Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

Informant de mai 1940

De Tj-encyclopédie
Informant de mai 1940
Revue Informant
Date 1940
Année 1940
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro est entièrement consacré à la mobilisation des proclamateurs autour de la campagne « Tour de Garde » en cours, présentée comme une priorité absolue dans un contexte eschatologique d'urgence : 1940 est décrite comme « l'année la plus importante jusqu'à présent » Harmaguédon est tenu pour imminent.[1]

L'ensemble des instructions pratiques converge vers un objectif unique : maximiser la diffusion de The Watchtower par abonnements payés et de la brochure Refugees par distribution gratuite ou à faible contribution, en mobilisant chaque proclamateur individuellement et chaque congrégation collectivement autour de quotas chiffrés et vérifiables.[2]

Analyse

Croyances

Une urgence dérivée d'un calcul prophétique

L'année 1940 est qualifiée d'année la plus importante jusqu'alors parce qu'Harmaguédon est présenté comme très proche, et c'est de cette prémisse chronologique que découle l'ensemble des exhortations adressées aux proclamateurs.[3] Cette formulation n'est pas un procédé rhétorique isolé : elle inaugure une séquence d'annonces répétées de l'imminence de la bataille finale, dont on a recensé au moins quarante-quatre occurrences entre mai 1940 et avril 1943.[4] Elle prolonge directement une affirmation de 1939 selon laquelle la bataille du grand jour du Dieu tout-puissant était toute proche, et sera relayée quelques mois plus tard par la déclaration que le Royaume est là, le Roi intronisé, et Harmaguédon juste devant.[5]

L'originalité de la position de Rutherford tient à ce qu'elle abandonne les dates précises — fixées et manquées sous Russell — tout en intensifiant l'affirmation que la fin est sur le point de survenir, ce qui produit une urgence permanente et non vérifiable.[6] Le corollaire pratique de cette eschatologie était déjà l'ajournement du mariage et de la procréation jusqu'après Harmaguédon, recommandation courante au milieu des années 1930 et au début des années 1940.[7] Le mot d'ordre d'annoncer la Théocratie tant que les privilèges demeurent ouverts introduit une nuance supplémentaire : ce n'est pas seulement le monde qui va finir, c'est la possibilité même de prêcher qui peut se refermer avant lui.[8] En mai 1940, cette crainte n'est pas abstraite pour les lecteurs américains, la même année voyant se multiplier les interdictions d'État et les violences collectives contre le mouvement.

La Théocratie comme objet propre de la proclamation

Ce qu'il s'agit d'annoncer n'est pas une confession religieuse mais un gouvernement : la Théocratie.[9] Le terme est d'introduction récente, Rutherford l'ayant adopté en 1938 pour désigner à la fois le règne de Dieu et le mode de direction du mouvement, Consolation précisant alors que la Théocratie était administrée par la Watch Tower Bible and Tract Society, dont Rutherford était président et directeur général.[10] Le slogan de campagne de mai 1940 est ainsi la réécriture d'une matrice ancienne : le mot d'ordre lancé à la convention de 1922, « Annoncez, annoncez, annoncez le Roi et son Royaume », dont la version de 1940 substitue au couple Roi-Royaume le terme unique de Théocratie.[11] Le déplacement lexical n'est pas neutre : il installe au centre du message une notion politique, opposée terme à terme à la démocratie et à la Hiérarchie catholique, plutôt qu'une espérance messianique.

Les « personnes de bonne volonté » : une catégorie théologique convertie en cible de terrain

L'offre de littérature de mai 1940 vise expressément les « personnes de bonne volonté », catégorie à qui l'abonnement à un dollar et la brochure Refugees sont destinés.[12] Cette expression n'est pas une formule de politesse missionnaire mais une désignation doctrinale précise, définie en 1939 comme celle que Dieu protégera lors de la tribulation d'Harmaguédon et qui y survivra, à la condition d'avoir manifesté sa bonne volonté en prenant position pour le gouvernement théocratique sous Christ.[13] Elle prolonge un dispositif typologique élaboré dès 1932 autour du récit de Jéhu et Yonadab, où Jéhu figure Christ accompagné du reste oint et Yonadab la classe des personnes de bonne volonté appelées à vivre sur la terre après Harmaguédon.[14] Le terme de « Jonadabs » s'impose au début des années 1930 pour désigner ceux qui espèrent la vie terrestre, les fils de Noé leur servant également de préfiguration, le Déluge valant pour type d'Harmaguédon.[15]

L'assimilation de cette classe à la « grande foule » d'Apocalypse 7:9, posée lors de l'assemblée de Washington du 3 juin 1935, avait déjà servi de socle aux campagnes des mois précédents, Informant de mars 1940 convertissant la catégorie eschatologique en prévision chiffrée de proclamateurs et Informant de avril 1940 traitant les Jonadabs comme synonyme opératoire des « autres brebis » à rassembler. Mai 1940 opère un glissement du recrutement vers la distribution : la même catégorie ne commande plus un objectif de participants mais un volume de littérature, et c'est parce que le salut de cette classe est présenté comme dépendant de la réception du message que Refugees est déclarée porteuse d'un message d'une importance vitale, doit être remise gratuitement à qui ne peut contribuer, et tirée à douze millions d'exemplaires.[16] La brochure, issue d'un discours de Rutherford, est diffusée la même année lors des conventions théocratiques aux côtés de Conspiracy Against Democracy, de End of Nazism et de Judge Rutherford Uncovers Fifth Column.[17]

Le canal d'instruction unique et sa diffusion déléguée

Le disque « Instruction » enregistré par Rutherford a pour objet d'exposer l'importance de The Watchtower pour tout travail de porte-à-porte et de visites de retour.[18] La revue n'est donc pas un simple support de propagande mais le vecteur nécessaire du discernement de la vérité, ce qui fait dépendre la connaissance salvatrice d'un canal unique et centralisé. La médiation par le phonographe généralise à partir de 1936, date à laquelle les Témoins emportent tous appareil et disques en prédication, avec d'une part des introductions courtes pour le seuil de la porte, d'autre part des enregistrements plus longs de discours réservés aux visites ultérieures — répartition qui correspond exactement à l'usage prescrit en mai 1940.[19] Le matériel lui-même évolue la même année : un phonographe vertical à commande par bouton, utilisable sans être ouvert, est breveté en 1940 au nom de John G. Kurzen Jr. et présenté aux conventions de cette année-là.[20] L'Informant lui-même relève de ce dispositif de formation, sa réception régulière servant à entretenir l'intérêt pour le service et à former les proclamateurs aux présentations types et aux réponses appuyées sur des citations bibliques.[21]

À ce monopole doctrinal du centre correspond une diffusion confiée aux marges : la provision de brochures remise aux personnes intéressées pour qu'elles les distribuent à leurs voisins, amis et proches étend l'obligation de témoigner à des non-baptisés.[22] La sociologie du recrutement religieux éclaire l'efficacité de cette pratique. Le modèle de conversion proposé par John Lofland et Rodney Stark en 1965 fait de l'interaction intensive avec les membres l'étape décisive du basculement, ce que réalise ici la mise en activité immédiate de la personne réceptive avant tout engagement formel.[23] Stark et William Sims Bainbridge ont montré en 1980, dans « Réseaux de foi : liens interpersonnels et recrutement dans les cultes et les sectes »[n 1], que le recrutement dans ces mouvements emprunte d'abord les liens interpersonnels préexistants.[24] Confier des brochures à un intéressé pour ses voisins et ses proches revient à mobiliser précisément ce réseau, là où le porte-à-porte n'atteint que des inconnus. James Richardson a par ailleurs souligné que la sociologie des mouvements religieux privilégie le terme de « recrutement », centré sur le comportement et la participation, plutôt que celui de « conversion », centré sur la croyance intérieure.[25] Le dispositif décrit en mai 1940 illustre cette primauté du comportement : l'intéressé devient instrument de diffusion avant d'être membre, et sa distribution de brochures vaut déjà pour preuve de la « bonne volonté » dont dépend, selon la doctrine, sa survie à Harmaguédon.

Organisation et histoire

Une activité convertie en quotas fixés au sommet

Le trimestre en cours assigne à chaque congrégation des objectifs numériques calculés au prorata de ses effectifs : huit cents abonnements à The Watchtower, deux mille livres reliés et vingt-cinq mille brochures pour cent proclamateurs.[26] La norme ne se formule pas en termes de fidélité ou de disponibilité, mais en unités de production rapportées à une tête. Cette arithmétique n'est pas une innovation de circonstance : le même modèle de campagne trimestrielle d'abonnements à un dollar assortie de brochures en prime, articulant quotas personnels et quotas nationaux aux « périodes de témoignage », structure encore l'activité aux États-Unis quelques années plus tard.[27]

La même logique s'applique à l'échelle individuelle, mais elle passe alors par la parole du président : le quota de douze visites de retour mensuelles par proclamateur, présenté comme la référence à atteindre, est attribué à une lettre récente de Rutherford lui-même.[28] Le fait mérite d'être relevé pour ce qu'il révèle du mode de commandement : la norme d'activité de dizaines de milliers de personnes ne procède ni d'une délibération collective ni d'un règlement impersonnel, mais d'une correspondance signée par un homme. Cette concentration s'inscrit dans une évolution engagée dès 1931, quand le comité de rédaction de The Watch Tower fut supprimé et Rutherford en devint le seul rédacteur, puis prolongée en 1938 par l'abolition de l'élection des anciens et leur nomination directe depuis Brooklyn.[29]

Encore fallait-il une architecture capable de transmettre ces instructions jusqu'au dernier échelon. La nomenclature énumérée pour comptabiliser les effectifs de mars — serviteurs régionaux, serviteurs de zone, pionniers spéciaux, pionniers, proclamateurs de congrégation — en donne la coupe exacte à cette date.[30] Chacun de ces statuts a une origine datée et une fonction précise. Le « service de zone » débute en octobre 1938 : une vingtaine de congrégations sont regroupées en « zone » et la Société y nomme un serviteur chargé de passer une semaine dans chaque congrégation pour l'organiser et soutenir son activité de prédication, dispositif qui succède aux « campagnes divisionnaires » menées de 1933 à 1935.[31] Les premiers pionniers spéciaux sont envoyés en 1937 et se distinguent des pionniers ordinaires par l'allocation que la Société verse pour couvrir leurs dépenses essentielles, c'est-à-dire par un lien de dépendance matérielle directe avec le siège.[32] L'ensemble des statuts inventoriés en mai 1940 a donc moins de trois ans d'existence : le mouvement dispose alors d'un appareil de transmission encore neuf, conçu pour que les décisions de Brooklyn atteignent le porte-à-porte sans médiation élective.

Mesurer, faire remonter, comparer : le dispositif statistique

Un tableau met en regard, mois par mois d'octobre à mars, les données des deux derniers exercices : nombre de proclamateurs, moyenne d'heures de prédication et moyenne de visites de retour.[33] Pour qu'un tel tableau existe, il faut que chaque proclamateur ait consigné son temps et ses contacts, que ces relevés aient été agrégés par congrégation puis transmis au siège. Ce circuit n'est pas improvisé en 1940 : le rapport de l'activité de prédication à la Société est instauré dès 1919, sous la responsabilité d'un « directeur du service » nommé par la Société et non élu localement, méthode exposée dans The Watch Tower du 1er juillet 1920.[34] Vingt ans plus tard, le dispositif est assez mûr pour produire des séries comparatives sur deux ans.

Ces séries ne servent pas à décrire, mais à juger. Le record de 47 091 proclamateurs actifs aux États-Unis en mars 1940 est immédiatement rapporté à un objectif de 50 000 non atteint, la déception étant reportée sur avril au motif que le printemps lève les obstacles météorologiques de l'hiver.[35] Le chiffre le plus élevé jamais enregistré est ainsi présenté sous l'angle de son écart au quota : la performance réelle n'existe que relativement à une cible fixée d'avance.

Un second constat va plus loin. Malgré une progression d'environ treize mille proclamateurs sur un an, les publications placées reculent de plus de cent cinquante mille unités, sous l'effet principal d'une chute des brochures, tandis que les heures de prédication baissent elles aussi et que les visites de retour stagnent loin du quota présidentiel.[36] L'appareil statistique met donc au jour une divergence entre croissance des effectifs et rendement par tête, c'est-à-dire précisément le type de tension qu'un simple décompte d'adhérents masquerait. James A. Beckford, dans son étude sociologique de référence sur l'organisation du mouvement, analyse ce reporting comme un instrument de contrôle bureaucratique autant que de mesure.[37] Les chiffres de mai 1940 illustrent la double fonction : ils informent le siège et, publiés dans un organe de consignes, ils signifient à chaque congrégation qu'elle est observée.

Standardiser la parole, mobiliser la logistique

La conséquence de ce pilotage est que le contenu même du témoignage est fabriqué à Brooklyn. Le disque « Instruction », enregistré par Rutherford, expose l'importance de The Watchtower et doit être diffusé au porte-à-porte comme en visite de retour ; le retour de la belle saison est explicitement présenté comme le moment d'employer massivement le phonographe sur le seuil des portes.[38] L'outil n'est pas marginal : la Watch Tower Bible and Tract Society fabrique elle-même des phonographes portatifs et des disques 78 tours de discours bibliques de quatre minutes et demie depuis 1934, et un rapport de 1938 fait état de 430 000 disques en seize langues utilisés sur 19 600 machines.[39] En 1940 même, un phonographe vertical utilisable fermé et debout, inventé par John G. Kurzen Jr., est breveté et présenté aux assemblées de l'année.[40] Le proclamateur qui sonne à une porte en mai 1940 y porte donc un appareil conçu, produit et garni de contenu par son organisation.

La carte de témoignage Watchtower, recommandée lorsque le phonographe ne peut être utilisé, complète le dispositif par le bas.[41] Encouragée depuis 1933, cette carte d'environ 7,6 sur 12,7 centimètres porte un bref message biblique et la description des publications proposées, le proclamateur se bornant à la tendre au maître de maison ; sa justification institutionnelle est d'aider ceux qui ne se sentaient pas capables de « dire ce qu'il fallait » et de permettre aux plus timides de participer.[42] Entre le disque et la carte, aucune place n'est laissée à une parole improvisée : le visiteur est un support de diffusion avant d'être un énonciateur.

Cette standardisation du discours a pour pendant une mobilisation logistique de même ampleur. Les douze millions d'exemplaires de Refugees à écouler imposent d'en laisser un à chaque visite, d'en emporter lors des tournées de magazines et du témoignage en rue, et surtout d'en confier des provisions aux personnes intéressées pour qu'elles les distribuent elles-mêmes parmi voisins, amis et proches.[43] Ce dernier point excède la simple distribution : il met en activité des personnes non baptisées, en s'appuyant sur leurs réseaux de sociabilité préexistants. Rodney Stark et William Sims Bainbridge ont établi que le recrutement dans les mouvements de ce type passe d'abord par les liens interpersonnels antérieurs et l'interaction intensive avec les membres.[44] La consigne de mai 1940 exploite exactement ce mécanisme, en faisant de la participation à la distribution l'étape par laquelle le sympathisant entre dans le groupe — ce que la sociologie des mouvements religieux désigne comme un recrutement centré sur le comportement plutôt que sur la conviction.[45]

Émulation collective et urgence eschatologique

Pour que des quotas descendus du siège se traduisent en efforts réels, l'échelon local dispose d'un instrument visuel : l'affichage en salle d'un tableau ou d'un « thermomètre » indiquant le quota des trois mois de campagne, mis à jour chaque semaine.[46] Le procédé ne relève plus de l'administration mais de la psychologie de groupe : il rend la progression collective — et, par soustraction, le retard de chacun — visible de tous à chaque réunion. Le contrôle statistique remonté à Brooklyn trouve ainsi son relais dans une surveillance horizontale exercée par les proclamateurs les uns sur les autres.

Ce dispositif de pression suppose un motif qui le rende acceptable, et ce motif est fourni d'emblée : 1940 est déclarée « l'année la plus importante jusqu'à présent, parce qu'» Harmaguédon est très proche, et les proclamateurs sont pressés d'annoncer la Théocratie tant que les privilèges de prédication demeurent ouverts.[47] Deux ressorts distincts sont ici superposés : l'imminence de la fin, qui commande l'intensité, et la menace de perdre le droit de prêcher, qui commande l'urgence. Cette déclaration de mai 1940 ouvre une séquence dense d'annonces analogues, au moins quarante-quatre en trois ans jusqu'en avril 1943.[48]

La crainte d'une fermeture des « privilèges de prédication » n'a rien d'abstrait au printemps 1940. Le 3 juin, la Cour suprême des États-Unis valide dans Minersville School District v. Gobitis l'obligation du salut au drapeau à l'école ; l'Union américaine pour les libertés civiles recense 1 488 agressions contre des Témoins de Jéhovah dans plus de trois cents localités entre mai et octobre de la même année, avec des faits tels que l'incendie d'une salle de réunion à Kennebunk dans le Maine ou la lapidation de Témoins à Odessa au Texas.[49] La consigne de mai, rédigée avant l'arrêt, anticipe donc une restriction que les mois suivants confirmeront largement, et dont La Tour de Garde du 1er novembre 1940 et La Tour de Garde du 15 décembre 1940 feront le socle d'une lecture prophétique de la persécution. L'articulation opérée dès mai 1940 est cependant d'un autre ordre : l'hostilité n'y est pas encore convertie en preuve d'élection, elle sert d'argument de calendrier — il faut produire davantage maintenant, parce que demain pourrait être interdit.

Contenu

La campagne « Tour de Garde » dans son deuxième mois

L'année 1940 est présentée comme « l'année la plus importante jusqu'à présent, parce qu'» Harmaguédon est décrit comme très proche.[50] Dans ce contexte d'urgence eschatologique, les proclamateurs sont exhortés à redoubler d'efforts pour promouvoir la Théocratie tant que les privilèges de prédication restent ouverts.

Une offre spéciale est proposée : pour une contribution d'un dollar, les personnes de bonne volonté peuvent recevoir un abonnement d'un an à The Watchtower, un livre relié et un exemplaire de la brochure Refugees ; la revue leur sera ensuite envoyée directement par courrier deux fois par mois.[51]

Une comparaison détaillée des statistiques de terrain entre 1939 et 1940 invite chaque congrégation à évaluer ses résultats en matière d'abonnements, de livres et de brochures placés.[52] Il est recommandé d'afficher un tableau ou un thermomètre visuel indiquant le quota à atteindre pour les trois mois de la campagne, mis à jour chaque semaine afin que les proclamateurs puissent suivre l'avancement collectif.[53]

Les objectifs chiffrés sont explicites : pour une congrégation de cent proclamateurs, le quota trimestriel est fixé à huit cents nouveaux abonnements à The Watchtower, deux mille livres reliés et vingt-cinq mille brochures.[54]

Que chaque proclamateur participe

Le mois de mars 1940 a vu un nouveau record avec 47 091 proclamateurs actifs aux États-Unis, chiffre qui inclut les serviteurs régionaux, les serviteurs de zone, les pionniers, les pionniers spéciaux et les proclamateurs de congrégation.[55] Le quota de 50 000 proclamateurs n'ayant pas été atteint en mars, les espoirs se reportent sur avril, le printemps ayant levé les obstacles météorologiques ayant gêné la prédication hivernale.[56]

Un tableau comparatif mensuel, d'octobre à mars, met en regard les données de l'année précédente et de l'année en cours : nombre de proclamateurs, heures de prédication moyennes et visites de retour moyennes.[57] Malgré une progression d'environ 13 000 proclamateurs par rapport à la même période de l'année précédente, le nombre de publications placées a enregistré une baisse de plus de 150 000 unités, imputable principalement à un net recul des brochures.[58] La brochure Refugees, décrite comme portant « un message d'une importance vitale pour chaque » personne de bonne volonté aspirant à la vie, doit selon ces instructions être proposée avec énergie et zèle, remise gratuitement si la personne visitée ne peut contribuer financièrement.[59]

Les heures de prédication sont signalées en baisse par rapport à l'année précédente, et les visites de retour progressent faiblement, restant très en deçà du quota de douze visites de retour par mois par proclamateur recommandé par Rutherford dans une lettre récente.[60]

Utiliser le disque « Instruction »

Les proclamateurs sont invités à utiliser le disque phonographique intitulé « Instruction », enregistré par Rutherford, qui expose l'importance de The Watchtower pour tout travail de porte-à-porte et de visites de retour lors de la campagne.[61] Avec la fin de la saison froide et pluvieuse, l'emploi du phonographe sur le seuil des portes est particulièrement encouragé, cette méthode étant présentée comme un moyen efficace d'obtenir des abonnements.[62] Lorsque le phonographe ne peut être utilisé, la carte de témoignage Watchtower est recommandée comme support de présentation de l'offre spéciale.[63]

Se souvenir de « Salvation » et de « Refugees »

Les proclamateurs doivent toujours ouvrir leur témoignage à la porte avec The Watchtower, mais être prêts à proposer immédiatement Salvation et Refugees pour une contribution de vingt-cinq cents si l'abonnement n'est pas accepté, ou trois brochures pour dix cents, et en dernier recours Refugees gratuitement si la personne ne peut contribuer.[64] Les douze millions d'exemplaires de Refugees à distribuer représentent un effort collectif majeur : les proclamateurs sont enjoints d'en laisser un exemplaire à chaque visite, de les emporter sur leurs tournées de magazines et lors du témoignage en rue, et d'en confier une provision aux personnes intéressées pour qu'elles les distribuent à leur tour parmi voisins, amis et proches.[65]

Les abonnements à « La Tour de Garde »

L'abonnement payé à The Watchtower est présenté comme supérieur à la distribution numéro par numéro sur une tournée de magazines, pour plusieurs raisons : il garantit au souscripteur une réception régulière sur six mois ou un an, sans souci financier ultérieur, tout en conférant un sentiment d'indépendance et d'assurance.[66] Économiquement, les vingt-quatre numéros annuels livrés individuellement reviennent plus cher, et la prime spéciale de la campagne ne s'applique qu'à l'abonnement.[67] La distribution postale assure une réception directe et rapide, dégageant par ailleurs les proclamateurs de la charge du transport pour leurs autres activités de terrain.[68]

Êtes-vous vous-même abonné ?

Tout proclamateur qui sollicite des abonnements auprès du public est invité à être lui-même souscripteur, afin d'éviter l'incohérence de promouvoir quelque chose dont on ne profite pas personnellement.[69] Se procurer sa propre copie à partir d'un lot de distribution est présenté comme une économie de moindre valeur ; la contribution personnelle à l'abonnement va directement à l'organisation et n'est pas gaspillée.[70]

Le serviteur de congrégation et le trésorier

Des instructions détaillées sont données aux serviteurs de congrégation et aux trésoriers pour remplir correctement les bordereaux de remise d'argent envoyés à la Société, en indiquant clairement le nom de la congrégation, en conservant un double exact et en répartissant les montants selon six rubriques distinctes : compte de stock de la congrégation, compte des distributeurs de la revue The Watchtower, compte des distributeurs de Consolation, abonnements The Watchtower, abonnements Consolation et dons.[71] Les remises doivent obligatoirement accompagner tout renouvellement ou nouvel abonnement, et chaque fiche d'abonnement individuelle doit correspondre à une entrée sur la feuille d'enregistrement des abonnements.[72]

Réparation du ressort du phonographe

Certains membres ayant signalé recevoir un mauvais type de ressort moteur pour leur phonographe, il est précisé que tous les phonographes fabriqués par la Société à partir du numéro 2001 utilisent le même ressort.[73] L'erreur provient du fait que la personne retirant le ressort cassé oublie de récupérer le manchon central avant de jeter l'ancien ressort ; les réparateurs sont priés d'en tenir compte afin d'utiliser sans difficulté les ressorts fournis par la Société.[74]

La tournée de magazines

La tournée de magazines est présentée comme un moyen essentiel de prendre soin des personnes de bonne volonté à l'échelle nationale.[75] La principale difficulté invoquée n'est pas le manque de motivation des proclamateurs, mais la peine à « démarrer » : il est conseillé de commencer par dresser une liste complète de toutes les personnes de bonne volonté dans le territoire assigné, classées dans un ordre géographique pratique, puis de les visiter avec The Watchtower ou Consolation en expliquant brièvement l'objet de la démarche et en laissant un exemplaire, avec la promesse de livrer le suivant.[76] La tournée est décrite comme « une grande voie pour organiser » les visites de retour, les études modèles et le recrutement de nouveaux proclamateurs.[77]

Visites de retour et études modèles

La lettre de Rutherford du 20 janvier et les résultats de la campagne du livre relié de janvier soulignent l'importance des visites de retour auprès des personnes ayant manifesté de l'intérêt pour le message du Royaume.[78] L'objectif ultime de ces visites est d'amener les personnes de bonne volonté à étudier le message du Royaume, à se l'approprier et à devenir elles-mêmes proclamatrices.[79] Les proclamateurs sont également invités à signaler à leurs contacts l'importance d'assister à la convention de Columbus ou à la ville de convention la plus proche, et à planifier dès à présent leur propre participation.[80]

Pionniers !

Suite à une lettre du 11 mars adressée « À nos proclamateurs de la Théocratie », plus de 300 nouveaux pionniers se sont inscrits au cours des mois de mars et d'avril.[81] Malgré cet apport, ces effectifs sont jugés insuffisants pour répondre aux besoins des congrégations et du territoire isolé non assigné.[82] Chaque congrégation reçoit avec ce numéro un exemplaire du formulaire de candidature au service de pionnier ainsi qu'une lettre en précisant les exigences, destinés à être présentés lors d'une réunion de service, de préférence par un pionnier associé à la congrégation.[83]

Attention à vos commandes

Le mode d'expédition le plus économique pour la littérature est le fret ferroviaire ou routier à partir de cent livres, mais de nombreuses congrégations et pionniers passent des commandes hebdomadaires de trente à cinquante livres, obligeant la Société à expédier par courrier ou messagerie à un coût finalement comparable ou supérieur à ce que coûterait un envoi de cent livres en fret.[84] Un exemple chiffré est donné : une commande de quarante-sept livres expédiée par courrier revient à 2,61 dollars, alors que pour 2,72 dollars en fret la même congrégation aurait pu recevoir cent livres de littérature.[85] Les serviteurs de congrégation sont invités à fixer des dates d'envoi régulières, par exemple le 1er et le 15 du mois, en regroupant les commandes des proclamateurs et des pionniers du territoire pour atteindre le seuil de cent livres permettant l'expédition en fret.[86]

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro


Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ Titre original : « Networks of faith: Interpersonal bonds and recruitment to cults and sects ».
  1. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  2. ↑ Informant de mai 1940, p. 1-2
  3. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  4. ↑ False Prophecy in the Watchtower Society, consulté en 2026.
  5. ↑ False Prophecy in the Watchtower Society, consulté en 2026.
  6. ↑ Failed date predictions of Jehovah's Witnesses, consulté en 2026.
  7. ↑ Eschatology of Jehovah's Witnesses, consulté en 2026.
  8. ↑ Various False Prophecies of the Watchtower Bible and Tract Society, consulté en 2026.
  9. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  10. ↑ Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania, consulté en 2026.
  11. ↑ Advertise the King and the Kingdom! (1919-1941), consulté en 2026.
  12. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  13. ↑ 1939 Watchtower — JW Changes, consulté en 2026.
  14. ↑ Jehonadab, consulté en 2026.
  15. ↑ Jonadab, consulté en 2026.
  16. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  17. ↑ Rutherford publications 25 years 224 publications, consulté en 2026.
  18. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  19. ↑ Watch Tower History: The Watchtower (IBSA) recordings, consulté en 2026.
  20. ↑ Watch Tower History: The Vertical Phonograph, consulté en 2026.
  21. ↑ Portugal — Watchtower Online Library, consulté en 2026.
  22. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  23. ↑ Who joins new religious movements and why, consulté en 2026.
  24. ↑ Conversion — Hartford Institute, consulté en 2026.
  25. ↑ Conversion and New Religious Movements (Richardson), consulté en 2026.
  26. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  27. ↑ Announcements, Watchtower Online Library, consulté en ligne.
  28. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  29. ↑ Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania, Wikipédia, consulté en ligne.
  30. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  31. ↑ Part 16—Publishing Under a New Name, Theocratically, Watchtower Online Library, consulté en ligne.
  32. ↑ Pioneer (Jehovah's Witnesses), Wikipédia, consulté en ligne.
  33. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  34. ↑ Development of the Organization Structure, jw.org, consulté en ligne.
  35. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  36. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  37. ↑ James A. Beckford, The Trumpet of Prophecy: A Sociological Study of Jehovah's Witnesses, Oxford, Blackwell, 1975. Voir la notice de l'ouvrage.
  38. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  39. ↑ Watch Tower Bible and Tract Society Portable Phonographs, Musical Treasures, consulté en ligne.
  40. ↑ The Vertical Phonograph, Watch Tower History, consulté en ligne.
  41. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  42. ↑ Tools for Preaching—Producing Literature for the Worldwide Field, Watchtower Online Library, consulté en ligne.
  43. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  44. ↑ Rodney Stark et William Sims Bainbridge, « Networks of Faith: Interpersonal Bonds and Recruitment to Cults and Sects », American Journal of Sociology, 1980. Voir la synthèse Conversion, Hartford Institute for Religion Research, consulté en ligne.
  45. ↑ James T. Richardson, « Conversion and New Religious Movements », dans The Wiley-Blackwell Encyclopedia of Social and Political Movements. Voir la notice de l'article.
  46. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  47. ↑ Informant de mai 1940, p. 1. Voir aussi Various False Prophecies of the Watchtower Bible and Tract Society, consulté en ligne
  48. ↑ False Prophecy in the Watchtower Society, ATRI Research, consulté en ligne.
  49. ↑ Jehovah's Witnesses in the United States, Wikipédia, consulté en ligne.
  50. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  51. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  52. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  53. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  54. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  55. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  56. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  57. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  58. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  59. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  60. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  61. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  62. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  63. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  64. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  65. ↑ Informant de mai 1940, p. 1
  66. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  67. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  68. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  69. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  70. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  71. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  72. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  73. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  74. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  75. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  76. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  77. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  78. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  79. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  80. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  81. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  82. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  83. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  84. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  85. ↑ Informant de mai 1940, p. 2
  86. ↑ Informant de mai 1940, p. 2

Catégorie:1940