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Herald of the Morning de février 1879

De Tj-encyclopédie
Herald of the Morning de février 1879
Revue Herald of the Morning
Date 1879
Auteur(s) Wm. Lindsey, John H. Paton, S. H. Withington, Charles Taze Russell
Année 1879
Langue Anglais
Pays États-Unis
Éditeur Nelson Barbour

Ce numéro cherche à savoir qui Dieu juge, et à quel moment. Selon la réponse donnée, l'Église passe son jugement dans la vie présente. Le monde, lui, attend le sien dans l'âge suivant, où il recevra à son tour sa chance de vivre. Cette réponse règle aussi la nature du royaume et l'ordre des événements de la fin. Elle explique encore pourquoi la mort héritée d'Adam reste le sort de tous, y compris des croyants.

Le numéro défend également les calculs de dates contre ceux qui veulent les abandonner après les déceptions de 1843-1844. Ces calculs servent à situer les lecteurs dans la « moisson » en cours, qui doit prendre fin en 1881. Le refus de voir dans la mort du Christ une substitution revient dans plusieurs parties du numéro, dans les réponses aux lecteurs comme dans le courrier. Le numéro se termine sur une proposition de Russell : publier à Pittsburgh une seconde revue, qui paraîtrait le 15 de chaque mois, en complément du Herald.

Analyse

Croyances

Le naturel et le spirituel, deux âges de même longueur

Le schéma qui ouvre le numéro place chaque réalité sur deux colonnes. D'un côté se trouvent la Jérusalem terrestre, le sacrifice terrestre et le royaume terrestre. De l'autre se trouvent leurs équivalents célestes.[1] L'article sur le jugement donne la règle qui justifie ce schéma : Dieu a fait du naturel le modèle du spirituel (1 Corinthiens 15:46).[2] Cette règle sert ensuite partout dans le numéro. Elle explique l'homme, la Jérusalem céleste et les deux Testaments. Pour ces derniers, la raison donnée est que le plan de Dieu « est double en chacune de ses parties, le naturel et le spirituel ». En août 1878, la même revue disait déjà que le plan comportait « deux étapes, deux naissances et deux chefs ».[3] Le présent numéro apporte une précision. Le procès pour la vie commence dès que la vérité est semée dans le cœur.[4]

La seconde moitié du schéma découpe l'histoire en âges. L'âge juif va de la mort de Jacob à celle du Christ. L'âge de l'Évangile, qui va de la mort du Christ à sa fin, a la même durée : 1845 ans.[5] Penton montre que Nelson Barbour tirait cette égalité d'Ésaïe 40:2, où Jérusalem reçoit « le double » pour ses péchés.[6] Ce parallèle entre les deux âges sert de cadre aux dates de la moisson présentées plus loin dans le numéro.

La rançon sans substitution

L'article sur le jugement aborde de front une question alors débattue. L'enfant meurt parce qu'Adam a péché, et le Christ est mort pour la même raison. L'auteur demande alors si la substitution s'applique aux deux cas, et répond qu'elle s'applique aux deux si elle s'applique à l'un.[7] Selon lui, l'apparente injustice, qui consisterait à frapper l'innocent à la place du coupable, disparaît quand on comprend que la race est jugée en son chef.[8] L'article ajoute que personne ne peut recevoir la peine d'Adam à la place d'un autre.[9] Barbour avait publié en 1878 un article qui rejetait la théorie de l'expiation par substitution.[10] En septembre 1878, la revue écrivait que le Christ avait souffert pour le monde entier, « mais pas à sa place ».[11] En décembre 1878, un autre article de la même revue soutenait au contraire que le Christ est « notre substitut ».[12] En février 1879, seule la position opposée à la substitution s'exprime. La rubrique des questions rejette l'idée d'un lecteur : le Christ nous aurait libérés de la mort adamique. Elle y voit l'aveu même d'une substitution et lui oppose l'exemple de l'Hindou qui s'offre en sacrifice tout en sachant qu'il doit mourir.[13]

L'argument repose sur une image : le ruisseau ne monte pas plus haut que sa source. Ce qu'Adam, homme naturel parfait, n'a pas pu faire, ses descendants ne le pouvaient pas non plus. Il était donc juste de juger toute la race en lui.[14] Russell employait la même image en 1877, mais dans un autre but. Pour lui, Adam ne pouvait pas avoir perdu plus qu'il ne possédait, si bien que la restitution rend seulement la vie naturelle.[15] Schulz et de Vienne résument ainsi la doctrine de Barbour : Jésus devient le second Adam, nouveau père de la race humaine, pour achever une création faite en deux temps.[16] Le numéro suit ce schéma. En gardant la loi, le Christ gagne le droit à la vie spirituelle. Il devient le premier homme du second plan et le chef de la « régénération ». Pourtant, c'est Dieu, et non le Christ lui-même, qui le ressuscite.[17][18]

La même répartition des rôles explique la distinction entre résurrection « des morts » et résurrection « d'entre les morts ». En décembre 1878 et en janvier 1879, la revue disait déjà que le Père relève tous les hommes de la mort naturelle et que le Christ relève les siens de la mort spirituelle.[19][20] En février, le rédacteur tire une conséquence de cette distinction et reconnaît avoir changé d'avis. Il avait cru que la résurrection des injustes était un élément important de la restitution, mais il le pensait avant d'avoir compris ce que la Bible dit de la résurrection.[21] Pour lui, ressusciter consiste seulement à ramener l'homme dans son état actuel. Restituer consiste à le rendre à l'état d'Éden.[22] Les nations vivantes devront donc, elles aussi, passer par cette restitution.[23]

Cette restitution est la source du réconfort qu'exprime le lecteur de Détroit. Les multitudes mortes sans connaître de Sauveur pourront encore entendre parler de l'amour de Dieu.[24] Cette espérance vient de George Storrs, pour qui Dieu ne condamnait pas les ignorants. Elle se trouve aussi dans la profession de foi de l'Église de George Stetson, datée de 1863.[25][26] Le péché contre l'Esprit fixe la limite de cette espérance. Sans ce péché, la Bible enseignerait un salut universel et éternel.[27] Three Worlds disait déjà en 1877 que nul ne meurt de la vraie mort sans avoir commis le péché « qui mène à la mort » (1 Jean 5:16).[28] Le présent numéro ajoute que des milliers de personnes, peut-être des millions, peuvent commettre ce péché.[29]

Le jugement en deux temps : l'Église maintenant, le monde ensuite

En août 1878, la revue faisait déjà commencer le jugement du monde au second avènement, alors que celui de l'Église avait commencé avec l'Évangile.[30] En février 1879, le monde n'est pas jugé pendant l'âge présent, qui sert seulement à former l'épouse du « second Homme ».[31] L'auteur juge étrange qu'on puisse croire à la destruction d'un monde à qui la vérité n'a jamais été enseignée. Selon lui, cette incompréhension s'explique parce que seul le « petit troupeau » peut voir le plan de régénération.[32] L'Église forme les « prémices ». Il faut donc s'attendre à une « grande moisson » après elle.[33]

Le procès de l'Église passe par la souffrance. Comme épouse, l'Église « complète ce qui manque » aux souffrances du Christ.[34] Penton attribue l'origine de cette idée à Benjamin W. Keith, qui l'exposait dans la revue en octobre 1878.[35] La rubrique des questions précise de quelle mort il s'agit : le croyant ne meurt chaque jour et n'est crucifié avec le Christ qu'au sens spirituel. L'homme naturel, lui, reste condamné sans retour.[36]

Le royaume spirituel et la place d'Israël selon la chair

L'article sur le royaume répond aux lecteurs formés à la doctrine de la « restitution » ou de l'« âge à venir ». Selon lui, ces lecteurs confondent le royaume de Dieu avec la nation juive restaurée.[37] Paton défendait déjà cette position dans la revue en août 1877. Le prémillénariste George N. H. Peters jugeait alors ses arguments « trop subtils et tirés par les cheveux ».[38] En février 1879, l'argument s'appuie sur une comparaison. Le royaume invisible de Satan a agi par Rome. De la même manière, le royaume invisible de Dieu agira par Israël, qui sera le premier des royaumes terrestres.[39] La loi et le gouvernement de la Jérusalem terrestre serviront alors de « maître d'école » aux nations païennes.[40] Pour le trône de David, la revue rappelait en décembre 1878 que Dieu avait occupé ce trône sans être vu.[41] La durée de l'aveuglement d'Israël mesure aussi le temps nécessaire pour que la plénitude des Gentils entre dans l'Église.[42]

La papauté et la Révolution française dans les prophéties

La femme assise sur la bête désigne une Église, et la bête désigne un empire. Une prostituée est une Église fiancée au Christ mais mariée au monde, c'est-à-dire unie à l'État. L'Église romaine est la mère de ces Églises.[43] Cette lecture reprend celle que Blandre décrit chez les commentateurs protestants, pour qui la prostituée écarlate et Babylone la Grande désignaient l'Église catholique.[44] Le point de départ de 538 suit lui aussi une tradition établie. Avant cette date, les Goths, de confession arienne, régnaient sur l'Italie. Justinien brise leur puissance, et le numéro cite Gibbon à l'appui.[45] Selon Blandre, une « littérature abondante » identifiait déjà l'abomination de la désolation au pouvoir pontifical établi après la prise de Rome par Bélisaire.[46]

Le numéro se sépare de William Miller sur un point. Miller faisait du « sacrifice perpétuel » le paganisme romain, qui aurait cédé la place à la papauté en 508.[47] Storrs reprenait cette lecture en 1843.[48] En février 1879, le « perpétuel » est supprimé par les Romains lors de la destruction de Jérusalem.[49] Le numéro garde toutefois le verset utilisé par Miller, 2 Thessaloniciens 2:7 : Rome païenne barrait la route et devait céder la place à Rome papale.[50] Cette nouvelle lecture permet de faire partir les 1290 jours de 538 et non plus de 508.

Les deux témoins représentent l'Ancien et le Nouveau Testament. Pendant les 1260 ans, ils ont été cachés au peuple, enfermés dans des langues mortes.[51] Miller identifiait déjà en 1831 les deux témoins aux Testaments rejetés par la France révolutionnaire.[52] Three Worlds faisait de la Commune la bête qui monte de l'abîme.[53] Le numéro rejette la thèse du Dr Seiss, qui voyait dans les deux témoins Hénoc et Élie.[54] Penton tient pourtant Seiss pour une source directe et importante des premières idées de Russell sur la fin des temps.[55] Le numéro place aussi des événements récents dans la prophétie. Le gouvernement de Victor-Emmanuel, en place depuis 1870, est la septième tête de la bête. L'Internationale constitue sa phase suivante.[56] Blandre relève que Barbour avait introduit la Commune de Paris dans ses calculs dès 1870-1871.[57]

Les dates prophétiques et la présence invisible

À partir de 538, les 1290 jours mènent à 1829. Cette année-là commence le mouvement du second avènement.[58] Les 1335 jours s'achèvent dans l'année juive qui correspond à 1874.[59] Jonsson rapporte que Barbour avait corrigé Miller vers 1860. Il ne voyait pas pourquoi Miller faisait partir les 1260 jours et les 1290 jours de deux dates séparées de trente ans.[60] En 1877, Three Worlds faisait partir les 1335 jours du printemps 539 et les faisait aboutir au printemps 1874.[61] Pour Daniel, le numéro explique que le mot hébreu rendu par « à la fin » peut aussi se traduire par « après ». Daniel peut donc se lever pour recevoir sa part pendant la moisson, sans que sa résurrection ait lieu exactement en 1874.[62] La bénédiction promise à ceux qui atteignent ces jours devient le privilège de vivre pendant la « parousia » du Christ.[63]

Les « arguments chronologiques » sont défendus contre le préjugé qui les vise depuis 1843. Les déceptions passées viennent d'une erreur sur la manière du retour du Christ, et non d'une erreur de calcul.[64] Barbour avançait cette explication dès octobre 1875.[65] Jonsson note que les adventistes du septième jour justifiaient l'échec de 1844 de la même façon : ils disaient avoir attendu « le mauvais événement au bon moment ».[66] Le sociologue Joseph Zygmunt a étudié les prédictions non réalisées chez les Témoins de Jéhovah. Il montre que le groupe garde ses dates après un échec et change le sens de l'événement annoncé.[67] La première étape du retour était due en 1843, puis « l'Époux tarda » trente ans.[68] Le numéro fait aussi commencer en 1843 le « temps de la fin », qui doit se terminer en 1914.[69] Dans la chronologie que Barbour publiait vers 1870, ce temps de la fin commençait en 1798.[70]

Pour appuyer l'idée d'un retour en plusieurs étapes, le numéro invoque les conférences prophétiques récentes tenues en Angleterre et à New York.[71] En décembre 1878, la revue rendait compte de la première de ces conférences tenue en Amérique.[72] Selon Jonsson, Henry Drummond avait lancé vers 1828 l'idée d'un retour en deux étapes, dont la première serait invisible. Les darbystes l'avaient ensuite largement diffusée.[73]

La moisson en cours et les échéances proches

L'ivraie est déjà liée en bottes. Le rassemblement du blé occupe les trois ans et demi qui vont de 1878 à l'automne 1881.[74] L'ivraie ne sera jetée dans le pressoir qu'après 1881.[75] En juillet 1878, la revue décrivait un autre ordre : le blé était rassemblé pendant que l'ivraie brûlait.[76] En février 1879, l'ordre est fixé à partir de deux arguments. L'Apocalypse est lue comme un livre qui suit l'ordre des événements.[77] Les erreurs commises depuis 1843 sont attribuées à une seule cause : les lecteurs ont entassé les événements et en ont attendu plus que ce qui était dû.[78] Le temps de détresse a commencé en 1873, à la fin des 6000 ans.[79] Three Worlds faisait déjà commencer ce temps de détresse avec la crise financière de l'automne 1873.[80] Blandre rappelle que la crise avait touché les États-Unis en septembre 1873.[81] En février 1879, le temps de détresse est séparé de la destruction de l'ivraie. Le pressoir doit être foulé « hors de la ville », c'est-à-dire hors de l'ancien Empire romain.[82]


Organisation et histoire

Les héritiers revendiqués du mouvement de Miller

Le numéro raconte les origines de son propre courant à partir d'une date : 1829. Les 1290 jours de Daniel, comptés depuis 538, aboutissent selon lui à l'année où commence « l'œuvre préparatoire connue depuis sous le nom de “mouvement du second avènement” ».[83] L'entourage de William Miller n'avait pas fait ce calcul. Miller comptait les 1290 ans à partir de 508 et les faisait finir en 1798.[84] Barbour, lui, part de 538 pour les trois périodes de Daniel. Il reproche aux millérites d'avoir placé trente ans trop tôt l'établissement de l'abomination.[85] Ce décalage change la place de Miller. Sa prédication est désormais annoncée par la prophétie elle-même. Blandre montre en effet que Miller commence à faire connaître ses calculs autour de 1828, d'abord par des conversations et des lettres.[86]

La revue se dit l'héritière de ce mouvement, et elle en reprend aussi les échecs. Le rédacteur écrit « dans notre histoire passée, de 1843 à aujourd'hui »: il compte donc 1843 dans l'histoire de son propre groupe. Il reconnaît que les erreurs de ce groupe viennent chaque fois de la même cause : on a annoncé trop d'événements à la fois.[87] Il admet aussi que la déception de 1843 a rendu déplaisant aux chrétiens le simple fait de parler du retour du Christ.[88] Il ne renie pourtant pas cet héritage. Pour lui, le mouvement de 1843 reposait sur des preuves « suffisantes pour le justifier pleinement ».[89] Le sociologue Joseph Zygmunt a observé ce comportement dans le mouvement : après un échec, le groupe garde ses dates et change le sens de l'événement annoncé.[90] En février 1879, cette fidélité aux échecs du passé sert à rassurer des lecteurs qui ont eux-mêmes connu l'échec du printemps 1878.

La revue s'appuie aussi sur ce qu'elle a déjà publié. Pour prouver que la bête qui monte de l'abîme est la Commune, le rédacteur renvoie à « l'explication d'Apocalypse 17, dans le volume 6 ».[91] Les lecteurs qui l'interrogent sur le sabbat, l'immortalité de l'âme, la seconde naissance ou la marque de la bête sont renvoyés de la même façon aux volumes précédents.[92] Le rédacteur part du principe que ses abonnés conservent la collection et peuvent la consulter.

Une place à prendre parmi les prémillénaristes

Le rédacteur s'appuie sur les autres prémillénaristes, ces chrétiens qui attendent le retour du Christ avant le millénium, et il les critique en même temps. D'un côté, il invoque « la conférence prophétique tenue récemment en Angleterre, et aussi celle de la ville de New York ». Selon lui, presque tous les participants croient à un retour en plusieurs étapes.[93] Il ne précise pas quelle conférence anglaise il vise. Le ton a changé depuis deux mois. D'après Schulz et de Vienne, Russell assistait à cette conférence et Barbour n'y était pas, peut-être parce que certains organisateurs se méfiaient des adventistes.[94] George Storrs fait le même constat au même moment : en janvier 1879, il note que des adventistes se plaignent de ce que la conférence n'ait pas admis qu'on puisse connaître la date du retour.[95]

Le docteur Joseph Seiss, pasteur luthérien de Philadelphie, est contredit par son nom. Sa brochure fait d'Hénoc et d'Élie les deux témoins de l'Apocalypse. Le rédacteur traite cette lecture de « simple fantaisie ». Le groupe doit pourtant beaucoup à Seiss. Penton le tient pour une source directe et importante des premières idées de Russell sur la fin des temps.[96] Le mensuel de Seiss avait même publié, entre la fin de 1877 et février 1878, la brochure de Russell sur l'objet et la manière du retour du Christ.[97] Le désaccord porte sur un point précis. Barbour voit dans les deux témoins des ensembles, les deux Testaments. Seiss y voit deux hommes.[98]

L'article « Le royaume » s'adresse à des lecteurs venus d'un autre courant adventiste. Il vise ceux qui ont été formés avant d'arriver à la revue dans « la doctrine dite de la restitution, ou de l'Âge à venir », et qui « butent encore sur la nature spirituelle du royaume ».[99] Beaucoup de ces lecteurs n'avaient plus guère d'autre journal. À la fin de 1877, l'Advent Christian Association avait interditd'annoncer dans son journal, le World's Crisis, les prédications des partisans de l'Âge à venir.[100] L'idée que la revue veut corriger chez eux était encore celle du groupe peu de temps auparavant. Selon Schulz et de Vienne, Russell et ses proches pensaient jusqu'en 1877 que l'Épouse du Christ vivrait sur la terre.[101] La revue cherche donc à faire faire à ses nouveaux lecteurs le même chemin que ses rédacteurs.

L'histoire européenne au service du calendrier

Pour établir ses dates, la revue s'appuie sur des historiens. Le début de la domination papale est fixé à 538. Cette année-là, l'armée de Justinien met fin au pouvoir des Goths en Italie, d'après « le Rome de Gibbon ». La fin de cette domination est fixée à la république de 1798.[102] Gibbon raconte le siège de Rome, mais il ne rattache pas 538 à une suprématie du pape. Ce rapprochement vient des commentateurs protestants de la prophétie.[103] Ces commentateurs l'avaient fait longtemps avant Barbour. En 1796, George Bell, dans l'Evangelical Magazine de Londres, faisait partir les 1260 ans de 537 ou de 553.[104] En 1843, Storrs plaçait déjà la fin de cette domination à l'entrée du général Berthier dans Rome, en février 1798.[105]

Les événements récents servent de preuves, car on peut les dater. Le gouvernement mis en place à Rome par Victor-Emmanuel est la « septième tête » de la bête. L'Internationale, appelée aussi la Commune, en est la « phase suivante ».[106] L'entrée des troupes italiennes dans Rome, le 20 septembre 1870, avait mis fin aux États pontificaux.[107] D'après Blandre, Barbour a ajouté l'Internationale à ses listes dès l'édition de 1871 de son Midnight Cry.[108] Le mouvement ouvrier européen prend ainsi place parmi les puissances que la prophétie condamne. La date d'août 1840 rattache de la même façon la soumission de l'Empire ottoman « aux mains des Alliés » à la fin de la sixième trompette.[109]

Le numéro porte enfin un jugement sur des institutions protestantes de son temps. La mort des deux témoins correspond à l'« attaque incrédule » de la Révolution contre la Bible. Ils « ressuscitent » quand les « sociétés bibliques commencent à s'organiser ».[110] Miller avait déjà identifié en 1831 les deux témoins aux deux Testaments, rejetés par la France révolutionnaire entre 1793 et 1796.[111] Dans cette lecture, la Société biblique britannique et étrangère, fondée en 1804, et la Société biblique américaine, fondée en 1816, accomplissent la prophétie.[112] La revue condamne les Églises comme des institutions, mais elle fait l'éloge des organismes qui diffusent la Bible.

Un petit réseau divisé sur la rançon

Le numéro montre comment le groupe fonctionne autour de la revue. Des lecteurs dispersés écrivent au rédacteur. C'est le cas de Wm. Lindsey, de « Détroit (Michigan) ».[113] Le rédacteur tranche ensuite leurs questions de doctrine. Un avis dresse la liste des prédicateurs qui travaillent avec lui : Paton à Almont, Russell à Pittsburgh, S. H. Withington, Keith à Dansville et le rédacteur lui-même à Rochester. Tous « répondront volontiers à toute demande de réunions, là où une église ou une salle peut être fournie ».[114] Le groupe n'a aucun local à lui. Il dépend des salles qu'on lui prête. Withington s'était proposé dans une lettre d'août 1878, adressée au Herald of the Morning de août 1878 : il voulait prêcher « partout où la voie s'ouvre ».[115]

Les questions des lecteurs montrent qu'ils remarquent les changements de doctrine. L'un d'eux parle des « dernières vues » de la revue sur la résurrection.[116] Le Herald of the Morning de janvier 1879 annonçait en effet que la question était examinée « d'un nouveau point de vue ».[117] Le rédacteur refuse l'expression. Il admet pourtant avoir cru autrefois que la résurrection des injustes faisait partie de la restitution. Il dit l'avoir cru avant d'avoir étudié ce que la Bible enseigne sur la résurrection.[118]

La doctrine de la rançon divise ce même réseau. Le désaccord est ouvert depuis l'été 1878. En août, Barbour a nié dans la revue que la mort du Christ ait été une substitution. Russell lui a répondu dès le mois suivant.[119] Russell a aussi obtenu l'appui de Paton dans un article publié en décembre 1878.[120]

Le numéro de février ne donne la parole qu'au camp de Barbour. Un lecteur trouve que le salut s'explique mieux si le Christ a libéré les croyants de la mort. Le rédacteur lui répond que ce raisonnement fait du Christ un « substitut, sans erreur possible ».[121] Pour le réfuter, il prend l'exemple de l'Hindou qui se sacrifie au char de Juggernaut tout en sachant qu'il doit mourir.[122] La « Correspondance » publie ensuite une lettre qui approuve « la position que vous avez prise sur l'expiation ». Cette lettre est datée de Springwater, la localité donnée pour Withington dans l'avis des prédicateurs.[123] Son auteur appelle le Christ « médecin » plutôt que substitut. Barbour s'était servi de la même comparaison en septembre 1878 : un médecin prescrit le remède pour le malade, mais ne le prend pas à sa place.[124] Il écrivait alors que le Christ a souffert « pour le monde entier, mais non à la place du monde entier ».[125] Le même numéro présente donc Russell et Paton comme prédicateurs du groupe, et publie dans ses dernières pages des textes contre leur position sur la rançon. Penton voit dans cette question le vrai sujet de discorde entre les trois associés.[126]


Contenu

Le plan des âges

Un schéma illustré oppose deux plans : le plan de la chair, ou plan terrestre, et le plan spirituel. Chaque réalité du premier plan a son pendant sur le second : la Jérusalem terrestre et la Jérusalem céleste, le sacrifice terrestre et le sacrifice spirituel, le royaume terrestre et le royaume céleste.[127] Le premier plan est tourné vers le sacrifice à venir, le second vers le sacrifice accompli. Aux douze tribus du premier correspondent les douze apôtres du second.[128]

Le schéma compare aussi la durée des âges. L'âge juif, de la fin de l'âge patriarcal (mort de Jacob) à la mort du Christ, aurait eu la même durée que l'âge de l'Évangile, de la mort du Christ à sa fin, soit 1845 ans. Parmi les repères chronologiques figurent le baptême de Jésus, la crucifixion en l'an 33, la destruction de Jérusalem, l'année 1874 et des cycles de jubilés.[129]

Lettre d'un lecteur de Détroit

Un lecteur de Détroit, Wm. Lindsey, écrit qu'il se sent profondément débiteur envers la revue pour les vérités précieuses qu'elle lui apporte. Il reprend l'exclamation de l'apôtre sur la profondeur de la richesse de la sagesse de Dieu (Romains 11:33) et se réjouit de connaître « le seul vrai Dieu » (Jean 17:3).[130]

Selon lui, la revue met en avant l'amour de Dieu dans chaque partie du plan de la rédemption : le nuage sombre de l'erreur se dissipe et l'amour de Dieu pour toutes ses créatures brille. Il y trouve un réconfort : les multitudes mortes sans avoir connu de Sauveur pourront encore entendre parler de son amour et connaître Dieu. Il prie pour que ces vérités mûrissent chez tous les lecteurs, afin qu'ils soient prêts à rejoindre le Sauveur dans la restitution de tout ce qui a subi la malédiction.[131]

Un avis précise que plusieurs collaborateurs de la revue, dont J. H. Paton à Almont (Michigan), C. T. Russell à Pittsburgh, S. H. Withington, B. W. Keith et le rédacteur lui-même à Rochester, répondront volontiers à toute demande de réunions, là où une église ou une salle peut être fournie.[132]

Le jugement

Les sens du mot « jugement » et la condamnation du premier Adam

Le Nouveau Testament anglais rend huit mots grecs différents par « jugement », avec des sens très proches. Le mot désigne le bon sens d'un homme, un terme juridique (obtenir justice en allant devant un tribunal) ou le fait d'exprimer une opinion, avec ou sans preuves. Il comprend à la fois le procès et l'exécution de la sentence. Les hommes sont jugés par leurs semblables pour établir ce qu'ils ont fait, et par le Seigneur pour établir ce qu'ils feront.[133]

Le jugement de Dieu sur l'homme naturel est déjà prononcé : c'est la mort, héritée d'Adam. L'exemple donné est la parole de Jésus aux Juifs, « Race de vipères, comment échapperez-vous à la condamnation de la géhenne ? », dont le sens serait : comment échapper à l'exécution de la sentence, la mort.[134] Le texte cite Romains 5:18 : par la faute d'un seul, la condamnation est venue sur tous. Le procès de l'homme naturel a eu lieu en Adam, et la sentence ne sera pas annulée : tout homme né de la chair doit mourir. Quelques-uns seulement échapperont au sommeil de la mort en revêtant l'immortalité « en un clin d'œil », mais la vie de la chair est perdue et « la chair et le sang ne peuvent hériter du royaume de Dieu ».[135]

Le Père et le Fils comme juges

L'œuvre de jugement du Père, distincte de celle du Fils, s'arrête avec le procès et l'exécution de la sentence sur l'homme naturel. Avec le « nouvel Homme » apparaît un nouvel ordre de vie, et le jugement final est confié entièrement au Christ, selon Jean 5:22 et Jean 5:27.[136] À la mort du Christ, tous sont comptés pour morts ; pendant trois jours, il ne reste aucune « semence » de vie dans la race d'Adam. Au matin du troisième jour, la vie recommence dans un nouvel Adam, et quiconque vivra de nouveau le fera en lui.[137]

Une objection est envisagée : pourquoi mourir pour la faute d'Adam et vivre grâce à la justice du second Adam ? La réponse est que le nourrisson meurt parce qu'Adam a péché, et que le Christ est mort pour la même raison, tous deux étant exempts de faute personnelle. Adam, sorti parfait des mains de Dieu, était un homme naturel ; ce qu'il ne pouvait accomplir à cause de la faiblesse de la chair, ses descendants ne le pouvaient pas non plus, car le ruisseau ne s'élève pas au-dessus de sa source. Il était donc juste de juger la race en son chef. De même, la race issue du second Adam est jugée en lui, car ses membres partageront sa nature.[138]

La loi de l'Esprit de vie et la résurrection

La loi de Dieu, la loi spirituelle dont la loi typique n'était que le type, était destinée à la vie. La famille d'Adam n'y est pas parvenue à cause de la faiblesse de la chair. La famille du second Adam, délivrée de ce « corps de mort », y parviendra. Tout homme né de la chair meurt ; tout homme né de l'Esprit vit, et ceux qui obtiennent la résurrection sont égaux aux anges et ne peuvent plus mourir.[139]

Le Christ a pris notre nature, non celle des anges. Né de la chair, il était condamné à mort par la loi, bien que sans péché personnel. En gardant l'esprit de la loi, il a acquis le droit légal de reprendre sa vie. Il ne l'a pourtant pas reprise lui-même : Dieu, qui n'a pas laissé sa chair voir la corruption, l'a ressuscité.[140]

Une distinction est établie entre la résurrection « des morts », œuvre du Père, et la résurrection « d'entre les morts », œuvre du Fils. Le Père relève les morts, qui peuvent rester « les morts » (« J'ai vu les morts, grands et petits, debout devant Dieu »). Le Christ tire les hommes de la mort spirituelle, parce qu'il a gagné pour son humanité le droit à la seconde étape de la vie, la vie spirituelle. Il devient ainsi le premier homme du second plan, comme Adam l'était du premier, et le chef de la « régénération ». Premier-né d'entre les morts, il est la source d'un nouvel ordre de vie, et la race qui en est issue est jugée en lui.[141]

Juger, c'est détenir l'autorité suprême

« Juger » signifie avoir le contrôle suprême, avec le pouvoir de récompenser, de punir, de donner la vie ou la mort, comme Samuel et Salomon ont « jugé Israël ». Adam avait été établi chef suprême. Cette domination perdue doit être rendue au Christ, selon Michée 4:8. Le Christ ne la revendique qu'après sa résurrection, d'après Matthieu 28:18.[142]

Juger consiste aussi à déterminer qui a droit à la vie. Avec l'Évangile commence le procès devant le tribunal du Christ, qui décide de la vie ou de la mort de chacun à mesure qu'il connaît la vérité. Ce procès suit un ordre, comme la génération : de même qu'Adam et sa femme devaient exister avant toute naissance, le second Adam et son « épouse » doivent être complets avant que quiconque puisse « naître de nouveau ».[143]

L'Église subit son procès dans la vie présente. Le texte rapporte les paroles de Jésus, « C'est maintenant le jugement de ce monde », et de Pierre, « Il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu » (Jean 12:31 ; 1 Pierre 4:17).[144]

Le monde n'est pas jugé dans cet âge

Le monde n'est pas mis en jugement dans l'âge de l'Évangile, qui sert seulement à former l'épouse du second Homme (2 Corinthiens 11:2 ; Apocalypse 19:7). Il est établi aux hommes de mourir une fois, puis vient le jugement : la peine d'Adam doit d'abord être appliquée, sans substitut possible. Si la vie et la résurrection font partie du plan, elles relèvent de la pure grâce, comme l'acte créateur initial. Dieu a aimé le monde au point d'envoyer son Fils pour produire cette « nouvelle création ».[145]

Les saints jugeront le monde, mais ils comparaissent eux-mêmes devant le tribunal du Christ : les deux jugements n'ont donc pas lieu en même temps. Le jugement de l'Église est en cours. Pour elle, il signifie un procès pour la vie et un châtiment pour les péchés commis dans le corps, selon 1 Corinthiens 11:32 : « Quand nous sommes jugés, nous sommes châtiés par le Seigneur, afin de ne pas être condamnés avec le monde ». Ce qui est vrai de l'Église peut l'être du monde. L'Église et le monde restent toutefois distincts, comme le montre la prière de Jésus en Jean 17:9, où il prie pour ceux que le Père lui a donnés et non pour le monde, tout en demandant leur unité « afin que le monde croie ».[146]

Croire que le mariage du Christ et de son épouse marque la fin du plan, avec la destruction d'un monde jamais instruit de la vérité, laisserait l'auteur perplexe, dit-il, si ce n'était un fait révélé que seul le « petit troupeau », appelé à former le corps du Christ, peut voir et comprendre le plan de régénération.[147]

Le jugement de l'Église : preuves bibliques

Le texte avance Jean 12:31 comme preuve que le jugement a commencé avec le Christ, le chef : Jésus parle ainsi après avoir terminé son œuvre auprès des Juifs, durant les cinq derniers jours où il remplissait le type de l'agneau immolé, gardé du dixième au quatorzième jour (Exode 12:3, Exode 12:6).[148]

Sur Jean 5:24, le mot rendu par « condamnation » est traduit par « jugement » : celui qui écoute la parole du Christ « ne vient pas en jugement » mais « est passé de la mort à la vie ». Le but du jugement est que les hommes passent de la mort à la vie. Cette œuvre est progressive : « l'heure vient, et elle est déjà là, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu », et ceux qui l'entendent vivent, à mesure qu'ils entendent.[149]

Chacun est châtié selon ses actes, par « peu » ou par « beaucoup de coups », mais on peut y échapper : « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés ». Si le jugement de l'Église ouvre une chance de vie, le jugement du monde, réservé à l'âge suivant, en offrira une aussi, et chacun recevra alors pour ses actes dans le corps. Les paroles du Christ jugent l'Église comme elles jugeront le monde (« Les paroles que je vous ai dites, elles vous jugeront au dernier jour »). L'Église est engendrée par cette parole, comme « prémices » (Jacques 1:18), ce qui laisse attendre une récolte plus grande après les prémices.[150]

Félix a tremblé quand Paul a parlé du jugement à venir : si la religion de Paul était vraie, il devait devenir un Nazaréen méprisé et être châtié dans cette vie, ou subir une épreuve plus sévère dans la vie à venir.[151]

Le péché qui mène à la mort et les avortons spirituels

Le jugement du Père sur l'homme naturel était la peine extrême, puisque nul ne pouvait garder la « loi de l'Esprit de vie ». En Christ, cette loi s'accomplit en ceux qui marchent selon l'Esprit. Un seul péché mène à la mort, le péché contre l'Esprit ; les autres ne méritent qu'un degré de châtiment. Sans ce péché qui n'a de pardon « ni dans cet éon ni dans l'éon à venir », la Bible enseignerait le salut universel et éternel. Des milliers, peut-être des millions de personnes peuvent commettre ce péché et ne jamais atteindre la pleine « image de Dieu ». Elles sont comparées à des avortons : engendrées par la parole de vérité, elles ne parviennent jamais à la seconde naissance.[152]

Le naturel et le spirituel

Le naturel est le modèle du spirituel (1 Corinthiens 15:46). À l'homme naturel, la semence naturelle, la maison naturelle, la Jérusalem naturelle et le royaume naturel correspondent l'homme spirituel, la naissance spirituelle, la semence spirituelle, la maison spirituelle, le sacrifice spirituel, la cité spirituelle et le royaume spirituel. Beaucoup butent sur ce point, car « l'homme naturel ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu » (1 Corinthiens 2:14).[153]

L'homme n'est encore qu'un être en développement, un embryon. Il n'atteint l'image parfaite de Dieu qu'au stade final, et la Bible en parle comme s'il l'avait déjà parce que Dieu « appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient » (Romains 4:17). Le Sauveur glorifié est « l'empreinte de la personne » du Père ; les croyants atteindront ce stade en « s'éveillant à sa ressemblance ».[154]

Les deux stades obéissent à des lois semblables. Un embryon naturel qui n'arrive pas à la naissance périt ; de même, celui qui est engendré par la vérité sans parvenir à maturité périt et ne « voit » pas la vie. Le nombre d'embryons qui périssent dans la génération, comme dans la régénération, n'est pas révélé. Entre l'engendrement et la naissance, l'embryon traverse une épreuve, comparable à une probation pour la vie ; le jugement, ou procès pour la vie du second Adam, commence dès que l'on est engendré par la parole de vérité, c'est-à-dire quand la semence est semée dans le cœur. La souffrance est aussi nécessaire : le Christ a souffert pour être le premier-né sur ce plan supérieur, et l'épouse « achève ce qui manque à ses souffrances » pour être rendue parfaite.[155]

Le royaume

Certains lecteurs, surtout ceux formés à la doctrine dite de la « restitution » ou de l'« âge à venir », butent encore sur la nature spirituelle du royaume. Ils tendent à confondre le royaume de Dieu à venir avec la communauté juive restaurée et à soutenir que les saints régneront avec le Christ dans la Jérusalem restaurée. Un tel royaume serait plus terrestre que céleste, ce qui contredit le Nouveau Testament.[156]

Que la domination « sous tout le ciel » soit donnée au Christ et à ses saints n'oblige pas à confondre le royaume qui domine avec les États dominés. Le royaume de Satan est lui aussi spirituel et règne sur de nombreux royaumes terrestres, qui seront soumis au royaume de Dieu.[157]

Le royaume juif sera bien restauré, comme l'Égypte et l'Assyrie (Ésaïe 19:24), mais le royaume de Dieu ne sera pas rendu aux enfants de la chair : il leur a été retiré pour être donné à un autre peuple, et il faut naître de l'Esprit pour y entrer. Israël selon la chair sera le principal royaume terrestre sous le royaume spirituel du Christ, et la loi sortira de Jérusalem, de même que Rome a été le premier royaume sous la domination du « prince de cet âge ». Les puissances invisibles des ténèbres ont agi par Rome, dont l'empire aux sept têtes et dix cornes est appelé le Diable et Satan (Apocalypse 12:9). Le royaume invisible de Dieu agira de même, au moins en partie, par le royaume juif (Zacharie 8:23). Les noms des douze tribus sont inscrits sur les portes de la nouvelle Jérusalem, et la loi doit être rétablie.[158]

La cité, avec ses murs hauts et ses portes jamais fermées, n'est pas temporelle mais spirituelle ; ses murs d'or et de pierres précieuses représentent le « salut » (Ésaïe 26:1). Des murs et des portes seraient inutiles si la cité était terrestre, et le saint glorifié, semblable à l'être décrit en Daniel 10, devant qui Daniel est tombé comme mort, n'aurait pas besoin d'entrer par des portes.[159]

Le Christ siège sur le trône de David, et cette promesse n'oblige pas à y voir un siège matériel. La reine Victoria ne quitte pas le trône d'Angleterre quand elle se rend chaque année en Écosse : son autorité reste la même où qu'elle aille. Le Christ porte de nombreuses couronnes, règne sur la maison de Jacob, sera « gouverneur parmi les nations » et dirigera « les armées du ciel » comme les enfants des hommes. Quand il gouvernera les nations, le monde sera converti (Psaumes 22:28), même si les nations sont irritées au moment du transfert de l'autorité. Elles apprendront la justice pendant ce jour de détresse et reconnaîtront que le gouvernement du Christ vaut mieux que celui du « prince de ce monde ». L'amour de Dieu gagnera les cœurs et produira une obéissance volontaire.[160]

Les arguments chronologiques

Les arguments chronologiques suscitent un préjugé, parce qu'ils ont causé des déceptions. Aux yeux de certains, ils détruisent la confiance dans la Bible elle-même et dans la capacité d'interpréter l'Écriture de ceux qui ont participé aux divers mouvements sur le temps. La déception de 1843 a rendu le seul mot de retour du Sauveur déplaisant aux chrétiens, et l'aversion n'a cessé de croître. Pourtant, un sujet qui attire l'opprobre n'est pas pour autant à écarter : peu de vérités bibliques y ont échappé, à commencer par l'Église juive et la croix, et l'opprobre est venu de l'Église plus que du monde.[161]

Les opposants à l'étude des périodes prophétiques conseillent de les laisser tranquilles. Ils disent ne pas les comprendre et estimer que personne d'autre ne les comprend. Ils rappellent que la date du retour du Christ a été fixée à plusieurs reprises et que les déceptions en ont été la suite inévitable. Mieux vaut, selon eux, ne pas fixer de date si l'on ne veut pas discréditer la cause du Christ. Ce conseil vient de la plupart des enseignants chrétiens avancés, des hommes très attachés à tout le reste de ce qui touche au retour du Christ. Leur influence pèse, mais rien ne prouve que l'homme soit plus juste que son Créateur : si Dieu a fait de ces mesures du temps une partie de l'Écriture, il est probable que les périodes menant à la fin deviennent claires quand le retour approche, pour les croyants.[162]

Certains frères soutiennent que ces mesures concernent seulement la nation juive et sa dispersion. Même si on l'admet, cela n'aide pas leur thèse : les Juifs resteront aveugles « jusqu'à ce que la plénitude des Gentils soit entrée » (Romains 11:25), donc la durée de leur aveuglement mesure aussi la plénitude de l'Église des Gentils. Du reste, tout n'est pas juif dans ces mesures : certaines vont jusqu'à la fin du piétinement de Jérusalem, d'autres jusqu'à la moisson, la fin de l'âge de l'Évangile.[163]

La manière du retour est présentée comme la pierre d'achoppement de la génération présente. L'ignorance sur ce point est à l'origine de toutes les déceptions chronologiques. Or beaucoup de ceux qui s'intéressent au retour et rejettent l'étude du temps voient assez clairement sa manière. La lumière sur ce sujet date d'une période récente, surtout d'après la déception de 1844, donc d'après la naissance du préjugé contre la prédication des dates. Si ces frères voyaient l'accord parfait entre les arguments chronologiques, la manière du retour et les signes des temps, le sujet leur paraîtrait bien plus intéressant et sanctifiant, et l'opprobre des déceptions disparaîtrait. Celles-ci viennent de ce que le retour est déjà en cours.[164][165]

Tous les prémillénaristes attentifs aux signes des temps sont convaincus que les grands événements de la fin de l'âge présent et de l'entrée dans le millénium sont imminents, voire déjà en cours. Les mesures prophétiques le confirment : elles donnent la date de leur début et de leur fin. Une période de durée exacte va de la naissance de Jésus à la destruction de Jérusalem, c'est-à-dire toute l'œuvre de fin de l'âge juif. Elle montre que la fin est arrivée et indique où l'on se trouve dans le temps de la fin, qui, selon ces arguments, a commencé en 1843 et se termine en 1914.[166]

Rejeter ces mesures, qui concordent avec les signes visibles, est comparé à l'attitude d'un Chinois parti à pied d'un champ aurifère pour San Francisco. Il notait avec soin la distance parcourue d'après les bornes, mais refusait de croire ce qu'indiquait l'autre face. Le dernier jour, la borne indiquait « San Francisco, 5 miles », il secoua la tête, et ses compagnons poursuivirent leur route et passèrent la nuit à l'abri, tandis que lui dressait sa tente comme d'habitude. Le lendemain matin, ni lui ni sa poussière d'or ne se retrouvaient. L'Écriture entière étant inspirée et utile, il faut prêter attention à « la parole prophétique plus sûre » (2 Pierre 1:19), qui brille dans un lieu obscur jusqu'à ce que le jour se lève.[167]

Les enseignants chrétiens les plus avancés disent que la venue du Christ dans les « airs », où ses saints sont enlevés à sa rencontre, et sa venue sur la terre « avec tous ses saints » sont deux étapes distinctes, séparées par tout ou presque tout le temps de détresse qui s'abat sur les nations. Les conférences prophétiques tenues récemment en Angleterre et à New York sont citées : presque tous leurs participants croient à plusieurs étapes du retour, et beaucoup pensent que le « temps de détresse » annoncé commence déjà. Les mesures prophétiques, prêchées avant que les signes le montrent si clairement, soutiennent ces vues et donnent une compréhension plus profonde de la manière du retour.[168]

Le mouvement de 1843-1844 reposait sur la fin d'une période prophétique clairement marquée, et la déception vient d'une mauvaise compréhension de la manière du retour. Si le retour comporte plusieurs étapes, ce qu'établissent des preuves abondantes, et si l'on attendait l'achèvement de ce qui n'avait qu'un début préparatoire, la déception était inévitable. Les 2300 jours symbolisant des années et allant jusqu'à 1810 ans après la croix, le mouvement de 1843 reposait sur des preuves suffisantes pour se justifier pleinement. La doctrine du retour exposée dans la revue indique que la première étape était due en 1843 : le Christ n'est pas venu alors, mais il a commencé à venir. Conformément à certains traits de la loi et du modèle que fut le premier avènement, « l'Époux tarda » 30 ans.[169]

La loi de l'expiation exige que le grand prêtre tarde pendant que le bouc émissaire accomplit l'œuvre de purification du peuple. Des prophéties montrent que le Christ devait tarder, ce qui concorde avec les périodes prophétiques et avec le temps où les péchés de l'Église de l'Évangile sont effacés (Actes 3:19-21). Aucune période prophétique ne désigne à elle seule le retour du Christ, mais il en existe pour chacune de ses étapes.[170]

Les 1335 jours

Le texte de Daniel 12:12 déclare heureux celui qui attend et atteint les 1335 jours. Pour un nouveau lecteur, la date de cette fin se calcule simplement à la lumière des prophéties accomplies. Le chapitre 12 de Daniel concerne la fin de l'âge de l'Évangile : le verset 1 parle du temps de détresse et de la délivrance du peuple de Daniel, due quand la plénitude des Gentils sera entrée ; le verset 2 parle de la résurrection, ce qui correspond au « resplendissement » de la fin de l'âge annoncé par le Christ ; la prophétie sera comprise au moment fixé.[171][172]

Le verset 7, très obscur en lui-même, renvoie à la vision de Daniel 7:25. À la lumière de l'accomplissement, la période « un temps, des temps et la moitié d'un temps » désigne 1260 ans de suprématie papale, aujourd'hui écoulés. Il restait à savoir combien durerait ensuite « la dispersion de la puissance du peuple saint », ce qui explique que Daniel dise avoir entendu sans comprendre. Une autre période, les « temps des Gentils », permet maintenant de le comprendre : elle arrive au moment où le Christ vient « avec tous ses saints » sur le mont des Oliviers (Zacharie 14:4). Aucune prophétie n'a d'interprétation particulière : chacune éclaire les autres, et la vraie interprétation est celle où toutes les parties s'assemblent en un tout harmonieux.[173]

À partir du verset 11, la prophétie est reformulée avec la précision qu'elle n'est pas destinée à Daniel mais à une classe de personnes vivant au moment de son accomplissement. Cela concorde avec 1 Pierre 1:12 : les prophètes cherchaient à savoir quel temps l'Esprit du Christ en eux indiquait, et il leur fut révélé qu'ils servaient l'Église de l'Évangile. Au temps de la fin, « les sages comprendront ». Les 1290 jours se mesurent à partir de la suppression du sacrifice perpétuel et de l'établissement de l'abomination de la désolation. Le « perpétuel », qui avait depuis longtemps cessé d'être un sacrifice, a été supprimé par les Romains lors de la destruction de Jérusalem.[174]

L'abomination de la désolation est identifiée à la femme assise sur la bête d'Apocalypse 17:1-5. La femme représente une Église et la bête un empire, ici l'Empire romain, dont l'Église romaine est la seule à s'être assise sur lui. Une prostituée est une Église fiancée au Christ mais mariée au monde, c'est-à-dire unie à l'État. L'Église romaine est la mère de ces Églises adultères, appelées « abominations de la terre », ivre du sang des saints, et plus que toute autre « l'abomination de la désolation ». Elle a été « établie » quand elle s'est assise sur la bête pour 1260 ans, de 538 à 1798. Avant 538, les Goths, dont l'Église était arienne, régnaient en Italie depuis plusieurs générations. L'Église romaine existait alors à Rome, mais sans appui du pouvoir civil, donc la femme n'était pas assise sur la bête. En 538, l'armée de Justinien brise la puissance gothique et les provinces d'Italie se déclarent pour le parti catholique, selon Gibbon (Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain). De cette date jusqu'à la république incrédule de 1798, la bête romaine porte la femme.[175][176]

Les deux événements, la suppression du sacrifice et l'établissement de l'abomination, sont liés parce qu'ils sont associés et accomplis par la même puissance, malgré des siècles d'écart : les armes romaines devaient supprimer le perpétuel et mettre en place l'abomination (Daniel 11:31). Le premier événement a eu lieu à la destruction de Jérusalem, le second en 538. Une autre raison les rapproche : le second était déjà à l'œuvre avant le premier, puisque Paul écrit que « le mystère d'iniquité opère déjà » et que le méchant sera révélé quand celui qui retient sera ôté (2 Thessaloniciens 2:7). Rome païenne barrait la route et devait céder la place à Rome papale. Les armes romaines étaient prêtes à supprimer le perpétuel, mais pas à établir l'abomination, tant que Dieu n'eut pas mis dans leur cœur de donner leur royaume à la bête papale jusqu'à l'accomplissement de ses paroles (Apocalypse 17:17).[177][178]

À partir de ce double travail de Rome, il y a 1290 jours, puis 1335 pour celui qui attend. La période la plus courte, mesurée depuis l'établissement de l'abomination, mène à 1829, quand commence l'œuvre préparatoire connue sous le nom de « mouvement du second avènement ». Depuis lors, est heureux celui qui attend et atteint la fin de l'âge de l'Évangile. Cette « moisson », qui dure quelques années, prend fin avec l'année juive qui commence et se termine dans l'année romaine 1880-1881.[179]

La bénédiction

Les 1335 « jours » comptés depuis l'établissement de l'abomination sont jugés terminés : ils s'achèvent dans l'année juive correspondant à 1874. La bénédiction promise à celui qui les atteint consiste à vivre la moisson de l'âge de l'Évangile, comme les yeux et les oreilles de ceux à qui le Christ disait : « Heureux vos yeux, car ils voient » (Matthieu 13:16-17). Ce privilège concerne tout ce que les lecteurs découvrent : la manière du retour, le rapport entre le naturel et le spirituel dans les types, la simplicité de l'expiation, la régénération d'un monde, l'amour manifesté dans un jugement général et presque tout le plan des âges, concentré dans la moisson de cet âge. Vivre la « présence » (parousia) du Christ et le temps du rassemblement pour les noces de l'Agneau est un bonheur plus grand encore que de vivre la fin de l'âge juif.[180]

La résurrection de Daniel

Daniel doit se tenir « dans son lot à la fin des jours » (Daniel 12:13). Le mot hébreu rendu par « à la fin de » est le même que celui traduit par « après » en d'autres endroits, par exemple dans Genèse 16:3 (« après qu'Abram eut habité dix ans au pays de Canaan »), et n'exclut donc pas qu'un temps s'écoule. Les 1335 jours mènent à la fin, et « la moisson est la fin » : le texte demande seulement que Daniel se tienne dans son lot au temps de la moisson.[181]

Le livre de l'Apocalypse : « Mes deux témoins »

Les deux témoins d'Apocalypse 11:3-4, qui prophétisent 1260 jours vêtus de sacs et sont les deux oliviers et les deux chandeliers, sont identifiés à l'Ancien et au Nouveau Testament. Ces deux Testaments rendent témoignage du Christ à chaque page (Jean 5:39). L'opinion du Dr Seiss, exposée dans une brochure, selon laquelle ces témoins sont Hénoc et Élie, est rejetée comme une interprétation de fantaisie sans « ainsi dit le Seigneur ». Hénoc et Élie, même enlevés, restent deux hommes, alors que le Christ dit ne pas recevoir de témoignage d'un homme (Jean 5:34). Selon Jean 8:17-18, le témoignage de deux personnes est vrai : le Père témoigne par l'Ancien Testament et le Christ ne témoigne pas directement de lui-même (Jean 5:31), mais par ses œuvres (Jean 5:36), connues par la Parole écrite. Le livre étant « la révélation de Jésus-Christ », les deux témoins sont ceux qui témoignent de lui : le Christ dans les œuvres de la nouvelle création, et le Père dans l'Ancien Testament.[182]

Les deux oliviers et les deux chandeliers sont expliqués par la vision de Zacharie 4. Un chandelier porte la lumière et l'olivier fournit ce qui la produit. L'Ancien et le Nouveau Testament, simples papier et encre, sont des chandeliers qui contiennent la lumière du monde (Psaumes 119:105 ; Psaumes 119:130). Dans la vision, le chandelier d'or reçoit sa lumière de deux oliviers, et la parole du Seigneur à Zorobabel, que la revue identifie au Christ bâtisseur du temple, dit : « Non par la puissance, ni par la force, mais par mon Esprit ». Les deux oliviers sont « les deux oints » qui se tiennent devant le Seigneur de toute la terre. Sans ces deux témoins, on ne saurait rien du Christ, et il n'y aurait plus de lumière dans le monde. Les Écritures sont deux parce que le plan de Dieu est double en chacune de ses parties, naturelle et spirituelle : l'histoire du premier homme, son sommeil, son côté ouvert, sa femme, parle du véritable Adam. Ces chandeliers sont la parole écrite, que les hommes peuvent manier et blesser.[183]

L'application

Les deux témoins prophétisent 1260 jours vêtus de sacs, période de 1260 ans pendant laquelle l'Église est au désert. Cette durée est très présente dans les deux Testaments : Élie, le type, resta au désert « trois ans et six mois » littéralement, tandis que la petite corne devait épuiser les saints et tenir le temps et la loi pendant « un temps, des temps et la moitié d'un temps » (Daniel 7:25), et l'Église s'enfuit au désert pour trois ans et demi symboliques (Apocalypse 12:6 ; Apocalypse 12:14). Le sac est un signe de deuil et aussi un voile qui obscurcit (Ésaïe 50:3 ; Apocalypse 6:12). Pendant la fuite de l'Église et le règne de la papauté, les deux témoins sont ainsi couverts, enfermés dans les langues mortes et cachés au peuple. Le texte ne dit pas qu'ils ont prophétisé 1260 jours seulement, mais aussi longtemps, vêtus de sacs.[184]

Le feu qui sort de leur bouche et dévore leurs ennemis correspond aux jugements qui ont frappé l'humanité et sont tous issus de la parole des deux témoins. Les citations s'enchaînent : « Si quelqu'un veut leur nuire, il faut qu'il soit tué de cette manière » ; celui qui ajoute au livre se verra ajouter les plaies qui y sont écrites ; la parole prononcée par le Christ jugera au dernier jour ; sa parole court très vite, il envoie sa parole et les fait fondre. Les témoins ont le pouvoir de fermer le ciel et de changer les eaux en sang (Apocalypse 11:6), ce qui s'est vérifié pendant les 1260 ans, où se sont accomplis les trompettes et les malheurs des âges sombres, dont la « famine d'entendre la parole du Seigneur » (Amos 8:11 ; Apocalypse 8:7).[185][186]

La bête de l'abîme et la mort des témoins

Quand les témoins auront achevé leur témoignage, la bête qui monte de l'abîme leur fait la guerre, les vainc et les tue (Apocalypse 11:7-8). Leurs cadavres gisent dans la grande ville appelée spirituellement Sodome et Égypte, où le Seigneur a été crucifié. Cette grande ville est celle dont parle tout le livre : la femme est « la grande cité » (Apocalypse 17:18 ; Apocalypse 14:8 ; Apocalypse 16:19). Elle ne peut pas être Jérusalem au sens littéral, puisque le Christ n'a pas été crucifié dans la ville même. Il s'agit de la grande cité mystique de l'Apocalypse, l'empire représenté par la Rome papale.[187]

La guerre de la bête contre les deux témoins à la fin des 1260 ans est identifiée à l'attaque de la Commune incrédule contre les Écritures pendant le règne de la Terreur, de 1794 à 1797. La Bible est déclarée fable par une loi, et pendant trois ans et demi règnent la débauche, les festins et le plaisir. Le mariage est aboli, l'existence de Dieu niée, et l'on écrit sur les lieux de sépulture publics : « La mort est un sommeil éternel ». Les habitants de la terre se réjouissent et s'envoient des cadeaux, car ces deux prophètes les tourmentaient (Apocalypse 11:10). Cette partie de la prophétie a donc reçu un accomplissement complet lors de ce soulèvement incrédule.[188]

La bête qui monte de l'abîme est le corps de l'empire sur lequel la femme était assise, soit « les peuples, les foules, les nations et les langues » (Apocalypse 17:15), tels qu'ils seront après la chute de la septième et dernière tête : des peuples sans tête. Le gouvernement actuel de Rome, organisé par Victor-Emmanuel en 1870, est la septième tête. L'Internationale, c'est-à-dire le peuple de toutes les nations, appelée aussi la Commune, est la phase suivante que prendra cet empire. C'est le même élément qui avait organisé le règne de la Terreur et la guerre contre les Écritures et contre toute religion à l'époque citée.[189]

Après trois jours et demi, l'esprit de vie venu de Dieu entre dans les témoins, qui se lèvent, et une grande voix leur dit : « Montez ici » (Apocalypse 11:11-12). Après le soulèvement incrédule se produit une forte réaction : les sociétés bibliques se multiplient et les Écritures sont exaltées comme jamais, le ciel signifiant l'exaltation, comme dans la parole sur Capernaüm « élevée jusqu'au ciel » (Matthieu 11:23). Le tremblement de terre qui renverse la dixième partie de la ville est un séisme politique qui a secoué toute l'Europe : la France, l'une des dix divisions, s'effondre, et tous les titres politiques et religieux sont supprimés. Les sept mille tués sont des « noms d'hommes ».[190]

Cette vague communiste incrédule marque la fin du malheur de la sixième trompette, même si la trompette elle-même ne s'achève que lorsque la puissance ottomane perd virtuellement son indépendance, remise aux mains des Alliés en août 1840. Le septième ange commence alors à sonner, sous forme de proclamation, tandis que le troisième malheur, rattaché à la septième trompette, est sur le point de commencer. La bête qui monte de l'abîme représente la phase où la bête de l'Apocalypse « va à la perdition », et ce troisième malheur est le dernier des trois. Le texte se poursuit sur ce point.[191]

Le monstre qui avait surgi lors de la guerre contre les deux témoins a accompli sa tâche et s'est retiré. Lorsqu'il montera de nouveau de l'abîme, ce n'est plus la dixième partie de la grande ville qui tombera : Babylone la grande s'effondrera tout entière, pour ne plus se relever. Les habitants de la terre, dont les noms ne sont pas écrits dans le livre de vie depuis la fondation du monde, s'étonneront à la vue de la bête qui était, qui n'est plus et qui est de nouveau (Apocalypse 17:8). Cette fois, la guerre vise le Christ lui-même et non plus ses deux témoins : les adversaires feront la guerre à l'Agneau, qui les vaincra parce qu'il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois (Apocalypse 17:14).[192]

L'ordre dans la moisson

Dans la parabole de la moisson, l'ordre est de rassembler d'abord l'ivraie pour la lier en bottes et la brûler, puis de recueillir le blé dans le grenier (Matthieu 13:30). La mise en bottes de l'ivraie précède donc le blé, mais son sort final vient plus tard. Dans l'explication de la parabole, les justes ne resplendissent qu'après que l'ivraie a été jetée dans la fournaise (Matthieu 13:42 ; Matthieu 13:49). La revue estime que la mise de l'ivraie en bottes est déjà accomplie. Selon les mesures prophétiques, le rassemblement du blé demande trois ans et demi, entre 1878 et l'automne 1881. L'événement suivant serait alors le jet de l'ivraie dans la fournaise.[193]

Ce déroulement concorde avec Apocalypse 14. « Un semblable au Fils de l'homme » moissonne d'abord la terre, c'est-à-dire qu'il recueille le fruit qu'il recherche. Un autre moissonneur met ensuite la faucille dans la vigne de la terre, rassemble ses grappes (ses bottes) et les jette dans la grande cuve de la colère de Dieu (Apocalypse 14:19). Les grappes de la vigne de la terre correspondent à l'ivraie, d'abord assemblée en bottes avant d'être jetée dans la cuve, tandis que le blé est amené à l'état qui le prépare à sa récompense. Une fois la moisson du blé terminée, l'ivraie est livrée au pressoir, après quoi le blé resplendit comme le soleil.[194]

L'ordre dans lequel les sujets sont présentés dans l'Apocalypse ne prouve pas, en général, l'ordre de leur accomplissement. La revue en fait toutefois un livre d'ordre chronologique : un sujet commencé y est toujours présenté dans l'ordre de son accomplissement, comme le montrent les Églises, les sceaux et les trompettes, et même après une parenthèse le sujet repris est mené à son terme dans cet ordre. Le Christ place d'ailleurs les événements de la moisson dans le même ordre. Aucun indice ne permet donc de penser que la récolte des grappes de la vigne de la terre commence avant la fin du rassemblement du fruit de la « vraie vigne ».[195]

Les mesures prophétiques fixent les trois ans et demi en cours comme la période consacrée à rassembler le blé. Depuis 1843, les erreurs des lecteurs sont toutes venues de la même cause : ils ont entassé les événements et en ont attendu plus que ce qui était dû. L'expérience du passé doit enseigner que Dieu est un Dieu d'ordre ; il ne faut donc pas s'attendre à voir les grappes de la vigne de la terre jetées dans le pressoir avant 1881. Le temps de détresse a bien commencé en 1873, au moment où s'achèvent les 6000 ans. Mais le temps de détresse sur les nations et la combustion de l'ivraie sont deux choses distinctes, et le pressoir doit être foulé « hors de la ville », c'est-à-dire hors de l'empire romain.[196][197]

Questions et réponses

Des lecteurs posent des questions sur de nombreux sujets : le sabbat du septième jour, l'immortalité de l'âme, la seconde naissance, la marque de la bête. La revue y a déjà répondu, directement ou indirectement, dans ses volumes antérieurs, et promet d'y revenir quand elle aura le temps et la place.[198]

Un premier lecteur écrit que, si les croyants restent sous la peine de mort héritée d'Adam, il ne voit pas comment on peut les compter pour morts, crucifiés avec le Christ. Il comprendrait au contraire que l'on s'offre en sacrifice volontaire, et que l'on complète ce qui manque aux souffrances du Christ, si le Christ les avait libérés de cette peine par sa mort. La réponse : cette position fait du Christ un substitut, de sorte que l'on n'aurait plus à mourir de la mort adamique, sauf par choix. Un Hindou peut s'offrir en sacrifice au char de Juggernaut, bien qu'il sache qu'il doit mourir. Être en Christ ne change rien à la nature physique, ni au jugement du Père sur l'homme naturel, ici-bas ou plus tard. La chair et le sang ne peuvent hériter l'immortalité : il faut naître de nouveau, et la vie qui vient d'Adam doit donc mourir pour que l'on devienne une nouvelle créature. La sentence « tu mourras certainement » reste attachée à l'être mortel, et l'œuvre du Christ n'y touche pas. Cette œuvre consiste à régénérer : elle ne sauve pas le « vieil homme », elle produit, par l'énergie vivifiante du Christ, une nouvelle création. Le lecteur ne distingue pas assez le naturel du spirituel : le naturel est irrévocablement condamné, et ce n'est qu'au sens spirituel que l'on meurt chaque jour et que l'on est crucifié avec le Christ.[199]

Une seconde question demande comment concilier les « dernières vues » sur la Résurrection avec le type d'Élie. La réponse commence par s'étonner du petit nombre de personnes capables de penser hors de leurs habitudes. Elle écarte l'expression « dernières vues » : son auteur dit n'avoir jamais eu de vue sur le sujet, seulement une idée confuse, jusqu'à ce qu'il l'étudie. Une parole biblique tranche : le Père, distinct du Fils, « ressuscite les morts et les rend à la vie » (Jean 5:21 ; Romains 4:17), et celui qui a ressuscité le Christ rendra aussi la vie à vos corps mortels (Romains 8:11). Aucune divergence n'est donc possible. Quant à Élie, qui « viendra d'abord et rétablira toutes choses » (Matthieu 17:11), la réponse n'y voit pas de difficulté. Presque tous les chrétiens croient à une résurrection « des justes et des injustes » ; ils ne sont pas pour autant tous partisans de la restitution. Une simple résurrection générale n'est pas le sens de « rétablir toutes choses ». Le sens biblique est de rétablir l'homme dans l'état où il était avant la chute, et non de le ramener à son état actuel, ce que fait seulement le Père en ressuscitant les morts. Les nations n'ont encore reçu aucun fruit de la restitution, et les nations vivantes devront connaître ce rétablissement comme les morts. Le rédacteur reconnaît avoir cru que la résurrection des injustes était un trait important de la restitution, mais il le pensait avant de comprendre ce que les Écritures disent de la résurrection. Pour lui, ramener l'homme à son état présent et le rétablir tel qu'il était avant la chute sont deux œuvres de nature très différente. Une résurrection est nécessaire avant que l'homme puisse être rétabli dans l'état d'Éden, et sa création en est aussi une condition ; mais c'est le Père qui ressuscite les morts et rendra la vie à ces corps mortels.[200][201]

Correspondance

Un lecteur écrit qu'il approuve la position prise sur l'expiation : il n'y voit aucune substitution, en aucun sens. D'après son raisonnement, soutenir une substitution revient à dire que le Christ n'est pas mort et n'est pas ressuscité le troisième jour selon les Écritures, pour devenir les prémices de ceux qui dorment. Dire que la vie qu'il a donnée n'a pas été reprise équivaut à dire que Dieu n'a pas rendu la vie à son corps mortel, à sa chair. Dans ce cas, la parole selon laquelle celui qui a ressuscité le Christ rendra aussi la vie à votre corps mortel ne pourrait pas annoncer une résurrection à la ressemblance de celle du Christ, dont le baptême est le symbole.[202]

Le Christ est présenté comme le seul à avoir pu satisfaire aux exigences de la loi : par son obéissance personnelle, il l'a accomplie et l'a rendue honorable. La mort n'avait donc aucun droit sur lui, mais il est devenu malédiction pour nous et a porté nos péchés dans son corps. Parce qu'il avait obéi, il avait le droit de reprendre sa vie ; il est ainsi devenu le chef, le premier de la régénération, et il s'est donné lui-même en Rançon pour tous. Les Écritures disent qu'il est le « premier-né d'entre les morts » et le premier-né « parmi beaucoup de frères » ; ceux qui naissent après lui doivent donc avoir connu la même mort. Il n'y a de ce fait pas de place pour la doctrine de la substitution, selon laquelle le Christ aurait souffert une autre mort que la nôtre, que nous aurions tous dû subir s'il ne l'avait pas traversée à notre place.[203]

Tous meurent de la mort adamique, et le Christ n'est mort d'aucune autre. Il a porté nos meurtrissures dans son corps pour guérir ce que ces meurtrissures avaient blessé, et non pour nous épargner le châtiment : « par ses meurtrissures nous sommes guéris ». Il n'empêche pas l'homme adamique de mourir, mais il le relève des effets de cette mort. Pour désigner son rôle, le lecteur préfère donc le mot « médecin », ou « restaurateur », à celui de substitut.[204][205]

L'agneau et les autres sacrifices de la loi ont bien été des substitutions, mais pas pour les croyants : ils ne les désignaient pas. Ils tenaient la place du Christ pour enseigner qu'il devait mourir et que la mort, ou l'effusion du sang, était nécessaire à la rémission des péchés. Ils ne mettaient pas en lumière la vie et l'immortalité, et n'expliquaient ni pourquoi la mort était nécessaire, ni que, la tête ayant péri, tous devaient suivre cette tête. Ils n'enseignaient ni la résurrection ni la seconde naissance, car « le chemin du lieu très saint n'était pas encore ouvert tant que le premier tabernacle subsistait » (Hébreux 9:8). Ces sacrifices ont ainsi servi de substituts pour un temps ; en désignant le Christ, ils désignaient aussi toute la famille du nouvel Homme et la route de leur « frère aîné », que tous ceux qui parviennent à son image doivent suivre. Le lecteur conclut, après examen, que la vérité va dans cette direction et que les croyants grandissent dans la connaissance du Seigneur.[206]

Votre vote est demandé

Russell pose à chaque abonné et lecteur de la revue une question : combien souhaiteraient un périodique de ce genre deux fois par mois au lieu d'une. Plusieurs lecteurs, attachés à la revue et aux vérités qu'elle enseigne, ont demandé une parution bimensuelle, disant qu'ils ont faim entre deux repas. Il n'a pas jugé bon d'y consentir, entre autres parce que le prix et le papier seraient doublés. Beaucoup d'abonnés auraient du mal à réunir même une somme modeste : ce sont, selon lui, « les pauvres de ce monde, riches en foi », qui apprécient le plus ces mets de la parole de promesse de Dieu.[207]

Russell propose, si assez de lecteurs le souhaitent, de publier à Pittsburgh un second journal, sous un autre titre et avec un autre contenu, mais de même caractère général, même format et même prix que la revue, qui en serait l'auxiliaire. La revue paraîtrait le 1er du mois et le nouveau journal le 15. Russell resterait l'un des éditeurs de la revue, mais ne pourrait guère aider à sa rédaction. Les deux journaux seraient « un » par l'esprit et le sujet, mais distincts par leur direction et leurs finances. Il suppose que Paton, Keith, Adams et d'autres pourraient écrire davantage qu'ils ne le font pour la revue, sans en avoir reçu l'assurance de leur part.[208]

Il demande un vote à chacun. Ceux qui désirent le nouveau journal doivent écrire aussitôt et s'y abonner ; ceux qui reçoivent la revue gratuitement parce qu'ils ne peuvent pas payer sont invités à écrire comme les autres. Le nouveau journal serait aussi gratuit que l'air pour tous les pauvres du Seigneur, la subsistance étant confiée au donateur de toutes les grâces, s'il veut qu'il vive. Une carte postale suffit, sans argent tant que la décision n'est pas prise, et ceux qui n'écrivent pas sont comptés comme ayant voté non. Les deux premiers numéros contiendraient vraisemblablement plusieurs articles sur les points les moins avancés de la position des lecteurs, adaptés à une diffusion auprès d'amis religieux pour qui ces vues sont nouvelles ; ceux qui veulent des exemplaires supplémentaires doivent indiquer combien.[209]

Voir aussi

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Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 26.
  2. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  3. ↑ Herald of the morning, août 1878, p. 27
  4. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 32.
  5. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 26.
  6. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 29-30 : « he argued that the gospel dispensation must be a “double” of the same length of time as the Jewish age. »
  7. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  8. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  9. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  10. ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 14-15 : « but in 1878, Barbour composed an article denying the substitutionary theory of atonement. »
  11. ↑ Herald of the morning, septembre 1878, p. 41
  12. ↑ Herald of the morning, décembre 1878, p. 91
  13. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  14. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  15. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 306-307 : « and as a stream cannot rise higher than the fountain we could not lose more through his disobedience than he possessed. »
  16. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 308 : « He believed that Jesus became the Second Adam, the next father of the human race, to complete a two-part creation cycle. »
  17. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  18. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  19. ↑ Herald of the morning, décembre 1878, p. 94
  20. ↑ Herald of the morning, janvier 1879, p. 21
  21. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  22. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  23. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  24. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  25. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 68-70 : « Dieu ne condamnait pas les ignorants. »
  26. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 98-100 : « Ceux morts dans l'ignorance du plan divin de salut auront l'opportunité d'entendre parler de celui qui est mort pour tous et de l'accepter ou de le rejeter. »
  27. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  28. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 10
  29. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  30. ↑ Herald of the morning, août 1878, p. 21
  31. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  32. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  33. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  34. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 32.
  35. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 409 : « If he is head and the church his body, and the body is to ‘fill up that which is behind of the afflictions of Christ,’ would not the plan be a failure without the suffering of the body. »
  36. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  37. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 32.
  38. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 237-239 : « The reasons assigned for this purely spiritual Kingdom are too subtle and far-fetched for us. »
  39. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 32.
  40. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 33.
  41. ↑ Herald of the morning, décembre 1878, p. 95
  42. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 33.
  43. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 35.
  44. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 22-23 : « La prostituée écarlate et Babylone la Grande symbolisaient l'Église Catholique alors que la femme enceinte poursuivie par le dragon serait la vraie église. »
  45. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 35.
  46. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 85-86 : « L'érection de l'« abomination de la désolation » avait déjà été identifiée dans une littérature abondante à l'instauration du pouvoir pontifical à Rome suite à la prise de cette ville par les forces byzantines du général Bélisaire ».
  47. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 24-25 : « So, by analogy, the daily sacrifice signified pagan religion which eventually gave way to the papacy. »
  48. ↑ L'Examinateur de la Bible, expositions prophétiques de George Storrs, 1843, p. 113
  49. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 35.
  50. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  51. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 37.
  52. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 38-40 : « 1793-1796 : meurtre des deux témoins d'Apocalypse XI : ce sont l'Ancien et le Nouveau Testaments rejetés par la France révolutionnaire. »
  53. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 24
  54. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  55. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 24-25 : « Although Russell did not ordinarily credit him as the source for many of his teachings, there can be no doubt that Joseph A. Seiss (1823–1904) was a major, direct source for Russell’s earliest eschatological ideas. »
  56. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 38.
  57. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 89-91 : « L'introduction de la Commune révolutionnaire de Paris annonçait la future interprétation de Barbour sur le temps de troubles. »
  58. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  59. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  60. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 47-49 : « Pourquoi ce dernier avait-il compté les 1 260 “ jours/années ” d’Apocalypse 11 à partir de 538 av. n. è., mais les 1 290 ainsi que les 1 335 jours/années de Daniel 12 à partir de 508 av. n. è., soit 30 ans plus tard ? »
  61. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 119
  62. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  63. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  64. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 33.
  65. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 143-145 : « Ce n'était pas dans la chronologie qu'il fallait chercher la cause de la déception mais dans ce qu'on avait attendu. »
  66. ↑ JONSSON, Les temps des gentils reconsidérés, op. cit., p. 43-46 : « Ils avaient, pour reprendre ce qui est devenu une excuse familière, espéré “ le mauvais événement au bon moment ”. »
  67. ↑ ZYGMUNT Joseph F., « Prophetic Failure and Chiliastic Identity: The Case of Jehovah's Witnesses », American Journal of Sociology, vol. 75, n° 6, 1970.
  68. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  69. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  70. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 89-91 : « 1798 : début du temps de la fin, après les 1260 années prophétiques ».
  71. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  72. ↑ Herald of the morning, décembre 1878, p. 83
  73. ↑ JONSSON, Les temps des gentils reconsidérés, op. cit., p. 50-51 : « Cette idée au sujet du retour du Christ a d’abord été présentée vers 1828 par Henry Drummond, de Londres, qui était banquier et commentateur des prophéties bibliques. »
  74. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  75. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  76. ↑ Herald of the morning, juillet 1878, p. 13
  77. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  78. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  79. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  80. ↑ Three worlds and the harvest of this world, 1877, p. 77
  81. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 112-114 : « selon cet auteur ce temps de troubles avait déjà commencé en septembre 1873 ».
  82. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  83. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 36.
  84. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 24-25 : « Consequently, counting back 1,290 years, AD 508 is identified as the year when Roman paganism effectively ceased to exist. »
  85. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 85-86 : « les millérites avaient commis l'erreur de dater l'établissement de l'abomination de la désolation trente ans trop tôt. »
  86. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 38-40 : « À partir de 1828, à l'occasion d'une conversation ou d'un courrier, Miller faisait connaître les résultats de ses recherches ; il réussit à convaincre un premier prédicateur baptiste, Truman Hendryx. »
  87. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  88. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 33.
  89. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  90. ↑ ZYGMUNT Joseph F., « Prophetic Failure and Chiliastic Identity: The Case of Jehovah's Witnesses », American Journal of Sociology, vol. 75, n° 6, 1970.
  91. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 38.
  92. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 39.
  93. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  94. ↑ SCHULZ Bruce W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 321-322 : « We don't know why Barbour didn't attend the conference. But there was a strong anti-Adventist feeling among some of the organizers and he may not have been welcome. Russell attended the conference, engaging with delegates and promoting in a less brash way the doctrine he shared with Barbour. »
  95. ↑ Bible Examiner, janvier 1879, p. 5
  96. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 24-25 : « Although Russell did not ordinarily credit him as the source for many of his teachings, there can be no doubt that Joseph A. Seiss (1823–1904) was a major, direct source for Russell's earliest eschatological ideas. »
  97. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 191-192 : « Russell avait obtenu que les revues Le Temps Prophétique (The Prophetic Time) publiée par Seiss et La Restitution (The Restitution) publiée par les Âge à venir/Une Foi publient cette brochure sous la forme d'un supplément en fin 1877/février 1878 mais dans La Restitution (Restitution) John B. Cook, un collaborateur de Storrs publia une critique dans l'édition du 26 juin 1878. »
  98. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 302 : « Barbour thought better of Seiss, but sharply differed with him over whether the Man of Sin, Elias, and The Two Witnesses were individuals or classes of people. »
  99. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 32.
  100. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 64 : « In late 1877 the Advent Christian Association passed a resolution ordering that "appointments to preach shall not be published in their organ, the 'World's Crisis,' for anyone who believes … in... 'age to come.'" »
  101. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 2, p. 33 : « Until sometime in 1877, Russell and his associates held the standard Age-to-Come belief that the earth was the Bride of Christ's destined home. »
  102. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 35.
  103. ↑ GIBBON Edward, Decline and Fall of the Roman Empire, chap. 41, CCEL, consulté en 2026.
  104. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 33-34 : « George Bell, par exemple, écrivant en 1796 dans l'Evangelical Magazine de Londres, comptait les 1 260 années à partir de 537 ou 553 de n. è., et prédisait la chute de l'Antichrist (le Pape) en “ 1797 ou 1813 ” ».
  105. ↑ L'Examinateur de la Bible, expositions prophétiques de George Storrs, 1843, p. 28
  106. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 38.
  107. ↑ Capture of Rome, Wikipédia, consulté en 2026.
  108. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 89-91 : « l'ajout de l'Internationale probablement entre l'édition de 1870 et celle de 1871 aboutit à huit, c'est-à-dire à aucun des deux chiffres. L'introduction de la Commune révolutionnaire de Paris annonçait la future interprétation de Barbour sur le temps de troubles. »
  109. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 38.
  110. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 38.
  111. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 38-40 : « 1793-1796 : meurtre des deux témoins d'Apocalypse XI : ce sont l'Ancien et le Nouveau Testaments rejetés par la France révolutionnaire. »
  112. ↑ Understanding Revelation – Topic 16, consulté en 2026.
  113. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  114. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  115. ↑ Herald of the Morning de août 1878, p. 31
  116. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  117. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 21
  118. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  119. ↑ KNOX Zoe, Jehovah's Witnesses and the Secular World, p. 251 du PDF : « Russell penned a response repudiating Barbour's views that appeared in the periodical the following month. »
  120. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 32-34 : « He openly took issue with Barbour's position on the atonement and obtained Paton's support in an article which was published in the December 1878 Herald. »
  121. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  122. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  123. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 40.
  124. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, op. cit., vol. 1, p. 314-315 : « He illustrated his point by referencing a physician prescribing for a patient but not taking the medicine in his stead. »
  125. ↑ Herald of the Morning de septembre 1878, p. 41
  126. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 32-34 : « The real issue that divided the three associates was the doctrine of substitutionary atonement. »
  127. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 26.
  128. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 26.
  129. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 26.
  130. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  131. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  132. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 27.
  133. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  134. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  135. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  136. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  137. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  138. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 28.
  139. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  140. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  141. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  142. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  143. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  144. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 29.
  145. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  146. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  147. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  148. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 30.
  149. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  150. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
  151. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
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  153. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 31.
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  168. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  169. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  170. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
  171. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 34.
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  208. ↑ Herald of the Morning de février 1879, p. 41.
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