Annuaire des Témoins de Jéhovah (1941)
Autres actions
Cet annuaire couvre l'exercice 1940, rapportant les activités de la Société Watch Tower dans plusieurs dizaines de pays répartis sur tous les continents. Il s'ouvre sur une longue introduction doctrinale consacrée à la théocratie — la souveraineté de Jéhovah exercée par Christ Jésus —, puis développe le rapport mondial d'activité : chiffres de proclamateurs, heures de prédication, distributions de publications, conventions tenues et situations légales, avec un traitement pays par pays allant des États-Unis à la Grande-Bretagne, à l'Afrique australe, à l'Australasie, à l'Amérique latine, à l'Europe continentale, à l'Asie et aux Antilles. Il se clôt par les textes bibliques quotidiens et leurs commentaires pour l'année 1941, précédés du procès-verbal de l'assemblée annuelle du 1er octobre 1940 et du texte annuel retenu pour l'année.
La partie doctrinale introductive occupe une place inhabituellement développée : elle expose la structure théocratique du mouvement — fondements scripturaires de l'autorité divine, nature et mission du Fils, rôle des corporations juridiques, modalités de la prédication — en les articulant au contexte de persécution qui marque l'année. Les rapports nationaux documentent des situations de grande disparité : prédication libre et croissance soutenue dans plusieurs pays, mais interdictions légales, arrestations, procès et violences signalés notamment au Canada, en Grande-Bretagne, en Europe centrale et en Amérique latine.
L'ensemble du volume reflète le fonctionnement centralisé du mouvement à cette période : les filiales rendent compte à Brooklyn selon un format standardisé de statistiques de prédication, et la direction interprète chaque restriction légale comme une confirmation des prophéties scripturaires sur la persécution des serviteurs de Jéhovah. La présence simultanée du rapport administratif mondial et du calendrier dévotionnel quotidien — deux registres que l'annuaire articule sans les séparer — illustre la manière dont l'organisation structure le temps de ses membres autant qu'elle coordonne leur activité.
Analyse
Croyances
Un gouvernement divin qui délégitime toute autorité humaine
L'ouverture doctrinale de l'annuaire pose la théocratie comme forme de gouvernement absolue et immuable, Jéhovah étant désigné « grand Théocrate » et Christ Jésus « Roi et Officier Exécutif ».[1] Ce vocabulaire n'est pas décoratif : la formule d'« officier exécutif de Jéhovah » appliquée au Christ circule dans les publications de la même période, où elle sert également à justifier qu'un culte lui soit rendu en tant qu'image expresse du Père.[2][3] La théocratie ainsi définie fonctionne moins comme une affirmation de souveraineté que comme un principe de délégitimation : si toute autorité procède exclusivement de Jéhovah par son Roi, aucun pouvoir humain ne peut prétendre à une légitimité dérivée.
La clé juridique de cette délégitimation est explicitement rappelée dans les textes quotidiens : le 5 juin désigne 1928 comme l'année où le reste fidèle aurait appris que les « autorités supérieures » de Romains 13:1 ne sont pas les gouvernements politiques mais Jéhovah et le Christ.[4] Cette lecture, formulée dans La Tour de Garde des 1er et 15 juin 1929, renverse la position de Russell, qui identifiait ces autorités aux gouvernements civils.[5] Le texte du 5 mai en tire la conséquence maximale en rangeant les « Autorités Supérieures » du côté des exécuteurs d'Harmaguédon, chargées d'anéantir toutes les formes de gouvernement humain.[6]
De ce déplacement découlent les conduites de rupture documentées dans les rapports par pays. La déclaration de neutralité publiée en Grande-Bretagne le 15 novembre 1939, fondée sur Jean 17:16 et distribuée à l'ensemble des parlementaires, précède de peu l'article « Neutralité » de La Tour de Garde du 1er novembre 1939 qui formalise la doctrine pour l'Europe occidentale à la veille de l'effondrement des démocraties continentales.[7][8] La résolution suisse adoptée au lendemain du Mémorial et diffusée à 100 000 exemplaires auprès des parlementaires, tribunaux et autorités cantonales, invoque Actes 5:29 pour affirmer une neutralité absolue envers tout régime, communiste, fasciste ou national-socialiste.[9] Le refus du service militaire aboutit à des exécutions capitales à Salzbourg et à la décapitation de l'ancien inspecteur de police Lengauer à Berlin le 16 novembre 1939, tandis qu'au Canada les enfants refusant le salut au drapeau exposent leurs parents à des poursuites pour appartenance à une organisation illégale.[10] Ces poursuites se déroulent dans le sillage immédiat de l'arrêt Minersville School District v. Gobitis du 3 juin 1940, par lequel la Cour suprême des États-Unis validait à huit voix contre une l'exclusion scolaire des enfants Gobitis.[11]
Le versant interne de ce principe est le rejet de toute captation humaine de la gloire divine. Le texte du 12 juillet date de 1926 la révélation de la « folie » du développement de caractère[note 1], tandis que celui du 12 novembre avertit que ceux qui, avant 1918, continuèrent à regarder un homme comme leur chef et enseignant sont « certains d'être maintenant dans les ténèbres ».[12] La section sur l'origine du nom précise que Russell n'a jamais prétendu avoir de disciples et refusait l'appellation de « Russellites », et va jusqu'à qualifier de blasphème l'attribution à un homme du rôle de fondateur des Témoins de Jéhovah.[13] La même exigence anti-personnaliste qui justifie le refus du salut au drapeau à l'extérieur interdit à l'intérieur qu'un fondateur humain soit reconnu.
Deux organisations rivales et l'impossibilité d'un tiers
Le texte du 2 février expose l'organisation de Satan comme une contrefaçon structurée de celle de Jéhovah : Gog y occupe la place analogue à celle du Christ, les mauvais anges celle des anges, et des représentants terrestres complètent le dispositif.[14] Cette symétrie transforme la définition de la religion en conséquence logique plutôt qu'en invective isolée : dès lors que le culte des démons dispose de sa propre structure hiérarchique, la religion peut être définie comme « le fait de faire quoi que ce soit à l'encontre de la volonté de Dieu Tout-Puissant » et le christianisme comme son exact opposé.[15] La rupture terminologique religion/christianisme, introduite par Rutherford à la fin de 1936, atteint ici son plein développement doctrinal : le texte du 31 mai déclare les deux réalités « séparées et en complète opposition », et celui du 8 mars identifie la religion à l'adoration des démons.[16]
L'année 1940 donne à cette opposition sa formulation publique la plus massive. Le livre Religion, présenté par surprise à la convention de Detroit le 28 juillet, est expédié à 923 926 exemplaires en deux mois seulement, et le discours « La Religion comme remède mondial »[note 2] prononcé à cette occasion est qualifié de meilleur enregistrement jamais réalisé.[17] Le slogan selon lequel la religion est « une fraude, un piège, une escroquerie »[note 3] circule jusque dans les marches d'information du Nigeria, où il est désigné comme « la méthode la plus bruyante » de proclamation malgré le caractère silencieux du défilé.[18]
Dans cette architecture, la chrétienté occupe la position la plus coupable parce qu'elle usurpe le nom divin. Le texte du 11 août l'identifie explicitement à la Babylone moderne d'Apocalypse 18:2, « demeure de démons et repaire de tout politicien corrompu », et celui du 1er novembre lui reproche de reproduire la doctrine babylonienne de l'immortalité de l'âme.[19] Le texte du 14 juillet en tire le principe de gradation : c'est dans la chrétienté « que la plus grande quantité d'hypocrisie a été pratiquée », d'où le jugement le plus sévère.[20]
Symétriquement, la sécurité est conditionnée à une appartenance visible et vérifiable. Les textes des 1er et 5 octobre développent la typologie des six villes de refuge de Nombres 35, dont les limites matérielles figurent les frontières organisationnelles hors desquelles le réfugié peut être tué impunément.[21] Le texte du 23 janvier y adjoint Noé dans l'arche, Ébed-Mélek et Rahab, cette dernière figurant les Jonadabs qui dissimulent le reste de ses ennemis.[22] Les publications ultérieures de la Société conserveront cette lecture des villes de refuge comme figure de la protection accordée à ceux qui fuient l'organisation de Satan et y demeurent jusqu'à la fin d'Harmaguédon.[23] Le sociologue James Beckford a décrit cette structure comme « totalisante », en ce qu'elle ne laisse subsister aucun espace de neutralité entre adhésion et opposition.[24]
La vindication du nom divin comme finalité première
La commission de Jésus est présentée en trois volets ordonnés, dont le premier est la vindication du nom du Père, la rédemption de l'humanité venant en second rang et qualifiée de « but secondaire ».[25] Cette hiérarchie renverse l'économie classique du salut chrétien et réordonne l'histoire sainte autour d'une controverse sur la souveraineté : Exode 9:16 est mobilisé pour expliquer que Jéhovah a laissé subsister l'adversaire afin de démontrer sa puissance et de faire connaître son nom.[26] La subordination de la rançon à la vindication constitue une position doctrinale établie sous Rutherford depuis le début des années 1930.[27]
Le texte annuel retenu pour 1941, tiré d'Apocalypse 7:10, condense ce programme : le salut est attribué à Dieu et à l'Agneau, à l'exclusion de toute puissance humaine.[28] Le texte du 17 février en précise l'enjeu concret : la délivrance dont les Témoins ont besoin n'est pas celle du péché adamique mais la protection contre la destruction que menace de leur infliger la coalition ennemie.[29] Le texte du 31 décembre clôt l'année en opposant explicitement cette conception au « salut universel » attribué à la classe du « mauvais serviteur », qui affirmerait que l'amour de Dieu pourvoit au salut même du Diable.[30]
Le don de la « langue pure » de Sophonie 3:9, traité par une dizaine de textes quotidiens, articule cette sotériologie à une condition de survie : seuls ceux qui parlent un message non souillé passeront Harmaguédon.[31] Le texte du 23 novembre en fournit la définition négative en énumérant ce qui souille la lèvre : prêcher une doctrine religieuse, mais aussi ajouter à la Parole de Dieu le « témoignage de la Grande Pyramide » ou le « développement de caractère ».[32] Des enseignements autrefois portés par la Société se trouvent ainsi rangés parmi les souillures qui disqualifient pour la survie.
Le mécanisme par lequel cette purification s'opère est la doctrine du raffinage du temple. Les textes des 11 juin et 12 juillet articulent Malachie 3:1-4 et Daniel 8:14 à une succession de révélations datées — 1926 pour le développement de caractère, 1928 pour les autorités supérieures, 1931 pour le nom, 1938 pour la structure théocratique — présentées comme autant d'étapes par lesquelles le grand Raffineur a séparé les orgueilleux des fidèles.[33] Le texte du 5 juin ajoute l'élimination des « anciens élus » comme étape intermédiaire.[34] Chaque révision doctrinale devient ainsi un épisode du jugement divin plutôt qu'une correction d'erreur.
La grille 1914-1922 et l'illumination progressive
La séquence 1914-1918-1919-1922 est mobilisée non comme datation mais comme grille de lecture rétrospective appliquée à tout le récit, y compris aux épreuves internes. Le second avènement et l'intronisation sont fixés en 1914, la guerre dans le ciel et l'expulsion de Satan situées entre 1914 et 1918 sur la base d'Apocalypse 12:1-9, la venue au temple pour le jugement en 1918, la libération du reste en 1919 et la prise de conscience de la présence au temple en 1922.[35] Les textes du 14 mai et du 24 juin appliquent la grille à la défaillance du reste lui-même : durant la Première Guerre mondiale, les consacrés auraient hésité « entre deux opinions » et se seraient souillés, ce que le nom « Cushi » — glosé « confusion » — est censé préfigurer.[36]
La section « Lumière » fournit le principe qui légitime les révisions sans les présenter comme des erreurs : depuis 1922, le Seigneur est décrit comme ayant « continuellement illuminé les prophéties » et en ayant révélé le sens.[37] Le texte du 5 novembre explicite le mécanisme : Jéhovah permet d'abord à son peuple de traverser certaines expériences, puis lui révèle ensuite comment la prophétie s'y est accomplie.[38] La justification classique de ce principe est tirée de Proverbes 4:18, verset dont le texte quotidien du 12 novembre reprend l'image en opposant le sentier lumineux des justes aux ténèbres de ceux qui honorent un homme.[39][40]
Ce dispositif s'accompagne d'un refus explicite de toute nouvelle datation. Le texte du 6 mars affirme que l'apôtre Paul n'encourageait pas à fixer des dates par la chronologie mais à surveiller les « signes des temps », et celui du 15 août précise que les frères de la classe du temple « n'ont pas besoin d'un calendrier précis » parce que les faits physiques accomplis par le Seigneur signalent l'heure.[41] Le texte du 12 octobre concède rétrospectivement que « 1914 ne vint pas comme un voleur — sa date était généralement connue, même si les annonciateurs se trompèrent sur les événements attendus ».[42] L'aveu est notable : il reconnaît une erreur de contenu tout en préservant la date. Une chronologie fermée sur le passé et refusant tout calcul pour l'avenir constitue un dispositif herméneutique difficilement falsifiable — configuration que Leon Festinger et ses collaborateurs ont étudiée sous l'angle de la dissonance cognitive, en identifiant la réinterprétation de la prophétie comme l'une des techniques de résolution disponibles quand une attente n'est pas confirmée.[43]
Harmaguédon imminent et l'urgence missionnaire
L'imminence est affirmée dans la conclusion du rapport au point d'envisager que la bataille survienne avant la parution d'un prochain annuaire, décision expressément réservée à la volonté divine.[44] Cette formulation convertit l'eschatologie en impératif pratique immédiat. Tony Wills a relevé que Rutherford consacrait vers la fin de son ministère environ la moitié de l'espace disponible de La Tour de Garde à Harmaguédon.[45] L'annuaire y ajoute une précision sotériologique radicale : les textes des 6 mai et 21 juin refusent toute résurrection aux opposants délibérés, déclarés coupables du « péché menant à la mort ».[46]
Le couple conceptuel « œuvre étrange » / « acte étrange », tiré d'Ésaïe 28:21, articule les deux phases de ce dénouement : l'œuvre présente de témoignage mondial et l'acte destructeur à venir.[47] La section « Lumière » annonce que l'œuvre étrange « approche de sa fin » et que l'acte étrange doit suivre rapidement.[48] Le texte hébreu employait cette expression pour marquer l'étrangeté d'un Dieu se dressant contre son propre peuple au lieu de le délivrer de ses ennemis ;[49] la lecture retenue ici en déplace l'objet vers la chrétienté et fait de la phase de témoignage elle-même l'« œuvre » qualifiée d'étrange.
De cette architecture découle mécaniquement l'obligation de prédication universelle. Matthieu 24:14 fonde la pratique du porte-à-porte, explicitement opposée aux cérémonies formelles tenues dans des édifices religieux.[50] Les chiffres rapportés montrent l'ampleur du dispositif : 29 280 phonographes en usage sur le terrain aux seuls États-Unis, 11 645 689 personnes ayant entendu une conférence enregistrée, 248 enregistrements disponibles en anglais.[51] L'action des fidèles conditionne le calendrier divin : l'acte étrange ne peut commencer avant l'achèvement de l'œuvre.
Le marqueur retenu pour signaler ce basculement est le cri « paix et sécurité » de 1 Thessaloniciens 5:3, développé par plus de vingt textes quotidiens. Les textes des 13 mai et 23 août précisent qu'il retentira lorsque les chefs religieux se croiront parvenus à supprimer tous les proclamateurs du Royaume.[52] Le texte du 27 octobre en tire une conséquence remarquable : les fidèles « ne doivent donc pas se lamenter de voir l'œuvre de témoignage se clore, mais se réjouir ».[53] La suppression de l'activité, fait objectivement défavorable au mouvement, devient un motif d'encouragement — dispositif qui protège l'attente de toute réfutation par les circonstances.
La persécution retournée en preuve d'élection
La section « Qui est persécuté ? » construit un argument d'exclusivité : aucun ministre catholique, protestant ou d'une autre confession ne souffrirait de violences pour ses doctrines, et aucune organisation religieuse ne serait persécutée pour avoir défendu le Royaume.[54] Jean 15:19 et Matthieu 24:9 convertissent la haine subie en accomplissement prophétique, et Hébreux 12:7-8 ferme le raisonnement en posant que l'absence de persécution signifierait bâtardise spirituelle.[55] Le passage aux Hébreux vise originellement la correction paternelle comme marque de filiation ;[56] son application à l'hostilité extérieure aboutit à un système où aucune configuration du rapport au monde ne peut valoir comme démenti.
Les faits rapportés donnent à cette théologie un substrat considérable : environ 2 000 Témoins blessés dans quelque 600 émeutes et plus de 3 000 arrestations pour la seule année aux États-Unis, plus de 6 000 détenus dans les camps de concentration allemands selon le bureau de Berne, deux exécutions capitales à Salzbourg, une condamnation à neuf ans en Italie, l'interdiction canadienne du 4 juillet 1940.[57] La double fonction théologique explicitée — les adversaires se désignent eux-mêmes comme ennemis de Dieu, les fidèles prouvent leur intégrité — transforme chaque épisode répressif en confirmation.[58] Bryan Wilson a classé les Témoins de Jéhovah parmi les sectes de rejet du monde, pour lesquelles l'hostilité extérieure renforce la frontière identitaire plutôt qu'elle ne l'érode ;[59] Régis Dericquebourg a décrit de façon convergente la fonction de cohésion que remplit la figure de l'ennemi extérieur dans ce type de groupe.[60]
Cette théologie de l'épreuve organise la répartition entre les deux classes. Le reste oint, identifié aux 144 000 et aux membres des « pieds » du corps du Christ, porte le message ; les « autres brebis » formant la grande foule sont invitées à se réfugier auprès de l'organisation pour traverser la grande tribulation et vivre éternellement sur une terre transformée.[61] La conclusion du rapport les décrit avançant côte à côte, « marchant main dans la main et épaule contre épaule, ne rompant jamais leur ligne ».[62] L'expression « épaule contre épaule » provient directement de Sophonie 3:9, ce qui rattache la coopération des deux classes au même verset qui fonde la « langue pure ».[63] Le texte du 9 février introduit une nuance importante : si la grande foule survivra « comme classe », certains individus pourront mourir aux mains de l'ennemi tout en maintenant leur intégrité et en bénéficiant de la résurrection.[64]
Ce même schéma de fidélité éprouvée inscrit le mouvement dans une lignée continue. La liste des témoins remonte à Abel selon Genèse 4:4 et Hébreux 11:4, et court jusqu'à Jean-Baptiste ; ces fidèles reçoivent la promesse d'une « meilleure résurrection » et d'un gouvernement visible comme princes sur la terre selon Psaumes 45:16 et Ésaïe 32:1.[65] Cette doctrine des princes n'est pas spéculative : elle avait justifié en 1929 la construction et la mise en fiducie de Beth-Sarim comme résidence destinée à ces ressuscités.[66] Le texte du 18 février systématise la répartition en quatre catégories de résurrection, les délibérément méchants n'en ayant aucune.[67]
Sophonie et les Juges comme matrice d'interprétation
Le livre de Sophonie fournit le support principal du commentaire quotidien de l'année, avec plus de cent vingt textes qui en commentent des versets. Les textes des 15 et 30 janvier et du 23 janvier exploitent l'étymologie du nom prophétique, glosé « caché de Jéhovah », pour en faire la clé eschatologique de la préservation du reste, en l'appuyant sur Psaumes 27:5 et Psaumes 31:20.[68] L'exégèse est cohérente avec le sens généralement reconnu au nom hébreu, « Yahweh a caché » ou « Yahweh protège », et avec le thème du livre centré sur le jour de l'Éternel et la possibilité pour les humbles d'être « cachés » en ce jour.[69] Le procédé est toutefois poussé au-delà : le texte du 24 juin exploite également les noms des ancêtres du prophète — Cushi, Gedalia, Amaria, Hizkia — comme autant de descriptions codées d'états successifs du reste.[70]
Le livre des Juges livre la seconde matrice. Éhud, présenté comme ambidextre, figure tantôt le Christ venu au temple en 1918, tantôt le reste oint ; sa dague à double tranchant représente le message du Royaume enfoncé dans les entrailles de la chrétienté, et les quatre-vingts ans de paix subséquents préfigurent le règne millénaire.[71] Déborah, dont le nom est glosé « abeille », figure l'organisation de Jéhovah agissant en essaim coordonné, Barak — « éclair » — le Christ, Sisera — « ordre de bataille » — la religion organisée, et Jabin le Diable ou son prince démoniaque Gog.[72] Le texte du 27 avril pousse l'application jusqu'à l'actualité militaire immédiate en observant que le Diable, agissant « par le Vatican et les nazis », qualifie ses assauts de Blitzkrieg sans que cela lui serve de rien.[73] Cette lecture du chant de Déborah et Barak comme annonce d'Harmaguédon a laissé une trace durable dans l'historiographie interne du mouvement.[74]
Le rendement opératoire de ce procédé apparaît dans la métaphore de l'armée de criquets de Joël 2:1-11, qui ne se contente pas de désigner les proclamateurs mais nomme une période de témoignage du calendrier de la Société et baptise un épisode concret d'action politique : la collecte, en quelques jours, de 2 042 136 signatures sur une pétition adressée au gouverneur de l'Ohio après l'annulation du contrat de l'Ohio State Fair Grounds.[75] Le calendrier de l'année de service découpe ainsi les mois en périodes baptisées « Théocratie », « Guerre de Vindication », « Salut », « Siège de Bataille », « Armée de Criquets » et « Doom de la Religion ».[76] La typologie n'est pas ici un ornement exégétique : elle convertit des récits prophétiques anciens en instructions administratives datées, un nom de figure biblique devenant simultanément un objectif chiffré de distribution et un mot d'ordre de mobilisation.
Organisation et histoire
Une identité sans fondateur humain
La section consacrée aux corporations affirme que Charles Taze Russell, mort le 31 octobre 1916, a été le principal promoteur de la constitution des trois sociétés juridiques du mouvement, mais qu'il n'en est ni le fondateur ni l'organisateur en tant que témoins de Jéhovah.[77] L'affirmation va plus loin que la simple mise au point historique : prétendre qu'un homme est le fondateur des Témoins de Jéhovah y est qualifié de blasphème, la prérogative de choisir et d'organiser ses témoins appartenant exclusivement à Jéhovah.[78] Cette opération suppose une redéfinition lexicale préalable : « religion » y désigne tout ce qui contrevient à la volonté divine, « christianisme » l'accomplissement joyeux de cette volonté — de sorte que les catégories de « culte » et de « secte », employées par les adversaires du mouvement, sont retournées contre la chrétienté elle-même.[79] La rupture entre religion et christianisme, posée dans les publications de la Société à la fin de 1936 et systématisée par le livre Religion remis à la convention de juillet 1940, atteint ici sa formulation la plus directement identitaire : ce n'est plus une thèse polémique mais le fondement du refus de tout fondateur humain.[80]
Ce refus s'articule à la reproduction intégrale de la résolution adoptée à Columbus, Ohio, en 1931, dont le préambule constate qu'après la mort de Russell une division était apparue parmi ses anciens associés, certains s'étant retirés de la Société pour former des compagnies portant les noms de « Bible Students », « Associated Bible Students », « Russellites » ou « Stand-Fasters ».[81] La résolution, adoptée le 26 juillet 1931 et appuyée sur Ésaïe 43:10-12, n'est donc pas d'abord une revendication théologique mais un acte de démarcation contre les mouvements dissidents issus de la crise de 1917 — dont les effectifs, aux États-Unis, restaient alors comparables à ceux de la Société.[82] Que ce texte soit republié dix ans après son adoption, dans un volume dont la fonction première est statistique, indique que la contestation du nom n'était pas éteinte : l'annuaire constate d'ailleurs que des opposants internes, rangés dans la classe du « mauvais serviteur », ont porté de fausses accusations aux autorités britanniques et collaboré avec la hiérarchie catholique pour discréditer le mouvement.[83]
La réduction des trois corporations au rang d'instruments juridiques complète le dispositif. La Zion's Watch Tower Tract Society fondée sous les lois de Pennsylvanie en 1884, la Peoples Pulpit Association constituée dans l'État de New York en 1908 et l'International Bible Students Association établie en Grande-Bretagne en 1914 sont décrites comme des moyens de perpétuer un but au-delà de la durée de vie des individus, agissant ensemble comme imprimeurs pour l'ensemble du mouvement.[84] La résolution de 1931 en tire explicitement la conséquence : ces entités ne définissent pas l'identité du peuple chrétien.[85] Les datations retenues sont approximatives — la charte pennsylvanienne fut accordée le 13 décembre 1884 alors que la société existait depuis 1881 avec William Henry Conley comme président, et la corporation new-yorkaise fut constituée le 4 mars 1909 — mais l'imprécision importe moins que la fonction assignée : soustraire l'identité du mouvement à toute personnalité morale susceptible d'être dissoute par un État.
Le dispositif d'ordination boucle l'ensemble en sens inverse. Une liste nominative de représentants spécialement ordonnés est publiée, où figurent N. H. Knorr, F. W. Franz, H. G. Covington, J. F. Rutherford, W. E. Van Amburgh et A. Macmillan, et chaque personne donnant preuve d'une dévotion totale reçoit de la Société une carte d'identification la reconnaissant comme ministre ordonné — la Société précisant aussitôt que cette carte ne confère pas l'ordination, laquelle vient de Jéhovah, mais sert uniquement à identifier ses représentants.[86] La présence de Covington dans cette liste n'est pas anodine : il avait rejoint le siège comme conseiller juridique général en 1939, succédant à Olin R. Moyle évincé la même année.[87] L'ordination est donc déclarée divine et incessible, mais son attestation matérielle est centralisée à Brooklyn : c'est précisément ce document qui doit être opposé aux conscriptions et aux ordonnances municipales exigeant une licence de colportage.
La théocratie comme appareil administratif et statistique
La structure instaurée deux ans plus tôt est présentée comme la condition même de la résistance : sans la coopération étroite entre les branches du service préparée au cours des deux années précédentes, l'opposition aurait eu un effet démoralisateur.[88] Les chiffres en donnent l'échelle aux États-Unis : 155 serviteurs de zone desservent 7 531 compagnies, cinq serviteurs régionaux couvrent 265 zones, et l'ensemble parcourt 2 121 410 miles dans l'année.[89] Le même schéma est appliqué au Mexique avec quatre régions et cinquante zones desservies par deux serviteurs régionaux et vingt-six serviteurs de zone, à la Grande-Bretagne avec vingt-neuf zones et quatre régions, à la Rhodésie du Nord avec dix zones.[90] Cette architecture procède de la suppression des anciens électifs décidée en 1932 et de la théocratisation des nominations exposée dans les livraisons de La Tour de Garde du 1er et du 15 juin 1938, qui substituaient à l'élection locale une désignation depuis Brooklyn.[91] Ce que l'annuaire ajoute est l'argument de l'efficacité : la centralisation y est justifiée non par sa conformité scripturaire mais par sa performance face à la répression.
Le service de pionnier se donne à lire comme institution stratifiée. Aux États-Unis, l'effectif passe de 2 292 à l'automne 1939 à 3 157 un an plus tard, puis 3 879 inscrits à la clôture de l'exercice, et la Société leur accorde des crédits spéciaux sur leurs comptes pour maintenir leur activité.[92] À ce corps s'ajoutent quatre-vingt-six pionniers spéciaux recrutés parmi les pionniers à plein temps, nommés assistants des serviteurs de zone ou serviteurs de compagnie et soutenus financièrement — catégorie créée en 1937 et qui ne comptait encore qu'environ trois cents membres en 1939.[93] Le doublement britannique, de 511 à 1 037 pionniers répartis dans vingt-deux foyers, et la progression nigérienne de 53 à 101 relèvent du même mouvement ; en Inde, vingt-trois pionniers assurent 62 % de la diffusion totale, soit une efficacité triple de celle des proclamateurs de compagnie.[94] Le rendement comparé est ici explicitement calculé, ce qui transforme un statut de consécration en indicateur de productivité.
La statistique n'est pas seulement descriptive : elle prescrit. Des quotas sont fixés par pays — sept cents proclamateurs et 150 000 heures pour l'Union sud-africaine, deux cents proclamateurs dont cinquante pionniers pour le Brésil — et leur dépassement est enregistré comme un résultat d'exercice.[95] Six mois de l'année reçoivent des noms de campagne — « Théocratie », « Guerre de Vindication », « Salut », « Siège de Bataille », « Armée de Criquets », « Doom de la Religion » — empruntés à une typologie guerrière où les proclamateurs sont identifiés aux criquets de Joël 2:1-11.[96] Le rapport constate lui-même la limite du procédé : les proclamateurs réguliers consacrant la totalité de leur temps au service, ces mois se distinguent peu des autres en volume horaire.[97] Le total cumulé de 337 749 320 publications depuis les origines, contre 309 484 991 un an plus tôt, clôt l'exercice sur une comptabilité de l'œuvre entière.[98] Cette bureaucratisation du militantisme religieux — quotas, rapports mensuels, périodes nommées — correspond à ce que la sociologie des sectes décrit comme une structure totalisante, où l'organisation revendique le contrôle du temps et de l'activité de ses membres.[99]
Deux dispositifs achèvent l'appareil. La visite de retour et l'étude modèle, promues par une lettre du 20 janvier 1940 adressée aux proclamateurs, produisent 1 975 377 visites aux États-Unis et l'impression de 411 335 livrets d'étude modèle n° 2 ; en Grande-Bretagne, un programme national d'extension approuvé par Rutherford tient 4 176 réunions publiques devant 157 663 personnes dont 31 111 étrangères à l'organisation, et la Suède fixe un objectif de douze visites mensuelles par proclamateur, atteint à cinq.[100] Le Mémorial, enfin, fonctionne comme recensement interne : 58 874 présents et 15 873 participants aux emblèmes aux États-Unis, 8 755 et 3 636 en Grande-Bretagne, 950 et 221 au Mexique.[101] La distinction systématique entre assistance et participation mesure l'écart entre le corps des oints, dont le scellement était déclaré clos, et la classe terrestre identifiée à la « grande foule » depuis l'assemblée de Washington du 3 juin 1935 — un ratio qui, année après année, devient l'indicateur démographique central du mouvement.
Brooklyn, centre industriel dispersé par la guerre
L'appareil éditorial est décrit dans ses murs : bureaux directeurs au 124 Columbia Heights, bureaux opérationnels et usine au 117 Adams Street, à Brooklyn.[102] La production de l'exercice 1940 atteint 112 829 877 produits finis contre 59 704 700 l'année précédente, dont 8 065 200 livres reliés — contre 1 888 734 —, et consomme 3 022 tonnes de papier, 35 394 livres d'encre et 249 332 yards de tissu, l'équivalent de plus de 165 wagons de vingt tonnes.[103] L'effectif de 160 personnes travaille cinq jours et demi par semaine, avec 75 soirées supplémentaires et 16 samedis après-midi, pour un logement, la nourriture et dix dollars mensuels de dépenses personnelles.[104] Une procédure fiscale new-yorkaise établira que les membres affectés à l'imprimerie percevaient 14 dollars par mois plus une allocation vestimentaire annuelle, chiffre qui situe l'ordre de grandeur de ce régime.[105]
La guerre force ce centre à se dupliquer. L'impossibilité d'importer depuis Brooklyn conduit la filiale de Londres à conclure des contrats produisant 250 000 livres reliés et 1 200 000 brochures à partir des mêmes matrices, avant que des licences obtenues fin décembre 1939 ne permettent l'acheminement de 351 tonnes de littérature.[106] Le même mouvement s'observe aux Pays-Bas où Consolation est tirée localement à 15 000 exemplaires par numéro contre 4 000 à 5 000 auparavant, en Finlande dont l'imprimerie fournit aussi la Suède et la Norvège, au Brésil, à Batavia et à Shanghai.[107] L'Afrique du Sud installe une linotype et lance La Tour de Garde en afrikaans au 1er juin 1940, portant la distribution mensuelle à 17 000 exemplaires.[108] Au Brésil, la publication principale change de nom de A Tôrre de Vigia en A Atalaia précisément pour détourner l'attention des autorités enquêtant sur elle — usage tactique de la couverture éditoriale que l'annuaire ne signale pas comme tel.[109]
Les tirages des périodiques constituent l'indicateur institutionnel le plus spectaculaire : La Tour de Garde passe de 1 609 200 exemplaires deux ans auparavant à 7 215 600 en 1940, l'abonnement régulier atteignant 334 135 en fin d'exercice, tandis que Consolation passe de 110 970 à 230 491 abonnés.[110] La distribution aux carrefours et par itinéraire, inaugurée en février 1940, représente à elle seule près de trois millions d'exemplaires placés individuellement.[111] La guerre y inscrit ses retraits : les éditions allemande et hongroise sont interrompues en fin d'année, les éditions allemande et polonaise de Consolation ne peuvent plus être acheminées depuis l'Europe.[112]
Le phonographe occupe la place laissée vacante par la radio. Le retrait de Rutherford des ondes à compter du 31 octobre 1937, imputé ici à la hiérarchie catholique, avait suivi la pression exercée sur les stations et le durcissement des codes de diffusion sur les sujets controversés ; la Société déclare ne pas chercher à reconstituer un réseau, estimant que le Seigneur a orienté vers d'autres méthodes.[113] L'argument avancé est celui de l'invulnérabilité au boycott : 29 280 phonographes en service aux États-Unis, 8 260 appareils expédiés dans l'année, 933 309 disques doubles faces distribués mondialement depuis le lancement, 248 enregistrements disponibles en anglais, et 11 645 689 personnes ayant entendu une conférence enregistrée.[114] Seule la station WBBR de Brooklyn continue de diffuser les conférences.
Ce dispositif se referme sur une opacité comptable assumée. Sommée de publier un bilan, la Société répond que les contributions reçues pour la littérature sont chaque année inférieures au coût de fabrication, le déficit étant comblé par des dons de fidèles se privant de nécessités personnelles, et retourne la question contre la hiérarchie catholique dont les propriétés couvrent le monde sous contrôle du Vatican.[115] La qualification des versements en contributions et non en prix de vente relevait d'une stratégie juridique éprouvée devant les tribunaux américains contre les ordonnances de colportage. L'annuaire réfute par ailleurs l'enquête du New York Post sur les bénéfices supposés en énumérant les charges omises — expédition, défense juridique des emprisonnés, conventions, envois gratuits — sans jamais produire de chiffre global.[116]
La neutralité notifiée aux États
La déclaration de neutralité, publiée le 1er novembre 1939 comme article de tête de La Tour de Garde puis rééditée en brochure de trente-deux pages — vingt-quatre au Royaume-Uni —, est décrite comme adressée à l'ensemble des membres du Parlement, aux responsables gouvernementaux, aux dirigeants religieux et aux élus locaux britanniques, accompagnée des brochures Neutralité et Gouvernement et Paix.[117][118] L'annuaire la présente comme le fondement d'une année de service sans interruption, et note que le mouvement put s'appuyer sur un document officiel britannique du 30 octobre 1939, le « Livre Blanc » (Cmd. 6120) établi par Sir Neville Henderson, exposant publiquement les persécutions subies par les Juifs et les Ernste Bibelforscher en Allemagne.[119] La stratégie est donc double : notifier la neutralité aux autorités du pays où l'on opère, et produire la preuve étatique de sa propre persécution chez l'adversaire.
La même démarche est conduite en Suisse, où l'assemblée nationale de Berne adopte à l'unanimité une résolution en dix points, tirée à 100 000 exemplaires en allemand et en français et envoyée à tous les parlementaires, tribunaux, autorités cantonales et communales ainsi qu'à l'ensemble de la presse — texte affirmant la neutralité absolue à l'égard de tout régime terrestre, communiste, fasciste ou national-socialiste, sur le fondement d'Actes 5:29.[120] En Inde, le serviteur de filiale adresse au Comité consultatif national de service une lettre invoquant la même neutralité face à l'obligation de service imposée aux hommes britanniques européens de dix-huit à cinquante ans, et un appel pour la liberté de culte est porté au vice-roi.[121][122]
Les conséquences pénales sont enregistrées sans être présentées comme un accident. Trois frères grecs refusent de porter les armes, l'un étant condamné à huit mois par un tribunal militaire ; le représentant slovaque de la Société est arrêté pour refus du service militaire ; huit Témoins autrichiens sont traduits devant le tribunal militaire de Salzbourg, dont deux exécutés.[123] Le refus du salut au drapeau et de l'hymne national par les enfants, position formalisée par Rutherford le 3 juin 1935 à Washington et appuyée sur Exode 20:4-6, entraîne au Canada des poursuites contre les parents au titre de l'appartenance à une organisation illégale ou de l'incitation à la désobéissance, avec deux condamnations.[124] Là où les livraisons de La Tour de Garde de novembre et décembre 1940 traitaient l'arrêt Minersville School District v. Gobitis du 3 juin 1940 comme un accomplissement prophétique, l'annuaire en enregistre les effets juridiques concrets sur les familles.
L'épreuve américaine convertie en jurisprudence
La persécution aux États-Unis occupe la place la plus développée du volume, avec un bilan de quelque 2 000 blessés dans environ 600 émeutes et plus de 3 000 arrestations dans l'année.[125] Les cas nominatifs jalonnent le récit : deux femmes arrêtées à Connersville, en Indiana, inculpées de sédition pour avoir distribué La Tour de Garde et condamnées à dix ans pour « complot séditieux » ; le déclenchement des violences à Del Rio, au Texas, en mai 1940 ; l'administration d'huile de ricin à des chrétiens ligotés par pompe stomacale.[126] L'American Civil Liberties Union recensera 335 incidents ayant fait 1 488 victimes dans quarante-quatre États pour la seule année 1940, chiffre qui corrobore l'ordre de grandeur avancé.[127] L'annuaire attribue l'orchestration à la hiérarchie catholique agissant par le biais de la Légion américaine, dont le service « Americanism » se consacrait effectivement à la dénonciation des activités jugées subversives.[128]
Ce matériau est immédiatement converti en contentieux. La décision Lovell c. Griffin, rendue à l'unanimité le 28 mars 1938 sous la plume du président Hughes, avait invalidé les licences municipales de distribution comme restriction préalable ; Schneider c. Irvington fut plaidée devant la Cour suprême par Rutherford lui-même en qualité de conseiller juridique des Témoins de Jéhovah ; Cantwell c. Connecticut (310 U.S. 296), rendue le 20 mai 1940, étendit pour la première fois la garantie du libre exercice du culte au-delà de la seule liberté de la presse.[129] L'annuaire consigne la résistance des juridictions inférieures — des magistrats déclarant publiquement que la Cour suprême ne les gouverne pas — et deux procès en injonction devant les tribunaux fédéraux du New Hampshire et du New Jersey contraignant des fonctionnaires à cesser d'appliquer des ordonnances inconstitutionnelles.[130] La progression du volume d'arrestations traitées par le service juridique de Brooklyn dans les années précédentes indique une montée en régime de cette stratégie, dont l'annuaire enregistre l'année de rendement maximal.
La riposte ne se limite pas au prétoire. Un tract intitulé « Dividing the People », préparé par le président de la Société, est déposé dans chaque foyer des villes touchées par les violences ; les numéros 5 et 6 du Kingdom News sont tirés à plus de dix-sept millions d'exemplaires, le n° 6 étant remis aux délégués de Detroit pour distribution immédiate à plus de deux millions.[131] En Grande-Bretagne, trois numéros dépassent chacun le million : le n° 5 du 1er janvier, le n° 6 du 15 février et le n° 7 du 1er août.[132] Au Canada, la déclaration d'un juge souhaitant qu'un anglican ou un catholique muni d'une cravache eût rencontré l'auteur du livre Enemies engendre la diffusion nationale d'un tract intitulé « Il faut arrêter cela ».[133]
Les soutiens extérieurs sont enfin enregistrés avec une réserve significative. Le docteur F. M. Eliot écrit à l'ensemble des pasteurs unitariens pour dénoncer une vague d'animosité contre les Témoins et appelle à coopérer avec l'American Civil Liberties Union ; le Michigan Christian Advocate du 8 août 1940 y voit un défi à la complaisance païenne d'une nation devenant fasciste.[134] En Suisse, Johannes Huber — conseiller national de 1919 à 1947, président du Conseil national en 1934 — juge par écrit incompréhensible la procédure du tribunal militaire engagée contre les responsables de Berne.[135][136] Mais ces appuis sont aussitôt relativisés : leurs auteurs sont présentés comme passant à côté du véritable enjeu, et les ministres protestants qui protestent contre la violence manquent l'occasion de se ranger du côté du Royaume.[137] L'alliance libérale est utilisée sans être reconnue comme telle — ce qui illustre la manière dont l'hostilité extérieure sert moins à ouvrir le mouvement qu'à consolider sa frontière, mécanisme que la sociologie des mouvements religieux minoritaires décrit comme un ressort de cohésion interne.[138]
L'interdiction administrative, instrument ordinaire des États
Hors des États-Unis, c'est la prohibition légale qui prévaut. Le rapport canadien est presque entièrement consacré au décret du Conseil déclarant illégale l'« Organisation des Témoins de Jéhovah », adopté le 4 juillet 1940 en vertu de la War Measures Act par le ministre de la Justice Ernest Lapointe, sans attendre l'avis du comité chargé de réviser les règlements de défense.[139] L'annuaire reproduit l'article 39C : appartenir à une organisation illégale, en défendre les principes ou distribuer sa littérature constitue une infraction, la simple présence aux réunions valant présomption de culpabilité, et les biens de l'organisation étant remis au dépositaire dans les mêmes conditions que des biens ennemis au sens des règlements sur le commerce avec l'ennemi de 1939.[140] L'assimilation des biens d'un mouvement religieux à des biens ennemis est l'élément juridiquement le plus lourd de tout le volume, et l'annuaire en enregistre les effets : dissolution du bureau, dispersion des responsables dans le pays, censure du courrier rendant les communications quasi impossibles, perquisitions et condamnations pouvant aller jusqu'à six mois, voire l'internement en cas de refus de renier l'appartenance.[141] L'analyse politique qui ouvre ce rapport impute la mesure à un compromis : l'appui de la hiérarchie catholique au projet de loi sur le service militaire obligatoire aurait été échangé contre la mise hors la loi des Témoins.[142] La province de Québec est désignée comme le foyer de la résistance, un jury ayant recommandé au juge en chef des mesures immédiates contre la direction du mouvement.[143]
Le Brésil offre la variante administrative. Le 31 mai 1940, le ministre de la Justice ordonne la dissolution de la Société et la cessation de ses activités, des gardes sont postés devant le bureau, et les autorités justifient ultérieurement la mesure par le fait qu'il s'agit d'une organisation américaine et antifasciste.[144] Le recours passe par l'intervention du bureau du président de la Chambre des représentants américaine et le Département d'État, tandis qu'une action en injonction est introduite devant les tribunaux brésiliens ; le 30 juin, le représentant de la Société se rend en personne au ministère accompagné de l'avocat pour remettre une lettre explicative, sans obtenir la levée de l'interdiction.[145][146] Les pionniers d'origine allemande y sont particulièrement visés, certains se voyant refuser le séjour permanent, d'autres emprisonnés ou expulsés.[147]
Les colonies britanniques recourent à l'arme douanière. Au Nigeria, un arrêté en conseil du 10 mai 1940 interdit l'importation de toute publication de la Société en la déclarant séditieuse et indésirable, tout en étant réputé entré en vigueur le 13 mars — antidatation destinée à saisir les 15 450 exemplaires du livre Enemies en yoruba arrivés de New York le 14 mars, le gouverneur exprimant lors d'un entretien son irritation devant la dénonciation de la hiérarchie catholique contenue dans cet ouvrage.[148][149] La Côte-de-l'Or connaît une interdiction depuis 1936, la Jamaïque prohibe Enemies, Light et Model Study No. 2 en vertu d'une loi sur les publications indésirables, à la Barbade et à Trinité-et-Tobago des licences sont accordées par un département puis la littérature saisie par un autre, et en Inde la censure frappe Consolation à partir de mars.[150] Le dispositif trinidadien procédait de l'ordonnance n° 49 du 20 août 1936, par laquelle le gouverneur par intérim Alfred Wallace Seymour avait jugé les publications séditieuses, avant qu'un ordre en Conseil du 3 décembre 1936 ne rétablisse un régime de licence — la chute des effectifs locaux, de 293 proclamateurs en 1936 à 229 en 1940, en mesure l'effet.[151]
En Afrique australe, la répression prend la forme du refus administratif et de la brutalité locale. Le gouvernement rhodésien refuse une nouvelle fois l'autorisation d'ouvrir un dépôt malgré l'avis favorable de la majorité des Commissaires aux affaires indigènes ; vingt Témoins sont licenciés à Shabani Mine pour avoir refusé de taire leur prédication hors des heures de travail, certains après plus de dix ans de service ; à Umtali, le surintendant du quartier indigène surgit armé d'un sjambok pour frapper les frères réunis sur un emplacement pourtant concédé par les autorités.[152] La commission royale enquêtant sur les émeutes de la Copper Belt, en Rhodésie du Nord, ne relève aucun lien entre les Témoins et les troubles alors que les meneurs sont catholiques — fait que le rapport gouvernemental ne mentionne pas, ce dont l'annuaire tire la conclusion d'une véritable manifestation de l'Action catholique dans la protection de ses intérêts par des fonctionnaires.[153]
Ce découpage territorial se complète d'une administration directe depuis Brooklyn pour dix-neuf pays ou îles où quarante-neuf compagnies et soixante-trois pionniers relèvent du siège, faute d'effectifs suffisants pour justifier une filiale — de l'Alaska aux Bermudes, de la Guadeloupe à Cuba, de l'Égypte au Liban, de la Palestine à la Colombie.[154] Le critère explicitement énoncé est démographique, ce qui fait de la structure de filiale un seuil administratif et non une décision politique.
Dissolution, contournement juridique et coût humain en Europe
Le bureau régional de Berne, administrant plus d'une douzaine de pays, subit une perquisition militaire : un camion de soldats occupe les locaux le 5 juillet 1940 en début d'après-midi, la famille du Béthel est consignée dans la salle à manger le temps d'une fouille complète, des pièces sont scellées et la littérature confisquée, l'objet déclaré étant de trouver une preuve d'incitation directe au refus du service militaire.[155][156] L'annuaire signale que la famille a été réduite de moitié, les trente-un membres restants acceptant une réduction des allocations, et qu'un décret de la Commission de presse de l'état-major du 29 juin 1940 soumet toutes les publications à censure préalable — mesure devant laquelle la filiale choisit de suspendre au 1er juillet toute impression sauf Consolation en allemand, estimant que la Parole de Dieu ne peut être soumise à une autorité humaine.[157] Le même schéma se répète ailleurs : le bureau de Paris est fermé le 18 octobre 1939 et sa littérature saisie, le serviteur de filiale Knecht mourant peu après, sans qu'aucune nomination de liquidateur judiciaire ne soit obtenue malgré l'intervention de l'ambassade américaine ; en Pologne, le responsable est emprisonné et les biens placés sous administration d'État allemande ; aux Pays-Bas, les presses sont scellées par la Gestapo le 6 juillet 1940, après l'interdiction proclamée le 29 mai par le commissaire du Reich Seyss-Inquart.[158][159] Un détail néerlandais mérite attention : l'interdiction n'ayant fait l'objet d'aucune publication légale ni annonce radiophonique, le responsable de filiale choisit de ne pas en informer les membres tant qu'elle n'est pas officiellement publiée.[160]
Le cas finlandais fournit la parade la plus élaborée. Le ministère de la Justice ordonne dès le 18 janvier 1940 la confiscation des brochures Gouvernement et Paix et Liberté pour les peuples ; une procédure est engagée contre la Vartiotornin Raamattu ja Traktaattiseura sur cinq chefs — activités contraires à la défense de l'État, atteinte à l'ordre public, mépris de la religion reconnue, refus d'obéissance aux lois militaires, déni du concept de patrie.[161] La riposte est séquencée : le 15 février 1940, une association non enregistrée dénommée « Proclamateurs de la Théocratie » est constituée en prévision de l'attaque attendue ; le 13 avril, tous les biens sont vendus à une société d'édition nouvellement créée, la Kustannusosakeyhtiö Vartiotorni ; la société se dissout volontairement le même jour selon la loi sur les associations.[162][163] Lorsque le tribunal siège le 28 mai et ordonne la liquidation, la société n'existe plus depuis six semaines et l'immeuble visé a déjà changé de mains ; un indicateur envoyé surveiller les réunions repart en apprenant qu'elles sont tenues par l'association des « Proclamateurs de la Théocratie ».[164] Le jugement retient d'ailleurs un motif révélateur : la Société a expliqué représenter elle-même le vrai christianisme et a de ce fait désigné comme son contraire les religions reconnues par l'État — c'est-à-dire que la distinction religion/christianisme posée par le mouvement devient elle-même le chef d'accusation.[165]
La vulnérabilité des filiales dirigées par des étrangers apparaît en Lituanie, pays rattaché au bureau nord-européen du Danemark depuis 1925 : le renouvellement du permis de résidence du responsable est refusé sans jugement ni possibilité de défense, après quatre convocations policières dont un interrogatoire de trois heures à domicile pendant sa convalescence, et un visa de sortie lui est d'abord refusé pour un différend fiscal avant que l'occupation soviétique de juin 1940 ne rende possible l'obtention in extremis de visas pour la Suède et la Finlande.[166][167] Les archives statistiques du pays, saisies ou détruites, ne permettent aucun rapport chiffré — perte qui illustre la dépendance du système de reporting à la survie matérielle des bureaux.
Le coût humain est chiffré par le bureau de Berne : plus de six mille Témoins confinés dans des camps de concentration allemands pour avoir refusé de subordonner leur culte à l'État, effectif cohérentavec les estimations historiques disponibles sur le nombre de Bibelforscher internés dès 1939 et identifiés dans les camps par le triangle violet.[168] Les cas rapportés sont nominatifs : deux condamnés à mort exécutés à Salzbourg après un procès où le juge, ayant fait entrer les épouses dans la salle pour ébranler les accusés, déclare que ces hommes ne sont ni des criminels ni des traîtres mais une communauté comptant des milliers de membres ; un jeune homme de vingt-deux ans fusillé dans la prison militaire de Germersheim ; l'ancien inspecteur de police Lengauer, de Linz, décapité à Berlin le 16 novembre 1939 après une accusation de désertion ; un nommé Alram retrouvé mort en prison après avoir refusé le serment d'allégeance à Hitler dans la police auxiliaire, sa femme apprenant seulement qu'elle pouvait récupérer vêtements et anneau.[169] Le rapport rapproche la mention officielle de « faiblesse cardiaque », avancée pour deux détenus morts après douze mois de travaux forcés dans une carrière près de Linz, de la formule relevée dans le Livre Blanc britannique selon laquelle les mauvais traitements physiques infligés aux prisonniers entraînaient parfois apoplexie et mort déclarée sous ce libellé.[170] L'usage d'un document diplomatique pour authentifier les décès constitue une méthode documentaire nouvelle dans un rapport d'activité du mouvement.
L'Italie livre le bilan chiffré le plus précis de la répression judiciaire : environ cent cinquante arrestations au cours du mois de novembre 1939, consécutives à l'interpellation le 1er novembre de la sœur chargée de la littérature, dont le domicile perquisitionné livre les adresses des autres membres ; certains libérés après deux ou trois mois, d'autres conduits à Rome devant le Tribunal spécial fasciste, la sœur Cummetti recevant neuf ans de prison, la sœur Maria Marto cinq ans de bannissement purgés à Vendotena, le frère Marcello Martinelli banni en Sardaigne.[171] En Grèce, trente affaires mettant en cause cinquante-deux personnes aboutissent à vingt-cinq condamnations de six mois à deux ans et à 45 000 drachmes d'amendes.[172]
La convention maintenue comme démonstration de capacité
La Convention théocratique de juillet 1940 constitue l'épisode organisationnel majeur de l'exercice. Prévue à l'Ohio State Fair Grounds, elle se heurte à la résiliation de seize contrats de salles sur trente-quatre, imputée à la hiérarchie catholique agissant par l'intermédiaire de la Légion américaine sous couvert de patriotisme.[173] La riposte est immédiatement collective : 2 042 136 signatures sont recueillies en quelques jours sur une pétition adressée au gouverneur de l'Ohio, et deux millions d'exemplaires de la brochure Judge Rutherford Uncovers Fifth Column sont imprimés en doubles équipes jour et nuit pour être distribués avant l'ouverture.[174] La convention se tient finalement à Detroit du 24 au 28 juillet, réunissant 45 000 personnes dans la Convention Hall et l'Eastern Star Temple, 12 000 autres dans un camp de caravanes que la presse surnomme « Jehovah Village », et 35 000 dans dix-sept villes raccordées par fils, soit près de 80 000 auditeurs — dispositif de liaison filaire dont le mouvement avait éprouvé le principe deux ans plus tôt lors d'un rassemblement londonien relié à cinquante villes.[175] Le choix de Detroit est interprété comme voulu par Jéhovah, la ville étant le fief du « Père » Coughlin et du commandant de la Légion américaine Kelly.[176] L'obstacle est donc converti en preuve : le nombre de salles perdues et le volume de signatures recueillies deviennent, dans le même récit, les deux faces d'une même démonstration de capacité logistique.
Ce principe est étendu au monde entier par un réseau de conventions de substitution alimentées par courrier aérien transatlantique. Les conditions de guerre interdisant la retransmission directe depuis Detroit vers la Grande-Bretagne, les discours de Rutherford sont expédiés par avion, soumis à la censure britannique, puis lus ou diffusés : rassemblements simultanés dans toutes les salles du Royaume le dimanche 28 juillet à seize heures devant 14 000 personnes, puis conventions d'extension à Manchester du 30 août au 1er septembre, à Édimbourg du 13 au 15 septembre et à Londres le 29 septembre, totalisant 8 000 participants.[177] La convention londonienne du Golders Green Hippodrome, organisée avec sept jours de préavis dans une capitale dont les grandes salles sont réquisitionnées, réunit 2 500 personnes au lendemain d'un raid nocturne de huit heures suivi d'un raid diurne, le programme étant calé entre treize et dix-sept heures pour permettre le retour avant le bombardement du soir ; l'enregistrement du discours « La religion comme remède mondial » est diffusé en clôture pendant qu'une alerte est en cours.[178] Le même schéma se répète à Belfast, à Johannesburg du 22 au 25 mars 1940 avec 313 participants représentant la moitié des proclamateurs de l'Union, à Shanghai les 27 et 28 juillet devant des délégués de dix nationalités, à Manille du 21 au 23 mars, à Sydney, à Trinité le 29 septembre avec 350 présents, à Stockholm fin juin avec 685 personnes. À Helsinki, le stade olympique construit pour les Jeux annulés est loué pour cent dollars et 78 000 prospectus distribués avant que le clergé n'obtienne l'interdiction de la réunion publique à la dernière heure, le discours étant alors publié intégralement par le plus grand quotidien du pays sur une page et un tiers.[179]
La même logique administrative s'applique aux corps. La filiale de Londres traite des dossiers sans précédent : demandes de licences, rapports gouvernementaux sur les mouvements de marchandises, répartition du carburant pour les trente véhicules de la Société, évacuation de membres des zones de guerre, gestion des internements, accueil des réfugiés de Belgique, réinsertion des frères ayant fui les Îles Anglo-Normandes coupées du bureau après l'invasion de juillet — pour un total de 52 770 lettres reçues et 67 805 expédiées.[180] Le chiffre du courrier, rapporté à une famille de vingt-quatre membres et un personnel de bureau de dix personnes, mesure la charge administrative que la guerre fait peser sur une filiale devenue de fait un service social.
Se rendre visible : méthodes de rue et contrôle de la réputation
L'année voit apparaître un répertoire de méthodes publiques inédites. Des panneaux de quatre pieds sur neuf et des marches d'information sont organisés dans les rues de Honolulu, Hilo et Wailuku, accompagnés de 37 250 tracts déposés de maison en maison et dans les commerces.[181] Au Nigeria, ces marches sont qualifiées de méthode la plus bruyante pour révéler que la religion est une fraude, un piège et une escroquerie — formule qui reprend le slogan des pancartes portées à Manille les 21 et 22 mars 1940 et qui donne à un défilé silencieux une valeur de proclamation.[182] À la Barbade, un stand est tenu lors de l'Exposition annuelle avec littérature, phonographes et conférences par machine à transcription, sous un panneau annonçant le Royaume de Jéhovah aux portes.[183] En Finlande, le rationnement de l'essence conduit un frère quasi aveugle à acquérir un tandem — guidé par un frère voyant assis à l'arrière — tandis qu'un troisième pédale sur un tricycle portant gramophone et haut-parleur, des équipes précédant le convoi avec des porte-voix en carton.[184] Cette improvisation matérielle témoigne d'un principe constant : la contrainte technique appelle une solution de substitution, jamais un retrait.
La portée mondiale de ces méthodes est mesurée par les campagnes coordonnées. La période d'octobre 1939 mobilise 73 469 proclamateurs dans cinquante-cinq pays ; celle d'avril à juin 1940, de « Siège de Bataille » à « Armée de Criquets », en rassemble 90 674 dans cinquante-trois pays malgré la fermeture de la plupart des pays européens en guerre, pour 5 672 705 heures en trois mois contre 1 861 543 pour le mois de comparaison précédent.[185] La littérature du Royaume est diffusée en quatre-vingt-huit langues.[186] Le fait que le nombre de proclamateurs progresse de 23 % pendant que le nombre de pays recule de deux indique une concentration de l'effort sur les territoires demeurés accessibles — mécanique que le rapport britannique formule à sa manière en observant que chaque nouvelle phase du conflit coïncide avec un nouveau record de participants.[187]
Le contrôle du discours tenu sur le mouvement complète cette visibilité. Le vicaire anglican Ernest D. Panter, de Brimscombe, ayant écrit dans son magazine paroissial que les Témoins sapaient activement l'autorité de l'État, est poursuivi par les avocats de la Société et contraint de publier un démenti et de payer dix guinées de frais ; une action en diffamation est engagée contre l'un des plus grands journaux dominicaux britanniques, alors que la presse consacre plus d'un millier d'articles à l'organisation dans l'année.[188] À Shanghai, l'arrestation d'un pionnier syrien dans la Concession française le 12 août sous prétexte de colportage sans licence, suivie de vingt-quatre heures de cellule après refus de principe de payer l'amende de cinq dollars, donne lieu à trois lettres de protestation au chef de la police, au consul général français et au juge.[189] Le refus de payer une amende modique pour obtenir un contentieux illustre exactement la méthode appliquée aux États-Unis : transformer une contravention en question de principe susceptible d'être portée devant une juridiction.
Frontières intérieures, biens des membres et sommet incertain
Le resserrement contre l'adversaire extérieur s'accompagne d'une clôture du corps social. La classe du « mauvais serviteur », catégorie tirée de Matthieu 24:48-51 et lue collectivement depuis la fin des années 1920, est décrite comme ayant continué à s'opposer à la Théocratie et à frapper les serviteurs de Dieu, se voyant appliquer la malédiction d'Ésaïe 65:11-15.[190] Les griefs ne sont pas doctrinaux mais comportementaux : fausses accusations portées aux autorités, collaboration avec la hiérarchie catholique, en Grande-Bretagne comme en Lituanie où un réfugié polonais se prétendant Témoin adresse des rapports aux autorités et au clergé, provoquant la saisie d'un colis et la perquisition du bureau.[191] Leurs places sont déclarées reprises par des « Jonadabs » zélés — le remplacement des dissidents par la classe terrestre constituée depuis 1935 fonctionnant comme solde nul de l'effectif.[192] Que la délation soit le grief central, et non l'erreur d'interprétation, marque un déplacement : l'appartenance se mesure désormais à la loyauté opérationnelle, et le marquage des déviants devient un instrument de maintien des frontières.[193]
À cette clôture correspond un engagement patrimonial croissant. Plusieurs frères australiens proposent de remettre leurs exploitations agricoles à la Société ou de les faire gérer sous contrôle théocratique, afin d'employer des membres écartés de l'économie séculière par les pressions d'opposants.[194] Aux Pays-Bas, un don de 7 000 florins reçu pendant la guerre est investi dans l'acquisition d'une propriété à Leersum, dont la valeur est déjà déclarée en hausse de 1 000 florins ; en Grande-Bretagne, la Société exploite une ferme sur la côte est pour ravitailler le Béthel de Londres, et à Buenos Aires comme à São Paulo les membres construisent ou aménagent eux-mêmes leur salle.[195] La propriété de Leersum, destinée à héberger des pionniers, sera perquisitionnée par un détachement de soldats puis revendue, l'un des frères venus percevoir le solde du prix de vente étant arrêté par la Gestapo en septembre 1940.[196] L'annuaire enregistre ainsi, la même année, la mise en commun de biens privés et sa vulnérabilité à la saisie.
L'exercice se clôt sur une incertitude au sommet. L'assemblée annuelle de la Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania du 1er octobre 1940, tenue à Pittsburgh, est présidée non par Rutherford mais par le vice-président N. H. Knorr en son absence, William Van Amburgh demandant la bénédiction divine puis rendant compte brièvement de la situation financière, Grant Suiter étant élu secrétaire temporaire.[197] L'assemblée vote un télégramme de loyauté et demande la publication du rapport présidentiel dans l'annuaire.[198] La lettre de Rutherford du 29 septembre annonce un changement complet imminent et décrit la méchanceté contre les chrétiens en Amérique comme sans précédent.[199] L'absence du président est corroborée par le rapport de la convention de Detroit, où il est décrit comme gravement malade et sous soins médicaux, n'ayant pu assister que grâce à une intervention divine, et prenant néanmoins la parole à trois reprises.[200] La présidence de l'assemblée statutaire par Knorr, la reddition des comptes par Van Amburgh et la présence de Covington comme conseiller juridique dessinent ainsi, dans un document purement administratif, la configuration des responsabilités effectives au moment où l'annuaire envisage par ailleurs qu'Harmaguédon survienne avant la parution du volume suivant.[201]
Contenu
La Théocratie — introduction doctrinale
La théocratie de Jéhovah, gouvernement du monde par Christ Jésus en tant que Roi et Officier Exécutif, est présentée comme la forme de gouvernement absolue et immuable.[202] Jéhovah étant un esprit invisible, Christ Jésus est décrit comme l'image expresse du Père, à jamais invisible aux yeux humains, et agissant comme son représentant officiel. Le passage de 1 Timothée 6:15-16 est cité pour illustrer la souveraineté exclusive du Dieu Tout-Puissant, « le seul souverain, le Roi des rois et Seigneur des seigneurs ».[203]
L'argument se développe en convoquant Hébreux 1:1-4 pour établir que Dieu, après avoir parlé par les prophètes, a finalement parlé par son Fils, héritier de toutes choses et image de sa gloire.[204] La délégation de toute autorité au Fils — « toute puissance dans le ciel et sur la terre » — est fondée sur Matthieu 28:18, et l'onction de Christ comme Roi au moment de son baptême dans le Jourdain est appuyée par Matthieu 3:16-17. Le jugement du monde est entièrement remis au Fils selon Jean 5:22 et Jean 5:27.[205]
L'Autorité — la Bible comme guide
La Bible est présentée comme l'autorité suprême, ses auteurs ayant été inspirés et mus par l'esprit de Dieu, selon 2 Pierre 1:21 et 2 Timothée 3:16-17.[206] Le « homme de Dieu » est défini comme tout homme qui désire sincèrement connaître Dieu et lui obéir, diligent à apprendre ses commandements et à honorer le nom du Très-Haut. Pour un tel homme, la Bible constitue un guide parfait et sûr, illustré par le verset de Psaumes 119:105 : « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier ».[207]
Dieu guide les humbles selon Psaumes 25:9 et Psaumes 32:8, et invite à lui faire entièrement confiance selon Proverbes 3:5-6.[208] La Parole de Dieu est présentée comme toujours juste et vraie, selon Psaumes 33:4, et les Écritures constituent la raison d'être et le fondement de l'activité des Témoins de Jéhovah.[209]
Le Père — la souveraineté de Jéhovah
La souveraineté absolue de Jéhovah comme Dieu Tout-Puissant est affirmée par les textes de Genèse 17:1 et Psaumes 90:2, soulignant son éternité sans commencement ni fin.[210] Le nom Jéhovah appartient exclusivement au Dieu Tout-Puissant, établi par Psaumes 83:18 : « Afin que les hommes sachent que toi seul, dont le nom est Jéhovah, tu es le Très-Haut sur toute la terre ».[211]
Le Fils — la nature et la mission de Jésus
Jésus est présenté comme le Fils du Dieu Tout-Puissant, distinct de celui-ci, conformément à 1 Corinthiens 8:6 qui distingue un seul Dieu le Père et un seul Seigneur Jésus-Christ.[212] Son honneur exceptionnel est fondé sur son obéissance totale à la volonté du Père, selon Psaumes 45:7. Il est envoyé sur terre pour représenter Jéhovah et proclamer sa vérité, comme l'établissent Jean 8:16-17.[213]
L'Unité — accord entre le Père et le Fils
L'unité entre le Père et le Fils est présentée non comme une unité de personne, mais comme une unité d'action et de but.[214] Christ Jésus, désigné « Logos » dans le grec, est « le commencement de la création de Dieu » selon Apocalypse 3:14, et tout ce qui a été créé l'a été par lui selon Jean 1:1-3.[215] Son incarnation, attestée par Jean 1:14, a pour fin l'accomplissement de la volonté du Père. Les textes de Jean 4:34, Jean 5:36, Jean 6:38-40 et Jean 5:30 illustrent la soumission totale du Fils. La déclaration « Moi et le Père, nous sommes un » de Jean 10:30 est interprétée comme une unité d'action, non d'essence.[216] Jéhovah est le donateur de vie, et cette vie est administrée par son Fils selon 1 Timothée 2:5.[217]
La Mission — la commission de Jésus
La commission de Jésus, reçue de son Père, comporte trois volets : la vindication du nom du Père, la rédemption des humains croyants et obéissants, et l'établissement du Royaume de Dieu — la Théocratie.[218] Pendant des siècles, le Diable a reproché au nom de Jéhovah et poussé des créatures à le blasphémer, en défi à Dieu lui-même. La réponse de Jéhovah, citant Exode 9:16, affirme qu'il a laissé l'adversaire subsister pour démontrer sa puissance et faire connaître son nom.[219] La vengeance divine sur ses ennemis constitue la vindication complète du nom saint de Jéhovah, selon Deutéronome 32:35 et Deutéronome 32:41-43.[220] Le but de Dieu, que toute créature respirante loue son nom (Psaumes 150:6), sera exécuté par le Fils bien-aimé. La rédemption de l'humanité, rendue possible par le sacrifice du Fils, est présentée comme un but secondaire de la commission, appuyé par Romains 5:12, Romains 5:18-19 et Jean 3:16-17.[221]
Le Témoignage de Jésus
Jésus, lors de sa vie terrestre, se présente comme roi devant Pilate avec les mots « Je suis roi. C'est pour cela que je suis né, et c'est pour cela que je suis venu dans le monde, afin de rendre témoignage à la vérité » (Jean 18:37), tout en précisant que son royaume n'est pas de ce monde (Jean 18:36).[222] Il s'ensuit que « ce monde » doit prendre fin avant que le gouvernement théocratique puisse être mis en œuvre. La commission de Jésus lui imposait donc d'être, sur terre, un témoin de la vérité afin que ceux qui le désirent puissent l'apprendre. Ses disciples, définis comme des apprenants disposés, sont ensuite commissionnés comme apôtres et témoins pour proclamer que Jéhovah est le Dieu Tout-Puissant, que son nom doit être vindiqué, et que tout cela s'accomplira lors du deuxième avènement de Christ à travers le Royaume — la Théocratie. L'invitation à toujours prier pour l'avènement de ce Royaume est fondée sur Matthieu 6:10.[223]
Le Témoignage des Apôtres
Depuis l'ascension de Christ jusqu'à la fin de leur existence terrestre, les apôtres ont rendu témoignage du dessein de Jéhovah et de l'avènement imminent du Roi.[224] Le retour de Christ et l'établissement de son règne constituent le thème central de leur prédication. Le texte de Philippiens 3:20-21 est cité pour exprimer l'attente d'un Sauveur venant du ciel, et 2 Timothée 4:1 rappelle que Christ jugera les vivants et les morts à sa manifestation. L'admonition apostolique à prêcher la Parole en toutes circonstances est développée sur 2 Timothée 4:2-8, insistant sur la persévérance malgré les temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine.[225] Christ lui-même demande à ses suivants de veiller (Matthieu 24:42 et Matthieu 24:44), et depuis l'époque apostolique jusqu'au présent, un petit nombre d'hommes et de femmes fidèles sont décrits comme ayant toujours attendu et annoncé l'avènement du Royaume.[226]
Les Corporations — structures juridiques du mouvement
Les sociétés par actions sont présentées comme des instruments juridiques permettant de perpétuer un but sans dépendre de la durée de vie des individus.[227] Trois corporations ont été constituées par les disciples de Christ Jésus dans ce but. En 1884, la Zion's Watch Tower Tract Society est fondée sous les lois de Pennsylvanie, avec pour objet statutaire « la diffusion des vérités bibliques en diverses langues au moyen de la publication de tracts, brochures, journaux et autres documents religieux, et par tous les autres moyens légaux ».[228] Son nom est ultérieurement changé en Watch Tower Bible and Tract Society. En 1908, une deuxième corporation est créée dans l'État de New York, la Peoples Pulpit Association, dont le nom est ensuite transformé en Watchtower Bible and Tract Society, Incorporated. En 1914, une troisième corporation est fondée en Grande-Bretagne sous le nom d'International Bible Students Association, avec un objet identique aux deux précédentes.[229] Les trois entités agissent ensemble comme imprimeurs et fabricants de livres, magazines et autres publications pour l'ensemble des Témoins de Jéhovah à travers le monde.[230]
Charles Taze Russell est présenté comme le principal promoteur de la constitution de ces trois corporations, mais non comme le fondateur ou l'organisateur des Témoins de Jéhovah en tant que témoins de Jéhovah.[231] Russell, décédé le 31 octobre 1916, est décrit comme un chrétien fidèle jusqu'à la mort, aimé de ceux qui aimaient Jéhovah et haï de ceux qui lui étaient infidèles.[232]
L'affirmation selon laquelle les Témoins de Jéhovah auraient récemment ignoré leur fondateur et constitué une secte est qualifiée de « sans vérité ni fondement, entièrement fausse ».[233] Le document propose ses propres définitions des termes « culte », « secte », « blasphème », « religion » et « christianisme ». La « religion » y est définie comme le fait de faire quoi que ce soit à l'encontre de la volonté de Dieu Tout-Puissant, tandis que le « christianisme » signifie accomplir avec joie la volonté de Dieu.[234] Il est affirmé que prétendre qu'un homme est le fondateur ou l'organisateur des Témoins de Jéhovah constitue un blasphème, car la prérogative de choisir et d'organiser ses témoins appartient exclusivement à Jéhovah Dieu.[235] La religion est présentée comme une invention du Diable, s'appuyant sur Deutéronome 7:16.[236]
Les témoins de Jéhovah sont définis comme ceux que Jéhovah lui-même choisit parmi les hommes désireux de lui obéir, non comme les membres d'une organisation fondée par un homme.[237] Leur rôle est de proclamer le nom et le royaume de Jéhovah, ce qui les distingue radicalement de toute organisation religieuse humaine. Le chef suprême de ces témoins est désigné comme le Logos, Christ Jésus, dont l'un des titres officiels est « Le Témoin Fidèle et Véritable » (Apocalypse 1:5 ; Apocalypse 3:14).[238]
La liste des témoins de Jéhovah remonte à Abel, premier homme à recevoir l'approbation divine selon Genèse 4:4 et Hébreux 11:4, suivi d'Énoch, Noé, Abraham, Sara, Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, Rahab, Gédéon, Barak, Samson, David, Samuel et tous les prophètes fidèles jusqu'à Jean-Baptiste.[239] Ces témoins bibliques, désignés comme ceux « dont le monde n'était pas digne », ont reçu la promesse d'être ressuscités et établis comme princes ou gouverneurs visibles sur la terre sous le grand Roi théocratique, Christ Jésus, selon Psaumes 45:16 et Ésaïe 32:1.[240]
Comment être sélectionné — les conditions d'entrée dans l'alliance
Pour se placer en position d'être choisi par Jéhovah, la personne doit d'abord avoir foi que Jéhovah est le seul vrai Dieu Tout-Puissant et que Christ Jésus est le rédempteur de l'humanité, selon Hébreux 11:6.[241] Elle doit ensuite « se renoncer », prendre sa croix et suivre Jésus (Matthieu 16:24), ce qui implique d'abandonner sa propre volonté pour se consacrer inconditionnellement à celle de Dieu. Si Dieu accepte cette consécration, il engendre spirituellement la personne selon Jacques 1:18 et la prend dans son alliance, à l'instar de Jésus lui-même selon Psaumes 40:8.[242] La confirmation intérieure de cet état passe par l'esprit de Dieu lui-même (Romains 8:16), sans qu'aucun intermédiaire humain ne soit nécessaire, car il s'agit d'une affaire individuelle entre la créature et le Seigneur.[243] L'onction divine est ainsi directe, fondée sur 1 Jean 2:27 : « l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'un homme vous enseigne ».[244]
Son Nom — proclamer le nom de Jéhovah
Le but premier de la sélection des serviteurs de Dieu est qu'ils soient témoins du nom et du royaume de Jéhovah. Le texte des Actes 15:14 est cité pour établir que Dieu a d'abord visité les nations pour « s'en faire un peuple pour son nom ».[245] Le nom de Jéhovah, déshonoré depuis des siècles, doit être vindiqué, et c'est pourquoi les témoins choisis ont l'obligation de le proclamer aux autres, en se fondant sur Exode 9:16. Le proclamateur consacré reçoit à cet effet une autorité directe du Seigneur et en est responsable devant lui seul.[246]
Ordonné — la commission divine et le ministère
L'ordination est définie comme une nomination par la juste autorité à une position pour accomplir des devoirs précisément assignés.[247] Jéhovah étant celui qui sélectionne ses témoins, c'est lui qui les ordonne, comme l'exprime Ésaïe 61:1-2 : « L'Esprit du Seigneur Jéhovah est sur moi, parce que Jéhovah m'a oint pour annoncer de bonnes nouvelles aux doux ».[248] L'obéissance aux commandements divins prime sur tout sacrifice selon 1 Samuel 15:22, et la règle est proclamée par le Seigneur en Apocalypse 2:10 : être fidèle jusqu'à la mort pour recevoir la couronne de vie.[249]
Le corps de chrétiens connus comme les Témoins de Jéhovah forme un corps uni, opérant comme un tout en pleine unité selon Éphésiens 4:13-15.[250] La Watch Tower Bible and Tract Society agit en leur nom pour mener leur travail de manière ordonnée. À chaque personne donnant la preuve d'une dévotion totale à Dieu et à son royaume, la Société délivre une carte d'identification la reconnaissant comme ministre ordonné et serviteur du Seigneur — tout en précisant que cette carte ne confère pas l'ordination, qui vient de Jéhovah lui-même, mais sert uniquement à identifier les représentants de la Société.[251]
Les Études — les réunions d'étude biblique
Dans de nombreuses villes et communautés à travers le monde, des classes ou groupes de Témoins de Jéhovah se réunissent plusieurs fois par semaine pour étudier la Bible de manière attentive et recueillie, en utilisant les publications de la Watch Tower Bible and Tract Society pour progresser dans une compréhension ordonnée des Écritures.[252] Ces réunions d'étude sont dirigées par des anciens — des personnes plus matures et aptes à l'enseignement — et sont ouvertes à quiconque désire apprendre ce qui concerne Dieu et son royaume.[253]
La Prédication — proclamer le Royaume de maison en maison
Prêcher est défini comme proclamer un message, et la « prédication de l'évangile du Royaume de Dieu » désigne la proclamation aux autres des vérités scripturaires concernant Jéhovah et son royaume sous Christ Jésus.[254] Chaque Témoin de Jéhovah commissonné est tenu de prêcher le message de Dieu à tous ceux qui voudront l'entendre, non comme représentant d'une organisation humaine, mais comme témoin du grand Théocrate. Lorsque des hommes tentent d'empêcher cette prédication, la règle apostolique s'impose : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes » (Actes 5:29).[255]
Le second avènement de Christ Jésus pour commencer son règne en tant que Roi est présenté comme ayant eu lieu en 1914, appuyé par Psaumes 110:2, Apocalypse 11:17-18 et Matthieu 24:1-25.[256] Depuis 1914, Christ Jésus, Roi du Gouvernement Théocratique, est envoyé pour régner, déloger Satan et tous ses agents, et établir la justice dans le monde entier. En obéissance au commandement de Matthieu 24:14 — prêcher cet évangile du Royaume dans le monde entier comme témoignage à toutes les nations avant que la fin vienne — les Témoins de Jéhovah vont de lieu en lieu et de maison en maison pour informer ceux qui voudront l'entendre.[257] Contrairement aux dénominations religieuses qui se rassemblent dans des édifices pour pratiquer des cérémonies formelles, les Témoins se rendent chez les gens, leur apportant livres, brochures et magazines pour leur permettre de trouver eux-mêmes dans les Écritures la preuve que le Royaume est là.[258]
Pourquoi ce nom — l'origine et la signification du nom « Témoins de Jéhovah »
Tous les vrais disciples de Christ Jésus sont des témoins de Jéhovah, qu'ils se désignent ainsi ou non. Depuis l'époque apostolique, des disciples fidèles ont toujours existé sur la terre. Mais peu de temps après la mort des apôtres, des hommes ambitieux ont commencé à organiser des dénominations appelées « églises » ou « organisations d'église », introduisant des doctrines et théories humaines qui ont rapidement relégué les enseignements bibliques au second plan.[259] Ces organisations religieuses enseignent désormais les traditions des hommes, ce que Jésus condamnait selon Matthieu 15:6-10. L'apôtre Paul lui-même est décrit comme ayant suivi les traditions avant que le Seigneur lui ouvre l'entendement, après quoi il a rejeté la religion comme une ennemie.[260]
L'organisation catholique est présentée comme ayant été fondée par des hommes et n'ayant jamais représenté Dieu ni Christ Jésus. Les organisations protestantes, formées en protestation contre le catholicisme, ont à leur tour complètement ignoré la Théocratie et n'ont mis en avant le Royaume de Jéhovah sous Christ en aucune façon.[261]
Après la constitution de la Watch Tower Bible and Tract Society par le pasteur Russell et ses frères, cette Société s'est tenue entièrement à l'écart de toutes les dénominations religieuses. Russell lui-même, décrit comme un vrai chrétien et donc un témoin de Jéhovah, a répété dans ses discours et ses écrits que les systèmes ecclésiaux dénominationaux ne sont pas chrétiens, les appelant « l'ecclésiasme, par opposition au christianisme ».[262]
La « fin du monde » est présentée comme survenue en 1914, vérité que Russell avait fortement soulignée pendant des années avant sa mort en 1916. En 1918, le Seigneur Jésus-Christ est décrit comme étant venu au temple de Jéhovah — c'est-à-dire au corps des chrétiens consacrés — pour les soumettre à une épreuve sévère conformément à Malachie 3:1-8. Ceux qui se sont révélés entièrement dévoués au Seigneur ont été approuvés et rassemblés dans le temple ; ceux qui ont manifesté de l'égoïsme ou se sont révélés infidèles ont été mis de côté, qualifiés de « mauvais serviteur » selon Matthieu 24:48-51.[263] Bien que ce jugement du temple ait commencé en 1918, c'est seulement en 1922 que les consacrés sur terre ont compris que le Seigneur était au temple. Depuis lors, le Seigneur est présenté comme ayant continuellement illuminé les prophéties et leur en ayant révélé le sens, au grand bonheur de ses serviteurs.[264]
Russell n'a jamais prétendu avoir des disciples et ne souhaitait pas que ses frères soient appelés « Russellites ». Ses ouvrages, intitulés Millennial Dawn (« l'aube du règne millénaire de Christ »), ont conduit certains à appeler Russell et ses frères « Millennial Dawnites ». Après la constitution de l'International Bible Students Association, ce groupe a été généralement appelé « étudiants internationaux de la Bible ». Russell n'a jamais adopté d'autre nom pour lui et ses associés que celui de chrétien.[265]
C'est en 1931 que le nom « Témoins de Jéhovah » est formellement adopté. La confusion engendrée par la religion avait longtemps affecté ceux qui étaient associés au pasteur Russell, des pratiques et conceptions religieuses leur étant restées attachées jusqu'à ce qu'ils parviennent à une meilleure compréhension du dessein de Dieu.[266] C'est la Watchtower de 1931 qui publie l'article attirant l'attention sur le texte d'Ésaïe 62:1-2 : ceux rassemblés au temple se verront attribuer « un nouveau nom que la bouche du Seigneur désignera », non par un homme, mais par la bouche du Seigneur lui-même.[267] Le texte d'Ésaïe 43:10-12 — « Vous êtes mes témoins » — est présenté comme la désignation directe, par Jéhovah, de ses serviteurs fidèles, les plaçant dans la lignée de tous ses témoins depuis Abel jusqu'au présent.[268]
La classe du « mauvais serviteur », en continuant à s'opposer à la Théocratie et à frapper les serviteurs de Dieu, se voit appliquer la malédiction d'Ésaïe 65:11-15, selon laquelle ceux qui ont abandonné le Seigneur seront voués à l'épée tandis que ses serviteurs se réjouiront.[269]
La résolution unanime adoptée en 1931 lors d'une convention tenue à Columbus, Ohio, est reproduite intégralement. Elle part du constat qu'après la mort de Charles T. Russell, une division avait surgi entre ses anciens associés, certains s'étant retirés de la Watch Tower Bible and Tract Society pour former diverses compagnies sous des noms tels que « Bible Students », « Associated Bible Students », « Russellites », « Stand-Fasters » — « tous propres à causer confusion et malentendu ».[270] La résolution déclare que Charles T. Russell a été aimé et utilisé par le Seigneur, mais que le nom « Russellites » ne peut être accepté. Elle affirme que les corporations — Watch Tower Bible and Tract Society, International Bible Students Association, Peoples Pulpit Association — ne sont que des instruments juridiques et ne définissent pas l'identité du peuple chrétien. Ce peuple refuse de porter le nom de tout homme et déclare son allégeance entière et sans hésitation à Jéhovah Dieu et à son royaume, embrassant avec joie le nom « Témoins de Jéhovah » (Ésaïe 43:10-12 ; Ésaïe 62:2 ; Apocalypse 12:17).[271]
La résolution définit le seul but de ce peuple : être entièrement obéissant aux commandements divins, proclamer que Jéhovah est le seul vrai Dieu Tout-Puissant, que Christ est le Roi établi sur son trône, que son royaume est venu, et dénoncer l'organisation de Satan — en particulier la chrétienté, qualifiée de partie la plus perverse de cette organisation visible — avant que Dieu ne détruise celle-ci et que le Roi apporte paix, prospérité, liberté, santé, bonheur et vie éternelle aux obéissants.[272]
Son message — la proclamation théocratique
Le message porté par les Témoins de Jéhovah n'est pas présenté comme le leur : il est celui de Jéhovah Dieu Tout-Puissant et de son Roi, délivré en obéissance au commandement divin. Ses porteurs sont définis comme des messagers de paix, sans aucune volonté de nuire à qui que ce soit. L'accusation de bigoterie et d'intolérance qui leur est adressée par leurs adversaires est rejetée : proclamer le message de Dieu ne peut constituer de l'intolérance.[273] Ce message est présenté comme une joie pour quiconque aime la droiture, mais comme « une épée à deux tranchants » pour tous ceux qui s'attachent fermement à la religion, car il expose l'erreur et révèle la religion comme un piège de Satan, appuyé sur Hébreux 4:11-13.[274]
En 1914, la domination ininterrompue de Satan sur le monde prend fin et Christ Jésus est envoyé pour régner. Entre 1914 et 1918, une « guerre dans le ciel » oppose Christ et ses anges au Diable et aux siens, aboutissant à la chute de Satan sur la terre selon Apocalypse 12:1-9 et Apocalypse 12:12.[275] Depuis lors, le message du Royaume — la Théocratie — doit être proclamé par les témoins fidèles, ce qui explique que le Diable et ses agents s'opposent avec acharnement à cette proclamation et cherchent à détruire ses messagers. Le « Dragon » et sa « femme » — son organisation religieuse — font la guerre aux témoins du Seigneur conformément à Apocalypse 12:17.[276]
Opposition violente — la persécution des Témoins aux États-Unis
L'opposition au gouvernement théocratique est attribuée au Diable, qui depuis l'onction de Jésus au Jourdain cherche à détruire le Roi et ses disciples. Le passage de Matthieu 11:12 — « le royaume des cieux est pris de force et des violents s'en emparent » — est cité pour établir que la violence contre le peuple de Dieu est une constante depuis Jean-Baptiste.[277] Jésus lui-même a été mis à mort violemment par les agents du Diable — les organisations religieuses — qui sont désignées selon Jean 8:40 et Jean 8:44 comme enfants du Diable, menteur et meurtrier depuis le commencement.[278]
Les membres actuels du peuple de Dieu sur terre, désignés comme les membres des « pieds » du « corps » de Christ Jésus, sont présentés comme « beaux parce qu'entièrement dévoués à lui et à son Roi », selon Ésaïe 52:7.[279] Jamais dans l'histoire de l'humanité une violence aussi répandue, organisée et vicieuse n'aurait été commise contre des chrétiens, selon l'affirmation contenue dans le document.[280]
Des prêtres catholiques sont accusés d'avoir incité des foules ignorantes à former des bandes qui ont physiquement agressé, battu et blessé des hommes, des femmes et des enfants engagés dans la proclamation du Royaume. Des fonctionnaires — policiers, shérifs, procureurs et magistrats — sont présentés comme ayant, sous l'influence du clergé, violé les droits constitutionnels de ces citoyens sans défense.[281] Ces foules religieuses sont décrites comme ayant enfoncé des portes, détruit des meubles, brûlé des maisons et des automobiles, kidnappé des Témoins, et commis des actes de violence extrême, notamment faire avaler de l'huile de ricin par une pompe stomacale à des chrétiens ligotés, puis les conduire dans les rues comme des bêtes.[282]
À Connersville, Indiana, deux femmes chrétiennes sont arrêtées, inculpées de sédition et envoyées en prison pour avoir distribué La Tour de Garde, publication entièrement consacrée à la prédication du Royaume.[283] Dans le Kentucky et la Virginie-Occidentale, des Témoins sont poursuivis pour sédition au motif de la proclamation du Royaume de Dieu, et la possession de La Tour de Garde est décrite dans un acte d'accusation comme « contraire à l'État et aux États-Unis ».[284]
Des voix extérieures au mouvement sont citées pour attester de la gravité de la situation. Le docteur F. M. Eliot écrit à l'ensemble des pasteurs unitariens pour signaler « une vague d'animosité intense et amère » contre les Témoins, qui constitue selon lui « un symptôme alarmant d'une condition dangereuse dans la vie américaine ». Il appelle ses collègues à prendre la tête d'un mouvement pour la raison et à coopérer avec l'American Civil Liberties Union pour défendre les droits de ces citoyens.[285]
Le Michigan Christian Advocate du 8 août 1940 reconnaît dans les Témoins « un défi à notre complaisance païenne » et souligne que leur persécution met en lumière le problème de la liberté religieuse dans une nation « qui devient rapidement fasciste », ajoutant que les violations des principes de liberté religieuse ne peuvent être ignorées, quel que soit le désaccord avec le credo de ce mouvement.[286]
Ces témoignages extérieurs suscitent de la gratitude, mais leurs auteurs sont néanmoins présentés comme passant à côté du véritable enjeu : le combat se situe entre le Diable et Dieu et son Royaume. Les ministres protestants qui protestent contre la violence manquent l'occasion de se ranger résolument du côté du Roi et du Royaume avant qu'il ne soit trop tard.[287]
Qui est persécuté ? — l'exclusivité de la persécution des Témoins
Un fait est posé comme indisputable : aucun ministre catholique, protestant ou d'une autre confession ne souffre de violences de la part de foules ou de fonctionnaires en raison des doctrines qu'il enseigne, et aucune organisation religieuse n'est persécutée pour avoir défendu le Royaume de Jéhovah sous Christ. Au contraire, dans le tumulte mondial, les chefs religieux marchent main dans la main avec les politiciens et gardent un silence total sur le Gouvernement Théocratique. Aux États-Unis, les droits constitutionnels des institutions religieuses sont protégés, et catholiques, protestants et autres dirigeants religieux bénéficient de la protection et des louanges de toutes les formations politiques.[288]
La persécution dont les Témoins de Jéhovah font l'objet est présentée comme la preuve scripturalement annoncée de leur fidélité à Dieu, en s'appuyant sur les paroles de Jésus : Jean 15:19 et Matthieu 24:9 sont cités pour démontrer que la haine des nations à leur égard n'est pas un accident historique mais l'accomplissement d'une prophétie.[289] La violence subie dans les nations totalitaires, où des Témoins sont présentés comme morts ou emprisonnés en raison de leur prédication, et aux États-Unis, où leurs droits constitutionnels sont décrits comme bafoués par des ordonnances locales contraires à la Constitution, est interprétée comme la marque de leur appartenance au camp de Dieu.[290] La persécution remplit une double fonction théologique : elle permet aux adversaires du Royaume de se désigner comme ennemis de Dieu, marqués pour la destruction à l'Harmaguédon, et elle donne aux serviteurs fidèles l'occasion de prouver leur intégrité, confondant ainsi le Diable.[291] L'absence de persécution serait au contraire un signe de bâtardise spirituelle, en s'appuyant sur Hébreux 12:7-8.[292]
Les membres oints, désignés comme le « reste » consacré, sont présentés comme chargés de porter le message aux personnes de bonne volonté sur la terre, tandis que les « autres brebis » qui forment la grande foule sont invitées à se réfugier auprès de l'organisation du Seigneur pour traverser la grande tribulation et vivre éternellement sur une terre transformée.[293] L'appel aux ministres protestants qui ont exprimé leur sympathie est renouvelé : il ne suffit pas de protester contre les violations des droits constitutionnels ; la seule voie de salut est de se déclarer publiquement du côté de la Théocratie, car « celui qui n'est pas avec moi est contre moi » (Matthieu 12:30).[294]
Sans malveillance — la proclamation de la vérité contre les doctrines de Satan
Les Témoins de Jéhovah sont présentés comme n'ayant aucune querelle avec aucun être humain en raison de sa religion, de sa politique, de sa nationalité ou de sa couleur ; leur combat vise exclusivement les doctrines de Satan et ses agents religieux.[295] La religion en général est définie comme du démonisme, au motif qu'elle trouverait son origine dans le chef des démons et servirait à détourner les hommes de Dieu, en s'appuyant sur 2 Corinthiens 4:4 et 1 Jean 5:19.[296] La mission des Témoins n'est pas de convertir le monde mais de proclamer la vérité et de laisser chacun exercer son libre choix d'obéir ou non au Seigneur.[297]
Mensonges — Satan père des mensonges et la Hiérarchie catholique
Satan est désigné comme le père des mensonges (Jean 8:44), et sa politique de tromperie est présentée comme adoptée par ses agents religieux terrestres. La Hiérarchie catholique romaine est nommément désignée à travers la citation d'Ésaïe 28:15 comme s'étant réfugiée dans le mensonge.[298] La presse est accusée de masquer la vérité aux populations, la quasi-totalité des journaux étant décrite comme tombée dans ce piège satanique.[299]
Interviews — l'exemple du New York Post
L'exemple du New York Post illustre la déformation journalistique dénoncée : le journal aurait envoyé un reporter recueillir des informations sur les Témoins de Jéhovah, mais la publication finale serait présentée comme l'inverse exact des faits fournis, la vérité étant entièrement omise et remplacée par son contraire.[300] Le journal est accusé d'avoir ensuite consulté un éditeur extérieur sans connaissance du mouvement pour alimenter des spéculations sur les bénéfices supposés que la Watch Tower Bible and Tract Society tirerait de ses publications. Les coûts réels de distribution, d'hébergement du personnel, d'expédition, de défense juridique des Témoins emprisonnés, d'organisation des conventions, de voyages des serviteurs, d'envoi gratuit de littérature à l'étranger et de dons à des personnes trop pauvres pour payer sont présentés comme délibérément ignorés dans cette analyse.[301]
Déclaration financière — défense de la gestion de la Société
En réponse aux demandes de publication d'un bilan, il est affirmé que les contributions reçues pour la littérature sont chaque année inférieures au coût de fabrication et de publication, le déficit étant comblé par des contributions volontaires de fidèles qui se privent de nécessités personnelles pour financer l'œuvre du Royaume.[302] Pour l'exercice fiscal de 1940, le déficit est présenté comme important. La question est retournée contre ceux qui la posent : si la transparence financière est exigée de la Société, pourquoi n'est-elle pas réclamée de la Hiérarchie catholique, dont les propriétés couvrent le monde entier et dont le contrôle est centralisé au Vatican ?[303] Il est affirmé catégoriquement qu'aucun argent n'est reçu d'aucun ennemi, d'aucun parti politique, et qu'aucun individu au sein de l'organisation ne tire de profit personnel de son activité.[304]
Lumière — la vérité divine guidant les serviteurs fidèles
La lumière est définie comme procédant de Dieu, qui en fut l'auteur dès la création (Genèse 1:3), et qui se manifeste par excellence en Christ Jésus, « image expresse » de Jéhovah et « vraie lumière » venue dans le monde (Jean 1:9).[305] Seuls ceux qui aiment la justice sont présentés comme conduits dans la lumière de la Parole de Dieu (Psaumes 97:11), tandis que les chefs religieux sont désignés, selon les mots de Jésus, comme des « guides aveugles d'aveugles » (Ésaïe 60:2).[306] Les serviteurs oints de Dieu, sortis des ténèbres, sont caractérisés comme « enfants de la lumière et enfants du jour » (1 Thessaloniciens 5:5), choisis pour proclamer les louanges de celui qui les a appelés hors des ténèbres vers sa lumière admirable (1 Pierre 2:9).[307] Le commandement royal est présenté comme retentissant désormais pour les serviteurs fidèles : « Lève-toi, resplendis, car ta lumière [le Roi] est venue » (Ésaïe 60:1), Christ Jésus le Roi étant décrit comme intronisé au temple et donnant l'ordre à ses serviteurs d'aller prêcher l'Évangile du Royaume, en s'appuyant sur Romains 10:13-15.[308]
Dans les yeux de Satan et de ses agents religieux, les Témoins de Jéhovah sont présentés comme tout sauf beaux, et haïs de tous ceux-là précisément parce qu'ils proclament le nom et le Royaume de Dieu. « l'œuvre étrange de Jéhovah » est annoncée comme approchant de sa fin, et son « acte étrange » devant suivre rapidement, apportant alors une délivrance pleine et complète.[309] En raison de la domination totalitaire et religieuse dans de nombreux pays d'Europe, il est reconnu que le rapport de cette année ne peut donner un état complet de l'œuvre accomplie ; les rapports des serviteurs fidèles de ces régions ne parviennent qu'en pièces détachées.[310]
Ministres ordonnés
La Société Watch Tower tient à son bureau de Brooklyn une liste de représentants spéciaux, tous désignés comme des ministres ordonnés de l'Évangile, ayant reçu leur ordination divine de Jéhovah Dieu ainsi qu'une nomination formelle de la Société.[311] Les pages 60 à 62 de l'annuaire publient la liste nominative alphabétique de ces représentants spécialement ordonnés, parmi lesquels figurent notamment C. W. Barber, H. G. Covington, F. W. Franz, L. K. Greenlees, J. Hemery, N. H. Knorr, A. Macmillan, J. F. Rutherford, W. E. Van Amburgh et C. J. Woodworth.[312] D'autres ministres ordonnés, dont les noms n'apparaissent pas dans cet annuaire, possèdent une carte d'identification attestant de leur ordination et de leur relation avec la Société.[313]
Rapport des États-Unis — Production et activités du Béthel
Les bureaux directeurs des corporations de la Société sont maintenus au 124 Columbia Heights, Brooklyn, et les bureaux opérationnels et l'usine au 117 Adams Street, Brooklyn.[314] Le personnel du Béthel rend ses services volontairement, sans autre rémunération que le logement, la nourriture et une somme de 10 dollars par mois pour les dépenses personnelles.[315] La semaine de travail normale est de cinq jours et demi, les samedis après-midi et dimanches étant consacrés au service de prédication porte-à-porte.[316] Des études bibliques sont animées par des ministres ordonnés dans New York et ses environs en soirée.[317]
Production
L'exercice 1940 est décrit comme la plus chargée et la plus bénie des années vécues par le personnel du Béthel.[318] Pour faire face à la demande croissante de littérature, l'effectif de l'usine et des bureaux a dû être porté à 160 personnes, et 75 soirées supplémentaires (de 19 h à 21 h 30) ainsi que 16 samedis après-midi ont été travaillés au cours de l'année, en plus des doubles équipes sur certaines presses pendant près de trois semaines.[319]
Le rapport de production compare les chiffres de 1940 à ceux de 1939 : 8 065 200 livres reliés (contre 1 888 734 l'année précédente), 24 817 058 brochures (contre 25 916 475), 7 215 600 exemplaires de La Tour de Garde (contre 4 441 550) et 5 491 950 exemplaires de Consolation (contre 4 927 500), soit un total de 40 589 808 livres et magazines, auxquels s'ajoutent 17 828 000 exemplaires de Kingdom News, 26 865 000 tracts publicitaires et 27 323 485 imprimés divers, pour un grand total de 112 829 877 produits finis (contre 59 704 700 l'année précédente).[320] La production de la seule Tour de Garde représente une augmentation spectaculaire par rapport aux 1 609 200 exemplaires imprimés deux ans auparavant.[321] Ces volumes de fabrication ont nécessité 3 022 tonnes de papier, 181 tonnes de carton, 249 332 yards de tissu, 3 400 rouleaux de ruban doré, 35 394 livres d'encre, 120 barils de colle en pâte et 15 375 livres de colle forte, soit l'équivalent du chargement de plus de 165 wagons de chemin de fer de 20 tonnes chacun.[322]
Nouvelles machines
L'acquisition d'une nouvelle presse rotative à grande vitesse, mise en service le 15 novembre 1939 sur instruction du président de la Société, est présentée comme indispensable à l'impression des 7 millions d'exemplaires de La Tour de Garde : elle imprime en deux couleurs et agrafe les magazines à la cadence de 12 000 exemplaires à l'heure.[323] Une nouvelle rogneuese automatique à alimentation continue, installée en mai 1940, ainsi qu'une machine à facturer supplémentaire, une raseuse plate pour le département des clichés et un système téléphonique intercommunicant entre départements complètent les améliorations de l'exercice.[324]
Expéditions
Le département des expéditions connaît l'une de ses plus importantes années. Le livre Salvation arrive en tête des envois avec 1 266 286 exemplaires expédiés en anglais, tandis que Religion, présenté à la convention de juillet, en est déjà à 923 926 exemplaires expédiés au 30 septembre.[325] Au total, 25 832 950 publications ont été expédiées (livres, Bibles et brochures confondus), dont 23 226 812 en anglais et 2 606 138 en langues étrangères.[326] Parmi les nouvelles publications distribuées figurent les brochures Neutrality, Refugees, Judge Rutherford Uncovers Fifth Column, Conspiracy Against Democracy, Model Study No. 2 et Advice for Kingdom Proclamateurs ; la brochure Refugees a été expédiée à 9 019 490 exemplaires en anglais et en langues étrangères, et Judge Rutherford Uncovers Fifth Column à 5 523 322 exemplaires en trois mois seulement.[327]
Équipements sonores et enregistrements
8 260 phonographes ont été expédiés au cours de l'exercice, ainsi que 3 équipements de voitures sonorisées.[328] Un nouveau modèle de phonographe vertical a été présenté à la convention, avec cinquante appareils de démonstration confiés aux proclamateurs.[329] Les expéditions de disques phonographiques en anglais ont totalisé 102 194 disques doubles faces (soit 204 388 enregistrements d'une minute chacun), auxquels s'ajoutent 12 004 disques en langues étrangères et 2 643 enregistrements musicaux d'un quatuor, pour un grand total de 116 841 disques.[330] Les nouveaux enregistrements de l'année sont le disque spécial 1940 annonçant la Convention théocratique, ainsi que les conférences « The End » (P-219 à P-230) et « Religion » (P-231 à P-248), enregistrées simultanément à leur prononciation par le président de la Société ; la première commande de ces nouveaux disques se monte à 130 000 doubles faces.[331] Depuis quelques années, 933 309 disques doubles faces ont été distribués dans le monde entier par le bureau de Brooklyn.[332]
Rapport de prédication aux États-Unis
Le témoignage aux États-Unis en 1940 est qualifié de plus important jamais accompli, malgré une opposition et des persécutions présentées comme sans précédent.[333] Le nombre de proclamateurs atteint un sommet mensuel de 58 009 en juin, contre une moyenne mensuelle de 35 466 l'année précédente ; la moyenne de 1940 s'établit à 47 762 proclamateurs réguliers.[334] Les statistiques globales font état de 12 256 724 heures de service dans le champ, dépassant de plus de 3 100 000 heures le record de l'année précédente, de 1 987 011 livres reliés placés (contre 1 542 591 en 1939), de 11 949 064 brochures (contre 18 626 653), de 1 975 877 visites de retour, de 101 188 nouveaux abonnements combinés à La Tour de Garde et à Consolation, et de 11 645 689 personnes ayant assisté à des présentations sonores.[335]
La distribution des magazines La Tour de Garde et Consolation aux carrefours des rues et par livraison sur itinéraire, inaugurée en février 1940, représente près de trois millions d'exemplaires distribués individuellement, en complément de la distribution ordinaire de livres et de brochures.[336] Dès le mois de mai, des émeutes dirigées par des religieux éclatent contre les proclamateurs de magazines ; en juin, la hiérarchie catholique, agissant par le biais de la Légion américaine, est désignée comme l'instigatrice d'une vague d'actions violentes d'un bout à l'autre du pays : agressions, emprisonnements, destruction de matériel, incendies de roulottes, expulsions de villes, goudrons et plumes.[337]
En réponse, un tract spécial intitulé « Dividing the People » est préparé par le président de la Société et déposé à chaque foyer dans les villes touchées par ces violences ; des centaines de milliers d'exemplaires sont ainsi distribués.[338] Les numéros 5 et 6 du Kingdom News, tirés à plus de 17 millions d'exemplaires, constituent l'une des plus grandes campagnes d'information jamais menées pour dénoncer les agissements de la hiérarchie catholique.[339]
Les visites de retour et études modèles — notamment la conférence « Government and Peace » et le livret d'étude modèle n° 2 — sont présentées comme l'instrument principal ayant aidé les gens de bonne volonté à discerner la différence entre la religion et le christianisme.[340] La « période de témoignage du Siège de Bataille » est décrite comme un siège symbolique de la chrétienté, ayant abouti à des milliers de nouveaux abonnements à La Tour de Garde et stimulé le travail aux carrefours des rues.[341] En juin, la Convention théocratique des Témoins de Jéhovah faillit ne pas pouvoir se tenir à l'Ohio State Fair Grounds, ce qui est présenté comme un choc pour l'ensemble des proclamateurs du Royaume.[342]
La « locust army » — métaphore visant les proclamateurs mobilisés comme une armée de criquets en référence à Joël 2:1-11 — est décrite comme ayant obtenu en quelques jours 2 042 136 signatures sur une pétition adressée au gouverneur de l'Ohio.[343] La brochure Judge Rutherford Uncovers Fifth Column est alors présentée comme ayant électrisé le pays : deux millions d'exemplaires sont imprimés en doubles équipes jour et nuit et expédiés partout pour le 18 juillet, distribués avant la tenue de la convention finalement organisée à Detroit, Michigan.[344]
Pionniers et organisation théocratique aux États-Unis
Les pionniers sont présentés comme bénéficiant des bénédictions du Seigneur, et l'organisation théocratique est décrite comme ayant veillé à leurs intérêts en leur accordant des crédits spéciaux sur leurs comptes au cours de l'année pour les aider à maintenir leur activité.[345] Le nombre de pionniers en activité passe de 2 292 à l'automne 1939 à 3 157 à l'automne 1940 ; à la clôture de l'exercice fiscal, le nombre de pionniers inscrits atteint 3 879.[346]
Sur le plan de l'organisation, la supervision divine et la sagesse de Jéhovah sont déclarées manifestes dans la préparation de l'organisation théocratique au cours des deux années précédentes : sans cette coopération étroite entre les diverses branches du service, l'opposition et la persécution auraient, selon ce rapport, eu un effet démoralisateur.[347] Au cours de l'année, 155 serviteurs de zone ont desservi 7 531 compagnies, avec 5 serviteurs régionaux couvrant 265 zones et 5 serviteurs régionaux du Béthel couvrant 49 assemblées de zone, pour un total de 314 assemblées de zone ; ces serviteurs ont parcouru collectivement 2 121 410 miles.[348]
Plus de 100 000 personnes à travers le pays étudient régulièrement avec les Témoins de Jéhovah les livres Religion et Salvation ainsi que La Tour de Garde, et assistent à des études modèles. Au Mémorial de mars, 58 874 personnes ont assisté à la célébration et 15 873 ont pris les emblèmes.[349]
Pays rapportant directement au bureau de Brooklyn
Quarante-neuf compagnies et 63 pionniers répartis dans diverses parties du monde — principalement dans l'hémisphère occidental — rapportent directement au bureau de Brooklyn, les effectifs de proclamateurs étant insuffisants pour y établir une filiale.[350] Le rapport combiné de ces 19 pays ou îles fait état de 344 proclamateurs (contre 314 l'année précédente), de 125 013 heures de service, de 180 760 publications placées, de 18 009 visites de retour et d'une assistance sonore de 367 503 personnes.[351]
En Alaska, quatre compagnies sont recensées ; le territoire, très dispersé, rend les visites et placements peu nombreux par rapport au temps investi, et certains connaissant la vérité depuis des années sont signalés comme perdant de l'intérêt faute d'engagement actif dans le service du Royaume : 11 proclamateurs totalisent 982 heures.[352]
Aux Bermudes, Antilles et Guadeloupe, une pionnière décrit les Bermudes comme « si paisibles et tranquilles que cela semble presque un monde différent »; ses placements de littérature sont signalés comme suffisamment importants pour avoir éveillé la méfiance des autorités locales.[353] Une nouvelle compagnie est démarrée à Nevis. En Guadeloupe, le travail d'un pionnier isolé rencontre un intérêt croissant mais se heurte à des difficultés croissantes dans cette possession française ; 27 proclamateurs cumulent 18 713 heures.[354]
Au Honduras britannique, en zone du Canal, au Costa Rica et au Panama, la pauvreté des intéressés rend difficile le placement de littérature, et le phonographe est présenté comme l'outil essentiel pour atteindre ces populations avec le message du Royaume ; 158 proclamateurs totalisent 15 268 heures.[355]
À Cuba et à Porto Rico, une augmentation saine de l'activité est signalée : trois nouvelles compagnies sont inscrites à Cuba, deux à Porto Rico. La hiérarchie catholique, agissant par l'intermédiaire de la Juventud Católica, est désignée comme organisant une résistance armée contre les Témoins, avec des mises en garde annonçant que la nouvelle constitution, en vigueur le 15 octobre, permettrait de mettre fin à leur travail. Jusqu'à trois stations de radio diffusent régulièrement le message du Royaume à Cuba, gratuitement, via la Central Radio Chain ; 63 personnes ont été immergées au cours de l'année, et 233 proclamateurs totalisent 80 710 heures.[356]
En Égypte, le rapport ne couvre que sept mois d'activité, aucun compte rendu n'ayant été reçu depuis avril ou mai, sans que l'on sache si les courriers ont été perdus ou si les frères se trouvent empêchés de témoigner ; 30 proclamateurs totalisent 5 467 heures sur la période.[357]
Au Liban, en Palestine, en Syrie et à Chypre, le rapport ne couvre pas une année complète, aucun compte rendu n'ayant été reçu pendant quatre à cinq mois ; la Turquie et Malte, incluses dans ce groupe en 1939, n'ont transmis aucun rapport durant cet exercice. Pour la période couverte, 29 proclamateurs totalisent 5 426 heures.[358]
En Colombie, au Surinam néerlandais et au Venezuela, la hiérarchie catholique resserre son emprise sur ces pays, si bien que les habitants hésitent à accepter la littérature, avertis par le clergé qu'il s'agirait de « littérature nazie »; 13 proclamateurs totalisent 3 700 heures.[359]
Rapport de la famille du Béthel
Malgré les nombreuses heures supplémentaires passées à l'usine, la famille du Béthel maintient un volume d'heures de terrain quasiment identique à celui de 1939, avec 182 proclamateurs en moyenne, 36 527 heures, 8 897 visites de retour et une assistance sonore de 84 272 personnes.[360] En juillet, au cours des seuls 17 jours ouvrables précédant la convention, en incluant le travail de nuit, la famille produit 250 667 livres reliés, 3 389 482 brochures et imprime et expédie 1 299 000 magazines, ce qui est présenté comme la meilleure période de production jamais réalisée.[361] Après la convention, le président accorde à la famille une semaine supplémentaire de repos et de témoignage à la campagne, décrite comme source de regain de forces.[362]
Radio
La hiérarchie catholique continue de se vanter d'avoir fait retirer le juge Rutherford des antennes, mais la Société ne cherche pas à rétablir un réseau radiophonique, estimant que le Seigneur a orienté vers d'autres méthodes : le phonographe, ayant atteint 114 millions de personnes, est jugé impossible à boycotter par la hiérarchie, qui ne peut y répondre que par la violence des foules.[363] La station WBBR à Brooklyn continue de diffuser régulièrement les conférences du frère Rutherford, et quelques autres stations à travers le pays émettent de courtes causeries de cinq minutes à leur propre demande.[364]
Visites personnelles
Le 20 janvier 1940, une lettre adressée aux « Proclamateurs of The Theocracy » souligne la nécessité des visites de retour et des études modèles ; 411 335 livrets d'étude modèle n° 2 sont imprimés pour répondre à la demande de l'année.[365] Le total des visites de retour atteint 1 975 377, un record ; 29 280 phonographes sont régulièrement utilisés sur le terrain, et les conférences enregistrées ont été entendues par 11 645 689 personnes.[366]
Utilisation des disques
Les 248 enregistrements en langue anglaise sont présentés comme ayant davantage aidé les personnes de bonne volonté à comprendre la Bible que tout autre moyen unique ; le dispositif de présentation au pas de la porte (doorstep setup), combinant le disque « Message of Hope » et les parties de la série « The End », est décrit comme particulièrement efficace pour ouvrir la voie aux visites de retour et aux études modèles.[367]
Pionniers spéciaux
86 pionniers spéciaux, nommés par la Société comme assistants des serviteurs de zone ou comme serviteurs de compagnie à plein temps, opèrent dans les grandes compagnies des territoires densément peuplés ; ils sont recrutés parmi les pionniers déjà à plein temps et reçoivent un soutien financier de la Société.[368]
Publications
La grande surprise de l'année est la remise officielle du livre Religion à la Convention théocratique, décrite comme un moment inoubliable dont l'enregistrement dans la partie onze de la série « The End » continue de susciter l'enthousiasme.[369] La brochure Judge Rutherford Uncovers Fifth Column suscite une excitation comparable : les deux millions d'exemplaires initiaux sont écoulés en quelques jours. À la clôture de l'exercice, la Conspiracy Against Democracy — recueil des deux conférences du président à la convention de Detroit — a déjà été imprimée et expédiée à 2 596 000 exemplaires depuis le lancement de la campagne mondiale le 1er octobre.[370] La brochure Refugees a nécessité l'impression de plus de 9 millions d'exemplaires en anglais et en langues étrangères. L'Annuaire lui-même est signalé épuisé avant la fin de l'année, 55 000 volumes ayant été produits, et une édition plus importante est envisagée pour l'année suivante.[371]
Convention
La Convention théocratique des Témoins de Jéhovah se tient finalement du 24 au 28 juillet 1940, malgré les efforts décrits pour l'empêcher.[372] Le frère Rutherford, gravement malade et sous soins médicaux, est présenté comme n'ayant pu assister que grâce à une intervention divine ; il prend la parole à trois reprises.[373] Dans son discours d'ouverture, fondé sur Ésaïe 59:1, il expose l'activité des Témoins de Jéhovah et dénonce la hiérarchie catholique romaine, agissant par l'intermédiaire de la Légion américaine sous couvert de patriotisme, comme responsable des actions de foules et de la résiliation de contrats de 16 salles de convention sur les 34 prévues.[374]
La suite du rapport de la convention de 1940 précise que 45 000 personnes envahissent la Convention Hall et l'Eastern Star Temple de Detroit, des milliers d'autres suivant les haut-parleurs depuis la rue ; un camp de caravanes, surnommé « Jehovah Village » par la presse, accueille 12 000 personnes supplémentaires, et 35 000 autres sont rassemblées simultanément dans 17 villes, portant l'audience totale à près de 80 000 personnes.[375] Le discours « Religion as a World Remedy » (« La Religion comme remède mondial ») est présenté comme le meilleur enregistrement jamais réalisé, exposant de toutes parts les « valets de la religion ».[376]
Le choix de Detroit est interprété comme voulu par Jéhovah, la ville étant le fief du « Père » Coughlin et du commandant de la Légion américaine Kelly ; le retour en ce lieu en 1940 est présenté comme un contrepoint à la déclaration de 1928 contre Satan.[377] Le nombre total de pièces de littérature distribuées pendant la convention atteint 291 998, et le « Kingdom News » n° 6 est remis aux délégués pour distribution immédiate avec plus de deux millions d'exemplaires.[378] La couverture médiatique, décrite comme la plus importante jamais obtenue, résulte de l'afflux de journalistes attirés par les persécutions, et de nombreuses personnes de bonne volonté sont présentées comme cherchant désormais à connaître la vérité sur les Témoins de Jéhovah.[379]
Campagnes internationales
Les rapports semestriels des périodes témoignages internationales révèlent l'ampleur mondiale de l'activité de prédication en 1940. La première période, en octobre (campagne « Théocratie »), mobilise 73 469 proclamateurs dans 55 pays.[380] La seconde, de la campagne « Battle Siege » (avril) à « Locust Army » (juin), rassemble 90 674 proclamateurs distincts dans 53 pays, malgré la fermeture du travail dans la plupart des pays européens en guerre. Les heures consacrées au témoignage atteignent un nouveau record de 5 672 705 heures pour ces trois mois.[381] Le tableau comparatif indique, pour la période d'octobre 1939 versus avril-juin 1940 respectivement : 388 618 et 586 794 livres placés ; 2 471 411 et 6 068 465 brochures ; 73 469 et 90 674 proclamateurs ; 1 861 543 et 5 672 705 heures ; 209 106 et 792 226 visites de retour ; 1 926 552 et 4 462 230 présences sonores.[382]
Rapport sur les périodes témoignages spéciales
Le calendrier de la Société désigne six mois comme périodes témoignages, baptisées respectivement « Théocratie », « Guerre de Vindication », « Salut », « Siège de Bataille », « Armée de Criquets » et « Doom de la Religion ». Les proclamateurs réguliers y consacrent la totalité de leur temps, si bien qu'en termes d'heures, ces mois se distinguent peu des autres.[383]
Serviteurs régionaux
Les États-Unis sont divisés en six régions, chacune dotée d'un serviteur régional ; les 153 zones y sont chacune desservies par un serviteur de zone nommé par la Société, avec des assemblées de zone organisées deux fois par an.[384]
Opposition
L'année 1940 est qualifiée de la plus sévère jamais connue en matière de persécution. Bien que la Cour suprême des États-Unis ait établi dans l'affaire Lovell c. Griffin qu'aucune loi ne pouvait entraver le travail du Royaume, les tribunaux inférieurs multiplient les arrestations et poursuites sous des ordonnances locales dans de nombreuses villes.[385] En automne 1939, l'affaire Schneider c. Irvington (New Jersey) est plaidée devant la Cour suprême par le président de la Société en tant que conseiller juridique des Témoins de Jéhovah, aboutissant à une victoire invalidant les ordonnances restreignant la distribution de littérature. Malgré ce mandat, des juges inférieurs persistent à appliquer leurs lois locales en déclarant publiquement « La Cour suprême ne nous gouverne pas ici ».[386]
Au printemps 1940, la Cour suprême valide pour la première fois, dans l'affaire Cantwell c. Connecticut (310 U.S. 296), la liberté de culte garantie par la Constitution fédérale et celles des États, au-delà de la seule liberté de la presse.[387] Ces victoires judiciaires sont présentées comme ayant décuplé la fureur de l'ennemi, qui recourt dès lors à des violences de foule. Les émeutes, limitées à quelques incidents en Pennsylvanie et Ohio à l'automne 1939, s'emballent à partir de mai 1940 à Del Rio (Texas) avant de se répandre dans tout le pays.[388]
Le 8 juin 1940, la Cour suprême statue que les établissements scolaires peuvent exiger le salut au drapeau ; la presse catholique déforme cette décision pour laisser entendre que l'obligation est universelle, alimentant une nouvelle vague de violences. Depuis mai 1940, des milliers de Témoins de Jéhovah sont présentés comme victimes « agressés, battus, enlevés, expulsés de villes et de comtés, goudronné et emplumés, forcés à boire de l'huile de ricin, attachés et chassés comme des bêtes dans les rues, castrés et mutilés », leurs Bibles et littérature confisquées et brûlées publiquement.[389]
La persécution atteint son paroxysme dans le Kentucky, le Missouri et l'Indiana. Au Kentucky, dix frères attendent leur jugement pour sédition, passible de vingt et un ans de pénitencier ; en Indiana, deux femmes sont condamnées à dix ans pour « complot séditieux » en raison de leur littérature.[390] En octobre 1940, au moment de la rédaction du rapport, les violences de foule se poursuivent dans presque chaque État. Le Département fédéral de la Justice, par l'intermédiaire du Solicitor General et de J. Edgar Hoover du FBI, a condamné publiquement ces violences sans pour autant engager de poursuites, ce qui est attribué à l'influence de la hiérarchie catholique romaine.[391]
Deux procès en injonction devant les tribunaux fédéraux du New Hampshire et du New Jersey contraingnent des fonctionnaires locaux à cesser d'appliquer des ordonnances inconstitutionnelles. Au total, environ 2 000 Témoins de Jéhovah sont blessés dans quelque 600 émeutes et plus de 3 000 sont arrêtés durant l'année, sans que cela ne fasse fléchir la prédication.[392] La campagne de violences est interprétée comme un « écran de fumée » derrière lequel la hiérarchie catholique et la Légion américaine tenteraient de s'emparer du contrôle des États-Unis pour les soumettre à une dictature.[393]
La Tour de Garde
Le tirage de la Tour de Garde atteint un niveau record en 1940 : le numéro d'abonnement régulier passe de 334 135 à la clôture de 1939, pour une diffusion combinée en anglais de 7 072 125 exemplaires sur douze mois. La revue est également diffusée en allemand, grec, hongrois, italien, polonais, russe, slovaque, espagnol et ukrainien depuis Brooklyn, bien que les éditions allemande et hongroise soient interrompues en fin d'année en raison de la guerre.[394]
Consolation
La revue Consolation voit son tirage régulier passer de 110 970 à 230 491 exemplaires entre le début et la fin de l'exercice, pour une diffusion combinée sur douze mois de 5 458 657 exemplaires, dont environ un million expédiés à l'étranger. Publiée également en allemand, grec, polonais, espagnol et ukrainien, elle souffre du déclin des abonnements européens en raison de la guerre, les éditions allemande et polonaise ne pouvant plus être acheminées vers l'Amérique depuis l'Europe en fin d'année.[395]
Conclusion du rapport américain
La conclusion du rapport américain rend grâce à Jéhovah pour les dispositions prises en faveur de la famille du Béthel, notamment l'étude hebdomadaire du lundi soir et la participation à la convention. La conscience « que le temps est court » pour accomplir la « chose étrange » motive un engagement renouvelé à travailler en unité dans le cadre théocratique.[396]
Grande-Bretagne
La Grande-Bretagne est présentée comme la nation montrant la plus grande considération envers les Témoins de Jéhovah parmi tous les pays belligérants. Le gouvernement britannique n'a officiellement pris aucune mesure pour entraver le travail, et de nombreux Britanniques auraient au contraire encouragé la diffusion du message évangélique, y voyant le seul espoir de paix dans la Théocratie.[397] Plus de 1 000 pionniers à plein temps et près de 9 000 proclamateurs de compagnie sont actifs, et 6 200 282 livres et brochures sont placés dans l'année.[398]
La Société dispose d'une ferme sur la côte est destinée à ravitailler la famille du Béthel de Londres en denrées alimentaires, plusieurs camps de pionniers étant maintenus dans la capitale ; les restrictions d'importation de littérature depuis Brooklyn ont contraint à effectuer une partie de l'impression à Londres, bien que les conditions d'expédition se soient depuis assouplies.[399]
Le représentant local de Londres cite le texte annuel « Mon cœur se réjouira en ton salut », tiré de Psaumes 13:5, comme reflet de l'action de grâce pour la préservation accordée malgré une année entière de service théocratique en temps de guerre. L'incertitude initiale face à l'embargo sur les importations de livres et de disques depuis Brooklyn est surmontée par l'enthousiasme des frères britanniques, dont l'esprit est décrit comme élevé dès le début de l'exercice.[400]
La déclaration de neutralité publiée le 15 novembre 1939 est distribuée à l'ensemble des membres du Parlement, aux responsables gouvernementaux, aux dirigeants religieux et aux élus locaux, accompagnée des brochures Neutralité et Gouvernement et Paix.[401] La référence christologique à Jean 17:16 — « Ils ne sont pas du monde, de même que moi je ne suis pas du monde » — sert de fondement scripturaire à cette position. Le document gouvernemental britannique publié le 30 octobre 1939, connu sous le nom de « Livre Blanc » (Cmd. 6120) intitulé « Traitement des ressortissants allemands en Allemagne », établi par Sir Neville Henderson, expose publiquement les persécutions subies par les Juifs et les Ernste Bibelforscher (étudiants de la Bible sérieux) en Allemagne, offrant ainsi aux Témoins de Jéhovah britanniques une occasion de se désolidariser officiellement de toute belligérance.[402] Le bureau de Berne rapporte que plus de 6 000 Témoins sont alors confinés dans des camps de concentration en Allemagne pour avoir refusé de subordonner leur culte à l'État.[403]
Cette déclaration de neutralité, présentée comme fondatrice d'une remarquable année de service sans interruption, est accueillie avec respect par les autorités et la population britanniques, à l'exception de la presse catholique, qui cherche à qualifier le mouvement de « subversif » et de « cinquième colonne ».[404] Des milliers d'exemplaires de la brochure sur la neutralité sont imprimés à Londres et rapidement distribués aux proclamateurs et aux personnes de bonne volonté.[405]
L'impossibilité d'importer certaines publications depuis Brooklyn pousse la branche londonienne à conclure des contrats de grande envergure avec des imprimeurs locaux : 250 000 livres reliés et 1 200 000 brochures sont ainsi produits en Grande-Bretagne, à partir des mêmes matrices qu'à Brooklyn, assurant une uniformité éditoriale entre les deux éditions nationales.[406] Fin décembre 1939, les autorités britanniques accordent finalement des licences d'importation pour les livres, brochures et disques en provenance de Brooklyn ; entre janvier et la fin de l'exercice, 351 tonnes de littérature théocratique sont importées, toutes arrivées à destination sans perte due à l'action ennemie.[407]
Résultats sur le terrain
Les résultats de terrain pour l'exercice 1940 sont présentés comme les plus importants jamais enregistrés en Grande-Bretagne. La distribution de livres reliés atteint près de 800 000 exemplaires, soit 2,4 fois le chiffre de 1939 ; 5 401 184 brochures et 825 111 magazines sont également placés.[408] Le nombre de proclamateurs actifs culmine à 9 860, contre 6 861 en 1939, soit une progression d'environ 50 %, cinq pics consécutifs de participation étant enregistrés de mars à juillet, pendant la période d'invasion de la Scandinavie par Hitler. Chaque nouvelle phase du conflit semble coïncider avec un nouveau record de proclamateurs, interprété comme l'accomplissement de Apocalypse 7:14, selon lequel la grande multitude sort de la grande tribulation.[409]
Les heures de terrain progressent dans la même proportion, atteignant 2 462 081 heures pour l'année. Les nouvelles souscriptions aux magazines s'élèvent à 9 284, la distribution totale représentant 825 016 exemplaires de La Tour de Garde et 573 350 de Consolation.[410] Le travail d'amplification sonore, interdit pendant deux mois, touche néanmoins 1 340 085 personnes sur l'ensemble de l'année, grâce à 5 147 phonographes, 287 machines à transcription et 139 voitures sonorisées. Les visites de retour totalisent 363 322, soit plus du double du chiffre de l'année précédente.[411]
L'organisation du terrain est structurée en 29 zones et 4 régions ; 85 nouvelles congrégations sont formées, portant le total à 449 unités organisées. Chaque semaine, 1 470 études de la Tour de Garde et bibliques sont conduites sur l'ensemble du territoire. Les Îles Anglo-Normandes, comptant plus de 40 proclamateurs, maintiennent leur activité jusqu'à l'invasion nazie de juillet, après quoi elles sont coupées du bureau de Londres. Au cours de l'année, 1 673 personnes se font baptiser par immersion, et 8 755 assistent au Mémorial, dont 3 636 participent au repas commémoratif.[412]
Pionniers
Le nombre de pionniers à plein temps double en un an, passant de 511 à 1 037, avec une inscription atteignant 1 115 en septembre. En décembre 1937, alors que seuls 186 pionniers étaient actifs, l'objectif de 1 000 pionniers avait paru irréalisable ; il est désormais dépassé. Ces pionniers ont placé 418 924 livres reliés et 2 190 975 brochures, accompli plus d'un million d'heures de service et réalisé 147 516 visites de retour. Vingt-deux foyers pionniers hébergent 210 pionniers dans les grands centres du pays.[413]
Travail d'extension théocratique
Un programme national d'études modèles publiques est organisé avec l'approbation de Rutherford, s'appuyant sur la brochure Étude Modèle n° 2 et les enregistrements « Gouvernement et Paix » et « Victoire ». Ces études se tiennent en série de quatre réunions hebdomadaires dans des salles publiques des territoires isolés, en dehors des congrégations établies, avec distribution de tracts et d'invitations personnelles. Au total, 4 176 réunions publiques sont tenues dans l'année, rassemblant 157 663 personnes, dont 31 111 étrangers à l'organisation. Cette campagne contribue à la formation d'une quarantaine de nouvelles unités de service et explique en partie l'augmentation de 3 000 nouveaux proclamateurs.[414]
La figure du « mauvais serviteur » est évoquée pour désigner les opposants internes au mouvement, présentés comme ayant fait de fausses accusations aux autorités et collaboré avec la Hiérarchie catholique pour discréditer les Témoins. Ils sont décrits comme plongés dans les ténèbres, leurs places étant remplies par des Jonadabs zélés.[415]
Attaques catholiques romaines et actions en justice
La presse catholique multiplie les articles accusant les Témoins d'être des « cinquièmes colonnes » et des éléments subversifs. En réponse, trois numéros de Kingdom News sont distribués à plus d'un million d'exemplaires chacun : le n° 5 (1er janvier, « La religion peut-elle sauver le monde du désastre ? »), le n° 6 (15 février, « Qui vous donnera la liberté ? La religion ou le christianisme ? »), et le n° 7 (1er août, « Les religieux complotent pour détruire les chrétiens »).[416]
Un vicaire de l'Église anglicane, Ernest D. Panter de Brimscombe, publie dans son magazine paroissial que les Témoins « sapent activement l'autorité de l'État » ; poursuivi par les avocats de la Société, il est contraint de publier un démenti et de payer dix guinées de frais.[417] Au total, 71 cas de voies de fait sont recensés contre des Témoins en Grande-Bretagne en 1940, dont 12 émeutes organisées par des leaders catholiques. À Clydebank, district marqué par de nombreuses violences antérieures, une campagne spéciale est menée avec des proclamateurs munis de cannes ou de parapluies, sous la surveillance — décrite comme réticente — de la police locale, sans incident.[418]
La presse consacre à l'organisation plus d'un millier d'articles au cours de l'année 1940, couvrant les audiences devant les tribunaux, le Livre Blanc, les conventions et l'interdiction canadienne ; la Société entame une action en diffamation contre l'un des plus grands journaux dominicaux du pays.[419]
Convention théocratique
Les conditions de guerre rendent impossible la retransmission en direct depuis Detroit de la convention théocratique de juillet 1940 (24-28 juillet). Des rassemblements alternatifs sont organisés dans l'ensemble des salles du Royaume britanniques le dimanche 28 juillet à 16 heures, réunissant 14 000 personnes. À cette occasion, le livre Religion est révélé en surprise, de la même façon qu'à Detroit. Trois conventions d'extension sont ensuite tenues : Manchester (30 août-1er septembre), Édimbourg (13-15 septembre) et Londres (29 septembre), avec une fréquentation totale de 8 000 personnes — 4 000 à Manchester, 1 500 à Édimbourg et 2 500 à Londres. Les discours de Rutherford sont transmis par courrier aérien transatlantique depuis Detroit, examinés par la censure, puis lus ou diffusés lors des conventions.[420]
Bureau de la filiale
La famille du Béthel de Londres, composée de vingt-quatre membres, termine l'exercice avec un rapport de terrain comprenant 1 880 livres reliés, 13 863 brochures, 4 796 heures, 24 souscriptions, 1 865 magazines, 6 858 présences aux démonstrations sonores et 365 visites de retour. Le département sonore fabrique 683 phonographes et 37 machines à transcription électrique pour voitures sonorisées, ainsi que 4 000 sacs à magazines. L'imprimerie produit 9 830 705 pièces imprimées (brochures, calendriers, Kingdom News, formulaires). Une machine à composer est transférée depuis le bureau de Berne, acheminée de Suisse à travers la France puis la Manche sans incident, tout comme 500 moteurs et pièces de phonographes importés de Suisse.[421] Le département d'expédition reçoit 351 tonnes de littérature et de disques depuis Brooklyn, et expédie 80 524 colis vers le terrain, représentant 863 615 livres reliés, 5 905 216 brochures et 800 000 magazines.[422]
Le personnel de bureau, au nombre de dix, traite une multiplicité de dossiers inédits : demandes de licences, rapports gouvernementaux sur les mouvements de marchandises, distribution de carburant pour les trente véhicules de la Société, évacuation de membres des zones de guerre, gestion des problèmes d'internement, accueil des réfugiés de Belgique, réinsertion des frères ayant fui les Îles Anglo-Normandes, et contentieux divers. Au total, 52 770 lettres sont reçues et 67 805 expédiées dans l'année.[423]
La congrégation de Londres regroupe désormais vingt et une unités de service dans la grande agglomération, chacune dotée d'une salle du Royaume. Le pic de proclamateurs y atteint 1 700, auxquels s'ajoutent 150 pionniers logés dans cinq foyers pionniers. Malgré les difficultés d'août et septembre liées aux bombardements, la distribution totale de livres et brochures dans la capitale dépasse le million d'exemplaires (1 024 593), certains secteurs étant couverts toutes les trois ou quatre semaines.[424]
La résistance aux bombardements de l'automne 1940 est décrite comme une expérience collective : des frères dont les foyers sont détruits le vendredi reprennent le service de terrain dès le dimanche. Trois foyers pionniers de l'est de Londres sont notamment touchés le 18 septembre 1940 à 4 heures du matin, sans qu'aucune des trente-quatre sœurs pionnières présentes ne soit blessée ; elles trouvent refuge chez un « Jonadab » et son épouse nouvellement entrés dans la vérité, qui les accueillent trois jours durant.[425]
Convention de Londres
La convention d'un jour tenue à Londres le dimanche 29 septembre 1940, au Golders Green Hippodrome, est qualifiée de « convention la plus extraordinaire » jamais organisée par les Témoins de Jéhovah.[426] La recherche d'une salle à Londres s'avère extrêmement difficile : la quasi-totalité des grands bâtiments est réquisitionnée par les autorités militaires ou fermée pour la durée de la guerre. Dans un premier temps, les frères britanniques sont invités à se rendre à Manchester, puis à Édimbourg, les Londoniens devant patienter. C'est finalement le Golders Green Hippodrome qui est retenu, dans des conditions décrites comme relevant d'une intervention divine, la salle ayant été d'abord refusée en raison de plusieurs bombes à retardement tombées à proximité.[427]
Avec seulement sept jours de préavis, 2 500 proclamateurs de Londres et du sud-est de l'Angleterre — désignés comme des « sauterelles » déterminées — se rendent à la convention malgré un raid aérien nocturne de huit heures s'achevant à 5 heures du matin, suivi d'un raid de jour à 8 heures. Le programme, calé entre 13 h et 17 h pour permettre à tous de rentrer avant le bombardement nocturne habituel, comprend la lecture du discours de Rutherford intitulé « La Fin », retardé à la convention de Manchester, puis un exposé de Frère Hemery sur les psaumes 46 et 2 en lien avec les événements contemporains, et un discours de Frère Schroeder sur le travail de service.[428] L'enregistrement du discours de Rutherford intitulé « La religion comme remède mondial » est diffusé en clôture, sous les applaudissements répétés de l'assemblée, pendant qu'une alerte antiaérienne est en cours et que le bruit des canons se fait entendre en arrière-plan.[429]
À l'issue de la convention, un télégramme collectif est câblé à Rutherford : « 2 500 enfants de la lumière assemblés, vous envoient leur amour et leurs salutations ». Rutherford répond par câble en retour.[430] La sirène de fin d'alerte retentit précisément à la clôture de la convention. Un message séparé du serviteur de zone d'Ulster signale que les frères irlandais ont tenu leur propre convention théocratique à Belfast avec les enregistrements de Rutherford.[431]
Le rapport statistique de la Grande-Bretagne pour 1940 fait état de 9 860 proclamateurs (contre 6 861 en 1939), de 2 462 081 heures de service, de 6 200 282 pièces de littérature distribuées (799 098 livres et 5 401 184 brochures), de 363 322 visites de retour et de 9 284 nouvelles souscriptions. Le parc matériel comprend 5 147 phonographes, 287 machines à transcription et 139 voitures sonorisées, répartis dans 449 groupes organisés et 29 zones.[432]
Afrique du Sud, Afrique centrale et orientale
Le bureau de la filiale au Cap supervise l'activité de témoignage pour l'Afrique du Sud, les Rhodésies, le Nyassaland, l'Afrique orientale portugaise et Sainte-Hélène. Malgré l'engagement du pays dans la guerre mondiale, le travail de proclamation progresse fortement : le pic de proclamateurs passe de 4 025 à 5 506, et la filiale distribue 112 615 volumes reliés, 460 561 brochures et 97 228 magazines dans 25 langues différentes, ainsi que 112 phonographes et 3 510 disques de douze pouces.[433]
Pour l'Union sud-africaine spécifiquement, le quota fixé à 700 proclamateurs et 150 000 heures est largement dépassé : 881 proclamateurs sont atteints en pic, pour 195 794 heures (contre 121 237 l'année précédente), soit une hausse de 60 % en nombre de proclamateurs et de 62 % en heures de terrain. Les visites de retour sont pratiquement doublées (27 923 contre 15 438). La campagne de livres reliés de janvier, portant sur le livre Salvation, permet de placer 80 468 volumes reliés, et 325 496 brochures sont distribuées dans l'année. Le nombre de pionniers passe de 35 à 60, auxquels s'ajoutent 10 frères au bureau de la filiale, soit 70 représentants à plein temps, représentant 10 % de la moyenne des proclamateurs.[434]
Le lancement de La Tour de Garde en afrikaans au 1er juin 1940 constitue l'un des développements majeurs de l'exercice : la filiale installe une machine à linotype et diffuse désormais les deux revues — La Tour de Garde et Consolation — dans les deux langues officielles européennes du pays. La distribution mensuelle de magazines atteint 17 000 exemplaires (2 500 copies de chaque numéro en anglais, plus plus de 7 000 copies des versions en afrikaans). La campagne pour La Tour de Garde permet d'obtenir 2 700 nouvelles souscriptions sur un total de 3 985 pour l'année.[435]
La convention de l'Union sud-africaine se tient à Johannesburg du 22 au 25 mars 1940. Représentant exactement la moitié des proclamateurs de l'Union à ce moment-là — soit 313 personnes venues de toutes les provinces, des deux Rhodésies et du Nyassaland —, cette convention enregistre 62 immersions, l'inscription de 10 nouveaux pionniers, 2 555 heures de service de terrain, le placement de 900 livres reliés et de 3 750 brochures, et une assistance mémorial de 322 personnes dont 73 prenant les emblèmes. Les réunions d'instruction pour les serviteurs de zones, les pionniers et les serviteurs de groupes limitent chaque exposé à 30 minutes. La publicité préalable comprend 75 000 prospectus, 1 000 cartes de vitrine et 300 affiches de grand format, pour un total de 1 000 personnes aux deux réunions publiques consacrées aux discours « Gouvernement et Paix » et « Avertissement ».[436]
La convention de Johannesburg s'inscrit ainsi dans un effort de coordination et d'instruction théocratique caractéristique de l'organisation de l'époque.[437]
L'activité de zone dans l'Union sud-africaine connaît un développement notable. L'Union est désormais divisée en huit zones, et des assemblées de zone sont organisées dans la quasi-totalité d'entre elles, certaines zones plus étendues en tenant plusieurs au cours de l'année. La moyenne mensuelle des proclamateurs des congrégations passe de 407 à 607, tandis que certains proclamateurs zélés atteignent régulièrement le quota de 60 heures par mois et effectuent de 30 à 40 visites de retour par mois. Le nombre d'organisations de congrégations progresse de 115 à 127. Une édition de Kingdom News n°5 est imprimée à 80 000 exemplaires en anglais et 40 000 en afrikaans, diffusée dans tout le pays.[438]
Rhodésie du Sud
En Rhodésie du Sud, la moyenne des proclamateurs passe de 473 à 593, avec un pic de 771 contre 573 l'année précédente. Ces frères consacrent 271 484 heures au service de terrain et placent 10 195 volumes reliés et 41 092 brochures, soit une hausse respective de 2 000 volumes et 15 000 brochures. L'usage des phonographes progresse de 50 %, portant à 60 697 le nombre de personnes ayant entendu le message du Royaume sous forme enregistrée. Les visites de retour atteignent 13 017, soit près du triple de l'année précédente. Trente-quatre organisations de congrégations sont actives.[439]
L'activité accrue des proclamateurs européens suscite des réactions hostiles de la part des milieux religieux. Dans une localité, des lettres contenant des affirmations fausses et malveillantes sont publiées par la presse locale, qui refuse simultanément de publier les démentis envoyés par la Société et les proclamateurs locaux. En réponse, l'organisation fait imprimer ces lettres refusées et 26 proclamateurs s'assurent qu'un exemplaire est déposé dans chaque foyer de Bulawayo et de son district en une seule journée. À Shabani Mine, 20 témoins de Jéhovah sont licenciés parce qu'ils refusent de taire leur activité de prédication hors des heures de travail, alors que certains d'entre eux avaient servi la compagnie minière fidèlement depuis plus de dix ans.[440]
À Umtali, lors d'une réunion d'étude biblique dominicale tenue à leur lieu habituel de rassemblement hors du quartier indigène — un emplacement accordé par les autorités —, les témoins de Jéhovah sont confrontés au surintendant du quartier qui surgit armé d'un sjambok accompagné d'une foule et se met à frapper les frères en criant « Je suis Jéhovah de cet endroit ; vous ne pouvez pas tenir vos réunions près de mon quartier ». Bien que la majorité des Commissaires aux affaires indigènes de la colonie jugent raisonnable la demande d'une représentation européenne dans la colonie, le gouvernement refuse une nouvelle fois l'autorisation d'ouvrir un dépôt.[441]
Rhodésie du Nord
En Rhodésie du Nord, la moyenne des proclamateurs progresse de 1 198 à 1 697, avec un nouveau pic de 2 378. Ces frères consacrent 648 690 heures au service de terrain, placent 2 404 volumes reliés et 30 395 brochures. Les visites de retour passent de 3 730 à 7 935, et 110 970 personnes entendent le message du Royaume en forme enregistrée. Le pays est divisé en 10 zones et compte désormais 88 organisations de congrégations.[442]
Le rapport du serviteur du dépôt signale un épisode notable : une émeute éclate sur la « Copper Belt », faisant plusieurs morts parmi les Africains. Lors de l'enquête d'une commission royale, aucun élément ne permet de lier les témoins de Jéhovah aux troubles, alors que les meneurs sont tous catholiques romains — fait que le gouvernement ne mentionne pas. Le rapport note « il y a maintenant une véritable manifestation de l'Action catholique dans la façon dont ses intérêts sont protégés par ceux qui occupent des postes gouvernementaux responsables », et présente la situation non comme une opposition entre « nazisme catholique » et démocratie, mais comme l'opposition entre la domination humaine sous Satan et la Théocratie du Christ.[443]
Nyassaland
Au Nyassaland, la moyenne des proclamateurs passe de 1 041 à 1 221, avec un pic de 1 428. Le service de terrain totalise 598 279 heures, avec 6 753 volumes reliés et 33 773 brochures placés. Quarante phonographes sont en service, portant à 226 104 le nombre d'auditeurs du message sonore, et 45 943 visites de retour sont effectuées. Soixante organisations de congrégations sont actives, et trois serviteurs de zones ont été actifs dans l'année, avec provision pour en déployer deux supplémentaires.[444]
Le rapport du serviteur du dépôt décrit une population de plus en plus disposée à agir à la suite du message du Royaume plutôt que de simplement l'écouter. Les phonographes jouent un rôle central : malgré leur nombre limité à une quarantaine dans tout le pays, ils permettent un témoignage considérable. Le rapport relate notamment comment l'enregistrement CN-Redemption met en fuite cinq instituteurs catholiques indigènes, dont la plainte déformée auprès du commissaire de district — prétendant que le disque annonçait qu'Armageddon était arrivé et que tous les Européens allaient être détruits — est réfutée par l'enquête des autorités. Certains frères du nord du pays fabriquent eux-mêmes leur canot à partir d'un arbre abattu et taillé, le vendent, et utilisent le produit pour s'offrir un phonographe — travail de plusieurs mois, mais moyen d'équipement.[445]
Des études régulières hebdomadaires réunissent quelque 2 000 personnes intéressées. Des difficultés surgissent ponctuellement pour obtenir l'autorisation de construire des salles de réunion : dans un cas, un sous-chef de village s'y oppose en prétendant qu'il n'y a plus d'espace disponible ; les témoins de Jéhovah portent l'affaire devant le tribunal de l'Autorité indigène, puis devant le commissaire de district, qui finit par faire respecter leurs droits.[446]
La question de la superstition est présentée comme un obstacle récurrent. Les témoins de Jéhovah refusant tout rite superstitieux, certains leur imputent des événements naturels négatifs — comme l'attaque d'un lion dans les villages qu'ils viennent de visiter. Le rapport cite l'exemple d'un ancien diacre catholique qui, après la mort de son frère, paye 5 shillings à un prêtre pour la libération de son frère du purgatoire. Cet épisode est présenté comme représentatif des pratiques que la Société désigne comme caractéristiques « des fausses doctrines de la vieille dame » — expression désignant l'Église catholique —, l'intéressé ayant depuis lors rejoint les témoins de Jéhovah.[447]
Afrique orientale portugaise
En Afrique orientale portugaise, le retour vers l'Afrique du Sud de plusieurs proclamateurs européens qui y résidaient explique une diminution des placements de littérature. Le nombre de proclamateurs africains progresse toutefois, avec une moyenne mensuelle de 27 et un pic de 38. Les heures de service de terrain totalisent 9 568 — plus du double de l'année précédente. Cent cinquante-deux volumes reliés et 436 brochures sont placés. Deux phonographes sont utilisés, pour 3 243 auditeurs et 836 visites de retour. Les frères sont répartis sur quatre centres différents, le serviteur de congrégation assurant également la fonction de serviteur de zone.[448]
Sainte-Hélène
À Sainte-Hélène, la pauvreté extrême des habitants fait du phonographe le principal instrument d'évangélisation. Les deux phonographes de l'île permettent à 1 567 personnes d'entendre le message du Royaume. Les dix proclamateurs consacrent 267 heures au service de terrain, placent 132 brochures et effectuent 26 visites de retour.[449]
Le bureau de la filiale du Cap traite durant l'année 9 450 lettres reçues et 8 830 envoyées, avec 7 420 Informants locaux expédiés. Le département d'impression atteint un nouveau record avec 1 050 070 pièces produites, dont 56 260 magazines, 744 160 tracts et cartes diverses, et 126 650 pièces de papeterie de bureau. Le bureau d'expédition envoie 7 804 colis et 19 095 exemplaires individuels de revues. Sur l'appareil d'enregistrement du bureau, 1 004 disques de douze pouces sont gravés en afrikaans, cinyanja, sesotho, zoulou et xhosa. Les membres du bureau maintiennent individuellement une moyenne annuelle de 345 heures et 7,5 visites de retour par mois.[450]
Afrique occidentale (Nigeria)
Au Nigeria, le bureau de Lagos travaille sous de lourdes contraintes durant l'année. L'influence catholique romaine, profitant des conditions de guerre, conduit les autorités douanières à bloquer l'importation de tous les livres de la Société : un arrêté en conseil interdit leur importation. Lors d'un entretien avec le gouverneur, ce dernier exprime son mécontentement face aux dénonciations de la hiérarchie catholique contenues dans le livre Enemies, affirmant que cette hiérarchie a rendu de bons services au Nigeria. L'essence est rationnée de façon plus sévère pour les témoins de Jéhovah que pour tout autre groupe. Des pétitions répétées sont envoyées au gouverneur pour faire amender l'arrêté.[451]
La convention tenue à Warri, à plus de 400 km de Lagos, marque le début de l'exercice : des proclamateurs de toutes les régions du Nigeria y participent. Immédiatement après, une campagne de service est organisée à Lagos, marquée notamment par des marches d'information — désignées comme « la méthode la plus bruyante pour révéler que la religion est une fraude, un piège, une escroquerie », malgré leur caractère silencieux. Ces campagnes s'étendent ensuite aux autres villes et villages.[452]
En mars, l'arrivée de 15 450 exemplaires du livre Enemies en yoruba déclenche une réaction des autorités : le chargement est bloqué, et un arrêté en conseil daté du 10 mai — mais réputé rétroactif au 13 mars — interdit l'importation de toute publication de la Watch Tower. En plusieurs endroits, de faux rapports dans la presse conduisent des agents de district à ordonner des arrestations de proclamateurs. Dans une localité, 32 proclamateurs sont arrêtés, puis relâchés par le magistrat. À Lagos même, des policiers mal informés procèdent à des arrestations lors d'une tournée de porte-à-porte, avant d'être rappelés à l'ordre par leur hiérarchie. La Côte de l'Or (Gold Coast) connaît une interdiction de la littérature depuis 1936 ; les pionniers nigérians qui y travaillaient ont dû rentrer à la suite des mesures douanières renforcées à l'entrée en guerre. En revanche, en Sierra Leone, aucune prohibition n'existe : les livres Salvation et Refugees y circulent librement parmi une population qualifiée de très religieuse, avec une référence à Actes 17:22.[453]
Malgré ces obstacles, le nombre de pionniers passe de 53 à 101 au Nigeria, et les visites de retour atteignent 10 367 dans ce seul pays, contre 3 166 pour le Nigeria et la Côte de l'Or réunis l'année précédente. L'interdiction de l'édition yoruba d'Enemies a paradoxalement favorisé la circulation de l'édition anglaise. Le bilan de l'année pour le Nigeria totalise 14 634 livres, 117 612 brochures et 182 246 pièces de littérature placées.[454]
Argentine
Le bureau de Buenos Aires supervise l'activité des témoins de Jéhovah pour l'Argentine, le Chili, le Paraguay et l'Uruguay. La population latino-américaine constituant la majeure partie des habitants, le travail est conduit principalement en espagnol.
Malgré les obstacles érigés par l'Église catholique, présentée comme l'instrument de la domination religieuse sur les populations, des proclamateurs parviennent à se dégager de ces influences et à se rallier au mouvement. Les responsables locaux comparaissent devant les autorités et font de ces convocations l'occasion de rendre témoignage devant les représentants de l'État, conformément à la parole attribuée à Jésus.[455]
Au Paraguay, le clergé catholique adresse une pétition au gouvernement pour interdire les conférences diffusées par transcription électrique concernant la Trinité et les doctrines bibliques. Le responsable qui avait conduit cette démarche contre les Témoins de Jéhovah est présenté comme ayant terminé son existence terrestre.[456]
À Buenos Aires, faute d'un lieu de réunion permanent, les membres du groupe construisent leur propre salle et tiennent désormais leurs réunions et études sans difficulté.[457]
Les chiffres d'activité pour les quatre pays supervisés par le bureau de Buenos Aires en 1940 sont les suivants : en Argentine, 180 proclamateurs placent 206 862 publications au total, effectuent 57 551 heures de prédication et réalisent 742 visites de retour, avec 8 organisations de congrégations réparties en 5 zones et 5 régions[458] ; au Chili, 50 proclamateurs distribuent 26 633 publications et consacrent 7 366 heures à la prédication, avec 4 420 personnes touchées par des démonstrations sonores[459] ; au Paraguay, 9 proclamateurs diffusent 9 707 publications et enregistrent 8 437 heures, avec un effort accru grâce à l'envoi d'un nouveau serviteur de zone dans un territoire jugé très difficile sur le plan sanitaire[460] ; en Uruguay, 12 proclamateurs placent 29 618 publications et totalisent 9 762 heures, avec 8 phonographes en service[461].
Australasie
Le bureau de Sydney supervise l'activité en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans les territoires environnants. Malgré les contraintes de la guerre et l'opposition de la hiérarchie catholique romaine décrite comme plus vive que jamais, le travail enregistre une progression par rapport à l'année précédente. Les placements de livres et brochures s'élèvent à 1 864 129 pour l'exercice fiscal, et les placements de magazines sont présentés comme quasi doublés, atteignant 496 601 exemplaires contre 264 531 l'année précédente.[462] Le courrier postal en provenance d'Australie est entièrement soumis à la censure militaire, ce qui rend le rapport partiel et fragmentaire.
Le correspondant de Sydney évoque la perspective d'une « vague déferlante de sorties hors de la religion » en faveur de la Théocratie à brève échéance. Il mentionne également la question de l'impression locale de La Tour de Garde : le gouvernement australien ayant interdit le lancement de nouveaux périodiques pendant la durée de la guerre en raison du rationnement du papier, la démarche en cours auprès du département compétent pourrait toutefois aboutir favorablement, le bureau espérant être autorisé à importer le papier nécessaire.[463]
Plusieurs frères australiens proposent de remettre leurs exploitations agricoles à la Société ou de les faire gérer sous contrôle théocratique, afin d'employer des membres qui se verraient écarter de l'économie séculière du fait de pressions exercées par des opposants.[464] En Nouvelle-Zélande, un responsable nommé H. E. Gill, présenté comme un bon combattant lors des difficultés des Fidji, est dépêché pour faire face aux obstacles suscités par la hiérarchie catholique.[465]
Dans les îles et territoires d'Asie du Sud-Est, la progression est notable. En Thaïlande (Siam), les études bibliques débutées à Chiengmai se poursuivent et une traduction du livre Salut est en cours. Une infirmière thaïlandaise, sœur Bua Keo, quitte le service de l'hôpital missionnaire pour se consacrer entièrement à l'activité de pionnier, suscitant l'hostilité des missionnaires protestants. Des contacts sont établis avec deux instituteurs presbytériens à Bangkok qui assistent à des études de La Tour de Garde.[466]
À Shanghai, la congrégation surmonte des difficultés antérieures et fonctionne normalement ; le frère John se serait ensuite rendu à Hong Kong, bien que la situation dans cette région de l'Asie rende les communications incertaines. L'édition chinoise de Consolation est lancée depuis Shanghai. À Batavia, bureau central pour l'Orient relevant du bureau de Sydney, un atelier d'imprimerie est acquis avec les fonds des membres locaux. Des pionniers venus de Java se rendent à Sumatra, organisent une congrégation à Medan, célèbrent le Mémorial et adoptent une résolution de fidélité.[467]
Le rapport du bureau de Sydney reproduit in extenso un tract distribué dans cette ville avant la convention de 1940, intitulé « La cinquième colonne calomnie le Royaume de Dieu ». Ce document, reproduit sur plusieurs pages de l'annuaire, convoque tous les Australiens — catholiques, protestants, juifs et personnes de bonne volonté — à la convention théocratique prévue du 24 au 28 juillet 1940 à Strathfield (Nouvelle-Galles du Sud), à l'occasion de laquelle Rutherford doit parler en liaison depuis Columbus (Ohio) sur le thème « La religion comme remède mondial ».[468]
Le tract développe une thèse conspirationniste selon laquelle la hiérarchie catholique, assimilée à une « cinquième colonne jésuitisée »,[469] a systématiquement fait interdire les salles de Sydney aux Témoins de Jéhovah, alors qu'elle avait toléré la venue du comte von Luckner, présenté comme un sympathisant de l'Axe. Le document impute à la hiérarchie catholique l'ascension de Hitler en Allemagne, la conclusion du Concordat avec le régime nazi, la trahison de l'Autriche par le cardinal Innitzer — qui aurait fait carillonner les cloches des églises et hisser le drapeau à croix gammée le jour de l'anniversaire d'Hitler —, la livraison de la Tchécoslovaquie par des prélats catholiques, et l'invasion de la Pologne encouragée par les évêques catholiques allemands qui, selon le document, auraient publié une lettre pastorale appelant les soldats catholiques à obéir au Führer.[470]
Le tract cite également des incidents survenus en mai et juin 1940 au Texas, où des foules incluant des membres de l'Américan Legion auraient attaqué des Témoins de Jéhovah. À Odessa (Texas), une soixantaine de membres — hommes, femmes et enfants — sont décrits comme ayant été détenus sans nourriture ni eau jusqu'à minuit, puis conduits sur un camion et livrés à une foule de mille personnes qui les auraient chassés à pied sur plusieurs kilomètres le long d'une voie ferrée, sans possibilité d'accéder à de l'eau, certains s'évanouissant.[471]
Le tract conclut que la « cinquième colonne » s'identifie au jésuitisme et à l'« Action catholique », présentés comme les alliés des régimes totalitaires dans leur opposition au christianisme authentique tel que le pratiquent les Témoins de Jéhovah, tout en précisant que les catholiques individuels, qualifiés d'honnêtes, ne sont pas personnellement mis en cause.[472] La parole du psalmiste (Psaumes 23:5) est citée pour évoquer la sérénité attendue lors de la convention théocratique.[473]
La conclusion du tract australien lie les deux catégories opposées — partisans de la domination hiérarchique et défenseurs de la liberté — à la prophétie de Matthieu 25:31-46, où Jésus est décrit comme séparant au moment de son retour les nations en « brebis » et en « boucs ». Cette division, jugée désormais en cours d'accomplissement, est présentée comme le prélude au plus grand cataclysme que le monde ait jamais connu.[474]
Brésil
Dans les pays d'Amérique latine, la progression du travail de prédication est présentée comme plus difficile en raison d'une population décrite comme longtemps tenue dans l'obscurantisme religieux. Au Brésil, malgré des conditions générales troublées, l'activité enregistre une progression marquée. Le nombre de proclamateurs passe de 114 à 218, dont 68 pionniers en fin d'exercice contre 19 l'année précédente. Les heures d'activité sur le terrain augmentent de 45 454 en 1939 à 72 685 en 1940, et les visites de retour bondissent de 235 à 1 863.[475]
Objectif atteint
L'objectif fixé de 200 proclamateurs, dont 50 pionniers, est dépassé dès le mois d'avril. La littérature distribuée depuis le bureau de la branche augmente également : les livres et brochures placés passent de 196 348 unités en 1938-1939 à 226 612 en 1939-1940.[476] Les pionniers brésiliens, notamment des nationaux, quittent volontairement les grands centres de Rio de Janeiro et São Paulo pour atteindre des régions éloignées. Des groupes actifs d'étude et de témoignage se forment à Recife, Manaos et Santos. Le témoignage du Royaume est désormais actif dans dix des vingt-trois États et territoires du Brésil.[477]
Augmentation
Les groupes organisés passent de 12 à 15. La congrégation de São Paulo, contrainte de quitter ses locaux devenus trop étroits dans le bâtiment du bureau de la branche, trouve une nouvelle Salle du Royaume dans le centre commercial de la ville. Les membres y effectuent eux-mêmes les travaux d'aménagement. La fréquentation des réunions d'étude tourne entre 60 et 70 personnes, plusieurs Jonadabs sont baptisés et au moins dix d'entre eux entrent dans le service de pionnier.[478] Des frères isolés, pour la plupart agriculteurs dispersés dans le pays, reçoivent chaque mois l'Informant, La Tour de Garde et Consolation en portugais ou dans leur langue maternelle, et continuent à témoigner malgré la hausse des taxes et les restrictions sur les cultures.[479]
Résultats
Au moins 75 baptêmes sont signalés au cours de l'exercice, dont 15 personnes entrent ensuite dans le service de pionnier.[480] Le bureau local traduit et publie A Atalaia (version portugaise de La Tour de Garde) et des sélections pour Consolação. Des brochures reçues de Brooklyn — Gouvernement et Paix, Réfugiés, Anges, Dévoilé et Fascisme ou Liberté — sont distribuées. L'étude de modèle n°1 est traduite en portugais et imprimée localement à 2 000 exemplaires.[481]
La presse catholique dénonce publiquement les Témoins de Jéhovah comme communistes, alertant protestants et catholiques contre eux. Secrètement, des pressions sont exercées sur les autorités pour faire emprisonner les proclamateurs du Royaume. Les pionniers d'origine allemande sont particulièrement visés : certains se voient refuser le droit de séjour permanent, d'autres sont emprisonnés ou expulsés, « pour aucun autre « crime » que celui de prêcher la bonne nouvelle du Royaume de Dieu ».[482]
Le 31 mai 1940, le ministre de la Justice brésilien ordonne la dissolution de la Société et la cessation de ses activités. Des gardes sont postés devant le bureau. Après un mois quasi coupé du monde, un recours formel est déposé. Les autorités justifient ultérieurement leur décision par le fait que la Société est une organisation américaine et anti-fasciste. L'intervention du bureau du défunt président de la Chambre des représentants américaine, M. Bankhead, permet de porter la situation devant le Département d'État à Washington. Une action en injonction est introduite devant les tribunaux brésiliens pour mettre fin au harcèlement du responsable local. À la date du rapport, les gardes ont été retirés, mais le ministre de la Justice n'a pas encore statué sur la demande de réexamen.[483]
La persécution est présentée comme ayant pour effet paradoxal d'augmenter le zèle des membres. Des personnes qui s'étaient éloignées reprennent une activité plus intense. « Les religieux ont fui l'organisation, laissant les autres en paix ».[484]
Guyane britannique
En Guyane britannique, l'activité de service progresse par rapport aux années précédentes. La distribution de la littérature atteint son niveau le plus élevé : 2 847 livres et 12 122 brochures en 1940, contre 2 396 livres et 10 766 brochures en 1939. Une baisse de la diffusion sonore est notée en raison de l'absence de la machine à son du frère Talma, compensée par un usage accru de phonographes portables.[485]
Canada
Le rapport canadien s'ouvre sur une analyse politique : si la majorité de la population est jugée favorable à la liberté d'expression et de culte, le pouvoir officiel est décrit comme dominé par la hiérarchie catholique romaine, qualifiée de « résolument fasciste dans tout le pays ». La province de Québec et sa population catholique sont présentées comme n'ayant jamais vraiment soutenu la Grande-Bretagne malgré l'appartenance du Canada à l'empire.[486]
Un compromis est évoqué : en échange de l'appui de la hiérarchie catholique au projet de loi sur le service militaire obligatoire au Canada, les Témoins de Jéhovah auraient dû être mis hors la loi. Un décret du Conseil est effectivement adopté, déclarant l'organisation illégale. Cette décision est qualifiée de dérisoire — « Comment un pouvoir humain insignifiant pourrait-il arrêter l'œuvre du Dieu Tout-Puissant ? » — et la dissolution du bureau de la Société au Canada, qui contraint ses responsables à se disperser dans le pays, est mise en parallèle avec l'impossibilité d'arrêter le Saint-Laurent.[487]
Le rapport couvre principalement la période antérieure au décret, tout en soulignant que depuis son adoption, des membres continuent à parler du Royaume aux gens et que de nombreuses personnes embrassent le message. La résistance dans la province de Québec est décrite comme particulièrement vive, un jury du tribunal ayant recommandé au juge en chef de prendre des mesures immédiates contre la direction de l'organisation. Un juge déclare publiquement qu'il est « une bonne chose que l'auteur de ce livre [Ennemis] n'ait pas rencontré un bon anglican ou un bon catholique avec une cravache », ajoutant : « Il faut arrêter cela. »[488] En réponse, tout le pays est couvert d'un tract intitulé « Il faut arrêter cela ».[489]
La séquence des événements ayant mené au décret d'interdiction est retracée : seize organisations sont d'abord déclarées illégales, dont le Parti communiste. L'agitation au Parlement d'Ottawa s'intensifie contre les organisations subversives. Le docteur Bruce, député de Parkdale (Toronto), demande explicitement que les Témoins de Jéhovah soient inclus dans la liste des organisations illégales. Des conseils juridiques sont immédiatement sollicités et un mémoire détaillant l'organisation, ses enseignements et ses activités est préparé en vue d'une présentation devant le comité chargé de réviser les règlements de défense du Canada.[490]
Cependant, sans attendre l'avis de ce comité, le ministre de la Justice fait adopter par le gouverneur général un décret déclarant illégale l'« Organisation des Témoins de Jéhovah ». Le texte du règlement de défense du Canada (article 39C) est reproduit in extenso : toute personne qui continue à être membre d'une organisation illégale, à en défendre les principes ou à en distribuer la littérature est réputée coupable d'une infraction ; la simple présence à des réunions, la prise de parole publique en faveur de l'organisation ou la distribution de sa littérature par la poste constituent des présomptions de culpabilité. Les biens, droits et intérêts de toute organisation illégale au Canada sont remis au « dépositaire » dans les mêmes conditions que s'il s'agissait de biens ennemis au sens des règlements sur le commerce avec l'ennemi de 1939.[491]
La publication du décret au Canada Gazette est décrite comme ayant été reçue par les adversaires comme le glas de mort des Témoins de Jéhovah au Canada. Le parallèle est établi avec les trente pièces d'argent données pour Jésus : de même que le travail du maître fut interrompu par la mort, celui des Témoins canadiens l'est par un décret du Conseil, après des années de service fidèle auprès des humbles, des avertissements aux méchants et de la proclamation du nom divin.[492]
La conclusion théologique est néanmoins que le décret ne saurait arrêter l'œuvre de Jéhovah : ses serviteurs ne sont membres d'aucune organisation terrestre illégale, et — « aucun décret du Conseil ne peut contrarier le dessein du Tout-Puissant » — l'œuvre du Royaume sera accomplie tant qu'il fait jour.[493]
Malgré la répression, l'activité de prédication au Canada est décrite comme ayant progressé à pas de géant. Le nombre maximal de proclamateurs atteint 7 000, avec près de 700 pionniers inscrits fin juin. Il était anticipé qu'en fin d'année huit à neuf mille proclamateurs seraient actifs. La publication du décret a par ailleurs suscité une publicité sans précédent dans la quasi-totalité des journaux, dont la majorité publie des attaques amères, tandis que quelques-uns expriment leur surprise face à l'action gouvernementale.[494]
Sur les huit mois couverts par le rapport, 146 000 livres reliés sont placés, soit une augmentation de plus de 27 000 par rapport aux douze mois de l'année précédente correspondante. La diffusion de brochures est en baisse d'environ 400 000, mais une grande campagne de brochures était imminente. La citation d'Ésaïe 61:1-2 sert à ancrer théologiquement l'obligation de poursuivre la prédication coûte que coûte, de même que celle de Matthieu 24:14 sur la prédication de la bonne nouvelle dans toutes les nations.[495]
La moyenne mensuelle de proclamateurs passe de 4 269 pour l'année terminée le 30 septembre 1939 à 6 081, soit une augmentation mensuelle de 1 812. En mai, le pic de 7 000 est atteint. Les heures totales sur huit mois dépassent un million, en hausse de plus de 65 000 par rapport aux douze mois précédents correspondants, malgré des conditions météorologiques particulièrement défavorables — neige, glace, pluie. Les visites de retour s'élèvent à 197 935 sur huit mois, en hausse de 65 709 par rapport aux douze mois précédents. Plus de 160 000 magazines sont distribués au public. Les pionniers réguliers et spéciaux représentent une moyenne de 369 participants sur huit mois, soit près de 100 de plus par mois que l'année précédente ; certains voyagent en traîneau ou à cheval dans le froid hivernal pour atteindre les personnes avides de vérité.[496]
La convention de Detroit (déplacée de Columbus) attire des milliers de Canadiens malgré de multiples obstacles : restrictions monétaires sur les devises emportables aux États-Unis, obligation de passeport introduite le 1er juillet, et le décret d'interdiction lui-même. Certains parviennent néanmoins à franchir la frontière, et leurs comptes rendus sont ensuite relayés parmi les Témoins restés au Canada.[497]
La situation présente au Canada est décrite comme délicate : le gouvernement censure le courrier, ce qui rend quasi impossible toute communication entre membres et entre la Société et ses membres. Dans certains districts, des arrestations, des perquisitions et des confiscations de littérature sont effectuées, avec des condamnations pouvant aller jusqu'à six mois d'emprisonnement, voire une internation si les condamnés refusent de renier leur appartenance à l'« Organisation des Témoins de Jéhovah ». Des avocats de premier plan sont engagés en Ontario, dans les provinces maritimes et dans les provinces de l'Ouest.[498]
La question du salut au drapeau est développée séparément. De nombreux enfants de Témoins refusent le salut au drapeau et le chant de l'hymne national dans les écoles, ce qui donne lieu à des poursuites contre leurs parents au titre de l'appartenance à une organisation illégale ou de l'incitation à la désobéissance aux règlements de défense du Canada. Deux membres sont reconnus coupables en vertu de ces règlements. Il est précisé que Jésus lui-même fut traité de « buveur de vin, prince des démons, séditieux », ce qui sert à relativiser les accusations d'antipatriotisme.[499]
Le rapport canadien se clôt sur une affirmation de fidélité indéfectible à Jéhovah, avec citation des Psaumes 118:27-29 et Psaumes 137:5-6 comme expression de l'attachement au Royaume théocratique face aux épreuves.[500]
Europe centrale
Le bureau régional d'Europe centrale, maintenu à Berne en Suisse, administre depuis plusieurs années l'activité de prédication dans plus d'une douzaine de pays. Pratiquement tous se trouvent désormais sous contrôle totalitaire absolu, rendant toute communication entre ces pays et le bureau de Brooklyn impossible. La Suisse, nominalement républicaine, est en réalité dominée par une puissance arbitraire ; encerclée par les régimes totalitaires, son gouvernement est contraint à la soumission sous l'effet de la peur.[501]
À l'instigation de la hiérarchie catholique romaine et de l'ensemble totalitaire, le Béthel de Berne est perquisitionné par les autorités : toute la littérature est saisie et la quasi-totalité de la famille du Béthel dispersée, seuls quelques membres étant maintenus sur place pour gérer les biens. Depuis lors, aucune communication directe ni aucun rapport d'activité ne peut être reçu de Suisse.[502]
Un rapport partiel parvenu d'un pays isolé non nommé fait état d'une persécution intense : presque tous les pionniers ont été arrêtés à plusieurs reprises et leur littérature confisquée ; une convention récente a réuni 150 membres, dont certains n'ont pu venir par pauvreté ; la brochure « Cinquième colonne démasquée » a été imprimée en deux langues dans ce pays. En Allemagne, en Yougoslavie, en Autriche et dans d'autres pays, les membres reproduisent par stencil les articles de La Tour de Garde et les distribuent à ceux qui ne reçoivent pas la revue.[503]
Il est rappelé que lors d'une conférence publique à Berne trois ans auparavant, le président de la Société avait annoncé que la Suisse serait envahie par les fascistes et ne resterait pas une démocratie — le lendemain, la police le cherchait. Depuis lors, un permis préalable de la police est requis pour tout discours public, et tout courrier adressé au président de la Société est censuré voire confisqué.[504]
Les serviteurs de la Société à Berne ont été arrêtés et traduits devant les tribunaux. Johannes Huber, membre de la Chambre des représentants de la République helvétique, prend leur défense et déclare par écrit que la procédure du tribunal militaire à leur encontre lui est « incompréhensible », suggérant qu'une influence partiale et protectrice d'intérêts particuliers s'y exerce, ce qui ne devrait pas relever de la justice militaire.[505]
Un rapport chiffré fait état des résultats pour la Suisse et ses pays associés. Pour l'exercice 1939-1940, 103 591 livres et 929 926 brochures sont distribués, pour un total de 1 033 517 publications, en baisse par rapport au 1 817 386 de l'exercice précédent. Le nombre maximum de proclamateurs atteint 3 369, pour 396 342 heures de prédication. On dénombre 3 309 nouveaux abonnements aux périodiques, 314 879 exemplaires de périodiques distribués, 44 642 visites de retour et 95 132 assistants aux réunions phonographiques. Le bureau fabrique par ailleurs 140 phonographes portables, dont 40 du modèle habituel et 100 d'un modèle maison en bois verni poli.[506]
La comparaison avec l'année précédente est rendue difficile par l'impossibilité d'obtenir des rapports complets de la majorité des bureaux de filiale. Seuls la Suisse et la Yougoslavie fournissent des rapports mensuels complets pour les douze mois. Aucune donnée n'est disponible pour la Pologne, qui comptait l'année précédente 41 pionniers et 998 proclamateurs en congrégation. La Tchécoslovaquie ne compte plus aucun pionnier. Malgré tout, la distribution de livres est en hausse, attribuée principalement à la Suisse et aux Pays-Bas, et des informations parviennent occasionnellement montrant que la voix des témoins fidèles se fait encore entendre partout.[507]
La tranche 14 commence en plein milieu de la section Europe centrale déjà en cours. Je continue directement le paragraphe sans nouveau titre, puis je traite les nouvelles sections pays.
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Par décret de la Commission de presse de l'État-major de l'armée suisse, daté du 29 juin 1940, toutes les publications de la Société Watch Tower sont soumises à une censure préalable pour une durée indéterminée. À compter du 1er juillet 1940, la Société décide de suspendre l'impression de toute littérature, à l'exception du périodique Consolation en allemand. Le rapport de production pour l'exercice 1939-1940 ne couvre donc que dix mois pour les livres, les brochures et La Tour de Garde.[508]
Plusieurs facteurs expliquent la contraction de la production : l'ouverture des hostilités en Europe coïncide avec le début de l'exercice, puis les activités en France sont supprimées, privant le bureau d'un débouché important. L'envoi de littérature en Finlande est longtemps impossible en raison de la guerre ; à la reprise, seuls 8 000 exemplaires de Salut (sur les 20 000 commandés) peuvent être expédiés via la Suède. Les États nordiques et baltes restent inaccessibles pendant une période prolongée, et les tarifs de fret atteignent des niveaux prohibitifs. Au printemps, l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg par l'Allemagne coupe définitivement ces marchés.[509]
Depuis le début de l'exercice, les Pays-Bas avaient imprimé brochures et La Tour de Garde sur les machines reçues de Prague, mais la progression allemande y a également rendu l'utilisation de ces installations impossible.[510]
La famille du Béthel a été réduite de moitié ; les 31 membres restants sont décrits comme plus unis que jamais. Les membres qui ont dû quitter le Béthel expriment, les larmes aux yeux, leur regret de partir, déclarant que le temps passé au Béthel a été le plus heureux de leur vie. Ceux qui restent acceptent de bon gré les mesures d'économie — réduction des allocations et repas plus modestes. Parmi les activités de terrain du Béthel : un maximum mensuel de 48 proclamateurs, une moyenne de 39, ayant distribué en 6 538 heures 2 307 livres, 12 236 brochures, 6 549 exemplaires de Consolation et 2 252 exemplaires de La Tour de Garde, avec 168 nouveaux abonnements. Trente-six phonographes ont permis 2 952 conférences et 3 135 visites de retour.[511]
Belgique
Aucun rapport n'est reçu de Belgique depuis avril 1940, date de l'invasion allemande. Les courriers reçus avant ce mois montrent que les membres belges et les Jonadabs y manifestaient un zèle exceptionnel. La comparaison des deux derniers exercices témoigne de cette activité soutenue : en 1940 (soit les sept premiers mois), 4 142 livres et 164 617 brochures sont distribués (total : 168 759 publications) ; pour l'exercice 1939, les chiffres s'élèvent à 5 863 livres et 216 354 brochures (total : 222 217).[512]
Pour les sept premiers mois de l'exercice courant, 170 000 publications sont distribuées contre environ 130 000 pour la période équivalente de l'exercice précédent. Les visites de retour effectuées au cours de ces sept mois (2 569) dépassent même le total des douze mois de l'année précédente (2 406). Un pionnier suisse écrit à sa mère, après de longues semaines, que les fidèles en Belgique n'ont pas souffert de tort pendant les jours troublés, et que le Seigneur pourvoit à tous les besoins de son peuple.[513]
Bulgarie
De Bulgarie, un seul rapport de pionniers est parvenu, pour septembre 1939 ; pour les congrégations, un seul rapport également, pour mars 1940. Les communications sont pratiquement inexistantes depuis lors.[514]
Tchécoslovaquie
En Bohême et Moravie, les membres parviennent en début d'exercice à travailler avec une relative liberté de maison en maison et transmettent régulièrement leurs chiffres au bureau de Berne. Cette correspondance est surveillée par la Gestapo ; dans le dernier rapport reçu en juin, les informations sur le nombre de proclamateurs et de littérature distribuée ont été soigneusement découpées. Depuis lors, aucun rapport n'est reçu. En Slovaquie, les conditions sont encore plus difficiles : le représentant de la Société est arrêté pour refus du service militaire. Des numéros de La Tour de Garde expédiés depuis Berne sont confisqués par la Gestapo dans plusieurs cas, mais d'autres membres expriment leur joie à la réception de la revue.[515]
Dantzig
Dantzig, après l'annexion consécutive au démembrement de la Pologne, n'envoie qu'un seul rapport, pour septembre 1939, faisant état de 5 livres et 23 brochures distribués. Depuis lors, tout contact avec les membres y est coupé.[516]
France
Les difficultés commencent en France à la mi-octobre 1939 : le 18 octobre, la littérature de la Société est saisie et le bureau parisien fermé. Le serviteur de filiale, frère Knecht, qui avait servi fidèlement pendant des années, tombe malade peu avant et décède peu après. Un frère venu de Suisse cherche à maintenir l'organisation locale des congrégations ; malgré des démarches répétées auprès du tribunal pour obtenir la nomination d'un liquidateur judiciaire, aucune suite n'est donnée, même après des interventions de l'ambassade américaine et de l'avocat de la Société.[517]
Les membres français, en dépit de la guerre et de l'opposition, continuent à témoigner de porte en porte et à utiliser phonographes et voitures sonorisées. Nombre de membres, notamment dans le nord de la France et en Alsace, sont emprisonnés. La Société Biblique Britannique et Étrangère, dont les Jonadabs achètent leurs Bibles, connaît une vente record depuis le début des hostilités, et fait coller des affiches portant les mentions : « Les prophéties de la Bible s'accomplissent » et « La Bible est la source de toutes les vraies richesses ».[518]
Depuis la défaite militaire de la France, tout contact avec les membres de Paris et des territoires occupés est perdu. Un échange épistolaire intermittent est maintenu avec l'ancien représentant de la Société en Alsace, dans la zone non occupée. Les Suisses se voient refuser tout visa, tant pour la zone occupée que pour la zone libre. Les chiffres disponibles, qui sous-estiment probablement l'activité réelle en raison des difficultés postales, font état de 348 proclamateurs ayant distribué en 9 215 heures 1 381 livres, 22 917 brochures et 4 527 périodiques, avec 7 voitures sonorisées, 4 unités de phonographe portatif à moteur, et 170 phonographes ; 3 954 personnes ont entendu le message enregistré et 785 visites de retour ont été effectuées.[519]
La mainmise de la hiérarchie catholique sur le gouvernement français est jugée totale : dès septembre 1939, un rédacteur d'un journal parisien humaniste déclare à un représentant de la Société que des hommes d'État éminents constatent avec inquiétude que « la Hiérarchie en France a désormais saisi tous les leviers du pouvoir gouvernemental ».[520]
Allemagne
Depuis le début de la « marche triomphale de conquête ininterrompue » de l'Allemagne, aucune liaison organique n'existe plus avec les membres en Allemagne et en ancienne Autriche. Des rapports sur les crimes commis par l'Allemagne nationale-socialiste contre des chrétiens parviennent toutefois jusqu'au printemps 1940. La persécution est présentée comme la confirmation de Romains 8:35-37, dont les paroles de Paul — « ni tribulation, ni détresse, ni persécution, ni famine, ni nudité, ni péril, ni épée » — sont citées pour décrire l'épreuve des membres fidèles.[521]
À Salzbourg, en ancienne Autriche, huit témoins de Jéhovah sont traduits devant le tribunal militaire pour refus de service de guerre pour raisons de foi et de conscience. Deux d'entre eux sont condamnés à mort et exécutés ; les autres sont transférés à Berlin et également condamnés à mort selon des informations parvenues au bureau. Lors du procès, le juge fait entrer les épouses dans la salle d'audience dans l'espoir d'ébranler les accusés, mais ces femmes les encouragent devant tous en disant : « Vos vies sont entre les mains de Dieu ». Cette scène plonge le juge dans une telle agitation qu'il frappe la table du poing et déclare que ces hommes ne sont pas des criminels ni des traîtres, mais une communauté de croyants se comptant non par deux ou trois mais par centaines, voire par milliers.[522]
La veille de l'exécution, les deux condamnés demandent une Bible, que le juge leur apporte personnellement ; observant leur attitude jusqu'à minuit, il quitte la cellule en remarquant que « ces deux hommes, dans leur dernière heure, étaient unis à leur Dieu — ce sont vraiment des hommes saints ». Les condamnés refusent le bandeau ; les soldats chargés de l'exécution manifestent des hésitations. Même des ecclésiastiques catholiques de la ville louent leur fermeté à leurs paroissiens. Quelque 300 personnes assistent à l'enterrement privé sous stricte surveillance policière ; la Gestapo interdit les chants et interrompt la prière, et interdit également la prononciation du nom « Jéhovah » — ce qui n'empêche pas un membre de s'écrier, au moment où le cercueil est descendu : « Jusqu'à ce que nous nous retrouvions dans le Royaume de Jéhovah ! »[523]
Un témoin de Jéhovah de 22 ans est fusillé dans la prison militaire de Germersheim. Vingt-cinq membres sont transférés de Vienne à Berlin pour être jugés par le tribunal militaire. Dans plusieurs autres cas, la sentence est la détention à perpétuité. Un témoin nommé Alram, ayant refusé le serment d'allégeance à Hitler dans la police auxiliaire, est retrouvé mort en prison, sa femme étant informée qu'il est décédé et pouvant récupérer ses vêtements et son anneau — sans autre explication. Un ancien inspecteur de police de Linz, nommé Lengauer, refusant lui aussi le service militaire, est décapité à Berlin le 16 novembre 1939 après avoir été accusé de désertion.[524]
Des lettres d'adieu sont reproduites. L'une de ces lettres exprime la conviction du condamné de se reposer jusqu'à ce que le Seigneur l'appelle : « J'ai terminé le combat. Je vais me reposer jusqu'à ce que le Seigneur m'appelle ». Une seconde lettre, écrite la veille de l'exécution à cinq heures du matin, demande à la destinataire de ne pas pleurer : « c'est la volonté du Créateur que je perde la vie ».[525]
Un membre est signalé comme ayant reçu vingt-cinq fois vingt-cinq coups de bâton pour avoir encouragé ses frères par des textes bibliques ; cela le rend physiquement invalide, incapable de marcher normalement. Dans une carrière près de Linz, deux membres — dont l'un avait servi pendant plus de 25 ans — meurent après seulement douze mois de travaux forcés, officiellement de « faiblesse cardiaque ». Le rapport rapproche cette formule de celle utilisée dans le Livre blanc britannique sur le traitement des ressortissants allemands en Allemagne, qui note que « les mauvais traitements physiques normalement infligés aux prisonniers entraînaient parfois apoplexie et mort, dont la cause était alors déclarée 'faiblesse cardiaque' ». Hébreux 13:9, 14 est cité comme parole de réconfort pour ces deux hommes morts aux mains d'ennemis sans pitié.[526]
De jeunes membres d'une ville du sud de l'Allemagne, âgés de 16 à 20 ans, s'exhortent mutuellement à « ne pas aimer leur vie jusqu'à la mort ». La littérature biblique circule de main en main et est même recopiée à la main, comme avant l'invention de l'imprimerie, sous le regard de la Gestapo. Des enlèvements d'enfants par la Gestapo sont également signalés. Aucun chiffre d'activité n'est transmis depuis l'Allemagne, mais il est jugé certain qu'aucun des vrais membres n'est resté inactif.[527]
Hongrie
Les chiffres disponibles pour la Hongrie ne couvrent que trois mois d'activité pour les pionniers et onze mois pour les proclamateurs en congrégation. La hiérarchie catholique y exerce une pression intense sur les fidèles, qui doivent travailler avec la plus grande prudence. Un nombre non précisé de membres est en prison. Bien que le nombre de proclamateurs soit en hausse de 158 unités (atteignant 399), le nombre de livres distribués n'augmente que marginalement et les brochures accusent une baisse de 10 000 exemplaires. En revanche, le nombre d'heures de prédication et de visites de retour est si élevé qu'il ne se prête à aucune comparaison avec l'année précédente, témoignant d'une exploitation maximale des occasions encore disponibles.[528]
Italie
En Italie, de nombreuses demandes de littérature parviennent au bureau de Berne, mais les envois sont sévèrement limités : tout colis dépassant un livre ou quelques brochures est soit retourné, soit confisqué à la frontière. Fin août 1939, quelques jours avant le déclenchement de la guerre, environ 3 000 livres et brochures sont introduits en Italie pour distribution. En octobre, la sœur chargée de la littérature prend conscience d'une surveillance policière ; le 1er novembre 1939, elle est arrêtée, son domicile perquisitionné et les adresses des autres membres découvertes. Dans le courant du mois de novembre 1939, environ 150 membres sont arrêtés. Certains sont relâchés après deux ou trois mois ; d'autres sont conduits à Rome devant le Tribunal spécial fasciste. La sœur Cummetti, veuve du responsable décédé, est condamnée à neuf ans de prison. L'identité de la sentence contre sœur Maria Pizzatti de Milan, considérée comme la principale responsable du « crime » de distribution de littérature, n'est pas connue avec certitude ; le frère Marcello Martinelli de Castione-Andevenno est banni en Sardaigne.[529]
Des extraits de lettres reçues d'Italie font état des circonstances des arrestations. Dans une région non précisée, le mari d'une correspondante est arrêté le 29 octobre en allant renouveler l'abonnement à La Tour de Garde ; le lendemain, des fonctionnaires de l'État perquisitionnent son domicile et confisquent toute la littérature spirituelle. D'autres membres sont arrêtés le même jour dans la même région.[530]
En Italie, l'isolement des membres encore libres est mis en évidence par des lettres reçues entre février et mai 1940. Une correspondante signale que l'ensemble de son groupe local est emprisonné et qu'elle seule reste en liberté ; condamnée à une surveillance spéciale pour deux ans, il lui est interdit de correspondre avec des personnes « suspectes » ou des « sectes religieuses » sous peine d'une nouvelle incarcération. Une autre lettre, datée du 25 mars 1940, mentionne que le régime carcéral à Milan consistait en pain, eau et soupe une fois par jour ; son auteur décrit des conditions d'emprisonnement de deux à trois mois avant remise en liberté conditionnelle ou transfert devant le Tribunal spécial. La sœur Maria Marto reçoit quant à elle une peine de cinq ans de bannissement, purgeant sa sentence à Vendotena (province de Littoria).[531]
Une lettre du 10 avril 1940, citant Psaumes 145:15, décrit la captivité comme l'œuvre de « la méchante femme » de Apocalypse 17, les autorités fascistes étant ainsi identifiées à la Babylone prophétique. Les membres arrêtés sont présentés comme n'ayant pas cédé à l'intimidation, à l'image de David face au géant de 1 Samuel 17. En mai 1940, une lettre confirme que le frère Martinelli est toujours banni en Sardaigne. Depuis l'entrée en guerre de l'Italie, aucune lettre n'est plus reçue, et il est estimé que la censure en est la cause ; plusieurs familles de prisonniers ont reçu l'ordre de la police italienne de ne plus recevoir de littérature ou de La Tour de Garde.[532]
Luxembourg
Au Luxembourg, seules des données partielles portant sur huit mois d'activité sont disponibles : 539 livres et 7 742 brochures distribués, soit 8 281 pièces de littérature au total. Depuis les premiers jours de mai 1940, date à laquelle le Grand-Duché est absorbé par les forces allemandes, aucune nouvelle n'est parvenue du pays. Quelques communications ont été reçues de membres évacués en France, mais le silence est total depuis l'occupation française par l'Allemagne. La ferveur missionnaire des quelques proclamateurs luxembourgeois est soulignée, tout comme la pression exercée par la hiérarchie catholique, qui aurait multiplié les persécutions au fil des années précédentes.[533]
Pays-Bas
Aux Pays-Bas, l'exercice 1940 (couvrant neuf mois) dépasse largement celui de 1939 : 6 880 livres (contre 6 215) et 254 350 brochures (contre 180 408) sont distribués, pour un total de 261 230 pièces de littérature. Le nombre de proclamateurs a presque doublé ; 127 455 heures de prédication sont enregistrées, soit près de 30 000 de plus qu'en 1939. Les abonnements gagnés atteignent 797 (100 de plus que l'année précédente) et 52 401 magazines sont distribués. En revanche, l'utilisation des voitures sonores est quasi nulle, le rapport estimant que les troubles de guerre l'ont rendue impraticable.[534]
Le responsable de la filiale néerlandaise rapporte que l'invasion n'a entraîné aucune perte parmi les membres et que les 100 000 brochures expédiées depuis la Suisse ont été sauvegardées et distribuées. Plus de 160 membres ont été baptisés dans les deux mois suivant la fin des combats. Un don de 7 000 florins reçu pendant la guerre est investi dans l'acquisition d'une propriété à Leersum, dont la valeur a déjà augmenté de 1 000 florins depuis l'achat. Face à l'interruption des livraisons depuis Brooklyn, le bureau de Heemstede fait imprimer localement Consolation en néerlandais à 15 000 exemplaires par numéro, contre 4 000 à 5 000 auparavant. Les presses sont scellées par la Gestapo le 6 juillet 1940, mais deux imprimeries extérieures prennent le relais. L'impression du livre Salut et de la brochure Religion est également lancée, à 10 000 exemplaires chacun, et une nouvelle brochure à 50 000 exemplaires est en préparation, dont le contenu combine des extraits des brochures Gouvernement et Choisir.[535]
La Gestapo interdit officiellement l'activité des Témoins de Jéhovah aux Pays-Bas à partir du 1er juillet 1940, mais sans publication légale de ce décret ni annonce radiophonique ou dans la presse ; le responsable de la filiale choisit donc de ne pas en informer les membres tant que l'interdiction n'est pas officiellement publiée. Cinq membres sont arrêtés, dont un Allemand ; les quatre premiers sont transférés en Allemagne, l'un d'eux étant identifié comme détenu à la prison de Münster. Cent phonographes sont par ailleurs assemblés localement à partir de pièces fournies par différents prestataires. La police néerlandaise est décrite comme favorable aux Témoins de Jéhovah et indignée de l'action de la Gestapo. Les deux bateaux de la Société restent en service, bien que leur saisie par les autorités allemandes soit jugée imminente.[536]
Plusieurs récits témoignent de ce qui est interprété comme une protection providencielle lors du bombardement de Rotterdam. Les 100 000 brochures stockées à la gare des marchandises, entourées par les flammes lors de l'incendie du dépôt, n'auraient pas brûlé et sont transportées jusqu'au bureau de la Société par un chauffeur extérieur stupéfait qui, passant sans encombre à travers tous les barrages militaires, s'interroge sur la nature du chargement. Un immeuble où se trouvaient 500 personnes est touché ; tous périssent ou sont blessés, à l'exception de quatre Témoins de Jéhovah qui, se trouvant à l'entrée, sont projetés dans la rue sans blessure par la surpression. Une sœur invalide échappe à la mort parce qu'un frère a fait déplacer son lit de la fenêtre vers le mur intérieur juste avant qu'une bombe ne frappe l'emplacement initial. Un frère libéré de prison quelques jours avant l'invasion voit cette même prison bombardée le premier jour de la guerre, faisant de nombreuses victimes parmi les détenus.[537]
Dans une ville évacuée, une sœur laisse allumée pendant trois jours et trois nuits une enseigne lumineuse à sa fenêtre portant l'inscription « La Théocratie apporte la vie — La dictature apporte la mort »; les soldats allemands entrant dans la localité reçoivent ainsi un « témoignage ». À son retour, la sœur explique à ses voisins qui lui demandent pourquoi elle retire l'enseigne que celle-ci a accompli son but et qu'ils éprouveront bientôt eux-mêmes la vérité de ces paroles.[538]
Pologne
La situation en Pologne est décrite comme plongée dans une obscurité totale depuis le partage du pays entre l'Allemagne et la Russie. Aucune statistique d'activité n'est disponible. Le responsable de la filiale, signalé comme ayant toujours exercé son travail avec fidélité et conscience, est emprisonné et les biens de la Société placés sous administration d'État allemande. Une carte postale reçue par la suite indique qu'il a été libéré, les autorités n'ayant apparemment pas trouvé les motifs de culpabilité qu'elles recherchaient. La promesse de Luc 21:28 — « Quand ces choses commenceront à arriver, redressez-vous et levez la tête, car votre délivrance approche » — est citée comme source de réconfort pour les membres encore libres.[539]
Roumanie
En Roumanie, la prise de contrôle par l'Allemagne des puits de pétrole roumains est interprétée comme la fin pratique de l'indépendance du pays. Les membres y ont depuis longtemps subi de sévères persécutions, au point que toute activité organisée a pratiquement cessé depuis plusieurs années. Pour les huit mois couverts par le rapport, les chiffres sont les suivants : 371 livres et 35 792 brochures distribués, soit 36 163 pièces au total, une progression notable par rapport à 1939.[540]
Suisse
En Suisse, l'année est présentée comme exceptionnelle. La campagne de service d'octobre 1939, placée sous le thème « La Théocratie », mobilise près de 1 000 proclamateurs. Elle s'accompagne de nombreuses conférences publiques avec projection de diapositives, organisées en trois soirées sur les thèmes « Gouvernement et Paix », « Remplissez la Terre » et « Religion et Christianisme ». Dès la première session, les autorités locales tentent d'interdire les conférences et font pression sur le propriétaire de la salle pour résilier le contrat ; ce dernier refuse, invoque la réputation respectable des organisateurs et exige qu'une conférence ait lieu, ce qui est fait devant un public nombreux. Une protestation est déposée auprès d'une autorité supérieure contre cette intervention arbitraire. Au moment de la rédaction du rapport, le responsable de la filiale fait l'objet d'une mise en examen par les autorités militaires ; un juge d'instruction a déjà menacé de mesures d'emprisonnement et d'interdiction visant tant la Société Watch Tower que l'Association suisse des Témoins de Jéhovah. Matthieu 11:12 — « le royaume des cieux est forcé » — est cité comme justification scripturaire de l'intensification de l'activité missionnaire face aux obstacles.[541]
La campagne de conférences publiques, poursuivie tout l'hiver malgré les obstructions catholiques et nationalistes, comprend en tout 55 séries de trois conférences ayant réuni 20 000 personnes, auxquelles s'ajoutent 57 conférences sans projection de diapositives. L'atmosphère d'enthousiasme qui s'en dégage est rendue par des témoignages populaires : « Les Témoins de Jéhovah sont des gens courageux, qui ont une conviction inébranlable pour laquelle ils se battent avec enthousiasme ».[542]
Un incident caractéristique illustre la résistance catholique : un proclamateur visitant de porte en porte un dimanche matin dans une ville de Suisse orientale se retrouve par hasard au domicile du rédacteur en chef d'un journal catholique local. Introduit par l'épouse du rédacteur, il est reçu par ce dernier, qui, assisté d'un jeune militant de l'« Action catholique », le frappe à coups de chaise et de gourdin jusqu'à ce qu'il s'effondre en sang. La femme de l'éditeur téléphone à la police non pour secourir la victime mais pour la faire arrêter. Le frère reçoit des soins médicaux confirmant la gravité des blessures ; une plainte s'avère difficile à déposer en l'absence de témoins neutres.[543]
La grande assemblée nationale suisse se tient à Berne, dans l'une des plus vastes salles de la ville, au lendemain du Mémorial. Quelque 1 400 personnes y participent, dont plusieurs enfants de dix et onze ans qui pratiquent déjà le service de maison en maison. Des baptêmes y sont célébrés. L'assemblée adopte à l'unanimité une résolution en dix points, qui est ensuite reproduite à 100 000 exemplaires en allemand et en français et envoyée à tous les parlementaires, tribunaux, autorités cantonales et communales, ainsi qu'à l'ensemble de la presse helvétique.[544]
La résolution affirme la neutralité absolue des Témoins de Jéhovah à l'égard de tout régime terrestre, qu'il soit communiste, fasciste ou national-socialiste, et leur obéissance à Dieu plutôt qu'aux hommes conformément à Actes 5:29. Elle déclare que les Témoins ne placent aucun espoir dans les manœuvres diplomatiques pour la paix ni dans la Société des Nations, et rappelle leur solidarité avec les frères martyrisés dans les pays voisins, dont le nombre est alors estimé à 80 morts. Elle exprime la reconnaissance envers les autorités suisses pour la protection de la liberté de conscience dont le pays jouit encore, tout en dénonçant les éléments catholiques et hiérarchiques comme principaux soutiens des forces antidémocratiques, conformément aux événements de l'année écoulée.[545]
Durant les trois mois de la campagne de la Tour de Garde, 26 181 livres sont distribués en Suisse, contre 20 726 pour toute l'année fiscale 1939. Pour la même période, 114 897 brochures sont diffusées. Le nombre de proclamateurs actifs atteint 1 323 au moment où les difficultés avec les autorités militaires menacent de s'aggraver. Le 29 juin, l'état-major de l'armée suisse décrète la censure préalable de toutes les publications de la Société, subordonnant leur impression à l'accord du bureau de censure militaire. La direction de la filiale refuse de se soumettre à cette mesure, estimant que la Parole de Dieu ne peut être soumise à une autorité humaine. Le bilan annuel total s'élève à 86 259 livres et 375 011 brochures, soit 461 270 pièces de littérature.[546]
Yougoslavie
En Yougoslavie, la hiérarchie catholique intensifie ses efforts pour entraver l'activité des proclamateurs. Malgré cela, les chiffres de 1940 montrent une progression notable : 1 901 livres et 40 240 brochures sont distribués, contre respectivement 1 308 et 23 750 l'année précédente, soit un total de 42 141 pièces contre 25 058. Le nombre de proclamateurs augmente de 33 unités pour atteindre 108, avec 7 176 heures supplémentaires dans le service de terrain, 1 517 revisites supplémentaires et 2 361 auditeurs de machine sonore de plus — et ce, sur une période de onze mois seulement.[547]
Chine
La Chine est décrite comme un territoire plongé dans les ténèbres sous l'effet conjugué de la guerre sino-japonaise et de la présence de la hiérarchie catholique. Shanghai subit un étranglement progressif ; des centaines de milliers de civils sont chassés de leurs terres par l'armée japonaise, réduits à la misère et à la famine. L'avancée japonaise est présentée comme servant les intérêts de la hiérarchie catholique romaine, qui s'étend sur chaque territoire conquis. Un syncrétisme associant bouddhisme, shintoïsme et catholicisme est signalé au Japon sous l'appellation « type pur japonais de religion chrétienne », dénoncé comme un outil supplémentaire d'obscurcissement spirituel des peuples.[548]
À Hong Kong, la pression catholique est telle que les journaux locaux refusent de publier toute information critique à l'égard des catholiques, déclarant que « nous n'osons rien imprimer contre les catholiques, car la Colonie est trop forte ».[549]
La « Consolation » en chinois
La branche de Shanghai lance la première édition d'un périodique en langue chinoise, Consolation, d'abord prévu de longue date mais longtemps différé. L'initiative est finalement déclenchée par une demande urgente des îles Britanniques, qui promettent leur soutien. Le premier numéro paraît fin mai. La revue est ensuite enregistrée comme journal auprès de la poste, ce qui lui permet de pénétrer progressivement dans les provinces intérieures, malgré l'interdiction antérieure des envois postaux de publications imprimées dans ces régions.[550]
Convention théocratique
Une convention locale est organisée à Shanghai les 27 et 28 juillet, en parallèle à la convention mondiale. Bien que modeste en effectifs, elle réunit des représentants de dix nationalités. Les matinées sont consacrées au service de porte en porte. Des opposants sont signalés : un pasteur d'une mission hébraïque déclare que les Témoins de Jéhovah croissent en nombre dans le secteur et qu'il faut « faire quelque chose pour les enrayer ».[551]
La méthode de service est réorganisée au cours de l'année fiscale : des territoires sont assignés aux proclamateurs, des cartes leur sont fournies, et des fiches d'objectifs hebdomadaires sont introduites, ce qui accroît sensiblement le nombre d'heures de service. Le travail s'oriente désormais principalement vers la population chinoise : sur 20 000 publications placées, 15 000 sont en langue chinoise, contre une majorité européenne les années précédentes. L'effectif compte sept pionniers et treize proclamateurs de compagnie représentant sept nationalités, soit sept proclamateurs de plus que l'année précédente. Le total de la distribution accuse une hausse de 300 % par rapport à l'année précédente ou à toute année antérieure.[552]
À Shanghai, la misère sociale s'aggrave : meurtres, assassinats, enlèvements, grèves et spéculation sur les denrées de première nécessité accablent les classes populaires. Les pionniers eux-mêmes peinent à couvrir leurs besoins en raison du coût de la vie ; les membres de la congrégation les soutiennent financièrement par des collectes lors des réunions. Un frère britannique héberge gratuitement trois pionniers allemands et leur offre un repas par semaine ; des soins médicaux sont prodigués en cas de maladie.[553]
Le 12 août, un pionnier syrien est arrêté dans la Concession française sous prétexte de colportage sans licence. Refusant de principe de payer l'amende de cinq dollars imposée par la police, il est incarcéré vingt-quatre heures dans une cellule sombre et insalubre. Trois lettres de protestation sont adressées au chef de la police, au consul général français et au juge ; la réponse policière maintient les accusations.[554]
Le bilan statistique annuel de la Chine fait état de 20 830 publications distribuées en 1940 (contre 3 903 en 1939), dont 3 478 livres et 17 352 brochures. Les heures de terrain atteignent 10 645 (contre 2 817). Les nouvelles souscriptions passent de 21 à 173. On recense 155 exemplaires de la Tour de Garde et 749 exemplaires de Consolation distribués.[555]
Grèce
La Grèce est décrite comme un pays doublement éprouvé : harcelée de l'intérieur par des dirigeants politico-religieux et attaquée de l'extérieur par des puissances étrangères. Les Témoins de Jéhovah grecs y affrontent de lourdes persécutions tout au long de l'année. Le rapport du serviteur de la filiale à Athènes, inséré dans le compte rendu, indique que, malgré les attaques de l'ennemi contre le peuple du Seigneur, Dieu est présenté comme ayant agi pour délivrer les siens.[556]
Voici la suite de la section == Contenu == pour les pages physiques 204 à 214 :
Dans les prétoires, trente affaires mettant en cause 52 frères ont été traitées au cours de l'année, dont 25 ont abouti à des condamnations à des peines allant de six mois à deux ans d'emprisonnement ; les amendes infligées totalisent 45 000 drachmas.[557] Trois frères ont refusé de porter les armes, l'un d'eux étant condamné à huit mois de prison par un tribunal militaire. Environ quatre-vingt frères et sœurs ont été baptisés dans l'année. Les résultats du service annuel font état de 178 proclamateurs, 887 livres reliés, 8 141 livres non reliés, 17 212 heures, 2 882 visites de retour, 163 Bibles, 188 visites par gramophone, 571 présents et 17 000 exemplaires ronéotypés de La Tour de Garde.[558]
Hawaï
Les îles Hawaïennes regroupent des habitants de nombreuses nationalités, et l'activité de prédication y est menée malgré cette diversité linguistique et ethnique. Au cours de l'année, 71 personnes différentes participent au service de maison en maison, soit deux fois plus de proclamateurs que l'année précédente, pour un total de 11 769 heures de service, soit 3 309 heures de plus qu'en 1939.[559] Parmi les proclamateurs figurent des personnes d'ascendance hawaïenne, chinoise, coréenne, japonaise, portoricaine, portugaise, philippine, européenne et américaine. Des réunions sont tenues en ilocano, en espagnol, en japonais et en anglais, et la littérature est diffusée dans l'ensemble de ces langues ainsi qu'en allemand, en russe et en polonais.[560]
Les statistiques globales du témoignage dans toutes les îles indiquent 7 174 livres reliés, 18 986 brochures, soit 26 160 pièces de littérature au total, 6 proclamateurs pionniers, 1 serviteur de zone, 49 proclamateurs de compagnie, 11 769 heures, 151 nouveaux abonnements, 3 433 exemplaires de magazines au numéro, une assistance aux réunions sonores de 14 215, 1 378 visites de retour, 36 phonographes et 2 voitures-son.[561] Les six pionniers actifs dans les îles surmontent des handicaps de santé, d'âge, de distances et de conditions climatiques, tout en organisant des études-modèles, des baptêmes et en pourvoyant des Salles du Royaume sur les îles de Maui et de Kauai.[562]
La branche de la Société Watch Tower Bible and Tract Society à Honolulu assure la distribution de la littérature vers toutes les îles. Sept réunions régulières hebdomadaires y sont tenues, avec une assistance totale de 3 257 personnes dans l'année.[563] Une Salle du Royaume est achevée en juin à Wailuku, Maui, et la construction d'une autre commence à Hilo. Au cours de l'année, 29 personnes ont été baptisées. Les services du Mémorial se sont tenus à Honolulu avec 37 présents et 13 participants aux emblèmes, à Hilo avec 10 présents, et à Kapaa, Kauai, avec 2 présents et 2 participants.[564]
La convention théocratique du 28 juillet, dont le discours de Rutherford est retransmis par radio depuis Detroit, est reçue avec enthousiasme dans toutes les îles. Des panneaux de 4 pieds sur 9 et des marches d'information sont organisés dans les rues de Honolulu, Hilo et Wailuku ; 37 250 tracts sont distribués de maison en maison et dans les commerces.[565] L'audience se réunit dans six points d'écoute simultanés. La seule tentative de perturbation consiste à couper le courant électrique à Pahala au moment précis où le titre du livre Religion est annoncé ; le courant est rapidement rétabli. La résolution est adoptée à l'unanimité et le livre Religion est présenté comme une heureuse surprise, tous les exemplaires signés disponibles étant aussitôt placés sauf deux.[566]
Inde
L'Inde, en tant que partie du Commonwealth britannique, est affectée par la guerre, ce qui pèse sur l'activité de témoignage. Le pays est décrit comme profondément marqué par le démonisme, ce qui maintient la majeure partie de la population dans l'ignorance à l'égard du message prêché.[567] Face à l'obligation de service national imposée à tous les hommes britanniques européens entre 18 et 50 ans, le serviteur de la filiale adresse une lettre au Comité consultatif national de service en invoquant la neutralité absolue des Témoins de Jéhovah à l'égard des gouvernements politiques, en se fondant notamment sur Jean 18:36.[568]
Le tableau de la distribution de littérature pour l'année 1940 indique 110 004 pièces placées, soit une hausse de 7 887 par rapport à l'année précédente, dont 67 449 par les pionniers, 41 750 par les compagnies et 805 par courrier.[569] La situation religieuse à Bombay est décrite dans un contraste sévère : les catholiques romains y défilent en procession derrière des idoles de saints de la même manière que les hindous, une pratique comparée à l'idolâtrie condamnée par la Bible même dans la version Douay en Deutéronome 16:22.[570]
Le principal obstacle à l'activité au cours de l'année est la censure sur les approvisionnements en Consolation depuis mars, les exemplaires adressés individuellement d'Amérique ne parvenant qu'irrégulièrement aux abonnés. Un recours est adressé au vice-roi.[571] Des incidents d'opposition sont signalés : deux pionniers indiens sont agressés par un pasteur, ce qui entraîne aussitôt la distribution de tracts et l'envoi d'une voiture-son pour une série de conférences, aboutissant à l'engagement d'un groupe de chrétiens indiens dans le travail de prédication. À Bangalore, une scission est constatée parmi des personnes qui se réclament de la vérité mais dont le comportement est qualifié de religionist : « le simple fait de savoir que l'homme n'a pas d'âme immortelle ou que la trinité est une fausse doctrine ne suffit pas à placer quelqu'un sous la protection de la Théocratie ».[572]
Les vingt-trois pionniers en activité assurent 62 % de la distribution totale de littérature, se révélant environ trois fois plus efficaces que les proclamateurs de compagnie.[573] Les publications en langues vernaculaires constituent le besoin le plus pressant : sur 101 253 brochures distribuées, plus de 63 000 sont en langues vernaculaires. La branche indienne publie 60 000 brochures en sept langues différentes au cours de l'année, et fournit en outre 21 773 brochures à des filiales étrangères pour le travail en Birmanie, dans les États malais et aux Fidji. La brochure Enemies est imprimée en tamoul à Brooklyn à partir de matrices préparées en Inde.[574]
Ceylan
Ceylan, île sous administration distincte de l'Inde, fait l'objet d'un compte rendu séparé. Malgré plusieurs visites de pionniers au cours des dix années précédentes, l'activité y est au point mort : le pionnier responsable est tombé malade et n'a pu reprendre son service, et la guerre entrave désormais tout nouveau déploiement. Un seul proclamateur de compagnie reste actif de façon régulière toute l'année. La population de Ceylan est estimée à 5,4 millions d'habitants, majoritairement bouddhistes et présentés comme très hostiles au message de la Théocratie.[575]
Jamaïque
À la Jamaïque, l'influence combinée des autorités religieuses et politiques pèse sur le travail de témoignage. Le gouvernement interdit la distribution des livres Enemies, Light et Model Study No. 2, ce qui intimide la population et lui fait croire que toutes les publications Watch Tower sont prohibées. Malgré cela, les frères poursuivent leur activité, distribuant au total 63 660 pièces de littérature avec 776 proclamateurs au cours de l'année, auxquels s'ajoute une campagne de diffusion de La Tour de Garde.[576]
Mexique
Au Mexique, l'activité de l'année est marquée par une progression globale malgré des conditions défavorables : les heures de service augmentent et l'effort de témoignage s'intensifie, pour une distribution totale de 479 418 livres et brochures.[577] Les résultats détaillés rapportés par le serviteur local indiquent 49 883 livres, 428 642 brochures, 872 053 heures de service, 2 309 nouveaux abonnements, 7 725 exemplaires de magazines au numéro, une assistance sonore de 614 623, 950 présents au Mémorial dont 221 participants aux emblèmes, environ 200 baptisés et 11 conférences radiodiffusées.[578] Le bureau de la branche prépare en outre 39 000 exemplaires de l'Informant, expédie 6 267 lettres et 12 814 circulaires, et traduit les livres Salvation et Religion ainsi que plusieurs brochures dont Conspiracy Against Democracy, Judge Rutherford Uncovers Fifth Column et Refugees.[579]
Conformément aux nouvelles instructions d'organisation, le pays est divisé en 4 régions et 50 zones, desservies par 2 serviteurs régionaux et 26 serviteurs de zone ; des réunions de zone sont tenues régulièrement dans toute la République, avec un total de 46 046 miles parcourus.[580]
Le rapport fait état de quatre voitures-sono en service et deux en attente d'équipement, avec 91 phonographes distribués aux proclamateurs (total de 258 en usage) et 1 525 disques remis.[581] La distribution de magazines, lancée tardivement, connaît un tel succès que les stocks sont épuisés malgré les commandes doublées auprès de Brooklyn. Des sacs en tissu sont confectionnés pour les proclamateurs, ainsi que des sacs en papier pour ceux n'ayant pas les moyens.[582]
La campagne spéciale de trois mois pour La Tour de Garde produit les résultats suivants : 15 105 livres et 110 812 brochures placés, un maximum de 108 pionniers et 590 proclamateurs de congrégation, 104 626 heures de service, 1 421 abonnements, 4 500 magazines distribués, 135 391 personnes touchées par la sono et 6 600 revisites — chiffres supérieurs à l'ensemble de l'année 1932.[583]
Lors d'une zone de réunion regroupant 120 témoins, une foule hostile lapide plusieurs d'entre eux. Après l'attaque, 75 proclamateurs se regroupent à environ six kilomètres de là et symbolisent leur consécration par le baptême par immersion.[584] La presse à imprimer du bureau de branche fonctionne en continu ; le bulletin Message of Hope est prévu pour être lancé lors de la première convention théocratique.[585]
Le Guatemala, sous la supervision de la branche mexicaine, est encore en phase de démarrage.[586]
Europe du Nord
En Europe du Nord, malgré l'occupation nazie de l'ensemble des pays scandinaves à l'exception de la Suède et de la Finlande, la production totale de livres et brochures pour 1940 atteint 2 700 000 exemplaires.[587] Le responsable du bureau nord-européen signale que 1 000 « Jonadabs » ont rejoint les rangs et que l'intérêt des populations des pays en guerre, notamment la Norvège et la Finlande, s'est approfondi, permettant une diffusion supérieure aux attentes. Au 30 juin, 174 737 livres reliés ont été placés, contre 129 162 pour toute l'année précédente, et le total livres et brochures au 30 juin s'élève à 2 259 601 — légèrement au-dessus des 2 251 998 du 30 juin de l'année précédente.[588]
Le bureau compte plus de 10 000 abonnés à La Tour de Garde et plus de 80 000 à Consolation. Au 30 juin, 284 248 conférences au gramophone ont été données devant 441 359 auditeurs ; 6 000 réunions pour les personnes intéressées ont rassemblé 68 753 personnes ; et 4 093 proclamateurs ont participé en juin, le chiffre mensuel le plus élevé.[589]
Les trois États baltes sont devenus des républiques soviétiques. Le bureau indique que la situation en Estonie reste incertaine, mais que plus de 45 000 livres y ont déjà été diffusés jusqu'à fin juillet.[590]
Danemark
Au Danemark, la moyenne hebdomadaire des proclamateurs en activité est de 772, et la moyenne mensuelle de 1 270, en forte hausse sur l'année précédente. Les onze mois couverts totalisent 185 230 heures et 845 251 livres et brochures diffusés, avec une croissance notable des livres reliés, passant de 18 770 à 88 978.[591] Les abonnements à La Tour de Garde progressent de 2 400 à 2 653 et 283 personnes ont symbolisé leur consécration au cours des onze mois. Consolation paraît en édition habituelle de 21 000 exemplaires avec des tirages supérieurs pour certains numéros ; 270 000 copies au total sont placées auprès du public.[592]
De nombreuses réunions publiques sont tenues durant le premier semestre devant 15 621 personnes non-membres. Après qu'un évêque a raillé à la radio la proclamation des Témoins de Jéhovah selon laquelle les derniers jours sont en cours, une grande réunion publique est organisée à Copenhague en mars, à laquelle 1 500 personnes assistent, tandis que 250 autres n'ont pu entrer faute de place.[593] Une réponse scripturale est donnée, et la réfutation est également publiée dans Consolation, une demande d'accès à la radio ayant été refusée. Au cours de la période, 30 631 revisites sont effectuées et 1 263 études modèles tenues devant 3 616 personnes.[594]
Vingt-cinq conventions sont organisées, rassemblant 3 619 participants au total. La plus grande, tenue à Copenhague en août, réunit 942 personnes dont 150 sont baptisées. Le travail au gramophone produit 69 156 conférences devant 70 473 auditeurs avec 887 appareils en service à fin août. Un témoignage rapporté illustre l'efficacité de cet outil : lors d'une revisitte en gramophone, dix-huit livres sont placés auprès de deux personnes — l'habitant et une voisine attirée par la musique depuis la cour.[595]
Estonie
L'Estonie, désormais intégrée à l'Union soviétique, voit le travail de témoignage rendu très difficile. Malgré cette situation, la distribution pour 1940 dépasse celle de 1939 : 49 734 livres et brochures sont placés par 48 proclamateurs travaillant 16 913 heures, avec 20 nouveaux abonnements à La Tour de Garde et 2 004 magazines supplémentaires distribués.[596]
Le rapport local précise que 59 776 livres et brochures sont expédiés depuis le dépôt, soit 15 588 de plus que l'année précédente. Le nombre de proclamateurs déclarants passe à 43, mais le rapport souligne que la raison principale de l'augmentation est la conscience populaire qu'on pourrait bientôt ne plus pouvoir se procurer d'aides bibliques, voire la Bible elle-même.[597] Toute la littérature religieuse est retirée des bibliothèques publiques, écoles et librairies ; l'enseignement religieux disparaît des programmes scolaires ; la faculté de théologie de l'université de Tartu est dissoute ; les Églises peuvent encore fonctionner, mais sans accès à la radio, et seul l'état civil reconnaît désormais naissances, mariages et décès.[598]
Les pionniers assurent environ 90 % de la diffusion : 15 pionniers travaillant en moyenne 10 d'entre eux diffusent 40 357 livres et brochures en 13 875 heures, effectuent 238 revisites et placent 89 Tour de Garde et 70 Consolation. Parallèlement, 28 frères non-pionniers distribuent 9 201 livres et brochures en 3 038 heures.[599]
103 réunions d'étude rassemblant 818 personnes sont tenues. Au Mémorial, une convention réunit 37 frères : 32 participent au service en six heures et diffusent 640 livres et brochures ; 21 participent aux emblèmes et 11 Jonadabs sont baptisés. Les articles de La Tour de Garde sur « La Théocratie », « La Neutralité », « Les Pièges » et « La Ruine de la Religion » font l'objet de discussions.[600]
Un incident notable est rapporté : un instituteur se voit notifier l'interdiction de continuer à enseigner s'il distribue de la littérature des Témoins de Jéhovah, au motif que cela contredit les vues du Parti communiste. Le directeur de l'école, après discussion avec le frère concerné, lui remet un exemplaire de Home and Happiness et tente de le retenir dans son poste ; mais quelques jours plus tard, l'intéressé est informé qu'un enseignant ne peut avoir de rapport avec la Bible, sauf pour en enseigner la haine.[601]
Finlande
En Finlande, malgré l'invasion russe et les graves pénuries alimentaires qui en résultent, la diffusion atteint 427 008 livres et brochures ; 822 proclamateurs totalisent 131 242 heures de service, 68 895 magazines sont placés, la sono touche 160 819 auditeurs et 19 596 revisites sont effectuées.[602]
Le rapport local retrace le déroulement de l'année : après des débuts très prometteurs surpassant l'exercice précédent, la guerre vient frapper le 30 novembre lorsque l'URSS bombarde Helsinki sans déclaration de guerre. Les milieux conservateurs, et particulièrement le clergé, saisissent l'occasion pour tenter d'arrêter l'activité des Témoins. Les proclamateurs font face à des épreuves liées au service militaire, donnant lieu à des témoignages devant les autorités ; les autorités civiles se montrent généralement compréhensives tandis que le clergé multiplie les obstacles.[603]
La brochure Government and Peace, importée de Suisse, est rapidement confisquée après distribution partielle. La censure supprime les magazines du mouvement, y compris l'Informant, et s'étend aux correspondances, télégrammes et appels téléphoniques. Les envois de littérature par rail et par poste deviennent impossibles ; la plupart des membres du bureau de branche et sept des neuf serviteurs de zone sont contraints d'abandonner leurs postes ; de nombreux frères doivent quitter leurs domiciles.[604]
Un frère dont le gramophone et les disques sont saisis à l'initiative d'un pasteur comparaît devant un tribunal militaire ; le président du tribunal demande à entendre les disques et, après écoute, les juges concluent que les enregistrements ne sont pas préjudiciables au gouvernement et l'acquittent.[605]
Une procédure judiciaire est engagée contre la société finlandaise enregistrée (Vartiotornin Raamattu ja Traktaattiseura, r.y.), fondée sur plusieurs chefs d'accusation : activités contraires à la défense de l'État, atteinte à l'ordre public, mépris de la religion reconnue par l'État, refus d'obéissance aux lois militaires et déni du concept de patrie.[606]
La défense réfute les accusations une par une. Notamment, un témoin de l'accusation cité à grands frais depuis une ville lointaine déclare au tribunal que Rutherford est le seul homme sur terre capable d'expliquer correctement la Bible. Le jugement, rendu après plusieurs mois, ne retient pas les accusations initiales mais prononce la dissolution de la société au motif que « la Société enregistrée, par la littérature diffusée et les conférences tenues, a expliqué qu'elle représente elle-même le vrai christianisme et a de cette façon nettement désigné comme son contraire les religions des corps religieux reconnus par l'État », causant ainsi une perturbation nuisible à des valeurs jugées sacrées dans le pays, et que le tribunal ordonne l'arrêt immédiat des activités et la mise sous séquestre des biens.[607]
Un appel est immédiatement déposé auprès d'une juridiction supérieure, articulé autour de six moyens : violation de la loi sur la liberté religieuse garantissant à chaque citoyen finnois le droit de servir Dieu selon sa conscience ; assertion non prouvée de blasphème public (chapitre 10, section 1 du Code pénal), contraire à la réalité d'une société entièrement tournée vers l'honneur rendu à Dieu ; décision fondée sur des affirmations jamais prouvées concernant le prétendu contraste avec les religions d'État ; utilisation d'une charge de « point de vue perverti » non évoquée pendant les débats ; incrimination de « méthodes particulières » pour expliquer la Bible et de perturbation de valeurs « devant être tenues pour sacrées », là encore sans démonstration ; enfin, refus répété des autorités d'autoriser M. W. Dey, ressortissant britannique et fondateur de la société, à se rendre en Finlande pour superviser ses affaires malgré un crédit consenti de 2 000 000 de marks finlandais à cette condition, rendant la poursuite des activités impossible aux quatre autres membres, qui décident en conséquence de dissoudre la société.[608]
La coupure de tranche intervient en plein milieu du rapport sur la Finlande (procédure juridique d'appel déjà publiée) puis enchaîne avec la dissolution volontaire de la société, l'Islande, la Lituanie et la Suède. Je continue sans nouveau titre pour la Finlande, puis j'ouvre les nouvelles sous-sections là où de vrais titres distincts apparaissent.
La société finlandaise se dissout volontairement le 13 avril, avant même que le tribunal n'ait statué, en vendant ses biens et en soldant ses dettes conformément à la loi sur les associations. Lorsque le tribunal siège le 28 mai, la société n'existe plus légalement depuis plusieurs semaines, mais les juges ordonnent néanmoins sa liquidation et désignent un exécuteur pour des biens inexistants, en contradiction, selon l'appel, avec la section 22 de la loi sur les associations.[609] D'autres fonctionnaires exploitent l'affaire pour causer des dommages chiffrés à plusieurs centaines de milliers de marks. Les frères finlandais forment alors une nouvelle société par actions, la Kustannusosakeyhtio Vartiotorni (Watchtower Publishing Company), qui reprend tous les actifs de l'ancienne société avant la décision du tribunal, de sorte que lorsque les autorités tentent de saisir l'immeuble, celui-ci a déjà été cédé et échappe à la confiscation.[610]
Une nouvelle association sous le nom de « Proclamateurs de la Théocratie » est fondée avant la dissolution, et les réunions continuent de se tenir sous son égide sans interruption. Un indicateur mandaté pour surveiller les activités du mouvement se présente à la salle du Royaume et, informé que c'est l'association des « Proclamateurs de la Théocratie » qui y tient ses réunions, repart sans intervenir, convaincu qu'il ne s'agit pas du groupe qu'il surveille.[611]
L'inventivité des proclamateurs face aux restrictions est illustrée par le cas d'un frère quasi aveugle qui organise des tournées de conférences au son : ne pouvant plus obtenir d'essence, il acquiert un tandem — guidé par un frère voyant avec lui à l'arrière — tandis qu'un troisième frère pédale sur un tricycle portant le gramophone et le haut-parleur. Des équipes précèdent les convois dans les rues en criant des invitations par des porte-voix en carton. Des milliers de personnes se rassemblent sur les places centrales des villes ; si certaines réunions sont dispersées et des frères arrêtés, le témoignage est jugé remarquable.[612]
La convention annuelle d'Helsinki connaît un épisode exceptionnel : le stade olympique, construit pour les Jeux olympiques annulés à cause de la guerre, est loué pour 100 dollars (somme ultérieurement remboursée) en vue d'une grande conférence publique. Soixante-dix-huit mille prospectus sont distribués dans tous les foyers d'Helsinki. Le clergé obtient des autorités l'interdiction de la réunion publique à la dernière heure, invoquant les « temps critiques ». Les frères font paraître un communiqué dans les principaux journaux pour expliquer l'annulation, reprenant les points essentiels du discours.[613] La conférence est finalement donnée dans la salle de convention, et le plus grand quotidien du pays la publie intégralement sur une page et un tiers, son rédacteur en chef déclarant : « Pourquoi ne publierions-nous pas pour une fois quelque chose sur le Royaume de Dieu dans notre journal ? » D'autres journaux emboîtent le pas ; l'estimation du lectorat total dépasse le million de personnes, soit près d'un tiers de la population finlandaise.[614]
Des cas de mauvais traitements policiers sont rapportés : un frère, convoqué pour interrogatoire, est frappé au point que du sang coule de sa bouche et de son nez et que ses tympans sont perforés, puis contraint de nettoyer le sol avec la brochure Fascisme ou Liberté.[615] Des articles de presse hostiles reproduisent malgré eux des extraits du discours décrivant le sort des « boucs » et des « brebis » à Harmaguédon ; l'un d'eux laisse entendre, sur un ton antisémite, qu'il aurait été utile de laisser tenir la conférence pour y repérer les Juifs dissimulés.[616]
La censure ayant interdit la Tour de Garde et Consolation en finnois pendant plusieurs mois, deux nouveaux magazines, God's Kingdom et Consolation, sont lancés avec des rédacteurs indépendants. Pour l'année entière, 105 930 livres, 179 279 brochures reliées et 694 825 brochures simples sont expédiés depuis le bureau, ainsi que 72 gramophones et 7 241 disques. Le nombre de livres diffusés passe de 27 187 à 45 774 et 292 personnes symbolisent leur consécration par le baptême, contre 172 l'année précédente.[617] L'imprimerie du Béthel finlandais, dont le personnel a été en partie réquisitionné pendant la guerre soviéto-finlandaise, reprend à plein régime après la constitution de la nouvelle société et fournit également du matériel imprimé à la Suède et à la Norvège.[618]
Islande
Le rapport d'Islande, reçu en mai 1940 et couvrant huit mois d'activité, indique qu'un seul pionnier y travaille : 254 livres reliés et 1 280 brochures sont diffusés, 105 conférences au gramophone données devant 108 auditeurs et 2 revisites effectuées, soit un total de 1 534 publications placées.[619]
Lituanie
En Lituanie, l'activité de l'année est gravement compromise par la dénonciation d'un réfugié polonais qui se prétendait Témoin de Jéhovah mais est identifié comme ayant quitté l'organisation. Chassé du foyer qui l'hébergeait, il adresse des rapports aux autorités, au clergé et à la Société, provoquant la saisie d'un colis de littérature et une perquisition du bureau. Le responsable du bureau, alors convalescent d'une grave maladie, est soumis à un interrogatoire de trois heures à domicile par la police, puis à trois nouvelles convocations au poste.[620]
Le renouvellement du permis de résidence est finalement refusé sans jugement ni possibilité de défense, au prétexte que le responsable n'aurait pas tenu une promesse faite sept ans auparavant de ne plus diffuser de littérature — ce que les autorités savent pourtant être inexact. Un visa de sortie lui est d'abord également refusé en raison d'un différend fiscal. L'expansion soviétique en Lituanie fait tomber le ministre de l'Intérieur et son chef de la police ; le nouveau pouvoir se montre d'abord potentiellement plus clément, mais l'intéressé est finalement informé qu'il sera expulsé vers l'Allemagne par la force s'il ne part pas de lui-même dans le mois.[621] Il parvient à obtenir in extremis des visas pour la Suède et la Finlande le dernier jour disponible, ses frais de voyage étant pris en charge et ses bagages expédiés gratuitement.[622]
Une grande partie des données chiffrées ayant été saisies ou détruites, aucun rapport statistique complet ne peut être transmis. Le rapport souligne que la Lituanie était dans les faits gouvernée depuis le Vatican, selon les propres constatations des hauts fonctionnaires rencontrés. Dans le territoire de Memel, annexé par l'Allemagne plusieurs mois avant la rédaction du rapport précédent, de nombreux frères sont en prison, certains pour avoir parlé du Gouvernement théocratique, d'autres pour simple possession de littérature du mouvement. Un frère, sommé par un juge de s'abstenir de parler de la Théocratie, répond en citant Matthieu 12:34 et se voit infliger une peine de quatre ans.[623]
Suède
En Suède, épargnée par les combats mais affectée par l'opposition du clergé, la distribution de littérature franchit pour la première fois le million d'exemplaires : 1 005 882 livres et brochures sont diffusés sur onze mois. Le nombre de proclamateurs passe de 1 861 à 2 226, avec une moyenne mensuelle de 1 471 et une moyenne hebdomadaire de 883 en activité ; vingt-deux nouvelles congrégations sont constituées, portant leur nombre à 120 réparties en sept zones.[624]
Les 118 pionniers (dont six serviteurs de zone, soit 42 de plus que l'année précédente) totalisent en moyenne 88 déclarants par mois. Les heures de service progressent de 226 163 à 303 172, soit une hausse de plus de 45 % pour une augmentation de proclamateurs de 27 %, ce qui traduit une intensification individuelle de l'activité. La confiscation de la brochure Fascisme ou Liberté à la fin de 1939, au motif de passages jugés diffamatoires envers le chef d'un État étranger, pousse les proclamateurs à redoubler d'efforts pour diffuser Government and Peace, arrivée peu après ; les difficultés rencontrées en Finlande et en Norvège ont le même effet mobilisateur sur les frères suédois.[625]
En Suède, le bilan de l'activité aux revisites et aux études modèles est détaillé : 80 134 revisites sont effectuées sur l'année, en hausse de 31 465 sur l'exercice précédent, soit une moyenne de cinq par mois et par proclamateur — l'objectif fixé étant de douze.[626] Le livret d'étude modèle n° 1 étant épuisé et le n° 2 encore à l'impression à Helsinki, le bilan des études modèles reste en deçà du potentiel ; la réception prochaine du n° 2 est annoncée comme devant relancer cette activité.[627]
Quelque 1 200 gramophones sont en service dans le pays ; ils donnent des conférences enregistrées devant 293 073 personnes au cours de l'année. L'importation de disques reste autorisée, mais les gramophones sont interdits sauf licence rarissime, si bien que les appareils doivent être importés d'États-Unis ou de Suisse, deux pays avec lesquels les liaisons commerciales sont alors très réduites. Un incident illustre la dynamique : une pionnière ayant été priée par la police locale de ne pas diffuser les disques dans sa juridiction, trente-neuf proclamateurs envahissent la localité deux semaines plus tard et présentent les enregistrements à 395 personnes qui acquièrent plus de 400 livres et brochures, dont le chef de police lui-même, qui souscrit un abonnement à Consolation.[628]
La diffusion de littérature dépasse pour la première fois le million d'exemplaires avec 1 005 882 publications, dont 90 344 livres reliés (en hausse de 36 463 sur les douze mois de l'exercice précédent) et 915 538 brochures (hausse de 99 467). La brochure Réfugiés connaît une diffusion sans précédent ; le livre Religion vient d'être reçu de Brooklyn et une nouvelle brochure accompagnant les conférences enregistrées données à Détroit est annoncée.[629]
La campagne de printemps pour La Tour de Garde produit 899 nouveaux abonnements, portant la liste à 4 733 à fin août. L'édition suédoise de Consolation progresse de 36 755 abonnés à 47 710 sur un an, la quasi-totalité de la croissance étant domestique en raison de la guerre ; 154 664 exemplaires supplémentaires sont placés en service d'itinéraire et de porte-à-porte, soit 62 307 de plus que les douze mois précédents.[630]
La convention annuelle se tient fin juin à Stockholm. Malgré les obstacles de déplacement et les difficultés financières, 685 personnes y assistent — un chiffre supérieur à l'année précédente, déjà record — et 130 symbolisent leur consécration. Vingt-cinq assemblées de zone sont organisées dans différentes régions du pays avec 2 580 participants au total, dont 327 baptisés ; avec les baptêmes de la convention, 457 personnes symbolisent leur consécration, soit 214 de plus que l'année précédente.[631]
Quarante réunions publiques d'hiver rassemblent 8 900 personnes, dont la moitié tenues dans l'intervalle entre la guerre soviéto-finlandaise et l'invasion de la Norvège. Le sujet central — « Gouvernement de paix : quand et comment viendra-t-il ? Pourquoi Dieu permet-il la méchanceté et les effusions de sang ? » — suscite une attention exceptionnelle, même pour un pays dont les auditoires sont réputés particulièrement concentrés : 7 195 personnes assistent aux réunions tenues pendant cette période, et certains des auditeurs de ces conférences rejoignent ensuite régulièrement les études bibliques et le service de prédication.[632]
La lettre du responsable du bureau suédois à Rutherford se clôt sur un post-scriptum : une sœur, dont le mari était étranger aux activités depuis l'époque de Russell, annonce que sa troisième fille vient de déposer une demande de service de pionnier, les trois filles étant désormais toutes actives dans l'organisation théocratique.[633]
Îles Philippines
Aux îles Philippines, le mouvement de prédication est en constante progression malgré une opposition renforcée du clergé catholique, qui représente l'autorité religieuse dominante depuis l'ère coloniale. La diffusion de littérature atteint 147 914 exemplaires (14 068 livres reliés et 133 846 brochures), auxquels s'ajoutent 3 121 copies de La Tour de Garde et de Consolation ; 222 proclamateurs (71 pionniers et 151 membres de congrégation) totalisent 96 584 heures, 154 nouveaux abonnements, 59 259 auditeurs aux conférences sonores et 2 726 revisites.[634] Les territoires couverts incluent des zones reculées jusque-là jamais atteintes, notamment les régions semi-civilisées des Igorots et Tingnians dans les montagnes, où la population est en grande partie analphabète et très pauvre.
Les conditions de terrain sont extrêmes : traversée de rivières en crue, chemins de montagne rendus glissants par les pluies torrentielles, nuits passées en plein air avec des vêtements trempés, accès à des camps forestiers isolés sur des wagonnets à grumes — des pionnières descendent les pentes en tenant leur souffle les yeux fermés sur des troncs d'arbres tirés au-dessus de ravins.[635] Deux pionniers couvrant une île du Pacifique voient leur barque chavirer et leur littérature et leurs vêtements trempés. Le troc est pratiqué pour se nourrir et aider les gens intéressés mais démunis : en échange du coût d'impression, les proclamateurs reçoivent repas, poulets, œufs, riz, maïs, sucre, fruits, poissons et légumes.[636]
Une convention se tient à Manille du 21 au 23 mars. Dans la province de La Union, sept pionniers couvrant la région d'Ilocos sont arrêtés par le chef de police catholique et le maire catholique de Balaoan, qui exigent un permis municipal de prédication ; les frères refusent. Le maire ordonne aux lieutenants de barrio d'user de violence si nécessaire pour empêcher les entrées sans laissez-passer, mais ceux-ci, après avoir entendu les frères, expriment leur désapprobation et acquièrent eux-mêmes de la littérature.[637]
La presse catholique accuse le mouvement de vouloir renverser les gouvernements établis ; les frères de l'île de Negros sont qualifiés de gangsters et de communistes, ceux du nord de Mindanao soupçonnés d'être des espions japonais. Dans les zones à majorité réfractaire, les proclamateurs évitent d'alléguer un caractère de « cinquième colonne » aux termes employés par leurs adversaires ; partout des fonctionnaires arrogants les interrogent et les insultent. Manuel Quezon, président catholique du Commonwealth philippin, signe une loi accordant au président des pouvoirs dictatoriaux.[638]
En 1939, 14 congrégations et 159 proclamateurs sont recensés ; en 1940, 23 congrégations et une moyenne de 222 proclamateurs. La construction d'une salle du Royaume et d'une maison du Béthel à Manille est envisagée selon le modèle australien de financement communautaire. Les brochures Réfugiés et Religion sont présentées comme des armes décisives : la première dévoile les pièges de l'ennemi et désigne le seul refuge contre Harmaguédon ; la seconde répond à l'emprise de la démonologie.[639]
Trinité-et-Tobago
À Trinité-et-Tobago, le service couvre également la Grenade, la Dominique et la Barbade, avec une diffusion totale de 11 901 livres et brochures pour l'année.[640] À l'instigation du clergé, les gouvernements civils des îles utilisent les réglementations d'urgence de guerre pour entraver l'activité : un même gouvernement autorise l'importation de littérature biblique par un département et la saisit à l'arrivée par un autre ; ailleurs, une licence accordée est bloquée avant d'atteindre Brooklyn. Des poursuites sont engagées pour simple possession de certaines publications.[641]
À la Barbade, un stand est tenu lors de l'Exposition annuelle, exposant littérature, phonographes et disques, avec des conférences par machine à transcription électrique et un panneau « Annonçant le Royaume de Jéhovah, qui est aux portes ». Un ecclésiastique, l'attention attirée sur ce panneau alors qu'il prenait le thé à un stand voisin, en semble si frappé qu'il en oublie sa boisson.[642] Les programmes sonores diffusés le matin dans chaque district provoquent des réactions contrastées : une dame fortunée les approuve tandis qu'un proche s'y oppose et contacte la police. Des licences d'importation de livres sont d'abord accordées puis refusées pour les disques, et finalement pour la littérature et les périodiques.[643]
Une convention se tient à Trinidad le dimanche 29 septembre ; 350 personnes y assistent et 39 symbolisent leur consécration par le baptême. Le rapport conclut que, malgré des effectifs réduits dans certaines îles, les frères maintiennent leur intégrité et demeurent dans l'attente joyeuse de la « bataille du grand jour du Dieu Tout-Puissant » annoncée comme imminente. Des activités sont menées à Montserrat et Saint-Vincent, mais aucun rapport n'a été reçu de ces îles.[644]
Conclusion du rapport annuel
La conclusion du rapport annuel dresse un bilan global du travail de proclamation pour l'exercice fiscal 1940. En raison de la guerre, de la censure du courrier et des difficultés de communication, de nombreux pays n'ont pu transmettre leurs rapports ; les chiffres publiés sont donc inférieurs à la réalité.[645] Au terme de l'exercice 1939, le total cumulé des livres et brochures diffusés atteignait 309 484 991 exemplaires ; pour l'exercice 1940, les rapports parvenus font état de 28 264 829 publications supplémentaires, portant le total à 337 749 320. Si les rapports manquants avaient été reçus, la distribution de l'année aurait vraisemblablement dépassé trente millions d'exemplaires.[646]
La littérature du Royaume est diffusée en 88 langues. La division prophétique entre « boucs » et « brebis », telle qu'exposée en Matthieu 25:31-46, est présentée comme étant actuellement en cours : les premiers, majoritaires, manifestent une disposition cruelle envers quiconque annonce le Royaume de Dieu ; les seconds, hommes et femmes de bonne volonté cherchant la justice et la douceur, rejoignent le mouvement et participent eux-mêmes au témoignage.[647]
La « grande foule » sort de la « grande tribulation » en lavant ses robes dans le sang de l'Agneau — formule symbolique désignant, dans la théologie du mouvement, la confiance dans le sacrifice rédempteur du Christ. Sa croissance quotidienne est soulignée, ainsi que sa joie à souffrir pour la justice. Les nations qui se réclament du christianisme sont déclarées ne soutenir en fait aucun gouvernement fondé sur les commandements de Dieu ; la « bataille du grand jour du Dieu Tout-Puissant » est annoncée comme imminente, devant entraîner la destruction complète de l'organisation de Satan et de tous ceux qui s'y attachent.[648]
Les « autres brebis » du Seigneur voient leur espoir de vie éternelle centré entièrement dans le Royaume de la grande Théocratie et considèrent les souffrances présentes comme négligeables au regard des bénédictions promises à ceux qui demeurent fermes pour Dieu et son Royaume sous Christ. Le reste et les « autres brebis » avancent ainsi côte à côte, « marchant main dans la main et épaule contre épaule, ne rompant jamais leur ligne » dans un soutien mutuel et une dévotion totale au Royaume.[649]
La possibilité que la bataille d'Harmaguédon survienne avant la parution d'un prochain annuaire est évoquée, et une décision à ce sujet est réservée à la volonté divine. Tous ceux qui sont de bonne volonté envers Dieu sont exhortés à demeurer constants et à ne rien laisser les séparer de l'amour de Dieu. L'apôtre Paul est cité comme expression de ce sentiment : « ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les puissances, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni la hauteur, ni la profondeur ne pourront nous séparer de l'amour de Dieu » (Romains 8:38-39).[650]
Procès-verbal de l'assemblée annuelle (1er octobre 1940)
L'assemblée annuelle de la Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania se tient le 1er octobre 1940 à Pittsburgh. En l'absence du président Joseph Franklin Rutherford, c'est le vice-président N. H. Knorr qui préside. William Van Amburgh est invité à demander la bénédiction divine, puis Grant Suiter est élu secrétaire temporaire. Les minutes de la réunion précédente sont dispensées à l'unanimité. Le président transmet les salutations et un message de Rutherford, ainsi qu'un câble du bureau de Londres relatant la convention tenue le 29 septembre à Londres « au milieu du fracas de la guerre et des bombardements ».[651]
L'assemblée vote à l'unanimité l'envoi d'un télégramme de loyauté à Rutherford envers Jéhovah et son gouvernement théocratique, et demande que le rapport annuel du président soit publié dans l'annuaire. Van Amburgh rend compte brièvement de la situation financière, soulignant que le Seigneur a pourvu aux besoins de l'œuvre. La réunion se clôt par une prière de Knorr.[652]
La lettre de Rutherford à l'assemblée, datée du 29 septembre 1940, rappelle que les épreuves et persécutions croissantes témoignent de la proximité d'Harmaguédon et d'« un complet changement » imminent. La méchanceté et l'illégalité contre les chrétiens en Amérique sont décrites comme sans précédent. Rutherford exhorte les frères à la fidélité et annonce que le jour de la délivrance est proche.[653]
Texte annuel pour 1941
Le texte annuel choisi pour 1941 est tiré de Apocalypse 7:10 : « Le salut est à notre Dieu... et à l'Agneau ». Christ Jésus est présenté comme le grand prophète de Jéhovah, ayant fait enregistrer les prophéties de l'Apocalypse par son fidèle serviteur Jean. Le monde présent est décrit comme plongé dans d'épaisses ténèbres, les gouvernants comme les peuples ignorant le dessein du Dieu Tout-Puissant ; aucun gouvernement mondain ne peut offrir de délivrance.[654]
Ceux qui se sont entièrement dévoués à Jéhovah et à son Roi sont dépeints comme marchant dans la lumière du jour nouveau, confiants que les ténèbres enveloppant la terre seront bientôt dissipées par la gloire de la Théocratie. La méditation détaillée du texte annuel est renvoyée au Watchtower du 1er novembre 1940. Les textes quotidiens, accompagnés de commentaires tirés des publications de la Watch Tower, sont présentés comme de brèves études matinales destinées à apporter consolation et joie à ceux qui font confiance à Dieu et à son Roi.[655]
Textes quotidiens et commentaires
Les commentaires accompagnant les textes quotidiens sont tirés du Watchtower (abrégé W dans les références). Chaque jour de l'année reçoit un verset biblique suivi d'un commentaire doctrinal d'une vingtaine de lignes.[656]
Textes du 1er au 2 janvier
Le 1er janvier est placé sous Psaumes 37:39 : Jéhovah est présenté comme la forteresse et la puissance du salut pour les justes, le seul moyen d'échapper aux calamités des derniers temps. Le 2 janvier utilise Sophonie 1:14 pour annoncer que le grand jour de Jéhovah est proche et s'approche rapidement, comparant le message de Sophonie à un avertissement divin d'un désastre mondial imminent ; Dieu est annoncé comme devant nettoyer complètement l'organisation de Satan.[657]
Textes du 3 au 4 janvier
Le 3 janvier (Ésaïe 55:6) appelle aussi bien les orgueilleux que les humbles de la « chrétienté » à s'examiner à la lumière des jugements de Jéhovah avant qu'Harmaguédon ne survienne, car la chrétienté qui n'obéit pas sera détruite sans espoir de rétablissement. Le 4 janvier (Sophonie 2:15) compare les dirigeants totalitaires contemporains qui se vantent d'être les grands de ce monde aux Assyriens vaniteux d'Ézéchias, et annonce que la domination totalitaire prendra fin en une heure.[658]
Textes du 5 au 6 janvier
Le 5 janvier (Ézéchiel 18:20) expose le jugement final de Jéhovah : la justice divine distingue le juste du méchant, et un ultime avertissement est lancé aux pervers avant l'exécution du jugement à Harmaguédon. Le 6 janvier (Proverbes 1:33) assure que Jéhovah offre un lieu de sécurité à ceux qui obéissent à sa Parole, en contraste avec les démons qui s'emparent de l'esprit de quiconque ne se tourne pas vers le Seigneur.[659]
Textes du 7 au 8 janvier
Le 7 janvier (Sophonie 3:14-15) évoque le réveil de 1919 : les consacrés, ayant failli pendant la Première Guerre mondiale par crainte des hommes, reprennent alors pleinement leur dévotion ; les « prisonniers » de Babylone sont libérés de l'organisation de Satan. Le 8 janvier (Sophonie 1:3-5) dénonce le culte rendu aux « grandes lumières » ecclésiastiques et à la Société des Nations, présentés comme une forme d'adoration des créatures que Dieu promet de supprimer entièrement.[660]
Textes du 9 au 10 janvier
Le 9 janvier (1 Thessaloniciens 5:3, version Moffatt) souligne que les adversaires du Gouvernement Théocratique, sous l'influence des démons et dans l'ignorance du dessein divin, seront pris totalement au dépourvu par Harmaguédon. Le 10 janvier (Matthieu 25:32) décrit le jugement des nations : le Christ, grand Juge, divise l'humanité en deux groupes distincts — boucs opposés à la Théocratie et brebis en sa faveur —, un jugement présenté comme déjà en cours.[661]
Textes du 11 au 12 janvier
Le 11 janvier (Sophonie 3:14) appelle le reste — membres du corps de Christ, les 144 000 au ciel comme sur terre — à chanter ensemble le nouveau cantique à Jéhovah, rejoints par tous les hommes de bonne volonté. La joie du Seigneur est présentée comme la force du reste. Le 12 janvier (Jacques 1:21) invite également la « grande foule » à recevoir avec humilité la Parole ensemencée, à rechercher l'instruction de Jéhovah, et avertit que l'orgueilleux ne trouvera pas de refuge lors de la grande bataille.[662]
Textes du 13 au 14 janvier
Le 13 janvier (Josué 24:15) rappelle que Dieu laisse à chaque homme le choix entre la vie et la mort, et que la religion est présentée comme un produit des démons destiné à éloigner les hommes de Dieu. Le 14 janvier (Sophonie 3:8) avertit la chrétienté et tous ceux de l'organisation de Satan d'attendre peu de temps encore avant que le jugement ne s'abatte sur eux sans délai supplémentaire.[663]
Textes du 15 au 16 janvier
Le 15 janvier (Sophonie 1:1) présente Sophonie comme un témoin de Jéhovah ayant refusé tout crédit personnel pour sa prophétie, en exemple pour les fidèles contemporains qui rendent tout honneur et louange à Dieu seul. Le 16 janvier (1 Rois 8:56) assure que Jéhovah n'abandonne jamais ceux qui font sa volonté : il a retiré son jugement défavorable du reste fidèle, purifié son organisation et accordé pleine confiance aux fidèles qui reconnaissent la présence du Seigneur au temple.[664]
Textes du 17 au 18 janvier
Le 17 janvier (Sophonie 2:1) distingue la « sainte nation » de Dieu — non désirée par la chrétienté — de ceux tenus à l'intérieur de la chrétienté qui soupirent et pleurent à cause de ses abominations (Ézéchiel 9:4) ; ces derniers sont invités à s'examiner eux-mêmes à la lumière de la Parole. Le 18 janvier (Ésaïe 31:4) compare Jéhovah à un lion prêt à fondre sur sa proie : à Harmaguédon, il dévorera complètement l'organisation de Satan par son Exécuteur, le Christ Jésus.[665]
Textes du 19 au 20 janvier
Le 19 janvier (Juges 3:16-17) présente Éhud ceint de son épée comme une figure des oints envoyés par le Christ depuis le temple en tenue de guerre spirituelle, invisibles aux religieux aveugles à la vérité. En 1931, les Témoins de Jéhovah commencèrent à remettre aux dirigeants religieux la brochure Le Royaume, l'Espérance du Monde, posant la question fondamentale : religion ou message du Royaume, lequel est l'espoir de l'humanité ? Le 20 janvier (Sophonie 3:1-2) prononce le malheur sur l'organisation de Satan et particulièrement sur sa composante religieuse, désignée comme la chrétienté actuelle qui se réclame d'une alliance avec Dieu tout en rompant ses commandements et en travaillant contre la Théocratie et son peuple fidèle, qualifiée de ce fait de « brise-alliance » méritant la mort (Romains 1:31-32).[666]
Textes du 21 au 22 janvier
Le 21 janvier (Juges 4:6) illustre l'organisation de Jéhovah à travers la figure de Déborah : c'est le Seigneur qui parle à travers elle, et non une femme commandant un homme — Déborah est présentée comme l'instrument docile du Très-Haut transmettant sa Parole, et les serviteurs de Dieu sont invités à reconnaître l'organisation théocratique comme le canal par lequel les instructions divines leur parviennent. Le 22 janvier (Jérémie 6:4) situe le début de la préparation à la grande bataille finale : dès la venue du Seigneur au temple en 1918, le reste est équipé et envoyé pour proclamer le Gouvernement Théocratique et rassembler les « autres brebis », auxquelles est accordée une « langue pure » (Sophonie 3:9) pour annoncer sans crainte la bonne nouvelle de la Théocratie.[667]
Textes du 23 au 24 janvier
Le 23 janvier (Sophonie 2:3) développe le thème de l'« être caché » : comme Noé dans l'arche, Jérémie, Baruch, Ébed-Mélek et les Récabites lors de la destruction de Jérusalem, les fidèles obéissants seront cachés à Harmaguédon. Le nom « Sophonie » signifie « caché de Jéhovah » ; les Jonadabs modernes jouent le rôle de Rahab, dissimulant le reste de ses ennemis. Le 24 janvier (Juges 3:27) reprend la figure d'Éhud sonnant de la trompette pour assembler Israël : Christ Jésus, le « Grand Éhud », sonne de même la trompette de guerre à la fin de l'« œuvre étrange » terrestre, appelant les armées angéliques à l'exécution du jugement contre l'ennemi.[668]
Textes du 25 au 26 janvier
Le 25 janvier (Psaumes 89:20, 24) rappelle que Jéhovah accorde sa miséricorde au reste oint et à ses compagnons non pour leur mérite personnel, mais uniquement pour le bien de son saint nom, citant Ézéchiel 36:21-22. Le 26 janvier (Sophonie 3:18) évoque les fidèles coupés de leurs assemblées en 1918, emprisonnés ou privés de liberté ; leur captivité prend fin en 1919 lors du rassemblement au temple sur le mont Sion, quand le Seigneur ravive l'œuvre de la Théocratie, réalisant ainsi la promesse de Romains 8:23.[669]
Textes du 27 au 28 janvier
Le 27 janvier (Luc 21:34) annonce que lorsque l'œuvre de témoignage sera complètement supprimée par les conspirateurs, ceux-ci proclameront « paix et sécurité » en se félicitant mutuellement — ce moment précis est décrit comme le « signe » positif qu'Harmaguédon est sur le point d'éclater. Le 28 janvier (Sophonie 1:3, 6) traite des « abandonneurs » qui, après avoir prétendu servir Dieu, se retournent contre la Théocratie ; en contraste frappant, le reste fidèle persécuté répond aux reproches en déclarant, selon Psaumes 44:17-18, n'avoir ni oublié Dieu ni violé son alliance.[670]
Textes du 29 au 30 janvier
Le 29 janvier (Nahum 1:8) décrit les démons, les religieux et le totalitarisme comme plongés dans une obscurité totale, un « black-out complet » face aux desseins divins ; le régime totalitaire est présenté comme pouvant envahir la terre entière pendant un temps très court avant d'atteindre sa fin définitive. Le 30 janvier (Sophonie 1:1 ; 2:3) revient sur la signification du nom « Sophonie » — « caché de Jéhovah » —, en s'appuyant sur Psaumes 83:3, Psaumes 27:5 et Psaumes 31:20 pour montrer que ce nom correspond exactement au reste fidèle protégé lors de l'établissement du Royaume.[671]
Textes du 31 janvier au 1er février
Le 31 janvier (Sophonie 2:11-12) identifie les « Éthiopiens antitypiques » comme des hommes de commerce et d'intérêt personnel qui se louent aux dirigeants du monde pour combattre les témoins de Jéhovah ; aucun ne sera caché à Harmaguédon, sauf ceux qui, comme Ébed-Mélek, auront agi favorablement envers les serviteurs de Dieu avant la grande bataille. Le 1er février (1 Jean 5:3) affirme que les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons n'agissent ni par intérêt personnel ni pour un gain pécuniaire, mais uniquement par amour de Dieu et obéissance à ses commandements ; ils se présentent non comme une secte ou une dénomination, mais comme des individus ayant pris position du côté du Seigneur pour proclamer le Gouvernement Théocratique.[672]
Textes du 2 au 3 février
Le 2 février (1 Pierre 5:8) décrit l'organisation de Satan comme un simulacre de l'organisation invisible de Jéhovah : Gog occupe la place analogue à celle du Christ, les mauvais anges celle des anges sous le commandement du Prince théocratique, et des représentants terrestres complètent ce dispositif dont le seul but est de dresser toute la création contre Dieu. Le 3 février (Sophonie 1:14) insiste sur le caractère imminent et certain d'Harmaguédon : le message des témoins n'est pas une conjecture humaine ni une prédiction politique, mais une parole divine fondée sur des faits que Jéhovah lui-même accomplit, et qui constitue donc un avertissement faisant autorité.[673]
Textes du 4 au 5 février
Le 4 février (Proverbes 29:25) dénonce la religion comme le principal instrument par lequel les hommes sont amenés à craindre le clergé et à tomber dans le piège des démons ; la seule sécurité réside dans la confiance en Jéhovah, loin de toute influence des créatures. Le 5 février (Apocalypse 16:12) interprète l'Euphrate symbolique comme les peuples de la terre : le sixième ange versant sa coupe est un avertissement divin invitant les hommes de bonne volonté à fuir Babylone ; les « rois de l'orient » désignent Jéhovah le grand Théocrate et le Christ, chef et corps, tandis que l'assèchement des eaux figure le détournement des personnes de bonne volonté loin des systèmes religieux de Satan.[674]
Textes du 6 au 7 février
Le 6 février (Sophonie 2:3) exhorte les humbles à fuir la religion et l'organisation du Diable avant qu'Harmaguédon ne commence, car le clergé a détourné le peuple de Dieu pour le placer sous la domination des démons. Le 7 février (Ésaïe 33:22) assure que les habitants de Sion — ceux qui ont maintenu leur intégrité — seront en sécurité lors d'Harmaguédon ; le pardon de l'infidélité de 1918 est mentionné comme acquis, et la joie des fidèles, croissante depuis 1922, est annoncée comme atteignant sa plénitude lors de l'exécution de l'« acte étrange » de Jéhovah.[675]
Textes du 8 au 9 février
Le 8 février (Romains 9:22) annonce que la longanimité de Jéhovah envers ses ennemis touche à sa fin : ses messagers sont envoyés dans toute la chrétienté pour sonner un ultime avertissement, mais les grands chefs religieux répondent avec défi — « nous avons fait une alliance avec la mort » (Ésaïe 28:15, 18) —, alliance que Jéhovah déclare nulle. Le 9 février (Sophonie 2:3, Rotherham) précise que si la « grande foule » comme classe survivra à Harmaguédon, certains individus pourront mourir aux mains de l'ennemi tout en maintenant leur intégrité et en bénéficiant de la résurrection ; l'urgence est de rechercher humilité et justice avant la grande bataille.[676]
Textes du 10 au 11 février
Le 10 février (Ésaïe 43:5) encourage les fidèles à ne pas laisser la peur les paralyser face à la montée en puissance de l'opposition au Gouvernement Théocratique : Jéhovah assure sa présence et sa délivrance, et ceux qui maintiennent leur intégrité sont destinés à partager la victoire du Seigneur. Le 11 février (Jérémie 23:16-17) explique que la paix des adversaires est troublée non par une force physique, mais par la proclamation du message concernant la chute de la chrétienté et l'établissement de la Théocratie ; ces religieux tentent alors d'unir toutes leurs forces contre la Théocratie et ses proclamateurs, leurs paroles de « paix » n'étant en réalité aucunement destinées aux serviteurs de Dieu (Psaumes 35:20).[677]
Textes du 12 au 13 février
Le 12 février (Sophonie 1:14-15) annonce que les ténèbres actuelles seront dépassées par les ténèbres encore plus grandes qui envelopperont Harmaguédon, probablement littérales autant que mentales, s'appuyant sur la vision d'Habacuc (Habacuc 3:11) décrivant le soleil et la lune arrêtés dans leur course. Le 13 février (1 Thessaloniciens 5:4) assure que ceux qui demeurent dans l'organisation de Jéhovah sous le Christ reçoivent la lumière et la protection divines, et ne seront pas surpris par ce jour comme par un voleur, à condition de rester fidèles à la Théocratie et à ses règles.[678]
Textes du 14 au 15 février
Le 14 février (Sophonie 2:5-6) prédit qu'après l'élimination des ennemis de la Théocratie à Harmaguédon, les survivants — le reste et la « grande foule » — entreront en possession des terres injustement occupées par les religieux et les dictateurs, ces derniers étant présentés comme tondant le troupeau de Dieu et régnant d'une main de fer. Le 15 février (Psaumes 9:12) assure que Jéhovah n'oublie pas l'humble cri de ses serviteurs haïs de toutes les nations pour son nom ; son jour de vengeance est décrit comme très proche, et nul parmi les méchants n'échappera à la rétribution divine.[679]
Textes du 16 au 17 février
Le 16 février (Sophonie 3:9, Rotherham) présente la « lèvre pure » accordée par Dieu à son reste fidèle après le jugement du temple comme le message de vérité proclamé en unité par le reste et les « autres brebis » à la louange de Jéhovah, tous reconnaissant que la vindication du nom divin est l'enjeu central ; seuls ceux qui parlent la vérité en unité survivront à Harmaguédon. Le 17 février (Psaumes 13:3) souligne que la délivrance dont les Témoins de Jéhovah ont besoin n'est pas celle du péché hérité d'Adam, mais la protection contre la destruction menacée par la coalition ennemie et particulièrement par l'élément religieux ; la confiance en Dieu et en son Roi permet aux fidèles de dire avec assurance : « mon cœur se réjouira en ta salvation ».[680]
Textes du 18 au 19 février
Le 18 février (Actes 24:15) expose la doctrine de la résurrection en trois catégories : les hommes fidèles d'Abel au Christ auront une « meilleure résurrection » (Hébreux 11:35) et deviendront « princes sur toute la terre » (Psaumes 45:16 ; Ésaïe 32:1) ; les chrétiens fidèles bégétés de l'esprit, dont les apôtres, participent à la « première résurrection » (Apocalypse 20:4, 6) ; ceux morts sans avoir connu le dessein de Dieu seront réveillés et auront la possibilité de prouver leur intégrité (Jean 5:28-29), tandis que les délibérément méchants n'ont aucun espoir de résurrection (Psaumes 145:20 ; 9:17). Le 19 février (Sophonie 3:17) précise que le salut appartient à Jéhovah seul — non comme délivrance du péché d'Adam, mais comme protection du reste et des « autres brebis » contre l'organisation du Diable lors d'Harmaguédon ; les nombreuses délivrances accordées depuis 1919 préfigurent la délivrance complète des fidèles, et cette perspective rend l'heure présente propice à une grande énergie dans la proclamation du Gouvernement Théocratique.[681]
Textes du 20 au 21 février
Le 20 février (Sophonie 1:2-3) précise la portée de la destruction à Harmaguédon : toute l'organisation de Satan — démons et agents terrestres (religieux, politiques, commerciaux) — sera anéantie, tandis que les hommes, animaux, oiseaux et poissons littéraux ne seront pas détruits ; la terre sera purifiée pour devenir une demeure convenable pour les hommes justes. Le 21 février (Sophonie 1:7, Rotherham) ordonne le silence devant la présence de Jéhovah : les gouvernants qui s'insurgent contre son gouvernement sont invités à se taire, car le Christ Jésus siège en jugement ; les témoins envoyés parmi les peuples transmettent ce commandement divin, et les hommes sont appelés à cesser de répandre toute propagande en soutien au régime de Satan.[682]
Textes du 22 au 23 février
Le 22 février (Proverbes 15:5) oppose le fou — celui qui ignore la Parole de Dieu et défend la religion comme moyen de sauver le monde — à l'humble qui reçoit avec joie l'instruction divine ; refuser l'enseignement scripturaire est présenté comme la preuve même d'un mobile égoïste. Le 23 février (Sophonie 2:1-2) annonce que la destruction à Harmaguédon ne visera pas seulement les éléments religieux, mais aussi l'ensemble des créatures sous domination démoniaque — forces politiques et commerciales incluses ; l'« Action catholique » est expressément désignée comme la tête de la coalition religieuse condamnée à cesser de fonctionner, tandis que le reste fidèle et ses compagnons sortiront de leur retraite après Harmaguédon pour distribuer la nourriture spirituelle aux serviteurs de Dieu.[683]
Textes du 24 au 25 février
Le 24 février (Jean 17:21) établit que dans la Théocratie tout doit être en harmonie complète avec Jéhovah et Christ Jésus ; les 144 000, formant le corps spirituel du Christ, sont appelés à une unité totale d'action sous la direction du Chef de l'organisation théocratique (Apocalypse 2:10). Le 25 février (Sophonie 3:19) rappelle que la délivrance du reste et son rétablissement au service du Royaume sont une louange au nom de Jéhovah ; depuis la Première Guerre mondiale, durant laquelle le reste fut couvert de honte, et depuis son rassemblement de 1919, la Hiérarchie catholique romaine est présentée comme contrainte de prendre acte de la présence des Témoins de Jéhovah dans chaque pays de la chrétienté.[684]
Textes du 26 au 27 février
Le 26 février (Éphésiens 6:17) décrit les Témoins de Jéhovah comme armés de l'« épée de l'Esprit », la Parole de Dieu, dont les instruments de guerre sont puissants pour abattre les forteresses religieuses de Satan — ces « maisons de prison » où des multitudes sont tenues dans l'ignorance par des chefs religieux qui luttent désespérément pour empêcher le peuple d'apprendre la vérité. Le 27 février (Proverbes 16:13) assure que ceux qui ont un cœur pur envers Dieu et son Gouvernement Théocratique parlent un message pur et reçoivent la faveur du Très-Haut ; en toute opposition, les serviteurs fidèles continuent d'offrir la louange de leurs lèvres à Dieu et à son Roi.[685]
Textes du 28 février au 1er mars
Le 28 février (Sophonie 2:11) interprète les « dieux de la terre » comme les démons et les puissants parmi les hommes — religieux, politiques, commerciaux — dont la destruction est annoncée ; le commerce des institutions religieuses est déjà décrit comme déclinant sous l'effet de l'« œuvre étrange » de Jéhovah, les hommes de bonne volonté se détournant des trafiquants de religion. Le 1er mars (Psaumes 31:24) exhorte à un courage total fondé sur la certitude d'être soutenu par la toute-puissance divine, sous la bannière de l'amour et conduit par une sagesse parfaite ; Jéhovah est annoncé comme devant délivrer, protéger, bénir et élever ses serviteurs fidèles qui persévèrent avec diligence dans la recherche de la justice et de l'humilité.[686]
Textes du 2 au 3 mars
Le 2 mars (Psaumes 37:11) rappelle que le reste oint doit persévérer dans l'humilité et la justice ; la « grande foule » des gens de bonne volonté demeurera sur la terre pour toujours sous la supervision du Christ Jésus, et le miracle de la mer Rouge (Psaumes 76:8-9) est cité comme figure du jugement d'Harmaguédon qui délivrera tous les humbles. Le 3 mars (Sophonie 1:14) souligne l'urgence d'une action prompte en s'appuyant sur les paroles de Jésus (Matthieu 24:17-20) décrivant la nécessité de fuir sans délai ; le jour d'Harmaguédon est présenté non comme un événement échappant au contrôle du Seigneur, mais comme l'heure exactement fixée par Dieu, accomplie précisément au moment voulu.[687]
Textes du 4 au 5 mars
Le 4 mars (Ésaïe 46:13) affirme que la vindication du nom de Jéhovah s'accomplit par le gouvernement du Christ Jésus ; le salut est réservé exclusivement à l'intérieur du Gouvernement Théocratique et ne peut être accordé à ceux qui s'y opposent ou ne le soutiennent pas pleinement (Psaumes 119:155). Le 5 mars (Sophonie 2:8-9) dénonce les éléments commerciaux et politiques qui rendent difficile l'accès des gens de bonne volonté au message divin ; ces agents de Satan, jaloux des proclamateurs de la Théocratie, imposent la primauté absolue de l'État et exaltent les hommes contre Dieu — et aucun d'eux ne trouvera d'issue à la colère divine à Harmaguédon.[688]
Textes du 6 au 7 mars
Le 6 mars (1 Thessaloniciens 5:1) précise que l'apôtre n'encourageait pas à fixer des dates par la chronologie, mais à surveiller les « signes des temps », ces faits physiques fournis par Dieu qui permettent à ses fidèles de reconnaître l'accomplissement de ses promesses ; les temps que Dieu n'a pas révélés demeurent indéfinis pour les hommes jusqu'à leur accomplissement. Le 7 mars (Sophonie 3:13) assure que le reste fidèle, faisant entièrement confiance au Seigneur, n'éprouve aucune famine spirituelle et ne craint ni les démons ni les religieux, car l'amour parfait chasse toute crainte (1 Jean 4:18) ; les fidèles obéissent à Dieu plutôt qu'aux hommes et ne mettent pas de sourdine au message théocratique.[689]
Textes du 8 au 9 mars
Le 8 mars (1 Timothée 4:1) établit que les démons ont utilisé la religion pour tromper des multitudes et les détourner de Dieu ; religion et christianisme sont présentés comme des réalités opposées — la religion étant l'adoration des démons, le christianisme l'adoration de Jéhovah en esprit et en vérité. Le 9 mars (Sophonie 1:7) décrit le grand sacrifice de Jéhovah comme un service saint entièrement consacré à la justice ; les invités convoqués à ce sacrifice doivent venir les mains pures, entièrement dévoués au soutien du Roi, pour participer à la vindication du nom divin dans le cadre de l'« œuvre étrange » de Jéhovah.[690]
Textes du 10 au 11 mars
Le 10 mars (Psaumes 46:1) annonce que le jour de délivrance pour les réfugiés de bonne volonté est proche ; Christ Jésus, grand Juge, poursuit son œuvre de jugement et promet refuge aux fidèles dans le temps de détresse (Psaumes 9:9), qui sont appelés à chanter les louanges du Seigneur et à déclarer ses œuvres parmi les peuples (Psaumes 9:11). Le 11 mars (Sophonie 3:20) situe en 1918 le jugement du temple par lequel les approuvés furent introduits au service de la Théocratie ; l'unité visible des Israélites spirituels est présentée comme accomplie selon la promesse de Éphésiens 4:13-14, et les serviteurs fidèles de Jéhovah sont assurés de ne plus jamais être dispersés par l'ennemi.[691]
Textes du 12 au 13 mars
Le 12 mars (Ésaïe 48:22) expose le faux cri de « paix et sécurité » lancé par les chefs religieux et totalitaires qui cherchent à ne plus être dérangés par le message théocratique ; la figure du roi Joram allant à la rencontre de Jéhu (2 Rois 9:22) illustre la vacuité de cette paix, Jéhu ayant tué Joram comme le Christ exécutera le jugement sur les ennemis de la Théocratie. Le 13 mars (Sophonie 3:8) enseigne que l'ennemi ne connaîtra pas l'heure du jugement, à l'inverse des fidèles qui, comme Noé avertis sept jours à l'avance (Genèse 7:1-10), voient dans l'afflux actuel des gens de bonne volonté vers l'organisation de Dieu un signe indiscutable de l'imminence de la colère divine.[692]
Textes du 14 au 15 mars
Le 14 mars (Psaumes 36:9) décrit le Roi de la grande Théocratie comme source d'une lumière qui se réfléchit sur tous les membres de son organisation ; aucun « black-out » spirituel ne les atteint, car ils connaissent les desseins de Dieu et la fin de toutes choses — les anges et les ressuscités fidèles se joignant à eux dans la louange du Très-Haut, tandis que le Seigneur ouvre la porte à ses « autres brebis » venant de toutes nations. Le 15 mars (Sophonie 1:14-15) confirme que le grand jour de Jéhovah est proche ; le seul lieu de sécurité lors de la détresse des nations sera l'organisation du Dieu Tout-Puissant (Nahum 1:7-8), et le juste délivré du trouble sera remplacé dans ce trouble par le méchant (Proverbes 11:8).[693]
Textes du 16 au 17 mars
Le 16 mars (Proverbes 4:13) présente la vraie instruction comme venant de Jéhovah seul et non des hommes ; la crainte du Seigneur est le commencement de la connaissance (Proverbes 1:7), et Dieu guide les humbles dans ses voies (Psaumes 25:9, 12), tandis que la prétendue sagesse des hommes n'est que folie à ses yeux. Le 17 mars (Sophonie 2:3-4) annonce qu'à la hauteur d'Harmaguédon — « à midi » — l'organisation terrestre de l'ennemi sera complètement ruinée ; les partisans des religieux, et en particulier la Hiérarchie catholique romaine désignée comme les Ashdodites modernes, sont voués à la destruction, et nul parmi les ennemis ne trouvera de cachette en ce jour de colère divine.[694]
Textes du 18 au 19 mars
Le 18 mars (Psaumes 45:7) répond à l'accusation des clercs selon laquelle les Témoins de Jéhovah haïraient le gouvernement et tout ce qui existe : au contraire, les fidèles disciples du Christ aiment la justice et détestent la méchanceté, et c'est précisément pour cette raison que Jéhovah les fait ses témoins ; ils reçoivent le commandement de ne pas aimer le monde ni ses choses (1 Jean 2:15). Le 19 mars (Sophonie 2:10-11) avertit que nul ne pourra insulter les serviteurs de Jéhovah impunément ; les orgueilleux qui maltraitent les Témoins croient n'être observés que par des hommes, mais le Seigneur tient compte de chaque offense faite à ses serviteurs comme si elle lui était faite à lui-même (Matthieu 25:40), et son Exécuteur à Harmaguédon ne laissera aucun méfait sans châtiment.[695]
Textes du 20 au 21 mars
Le 20 mars (Ésaïe 42:7) situe en 1918 le début de l'œuvre par laquelle le Christ Jésus, « Serviteur Élu » de Jéhovah, a tiré les fidèles des ténèbres pour les employer à proclamer l'évangile du Royaume ; ceux qui, dans les organisations religieuses, ont entendu ce message et l'ont cru ont fui vers le Seigneur, et tous les fidèles sont appelés à continuer de manifester les louanges de Dieu dans la lumière (1 Jean 1:7). Le 21 mars (Sophonie 3:15) assure que le reste, demeurant fidèle et obéissant, ne subira plus jamais le châtiment divin que Jéhovah lui fit connaître entre 1914 et 1918 ; les persécutions actuelles infligées par la Hiérarchie et les alliés totalitaires ne reflètent pas le déplaisir de Dieu envers ses fidèles, mais attestent au contraire que ceux-ci portent l'opprobre qui s'abattit jadis sur Jéhovah et Christ Jésus — ce qui est source de grande joie pour les serviteurs assurés de leur salut.[696]
Textes du 22 au 23 mars
Le 22 mars (Juges 3:15) présente Éhud comme la figure du Christ Jésus venu au temple en 1918 ; le nom « Éhud » signifiant « union » ou « unité », tous les membres du Corps du Christ sont appelés à être en pleine unité avec Jéhovah et Christ au sein de l'Organisation Théocratique, envoyés ensemble avec l'« épée de l'Esprit » contre les portes de la chrétienté (Ézéchiel 21:15-16). Le 23 mars (Ésaïe 14:13-15) analyse la chute de Lucifer : son désir d'être semblable au Très-Haut constitua un blasphème contre le nom divin, et tout homme cherchant à s'élever aux dépens d'autrui en suivant la voie de Satan est assuré d'être abaissé par celui qui élève ou abaisse les créatures selon sa souveraineté.[697]
Textes du 24 au 25 mars
Le 24 mars (Juges 3:23-26) répond à l'accusation de la Hiérarchie catholique qui qualifie les modernes « Éhudites » de « cinquième colonne » : aucun autre groupe n'a, selon ce commentaire, autant dénoncé le nazisme, le fascisme et le communisme que les Témoins de Jéhovah, et les persécutions de la Hiérarchie — qui sait mentir, est-il affirmé — ne parviennent pas à détruire les fidèles placés sous la protection de Jéhovah. Le 25 mars (Psaumes 83:9-10) identifie le roi Jabin comme figure du Diable ou de son prince démoniaque Gog ; Sisera, dont le nom signifie « ordre de bataille », représente la religion organisée qui incite forces politiques, commerciales, judiciaires et militaires contre les proclamateurs du Gouvernement Théocratique, tandis que la mère de Sisera figure l'organisation démoniaque qui engendre la religion.[698]
Textes du 26 au 27 mars
Le 26 mars (Sophonie 1:17) annonce que les rebelles, incapables de trouver une issue, sombrent dans l'hystérie et se retournent les uns contre les autres comme les Madianites lorsque Gédéon et ses trois cents fidèles mirent l'ennemi en fuite (Juges 7:20-22). Le 27 mars (Hébreux 13:15) invite la classe spirituelle terrestre à offrir continuellement à Dieu le « sacrifice de louange », fruit de leurs lèvres purifiées selon la vision d'Ésaïe (Ésaïe 6:5-7), en portant joyeusement les opprobres qui s'abattent sur Dieu et Christ tout en recherchant la grande cité — le Gouvernement Théocratique.[699]
Textes du 28 au 29 mars
Le 28 mars (1 Thessaloniciens 5:13) rappelle que Jéhovah est le Dieu de la paix et de l'harmonie : ses serviteurs approuvés doivent vivre en paix et agir en parfaite harmonie dans l'exécution des instructions du Seigneur, Dieu ne tenant pas compte des apparences extérieures mais du cœur. Le 29 mars (Sophonie 3:7) constate que depuis 1922, sans interruption, les témoins ont porté le message à la chrétienté — laquelle, au lieu d'en tenir compte, a continué à les persécuter sous l'influence des démons, gâchant ainsi l'occasion qui lui était offerte depuis 1918 de recevoir l'instruction divine.[700]
Textes du 30 au 31 mars
Le 30 mars (Psaumes 144:1) présente Jéhovah comme la force des fidèles, dont les yeux parcourent toute la terre pour se montrer fort en faveur de ceux dont le cœur est parfait envers lui (2 Chroniques 16:9) ; la prière de la classe du « serviteur fidèle » — « il enseigne mes mains à la guerre » — ne signifie pas un combat physique, mais une action en harmonie avec la volonté de Dieu. Le 31 mars (Sophonie 3:17) explique que Jéhovah se tait de tout reproche envers Sion parce que le reste fidèle est zélé et obéissant ; il se réjouit sur ses fidèles avec des chants, car l'heure de vindication de son nom par le Gouvernement Théocratique est venue, et il leur communique le « nouveau cantique » que les armées angéliques avaient chanté à la naissance de Jésus.[701]
Textes du 1er au 2 avril
Le 1er avril (Habacuc 3:18) assure que le salut de Jéhovah est certain à l'heure fixée ; les fidèles ne se laissent pas décourager par les maux croissants du monde ni par les persécutions, mais lèvent la tête avec allégresse, car la délivrance est imminente — Jéhovah ayant revêtu la justice comme une cuirasse (Ésaïe 59:16-17). Le 2 avril (Sophonie 2:9) affirme que les Moabites et Ammonites modernes, par leurs actes, nient l'existence de Dieu ; Jéhovah jure par sa propre vie qu'il conduira tous ses opposants à une fin éternelle, et qu'à Harmaguédon il démontrera à toute la création qu'il est le Dieu vivant, le Roi de l'Éternité.[702]
Textes du 3 au 4 avril
Le 3 avril (Hébreux 12:1) désigne le péché qui « assaille » le plus sûrement ceux qui professent servir Dieu comme l'influence des démons exercée par la religion, depuis Nimrod jusqu'aux apôtres et de nos jours ; pour se protéger, les fidèles doivent éviter la religion et suivre strictement la Parole de Dieu. Le 4 avril (Sophonie 1:15-16) présente l'avertissement d'Harmaguédon comme écrit depuis longtemps pour l'aide, le réconfort et l'espérance des consacrés ; les Témoins de Jéhovah sonnent la trompette de l'Almighty en proclamant le jour d'Harmaguédon, et lorsque la bataille commencera, la trompette annoncera le Seigneur chargeant à la tête de ses armées invincibles contre les forces retranchées de la méchanceté.[703]
Textes du 5 au 6 avril
Le 5 avril (Apocalypse 16:14) pose la question centrale : le monde continuera-t-il à être gouverné par des hommes égoïstes sous le contrôle invisible des démons, ou le règne passera-t-il au grand Théocrate par son Roi exalté, Christ Jésus ? Les dirigeants mondains, au lieu de se tourner vers Dieu, se tournent entièrement vers le Diable et réclament plus de religion, dont le Diable sait pourtant qu'elle mène à la destruction. Le 6 avril (Sophonie 2:3) pose la condition préalable à la faveur divine : se soumettre volontairement aux jugements du Seigneur, se déclarer du côté du Gouvernement Théocratique et désirer sincèrement un état meilleur — car la Parole de Dieu ne peut être imposée à quiconque.[704]
Textes du 7 au 8 avril
Le 7 avril (Sophonie 2:7, version A.R.V.) rappelle la délivrance de Job comme figure de la délivrance complète à Harmaguédon : tous ceux qui ont fidèlement servi Jéhovah seront libérés de leurs persécuteurs, les pratiquants de la « religion chrétienne » étant éliminés les premiers. Le 8 avril (Juges 3:15) développe la mission d'Éhud comme image du « serviteur fidèle et avisé » équipé par le Christ pour dénoncer les organisations religieuses, instruire les « prisonniers » de bonne volonté de la vérité sur la religion comme instrument de Satan, et leur ouvrir le chemin vers la liberté complète (Jean 8:32) au sein de l'organisation de Jéhovah.[705]
Textes du 9 au 10 avril
Le 9 avril (Sophonie 3:8, Rotherham) annonce que lorsque les témoins auront accompli l'œuvre qui leur a été confiée, Jéhovah exécutera son « acte étrange » ; cet acte sera un témoignage si complet de la puissance suprême de Jéhovah que nulle créature ne pourra douter de son intervention — la religion ayant complètement rejeté son nom et son Royaume. Le 10 avril (Jean 14:6) expose les étapes du salut : croire au Christ comme Rédempteur, exercer la foi par la consécration, étudier la Parole de Dieu et les aides à sa compréhension, se consacrer au Royaume et apprendre diligemment ce que Dieu attend de ses serviteurs.[706]
Textes du 11 au 12 avril
Le 11 avril, désigné comme la date du Mémorial à 18 h (Hébreux 5:9), rappelle que tous les hommes, pécheurs par héritage, doivent périr à moins que Dieu ne pourvoit à leur salut ; croire au Christ et lui obéir sont les conditions préalables à la vie comme don gratuit, que seuls ceux qui acceptent ce don peuvent recevoir. Le 12 avril (Psaumes 3:7-8) définit le salut comme la délivrance du désastre mondial à Harmaguédon et l'octroi de la vie éternelle aux fidèles obéissants ; cette délivrance surviendra immédiatement après l'achèvement de la proclamation du nom et du Royaume de Jéhovah sur toute la terre et lors du cri de « paix et sécurité » lancé par la tête religieuse de l'organisation de Satan (Exode 9:16).[707]
Textes du 13 au 14 avril
Le 13 avril (Sophonie 2:1-2, Leeser) souligne que l'occasion de se rassembler et de peser la question est brève et passe aussi rapidement que la balle ; les privilèges gâchés sont perdus, et ce qui s'avère sans valeur, comme la balle, file rapidement vers la destruction à Harmaguédon. Le 14 avril (2 Timothée 1:7) rappelle que toute domination par la violence est une domination démoniaque ; depuis 1914, et surtout depuis 1918, les troubles et les malheurs se sont multipliés et la violence règne dans toutes les nations, particulièrement dans ce qu'on appelle la « chrétienté » — la peur contrôlant pratiquement tous les peuples, à l'exception de ceux qui font entièrement confiance à Dieu et au Christ Jésus.[708]
Textes du 15 au 16 avril
Le 15 avril (Sophonie 1:14, Young) décrit le grand jour de Jéhovah comme venant sur le monde comme un voleur dans la nuit, mais son déclenchement sera accompagné d'un grand bruit : les cris de victoire de l'armée céleste et les chants de louange des fidèles terrestres contrasteront avec les clameurs de confusion et de terreur de ceux qui ont suivi les chefs religieux et refusé la Parole de Dieu. Le 16 avril (Juges 3:16) observe que, tout comme Éhud portait son poignard de manière contraire à l'usage des combattants, les Témoins de Jéhovah ne combattent pas selon les méthodes religieuses attendues par leurs persécuteurs ; la vérité est dissimulée aux religieux qui cherchent du mauvais côté, aveuglés aux desseins de Jéhovah et incapables de discerner l'« épée de l'Esprit ».[709]
Textes du 17 au 18 avril
Le 17 avril (Sophonie 2:9) décrit le « pillage spirituel » annoncé par Sophonie : le reste oint, transformé en créatures spirituelles, et les fidèles terrestres jouiront éternellement des bénédictions du Gouvernement Théocratique, tandis que ce pillage spirituel arrache les gens de bonne volonté au pouvoir des Moabites et Ammonites modernes pour leur ouvrir le chemin vers la vie éternelle. Le 18 avril (1 Thessaloniciens 5:1-2, Diaglott) précise que les fidèles ne devinent pas le sens de la prophétie, mais le découvrent par une recherche diligente des Écritures combinée aux faits physiques connus ; selon Daniel 12:4, leurs yeux parcourent les Écritures pour en tirer instruction et réconfort, leur accordant une connaissance et une compréhension croissantes.[710]
Textes du 19 au 20 avril
Le 19 avril (Sophonie 3:16) interpelle Sion — l'organisation capitale de Jéhovah sous le Christ, associée aux 144 000 bégétés de l'esprit — et lui commande de ne pas relâcher ses mains : malgré les défis juridiques et les châtiments infligés par l'ennemi, les fidèles doivent poursuivre sans crainte ni faiblesse l'œuvre de témoignage du Royaume, se réjouissant du privilège de porter les opprobres qui s'abattirent sur le Seigneur pour son nom. Le 20 avril (2 Timothée 3:1-2, 13) décrit les séducteurs des derniers jours sous l'emprise des démons, convaincus d'avoir Dieu de leur côté, comme poussant leur campagne de suppression du message théocratique jusqu'au moment où ils croient l'avoir réduit au silence — claironnant alors « paix et sécurité », persuadés d'avoir mis les Témoins de Jéhovah hors d'état de nuire aux religieux et à la domination totalitaire.[711]
Le 21 avril (Psaumes 68:31-32) décrit le rassemblement des fidèles de toutes nations en préparation de la démonstration de la puissance souveraine de Jéhovah : les « Éthiopiens modernes », figurés par Ébed-Mélek, rejoignent le reste pour louer Jéhovah, tandis que Dieu débarrasse ses serviteurs des orgueilleux, des développeurs de caractère, des adorateurs de créatures et des adeptes de la religion, pour que tous se consacrent entièrement à la proclamation du Gouvernement Théocratique. Le 22 avril (1 Thessaloniciens 5:6, Rotherham) exhorte les fidèles à ne pas s'assoupir, à rester sobres et vigilants ; la joie du Seigneur, assimilée à un vin nouveau dans le Royaume, est présentée comme aiguisant le discernement, à l'opposé de l'ivresse démoniaque qui engendre la stupeur.[712]
Textes du 23 au 24 avril
Le 23 avril (Juges 3:25) interprète la clé qui ouvre les portes de la chambre d'Églon comme les vérités bibliques qui dévoilent maintenant les œuvres de méchanceté de la religion ; le Seigneur ouvre les yeux des serviteurs et alliés de la Hiérarchie sur l'hypocrisie des grands systèmes religieux, afin qu'une action radicale puisse être entreprise contre cet élément de l'organisation de Satan (Apocalypse 17:16-17). Le 24 avril (Sophonie 1:1) analyse les significations des ancêtres de Sophonie : « Amaria » signifie « dit par Jéhovah », ce qui correspond à la mission du reste désigné par Dieu comme son porte-parole visible ; « Hizkia » signifie « force de Jéhovah », car le reste n'a aucune force propre mais est fort dans le Seigneur (Psaumes 18:1).[713]
Textes du 25 au 26 avril
Le 25 avril (Juges 4:4) commente la figure de Déborah : son nom signifiant « abeille » — essaim, attaque coordonnée —, elle figure l'organisation de Jéhovah agissant dans une unité complète (Deutéronome 1:44 ; Psaumes 118:12), prophétesse suscitée pour préfigurer ce que Dieu accomplira par son organisation en temps voulu, non pour usurper l'autorité de l'homme. Le 26 avril (Sophonie 1:18) rappelle qu'aucun or ni argent n'achètera la faveur de Jéhovah et de son grand Exécuteur Christ Jésus au jour de la colère divine ; les hommes qui ont mis leur confiance dans les richesses accumulées comme assurance contre le désastre n'y trouveront aucun refuge, car la seule « ville de refuge » est l'organisation de Dieu.[714]
Textes du 27 au 28 avril
Le 27 avril (Juges 4:6) interprète le nom « Barak » comme « éclair » : le Diable, agissant par le Vatican et les nazis, qualifie ses assauts de « Blitzkrieg », mais cela ne lui servira de rien ; Barak figure le Christ Jésus dans deux fonctions — capitaine de l'« œuvre étrange » terrestre puis feld-maréchal conduisant les armées célestes à Harmaguédon, sa flèche partant comme l'éclair (Zacharie 9:14). Le 28 avril (Sophonie 2:7) annonce que la Hiérarchie catholique romaine et ses organisations religieuses, qui occupent indûment les territoires terrestres, seront complètement évincées par le Christ ; les humbles Judéens modernes, ceux qui servent et louent vraiment Jéhovah, hériteront alors de la terre que Dieu a créée comme demeure permanente des hommes justes.[715]
Textes du 29 au 30 avril
Le 29 avril (Luc 21:22) souligne que seul un petit nombre exerce une pleine foi en la vengeance divine de Jéhovah en faveur de son peuple (Luc 18:7-8) ; ces fidèles reconnaissent que Dieu permet actuellement au Diable et à ses agents — particulièrement les chefs religieux — de manifester leur inimitié envers la Théocratie, afin que les serviteurs de Jéhovah prouvent leur intégrité, et cette vision les encourage plutôt qu'elle ne les décourage face à l'imminence d'Harmaguédon. Le 30 avril (Sophonie 2:11) annonce que Jéhovah sera terrible envers tous ceux qui ont rendu un culte aux hommes et aux démons, et que la bataille d'Harmaguédon sera si redoutable que tous ses témoins en trembleront (Psaumes 145:6 ; Psaumes 47:2) ; ceux qui reçoivent la faveur divine ne peuvent diviser leur dévotion en en accordant une part à d'autres.[716]
Textes du 1er au 2 mai
Le 1er mai (Juges 3:20) présente le drame prophétique d'Éhud et du roi Églon comme illustrant le dessein de Dieu de détruire la religion : le message de vérité délivré par les Témoins de Jéhovah n'est pas de leur propre initiative, mais constitue l'« épée de l'Esprit » qui expose la méchanceté des institutions religieuses devant tous, montrant que le seul moyen d'évasion et de salut est de fuir vers Jéhovah et le Christ. Le 2 mai (Sophonie 3:1-2) décrit le refus obstiné des chefs religieux de la chrétienté de recevoir l'instruction divine : convaincus de n'avoir besoin d'aucun enseignement, ils se vengent sur les frêles serviteurs de Dieu portant le message divin plutôt que de prêter attention aux paroles du Seigneur que Jéhovah avait pourtant fait annoncer par ses prophètes.[717]
Textes du 3 au 4 mai
Le 3 mai (Juges 5:1, 9) souligne que tous ceux qui servent le grand Roi avec joie et reçoivent l'approbation divine sont nécessairement des volontaires ; Barak et Déborah montant ensemble au mont Thabor figurent le Christ Jésus dirigeant l'organisation de Jéhovah dans l'« œuvre étrange » contre la religion, accompagné des dix mille figurant le reste terrestre entièrement enrôlé pour la Théocratie. Le 4 mai (Sophonie 1:8) dénonce les vêtements étrangers — revêtements fournis par le Diable, comme les habits des prêtres de Baal tués par Jéhu — portés par ceux qui s'identifient à l'organisation de Satan ; l'habit officiel du clergé et de la Hiérarchie est présenté comme très étrange, signalant ses porteurs comme étant plus saints que les autres, et tous ceux ainsi vêtus seront complètement châtiés à Harmaguédon.[718]
Textes du 5 au 6 mai
Le 5 mai (Psaumes 9:17) affirme que toutes les nations font face à la mort à Harmaguédon — non aux mains d'autres nations, mais par la puissance de Jéhovah et du Christ Jésus, constituant les « Autorités Supérieures » (Romains 13:1), assistés de tous les anges saints contre le Diable, les démons et leurs partisans terrestres ; toutes les formes de gouvernement humain périront à Harmaguédon, seule la Théocratie survivant. Le 6 mai (Sophonie 1:17) rappelle que les ennemis ont versé le sang des serviteurs innocents de Dieu, et que Jéhovah jure de solder ce compte à Harmaguédon en répandant le sang des ennemis comme de la poussière et en dispersant leur chair comme du fumier (Sophonie 1:17) — aucune résurrection n'étant prévue pour de tels rebelles.[719]
Textes du 7 au 8 mai
Le 7 mai (Daniel 11:27) rappelle que Jéhovah a fixé de manière certaine l'heure de la bataille d'Harmaguédon, dont nul homme ni ange ne connaît le jour et l'heure exacts (Matthieu 24:35-36) ; ceux qui recherchent la justice et l'humilité discernent clairement que le grand dénouement est très proche, et Jéhovah pourvoit à leur consolation par sa Parole révélée. Le 8 mai (Sophonie 2:1-2) précise que la période de préparation à Harmaguédon est bien avancée et qu'il ne reste plus qu'un bref délai de grâce ; lorsque la colère de Jéhovah éclatera dans toute sa force, il sera trop tard pour fuir vers le lieu de sécurité ou pour prêter attention à l'avertissement — Harmaguédon étant un temps de destruction, non d'écoute et d'obéissance.[720]
Textes du 9 au 10 mai
Le 9 mai (Juges 3:24, 26) constate que la loi du pays ferme parfois les portes à la Hiérarchie et à ses alliés qui tentent de supprimer le message théocratique, et que les serviteurs de Dieu doivent utiliser les lois justes et équitables du pays pour empêcher l'interruption de leur œuvre jusqu'au moment voulu par Dieu. Le 10 mai (Sophonie 2:13, 15) annonce qu'après Harmaguédon la domination totalitaire ne fonctionnera plus jamais ; les survivants — gens de bonne volonté ayant fui vers l'organisation de Jéhovah — verront cette désolation complète, et Dieu établira en temps voulu son alliance avec les bêtes sauvages, qui ne seront plus ennemies des hommes (Ézéchiel 39:9-15).[721]
Textes du 11 au 12 mai
Le 11 mai (1 Thessaloniciens 5:3, Rotherham) dépeint la grande détresse de la chrétienté comme les douleurs d'une femme en travail qui mourra : lorsque Harmaguédon commencera, les cris de ceux qui ont combattu la Théocratie ressembleront aux affres de l'agonie, sans aucune anesthésie pour atténuer la destruction complète de la chrétienté. Le 12 mai (Sophonie 3:9, Young) décrit la tentative désespérée du Diable, juste avant Harmaguédon, d'unir tous les méchants contre le Gouvernement Théocratique par des méthodes totalitaires issues de Nimrod ; en réponse, Dieu rassemble son peuple — le reste et ses compagnons — en parfaite unité et leur accorde une « lèvre pure » pour proclamer la vérité et glorifier son nom jusqu'à ce que les opposants se précipitent vers leur destruction.[722]
Textes du 13 au 14 mai
Le 13 mai (Psaumes 4:8) constate que seuls quelques endroits permettent encore de proclamer le message théocratique, non par faiblesse de Dieu, mais parce qu'il laisse l'ennemi accomplir exactement ce qu'il avait prédit des siècles plus tôt ; lorsque religieux et alliés totalitaires auront entièrement réussi à supprimer le message théocratique dans la partie anglophone du monde, les chefs religieux crieront « paix et sécurité », mais leur alliance avec la mort sera déclarée nulle (Ésaïe 28:15), car seuls ceux entièrement dévoués à Jéhovah et à son Roi seront en sécurité. Le 14 mai (Sophonie 3:19) évoque le reste qui, lors de la Première Guerre mondiale, hésita entre deux opinions — obéir aux gouvernements humains crus « autorités supérieures » ou rester fidèle à Jéhovah —, mais fut rétabli par Dieu dans son service ; Jéhovah annule et renverse l'action de l'ennemi en rassemblant de nouveau le reste de Sion.[723]
Textes du 15 au 16 mai
Le 15 mai (Apocalypse 7:9) décrit la « grande foule » des gens de bonne volonté — les « autres brebis » du Seigneur — sortant de la grande tribulation, vêtus de robes blanches symbolisant leur amour de la justice et leur foi dans le sang du Christ ; tous chantent ensemble avec les anges saints, les morts fidèles ressuscités et le reste terrestre, louant le Dieu Tout-Puissant et l'Agneau siégeant en jugement. Le 16 mai (Sophonie 1:14-15) rappelle aux fidèles qu'ils n'ont pas été informés du jour et de l'heure exacts du grand trouble, mais en perçoivent la proximité ; leur responsabilité est de continuer à sonner l'avertissement et à montrer au peuple l'organisation de Dieu comme seul lieu de sécurité, répondant au cri d'« combien de temps encore ? » par la promesse d'Ésaïe (Ésaïe 6:11).[724]
Textes du 17 au 18 mai
Le 17 mai (Psaumes 52:4-6) compare les espions modernes de la « classe de Saül » au berger édomite Doég — dont le nom signifie « craintif » — qui surveilla David et livra des informations pour sa perte ; ces espions se mêlent aux fidèles en feignant l'amitié, servent le Diable pour un gain égoïste, craignent les hommes mais non Dieu, et seront tous détruits par Jéhovah. Le 18 mai (Sophonie 2:8) attire l'attention de Jéhovah sur les outrages des « Ammonites modernes » — l'élément politique travaillant avec les religieux pour un gain politique — qui s'allient avec la Hiérarchie pour détruire les serviteurs de Jéhovah et empêcher la diffusion de l'évangile du Royaume ; à Harmaguédon, aucun d'eux ne sera « caché ».[725]
Textes du 19 au 20 mai
Le 19 mai (Psaumes 149:4) définit les humbles comme ceux qui désirent sincèrement être instruits dans la justice et marcher dans la bonne voie, comme Moïse (Nombres 12:1-3) ; ils sont diligents pour chercher la connaissance et l'instruction divine (Ésaïe 61:1), et seuls les humbles recevront la satisfaction et la joie, selon la promesse : « les humbles mangeront et seront satisfaits » (Psaumes 22:26). Le 20 mai (Sophonie 1:3-4, A.R.V.) identifie les « Chémarim » — ceux qui vont vêtus de noir, ascètes, prêtres, religieuses collectant l'argent des enlaçés — comme les corbeaux de l'ecclésiastisme ; leur nom et leurs titres commencent déjà à disparaître, car les gens de bonne volonté s'éveillent, apprennent que la religion est de l'hypocrisie et fuient leurs chefs religieux, et au début d'Harmaguédon tout ce qui se rattache à cette pratique hypocrite sera supprimé par le Seigneur.[726]
Le 21 mai (Juges 4:2-3) rappelle que les Israélites n'étaient pas équipés pour affronter l'ennemi sur un pied d'égalité — seul Jéhovah pouvait les délivrer. De même, les religieux conduits par la Hiérarchie, pleinement soutenus par des armées totalitaires, disposent de toutes les armes d'oppression contre les défenseurs de la Théocratie ; les serviteurs de Jéhovah, pratiquement impuissants face à ces persécutions, ont certes fait valoir leurs droits en justice, mais avec de maigres résultats — et ils reçoivent l'assurance complète que Jéhovah les vengera en son temps et à sa manière.[727]
Le 22 mai (Sophonie 3:10) interprète l'Éthiopie comme figurant l'organisation du Diable, hors de laquelle Dieu rassemble son peuple spirituel choisi par la main des témoins, qui ont pour mission de réunir les personnes désireuses d'entrer dans le gouvernement juste ; les Israélites spirituels épars parmi les nations sont rassemblés dans l'unité auprès du Seigneur, tandis que les adversaires de la Théocratie sont rassemblés pour la destruction.[728]
Le 23 mai (Ésaïe 33:7) annonce que les « vaillants » qui font la guerre puis réclament la paix seront complètement déçus ; les puissants du commerce mondial et leurs pilotes pleureront en constatant la vanité de leurs efforts, comme Ésaü qui cria sans recevoir d'aide, car ils n'ont pas tenu compte de l'avertissement divin et ont persécuté dans leur colère les humbles messagers de Jéhovah.[729]
Le 24 mai (Sophonie 2:11, marge) décrit ceux de bonne volonté qui abandonnent la religion pour se vouer au vrai culte du Dieu Tout-Puissant ; ils viendront de toutes les nations et de toutes les îles des gentils, Jéhovah les introduisant dans les parvis du temple au contact du reste, formant ainsi la « grande foule » qui sert Jéhovah à son temple, pendant que le témoignage concernant le grand Théocrate et son gouvernement est porté à diverses nations.[730]
Le 25 mai (Proverbes 21:11) définit les sages comme ceux qui cherchent diligemment justice et humilité ; instruits par le Seigneur, ils apprécient leur relation avec Jéhovah et son Roi, et au fur et à mesure que le reste fidèle continue à obéir, Jéhovah lui révèle le sens de ses prophéties, réunissant ses « autres brebis » pour qu'elles proclament ensemble le Gouvernement Théocratique et fuient vers lui pour être cachées.[731]
Le 26 mai (Sophonie 2:3) souligne qu'il n'existe pas d'autre voie d'évasion vers un lieu de sécurité : quiconque se conforme à la règle divine peut être conduit dans ce lieu de sûreté, tandis que les chefs religieux de la Hiérarchie et leurs alliés qui tentent de se cacher seront amèrement déçus, leurs fortifications humaines s'effondrant rapidement et leurs refuges terrestres se révélant entièrement vains — Dieu étant le seul pourvoyeur de sécurité.[732]
Le 27 mai (2 Pierre 2:3) avertit que la fin rapide et terrible s'abattra sur tous ceux qui habitent « le pays » — désignant spécifiquement les Judéens nominaux, soit les chefs religieux de la chrétienté qui prétendent hypocrisie servir Dieu, la classe du « méchant serviteur », tous ceux qui induisent le peuple à pratiquer la religion ou le démonisme, ainsi que quiconque donne aide et réconfort à l'organisation du Diable — l'exécution du jugement ne sera pas retardée lorsque l'heure de Jéhovah sera venue.[733]
Le 28 mai (Sophonie 3:1, Rotherham) proclame malheur sur la chrétienté rebelle et souillée qui opprime les serviteurs de Jéhovah partout sur la terre, les prive de leurs droits légaux, les dénonce devant les autres facteurs gouvernementaux et nie aux individus le droit de rendre culte à Dieu selon ses commandements ; tous les faits établissent que la chrétienté infidèle est une organisation à la fois impure et oppressive, et Jéhovah annonce qu'il agira en son temps et à sa manière.[734]
Le 29 mai (1 Thessaloniciens 5:8) décrit la « cuirasse de foi et d'amour » comme la dévotion totale du cœur au Théocrate et à son gouvernement, et appelle les fidèles à revêtir aussi « le casque, l'espérance du salut », à nourrir leur esprit de la Parole de Dieu et à s'appuyer entièrement sur le Seigneur avec la pleine assurance qu'il délivrera ceux qui l'aiment, en laissant ainsi le cœur se réjouir en son salut.[735]
Le 30 mai (Sophonie 2:1-2, A.R.V.) constate que la chrétienté, ayant rejeté le Gouvernement Théocratique, est désormais éhontée, sans aucun désir de Dieu ni de repentance — uniquement digne de destruction ; le décret de Jéhovah résumé dans le premier chapitre de Sophonie est maintenant révélé pour le bénéfice de ceux qui sont sur la terre, et la division en deux classes est en cours, devant être suivie rapidement de la destruction de l'une et de la préservation de l'autre.[736]
Le 31 mai (Colossiens 2:8) distingue le christianisme de la religion comme deux réalités séparées et en complète opposition ; les religieux sont sous l'influence des démons qu'ils le sachent ou non, et tout chrétien sincère doit demeurer pleinement éveillé, constamment vigilant et actif dans sa dévotion à Dieu, sachant que le seul lieu de sécurité est en Christ Jésus, chef de l'organisation capitale de Jéhovah.[737]
Le 1er juin (Sophonie 3:13) définit l'« iniquité » comme tout acte contraire à la loi de Dieu accompli par crainte ou par refus de prêcher l'évangile du Gouvernement Théocratique, tout ce qui induirait à ne pas déclarer le jour de vengeance, toute pratique religieuse rendant vains les commandements divins, et tout hommage rendu aux créatures ; quiconque parmi les instruits se souille par la religion cesse automatiquement d'appartenir au reste.[738]
Le 2 juin (Psaumes 18:17) établit que la persécution exercée par le roi Saül contre David — figurant les persécutions dirigées depuis 1922 contre le peuple oint de Dieu — était une tentative malicieuse de couper David du royaume, et que la classe du « Grand David » antitypique adopte les paroles de David : « mon puissant ennemi », avec la foi que Jéhovah les délivrera.[739]
Le 3 juin (Sophonie 2:13) compare l'Assyrie absolutiste et totalitaire aux gouvernements totalitaires modernes qui attaquent le vrai peuple de Dieu en alliance avec l'élément religieux, pour ensuite se retourner contre les pratiquants religieux eux-mêmes — et les Assyriens modernes doivent être anéantis à Harmaguédon.[740]
Le 4 juin (Ésaïe 51:7) affirme que les Témoins de Jéhovah ne font pas campagne pour recruter des membres dans une organisation humaine, mais proclament uniquement la vérité ; ne craignant ni les reproches des hommes ni le Diable et ses partisans, ils craignent uniquement Jéhovah et redoutent de manquer à l'exécution de leur alliance avec lui.[741]
Le 5 juin (Sophonie 3:15) rappelle trois révélations successives accordées au reste fidèle : en 1928, la vérité sur les « autorités supérieures » désignant Jéhovah et le Christ plutôt que les gouvernements politiques ; puis l'élimination des « anciens élus » chefs des compagnies ; et en 1938, la révélation que l'organisation de Dieu est nécessairement théocratique — « le roi d'Israël spirituel, même le Seigneur, est au milieu de toi » — résultat duquel les gens de bonne volonté ont entendu le message.[742]
Le 6 juin (Apocalypse 18:21) identifie « Babylone » comme l'organisation mondiale de Satan dont toutes les parties pratiquent une forme de religion instaurée par le Diable pour détourner les hommes du vrai Dieu ; la destruction de Babylone — la chute complète de l'organisation de Satan — suivra immédiatement l'achèvement de la proclamation du nom et du Royaume de Jéhovah, œuvre actuellement désignée comme l'« acte étrange » de Dieu (Ésaïe 28:21).[743]
Le 7 juin (Sophonie 1:18, A.R.V.) annonce une fin « terrible » pour tous ceux qui s'opposent au Gouvernement Théocratique — les chefs religieux étant les plus répréhensibles —, ainsi que pour tous ceux qui, après avoir été avertis, continuent à suivre leurs chefs religieux et subiront le même sort que les hypocrites.[744]
Le 8 juin (Apocalypse 2:10) constate que l'emprisonnement et la torture, originant du Diable, sont pratiqués par ceux qui ont cédé à la religion démoniaque ; les prisons et camps de concentration sont devenus des lieux de torture pour les Témoins de Jéhovah, et aucun pratiquant de la religion ne trouvera de refuge à Harmaguédon — le seul lieu de protection étant réservé à ceux qui font entièrement confiance à Jéhovah et à son Roi (Proverbes 29:25).[745]
Le 9 juin (Sophonie 2:3-4) affirme qu'il n'y aura aucun lieu de sécurité pour les ennemis de Dieu lors d'Harmaguédon ; la forteresse de la chrétienté, particulièrement la Hiérarchie catholique romaine qui prétend offrir un refuge aux religieux et à leurs alliés, ne pourra cacher quiconque de la colère divine — Ashkelon, autre figure de la chrétienté, sera complètement ruinée par le Seigneur.[746]
Le 10 juin (Jean 17:3) rappelle que l'organisation du Seigneur est le seul refuge pour les réfugiés, la religion n'ayant jamais procuré protection ni salut car elle est un produit des démons ; Dieu a pourvu la Bible et des aides à son étude pour que ceux de bonne volonté puissent comprendre ses desseins, le salut appartenant à Dieu seul (Psaumes 3:8).[747]
Le 11 juin (Sophonie 3:11) situe surtout après 1922 — moment où le travail de témoignage prit un élan accru — le rassemblement du reste d'Israël spirituel ; avant ce point, le reste avait transgressé par crainte et conservé encore certaines pratiques religieuses héritées de Babylone, jusqu'à ce que Jéhovah purifie la classe du temple par son grand Raffineur (Daniel 8:14 ; Malachie 3:1-4), retirant les orgueilleux d'avec les fidèles obéissants par la révélation des vérités alors dues.[748]
Le 12 juin (Sophonie 1:3-4, A.R.V.) assimile le Baalisme à la religion qui persiste encore parmi les professants du christianisme, déclarant son amitié au monde — l'organisation de Satan — dont Satan est le grand Baal ; les pratiquants de la religion non seulement s'éloignent de la vérité, mais persécutent ouvertement ceux qui portent le message divin, entraînant les générations suivantes vers la fosse de la destruction.[749]
Le 13 juin (Deutéronome 19:5) souligne que la responsabilité des Témoins de Jéhovah est de porter le message du Royaume à tous, même s'ils ne peuvent forcer les obstinés à écouter ; ceux qui refusent d'obéir à l'avertissement et persistent dans le démonisme mourront et en porteront la responsabilité sur leur propre tête, Dieu devant éliminer tous les ennemis et partisans du Diable.[750]
Le 14 juin (Ésaïe 43:10, A.R.V.) affirme que Jéhovah Dieu seul est le fondateur des Témoins de Jéhovah — non un homme —, et que Christ Jésus en est le « Témoin Fidèle et Véritable » ainsi que le chef désigné et oint ; les vrais disciples du Christ ne suivent ni adorent aucun homme, mais sont entièrement dévoués au grand Théocrate et à son Roi.[751]
Le 15 juin (Sophonie 1:12) dénonce les religieux persuadés d'être établis pour l'éternité et n'ayant pas été remués, comme un vin qu'on ne transvase pas ; la lumière de la Parole de Dieu les dérange lorsqu'elle est portée à l'attention des catholiques de bonne volonté, leur enlevant leur satisfaction complaisante et leur sécurité installée.[752]
Le 16 juin (Psaumes 92:4) annonce le triomphe final des serviteurs fidèles sur les parties commerciales, politiques et militaires de l'organisation de Satan qui se sont alliées aux religieux pour faire violence aux serviteurs de Jéhovah ; leur punition sera comparable à celle de Sodome et Gomorrhe, et les adorateurs de Dieu rempliront finalement toute la terre, tandis que le culte des démons et des hommes cessera à jamais.[753]
Le 17 juin (Sophonie 3:18) identifie les rassemblés comme ceux qui étaient captifs ou retenus prisonniers par l'organisation ennemie durant la Première Guerre mondiale, supportant comme un fardeau cette captivité et le reproche qu'elle faisait peser sur l'organisation de Jéhovah en 1918-1919 ; la classe du « méchant serviteur » ne fut pas rassemblée après 1918 mais fut retranchée de la sainte cité (Zacharie 14:1-2), tandis que les fidèles repentants furent rassemblés et retrouvèrent une vraie joie.[754]
Le 18 juin (1 Thessaloniciens 5:2) affirme que les témoins oints et fidèles connaissent ce que Dieu leur révèle, non par l'enseignement d'un homme mais parce que le Seigneur a ouvert leurs yeux de discernement et leur a accordé une vision du dessein divin ; ceux qui rendraient gloire et louange à des hommes pour cet éclaircissement pratiqueraient l'idolâtrie et sombreraient dans les ténèbres.[755]
Le 19 juin (Juges 3:15, A.R.V.) interprète la suscitation d'Éhud comme préfigurant l'envoi du Christ Jésus au temple pour délivrer les Israélites spirituels fidèles de la « chrétienté » pratiquant la religion pour le gain ; le père d'Éhud portant le nom de « Géra » — « grain », une chose de très petite valeur — figure Jéhovah tenu en peu de valeur aux yeux des religieux, tout comme ses témoins sont aujourd'hui comptés comme de peu de valeur, bien qu'ils aient existé sur la terre depuis six mille ans sous ce nom accordé par Dieu lui-même.[756]
Le 20 juin (Ésaïe 63:4) présente Jéhovah comme le Dieu de lumière dont la lumière est semée pour ses serviteurs fidèles : sa vengeance — « vindication » au sens premier — signifie la punition complète de tous ses ennemis et l'anéantissement de la méchanceté sur la terre à Harmaguédon, combat certain dans un avenir très proche et dont la fin est fixée selon Daniel 11:27.[757]
Le 21 juin (Sophonie 1:17, A.R.V.) dépeint les sages autoproclamés qui ignorent tout ce que Dieu a accordé à son peuple comme ayant commis le « péché menant à la mort », sans espoir de résurrection ; ces adversaires, en refusant avec mépris le message divin depuis 1918 et en préférant la religion démoniaque, ont péché contre Jéhovah.[758]
Le 22 juin (Juges 3:27-28) assure que tous ceux qui ont pris position du côté de la Théocratie et demeureront fidèles suivront le Christ Jésus avec une confiance totale ; si certains venaient à mourir, leur foi et dévotion complètes leur garantissent une résurrection vers la vie éternelle — Harmaguédon est présenté comme très proche, et la nuit la plus noire de tous les temps cédera bientôt la place à la lumière la plus éclatante jamais accordée à l'humanité.[759]
Le 23 juin (Juges 3:17, 21) interprète l'épée d'Éhud comme le symbole du message divin portant l'annonce du jugement de mort prononcé par Jéhovah contre l'organisation religieuse oppressive et diffamatoire ; le message publié depuis 1936 notamment expose ce jugement contre la grande institution religieuse — dont le monstre totalitaire avec la Hiérarchie catholique romaine à sa tête a reçu la proclamation —, l'épée antitypique frappant au cœur l'institution satanique.[760]
Le 24 juin (Sophonie 1:1, Young) explique les noms des ancêtres de Sophonie : « Cushi » (confusion) décrit le peuple de Dieu immédiatement avant la venue du Seigneur au temple, souillé par la Première Guerre mondiale ; « Gédaliah » (que Jéhovah a rendu grand ou puissant) s'applique au reste fidèle libéré de Babylone en 1919, depuis lequel Jéhovah a fait de son peuple des témoins de puissance.[761]
Le 25 juin (Sophonie 2:5) annonce que les « Kéréthiens » — hommes d'organisation violente utilisant la religion et l'absolution des religieux pour poursuivre leurs schémas de rapine — ne trouveront aucune protection à Harmaguédon ; ni leur richesse ni leur influence ne leur serviront de rien, et les chefs religieux auxquels ils font appel seront incapables de les aider.[762]
Le 26 juin (1 Thessaloniciens 5:16) exhorte les fidèles à se réjouir même alors que l'esprit totalitaire du démonisme déferle sur les nations ; même si ce qui arrive en Europe sous les dictateurs venait à se produire en Grande-Bretagne et en Amérique, les serviteurs fidèles de Dieu ne seraient aucunement détournés de l'œuvre confiée par le Seigneur, leur confiance étant entièrement fondée sur Jéhovah et son Roi.[763]
Le 27 juin (Matthieu 24:9) fait observer que les persécuteurs — Hiérarchie et fonctionnaires inclus — savent que les Témoins de Jéhovah sont inoffensifs ; leur persécution révèle qu'ils combattent contre le Gouvernement Théocratique, que le Seigneur tient pour une attaque contre lui-même ; la méchanceté persistera jusqu'à la grande bataille où la coalition religieuse et totalitaire sera complètement anéantie en vindication du nom de Jéhovah.[764]
Le 28 juin (Sophonie 3:8, Leeser) affirme que le jugement de Jéhovah rassemblera toutes les nations à Harmaguédon sans exception ; la « nation » de la chrétienté, ayant pratiqué davantage de fraude et de tromperie, subira un degré de châtiment encore plus grand — elle n'avait aucune excuse pour s'opposer au Gouvernement Théocratique et devra boire jusqu'à la lie le calice versé pour elle.[765]
Le 29 juin (Ésaïe 13:9) présente Harmaguédon comme une certitude ; les enfants de la lumière qui scrutent les « signes des temps » peuvent discerner l'approche du grand dénouement, et les paroles de Paul — « car lorsqu'ils diront : paix et sécurité, alors une destruction soudaine fondra sur eux » (1 Thessaloniciens 5:3) — sont données comme le signe ultime de l'imminence de la colère divine.[766]
Le 30 juin (Sophonie 3:20, A.R.V.) note que les religieux reconnaissent désormais que les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons constituent un peuple entièrement différent des politiciens religieux ; leur témoignage concernant Jéhovah et son Gouvernement Théocratique remplit les religieux et leurs alliés d'une haine malveillante envers le Tout-Puissant, et Dieu leur fait ainsi fixer eux-mêmes leur propre destin en embrassant ouvertement la cause du Diable.[767]
Le 1er juillet (Juges 4:13) compare la confiance des religieux modernes dans leur équipement de guerre à la confiance de Sisera dans ses neuf cents chars de fer ; les serviteurs de la Théocratie, comme Barak et Déborah, ne recherchent aucune aide du côté religieux ou politique — « les uns font confiance aux chars, les autres aux chevaux, mais nous nous souviendrons du nom du Seigneur notre Dieu » —, et lèvent les yeux vers l'organisation capitale du Seigneur sous le Christ.[768]
Le 2 juillet (Sophonie 3:1-2) constate que la chrétienté, se prenant pour une loi en elle-même, refuse répétitivement le message d'avertissement apporté par les témoins de Jéhovah à son commandement, dénonce les serviteurs de Dieu comme des intrus dans les affaires religieuses — et son opposition est ainsi dirigée contre le Gouvernement Théocratique lui-même.[769]
Le 3 juillet (Psaumes 96:13) décrit le Christ Jésus comme le grand Juge qui sépare les « boucs » — tout être opposé à la Théocratie — des « brebis » qui fuient vers l'organisation du Seigneur comme ville de refuge ; pendant ce jugement en cours, les serviteurs oints et leurs compagnons sont envoyés pour sonner l'avertissement d'Harmaguédon.[770]
Le 4 juillet (2 Timothée 3:1-5) annonce que le test décisif appliqué à la chrétienté révélera que la grande masse de ceux réputés chrétiens est entièrement sans foi et s'oppose au Gouvernement Théocratique ; par crainte des hommes, ils s'inclinent devant la « forme de piété » totalitaire et font la volonté de Satan — et cette religion organisée sera totalement détruite par l'« acte étrange » de Jéhovah, sans jamais être restaurée.[771]
Le 5 juillet (Psaumes 9:9) rappelle que Jéhovah a prévu les épreuves de ses serviteurs et leur a fourni instruction et protection ; il révèle maintenant à ses fidèles ses moyens de protection, de refuge et de salut, avec la pleine assurance que « tu n'as pas abandonné ceux qui te cherchent, ô Jéhovah » (Psaumes 9:10, Rotherham).[772]
Le 6 juillet (Juges 4:8) interprète la réponse de Barak à Déborah comme figurant le reste des témoins de Jéhovah diligents à recevoir les instructions du Seigneur par son organisation ; la présence de Déborah avec l'armée symboliserait la présence et la direction de Jéhovah, de même que les fidèles reconnaissent aujourd'hui que Dieu dispose de son propre canal pour transmettre ordres et direction à son peuple sur la terre.[773]
Le 7 juillet (Psaumes 13:5) décrit les sauvés comme proclamant la vérité d'un cœur reconnaissant, poursuivant ensemble la louange de Jéhovah et de son gouvernement par le Christ Jésus ; la délivrance des Israélites d'Égypte, coincés entre la mer et l'armée de Pharaon, préfigure la délivrance imminente du peuple de Dieu, et les fidèles qui font confiance au Seigneur chanteront avec Moïse au sommet d'Harmaguédon.[774]
Le 8 juillet (Sophonie 2:9) annonce qu'à Harmaguédon la destruction des Moabites et Ammonites modernes — puissances totalitaires et commerciales ayant défié Dieu — sera comparable à celle de Sodome et Gomorrhe ; comme Loth fuyant les villes condamnées, les gens de bonne volonté qui fuient maintenant vers l'organisation du Seigneur pourront être sauvés.[775]
Le 9 juillet (Juges 3:21-22) souligne qu'Éhud accomplit son œuvre sans la faire à moitié, avec un zèle propre à la maison royale de Dieu ; le Christ Jésus, « Grand Éhud » antitypique, fera un travail complet sur la coalition religieuse et commerciale, entièrement incapable de retirer l'épée théocratique enfoncée dans ses entrailles — le message théocratique, planté dans les profondeurs de la chrétienté, y demeure pour préfigurer sa violente destruction.[776]
Le 10 juillet (Sophonie 2:7, A.R.V.) précise que le rassemblement des fidèles après Harmaguédon servira à nourrir la « grande foule » ; une partie au moins du reste spirituel bégété survivra à la bataille et continuera à dispenser la nourriture divine en collaboration avec les « princes » fidèles de la terre, formant une organisation terrestre joyeuse et heureuse sous le gouvernement de justice du Christ Roi.[777]
Le 11 juillet (Psaumes 74:9-10) affirme que Jéhovah a fixé un temps certain pour l'accomplissement de son dessein ; au lieu d'en révéler la date exacte, il laisse se produire les faits physiques attestant que l'heure préalablement fixée est arrivée — et ceux qui n'ont pas la foi et pratiquent la religion demeurent dans les ténèbres, incapables de lire les signes des temps.[778]
Le 12 juillet (Sophonie 3:11) rappelle que l'orgueil et la suffisance doivent cesser parmi les dévoués à la Théocratie ; en 1926, Jéhovah révèle à son peuple la folie du « développement de caractère », et les Israélites spirituels fidèles comprennent que chacun doit être entièrement dévoué à la Théocratie — le jugement du temple ayant commencé en 1918 par le Christ Jésus pour éliminer le « mauvais serviteur ».[779]
Le 13 juillet (Juges 3:25) annonce que les hommes verront l'élément religieux hypocrite exposé dans ses propres méthodes sordides ; la religion, jamais vivante aux yeux de Jéhovah, apparaît toujours comme un corps mort — et lorsque les alliés politiques et commerciaux en prendront conscience grâce à l'« œuvre étrange » de Dieu, ils se retourneront contre tout ce qui porte une apparence religieuse (Apocalypse 17:16-17).[780]
Le 14 juillet (Sophonie 1:2, A.R.V.) annonce qu'à Harmaguédon le Christ Jésus, grand Exécuteur de Dieu, balayera toutes les choses abominables de la terre, faisant du domaine de Satan une vaste désolation ; c'est dans la chrétienté que la plus grande quantité d'hypocrisie a été pratiquée et que le plus grand opprobre a été jeté sur le nom de Jéhovah, et c'est donc elle qui recevra le jugement le plus sévère.[781]
Le 15 juillet (Apocalypse 22:17) présente le Christ Jésus comme le grand Esprit, Roi de la Théocratie ; les apôtres fidèles et ceux qui les ont suivis en se dévouant entièrement à Jéhovah forment le corps du Christ, collectivement désigné comme l'« épouse » ou « femme de l'Agneau », et tous ceux dans l'organisation de Dieu doivent activement dire aux gens de bonne volonté : « Venez », la Théocratie étant le seul espoir, refuge et lieu de sécurité de l'humanité.[782]
Le 16 juillet (Sophonie 1:9) identifie les « sauteurs sur le seuil » — dont les adorateurs de Dagon chez les Philistins sont la figure (1 Samuel 5:4-5) — comme ceux qui pratiquent le démonisme et aident à détruire la Hiérarchie catholique romaine et les autres religions pour ensuite défier ouvertement Jéhovah ; il n'y a que deux maîtres que l'on peut servir, Jéhovah ou le Diable, et ces sauteurs remplissent la maison du Diable de tromperie et de violence.[783]
Le 17 juillet (Juges 4:4, A.R.V.) explique que le Christ Jésus est le Chef de son Église et le membre principal de l'organisation capitale de Jéhovah, Sion ; en 1918, il vint au temple et y introduisit les approuvés, les rendant partie de l'organisation capitale ; comme Déborah prononçait le jugement selon l'inspiration divine, les membres du corps du Christ prononcent le jugement consigné dans la Parole du Seigneur.[784]
Le 18 juillet (Sophonie 3:19, A.R.V.) décrit le triomphe final : contraint de prendre notice des Témoins de Jéhovah, l'ennemi — particulièrement l'« Action catholique » et ses alliés — doit constater que les gens de bonne volonté fuient l'organisation démoniaque et trouvent repos et sécurité sous l'organisation de Dieu, selon la promesse d'Ésaïe 61:6-7 : la honte sera remplacée par une double portion.[785]
Le 19 juillet (1 Thessaloniciens 5:3) identifie ceux qui crient « paix et sécurité » comme les chefs d'opinion qui façonnent la pensée publique selon leurs désirs égoïstes, cherchant à gouverner le monde pour eux-mêmes et refusant la Théocratie ; ce sont les meneurs de la « classe des boucs » qui prétendent pouvoir donner une assurance fiable sur le sens des événements contemporains, mais sur lesquels la destruction soudaine fondra comme les douleurs de l'enfantement.[786]
Le 20 juillet (1 Thessaloniciens 5:6) rappelle que même si l'opportunité d'un témoignage mondial se ferme progressivement, cela ne saurait autoriser aucun consacré à somnoler ou à se montrer indifférent ; tous les serviteurs de Dieu doivent rester vigilants quant à leurs privilèges de service et discerner le « signe » certain qu'Harmaguédon est sur le point de commencer — le « Vindicateur » du nom de Jéhovah dirigeant et faisant avancer le dessein divin.[787]
Le 21 juillet (Ésaïe 55:3) distingue la miséricorde divine accordée au reste oint qui commet des fautes involontaires de celle refusée à ceux qui mentent contre l'organisation de Dieu sans se repentir ; les fidèles qui suivent les traces du « Grand David », Christ Jésus, reçoivent les « miséricordes sûres de David » en demeurant dans une dévotion sincère au grand Théocrate et à son Roi.[788]
Le 22 juillet (Sophonie 1:7, A.R.V.) ordonne à tous — y compris à la chrétienté — de cesser leurs pronostications arrogantes et d'écouter la Parole divine ; le commandement prophétique annonce que le Seigneur a préparé un « sacrifice » — une grande mise à mort et un flot de sang à Harmaguédon — et cite Ésaïe 34:5-6 : l'épée du Seigneur, « baignée dans le ciel », descendra sur la religion organisée.[789]
Le 23 juillet (Psaumes 122:8-9) présente ce verset comme le chant de toute l'organisation de Dieu à l'unisson : la « grande foule », appelée les « autres brebis », devient compagne du reste de l'organisation capitale de Jéhovah ; sa protection et son refuge sont sous l'organisation du Seigneur, et les paroles de Jésus — « venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28) — s'accomplissent pour ceux qui cherchent repos et salut par la dévotion au Gouvernement Théocratique.[790]
Le 24 juillet (Matthieu 24:3) précise que les fidèles veillent attentivement à la « saison et au moment » : le « signe » qu'Harmaguédon est imminent sera perceptible lorsque toutes les avenues de témoignage public seront fermées et que les chefs religieux et leurs alliés totalitaires proclameront « paix et sécurité » ; jusqu'à ce signe, le reste et les « autres brebis » doivent continuer à proclamer le message du grand Théocrate, afin que les hommes de bonne volonté trouvent la voie d'évasion.[791]
Le 25 juillet (1 Thessaloniciens 5:4-5, Rotherham) développe l'image du voleur de nuit : les chefs religieux et les principaux de leur troupeau — y compris le « mauvais serviteur » — sont enveloppés de profondes ténèbres et tentent de dérober la dévotion du peuple envers Dieu pour l'orienter vers des hommes ; leur cri de « paix et sécurité » est faux, et le Grand Exécuteur, Christ Jésus, les détruira dès qu'ils s'introduiront ainsi dans la nuit.[792]
Le 26 juillet (Juges 3:26-27) décrit la fin de l'« acte étrange » de Jéhovah : lorsque les serviteurs auront accompli l'œuvre confiée, tous les facteurs gouvernants de la terre deviendront des ennemis déclarés du Théocrate, puis Christ Jésus, le « Grand Éhud », sonnera la trompette de guerre, l'armée céleste entrera en action et tous les ennemis de Jéhovah, visibles et invisibles, seront anéantis.[793]
Le 27 juillet (Juges 4:7) interprète le dessein manifeste de Jéhovah de forcer l'ennemi à se dévoiler : à Harmaguédon, Dieu contraint ses adversaires à revêtir des marques d'identification qui les désignent eux-mêmes comme ennemis de la Théocratie et dignes de destruction ; comme les eaux du Kishon furent l'une des forces de bataille contre les anti-théocratiques antiques, Jéhovah utilisera sa création inanimée pour exécuter ses adversaires modernes.[794]
Le 28 juillet (Romains 9:27) situe depuis 1918 le témoignage mondial du reste approuvé par Dieu, appelé « petit troupeau » par le Christ (Luc 12:32) et désigné comme le « reste » de l'organisation symbolisée par la « femme » de Dieu ; c'est contre ce reste que le Diable et ses représentants mènent une guerre de persécution, selon la prophétie : « le dragon était en colère contre la femme et s'en alla faire la guerre contre le reste de sa semence » (Apocalypse 12:17).[795]
Le 29 juillet (Jean 15:21) précise que le grand Théocrate est Jéhovah et que le Roi de la Théocratie est Christ Jésus, envoyé sur terre pour vindicate le nom divin ; tout ce qui reprochait à Jéhovah haïssait également Christ Jésus, et jusqu'à ce jour ceux qui représentent fidèlement le Seigneur sont haïs pour son nom — la haine la plus manifeste provenant des religieux hypocrites.[796]
Le 30 juillet (Malachie 2:7) dénonce les prêtres de la religion qui, contrairement au commandement divin, enseignent au peuple à violer la loi de Dieu — en rendant honneur aux hommes, en plaçant l'État au-dessus de Dieu, en contraignant les enfants à saluer les drapeaux pour instiller en eux les théories des démons — et s'opposent de toutes leurs forces à la proclamation de l'évangile du Royaume.[797]
Le 31 juillet (Marc 13:14) interprète l'« abomination de la désolation » comme le signal que l'heure de Jéhovah pour le règlement final avec l'ennemi est arrivée ; seuls ceux qui comprennent sont les soutiens sincères de la Théocratie — les « Judéens » qui louent et servent Jéhovah —, et les « montagnes » vers lesquelles ils doivent fuir désignent le Royaume de Dieu sous Jéhovah, Roi Éternel, et Christ Jésus.[798]
Le 1er août (Juges 3:16) explique comment la classe des « Éhudites » — le reste — a forgé son « épée » : en cessant entièrement de rendre honneur aux hommes, en cessant de rechercher leur approbation, et en obéissant au commandement divin d'étudier la Parole de vérité (2 Timothée 2:15) ; l'épée à double tranchant est le message concernant le Gouvernement Théocratique, par lequel le reste apprend aux opprimés que les « Puissances Supérieures » sont Jéhovah et Christ Jésus, et que la religion est de Satan.[799]
Le 2 août (Sophonie 2:8) rappelle que les Moabites modernes — trafiquants commerciaux de la richesse terrestre et du sang humain — accumulent la honte sur le nom de Jéhovah et sur ses fidèles serviteurs ; mais Dieu assure ces derniers d'une récompense ouverte (Matthieu 6:4) et avertit ses adversaires : « celui qui a planté l'oreille, n'entendra-t-il pas ? celui qui a formé l'œil, ne verra-t-il pas ? » (Psaumes 94:8-9).[800]
Le 3 août (Juges 4:5) établit un parallèle entre le palmier sous lequel siégeait Déborah et la fête des tabernacles célébrée au temple ; depuis 1918, les fidèles serviteurs de Dieu ont abandonné la religion et se sont soumis au jugement juste de l'organisation divine, prononcé et exécuté par Christ Jésus, Chef et Juge, qui n'a jamais compromis la loi divine ni transigé avec une organisation terrestre.[801]
Le 4 août (Sophonie 2:13, 15) compare les dictateurs modernes à Ninive : s'estimant invulnérables, ils habitent dans la négligence et clament : « je suis, et il n'y a personne d'autre que moi »; mais les paroles de Jésus — «« malheur à vous qui riez maintenant ! car vous pleurerez et vous gémirez » » (Luc 6:25) — s'appliquent bientôt aux Ninivites modernes.[802]
Le 5 août (Matthieu 24:13) offre réconfort aux fidèles subissant de rudes épreuves : l'ennemi coalisé cerne les serviteurs du Seigneur, et certains frôlent le désespoir ; mais ceux qui persévèrent jusqu'à la fin seront sauvés, et la pleine confiance en Jéhovah et en son Roi est présentée comme la seule réponse à ces temps d'épreuve croissante.[803]
Le 6 août (Sophonie 1:3) identifie la religion et son paraphernalia comme les principaux obstacles que Dieu doit balayer ; après Harmaguédon, la grande foule sur la terre purifiée accomplira, sous la direction immédiate de Christ Jésus, le commandement divin de « remplir la terre » d'une race juste qui louera éternellement le nom de Jéhovah.[804]
Le 7 août (2 Pierre 2:4, A.R.V. marge) explique le Tartare comme un état dégradé et de ténèbres sans aucune espérance ni compréhension du dessein divin ; les démons, bien que maintenus sous surveillance et incapables de comprendre la Théocratie, sont autorisés à subsister jusqu'à Harmaguédon afin de relever le défi originel lancé par le Diable à Jéhovah — et leur exécution finale est réservée pour ce grand jour de vindication.[805]
Le 8 août (Psaumes 85:9) affirme que la voie des fidèles, si elle est devenue humainement plus difficile, s'est éclairée d'année en année du point de vue de ceux entièrement dévoués à Jéhovah ; tous les efforts des ennemis pour détruire ou blesser les serviteurs du Très-Haut échoueront, et la délivrance complète pour ceux qui aiment et servent Dieu est imminente.[806]
Le 9 août (Sophonie 1:15-16, Young) annonce que les « hauts coins » ou « hautes tours » de la division terrestre de l'organisation de Satan — convaincus d'être des refuges pour l'humanité — seront totalement renversés ; Christ Jésus, la « principale pierre d'angle » (Ésaïe 28:16 ; Psaumes 118:22), conduira l'armée céleste contre ces forteresses et les réduira en pièces (Ésaïe 2:12, 15).[807]
Le 10 août (Apocalypse 19:11, 14) présente le christianisme comme proclamant que le Royaume est là et que la seule délivrance passe par le Gouvernement Théocratique ; Christ ne combat pas de batailles défensives — il mènera prochainement la grande bataille d'Harmaguédon qui anéantira l'ennemi et vindicatera complètement le nom de Jéhovah.[808]
Le 11 août (Apocalypse 18:2, A.R.V.) identifie la « chrétienté » à la Babylone moderne — demeure de démons et repaire de tout politicien corrompu, de tout géant commercial avide et de tout clerc sans conscience ; le délai accordé à Satan et à ses démons est désormais écoulé, ce qui explique l'urgence de l'avertissement actuel.[809]
Le 12 août (Sophonie 1:14, A.R.V.) décrit les « hommes puissants » qui, juste avant Harmaguédon, auront saisi le contrôle des nations et soumis les peuples à leur pouvoir dictatorial — à l'exception de ceux entièrement du côté du Dieu Tout-Puissant ; leur richesse matérielle et leur influence ne vaudront rien à Harmaguédon, et voyant leurs structures s'effondrer, ils crieront amèrement sans trouver aucun secours.[810]
Le 13 août (Psaumes 68:20) affirme que la religion n'a jamais constitué un rempart contre la mort — au contraire, elle est présentée comme le principal piège du Diable pour mener les hommes à la destruction ; à Harmaguédon, aucune nation ni aucun individu, qu'il soit sincèrement religieux ou mauvais pratiquant, ne trouvera protection dans la religion, que Dieu s'engage à détruire.[811]
Le 14 août (Sophonie 2:3) exhorte les humbles à chercher la justice en se soumettant à l'organisation divine — non comme les Pharisées ou les « anciens élus » qui se justifiaient eux-mêmes —, à connaître et accomplir la volonté de Dieu, à obéir à ses commandements et à « tourner les autres vers la justice » (Daniel 12:3).[812]
Le 15 août (1 Thessaloniciens 5:1, A.R.V.) explique que les frères de la classe du temple, enseignés par Dieu et Christ Jésus, n'ont pas besoin d'un calendrier précis car les faits physiques accomplis par le Seigneur lui-même signalent avec clarté l'heure préalablement fixée ; la Watchtower est présentée comme se conformant à cette règle en exposant non l'opinion des hommes mais les faits physiques bien connus de tous ceux qui réfléchissent, alignés sur les Écritures prophétiques.[813]
Le 16 août (Sophonie 1:12-13) dénonce l'ambition des chefs religieux et politiques qui cherchent à gouverner arbitrairement la terre, à contrôler toutes les richesses et à régimenter les peuples ; persuadés de leur sécurité et clamant alors « paix et sécurité », leur richesse et leur pouvoir accumulés deviendront un butin, car l'armée de Jéhovah leur arrachera soudainement leur domination arbitraire et tout ce qu'ils possèdent.[814]
Le 17 août (Psaumes 83:3, 9) présente les serviteurs de Jéhovah sur toute la terre adressant au Seigneur la prière consignée dans sa Parole depuis des siècles, demandant que la dévastation infligée jadis aux ennemis antiques — Madianites, Sisera, Jabin au torrent du Kishon — soit répétée sur ceux qui conspirent aujourd'hui contre la grande Théocratie sous Christ Jésus, y compris le peuple « caché » de Dieu.[815]
Le 18 août (Sophonie 3:4-5, A.R.V.) accuse les prêtres de la chrétienté d'avoir souillé le sanctuaire de Dieu en mélangeant l'adoration des démons au vrai culte, en utilisant son nom pour tromper le peuple ; la classe du « mauvais serviteur » s'est retournée contre l'organisation divine, tente d'en détourner d'autres consacrés, puis se glisse parmi les véritablement dévoués en prétendant y représenter Dieu — tout en maltraitant ceux qui constituent réellement le sanctuaire.[816]
Le 19 août (Juges 4:9) présente la réponse de Déborah à Barak comme une manifestation d'harmonie, de paix et de confiance dans le Seigneur ; l'ambition personnelle de gloire y est déclarée déplaisante à Dieu, et le reste est invité à n'être mû que par le désir de l'approbation du Seigneur et d'honorer son nom, en s'engageant dans l'« œuvre étrange » entièrement au service de la Théocratie.[817]
Le 20 août (Hébreux 4:12) décrit la Parole de Dieu comme une arme de guerre pénétrant jusqu'aux entrailles de l'organisation religieuse, comparée à la dague d'Éhud — suffisamment longue pour transpercer la graisse des organisations religieuses qui se sont coaliguées et engraissées tandis que le peuple ordinaire mourait de faim ; les « Éhudites antitypiques » avancent sans crainte dans leur commission, ayant fait de Jéhovah leur unique crainte.[818]
Le 21 août (Sophonie 3:16) adresse le message « ne crains pas » au reste d'Israël spirituel et aux gens de bonne volonté, démontrant ainsi que Satan a été chassé du ciel après 1918 et que les temps sont désormais périlleux ; la domination totalitaire et l'« Action catholique » sont annoncées comme inévitables en ce temps de fin, et les fidèles ne doivent craindre ni les hommes ni les démons, seule la crainte de Dieu étant une protection contre le piège du Diable.[819]
Le 22 août (Juges 4:14) décrit les forces invisibles de l'organisation de Jéhovah entrant en action contre l'ennemi, préfigurées par la tempête de vent, d'éclairs et de pluie qui protégea et dissimula Barak et son armée ; les dix mille soldats sous le commandement de Barak figurent l'ensemble du reste des Témoins de Jéhovah et de leurs compagnons, tous « ceux-là suivent l'Agneau partout où il va ».[820]
Le 23 août (Jérémie 6:14) précise que le signe immédiatement précédant Harmaguédon n'est pas encore discernable : il le sera lorsque les chefs religieux, persuadés d'avoir réduit au silence tous les proclamateurs du Royaume, annonceront « paix et sécurité » — désir égoïste de gouverner le monde sans être dérangés par le message de la Théocratie, dont la proclamation hardie est ce qui trouble les chefs religieux.[821]
Le 24 août (1 Thessaloniciens 5:8) présente la vindication du nom de Jéhovah comme certaine et assurée ; le salut pourrait inclure la préservation d'une partie du reste à travers la bataille d'Harmaguédon, et le « casque de l'espérance du salut » symbolise la connaissance du dessein de Jéhovah qui guide l'esprit des fidèles dans la bonne voie, leur permettant d'avoir l'esprit constamment fixé sur les choses de la Théocratie, forts dans leur dépendance totale envers Dieu et Christ Jésus.[822]
Le 25 août (Psaumes 13:5) assure que la confiance en la miséricorde de Jéhovah n'est pas vaine : sa miséricorde dure à jamais envers ses serviteurs, et celui qui a fait alliance avec Dieu mais trébuche par imperfection naturelle, se relève et persévère avec un cœur pur, peut s'attendre avec confiance à recevoir la faveur divine — la miséricorde de Dieu n'étant cependant jamais étendue à ceux qui persistent délibérément dans le mal (Psaumes 62:12).[823]
Le 26 août (Sophonie 1:7) présente Christ Jésus, Grand Prêtre, comme l'exécuteur du « sacrifice » de Jéhovah — non des corps de créatures impures, mais un acte de service saint accomplissant le commandement divin en vindication du saint nom de Jéhovah ; les événements extraordinaires et sans précédent sur le point de se produire devraient suffire à amener toutes les nations à cesser leur bavardage insensé et à prêter l'oreille à l'avertissement du Très-Haut.[824]
Le 27 août (Juges 3:30) interprète les quatre-vingts ans de paix suivant la victoire d'Éhud comme le symbole du Gouvernement Théocratique, seul lieu où les hommes trouveront jamais un vrai repos ; le reste fidèle est assuré de bénir son appartenance à cette glorieuse organisation sous le Christ, tandis que la « grande foule » est appelée à se hâter vers cette « ville de refuge » avant Harmaguédon pour trouver protection et repos.[825]
Le 28 août (Apocalypse 7:9) précise que ceux formant la « grande foule » doivent s'identifier avant la bataille comme partisans du grand Théocrate et de son Roi ; la robe blanche symbolise l'appartenance au côté de la justice — la Théocratie —, les palmes à la main déclarant le soutien au Roi de la Théocratie, Christ Jésus, refusant de saluer, d'honorer ou d'adorer des hommes, et proclamant que le salut appartient à Dieu et à l'Agneau.[826]
Le 29 août (Juges 5:18) présente Zabulon et Nephtali — qui mirent leur vie en danger jusqu'à la mort — comme préfigurant l'apôtre Paul et ceux de même esprit (Actes 20:24) : ne tenant pas leur vie pour précieuse afin d'achever leur course avec joie et leur ministère ; non toutes les tribus d'Israël ne répondirent à l'appel de Barak, de même que le reste d'Israël spirituel est formé de ceux que le Seigneur utilise.[827]
Le 30 août (1 Corinthiens 15:57) pose la question rhétorique : peut-il subsister un doute quant au résultat de la grande bataille ? Les forts en foi sont déclarés aveugles à tout sauf à la Parole de Jéhovah, déterminés à servir Dieu et son Roi quoi qu'il advienne ; Christ Jésus, « Feld-Maréchal » de Jéhovah, est assuré d'obtenir la victoire, et les fidèles qui font entièrement confiance en Dieu et au Christ partageront cette victoire.[828]
Le 31 août (Ésaïe 62:6) affirme que le reste et les « autres brebis » seront les seuls à continuer de défendre hardiment le Gouvernement Théocratique, dans des conditions adverses ; les chefs religieux et les gouvernants totalitaires ont pour dessein de réduire au silence tous ceux qui proclament le message de la Théocratie, le considérant comme subversif — ce conflit étant présenté comme celui qui oppose Satan à Jéhovah, les agents visibles de Satan cherchant à faire taire les témoins de Jéhovah.[829]
Le 1er septembre (Luc 18:8) constate que si Christ Jésus le Roi est présent, peu sont entièrement dévoués à lui ; les faits physiques contemporains correspondent parfaitement aux paroles prophétiques du Seigneur, et toute personne désireuse de vivre est appelée à s'éveiller pleinement à la situation, à en comprendre la cause — l'emprise des démons sur les peuples, avec Satan précipitant le monde entier vers la mort éternelle comme le Jourdain se jette dans la mer Morte.[830]
Le 2 septembre (Sophonie 1:3, A.R.V.) annonce que tout homme n'ayant pas quitté l'organisation de Satan après l'avertissement, avant le début de la grande bataille, sera retranché à Harmaguédon ; l'organisation visible de Satan sera entièrement dépeuplée, Jéhovah étendant sa main sur Juda et Jérusalem pour en retrancher le reste de Baal (Sophonie 1:4), à la manière de l'intervention divine à la mer Rouge (Exode 15:12).[831]
Le 3 septembre (Deutéronome 30:19) établit que Dieu n'a pas prédéterminé la fin de chaque individu : il a prédestiné un nombre fixe et limité de personnes à régner avec Christ au ciel, et prévu une autre compagnie d'individus sans nombre fixe pour vivre éternellement sur la terre selon leur fidélité ; les règles divines sont posées devant tous, ceux qui obéissent entrent dans la vie éternelle, ceux qui désobéissent meurent et demeurent morts, et chacun a donc une large part dans la fixation de son propre destin.[832]
Le 4 septembre (Sophonie 1:18, A.R.V.) précise que la « terre » dont il est question ne désigne pas le globe littéral — « la terre demeure à jamais » (Ecclésiaste 1:4) — mais les organisations visibles de la chrétienté et des nations environnantes ; la consommation par le feu exprime le zèle juste de Jéhovah en vindication de son saint nom, qui consumera entièrement toute organisation méchante ayant défié ou ignoré Dieu en suivant les chefs religieux du démonisme.[833]
Le 5 septembre (Ésaïe 60:2) situe en 1922 la révélation de la présence du Seigneur au temple accordée aux fidèles vigilants, alors que la chrétienté demeure dans l'obscurité, incapable de voir les signes des temps ; le jour du Seigneur était arrivé en 1918 comme un voleur dans la nuit, mais les fidèles reconnurent la présence du Seigneur au temple et avancèrent pour servir Jéhovah et son Royaume.[834]
Le 6 septembre (Sophonie 1:10) interprète le « cri de la porte aux poissons » non comme l'appel des marchands de poisson, mais comme un cri de consternation à la fin du trafic religieux : les agents de Satan ont utilisé la religion pour attraper des multitudes dans leurs filets, et à Harmaguédon ce genre de pêche cessera définitivement ; la domination catholique romaine cessera pour toujours et leur commerce religieux sera entièrement anéanti.[835]
Le 7 septembre (1 Jean 1:7) assure que les enfants de la lumière ne doutent pas du dessein de Jéhovah ; en 1918, le jour du Seigneur arriva comme un voleur même pour les fidèles, mais dès 1922 ceux-ci surent que le Seigneur était venu au temple ; lorsque le « signe » manifeste se présentera aux fidèles, aucun ne sera trompé par le cri de « paix et sécurité » des religieux ni surpris dans les ténèbres — ils verront clairement.[836]
Le 8 septembre (Ésaïe 51:6) affirme que ce que l'année calendaire en cours apportera est inconnu, mais que toutes les conditions environnantes indiquent l'approche imminente d'Harmaguédon, où la question de la suprématie et la vindication du nom de Jéhovah seront réglées une fois pour toutes ; les fidèles se tournent vers Jéhovah avec confiance, sachant que le salut lui appartient seul et que l'heure de la délivrance est proche.[837]
Le 9 septembre (Sophonie 2:13-14) annonce que la coalition maléfique — Hiérarchie catholique romaine et gouvernants totalitaires — sera réduite en désolation comme l'antique Ninive ; quelques-uns de la Ninive moderne pourront, comme au temps de Jonas, se tourner vers Jéhovah et être épargnés, mais aucun élément totalitaire ne survivra à Harmaguédon — la désolation complète étant figurée par les bêtes sauvages qui habiteront ces lieux selon Nahum 2:11-13.[838]
Le 10 septembre (Juges 4:8, Young) précise que la réponse de Barak à Déborah ne signifie ni entêtement ni faiblesse, mais illustre prophétiquement que le reste terrestre ne peut s'engager dans l'« œuvre étrange » ni combattre le démonisme sans que l'organisation de Jéhovah, sous le Chef Christ Jésus, l'accompagne et le dirige — d'où l'observation que les Témoins de Jéhovah travaillent exactement en harmonie, sous la supervision directe du Christ.[839]
Le 11 septembre (Sophonie 3:1-2, A.R.V.) conclut que la chrétienté, n'ayant pas fait confiance à Jéhovah ni ne s'est approchée de son Dieu, n'a aucun droit à la protection durant Harmaguédon ; seuls ceux recherchant justice et humilité, figurés par Ébed-Mélek, reçoivent la promesse divine : « je te délivrerai assurément, et tu ne tomberas pas par l'épée » (Jérémie 39:18) — les chefs de la chrétienté, indifférents au Grand Gouvernement Théocratique, continuant à s'y opposer.[840]
Le 12 septembre (Ésaïe 43:13) affirme que Jéhovah a envoyé ses serviteurs fidèles et que la Hiérarchie et ses alliés ne seront pas autorisés à stopper cette armée avant l'achèvement de l'œuvre confiée ; alors que le jour d'Harmaguédon approche, la Hiérarchie agit désespérément à la manière des nazis, utilisant une « cinquième colonne » qui implante des opposants radicaux aux Témoins de Jéhovah et les fait passer pour des opposants au gouvernement — tentative qui échouera car Dieu veillera à ce que son œuvre soit menée à terme.[841]
Le 13 septembre (Deutéronome 32:43) assure que le grand Théocrate et son Roi veillent sur les soutiens de la Théocratie et ont encore en réserve une nourriture plus réconfortante pour ceux qui l'aiment ; au milieu du plus grand désordre que la terre ait connu, le peuple de Dieu avance sereinement sans rompre ses rangs, portant aux gens de bonne volonté de toutes nations le message de consolation et de réconfort, et leur indiquant la Théocratie comme seule source de joie véritable.[842]
Le 14 septembre (Sophonie 3:8) identifie la chrétienté, sous l'influence des démons, comme l'« oppressing city » moderne ayant pris ouvertement le parti des dictateurs totalitaires ; quand la bataille d'Harmaguédon commencera, rien ne pourra la sauver — Jéhovah y déversant son indignation juste, toute domination terrestre visible cessant, car les démons exercent présentement leur pouvoir, influence et contrôle sur les nations.[843]
Le 15 septembre (Juges 3:27) compare la sonnerie de trompette d'Éhud dans la montagne d'Éphraïm — signal d'action répercuté immédiatement par d'autres trompettes — à la manière dont le Christ Jésus, « Grand Éhud », conduira son armée céleste descendant des cieux pour combattre Gog, le principal officier de Satan qui tente de tout détruire sur la terre, en particulier les serviteurs fidèles du grand Théocrate.[844]
Le 16 septembre (Sophonie 3:19) décrit l'« œuvre étrange » de Jéhovah comme une série de « plaies » graves infligées à la chrétienté, exposant les oppresseurs religieux hypocrites ; Dieu produit une famine spirituelle en leur pays en leur refusant la vision de son dessein, les plongeant dans les ténèbres comme les démons ; certains oppresseurs et leurs partisans semblent se repentir et se tournent vers le Seigneur pendant l'« œuvre étrange », mais avant l'« acte étrange » final — aucun oppresseur n'échappant toutefois à l'Exécuteur de Jéhovah.[845]
Le 17 septembre (Jean 15:18) rappelle que les chefs religieux, guidant la foule radicale devant Pilate, accusèrent le Christ de pervertir la nation et d'interdire de payer le tribut à César (Luc 23:2), et crièrent : « Nous n'avons pas d'autre roi que César » (Jean 19:15) — votant ainsi pour le gouvernant totalitaire contre Christ Jésus ; de même, les grands chefs religieux contemporains se déclarent du côté des dirigeants totalitaires dictateurs, accomplissant exactement ce que Jésus avait prophétisé selon Jean 15:18-21.[846]
Le 18 septembre (Matthieu 6:24) définit la « religion » comme toute pratique contraire à la volonté de Jéhovah : rendre honneur et gloire aux créatures, suivre les traditions des hommes, agir d'une manière qui tend à glorifier les créatures — la religion étant présentée comme le principal instrument de Satan depuis des temps immémoriaux. La Hiérarchie catholique romaine est désignée comme l'instrument terrestre principal de Satan, tête et chef de toutes les religions pratiquées parmi les nations, et son alliance avec les dictateurs est citée comme preuve qu'elle ne sert pas vraiment Jéhovah.[847]
Le 19 septembre (Juges 4:14) présente la Société Watch Tower comme agissant de manière ordonnée sous la direction du Christ Jésus, constituant la partie visible de l'organisation de Dieu ; les commandements transmis à cette organisation viennent du Seigneur, des hommes n'étant utilisés que comme relais. Le texte de l'année pour 1937 — Abdias 1:1 — est cité comme exemple de direction divine : lors de la convention de septembre de cette année, le livre Ennemis fut remis au peuple, une activité pionnière spéciale fut organisée, et les compagnies devinrent plus actives sous l'organisation théocratique.[848]
Le 20 septembre (Sophonie 1:3-5, version A.R.V.) dénonce le culte politique qui prétend servir Jéhovah et l'État simultanément — comme l'expriment certains chefs catholiques américains par la formule « Pour Dieu et la patrie » —, accusation d'hypocratie : prononcer le nom de Jéhovah sans sincérité tout en attribuant le salut et la protection à la puissance étatique. Tous ceux qui jurent à la fois par le Seigneur et par le pouvoir politique sont annoncés comme voués à l'« élimination ».[849]
Le 21 septembre (Ésaïe 28:19) constate que la proclamation de la doctrine du Gouvernement Théocratique est une vexation pour les chefs religieux égoïstes ; ceux-ci tentent de la supprimer en criant à l'intolérance auprès de leurs alliés politiques, tout en pratiquant eux-mêmes la pire des intolérances contre les Témoins de Jéhovah — comparés à un voleur criant « au voleur ! » pour détourner l'attention de ses propres actes.[850]
Le 22 septembre (Sophonie 3:9) précise que la « langue pure » — ou « lèvre pure » selon la lecture marginale — sera accordée avant le début d'Harmaguédon à la classe des « brebis », ceux du côté de la Théocratie, afin qu'ils proclament ensemble un message pur et non souillé ; seuls ceux agissant en harmonie avec le Gouvernement Théocratique survivront à Harmaguédon, les oppresseurs étant voués à la destruction.[851]
Le 23 septembre (Sophonie 3:1, 8) dénonce les hauts responsables de la religion, de la politique et du commerce désignés comme « princes » qui maintiennent le peuple dans la crainte ; leurs rugissements relayés par les radios et la presse effrayent tout le monde à l'exception des Témoins de Jéhovah et de leurs compagnons, qui ne craignent aucune créature. Les juges politico-religieux de la chrétienté, soucieux de plaire aux grands princes religieux, envoient les Témoins en prison — comparés à des loups qui ne laissent rien subsister.[852]
Le 24 septembre (Amos 9:1-2) assure que la main du Seigneur n'épargnera aucun ennemi, qu'il se cache dans l'enfer ou grimpe jusqu'au ciel ; ni Gog, ni Hitler, ni aucun autre chef de l'opposition à la Théocratie n'échapperont à la colère du Dieu Tout-Puissant, et la grande bataille marquera la fin définitive de toute méchanceté.[853]
Le 25 septembre (Juges 4:9) interprète la « main d'une femme » comme désignant l'organisation de Jéhovah tout entière, non Déborah personnellement ; la destruction des ennemis de la Théocratie ne sera pas accomplie par les Témoins de Jéhovah sur terre, mais par le Christ Jésus chef de cette organisation, et l'honneur du combat sera entièrement attribué à Christ, les saints ne participant qu'à l'honneur qui rejaillit sur eux.[854]
Le 26 septembre (Sophonie 1:4, 6, version A.R.V.) rappelle que les orgueilleux religieux, bien qu'ayant reçu le témoignage, refusent d'obéir au commandement du Seigneur (Apocalypse 22:17) et ne cherchent ni justice ni humilité ; le jugement écrit contre eux est qu'ils seront « retranchés », tandis que ceux qui cherchent Jéhovah et son Gouvernement Théocratique avant Harmaguédon et y demeurent fidèles sont les seuls à trouver protection et sécurité.[855]
Le 27 septembre (Ésaïe 26:5-6) invite les fidèles à rester courageux et forts en Jéhovah en cette heure de grande détresse, alors que les démons, par la religion, dépravent le genre humain ; ceux qui connaissent la Théocratie et obéissent au grand Théocrate doivent tenir ferme et continuer d'accroître leur connaissance, car la méchanceté ne durera plus longtemps et Dieu abattra bientôt les oppresseurs religieux et totalitaires.[856]
Le 28 septembre (Malachie 3:3) définit l'« offrande dans la justice » comme une obéissance pleine et entière au commandement divin, particulièrement la proclamation du nom et du dessein de Jéhovah, du nom et du dessein de son Roi Christ Jésus, et du grand Gouvernement Théocratique ; les approuvés au jugement du temple ont reçu le commandement : « cet évangile du royaume sera prêché dans tout le monde en témoignage », et doivent rendre témoignage au nom de Jéhovah sous peine d'infidélité.[857]
Le 29 septembre (Matthieu 25:31-32) enseigne que les nations en tant qu'entités collectives ne méritent pas d'être sauvées ; seuls les individus de bonne volonté qui fuient vers l'organisation de Jéhovah peuvent espérer être sauvés. À Harmaguédon, le Seigneur démontrera ce que la chrétienté est réellement, et tous les survivants la contempleront avec mépris, réalisant enfin que la religion est une fraude, un piège, une escroquerie et une diffamation du saint nom de Dieu.[858]
Le 30 septembre (Sophonie 3:20, Young) rappelle que depuis environ 1878, Jéhovah a commencé à tirer des nations un « peuple pour son nom » ; en 1914, le Roi Christ Jésus fut intronisé, et le reste mandaté sortit à son commandement pour proclamer le nom de Jéhovah et son gouvernement, afin que les gens de bonne volonté de toutes nations cherchent le Seigneur (Actes 15:14-18) et fuient vers le Gouvernement Théocratique.[859]
Le 1er octobre (Ésaïe 26:1) affirme que les systèmes religieux ne peuvent offrir ni protection ni salut ; les « villes de refuge » établies en Israël pour l'homicide involontaire (Nombres 35) préfigurent le salut dans l'organisation de Dieu lors d'Harmaguédon, tout comme l'arche de Noé figurait cette organisation qui offre protection et salut à ceux qui se placent sous elle.[860]
Le 2 octobre (Luc 2:14, version Douay) définit la bonne volonté comme le désir sincère de connaître et de servir Jéhovah et son Roi de la Théocratie ; Dieu n'a pas de favoritisme, et ceux qui se conforment à ses règles — de toute nation, tribu et langue — reçoivent sa faveur. Seuls ceux qui invoquent le nom de Jéhovah et se déclarent de son côté peuvent trouver le salut dans son organisation sous le Christ (Joël 2:32).[861]
Le 3 octobre (Jacques 1:27, version syriaque) avertit que le Diable a, par la religion, obtenu le contrôle du monde, à l'exception de ceux qui adorent Dieu en esprit et en vérité ; certains consacrés risquent d'être détournés du chemin de la justice, et ceux qui ont prié sincèrement « que ton règne vienne » mais s'écartent de la vérité refusent finalement d'entendre le message de Dieu (2 Timothée 4:3-4).[862]
Le 4 octobre (2 Timothée 3:12-13) constate que depuis 1918, et plus particulièrement depuis 1933, la persécution de ceux dévoués à Dieu et à son Royaume n'a cessé de s'intensifier, et que les hommes méchants — particulièrement les religieux, trompés par les démons — sont devenus de plus en plus vicieux. Le communisme, le nazisme, le fascisme et leurs chefs religieux alliés augmentent leurs mauvaises actions contre le peuple ; il est nécessaire que les membres du peuple d'alliance de Dieu aient les Écritures et les faits contemporains présents à l'esprit pour échapper aux pièges des démons.[863]
Le 5 octobre (Nombres 35:11) appelle les gens de bonne volonté à fuir vers les « villes de refuge antitypiques » — l'organisation de Jéhovah sous Christ Jésus —, à se consacrer entièrement au soutien du Gouvernement Théocratique, à refuser de pratiquer la religion et à s'associer aux oints dans l'annonce du Gouvernement Théocratique ; ceux qui demeurent fidèles et vrais envers l'organisation de Dieu seront finalement sauvés.[864]
Le 6 octobre (Ésaïe 54:13) présente Jéhovah comme le Père et donneur de vie de tous ceux qui vivront éternellement, son organisation étant révélée sous le nom de « Sion » — la « femme » ou nourricière des enfants de vie — dont Christ Jésus est le chef ; le moment présent est celui où ces grands Enseignants dispensent instruction à ceux qui cherchent la vraie voie, selon la promesse d'Ésaïe 30:20 que les yeux des fidèles verront leurs maîtres.[865]
Le 7 octobre (Sophonie 1:8) désigne les chefs religieux — et particulièrement la Hiérarchie catholique romaine en tête — comme les premiers à être châtiés lors de la bataille d'Harmaguédon, après la conclusion de l'« œuvre étrange » de Dieu et la prédication de l'évangile du Royaume dans tout le monde ; l'heure de l'exécution du jugement de Jéhovah sur Satan et ses soutiens est annoncée comme arrivée, s'abattant d'abord sur les dirigeants de la chrétienté.[866]
Le 8 octobre (Néhémie 6:9) compare l'œuvre des serviteurs fidèles depuis 1922 à la reconstruction des murailles de Jérusalem par Néhémie, contre lequel Sanballat et ses alliés levèrent de fausses accusations de sédition ; les Gabaonites en détresse appelant Josué (Josué 10:6) figurent les gens de bonne volonté qui ont besoin d'aide, et le reste reçoit le commandement de poursuivre sans relâcher les mains l'œuvre de témoignage.[867]
Le 9 octobre (Psaumes 9:19) rappelle les nombreuses déclarations de Dieu concernant la destruction des organisations ennemies ; à la mer Rouge, Jéhovah divisa les eaux, fit traverser son peuple sur la terre sèche, puis engloutit l'armée égyptienne — grand miracle démontrant sa puissance suprême en vue de se faire un nom glorieux ; de même, le Christ Jésus, représentant de Jéhovah, s'élancera comme à la proie contre l'organisation du Diable.[868]
Le 10 octobre (Psaumes 25:9) enseigne que Jéhovah, bon, droit, juste et vrai, dispense instruction en abondance à ceux de bonne volonté qui désirent la recevoir et marchent humblement ; en contraste, les orgueilleux et suffisants refusent l'instruction. En ce temps de jugement des nations et des individus par Christ Jésus, seuls les humbles de bonne volonté reçoivent l'instruction divine et sont guidés dans la bonne voie.[869]
Le 11 octobre (Sophonie 2:13-14) décrit les politiciens totalitaires démoniaques — dont les voices hilares et ivres résonnent par les fenêtres de la Ninive moderne — comme voués à une désolation complète ; l'Exécuteur de Jéhovah mettra à nu les « travaux de cèdre » des totalitaires qui se croient éternels, et leurs édifices somptueux élevés à la mémoire d'hommes sous contrôle démoniaque seront exposés, comparés à un tas d'ordures face à la Théocratie.[870]
Le 12 octobre (1 Thessaloniciens 5:2, Diaglott) précise que 1914 ne vint pas comme un voleur — sa date était généralement connue, même si les annonciateurs se trompèrent sur les événements attendus —, mais que 1918, en revanche, arriva comme un voleur, établissant que le « jour du Seigneur » désigne la venue du Seigneur Jésus au temple pour le jugement ; diverses manifestations de ce jour, dont la destruction à Harmaguédon, viendraient également comme un voleur sur tous les peuples non éclairés.[871]
Le 13 octobre (Sophonie 3:4-5) dénonce les faux prophètes de la chrétienté qui sautent à la notoriété par ambition personnelle et agissent traîtreusement en prétendant prêcher la Parole de Dieu tout en y contrevenant ; ils diffusent des doctrines d'origine démoniaque, se cachent derrière des sbires pour poursuivre leur volonté, font arrêter les Témoins de Jéhovah et poussent les juges politiques à les punir, tout en commettant une fornication spirituelle avec d'autres éléments de l'organisation de Satan.[872]
Le 14 octobre (Daniel 2:44) enseigne que l'État totalitaire et les grands chefs religieux agissent de concert pour supprimer le message et les messagers du Gouvernement Théocratique, sachant que le succès de la Théocratie signifie la fin du gouvernement totalitaire et la perte du pouvoir religieux sur les gouvernements ; Satan et ses démons mènent le combat contre la Théocratie, et tous ceux qui ne sont pas pour elle sont contre elle.[873]
Le 15 octobre (1 Thessaloniciens 5:5) assure que les membres du reste fidèle, enseignés par Dieu et Christ Jésus, n'ont aucune raison de douter du dessein de Jéhovah et ne se trouvent pas dans les ténèbres ; à la venue du jour du Seigneur, une grande obscurité s'abattit sur les religieux et chefs politiques qui revendiquaient la terre pour eux-mêmes — ces êtres égoïstes haïssent le Gouvernement Théocratique et préfèrent les ténèbres à la lumière à cause de leurs mauvaises actions.[874]
Le 16 octobre (Juges 3:22, version Douay) rappelle qu'Éhud n'ayant pas retiré sa dague du corps d'Églon, toutes les entrailles de ce dernier se déversèrent — illustrant que l'enfoncement du message du Royaume dans le ventre de la chrétienté fait apparaître au grand jour le sale bilan de cette institution ; les religieux ont lutté désespérément pour empêcher l'exposition de leur record honteux, mais le Seigneur Jésus l'exposera complètement en temps voulu, et cette exposition fournira probablement à l'élément radical le prétexte pour punir la Hiérarchie (Apocalypse 17:16-17).[875]
Le 17 octobre (Hébreux 4:8) présente le reste qui a cru comme étant entré par la foi dans le repos, uni au Christ Jésus et ferme dans la certitude de ce qui est sur le point de se produire ; tous les gens de bonne volonté qui ont abandonné la religion et fui vers la ville de refuge antitypique — l'Organisation Théocratique sous le Christ — possèdent par la foi ce repos et font confiance au Seigneur pour une délivrance complète à Harmaguédon.[876]
Le 18 octobre (1 Pierre 4:14) rappelle que les disciples du Christ doivent souffrir avec lui les opprobres tombés sur lui à cause de son nom et de celui du Père, condition préalable à l'entrée dans le Royaume ; Jésus, « témoin fidèle et véritable » de Jéhovah, ne rechercha jamais l'honneur des hommes et ne tenta jamais de s'exalter — et sa fidélité jusqu'à la mort prouva que Satan est un menteur et Jéhovah Dieu le Tout-Puissant.[877]
Le 19 octobre (Juges 4:14-15, A.R.V.) développe la figure de Barak — dont le nom signifie « éclair » — comme figurant Christ Jésus, le puissant Vengeur de Jéhovah : à Harmaguédon, il emploiera des éclairs ou d'autres armes surhumaines contre l'armée ennemie ; dès à présent, le Seigneur Jésus lance des « éclairs de vérité » qui déconcertent l'ennemi et l'aveuglent quant à la conduite à tenir, et le « Grand Barak » utilise en même temps les fidèles hommes et femmes que le Très-Haut désigne comme ses témoins pour proclamer ces vérités de lumière qui confondent et irritent grandement les ennemis de la Théocratie.[878]
Le 20 octobre (Psaumes 110:3, A.R.V.) déclare que les soutiens de la Théocratie et de son grand Roi théocratique doivent volontairement se déclarer du côté de la Théocratie et l'annoncer hardiment et ouvertement, démontrant ainsi leur pleine obéissance ; le Grand Barak est avec le peuple de Dieu aujourd'hui et le conduit, et les fidèles doivent savoir que la bataille appartient à Dieu et non aux hommes, et que Jéhovah combattra par Christ Jésus pour la vindication de son nom, ce qui délivrera accessoirement tous ceux qui se dévouent fidèlement à lui.[879]
Le 21 octobre (Sophonie 3:10, Young) situe après la Première Guerre mondiale et la libération du peuple de Dieu en 1919 le début du rassemblement depuis les pays lointains ; les « dispersés » sont décrits comme une classe vierge, non liée par la religion, qui s'enfuit de l'organisation de Satan pour venir au mont Sion — le Royaume sous le Christ — et y apporter son offrande, c'est-à-dire « les veaux de leurs lèvres » ; ceux d'Éthiopie antitypique ayant montré de la bonne volonté formeront la « grande foule », tandis que les autres Éthiopiens opposés à la Théocratie sont annoncés comme devant être tués par l'épée de Dieu (Sophonie 2:12).[880]
Le 22 octobre (Apocalypse 12:10) affirme que la Théocratie est le seul espoir de l'humanité ; les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons, accusés devant toutes les nations pour la proclamation du Gouvernement Théocratique, accueillent cette opposition et les opprobres qui s'y attachent avec joie, sachant que le Gouvernement Théocratique triomphera bientôt et que ceux qui demeurent fermes du côté du grand Théocrate et de son Roi partageront cette victoire et continueront éternellement dans la joie du Seigneur.[881]
Le 23 octobre (Sophonie 1:10, A.R.V.) identifie les « collines » de l'organisation du Diable comme les parties les plus élevées de cette organisation sur la terre ; ceux qui occupent la plus haute place dans l'organisation de Satan seront dans un tel désarroi à Harmaguédon qu'ils crieront à leur organisation : « Tombez sur nous » (Osée 10:8), les orgueilleux ayant mis leur confiance dans la religion et dans leur richesse se trouvant abaissés, tandis que la montagne de la maison de Jéhovah — la Théocratie — sera exaltée au-dessus de toutes les collines de l'organisation de Satan.[882]
Le 24 octobre (Deutéronome 32:43) explique pourquoi le Seigneur permet que les démons s'emparent des pratiquants de la religion : d'abord pour offrir l'occasion à chacun de se déclarer du côté du Diable et de devenir adversaire de la Théocratie ; ensuite, pour une raison plus forte encore, pour offrir aux serviteurs de Dieu l'occasion de prouver leur intégrité envers lui — comme Christ Jésus fut soumis à l'épreuve la plus sévère, ses fidèles disciples sur la terre doivent subir une épreuve semblable, et leur délivrance est certaine et proche.[883]
Le 25 octobre (Deutéronome 33:27) annonce que l'heure de Jéhovah est venue de chasser l'ennemi : tous ceux qui font pleinement confiance au grand Théocrate et à son Roi sont appelés à se réjouir et à presser le travail de témoignage avec une vigueur toujours croissante, sans trembler ni relâcher les mains — la victoire étant certaine et proche, toutes les Écritures et tous les faits physiques prouvant que la grande bataille commencera sous peu.[884]
Le 26 octobre (Psaumes 28:3) observe que les Pharisiens et leurs associés ne purent dire « Paix » qu'après avoir supprimé le Seigneur Jésus ; de même aujourd'hui, les puissants chefs religieux et leurs alliés s'efforcent de supprimer les messagers de la Théocratie — les « autres brebis » et le reste proclamant de concert la présence du Roi — avant de pouvoir crier « Paix et sécurité » ; toutes les preuves actuelles indiquent que ces conditions sont réunies et qu'Harmaguédon approche.[885]
Le 27 octobre (Psaumes 42:5) précise que la suppression du Gouvernement Théocratique dans de nombreuses nations signifie que l'heure approche rapidement où le « signe » d'Harmaguédon sera clairement révélé ; ce signe — l'annonce « Paix et sécurité » — ne peut se manifester pleinement tant que l'œuvre de témoignage mondial de la Théocratie se poursuit ; les fidèles ne doivent donc pas se lamenter de voir l'œuvre de témoignage se clore, mais se réjouir, car leur confiance repose entièrement en Jéhovah et en son Roi.[886]
Le 28 octobre (Psaumes 119:155) affirme que le salut ne sera jamais accordé aux ennemis de Dieu ; soutenir que le sacrifice de rançon de Christ Jésus est prévu pour toute l'humanité, y compris ceux qui haïssent Dieu et son gouvernement, est présenté comme déraisonnable et anti-scripturaire — Dieu ayant permis à son Fils bien-aimé de racheter la race humaine pour que ceux qui croient et le servent ne périssent pas, le salut n'étant pas imposable à ceux qui refusent le don offert.[887]
Le 29 octobre (2 Timothée 2:3) invite les fidèles à endurer l'épreuve comme de bons soldats de Christ Jésus ; les hommes fidèles d'autrefois, tels David, ont mis leur cœur sur le Gouvernement Théocratique et enduré toutes sortes de persécutions, mourant dans la foi en attendant la venue du Roi — le Roi est désormais là, la Théocratie a commencé à fonctionner, et ceux actuellement sur la terre entièrement dévoués à Dieu n'ont qu'un très bref délai à attendre en supportant l'épreuve comme de bons soldats.[888]
Le 30 octobre (Sophonie 1:11) identifie la « place basse » comme occupée par une classe matérialiste et commerciale qui s'associe à la religion de la « chrétienté » uniquement pour un profit commercial ; les richesses symbolisées par l'argent ne peuvent délivrer personne ni acheter de rançon au jour de la colère de Dieu, et l'organisation catholique romaine — désignée comme la plus commerciale sur la terre, ayant accumulé richesses par de faux prétextes — est annoncée comme retranchée.[889]
Le 31 octobre (Psaumes 100:1-2) décrit le reste et ses compagnons de la « grande foule » servant Jéhovah « d'un commun accord » — « d'une seule épaule » selon la marge de Sophonie 3:9 — portant joyeusement ensemble le fardeau de l'œuvre de témoignage, à l'image des douze témoins du Seigneur qui, avec Josué, ramassèrent les pierres et les portèrent sur leurs épaules en témoignage au nom de Jéhovah (Josué 4:5) ; seuls ceux qui emploient la « lèvre pure » demeurent fermes contre le Diable et continueront leurs chants de louange jusqu'à Harmaguédon et au-delà.[890]
Le 1er novembre (Jérémie 51:6) désigne la « chrétienté » comme le développement le plus élevé et la forme la plus séduisante de l'organisation visible de Satan, reproduisant la doctrine babylonienne de l'« immortalité de toutes les âmes humaines » et prouvant ainsi qu'elle est la Babylone moderne ; loin de protéger le peuple contre le démonisme, elle le conduit directement dans le piège de Satan et devient l'un des principaux instruments précipitant les nations vers la destruction.[891]
Le 2 novembre (Luc 18:8) interpelle les fidèles sur leur foi en la vengeance rapide de Jéhovah par Christ Jésus : ceux qui croient aux paroles prophétiques du Seigneur comprennent pourquoi ces terribles conditions existent actuellement et lisent avec une vraie joie ce que la Parole de Dieu annonce pour le proche avenir — avec l'assurance que tout concourra à leur bien parce qu'ils aiment Dieu et sont appelés selon son dessein, quel que soit ce qui survient.[892]
Le 3 novembre (Matthieu 24:9, 13) précise que la haine des nations envers les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons ne vient pas de mauvaises actions de leur part, mais de la proclamation hardie du nom de Jéhovah Dieu et de son Roi Christ Jésus ; aucune institution religieuse ni ses membres ne souffrent comme souffrit Christ Jésus et pour la même raison, car aucune n'annonce le nom de Jéhovah — les institutions religieuses étant silencieusement ou ouvertement opposées à la Théocratie.[893]
Le 4 novembre (Jean 10:16) distingue deux classes : le « petit troupeau » des oints appelés au ciel, et les « autres brebis » de bonne volonté que le Seigneur rassemble également — celles-ci, prouvant leur fidélité à l'épreuve, formeront la « grande foule » et proclameront le nom de Dieu et du Christ, avec la promesse de vivre éternellement sur la terre et de la remplir d'un peuple juste.[894]
Le 5 novembre (2 Pierre 1:20) explique que Jéhovah rend clair à ceux qui cherchent diligemmment la connaissance le sens de sa Parole prophétique en réalisant les faits physiques qui en constituent l'accomplissement ; il permet souvent à son peuple dévoué de passer par certaines expériences et d'avoir ainsi une part dans l'accomplissement de la prophétie, puis leur révèle plus tard comment la prophétie s'est accomplie et comment ses fidèles y sont liés — cette connaissance, procédant de Jéhovah, est pure, vraie et source de grand réconfort.[895]
Le 6 novembre (Sophonie 1:12, A.R.V.) dénonce la Hiérarchie religieuse convaincue d'être si solidement établie qu'elle ne peut être ébranlée, persuadée que le Seigneur ne fera ni bien ni mal à son égard ; mais Jéhovah tourne sur elle la lumière de la vérité qui tourmente les religieux, puis les visite de son « acte étrange » — leur destruction à Harmaguédon.[896]
Le 7 novembre (Psaumes 13:5, Rotherham) présente le reste des Témoins de Jéhovah et leurs compagnons comme voyant par la foi des preuves toujours croissantes que la délivrance et le salut sont imminents, et proclamant avec une pleine confiance dans le Gouvernement Théocratique que le salut appartient uniquement à Jéhovah, qui délivrera ceux qui invoquent son nom.[897]
Le 8 novembre (Josué 6:5) compare la marche des Israélites autour de Jéricho à la marche actuelle des Témoins de Jéhovah proclamant le message du Roi ; lorsque cette marche sera achevée, la bataille du grand jour de Dieu le Tout-Puissant s'engagera, le Grand Josué — Christ Jésus — conduisant son armée céleste à une victoire complète avec un cri de victoire et un son de trompette de triomphe, marquant l'effondrement complet de la « chrétienté » et de chaque partie de l'organisation de Satan.[898]
Le 9 novembre (Sophonie 2:3) définit « rechercher la douceur » comme être anxieux et diligent à apprendre ce que Dieu accomplit maintenant ; les doux obéissent diligemment au Seigneur et suivent ses instructions venant par son organisation — ceux qui trouvent à redire aux autres et s'opposent aux instructions de l'organisation sont présentés comme orgueilleux, suffisants et non doux.[899]
Le 10 novembre (Apocalypse 13:10) pose la question centrale : en cette heure de grosses ténèbres et de détresse sur les nations, y aura-t-il des personnes qui maintiendront une confiance pleine et entière en Dieu et Christ Jésus, qui s'appuieront sur les promesses divines et avanceront en pleine obéissance aux commandements de Dieu quelles que soient les conditions ? Cette question est présentée comme exactement celle que soulèvent les paroles de Jésus : « lorsque le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18:8).[900]
Le 11 novembre (Sophonie 2:9, Margolis) annonce que les Moabites et Ammonites modernes étant anéantis à Harmaguédon, les survivants de la « sainte nation » de Dieu — dont Christ Jésus est le Roi des rois — entrera en possession de la liberté et de l'usage de la terre injustement utilisés et abusés par les ennemis ; avec Christ Jésus, ils aideront la « grande foule » à accomplir ses tâches assignées, preuve que certains membres du reste demeureront sur la terre pour un temps après Harmaguédon.[901]
Le 12 novembre (Proverbes 4:18-19) avertit que ceux qui, avant 1918, jouirent de la lumière révélée par le Seigneur mais continuèrent à regarder un homme comme leur chef et enseignant sont certains d'être maintenant dans les ténèbres ; rendre honneur à un homme ou à une créature et se tourner vers lui comme vers un chef est présenté comme une désobéissance à l'instruction du Seigneur — les pratiquants de la religion étant dans les ténèbres et incapables de voir les signes des temps ni de discerner l'accomplissement des prophéties.[902]
Le 13 novembre (Sophonie 3:5, A.R.V.) affirme que le Seigneur étant au temple comme représentant du Très-Haut est au milieu de la « chrétienté » — non pour y demeurer, mais pour y exécuter le jugement actuel (Psaumes 82:1-3) —, ce qui offre à la « chrétienté » l'occasion d'entendre et de connaître la vérité ; Dieu et Christ Jésus sont justes et ne commettent aucune iniquité, ce qui est présenté comme à l'exact opposé de la « chrétienté », désignée comme la « cité oppressive » qui opprime et fait du mal à l'humanité (Sophonie 3:1).[903]
Le 14 novembre (1 Thessaloniciens 5:11) décrit les temps présents comme « périlleux » : les adversaires de la Théocratie n'ont aucun réconfort, tandis que le peuple fidèle de Dieu voit la grande détresse des peuples et a le devoir de rendre témoignage à ceux qui veulent entendre, leur parlant de la Théocratie comme seul moyen d'échapper à la destruction, et de se réconforter et s'édifier mutuellement par les grandes vérités que Jéhovah révèle par Christ Jésus en ce temps.[904]
Le 15 novembre (2 Corinthiens 6:4, 8) rappelle que, comme Paul et ses compagnons furent accusés par les religieux de troubler la cité et d'enseigner des coutumes illicites (Actes 16:20-22), puis d'agir à l'encontre des décrets de César (Actes 17:6-7), une action semblable est maintenant dirigée contre les Témoins de Jéhovah et leurs compagnons dans presque chaque partie de la « chrétienté » ; les chefs religieux se sont convaincus de devoir supprimer tout partisan du Gouvernement Théocratique sous Christ Jésus — et c'est là la seule raison de l'opposition violente au message du Royaume de Dieu.[905]
Le 16 novembre (Juges 3:15) commente la particularité d'Éhud qui se servait autant de la main droite que de la main gauche, faveur accordée en particulier à la tribu de Benjamin (1 Chroniques 12:2 ; Juges 20:16) : ainsi équipé, Éhud pouvait parer toute attaque de n'importe quel côté et surprendre l'ennemi par sa manière d'attaquer ; Éhud joua un rôle dans le drame figurant Christ Jésus et les membres de son « corps » sur la terre depuis la venue du Seigneur Jésus au temple et le rassemblement des oints fidèles devenus membres de « son corps ».[906]
Le 17 novembre (Psaumes 3:8) établit que le salut appartient exclusivement à Jéhovah : la coalition formée par les fascistes, nazis, communistes, Hiérarchie catholique romaine et autres opposants à la Théocratie ne peut recevoir ni dispenser le salut, car cette organisation est celle de Satan, ennemi de la Théocratie qui hait le nom de Jéhovah et de son Roi.[907]
Le 18 novembre (Sophonie 2:7) décrit la désolation complète des villes occupées par les oppresseurs religieux, politiques et commerciaux modernes après leur destruction à Harmaguédon ; les fidèles de bonne volonté qui auront recherché justice et humilité s'y reposeront « le soir » en paix et sécurité permanentes, délivrés à jamais des géants totalitaires modernes figurés par Goliath.[908]
Le 19 novembre (Juges 4:8-9) présente la Société Watch Tower comme un simple canal visible transmettant le message de Jéhovah à son peuple ; chaque membre du reste désire être en harmonie complète avec l'organisation et travailler sous la supervision du Seigneur, refusant toute œuvre contraire à Jéhovah et à son organisation théocratique, sachant que toute déviation du soutien total à la Théocratie priverait les fidèles de la présence de Dieu et du Christ à leurs côtés.[909]
Le 20 novembre (Psaumes 18:47) assure que les outrages récemment perpétrés contre les Témoins de Jéhovah recevront l'attention de Dieu lorsqu'il coupera l'ennemi en pièces à Harmaguédon ; les fidèles ayant une vraie foi en Dieu et au Christ tiendront ferme contre toute opposition, s'appuieront avec confiance sur lui pour la délivrance et attendront qu'il venge complètement les torts faits à ceux qui l'aiment.[910]
Le 21 novembre (Sophonie 1:18 et Sophonie 1:14) annonce que les demeures exclusives des dirigeants totalitaires et des grands du commerce leur seront rapidement retirées ; persuadés de poser les fondements d'un « bon temps » éternel, ces bâtisseurs s'attribuent tout le mérite, ne tiennent aucun compte de Jéhovah et de son Royaume, et ne connaissent pas le jour de leur visite.[911]
Le 22 novembre (Psaumes 94:1) rappelle que la chrétienté rebelle, ne tenant aucun compte de l'avertissement, accroît ses persécutions contre les Témoins de Jéhovah ; Jésus répond à la question de la vengeance de Dieu par les paroles de Luc 18:8, et les fidèles dotés d'une foi entière en Jéhovah et son Roi proclameront sans crainte le message confié, prouvant leur foi envers le Très-Haut.[912]
Le 23 novembre (Sophonie 3:13, Young) précise que le reste ne doit « pas mentir » : prêcher toute doctrine religieuse, ajouter à la Parole de Dieu des enseignements tels que le « témoignage de la Grande Pyramide » ou le « développement de caractère » constituent des manquements à la « lèvre pure » accordée par le Seigneur ; le reste fidèle n'est pas coupable d'avoir prêté serment de consécration sans l'accomplir, et les anges du Seigneur ont écarté le « mauvais serviteur » qui trompait les simples par de belles paroles (Romains 16:17-18).[913]
Le 24 novembre (Ézéchiel 34:25, 28) assure que le reste fidèle a été « enlevé ensemble avec le Seigneur » au temple et placé en sécurité dans le « lieu secret du Très-Haut » (1 Thessaloniciens 4:17), tandis que les « autres brebis » ayant fui vers la Théocratie reçoivent la promesse d'être cachées jusqu'au passage de la colère divine ; tous les témoignages prouvent qu'Harmaguédon est très proche, et les fidèles sont appelés à demeurer calmes et fermes, attendant le « signe » — les religieux criant « Paix et sécurité ».[914]
Le 25 novembre (1 Thessaloniciens 5:9) affirme avec certitude que la colère de Dieu contre tous ses ennemis s'exprimera bientôt avec force, mais que cette colère ne s'adresse pas aux fidèles ; les opposants délibérés à la Théocratie sont désignés comme des « brutes faites pour être détruites » (2 Pierre 2:12), et Dieu, ayant été longanime avec ces « vases de colère », prépare leur destruction ; en revanche, le salut est assuré pour ceux qui demeurent vrais et constants dans leur dévotion au Christ.[915]
Le 26 novembre (Juges 3:25-26) interprète l'évasion d'Éhud comme figurant les Témoins de Jéhovah échappant aux serviteurs vicieux des religieux désireux de les détruire ; ayant enfoncé l'« épée de l'Esprit » dans le ventre des systèmes religieux et enduré sévices et dangers, ils s'en sont échappés par la grâce de Dieu et continueront à s'échapper jusqu'à l'achèvement de leur œuvre avant Harmaguédon, après quoi leurs persécuteurs se retourneront contre les institutions religieuses elles-mêmes sous l'influence des démons.[916]
Le 27 novembre (Psaumes 62:1) présente le discours des gens de bonne volonté désirant trouver la voie d'évasion : « celui qui est notre Dieu est le Dieu du salut » (Psaumes 68:20) ; ces gens de bonne volonté ne cherchent pas leur salut dans la religion ni dans la politique, mais se placent sous la protection du Seigneur, avec l'assurance que Dieu embellit les doux de son salut (Psaumes 149:4).[917]
Le 28 novembre (Apocalypse 18:4, A.R.V.) déclare que quiconque veut maintenir son intégrité envers Jéhovah et recevoir son approbation finale doit se séparer entièrement de tout ce qui touche au démonisme, fuir la religion et placer toute sa confiance en le grand Théocrate et son gouvernement ; cet avertissement provient non des hommes mais de Dieu lui-même, qui a clairement fait comprendre à son peuple en ces derniers jours que la religion est du Diable et s'oppose violemment au christianisme.[918]
Le 29 novembre (Sophonie 3:17) présente les enfants fidèles de Sion et leurs compagnons comme prouvant par la Parole de Dieu que Satan est un menteur et toute religion d'origine démoniaque ; Jéhovah leur accorde le « nouveau nom » de témoins de Jéhovah en signe de sa faveur, et les invite à se réjouir avec lui de leur activité fidèle et sans crainte dans la proclamation du Gouvernement Théocratique.[919]
Le 30 novembre (Ézéchiel 35:15) annonce qu'à la destruction des conspirateurs ceux-ci reconnaîtront que c'est le jugement de Dieu Tout-Puissant qui s'exécute ; les religieux ne pouvant crier « Paix et sécurité » qu'avec la coopération des éléments politiques, commerciaux et judiciaires de l'organisation visible de Satan, ces derniers, frappés par une démonstration surnaturelle de Dieu, se retourneront soudainement contre les chefs religieux et les détruiront selon la prophétie de Apocalypse 17:16-17.[920]
Le 1er décembre (2 Samuel 22:51) rappelle que Jéhovah a accordé sa miséricorde à David, son serviteur oint, et à ceux qui l'ont rejoint en abandonnant Saül ; de même, le Seigneur accorde le salut par miséricorde au reste de la classe du David antitypique et à leurs compagnons de la classe de Jonathan, tous ceux qui se placent sous l'organisation de Jéhovah et lui restent fidèles pouvant attendre avec confiance la miséricorde du Très-Haut.[921]
Le 2 décembre (Sophonie 2:3, 5, A.R.V.) identifie les Philistins antitypiques — adorateurs du démon Dagon et persécuteurs des Israélites — comme ceux qui pratiquent la religion démoniaque pour un gain et persécutent les disciples fidèles du Christ ; aucun d'eux ne trouvera de cachette à Harmaguédon, et l'organisation catholique romaine, qui se vante que « les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle », verra cette fanfaronnade s'effondrer — « toute trace de cette organisation religieuse périra, de sorte qu'il n'y aura pas d'habitant d'elle sur toute la terre ».[922]
Le 3 décembre (Psaumes 97:11) établit que la lumière de la Parole de Dieu ne bénéficie qu'à ceux qui recherchent la justice ; les ennemis de Dieu, conduits par Satan et ses démons dans les ténèbres, œuvrent contre Jéhovah et ceux qui le servent — seule la Parole de vérité peut éclairer les hommes, leur montrer la bonne voie et leur permettre d'échapper au désastre imminent en se soustrayant au pouvoir des démons.[923]
Le 4 décembre (Sophonie 1:12) décrit Jéhovah accomplissant son « œuvre étrange » en faisant briller sa lampe — sa Parole — pour guider ses serviteurs : la proclamation de la vérité expose la religion de la Hiérarchie catholique romaine comme dissimulée par des mensonges que la vérité balaiera, forçant les ennemis du Gouvernement Théocratique à se dévoiler au grand jour jusqu'à Harmaguédon.[924]
Le 5 décembre (2 Corinthiens 12:10) montre que la dévotion fidèle de Paul à Dieu et à son Royaume mit les démons en rage contre lui, les poussant à susciter des foules religieuses contre l'apôtre ; tout consacré à la volonté divine ne peut prouver son intégrité qu'en rejetant la religion et en servant fidèlement Jéhovah comme disciple du Christ — et celui qui, devenu chrétien, se détourne de la foi devient un instrument des démons, péchant contre la lumière.[925]
Le 6 décembre (Sophonie 3:12) décrit les fidèles restants comme un peuple discipliné par l'œuvre purificatrice du Seigneur, ayant reçu son approbation pour s'être entièrement consacrés à son Gouvernement Théocratique ; ces fidèles ne font confiance à aucune créature, religion ou chose, mais s'appuient entièrement sur le Seigneur dans leur faiblesse, entouré d'ennemis qui souillent le nom de Jéhovah — et leur cœur se réjouit en son salut.[926]
Le 7 décembre (Deutéronome 33:27) désigne les « autres brebis » du Seigneur comme des réfugiés chassés par les gouvernants totalitaires qui envahissent la terre, appelés à fuir vers l'organisation de Dieu — les villes de refuge antitypiques figurées en Nombres 35:6-12 — dont Christ Jésus est le Chef, Jéhovah étant le grand refuge de tous les gens de bonne volonté cherchant à le connaître et à le servir (Psaumes 9:9 ; Psaumes 62:8).[927]
Le 8 décembre (Psaumes 37:7) constate que l'œuvre de témoignage pour la Théocratie semble presque achevée dans la plupart des pays de la chrétienté ; cela ne trouble pas les serviteurs fidèles de Jéhovah, car ils savent que cette œuvre est celle de Dieu — son « œuvre étrange » — et qu'elle doit se clore avant que son « acte étrange » ne commence ; attendant calmement l'apparition du signe de la bataille, ils ont la certitude que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu.[928]
Le 9 décembre (Marc 13:14, A.R.V.) précise que la « Judée » s'applique aux personnes qui honorent et louent le Dieu Tout-Puissant et son Roi, et que les « montagnes » vers lesquelles fuir représentent le Gouvernement Théocratique ; toutes les preuves montrant que le moment est venu de fuir, tous les gens de bonne volonté sont appelés à abandonner définitivement la religion et l'organisation de Satan pour trouver refuge sous Christ le Roi.[929]
Le 10 décembre (Sophonie 3:5) décrit Jéhovah donnant pleine notification de son jugement contre la chrétienté par ses témoins — des milliers portant son message par phonographes et des millions de livres diffusant la Parole de Dieu —, ne laissant à la chrétienté aucune excuse pour demeurer dans les ténèbres ; malgré tous ces avertissements, les clercs et les principaux de leur troupeau continuent à pratiquer la religion, le culte des démons, sans aucune honte devant le Seigneur.[930]
Le 11 décembre (Ésaïe 8:13) invite tous les gens de bonne volonté à fuir la religion et à faire de Dieu leur crainte et leur refuge, en lui faisant pleinement confiance selon Proverbes 3:5-6 et Proverbes 29:25 ; l'organisation religieuse dominée par la Hiérarchie catholique romaine, possédant d'immenses richesses terrestres soutenues par des fidèles extrêmement riches, n'offrira aucune protection au jour d'Harmaguédon — ni richesses, ni pouvoir, ni influence, ni religion ne seront d'aucun secours.[931]
Le 12 décembre (Sophonie 3:17, A.R.V.) répond à la question de savoir pourquoi les Témoins de Jéhovah ne devraient avoir aucune crainte des hommes ni des démons : Jéhovah, présent au milieu de son peuple d'alliance, est Tout-Puissant, Seigneur des armées, Dieu de la bataille, et sa victoire complète est absolument certaine (2 Chroniques 20:15) ; à Sion, il est proclamé « fort et puissant, Jéhovah puissant dans la bataille » (Psaumes 24:7-8).[932]
Le 13 décembre (Psaumes 52:6) souligne qu'Harmaguédon ne doit pas être pris à la légère : mentionné à répétition par les prophètes, il constitue la conclusion finale de la controverse entre Satan et le Dieu Tout-Puissant — la fin définitive de tout ce qui s'oppose à la Théocratie —, la dernière occasion pour ceux qui entendent le message d'obtenir la vie, et le grand événement qui établira à jamais la suprématie de Jéhovah et vindicatera complètement son nom ; les fidèles sur terre voient cette heure très proche et s'en réjouissent.[933]
Le 14 décembre (Psaumes 37:34) décrit le reste et ses compagnons attendant calmement le Seigneur pendant que la « grande foule » vient les rejoindre dans les louanges à Jéhovah et à son Roi ; la main protectrice de Dieu est sur les fidèles, les protégeant des assauts ennemis et les conduisant victorieusement par Christ Jésus, promettant un lieu de sécurité à tous les gens de bonne volonté qui se dévouent entièrement à lui — attendant en cherchant justice et humilité.[934]
Le 15 décembre (Ézéchiel 9:11) affirme que lorsque les Témoins de Jéhovah auront obéi au commandement divin de proclamer la vérité aussi longtemps que l'occasion en sera donnée, leur responsabilité s'achèvera — Dieu exerçant alors sa puissance illimitée en vindication de son nom ; aux gens qui entendent le message revient la décision de servir Dieu et vivre, ou de rejeter le message et mourir éternellement, et les témoins, ayant fidèlement accompli leur commission, se contenteront du résultat, demandant uniquement à être reçus respectueusement comme représentants du Seigneur.[935]
Le 16 décembre (1 Thessaloniciens 5:3, Rotherham) annonce le moment où les opposants à la Théocratie, croyant avoir accompli leur dessein, crieront « Paix et sécurité ! » — ce qu'ils feront certainement peu avant le début de la bataille d'Harmaguédon, la durée exacte de ce cri avant la bataille n'étant pas précisée dans les Écritures ; mais ils ne parlent pas de paix pour les partisans de la Théocratie (Psaumes 85:20), et seuls ceux qui font pleinement confiance à Jéhovah demeureront tranquilles dans le pays, attendant la délivrance divine.[936]
Le 17 décembre (1 Samuel 15:22-23, Leeser) affirme que refuser délibérément d'obéir à la vérité de la Parole divine ouvre la porte aux démons, lesquels s'emparent alors de l'esprit de celui qui leur résiste ; beaucoup de ceux qui se croient serviteurs de Dieu sont entêtés et rebelles, refusant d'obéir à sa Parole, et se soumettent ainsi à l'influence des démons — les obstinés périront à Harmaguédon.[937]
Le 18 décembre (Sophonie 1:3, Rotherham) désigne l'« Action catholique » mise en œuvre par la Hiérarchie catholique romaine comme la plus grande pierre d'achoppement placée devant les peuples, les précipitant dans le piège du Diable ; l'« amour de l'argent » — le commercialisme — est présenté comme une autre pierre d'achoppement dont la destruction à Harmaguédon est annoncée comme certaine (Ézéchiel 7:19).[938]
Le 19 décembre (Juges 4:10) présente Déborah accompagnant Barak à Kédesh — ville de refuge — comme figurant l'organisation invisible et visible de Jéhovah aux côtés de Christ Jésus dans le service actif, accompagnée de tous les anges saints, des membres ressuscités de son « corps » et du reste sur la terre ; le Seigneur Jésus et ses vrais disciples désirent obéir aux commandements de Jéhovah, tout comme Barak manifesta sa prompte obéissance.[939]
Le 20 décembre (Sophonie 3:9, Douay) insiste sur la ligne de démarcation clairement tracée entre ceux qui s'opposent à la Théocratie et ceux qui lui sont entièrement dévoués ; le Seigneur accorde à son peuple une « lèvre pure » et un discours pur pour qu'ils invoquent tous le nom du Seigneur et le servent d'un commun accord — d'abord le reste est amené à la pleine unité en Christ, puis ceux qui formeront la « grande foule » ; le monde étant sous le contrôle des démons, seuls ceux de bonne volonté qui se tournent vers le Seigneur et recherchent justice et humilité ont quelque espoir d'être cachés au jour de la colère divine.[940]
Le 21 décembre (Jean 17:22) expose l'unité entre Jéhovah et Christ Jésus : le Père est sans commencement ni fin, le Fils est le commencement de la création de Jéhovah (Apocalypse 3:14) ; leur unité réside dans une harmonie et unanimité complètes — le Christ obéissant toujours à la volonté du Père (Jean 6:38). Jéhovah est le grand Théocrate, Christ Jésus est le Roi agissant pour lui, et la Théocratie est le gouvernement de Jéhovah accompli par et à travers Christ Jésus.[941]
Le 22 décembre (Sophonie 3:20, Rotherham) affirme que si tous les consacrés en 1918 avaient abandonné l'œuvre de témoignage, nul n'aurait su ni vu le rétablissement de l'Israël spirituel ; c'est parce que certains demeurèrent fidèles et vrais envers le Seigneur qu'ils constituèrent le « reste », rétabli en 1919 après que leur contrainte eut été levée — les religieux et autres durent reconnaître qu'il existait désormais sur la terre un peuple entièrement dévoué à Jéhovah, proclamant sans crainte son nom et présentant le Gouvernement Théocratique comme le seul espoir de l'humanité.[942]
Le 23 décembre (Juges 3:28) présente le « Grand Éhud », Christ Jésus, appelant ses disciples fidèles à le suivre et prenant la tête du combat ; les fidèles sur terre obéissent à ce commandement, et l'armée céleste suit également l'ordre du grand Exécuteur — « ce sont ceux qui suivent l'Agneau partout où il va » (Apocalypse 14:4), car l'heure de la vindication du nom de Jéhovah est arrivée et Christ conduit à la bataille.[943]
Le 24 décembre (Juges 5:7) interprète le mari de Déborah, Lapidoth — dont le nom signifie « lampes, torches, instruments d'illumination » — comme figurant Jéhovah, le « Père des lumières », époux de son organisation Sion ; Déborah n'était pas veuve — état considéré comme un opprobre en Israël —, ce qui figure que l'organisation de Dieu n'est pas abandonnée. Déborah représente l'organisation de Jéhovah à travers laquelle Dieu juge son peuple, selon Ésaïe 54:5 : « car ton Créateur est ton époux ; le Seigneur des armées est son nom ».[944]
Le 25 décembre (Ésaïe 51:16) rappelle aux Témoins de Jéhovah, ambassadeurs du Gouvernement Théocratique dans un monde entièrement hostile, que la main de Dieu est sur eux et que sa force se manifeste en leur faveur ; les fidèles, marchant dans la lumière du jour, connaissent le sens des actions de l'ennemi — qui finira par échouer —, et continuent à déclarer avec confiance : « mon cœur se réjouira en ton salut », sachant que la délivrance est certaine à Harmaguédon.[945]
Le 26 décembre (Juges 4:14-15, A.R.V.) décrit le mouvement actuel des témoins spirituels d'Israël avançant avec des rangs inébranlables et pressant la bataille contre la porte du démonisme et de la religion, sans égard à une opposition apparemment écrasante ; ils préfigurent l'assaut victorieux du « Grand Barak » qui entraînera la destruction complète des forces ennemies à Harmaguédon — Jéhovah ayant donné sa Parole qu'il combattra pour son peuple.[946]
Le 27 décembre (Actes 10:42) réfute l'accusation portée par les clercs selon laquelle les Témoins de Jéhovah seraient intolérants envers catholiques, protestants et juifs ; au contraire, nul ne leur conteste le droit d'exprimer librement leurs vues et la critique de toute doctrine est présentée comme légitime — les Témoins proclament uniquement la vérité consignée dans les Écritures, que Dieu commande à tous les membres de son peuple d'alliance de proclamer en ce temps, les paroles contre les religieux opposés à la Théocratie émanant de Jéhovah lui-même.[947]
Le 28 décembre (Ésaïe 55:1) présente la réception des bénédictions divines comme gratuite, sans considération d'argent : les hommes les « achètent » par leur entière dévotion et leur service au grand Théocrate et à son Roi ; tous les gens de bonne volonté sont invités à rejoindre le service et à dire aux autres : « quiconque le voudra [qui est de bonne volonté envers Dieu], qu'il prenne gratuitement l'eau de la vie » — le salut étant libre pour ceux qui donnent leur cœur à Dieu et à son Roi.[948]
Le 29 décembre (Proverbes 13:1) enseigne que Jéhovah instruit ceux qui cherchent diligemmment à connaître et accomplir sa volonté ; la sagesse passe obligatoirement par l'étude de la Parole de Dieu et la recherche sincère de son approbation, selon l'exhortation de Paul : « efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n'a pas à rougir, qui dispense droitement la parole de vérité » (2 Timothée 2:15).[949]
Le 30 décembre (Ésaïe 26:20) suggère que lorsque le « signe » d'Harmaguédon se manifestera clairement, les fidèles qui demeureront sobres et vigilants pourront en être informés par le Seigneur ; une vigilance constante et une confiance totale en Dieu sont présentées comme indispensables en ce moment, avec la certitude que la grande Théocratie sous Christ le Roi est là, son règne devant durer éternellement et remplir la terre de joie et d'un peuple à la gloire de Dieu.[950]
Le 31 décembre (Psaumes 3:8, A.R.V.) clôt l'année en affirmant que le salut appartient exclusivement à Jéhovah : ceux qui s'appuient sur leur organisation religieuse pour protection et salut sont voués à une déception totale et à la destruction ; la classe du « mauvais serviteur » — elle-même religieuse, comptant sur le « développement de caractère » — sera également déçue, certains d'entre eux poussant jusqu'à prôner le « salut universel », affirmant faussement que l'amour de Dieu pourvoit au salut même du Diable, en contradiction avec la déclaration divine : « tous les méchants, il les détruira » — Jéhovah n'accordant le salut qu'aux obéissants, par Christ Jésus, conformément à la parole du prophète : « voici, Dieu est mon salut » (Ésaïe 12:2).[951]
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Références
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