Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

Herald of the Morning de août 1878

De Tj-encyclopédie
Herald of the Morning de août 1878
Revue Herald of the Morning
Date 1878
Auteur(s) John H. Paton, Benjamin W. Keith, Silas Bowker
Année 1878
Langue Anglais
Pays États-Unis
Éditeur Nelson H. Barbour

Ce numéro présente le « plan des âges » comme la seule lecture de la Bible capable de mettre d'accord des Églises qui s'opposent. Un schéma placé en première page résume ce plan. Il fait correspondre l'âge juif et l'âge de l'Évangile, présentés comme deux périodes de même durée, et il porte les dates du calendrier prophétique jusqu'à la fin des « temps des Gentils » en 1914.

Le numéro paraît quelques mois après le printemps 1878, quand l'enlèvement attendu des saints ne s'est pas produit. Les rédacteurs prolongent le délai de trois ans et demi. La moisson doit maintenant durer jusqu'en 1881, et cette période est consacrée à rassembler le « blé ». Plusieurs lecteurs disent dans leurs lettres avoir accepté ce nouveau délai sans perdre leur espérance.

Le reste du numéro tire les conséquences de cette attente. Les chrétiens sont invités à se tenir à l'écart des ambitions sociales et politiques, sans négliger leur travail. La mort du Christ est expliquée sans recourir à l'idée d'un innocent puni à la place des coupables. Des lecteurs venus des États-Unis et de France, dont deux pasteurs, un baptiste et un presbytérien, racontent comment la revue a changé leur foi.

Analyse

Croyances

L'histoire découpée en deux âges de même longueur

Le schéma de la première page reprend un verset sur les deux chérubins du tabernacle, faits « d'une même mesure et d'une même taille ».[1] Ce verset s'applique ici à deux époques : l'âge juif, qui est la version terrestre, et l'âge de l'Évangile, qui en est la version spirituelle. Ce chiffre existait déjà en 1877 dans Three Worlds, le livre de Barbour : 1845 ans séparent la mort de Jacob de la crucifixion.[2] D'après Penton, Barbour trouvait cette égalité dans la Bible du roi Jacques. En Ésaïe 40:2, Jérusalem reçoit « le double » pour ses péchés. Il en concluait que l'âge de l'Évangile devait durer exactement aussi longtemps que l'âge juif.[3] Barbour défendait déjà cette idée en public en février 1877 à Buffalo. Un journal de la ville, cité par Schulz et de Vienne, résume ainsi sa conférence : les deux âges sont « de même taille et de même mesure », et le premier sert de modèle au second.[4]

Une règle générale découle de ce parallèle : chaque partie du plan de Dieu est d'abord jouée « à l'échelle temporelle », dans la chair, avant d'être accomplie dans l'esprit.[5] Le tabernacle, Jérusalem, Adam et son mariage deviennent ainsi les types d'un antitype spirituel.[6] Robert Crompton décrit ce qui fait de ce parallèle un outil de calcul. Un événement de la fin de l'âge juif annonce son pendant à la fin de l'âge de l'Évangile. Les deux événements sont séparés par une durée fixe, la longueur d'un âge.[7] Le numéro applique cette règle au mouvement adventiste de 1843-1844. Du début de l'âge juif à la naissance de Jésus, il compte 1811 ans et six mois. Il compte la même durée de la mort du Christ à 1844.[8]

Ce découpage sert aussi à lire la Bible. L'article « Théologie biblique » ne prétend pas apporter d'idées inconnues. Chacune de ses vues, admet-il, est déjà défendue par une Église ou une autre.[9] Sa prétention est ailleurs : personne n'aurait encore rassemblé ces vues en un ensemble qui fait disparaître les contradictions.[10] Tony Wills décrit la méthode du « plan des âges » : on cherche à quel âge appartient chaque verset. Ce qui parle d'élection va à l'âge de l'Évangile. Ce qui parle de grâce offerte à tous va au millénium.[11] Le numéro fait exactement cela pour le conflit entre calvinistes et arminiens. L'élection vaut pour l'âge présent, et la grâce offerte à tous pour l'âge qui suit les noces de l'Agneau.[12] Pour l'auteur, cette réconciliation est elle-même un signe. Une théologie capable d'accorder toutes les Églises montrerait que le millénium et l'unité de l'Église sont tout proches.[13]

Il reste à dire pourquoi personne n'avait vu ce plan plus tôt. Keith répond par l'image d'une coutume orientale : une petite lampe attachée aux pieds du voyageur, qui n'éclaire le chemin que pas à pas.[14] La Bible, selon lui, ne donne la lumière qu'au moment où elle est due.[15] Keith applique cette explication à son propre groupe. Au printemps 1875, la « moisson » était comprise comme un temps de séparation du blé et de l'ivraie. La « vérité présente » est donc une connaissance qui change selon l'étape où l'on se trouve. C'est par elle que le « blé » est rassemblé.[16]

La mort du Christ achève la création de l'homme

On retrouve ce découpage en deux étapes dans l'article sur l'expiation. L'auteur y rejette l'idée qu'un innocent soit puni à la place du coupable. Il la juge contraire à la Bible et à toute idée de justice.[17] Il propose une autre raison à la mort du Christ. L'homme n'a pas été achevé en Éden : le premier Adam ne pouvait pas transmettre l'immortalité. Le Christ devait naître deux fois pour devenir le chef d'une race régénérée.[18] Les sacrifices d'animaux ne servaient pas à satisfaire une loi violée. Ils servaient à enseigner une leçon.[19] Le mot « rançon » reste dans le texte, mais il change de sens. Sans elle, la race humaine aurait péri parce qu'elle n'avait pas de vie spirituelle. Il n'est plus question d'un prix payé pour une dette.[20] Schulz et de Vienne attribuent cette théologie à Barbour. Pour lui, Adam n'était pas vraiment à l'image de Dieu, et le Christ est mort pour terminer une création en deux étapes, sans remplacer personne. Ils y voient un salut obtenu par les œuvres, en suivant l'exemple du Christ.[21] D'après Tony Wills, Barbour écrit la même année que la mort de chaque homme le libère du péché d'Adam. Chacun peut alors ressusciter sans péché, sans qu'un sacrifice de remplacement soit nécessaire.[22]

Le refus de la substitution touche des auteurs proches du groupe. Pour la combattre, l'article cite Ésaïe 53:5-6.[23] Joseph A. Seiss, le pasteur luthérien que le groupe lisait, citait les mêmes versets dans Holy Types pour défendre la substitution, cette fois comme « le nerf et la moelle de l'Évangile ». Schulz et de Vienne rapprochent la position adverse des idées unitariennes.[24] Dans le même milieu, George Stetson, que Russell et ses amis avaient fréquenté, expliquait en 1872 la rançon par un échange « vie pour vie ». Jésus offrait une vie humaine équivalente à celle qu'Adam avait perdue.[25][26] L'article d'août 1878 s'écarte donc de cet échange « vie pour vie ». La mort du Christ y ouvre l'accès à une autre nature au lieu de compenser une perte.[27]

Cette idée d'un homme inachevé règle une contradiction laissée ouverte dans « Théologie biblique ». Cet article tenait pour également bibliques deux affirmations : l'homme est immortel, et les méchants finiront par disparaître.[28] L'article sur l'expiation répond que l'homme est bien immortel, mais seulement une fois achevé.[29] Chryssides rappelle que des adventistes de la première heure, dont George Storrs, prêchaient déjà que l'immortalité est réservée à certains et qu'il n'y a pas de châtiment éternel.[30] Les « deux naissances » ont aussi un précédent. En 1877, Three Worlds faisait de la résurrection la seconde naissance, distincte de la conversion.[31] Dès 1875, Paton y voyait un changement de nature, et non une conversion.[32] Dans sa lettre de ce numéro, Paton donne à l'épouse un rôle de « mère » chargée de sauver un monde perdu.[33] Schulz et de Vienne datent de 1877, au moment où Russell s'associe à Barbour, l'idée que l'Église aura une nature distincte et servira à bénir Israël, puis les nations.[34]

L'humanité ressuscitée sera donc jugée plus tard, et sur une longue durée. Personne ne subit la mort définitive avant d'avoir eu sa chance de connaître la vérité.[35] Three Worlds le disait déjà : seul meurt « la mort réelle » celui qui commet le péché qui mène à la mort.[36] En 1877, la brochure de Russell disait aussi qu'au bout du millénium, une foule qui aura connu la vérité ira dans la seconde mort.[37] Le numéro range parmi ces condamnés le « reste » d'Apocalypse 20 : les mauvais serviteurs qui ont frappé leurs compagnons ne revivent qu'à la fin des mille ans.[38] Blandre résume la même idée dans Three Worlds : ceux qui ont péché en sachant qu'ils désobéissaient ressuscitent à la fin du millénium pour subir la seconde mort.[39] L'idée d'un jugement final placé après le millénium remonte à Storrs. Il s'opposait dès 1843-1844 aux adventistes qui voyaient la terre brûler au retour du Christ.[40] Le numéro allonge aussi cet âge à venir. Il applique au millénium lui-même la règle d'un jour pour un an. Mille années de 360 jours donnent alors 360 000 ans.[41] Les interprètes protestants appliquaient d'habitude cette règle aux périodes de Daniel et de l'Apocalypse. Penton cite Sandeen sur ce point : ils l'utilisaient pour calculer les 1260 ans de la papauté.[42] Le numéro justifie cette durée par une proportion. Si deux mille ans suffisent à peine à former l'épouse, mille ans ordinaires seraient trop courts pour régénérer toutes les générations passées.[43]

Avec ce jugement repoussé dans l'avenir, l'enfer éternel n'a plus de place. Le pasteur baptiste Silas Bowker dit n'avoir jamais partagé la doctrine du « châtiment sans fin ».[44] « Théologie biblique » oppose Marc 16:16, verset des orthodoxes, à 1 Timothée 4:10, verset de ceux qui croient à la restauration de tous.[45] Three Worlds avait déjà retiré à Marc 16:16 son sens d'enfer : le mot grec rendu par « damné » veut dire « condamné ».[46]

Choisir l'épouse sans chercher à convertir le monde

Si le monde doit être jugé plus tard, il n'a pas à être converti maintenant. Le numéro le dit : la conversion du monde n'est pas due avant que le royaume appartienne au Seigneur.[47] Paton va plus loin : convertir le monde dans l'âge présent serait trop tôt et renverserait le plan de Dieu.[48] S. White Paine, lecteur de Rochester, nomme l'adversaire : la « théorie de Whitby », que l'Église garde encore dans son ensemble.[49] Le théologien anglais Daniel Whitby exposa en 1703, dans son commentaire du Nouveau Testament, une « nouvelle hypothèse » sur les mille ans : le monde sera converti par une grâce plus grande, et le Christ ne reviendra qu'après.[50] Selon Penton, ses idées furent communément admises en Grande-Bretagne et dans les colonies américaines jusqu'au début du XIXe siècle. La Révolution française relança ensuite l'attente d'un retour du Christ avant le millénium.[51] Paine apporte un témoignage sur l'audience de cette théorie. Son propre pasteur, docteur en théologie, lui a avoué l'avoir acceptée sans jamais l'examiner.[52] Le groupe de Barbour avait déjà tiré cette conséquence en 1875. Le Nouveau Testament, disait-il alors, s'adresse aux seuls élus, et le monde n'est pas concerné pendant la moisson.[53]

Cette doctrine sert aussi de règle de conduite. Pour J. H. P., l'âge présent sert à « rassembler un peuple » qui sera l'épouse du Christ. Il ne sert ni à améliorer la société ni à convertir le monde.[54] Il refuse pourtant la paresse de ceux qui ne travaillent plus en attendant le changement. Cette attitude, dit-il, vient de l'idée que tout sera anéanti par le feu.[55] Puisque des hommes resteront sur la terre après le départ de l'Église, ils auront encore besoin de pain et de vêtements.[56] Blandre montre que Barbour, dans Three Worlds, avait déjà abandonné la croyance adventiste en une terre brûlée par le feu du ciel. Il la remplaçait par une révolution sociale et politique.[57] Schulz et de Vienne notent que Stetson rejetait lui aussi l'incendie du monde, en même temps qu'il adoptait les idées du courant de l'« âge à venir ».[58]

1874, 1878, 1881 : une moisson prolongée et invisible

D'après Penton, Barbour avait calqué les années 1874 à 1878 sur les trois ans et demi du ministère de Jésus. Il attendait l'enlèvement des saints au printemps 1878.[59] Tony Wills précise que Russell, lui, ne s'était pas prononcé sur cette attente.[60] En août, la date de 1878 est gardée. L'âge de l'Évangile est déclaré terminé « au printemps 1878 », mais il reste trois ans et demi pour rassembler le blé.[61] La moisson finit donc en 1881.[62] Keith justifie ce délai par la dernière « semaine » de Daniel 9:27. Le Christ est mort au milieu de cette semaine, et la demi-semaine qui restait doit avoir son pendant dans l'âge de l'Évangile.[63] Les lecteurs reprennent ce calcul. Withington compte sept ans de moisson : trois ans et demi de récolte, puis trois ans et demi de rassemblement.[64] D. D. Lathrop pense que l'estimation de sept ans, avancée d'abord, était la bonne.[65] Le lecteur de La Crosse dit n'avoir pas été très déçu quand « les 53 jours » sont passés.[66] Penton a observé ce procédé dans toute l'histoire du mouvement. Quand une date échoue, les dirigeants soutiennent que « la mauvaise chose » s'est produite « au bon moment ».[67]

Le maintien des dates repose sur une présence que personne ne voit. Paine parle d'un petit groupe de chrétiens qui croient le Seigneur « déjà invisiblement présent », occupé à surveiller la moisson.[68] Pour Raymond Franz, une présence invisible ne peut pas être démentie. C'est ce qui a permis aux adventistes proches de Barbour de garder la date de 1874 en changeant seulement l'événement attendu.[69] Le numéro étend l'invisibilité aux saints glorifiés eux-mêmes. Leur corps spirituel est invisible à l'homme naturel. Pour régner sur des mortels, ils apparaîtront « sous un voile », celui de la chair.[70][71] Barbour soutenait déjà en 1877, à Buffalo, que l'Église glorifiée communiquerait avec les hommes « sous un voile, c'est-à-dire la chair ».[72] En 1877 aussi, la brochure de Russell disait que l'Église ne verrait le Christ revenu qu'après avoir reçu elle-même un corps spirituel.[73] L'auteur de l'article « Le temps » juge sans importance que le changement des saints soit réel ou seulement apparent.[74]

Le type d'Élie permet de séparer deux événements que l'on confondait au printemps. Selon Keith, aucune date n'est fixée pour l'enlèvement des saints. Une date existe seulement pour le rassemblement dans la « grange ».[75] Les anges moissonneurs rassemblent le blé, mais c'est l'Esprit de Dieu qui change les corps.[76] Le lecteur Aaron Hastings applique ce type à sa propre situation. Les lecteurs se trouvent, dit-il, là où était Élie après avoir traversé le Jourdain, juste avant d'être enlevé.[77] Le printemps 1878 devient ainsi la traversée du Jourdain, et l'enlèvement reste sans date.

Des sceaux de l'Apocalypse à 1914

Le même calendrier va au-delà de 1881. Les sept sceaux de l'Apocalypse s'ouvrent pendant la conquête des nations. Celle-ci commence en 1881 et dure trente-trois ans et demi, autant que la vie terrestre du Christ, jusqu'à la fin des temps des Gentils en 1914.[78] La date de 1914 vient de Barbour. Selon Jonsson, il la donne pour la première fois en septembre 1875 : 2520 ans comptés à partir de 606 avant J.-C. Il annonçait aussi la fin de l'âge de l'Évangile pour 1878 et le retour des Juifs en Palestine pour 1881.[79] Le point de départ de 606 venait de commentateurs anglais, Elliott et Seeley. En 1870, le périodique The Prophetic Times avait même proposé 1914 parmi douze fins possibles des temps des Gentils.[80] Three Worlds faisait déjà commencer la septième trompette en 1840. Les quatre premières y désignaient les invasions qui ont détruit Rome, d'Alaric à Attila.[81] William Miller plaçait lui aussi son époque sous la septième trompette, avec pour échéance l'année 1843.[82] Pour la partie à venir, l'auteur s'interdit tout détail, car une prophétie non accomplie « ne peut pas être expliquée en détail ».[83]

Selon le numéro, le millénium commence par un temps de détresse pour les nations. Un retour universel vers le Seigneur doit suivre.[84] Plusieurs lecteurs pensent que ce temps a déjà commencé. Mme Harris croit que le monde l'apprendra bientôt.[85] Henry Wood s'attend à « entrer un peu » dans la détresse.[86] Paine en voit les signes dans l'« agitation fiévreuse » des nations.[87] Dans Three Worlds, Barbour avait décrit cette détresse comme une crise sociale de quarante ans, de 1874 à 1914, qui dresserait les ouvriers contre les capitalistes. Blandre rappelle que la crise de 1873 provoquait alors aux États-Unis du chômage, des grèves et des émeutes. Barbour donnait ainsi un sens prophétique à des faits que chacun pouvait voir.[88] Paine voit aussi un signe dans la « faveur renouvelée » de Dieu envers les Juifs.[89] L'été 1878 en offrait un exemple. Le congrès de Berlin venait d'obliger l'Empire ottoman à reconnaître aux Juifs des droits civils et religieux.[90]


Organisation et histoire

Le report de l'attente après le printemps 1878

Au printemps 1878, les lecteurs attendaient d'être enlevés au ciel. Rien ne s'est produit. Dans leurs lettres, ils parlent de cet échec ouvertement. Un lecteur de La Crosse (Wisconsin) dit n'avoir pas été très déçu quand les « 53 jours » sont passés.[91] D. D. Lathrop, de Montrose (Pennsylvanie), pense que la première estimation était juste : une moisson de sept ans.[92] Aaron Hastings, de Newton (Massachusetts), pense que les lecteurs vivent ce qu'a vécu Élie après la traversée du Jourdain : pour lui, cet épisode est le type de leur situation.[93] Ces abonnés acceptent donc d'attendre trois ans et demi de plus.

La rédaction justifie ce délai par un découpage du temps. En 1875, la « moisson » avait été comprise comme un temps de séparation. Ce temps de séparation, de trois ans et demi, est ensuite présenté comme achevé « dans les Églises ». Les trois ans et demi suivants doivent servir à rassembler le blé.[94] Le texte est signé par Benjamin W. Keith.[95] Selon Schulz et de Vienne, Nelson Barbour repousse l'échéance à l'automne 1881 après l'échec. Russell soutient ce report dès le numéro de juillet 1878.[96] Blandre fait le même constat dans les discours de Russell publiés en 1878. La moisson y dure sept ans et se termine en 1881. Selon lui, le texte a sans doute été mis à jour après la déception du printemps.[97] La date du printemps 1878 est donc conservée, mais l'événement attendu à cette date change. Le sociologue Joseph Zygmunt décrit la même réaction dans l'histoire des Témoins de Jéhovah : après une prédiction démentie, le groupe garde ses dates et change le sens de l'événement annoncé. C'est ainsi qu'il préserve son identité.[98] Pour plus de détailsDéception de 1878.

Cette attente prolongée touche aussi la vie matérielle des lecteurs. Minnie A. Hastings ajoute qu'il a du mal à joindre les deux bouts, comme beaucoup d'autres.[99] Ces difficultés tiennent à la situation du pays. Blandre rappelle que la crise de 1873 avait provoqué aux États-Unis du chômage, des baisses de salaires et des grèves. Barbour voyait dans ces faits les signes du temps de détresse annoncé.[100]

« Pas du monde » parle de la conduite à tenir pendant ce délai. L'auteur rejette l'attitude de ceux qui négligent leurs affaires et disent qu'il leur suffit d'avoir de quoi vivre jusqu'au changement.[101] Selon lui, cette attitude vient d'une idée répandue chez beaucoup : au moment du changement des saints, les hommes et les choses seraient détruits par le feu.[102] Les adventistes attendaient en effet que la terre soit brûlée. Blandre montre que George Storrs, puis Barbour, avaient abandonné cette idée. Barbour la remplaçait par une révolution sociale et politique.[103] Une partie des lecteurs garde donc une croyance que la rédaction a déjà abandonnée. Celle-ci leur répond : un autre âge commencera, et les hommes auront encore besoin de pain et de vêtements. Elle invoque l'ordre de Jésus : « Faites valoir jusqu'à ce que je vienne ».[104]

La même règle impose aussi au croyant de se tenir à l'écart de la société. Celui qui croit à la présence du Christ ne peut pas rechercher les honneurs du monde, ni dans la société ni en politique.[105] L'âge présent ne sert ni à améliorer la société ni à convertir le monde. Il sert à rassembler un « peuple particulier ».[106] Le sociologue Bryan Wilson appelle « révolutionnistes » les groupes de ce genre. Ils attendent le salut d'un renversement du monde par Dieu, et non d'une réforme. C'est pourquoi ils se tiennent à l'écart de l'action sociale.[107]

Des racines adventistes, des recrues venues d'autres Églises

Le groupe va prêcher là où se réunissent les adventistes. Il annonce qu'il dressera sa grande tente à Springfield le 10 août.[108] Il se rendra ensuite à Alton Bay (New Hampshire), pendant les réunions du camp. Ces rassemblements adventistes en plein air ont lieu à Alton Bay depuis 1863. Une association les organise depuis 1876.[109] Pour justifier cette présence, le groupe cite l'exemple des disciples. Chassés de la synagogue par l'autorité légale, ceux-ci continuaient d'y entrer pour annoncer la vérité.[110] Les adventistes sont qualifiés de « nos parents selon la chair ».[111]

Le groupe a bien été exclu. Selon Schulz et de Vienne, l'Advent Christian Association décide à la fin de 1877 de ne plus publier dans son journal World's Crisis les annonces de prédication des partisans de l'« âge à venir ».[112] Le conflit est plus ancien. Blandre rapporte que Barbour assimilait les adventistes à l'ivraie dès 1875. La même année, Paton leur reprochait d'exclure ceux qui croyaient à la présence du Christ.[113] Selon Keith, les trois ans et demi qui viennent de finir ont servi à séparer le blé et l'ivraie dans les Églises.[114] Aller prêcher dans les camps adventistes fait donc partie de ce travail de séparation. Le groupe reste très petit face à ce milieu. Blandre estime que les partisans de Barbour ne sont pas plus de 2 000, alors que les Advent Christians comptent jusqu'à 30 000 membres.[115] Une lettre montre ce lien avec l'adventisme. S. White Paine, de Rochester, a rejoint en 1843 l'attente du second avènement.[116] Depuis, il a publié plusieurs brochures, qu'il distribuait gratuitement.[117]

D'autres lecteurs viennent des grandes Églises protestantes. Silas Bowker est pasteur baptiste depuis trente-cinq ans. Ses conférences sur le retour du Seigneur ont divisé son Église.[118] Il a alors démissionné, en obtenant une lettre de recommandation.[119] J. La revue lui est parvenue par hasard. Il veut maintenant faire du retour du Seigneur le thème principal de sa prédication.[120] Le mouvement de William Miller s'était déjà répandu de cette façon. Selon Blandre, Miller lui-même était baptiste et il prêchait d'abord dans des églises baptistes. En 1833, huit pasteurs avaient déjà adopté ses idées.[121]

Une rédaction à plusieurs mains

En tête du numéro, Barbour figure comme rédacteur en chef. J. H. Paton, d'Almont (Michigan), et C. T. Russell, de Pittsburgh, sont ses rédacteurs adjoints.[122] Raymond Franz relève que Russell porte ce titre depuis juillet 1878.[123] Russell est aussi celui qui paie. Selon Penton, il finance la revue et le livre de Barbour. Il réduit ses affaires pour voyager et prêcher, et il paie aussi les frais de Paton.[124] Schulz et de Vienne ajoutent que Barbour le reconnaissait comme copropriétaire de la revue.[125] Paton écrit lui aussi dans ce numéro. Les initiales J. H. P. signent l'article « Pas du monde » et l'une des lettres.[126][127] Les auteurs vivent loin les uns des autres. Barbour habite Rochester et Keith Dansville, dans l'État de New York, alors que le groupe de Russell se trouve en Pennsylvanie. Selon Blandre, cette distance laissait à chaque groupe une certaine liberté.[128] D'autres prédicateurs gravitent autour de la revue. S. H. Withington, de Springwater, se dit prêt à aller prêcher partout où on l'appelle.[129]

La plupart des lettres sont adressées à Barbour. Celle de Mme S. L. Slagle, de Good Hope (Ohio), est adressée à Russell.[130] Un homme de Pittsburgh lui avait envoyé la revue avec la brochure de Russell sur le retour du Seigneur.[131] Les deux hommes diffusent donc leurs écrits ensemble. L'objet et la manière du retour de notre Seigneur a été publiée au bureau du Herald of the Morning à Rochester.[132] Dans cette brochure, Russell renvoie à Barbour les lecteurs qui veulent connaître les preuves sur les dates.[133] Selon Blandre, elle a été tirée à 50 000 exemplaires.[134]

Le numéro porte la mention « volume 7, n° 2 ».[135] D'après Schulz et de Vienne, le numéro de juillet 1878 était le premier paru au rythme mensuel.[136] C'est sans doute pourquoi Mme L. M. Harris, de Warren's Mills, trouve long d'attendre un mois entre deux numéros.[137] La rédaction reconnaît aussi une erreur : la lettre de Lathrop aurait dû paraître dans le numéro précédent.[138]

Les moyens de la diffusion, jusqu'en France

La revue vit de l'argent envoyé par ses lecteurs. Hastings joint un dollar à sa lettre et regrette de ne pas pouvoir donner davantage. De Bruynkops en joint deux.[139] Malgré ses dettes, Minnie A. Barney paie l'abonnement d'un tiers, N. W. Sprague. Pour son propre exemplaire, elle accepte qu'on cesse l'envoi si la rédaction n'en a plus les moyens.[140] La revue circule aussi de main en main. Un lecteur d'Austin (Illinois) a lu deux exemplaires prêtés par un ami. Il demande maintenant les anciens numéros.[141] Les abonnements ne couvrent pas les frais. Schulz et de Vienne rapportent que Russell avait déposé 660 dollars à Rochester, sur un compte ouvert à son nom et à celui de Barbour, pour le travail commun.[142]

Ce réseau de lecteurs s'étend sur une grande partie du nord-est des États-Unis. Il atteint aussi l'Europe. Mary R. Deuman écrit de Saint-Maur (Seine). Pour elle, l'Esprit sépare les siens en France, en Angleterre et en Amérique. Elle demande qu'on envoie la brochure et la revue à une Française, Mme Fleury Berger.[143]


Contenu

Plan des âges

Un schéma en deux colonnes oppose le « plan de la chair » et le « plan de l'esprit ». Du côté de la chair figurent la Jérusalem terrestre, le sacrifice terrestre et le royaume terrestre. Du côté de l'esprit figurent la Jérusalem céleste, le sacrifice spirituel et le royaume céleste. Les douze tribus correspondent aux douze apôtres.[144]

Le schéma compare les durées des deux âges. De la fin de l'âge patriarcal, à la mort de Jacob, jusqu'à la fin de l'âge juif, à la mort du Christ, il compte 1845 ans. Une durée égale, de la mort du Christ à la fin de l'âge de l'Évangile, donne également 1845 ans. Les 2500 jours se terminent en 1843-1844, et les 1335 jours en 1874. Le schéma ajoute que 1878 marque la fin du double cycle, et que les « temps des Gentils » prennent fin en 1914.[145]

Lettre d'un pasteur baptiste

Silas Bowker écrit de Ganges (Michigan), le 23 juillet 1878, à Nelson H. Barbour. Il a reçu un tract et la revue, qu'il juge très bienvenue. Selon lui, la revue éclaire la venue du Christ et rend harmonieux des passages bibliques qui paraissaient se contredire. Il trouve les arguments conformes à la Bible et il y voit une base solide pour croire à la réalisation prochaine de l'espérance des lecteurs.[146]

Bowker se présente comme pasteur baptiste depuis trente-cinq ans, dont dix-sept dans la même localité. Il dit n'avoir jamais partagé la doctrine du châtiment sans fin. Convaincu du retour proche du Seigneur, il a donné des conférences sur ce sujet. Elles ont divisé son Église, certains membres influents rejetant ces idées. Il a alors démissionné de sa charge de pasteur et obtenu une lettre de recommandation. Il se dit désormais libre de défendre la vérité biblique sans être tenu de prêcher la théologie des écoles. Il croit à la « restitution finale de toutes choses » et cite 1 Timothée 4:10 et Apocalypse 15:2.[147]

Avis

Une grande tente doit être dressée à Springfield le 10 août, avec des réunions prolongées jusqu'au second dimanche, puis à Alton Bay (New Hampshire) pendant les réunions du camp. L'exemple des disciples qui continuaient à entrer dans la synagogue pour y annoncer la vérité, même après en avoir été chassés par l'autorité légale, est invoqué pour justifier cette présence. Les adventistes sont désignés comme des « parents selon la chair ».[148]

Théologie biblique

Chaque secte de la chrétienté détient, dit-on, quelques vérités bibliques. La théologie présentée ici se déclare différente de toutes les autres tout en n'ayant aucune vue que d'autres n'aient déjà. Sa prétention est d'avoir réuni pour la première fois la théologie biblique en un tout qui concilie les éléments en apparence contradictoires.[149]

Plusieurs oppositions sont énumérées. La grâce gratuite (Ésaïe 45:22) s'oppose à l'élection (Jean 6:44), et l'Église se partage à peu près à égalité entre calvinistes et arminiens. Les trinitaires s'appuient sur Jean 10:30 et les unitariens sur Jean 14:28. La doctrine orthodoxe cite Marc 16:16, alors que les partisans de la restauration citent 1 Timothée 4:10. Certains croient que la mort scelle le sort éternel de chacun, d'autres à la restitution de toutes choses. Certains tiennent l'homme pour immortel, d'autres croient à l'extinction finale des méchants, selon Ézéchiel 18:4. Chaque camp met en avant les textes qui le soutiennent et atténue les autres.[150]

Une théologie qui concilierait toutes ces positions, en laissant à chaque Église sa doctrine pleinement appuyée, serait la preuve que l'âge du millénium et l'unité millénaire de l'Église sont proches. Cette théologie est appelée « plan des âges ».[151]

La clé de lecture proposée : un texte mal placé dans l'ordre chronologique devient une erreur. Sous l'économie juive, le salut passait par les œuvres (« fais cela et tu vivras »), alors que sous l'Évangile il vient de la grâce. De même, beaucoup de textes qui concernent l'âge millénaire seraient appliqués à tort à l'âge de l'Évangile. Pendant l'âge actuel, il n'y a pas d'« épouse » : l'épouse du Christ est en formation, et elle n'est reconnue comme telle que lorsque l'« Église des premiers-nés » est complète. Le mariage a lieu à la fin de l'âge de l'Évangile, donc avant le millénium. Après lui, l'Esprit et l'épouse disent : « Viens », et tous peuvent boire gratuitement l'eau de la vie (Apocalypse 22:17). Dans l'âge actuel s'applique l'élection (« beaucoup d'appelés, peu d'élus »), dans l'âge à venir la grâce gratuite, et ainsi les textes calvinistes et arminiens sont également vrais, chacun à sa place.[152]

Plan des âges (exposé)

Le plan de Dieu se déroule en une succession d'âges, et chacune de ses parties est d'abord jouée à l'échelle temporelle, sur le plan de la chair. S'il doit y avoir un second Adam, éternel, et une race de fils de même nature, il faut d'abord un premier Adam et sa race. L'ordre est tiré de 1 Corinthiens 15:45-46 : d'abord ce qui est naturel, ensuite ce qui est spirituel. Un royaume spirituel et éternel sur la terre doit donc être précédé d'un royaume temporel, qui lui cède la place. Le Christ dit aux Juifs que le royaume leur sera ôté (Matthieu 21:43).[153]

L'âge juif est présenté comme le modèle exact de l'âge spirituel, d'après Hébreux 8:5 : s'il existe un tabernacle céleste, il y a d'abord eu un tabernacle fait de main d'homme (Exode 26), et s'il existe une Jérusalem céleste (Hébreux 12:22), il y a d'abord eu la Jérusalem terrestre. Ces parallèles entre le naturel et le spirituel sont désignés comme le germe du « mystère de Dieu manifesté en chair ». Adam est un type, c'est-à-dire une image, du Christ. La lettre du texte tue, l'esprit fait vivre, et l'homme naturel ne perçoit pas les choses de l'Esprit (1 Corinthiens 2:14).[154]

Le récit d'Adam et d'Ève (Genèse 2:23, Genèse 1:28) est lu comme la « simple lettre », qui annonce le Christ. Adam, plongé dans un profond sommeil, voit son côté ouvert et son épouse tirée de lui. De même le Christ s'endort dans la mort (Actes 7:60), son côté est ouvert (Jean 19:34), et l'Église, son épouse, partage sa nature (Éphésiens 5:30-32). La mort naturelle est appelée « sommeil », comme pour la fille de Jaïrus, Lazare ou Abraham. Le Christ serait resté seul s'il n'était pas mort, comme le grain de blé de Jean 12:24. Après le mariage du Christ, il « soumet » et exerce la domination (Apocalypse 19:7-15).[155]

Le Christ ne reçoit la domination sur le monde qu'à la fin de l'âge de l'Évangile, donc après l'achèvement de l'Église. Le diable est le prince de ce monde, et les royaumes ne deviennent ceux du Seigneur qu'à la septième trompette (Apocalypse 11:15). La conversion du monde n'est due qu'ensuite (Psaumes 22:27).[156]

Le Christ, second Adam, ouvre la nouvelle création, stade supérieur du développement : « il faut que vous naissiez de nouveau » (Jean 3:7). Comme chez certains insectes, l'homme connaît deux stades, d'abord le naturel puis le spirituel. L'ordre est le même que pour le premier Adam : l'homme, puis son épouse, puis la restitution de toutes choses. Quatre mille ans et plus ont précédé l'apparition du second homme, et près de deux mille ans sont employés à former son épouse, l'Église de l'Évangile.[157]

Les « temps de la restitution de toutes choses » (Actes 3:19-21) désignent tout l'âge à venir. Il s'agit d'un millier d'années prophétiques, comptées à raison d'un jour pour un an, soit 360 000 ans. Deux raisons sont données : le millier d'années d'Apocalypse 20 est un millier prophétique, et, puisque tout l'âge de l'Évangile sert à former l'épouse, un millénaire littéral serait disproportionné pour régénérer les multitudes des âges passés.[158]

Selon 1 Corinthiens 15:22-23, tous seront rendus à la vie, chacun dans son ordre : d'abord l'Église des premiers-nés à la « parousie » du Christ, puis les autres dans un ordre successif, au fur et à mesure de la régénération. Un groupe, le reste d'Apocalypse 20, associé aux martyrs mais composé de mauvais serviteurs qui ont frappé leurs compagnons, ne revit qu'à la fin des mille ans.[159]

Le jugement du monde commence à la seconde venue du Christ (Actes 3:21-23). Juger signifie mettre à l'épreuve. Le Christ a subi son épreuve le premier, et le jugement de l'Église, blé et ivraie, a commencé avec l'Évangile, qui est « une odeur de vie pour la vie ou de mort pour la mort ». La grande masse de l'humanité doit d'abord être sauvée de la mort adamique avant son épreuve, selon Hébreux 9:27 et 1 Timothée 2:4. Personne ne subit la « seconde mort », la mort réelle et éternelle, avant d'avoir eu la possibilité de connaître la vérité. Elle ne frappe que ceux qui commettent le péché qui mène à la mort.[160]

Pendant les temps de la restitution, le monde est jugé pour la vie éternelle, à l'exception de l'épouse, qui a déjà eu son épreuve. L'Église reçoit dès cette vie le châtiment de ses fautes, puis la vie éternelle comme don gratuit. Le monde recevra dans l'âge suivant les récompenses et les peines de chacun de ses actes, avec peu ou beaucoup de coups selon la lumière reçue (Luc 12:47-48). Sa vie ou sa mort éternelle dépendra des conditions de la seconde naissance dans cet âge. Les saints, eux, ne passeront plus en jugement (Jean 5:24), alors que le monde aura un jour de jugement à venir. Ce jugement du monde est présenté comme la réalisation du plan du salut : le Christ a souffert pour la rançon du monde et la glorification de l'épouse est « l'espérance du monde », celle qu'attend la création qui gémit (Romains 8:22).[161]

Le temps

L'un des principaux arguments chronologiques découle des parallèles entre le naturel et le spirituel : l'égalité des deux dispensations. Il conduit à affirmer que l'on se trouve dans la seconde moitié de la « moisson » de l'âge de l'Évangile, qui s'achève en 1881.[162]

L'économie juive est le modèle de l'Église de l'Évangile, comme le premier Adam l'était du second. Le Jérusalem ancienne et ses enfants sont le type de la Jérusalem spirituelle et désignent toute la maison d'Israël sur le plan naturel. L'ancien âge reposait sur douze tribus, le nouveau sur douze apôtres, le Christ étant la pierre angulaire (Éphésiens 2:20). Jacob est le chef de la maison terrestre, le Christ celui de la maison spirituelle. Jacob descend en Égypte, et le retour de Jésus accomplit la parole « j'ai appelé mon fils hors d'Égypte » (Matthieu 2:15).[163]

Le parallèle se poursuit dans le nombre. Il y avait nominalement douze tribus mais treize personnes : Jacob perd Joseph et adopte à sa place Éphraïm et Manassé (Genèse 48:5). Le Christ perd l'un de ses douze et en choisit deux, Matthias et Paul. Chaque âge a son temple, son voile, son lieu saint, son grand prêtre, ses sacrifices, son encens, sa moisson ou œuvre de clôture et son avènement. Jésus vient au premier âge dans la chair, et au second « comme l'éclair » (Luc 17:24). Les deux âges sont, d'après Exode 26, « d'une même mesure et d'une même taille ».[164]

Le mouvement de 1843-1844 correspond de deux façons à la naissance de Jésus. Le temps écoulé du début du premier âge à la naissance de Jésus est de 1811 ans et six mois. Du début du second âge, à la mort du Christ, jusqu'au mouvement de 1844, il y a une durée égale. Cette égalité pourrait être accidentelle, mais une période prophétique s'achève à cette date et indique qu'une œuvre liée à la venue du Christ était due alors. Trente ans plus tard, en 1874, correspond au ministère de trois ans et demi du Christ. Quatre lignes d'argument, dont trois indépendantes de la chronologie, établissent que la « moisson » de l'âge de l'Évangile a commencé à l'automne 1874. Un autre argument très net établit que la dispensation s'est achevée chronologiquement au printemps 1878, et qu'il reste encore trois ans et demi pour « rassembler le blé ».[165]

À l'issue de cette période, l'Église doit être glorifiée, c'est-à-dire unie au Christ et rendue semblable à son corps glorieux (Philippiens 3:21). Le millénium commencera alors par un temps de détresse pour les nations, suivi d'un retour universel vers le Seigneur.[166]

Une objection est prévue : si les saints sont semblables au corps glorieux que Paul a vu et qui l'a aveuglé, comment peuvent-ils « régner sur la terre » (Apocalypse 5:10) ? La réponse est que les saints apparaîtront sous un voile. Le corps spirituel est invisible à l'homme naturel, et le royaume de Dieu ne sera donc pas visible aux hommes de chair (Luc 17:20).[167]

Les saints glorifiés, une fois « semblables au corps glorieux » du Christ, restent invisibles à l'homme naturel. Pour se montrer aux hommes, ils prennent une apparence de chair, comme Dieu ou les anges l'ont fait devant Abraham. La chair est appelée « le voile » (« La chair est appelée le voile », Hébreux 10:20).[168] Après sa résurrection, le Christ, qui pouvait disparaître à la vue de ses disciples, apparaissait dans un vrai corps de chair. C'est ainsi, d'après l'auteur, que les Juifs verront « Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes » dans le royaume de Dieu, tandis qu'eux-mêmes seront jetés dehors.[169]

Cette explication doit concilier deux affirmations : les saints sont « semblables au corps glorieux » du Christ, et ils sont « rois et sacrificateurs » qui régneront sur la terre sur des hommes mortels. L'auteur compare la situation à celle de Paul, qui a vu le Christ glorifié sur le chemin de Damas, alors que les disciples avaient vu Jésus ressuscité manger et boire avec eux. Si les saints communiquent avec les mortels et mangent avec eux, ils devront donc passer par un changement équivalent à une perte de gloire apparente. Que ce changement soit réel ou seulement apparent importe peu à l'auteur.[170]

D'autres textes sont cités à l'appui : « Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? » (1 Corinthiens 6:2), la promesse faite au vainqueur de s'asseoir avec le Christ sur son trône (Apocalypse 3:21) et celle faite aux douze de juger les douze tribus d'Israël (Matthieu 19:28). Si cette compréhension est exacte, l'âge de l'Évangile est terminé et l'on se trouve dans le temps de la récolte, le dernier travail décrit dans la parabole du blé et de l'ivraie. Le blé est rassemblé par la puissance sanctifiante de la « vérité présente ».[171]

Une lampe à nos pieds

Cet article de Benjamin W. Keith, de Dansville (New York), part du verset « Ta parole est une lampe à mes pieds et une lumière sur mon sentier » (Psaumes 119:105). Très peu de ceux qui se disent chrétiens comprennent dans quel but la parole de Dieu a été donnée. Dieu révèle ses secrets à ses serviteurs les prophètes (Amos 3:7), et ce qui leur a été révélé a été écrit pour l'Église de l'Évangile (2 Pierre 1:19). L'auteur explique la montée du scepticisme dans l'Église par le refus de remplir les conditions pour comprendre cette parole.[172]

La lampe du verset évoque, selon lui, une coutume orientale : une petite lampe fixée aux pieds du voyageur qui marche de nuit, et qui n'éclaire le chemin que pas à pas. Le sentier des justes « brille de plus en plus jusqu'au plein jour » (Proverbes 4:18). Ce sentier va d'Éden au rétablissement de toutes choses et se divise en étapes, ou âges, dont la Bible donne la durée. Chaque âge a sa lumière propre, en accord avec celle des autres, mais la plupart des croyants ne voient pas cet accord et ne sont pas prêts à avancer avec la lumière nouvelle. L'Église juive a rejeté Jésus malgré les périodes prophétiques, comme les soixante-dix semaines de Daniel 9, qui marquaient son temps.[173]

L'âge juif étant le modèle de l'âge de l'Évangile, les étapes du premier avènement doivent avoir leur parallèle. Jésus est resté trente ans dans son tabernacle terrestre. Il y a eu ensuite trois ans et demi de séparation, puis trois ans et demi de rassemblement. Peu importe, selon l'auteur, ce qui a suivi cette œuvre. Soixante-dix semaines étaient fixées pour les Juifs, et le Christ a fait cesser le sacrifice « au milieu de la semaine » (Daniel 9:27). Une demi-semaine, soit trois ans et demi, restait donc due après sa mort et après la chute du « mur de séparation ». Pour accomplir le parallèle, les mêmes durées s'appliquent à l'âge de l'Évangile, et des mesures prophétiques les confirment.[174]

Les anges font la moisson du blé comme celle de l'ivraie. Il ne peut s'agir de la « translation », puisque Dieu doit changer les corps par son Esprit et non par les moissonneurs. L'Écriture ne serait donc pas respectée sans une période de trois ans et demi de rassemblement. Ceux qui voient cela, même déçus, se réjouissent de la « vérité présente ».[175]

À la question de savoir pourquoi cela n'a pas été vu plus tôt, l'auteur répond que la Bible, lampe pour nos pieds, ne donne la lumière que pas à pas, au moment voulu (« Ceux qui ne sont pas dans la lumière peuvent demander pourquoi tout cela n'a pas été vu auparavant » ). Au printemps 1875, la « moisson » est apparue comme une période de temps, comprise alors comme un temps de séparation du blé et de l'ivraie. Les trois ans et demi suivants ont été celui de la séparation dans les Églises. Les trois ans et demi à venir seront consacrés au rassemblement du blé et à la destruction de l'ivraie. À ceux qui demandent comment un temps précis s'accorde avec le type d'Élie après le « passage du Jourdain », l'auteur répond qu'aucune date n'est fixée pour la translation, mais seulement pour le rassemblement dans la « grange » ou la « maison ». Le texte est signé B. W. Keith.[176]

L'Apocalypse (suite)

L'exposé s'ouvre sur le Psaumes 73, qui décrit la prospérité des méchants. Dans le « monde à venir », l'ordre sera renversé : « Lazare » siège sur le trône et le « riche » est gouverné avec une verge de fer. Pendant que la lampe brûle encore, certains frères du riche peuvent, s'ils croient Moïse et les prophètes, entrer dans la famille d'Abraham, car ceux qui sont au Christ sont la postérité d'Abraham (Galates 3:29), à qui le royaume sera donné (Daniel 7:27).[177]

Les sept sceaux (Apocalypse 6:1 à Apocalypse 8:1) sont ouverts, selon l'auteur, pendant la conquête des nations. D'après les mesures de la revue, cette conquête commence en 1881 et dure trente-trois ans et demi, jusqu'à la fin du Temps des Gentils en 1914. Sa durée égale ainsi celle du séjour terrestre du Christ. Tous les sceaux s'ouvrent pendant la sonnerie de la septième et dernière trompette, quand le Christ récompense ses serviteurs et détruit ses ennemis (Apocalypse 11:15-18).[178]

Six des sept trompettes et une partie de la septième appartiennent à l'âge de l'Évangile, car le « mystère de Dieu » s'achève « aux jours de la voix du septième ange » (Apocalypse 10:7). Ce mystère est considéré comme terminé et résumé dans le cantique de Moïse et de l'Agneau : toutes les nations, tous les morts, viendront adorer dans le « rétablissement de toutes choses » (Actes 3:21). Le plan de rédemption de toute la famille humaine par le second Adam et son « épouse » est désormais compris.[179]

Les sept trompettes figurent les moyens par lesquels le quatrième empire universel est renversé. Sous les quatre premières, les deux divisions occidentales tombent. Sous la cinquième et la sixième, l'empire d'Orient est écrasé. Sous la septième, la grande Babylone entière sombre, les royaumes de ce monde deviennent ceux du Seigneur et les temps des Gentils prennent fin.[180]

L'auteur précise qu'il ne veut pas entrer dans les détails, car une prophétie non accomplie ne peut pas être expliquée en détail. Il répartit les chapitres entre passé et avenir. Les trompettes, sauf la seconde moitié de la septième, sont passées, et les sept Églises sont accomplies. L'organisation du royaume (Apocalypse 4 et Apocalypse 5) et l'ouverture des sceaux sont à venir. Les chapitres 12, 13 et 17 sont presque entièrement accomplis. Les chapitres 14, 15 et 16 sont surtout à venir, de même que le chapitre 18 et les suivants. Une partie des chapitres 20 et 21 est située à plus de mille ans dans l'avenir. Le chapitre 22 reprend divers éléments dans un ordre chronologique mêlé et résume l'ensemble.[181]

Pas du monde

À l'objection que le monde s'arrêterait si tous croyaient ce que croit la revue, l'auteur répond que cette foi détache en effet les hommes du monde à bien des égards, et qu'il y voit une preuve de sa vérité. Le chrétien n'a jamais été du monde, et cette séparation doit s'accentuer à l'approche de la fin. Celui qui croit à la présence du Christ et au changement d'âge en cours ne peut s'intéresser aux distinctions mondaines, sociales ou politiques.[182]

L'auteur rejette pourtant l'indifférence qui rend les gens paresseux et négligents dans leurs affaires, du genre « il me suffit d'avoir de quoi vivre jusqu'au changement ». Cette attitude vient de l'idée, répandue chez beaucoup, que tout, hommes et choses, sera anéanti par le feu quand les saints seront changés. La revue ne partage pas cette idée : quand l'âge s'achève et que l'Église est transformée, un autre âge commence, et les hommes restés sur terre auront besoin de pain et de vêtements. Il y voit la raison du commandement « Faites valoir jusqu'à ce que je vienne » (Luc 19:13).[183]

Si le monde devait être converti par la diffusion progressive de l'Évangile, sans changement d'âge, les lecteurs de la revue seraient dans l'erreur et nuiraient à cette œuvre. L'auteur tient au contraire que l'âge présent a pour but de « rassembler un peuple, un peuple particulier » qui sera l'épouse du Christ, et non d'ajuster les conditions de la société ou de convertir le monde. La société humaine est temporaire et doit disparaître, le monde devant être gouverné par le royaume de Dieu. Supposer ce qui arriverait si tous croyaient ces choses est aussi absurde que de se demander ce qui arriverait si le soleil se levait à l'ouest.[184]

Dieu choisit quelques-uns pour le bien du grand nombre, et personne ne vient au Christ sans être attiré par le Père (Jean 6:44). Nul ne croit les vérités avancées avant de les avoir entendues, de sorte qu'elles ne peuvent être universelles : « beaucoup sont appelés, mais peu sont élus » (Matthieu 22:14). La discipline de l'âge présent vise à développer les qualités requises chez ceux qui travailleront avec le Christ. Certains plaisirs sont inoffensifs en eux-mêmes et le monde peut s'y livrer sans dommage. Les chrétiens, qui ont des motifs spirituels plus élevés, n'ont pas à courir avec lui jusqu'à l'excès. La vérité, conclut l'auteur, garde dans le bon état d'esprit et sanctifie. Le texte est signé J. H. P.[185]

L'expiation

La question posée est de savoir comment le Christ fait l'expiation et pourquoi il devait mourir. Parmi les théories avancées, la plus choquante est celle de la « substitution », fondée sur des textes comme 1 Pierre 3:18 et Ésaïe 53:5-6. Punir un innocent à la place du coupable est jugé contraire à la Bible et à toute idée de justice. L'auteur y voit « la monstrueuse doctrine de la substitution », qu'il illustre par des exemples : un père qui fait empaler une mouche sur une épingle par un domestique et pardonne alors à son fils qui a mordu sa sœur, ou qui fouette sa femme quand son fils fait mal. Il ajoute que le sang des animaux, qui paraît satisfaire une loi offensée (Hébreux 9:22), a un sens plus profond que la lettre.[186]

L'auteur affirme ne pas nier l'Écriture : « l'âme qui pèche mourra » (Ézéchiel 18:20) et la mort a passé sur tous, parce que tous ont péché (Romains 5:12). Chacun est rétribué pour ses actes, l'Église dès maintenant et le monde ensuite, selon le nombre de coups que mérite celui qui connaissait la volonté de son maître ou l'ignorait (Luc 12:47-48). Il définit cela comme la théologie biblique. Il refuse seulement la doctrine qui fait subir à une victime innocente la peine d'un coupable.[187]

Pour expliquer la mort du Christ, il remonte à la création. Dieu a créé l'homme à son image, mais celui-ci doit, avant d'atteindre cette image, naître une seconde fois par le second Adam. Le premier homme ne pouvait transmettre que ce qu'il avait en lui. Dieu a placé une épée flamboyante pour garder l'arbre de vie (Genèse 3:22-24), si bien que le premier homme ne pouvait donner l'immortalité. On la cherche « par la persévérance dans les bonnes œuvres » (Romains 2:7) par le second homme. L'homme est immortel, mais seulement une fois achevé. L'Écriture parle des choses commencées comme si elles étaient accomplies (Romains 4:17). L'homme embryonnaire n'est pas immortel, mais l'homme complet, à l'image de Dieu, le sera. Il faut donc, selon la formule du texte, « deux étapes, deux Adam et deux naissances », l'une de la chair et l'autre de l'Esprit.[188]

Le Christ a pris notre nature et est né de la chair pour achever l'œuvre de la création : « Faisons l'homme à notre image » (Genèse 1:26). Pour être le chef d'une race régénérée et lui transmettre sa nature, il devait être l'un des siens et naître deux fois. L'auteur se demande pourquoi il n'a pas été enlevé sans mourir, comme Hénoc. Il répond qu'il fallait mourir et ressusciter pour être « le premier-né d'entre les morts » (Colossiens 1:18) et le Seigneur des morts et des vivants (Romains 14:9). « Seigneur » signifie « chef » ou « père », comme le suggère la question sur le fils de David (Matthieu 22:43). Le premier Adam n'a pas mangé de l'arbre de vie et ne pouvait donc transmettre la vie supérieure : il était une « âme vivante », le second Adam est un « esprit vivifiant » (1 Corinthiens 15:45-46).[189]

Les sacrifices de taureaux et de boucs n'avaient pas pour but d'apaiser la colère de Dieu ni de satisfaire une loi violée. Ils visaient à enseigner une grande leçon, et le grand sacrifice a pour but d'achever le plan de régénération. L'auteur reconnaît que cela dépouille la théologie d'une partie de son sentimentalisme et de sa fausse image de Dieu, mais il nie que cela retire de la gloire au Christ. Le Christ a été fait « selon la puissance d'une vie impérissable » (Hébreux 7:16), et l'espérance du monde est une résurrection et une régénération par le second Adam.[190]

Quant à savoir comment il porte les péchés du monde entier, le Christ s'est donné en Rançon pour tous. Sans cela, la race aurait péri, car les hommes n'ont pas de vie spirituelle avant d'être engendrés par l'Esprit, ni de vie indépendante avant d'être nés de l'Esprit. Ce qui est né de la chair est chair (Jean 3:6), et ce qui est né de l'Esprit est esprit. La création de l'homme, en deux étapes, « d'abord le naturel, puis le spirituel », n'est complète qu'à ce moment.[191]

L'auteur écrit : « La seule façon de produire votre propre ressemblance » est d'engendrer des enfants, qui partagent ainsi la nature du père. Le premier Adam est fils de Dieu par création et n'a pas la nature de Dieu. Le second est le Fils unique engendré, qui a cette nature et qui est « l'empreinte de sa personne » (Hébreux 1:3) et « l'image du Dieu invisible » (Colossiens 1:15). L'homme doit donc naître de Dieu pour atteindre cette nature, et c'est pourquoi Dieu s'est manifesté dans la chair. Le Christ s'y est engagé pour consommer sa propre gloire dans la création, et c'est ce qu'il rappelle aux disciples d'Emmaüs (Luc 24:25-26). Cette voie seule lui permettait de devenir le chef et de transmettre à la créature l'image et la nature divines.[192]

Extraits de lettres

Une première lettre observe que les rêves de réconfort des « bébés en Christ » sont terrestres, même quand ils ont entrevu le prix céleste. On imagine trop le ciel comme un lieu de repos et de facilité. Or être sauvé, c'est être sauvé des désirs naturels pour entrer dans des conditions spirituelles, dans une union avec le Christ, chef vivant, où « lui en nous et nous en lui » sont mariés. Le vrai bonheur vient de l'action, de l'aide et du relèvement des autres, jusqu'à ce que Dieu soit « tout en tous ». Dès maintenant, les croyants partagent un travail et une joie qui seront parfaits plus tard : « les justes brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13:43), et la création sera délivrée de la servitude de la corruption (Romains 8:21).[193]

Une seconde lettre présente la vie naturelle comme une base et un marchepied, la vie spirituelle étant à venir, dont les croyants goûtent déjà les arrhes. Le Seigneur rejoint la race par Jésus, l'Oint : la grâce reçue par d'autres avant eux les atteint, afin que d'autres soient bénis à leur tour. À l'échelle de l'âge, l'épouse est choisie comme une mère pour sauver un monde perdu. Selon l'auteur, la religion pratique, au sens fort, consiste à agir en accord avec le plan révélé de Dieu. Il écrit que « Il n'est pas possible de sauver le monde dans l'âge de l'Évangile », Dieu ayant réservé cet âge à l'appel et à la perfection de l'épouse. Cela se fait non en prêchant la morale, en exhortant l'homme naturel à être bon ou en réformant les conditions sociales, mais en prêchant l'Évangile du royaume. Quand l'Église sera complète et glorifiée, le royaume sera au Seigneur et « toutes les extrémités de la terre se souviendront et se tourneront vers l'Éternel » (Psaumes 22:27). Convertir le monde dans cet âge serait prématuré et renverserait le plan de Dieu. Cette lettre est signée J. H. P.[194]

Une troisième lettre, datée de Rochester le 28 mai 1878, est adressée à Nelson Barbour. Son auteur y déclare se sentir pressé d'écrire quelques mots d'encouragement pour reconnaître ce qu'il doit à Barbour et à ses collaborateurs.[195]

Le correspondant de Rochester, S. White Paine, dit devoir à Barbour et à ses collaborateurs une lumière nouvelle sur les prophéties. Il avait adhéré en 1843 à l'attente du second avènement et publié plusieurs brochures distribuées gratuitement. Il estime que les enseignements de la revue lui ont donné une connaissance des Écritures prophétiques qu'il n'avait pas atteinte auparavant.[196] Depuis 1843, sa conviction que le Christ revient avant le millénium n'a pas varié. Il s'étonne que l'Église, dans son ensemble, s'en tienne à la théorie de Whitby sur la conversion du monde dans l'âge présent. Il suppose que beaucoup de prédicateurs l'ont adoptée sans examen : son propre pasteur, docteur en théologie, lui a avoué l'avoir acceptée « comme une chose allant de soi ».[197]

Pour lui, le petit groupe de chrétiens qui attendent le Seigneur, ou qui croient qu'il est déjà invisiblement présent et surveille la moisson avant la translation, correspond à ceux que décrit Proverbes 2:1-5 : ils ont tendu l'oreille à la sagesse et cherché la connaissance comme des trésors. Il y voit l'accomplissement de la promesse de comprendre la crainte de l'Éternel, tout en précisant qu'il n'avance pas cette application avec orgueil.[198] Il cite aussi Luc 21:26 sur les hommes dont le cœur défaille de crainte, ainsi que l'idée que les ivraies sont liées en bottes pour être brûlées, pendant que le blé sera bientôt recueilli dans le grenier de Dieu.[199]

Il admet qu'on ne peut connaître le jour ni l'heure de la manifestation du Christ. Il juge cependant les preuves écrasantes : la chronologie du monde, l'accomplissement des nombres sacrés de Daniel et de l'Apocalypse, l'argument du Jubilé, les parallèles entre l'âge juif et l'âge de l'Évangile, la faveur renouvelée de Dieu envers les Juifs et l'agitation des nations. Tout cela le convainc que le « jour du Seigneur », en tant que jour de détresse, est déjà là et que le travail invisible de la présence du Christ dans la « moisson » est en cours.[200] La lettre se termine par un poème intitulé « La gloire à venir », qui décrit la Nouvelle Jérusalem descendant du ciel, sans soleil ni lune, éclairée par un seul visage, sans ombre, ni faim, ni soif, ni péché.[201]

Une lettre d'Aaron Hastings, de Newton (Massachusetts), datée de juillet 1878, demande qu'on ne supprime pas son abonnement : sans la revue et sa Bible, il serait comme un navire sur un océan sans carte ni boussole. Il est convaincu que les lecteurs se trouvent dans la situation qui accomplit le type d'Élie après la traversée du Jourdain, et joint un dollar.[202]

Mme L. M. Harris, de Warren's Mills, écrit avoir commencé à s'interroger sur le reste de la « semaine » et sur le Christ foulant seul le pressoir. Elle pensait que la détresse viendrait sur les croyants, mais qu'ils ne la verraient que des yeux de la foi. Elle croit que le temps de détresse est entré en vigueur et que le monde l'apprendra bientôt. Elle trouve long d'attendre un mois entre deux numéros.[203]

J. C. de Bruynkops, pasteur presbytérien d'Oak Grove (Wisconsin), écrit le 24 juin qu'il a ressenti une joie extrême à la lecture de certaines explications bibliques de la revue. Il dit y voir un héraut de l'aurore qu'il guettait depuis des années. Il avait parlé du retour du Seigneur en chaire et souhaite en faire désormais son thème principal. Il joint deux dollars.[204]

Henry Wood, de North Easton (Massachusetts), écrit le 2 juillet que, s'il faut entrer un peu dans le temps de détresse, le Père tout-puissant saura garder les siens. Il préfère perdre la vie plutôt que l'espérance qu'il a en Christ.[205]

Un lecteur de La Crosse (Wisconsin) précise qu'il n'a pas été très déçu quand les 53 jours se sont écoulés. Il trouvait déjà quelque chose de flou dans la dernière « semaine » des soixante-dix, au milieu de laquelle le Christ fit cesser le sacrifice, et dont le parallèle semblait exiger plus de temps. Il pensait que la translation aurait lieu ce printemps-là, mais croyait aussi que Dieu donnerait peut-être plus de lumière pour compléter la « semaine ». Il juge que cette lumière est maintenant arrivée.[206] Un lecteur d'Elyria (Ohio) rapporte qu'un frère de la ville a vu sa foi se renforcer après la lecture de l'argument principal du numéro de juin.[207] Un lecteur d'Austin (Illinois) dit avoir tiré de deux exemplaires plus d'Évangile que de vingt sermons.[208]

S. H. Withington, de Springwater, écrit que les illustrations de la première page résument le plan de la foi et la mesure des âges. Selon son calcul, les 69 « semaines » et demie prirent fin à la croix, mais il fallut encore l'autre demi-semaine pour accomplir les soixante-dix de Daniel 9:24. Le blé de l'âge juif fut recueilli à la Pentecôte et après. La moisson comporte deux opérations, la récolte puis le rassemblement : les trois ans et demi de la première, puis les trois ans et demi du second, font sept ans. Pour que l'âge de l'Évangile soit parallèle, le blé de l'Église doit donc être rassemblé durant les trois ans et demi à venir. Il se déclare prêt à répondre à ceux qui souhaitent des réunions.[209]

Minnie A. Barney, de New Preston (Connecticut), règle l'abonnement de N. W. Sprague. Elle explique que sa famille est accablée de dettes et n'a pas eu de travail depuis deux ans, et demande des prières pour que sa foi ne faille pas.[210] Stewart Carlisle, de Wilmington, voit avec tristesse que la lumière brille dans les ténèbres, comme lors du premier avènement, sans être comprise.[211] D. D. Lathrop, de Montrose (Pennsylvanie), demande qu'on définisse par les Écritures la durée exacte de la moisson et pense que la première estimation de sept ans était correcte. Une note de la rédaction précise que cette demande aurait dû paraître dans le numéro précédent.[212]

Mme S. L. Slagle, de Good Hope (Ohio), écrit à Russell qu'un homme de Pittsburgh lui a envoyé L'objet et la manière du retour de notre Seigneur et un exemplaire de la revue, qui lui ont apporté vérité et bonheur après des années de recherche.[213] G. Wood, de Fremont, reconnaît que le temps est repoussé de trois ans et demi, à l'encontre de ses espoirs, mais pense que ce sera le meilleur pour tous.[214] Mary R. Deuman, de Saint-Maur (Seine), en France, sent que le temps de la séparation est venu. Elle voit l'Esprit diviser les siens en France, en Angleterre et en Amérique, et demande l'envoi de la brochure et de la revue à une Madame Fleury Berger.[215]

Questions et réponses

À la première question, qui demande si Romains 2:12 (« tous ceux qui ont péché sans la loi périront aussi sans la loi ») contredit la restitution de toutes choses, la réponse est négative. Les hommes périssent de froid, de faim et de mille autres façons, et le sens biblique de ce mot est le même, comme dans Luc 13:33. Ceux qui ont péché sans la loi meurent sans la loi, mais « le péché n'est pas imputé quand il n'y a point de loi » (Romains 5:13). Les Gentils, qui n'ont pas la loi, sont une loi pour eux-mêmes (Romains 2:14) ; d'après Luc 12:47, ceux qui ignorent la volonté du maître seront battus de peu de coups.[216]

La deuxième question demande si la détresse de Daniel 12:1 est la même que la grande tribulation de Matthieu 24:21. La réponse est non : celle de Matthieu frappe « les élus », l'autre frappe les nations, et chacune est la plus grande de son espèce. La grande tribulation sous la papauté et d'autres pouvoirs persécuteurs, pendant les siècles obscurs, faillit exterminer l'Église ; elle fut abrégée à cause des élus, par la Réforme luthérienne. Cette même tribulation est évoquée en Daniel 11:33-34, où les fidèles tombent par l'épée, la flamme, la captivité et le pillage, puis reçoivent « un faible secours ». Le soleil s'obscurcit « après cette tribulation » (Marc 13:24), ce qui eut lieu le 19 mai 1780. La détresse de Daniel est en revanche la dernière grande crise des nations des Gentils : elle correspond à la délivrance du peuple de Daniel et inclut la bataille du grand jour, quand les Juifs sont délivrés (Zacharie 14). Elle ne peut donc venir avant le moment où les saints commencent à voir ces choses et à savoir que leur délivrance approche (Luc 21:28).[217]

La troisième question demande si une grande partie de la race souffrira finalement la « seconde mort ». La réponse indique qu'on ne peut savoir quelle proportion sera perdue. Apocalypse 20:8-9 suggère une grande troupe, qui regroupe, selon la réponse, ceux qui ont commis le péché menant à la mort, dans cet âge ou dans les âges passés, et ne revivent qu'à la fin des mille ans, ainsi que ceux des nations restés à l'écart après que tous ceux qui pouvaient être atteints ont été sauvés dans l'âge de la restitution.[218] L'expression « comme le sable de la mer » ne prouve pas grand-chose, car elle est aussi employée pour les Madianites (Juges 7:12) et pour les veuves d'Israël (Jérémie 15:8). Si de tels nombres correspondent à cette expression, l'ensemble des perdus de l'Apocalypse pourrait n'être qu'une goutte d'eau comparée à ceux qui atteindront finalement l'image complète de Dieu.[219]

Voir aussi

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 17
  2. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 92
  3. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 29-30. Original : « he argued that the gospel dispensation must be a "double" of the same length of time as the Jewish age. »
  4. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 225. Original : « the Jewish and Gospel Dispensations, according to Scripture, were to be of equal size and equal measure -- for the former to constitute the pattern after which the latter was to be fashioned ».
  5. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 20
  6. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 20
  7. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 92-93. Original : « events at the close of the Jewish age prefigured their counterparts at the corresponding point in the close of the Gospel age. In each case there was a constant period of 1,845 years ».
  8. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  9. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  10. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  11. ↑ WILLS Tony, A People for His Name, chap. 5 « The Plan of the Ages », section « Permission of Evil ». Original : « His method of harmonization was merely to find to which age each statement applied. If it smacked of election it belonged in the Gospel Age, if free grace in the Millennial. »
  12. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  13. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  14. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  15. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  16. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  17. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26
  18. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  19. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  20. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  21. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 307-308. Original : « He believed that Jesus became the Second Adam, the next father of the human race, to complete a two-part creation cycle. […] There is no substitutional element in Mosaic sacrifices, so Christ substitutes for no one. »
  22. ↑ WILLS Tony, A People for His Name, chap. 3 « Harvest Gatherings and Siftings ». Original : « He claimed that the death of each individual man freed him from Adam's sin, and he could be resurrected sinless without substitutionary atonement. »
  23. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26
  24. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 307-308. Original : « by whatever juridical metonymy the sufferings of Jesus become the payment of the penitent sinner's forfeitures, so it is written, and such is the very nerve and marrow of the Gospel […] This was Unitarian doctrine. »
  25. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 103-107.
  26. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 51-53.
  27. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  28. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  29. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  30. ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 31-33. Original : « Conditional immortality was preached by some of the early Adventists, including George Storrs ».
  31. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 109
  32. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 129-131.
  33. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  34. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 165. Original : « In 1877 while associated with Barbour he came to believe "that the Church is to be of a separate and distinct nature, and is to be used by the Lord in blessing Israel and through them blessing all the nations." »
  35. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  36. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 10
  37. ↑ Object and manner of our lords return, 1877, p. 22
  38. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  39. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  40. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 64-66.
  41. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  42. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 19-20. Original : « The prophetic secrets of the Scripture could be unlocked, it was argued, by substituting "year" wherever "day" was mentioned in prophetic chronology. »
  43. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  44. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  45. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  46. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 15
  47. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  48. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  49. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  50. ↑ Daniel Whitby — Wikipedia.
  51. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 19-20. Original : « Daniel Whitby (1638–1727), who introduced a postmillennial belief that the earth would be Christianized prior to Christ's second advent. […] in Great Britain and its American colonies they were generally accepted until the early nineteenth century. »
  52. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  53. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 129-131.
  54. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  55. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  56. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  57. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  58. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 88. Original : « Though we cannot date when he accepted Age-to-Come views, Stetson also rejected world burning. »
  59. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 29-30. Original : « the same must hold true for the period from the autumn of 1874 to the spring of 1878. Barbour therefore looked for the saints to be taken away in the rapture in the latter year. »
  60. ↑ WILLS Tony, A People for His Name, op. cit., chap. 3 « Harvest Gatherings and Siftings ». Original : « He taught with assurance that this meant that the church would go to heaven April 1878. Russell was noncommittal. »
  61. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  62. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  63. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  64. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  65. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  66. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  67. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 3-5. Original : « Bible Student–Jehovah's Witness leaders have always argued that the "wrong thing [or things] had happened at the right time." »
  68. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  69. ↑ FRANZ Raymond, Crise de conscience, p. 224-225.
  70. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  71. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  72. ↑ SCHULZ B. W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 225. Original : « their communications with man in the flesh to be under a veil, that is to say the Flesh. »
  73. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 187-188.
  74. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  75. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  76. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  77. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  78. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  79. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, op. cit., p. 51-53.
  80. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, op. cit., p. 76-77.
  81. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  82. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 39-41.
  83. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  84. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  85. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  86. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  87. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  88. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  89. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  90. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 187-188.
  91. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  92. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  93. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  94. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  95. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  96. ↑ SCHULZ Bruce W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 2, p. 544-546. Original : « His predictions failed, and he extended affairs to 1881. Russell endorsed the new belief. »
  97. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 188-190.
  98. ↑ ZYGMUNT Joseph F., « Prophetic Failure and Chiliastic Identity: The Case of Jehovah's Witnesses », American Journal of Sociology, vol. 75, n° 6, 1970, p. 926-948.
  99. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  100. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  101. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  102. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  103. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 64-66 et 182-186.
  104. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  105. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  106. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  107. ↑ WILSON Bryan R., Religious Sects: A Sociological Study, Londres, Weidenfeld & Nicolson, 1970.
  108. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  109. ↑ Have You Checked Out Alton Bay? — Advent Christian General Conference.
  110. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  111. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  112. ↑ SCHULZ Bruce W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 64-65. Original : « appointments to preach shall not be published in their organ, the 'World's Crisis,' for anyone who believes … in... 'age to come.' »
  113. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 143-144.
  114. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  115. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 188-190.
  116. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  117. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  118. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  119. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  120. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  121. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 39-41.
  122. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 17
  123. ↑ FRANZ Raymond, Crise de conscience, p. 222.
  124. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 27-28. Original : « Russell threw his financial support behind the Herald of the Morning, gave Barbour money to prepare a book outlining their beliefs respecting the end of the age, and curtailed certain business activities in order to engage in travelling and preaching. »
  125. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 228-230.
  126. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26
  127. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  128. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 188-190.
  129. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  130. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  131. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  132. ↑ Object and manner of our lords return, 1877, p. 1
  133. ↑ Object and manner of our lords return, 1877, p. 62
  134. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-186.
  135. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 17
  136. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 329-330.
  137. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  138. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  139. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  140. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  141. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  142. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 228-230.
  143. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32
  144. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 17
  145. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 17
  146. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  147. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  148. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 18
  149. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  150. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  151. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  152. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 19
  153. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 20
  154. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 20
  155. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 20
  156. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  157. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  158. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  159. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  160. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21
  161. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 21-22
  162. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  163. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  164. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  165. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  166. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  167. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 22
  168. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  169. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  170. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  171. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  172. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  173. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 23
  174. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  175. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  176. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  177. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  178. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24
  179. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 24-25
  180. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  181. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  182. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  183. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  184. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25
  185. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 25-26
  186. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26
  187. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26
  188. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 26-27
  189. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  190. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27
  191. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 27-28
  192. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  193. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  194. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  195. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 28
  196. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  197. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  198. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  199. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  200. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29
  201. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 29-30
  202. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  203. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  204. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  205. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30
  206. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 30-31
  207. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  208. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  209. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  210. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  211. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  212. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  213. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  214. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31-32
  215. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32
  216. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32
  217. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32
  218. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32
  219. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 32

Catégorie:1878