Joseph Rutherford
Autres actions
| Joseph Rutherford | |
|---|---|
| Nom complet | Joseph Franklin Rutherford |
| Naissance |
8 novembre 1869 Versailles, Missouri |
| Décès |
8 janvier 1942 San Diego, Missouri |
| Nationalité | Américaine |
| Parents |
James Calvin Rutherford Leonora Strickland |
| Conjoint | Mary Rutherford |
| Enfants | Malcom Rutherford |
Fichier:Ruth-1891.jpg Joseph Franklin Rutherford (8 novembre 1869 – 8 janvier 1942), aussi connu en tant que "Juge" Rutherford, fut le deuxième président de la Société Watch Tower et joua un rôle primordial dans l'organisation et le développement doctrinal des Témoins de Jéhovah, mouvement qui émergea de celui des Étudiants de la Bible fondés par Charles Taze Russell.
Rutherford commença une carrière en droit, travailla comme sténographe judiciaire et comme avocat plaidant et procureur. Il développa un intérêt pour les doctrines du président de la Société Watch Tower Charles Taze Russell, ce qui mena à son adhésion au mouvement des Étudiants la Bible et à son baptême en 1906. Il fut nommé conseiller juridique de la Société Watch Tower en 1907 ainsi que représentant itinérant avant son élection comme président en 1917. Ses premiers temps de présidence furent marqués par un différend avec le conseil d'administration de la Société, dans laquelle quatre de ses sept membres l'accusèrent de comportement autocratique et cherchèrent à réduire ses pouvoirs. La crise de succession qui en a résulté divisa la communauté des Étudiants de la Bible et contribua au départ d'un septième des fidèles en 1919 et jusqu'à 75% en 1931.[1][2] Rutherford et six autres dirigeants de la Watch Tower furent emprisonnés en 1918 suite à des accusations portées au cours de la publication de Le Mystère Accompli, livre jugé "séditieux" pour ses commentaires contre la guerre.[3]
Rutherford introduisit de nombreux changements organisationnels et doctrinaux qui contribuèrent à façonner les croyances et les pratiques des Témoins de Jéhovah.[4][5] Il imposa une structure administrative centralisée au mouvement des Étudiants la Bible dans le monde entier, qu'il appela plus tard une théocratie, exigeant que tous les adeptes distribuent des publications par l'intermédiaire du porte à porte, et que chacun d'entre eux remettent des rapports réguliers de leur activité.[6][7] Il institua également des programmes de formation pour parler en public dans le cadre des réunions hebdomadaires pour le culte. Il établit 1914 comme date du retour invisible du Christ, affirma que celui-ci était mort sur un arbre plutôt que sur une croix,[8][9] formula le concept actuel des Témoins d'Har-Maguédôn comme étant la guerre de Dieu sur les méchants, et renforça la croyance en l'imminence du début du règne millénaire du Christ. Il ordonna que les adeptes rejettent les fêtes traditionnelles telles que Noël et les anniversaires, refusent le salut des drapeaux et le chant des hymnes nationaux. Il introduisit le nom de "Témoins de Jéhovah" en 1931 et le terme "Salle du Royaume" pour les lieux de culte en 1935.[10]
En 1942, la Société Watch Tower affirma que sous sa présidence, près de 400 millions de livres et de brochures avaient été distribués.[11] Malgré des diminutions importantes au cours des années 1920, les effectifs du mouvement furent multipliés par sept à la fin de sa présidence qui dura 25 ans.[12][13]
Jeunesse
Né le 8 novembre 1869 de James Calvin Rutherford, agriculteur de Versailles du comté de Morgan dans le Missouri (USA), et de Lenora Strickland, Rutherford fut élevé dans la religion baptiste par ses parents, et dans la quasi-pauvreté. Certaines sources indiquent que son lieu de naissance était Boonville, dans le Missouri, mais son certificat de décès mentionne Versailles, dans le Missouri.[14][15] Second fils d'une fratrie de huit enfants (trois garçons et cinq filles), il développé un intérêt en droit à partir de l'âge de 16 ans.[16] Il étudia le droit contre l'avis de son père,[17] qui n'accepta qu'à la condition que son fils paie un travailleur qui prendrait sa place à la ferme familiale. Rutherford contracta un emprunt,[18] et paya ses études de droit en travaillant comme démarcheur à domicile pour vendre des encyclopédies.[19]
En décembre 1890, il se maria avec Mary Fetzer, et devint père d'un fils prénommé Malcom.
Parcours professionnel
Carrière dans le droit
Rutherford devint greffier et passa deux ans à partir de 1890 sous la tutelle du juge E.L. Edwards. Il devint le greffier officiel du 14ème district judiciaire du Missouri.[20] En raison de sa connaissance de la loi grâce à son emploi de greffier, il fut admis au barreau de Boonville le 5 mai 1892 après un examen oral passé devant cinq membres du barreau dans le Missouri.[21][22] Il servit d'avocat pour un cabinet juridique,[23] et exerça la profession de procureur public à ce même barreau pendant quatre années. Il fut nommé juge spécial dans la Eighth Judicial Circuit Court du Missouri,[19][24][25] et fut juge suppléant au moins une fois quand un juge ordinaire fut dans l'incapacité de siéger.[18] Il fut admis au barreau de New York en 1909 et put exercer devant la Cour suprême des États-Unis la même année.[26]
Probité en tant qu'avocat
Rutherford fut l'avocat d'une fabrique de caisses enregistreuses dans une affaire de 1896. Il s'opposa à un huissier venu prendre la caisse enregistreuse en faisant diversion pour que l'huissier parte demander conseil, la subtilisant et la cachant ensuite dans son bureau, là où l'huissier parvint plus tard à la retrouver, alors que Rutherford lui prétendait qu'il l'avait envoyée à la fabrique. La cour d'appel devant laquelle l'affaire fut portée déclara que l'attitude de Rutherford correspondait à "être futile avec la justice, et que c'était la quintessence de ce qui apparaissait comme une conduite tordue." [27]
Controverse sur son titre de "Juge"
Tout au long de sa carrière à la tête des Témoins de Jéhovah, Rutherford se fit appeler "Juge" Rutherford, que ce soit dans les livres, revues ou annonces de ses discours. Pourtant comme l'ont noté ses détracteurs, il n'a jamais eu de charges de Juge. Certains critiques dont Bill Cetnar, ancien membre du Béthel de Brooklyn, affirment qu'il a été juge temporaire pendant quatre jours, au moment où le juge titulaire de son barreau fut malade. D'autres, comme l'auteur anonyme cité par Edmond Gruss dans son livre The Four President of The Watchtower, qui prétend qu'Alexandre Macmillan était l'ami de son père et à ce titre lui a fourni des informations, sont d'accord sur ces quatre jours, mais prétendent que le juge officiel ne voulait pas se mouiller par temps de pluie et a envoyé Rutherford à sa place.
À ce sujet, le transcript du jugement opposant l'ancien juriste Olin Moyle contre la Société Watch Tower rapporte le témoignage de Frederick Franz, futur président de la Watch Tower, et de Hayden Convington, agissant en tant qu'avocat de l'accusé, la Watch Tower. Si Franz affirma avoir appelé "Juge" Rutherford, parce que l'intéressé se présentait lui-même comme juge, et ne sachant pas s'il l'avait été ou pas; Convington accrédita la thèse du juge temporaire de quatre jours, sans donner d'explication. Néanmoins, quand il tenta d'affirmer que les juristes du Missouri avaient pris l'habitude de nommer Rutherford en le faisant précéder du terme "Juge", le président du tribunal, qui avait été juriste dans le Missouri et qui prétendait connaître l'affaire, contredit et annula cette affirmation de Convington.[28] Lors du procès de 1918, Rutherford n'entra pas dans les détails, mais donna à peu près la même version.[29]
Engagement politique

Avant de connaître les Étudiants de la Bible et même après, il fut, semble-t-il, actif en politique. En 1892, il participa à la campagne réussie en vue de la présidence de Grover Cleveland. En 1896, deux ans après sa prise de contact avec les Étudiants de la Bible, il se présenta sous la bannière démocrate à la législature de l'État du Missouri mais échoua à 100 voix près. En 1896 et 1900, il participa brièvement aux campagnes perdues de William Jennings Bryan,[30] démocrate et ardent fondamentaliste religieux qui fut par la suite l'avocat pour la cause créationniste dans le procès Scopes lui aussi perdu en 1925. Bryan fut aussi opposé à l'entrée en guerre des États-Unis en 1917, tout comme Rutherford.
Implication dans la Watch Tower
Aux côtés de Russell
C'est en 1894 que Rutherford entra en contact avec le mouvement des Étudiants de la Bible par l'achat de trois livres de la série Millennial Dawn et de revues à des colporteurs comme en témoigne une lettre publiée dans La Tour de Garde du 15 avril de cette année-là. A l'époque, il percevait toutes les religions comme étant hypocrites, mais fut touché par la sincérité de Russell,[31][32] et écrivit à la Société Watch Tower pour la remercier des livres.[33] Malgré cela, il ne se fit baptiser que douze ans plus tard, en 1906, année où il publia son premier livre Le salut de l'homme selon le point de vue d'un homme de loi. Avec son épouse, il tint des classes d'études bibliques à son domicile,[30] et abandonna son travail d'avocat dans le Missouri en 1907.[34]
Peu de temps après, il apparut comme orateur d'une convention des Étudiants de la Bible en août aux Chutes du Niagara,[35] et dans le même temps, devint le conseiller juridique du mouvement à son siège social de Pittsburgh. Il servit dans ce rôle lors des affaires opposant Charles Russell à sa femme Maria en 1908 en vue de leur séparation, et dans l'affaire du "blé miraculeux". Selon La Tour de Garde du 15 juin 1908, Rutherford servit comme "pèlerin" à cette date.[23] Comme la santé de Russell se détériorait, il représenta aussi ce dernier lors de voyages en Europe,[36] et en avril 1915, il participa à un grand débat avec le prédicateur baptiste J.H. Troy à Los Angeles devant un auditoire de 12 000 personnes,[37][38] à débattre des sujets divers, dont l'état de les morts, le feu de l'enfer et la seconde venue du Christ.[39][40]
En 1915, il publia une défense dithyrambique du pasteur Russell, appelée Une grande bataille dans les cieux ecclésiastiques, panégyrique de Russell dans le rôle de David contre Goliath, représentant tous ses opposants religieux, étendus à la totalité des autorités ecclésiastiques du monde entier. Si Russell accepta ce cadeau, il ne voulut pas néanmoins être associé au projet tout en acceptant d'en informer les lecteurs de La Tour de Garde pour qu'ils le commandent.[41]
Rutherford quitta le Béthel cette année-là pour reprendre son activité d'avocat à Monrovia près de Los Angeles pour une chaîne de magasins. À cette occasion, il demanda une fort dédommagement financier de 1 000 dollars de l'époque à Russell, pour ouvrir un cabinet d'avocat à Los Angeles, ce que ce dernier accepta. Cette demande laissait sous-entendre que c'était en fait Russell qui aurait demandé à Rutherford de quitter le Béthel. C'est en raison de cette demande, et des distances de Russell sur le livre de Rutherford, que certains critiques évoquèrent à l'époque le froid qui aurait existé entre les deux hommes dans les dernières années de la vie du pasteur. Néanmoins, cet avis doit être nuancé par le fait que Russell ne demanda pas la radiation de Rutherford des directeurs de la Société, ni ne chercha quelqu'un d'autre pour être son dépositaire testamentaire. De plus, Rutherford participa toujours aux assemblées en tant qu'orateur: par exemple, il fut l'un des orateurs aux côtés de Russell le 15 juillet 1915 à l'assemblée de Springfield, dans le Massachusetts, et fut le président de l'assemblée de Los Angeles du 2 au 10 septembre 1916. On peut néanmoins se demander si ce n'est pas peu de responsabilités pour un directeur de la Société. De plus à partir de 1913, Russell n'eut plus eu la majorité des actions de la Société Watch Tower et n'a pas pu à partir de cette date agir à sa guise avec les directeurs comme il reconnaissait le faire dans une Tour de Garde de 1890. Sur ce point, le mystère reste donc entier, on peut néanmoins affirmer que Rutherford n'était pas vu par Russell comme son successeur le plus probable.
Élection à la présidence
Le jour même de la mort de Russell, Alexander H. Macmillan, alors manager général en l'absence de Russell au Béthel de Brooklyn, intercepta un télégramme de Menta Sturgeon, le secrétaire particulier de Russell, envoyé à sa femme et qui annonçait le décès du pasteur. Il avertit immédiatement Rutherford, alors présent à une assemblée à Oakland dans le Marynland, le décidant à partir dans l'urgence pour le Béthel car il était le dépositaire testamentaire du pasteur.
Deux jours après, le conseil des directeurs élut à la place de Russell, A.N Pierson et nomma un comité exécutif de trois directeurs chargé de l'intérim: A.I. Ritchie, W.E. Van Amburgh et J.F. Rutherford, jusqu'aux nouvelles élections lors de l'assemblée générale de janvier suivant.[42] Ce comité fut lui-même supervisé par le comité des directeurs dans son ensemble. Rutherford rejoignit également un comité de rédaction de cinq personnes pour faire publier La Tour du Garde à partir du numéro du 15 décembre 1916. Dans son testament, Russell avait décrété qu'après sa mort le magazine devait être géré par un comité de rédaction de cinq personnes;[43] il n'avait placé Rutherford que quatrième sur une deuxième liste alternative de cinq membres destinée à combler d'éventuelles vacances à cette fonction.[44]
Très vite le dynamisme et la connaissance de la loi de Rutherford le désignèrent comme possible candidat à la présidence. La Société Watch Tower était à l'époque une société d'édition dont la nomination des dirigeants revenait aux actionnaires. Toute personne donnant dix dollars avait droit à un vote, et chaque donation supplémentaire de dix dollars donnait droit à un vote supplémentaire. C'était le 6 janvier 1917 que Rutherford, seul candidat, fut élu par les actionnaires comme président, Pierson comme vice-président et Van Amburgh comme secrétaire-trésorier. Un fait parmi bien d'autres montre que Rutherford savait qu'il allait être élu président, avant même cette élection: sa biographie avait été envoyée aux journaux éloignés une semaine avant l'élection pour qu'elle paraisse le jour de l'annonce de son élection.
Une brochure publiée par les quatre directeurs exclus en 1918, affirme que MacMillan s'était vanté après l'élection d'avoir pris de vitesse ceux qui voulaient présenter leur candidature et ainsi laisser pour seul candidat Rutherford. De ce fait, les votes prévus pour d'autres candidats sur les procurations d'Étudiants de la Bible qui n'avaient pas pu être là, furent mécaniquement reportés sur la candidature unique de Rutherford.
Le jour de l'élection, Rutherford proposa de nouvelles règles de fonctionnement ou By-Laws pour la Société Watch Tower, lui donnant tout pouvoir et créant un comité consultatif de trois "frères" pour le président, comité indépendant du comité des directeurs de la corporation. Il fit examiner ce texte pendant que les actionnaires écoutaient des discours, par un comité de trois Étudiants de la Bible — "Frère" Margeson de Boston, "Frère" Bricker de Pittsburgh et "frère" Ostrander de Cleveland —[45] qui, après examen, souhaita le modifier pour donner un droit de regard du conseil des directeurs sur le comité et les actions du Président. Rutherford intercepta le comité ainsi que le texte amendé proposé par celui-ci avant que son porte-parole n'arrivât sur le podium, et parlementa pendant une heure avec les membres du comité pour qu'ils laissent inchangé son texte, les menaçant de faire un scandale. Apeurés, les trois "frères" acceptèrent, et les actionnaires approuvèrent le texte. De retour de l'assemblée, Rutherford convoqua dans la foulée les directeurs, seuls à même de pouvoir valider légalement ces By-Laws, afin les leur faire entériner.[46] Il semble que ces directeurs ne savaient pas que les actionnaires n'avaient pas le droit de voter des By-Laws,[47] en conséquence de qui ils validèrent le texte.
De son côté, Macmillan déclara plus tard que les tensions au siège de la Société avait augmenté à mesure que le jour de l'élection des dirigeants de la Société approchait. Il écrivit Van Amburgh et lui-même détenaient un grand nombre de votes et que de nombreux actionnaires, sachant leur longue association avec Russell, leur envoyèrent leurs procurations afin qu'ils votent pour celui qu'ils estimaient le plus apte pour le poste de président.[48] Macmillan affirma avait refusé, un mois plus tôt, l'offre de Russell pour le poste de président après sa mort,[49] et dit avoir été d'accord avec Van Amburgh sur le fait que Rutherford leur semblait le meilleur candidat. Pour Macmillan, "il n'y a[vait] aucun doute dans [son] esprit que la volonté du Seigneur s'accomplissait dans ce choix".[50]
Schisme de 1917
- Voir articles détaillés Crise de succession de 1917 et Paul Samuel Leo Johnson
Il semble que les directeurs qui furent expulsés n'étaient pas appréciés pour leurs capacités avant même la mort de Russell par le triumvirat qui prit le pouvoir (Rutherford, Van Amburgh, Macmillan), témoin l'anecdote rapportée dans Light After Darkness par l'un de ces directeurs: pendant la veillée funèbre de Russell, le 6 novembre 1916, Macmillan aurait approché l'un deux pour lui proposer discrètement de quitter son poste de directeur pour que des personnes plus compétentes prennent sa place, menaçant celui-ci d'être mis à la porte s'il ne le faisait pas lui-même.[51]
Le 6 janvier 1917, Rutherford, alors âgé de 47 ans, fut élu président de la Société Watch Tower, sans opposition, lors du congrès de Pittsburgh. Les By-Laws adoptés tant par la Convention de Pittsburgh que par le Conseil d'administration précisaient que le président serait le directeur exécutif et général de la Société, lui donnant ainsi la pleine charge de ses affaires dans le monde entier.[52] Une fois Rutherford élu et ayant tout pouvoir, et Van Amburgh confirmé trésorier de la Watch Tower, il nomma Macmillan représentant spécial de Rutherford au Béthel, le pouvoir devenant ainsi cadenassé. Le seul qui pouvait alors faire contrepoids était Pierson, nommé vice-président de la Watch Tower; il habitait à plusieurs jours de trajet du Béthel. On peut se demander si au fond cette prise de pouvoir ne s'était pas réalisée si facilement tant en raison du dynamisme et de l'esprit calculateur d'un Rutherford qu'en raison de la naïveté et de la passivité des directeurs.[53]
Les problèmes rencontrés avec l'Angelophone et l'argent "disparu" du Photo-Drame de la Création provoquèrent très vite une rupture entre les trois dirigeants et les autres, rupture d'autant plus rapide que Rutherford ne s'embarrassa pas de dire aux intéressés que ce n'était pas leur affaire et qu'ils n'avaient aucun pouvoir de décision, ni même de vérifier les comptes. En juin, quatre des sept directeurs de la Société Watch Tower — Robert H. Hirsh, Alfred I. Ritchie, Isaac F. Hoskins et James D. Wright — décidèrent qu'ils avaient commis une erreur en approuvant des pouvoirs élargis à Rutherford pour la direction de l'organisation, affirmant que celui-ci était devenu autocrate.[54] Dès avril, ces directeurs prirent des avis juridiques extérieurs, notamment auprès de Francis H. McGee, un juriste, assistant de l'avocat général de la cour du New Jersey et Étudiant de la Bible, pour savoir ce qu'ils pouvaient faire avec les By-Laws passés. En juin, Hirsch tenta d'annuler le nouveau règlement et de récupérer l'autorité du Conseil du président.[55] Rutherford prétendit plus tard qu'il avait alors détecté une conspiration parmi les administrateurs, affirmant que ceux-ci cherchaient alors à prendre le contrôle de la Société.[56]
En juillet, Rutherford gagna un avis juridique de la part d'un avocat de Philadelphie qui lui dit qu'aucun de ses opposants ne pouvaient être légalement reconnus comme administrateurs de la Société. La littérature de la Watch Tower affirme que les conseils juridiques donnés aux directeurs évincés avaient confirmé celui de Rutherford;[57] cependant, les brochures produites par les membres du Conseil expulsés à l'époque indiquèrent que leur conseils juridiques, obtenus auprès de plusieurs avocats, étaient en désaccord avec celui de Rutherford.[58][59] Selon eux, si les quatre directeurs n'étaient pas légaux, les trois autres (Rutherford, Van Amburgh, Pierson) ne l'étaient pas non plus, car on choisissait les officiers du mouvement parmi les directeurs, s'il n'y a plus de directeurs, il n'y a plus d'officiers. De plus, la jurisprudence du comté démontrait que dans ces cas particuliers, on attendait simplement la prochaine réunion des actionnaires au cours de laquelle serait choisis légalement leurs nouveaux directeurs. Enfin, Rutherford avançait l'idée que, puisque la Watch Tower était une corporation de Pennsylvanie, la loi obligeait à ce que trois des administrateurs habitent dans ce comté; toutefois, les directeurs démontrèrent que cette loi postérieure à l'incorporation de la Société ne pouvait pas s'appliquer rétroactivement. En dehors de Macmillan, les trois autres frères nommés habitaient loin du Béthel, tout comme déjà le vice-président Pierson qui habitait Cromwell dans le Connecticut. Les frères Spill et Bohnet habitaient Pittsburgh, le frère Fischer vivait à Scranton, tous dans l'État de Pennsylvanie. Ainsi, aucun des directeurs autres que Van Amburgh, Rutherford et Macmillan ne pouvaient avoir une vue des activités du mouvement.
Le 20 juin, une réunion des directeurs eut lieu, durant laquelle les quatre directeurs proposèrent de réécrire les By-Laws, mais Rutherford, furieux, fit ajournée la réunion jusqu'au 20 juillet; pendant ce temps, il partit en voyage à Philadelphie pour prendre des conseils juridiques. Lors de son absence au début de juillet, le conflit atteignit son paroxysme, quand les quatre directeurs apprirent qu'ils n'avaient plus le droit de rentrer au Tabernacle de Brooklyn; incrédules, ceux-ci décidèrent de s'y rendre malgré tout, et Macmillan, qui avait été averti de leur venue, leur demanda de sortir. Face à leur refus, il appela un policier, mais celui-ci rebroussa chemin, reconnaissant qu'il n'avait aucun droit d'intervention dans des affaires privées.
De retour à Brooklyn, Rutherford convoqua une réunion des directeurs trois jours avant la date, réunion dans laquelle il annonça l'expulsion des quatre directeurs. Son argumentation juridique reposait sur le fait que, selon la loi, les directeurs devaient être élus annuellement par les actionnaires, ce qui n'était pas le cas, puisqu'ils avaient été nommés par Russell ou par les autres directeurs. Rutherford pensa que les trois autres directeurs, qui avaient été élus officiers (Président, Vice-Président et Trésorier) par les actionnaires ne se trouvent pas dans ce cas de figure. De ce fait, le 12 juillet, Rutherford remplit ce qu'il prétendait être quatre postes vacants au Conseil d'administration en nommant Macmillan, l'Étudiant de la Bible de Pennsylvanie W. E. Spill, John A. Bohnet et George H. Fisher en tant qu'administrateurs.[60]
Le 31 juillet, Rutherford réunit le Conseil d'administration de la People's Pulpit Association afin d'expulser de celui-ci les frères Hirsh et Hoskins. Quatorze des 40 membres de l'association furent présents. Rutherford déclara que ces directeurs étaient opposés au travail de cette association et devaient donc en être exclus. Il n'arriva pas à convaincre la majorité des membres présents, néanmoins Macmillan présenta les proxys envoyés et utilisés pour l'élection des directeurs du 10 janvier et vota avec ceux-ci pour obtenir la majorité. Cette procédure était illégale, un proxy ne servant que pour le vote auquel il était prévu. De ce fait, certains des membres présents protestèrent, d'autres le feront plus tard, comme Paul E. Thomson dans une lettre à Macmillan, déclarant que son proxy ne servait que pour le 10 janvier et qu'il était contre le vote qu'on lui avait fait prendre.[61]
Entre août et novembre, la Société et les quatre directeurs évincés publièrent une série de pamphlets, chaque camp accusant l'autre de comportement ambitieux et autoritaire. Les anciens administrateurs affirmèrent également que Rutherford avait demandé à tous les travailleurs du siège de Brooklyn de signer une pétition afin de le soutenir, et ceci avec la menacé de licenciement de tous ceux qui ont refuseraient de signer.[51] Les anciens administrateurs quittèrent le siège de Brooklyn le 8 août.[62] Le 5 janvier 1918, les actionnaires retournèrent au bureau de Rutherford.
De plus, vers la même époque, un conflit opposant Rutherford à Paul Samuel Leo Johnson éclata à ce moment-là à propos des pouvoirs de ce derniers dans l'organisation; néanmoins d'après les directeurs expulsés, ce n'était pas la cause des leurs problèmes, bien que la Watch Tower ait présenté Johnson comme étant à l'origine de la "rébellion" des quatre administrateurs.
La controverse fractura le mouvement des Étudiants de la Bible et certaines congrégations se divisèrent en groupes opposés fidèles soit à Rutherford, soit à ceux qu'il avait expulsés. À la mi-1919, environ un septième des Étudiants de la Bible avait choisi de quitter le mouvement plutôt que d'accepter la direction de Rutherford, et au cours de la décennie suivante des groupes dissidents de la Watch Tower furent formés, dont les Standfasters, le Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, la Dawn Bible Students Association, l'Institut Biblique Pastoral, le Mouvement de la Voix d'Élie et la Société de l'Aigle, entre autres.
Publication du Mystère Accompli et conséquences
À la fin de 1916, deux éminents Étudiants de la Bible du siège de Brooklyn, Clayton J. Woodworth et George H. Fisher, demandèrent l'approbation du Comité exécutif afin de produire un livre sur les prophéties des livres de la Révélation et Ézéchiel qui aurait été basé sur les écrits de Russell.[63] Le livre, Le Mystère Accompli, présenté dans les publications de la Watch Tower comme étant le septième volume de la série des Études dans les Écritures et une œuvre posthume de Russell, fut publié à l'insu de l'ensemble du Conseil d'administration et du Comité de rédaction,[64] par Rutherford au siège mondial le 17 juillet 1917, le jour où il annonça la nomination de quatre administrateurs de remplacement.
Bien que dénoncé par les adversaires de Rutherford, le livre fut immédiatement un best-seller, traduit en six langues et publié en feuilleton dans La Tour de Garde.[65] Rutherford, qui attendait pour 1918 l'établissement du Royaume de Dieu sur terre et l'enlèvement des saints au ciel,[65] commença une vaste campagne publicitaire pour dénoncer l'"iniquité" des religions et de leurs alliances avec les gouvernements "bestiaux", développant les affirmations du Mystère Accompli comme quoi le patriotisme était une illusion et un meurtre.[66][67] La campagne attira l'attention des gouvernements et le 12 février 1918, le livre fut interdit par le gouvernement canadien au motif de "déclarations séditieuses et anti-guerre", selon un journal de Winnipeg.[68] Le 24 février, à Los Angeles, Rutherford prononça une conférence intitulée "Le monde touche à sa fin - Des millions de personnes actuellement vivantes peuvent ne jamais mourir" (les titres des discours ultérieurs sur ce thème furent rebaptisés "Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais")[69][70] dans laquelle il attaquait le clergé en déclarant: "En tant que classe, selon les Écritures, les membres du clergé sont les hommes les plus répréhensibles sur terre pour la grande guerre qui est en train d'affliger l'humanité."[68] Trois jours plus tard, l'Army Intelligence Bureau saisit les bureaux de la Société de Los Angeles et la littérature fut confisquée.
Au début de mai 1918, le procureur général américain Thomas Watt Gregory condamna Le Mystère Accompli comme étant "l'un des exemples les plus dangereux de (...) propagande (...), une œuvre écrite dans un langage extrêmement religieux et distribuée en masse".[71] Des mandats furent émis pour arrêté Rutherford et les sept autres administrateurs de la Watch Tower sur des accusations de sédition en vertu de la Loi sur l'espionnage. De ce fait, deux Tour de Garde de cette période se montrèrent étonnamment bienveillantes envers le gouvernement américain, affirmant que les adeptes pouvaient acheter des bons servant à financer la guerre et à se joindre à la jour de prière en faveur de la victoire, ce qui amena le schisme des Standfasters. Le 21 juin, sept d'entre eux, y compris Rutherford, furent condamnés à 20 ans d'emprisonnement. Rutherford craignait alors que ses adversaires ne prennent le contrôle de la Société, en son absence. Le 2 janvier 1919, il apprit qu'il avait été réélu président lors du congrès de Pittsburgh la veille.[72] En mars 1919, les administrateurs furent libérés sous caution après qu'une cour d'appel statua qu'ils avaient été condamnés à tort; en mai 1920, le gouvernement annonça que toutes les charges avaient été abandonnées.[73]
Respect des dernières volontés de Russell
- Édition de L'Âge d'Or
- Comité éditorial
Dans ces dernières volontés, Russell avait prévu un comité éditorial de cinq membres dont trois au moins devaient être d'accord avant toute publication dans la revue La Tour de Garde ou avant tout nouveau livre. Dès la parution du livre Le Mystère Accompli en 1917, Rutherford enfreignit ces directives. D'après le transcript du procès de 1918, Rutherford fut le seul à avoir lu le livre avant sa parution et à avoir donné son accord, en dehors de Clayton Woodworth qui ne faisait pas parti du comité mais qui était l'instigateur du projet. Si les deux auteurs prétendaient avoir eu l'aval du Comité éditorial, on ne sait pas qui en réalité donna l'ordre, même si on peut en déduire par l'unique personne qui a lu le livre pour accord, qu'il s'agissait bien de Rutherford uniquement.[74]
Fichier:Angelo2.JPG En ce qui concerne La Tour de Garde, le comité éditorial travailla jusqu'en 1925, puisque lors de la parution de l'article "La Naissance d'une Nation", ce comité était en désaccord avec Rutherford, l'auteur de l'article. Néanmoins Rutherford alla contre l'avis du comité et publia l'article; dans le même temps, il supprima ce comité à cette date et s'en justifia après coup en 1938. La mention du comité éditorial resta dans La Tour de Garde jusqu'en 1931 pour disparaître ensuite. Dans son témoignage lors du procès Moyle contre Watchtower, la sténographe de Rutherford, Bonnie Boyd Heath révéla qu'à partir de 1929, date de son incorporation dans l'équipe de travail de Rutherford, jusqu'à la mort de celui-ci, le seul auteur des lignes de La Tour de Garde était ce même Rutherford, qui décidait si oui ou non quelqu'un pouvait lire l'article avant tirage pour émettre des suggestions. Même quand il commandait un article par un autre auteur, c'était lui qui avait le décidait de tout en dernier ressort.
- Angelophone
Un des derniers projets de Russell appelé Angélophone consistait en une série de disques de cantiques chantés. Dès sa mort, Macmillan annula tous les contrats. Plusieurs directeurs tentèrent de ressusciter le projet et s'opposèrent à un refus de Rutherford. Ce n'est qu'avec le don de 12 000 dollars d'une "sœur" dans l'Illinois que le projet fut relancé, et selon les directeurs expulsés, Rutherford aurait demandé à "frère" Cooke, l'Étudiant de la Bible chargé du projet, de vendre les disques au plus haut prix.[75]
Vie personnelle
Mariage et sexualité
- Mariage avec Mary
- Al Jolson's winter Show

Il est notoire, que dès son accession au poste de président, Rutherford vécu séparé de sa femme et de son fils. La raison officielle de cette séparation avait trait au handicap de la femme de Rutherford. Néanmoins ni elle, ni son fils n'ont assisté aux funérailles du "Juge" laissant entrevoir le bien-fondé des rumeurs de brouille du couple circulant au Béthel d'alors, même si cette dernière vécue un temps avec lui à Beth-Sarim.
Les mœurs de Rutherford furent mis en lumière par exemple dans une lettre adressée à Joseph Rutherford, datée du 27 Avril 1926 et écrite par un des deux auteurs du livre Le Mystère Accompli Georges H. Fisher. L'auteur de la lettre reprochait à Rutherford d'avoir été aperçu par le portier du show appelé "Artists and Models" qui se produisait au Al Jolson's Winter Garden Theater de New-York en 1926, un show du genre Crazy Horse Saloon où dansent des femmes nues ou à moitié dénudées, au bras d'une jeune femme. Le portier, membre des Témoins de Jéhovah avait révélé l'affaire. L'histoire fit assez de bruit pour qu'un écho de la controverse paraisse dans la revue Golden-Age du 4 Mai 1927, le secrétaire général de l'IBSA de l'époque, Brenisen déclarant que Rutherford lui avait certifié n'avoir jamais mis les pieds à ce show. Néanmoins Fischer ne se laissa pas impressionner et contacta plusieurs membre du bureau des directeurs en vue de sanction, par chance pour Rutherford, Fischer décéda trois mois plus tard.
- Bonnie Boyd et Berta Teel
Voir articles détaillés Bonnie Boyd et Berta Teel
Alcoolisme

Voir article détaillé : Alcoolisme de Rutherford
Plusieurs fois au cours de sa présidence des voix de personnes haut placées dans le mouvement se sont élevées pour dénoncer la promotion et la consommation d'alcool au Béthel en général et désignant particulièrement Rutherford lui-même. Le 1er avril 1937, dans une lettre ouverte, l'ex-Serviteur de filiale du Canada Walter F. Salter déclara qu'en pleine prohibition, Rutherford se faisait livrer des caisses entières de Whisky, Brandy et bières pour des milliers de dollars de l'époque. En Octobre 1939, c'est au tour de l'avocat Olin Moyle, alors l'avocat en chef des Témoins de Jéhovah de dénoncer l'utilisation de l'alcool au Béthel.
Caractère autoritaire
- "Chef" d'une armée théocratique
Rutherford n'a jamais caché ses sentiments guerrier. Il a par exemple clairement signifier lors du procès de 1918, "que son inclinaison individuelle est d'aller à la guerre" car son rêve "depuis son enfance est de diriger une armée". Il opposait cette inclinaison individuelle avec l'obligation pour un chrétien de ne pas faire la guerre.[76]. Dès lors, il n'est pas étonnant de voir que sous sa présidence, son mouvement s'est organisé et s'est considéré comme une "armée".
- Procès Moyle et autorité de Rutherford
Lors du procès Moyle en 1942 est évoqué l'autorité qu'exerçait Rutherford de 1935 à 1939, date à laquelle Moyle se trouvait au Béthel de Brooklyn, et où il a été choqué de l'attitude de Rutherford. Le témoignage de Nathan Homer Knorr, alors vice-président du mouvement au moment des faits, et nouveau président du mouvement au moment du procès, est éclairant à plusieurs titres. Par exemple Knorr montre dans ces propos que Rutherford dirigeait tout, y compris l'assignation des travailleurs au Béthel [77]Bien qu'il le présente comme un "témoin de Jéhovah comme les autres", il reconnait que Rutherford écrivait tous les livres et revues [78] et en même temps que sans clamer l'infaillibilité, les écrits du mouvement sont pris comme étant la parole de Dieu [79] que Rutherford pouvait faire ce qu'il veut avec l'argent de la Société sans contrôle des directeurs [80] Enfin que pour la doctrine jéhoviste, la fidélité et la loyalité à l'organisation équivalait à être fidèle et loyal à Dieu [81] tout en déclarant ailleurs qu'il n'y a pas de distinction entre clergé et laïc chez les Témoins de Jéhovah [82]
Mis bout à bout, le témoignage de Knorr montre tout le paradoxe de la doctrine jéhoviste prétendant à l'égalité parfaite de tous les membres du mouvement (pas de clergé, tous frères) et en même temps qu'obéir à un homme, en l'occurence Rutherford, équivaut à obéir à Dieu, donc Rutherford était l'égal de Dieu.
Dans ce même procès Bonnie Boyd Heath témoigne qu'elle appelait Rutherford "Papa"[83]. Matthew Arnold Howlett, un autre proche de Rutherford, révèle que pratiquement tout le monde à l'époque au Béthel, l'appelait "Papa"[84]. Ainsi Rutherford au moins au Béthel de Brooklyn semblait exercé son emprise au point de prendre symboliquement la place du Père.
Théologie
Trinité non sainte
Le fondement de la lutte contre le "monde" entamé par Rutherford se nomme dans la théologie de Rutherford, "la trinité non-sainte" composée du Big Business, de la religion, et de la politique. Cette trinité contrôle ou tente de contrôler le monde pour le compte de Satan. Ironiquement, cette vision du monde, Rutherford la partage avec un politique de son époque, le Rep. Louis T. McFadden, le représentant républicain de la Pennsylvanie au Congrès de 1920 à 1934, homme connu pour son profond antisémitisme, il proposera un texte au Congrès pour permettre à la Société Watchtower de continuer à émettre, malgré les protestations. Durant la présentation de ce texte devant le congrès, McFadden donnera la même définition que Rutherford du monde dominé par trois courants destructeurs [85]
Naissance de la "nouvelle nation" ou "théocratie"
Affaire de la "Bonus Army"
Décès
Dans sa soixante-dixième année, Rutherford subit plusieurs traitements médicaux lourds pour lutter contre un cancer de l'intestin. Il dut subir plusieurs opérations chirurgicales en 1941 mais ne s'est jamais remis complètement. Il meurt à San Diego le 8 Janvier 1942 à l'âge de 72 ans. Ses funérailles n'ont été suivies que par quatre personnes, dont aucune n'est de sa famille. Ni sa femme Mary et leur fils Malcom, ni ses successeurs Nathan Knorr ou Frederic Franz n'étaient présents. Les documents officiels du coronaire de l'Etat de Californie font état qu'il était mort depuis plusieurs jours quand son corps a été découvert au pied d'une cage d'escalier de sa propriété de Beth-Sarim et que des morsures de rats ont été constatées sur son visage et sur ses mains.
Son successeur immédiat à la tête de la WatchTower est Nathan Knorr.
Ressources sur le sujet
- Felix, Révérend Richard (1940) (anglais), Rutherford Uncovered
- Johnson, Paul S.L. (1er novembre 1917) (anglais), Harvest Siftings Reviewed, format pdf
- Macmillan, A.H. (1957) (anglais), Faith on the March], Prentice-Hall
- Penton, James M. (1997, 2è éd.) (anglais), Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, University of Toronto Press (ISBN 0-8020-7973-3)
- Pierson A.N. et d'autres (1er septembre 1917) (anglais), Light After Darkness, format pdf
- Rogerson, Alan (1969) (anglais), Millions Now Living Will Never Die, Londres: Constable (ISBN 0094559406)
- Rutherford, Joseph F. (1er août 1917) (anglais), Harvest Siftings, Watch Tower Bible & Tract Society, format pdf
- Rutherford, Joseph F. (1er octobre 1917) (anglais), Harvest Siftings, Part II, Watch Tower Bible & Tract Society, format pdf
- Watch Tower Bible & Tract Society (1959) (anglais), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, Watch Tower Bible & Tract Society
- Watch Tower Bible & Tract Society (1975) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society
- Watch Tower Bible & Tract Society (1993) (anglais), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible & Tract Society
- Wills, Tony (2006) (anglais), A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evolution, Morisville: Lulu Enterprises (ISBN 978-1-4303-0100-4)
Références
- ↑ Penton, 1997, p. 50
- ↑ Rogerson, 1969, p. 37
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 juillet 1950, p. 217, article "Postwar Enlargement of the Theocratic Organization"
- ↑ Penton, 1997, p. 75
- ↑ Rogerson, 1969, p. 64
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 juin 1987, p. 17, article "Testing and Sifting in Modern Times"
- ↑ Rogerson, 1969, p. 53
- ↑ Rutherford, J.F. (1936) (anlgais), Richesses, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 27
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 mai 1995, p. 20, article "Flashes of Light—Great and Small"
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, pp. 319
- ↑ Consolation (anglais), 27 mai 1942, p. 6. Toutefois, il n'est pas précisé si ce chiffre incluait ou pas la distribution des premiers écrits de Russell.
- ↑ WTBTS (1975) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah (anglais), p. 94: "...earthwide report shows that the Memorial of Jesus Christ's death on April 5, 1917, was attended by 21,274.
- ↑ WTBTS (1959) (anglais), Les Témoins de Jéhovah dans les desseins divins, pp. 312,313: L'assistance au Mémorial fut de 98 076 en 1941 et de 140 450 en 1942.
- ↑ Penton, 1997, p. 47
- ↑ Dept. of Public Health, San Diego California, Joseph Franklin Rutherford, Certificat de décès du 6 février 1942
- ↑ Rogerson 1969, p. 34
- ↑ Felix, 1940, p. 21. Cette brochure de l'époque de Rutherford affirme même qu'on ne retrouve aucune trace de Rutherford dans les registres des écoles de loi du Missouri.
- ↑ 18,0 et 18,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 81
- ↑ 19,0 et 19,1 Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
- ↑ D'après les livres de cour, le circuit de Cour de Versailles (Missouri) et le circuit de cour de Boonville (Missouri); cité dans Felix, 1940, p. 21
- ↑ Courts Records, Cooper County, Missouri Book 19, p. 84, cité dans Felix, 1940, p. 21
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
- ↑ 23,0 et 23,1 La Tour de Garde (anglais), 15 mars 1955, p. 175, article "Modern History of Jehovah's Witnesses"
- ↑ "Succeeds Pastor Russell", The New York Times (anglais), 17 janvier 1919, Section I, p. 9, query.nytimes.com, format pdf. Consulté le 12 août 2011
- ↑ "Religion: Jehovah's Witness", Time magazine (anglais), 10 juin 1935, time.com. Consulté le 12 août 2011
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 83
- ↑ Missouri Appeal Reports, vol. 68, pp. 441-47; cité dans Felix, Rutherford Exposed, p. 25
- ↑ Procès Moyle, pp. 841–44
- ↑ Procès des sept administrateurs de la Société Watch Tower, 1918, pp. 964,965
- ↑ 30,0 et 30,1 Harrison, 1978, chapitre 6
- ↑ Wills, 2006, p. 131
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 1er octobre 1997, p. 6, qui cite un journal de 1913 comportant un entretien dans lequel Rutherford dit être devenu athée après qu'un pasteur baptiste ait affirmé que son épouse Mary Rutherford irait en enfer parce qu'elle n'avait pas été baptisée.
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 67
- ↑ Transcript procès 1918, p. 968
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 11 octobre 1907
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 janvier 1915, p. 26, R5616, article "British Branch report"
- ↑ Rogerson, 1969, p. 30
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1975, p. 55
- ↑ "Rutherford-Troy Debate" (anglais), archive.org. Consulté le 12 août 2011
- ↑ WTBTS (1991) (anglais), Annuaire des Témoins de Jéhovah, p. 73
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 1er mai 1915, p. 130, R5685, article "Judge Rutherford's Spicy Defense"
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 647
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 décembre 1916, R5999, p. 358, article "Will and Testament of Charles Taze Russell"
- ↑ Penton, 1997, p. 48
- ↑ Pierson, 1917, p. 5
- ↑ Pierson, 1917, pp. 5,6
- ↑ Pierson, 1917, p. 16, lettre du Frère McGee. McGee et Hoskins découvrirent plusieurs semaines après, en étudiant la charte, que ce n'étaient pas les actionnaires qui pouvaient passer des By-Laws, mais les directeurs
- ↑ Macmillan, 1957, p. 68
- ↑ Macmillan, 1957, p. 70
- ↑ Macmillan, 1957, p. 71
- ↑ 51,0 et 51,1 Pierson, 1917, p. 9
- ↑ Pierson, 1917, pp. 5,6
- ↑ Selon la brochure Facts for Shareholder, dès la mort même de Russell, Van Amburgh et Rutherford avaient pris le pouvoir au sein du comité exécutif temporaire, laissant de côté Hirsh sans même que cela dérange aucun des directeurs, ni même l'intéressé.
- ↑ Pierson, 1917, p. 4
- ↑ Rutherford, août 1917, p. 12
- ↑ Rutherford, août 1917, pp. 22,23
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1959, p. 71, colonne 2
- ↑ Pierson, 1917, p. 11
- ↑ Facts for Shareholders, 15 novembre 1917, p. 14
- ↑ Rutherford, août 1917, pp. 14,15
- ↑ Pierson, 1917, p. 10
- ↑ Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 68
- ↑ Wills, 2006, p. 97
- ↑ Pierson, 1917, p. 11
- ↑ 65,0 et 65,1 Rogerson, 1969, p. 40
- ↑ Wills, 2006, p. 100
- ↑ Rogerson, 1969, p. 41
- ↑ 68,0 et 68,1 Macmillan, 1957, p. 85
- ↑ Le discours initial était intitulé "The World Has Ended—Millions Now Living May Never Die". Voir la différence dans les titres entre le 24 février et le 31 mars dans Watch Tower Bible & Tract Society, 1993, p. 719
- ↑ Los Angeles Morning Tribune (anglais), 25 février 1918; cité par Macmillan, 1957, p. 86
- ↑ Macmillan, 1957, p. 89
- ↑ Macmillan, 1957, pp. 105,106
- ↑ Rogerson, 1969, p. 44
- ↑ Transcript du procès des 7 directeurs 1918, témoignage de Joseph Rutherford, pp. 973,974. Il avait lu manuscrit en février et mars 1917.
- ↑ Pierson, 1917, p. 12
- ↑ Transcription du Procès de Rutherford de 1918 P. 993
- ↑ Page 1446,1491 du transcript
- ↑ Page 1484, 1485 du transcript
- ↑ Page 1474 du transcript
- ↑ Page 1487 du transcript
- ↑ Page 1505 du transcript
- ↑ Page 1501 du transcript
- ↑ Page 1404 transcript procès Moyle
- ↑ Page 1200,1201 transcript du procès Moyle
- ↑ The three visible elements of men that rule the Nation are the commercial, the political, and the religious, and of these three, the commercial is the most powerful. Among the earlier statesmen of America, there were some God-fearing men who foresaw the advance of a mighty and selfish power and gave warning that the greedy would some day destroy the liberties of the people. That warning was unheeded, and the selfish commercial element, which is otherwise called "Big Business", has stealthily and constantly moved forward to its goal. With grasping arms like the tentacles of a mighty octapus [BTW, this was a frequent antisemitic metaphor at the time] it has laid hold upon practically all of the visible wealth of the Nation...."Big Business" has no regard for the rights of the common people. In 1917, "Big Business", for ultra selfish reasons, needlessly and wantonly forced the American Nation into the World War, which resulted in the greatly increased wealth and power of a few men and made serfs and paupers of many millions of people. Today, "Big Business" owns practically everything visible. By the manipulation of the finances of the Nation, "Big Business" has acquired title to almost all of the real estate, while hundreds of thousands of honest toilers are losing their homes and their land. A few ultra rich men fix the prices of the food products that are reaped by laborers; and, by reason thereof, the farmers are robbed and the laborers are being starved; and that within the borders of the richest Nation of the world. "Big Business" owns the ships that ply the seas, and that fly through the air. It owns and controls the railways and other ways and means of transportation...."Big Business" has in its employ the most astute lawyers of the Nation, who write the contracts always in the interest of their clients, and the common people must take the ragged end. Every branch of government is contaminated and improperly influenced by "Big Business". It controls the two major political parties of America and names and elects at will the public men to office who will best serve its selfish interests. "Big Business" controls the Army and the Navy, the guns and the ammunition, and the police power of the Nation...Practically all of the business corporations of America are owned or controlled by "Big Business". The employees of these mighty corporations have a hook in their nose, so to speak, and they dare not call themselves their own. They must obey the selfish men who are the mighty lords of finance or else lose their jobs... "Big Business" either directly or indirectly owns or controlls almost all of the newspapers and magazines of America, and which agencies serve as propagandists for "Big Business" and their immediate political and religious allies. The same selfish interests own and control the professional clergymen, and these men make merchandise of the Word of God in order to keep the people in ignorance and in subjection to the ruling powers. Thus it is plainly seen that the power of the Government is centralized in the hands of a very few.... "Big Business" and their mouthpieces, namely, the commercialized clergy referred to are represensible before God for hindering the truth concerning the present conditions in America and the means which might provide a remedy for the people, by God's help. There should be some action taken to further stop such intolerance in the use of radio (and that during this session of Congress) to prevent the further entrenchment of such powers. That is the reason why I have introduced this bill and am asking for consideration of it at this time. Pages 9 et 13 des auditions. Tiré de http://www.jehovahs-witness.com/11/142454/2.ashx
| Précédé par Charles Taze Russell |
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