aient fixé un âge minimum de 14 ans pour l'emploi des enfants, ces lois sont souvent mal appliquées. La publication critique également les États qui n'ont aucune législation en la matière, ou qui autorisent le travail des enfants en dehors des heures de classe[11].
Les enfants prodiges
La publication évoque plusieurs exemples d'enfants prodiges, comme Christian Heinicker, qui maîtrisait la Bible à l'âge de 3 ans, ou Beethoven, qui composait de la musique dès l'âge de 4 ans. Elle souligne que ces cas, bien que rares, montrent le potentiel extraordinaire des enfants lorsqu'ils sont correctement stimulés[12].
Éduquer les parents
Cet article critique l'attitude des parents qui considèrent que leurs enfants leur doivent de la gratitude pour les avoir mis au monde. La publication affirme que les parents doivent plutôt aimer leurs enfants de manière désintéressée et leur offrir un environnement propice à leur développement. Elle souligne également l'importance de l'exemple parental, car « les paroles ne sont pas aussi efficaces : les discours sont bon marché »[13].
Règles pour la conduite de la prochaine guerre
Cet article satirique propose une série de règles pour la conduite d'une prochaine guerre, présentée comme une solution envisagée par les « meilleurs esprits » pour résoudre les problèmes économiques et sociaux. Parmi les règles suggérées, on trouve : - L'obligation pour les fabricants de manteaux militaires de porter leurs propres produits et d'assumer leurs frais médicaux en cas de pneumonie. - L'envoi des congressistes et sénateurs votant pour la guerre en première ligne ou leur exécution sur les marches du Capitole. - L'interdiction pour les agences de presse de diffuser des « complots ennemis » à tout bout de champ. - L'interdiction pour les fabricants de papier de s'immiscer dans le commerce des chaussures. La publication critique ainsi l'absurdité et la cruauté de la guerre, tout en dénonçant l'hypocrisie des dirigeants politiques et économiques[14].
Le grist
Cette rubrique rassemble plusieurs brèves et articles sur des sujets variés, allant de la politique à la science en passant par des faits divers.
La position d'Einstein sur le militarisme
La publication cite une déclaration d'Albert Einstein, qui affirme qu'il refuserait tout service militaire, direct ou indirect, et qu'il encouragerait ses amis à faire de même, quelle que soit leur opinion sur les causes de la guerre. Cette prise de position est présentée comme un exemple de conscience morale face à la militarisation croissante de la société[15].
Tirs de novembre à New York
Cet article rapporte qu'en novembre 1930, 89 personnes ont été abattues à New York, dont 19 par des racketteurs. La publication souligne l'augmentation de la violence criminelle dans la ville, en lien avec la prohibition et la montée du crime organisé[16].
Taux de mortalité par alcoolisme
La publication affirme que le taux de mortalité par alcoolisme aux États-Unis est six fois plus élevé en 1929 qu'au moment de l'adoption de la prohibition. Elle critique ainsi l'échec de cette politique, qui n'a pas réussi à réduire la consommation d'alcool et a favorisé le développement d'un marché noir[17].
Famine près d'Ashland, Kentucky
Cet article décrit une situation de famine dans un rayon de trente miles autour d'Ashland, Kentucky, où des travailleurs n'ont plus de nourriture à cuisiner et où des femmes pleurent en racontant leur misère. La publication dénonce l'incapacité des autorités à venir en aide aux populations touchées par la crise économique[18].
Les temps ne sont pas durs pour tout le monde
La publication souligne que, malgré la crise économique, les paiements aux actionnaires sous forme de dividendes et d'intérêts ont augmenté de 612 millions de dollars en 1930 par rapport à 1929. Elle critique ainsi l'inégalité croissante entre les riches et les pauvres, ces derniers étant les plus touchés par le chômage et la précarité[19].
Une partie de la flotte mondiale à l'arrêt
Cet article rapporte que 8 % de la flotte mondiale est à l'arrêt en raison de la crise économique, ce qui entraîne une surcharge des ports britanniques. La publication souligne les conséquences désastreuses de cette situation sur le commerce international et l'emploi[20].
De l'Estonie à Miami en voilier
La publication relate l'histoire de deux jeunes Anglais qui ont traversé l'Atlantique en voilier, de l'Estonie à Miami, en 133 jours. Elle présente cette aventure comme un exemple de courage et de détermination, tout en soulignant les défis posés par un tel voyage[21].
La TSF en Arabie
Cet article annonce que le roi du Hedjaz a passé un contrat avec la *Marconi Company* pour la construction de quinze stations de TSF (télégraphie sans fil) dans son royaume. La publication présente cette avancée technologique comme un moyen de briser les barrières du temps et de l'espace[22].
La liberté religieuse aux Philippines
La publication rapporte que 54 hommes et femmes sont emprisonnés aux Philippines pour avoir tenté d'établir de force une église catholique indépendante. Elle dénonce cette répression et souligne l'importance de la liberté religieuse[23].
Dangereux d'aller à l'église
Cet article relate un accident survenu dans une église de Tlalpam, au Mexique, où un tremblement de terre a provoqué l'effondrement des flèches de l'église, tuant plusieurs fidèles. La publication utilise cet événement pour illustrer les dangers liés à la fréquentation des lieux de culte, tout en soulignant l'importance de la foi[24].
Un nouveau dispositif de plantation d'arbres
La publication décrit un nouveau dispositif de plantation d'arbres utilisé dans l'État de New York, qui permet de planter 1 718 arbres à la fois. Elle souligne l'importance de la reforestation pour l'environnement et l'économie[25].
Six heures par jour à Battle Creek
Cet article évoque l'introduction d'une journée de travail de six heures à Battle Creek, dans le Michigan, comme une mesure pour lutter contre le chômage. La publication présente cette initiative comme une solution innovante pour répartir le travail disponible entre un plus grand nombre de personnes[26].
Trouver des usages pour le coton
La publication rapporte que le gouvernement américain cherche à trouver de nouveaux usages pour le coton, afin de soutenir les producteurs touchés par la crise économique. Elle souligne l'importance de cette culture pour l'économie du Sud des États-Unis[27].
Les prix du pain
Cet article compare les prix du pain dans différents pays, comme la Grande-Bretagne, où une miche de 24 onces coûte 6 cents, ou les États-Unis, où le prix varie selon les régions. La publication souligne l'importance du pain comme aliment de base et critique les inégalités dans son accès[28].
Énergie gratuite en Essex, Ontario
La publication rapporte qu'une centrale hydroélectrique en Ontario fournit de l'électricité gratuite aux habitants de la région. Elle présente cette initiative comme un exemple de gestion publique des ressources naturelles, en opposition aux monopoles privés[29].
Les femmes de ménage de Harvard payées
Cet article relate une grève des femmes de ménage de l'université Harvard, qui ont obtenu une augmentation de salaire après avoir refusé de travailler pour 2 cents de l'heure. La publication souligne l'exploitation des travailleurs, en particulier des femmes, dans les institutions prestigieuses[30].
Le trust de l'acier
La publication dénonce le monopole des compagnies ferroviaires sur le prix de l'acier, qui est maintenu artificiellement élevé depuis dix ans. Elle critique l'influence des trusts sur l'économie et leur capacité à contrôler les prix au détriment des consommateurs[31].
Les « Hellertions » jouent tous les tons
Cet article décrit un nouvel instrument de musique, le *Hellertion*, qui utilise des tubes radio et des résistances pour produire tous les sons audibles par l'oreille humaine. La publication présente cet instrument comme une innovation majeure pour la musique, permettant à un seul musicien de jouer comme un orchestre entier[32].
7,5 millions de dollars pour les écoles de l'Alabama
La publication annonce qu'un legs de 7,5 millions de dollars a été fait pour la création d'écoles progressistes en Alabama, réservées aux citoyens blancs, masculins et d'ascendance britannique. Elle critique cette restriction, qui exclut les femmes, les Noirs et les personnes d'autres origines, tout en soulignant l'importance de l'éducation[33].
9 600 mots par minute
Cet article relate une avancée technologique réalisée par des ingénieurs canadiens, qui ont réussi à transmettre 9 600 mots par minute sur deux lignes téléphoniques. La publication souligne le potentiel de cette innovation pour les communications futures[34].
Sears-Roebuck apprécie le nouveau calendrier
La publication rapporte que la société *Sears-Roebuck* a adopté un nouveau calendrier, divisant l'année en treize périodes de travail de vingt-huit jours chacune. Elle souligne que cette organisation permet des comparaisons plus précises des ventes, de la production et des coûts, et facilite la planification budgétaire[35].
Dieu derrière l'univers
Cet article présente les théories du physicien Robert A. Millikan, qui affirme que l'univers est constamment construit à partir d'hydrogène dans les profondeurs de l'espace interstellaire. La publication oppose cette vision à celle de Sir James Jeans, qui estime que l'univers est en train de « s'épuiser ». Elle souligne l'importance de la science pour comprendre les mystères de la création[36].
Une machine à couper la canne
La publication décrit une nouvelle machine à couper la canne à sucre, qui permet à trois hommes de faire le travail autrefois réalisé par deux cents. Elle souligne les gains de productivité, mais aussi les craintes de troubles sociaux dans les pays producteurs de sucre, où cette innovation pourrait entraîner des licenciements massifs[37].
Intérêts, dividendes et salaires
Cet article critique la priorité donnée aux intérêts et aux dividendes sur les salaires en période de crise économique. La publication affirme que les travailleurs, qui dépendent de leurs salaires pour vivre, sont les premiers à subir les conséquences de la crise, tandis que les actionnaires continuent de percevoir leurs revenus. Elle dénonce cette inégalité et appelle à une redistribution plus juste des richesses[38].
L'univers n'en est qu'à ses débuts
La publication cite l'astronome Sir James Jeans, qui compare l'univers à une Europe où ne vivraient que trois guêpes, pour illustrer son immensité et sa faible densité en étoiles. Elle critique l'idée que l'univers est en train de « s'épuiser », affirmant au contraire qu'il est encore en pleine expansion et création[39].
Quarante millions de dollars de pots-de-vin par an
Cet article dénonce la corruption dans le milieu médical, affirmant que les médecins américains perçoivent 40 millions de dollars par an grâce aux prescriptions d'alcool, dans le cadre de la prohibition. La publication critique cette pratique, qui profite aux médecins tout en contournant la loi[40].
Les clubs exclusifs d'Angleterre ferment
La publication rapporte que la crise économique entraîne la fermeture de nombreux clubs exclusifs en Angleterre, en raison de la baisse du nombre de membres et des difficultés financières. Elle présente cette situation comme un signe de l'effritement des privilèges de l'élite britannique[41].
Les barrages de l'Ouachita en Arkansas
Cet article décrit la construction de trois grands barrages sur la rivière Ouachita, en Arkansas, par une filiale du *Power Trust*. La publication souligne les avantages de ces barrages, qui créent trois lacs artificiels d'une longueur totale de soixante-dix miles, tout en critiquant l'influence des trusts sur les ressources naturelles[42].
L'incompétence des juges de New York
La publication dénonce l'incompétence de certains juges de New York, qui s'appuient sur leurs greffiers pour prendre des décisions ou lisent des charges stéréotypées sans comprendre leur contenu. Elle critique le système judiciaire, qui permet à des magistrats mal préparés d'occuper des postes clés[43].
Les esclaves d'Abyssinie
Cet article décrit la situation des esclaves en Abyssinie, où deux millions de personnes vivent encore en esclavage, bien que les enfants nés après une certaine date soient libres. La publication dénonce les conditions de vie misérables de ces esclaves, qui travaillent aussi dur pour les prêtres que pour leurs maîtres laïcs, sans recevoir de salaire décent[44].
La porte des larmes
La publication décrit le commerce d'esclaves entre l'Abyssinie et l'Arabie, via le détroit de Bab-el-Mandeb, surnommé « la porte des larmes ». Elle dénonce les conditions inhumaines dans lesquelles ces esclaves, principalement des jeunes filles, sont transportés et vendus, souvent enchaînés et fouettés[45].
Le canal du cap Cod
Cet article critique la vente du canal du cap Cod au gouvernement américain pour 11 millions de dollars, alors qu'il n'avait coûté que 5,5 millions de dollars à construire. La publication dénonce cette opération, qui a permis à des banques et à des lobbyistes de réaliser un profit de 2 millions de dollars, tout en soulignant l'inutilité économique de ce canal[46].
Travail forcé au Kenya
La publication dénonce le travail forcé au Kenya, où des enfants et des adultes sont contraints de travailler dans des conditions proches de l'esclavage. Elle cite un article de l'archidiacre W. E. Owen, qui décrit les mauvais traitements infligés aux travailleurs, notamment dans les plantations de sisal. La publication critique également la répression exercée contre ceux qui osent dénoncer ces abus[47].
Les femmes courageuses de Géorgie
Cet article rend hommage aux femmes de Géorgie qui, malgré les difficultés économiques, refusent de recourir à des aides financières ou à des privilèges. La publication les présente comme des exemples de courage et de dignité, en opposition aux hommes politiques qui profitent de la crise pour s'enrichir[48].
Chômage en Allemagne
La publication rapporte que le chômage en Allemagne a atteint 4,3 millions de personnes en décembre 1930, contre 2,6 millions un an plus tôt. Elle souligne l'aggravation de la crise économique en Europe et ses conséquences sociales désastreuses[49].
Mgr Suhard et les dames
Cet article critique un décret de Mgr Suhard, évêque catholique de Bayeux et Lisieux, qui interdit aux femmes de porter des robes laissant apparaître le creux des reins ou des manches trop courtes. La publication dénonce cette ingérence de l'Église dans la vie privée des femmes et souligne l'hypocrisie de ces règles vestimentaires[50].
Qu'est-ce qui ne va pas ?
La publication pose la question des causes de la crise économique et sociale, en soulignant que les ressources naturelles et les capacités de production sont suffisantes pour nourrir et vêtir toute l'humanité. Elle dénonce l'incapacité des dirigeants à mettre en place un système de production et de distribution équitable, et critique les inégalités croissantes entre riches et pauvres[51].
Le trust de l'acier a agi trop vite
Cet article dénonce l'influence du *Power Trust* sur la *Federal Power Commission*, qui a tenté de limoger deux de ses membres, William V. King et Charles A. Russell, connus pour leur intégrité et leur défense de l'intérêt public. La publication critique cette ingérence et souligne l'importance de préserver l'indépendance des institutions publiques[52].
Notre civilisation en chaîne
La publication dénonce la domination des grandes chaînes commerciales et industrielles sur l'économie américaine, qui étouffent les petites entreprises et concentrent les richesses entre les mains d'une minorité. Elle critique également l'influence des trusts sur les banques, les médias et les institutions publiques, et souligne les conséquences désastreuses de cette concentration du pouvoir économique[53].
Les microbes : la superstition moderne
Cet article, signé par le Dr E. F. (Iowa), remet en cause la théorie microbienne des maladies, qu'il qualifie de « superstition moderne ». La publication affirme que les microbes ne sont pas la cause des maladies, mais plutôt des « éboueurs » qui se nourrissent des déchets accumulés dans le corps. Elle critique la médecine traditionnelle, qui, selon elle, exploite cette théorie pour vendre des traitements inefficaces et dangereux, comme les vaccins ou les sérums[54].
Une confession
Cet article, écrit par un abonné, raconte l'histoire d'une entreprise de produits dentaires qui a cherché à convaincre les parents de l'importance du brossage des dents pour leurs enfants. La publication dénonce cette campagne, qu'elle présente comme une manipulation commerciale visant à vendre des brosses à dents, des pâtes et des poudres. Elle critique également l'obsession du brossage des dents, qu'elle juge excessive et potentiellement nuisible pour les gencives[55].
Une fable rénovée
Cet article revisite la fable de *La Poule aux œufs d'or* en l'adaptant à l'industrie moderne. La publication critique la logique capitaliste, qui cherche à maximiser les profits au détriment des travailleurs et des consommateurs. Elle dénonce l'automatisation et la surproduction, qui entraînent le chômage et la précarité, tout en enrichissant une minorité[56].
Les associés du Conseil fédéral
La publication critique le *Federal Council of Churches of Christ in America*, qu'elle accuse de chercher à s'enrichir en vendant des titres honorifiques à des donateurs, y compris des Juifs fortunés. Elle dénonce cette pratique, qui consiste à attribuer des titres comme « Associé », « Associé contributeur » ou « Bienfaiteur » en fonction du montant des dons, et souligne l'hypocrisie de cette institution religieuse[57].
La cause des temps difficiles
Cet article analyse les causes de la crise économique, en soulignant que la richesse se concentre entre les mains d'une minorité, tandis que la majorité de la population s'appauvrit. La publication affirme que cette inégalité est due à la rétention des profits par les grandes entreprises et à la baisse des salaires, ce qui réduit le pouvoir d'achat des travailleurs et aggrave la crise[58].
Qui est Jéhovah ?
Cet article, rédigé par Joseph Franklin Rutherford, présente une conférence radiodiffusée sur Jéhovah, son identité et son rôle dans la création. La publication affirme que Jéhovah est le seul vrai Dieu, créateur de l'univers et source de toute vie. Elle souligne l'importance de connaître Jéhovah pour obtenir la vie éternelle, et critique les religions traditionnelles, qu'elle accuse d'avoir détourné les hommes de la vérité en honorant des créatures plutôt que le Créateur. Rutherford présente également Satan comme l'ennemi de Dieu, responsable de l'ignorance et de la corruption des hommes[59].
L'enjeu
La publication présente l'enjeu spirituel de l'époque, qui consiste à choisir entre servir Jéhovah ou Satan. Elle affirme que Jéhovah a promis de racheter l'humanité par le sacrifice de Jésus-Christ et d'établir un royaume de justice sur terre. Elle souligne que les fidèles de Jéhovah ont pour mission de témoigner de cette vérité avant la destruction de Satan et de son organisation. Rutherford appelle les lecteurs à choisir leur camp et à servir Jéhovah pour obtenir la vie éternelle[60].
Le Canada utilise encore le fouet
La publication dénonce l'utilisation du fouet comme peine judiciaire au Canada, en citant le cas d'un jeune homme de 18 ans condamné à cinq coups de fouet pour avoir volé dix dollars. Elle critique cette pratique, qu'elle qualifie de barbare, et appelle à son abolition, tout en soulignant que les véritables criminels, ceux qui volent des milliers de dollars, échappent à ce châtiment[61].
Les oiseaux ont évité l'aluminium
Cet article humoristique relate une anecdote sur des oiseaux qui ont évité de nicher dans un arbre où un chat avait été enfermé dans une cage en aluminium. La publication utilise cette histoire pour illustrer l'intelligence des animaux et leur capacité à éviter les pièges[62].
Publicité pour la brochure « Le Ciel et le Purgatoire »
La publication fait la promotion d'une brochure écrite par Joseph Franklin Rutherford, intitulée *« Le Ciel et le Purgatoire »*. Elle présente cette brochure comme une réponse aux questions sur le paradis, le purgatoire et le sort des âmes après la mort. La publication affirme que cette brochure de 64 pages offre des réponses claires et satisfaisantes, basées sur les Écritures, et encourage les lecteurs à se la procurer[63].
Analyse
Croyances
L'article « Qui est Jéhovah ? », signé par Joseph Franklin Rutherford et occupant plusieurs pages du numéro, développe une affirmation théologique fondamentale : Jéhovah est le seul vrai Dieu, créateur de l'univers et source de toute vie, et la connaissance de son identité conditionne l'obtention de la vie éternelle.[64] Cette insistance sur le nom et la souveraineté de Jéhovah s'inscrit dans une orientation doctrinale que Rutherford avait progressivement mise en avant depuis les années 1920, déplaçant l'accent de l'eschatologie héritée de Charles Taze Russell vers la vindication de la souveraineté divine comme enjeu central du dessein de Dieu.[65]
Le contrepoint théologique à cette souveraineté est fourni par la figure de Satan, présenté dans le même article comme l'ennemi actif de Jéhovah, responsable de l'ignorance et de la corruption des hommes.[66] Cette représentation est cohérente avec la doctrine exposée sur la page Satan de ce wiki, selon laquelle Satan a soulevé une remise en cause de la souveraineté de Dieu en prétendant qu'aucun humain ne le servirait fidèlement par amour, et qu'il domine le monde actuel en se servant notamment de la fausse religion pour tromper les humains. La critique des religions traditionnelles développée par Rutherford dans cet article — accusées d'avoir détourné les hommes de la vérité en honorant des créatures plutôt que le Créateur — s'inscrit directement dans cette grille d'interprétation où la religion institutionnelle est assimilée à un outil de Satan.
La section intitulée « L'enjeu » développe une eschatologie binaire et urgente : l'humanité doit choisir entre servir Jéhovah ou Satan avant la destruction imminente de l'organisation satanique.[67] Rutherford y affirme que les fidèles de Jéhovah ont pour mission de témoigner de cette vérité avant le jugement, ce qui confère une dimension missionnaire et temporellement pressante à l'enjeu doctrinal exposé. La publication présente ainsi la proclamation publique non comme une option dévotionnelle, mais comme une obligation liée au calendrier eschatologique.
La publicité pour la brochure de Rutherford intitulée Le Ciel et le Purgatoire, présentée comme offrant des réponses basées sur les Écritures sur le sort des âmes après la mort, signale une position doctrinale explicitement distincte de la théologie catholique.[68] Le purgatoire est une doctrine catholique désignant un état transitoire de purification de l'âme avant son entrée au Ciel.[69] En faisant la promotion d'une brochure qui traite de ce sujet, la publication signale que l'organisation rejette cette conception et lui oppose une doctrine propre — cohérente avec l'enseignement général selon lequel les morts sont inconscients dans l'attente de la résurrection et que le paradis sera restauré sur terre pour les humains sauvés.[70]
Science et médecine
Le numéro du 18 mars 1931 de L'Âge d'Or contient plusieurs articles à forte dimension scientifique ou médicale, dans lesquels la revue mobilise des données ou des théories dans un sens idéologiquement orienté. Trois cas se distinguent nettement par la déformation que la publication leur fait subir au service de son discours.
Le premier et le plus manifeste est le rejet de la théorie microbienne des maladies, présenté dans l'article signé « Dr E. F. (Iowa) ». La publication qualifie les microbes de simples « éboueurs » chargés d'éliminer les déchets accumulés dans l'organisme, et présente l'ensemble de la bactériologie médicale comme une « superstition moderne » utilisée par la médecine officielle pour vendre des traitements coûteux et inutiles.[71] Ce vocabulaire — les germes comme simples scavengers d'un organisme affaibli — correspond précisément à la *terrain theory*, variante du déni de la théorie microbienne directement issue des travaux d'Antoine Béchamp, courant que la communauté scientifique médicale considérait comme réfuté dès la fin du XIXe siècle, après la consolidation des travaux de Pasteur et de Koch.[72] En 1931, la théorie microbienne constituait le fondement incontesté de la microbiologie et de l'épidémiologie ; y opposer une vision où les germes ne causent pas les maladies mais en résultent représentait une position déjà marginale et scientifiquement isolée à cette date. L'intérêt idéologique de la revue est ici transparent : discréditer la médecine institutionnelle, perçue comme un pilier du système corrompu que la publication combat, tout en justifiant le refus des vaccins et des sérums qu'elle promeut par ailleurs dans le même numéro.
Ce refus vaccinal constitue précisément le deuxième cas. L'article intitulé « Garder les enfants en bonne santé » affirme que « le sang de veau empoisonné et le sang de cheval empoisonné » est injecté aux enfants sous prétexte de les protéger contre les maladies infectieuses, et présente la vaccination comme une pratique superstitieuse et dangereuse.[73] Cette rhétorique s'inscrit dans une campagne antivccinale durable de la revue, documentée dès 1921, et qui atteint en 1931 une intensité particulière : la page Vaccination du présent wiki rappelle qu'à cette date, se faire vacciner était alors présenté par la Watch Tower comme aussi grave que consommer du sang, avec des références aux textes bibliques sur le caractère sacré du sang pour étayer cette condamnation. La qualification de « sang empoisonné » témoigne d'un cadrage délibérément alarmiste, sans rapport avec l'état des connaissances médicales de l'époque, qui reconnaissaient l'efficacité des vaccins — notamment contre la variole, la diphtérie ou la typhoïde — sur la base d'une littérature clinique abondante.[74] La charge idéologique est ici double : médicale, en disqualifiant une pratique préventive validée, et théologique, en assimilant l'injection d'une préparation d'origine animale à une transgression biblique.
Le troisième cas relève de la cosmologie. L'article « Dieu derrière l'univers » met en opposition les thèses du physicien Robert A. Millikan, lauréat du prix Nobel, et celles de l'astronome Sir James Jeans.[75] La revue adopte sans réserve la position de Millikan, selon laquelle l'univers se crée continuellement à partir d'hydrogène dans les profondeurs de l'espace interstellaire, contre la vision de Jeans d'un cosmos en voie d'épuisement. Ce choix n'est pas scientifiquement neutre : Millikan, qui affichait publiquement ses convictions chrétiennes, présentait lui-même sa cosmologie d'un univers en création perpétuelle comme incompatible avec un univers soumis à l'entropie, qu'il jugeait contraire à la foi chrétienne. La revue fait ainsi de la science de Millikan un argument en faveur de l'activité créatrice continue de Jéhovah, en présentant comme tranchée une controverse cosmologique encore très ouverte au début des années 1930. L'article connexe « L'univers n'en est qu'à ses débuts » cite Jeans lui-même de façon sélective pour suggérer que l'immensité de l'univers confirme la grandeur de la création divine, effaçant la conclusion pessimiste que Jeans tirait par ailleurs de cette même immensité.[76] La revue instrumentalise ainsi un débat scientifique contemporain pour étayer, par autorité scientifique interposée, la thèse d'un Dieu créateur actif et omniprésent que Rutherford développe dans le même numéro.
Économie et société
L'article intitulé « Les temps ne sont pas durs pour tout le monde » affirme que les paiements aux actionnaires sous forme de dividendes et d'intérêts ont augmenté de 612 millions de dollars en 1930 par rapport à 1929, tandis que des familles mouraient de faim dans le Kentucky.[77] La revue présente cette donnée comme un signe de l'iniquité structurelle du monde capitaliste, dans une rhétorique eschatologique visant à démontrer l'effritement du système présent. Or, loin d'être une déformation, ce constat est confirmé par des sources économiques indépendantes de l'époque : selon la Federal Reserve Bank of Minneapolis et les travaux de Fabricant (1935), les versements de dividendes américains se maintinrent stables, voire augmentèrent, au début de la Grande Dépression, même pour des entreprises enregistrant des pertes, les entreprises ayant choisi de laisser la contraction peser sur les profits non distribués plutôt que sur les dividendes versés aux actionnaires.[78] La Library of Economics and Liberty confirme que les dividendes de 1930 furent presque aussi élevés qu'en 1929.[79] Si le chiffre précis de 612 millions de dollars ne peut être vérifié directement, la tendance générale décrite par la revue est cohérente avec les données historiques disponibles.
L'article « Taux de mortalité par alcoolisme » avance que ce taux aux États-Unis était six fois plus élevé en 1929 qu'au moment de l'adoption de la prohibition, ce chiffre spectaculaire étant présenté sans source et servant à illustrer la corruption généralisée du monde séculier.[80] La revue avait un intérêt idéologique évident à dramatiser l'échec de la prohibition, dans la mesure où la brochure La Prohibition et la Société des Nations de Rutherford, publiée l'année précédente, développait déjà l'idée que cette politique était « un stratagème de Satan ».[81] Or ce chiffre d'une multiplication par six du taux de mortalité par alcoolisme n'a pas pu être vérifié à partir des données statistiques disponibles sur la période ; il contraste avec les données générales sur la prohibition, qui montrent que la consommation globale d'alcool diminua effectivement dans les premières années du régime sec, avant de remonter progressivement via les circuits clandestins. L'absence de toute source citée par la revue à l'appui d'un chiffre aussi précis et aussi favorable à sa thèse témoigne du risque d'une sélection ou d'une amplification orientée des données, caractéristique du traitement que L'Âge d'Or réserve aux statistiques servant son discours de décadence du monde séculier.
Illustrations du numéro
Références
- ↑ L'Âge d'Or du 18 mars 1931, p. 387.
- ↑ L'Âge d'Or du 18 mars 1931, p. 388.
- ↑ L'Âge d'Or du 18 mars 1931, p. 388.
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- ↑ Cole, Hall & Ohanian, Capital Taxation During the U.S. Great Depression, Federal Reserve Bank of Minneapolis / University of Pennsylvania, citant Fabricant (1935).
- ↑ Robert Higgs, « Great Depression », Encyclopedia of Economics and Liberty.
- ↑ L'Âge d'Or du 18 mars 1931, p. 398.
- ↑ La Prohibition et la Société des Nations (1930), repris dans la page wiki correspondante sur Tj-encyclopedie.org.