Herald of the Morning de novembre 1878
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| Herald of the Morning de novembre 1878 | |
|---|---|
| Revue | Herald of the Morning |
| Date | 1878 |
| Auteur(s) | Nelson H. Barbour, Arthur P. Adams |
| Année | 1878 |
| Langue | Anglais |
| Pays | États-Unis |
| Éditeur | Nelson H. Barbour |
Ce numéro cherche à situer l'année 1878 dans le calendrier biblique. Presque toutes ses pages répondent à une seule question : où en est-on du plan de Dieu, et que reste-t-il à venir ? Les dates de 1878, 1881 et 1914 reviennent d'un article à l'autre. Elles servent à mesurer le retour en grâce des Juifs, l'enlèvement de l'Église et la fin des « temps des Gentils ».
Deux méthodes de calcul se croisent. La première compare l'histoire d'Israël à celle de l'Église : deux périodes de même longueur, placées de part et d'autre de la mort du Christ. La seconde lit les sept trompettes de l'Apocalypse comme une suite d'événements datés de l'histoire européenne et turque. Ces deux méthodes aboutissent au même résultat : l'humanité vit déjà la dernière étape avant le Royaume.
Le numéro ne s'en tient pas aux dates. Il défend aussi un salut ouvert à tous les hommes après la résurrection, jusqu'aux habitants de Sodome. L'âge présent sert seulement à former l'épouse du Christ. Le reste du monde est jugé plus tard, dans un âge suivant. Les types tirés de Moïse et d'Aaron relient ces deux sujets : ils fixent l'ordre des événements entre la glorification de l'Église et les jugements qui frappent les nations.
Analyse
Croyances
Lire la Bible sans règle fixe, par étapes
Le numéro refuse toute méthode fixe pour lire l'Apocalypse. Un même objet y reçoit plusieurs symboles : les eaux et la bête désignent toutes deux l'Empire romain. Le mot « mourir » peut désigner la mort d'une nation, l'exclusion d'une Église ou la mort réelle, et seul le passage permet de choisir.[1] Les « règles d'interprétation » sont donc déclarées sans valeur : si une règle suffisait, on n'aurait plus besoin de l'Esprit. L'auteur ajoute, avec ironie, que presque chaque commentateur vend sa règle, « toute faite ou sur mesure ».[2] Ce refus s'écarte pourtant de William Miller, dont le groupe hérite ses calculs. Selon Robert Crompton, Miller avait formulé sept règles précises pour expliquer les prophéties.[3] Le numéro garde les résultats de Miller, comme le principe d'un jour pour une année, mais rejette l'idée qu'on y arrive en appliquant une méthode.
Sans règle fixe, la vérité se découvre par étapes. Les vérités propres à chaque époque séparent toujours le petit nombre du grand nombre, comme le van sépare le blé de la paille.[4] L'expression « nous sommes maintenant dans le crible » donne à ce tri une portée immédiate. Le lecteur doit choisir entre les credos qui suivent le courant et une « vérité avancée » qui oblige à le remonter.[5] Cet appel suit de quelques mois le printemps 1878, où l'enlèvement attendu n'a pas eu lieu (voir la quatrième partie).
La même exigence vise le mouvement de la « sainteté ». Ses membres sont accusés de « mettre la charrue avant les bœufs », car le savoir compte peu dans leur piété. Pour le numéro, on ne peut aimer Dieu sans le connaître, et on ne le connaît que par sa Parole.[6] La ferveur ressentie pendant le culte est souvent attribuée au Saint-Esprit alors qu'elle vient d'un estomac en bonne forme : « nous faisons un dieu de notre estomac ».[7] L'attaque vise un courant alors en pleine expansion. Les premiers grands camps de réveil consacrés à la sainteté avaient été lancés en 1866 par le pasteur méthodiste John A. Wood.[8] L'historien Melvin E. Dieter a retracé la croissance de ce réveil du milieu des années 1830 jusqu'aux années 1880.[9]
Les âges du plan divin et l'appel de l'Église
Le tableau de première page met face à face le plan de la chair et le plan de l'esprit : Jérusalem terrestre et céleste, sacrifice terrestre et spirituel, douze tribus et douze apôtres.[10] Ce découpage de l'histoire en âges vient de Barbour. Dès mars 1876, son Herald divisait le « monde présent » en trois âges : patriarcal, juif et de l'Évangile.[11]
Ce découpage répond à une difficulté de foi. Le Christ s'est donné en rançon pour tous. Pourtant, pendant l'âge juif, il était interdit d'enseigner aux païens le chemin de la vie, et Jésus lui-même envoie ses disciples seulement vers Israël.[12] Sans un âge à venir où tous seront instruits, ces faits contredisent l'amour de Dieu. Le salut du monde est donc repoussé à un autre âge.[13] Barbour avait déjà présenté cet argument en 1876, dans le Bible Examiner de George Storrs, à partir de 1 Timothée 2:6.[14]
Pendant l'âge présent, seule l'Église est choisie, et elle est associée au salut des autres. L'article reproduit sur le « premier-né » fait reposer tout l'Évangile sur une seule idée : Dieu sauve les derniers nés par un premier-né.[15] L'argument s'appuie sur la loi du goël : selon Lévitique 25:48, le rachat revient à un frère ou à un proche parent. Le Christ, tête et corps, remplit ce rôle de frère aîné.[16] Les commentateurs protestants lisaient déjà le goël comme un type du Christ. Chez John Gill, le frère vient en tête des parents qui peuvent racheter.[17] Le numéro va plus loin et étend ce rôle à l'Église. Si la rançon désigne les souffrances du Christ dans la chair, les souffrances des croyants, décrites en Colossiens 1:24, participent elles aussi à l'expiation.[18] L'argument reste conditionnel : il commence par « si la rançon désigne ses souffrances ». Il ne dit rien de la mort du Christ comme prix payé. Ce point était justement disputé à la rédaction : en août 1878, Barbour avait rejeté l'idée que le Christ soit mort à la place des hommes.[19]
Le salut offert à tous dans l'âge suivant
Le jour du jugement change de sens. Le mot « jugement » désigne d'abord l'épreuve, et pas seulement la sentence. Le malentendu commun commencerait là.[20] L'Église passe son épreuve maintenant. Le monde passera la sienne pendant l'âge de la restitution, où se déroule la scène des brebis et des boucs.[21] Un précurseur lu par Russell, Richard Shimeall, plaçait déjà un « jour du jugement » à l'intérieur des mille ans.[22]
Cette lecture règle le sort de ceux qui sont morts sans connaître la vérité. Seul le péché contre le Saint-Esprit reste sans pardon. La génération juive qui a rejeté le Christ ne l'a pas commis : Paul en faisait partie et ne l'a pas commis non plus.[23] Le châtiment se mesure à la lumière reçue : « beaucoup de coups » pour ceux qui savaient, « peu de coups » pour les autres.[24] George Storrs enseignait déjà que les morts restés dans l'ignorance reviendraient à la vie pour recevoir une seconde occasion d'accepter la rançon.[25]
Le numéro répond ensuite à l'objection tirée de Jude 7, le « feu éternel » de Sodome. Le mot aionios signifierait « une pluralité d'âges ». Accepter toutes les traductions de la version du roi Jacques reviendrait à accepter sa théologie.[26] Le même débat agitait alors l'Église d'Angleterre. En novembre et décembre 1877, Frederic Farrar avait prêché à l'abbaye de Westminster les cinq sermons dEternal Hope. Il y soutenait quaionios, à lui seul, ne signifie jamais « sans fin ».[27]
Cette lecture permet d'étendre la restitution aux Sodomites. Le « cantique de Moïse et de l'Agneau » devient celui où « toutes les nations » viennent adorer Dieu, y compris eux.[28] D'après Ézéchiel 16:53, Sodome et ses filles reviendront à leur ancien état, quand Jérusalem y reviendra.[29] Les universalistes américains se servaient du même chapitre pour annoncer le salut final de tous.[30] Ce courant avait été popularisé par John Murray, Elhanan Winchester et Hosea Ballou.[31] Le numéro s'en sépare sur un point. Tous auront l'occasion de gagner la vie éternelle, mais tous ne l'obtiendront pas, de même que tout embryon humain ne parvient pas à la vie.[32] Il rejette aussi la lecture qui réserve ces textes au seul « petit troupeau » : pour la soutenir, il faudrait passer d'autres versets sous silence.[33]
Moïse et Aaron, types du Christ et de l'Église
Barbour tire du récit de l'Exode l'ordre des événements à venir. Moïse est le type du Christ. Il vient d'abord comme un simple homme et doit fuir, puis il revient « comme un dieu » devant Pharaon. Aaron est le type de l'« Église des premiers-nés ».[34] L'épouse noire de Moïse représente l'Église dans son état mêlé et impur.[35] Cette lecture de Nombres 12:1 est très ancienne. Vers 397, Ambroise de Milan voyait déjà dans l'Éthiopienne l'Église venue des nations, et dans Miriam la synagogue qui murmure contre elle.[36]
Le type règle surtout l'ordre des événements. Aaron rejoint Moïse à la montagne de Dieu avant les plaies, puis tous deux les exécutent ensemble. Aucune plaie du temps de détresse ne peut donc frapper le monde avant que l'Église soit glorifiée.[37] Le mois précédent, la revue disait autre chose. Les saints, une fois rassemblés dans le grenier et avant d'être enlevés, devaient traverser une scène de jugement où « mille tomberont à leur côté ». Seule la protection des anges devait les épargner.[38]
L'enlèvement des saints reçoit une date. Selon l'argument des « Deux dispensations », il doit avoir lieu aux alentours de 1881.[39] Barbour avait d'abord fixé cet événement au 9 avril 1878 au plus tard. Storrs avait contesté cette date à l'avance.[40] James Penton montre que le « changement » des croyants vivants a été attendu pour 1878, puis pour 1881.[41] Le type de Moïse et d'Aaron sert ainsi à appuyer la nouvelle échéance sur un récit biblique.
Le calendrier, de 1878 à 1914
Dans « Lumière prophétique », Barbour applique le parallèle des deux âges aux Juifs. Leur rejet dure 1845 ans, de l'an 33 à 1878. Leur restauration commence donc « cette année même, 1878 ».[42] Il dit s'appuyer sur la chronologie de Bowen, sans discuter sa valeur biblique.[43] Blandre range le livre de Christopher Bowen parmi les sources du mouvement du « cri de minuit », dont Barbour est issu.[44] Le « double » est maintenant appuyé par deux mots hébreux. Mishneh, en Jérémie 16:18, signifie « seconde part ».[45] Les dictionnaires d'hébreu lui donnent bien le sens de « double, copie, second ».[46] Kephel, en Ésaïe 40:2, vient d'un verbe qui veut dire « partager en deux parties égales ».[47] Le relèvement d'Israël durera trente-sept ans, autant que sa chute entre l'an 33 et l'an 70.[48] En septembre 1875, Barbour ne plaçait pas encore le retour des Juifs en Palestine avant 1881.[49] Le congrès de Berlin, réuni l'été précédent, lui donne un fait visible à citer. Selon Crompton, il avait placé la Palestine, comme les autres provinces turques d'Asie, sous la protection britannique.[50]
Les temps des Gentils donnent la seconde borne. Les 1260 jours valent 1260 années, ce que « la plupart des commentateurs » admettent, selon le numéro, qui n'en nomme aucun. Les « sept temps » font 2520 ans, de 606 av. Jonsson montre que le pasteur anglican E. B. Elliott avait déjà compté ces temps de 606 av. J.-C. à 1914, avec un point de départ différent.[51]
Les sept trompettes de l'Apocalypse répètent ce calendrier. La cinquième part de l'invasion du 27 juillet 1299 et dure 150 ans. La sixième dure 391 ans et 15 jours et se termine le 11 août 1840.[52] Le numéro reconnaît sa dette envers Josiah Litch, qui avait publié ce calcul en 1838.[53] Litch faisait partir les 150 ans de l'entrée d'Othman à Nicomédie, le 27 juillet 1299, date qu'il tenait de Gibbon.[54] D'autres groupes adventistes de l'époque faisaient déjà commencer la septième trompette en 1840.[55] Barbour lui donne une durée de 75 ans, coupée en deux moitiés de 37 ans et demi. La proclamation de l'avènement occupe la première moitié. La seconde, de 1878 à 1914, est celle du temps de détresse.[56]
La septième trompette de Jean, la « dernière trompette » de Paul et le Michel de Daniel désignent ici un seul événement : la résurrection des saints et la délivrance d'Israël.[57] Le lien entre « dernière trompette » et retour du Christ remonte au moins à Henry Drummond, l'hôte des conférences d'Albury Park, qui publia The Lord is at Hand; or the Last Trump en 1828.[58] Dès octobre 1875, le Herald rattachait la dernière trompette à une présence du Christ que personne ne voit.[59] Le numéro reprend cette présence (parousia) et la compare aux jours de Noé.[60] Barbour s'en prend aussi aux prémillénaristes réunis récemment en conférence à New York. Ils refusent de parler de date précise, et cela vaut, selon lui, l'opposition des « théologiens en vue » qui jugent le retour du Christ vague et incertain.[61]
Les puissances jugées et le royaume promis aux saints
Les symboles de l'Apocalypse visent d'abord Rome. La femme et la prostituée désignent l'Église papale, les eaux et la bête l'Empire romain.[62] La domination papale dure 1260 ans. Penton rappelle que les interprètes protestants faisaient finir cette période en 1798, quand le général Berthier prit Rome et fit le pape prisonnier.[63] La bête qui monte de l'abîme (Apocalypse 11:7) devient une bête sans tête. Barbour la reconnaît dans la Commune, ou les Internationales.[64] Les adventistes rattachaient déjà cette bête à la Révolution française, entre 1789 et 1798.[65] En y ajoutant la Commune et les Internationales, Barbour range les mouvements ouvriers de son temps parmi les puissances que Dieu doit juger.
Le règne qui suit est sévère. Les hommes seront gouvernés avec une « verge de fer », et la loi sortira de Jérusalem. La nation qui refusera d'obéir sera punie, puis détruite si elle s'obstine.[66] À la fin des mille ans, le Diable et les passions humaines seront relâchés pour détruire ceux qui restent.[67]
La réponse à Arthur P. Adams sépare clairement deux héritages. La terre restaurée revient au « peuple des saints du Très-Haut ». Le Christ et son épouse, devenus « une partie de la divinité », partent vers des domaines plus vastes.[68] Cette séparation datait de peu. Jusqu'en 1877, Russell et ses amis pensaient eux aussi que l'épouse du Christ vivrait sur une terre redevenue paradis. Associé à Barbour, Russell en vient ensuite à lui attribuer une nature distincte.[69] Adams, pasteur méthodiste, avait prêché la restitution de toutes choses le 27 janvier 1878 dans un sermon qui lui fut reproché.[70] Sa question montre qu'un lecteur gagné à ces idées devait encore apprendre où passait la frontière entre l'épouse et le reste des sauvés.
Organisation et histoire
Une revue qui se dit héritière du mouvement de Miller
La revue se place elle-même dans l'histoire du mouvement adventiste. Le chapitre 10 de l'Apocalypse est lu comme l'annonce de deux mouvements adventistes. Le premier est celui qui précède la déception de 1843-1844. Le second est celui du moment, porté devant « beaucoup de peuples ».[71] La première moitié de la septième trompette, de l'automne 1840 au printemps 1878, est remplie par la « proclamation de l'avènement ».[72] Le mouvement de William Miller et le groupe de Barbour deviennent ainsi deux étapes d'un même message. Ce découpage reprend une liste déjà en usage chez les adventistes. Selon Blandre, la septième trompette y désignait la diffusion du message adventiste et commençait en 1840.[73]
Pour fonder ce récit, Barbour reprend des calculs plus anciens. Le premier est celui de Josiah Litch sur la sixième trompette. Le numéro rappelle que ce calcul avait paru en livre à Boston dès 1838, deux ans avant l'événement attendu.[74] Litch comptait 391 ans et15 jours à partir du 27 juillet 1449 et arrivait au 11 août 1840.[75] Ce jour-là, l'Empire ottoman accepta les garanties des grandes puissances. Les partisans de Miller y virent la preuve que leur façon de compter un jour pour une année était juste.[76] Miller lui-même, en 1831, faisait commencer la sixième trompette en 1453 et la terminait en 1843.[77] Sur ce point, Barbour suit donc Litch et non Miller. Selon lui, l'issue fut suivie « par quelques-uns, avec un vif intérêt ».[78] L'adventiste Uriah Smith, cité par Crompton, parlait au contraire de milliers de personnes qui attendaient la date.[79]
Le deuxième appui est la chronologie de Bowen, qui donne les 1845 ans de la période des douze tribus. Penton montre que la chronologie de Barbour repose surtout sur les Horae Apocalypticae d'Edward Elliott et sur la table chronologique de Christopher Bowen jointe à cet ouvrage.[80] Barbour obtenait déjà 1874 grâce à cette chronologie.[81] Il émet pourtant une réserve : pour l'instant, il ne veut pas discuter de la valeur biblique de cette chronologie.[82] Pour le détail des six premières trompettes, il renvoie deux fois au commentateur Adam Clarke. Selon lui, cette application est acceptée par tous.[83]
Les dates confirmées par l'actualité de 1878
Barbour affirme ne poser aucune prémisse et ne tirer aucune déduction. Il dit seulement exposer des faits.[84] Le premier de ces faits est la situation des Juifs. La Palestine serait « pratiquement sous leur contrôle », et le Juif aurait de nouveau le droit légal de rebâtir son temple.[85] Le numéro ne nomme pas le congrès de Berlin. Selon Blandre, ce congrès imposa pourtant à l'Empire ottoman de reconnaître aux Juifs des droits civils et religieux.[86]
Ce changement visible prend la place d'un événement attendu qui ne s'est pas produit. Pour le printemps 1878, le groupe de Barbour attendait à la fois le début du rétablissement d'Israël et l'union de l'Église avec le Christ.[87] L'enlèvement n'a pas eu lieu (voir Déception de 1878). Le numéro garde la date et la relie au relèvement des Juifs. L'enlèvement des saints est désormais placé « aux alentours de 1881 ».[88] Penton observe que les dirigeants de ce courant, comme les adventistes avant eux, ont toujours soutenu que « la mauvaise chose » s'était produite « au bon moment ».[89]
La crise économique fournit un deuxième signe. Barbour applique la prophétie de Zacharie 8:10, « ni salaire pour l'homme », à la méfiance et au chômage du moment.[90] Aux États-Unis, la crise ouverte en 1873 avait entraîné un fort chômage, des baisses de salaires et des grèves. Dès Three Worlds, Barbour donnait à ces faits un sens prophétique.[91]
Le même procédé s'applique à l'histoire récente de l'Europe. Depuis la crise de 1840, l'Empire turc est « l'homme malade », que tiennent les nations chrétiennes.[92] Pendant la Terreur, l'Ancien et le Nouveau Testament, les « deux témoins », auraient été abolis par la loi.[93] Miller faisait déjà en 1831 des deux témoins les deux Testaments rejetés par la France révolutionnaire.[94] Barbour y ajoute la Commune. La bête « sans tête » qui monte de l'abîme serait désormais clairement reconnue dans la Commune et dans les Internationales.[95]
Se démarquer des prémillénaristes et du mouvement de la sainteté
L'article « Lumière prophétique » s'adresse d'abord aux délégués qui vont se réunir à New York.[96] Un groupe de pasteurs avait organisé cette conférence prophétique du 30 octobre au 1er novembre 1878. Barbour la commente dans cet article.[97] Elle se tient à l'église de la Sainte-Trinité, à New York. Environ 125 pasteurs et professeurs de plusieurs Églises protestantes l'avaient convoquée sur la question : « La venue du Christ est-elle personnelle et visible ? »[98] Barbour propose d'envoyer gratuitement ses arguments complets à quiconque paiera les frais de port.[99] À la fin du numéro, les « frères prémillénaristes » se sont réunis « récemment » : les deux articles ont donc été écrits avant et après la conférence.[100]
Barbour défend ces prémillénaristes contre les « théologiens en vue » qui jugent, dans la presse, que la venue du Christ est une doctrine vague.[101] Mais il ajoute que leur refus de fixer la date du retour vaut l'hostilité de ces théologiens.[102] Crompton explique cette prudence. Selon l'historien Ernest Sandeen, qu'il cite, l'échec de Miller avait associé toute l'attente du millénium au fanatisme.[103] Dans les grandes Églises, une autre lecture gagnait du terrain. Les prophéties ne s'accompliraient qu'à une date future impossible à connaître.[104]
Barbour vise aussi les « frères de la sainteté », qui mettent selon lui la charrue avant les bœufs. Il écrit que, dans leur religion, savoir ne compte guère.[105] Pour lui, on n'adore pas Dieu par le sentiment. L'entrain qu'on prête trop souvent au Saint-Esprit vient parfois d'un bon estomac.[106] De 1867 à 1880, ce mouvement de la sainteté gagnait les Églises méthodistes. Il enseignait la perfection chrétienne comme une « seconde bénédiction ».[107] La querelle touchait les lecteurs de près. Avant de rejoindre Barbour, le pasteur méthodiste Arthur P. Adams avait consulté Daniel Steele. Steele était un responsable de ce mouvement et un adversaire du prémillénarisme.[108]
Une petite rédaction au centre d'un réseau de lecteurs
Le titre du numéro présente Barbour comme rédacteur, aidé de deux rédacteurs adjoints.[109] Depuis la reprise de la revue en juillet 1878, ces adjoints sont Paton et Russell.[110] La revue a repris grâce à l'argent de Russell.[111] L'article sur le premier-né est repris d'un autre auteur.[112]
Un article sur l'expiation est annoncé pour le numéro suivant.[113] Le sujet divisait alors la rédaction. Selon Penton, Barbour, Russell et Paton s'opposaient ouvertement sur la question de savoir si le Christ est mort à la place des hommes.[114]
Cinq prédicateurs se déclarent prêts à tenir des réunions : Paton, Russell, S. H. Withington, B. W. Keith et Barbour. Il suffit de fournir une église ou une salle et de payer leurs frais de voyage.[115] Près de chez eux, ils renoncent même à ces frais.[116] Le réseau reste modeste. Blandre estime que le groupe de Barbour ne comptait pas plus de 2 000 personnes.[117]
La rubrique « Correspondance » montre comment ce réseau fonctionne. Arthur P. Le rédacteur lui répond en appelant à la modestie quand on parle de l'avenir.[118] Adams était pasteur méthodiste à Beverly, dans le Massachusetts. Le 27 janvier 1878, il avait prêché sur la restauration de toutes choses en citant Adam Clarke, comme le fait aussi ce numéro.[119] Ses supérieurs l'avaient suspendu de ses fonctions en février 1878.[120] Il avait ensuite fondé sa propre congrégation.[121]
Contenu
Plan de l'âge
Deux plans sont mis en regard : le plan de la chair et le plan de l'esprit. Au premier correspondent la Jérusalem terrestre, le sacrifice terrestre et le royaume terrestre. Au second correspondent la Jérusalem céleste, le sacrifice spirituel et le royaume céleste. Les deux plans sont réunis sous la mention « les chérubins étaient d'une même mesure et d'une même taille » (1 Rois 6:25). Le plan de la chair regarde vers l'avant, vers le sacrifice ; le plan de l'esprit regarde en arrière, vers ce même sacrifice.[122]
Aux douze tribus du premier plan répondent les douze apôtres du second. Entre la fin de l'âge patriarcal, à la mort de Jacob, et la fin de l'âge juif, à la mort du Christ, s'écoulent 1845 ans. Depuis la fin de l'âge juif, à la mort du Christ, jusqu'à la fin de l'âge de l'Évangile, la durée doit être égale : 1845 ans.[123]
Une série de dates jalonne le plan. Les 2300 jours se terminent en 1843-1844. Les 1335 jours s'achèvent en 1874, année qui marque aussi des cycles de jubilés. L'année 1878 est celle où le « double » est complet. Les « temps des Gentils » prennent fin en 1914. Du côté de la chair figurent la naissance de Jésus, son baptême, la crucifixion en l'an 33 et la destruction de Jérusalem en l'an 70.[124]
Correspondance
Arthur P. Adams demande qui sont les gens de la « droite » de Matthieu 25. Il les range dans la classe de la restitution. Les vainqueurs, qui ont atteint le haut appel, siègent déjà avec le Fils de l'homme sur le trône de sa gloire lorsque ce jugement a lieu. Or le Seigneur invite ces gens de droite à hériter du royaume préparé « depuis la fondation du monde », et cette expression lui paraîtrait mieux convenir aux vainqueurs.[125]
Le rédacteur répond que la terre a été faite pour la famille humaine et préparée pour elle dès l'origine, selon Proverbes 11:31. Selon lui, le Christ n'a pas quitté sa gloire auprès du Père pour obtenir seulement un royaume terrestre pour lui-même et son épouse. Il entreprend de restaurer l'homme et le royaume perdu. Il remet ensuite le royaume au Père, et le royaume sous tout le ciel est donné au peuple des saints du Très-Haut (Daniel 7:27 ; 1 Corinthiens 15:24).[126]
La fin n'arrive qu'après le plan complet : tous ceux qui sont morts en Adam doivent d'abord avoir été rendus à la vie en Christ (1 Corinthiens 15:22). Le Christ règne sur la terre « jusqu'à ce qu'il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds » (1 Corinthiens 15:25). Le corps du Christ n'est pas et ne sera plus jamais du monde. Il devient une partie de la divinité, il est la « semence » qui restaure toutes choses. La terre restaurée est laissée au peuple des saints du Très-Haut, tandis que le Christ, époux et épouse, cherche des domaines plus vastes. Le rédacteur s'appuie sur Romains 8:32 : celui qui nous a donné le Christ nous donnera aussi toutes choses avec lui.[127]
Lumière prophétique
Ce texte s'adresse en premier lieu aux délégués qui vont se réunir à New York pour examiner ces questions. Il s'appuie sur des faits concernant la nation juive et la durée de son châtiment. Les Juifs existent comme nation depuis près de quatre mille ans, sous deux conditions distinctes : favoris reconnus du ciel avant la crucifixion, puis maudits de Dieu depuis que le voile du temple a été déchiré et que leur maison leur a été laissée déserte.[128]
D'après la chronologie de Bowen, dont l'auteur déclare ne pas discuter la valeur biblique, la période des douze tribus a duré 1845 ans. Depuis la crucifixion, en l'an 33, jusqu'à 1878, il s'écoule une période égale. Cette seconde période se termine par un changement : la Palestine est de nouveau « pratiquement sous leur contrôle », et le Juif a de nouveau le droit légal de rebâtir son temple et d'offrir des sacrifices à Jérusalem. L'auteur en conclut que la restauration des Juifs a commencé en 1878.[129]
Avant la mort de Jacob, un seul homme à la fois représente le peuple choisi : Abram seul, puis un seul de ses fils, puis un seul des deux fils d'Isaac. À la mort de Jacob, les douze fils et leurs enfants, bons et mauvais, sont pris ensemble. Jusqu'à la mort du Christ, ils jouissent d'une faveur divine particulière, même quand ils sont châtiés en Égypte, au désert, par leurs voisins, par leurs rois ou par Babylone, la Médie et la Perse, la Grèce et Rome. Depuis, ils ont été « rejetés » loin de la faveur divine. Le châtiment s'est fait en deux parties égales, la première conditionnelle, la seconde inconditionnelle.[130]
L'auteur cite Jérémie 16:13-18 : Dieu rejette Israël, puis le ramène dans son pays, après avoir payé leur iniquité « au double ». Le mot hébreu mishneh signifie « seconde part », et il réapparaît en Zacharie 9:12, qui se rapporte au jour où le Christ entre à Jérusalem, pleure sur la ville et laisse leur maison déserte. Le « double » d'Ésaïe 40:2 traduit un autre mot, kephel, du verbe qui signifie diviser en parties égales (voir Exode 26:9 ; Exode 28:16). Selon l'auteur, cette seconde part, pendant laquelle Dieu ne leur montre pas sa faveur, est écoulée.[131]
Il ajoute que les Juifs se relèveront en 37 ans, comme ils sont tombés en 37 ans, de l'an 33 à l'an 70, et que les « temps des Gentils » se terminent 37 ans après 1878. Il décompose ensuite les 1845 ans de la mort de Jacob à la crucifixion. De l'alliance avec Abram à la mort de Jacob, il compte 232 ans (Genèse 12:4 ; Genèse 21:5 ; Genèse 25:26 ; Genèse 47:28), et de l'alliance à la loi 430 ans (Galates 3:17). Un tableau additionne ensuite les étapes depuis la mort de Jacob jusqu'à l'an 32 de l'ère chrétienne (année juive) pour arriver à 1845 ans, l'année juive s'achevant au printemps de l'an 33, quand le Seigneur est crucifié.[132]

L'auteur applique à ce moment Daniel 12:1 : Michel, le grand prince, se lève en faveur du peuple de Daniel, et vient un temps de détresse sans précédent.[133]
Les temps des Gentils
Que Jérusalem soit foulée aux pieds par les Gentils est tenu pour un fait qui n'a pas besoin de preuve (Luc 21:24). La durée de ces temps se calcule ainsi : 1260 jours (Apocalypse 12:6) équivalent au « temps, des temps et la moitié d'un temps » (Apocalypse 12:14) et aux quarante-deux mois (Apocalypse 13:5), à raison de trente jours par mois. Comme les 150 jours du déluge sont comptés pour cinq mois (Genèse 7:24 ; Genèse 7:11 ; Genèse 8:4), l'auteur admet que ces 1260 jours représentent 1260 années, comme le pensent selon lui la plupart des commentateurs. Les « sept temps » de Lévitique 26:17 font alors deux fois 1260, soit 2520 ans.[134]
Depuis la captivité de Babylone, en 606 av. J.-C., les Juifs vivent sous domination des Gentils. Cette période approche de 2520 ans, et il en reste 37 à courir à partir de 1878. L'auteur appuie ce calcul sur Luc 2:34 : Jésus est établi pour la chute et le relèvement de plusieurs en Israël, et la chute a duré de l'an 33 à l'an 70. Il admet que les « sept temps » ne soient peut-être pas une mesure exacte, mais juge que leur proximité avec la période de domination étrangère, et le changement qui ramène la Palestine et le Juif au premier plan, plaident en faveur de son argument.[135]
Le rétablissement des Juifs doit avoir lieu en plein « temps de détresse ». Pour l'auteur, Zacharie 8:1-10 décrit leur retour et l'état du monde avant ces jours : ni salaire pour l'homme ni pour la bête, ni paix pour ceux qui vont et viennent, car Dieu a dressé tous les hommes les uns contre les autres. Il estime que la méfiance et le manque d'emploi du moment correspondent déjà à ce tableau. Il s'étonne que les enseignants chrétiens ne soient pas prêts à examiner des faits si bien accordés à la prophétie, et propose d'envoyer gratuitement ses arguments complets à quiconque paiera l'affranchissement.[136]
Pendant ces 1845 ans où Dieu ne leur montre pas sa faveur, le plan de la rédemption continue : l'Église de l'Évangile, « un peuple pour son nom » pris parmi les Gentils, est appelée (Actes 15:14). L'aveuglement est venu sur Israël au moment même où commençait la seconde phase de son châtiment (Luc 19:41-42), jusqu'à ce que « la plénitude des Gentils » soit entrée (Romains 11:25). La restauration des Juifs s'accompagne donc de l'achèvement de l'Église de l'Évangile. L'auteur indique que les Juifs ne se relèveront qu'une fois cette Église complète, et que l'Église de l'Évangile et l'Église juive seront associées dans l'âge à venir.[137]
L'Église glorifiée
Pendant ces 37 années de détresse, l'Église de l'Évangile ne reste pas sur la terre à l'état mortel. Elle est glorifiée avant que les jugements s'exécutent. Selon l'argument des « Deux dispensations », « l'enlèvement des saints doit avoir lieu aux alentours de 1881 ». La « présence » du Christ (parousia) précède cet enlèvement et est comparée aux jours de Noé (Matthieu 24:37).[138]
Le type de Moïse et d'Aaron est présenté comme très clair. Moïse est un type du Christ (Deutéronome 18:15), Aaron un type de l'« Église des premiers-nés », chef de la tribu de Lévi choisie pour représenter les premiers-nés (Nombres 3:12). La délivrance des Juifs hors d'Égypte est le type de leur délivrance future, quand le Seigneur étendra la main une seconde fois pour racheter le reste de son peuple. L'auteur précise que ce reste viendra d'Assyrie, d'Égypte, de Pathros et des autres pays, et non de Babylone comme certains le soutiennent (Ésaïe 11:11-12). Ce rassemblement a lieu pendant le temps de détresse, sous la direction de Michel. Il ne fera plus dire « l'Éternel qui a fait monter les enfants d'Israël du pays d'Égypte », mais « du pays du nord » (Jérémie 16:14-15), et il sera conforme aux jours de la sortie d'Égypte (Michée 7:15-20).[139]
Le type de Moïse
Quand Moïse vient la première fois vers son peuple, il vient comme un simple homme et doit fuir pour sa vie : « Qui t'a établi chef et juge sur nous ? » De même, le Christ vient à son peuple comme un homme et s'enfuit, en emportant sa vie avec lui. Moïse revient « comme un dieu » : « Je t'ai fait Dieu pour Pharaon » (Exode 7:1), et il lui suffit de lever la main pour que l'Égypte tremble. Le Christ vient de la même façon une seconde fois comme un dieu, et « celui qui siège dans les cieux rit » de ses ennemis (Psaumes 2:4-5).[140]
Pendant l'absence de Moïse, il épouse une Gentile. Entre le premier et le second avènement du Christ, celui-ci se tourne vers les Gentils pour y prendre « un peuple pour son nom » (Actes 15:14 ; 2 Corinthiens 11:2). L'épouse noire de Moïse représente l'Église dans son état mêlé et impur, car il faut de nombreux types pour représenter l'Église entière, qui porte beaucoup de noms : « ses frères », « son corps », « épouse », « Église des premiers-nés », « Jérusalem », « mère ». Comme assemblée des premiers-nés et prêtres de Dieu, elle est mieux représentée par Aaron.[141]
Le temps des deux visites se divise en deux parties égales : Moïse a quarante ans à la première, quatre-vingts à la seconde. L'Église voit ce découpage dans les deux avènements. Avant d'arriver en Égypte, Moïse appelle Aaron à venir à sa rencontre, et celui-ci le rencontre à la montagne de Dieu (Exode 4:27). L'Église doit de même rencontrer son frère à la montagne de Sion (Hébreux 12:22), « enlevée à la rencontre du Seigneur dans les airs ». La scène du buisson fait entrer l'idée de résurrection (Luc 20:37), et les morts en Christ ressuscitent d'abord, avant que l'Église aille à la rencontre du Seigneur.[142]
Moïse et Aaron, ensemble, exécutent les jugements sur les Égyptiens (Exode 4:16). Les saints jugent le monde (1 Corinthiens 6:2), et celui qui garde les œuvres du Christ jusqu'à la fin reçoit pouvoir sur les nations (Apocalypse 2:26 ; Apocalypse 17:14 ; Apocalypse 19:14-15). Moïse et Aaron exécutent non seulement les sept dernières plaies mais les dix plaies. Aucune plaie ni aucun jugement de ce temps de détresse ne peut donc atteindre le monde avant que l'Église soit glorifiée et revienne avec le Christ. Ce texte est signé N. H. Barbour, de Rochester.[143]
Le dessein de Dieu dans un premier-né
Le dessein de Dieu est de bénir et de sauver les derniers nés par l'intermédiaire d'un premier-né. Selon ce texte reproduit d'un autre auteur, cette idée est la substance de l'Évangile, expiation et réconciliation comprises. Elle se révèle peu à peu, comme tous les secrets de Dieu. Elle est à peine visible dans la promesse de Genèse 3:15, plus claire dans celle faite à Abraham (Genèse 22:18), confirmée dans la loi (Romains 11:16), puis dévoilée en Christ. La « semence » est distincte de ceux qui seront bénis et doit être bénie avant de pouvoir bénir les autres.[144]
Ce que l'on dit du Christ, le chef, s'applique aussi au Christ, le corps. Si l'apôtre dit « à ta semence, qui est Christ » (Galates 3:16), il dit aussi que les enfants de la promesse sont comptés pour la semence. Si le Christ est les prémices, les croyants sont aussi une sorte de prémices et « l'Église des premiers-nés ».[145]
Le Christ est premier-né en un double sens. Il est premier-né d'en haut, le premier issu de la vie, Fils unique du Père et « premier-né de toute la création », par qui tout a été créé (Colossiens 1:15-17). Il est aussi premier-né d'entre les morts, afin d'avoir la première place en tout (Colossiens 1:18). C'est à ce titre qu'il est le chef et les « prémices » de toute créature, et c'est pour être le premier de la nouvelle création que sa mort était nécessaire. Tout vient de Dieu, mais tout vient aussi par l'homme : « puisque la mort est venue par un homme, la résurrection des morts est venue aussi par un homme » (1 Corinthiens 15:21). Comme la mort est entrée dans le monde par un premier-né, elle sera abolie par un autre.[146]
Selon la loi, le devoir de rédempteur (goël) revient à un frère aîné ou à un proche parent (Lévitique 25:48). Le Christ, tête et corps, est l'antitype d'Élie, qui doit « rétablir toutes choses » (Matthieu 17:11), et il remplit ces conditions. Quand l'œuvre des premiers-nés pour racheter leurs frères cadets sera pleinement commencée, le monde la comprendra mieux.[147]
Rédemption
Tout ce qui a été perdu en Adam et en sa femme, la femme ayant péché la première, doit être rendu par le second Adam et sa femme. La rédemption consiste à rendre ce qui a été perdu. Selon la loi, dont aucun trait ne peut passer, elle s'accomplit par un parent ou un frère (Lévitique 25:48). Si l'Église des premiers-nés forme avec son chef l'Élie qui doit rétablir toutes choses, elle participe donc à l'œuvre de rédemption. Le plan du salut n'atteindra le monde qu'une fois le « second homme et sa femme » complets.[148]
Le Christ s'est donné « en rançon pour tous, ce qui a été attesté en son temps » (1 Timothée 2:6). Si cette rançon désigne ses souffrances dans la chair, les souffrances des croyants, par lesquelles ils complètent ce qui manque aux afflictions du Christ pour son corps, qui est l'Église (Colossiens 1:24), contribuent aussi à l'œuvre de l'expiation. Comme seul le corps, ou l'épouse, est en cours de formation, l'Église de l'Évangile ne comprend que le salut de l'Évangile. L'âge de l'Évangile passe et l'âge de la restitution approche. Les Juifs ont raidi leur visage contre une lumière nouvelle ; il ne faut pas les imiter. Les vérités propres à chaque dispensation séparent les peu nombreux des nombreux, le blé de la paille : c'est le « van » ou « crible » (Matthieu 3:12).[149]
Le Christ a utilisé ce van lors du premier avènement, et il doit servir à séparer le blé de l'ivraie au second, sous la direction des « moissonneurs ». L'auteur déclare : « Nous sommes maintenant dans le crible. » Il invite le lecteur à choisir entre les credos et traditions mêlés à la parole pure, qui permettent de suivre le courant, et la « fondation des saints apôtres et prophètes », qui oblige à remonter le courant. Ceux qui remporteront la victoire dans ce combat pour une vérité avancée recevront un cantique nouveau : le cantique de Moïse et de l'Agneau (Apocalypse 15:3-4).[150]
Le cantique
Le cantique est celui de la restitution de toutes choses. Il reprend Psaumes 86:9 : « Toutes les nations que tu as faites viendront se prosterner devant toi, Seigneur, et glorifieront ton nom. » En Adam tous meurent, en Adam nouveau tous revivront, chacun en son rang (1 Corinthiens 15:22-23). L'auteur étend la formule aux Sodomites eux-mêmes : « toutes les nations que tu as faites » les comprend. Pour lui, cela glorifie l'amour et le plan de Dieu. À l'objection que les Sodomites étaient méchants, il répond que le Christ est mort pour eux s'il s'est donné en « rançon pour tous », et qu'il est « la vraie lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde » (Jean 1:9). Lors du premier avènement, le temps n'était pas venu pour toutes les nations de venir l'adorer, car la « semence » en qui elles doivent toutes être bénies n'était pas encore développée : seule la tête était commencée.[151]
L'auteur écarte l'explication selon laquelle ces textes ne s'appliqueraient qu'au « petit troupeau » héritier du royaume. Il reconnaît que quelques textes peuvent se comprendre ainsi, mais juge que d'autres doivent alors être passés sous silence, car ils ne s'accordent pas avec la théorie du salut limité à ce petit troupeau.[152]
Pour le monde, le plan biblique de la rédemption ne se limite pas à l'épouse du « second homme » : il est conçu pour atteindre tous les hommes en son temps, car « le plan biblique de la rédemption est destiné à atteindre tous les hommes, en son temps » (1 Timothée 2:5-6). Que Dieu ne fasse pas acception de personnes ne signifie pas que tous obtiendront la vie éternelle. Les lois naturelles de la génération sont inflexibles, et pourtant tout embryon humain ne parvient pas à la vie. De même, tous n'atteindront pas la seconde naissance, mais tous auront l'occasion de gagner la vie éternelle.[153]
La « restitution de toutes choses » (Actes 3:21 ; Matthieu 17:11) suppose la résurrection de toute la famille humaine, selon 1 Corinthiens 15:22. Le retour du Christ ouvre ces temps de restitution et, en même temps, le jour du jugement. L'auteur situe ici le malentendu : « jugement » désigne non seulement la sentence, mais aussi l'épreuve. La scène des brebis et des boucs (Matthieu 25) se déroule dans l'âge suivant, où le Christ règne sur son trône pendant tout l'âge de la restitution, « jusqu'à ce qu'il ait soumis tous ses ennemis ». Le jugement couvre donc tout cet âge. Le mot grec de Matthieu 12:18 (« il annoncera le jugement aux nations ») est le même que celui de Hébreux 9:27, et l'annonce faite aux nations a été autre chose qu'une simple sentence.[154]
Le jugement de l'Église a commencé avec l'âge de l'Évangile (1 Pierre 4:17), comme « le jugement, épreuve pour la vie, se poursuit pour l'Église depuis le début de l'âge de l'Évangile ». Les péchés de l'Église « précèdent » au jugement et ceux du monde « suivent » (1 Timothée 5:24). Le jugement est une période d'épreuve : on y joue la vie ou la mort, et on y a la possibilité de gagner la vie. Il a commencé avec le Christ (Jean 12:31), puis a touché la maison de Dieu, et il s'achève avec le monde. Les croyants souffrent pour porter du fruit, comme le Fils unique a souffert et est mort pour porter du fruit (Jean 12:24 ; Jean 15:2). Ils sont corrigés comme des fils, non punis comme des serviteurs. Le chef de leur salut et eux sont ainsi rendus parfaits par la souffrance.[155]
Le monde, lui, sera jugé selon ses œuvres. Le serviteur qui connaissait la volonté de son maître sera battu de beaucoup de coups, celui qui ne la connaissait pas, de peu de coups. Le monde recevra une justice égale, proportionnelle à la faute pour chaque action, bonne ou mauvaise. Même un verre d'eau donné à un disciple parce qu'il appartient au Christ ne perdra pas sa récompense, et l'on peut ainsi se faire des amis avec les richesses injustes. Le pays de Sodome sera traité avec plus de tolérance, au jour du jugement, que la génération juive qui a rejeté le Christ. Or ce rejet n'était pas le péché impardonnable, puisque tout péché et tout blasphème contre le Fils de l'homme seront pardonnés.[156] Seul le péché contre l'Esprit saint ne l'est ni dans ce monde ni dans le monde à venir. Paul appartenait à cette génération qui a rejeté le Christ pendant tout son ministère, sans commettre le péché impardonnable. S'il était mort sans voir la lumière, il n'aurait donc pas commis de péché impossible à pardonner dans le monde à venir.[157]
L'auteur se demande s'il n'est pas possible que les croyants n'aient vu que partiellement : « N'est-il pas possible que nous n'ayons vu qu'en partie ? » Selon lui, le grand plan, quand le puits d'eau deviendra le fleuve d'eau de la vie, inclut les nations guéries par les feuilles de l'arbre de vie, et toutes viendront adorer. Il cite Ésaïe 45:23 : tout genou fléchira devant Dieu. Si le plan est la régénération de la famille humaine par un « second homme » et son épouse, on comprend que seule l'épouse du Christ soit pour l'instant en formation. On comprend aussi que les nations païennes de toutes les époques aient été laissées dans le sommeil de la mort naturelle jusqu'au matin de la résurrection. Elles sont mortes en le premier Adam et revivront dans le second. La restitution des Juifs étant promise, celle des autres nations l'est avec la même certitude, et Ézéchiel 39:23-28 est cité pour la première : Dieu les ramène sans en laisser aucun là-bas. Pour l'auteur, aucune explication ne résiste à la critique, sauf que Dieu les fait sortir de la tombe.[158]
Dieu ramènera en même temps les Sodomites à leur état antérieur. L'auteur s'appuie sur Ézéchiel 16:53 (« je ramènerai la captivité de Sodome et de ses filles ») et sur Ézéchiel 16:61 : Dieu les donne à Jérusalem pour filles, « mais non selon ton alliance ». Elles seraient des filles à la façon d'une Église plus jeune appelée fille de l'Église mère. Il s'agit de la Sodome que Dieu a détruite, dont le péché, rappelé en Ézéchiel 16:49, n'était pas le péché impardonnable. Comme Jésus dit que ce sera « plus supportable » pour elle que pour certains Juifs, ces derniers, qui ont péché contre une plus grande lumière, recevront « beaucoup de coups ».[159]
Dans le monde à venir, les hommes seront gouvernés avec « une verge de fer », c'est-à-dire d'une main forte (Psaumes 2:9 ; Apocalypse 12:5 ; Apocalypse 2:26-27). Ils seront punis selon la lumière qu'ils auront négligée, et soumis à une loi rétablie, imposée avec rigueur. La loi sortira de Jérusalem ; la nation qui refusera d'obéir sera sévèrement punie et, si elle persiste, détruite (Zacharie 14:16-19 ; Jérémie 12:14-17).[160]
À l'objection que les Sodomites subissent « le châtiment d'un feu éternel » (Jude 7), l'auteur répond que la version du roi Jacques est peut-être la meilleure, mais qu'accepter toutes ses traductions revient à accepter sa théologie. Le mot rendu par « éternel », aionios, vient du mot « âge » et signifie « une pluralité d'âges ». Les Sodomites ont été détruits par le feu tombé du ciel dans l'âge patriarcal et servent d'exemple pendant l'âge patriarcal, l'âge juif et l'âge de l'Évangile. Quand Dieu ramènera Jérusalem et ses filles à leur état antérieur, il ramènera Sodome et ses filles au leur.[161]
Si Dieu cherchait à régénérer le monde avant que le second Adam et son épouse soient au complet, il aurait choisi une voie étrange. Pendant plus de la moitié de l'histoire du monde, il a laissé régner la mort. « La mort a régné depuis Adam jusqu'à Moïse », sans loi qui pût donner la vie, même à ceux qui l'auraient observée. Dans l'âge juif, il était interdit de donner « le pain des enfants aux chiens », c'est-à-dire d'enseigner aux païens le chemin de la vie. Sans restitution, ces faits sont inconciliables avec l'amour de Dieu et avec le Christ qui a goûté la mort « pour tous ». À ceux qui répondent que les païens pouvaient regarder vers le Christ, l'auteur oppose Romains 10:14 : comment croire en celui dont on n'a pas entendu parler, et comment entendre sans prédicateur ? Jésus lui-même interdit à ses disciples d'aller vers les païens et dans les villes des Samaritains (Matthieu 10:5-6), et la prédication aux Gentils est restée interdite jusqu'à la Pentecôte, et même quelques années après.[162]
Ces faits montrent, selon l'auteur, que Dieu a un temps, un ordre et un plan. Le second Adam est le premier-né d'entre les morts, le commencement de la nouvelle création. L'Église de l'Évangile est appelée l'épouse de ce nouvel Homme et, une fois au complet, elle est reconnue comme mère. La régénération du monde pour lequel le Christ est mort appartient donc à un autre âge. Cela explique pourquoi Jésus n'a pas prié pour le monde lors de son premier avènement (Jean 17:9), alors que le plan prévoit qu'au moment voulu « le monde croie » (Jean 17:21).[163]
À ceux qui demandent pourquoi troubler les vues théologiques traditionnelles, quand les pères ont vécu et sont morts avec la conviction que la plus grande partie de l'humanité souffre déjà un tourment éternel, l'auteur répond que l'on vit à la fin de l'âge de l'Évangile. Les membres de l'Église doivent voir et reconnaître le fait, de sorte que ce jour ne vienne pas sur eux comme un voleur. Pendant la fin de l'âge, les moissonneurs (« esprits serviteurs » ou anges) rassemblent le blé dans le grenier, et l'auteur juge qu'il existe des preuves que le « temps de la moisson » est en cours. Ce rassemblement ne se fait pas vers un lieu, mais vers une condition, celle de Apocalypse 15:2 : la victoire sur le monde, représenté par la bête, c'est-à-dire par le quatrième empire universel de Daniel 7. La marque de la bête est celle de l'homme du monde. Toute cette troupe chante le cantique de la restitution : « Toutes les nations viendront… »[164]
La domination de la terre, donnée à l'homme puis perdue, revient quand le nouvel Homme et son épouse sont au complet : le Christ prend alors le royaume. L'auteur cite Michée 4:8 (« À toi, tour du troupeau, viendra la première domination »), qu'il comprend comme la domination perdue par le premier Adam. Quand le royaume sera au Seigneur, tous les confins de la terre s'en souviendront et se tourneront vers lui (Psaumes 22:28), et tout genou fléchira. Ce chant de la restitution traverse l'Ancien et le Nouveau Testament, d'où son nom de cantique de Moïse, serviteur de Dieu, et de l'Agneau. L'Église est représentée sur une mer de verre, chantant ce cantique à la fin de sa carrière terrestre, parce que l'Esprit saint, donné pour la conduire dans toute la vérité, a alors achevé son travail. Debout dans la pleine lumière de l'Évangile, elle comprend tout ce qui concerne la bonne nouvelle du royaume. Elle connaît alors son Seigneur, par son vrai caractère et ses voies, et l'épouse est prête et reçoit son beau vêtement (Jean 17:3). À ce moment « le mystère de Dieu est accompli, comme il l'a annoncé à ses serviteurs les prophètes ».[165]
Livre de l'Apocalypse
Les sept trompettes
Sous l'ancienne dispensation, la trompette était réelle ; sous l'Évangile, elle est un symbole. L'ordre « Sonnez de la trompette en Sion » (Joël 2:1) désigne, selon l'auteur, un message ou une proclamation, non un instrument réel. Le son des sept trompettes (Apocalypse 8:6) annonce les événements par lesquels l'Empire romain devait être brisé puis détruit. La première trompette commence à retentir quand l'empire commence à tomber. Il reste uni jusqu'à Constantin ; à sa mort, ses trois fils se partagent la souveraineté, d'où la fréquence de l'expression « le tiers », qui désigne un tiers de l'empire. Les trompettes se distinguent des sept dernières plaies : leurs fléaux sont surtout limités à une région, alors que les plaies sont universelles. Les quatre premières trompettes représentent les fléaux tombés sur les deux divisions occidentales, tandis que la cinquième et la sixième s'accomplissent sur Constantinople et la division orientale.[166]
Sous la septième trompette, le royaume de Dieu doit être établi, briser tous les royaumes et les consumer, et subsister pour toujours (Daniel 2:44). C'est pourquoi elle est appelée « la trompette de Dieu » : « aux jours de la voix du septième ange, quand il sonnera de la trompette, le mystère de Dieu sera accompli » (Apocalypse 10:7). L'auteur se propose de montrer que l'on vit sous le son de la septième trompette, en des temps « grands et terribles », mais que les lecteurs ne sont ni enfants de la nuit ni des ténèbres et marchent dans la lumière, de sorte que le jour ne viendra pas sur eux comme un voleur. Il renonce à détailler les six premières, dont l'application est « universellement acceptée », renvoie pour ces détails à Adam Clarke et réserve l'essentiel de l'espace aux trois dernières, surtout à la septième.[167]
L'Apocalypse est avant tout un livre de symboles, et un même objet y reçoit souvent plusieurs symboles. Dans Apocalypse 17:1-3, les eaux et la bête désignent l'Empire romain, et la femme et la prostituée, l'Église papale. Dans Apocalypse 8:8, une montagne est un gouvernement ; au verset 12, le soleil, la lune et les étoiles représentent aussi des gouvernements et des dirigeants, comme dans Nombres 24:17. Le feu, dans l'Apocalypse, signifie en général, et peut-être toujours, des jugements. Certains mots doivent pourtant se comprendre à la lettre. Au verset 12, l'absinthe signifie l'amertume : sous ce fléau, les hommes avaient une coupe amère à boire, et beaucoup moururent. Le mot « hommes » n'est pas symbolique ; « mourir » peut l'être, car il a au moins trois sens : la mort nationale ou politique (Apocalypse 9:6), la mort ecclésiastique (Apocalypse 13:15) ou la mort réelle. Seul le contexte permet de trancher.[168] Pour l'auteur, « les règles d'interprétation, si souvent recommandées au public, sont toujours sans valeur ». Il cite Jean 6:63 et 1 Corinthiens 2:14 : si des règles fixes existaient, ce qu'il faudrait n'serait plus l'Esprit, mais la règle. Or les règles abondent, et chaque commentateur en fournit une, toute faite ou sur mesure.[169]
Chaque trompette est rattachée à un chef barbare. La première (Apocalypse 8:7) s'accomplit sous Alaric, « le fléau de Dieu ». La deuxième vient de Genséric, qui attaque surtout sur l'eau, venu des côtes d'Afrique. La troisième vient d'Attila, qui attaque d'abord l'empire à l'est puis envahit l'ouest comme une étoile qui tombe. Sous Théodoric, « le tiers du soleil fut frappé, ainsi que le tiers de la lune et le tiers des étoiles », et l'étoile de l'empire s'abaisse à l'ouest. Constantinople et l'est restent à l'abri, réservés aux deux trompettes suivantes, annoncées par le cri « Malheur, malheur, malheur aux habitants de la terre » (Apocalypse 8:13).[170]
Les quatre premières trompettes couvrent environ mille ans, sans que la durée de chacune puisse être fixée. Les trois dernières ont des durées précises. La cinquième sonne cinq mois prophétiques, soit cent cinquante ans. La sixième dure « une heure, un jour, un mois et un an », ce qui donne, selon le même principe, trois cent quatre-vingt-onze ans et quinze jours. La septième sonne soixante-quinze ans et se termine avec les « temps des Gentils ». L'auteur reconnaît que ces mesures peuvent paraître présomptueuses, mais y voit une preuve concluante.[171]
La cinquième trompette et le premier malheur correspondent, selon lui, aux incursions des Sarrasins sur la partie orientale de l'empire, application admise, à sa connaissance, par presque tous les commentateurs de la Bible. L'étoile tombée du ciel (Apocalypse 9:1) représente un chef, à qui est donnée la clé de l'abîme. L'expression « abîme sans fond » apparaît « sept fois dans l'Apocalypse ». Ici, en Apocalypse 11:7 et en Apocalypse 17:8, elle désigne l'état de l'Empire romain soumis à la « femme », l'Église prostituée : un état d'assujettissement dans lequel les peuples et les nations sont tenus, d'abord par l'Église prostituée ou antichrist, ensuite par le vrai Christ et l'Église des premiers-nés, comme le montre Apocalypse 20. Dans ce dernier passage, l'abîme est l'état des nations, de l'homme naturel et des puissances spirituelles, « les dominateurs des ténèbres de ce monde », soumis par le Christ et ses compagnons (Apocalypse 17:14) pendant le temps de détresse à venir. Pendant l'âge millénaire, ils lui seront soumis, comme ils l'ont été pendant plus de mille ans, par une sorte de contrefaçon, à l'Église prostituée. Il vaut mieux pour les nations être gouvernées « avec une verge de fer » par le Christ et son Église que par le Diable et la sienne.[172]
La clé de l'abîme désigne dans les deux cas le pouvoir d'ouvrir ou de fermer. Sous la cinquième trompette, l'abîme est ouvert, et la mort et l'enfer y tiennent un « glorieux carnaval ». Le « second malheur » comprend le règne de la terreur sur l'Europe à la fin du siècle dernier, sous la Commune, lorsque « la bête qui monte de l'abîme fit la guerre à mes deux témoins » (Apocalypse 11:7) : elle ne fit alors que remonter à la surface. Sous la septième trompette et le troisième malheur, elle monte hors de l'abîme, et « les habitants de la terre s'étonneront en voyant la bête qui était, qui n'est plus, et qui reparaîtra » (Apocalypse 17:8). L'ouverture de l'abîme cause le premier malheur, la tentative d'en sortir cause le second, et l'auteur demande quelle sera l'étendue du troisième, où la bête « montera ». Après ce troisième carnaval de mort, où « les tués du Seigneur seront d'un bout de la terre à l'autre », la clé servira de nouveau, cette fois pour fermer : le Diable et les passions humaines seront retenus jusqu'à la fin de l'âge millénaire, quand tous ceux qui peuvent naître une seconde fois auront été régénérés. Ils seront alors relâchés pour détruire ce qui reste (Apocalypse 20:7).[173]
La cinquième trompette commence avec l'invasion de la partie orientale de l'empire, le 27 juillet 1299. Pendant cinq mois, à raison d'un jour pour un an, soit 150 ans, les envahisseurs peuvent tourmenter mais non tuer (Apocalypse 9:5) : cette absence de mise à mort renvoie à la mort politique. Durant toute cette période, les Sarrasins multiplient les incursions, les pillages et les meurtres, tandis que leur propre gouvernement, incapable de protéger le peuple, l'accable d'impôts et le dépouille pour entretenir une Église et un État fastueux mais efféminés. Le peuple, découragé, souhaite un changement de maîtres, fût-ce au profit des Sarrasins eux-mêmes : « En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas » (Apocalypse 9:6).[174] Cette situation dure 150 ans, jusqu'en juillet 1449, quand l'indépendance de Constantinople et de l'est disparaît en fait. La ville ne tombe qu'environ deux ans plus tard, en 1451, mais Constantin Dracosès monte sur le trône et l'occupe jusqu'à l'année suivante, après l'avoir demandé et obtenu avec la permission du sultan.[175]
Sous la sixième trompette (Apocalypse 9:12-15), ce n'est plus le tourment mais la mort, la mort politique, qui attend cette partie de l'empire : elle doit passer des mains papales à celles des « mahométans ». Les nations chrétiennes, l'« Euphrate » sur lequel la Babylone mystique était assise, avaient pendant des siècles tenu les mahométans en échec, ce qui correspond aux quatre anges liés. Affaiblies par des dissensions internes, elles laissent l'est devenir une proie facile, et les quatre anges sont « déliés » pour une durée fixée. Cela implique qu'à l'expiration de ce délai ils seraient de nouveau liés, ce qui s'est réalisé : depuis 1840, l'empire est l'« homme malade », lié de nouveau par les nations chrétiennes. L'auteur renvoie encore à Adam Clarke pour les détails, en remarquant seulement que la poudre à canon commence à être utilisée à cette époque par la cavalerie turque, qui n'a pas encore abandonné la lance. Dans la vision de Apocalypse 9:17-19, Jean voit les cavaliers turcs tirer avec leurs carabines à côté du cou et de la bouche tendue du cheval, tandis que leur lance à pointe barbelée s'étend derrière la queue de l'animal.[176]
Le calcul de la sixième trompette repose sur un mois biblique de trente jours et une année de douze mois, soit 360 jours. Une heure, vingt-quatrième partie d'un jour, représente donc la vingt-quatrième partie de 360, c'est-à-dire quinze jours réels. À partir du 27 juillet 1449, fin des cent cinquante ans de la cinquième trompette, « une heure » (15 jours), « un jour » (1 an), « un mois » (30 ans) et « un an » (360 ans) font ensemble 391 ans et 15 jours, durée de la sixième trompette, qui se termine le 11 août 1840. L'auteur rapporte que, durant l'été 1840, la flotte alliée était devant Constantinople et exigeait du sultan, sous menace de bombardement, la signature d'un document remettant virtuellement le contrôle de son empire aux puissances alliées. Le sultan temporise, les Alliés s'impatientent et le menacent, mais il reste inébranlable, même désespéré, puis « le dernier jour des 391 ans et 15 jours venu, il céda soudain » et signa le 12 août 1840, « et l'Europe respira de nouveau ». Ce raisonnement avait été publié dès 1838 sous forme de livre par Josiah Litch, à Boston, deux ans avant son accomplissement, et quelques-uns en avaient suivi l'issue avec un vif intérêt.[177]
La prophétie de la sixième trompette s'achève avec le chapitre 9, tandis que la septième est reprise en Apocalypse 11:15. Les chapitres intermédiaires forment comme une parenthèse. Le chapitre 10 est une prophétie des mouvements adventistes, le premier et le dernier : celui qui a précédé la déception de 1843-1844, et celui d'aujourd'hui, qui est porté devant « beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois » (Apocalypse 10:11). Du premier au quatorzième verset du chapitre suivant, la prophétie porte sur les 1260 ans de domination papale, qui se terminent par l'apparition de « la bête qui monte de l'abîme » (Apocalypse 11:7). Cette bête est décrite comme ce qu'elle devient après la chute de sa septième et dernière tête (Apocalypse 17:11) : une bête sans tête, que l'auteur dit maintenant si bien reconnue dans la Commune, ou les Internationales. Ce monstre sans tête commence à se montrer…[178]
Ce monstre sans tête commence à se montrer pendant la réaction irréligieuse du siècle dernier. Durant la Terreur, « mes deux témoins », l'Ancien et le Nouveau Testament, sont abolis légalement. Ce sujet est réservé pour un article ultérieur.[179]
La septième trompette sonne à partir de la fin de la sixième, en août 1840 (Apocalypse 11:15). Sa durée de 75 ans se divise en deux moitiés de 37 ans et demi : de l'automne 1840 au printemps 1878, puis du printemps 1878 à la fin de l'année juive séculaire commençant en 1914. La première moitié est remplie par la proclamation de l'avènement, dont le message constant est que les royaumes de ce monde passeront aux mains du Seigneur et de son Christ. Le texte de Apocalypse 10:7 associe cette annonce au mouvement adventiste du chapitre 10, dernier message de l'âge de l'Évangile, qui achève le mystère de Dieu dont les apôtres étaient les intendants (1 Corinthiens 4:1 ; Éphésiens 3:10). Le mot grec traduit par « commencera » est un cas particulier : partout ailleurs il se rend par « devra » ou « doit », et « commencer » y est un ajout. Les « grandes voix » qui ouvrent cette trompette sont la proclamation de l'avènement. Les 37 ans et demi suivants sont ceux du temps de détresse, pendant lequel les nations seront soumises et la proclamation mise à exécution.[180]
Ce découpage est mis en accord avec 1 Thessaloniciens 4:16. Le « cri » et les « grandes voix » sont une seule et même chose. La « voix de l'archange » est celle de Michel, qui se lève au temps de détresse sans précédent annoncé en Daniel 12:1, où le peuple juif est délivré et où beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière se réveillent. Le livre mentionné dans ce passage est vraisemblablement « l'écrit de la maison d'Israël » de Ézéchiel 13:9. La fin de la septième trompette parle non seulement des nations irritées, mais du temps où les morts seront jugés, où les prophètes et les saints recevront leur récompense et où ceux qui détruisent la terre seront détruits. Michel et la septième trompette sont donc associés. Jude 9 identifie Michel comme l'archange, et Paul rattache la voix de l'archange à la résurrection des morts en Christ et à « la dernière trompette ». Le mot grec traduit par « trompette » est le même dans tous les cas. L'auteur conclut que le Michel de Paul et celui de Daniel sont identiques, que la « dernière trompette » de Paul est la septième de Jean, et que la résurrection de Daniel, celle des « morts en Christ » et la récompense des prophètes et des saints chez Jean désignent un même événement. Il ajoute le témoignage du Christ, pour qui le juste sera récompensé « à la résurrection des justes » (Luc 14:14).[181]
Le texte reconnaît que la description de l'Apocalypse est difficile, mais note que la plupart des gens jugent les déclarations de Paul sur le jour du Seigneur faciles à comprendre. Pierre pensait autrement : en 2 Pierre 3:16, il dit que les épîtres de Paul contiennent « des points difficiles à comprendre ». Le « cri » de 1 Thessaloniciens 4:16 et les « grandes voix » d'Apocalypse 11:15 sont identiques, tout comme la voix de l'archange et celle de la septième trompette. Toutes les trompettes ont des anges et des voix, la voix de la trompette étant constituée des événements qui lui sont associés. L'auteur s'appuie sur Psaumes 19:3 : les cieux parlent sans langage, et leur voix est entendue ; de même, Exode 4:8 parle de la « voix » d'un signe. Michel paraît être l'ange attaché à la « dernière trompette » ou « trompette de Dieu », et rien n'autorise à distinguer celle de Paul de celle de Jean : tout ce qui est associé à l'une est exprimé par l'autre.[182]
L'auteur invoque aussi un accord des faits. Tous admettent que la sixième trompette s'est accomplie par les mahométans, et ceux qui acceptent cette application doivent en accepter la mesure de temps, quels que soient leurs préjugés contre les dates précises. Si le déliement des quatre anges liés sur l'Euphrate désigne les mahométans, alors « l'heure, le jour, le mois et l'année » ne sont pas du temps littéral. Pierre enseigne qu'il existe plusieurs sortes de temps, quand il dit que les prophètes ont cherché « quel temps et quelles circonstances indiquait l'Esprit du Christ qui était en eux » (1 Pierre 1:11). De fait, entre le moment où les mahométans ont été « déliés », au point de contrôler le gouvernement de Constantinople et de l'est, et celui où ils ont été liés de nouveau, il s'est écoulé exactement la période prescrite, comptée en temps symbolique, un jour pour une année solaire, comme les « soixante-dix semaines » de Daniel 9.[183]
Dieu a revêtu ces choses de « paroles obscures et de paraboles », mais ceux à qui il est donné de connaître les mystères du royaume ne doivent pas rester dans les ténèbres sur la venue du jour du Seigneur, malgré les préjugés ou le nombre. L'auteur dit avoir lu dans certains journaux que de nombreux théologiens en vue tiennent la venue du Christ pour une doctrine vague et incertaine, dont l'Église n'a pas à s'occuper. Cette opposition aux frères prémillénaristes, réunis récemment en conférence à New York, vaut pour lui, sur le plan du raisonnement biblique, l'opposition des prémillénaristes eux-mêmes à la question du temps précis du second avènement. Or la venue du Christ a lieu « à la dernière trompette », et ses diverses étapes couvrent la totalité ou presque de la sonnerie. À qui répond « de ce jour et de cette heure nul ne sait », il objecte que renoncer à connaître le temps de la venue (« la parousie est comparée aux jours de Noé » ) place dans les ténèbres, au même titre que ceux qui ignorent tout du sujet. Il imagine une partie de l'Église juive qui aurait ignoré la venue du Messie pendant que l'autre l'attendait, et ceux qui « ne connurent pas le temps de leur visitation ».[184]
Depuis plus de 37 ans, selon l'auteur, on vit « aux jours de la voix du septième ange ». L'Évangile de la grâce, le « mystère de Dieu », est achevé ; il ne reste que le rassemblement du blé près de « la mer de verre », c'est-à-dire l'épouse qui se prépare. Cette préparation consiste en partie à apprendre le cantique, celui de la restitution de toutes les nations. Les frères de la « sainteté », qui mettent la charrue avant les bœufs, pourront s'en offusquer, car la connaissance occupe peu de place dans leur religion. Pour l'auteur, les Écritures peuvent rendre sage « à salut », et l'Esprit n'agit que par la Parole pour conduire à la connaissance de Dieu, qui est la vie éternelle. L'amour est le plus grand de tous et couvre une multitude de péchés, mais on ne peut aimer Dieu sans le connaître, et on ne le connaît que par ce qu'il révèle dans sa Parole. Dieu n'est pas adoré par le sentiment : un repas trop copieux abat l'humeur et affecte le culte, comme le reconnaît le Christ en Luc 21:34, tandis qu'un estomac en bon état et un esprit alerte donnent une belle vivacité en privé ou en public, trop souvent attribuée au Saint-Esprit. L'auteur résume : « nous faisons un dieu de notre estomac », et il invite à « éprouver les esprits » par la loi et le témoignage.[185]
Il tient pour hors de doute que la septième trompette se poursuivra pendant le temps de détresse, jusqu'à ce que les nations soient brisées et soumises, que les temps des Gentils prennent fin et que les saints reçoivent le royaume « sous tous les cieux ». Elle sonnera donc encore environ 37 ans, et l'on se trouve au milieu des événements de la dernière trompette. C'est pendant ces événements que « le Seigneur lui-même descendra du ciel », car « comme il en fut aux jours de Noé, ainsi sera la présence (parousia) du Fils de l'homme ». L'auteur affirme qu'il existe abondance de preuves que l'on est déjà « aux jours du Fils de l'homme » et que l'avènement, dans ses diverses étapes, est en cours.[186]
Questions et réponses
Dans la mort du Christ, tous sont-ils comptés comme morts ?
Un lecteur demande à Barbour d'expliquer comment, selon lui, tous sont comptés comme morts dans la mort du Christ. Barbour répond par l'exemple de son imprimeur, venu le matin lui demander si des pages de caractères d'imprimerie étaient de la matière « vivante » ou « morte ». Barbour la déclare morte, et l'imprimeur la remet dans les casses pour s'en servir à nouveau. Les caractères utilisés pour le dernier numéro ont servi leur but et sont, dans le langage des imprimeurs, « morts », bien qu'ils soient aussi bons qu'avant et pourraient resservir. Les seize pages de la revue sont donc elles aussi de la « matière morte », qui sert pourtant à transmettre ces vérités.[187]
L'homme a été créé pour être amené à l'image de Dieu et recevoir la domination sur les œuvres du Créateur (Genèse 1:26). Pour l'auteur, l'apôtre pense à l'homme nouveau lorsqu'il cite ce thème en Hébreux 2:7-10 : Jésus, « un peu inférieur aux anges » pour souffrir la mort, est couronné de gloire, afin que, par la grâce de Dieu, il goûte la mort pour tous. Dieu veut mener beaucoup de fils à la gloire en rendant « parfait par les souffrances » le chef de leur salut. L'unique but des souffrances du Christ était donc d'amener l'homme à la perfection, avec lui-même pour chef, c'est-à-dire d'achever la seconde étape de l'œuvre commencée en Éden. Il fallait une première étape pour qu'il y en ait une seconde, mais dès que le second homme commence son œuvre, le premier a rempli son rôle. Jésus dans la chair était l'homme terrestre, dont l'autre n'était qu'une « figure » ; à sa mort, celui dont il était le type fut compté pour mort. Depuis que la nouvelle création a commencé, l'homme naturel est compté pour mort et appelé « le vieil homme », « le corps de la mort ».[188]
Cette manière de parler de l'homme naturel ne vaut que depuis qu'on le compte pour mort dans la mort du Christ. L'apôtre ne parle pas de l'homme mort dans le péché, bien que cela soit vrai : il oppose la vie de la chair à la vie nouvelle. D'où le « Ainsi, désormais, nous ne connaissons personne selon la chair » (2 Corinthiens 5:16), parce que l'homme naturel n'est plus compté que comme un corps mort. Tant que l'homme naturel n'avait pas encore produit le spirituel, il n'était pas compté pour mort dans ce sens, car le second devait venir par le premier et à travers lui. Quand le Christ, homme nouveau, est sorti de la descendance naturelle, le seul but de la prolongation de la vie de la chair, perdue par la faute, fut atteint. Une fois le Christ passé par le naturel comme par un marchepied vers le spirituel, la vie de la chair n'est plus censée contenir le germe de la vraie vie : tout ce qui peut maintenant se développer à l'image de Dieu se trouve dans le Christ. « Si quelqu'un est en Christ, il est une nouvelle créature » (2 Corinthiens 5:17).[189]
Que Paul ait voulu dire cela, et non que le monde était mort dans le péché, ressort pour l'auteur du fait qu'il avait connu le Christ vivant de cette vie qu'il refuse maintenant de reconnaître : « Même si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus ainsi » (2 Corinthiens 5:16). L'homme naturel avait été mis à l'épreuve : une loi spirituelle lui donnait une chance de vie, qu'il aurait obtenue s'il l'avait gardée. Mais l'homme dans la chair a échoué, aussi bien à conserver sa pureté qu'à la retrouver, et il est désormais compté pour mort. Depuis la promesse de la postérité à venir par la femme, jusqu'à la venue de cette postérité, la race d'Adam portait le germe d'une vie supérieure. Quand ce germe fut produit et eut déposé la vie de la chair, il ne resta plus que « le corps de la mort ».[190]
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Illustrations du numéro
Références
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 75.
- ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 20 : « He identified seven rules of interpretation which are exemplified in his exposition of the prophecies concerning the second coming and the Millennium. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 71.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 71.
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- ↑ Holiness Camp Meetings — Teaching American History, consulté en 2026.
- ↑ Compte rendu de Melvin E. Dieter, The Holiness Revival of the Nineteenth Century — Journal of the Society for the Study of Religion, consulté en 2026.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 65.
- ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 145-147 : « Le monde présent, qui se subdivise en trois âges : l'âge des patriarches, l'âge juif et l'âge de l'évangile. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 74.
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- ↑ SCHULZ Bruce et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 219 : « There is much positive scripture, to be adduced, to prove that there is to be probation in the world to come, for all who have not been brought to the knowledge of the truth in this world, and committed the unpardonable sin. »
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- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 306-307, cités dans La Tour de garde de novembre 1879, p. 47.
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- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 26-28 : « Le royaume durera mille ans avec le « jour du jugement ». »
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- ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 128 : « Those who died in ignorance would be restored to life at the Second Coming, to be given a second opportunity to accept Christ’s ransom sacrifice. »
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- ↑ Herald of the Morning de octobre 1878, p. 55
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- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 190-191 : « Celui-ci avait fixé au 9 avril 1878 au plus tard l'enlèvement des saints au ciel mais Storrs ne pouvait pas admettre cette éventualité. »
- ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 3-4 : « originally believed that 1874 marked the beginning of Christ’s “invisible presence,” that 1878 and then 1881 would see the “change” of members of the church from fleshly bodies to spiritual bodies ».
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 82-83 : « BOWEN Christopher, Things to come, Practically Enquired Into, 1849. »
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- ↑ Strong H4932, mishneh, consulté en 2026.
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- ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des Gentils reconsidérés, p. 51-53 : « Bien que la dispensation de l’évangile doive prendre fin en 1878, je crois que les Juifs ne seront pas rétablis en Palestine avant 1881, et que les ‘ temps des Gentils ’ […] ne prendront pas fin avant 1914 apr. J.-C., soit d’ici 40 ans. »
- ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 45-46 : « That Congress brought the Asiatic provinces of Turkey, among which was Palestine, under a British protectorate. »
- ↑ JONSSON, Les temps des Gentils reconsidérés, op. cit., p. 43-46 : « E. B. Elliott fut très probablement le premier commentateur à compter les “ temps des Gentils ” de 606 av. n. è. à 1914. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Froom, The Prophetic Faith of Our Fathers, vol. 4, consulté en 2026.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-184 : « 1840 : guerre opposant des États européens aux Turcs. Début de la septième trompette. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 78.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 78.
- ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 406-407 : « Henry Drummond, The Lord is at Hand; or the Last Trump (London, 1828) as found in Jonsson, 51. »
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 126-127 : « Pour l'instant, sa présence depuis 1874 était invisible aux humains. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 69.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 79.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 75.
- ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 19-20 : « The fixed point of correlation came to be 1798 when French General Louis Alexandre Berthier seized Rome, took the pope captive, and replaced the Papal States with a Roman Republic. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Prophetic Fantasies and the Beast of the Abyss — Spectrum, consulté en 2026.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 73.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 76.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66.
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 165 : « In 1877 while associated with Barbour he came to believe “that the Church is to be of a separate and distinct nature, and is to be used by the Lord in blessing Israel and through them blessing all the nations.” »
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 278 : « On Sunday, January 27, 1878, Adams preached what would be his defining sermon. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 78.
- ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 182-184 : « 1840 : guerre opposant des États européens aux Turcs. Début de la septième trompette. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 33-35 : « The supremacy of Islam over the Greeks was established on 27 July 1449, so the Ottoman Empire was due to come to an end on 11 August 1840. »
- ↑ Josiah Litch, Wikipédia, consulté en 2026.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 39-41 : « 1843 : fin de plusieurs périodes prophétiques : - Les 391 ans de la sixième trompette de l'Apocalypse IX, période commencée en 1453 par la prise de Constantinople par les Turcs. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 33-35 : « 'The time set for the fulfilment of the prophecy... was watched by thousands with intense interest. »
- ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 407-408 : « Barbour's chronology and deductions from it were based largely on E.B. Elliott's Horae Apocalyptcae and on Christopher Bowen's chronological table to the Horae. »
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 119-121 : « Elle était à la fois l'aboutissement du cycle des jubilés, celle que révélait la chronologie biblique calculée à partir des recherches de Bowen et Elliott, et la fin de la deuxième dispensation. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 188-190 : « Le congrès de Berlin imposa à l'empire ottoman de reconnaître aux Juifs des droits civils et religieux. »
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 182-184 : « Printemps 1878 : fin des 3 ans ½ de moisson. Début du rétablissement d'Israël. Mariage de l'Agneau et de l'église [Union de Jésus et de l'église]. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 69.
- ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 3-4 : « But like the Second Adventists before them, Bible Student–Jehovah's Witness leaders have always argued that the “wrong thing [or things] had happened at the right time.” »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 68.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 185-187 : « Barbour donnait ainsi une signification eschatologique à des faits que chacun pouvait observer. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 78.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 39-41 : « 1793-1796 : meurtre des deux témoins d'Apocalypse XI : ce sont l'Ancien et le Nouveau Testaments rejetés par la France révolutionnaire. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67.
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 320-321 : « Barbour commented on the planned conference in an article entitled "Prophetic Light" printed in the November 1878 Herald of the Morning. »
- ↑ FROOM LeRoy Edwin, The Prophetic Faith of Our Fathers, vol. 4, consulté en 2026.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 69.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 79.
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 79.
- ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 27-28 : « The failure of his predictions disillusioned most of his followers and marked the whole millenarian cause, rightly or wrongly, with the stigma of fanaticism and quackery. »
- ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 27-28 : « Unlike historicism, which had sought to identify historical events with the fulfilment of prophecy, the new departure rested upon the assumption that the prophecies of the second coming and the Millennium would not have their fulfilment until some unidentifiable time in the future. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 79.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 79.
- ↑ Holiness movement, South Carolina Encyclopedia, consulté en 2026.
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 275-276 : « Prominent and respected, Steele was heavily involved in the Wesleyan Holiness Movement. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 65.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 146-148 : « Lors de la reprise de la parution Barbour restait l'éditeur ; Paton était toujours l'un des éditeurs assistants mais l'autre était Charles Taze Russell. »
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 337-339 : « When the Herald of the Morning was reestablished, it was with Russell's money. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 71.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66.
- ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 32-34 : « The real issue that divided the three associates was the doctrine of substitutionary atonement. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66.
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66.
- ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 188-190 : « Le groupe Barbour ne devait pas en compter plus que 2 000 et les Âge à venir/Une Foi pas plus que 4 000. »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66.
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 278 : « Adams reviewed a number of Old Testament prophecies, citing Adam Clarke to the effect that they had not been fulfilled in the Jews. »
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 279-281 : « The action of the Committee suspending Bro. Adams from his ministerial functions and church privileges until the next session of the Annual Conference is final and cannot be changed. »
- ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 281-283 : « Adams christened his new congregation "the Independent Methodist Church." »
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 65
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 65
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 65
- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 66
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 67-68
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 68-69
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 69-70
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- ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 70-71
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