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Consolation du 3 avril 1940

De Tj-encyclopédie
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Consolation du 3 avril 1940
Revue Consolation
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de la revue Consolation est dominé par une offensive polémique contre l'Église catholique romaine et ses liens supposés avec les gouvernements civils aux États-Unis et en Europe. La nomination de Myron C. Taylor comme ambassadeur personnel du président Roosevelt auprès du Saint-Siège constitue le fil conducteur du numéro, autour duquel s'organisent les dénonciations de la hiérarchie catholique, du Vatican et de leurs influences sur la politique américaine et mondiale.

Le numéro associe à cette critique centrale des reportages sur des violences subies par des Témoins de Jéhovah aux États-Unis, présentées comme la conséquence directe d'une complicité entre autorités locales et milieux catholiques. L'incident de Saco, dans le Maine, où une réunion d'étude biblique a été saccagée sous les yeux de policiers passifs, est présenté comme un symptôme de la montée d'une anarchie encouragée par des forces cléricales.

Analyse

Croyances

Chronologie prophétique et eschatologie des « temps des Gentils »

L'article « Le Roi du monde nouveau au temple » développe une chronologie eschatologique fondée sur le calcul des 2 520 ans séparant la destruction de Jérusalem, datée de 606 avant notre ère, de l'automne 1914, moment où le Christ aurait assumé son règne royal.[1] Ce calcul repose sur une équivalence entre les « sept temps » de Daniel 4 et les « temps des Gentils » mentionnés en Luc 21:24. Cette interprétation, présentée comme une certitude herméneutique dans ce numéro, n'est pas une innovation de la Société Watch Tower : comme le documente Carl Olof Jonsson dans Les Temps des Gentils reconsidérés, la date de 606 avant notre ère comme point de départ des 2 520 ans avait été proposée dès 1870 par The Prophetic Times et reprise en 1875 par Nelson Barbour dans le Herald of the Morning, avant d'être adoptée par Charles Taze Russell.[2] En 1940, cette chronologie est présentée sans réserve, malgré la difficulté historique majeure qu'elle soulève : les tablettes astronomiques babyloniennes situent la chute de Jérusalem en 587 avant notre ère, et non en 606, ce qui invalide le point de départ du calcul sans que la publication n'en fasse mention.

La chronologie eschatologique de ce numéro introduit une deuxième étape décisive : de même que Jésus fut oint en l'an 29 puis se présenta comme Roi à Jérusalem trois ans et demi plus tard, en 33, le Christ aurait pris son pouvoir royal en 1914 pour revenir « au grand temple spirituel de Dieu » trois ans et demi plus tard, au printemps 1918, afin d'y exercer un jugement et une purification.[3] Cette articulation typologique entre la première et la seconde venue du Christ est caractéristique de la pensée de Rutherford, telle qu'elle s'est développée à partir des publications de 1917-1918. Les persécutions subies par les étudiants de la Bible en 1918, ainsi que les défections de membres, sont réinterprétées non comme des échecs institutionnels, mais comme la preuve scripturaire que le Christ était présent pour juger et affiner ses serviteurs, conformément à Matthieu 24:9-13.[4] Cette lecture s'inscrit dans une vision plus large où la « chrétienté » est présentée comme un système religieux condamné, dont la Société des Nations — soutenue par les grandes Églises comme « l'expression politique du Royaume de Dieu sur terre » — aurait démontré l'échec face aux agressions fascistes en Chine, en Éthiopie et en Espagne.[5]

Identification de la « Babylone religieuse » et rejet de la religion organisée

Ce numéro mobilise une rhétorique systématique d'identification entre l'Église catholique romaine et les puissances démoniaques décrites dans l'Apocalypse. La désignation de la Papauté comme « enfant du Diable » ne relève pas d'une simple invective, mais s'inscrit dans un cadre doctrinal cohérent selon lequel Satan gouverne l'ensemble des systèmes religieux humains, l'Église catholique en constituant le sommet visible.[6] Cette équation entre Babylone la Grande, décrite dans l'Apocalypse comme une prostituée régnant sur les rois de la terre, et le Vatican, s'inspire d'une tradition critique déjà présente dans la littérature réformée, mais est ici réinterprétée en termes prophétiques précis, directement liés à l'actualité politique de 1940. La publication qualifie ainsi l'Église catholique de « nourrice du totalitarisme tout entier », une formulation attribuée à John J. Saunders et reprise à son compte pour dénoncer la complicité présumée du Vatican avec les régimes fascistes et nazis.[7]

Ce rejet s'étend à l'ensemble de la « chrétienté », présentée comme un leurre collectif destiné à être détruit lors d'Armageddon. La publication souligne que les grandes Églises ont soutenu la Société des Nations comme « l'expression politique du Royaume de Dieu sur terre », une initiative dont l'échec face aux agressions fascistes confirmerait la nature apostate de la religion organisée.[8] Cette critique s'appuie sur une distinction fondamentale entre la religion institutionnelle, jugée corrompue et démoniaque, et le christianisme authentique tel que la publication entend le représenter, fondé sur une lecture littérale des Écritures et opposé à des dogmes comme la Trinité ou l'immortalité de l'âme, qualifiés de non scripturaires.[9]

Interprétation typologique de 2 Chroniques 20 et la nomination de Myron C. Taylor

L'article consacré à Myron C. Taylor développe une lecture prophétique directe de 2 Chroniques 20, où les trois peuples ligués contre Josaphat — Moabites, Ammonites et habitants du mont Séir — sont identifiés respectivement aux grandes entreprises religieuses, aux politiciens hypocrites et aux religionistes sans conscience.[10] Cette méthode exégétique, récurrente dans les publications rutherfordiennes, consiste à établir des correspondances terme à terme entre les protagonistes d'un récit vétérotestamentaire et des acteurs contemporains, en supposant que les événements bibliques ont été providentiellement enregistrés pour préfigurer les réalités des « derniers jours ». La nomination de Myron C. Taylor, ancien président de l'United States Steel Corporation, comme représentant personnel du président Roosevelt auprès du Vatican fin 1939, est ainsi élevée au rang d'étape eschatologique, preuve que la coalition des ennemis de la théocratie divine se resserre avant la bataille d'Armageddon.[11]

Réfutation de la damnation éternelle

L'article répondant aux Plymouth Brethren illustre une constante doctrinale de la publication : l'absence, dans le message des apôtres, de toute prédication de la damnation éternelle. La publication s'appuie sur Jérémie 19:5 pour qualifier l'enseignement d'un feu éternel conscient de « blasphème » contre Dieu, ce dernier n'ayant jamais commandé ni même conçu de tels tourments.[12] Ce rejet de la damnation éternelle est doctrinalement solidaire de la négation de l'immortalité de l'âme, qui transparaît également dans la réfutation du purgatoire : le renvoi à Ecclésiaste 9:10 établit que les morts « ne savent rien » et que leurs pensées périssent avec eux, ce qui rend théologiquement impossible toute expérience consciente post-mortem, qu'elle soit punitive ou purificatrice.[13]

La proximité paradoxale relevée entre catholiques romains et Plymouth Brethren — un prêtre catholique se félicitant qu'un converti ait rejoint les Plymouth Brethren en disant « il n'est pas loin de nous » — sert à démontrer que les deux confessions partagent les mêmes dogmes fondamentaux que la publication qualifie d'origine babylonienne. Pour elle, la distinction confessionnelle protestante/catholique est sans pertinence sotériologique, les deux systèmes étant également condamnés comme des contrefaçons du vrai christianisme.[14]

Refus du salut au drapeau comme application d'Exode 20:4-5

Le traitement du refus du salut au drapeau dans ce numéro s'appuie explicitement sur les commandements de Exode 20:4-5, qui interdisent de se prosterner devant une image ou un emblème.[15] Cette interprétation avait été précisée par Rutherford lors de la convention de 1935, où il avait déclaré que saluer le drapeau constituait un acte d'infidélité à Dieu. Les cas de Lillian et William Gobitis, exclus d'une école de Minersville (Pennsylvanie) pour avoir refusé de participer au rituel et dont la cause avait été tranchée en leur faveur par un tribunal fédéral en 1938, sont présentés comme des exemples de fidélité doctrinale.[16] La publication décrit les contradictions entre décisions fédérales et décisions locales dans leur stade contentieux ouvert, comme un conflit fondamental entre la loi divine et les exigences des autorités civiles — conflit dont l'issue devant la Cour suprême des États-Unis est à ce stade encore indéterminée.

Réinterprétation de Malachie 3:2 comme jugement terrestre depuis 1918

La réfutation du purgatoire développée dans ce numéro offre un exemple net de la manière dont la chronologie prophétique de 1918 structure l'herméneutique rutherfordienne. Le « feu purificateur » de Malachie 3:2, fréquemment invoqué par la théologie catholique pour étayer la doctrine du purgatoire, est réinterprété comme s'appliquant non à une purification post-mortem des âmes, mais au jugement exercé par le Christ lors de sa venue au temple spirituel au printemps 1918.[17] Cette lecture articule deux axes doctrinaux centraux du numéro — la chronologie eschatologique de 1914-1918 et la négation de toute conscience après la mort — en une réfutation unifiée du dogme catholique. Le texte de 1 Corinthiens 3:11-15, qui décrit un « feu » éprouvant l'œuvre de chaque bâtisseur, est également lu comme une métaphore de l'épreuve terrestre et non d'un état intermédiaire.[18]

Neutralité politique comme impératif théologique

La critique du mouvement « Ham and Eggs » en Californie dépasse le simple commentaire d'actualité pour formuler un principe théologique explicite : les Témoins de Jéhovah doivent demeurer strictement neutres vis-à-vis de tout projet de réforme mondaine, quel qu'en soit l'attrait social, au motif que seul le Royaume de Jéhovah peut apporter une solution définitive aux problèmes humains.[19] La participation de certains membres au référendum californien du 7 novembre 1939, bien que ce dernier ait été rejeté par deux voix contre une, est dénoncée comme une violation de ce principe. Ce positionnement s'inscrit dans la réinterprétation de Romains 13 effectuée par Rutherford en 1929, selon laquelle les « autorités supérieures » auxquelles le chrétien doit obéissance sont Jéhovah et le Christ, et non les États humains,[20] ce qui prive tout système politique, même réformateur, de toute légitimité aux yeux du fidèle.

La conclusion que seul le Royaume de Jéhovah résoudra définitivement le problème des personnes âgées — les obéissants restant jeunes et n'ayant jamais besoin de prendre leur retraite — illustre comment une promesse eschatologique concrète est opposée point par point aux promesses des mouvements de réforme sociale contemporains, présentés comme des contrefaçons mondaines du programme divin.[21] Ce principe de neutralité politique absolue, déjà appliqué au refus du service militaire et du salut au drapeau, trouve ici une nouvelle illustration dans le rejet des mouvements civiques comme « Ham and Eggs », dont les partisans sont décrits comme des victimes d'une illusion mondaine.

Organisation et histoire

En avril 1940, la revue Consolation relate plusieurs incidents de violence et de répression ciblant les Témoins de Jéhovah aux États-Unis. À Saco (Maine), une foule de plus de mille personnes attaque une salle de réunion, brisant les fenêtres et utilisant des bombes puantes pour disperser les participants, tandis que la police locale refuse d'intervenir et se contente de discuter avec les émeutiers.[22] À Hubbard (Ohio), quatre participants à une marche pacifique — Tillie Williamson, Margaret Atsberger, Grace Fagin et Arthur G. Saylow — sont arrêtés en vertu d'un arrêté municipal sur les défilés sans autorisation, et l'un d'eux est condamné à une amende de vingt-cinq dollars ou à une peine d'emprisonnement en cas de non-paiement.[23] Ces événements s'inscrivent dans un contexte de violences systématiques contre les Témoins de Jéhovah aux États-Unis, que le sociologue Detlef Garbe a situées à leur apogée entre 1940 et 1944, avec plus de deux mille affaires judiciaires impliquant des membres du mouvement.[24] La Commission Wickersham, mandatée par le gouvernement fédéral et ayant rendu son rapport en 1931, avait déjà documenté la corruption généralisée des forces de l'ordre locales et leur incapacité à protéger les minorités religieuses contre les violences de la foule, un constat qui trouve un écho direct dans les incidents rapportés par ce numéro.[25] La publication présente explicitement ces incidents comme le signe d'une collusion entre les autorités locales et la hiérarchie catholique, associant la violence de rue à une hostilité institutionnelle organisée.[26]

Un deuxième enjeu institutionnel majeur abordé dans ce numéro concerne les litiges scolaires liés au refus du salut au drapeau des États-Unis. La publication cite explicitement les cas de Lillian et William Gobitis, exclus d'une école de Minersville (Pennsylvanie) pour avoir refusé de participer au rituel, et souligne que la Cour suprême des États-Unis a accepté de se prononcer sur cette affaire après des décisions contradictoires entre tribunaux fédéraux et locaux.[27] La position institutionnelle de la Watch Tower sur cette question était fermement établie depuis juin 1935, lorsque Rutherford avait déclaré lors d'une convention à Washington que saluer le drapeau constituait un acte d'idolâtrie contraire aux commandements bibliques, en particulier Exode 20:4-5, une directive qui avait conduit à l'exclusion de centaines d'élèves dans plusieurs États.[28] Ce numéro paraît alors que l'affaire était encore en instance devant la Cour suprême, la décision dans Minersville School District v. Gobitis n'étant rendue que le 3 juin 1940, soit deux mois plus tard, et se prononçant initialement contre les Témoins par huit voix contre une.[29]

Ce numéro consacre également une attention particulière au père Charles Coughlin et au « Front chrétien » qu'il animait. La publication rapporte les résultats d'une enquête ordonnée par le maire de New York, Fiorello La Guardia, sur l'appartenance de policiers new-yorkais à cette organisation, accusée par le Federal Bureau of Investigation d'avoir fomenté un complot armé contre le gouvernement américain : sur 16 903 questionnaires envoyés, 27 policiers avaient admis être encore membres du « Front chrétien » et 407 avoir quitté le mouvement.[30] Cette enquête faisait suite aux arrestations opérées par le FBI en janvier 1940 de dix-sept membres du mouvement, inculpés de sédition et de complot en vue de renverser le gouvernement des États-Unis.[31] La publication établit un lien direct entre cet épisode et la tentative d'interruption d'une assemblée des Témoins de Jéhovah au Madison Square Garden le 25 juin 1939, documentée dans le numéro 4 du Kingdom News, soulignant que des policiers catholiques avaient alors refusé d'intervenir pour protéger l'assemblée, une inaction interprétée comme une complicité avec les perturbateurs.[32]

Sur le plan de la neutralité politique, ce numéro analyse le mouvement californien « Ham and Eggs », qui proposait une pension hebdomadaire de trente dollars pour les personnes âgées et avait été soumis à référendum le 7 novembre 1939 avant d'être rejeté par deux voix contre une. La revue relève que certains Témoins de Jéhovah avaient participé à ce mouvement, allant jusqu'à inciter d'autres membres à s'inscrire et à voter, et réaffirme avec insistance que cette attitude est incompatible avec la position institutionnelle de la Société Watch Tower, selon laquelle les Témoins doivent demeurer strictement neutres à l'égard de tous les projets et mouvements politiques ou sociaux du monde.[33] Cette position de neutralité absolue s'appuyait sur la réinterprétation des « autorités supérieures » de Romains 13:1 opérée par Rutherford en 1929, qui les avait identifiées non pas aux gouvernements humains mais à Jéhovah et au Christ, libérant ainsi théologiquement les Témoins de toute obligation d'obéissance civique au-delà de ce qu'exige la loi ordinaire.[34]

La répression des publications des Témoins de Jéhovah au Québec est également documentée dans ce numéro. La revue relate une saisie opérée par la police sur instruction du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve, au cours de laquelle 489 évangiles en français, 24 évangiles en anglais, une Bible française, un Nouveau Testament français, un dictionnaire anglais-français, vingt tracts en français et un livre de chants en anglais ont été confisqués à leur propriétaire.[35] Cette opération s'inscrit dans le cadre de la loi du cadenas, adoptée au Québec en 1937, qui autorisait la fermeture de tout local servant à « propager le communisme ou le bolchevisme » — une formulation suffisamment vague pour permettre aux autorités provinciales et au clergé catholique de l'appliquer aux publications des Témoins de Jéhovah.[36] La publication dénonce cette saisie comme une tentative délibérée d'empêcher la population d'accéder à la Bible elle-même, soulignant l'absurdité de voir des évangiles et un Nouveau Testament confisqués au nom de la lutte contre le communisme.[37]

Enfin, ce numéro consacre un article à une attaque menée par les Plymouth Brethren contre les publications de la Watch Tower Bible and Tract Society, à l'occasion de la réimpression d'un pamphlet antérieur. La revue rappelle que ce groupe, né à Plymouth (Devon) au cours du dix-neuvième siècle, s'était constitué parmi des hommes qui avaient critiqué le sacerdoce des Églises établies tout en conservant les dogmes orthodoxes de ces dernières — Trinité, immortalité de l'âme et damnation éternelle — dont ils étaient devenus les défenseurs résolus.[38] La Watch Tower présente leur attaque comme illégitime, dans la mesure où leurs positions doctrinales les rapprochent, selon elle, de l'Église catholique romaine bien plus que du christianisme primitif, et cite à l'appui l'anecdote d'un prêtre catholique se réjouissant de la conversion d'un homme aux Plymouth Brethren comme d'un pas vers Rome.[39]

Science et médecine

Le numéro du 3 avril 1940 de Consolation présente deux affirmations scientifiques ou médicales où la publication manifeste un biais idéologique marqué, instrumentalisant des faits ou des opinions au service de sa doctrine religieuse.

La rubrique de brèves scientifiques cite le Dr A. T. Schofield, présenté comme ayant qualifié la théorie de l'évolution de théorie absurde lors d'une conférence à l'Institut victorien de Londres.[40] La publication résume sa position en affirmant qu'aucun chaînon intermédiaire n'existerait entre le singe et l'homme, que la vie ne peut produire que la vie selon son espèce depuis la création, et que la transformation d'une cellule vivante en corps humain requerrait l'intervention directe du Créateur à chaque étape. Ce discours s'inscrit dans une stratégie apologétique visant à discréditer une théorie scientifique jugée incompatible avec une lecture littérale de la Genèse. Or, Alfred Taylor Schofield (1846–1929) était un médecin britannique et auteur d'ouvrages combinant apologétique chrétienne et vulgarisation scientifique, mais n'était pas un spécialiste de biologie évolutive.[41] En 1940, la théorie synthétique de l'évolution était encore en cours d'élaboration formelle, mais la réalité de l'évolution par sélection naturelle était défendue depuis des décennies par la communauté scientifique internationale, comme en témoignent les travaux convergents de biologistes, paléontologues et généticiens de l'époque. Le recours exclusif à un auteur apologétique, sans confrontation avec les recherches contemporaines, révèle une approche sélective des sources, motivée par un agenda doctrinal plutôt que par une évaluation objective du consensus scientifique de l'époque.

La revue aborde également le radium dans deux brèves distinctes, toutes deux orientées vers une critique de son usage médical. La première cite le chirurgien londonien Sir Leonard Hill, qui exprime des réserves sur l'utilisation du radium dans le traitement du cancer, affirmant qu'à une intensité suffisante pour produire un effet thérapeutique, le radium serait toujours nocif et aurait provoqué de nombreux cas de névralgies insupportables et incurables.[42] La seconde évoque les décès des ouvrières ayant peint des cadrans lumineux au radium entre 1917 et 1925, présentés comme une preuve que le radium ne constitue pas un remède contre le cancer ou toute autre maladie.[43] Ces deux notices s'inscrivent dans un contexte rhétorique plus large : ce même numéro tourne en dérision les espoirs de guérison associés au pèlerinage de Lourdes, ce qui suggère une méfiance d'ensemble envers la médecine conventionnelle lorsqu'elle semble concurrencer la guérison divine. Les réserves de Sir Leonard Hill sur l'usage thérapeutique du radium n'étaient pas dénuées de fondement scientifique : à la fin des années 1930, les complications liées aux irradiations sur les tissus sains étaient réelles et documentées, les taux de récidive locale restaient élevés, et la radiobiologie demeurait une discipline en formation.[44] Hill lui-même exprimait vers 1940, dans la revue Nature, un scepticisme radical sur l'utilité médicale du radium, suggérant que le radium enterré pour le protéger des bombardements pourrait bien y rester définitivement.[45] Cependant, la revue opère un amalgame rhétorique en juxtaposant les cas d'empoisonnement chronique par ingestion de radium — responsables des décès des ouvrières peintres de cadrans lumineux, victimes d'une contamination interne résultant de l'ingestion répétée de peinture radioactive — avec la radiothérapie anticancéreuse, qui visait à cibler des tumeurs avec des doses médicalement contrôlées. Ces deux situations relèvent de mécanismes d'exposition radicalement différents, et les présenter comme équivalentes constitue un glissement rhétorique qui excède ce que les données de l'époque autorisaient à conclure. En assimilant systématiquement les effets de l'exposition industrielle aux dangers de la thérapie oncologique, la publication discrédite l'ensemble des usages médicaux du radium au service d'une vision où la science humaine est subordonnée à la confiance en une intervention divine.

Économie et société

La publication présente plusieurs affirmations économiques et sociales dont le traitement sert explicitement son discours eschatologique de « fin du système de choses », en particulier concernant les finances du Vatican, la délinquance juvénile dans les écoles catholiques ontariennes et le mouvement « Ham and Eggs » en Californie.

Concernant les revenus du Vatican, la revue affirme, sans citer de source, que ceux-ci s'élèveraient à « au moins 50 millions de dollars par an en temps normal », mais pourraient chuter à 30 millions en période de guerre.[46] Ces chiffres sont présentés comme des faits établis, afin de renforcer l'assimilation entre le Vatican et les intérêts économiques mondains, un thème récurrent dans le discours de Rutherford sur le « Big Business » religieux. Les finances du Saint-Siège à la fin des années 1930 restent cependant particulièrement opaques : bien que les Accords du Latran de 1929 aient assuré au Vatican une indemnité unique de 750 millions de lires en numéraire et un milliard de lires en obligations d'État, aucune comptabilité publique détaillée n'était alors publiée.[47] Les estimations avancées par la publication — 50 et 30 millions de dollars — circulaient dans la presse protestante et anticléricale américaine de l'époque sans fondement documentaire vérifiable. Leur fonction dans l'article est avant tout rhétorique : quantifier la « mondanité » du Vatican pour étayer la thèse d'une collusion entre l'Église catholique et les puissances économiques séculières.

Sur la délinquance juvénile en Ontario, la publication cite des statistiques publiées en 1933 selon lesquelles, « en proportion de la population, trois fois et demie plus d'enfants formés dans des écoles catholiques auraient été traduits devant les tribunaux pour mineurs que ceux d'autres confessions », et que « en Ontario, cette proportion aurait été presque cinq fois plus élevée pour les incarcérations ».[48] Ces chiffres, attribués au périodique catholique The Roman Catholic Canadian Freeman, sont présentés sans indication de leur source primaire ni de leur méthodologie. Or, toute comparaison brute des taux de délinquance entre écoles catholiques et écoles publiques se heurte à des biais socio-économiques majeurs : les populations scolarisées dans les écoles séparées (catholiques) étaient souvent issues de milieux ouvriers ou immigrés, ce qui invalide toute interprétation directe des différences observées sans contrôle des variables contextuelles.[49] La publication utilise ces données non sourcées comme argument polémique, sans nuance méthodologique, pour discréditer l'institution scolaire catholique.

Enfin, le mouvement « Ham and Eggs » est décrit comme un exemple d'illusion mondaine condamnée à l'échec, servant à illustrer l'incapacité des solutions politiques humaines à résoudre les problèmes sociaux tels que la pauvreté des personnes âgées, en dehors du Royaume de Jéhovah.[50] Historiquement, ce mouvement californien, officiellement nommé « Thirty Dollars Every Thursday », proposait de verser trente dollars par semaine aux résidents de plus de cinquante ans sans emploi, financés par un timbre fiscal prélevé sur les employeurs ou les bénéficiaires. Porté par Art Whiteside et la famille Allen, il obtint suffisamment de signatures pour figurer sur les bulletins de vote de novembre 1938 (Proposition 25) et novembre 1939 (Proposition 1).[51] La publication relate correctement le rejet de la Proposition 1 par environ 60 % des voix le 7 novembre 1939,[52] mais en donne une interprétation orientée. Ce mouvement répondait en effet à une détresse sociale réelle — l'absence de système de retraite universel en pleine Grande Dépression — et contribua, par la pression politique qu'il exerça, à accélérer la mise en œuvre du Social Security Act de 1935 et de ses révisions ultérieures.[53] En réduisant « Ham and Eggs » à une promesse démagogique désormais caduque, la publication occulte délibérément sa dimension de réponse à une crise sociale documentée, afin de mieux servir sa thèse selon laquelle seules les solutions théocratiques sont viables à long terme.

Contenu

L'ambassadeur de Roosevelt auprès du Pape (Deuxième partie)

La deuxième partie de cet article examine les implications de la décision du président Franklin D. Roosevelt d'envoyer un ambassadeur personnel auprès du pape. La publication critique vivement cette initiative, la qualifiant de « pièce d'affaires la plus stupéfiante perpétrée par un serviteur élu du peuple américain ». Elle souligne que cette décision a été préparée de longue date, avec la complicité de journaux catholiques qui ont publié des informations avant même l'annonce officielle de Roosevelt.[54]

L'article affirme que Roosevelt a tenté de justifier cette nomination en invoquant le bien-être général de l'humanité et la cause de la paix, mais que ces raisons sont fallacieuses. Selon la publication, cette démarche vise en réalité à renforcer les liens entre les États-Unis et le Vatican, en dépit des principes constitutionnels américains et des valeurs chrétiennes.[55] La publication cite un article du Catholic Herald de Londres, publié avant la nomination, qui révélait déjà les intentions du Vatican de rétablir des relations diplomatiques avec les États-Unis, interrompues depuis 1876.[56]

La publication dénonce également le fait que Roosevelt ait associé des représentants religieux juifs et protestants à cette nomination, comme le président d'un séminaire théologique juif et le président du Conseil fédéral des Églises, pour donner une apparence d'unité. Cependant, elle souligne que ces représentants ne parlent pas au nom de l'ensemble de leurs communautés, citant notamment une déclaration du secrétaire général de l'Alliance baptiste mondiale, qui s'oppose à toute alliance entre le gouvernement américain et le Vatican.[57]

Salle de réunion chrétienne à Saco après le passage des amis de la police. Aucune arrestation.

Représentants papaux non officiels

Cet article relate un incident survenu à Saco, dans le Maine, où la police locale a activement participé à la perturbation d'une réunion pacifique de Témoins de Jéhovah. La publication affirme que les forces de l'ordre, au lieu de protéger les droits des citoyens, ont encouragé l'anarchie en permettant à une foule de perturber une assemblée chrétienne consacrée à l'étude de la Bible.[58]

Selon le récit, la police a refusé d'intervenir lorsque des perturbateurs ont utilisé des radios à plein volume pour empêcher la tenue de la réunion. Malgré les demandes répétées des participants, les forces de l'ordre n'ont pris aucune mesure pour faire cesser les troubles. La publication souligne que cette inaction constitue une violation flagrante des serments prêtés par les policiers pour protéger les libertés et les vies des citoyens américains.[59]

L'article décrit ensuite comment la situation a dégénéré en émeute : une foule de plus de 1 000 personnes s'est rassemblée, encouragée par l'attitude complice de la police. Des projectiles ont été lancés contre la salle de réunion, brisant presque toutes les fenêtres. Des bombes puantes ont été jetées à l'intérieur, forçant les participants à quitter les lieux. La publication accuse la police d'avoir non seulement toléré ces actes, mais aussi d'y avoir participé indirectement en riant et en discutant avec les émeutiers.[60]

« Sans le bénéfice du clergé — et strictement non officiel » : légende originale de l'illustration de la publication.

La destruction s'est poursuivie dans les quartiers privés des participants, où les émeutiers ont forcé une porte, saccagé les lieux et endommagé les biens personnels. La publication compare ces actes à ceux de la Gestapo en Allemagne, soulignant que de tels événements peuvent se produire n'importe où aux États-Unis si les autorités locales continuent de soutenir ces violences.[61] L'article poursuit en décrivant l'inaction délibérée de la police : les forces de l'ordre ont non seulement échoué à protéger les participants, mais ont également encouragé la foule à commettre des actes de violence. La publication cite le Biddeford Daily Journal, qui rapportait que la police avait déclaré ne pouvoir trouver aucune loi empêchant la tenue de la réunion, et ironise sur cette affirmation en rappelant que le devoir des policiers, payés par les contribuables, est de protéger les citoyens dans l'exercice de leurs droits légaux, même si cela perturbe leurs activités personnelles telles qu'une partie de cartes.[62] Aucune arrestation n'a été effectuée malgré l'identification des meneurs par les témoins de Jéhovah eux-mêmes et par la police.[63]

La publication conclut en affirmant que ces événements sont une preuve supplémentaire de la montée de l'anarchie aux États-Unis, encouragée par des autorités locales sous l'influence de la hiérarchie catholique. Elle avertit que de tels incidents se multiplieront si les citoyens ne se rangent pas du côté de Jéhovah, seul garant de la justice et de la paix.[64]

Complots contre les enfants

Cet article dénonce les tentatives d'imposer l'enseignement de traditions religieuses dans les écoles publiques, au détriment des principes bibliques. La publication cite Abraham Lefkowitz, du Guild Teacher de New York, qui critique les leaders religieux cherchant à introduire la religion dans les écoles en violation des traditions américaines.[65]

La publication affirme que ces tentatives constituent un complot contre les enfants, les éloignant des enseignements divins pour les soumettre aux doctrines humaines. Elle souligne que de telles pratiques sont contraires à la liberté de conscience et à la séparation de l'Église et de l'État, principes fondamentaux des États-Unis.[66]

L'article mentionne également des cas de persécution contre des employés fidèles qui sont Témoins de Jéhovah, illustrant les conséquences de ces complots. La publication cite des exemples de travailleurs licenciés ou harcelés en raison de leur foi, souvent sous l'influence de collègues ou de supérieurs hostiles à leurs croyances, et qui ont eu recours à de faux témoignages.[67] Elle conclut en affirmant que la seule solution à ces injustices réside dans l'intervention divine lors d'Armageddon, où tous les conspirateurs seront détruits.

Complots cléricaux et totalitarisme

Cet article analyse les alliances entre régimes totalitaires et institutions religieuses, en particulier l'Église catholique romaine. La publication affirme que le pacte entre Adolf Hitler et Joseph Staline n'a surpris aucun lecteur du Catholic Herald, suggérant une complicité historique entre le Vatican et les régimes autoritaires. Elle cite John J. Saunders, qui décrit l'Italie, l'Espagne et le Portugal comme un « bloc fasciste latin » et accuse l'Église catholique d'être « la nourrice du totalitarisme tout entier ».[68]

La publication dénonce également les déclarations du pape Pie XII, qu'elle qualifie de mensonges éhontés. Elle affirme que « la Papauté est l'enfant du Diable » et nie toute légitimité spirituelle à ses prétentions d'autorité divine. L'article mentionne une rencontre entre le nonce apostolique Cesare Orsenigo et Hitler, interprétée comme une preuve de la collaboration entre le régime nazi et le Vatican pour servir les intérêts géopolitiques de l'Allemagne.[69]

L'article souligne également les revenus financiers du Vatican, estimés à au moins 50 millions de dollars par an en temps normal, mais pouvant chuter à 30 millions en période de guerre. Il critique les contributions des États-Unis à ces revenus et dénonce le rôle du cardinal Theodor Innitzer de Vienne, décrit comme « le premier à avoir accueilli les nazis » lors de l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne nazie.[70]

Enfin, la publication accuse les États-Unis, sous l'influence d'un Département d'État présenté comme contrôlé par Rome, d'avoir soutenu le général Francisco Franco pendant la guerre civile espagnole. Elle affirme que les États-Unis ont financé Franco à hauteur de 14 millions de dollars en coton, tout en refusant toute aide à la République espagnole, et qualifie Franco de « boucher », dénonçant le soutien financier accordé à l'Église catholique espagnole par son régime.[71]

Doctrines anti-démocratiques de l'Église catholique

Cette section détaille les doctrines de l'Église catholique romaine que la publication juge incompatibles avec les principes démocratiques et américains. Elle présente quatre revendications principales de la hiérarchie catholique, formulées sous forme de questions-réponses dans les manuels utilisés dans les écoles catholiques.[72]

Premièrement, la publication expose la prétention du pape à une autorité universelle : prétendu vicaire de Dieu sur terre, il revendique une souveraineté sur toutes les âmes, qu'elles soient membres de l'Église ou non, ce qui, selon la publication, nie la liberté de conscience et la séparation de l'Église et de l'État.[73] Deuxièmement, en cas de conflit entre le pape et un gouvernement civil, la décision du pape est présentée comme finale et contraignante pour les chefs d'État. La publication cite le cardinal Henry Edward Manning, pour qui « la politique fait partie de la morale », justifiant ainsi l'intervention pontificale dans les affaires temporelles.[74] Troisièmement, l'Église catholique revendiquerait le droit d'utiliser la force pour punir ou exterminer les non-croyants ou pour les contraindre à rejoindre l'Église, les gouvernements étant tenus d'y prêter assistance.[75] Quatrièmement, les non-catholiques, considérés comme vivant dans l'erreur, ne seraient pas dignes des droits fondamentaux tels que la liberté d'expression ou la liberté de culte, la publication affirmant que cette doctrine justifie la suppression de toute opinion ne concordant pas avec les dogmes catholiques.[76]

La publication conclut que ces doctrines sont en totale contradiction avec les principes de tolérance, de liberté d'expression et de démocratie, et souligne que les membres de l'Église catholique, consciemment ou non, adhèrent à ces principes qu'elle qualifie d'anti-américains, notamment en ce qui concerne les mariages mixtes, le divorce et la séparation de l'Église et de l'État.[77]

Nomination de Myron C. Taylor comme ambassadeur au Vatican

Cet article critique la nomination de Myron C. Taylor, ancien président de l'United States Steel Corporation, comme ambassadeur personnel du président Franklin D. Roosevelt auprès du Vatican. La publication s'interroge sur les motivations de cette nomination, suggérant qu'elle vise à renforcer les liens entre les États-Unis, le « Big Business » et l'Église catholique, au détriment des principes démocratiques et de la proclamation du message du Royaume de Dieu.[78]

La publication souligne que Taylor, bien que protestant épiscopalien, est un représentant emblématique du « Big Business » et un admirateur déclaré de Benito Mussolini et du fascisme. Elle affirme que sa nomination n'a pas pour objectif de promouvoir la paix, mais plutôt de servir les intérêts des puissances économiques et religieuses en place, et suggère que Roosevelt et Taylor cherchent à utiliser l'influence combinée de l'Église catholique, des grandes entreprises et de la politique pour faire accepter l'autorité du pape sur les États-Unis, ce qui, selon la publication, reviendrait à stopper la proclamation du message du Royaume de Dieu.[79]

La publication rappelle également que, selon la théologie catholique, Taylor et Roosevelt, en tant que protestants, pourraient être considérés comme hérétiques et passibles de la peine de mort. Elle note néanmoins que Taylor ne court aucun risque au Vatican, où il passe une grande partie de l'année et entretient des relations étroites avec Pie XII et d'autres dignitaires catholiques.[80]

Enfin, l'article interprète cette nomination comme une étape supplémentaire dans la conspiration décrite dans le deuxième livre des Chroniques (2 Chroniques 20), impliquant les Moabites, les Ammonites et les habitants du mont Séir — figures que la publication applique respectivement aux grandes entreprises religieuses, aux politiciens hypocrites et aux religionistes sans conscience — tous ligués contre la Théocratie et la proclamation du message du Royaume de Dieu.[81]

Big Business et paix

Cet article dénonce l'hypocrisie des grandes entreprises, en particulier celles du secteur de l'acier, qu'elle accuse de n'être pas intéressées par la paix mais par le profit tiré de la guerre, présentée comme « la plus grande des affaires, qui est le meurtre de masse ».[82] La publication affirme que la Première Guerre mondiale a coûté suffisamment d'argent pour offrir à chaque famille des États-Unis, du Canada, de l'Australie, de la Grande-Bretagne et de plusieurs pays européens une maison avec des meubles et des terres, mais que cet argent a été gaspillé dans des conflits meurtriers.[83]

La publication souligne que la guerre a causé la mort de dix millions de soldats et de 28 millions de civils, victimes de la famine, des maladies et des massacres. Elle accuse les fabricants de munitions d'avoir profité de ces conflits et de se réjouir secrètement des perspectives de profits offertes par la nouvelle guerre, rappelant également le rôle de J.P. Morgan pendant la Première Guerre mondiale. Elle illustre ensuite les pratiques douteuses des grandes entreprises par l'exemple de la New Haven Railroad, surcapitalisée par J. Pierpont Morgan au point que la Commission du Commerce Interstate recommande désormais d'effacer la totalité des actions, ordinaires et privilégiées, incapables de verser le moindre dividende.[84]

Enfin, la publication évoque les inégalités salariales pendant la Première Guerre mondiale : les soldats américains étaient payés presque trois fois plus que les soldats britanniques, dix fois plus que les Allemands, vingt fois plus que les Français et vingt-cinq fois plus que les Italiens, mais tous étaient néanmoins considérés comme de la « chair à canon » dont les vies étaient sacrifiées pour un dollar par jour au nom de la démocratie.[85]

Cette rubrique est suivie d'une brève analyse historique portant sur une période de 3 421 ans, au cours de laquelle la publication affirme que seulement 268 années ont été des années de paix, les autres ayant été marquées par des guerres au cours desquelles plus de 8 000 traités de paix ont été rompus, illustrant selon elle l'incapacité des nations à maintenir des relations pacifiques durables.[86] L'article cite un vétéran de la Première Guerre mondiale décrivant les horreurs des combats pour dénoncer la propagande guerrière, et compare la situation de 1940 à celle de 1917 en suggérant que les mêmes mensonges sont utilisés pour justifier les conflits. La publication critique enfin la politique de neutralité des États-Unis, citant le sénateur William E. Borah pour affirmer que la loi sur la neutralité américaine constitue en réalité « une législation prévoyant de fait une intervention » dans le conflit européen.[87]

Statistiques et anecdotes sur les chemins de fer

Cette rubrique présente des statistiques et des anecdotes sur l'industrie ferroviaire aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Elle indique que les chemins de fer de classe I possèdent environ 1,767 million de wagons de fret, 44 700 locomotives et 40 000 voitures de voyageurs. La publication mentionne que des roses et d'autres fleurs coupées sont transportées depuis la côte Pacifique vers les villes de la côte Atlantique dans des wagons réfrigérés attachés à des trains de voyageurs rapides, et que quelque quinze millions de tonnes de glace sont utilisées chaque année par les compagnies ferroviaires pour maintenir au frais les denrées périssables et les passagers. Elle rappelle que l'utilisation de wagons réfrigérés remonte à 1857.[88]

L'article évoque également la concurrence croissante des camions, qui ont réduit le nombre de wagons de fruits et légumes entrant dans la ville de New York de 1,006 million en 1931 à 800 000 en 1937, malgré une augmentation de la consommation de ces produits. La publication note avec ironie que certaines compagnies ferroviaires achètent elles-mêmes des entreprises de transport routier pour compenser cette perte de trafic, se concurrençant ainsi à elles-mêmes.[89]

La rubrique mentionne également H.L. Ferris, un habitant de l'Arkansas qui, à 90 ans, refuse depuis 46 ans de dormir ailleurs que dans un fauteuil depuis qu'il a passé une nuit particulièrement confortable dans un siège inclinable d'un train de l'Ouest, ainsi que l'expérimentation en Grande-Bretagne de rails soudés : la London and North Eastern Railway a installé une voie sans jointure de 1 260 pieds de long, avec des résultats jugés concluants pour le confort des voyageurs et la réduction du bruit, une technologie déjà en usage aux États-Unis pour les rails des tramways urbains.[90]

La rubrique contient ensuite plusieurs brèves. La publication relate l'histoire de Marion Rice Hart, diplômée du Massachusetts Institute of Technology, qui a décidé de faire le tour du monde à bord de son propre voilier de 73 pieds malgré son absence d'expérience en navigation : après avoir congédié quatre capitaines successifs, elle a navigué seule sur plus de 5 000 miles en haute mer, visitant l'Australie et la Nouvelle-Zélande avant de contourner le cap Horn.[91] Elle décrit ensuite la création d'une nouvelle zone portuaire de 160 acres à Bayonne, dans le New Jersey, obtenue en draguant le fond de la baie de New York, dont 50 acres seront dédiés au transit de 2,5 millions de tonnes de fret par an et 110 acres à des usages industriels.[92] Elle explique comment les expéditions de marchandises vers la Grande-Bretagne et la France, en provenance d'Asie, de Nouvelle-Zélande et d'Australie, contournent les sous-marins allemands en évitant le canal de Panama au profit d'une route ferroviaire à travers le Canada, pour laquelle 30 millions de dollars de nouveaux équipements sont en cours de déploiement.[93] Enfin, la publication note que l'Amirauté britannique avait breveté quatre-vingts ans plus tôt un nouveau type d'ancre, avant de découvrir en 1939 qu'une ancre similaire, comportant une pièce transversale mobile, équipait déjà des galères romaines il y a 1 800 ans.[94]

Conseils pratiques pour la maison

Cette rubrique propose une série de conseils pratiques pour faciliter les tâches domestiques et l'entretien de la maison. La publication recommande notamment de conserver les couverts en argent dans un récipient en verre hermétiquement fermé pour éviter tout nettoyage, et d'envelopper l'argenterie inutilisée dans du papier ciré pour la protéger de l'oxydation. Elle préconise également l'usage de sel de table humide pour éliminer les traces d'œuf sur l'argenterie, et conseille, pour l'emballage de la porcelaine, d'utiliser de la paille humide quelques jours avant l'expédition afin qu'elle prenne la forme des objets et les protège efficacement une fois sèche.[95]

En matière de réparation de vaisselle en céramique, la publication propose une recette de ciment à base de chaux et de blanc d'œuf, en insistant sur la nécessité de n'en préparer que de petites quantités à la fois en raison de la prise rapide du mélange. Pour l'entretien des meubles, elle recommande le vinaigre pour ramollir la colle séchée, l'huile camphrée pour effacer les marques blanches laissées par des objets chauds sur les surfaces polies, et l'usage d'un chamois essoré dans de l'eau froide suivi d'un polissage à sec pour éliminer les traces de doigts. La publication insiste sur l'importance d'un bon cirage, qui non seulement donne de l'éclat mais nourrit et prolonge la durée de vie du bois, et suggère d'utiliser un chiffon huilé lors du dépoussiérage pour réduire la fréquence des cirages.[96]

La rubrique aborde également des astuces diverses : disperser des morceaux de camphre dans les placards et les tiroirs pour éloigner les souris, fixer des patins de composition de cordonnerie ou de feutre épais sous les pieds des meubles pour protéger le linoléum des rayures, utiliser un tuyau d'arrosage en plein soleil pour nettoyer les meubles en rotin, ou encore laver les peintures à l'huile à l'eau savonneuse tiède en travaillant par petites surfaces et en séchant immédiatement. La publication conclut avec des conseils pour tester la qualité de la soie en brûlant un échantillon, éliminer les reflets brillants sur les vêtements en serge avec du vinaigre chaud et de l'ammoniaque, sécher les parapluies ouverts à l'envers pour éviter de déformer les baleines, et assouplir les chaussures durcies par la pluie avec de l'huile de charbon.[97]

Les soupirs des affligés

La publication aborde la question des personnes qui « soupirent et gémissent » en raison des abominations présentes dans le monde, en s'appuyant sur des références bibliques telles que Ézéchiel 9:4 et Psaume 102:19,20. Elle distingue deux catégories de soupirs : ceux des individus qui souffrent sous le poids des épreuves et ceux qui réagissent négativement à la proclamation de la vérité. Un exemple est donné lors d'un enterrement en Californie, où une femme a soupiré profondément en entendant que Rutherford allait parler des sujets « Mort » et « Résurrection », et où ces soupirs se sont poursuivis chaque fois que le clergé était mentionné. La publication souligne l'étrangeté de cette réaction, notant que la simple évocation du nom de Rutherford semble provoquer une hostilité disproportionnée chez certains.[98]

Un compte rendu d'activité missionnaire à Fresno (Californie) est également présenté. Le 28 octobre 1939, une marche publicitaire pour une conférence intitulée « Gouvernement et Paix » a attiré environ 200 auditeurs au parc du palais de justice. Soixante brochures « Salut » et plusieurs livres ont été distribués. Environ 75 Témoins de Jéhovah ont participé à la marche l'après-midi, et 60 le soir, sans rencontrer d'opposition. Un commerçant, observant trois personnes faire des allers-retours, a cru qu'elles « prenaient tout le pâté de maisons », bien que leur taille fût ordinaire. Un homme a exprimé son soutien en déclarant : « Je suis avec vous ! Je veux dire, je suis avec Jéhovah, le Christ et le juge Rutherford », sans que l'on sache s'il s'agissait d'une approbation ou d'une critique.[99]

À Visalia (Californie), une marche similaire a rassemblé une centaine de participants. La police, invoquant un arrêté municipal interdisant les marches, n'a pas intervenu en raison de la taille du groupe. Une femme, après avoir observé les Témoins, a demandé à l'un d'eux s'il connaissait les personnes qui défilaient et s'il en faisait partie. Lorsqu'il a répondu par l'affirmative, elle a commenté : « Savez-vous que vous agitez les gens ? Les prédicateurs d'ici se battent entre eux, et l'un d'eux a quitté la ville. » Cette femme a ensuite accepté de la littérature et montré de l'intérêt. Un pionnier a diffusé un enregistrement en allemand intitulé « Ennemis », ce qui a suscité la question d'une auditrice : « Est-ce Hitler ? », avant qu'elle ne demande un livre.[100]

À Hanford (Californie), une marche publicitaire pour une conférence au parc s'est déroulée sans incident. Un prêtre aurait assisté à la conférence « Gouvernement et Paix », mais serait parti avant la fin des enregistrements. Un Témoin de Fresno a rapporté qu'une femme, lors d'une visite de suivi, a commandé dix livres « Salut » en assumant sa responsabilité dans la diffusion du message. La publication note que ces livres se vendent « comme des bananes — par régimes ».[101]

Le mouvement « Ham and Eggs » en Californie

La publication analyse le mouvement « Ham and Eggs », qui a suscité un débat intense en Californie autour d'un plan de retraite proposant trente dollars par semaine pour les personnes âgées. Ce mouvement a mobilisé des milliers de personnes, notamment des pauvres et des personnes âgées, qui ont envoyé leurs cotisations mensuelles de trente cents aux responsables. Les discussions sur ce sujet étaient omniprésentes, dans les réunions, les parcs, les bus et ailleurs. Les partisans du mouvement le présentaient comme « la plus grande chose qui soit jamais arrivée », prédisant que s'il était adopté en Californie, il se répandrait dans tout le pays. Les grossistes mettaient en garde les commerçants contre l'acceptation de « warrants » (bons) pour leurs marchandises, tandis que les banques dénonçaient le mouvement comme « communiste » et annonciateur d'une « dictature ». Des affiches illustrant ces craintes étaient visibles partout. Les partisans de « Ham and Eggs » s'étaient organisés en districts avec des capitaines, et certains, ayant lu les écrits de Rutherford sans en saisir pleinement les implications, soutenaient ardemment le projet. Des arguments en faveur du mouvement étaient diffusés à la radio, expliquant comment il pourrait affaiblir les banques. Des lettres prétendument envoyées par le gouvernement canadien étaient largement diffusées pour montrer la prospérité du pays sous un système similaire, tandis que les opposants produisaient des lettres contradictoires pour démontrer l'échec de ce système au Canada.[102]

La publication note que lors des réunions, les partisans de « Ham and Eggs » demandaient d'abord aux participants de saluer le drapeau, créant une atmosphère de ferveur quasi religieuse et de croyance en l'avènement du « royaume de Dieu ». Les partisans étaient convaincus de leur victoire lors du référendum du 7 novembre 1939. Cependant, les résultats, publiés dans les journaux du lendemain, ont montré une défaite écrasante du mouvement par deux voix contre une. Malgré cette déception, certains partisans ont déclaré que la lutte n'était pas terminée. La publication souligne que certains Témoins de Jéhovah, pourtant bien informés, ont soutenu ce mouvement et ont même incité d'autres à s'inscrire et à voter. Elle rappelle que les Témoins de Jéhovah doivent rester neutres face à de tels projets mondains, tout comme ils le sont pour d'autres systèmes politiques. Elle mentionne également que le gouverneur Olsen, initialement favorable au projet, avait changé d'avis, bien qu'il ait accompli certaines bonnes actions. La publication conclut en affirmant que seul le Royaume de Jéhovah résoudra définitivement le problème des personnes âgées, car les obéissants resteront jeunes et n'auront jamais besoin de prendre leur retraite.[103]

Un exemple concret est donné concernant les difficultés rencontrées par les Témoins de Jéhovah pour intéresser les partisans de « Ham and Eggs » à leurs réunions. Depuis l'échec du mouvement, ces personnes pourraient manifester un intérêt accru pour le message du Royaume. La publication souligne que les partisans de « Ham and Eggs » ne se limitaient pas aux pauvres ou aux chômeurs, mais incluaient aussi des personnes convaincues de faire le bien pour les personnes âgées. Certains disaient : « Quand Ham and Eggs échouera, alors je lirai le juge Rutherford ».[104]

Des éditeurs du Royaume de Jéhovah juste avant le baptême dans la rivière Susquehanna, près de Pittston (Pennsylvanie).

Une victoire pour le bon sens

La publication cite un éditorial du St. Louis Post-Dispatch saluant la victoire des Témoins de Jéhovah dans les affaires relatives au salut au drapeau. Le journal qualifie cette décision de « victoire pour le bon sens sur l'hystérie » et souligne qu'elle réaffirme la décence commune qui exige le respect des convictions d'autrui — un homme qui fait peut-être plus que quiconque pour construire une nation meilleure, même s'il croit ne devoir obéir qu'à la Divinité.[105]

« J'ai d'autres brebis »

Cet article met en scène un dialogue entre un Témoin de Jéhovah et une famille, illustrant la manière dont le message du Royaume est présenté aux personnes intéressées. Le Témoin, muni d'une Bible et de publications de la Watch Tower, frappe à une porte et salue chaleureusement le maître de maison. Il explique qu'il apporte un message d'avertissement et de réconfort, citant Ézéchiel 33:7 et Isaïe 61:1-3, et souligne que le nouveau Roi étend gracieusement son invitation à ses sujets loyaux pour qu'ils trouvent refuge en son nom (Isaïe 9:6,7 ; Psaume 22:28 ; Isaïe 2:3 ; Sophonie 2:3 ; Proverbes 18:10). Le Témoin installe un phonographe pour diffuser une conférence, tandis que la famille écoute attentivement.[106]

Le chef de famille, identifié comme « Brebis », exprime son intérêt pour ce nouveau gouvernement dont parle le Témoin. Il explique que sa famille cherche un lieu sûr pour élever ses enfants, mais que les enseignements des clergymen sur le Ciel et l'Enfer ne correspondent pas à leurs aspirations. Le Témoin répond en décrivant la « Jérusalem, ville de vérité » (Zacharie 8:3), située près du mont Sion, comme un lieu de joie pour toute la terre (Psaume 48:2). Il précise que cette ville est gouvernée par une pure théocratie (Psaume 2:6 ; Psaume 47 ; Daniel 2:44 ; Apocalypse 11:17), ce qui rassure la famille, habituée à un système démocratique.[107]

Le dialogue se poursuit avec des questions pratiques sur les conditions de vie dans cette ville. Le Témoin explique que les dirigeants sont justes et que les citoyens doivent avoir « les mains pures, le cœur pur et une attitude humble » (Psaume 24:4 ; Michée 6:8). Il décrit un environnement sain, où le Soleil de justice brille sur les habitants avec la guérison dans ses ailes (Isaïe 58:8 ; Jérémie 30:17 ; Malachie 4:2), et où les habitants vivent en harmonie, unis dans une même vision des choses (Jérémie 32:39 ; Psaume 110:3 ; Psaume 133:1). La famille s'enquiert des conditions d'admission : le Témoin répond qu'il suffit de chercher Jéhovah, qui fera le reste (Jacques 4:8 ; Amos 4:9 ; Sophonie 2:3 ; Matthieu 6:33), et que l'entrée dans cette ville est gratuite pour tous les sujets loyaux du Roi éternel (Jérémie 31:6-12 ; Isaïe 55:1). À la fin du dialogue, la famille décide de suivre le Témoin, déclarant : « Nous irons avec vous — moi et ma maison ! » (Zacharie 8:23 ; Josué 24:15).[108]

Une famille unie à San Antonio

Un court article relate une expérience positive à San Antonio (Texas), où une famille entière s'est intéressée au message du Royaume. La publication reproduit une photographie légendée « Tous dans la même famille à San Antonio — c'est contagieux » et invite les lecteurs à ne pas essayer de deviner à quelle Église appartient l'auteur du récit, Pat Casey Green du Texas.[109]

Une escroquerie

La publication dénonce les pratiques financières du clergé catholique, en citant le témoignage d'un entrepreneur de pompes funèbres. Celui-ci rapporte qu'à un enterrement catholique, une « messe solennelle haute » a coûté 60 dollars, payés par la famille. Il précise qu'il faut trois prêtres pour célébrer cette messe, qui dure une heure complète, ce qui signifie que chaque prêtre a gagné 20 dollars de l'heure. La publication qualifie cette pratique de « grande escroquerie » et souligne que certaines personnes « aiment que ce soit ainsi ». Elle suggère que si ces personnes avaient acheté la brochure Uncovered pour seulement deux cents et cru à la Bible comme elle y est citée, elles auraient économisé 59,98 dollars.[110]

« La justice » à Hubbard (Ohio)

La publication relate un incident survenu à Hubbard (Ohio), où des Témoins de Jéhovah ont été arrêtés pour avoir organisé une marche d'information pacifique dans les rues de la ville. Les participants, dont Tillie Williamson, Margaret Atsberger, Grace Fagin et Arthur G. Saylow, ont défilé sans armes, sans cris, sans musique, et sans comportement provocateur, portant des pancartes avec des slogans tels que « La religion est un piège et une escroquerie » et « Servez Dieu et le Christ Roi ». Malgré cela, ils ont été arrêtés en vertu d'un arrêté municipal interdisant les défilés sans autorisation. Lors du procès, l'avocat de la défense a souligné l'illégalité de cet arrêté, arguant qu'il pourrait s'appliquer à des foules sortant de théâtres, d'écoles, d'églises, ou même à des cortèges funèbres, des véhicules de pompiers, ou des associations comme les Kiwanis ou les Boy Scouts. Malgré ces arguments, le juge a condamné Melenne à une amende de 25 dollars et aux frais de justice, ou à une peine de prison en cas de non-paiement.[111]

La publication compare cette situation à celle du Christ devant Pilate, suggérant que les véritables instigateurs de cette persécution, qualifiés de « Judas », sont restés dans l'ombre. Elle mentionne que Tillie Williamson, Margaret Atsberger, Grace Fagin, Arthur G. Saylow, ainsi que la police et le magistrat de Hubbard, connaissent probablement l'identité de ces instigateurs. La publication évoque également le sort du Judas biblique, mort avec « un collier particulier autour du cou », et suggère que le Judas moderne de Hubbard porte lui aussi un « collier particulier » qui finira par l'étouffer.[112]

Joies du Royaume en Alabama

Des éditeurs du Royaume de Jéhovah à Clinton (New Jersey).

Un récit relate une expérience missionnaire en Alabama, où un éditeur du Royaume a dû attendre la réparation de sa voiture dans une ville voisine. Pendant ce temps, il a profité de l'occasion pour rendre visite à des personnes intéressées et diffuser la conférence « Gouvernement et Paix ». Dans une maison où il avait précédemment reçu une invitation, une auditrice a écouté la conférence avec un vif intérêt. À la fin, lorsque Rutherford a demandé à ceux qui soutenaient le Royaume de Dieu de dire « Oui », cette personne a répondu avec enthousiasme, les larmes aux yeux. Elle a accepté le livre Salut et la brochure Gouvernement et Paix, et a demandé à être baptisée. Malgré son handicap physique — elle marchait avec des béquilles depuis l'âge de trois ans —, elle a exprimé son désir de participer au service en distribuant des livres et des brochures autour de chez elle, affirmant pouvoir parcourir « deux ou trois miles ». La publication conclut en qualifiant cette expérience d'« œuvre du Seigneur, merveilleuse à nos yeux ».[113]

Le salut au drapeau, un problème scolaire

À gauche, Dorothy Lealer, dont le père George a combattu pour qu'elle soit réintégrée dans une école d'Atlanta après avoir été exclue pour refus de saluer. À droite, Robert et Adrian Morgan de Fort Lee (New Jersey), admis finalement à la Grace High School malgré le conflit autour du salut au drapeau.

La publication aborde le conflit opposant les enfants des Témoins de Jéhovah — désignés ici comme des « bébés pacifistes » — aux autorités scolaires américaines concernant le salut au drapeau des États-Unis.[114] Ce refus, motivé par leur interprétation des commandements bibliques interdisant l'adoration d'images ou d'emblèmes (Exode 20:4-5), a conduit à l'exclusion de plusieurs élèves depuis près d'une décennie. L'article cite notamment les cas de Lillian et William Gobitis, âgés respectivement de 14 et 15 ans, exclus d'une école de Minersville (Pennsylvanie) il y a quelques années pour avoir refusé de participer au rituel, une décision de justice fédérale ayant été rendue en leur faveur en 1938.[115]

Le texte souligne la confusion juridique engendrée par ces affaires, mentionnant que la Cour suprême des États-Unis a accepté de se prononcer sur la question après des décisions contradictoires entre tribunaux fédéraux et locaux. Il décrit les conséquences pour les familles concernées, comme celle de Walter Gobitis, condamné à une amende de 60 dollars pour avoir refusé de scolariser ses enfants dans une école imposant le salut au drapeau.[116] D'autres exemples sont évoqués, comme celui des enfants Johnson à Deerfield (Massachusetts), exclus pour des raisons similaires en octobre 1938, ou des sœurs Opielowski de Fort Lee (New Jersey), dont le père, vétéran de la Première Guerre mondiale, soutient leur refus au nom de leur foi.

La publication présente ces enfants comme des défenseurs de la liberté de conscience, en reproduisant un encadré qui qualifie de « patriotisme forcé » l'obligation du salut, aux côtés d'une liste de griefs visant le communisme, le fascisme et la régression des droits constitutionnels.[117] Elle critique également les méthodes coercitives employées par les écoles — amendes, expulsions, poursuites pénales contre les parents — et dénonce ce qu'elle présente comme une tension fondamentale entre les principes constitutionnels américains et les exigences des autorités locales. L'article signale en conclusion que la Cour suprême devra trancher définitivement cette question, alors que les affaires se multiplient dans plusieurs États.[118]

Le Roi du monde nouveau au temple

La publication développe une interprétation eschatologique centrée sur la seconde venue du Christ et son rôle dans l'établissement du Royaume de Dieu. L'article affirme que Jésus, bien que possédant toute autorité depuis sa résurrection, n'a pas exercé son pouvoir contre les nations gentiles avant l'expiration des « temps des Gentils », marquée par une guerre mondiale, en référence à Luc 21:24.[119] Cette période, calculée comme s'étendant sur 2 520 ans à partir de la destruction de Jérusalem en 606 av. J.-C., aurait pris fin en automne 1914, date à laquelle le Christ aurait assumé pleinement son règne, conformément aux prophéties bibliques.[120]

L'article établit un parallèle entre les événements entourant la première venue du Christ et ceux de sa seconde venue. En l'an 29, Jésus aurait été oint comme Roi lors de son baptême dans le Jourdain, puis, trois ans et demi plus tard, en 33, il se serait présenté comme Roi aux Juifs avant de purifier le temple de Jérusalem. De même, en 1914, après avoir pris son pouvoir royal, le Christ serait revenu au « grand temple spirituel de Dieu » trois ans et demi plus tard, au printemps 1918, pour y exercer un jugement et une purification.[121] Cette purification aurait visé les chrétiens professants, désignés comme l'antitype moderne de Jérusalem infidèle, et aurait été suivie par le rejet définitif de la « chrétienté » comme système religieux condamné à la destruction lors de la bataille d'Armageddon.

La publication cite plusieurs textes bibliques pour étayer cette chronologie, notamment Psaume 110:1, Hébreux 10:12-13, et Malachie 3:1-3, ce dernier décrivant l'arrivée du « Messager de l'alliance » pour purifier le temple.[122] Elle souligne que les persécutions subies par les fidèles à partir de 1918, notamment l'emprisonnement de certains et la trahison d'autres, s'inscrivent dans ce processus de jugement, conformément aux prédictions de Matthieu 24:9-13.[123] L'article présente ces épreuves comme une preuve que le Christ était alors présent pour juger et affiner ses serviteurs, préparant ceux qui seraient approuvés à offrir un « sacrifice de justice » en servant comme témoins de Jéhovah et de sa théocratie.

La publication soutient par ailleurs que la Société des Nations, une fois constituée, fut présentée par la religion organisée comme « l'expression politique du Royaume de Dieu sur terre », et que la hiérarchie catholique romaine se serait placée à la tête de ce dispositif, notamment lors de l'attaque du Japon contre la Chine, de la conquête éthiopienne par l'Italie et du renversement de la République espagnole par les fascistes et les nazis. « la religion organisée de la "chrétienté" est ainsi prouvée être un leurre et une escroquerie, vouée à la destruction éternelle lors de la bataille d'Armageddon » [124]

La moitié des produits chimiques mondiaux

La rubrique rapporte une déclaration du Dr C. M. A. Stine, faite devant un comité composé d'industriels, de scientifiques et de personnalités publiques à Miami Beach (Floride). Selon ce dernier, les États-Unis produiraient alors la moitié des produits chimiques mondiaux et seraient capables d'extraire leurs propres nitrates de l'air, de fabriquer un substitut du caoutchouc supérieur à ce dernier, ainsi que de produire du camphre synthétique.[125] La publication mentionne également le développement imminent d'une soie artificielle, le nylon, présentée comme équivalente à la soie naturelle. Ces avancées technologiques sont présentées comme des réalisations marquantes de l'industrie américaine, sans commentaire doctrinal supplémentaire.

Science

Cette section regroupe plusieurs brèves scientifiques et techniques, souvent présentées sous forme de faits isolés sans analyse approfondie.

Un métal résistant

Un métallurgiste de Pennsylvanie aurait développé un nouvel alliage composé de tungstène, de titane et de carbone, atteignant une dureté proche de celle du diamant. Cet alliage, capable de résister à des pressions de 300 000 livres par pouce carré, aurait été utilisé pour fabriquer des soupapes de pompes à pétrole profondes, démontrant une résistance exceptionnelle à l'usure.[126]

Progrès dans le traitement du pétrole

Les États-Unis auraient réalisé des progrès significatifs dans le craquage des huiles, permettant en 1938 de répondre à la demande avec moins de la moitié du pétrole brut nécessaire auparavant. La publication souligne également que des champs pétrolifères autrefois abandonnés produiraient désormais davantage de pétrole qu'à leur apogée initial, malgré les tensions géopolitiques liées à l'approvisionnement de l'Allemagne nazie.[127]

Échantillons des fonds marins

Un nouvel appareil permettrait de prélever des échantillons des fonds marins jusqu'à six miles de profondeur. Ces prélèvements révéleraient que le fond des océans recèlerait des minerais rares et d'autres ressources de grande valeur pour l'humanité.[128]

Radium et cancer

Le chirurgien londonien Sir Leonard Hill exprimerait des réserves quant à l'utilisation du radium dans le traitement du cancer. Selon lui, le radium, à une intensité suffisante pour produire un effet thérapeutique, serait toujours nocif et aurait entraîné de nombreux cas de névralgies insupportables et incurables.[129]

Le spectrographe de masse

Le spectrographe de masse, instrument scientifique permettant de peser les atomes, serait présenté comme un outil de précision capable d'analyser des quantités de gaz aussi infimes qu'une tête d'épingle. La publication précise qu'il serait utilisé pour localiser des gisements de pétrole en détectant de minuscules quantités de gaz remontant à la surface, même depuis des profondeurs de deux miles.[130]

L'évolution, une idiotie

La publication cite le Dr A. T. Schofield, qui aurait qualifié l'évolutionnisme de théorie absurde lors d'une conférence à l'Institut victorien de Londres. Selon lui, l'idée que l'homme descende du singe nécessiterait des millions d'années et cent maillons intermédiaires, dont il n'existerait aucune trace. Il affirme que la vie ne peut produire que la vie selon son espèce, depuis la création jusqu'à nos jours, et que la transformation d'une cellule vivante en corps humain requerrait l'intervention directe du Créateur à chaque étape.[131]

Les ondes sonores sautent de manière étrange

Un barographe amélioré, utilisé en Californie, aurait permis d'expliquer le phénomène des ondes sonores « sautantes ». La publication rapporte que des tirs d'artillerie peuvent parfois faire trembler portes et fenêtres à 200 miles de distance, tout en restant inaudibles à 50 miles du lieu d'origine. Ce phénomène serait attribué à la réflexion des ondes sonores sur l'anneau électrique entourant la Terre.[132]

Les lucioles brûlent du sucre

La lumière émise par les lucioles serait produite par la combustion de sucre, avec une efficacité énergétique de 97 %, soit huit fois supérieure à celle des systèmes d'éclairage artificiels les plus performants. La publication note qu'une augmentation de la quantité de sucre dans l'alimentation des lucioles intensifierait leur luminosité.[133]

Un nouvel usage pour l'argent

L'ajout de 1 % d'argent dans les aciers inoxydables aurait permis de créer de nouveaux alliages pratiquement immunisés contre la corrosion par piqûres, un défaut majeur des aciers inoxydables traditionnels.[134]

Les « âmes saintes » du Purgatoire

La publication critique vivement un livret de 24 pages publié par les Presses Paulistes, qui présente le Purgatoire comme un « royaume de ténèbres et de souffrance » où les âmes, bien que parfaites en amour pour Dieu, seraient condamnées à subir des tourments supplémentaires. L'article souligne l'incohérence de cette doctrine, qui affirme que les âmes du Purgatoire, bien que parfaites en amour, ne mériteraient pas d'en sortir, et que leurs souffrances n'auraient aucune valeur aux yeux de Dieu.[135] La publication oppose à cette vision la déclaration scripturaire selon laquelle « ni le travail, ni la raison, ni la sagesse, ni la connaissance ne se trouvent dans le séjour des morts » (Ecclésiaste 9:10, version catholique Douay), affirmant ainsi que les morts ne savent rien et que leurs pensées périssent avec eux.[136]

L'article passe en revue plusieurs versets fréquemment invoqués pour soutenir l'existence du Purgatoire et en propose une interprétation alternative, conforme à la doctrine des Témoins de Jéhovah. Apocalypse 2:28, souvent cité pour évoquer des récompenses post-mortem, est présenté comme n'ayant aucun lien avec le Purgatoire, mais se référant aux œuvres des croyants durant leur vie terrestre.[137] De même, Malachie 3:2, décrivant le Seigneur comme « un feu purificateur », est interprété comme s'appliquant au jugement actuel des chrétiens depuis 1918, et non à une purification dans l'au-delà.[138]

D'autres textes, tels que Hébreux 10:31, Matthieu 12:36, Hébreux 12:6, Luc 12:47-48, 1 Corinthiens 3:11-15, Psaume 41:2-4, et Matthieu 5:25-26, sont également analysés pour démontrer qu'ils se rapportent à des expériences terrestres et non à un état post-mortem. La publication conclut que le Purgatoire n'est mentionné nulle part dans la Bible et qu'il s'agit d'une « terrible supercherie », d'une escroquerie et d'un blasphème contre le nom de Dieu.[139]

Les yeux de La Guardia s'ouvrent

L'article relate une enquête menée par le maire de New York, Fiorello La Guardia, sur l'appartenance de policiers new-yorkais à l'organisation du « Front chrétien » du père Charles Coughlin, accusée de vouloir renverser le gouvernement américain par la violence plutôt que par les urnes. Sur 16 903 questionnaires envoyés, six policiers auraient refusé de répondre, 27 auraient admis être encore membres de l'organisation, et 407 auraient reconnu y avoir appartenu avant de s'en retirer.[140]

La publication rappelle que La Guardia avait initialement minimisé ces allégations, mais qu'il aurait finalement reconnu l'influence d'un ou plusieurs « esprits maîtres » manipulant ces jeunes hommes. Elle souligne que le maire était parfaitement conscient de l'implication de ces forces dans la tentative d'interruption d'une grande assemblée chrétienne au Madison Square Garden le 25 juin 1939, un événement largement médiatisé et dénoncé dans le numéro 4 de Kingdom News.[141] L'article critique également l'attitude des autorités new-yorkaises, qui auraient arrêté et poursuivi ceux qui avaient protégé l'assemblée, tout en omettant de sanctionner les policiers catholiques qui avaient refusé d'intervenir.

Hitler peut-il conquérir l'Amérique ?

La publication cite un article de Pierre Van Paassen, journaliste né aux Pays-Bas et sujet britannique, paru dans le magazine Liberty le 17 février 1940. Van Paassen y expose un scénario selon lequel l'Allemagne nazie pourrait conquérir les États-Unis en s'alliant avec le Japon et en s'assurant le contrôle des ressources stratégiques. Selon lui, l'Allemagne obtiendrait le blé et le pétrole dont elle a besoin de la Roumanie et de la Russie, tandis que le Japon s'emparerait des Indes orientales néerlandaises pour sécuriser ses approvisionnements.[142]

L'article décrit un plan d'invasion où les forces allemandes traverseraient les Pays-Bas et la Suisse pour conquérir la France par voie terrestre, tandis que la Grande-Bretagne serait détruite par des attaques aériennes. Le Japon et l'Allemagne détruiraient ensuite le canal de Panama, rendant le reste de la conquête aisé. La publication souligne que Van Paassen n'évoque pas explicitement le rôle de la hiérarchie catholique romaine dans ce plan, mais note que les objectifs visés — les derniers pays protestants (Pays-Bas, Suisse, Grande-Bretagne et États-Unis) — seraient précisément ceux contre lesquels se ligueraient l'Allemagne, l'Italie, la Russie et le Japon, tous bénéficiant de la sollicitude du Vatican.[143]

L'« Année sainte » japonaise

La publication dénonce l'instauration par le gouvernement japonais d'une « Année sainte » le 11 février 1940, sur le modèle de l'« Année sainte » proclamée par la hiérarchie catholique romaine en 1933 et prolongée en 1934. Elle qualifie ces années de « remplies de l'esprit du Diable » et critique l'empereur japonais pour avoir exhorté ses sujets à « répondre aux esprits divins » de ses ancêtres impériaux.[144]

L'article rappelle que, selon les Écritures, les morts ne savent rien et que ces enseignements contredisent ceux de Dieu. Il étend cette critique à d'autres figures religieuses, dont le président américain Franklin D. Roosevelt, Myron C. Taylor (représentant personnel du président auprès du pape) et le pape lui-même, tous accusés de promouvoir des doctrines mensongères.[145]

Les prêtres utilisent aussi cet argument

La publication cite un extrait de la plaidoirie de Manton devant la Cour suprême des États-Unis, dans laquelle ce dernier, condamné pour avoir vendu des décisions judiciaires à des justiciables en échange de faveurs financières, argue que sa condamnation « tend à détruire la confiance du peuple dans les tribunaux ».[146] L'article utilise cet exemple pour illustrer une logique similaire à celle des prêtres catholiques, qui chercheraient à éviter les conséquences de leurs actes en invoquant la préservation de la confiance publique dans les institutions religieuses.

Une grande publicité pour Lourdes

La publication ironise sur la publicité faite autour de la visite de Fred S. Snite Jr. à Lourdes, où ce dernier, atteint de poliomyélite et dépendant d'un poumon d'acier, aurait été immergé dans l'eau froide pendant une demi-heure. L'article souligne que cette publicité aurait été bien plus grande si Snite avait été guéri, ce qui n'aurait pas été le cas.[147]

La publication affirme que les journaux se seraient contentés de rapporter que Snite avait trouvé « paix et force spirituelle », une formulation jugée évasive. Elle conclut que si Dieu guérissait réellement à Lourdes, personne n'y arriverait en tant qu'infirme pour en repartir dans le même état, et que le Seigneur n'agirait pas de cette manière.[148]

« Approuvé en principe »

La publication dénonce l'envoi par le président Franklin D. Roosevelt de Myron C. Taylor comme ambassadeur personnel auprès du pape, une décision qualifiée d'union effective entre l'Église et l'État. Elle rappelle que Taylor est rémunéré sur des fonds publics et que Roosevelt avait précédemment assuré aux représentants baptistes, luthériens et adventistes du septième jour qu'il approuvait en principe leur opposition à une telle union.[149] L'article qualifie cette déclaration de « démagogie jésuitique », comparant Roosevelt à un marchand frauduleux qui affirmerait approuver en principe le poids de seize onces à la livre tout en continuant à tricher sur les mesures.[150]

La Madone de Bourguillon

La publication évoque la vénération de la « Madone de Bourguillon » en Suisse, une figure à laquelle le « Très Révérend » évêque de Genève aurait adressé une prière solennelle. Ce dernier aurait imploré la protection de la Madone pour le pays, lui promettant une fidélité absolue et lui consacrant les vivants, les morts, les familles, les paroisses et l'armée, qualifiée de « sentinelle de notre indépendance et de notre liberté ».[151] L'article souligne que cette pratique de prier des femmes est répandue et s'inscrit dans une critique plus large des doctrines catholiques.

Comment cela se fait-il ?

La publication cite une dépêche de Washington indiquant que 98 % des employés blancs des abattoirs de Chicago seraient membres de l'Église catholique. Elle s'interroge sur cette disproportion, alors que seulement 20 % de la population américaine serait catholique, et souligne l'ironie de voir des personnes s'abstenant de manger de la viande le vendredi détenir un quasi-monopole sur la préparation de cette même viande pour les autres.[152]

Coughlin perd de son influence

L'article relate le déclin d'influence du père Charles Coughlin, autrefois présenté par ses partisans comme le « Sauveur de l'Amérique ». La publication rappelle que ses partisans avaient autrefois la capacité d'inonder le Congrès de télégrammes et de lettres pour influencer la législation, mais que cette stratégie aurait échoué lors de la dernière tentative concernant la question de l'embargo, où l'impact des télégrammes aurait été quasi nul.[153]

Le « Front chrétien » de Coughlin

La publication cite un article du 31 juillet 1939 paru dans le journal Social Justice de Coughlin, où ce dernier annonçait sous des manchettes sensationnelles que le « Front chrétien » étendait son combat à davantage d'États. Dans le numéro du 7 août suivant, Coughlin aurait exhorté ses lecteurs en ces termes : « La place qui vous revient, en tant que chrétien, est sur le Front chrétien ».[154] L'article mentionne également une admission parue dans The Commonweal, un hebdomadaire catholique, selon laquelle Coughlin, The Brooklyn Tablet, Social Justice et leurs nombreux partisans et sympathisants porteraient la responsabilité directe de la situation de dix-sept jeunes hommes.[155]

Aucun dehors et aucun dedans

La publication cite The Brooklyn Tablet comme source affirmant que, en quatre siècles d'existence, l'Église protestante n'aurait produit aucun « saint » dans aucune de ses branches, et que cette situation perdurerait encore quatre cents ans si elle existait toujours, car l'Église catholique détiendrait un monopole sur les « saints ».[156]

Qu'est-ce que c'est ?

L'article relate une série d'anecdotes concernant le pape, présentées comme des pertes d'objets personnels. La première concerne la disparition d'un bouton de manchette, qui aurait été ramassé par un dévot avant d'être remboursé anonymement par l'envoi d'un billet de 1 000 lires (soit 52,62 dollars). La seconde anecdote évoque la perte de l'« Anneau du Pêcheur », qui serait tombé dans la main d'un autre dévot ayant embrassé la main du pape. Ce dernier l'aurait rendu quelques minutes plus tard.[157]

Repentir en plein vol

La publication cite un récit paru dans The London Catholic Universe concernant le « Curé d'Ars ». Ce dernier aurait affirmé à une femme dont le mari s'était suicidé que ce dernier avait eu le temps de se repentir entre le sommet du pont d'où il avait sauté et l'eau dans laquelle il s'était jeté, lui permettant ainsi d'accéder au Purgatoire. Le prêtre aurait expliqué que c'était la « Très Sainte Vierge » qui avait arrangé cette situation pour le suicidé, et que la femme n'aurait qu'à payer la somme appropriée pour faciliter son sort.[158]

L'éditeur honnête démissionne

La publication présente le cas du Dr Salvador Martinez Lovo, rédacteur en chef de l'hebdomadaire catholique salvadorien A Criterio, qui aurait démissionné de son poste plutôt que de publier les mensonges de prêtres italiens et espagnols ayant insisté pour que le journal justifie le comportement de l'Allemagne en Pologne. L'article y voit la démonstration que le Vatican aurait été réellement derrière l'accord Hitler-Staline visant à diviser la Pologne.[159]

Republié à la demande

La publication reproduit un extrait d'un discours d'Abraham Lincoln, seizième président des États-Unis, initialement paru dans le numéro 28 de L'Âge d'Or du 13 octobre 1920. Lincoln y décrit l'Église de Rome comme un danger pour les nations libres, la comparant soit à un poignard visant leur cœur, soit à un boulet à leurs pieds, paralysant leur progression dans les domaines de la civilisation, de la science, de l'intelligence, du bonheur et de la liberté. Il prédit l'avènement d'un cyclone dévastateur, précédé d'éclairs et de tonnerre, qui balayerait à jamais le papisme, les Jésuites et l'Inquisition de leur pays.[160]

Au bord d'un cimetière français pour catholiques pauvres. Cherche père ou mère.

Les écoles publiques de l'Ontario

La publication cite The Roman Catholic Canadian Freeman, qui aurait critiqué le système des écoles publiques de l'Ontario, le qualifiant de « tout à fait erroné » et responsable de la formation d'« hordes d'infidèles » et de la perte des âmes d'innombrables enfants. L'article mentionne également des statistiques publiées en 1933, selon lesquelles, en proportion de la population, trois fois et demie plus d'enfants formés dans des écoles catholiques auraient été traduits devant les tribunaux pour mineurs que ceux d'autres confessions. En Ontario, cette proportion aurait été presque cinq fois plus élevée pour les incarcérations.[161]

Toujours l'épouvantail

L'article cite un extrait du London Catholic Herald dans lequel l'auteur, F.R. Hoare, s'interroge sur la nécessité de continuer à combattre jusqu'à ce qu'une Allemagne prostrée serve de paillasson au bolchevisme pour marcher vers le Rhin et les Alpes. Il évoque la possibilité d'une « Confédération catholique » s'étendant de la Rhénanie aux Carpates, alliée à une Italie, une Espagne et un Portugal catholiques, et même à une France dirigée à nouveau par des catholiques. Hoare se demande si un miracle supplémentaire pourrait amener la Grande-Bretagne à soutenir, sinon à rejoindre, une telle ligue contre l'athéisme d'État.[162]

« Tact suprême »

La publication cite un autre extrait du London Catholic Herald, dans lequel l'auteur expose les lignes directrices d'un règlement européen où les grandes puissances exerceraient une influence proportionnelle à leur force, leur culture et leur territoire, tandis que les petites puissances bénéficieraient d'une indépendance maximale et d'une protection authentique contre leurs voisins plus puissants. L'article souligne que l'invasion de la Russie aurait modifié la situation et que l'Europe devrait rapidement trouver un moyen de régler ses problèmes et de s'unir sur une base réaliste. L'auteur insiste sur la nécessité d'aider l'Allemagne plutôt que de l'entraver, tout en reconnaissant que cela requerrait un « tact suprême ».[163]

Campagne contre la liberté d'expression

La publication dénonce une campagne menée par la hiérarchie catholique romaine contre la liberté d'expression aux États-Unis, en citant un projet de loi introduit dans le Massachusetts par un certain Flaherty. Ce projet visait à annuler la citoyenneté et à expulser les citoyens naturalisés qui conseilleraient, soutiendraient ou seraient membres de toute organisation prônant des principes de gouvernement fondés en tout ou en partie sur l'opposition ou la discrimination envers des individus en raison de leur credo religieux. L'article souligne que si ce projet de loi avait été adopté, toute personne s'opposant à ce que des individus enseignant le droit de tuer ceux qui prêchent différemment occupent des fonctions publiques aurait pu être punie en vertu de cette loi.[164]

L'hypocrisie parfaite

L'article relate une saisie de littérature par le cardinal Villeneuve et la police du Québec, qualifiée de « guerre contre ce qu'ils appellent le communisme ». Lors de cette opération, 489 évangiles en français, 24 évangiles en anglais, une Bible française, un Nouveau Testament français, un dictionnaire anglais-français, 20 tracts en français et un livre de chants en anglais auraient été confisqués à leur propriétaire. La publication dénonce cette action comme une tentative d'empêcher les gens d'apprendre la vérité, de peur que leur « racket » ne s'effondre.[165]

La perte du racket

La publication raconte l'histoire d'une femme décédée après avoir quitté la secte catholique romaine depuis sept ans. Ses proches auraient tenté de récupérer son corps pour l'enterrer en terre catholique, invoquant un prétendu document signé par la défunte avant sa mort. Ils espéraient ainsi obtenir les revenus habituels pour l'Église. Cependant, le mari aurait appelé la police, forçant les proches à battre en retraite. Les funérailles et l'inhumation auraient été conduites selon ses souhaits.[166]

Propagande du Vatican en Grande-Bretagne

L'article évoque une rumeur selon laquelle l'Allemagne, ou du moins la Westphalie et éventuellement les provinces rhénanes, serait sur le point d'avoir un monarque catholique qui construirait une Allemagne nouvelle et plus authentiquement « grande ». Cette idée serait soutenue par des personnes ayant lu, au risque de sévères punitions, une circulaire récemment diffusée dans l'ouest du Reich. Cette circulaire contiendrait un ensemble de vers initialement publiés par le monastère de Kollin, dans le Brandebourg, au douzième siècle. Ces vers prophétiques annoncent qu'à la fin des temps, une grande guerre éclatera, que le Kaiser quittera le pays, et qu'un homme issu des rangs humbles de la vie s'élèvera à la plus haute position, accumulant succès après succès. L'Allemagne serait alors connue sous le nom de « Grande Allemagne », et il n'y aurait presque plus de Juifs dans le pays. Lorsque ce dirigeant atteindrait le sommet de son pouvoir, il accomplirait un acte déclenchant une nouvelle guerre mondiale, à l'issue de laquelle la Grande Allemagne serait anéantie. Par la suite, une nouvelle petite Allemagne émergerait sous un monarque catholique, réalisant une véritable grandeur. Le pape, qui aurait beaucoup œuvré pour la cause de la paix, ne régnerait pas longtemps et quitterait Rome sous la pression des circonstances.[167]

L'Inquisition espagnole progresse

La publication dénonce les méthodes de l'Inquisition espagnole sous le régime de Franco, qui aurait contraint toute personne loyale à la République espagnole et ayant servi dans l'armée espagnole à comparaître devant un tribunal militaire pour expliquer sa loyauté. Cette règle s'appliquerait également aux fonctionnaires et même aux concierges d'immeubles. L'article souligne que les lâches dénonceraient les autres, obtenant ainsi des résultats conformes aux souhaits d'Hitler. Il mentionne également que l'Espagne souffrirait d'une pénurie de blé, d'huile d'olive, de légumes secs et de sucre, qui constituent les principaux aliments du peuple.[168]

L'extinction de l'humanité

La publication décrit les horreurs de la guerre moderne, où les jeunes hommes seraient arrachés à leurs proches pour être envoyés dans des zones de combat où les baïonnettes brillent, les canons tonnent, les balles sifflent, les chars écrasent, les bombes explosent et les gaz s'infiltrent dans les tranchées. Les corps seraient déchiquetés, les entrailles arrachées, les os brisés, les mâchoires détruites, les intestins déchirés, les visages mutilés, les gorges tranchées, les yeux crevés, les oreilles rendues sourdes, les têtes décapitées, les cerveaux éclatés, les bras et les jambes arrachés, et les corps réduits en morceaux. Des milliards de mouches infesteraient les cadavres gonflés et putréfiés des jeunes hommes qui, quelques jours auparavant, étaient les fleurs de l'humanité.[169]

L'article poursuit en décrivant les souffrances des femmes à l'arrière, contraintes de soigner les blessés, d'envelopper des moignons tremblants, de retirer des bandages d'orbites vides, de nettoyer des entrailles mêlées de boue et de sang, de sentir l'odeur nauséabonde de la gangrène, de voir des jeunes hommes suffoquer avec des poumons rongés par les gaz, d'entendre les cris de ceux dont les visages et les corps sont brûlés par le feu, et de savoir que certains survivront pour endurer une mort vivante. La publication dénonce également le rôle du clergé, qui prêcherait des sermons « éloquents » sur « l'honneur et la gloire de la guerre », parlerait de « privilège béni » de donner sa vie pour ses amis, et de la « joie » d'être un tueur chrétien dans l'armée du Seigneur. Elle qualifie les prières pour la victoire et le carnage de « blasphème horrible » envers le Dieu de la vie.[170]

Illustration intitulée « Blackout » accompagnant l'article sur l'extinction de l'humanité.

L'activité commerciale réduite de moitié

La publication rapporte que l'activité commerciale normale aurait été réduite de moitié avec le déclenchement de la nouvelle guerre. Elle s'appuie sur le fait qu'avant la guerre, les États-Unis envoyaient 11 600 sacs de courrier en Europe chaque semaine, contre seulement 6 600 sacs après le début des hostilités.[171]

« Promotion de 1940 »

L'article évoque une caricature publiée en 1919 dans le London Daily Herald par le dessinateur Will Dyson. Cette caricature représentait les quatre grands hommes d'État émergeant de Versailles, avec un enfant marqué « Promotion de 1940 » pleurant amèrement derrière une porte. La publication présente cette caricature comme une prédiction avérée.[172]

Épingler la médaille sur Coughlin

La publication cite une lettre publiée dans le Atlantic City Press, signée par un certain « Non-Partisan », qui se présente comme un Juif fier de l'être. L'auteur affirme que la religion cherche à servir et à plaire aux hommes, tandis que le christianisme cherche à plaire à Dieu. Il dénonce la situation à Jersey City et dans les villes voisines, où un « dictateur moderne » instruirait ses magistrats, qui agissent sous ses ordres et doivent obéir sous peine de perdre leur emploi. Selon lui, aucun chrétien, aucun Témoin de Jéhovah ne pourrait aller de lieu en lieu pour inviter les gens à une réunion publique sans risquer l'arrestation, tandis qu'un communiste aurait autant le droit à la liberté d'expression qu'un orateur religieux ayant causé tant de dommages par ses divagations que de nombreuses grandes chaînes de radio refuseraient de lui accorder du temps d'antenne.[173]

La vingt-huitième victime du radium meurt

La publication rapporte que le radium ne serait pas un remède contre le cancer ou toute autre maladie, comme en témoigneraient les terribles destins des jeunes femmes ayant peint des cadrans au radium entre 1917 et 1925. Toutes seraient soit mortes, soit mourantes. La vingt-huitième victime serait récemment décédée à Hillside. Ces femmes auraient reçu 10 000 dollars en espèces, une pension annuelle de 600 dollars et une allocation médicale annuelle de 600 dollars, tout en étant informées qu'il n'y aurait aucun espoir pour elles.[174]

Travail insolite dans la fabrication d'instruments

L'article relate le travail de Mary Pfeifer, une habitante de Hoboken, qui aurait enroulé des fils d'araignée pendant cinquante ans pour la fabrication de télescopes de sondage. Les meilleurs fils proviendraient d'araignées capturées dans les champs, les granges et les porcheries, tandis que l'araignée domestique ne produirait pas un fil suffisamment fin ou élastique pour ce travail. Chaque araignée ne serait utilisée qu'une seule fois, car elles refuseraient de manger en captivité.[175]

Loterie du gouvernement italien

La publication dénonce la loterie du gouvernement italien, qui collecterait environ 2 500 000 dollars par an aux États-Unis, malgré l'illégalité des loteries dans ce pays et leur exclusion du système postal. L'article précise que le bureau principal de la loterie en Amérique, qui se trouvait à Newark, avait découvert qu'il allait devoir payer 400 000 dollars en une semaine, ce qui aurait conduit à un raid policier organisé au moment opportun, permettant ainsi de ne pas honorer les paris de la semaine en question.[176]

Trop près de WBBR

L'article raconte l'histoire d'un ministre qui, vivant trop près de la station de radio WBBR pour gagner sa vie avec son ancien « racket religieux », aurait abandonné cette activité pour travailler au sein de la Works Progress Administration (WPA). Il aurait ensuite disparu de son domicile, et sa femme aurait signalé les faits à la police. Le sergent de garde aurait alors demandé si elle était très anxieuse de retrouver son mari, ce à quoi elle aurait répondu de manière surprenante qu'elle ne se souciait pas particulièrement de son retour, mais qu'elle voulait récupérer la bicyclette qu'il avait utilisée pour partir, lui ayant permis de perdre du poids, passant de 300 à 180 livres, et qu'elle avait encore à maigrir. Cet incident se serait produit à Bayonne.[177]

Les McFeely bons les uns envers les autres

La publication relate les pratiques népotiques des McFeely à Hoboken. Le maire McFeely attribuerait systématiquement le contrat de collecte des cendres et des ordures à la société James J. McFeely, Inc., dont son frère serait le président. Sa sœur, Mary McFeely, en serait la trésorière, et son neveu, Joseph B. McFeely, le directeur. Un autre frère, Edward McFeely, serait le chef de la police et aurait trois neveux au sein de la police : Bernard McFeely (capitaine), Dennis McFeely et Edward McFeely (lieutenants).[178]

À cinq pieds de la mort

L'article relate l'histoire d'un lion échappé de sa cage à Wildwood, où il avait passé l'été à se produire dans un numéro de motocyclette en side-car. Le lion aurait tué un vendeur japonais sur le point de monter dans sa voiture, puis se serait caché pendant deux heures avant de charger un policier. Ce dernier, armé seulement d'un pistolet, aurait tiré une balle dans l'œil droit du lion à cinq pieds de distance, le tuant sur le coup.[179]

Le Sud-Ouest

Tarifs électriques élevés au Texas

La publication dénonce les disparités tarifaires de l'électricité au Texas, où les foyers équipés d'un réfrigérateur et d'une radio paient entre 2,50 et 5,00 dollars par mois. À Austin, le coût moyen est de 8 à 9 cents par kilowatt-heure selon le docteur Miller, du département de physique de l'université du Texas, tandis que dans des villes comme San Marcos, il atteint 15 à 20 cents, voire davantage. Les industries bénéficient de tarifs réduits, ce qui alourdit la facture des particuliers. La construction de barrages gouvernementaux le long du Colorado, capables de fournir une énergie bon marché, est bloquée par les trusts énergétiques « que les trusts ne permettent pas ».[180]

Gardien de prison clément au Texas

Un incident survenu dans une prison du Texas est rapporté : huit détenus s'évadent de la prison d'Eastham. Deux d'entre eux sont rattrapés par les gardiens, mais malgré leurs supplications et le fait qu'ils étaient désarmés, Rob Parker, un gardien, les abat froidement. Le shérif Archie Maple, témoin de la scène, révèle les faits publiquement. La publication souligne que les meurtres commis par des agents en uniforme aux États-Unis restent généralement impunis, affirmant que « quiconque porte un uniforme peut commettre un meurtre avec la quasi-certitude de ne subir aucune punition sérieuse ».[181]

Travail forcé dans le coton à Gonzalez

À Gonzalez, au Texas, des individus qualifiés d'anarchistes par la publication, dont le shérif adjoint Wallace Ray décrit comme leur chef, expulsent des recruteurs cherchant à embaucher des cueilleurs de coton. Le bureau du shérif impose ensuite un décret obligeant tous les chômeurs à travailler dans les champs de coton. La justification avancée est la nécessité de sauver la récolte, mais l'article y voit une tentative de « rétablir l'esclavage » sous la contrainte armée.[182]

Violences dans une prison pour enfants au Kansas

La publication relate des abus dans le centre de détention pour mineurs de Beloit, au Kansas. Une fillette de neuf ans, condamnée pour avoir falsifié un chèque, est battue, enfermée dans un cachot, puis stérilisée. Soixante-et-une autres jeunes filles subissent le même sort pour des infractions aux règles de la prison. L'article dénonce ces pratiques comme une violation grave des droits humains.[183]

Fraude électorale à Kansas City

Lors de l'élection présidentielle de 1936, un partisan du New Deal à Kansas City vote 298 fois, tandis qu'un autre remplit successivement 20 puis 14 bulletins. Un capitaine de circonscription ordonne aux responsables du scrutin d'attribuer une soixantaine de bulletins aux républicains et de revendiquer le reste comme démocrates. Le procureur Milligan, qui révèle ces fraudes, est menacé de perdre son poste. L'article critique ironiquement l'impunité dont bénéficie « un patriote du New Deal » qui bourre les urnes pour s'assurer de l'approbation de sa politique.[184]

Commentaires britanniques

L'article, signé par J. Hemery de Londres, analyse les réactions de l'Église d'Angleterre face au spiritisme. Trois ans plus tôt, des centaines de membres du clergé, séduits par le spiritisme, avaient été victimes de ses pièges. L'archevêque de Canterbury avait alors constitué un comité d'enquête sur le spiritisme, lequel avait travaillé deux ans avant de remettre ses conclusions. Mais les deux archevêques et vingt-quatre évêques qui examinèrent ces résultats décidèrent de ne pas les publier. La publication interprète cette décision comme la preuve que ces dirigeants religieux « sont tombés sur quelque chose dont ils ne veulent pas parler ».[185]

L'auteur souligne que l'Église catholique romaine, bien qu'opposée au spiritisme en conformité avec les Écritures, le fait par intérêt doctrinal : si les morts pouvaient communiquer avec les vivants, le dogme du purgatoire s'effondrerait, privant l'Église de l'une de ses sources de revenus les plus lucratives. L'Église d'Angleterre, quant à elle, est décrite comme désorientée, ses dirigeants allant chercher leur inspiration auprès d'esprits qui « murmurent et marmonnent », contrairement à l'instruction des Écritures citée en Isaïe 8:19. La publication dénonce également les manipulations des Écritures par les grandes Églises, qui sélectionnent les passages pour soutenir leurs dogmes, et cite l'exemple d'un responsable ecclésiastique avouant ne pas savoir comment présenter la Trinité comme une vérité révélée.[186]

La romanisation de l'Angleterre

L'article dénonce les efforts de la hiérarchie catholique romaine pour étendre son influence en Angleterre. La situation troublée de l'Europe en temps de guerre est présentée comme une opportunité que le Vatican entend exploiter. Le pape a ordonné des prières pour la conversion de l'Angleterre et la Vierge Marie est spécialement invoquée à cette fin. La publication critique particulièrement le culte marial, qualifié de mariolatrie, et rappelle que ce dogme avait été solidement implanté en Angleterre sous la domination papale avant la Réforme. Les journaux catholiques mènent une « campagne systématique organisée pour que chaque maison soit visitée », avec distribution de tracts présentés comme neutres mais visant à ramener l'Angleterre dans le giron de Rome.[187]

L'article distingue les Témoins de Jéhovah des protestants, les présentant comme les seuls véritables témoins de la vérité divine face à cette entreprise, et comme les seuls à susciter la colère des hiérarchies dans les divers pays. Leur témoignage, fondé sur les Écritures, s'oppose aux dogmes trinitaires et à l'immortalité de l'âme, qualifiés de « chef-d'œuvre de tromperie de Satan ».[188]

Renouvellement de l'attaque

La publication répond à une réimpression d'un pamphlet des Plymouth Brethren attaquant les écrits de la Watch Tower Bible and Tract Society. L'auteur du pamphlet accuse la Société de dénigrer la personne de Jésus-Christ, de nier sa résurrection et de le réduire à un simple magicien trompant ses disciples, tout en qualifiant les publications de la Société de « contrefaçon vicieuse » et d'un amalgame de toutes les hérésies ayant attaqué le véritable évangile. La publication qualifie ces accusations de mensongères et malveillantes, soulignant que les Témoins de Jéhovah suivent fidèlement les enseignements du Christ.[189]

L'article retrace brièvement l'histoire des Plymouth Brethren, nés à Plymouth dans le Devon parmi des hommes qui avaient clairement vu que le sacerdoce des Églises était contraire au but du Christ et aux exemples des apôtres, mais qui ont conservé l'orthodoxie de ces systèmes et s'en sont faits les champions, notamment pour les dogmes de la Trinité, de l'immortalité humaine et de la damnation éternelle. Chaque dimanche soir, leurs prédications insistent sur la damnation éternelle des non-croyants, doctrine que la publication déclare étrangère au message du Christ et sans fondement dans les Écritures, les apôtres ne l'ayant jamais prêchée. Elle renvoie à Jérémie 19:5 pour condamner l'énormité de ce blasphème, et souligne que le pamphlétaire n'hésite pas, en s'appuyant sur 2 Pierre 2:1, à qualifier le témoignage rendu à l'honneur de Jéhovah de « hérésie damnable », conformément à leur usage habituel de ce texte lorsqu'ils veulent frapper fort. L'article conclut sur un récit illustrant la proximité paradoxale entre catholiques romains et Plymouth Brethren : un prêtre catholique, apprenant qu'un homme a rejoint les Plymouth Brethren, s'exclame « Dieu soit loué, il n'est pas loin de nous. » — ce que la publication commente comme parlant de lui-même. La publication rappelle que c'est le témoignage selon Matthieu 24:14 qui doit être donné dans les derniers jours.[190]

Divers

Tuberculose au Pays de Galles

Un rapport du ministère de la Santé révèle des conditions sanitaires déplorables au Pays de Galles, décrites comme pires à certains égards que celles des quartiers indigènes de Shanghai. Les maisons traditionnelles celtiques, dont les murs ne dépassent pas 2,40 mètres à la hauteur des avant-toits, sont divisées en deux pièces par une mince cloison. Les malades de la tuberculose sont souvent relégués dans un grenier étouffant, impropre à toute désinfection, et après leur mort les lits sont réoccupés sans assainissement préalable, « dans des conditions étouffantes jusqu'à ce qu'ils meurent », y compris par de jeunes enfants. L'article cite le London Daily Express comme source.[191]

Augmentation de la demande en fourrures

Londres, devenu le centre mondial du commerce des fourrures, constate une hausse spectaculaire de la demande. Le nombre de peaux de renard proposées est passé d'environ 96 000 il y a dix ans à près d'un million en 1939. La publication attribue cette tendance au fait que « le chauffage central a supprimé les sous-vêtements épais, et les automobiles ont rendu nécessaires des vêtements de dessus chauds », entraînant une hausse des ventes de fourrures au détriment des sous-vêtements.[192]

Découverte de perles dans une huître

Un homme nommé George R. Shaw, de Stanhope, paie 65 cents pour un dîner comprenant des huîtres. Dans la première huître qu'il ouvre, il trouve onze perles. Il refuse une offre de 165 dollars pour trois d'entre elles, illustrant un coup de chance exceptionnel « a payé 65 cents pour » un repas qui s'avère une aubaine considérable.[193]

Le charbon de Pittsburgh contient moitié d'huile

Des expériences montrent que le charbon mou de Pittsburgh « est à moitié constitué d'huile », et qu'il est possible d'extraire une tonne d'huile à partir de deux tonnes de charbon. Cependant, le procédé est jugé trop coûteux pour être rentable à cette époque.[194]

Pourquoi tant de réfugiés ?

La publication explique l'augmentation du nombre de réfugiés dans le monde par l'oubli de Dieu et la soumission aux démons, en citant Psaume 9:17 : « Les méchants seront précipités dans le shéol, toutes les nations qui oublient Dieu. » Elle annonce que les dictateurs impies seront bientôt renversés et que « les RÉFUGIÉS doivent maintenant fuir vers le Seigneur et le servir », trouvant ainsi protection et vie. La section se conclut par un coupon permettant au lecteur de recevoir pour cinq cents un exemplaire de la brochure Réfugiés de Joseph Rutherford, dont l'encart reproduit de larges extraits pour illustrer le propos théologique de la publication.[195]

« Bataille de Siège » — Témoignage d'avril

La publication annonce une campagne spéciale de témoignage pour le mois d'avril, centrée sur la diffusion de La Tour de Garde, du livre Salut et de la brochure Réfugiés. Cette initiative, intitulée « Bataille de Siège », vise à toucher des milliers de personnes quotidiennement en leur offrant l'opportunité de découvrir le gouvernement théocratique. Les éditeurs de la théocratie de Jéhovah sont encouragés à redoubler d'efforts pour distribuer La Tour de Garde durant cette période, « Des milliers de personnes quotidiennement entendent, lisent et apprennent » les enseignements véhiculés par cette revue et les publications associées.[196]

Pour promouvoir cette campagne, la Société Watch Tower propose une offre spéciale : un abonnement annuel à La Tour de Garde, qui paraît deux fois par mois, accompagné gratuitement du livre Salut et de la brochure Réfugiés de Joseph Rutherford, le tout pour un dollar (1,50 dollar en dehors des États-Unis). Cette offre est présentée comme une occasion unique d'accéder à « un trésor de connaissances » essentielles pour échapper aux désastres imminents et comprendre la situation des réfugiés dans le monde. Les lecteurs de Consolation et de La Tour de Garde sont invités à profiter de cette offre et à participer à la diffusion du message de la théocratie, « en faisant la publicité de LA THÉOCRATIE, le plus grand gouvernement sur terre ».[197]

Deux coupons sont reproduits en bas de page pour faciliter la souscription ou la prise de contact avec les Témoins de Jéhovah locaux. Le premier permet au lecteur de demander à être mis en relation avec la congrégation la plus proche ou, à défaut, de recevoir des informations sur la manière de devenir éditeur du gouvernement théocratique. Le second permet de souscrire à La Tour de Garde pour un an et de recevoir gratuitement le livre Salut et la brochure Réfugiés, « en s'abonnant pour un an » moyennant un dollar (ou 1,50 dollar pour les pays hors des États-Unis).[198]


Illustrations du numéro

Références

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