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The Golden Age du 29 avril 1931

De Tj-encyclopédie
The Golden Age du 29 avril 1931
Revue L'Âge d'Or
Date 1931
Année 1931
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de L'Âge d'Or consacre une part considérable de ses pages à la Perse, pays traité sous un angle à la fois géographique, ethnographique, politique et économique. Le portrait qui en est dressé est celui d'une nation ancienne, riche d'une histoire multimillénaire, mais enserrée dans des structures sociales féodales et soumise aux appétits des grandes puissances impérialistes, au premier rang desquelles la Grande-Bretagne et la Russie.[1]

Au-delà de ce dossier géographique, le numéro aborde également la question du traitement réservé aux anciens combattants américains, dénonçant les promesses non tenues du gouvernement envers ceux qui ont servi pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que des sujets touchant à la santé et à la vie quotidienne des lecteurs.[2]

Contenu

Perse — Le pays des extrêmes

Ce long article décrit la Perse comme un pays marqué par des contrastes extrêmes, tant géographiques que sociaux et culturels. La publication souligne que la Perse, l’un des plus anciens empires du monde, a été gouvernée par des despotes successifs, dont Cyrus et Darius, mentionnés dans les Écritures [3]. Le pays est présenté comme une terre de déserts inhospitaliers et de jardins luxuriants, où la pauvreté côtoie une richesse ostentatoire, notamment à travers les trésors accumulés par la noblesse, comme les joyaux de la couronne du Shah, estimés à 40 millions de dollars [4].

L’article insiste sur les conditions de vie difficiles de la population, avec une mortalité infantile élevée (trois enfants sur quatre meurent avant l’âge de cinq ans) et des pratiques d’hygiène rudimentaires, comme le lavage des mains et des pieds dans des bassins familiaux servant aussi à la vaisselle [5]. La Perse est décrite comme un pays où l’eau est rare et où les infrastructures, comme les aqueducs, nécessitent un entretien constant. La religion dominante, l’islam, est critiquée pour son fanatisme et son emprise sur la société, notamment à travers l’influence des *mullahs*, qui maintiennent la population dans l’ignorance et la soumission [6].

Le texte évoque également l’histoire politique mouvementée de la Perse, marquée par des révoltes, des invasions (comme celles d’Alexandre le Grand ou de Gengis Khan) et des périodes d’anarchie. Il décrit le règne de Reza Khan Pahlavi, arrivé au pouvoir en 1925, comme celui d’un dirigeant autoritaire mais progressiste, qui a modernisé l’armée, sécurisé les routes et tenté de lutter contre la corruption [7]. Cependant, la publication prend soin de préciser qu’elle ne soutient ni les aristocrates ni les autocrates, soulignant que Reza Khan est issu d’une famille influente et non d’un milieu modeste, comme le prétendent certaines rumeurs [8].

Sur le plan économique, l’article met en avant les richesses naturelles du pays, comme le pétrole, contrôlé par la Grande-Bretagne via l’*Anglo-Persian Oil Company*, ainsi que les gisements de charbon, de cuivre, de plomb et les perles de la mer Persique [9]. La culture de l’opium est également abordée comme une source majeure de revenus pour le pays, malgré les tentatives infructueuses de limiter son commerce en raison de l’influence des producteurs et des marchands [10].

Enfin, l’article souligne les tensions géopolitiques autour de la Perse, notamment l’ingérence de la Grande-Bretagne et de la Russie, qui cherchent à contrôler ses ressources et son territoire. La publication suggère que la neutralité de la Perse est menacée par les ambitions impérialistes de ces deux puissances [11].

Comment nous récompensons nos héros

Cet article dénonce le traitement réservé aux anciens combattants aux États-Unis, en particulier ceux de la Première Guerre mondiale. La publication affirme que, malgré les promesses faites par le gouvernement, de nombreux vétérans se retrouvent sans emploi, sans logement et sans soutien financier après leur démobilisation. Elle cite des exemples concrets, comme celui d’un ancien soldat devenu aveugle à la guerre, qui se voit refuser une pension parce qu’il n’a pas servi assez longtemps à l’étranger, ou celui d’un autre vétéran, amputé d’une jambe, qui doit mendier pour survivre [12].

La publication critique également les inégalités dans l’attribution des pensions, soulignant que certains officiers reçoivent des sommes bien plus élevées que les simples soldats, alors que ces derniers sont souvent ceux qui ont subi les pires blessures et les plus grandes privations. Elle dénonce un système où les héros de guerre sont abandonnés une fois la paix revenue, tandis que les responsables politiques et militaires continuent de bénéficier de privilèges [13].

L’article se termine sur une note amère, affirmant que « nos héros sont » souvent réduits à la mendicité ou à la dépendance envers des œuvres caritatives, alors que le pays dépense des fortunes pour des projets militaires inutiles ou pour entretenir une bureaucratie inefficace [14].

La Perse sous influence étrangère

La publication consacre un long article à la situation politique et sociale de la Perse (actuel Iran), soulignant son assujettissement aux puissances étrangères, notamment la Russie et la Grande-Bretagne. Elle décrit les invasions militaires de 1914, où la Russie occupe le nord du pays et la Grande-Bretagne le sud, sous prétexte de contrer l’influence allemande en Afghanistan, voie d’accès vers l’Inde britannique. Un traité signé en 1919 prive la Perse de son indépendance, formalisant une division préexistante en zones d’influence entre les deux puissances. La Russie, après la révolution bolchevique, annonce renoncer à ses prêts et à ses politiques tsaristes, mais contrôle toujours le commerce du nord du pays. La Grande-Bretagne, quant à elle, est présentée comme une force corrompue, manipulant la cour de Téhéran pour préserver ses intérêts, notamment le contrôle des îles du golfe Persique, justifié par la protection de ses stations de charbonnage. L’article dénonce cette ingérence comme une stratégie diabolique pour entraver le développement persan[15].

La famine provoquée par l’invasion russe en 1914, qui aurait tué un cinquième de la population, est évoquée comme une conséquence directe de cette domination étrangère. Les Perses, selon la publication, n’ont aucune confiance dans les intentions des puissances étrangères, une méfiance jugée légitime au vu de leur histoire récente. L’article souligne également les tentatives de modernisation récentes, comme la maîtrise de son tarif douanier depuis 1928 ou la construction d’aérodromes pour une ligne aérienne britannique, tout en rappelant que ces avancées restent limitées par les rapports de force géopolitiques[16].

La société persane : inégalités et traditions

L’article dresse un portrait contrasté de la société persane, marquée par des inégalités sociales extrêmes et des traditions ancestrales. La population, estimée à 10 millions d’habitants, est décrite comme composée de multiples groupes ethniques, héritage des invasions successives, notamment mongoles et arabes. L’aristocratie persane, présentée comme égoïste et peu religieuse, est accusée de vendre les intérêts du pays pour maintenir son train de vie, tandis que le peuple, divisé entre propriétaires terriens et paysans sans terre, vit dans des conditions misérables. Les paysans, utilisant des outils rudimentaires, cèdent les trois cinquièmes de leur récolte aux propriétaires, perpétuant un système féodal inchangé depuis des siècles[17].

Les tribus nomades, comme les Baktiaris, sont décrites comme vivant dans des conditions précaires, migrantes entre le golfe Persique et les hauts plateaux, en quête de pâturages. Leur mode de vie, inchangé depuis l’époque d’Abraham, rend toute forme de gouvernement difficile. L’article souligne l’absence de classe moyenne, d’ingénieurs, d’architectes ou de médecins, les mollahs (prêtres) jouant le rôle de juristes. Les Persans sont présentés comme un peuple intelligent et généreux, mais soumis à des structures sociales oppressives[18].

La condition des femmes persanes est particulièrement mise en avant. Mariées dès l’âge de 10 ou 12 ans à des hommes bien plus âgés, elles sont confinées dans des espaces domestiques stricts, comme l’anderoon (cour intérieure), et doivent se voiler en public. Bien que certaines femmes commencent à apparaître sans voile dans les rues, cette pratique reste risquée, notamment dans les villes conservatrices où des fanatiques n’hésitent pas à agresser celles qui transgressent les préceptes du Coran. Les femmes persanes sont décrites comme vivant dans des conditions d’hygiène rudimentaires, sans mobilier, et portant le même vêtement pendant des semaines. Un proverbe persan cité dans l’article résume cette vision misogyne : *« La femme est un grand malheur. Pourtant, aucun foyer ne devrait être sans ce mal »*[19].

Éducation, industrie et modernisation

L’article aborde les efforts de modernisation en Perse, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’industrie. Depuis quelques années, le pays a développé des écoles de type occidental, en plus des 2 139 écoles primaires et 308 écoles secondaires religieuses traditionnelles. Près de 750 étudiants persans étudient en Europe, dont la moitié bénéficie de financements publics. La radio est un monopole d’État, et les Allemands sont chargés d’enseigner l’agriculture scientifique. Cependant, ces avancées restent limitées par le manque d’infrastructures et de personnel qualifié[20].

L’industrie persane est dominée par la fabrication de tapis, considérée comme la principale activité économique du pays. Les tapis persans, réputés pour leur qualité, sont produits dans des conditions de travail déplorables, par des enfants et des femmes travaillant de l’aube au crépuscule pour des salaires dérisoires. L’article souligne que cette industrie, vieille de plus de deux millénaires, est aujourd’hui menacée par la demande croissante des marchés occidentaux, qui pousse à une production de masse au détriment de la qualité. Les tapis anciens conservés dans les musées occidentaux, comme ceux de New York, sont présentés comme supérieurs à ceux produits actuellement[21].

La vie urbaine est décrite comme archaïque, avec des villes dépourvues de noms de rues ou de numéros de maisons. À Téhéran, la capitale, seules quelques rues portent un nom, et les habitants ont adopté des noms de famille seulement depuis quelques années, souvent fantaisistes, comme *« Honnête et Fidèle »* pour un gardien de porte ou *« Trois Cent Dix »* pour un marchand utilisant son numéro de téléphone comme patronyme. La médecine traditionnelle, basée sur des charmes et des prières, reste dominante, bien que des hôpitaux modernes commencent à apparaître. Les sports, comme le polo, originaire de Perse, connaissent un regain d’intérêt parmi l’aristocratie, tandis que les feux d’artifice persans sont présentés comme les plus spectaculaires au monde[22].

Finances et transports

La situation financière et les infrastructures de transport en Perse sont présentées comme des domaines marqués par la corruption et le sous-développement. Jusqu’en 1911, les fonctionnaires persans considéraient leurs postes comme des opportunités de s’enrichir aux dépens de la population, une pratique si répandue qu’un appel à l’aide fut lancé aux États-Unis. W. Morgan Shuster, un Américain, fut chargé de réformer les finances publiques, mais son action fut sabotée par la Russie et la Grande-Bretagne, qui craignaient de perdre leur influence. En 1922, un autre Américain, A. C. Millspaugh, prit le relais et resta cinq ans, jusqu’à ce que les Persans estiment pouvoir gérer seuls la situation[23].

Les transports en Perse étaient jusqu’alors limités aux caravanes de chameaux et aux diligences, ces dernières étant décrites comme des chariots sans ressorts, transportant passagers et courrier sur des routes rudimentaires. Les infrastructures modernes, comme les routes et les chemins de fer, commencent à se développer, mais restent insuffisantes. Un projet de ligne ferroviaire de 1 200 miles, reliant la mer Caspienne au golfe Persique, est en construction et devrait être achevé en 1937. La Grande-Bretagne et la Russie, qui avaient jusqu’alors bloqué le développement ferroviaire persan, sont présentées comme des obstacles à la modernisation du pays. Des services de transport motorisés et aériens commencent à émerger, notamment une liaison hebdomadaire entre Bagdad et Téhéran, ainsi qu’un service aérien transcontinental. L’article conclut en affirmant que les 10 millions de Persans ont été *« retardés dans leur développement par les gouvernements diaboliques de la Russie et de la Grande-Bretagne »*, mais exprime l’espoir qu’un *« meilleur jour »* adviendra sous l’égide d’un *« Gouverneur parfait »*[24].

Un médecin honnête et courageux

Sous la plume de W. A. Sinclair, un lecteur de l’Ontario, cet article relate une anecdote personnelle illustrant les dangers de l’utilisation des ustensiles en aluminium pour la cuisson. L’auteur et son épouse, après avoir lu des articles dans The Golden Age mettant en garde contre les risques sanitaires liés à l’aluminium, décident de se débarrasser de leurs casseroles en ce matériau. Peu après, une vendeuse d’un produit de nettoyage pour aluminium tente de les convaincre de revenir sur leur décision, arguant que ces ustensiles sont utilisés dans les hôpitaux et autres institutions. Face à leur refus, la vendeuse, agacée, laisse échapper une remarque révélatrice : *« Si ce Dr. [nom cité] avait gardé sa bouche fermée, il s’en serait mieux porté aujourd’hui »*[25].

L’auteur précise que leur décision ne reposait pas sur les travaux de ce médecin, mais sur les informations publiées par The Golden Age. Plus tard, lors d’une rencontre fortuite avec ce médecin et son épouse, il apprend que ce dernier avait mené des recherches sur les composés d’aluminium, mais que ses conclusions avaient été rejetées par le conseil médical local. Le médecin aurait reçu des exemplaires de The Golden Age alertant sur les dangers de l’aluminium et aurait pleinement souscrit à ces avertissements. L’article souligne ainsi l’isolement des médecins honnêtes face aux institutions médicales, tout en saluant leur courage[26].

La plainte de l'éditeur

Cette rubrique humoristique, intitulée *« La plainte de l’éditeur »*, énumère avec ironie les dilemmes auxquels est confronté un rédacteur en chef dans le choix des contenus à publier. L’éditeur se plaint des critiques contradictoires des lecteurs : s’il publie des blagues, on lui reproche d’être frivole ; s’il n’en publie pas, on le trouve trop sérieux. S’il privilégie des articles originaux, on lui dit manquer de variété ; s’il reprend des textes d’autres publications, on l’accuse de paresse. S’il reste à son poste, on lui suggère d’aller chercher des nouvelles ; s’il s’absente, on lui reproche de négliger son travail. De même, s’il ne publie pas les contributions des lecteurs, on l’accuse de manquer de reconnaissance ; s’il les publie, on se moque de la qualité médiocre des textes[27].

L’éditeur conclut en soulignant l’impossibilité de satisfaire tout le monde, notant que, quoi qu’il fasse, certains lecteurs l’accuseront de plagiat ou de manque d’originalité. Ce texte reflète une forme d’autodérision sur les défis de la ligne éditoriale d’un périodique engagé comme The Golden Age[28].

Brèves et anecdotes

Cette rubrique regroupe plusieurs brèves et anecdotes variées, reflétant les centres d’intérêt de la publication :

- **Robert Wadlow, le géant d’Alton** : À 18 ans, Robert Wadlow mesure 7 pieds et 4 pouces (environ 2,24 mètres) et pèse 282 livres. Il a grandi de quatre pouces en un an et chausse du 25. Cette brève met en avant un cas médical exceptionnel, sans commentaire doctrinal[29].

- **Un trajet Londres-Paris en 1h45** : Des experts en transport envisagent de réduire le temps de trajet entre le cœur de Londres et celui de Paris à 1h45, grâce à des liaisons ferroviaires spéciales reliant les aéroports aux centres-villes et à une augmentation de la vitesse des avions. Cette brève illustre les progrès technologiques de l’époque[30].

- **Désastres en mer Noire** : Une tempête hivernale en mer Noire a causé le naufrage de sept navires, dont un pétrolier britannique dont l’équipage a péri. La mer Noire est décrite comme l’une des mers intérieures les plus tempétueuses en hiver[31].

- **La liaison aérienne Londres-Le Cap** : Après onze ans de préparation, une ligne postale aérienne relie désormais Londres au Cap, en Afrique du Sud, en neuf jours. Cette route est considérée comme l’une des plus dangereuses au monde en raison des tempêtes fréquentes[32].

- **L’Amérique autrefois reliée à l’Asie** : La découverte de fossiles de séquoias californiens sur une île de la mer de Béring suggère que l’Amérique et l’Asie étaient autrefois reliées. Cette preuve géologique est interprétée comme un indice de la séparation des continents lors du Déluge biblique[33].

- **Le problème le plus important de l’Amérique** : Un magazine syndicaliste affirme que la question la plus urgente pour les États-Unis est de *« replacer les victimes des machines, des magasins à grande surface et de l’agriculture à grande échelle dans des emplois »*. Deux solutions sont proposées : augmenter les salaires pour accroître le pouvoir d’achat ou réduire la durée du travail pour employer plus de personnes[34].

- **Une bouteille à la dérive** : Une bouteille jetée dans la rivière Gold Run, à Deadwood (Dakota du Sud), a été retrouvée plusieurs années plus tard sur une plage de Long Beach (Californie), après avoir probablement contourné l’Afrique ou l’Amérique du Sud, ou traversé l’Asie par le nord. Cette anecdote illustre les courants marins et les distances parcourues par les objets à la dérive[35].

- **Une bonne utilisation des surplus de guerre** : Le Dominion du Canada a décidé de redistribuer des milliers de lits de camp, couvertures et chaussettes inutilisés depuis la Première Guerre mondiale pour aider les pauvres. Cette initiative est saluée comme une utilisation judicieuse de ressources autrement gaspillées[36].

- **Les démons dictent la mode** : Un article rapporte que des femmes londoniennes consultent des médiums pour obtenir des conseils sur les styles de robes, croyant communiquer avec les morts. La publication y voit une preuve supplémentaire de l’influence des démons, qui n’hésitent pas à se faire passer pour les défunts afin de tromper les humains[37].

- **Les arbres du Nebraska** : Il y a soixante-dix ans, le Nebraska était une région désertique et sans arbres. Aujourd’hui, grâce à des efforts de reboisement, il compte 2,5 milliards d’arbres, dont certains atteignent 45 pieds de haut. Cette transformation a permis d’augmenter les précipitations et d’améliorer les récoltes, surpassant celles des États voisins initialement mieux dotés en forêts[38].

- **Le plus grand lac artificiel du monde** : Un lac artificiel en cours de remplissage dans la vallée de la rivière Osage (Missouri) deviendra, une fois achevé, le plus grand du monde, avec 125 miles de long, 60 000 acres de superficie et 1 300 miles de rivage. Ce projet illustre les avancées en matière d’ingénierie hydraulique[39].

- **Les banques en Chine et aux États-Unis** : En Chine, aucune banque n’a fait faillite en douze cents ans, car les directeurs savent que leur tête serait en jeu en cas d’échec. Aux États-Unis, en revanche, 1 345 banques ont fait faillite en un an, principalement dans les régions agricoles, sans que leurs directeurs n’aient à en subir les conséquences. Cette comparaison met en lumière les différences culturelles en matière de responsabilité financière[40].

Distance de la nébuleuse la plus rapide

La rubrique présente une série de faits divers scientifiques et sociétaux. Elle mentionne que la nébuleuse la plus rapide mesurée s'éloigne de la Terre à une vitesse de 11 000 miles par seconde, ce qui implique que sa lumière met 120 millions d'années à atteindre notre planète. Cette affirmation est utilisée pour illustrer l'immensité de l'univers et les distances cosmiques[41].

Le plus petit train du monde

Un horloger anglais, J. Martin, a construit un train miniature de huit pouces de long, dont la locomotive mesure 1,34 pouce. Ce train, fonctionnant à l'aide d'un mécanisme d'horlogerie, met deux heures pour parcourir une voie de 4 pieds et 6 pouces. La locomotive est entièrement fabriquée en or et en argent[42].

Radios dans la moitié des foyers américains

Selon le Département du Commerce des États-Unis, la moitié des foyers américains possèdent une radio en 1930, avec un total de 13 478 600 appareils en usage. Les États de New York, de Californie, de l'Illinois et de la Pennsylvanie sont les plus équipés, tandis que seuls quelques États comptent plus d'un million de postes[43].

Hindenburg versus Guillaume

La publication compare les salaires du président allemand Paul von Hindenburg et de l'ancien kaiser Guillaume II. Hindenburg perçoit 12 000 dollars par an, auxquels s'ajoutent 30 000 dollars pour les réceptions diplomatiques, tandis que Guillaume II touchait 730 000 dollars annuels, plus 3 750 000 dollars pour les dépenses de la cour impériale. La conclusion tirée est que le coût d'un président est inférieur à 1 % de celui d'un monarque, tout en offrant une meilleure gouvernance[44].

Nourrir les affamés en Arkansas

Un article critique la gestion de l'aide alimentaire par la Croix-Rouge américaine. La ville de Twin Falls, dans l'Idaho, propose d'envoyer gratuitement des haricots et des pommes de terre d'une valeur de 10 000 dollars à Helena, en Arkansas, où des enfants souffrent de malnutrition. Cependant, la Croix-Rouge exige un versement de 2 000 dollars en espèces, une somme difficile à réunir pour les habitants locaux. Pendant ce temps, des milliers d'enfants ne reçoivent qu'un biscuit noir tartiné de saindoux et de sucre comme repas quotidien[45].

Morts dans la guerre automobile

La publication souligne que la guerre automobile est plus meurtrière que la Première Guerre mondiale. Alors que 50 510 Américains sont morts pendant les dix-huit mois de participation des États-Unis au conflit, 50 900 personnes ont été tuées par des automobiles au cours des dix-huit mois se terminant le 31 décembre 1930. De plus, plus de 960 000 personnes ont été blessées par des véhicules motorisés en 1930[46].

Conditions de vie à Ceylan

Un voyageur anglais décrit les conditions de vie précaires à Colombo, la capitale de Ceylan. Il rapporte avoir vu des habitations composées d'une seule pièce carrée, sans fenêtres, sans meubles, sans cheminée ni plancher, et avec un égout à ciel ouvert à l'extérieur. Ces logements sont jugés moins confortables qu'une étable occidentale[47].

Pourquoi le pain reste cher

Malgré la baisse du prix du blé, le coût du pain reste élevé. La publication attribue cette situation aux pratiques des boulangers, qui invoquent le coût des autres ingrédients ou de la main-d'œuvre pour justifier les prix. Elle souligne également qu'une entreprise de boulangerie a multiplié par quarante son capital-actions en quelques années. La conclusion est que le pain blanc, jugé impropre à la consommation, voit son prix maintenu artificiellement pour des raisons financières[48].

2 098 hommes sur la liste de paie de Capone

Le président de la Chambre de commerce de Chicago, Solomon Randolph, estime que 2 000 hommes figurent sur la liste de paie d'Al Capone, incluant des brasseurs, des camionneurs, des gardes armés, des collecteurs et des employés de maisons closes et de tripots. Capone disposerait ainsi de 2 millions de dollars par semaine pour financer ses activités criminelles. Randolph affirme également que plus de la moitié des policiers de Chicago acceptent des pots-de-vin de manière régulière ou occasionnelle[49].

Mariages gratuits en Turquie

En réponse à la crise économique, la Turquie promulgue un décret permettant aux couples sans ressources de recevoir gratuitement un certificat de mariage, alors que son prix habituel est de 2,50 dollars. La publication ironise sur l'idée d'un remboursement universel des frais de mariage, qui entraînerait la faillite du monde[50].

Onze cents tonnes de fer par jour

Le plus grand haut fourneau du monde, situé à Pittsburgh, entre en service. Cette installation produit 1 100 tonnes de fer par jour, soit quatre fois plus que les plus grands fourneaux d'il y a quarante ans et deux fois plus que ceux d'il y a cinq ans[51].

Ur habitée avant le Déluge

Des fouilles archéologiques à Ur, la ville natale d'Abraham, révèlent qu'elle était habitée avant le Déluge. Une couche d'argile de huit pieds d'épaisseur, déposée lors de l'inondation biblique, recouvre des vestiges de poteries antérieures. Ces artefacts, fabriqués à la main et peints, diffèrent stylistiquement de ceux trouvés dans les couches postérieures au Déluge[52].

Longueur des voies ferrées dans le monde

Les voies ferrées du monde entier pourraient faire trente fois le tour de la Terre à l'équateur. Les États-Unis représentent quinze fois cette distance, l'Europe douze fois, l'Asie trois fois, tandis que l'Afrique et l'Australie dépassent chacune une fois le tour du globe. L'Afrique, avec 40 631 miles de voies, devance largement l'Australie et connaît une croissance rapide de son réseau ferroviaire[53].

Racket dans Glasgow

Le phénomène du racket, similaire à celui observé à New York et Chicago, émerge à Glasgow. Les commerçants sont contraints de payer un tribut et certains sont même extorqués pour financer les amendes infligées aux racketteurs arrêtés par la police. Un gang, connu sous le nom de "Bully Boys", compterait quatre cents membres et utiliserait des rasoirs pour intimider ou blesser ses victimes[54].

Un cobra dans un wagon-lit

Le zoo national de Washington acquiert un cobra royal de quatorze pieds, considéré comme le plus grand et le plus venimeux des serpents. Pour le transporter depuis New York, le conservateur des reptiles du zoo du Bronx l'emmène avec lui dans un wagon-lit et le garde dans son lit, car ces serpents doivent être maintenus à une température de 70 degrés Fahrenheit pour éviter des refroidissements mortels. Le conservateur précise qu'il n'a informé personne de la présence de son compagnon de voyage[55].

Accumulation rapide de richesses

En 1924, 75 personnes aux États-Unis déclaraient un revenu annuel d'un million de dollars ou plus. Grâce à des pratiques telles que les frais de service et les tarifs exorbitants de l'électricité, ce nombre passe à 511 en 1928. La publication dénonce ces méthodes, qui alourdissent le fardeau des pauvres tout en enrichissant les compagnies de services publics. Pendant ce temps, la population défavorisée souffre de la faim[56].

Cabaret religieux en Angleterre

Un pasteur anglais, le révérend H.G. Wilks, imite une initiative new-yorkaise en organisant un cabaret religieux dans sa paroisse. Des jeunes filles de la congrégation, vêtues de costumes courts et modernes, interprètent des chansons de jazz. Cette approche permet au pasteur d'abandonner les danses, les soirées et les parties de cartes hebdomadaires qu'il organisait auparavant[57].

Cruauté sans précédent des gangsters de Chicago

Sept gangsters de Chicago enlèvent un vendeur infirme qu'ils accusent d'avoir écouté leurs conversations. Ils le battent, le pendent pendant une heure à une croix dans un cimetière, tentent de l'enterrer vivant, puis attachent son cercueil à l'arrière de leur voiture et le traînent sur une route de campagne. Le cercueil se brise et tombe dans un fossé, où le vendeur est secouru par un fermier alerté par ses gémissements[58].

Bénédiction des chiens près d'Albany

Une tradition européenne consistant à bénir les chiens de chasse est importée aux États-Unis. Une cérémonie de ce type a lieu près d'Albany, dans l'État de New York, au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes. La publication qualifie cette pratique de ridicule et de blasphématoire, soulignant que les chiens ainsi bénis sont utilisés pour traquer et déchirer des animaux timides et inoffensifs[59].

369 % de profit annuel sur votre argent

Un investisseur, Jacob Kulp de Saint Paul, perçoit un loyer annuel de 120 000 dollars pour une propriété utilisée comme bureau de poste, alors que son évaluation fiscale est de 334 000 dollars. Ce bail, négocié par un ancien secrétaire à la Guerre et ancien membre du Congrès, est non résiliable. La publication souligne que ce type d'investissement rapporte un profit annuel de 36 % et illustre le succès des opérations des sociétés fiduciaires, qui ont connu une croissance dans presque tous les domaines en 1930[60].

Aide de Londres et Jérusalem

La Croix-Rouge de New York reçoit des dons de Londres et de Jérusalem pour venir en aide aux pauvres des États-Unis, un pays pourtant considéré comme le plus riche du monde. La publication ironise sur cette situation, rappelant que les États-Unis disposent de millions de dollars de blé invendable. Elle critique les frais de service excessifs des compagnies publiques, qui empêchent une distribution efficace de ces ressources[61].

La Grande-Bretagne doit maintenant se serrer la ceinture

Dans un discours récent, le chancelier de l'Échiquier britannique, Sir Philip Snowden, déclare que la Grande-Bretagne a épuisé ses ressources. Il affirme qu'une augmentation des impôts serait insupportable pour une industrie déjà surchargée, qu'aucune nouvelle dépense ne peut être engagée et que des sacrifices importants seront nécessaires de la part de toutes les classes sociales. Les ministres du cabinet devront assumer leur part de ces sacrifices. Snowden souligne qu'il a passé sa vie à tenter d'améliorer la condition des classes laborieuses, mais qu'il doit désormais demander un moratoire sur toute amélioration jusqu'à ce que la situation économique s'améliore. Ce discours provoque une vive émotion en Grande-Bretagne et dans le monde[62].

Ils l'ont mal nommé

Un correspondant envoie un article publié dans un journal local de Virginie, écrit par un membre du clergé. Ce dernier met en garde contre la lecture des livres de Judge Rutherford, qu'il qualifie de "littérature pernicieuse", sans expliquer pourquoi. Il admet cependant que ces ouvrages contiennent une "attaque en gros contre le ministère chrétien". La publication rétorque que si ce ministère était véritablement chrétien, Rutherford serait le dernier à l'attaquer, citant l'exemple de Jésus qui critiquait les scribes et les pharisiens non pas parce qu'ils représentaient Dieu, mais parce qu'ils ne le faisaient pas. Le nom du prédicateur, F.B. Sapp, est jugé inapproprié pour ses initiales, et la publication suggère ironiquement qu'il aurait dû s'appeler Adam[63].

La National Broadcasting Company

Un article du magazine The Nation critique la National Broadcasting Company (NBC), accusée d'avoir monopolisé les ondes au profit des annonceurs. La publication souligne que les profits ont pris le pas sur le contenu, avec des tarifs atteignant 20 000 dollars par heure pour une diffusion nationale. Elle affirme que les auditeurs américains n'entendent principalement que ce qui sert les intérêts commerciaux des annonceurs[64].

Comment nous récompensons nos héros

L'histoire d'Oscar Johnson, un héros de la Première Guerre mondiale décoré de la Distinguished Service Cross et de la Croix de Guerre par les gouvernements français, anglais et belge, illustre l'ingratitude de la société américaine. Après avoir survécu à la guerre, Johnson meurt de faim dans une grange à South Norwalk, dans le Connecticut. À sa mort, la ville organise des funérailles grandioses et met les drapeaux en berne, un hommage posthume que la publication juge ironique[65].

Seulement au début du chômage

Le représentant Lozier, du Missouri, déclare à la Chambre des représentants que les États-Unis ne sont qu'au début d'une longue période de chômage. Il prédit que dans cinq ans, le Congrès sera toujours confronté à ce problème sans parvenir à le résoudre. La publication partage cette analyse et affirme que seul Dieu, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, pourra démêler la situation économique mondiale, qui se transforme rapidement en un nœud gordien[66].

Prendre ce qu'ils peuvent obtenir

Le sénateur Reed de Pennsylvanie révèle que vingt-deux médecins et responsables médicaux du Bureau des anciens combattants perçoivent chacun un salaire annuel d'au moins 5 000 dollars, en plus d'une pension d'invalidité d'au moins 1 500 dollars. Pendant ce temps, certains véritables héros de la guerre ne reçoivent aucune compensation[67].

Ce prédicateur connaissait ses oignons

Une abonnée du Kansas relate une anecdote survenue lors d'un enterrement. Un prédicateur utilise le texte biblique « Et un petit enfant les conduira » (Ésaïe 11:6) sans apporter d'explication ou de lumière sur ce passage. Après la cérémonie, un coq aveugle, qui avait été laissé en liberté, s'approche de la dame, une parente de la défunte, et lui dit : « Vous ne devez pas marcher devant les endeuillés ». Amusée, la dame lui révèle son lien de parenté avec la défunte. Le prédicateur, imperturbable, rétorque : « Eh bien, ne marchez pas devant le corbillard, je vais conduire cette procession ». La dame écrit ensuite à la publication pour expliquer que cette situation est en réalité tout à fait appropriée, car ce sont les prédicateurs, en tant que représentants du Diable, qui mènent la famille humaine vers la tombe[68].

Où est l'argent ?

Un article du New York Times décrit l'ouverture d'une convention de la division des sociétés fiduciaires de l'American Bankers Association. Plus de 400 membres se réunissent pour célébrer l'année la plus réussie de l'histoire de ce secteur. Les opérations des sociétés fiduciaires ont progressé dans presque tous les domaines en 1930. La publication souligne que ce système, qui exploite les ressources financières du peuple, en tire des bénéfices substantiels[69].

Aucune Écriture pour étayer cela, mais...

La Gospel Publishing House de Springfield, dans le Missouri, publie un tract intitulé « Evangel Tract No. 602 ». Ce document ne contient aucune référence biblique, ce qui, selon la publication, n'est ni nécessaire ni possible. Elle critique le contenu du tract, qui décrit un lac de feu et de soufre où des millions de personnes brûlent éternellement, avec des scènes de souffrance extrême. La publication ironise sur l'absence de fondement scripturaire de ces descriptions et suggère que les lecteurs intéressés par la vérité sur ce sujet devraient se procurer le livre de Judge Rutherford sur l'Enfer pour 10 cents[70].

Le monde doit désarmer

Arthur Henderson, ministre des Affaires étrangères britannique, affirme que le monde doit désarmer. Il estime que si la conférence sur le désarmement en cours échoue, elle pourrait être la dernière chance pour la paix mondiale. Henderson souligne que la situation actuelle en Europe est insoutenable et que les problèmes actuels sont aussi graves qu'il y a cinq ans. Il affirme que la clé des solutions pacifiques réside dans le désarmement et que le chaos international doit cesser pour permettre l'émergence d'un nouvel ordre mondial[71].

Faut-il tuer les vaches ?

La publication réagit à une proposition de la Farm Board visant à abattre une vache sur dix pour réduire la production laitière nationale. William E. McHlwen, rédacteur en chef du Labor World, s'interroge, lors d'une émission de radio, sur l'opportunité de donner le lait excédentaire aux bébés américains affamés plutôt que de tuer les vaches. La publication soutient cette idée, soulignant l'absurdité de tuer des vaches alors que des enfants souffrent de la faim[72].

Le coût du gouvernement

Un article de Merle Thorpe analyse le coût du gouvernement américain, qui s'élève entre douze et treize milliards de dollars par an, soit un sixième à un cinquième de la productivité nationale totale. Chaque citoyen consacre une journée de travail par semaine au financement des dépenses gouvernementales. Thorpe souligne que les Américains versent l'équivalent de deux mois de salaire par an aux percepteurs. Il critique également la tendance des commissions gouvernementales à se pérenniser, notant que seule une commission fédérale a jamais achevé sa mission et cessé ses activités[73].

« Briser les idoles »

La publication présente un extrait du livre « Crashing Idols » de Victor H. Lindlahr, consacré à la constipation, un sujet que l'auteur considère comme l'un des plus importants pour l'humanité. Lindlahr retrace l'histoire de la médecine et souligne que le traitement de la constipation a toujours été une préoccupation majeure. Il évoque une période de six cents ans durant laquelle Rome a prospéré, où le chou était le seul remède utilisé et vénéré comme un dieu. Les Romains, en bonne santé grâce à ce régime, ont conquis le monde. Cependant, lorsque les Romains sont devenus riches et ont délaissé le chou au profit des médecins grecs et de leurs herbes étranges, leur déclin a commencé[74].

Les excentricités de l'Angleterre

La rubrique présente une série d'anecdotes satiriques sur les particularismes culturels et législatifs de l'Angleterre, soulignant son attachement à des traditions parfois absurdes ou contradictoires. La publication affirme que « les politiciens, si sensibles, qu'un membre du Parlement issu du Parti travailliste, également directeur d'une société coopérative, a démissionné de son poste gouvernemental pour éviter toute critique envers son parti ». Ce cas illustre une rigueur éthique perçue comme excessive, où même des responsabilités indirectes sont jugées incompatibles avec une fonction publique.

D'autres exemples mettent en lumière des règles sociales ou religieuses strictes : un meurtrier se voit refuser une sépulture en terre consacrée, obligeant ses proches à organiser une cérémonie improvisée ; des films soviétiques sont censurés pour leur contenu jugé subversif ; et des débats houleux éclatent autour de pratiques comme la baignade mixte ou la participation des femmes aux compétitions sportives. La publication souligne également des contradictions dans les lois sur le dimanche, où des activités anodines comme l'achat d'une tarte ou le fait de fumer dans un hôtel sont soumises à des restrictions complexes et variables selon les localités[75].

Enfin, des traditions militaires ou protocolaires sont évoquées, comme le port de manteaux d'hiver par les gardes du palais de Saint-James en plein été, ou les rituels solennels entourant l'entrée du Speaker à la Chambre des communes, perçus comme des vestiges d'un formalisme rigide[76].

La mine d'or de Mysore

Un lecteur indien, V. G. Reyes, conteste l'affirmation publiée dans un numéro précédent du Golden Age selon laquelle la mine la plus profonde du monde se trouverait à Tamarack, dans le Michigan. Il signale que les mines de la région de Mysore, en Inde, atteignent des profondeurs supérieures, avec une mention particulière pour une mine dépassant les 6 600 pieds (environ 2 000 mètres). Reyes précise qu'il n'a jamais entendu de revendication officielle affirmant que ces mines étaient les plus profondes du monde, mais il suggère que cette information pourrait être vérifiée. Il mentionne également que ces mines sont exploitées pour l'or et que plusieurs d'entre elles sont situées dans le même secteur[77].

Même les démons sont stupides

Cette brève note ironise sur une déclaration attribuée à Sir Arthur Conan Doyle par l'intermédiaire d'un médium spirite. Les démons, cités comme source, prétendent que « les morts mènent une vie similaire à celle des vivants, mangeant, buvant et dormant comme avant leur décès ». La publication tourne en dérision cette affirmation en rappelant que Conan Doyle est mort et que, selon les croyances chrétiennes, il ne pourrait être ressuscité que par Jésus-Christ, une figure que les démons rejettent. L'article souligne ainsi l'absurdité des prétentions spirites et leur incompatibilité avec les enseignements bibliques[78].

Une parabole sur les jours de Noé

Sous la forme d'une parabole, cet article réinterprète l'histoire biblique de Noé en la transposant dans un contexte contemporain et satirique. Noé y est présenté comme un « vieux fou » perturbant l'ordre social en prédisant un déluge universel et en construisant une arche pour s'y réfugier avec sa famille. La publication affirme que « une réunion publique est organisée pour discuter de ses prédictions et calmer les craintes de la population, initialement indifférente mais désormais terrifiée ».

L'assemblée, présidée par un notable nommé Perga le Perizzite, dénonce Noé comme un fauteur de troubles, accusé de provoquer des faillites bancaires, une perte de confiance dans le système financier et la fermeture d'usines. Les agriculteurs, touchés par la sécheresse, sont au bord de la famine, bien que des réserves de grains existent. Un marchand influent, Phalee Olympas, renchérit en accusant Noé d'avoir créé une demande artificielle pour des équipements de protection contre la pluie, tout en dissimulant ses propres profits tirés du commerce du caoutchouc.

Après cinq heures de débats stériles, une proposition radicale est avancée : engager un tueur pour assassiner Noé. Cependant, une pluie soudaine disperse l'assemblée, et le lendemain, le déluge annoncé par Noé se produit. Les animaux sont rassemblés dans l'arche, qui finit par flotter et emmener Noé et sa famille vers une destination inconnue. La publication conclut en renvoyant le lecteur au récit biblique de la Genèse pour connaître la suite des événements[79].

Origine probable de la « Grosse Bertha »

H. E. Pool, un lecteur de l'Oklahoma, revendique la paternité de l'idée ayant conduit à la création des canons à longue portée utilisés par l'Allemagne durant la Première Guerre mondiale, surnommés « Grosse Bertha ». Il explique que « en 1901, il a obtenu un brevet américain pour un obus à longue portée, dont le secret ne résidait pas dans le canon lui-même, mais dans la conception de l'obus ». Ce dernier était conçu pour libérer un second projectile en altitude, réduisant la résistance de l'air et augmentant considérablement la portée.

Pool affirme avoir tenté, sans succès, de convaincre le gouvernement américain et l'ambassadeur de France d'adopter son invention. En revanche, l'ambassadeur allemand, lié à la marine, aurait manifesté un vif intérêt et demandé des détails techniques. Bien que Pool n'ait plus eu de nouvelles par la suite, il suppose que les plans ont été utilisés par l'Allemagne.

En 1917, la révélation de la capacité des Allemands à bombarder Paris à une distance de 72 miles (environ 115 kilomètres) aurait confirmé cette hypothèse. Des années plus tard, un journal du Kansas aurait retrouvé des articles de 1901 décrivant son invention et l'aurait contacté pour obtenir des précisions. Pool aurait alors saisi cette occasion pour expliquer, à travers un article, la signification biblique de ces événements et les perspectives eschatologiques qu'ils ouvrent. La rédaction du Golden Age confirme avoir obtenu l'autorisation de publier cette lettre et affirme avoir vérifié les documents soutenant ses déclarations[80].

Extraits de lettres intéressantes

Cette rubrique compile des témoignages de lecteurs exprimant leur soutien aux conférences radiophoniques de Joseph Franklin Rutherford et aux publications de la Société Watch Tower. Plusieurs lettres soulignent l'impact positif de ces enseignements sur leur compréhension des Écritures et leur foi.

Une auditrice du Texas, par exemple, déclare avoir été profondément marquée par les livres de Rutherford, qu'elle oppose aux ouvrages critiques sur la Bible lus dans une bibliothèque publique. Elle affirme que « les deux livres de Rutherford, Life et Reconciliation, lui ont permis de comprendre les erreurs des 'grands docteurs en théologie' et de reconnaître l'influence du Diable dans leurs écrits » [81].

D'autres correspondants, originaires du Dakota du Nord, de l'Illinois ou du Kentucky, expriment leur admiration pour les conférences radiophoniques de Rutherford, qu'ils jugent éclairantes et conformes aux Écritures. Certains demandent des catalogues de publications ou des exemplaires de livres spécifiques, comme Light, pour approfondir leur étude biblique. Une lettre de New York mentionne que ces émissions radiophoniques ont suscité un vif intérêt et demande des informations sur les publications disponibles[82].

Enfin, un auditeur du Kansas témoigne avoir été particulièrement convaincu par une conférence intitulée « La Bible est-elle vraie ? » et exprime le souhait d'en obtenir une copie. Il souligne l'importance de ces enseignements dans un contexte où une connaissance approfondie des Écritures serait plus nécessaire que jamais[83].

Les maisons ne sont pas des propriétés municipales

Cet article relate une affaire judiciaire opposant Oscar Burke, un colporteur des Étudiants de la Bible, à la ville de Warren, dans l'Ohio. Burke avait été arrêté et condamné pour avoir distribué des livres religieux sans permis, en violation d'une ordonnance municipale exigeant une licence pour toute vente sur la voie publique. La publication affirme que « Burke avait été arrêté et condamné à une amende de 100 dollars, mais il avait fait appel de cette décision, arguant qu'il distribuait des livres religieux et non des marchandises sur la voie publique ».

La Cour d'appel de l'Ohio, saisie de l'affaire, a finalement annulé la condamnation, estimant que l'ordonnance municipale ne s'appliquait pas à Burke, dont l'activité était de nature religieuse et non commerciale. La cour a souligné que Burke n'avait aucun intérêt financier dans la vente des livres et que son action s'inscrivait dans le cadre d'une mission religieuse. La décision officielle, reproduite dans l'article, conclut que les preuves présentées ne justifiaient pas la condamnation et que Burke bénéficiait de l'immunité prévue par l'ordonnance pour les activités religieuses[84].

La grande évasion

Sous la plume du Dr. William A. Ganfield, cet article analyse l'évolution des systèmes politiques depuis l'émergence des idées démocratiques. Il décrit comment « la conviction que 'le gouvernement tire sa légitimité du consentement des gouvernés' a conduit à la chute des monarchies et à l'avènement des républiques », remplaçant les despotes par des présidents et des démocraties.

Cependant, l'auteur critique une interprétation excessive de ces principes en Amérique, où la peur de la tyrannie aurait cédé la place à une indulgence excessive envers la démocratie. Il affirme que certains citoyens ne manifestent plus le respect dû à la Constitution, document fondamental garantissant les libertés. Cette évolution, selon lui, reflète un relâchement des valeurs traditionnelles et une méfiance envers toute forme d'autorité, même légitime[85].

Résurrection des justes et des injustes

Ce long article doctrinal expose la doctrine de la résurrection telle qu’enseignée par les Étudiants de la Bible à l’époque de Joseph Franklin Rutherford. La publication affirme que la résurrection est une doctrine centrale de la Bible, offrant l’espoir d’une vie éternelle et de la restauration de l’humanité après la mort. Elle souligne que la résurrection ne se limite pas à un simple réveil des morts, mais implique une restauration complète à la perfection physique et spirituelle, citant des exemples bibliques comme la résurrection du fils de la Sunamite (2 Rois 4), de la fille de Jaïrus (Matthieu 9) et de Lazare (Jean 11) pour illustrer le pouvoir de Dieu sur la mort. Cependant, ces exemples sont présentés comme des revivifications temporaires, et non comme des résurrections complètes, car les individus concernés sont morts à nouveau par la suite[86].

L’article aborde ensuite la nécessité de la résurrection en décrivant l’état de dégradation morale et physique de l’humanité. Il attribue cette situation à la désobéissance d’Adam et Ève dans le jardin d’Éden, qui a entraîné la condamnation à mort de toute l’humanité. La publication cite Genèse 2:16-17 et Romains 5:12 pour appuyer l’idée que la mort est une conséquence directe du péché originel, et que tous les descendants d’Adam héritent de cette condamnation. Elle rejette explicitement la doctrine de l’immortalité de l’âme, qualifiant cette croyance de mensonge inspiré par Satan et contraire aux Écritures. Selon l’article, la mort est un état d’inconscience totale, et les morts ne sont ni au ciel, ni en enfer, ni en purgatoire, mais dans la tombe, en attente de la résurrection. Cette interprétation s’appuie sur des versets comme Ecclésiaste 9:5 et Jean 3:13[87].

La publication explique également que la résurrection est rendue possible grâce au sacrifice de Jésus-Christ, présenté comme le « rançon » pour les péchés de l’humanité. Elle insiste sur le fait que Jésus, en tant qu’homme parfait, a dû mourir pour satisfaire les exigences de la justice divine et libérer l’humanité de la condamnation héritée d’Adam. L’article cite 1 Timothée 2:5-6 et Romains 5:8 pour souligner que la mort de Jésus était un acte d’amour de la part de Jéhovah, permettant à l’humanité d’avoir une seconde chance de vivre éternellement. La résurrection de Jésus lui-même est présentée comme une preuve de la validité de cette doctrine, car elle démontre que Dieu a le pouvoir de ramener les morts à la vie[88].

L’article distingue deux types de résurrections : celle des « justes » et celle des « injustes ». Les justes sont définis comme ceux qui ont été justifiés par leur foi en Jésus-Christ et qui ont vécu en accord avec la volonté de Dieu, notamment les chrétiens fidèles de l’ère chrétienne et les prophètes de l’Ancien Testament. Ces derniers auront part à la « première résurrection », décrite comme une résurrection céleste, où ils recevront la nature divine et régneront avec le Christ pendant mille ans (Apocalypse 20:6). Les injustes, quant à eux, incluent la majorité de l’humanité, y compris les païens et ceux qui n’ont pas eu l’opportunité de connaître la vérité durant leur vie. Ils seront ressuscités sur terre et auront l’opportunité de prouver leur obéissance à Dieu. Cette distinction est fondée sur Jean 5:28-29, où Jésus parle d’une résurrection de vie pour les justes et d’une résurrection de jugement pour les autres[89].

Enfin, l’article décrit les bénédictions associées à la résurrection. Pour ceux qui auront part à la première résurrection, les récompenses incluent une existence spirituelle de nature divine, avec des pouvoirs et des responsabilités accrues dans le royaume de Dieu. Pour les autres, la résurrection terrestre offrira une vie dans un monde restauré, où la maladie, la souffrance et la mort n’existeront plus. La publication cite Michée 4:3-5 et Apocalypse 21:3-5 pour décrire un monde de paix, de prospérité et de bonheur éternel, où les nations vivront en harmonie sous la direction de Dieu. L’article conclut en soulignant que la résurrection est une manifestation de l’amour et de la justice de Jéhovah, offrant à chaque individu une opportunité de vivre éternellement dans des conditions parfaites[90].

Pourquoi ne pas importer un Irlandais ?

Ce court article ironise sur l'incapacité supposée des élites économiques américaines à gérer honnêtement des projets d'intérêt public, en prenant l'exemple du barrage de Muscle Shoals. La publication affirme que les milieux d'affaires (« Big Business ») auraient proclamé qu'aucun homme honnête ne pouvait être trouvé aux États-Unis pour exploiter cette infrastructure au bénéfice du peuple américain. Plutôt que de se décourager, l'article suggère de contourner ce problème en recrutant un gestionnaire irlandais, présenté comme compétent et intègre. Il cite en exemple le succès de la centrale hydroélectrique de la rivière Shannon en Irlande, dont la production d'électricité a été entièrement absorbée par le marché en quinze mois, alors que des experts étrangers prévoyaient trois ans pour y parvenir. La conclusion moqueuse propose d'abolir les restrictions à l'immigration pour permettre à un tel homme de venir enseigner « les rudiments de l'honnêteté » aux « apôtres du Big Business » américains.[91]

Prochain numéro

Cette rubrique annonce les sujets qui seront abordés dans le numéro suivant de The Golden Age. Parmi les articles prévus figurent une discussion sur les progrès réalisés en matière de télévision, présentée comme une preuve supplémentaire de l'avènement imminent de « l'Âge d'Or », où les affaires terrestres seraient administrées avec justice par un gouvernement centralisé. Un autre article promet de republier « La Parabole du Réservoir d'Eau » d'Edward Bellamy, une satire des absurdités du système capitaliste. La rubrique évoque également un texte sur « la soif de sang de 400 ministres méthodistes en 1918 », un article sur les « Faits concernant les Pullman », ainsi que des informations sur la prise de conscience des Allemands face au problème des ustensiles de cuisine en aluminium. Des sujets médicaux, comme les vitamines et l'ostéopathie, sont également mentionnés, de même qu'un compte rendu d'une allocution radiophonique inspirante sur « l'Évangile du Royaume ». Enfin, la rubrique rappelle que le prochain numéro inclura, comme à l'accoutumée, une sélection d'actualités et propose aux lecteurs de s'abonner pour un an au prix de 1,00 dollar (1,25 dollar pour le Canada et l'étranger).[92]

Semaine de la Watchtower

Cette section met en avant une campagne spéciale organisée par les Étudiants de la Bible, désignée sous le nom de « Semaine de la Watchtower » (« WATCHTOWER WEEK »), qui se déroule du 8 au 17 mai 1931. Durant cette période, les fidèles sont encouragés à intensifier leurs efforts pour diffuser le message biblique concernant le Royaume de Dieu sur terre. L'objectif est de visiter 600 000 foyers aux États-Unis afin d'y témoigner. La publication souligne que cette mobilisation s'inscrit dans une dynamique plus large, ayant déjà permis la diffusion de 93,5 millions d'exemplaires des publications de Joseph Franklin Rutherford en quelques années. Les lecteurs possédant une radio sont invités à écouter les causeries bibliques de Rutherford, diffusées sur plus de 215 stations chaque semaine. Les volontaires sur le terrain sont chargés non seulement de transmettre ce message radiophonique, mais aussi de vérifier son impact sur les auditeurs. Un coupon est proposé aux lecteurs pour commander un ensemble de neuf livres reliés écrits par Rutherford, dont The Harp of God, Deliverance, Creation, Reconciliation, Government, Prophecy, et Life, ainsi que les deux volumes de Fight, pour la somme de 2,90 dollars, port inclus.[93]

Analyse

Croyances

L'article intitulé « Résurrection des justes et des injustes » constitue le noyau doctrinal du numéro du 29 avril 1931. La thèse centrale y est double : d'une part, la mort est un état d'inconscience totale, sans châtiment conscient ni vie post-mortem d'aucune sorte ; d'autre part, la résurrection constitue le seul espoir légitime offert à l'humanité.[94] La publication y rejette explicitement la doctrine de l'immortalité de l'âme, la qualifiant de mensonge inspiré par Satan et contraire aux Écritures, en s'appuyant notamment sur Ecclésiaste 9:5 et Jean 3:13. Ce rejet de l'immortalité de l'âme est une position scripturaire constante dans l'enseignement de la Watch Tower depuis les origines du mouvement sous Charles Taze Russell, qui avait déjà développé cette thèse en opposition aux Églises protestantes et catholiques.[95]

La distinction établie dans ce numéro entre résurrection céleste des « justes » et résurrection terrestre des « injustes » reflète une architecture doctrinale que la Watch Tower avait progressivement formalisée sous Joseph Franklin Rutherford. La page wiki consacrée à la Résurrection sur ce site note que Russell considérait la résurrection des « anciens justes » — Abraham, Moïse et les fidèles de l'Ancien Testament — comme devant intervenir après le début du millénium, tandis que Rutherford avait révisé cette chronologie pour affirmer qu'ils ressusciteraient avant la bataille d'Har-Maguédon, afin de servir de témoignage pour les nations.[96] L'article du 29 avril 1931 s'inscrit dans cette lecture rutherfordienne : les justes de l'ère chrétienne et les prophètes de l'Ancien Testament ont part à une « première résurrection » céleste et régneront avec le Christ pendant mille ans en vertu d' Apocalypse 20:6, tandis que la masse des « injustes » — définie comme incluant ceux qui n'ont pas eu l'opportunité de connaître la vérité de leur vivant — bénéficiera d'une résurrection terrestre assortie d'une seconde chance d'obéissance.[97]

Cette distinction entre catégories de ressuscités est directement liée à la question du sacrifice de Jésus-Christ en tant que « rançon ». La publication s'appuie sur 1 Timothée 2:5-6 et Romains 5:8 pour articuler l'idée que la mort de Jésus constitue la contrepartie exacte de la condamnation héritée d'Adam, rendant ainsi possible la restauration de toute l'humanité à la perfection physique et spirituelle.[98] Ce raisonnement « rançon-corrélat » est une doctrine que Russell avait formulée dans ses Études dans les Écritures et que Rutherford avait maintenue sans modification substantielle, la présentant comme la clé de voûte de toute la théologie restaurationniste du mouvement.

Le numéro traite également du spiritisme comme œuvre démoniaque à travers deux brèves distinctes. La première relate que des femmes londoniennes consultent des médiums pour des conseils vestimentaires, la publication concluant que les esprits ainsi contactés sont des démons se faisant passer pour les morts.[99] La seconde ironise sur une déclaration attribuée à Sir Arthur Conan Doyle — décédé en 1930 — par l'intermédiaire d'un médium, affirmant que « les morts mènent une vie similaire à celle des vivants, mangeant, buvant et dormant », ce que la publication tourne en dérision en soulignant l'incompatibilité de cette affirmation avec l'état d'inconscience des morts tel qu'enseigné par les Écritures.[100] Ces deux exemples ne sont pas anecdotiques : ils constituent la conséquence logique de la doctrine de l'état des morts. Si les morts sont inconscients et inexistants jusqu'à la résurrection, toute communication spirite ne peut provenir que d'entités démoniaques imitant les défunts, une position cohérente avec le cadre doctrinal exposé dans l'article principal sur la résurrection.

La dimension eschatologique traverse plusieurs rubriques du numéro sans jamais faire l'objet d'un article doctrinal autonome, se manifestant plutôt sous forme d'interprétation des événements contemporains. La publication affirme que seul Dieu, par l'intermédiaire de Jésus-Christ, pourra résoudre la crise du chômage, comparée à un « nœud gordien » insoluble par les gouvernements humains.[101] De même, la « Parabole sur les jours de Noé » transpose le récit biblique dans un contexte de crise économique et sociale, suggérant une analogie entre l'indifférence de la société contemporaine et celle des contemporains de Noé avant le Déluge, en référence implicite à l'avertissement de Jésus en Matthieu 24:37-39.[102] L'article sur la Semaine de la Watchtower mentionne que 93,5 millions d'exemplaires des publications de Rutherford ont été diffusés en quelques années, et présente cette campagne de porte-à-porte comme une mobilisation destinée à avertir 600 000 foyers américains du message du Royaume,[103] ce qui s'inscrit dans la logique d'urgence prophétique propre à cette période.

Enfin, le bref article « Aucune Écriture pour étayer cela, mais... » cible la doctrine du feu éternel telle que diffusée par la Gospel Publishing House, en soulignant qu'aucun passage scripturaire ne vient étayer la description d'un lac de feu et de soufre où des âmes conscientes souffrent éternellement.[104] Cette attaque contre l'enfer traditionnel est le pendant positif du rejet de l'immortalité de l'âme : la publication affirme non seulement que les morts sont inconscients, mais aussi que la conception catholique et protestante du châtiment éternel conscient est scripturalement infondée, renvoyant le lecteur aux publications de Rutherford comme source doctrinale alternative.

Organisation et histoire

Ce numéro du 29 avril 1931 documente une campagne d'évangélisation nationale d'envergure, désignée sous le nom de « Watchtower Week », planifiée du 8 au 17 mai 1931. L'objectif annoncé est de visiter 600 000 foyers aux États-Unis afin d'y diffuser le message du Royaume de Dieu.[105] Cette mobilisation massive illustre la structure militante que Joseph Franklin Rutherford avait progressivement imposée au mouvement des étudiants de la Bible depuis son accession à la présidence de la Société Watch Tower en 1917, en substituant à une organisation décentralisée une machinerie de propagande coordonnée à l'échelle nationale, dont l'historien Bernard Blandre a noté qu'elle transformait les adeptes en instrument d'une stratégie délibérée de provocation et de diffusion.[106]

La campagne s'appuie sur un réseau radiophonique présenté dans le numéro comme couvrant plus de 215 stations, sur lesquelles Rutherford diffuse chaque semaine des causeries bibliques.[107] Les volontaires de terrain sont explicitement chargés de relayer ces émissions et d'en évaluer l'impact auprès des auditeurs rencontrés lors de leurs visites à domicile. Cette combinaison de la radio et du colportage constitue à cette date l'une des caractéristiques distinctives de l'organisation rutherfordienne, qui fait un usage intensif des médias de masse disponibles pour amplifier sa prédication.

Le numéro fournit également une donnée chiffrée sur l'activité éditoriale de la Watch Tower : « 93,5 millions d'exemplaires des publications de Rutherford diffusés en quelques années » sont mentionnés comme résultat cumulé de la diffusion des publications de Rutherford.[108] Cette donnée, difficile à vérifier de manière indépendante, s'inscrit dans une rhétorique institutionnelle récurrente qui quantifie l'effort missionnaire pour en attester la légitimité divine.

Le numéro reproduit également la décision de la Cour d'appel de l'Ohio dans l'affaire opposant Oscar Burke, colporteur des étudiants de la Bible, à la ville de Warren. La cour annule la condamnation de Burke, qui avait été poursuivi pour distribution de livres religieux sans permis municipal, en estimant que son activité relevait d'une mission religieuse et non d'un commerce ordinaire, ce qui l'exemptait de l'ordonnance invoquée par la municipalité.[109] La publication de cette décision dans les colonnes de The Golden Age relève d'une pratique documentaire que la Watch Tower utilise régulièrement pour signaler à ses membres les victoires judiciaires obtenues contre les restrictions locales à leur activité de colportage, dans un contexte où de nombreuses municipalités américaines tentent alors de limiter la diffusion de publications religieuses sur la voie publique.

Science et médecine

L'article le plus significatif sur le plan de la déformation idéologique d'un fait scientifique ou médical est celui relatif aux dangers présumés des ustensiles de cuisine en aluminium. La publication y relate l'anecdote d'un lecteur de l'Ontario dont la femme et lui-même ont décidé de se débarrasser de leurs casseroles en aluminium après avoir lu des mises en garde parues dans les colonnes de The Golden Age, et qui rapporte les propos d'un médecin local prétendument réduit au silence pour avoir mené des recherches en ce sens.[110] La revue présente ainsi ce médecin comme un homme courageux et isolé, victime de l'establishment médical, ce qui sert directement sa rhétorique anti-institutionnelle récurrente.

Or, l'état des connaissances scientifiques à l'époque ne permettait pas d'étayer de telles alarmes. Les préoccupations médicales sérieuses relatives à la migration de l'aluminium dans les aliments cuisinés n'ont émergé qu'à partir des années 1960, notamment avec l'hypothèse postulant un lien avec la maladie d'Alzheimer, formulée par des chercheurs canadiens vers 1970.[111][112] En 1931, les allégations relayées par The Golden Age relevaient donc de la spéculation populaire, sans fondement dans la littérature médicale de l'époque. Comme le rappelle la page Aluminium de ce wiki, la quasi-totalité de ces articles étaient rédigés par Charles Truax Betts, un dentiste presbytérien de Toledo, Ohio, sans formation médicale spécialisée, dont les thèses étaient qualifiées par le professeur Jerry Bergman d'œuvre de personnes « extrêmement naïves, ayant peu ou aucune formation en médecine et en sciences ».[113]

L'intérêt idéologique de la publication est ici patent : en présentant comme courageux et persécutés les médecins qui valident ses mises en garde, et en mettant en scène des lecteurs qui témoignent avoir recouvré la santé après avoir jeté leurs ustensiles, The Golden Age construit une rhétorique de la méfiance envers les institutions médicales officielles, cohérente avec la posture générale de Joseph Franklin Rutherford face aux pouvoirs établis. Cette stratégie ne repose sur aucune démonstration scientifique sérieuse datant de la période, mais sur des témoignages anecdotiques et une mise en scène du savant marginal contre le consensus dominant.

Par ailleurs, la rubrique des brèves mentionne que la découverte de fossiles de séquoias californiens sur une île de la mer de Béring est interprétée comme un « indice de la séparation des continents lors du Déluge biblique », alors que la géologie de l'époque expliquait déjà cette connexion continentale par les variations du niveau de la mer liées aux cycles glaciaires du Pléistocène.[114] Dès les années 1930, les travaux du botaniste Eric Hultén sur la similitude des flores du nord-est asiatique et du nord-ouest américain avaient fourni le cadre scientifique du concept de « Béringie », désignant ce pont terrestre submergé à la fin du Pléistocène par la montée des eaux post-glaciaires.[115][116] La publication s'empare donc d'un fait géologique réel — la présence de fossiles végétaux dans cette région — pour le réinterpréter dans un cadre créationniste, substituant au consensus scientifique contemporain une explication biblique dont le Déluge de Noé constitue la clé.[117]

Économie et société

Le numéro du 29 avril 1931 recourt à plusieurs affirmations économiques et sociales qui servent visiblement un agenda rhétorique précis : démontrer que le monde séculier est en voie d'effondrement irrémédiable, confirmant ainsi la proximité de la fin du « système actuel » et la nécessité d'un gouvernement divin. Plusieurs de ces affirmations méritent un examen critique.


L'affirmation sur les faillites bancaires mérite un examen. La revue soutient que 1 345 banques américaines ont fait faillite en un an, en contraste avec l'absence supposée de faillites bancaires en Chine depuis douze cents ans, et en conclut à la supériorité morale du système chinois fondé sur la responsabilité personnelle des dirigeants.[118] Sur le premier point, le chiffre de 1 345 est validé par les données officielles : selon la Federal Deposit Insurance Corporation, l'année 1930 a vu environ 1 350 suspensions bancaires aux États-Unis, ce qui fait de ce chiffre l'un des rares exemples d'exactitude factuelle dans le numéro.[119] Cependant, la revue omet un contexte essentiel : les faillites bancaires n'étaient pas un phénomène nouveau né de la Grande Dépression — la FDIC recense en moyenne 635 faillites bancaires par an entre 1921 et 1929, soit une décennie de fragilité structurelle liée en grande partie à la multiplication des petites banques rurales mono-établissement dans de nombreux États.[120] En n'évoquant que l'année 1930, isolée de cette trajectoire préexistante, la revue maximise l'effet de rupture catastrophique au service de son discours sur la fin du système. Quant à l'affirmation sur les banques chinoises, elle est présentée sans aucune source et semble relever d'une anecdote populaire invérifiable plutôt que d'un fait historique établi, ce qui ne l'empêche pas de remplir sa fonction : constituer un repoussoir flatteur permettant de vilipender les institutions financières occidentales.

La montée en puissance des millionnaires américains — 75 déclarant un revenu annuel d'un million de dollars ou plus en 1924, contre 511 en 1928 — est présentée par la revue comme la conséquence directe de « frais de service » et de « tarifs d'électricité exorbitants » imposés délibérément aux classes défavorisées.[121] Sur le fond, la concentration de la richesse aux États-Unis à la fin des années 1920 est une réalité documentée : les travaux de Gabriel Zucman et d'Emmanuel Saez établissent qu'en 1929, les 0,1 % les plus riches détenaient environ 25 % de la richesse totale des ménages, un niveau sans précédent dans l'histoire moderne.[122] Mais la revue simplifie à l'extrême les mécanismes de cette concentration en les réduisant à une conspiration délibérée des compagnies de services publics contre les pauvres, évacuant des facteurs structurels tels que la déréglementation financière, la spéculation boursière ou les politiques fiscales favorables aux revenus du capital. Cette réduction morale d'un phénomène économique complexe sert directement l'idée que le monde humain est incapable de se gouverner équitablement et que seul un gouvernement divin pourrait y remédier.

Enfin, l'anecdote sur la Croix-Rouge américaine exigeant 2 000 dollars en espèces pour acheminer 10 000 dollars de vivres aux enfants affamés de l'Arkansas est présentée sans aucune vérification ni mise en contexte.[123] La publication en tire une conclusion immédiate sur la corruption irrémédiable des institutions humaines, alors que la réalité des opérations humanitaires en 1930-1931 — notamment la controverse autour de la gestion de la sécheresse dans le Delta du Mississippi par la Croix-Rouge — était considérablement plus complexe, impliquant des contraintes logistiques, des tensions raciales et des pressions politiques que le périodique ignore délibérément. L'anecdote est sélectionnée et présentée de manière à maximiser l'indignation du lecteur et à accréditer l'idée que les institutions charitables du « monde de Satan » sont fondamentalement incapables de secourir les plus démunis — une conclusion directement utile à la rhétorique eschatologique de la revue.

Illustrations du numéro

Références

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  2. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485, 490.
  3. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 484.
  4. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 484.
  5. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 483.
  6. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 484.
  7. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485.
  8. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485.
  9. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 486.
  10. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 486.
  11. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 486.
  12. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485.
  13. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485.
  14. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 485.
  15. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 487.
  16. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 487.
  17. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 488.
  18. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 488.
  19. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 488.
  20. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 489.
  21. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 489.
  22. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 489.
  23. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 489.
  24. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 490.
  25. « Si ce Dr. [nom cité] avait gardé sa bouche fermée »
  26. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 490.
  27. « Si nous publions des blagues, on dit que nous sommes frivoles »
  28. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 490.
  29. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  30. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  31. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  32. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  33. « Cette preuve consiste en du bois fossilisé et des impressions de cônes et de feuilles »
  34. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  35. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  36. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  37. « Les démons dicteront les styles »
  38. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  39. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  40. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 491.
  41. The Golden Age du 29 avril 1931, p. 492.
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