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Herald of the Morning de janvier 1879

De Tj-encyclopédie
Herald of the Morning de janvier 1879
Revue Herald of the Morning
Date 1879
Auteur(s) Nelson Barbour, John H. Paton, Benjamin W. Keith, Mme N. H. Barbour
Année 1879
Langue Anglais
Pays États-Unis
Éditeur Nelson Barbour

Ce premier numéro d'un nouveau volume compte huit pages de plus que d'habitude. Il porte surtout sur la fin de l'âge de l'Évangile. Les rédacteurs y fixent les étapes de cette fin : une « présence » du Christ déjà commencée, une moisson en cours jusqu'en 1881, puis un temps de détresse qui se termine avec les temps des Gentils en 1914. Le tableau du « plan des âges », en première page, résume ce calendrier.

Les rédacteurs corrigent plusieurs de leurs idées sur la moisson, la résurrection et l'enlèvement des saints. Ils affirment pourtant n'avoir changé aucune date depuis 1843. Ils s'opposent aussi aux orateurs d'une conférence prophétique tenue en Angleterre. Selon ces orateurs, aucune prophétie ne doit s'accomplir avant que le Christ revienne chercher son Église.

D'autres textes traitent de la loi et du sabbat, de la parabole du riche et de Lazare, et de la façon de lire les jours de la création. Des lettres de lecteurs font la part entre l'adhésion, la réserve et la demande de preuves bibliques précises.

Analyse

Croyances

Connaître les temps par la seule Bible

Toutes les dates de ce numéro reposent sur une idée de départ : le croyant peut connaître les temps, et il en a le devoir. B. W. Keith vise ceux qui admettent l'utilité des prophéties en général mais soutiennent qu'on ne peut rien savoir des dates.[1] L'exposé sur les 2300 jours tire la même conclusion de Daniel 12:10 : le temps de la gloire devient connaissable « au temps de la fin », mais seulement pour les « sages » ; les autres continueront de lire ces paroles comme scellées à jamais.[2] L'argument repose sur une règle : les prophéties se comprennent à mesure qu'elles s'accomplissent, ce qui oblige à étudier sans cesse.[3] Schulz et de Vienne montrent que des auteurs protestants rattachaient depuis longtemps la « vérité présente » aux prophéties : on en trouve trace dès 1674.[4]

Cette connaissance a une seule source. Pour Keith, la foi repose sur la connaissance.[5] La rubrique des questions ajoute que l'Esprit n'enseigne que par la Parole. Elle qualifie donc de tromperie du Diable toute religion « sensationnelle », toute exaltation qui ne s'appuie pas sur les Écritures.[6] La règle écarte à la fois les réveils émotionnels et toute révélation nouvelle. Elle laisse en revanche toute sa place au calcul tiré du texte.

Les méthodes de calcul : âges parallèles, jour pour une année et jubilés

Le tableau de la première page pose la mesure qui commande tout le reste : 1845 ans de la mort de Jacob à celle du Christ, et autant pour l'âge de l'Évangile.[7] « Une raison de notre espérance » affirme que Moïse et les prophètes le prouvent par « deux lignes d'argument distinctes ».[8] Barbour présentait déjà cette convergence de calculs indépendants comme la preuve de leur exactitude.[9] Le pantographe donne une image à cette méthode : le rituel connu dessine sur le petit bras ce qui se passe, invisible, au bout du grand bras.[10]

Les 2300 jours suivent la ligne de William Miller. Les soixante-dix semaines sont la première partie de la vision, selon un rapprochement qui ne laisse, d'après l'auteur, « aucune place à deux opinions ».[11] Miller faisait déjà du sanctuaire l'Église.[12] Le numéro reprend cette lecture et lui donne cinq raisons.[13] Il rejette aussi la lecture qui arrête la vision à Antiochus Épiphane.[14] Dès 1840, le pasteur baptiste John Dowling opposait cette lecture à Miller.[15] Le point de départ du calcul est protégé de la même façon : le décret de Cyrus n'aurait pris effet que sous Artaxerxès.[16] Miller faisait partir les soixante-dix semaines de 457 avant notre ère, sous ce roi.[17]

Le calcul des jubilés obéit à la même logique. Cinquante fois cinquante ans, comptés depuis la fin des jubilés typiques, mènent à 1875.[18] D'autres adventistes avaient compté quarante-neuf cycles de cinquante ans seulement, soit 2450 ans, ce qui donnait 1844.[19]

La loi : un commandement aboli, des types encore à accomplir

La loi de Moïse est divisée en deux. Le sabbat a pris fin à la croix comme commandement, mais il reste un type.[20] Cette position s'oppose à celle des adventistes groupés autour de Joseph Bates, qui gardaient le samedi.[21] Un an plus tôt, A. P. Adams, pasteur méthodiste gagné par Russell, prêchait déjà que le sabbat des jours trouvait son accomplissement à la Pentecôte, tandis que celui des années restait à venir.[22] Le jour des expiations et la Pâque relèvent de la seconde catégorie : la bénédiction du peuple par le grand prêtre reste à accomplir.[23] Le même type explique pourquoi le Christ, sorti du lieu très saint en 1844, reste médiateur.[24]

« Réflexions sur la loi » sépare les lois « positives », justes parce que données, de la loi morale éternelle.[25] Le décalogue ne contient même pas l'amour de Dieu et du prochain.[26] Le péché d'Adam reçoit deux lectures dans le numéro. Pour cet article, Adam a violé la loi morale : il a convoité et s'est fait voleur.[27] Pour la rubrique des questions, l'homme devait faire l'expérience du mal pour distinguer le bien du mal.[28] Cette seconde lecture est celle de Barbour. Selon Schulz et de Vienne, elle fait du péché d'Adam une étape voulue du plan, ce qui affaiblit la nécessité d'un substitut.[29]

Le calendrier de la fin et la relecture de 1844

Les trompettes de l'Apocalypse confirment les dates. La sixième s'achève en 1840 et la septième dure jusqu'en 1914.[30] Le calcul vient du millérite Josiah Litch, qui partait de l'invasion d'Othman le 27 juillet 1299. Litch reconnut lui-même plus tard que son application au 11 août 1840 était fausse.[31] Miller faisait au contraire courir la sixième trompette de 1453 à 1843.[32] En novembre 1878, la revue coupait la septième trompette en deux moitiés de trente-sept ans et demi.[33] En janvier 1879, elle lui donne « environ 74 ans », dont 38 sont passés.[34] Elle y rattache la « génération » de soixante-dix ou quatre-vingts ans du Psaumes 90:10 : les lecteurs vivants verront la fin.[35]

L'échec de 1844 devient une prophétie accomplie. L'ange d'Apocalypse 10 représente le mouvement adventiste : la nuée qui l'entoure explique que ses membres n'aient pas vu toute la vérité sur la manière du retour.[36] Les adventistes lisaient déjà dans le livre doux puis amer la joie de l'attente et la déception du 22 octobre 1844.[37] Ellen White appliquait l'ordre de « prophétiser de nouveau » à la prédication adventiste qui suivit.[38] Ici, la nouvelle prophétie est le « chant » de la mer de verre, destiné aux nations après la fin de l'Évangile de grâce.[39] Barbour résumait cette relecture en 1877 : l'erreur de 1843 portait sur ce que couvrait la vision, non sur la date.[40]

Le retour du Christ est découpé en étapes séparées de « nombreuses années ».[41] Selon Jonsson, l'idée d'un retour en deux temps, le premier invisible, était alors très répandue chez les commentateurs, surtout chez les darbystes.[42] La parabole des dix vierges annonçait ainsi un mouvement prématuré.[43] Le placement de 1844 vient aussi du milieu adventiste. Hiram Edson y voyait déjà un passage invisible du Christ d'une pièce à l'autre du sanctuaire céleste.[44]

La moisson, la translation des saints et l'enlèvement secret

L'auteur corrige deux fois ses propres vues. Au printemps 1875, il croyait que la moisson concernait aussi les morts en Christ.[45] Barbour plaçait alors en 1875 la résurrection des saints morts.[46] Au printemps 1878, il pensait les saints déjà sur la mer de verre.[47] En octobre 1878, la revue fixait encore la translation de l'Église à 1881.[48] Trois mois plus tard, la translation est repoussée « loin » dans le temps de détresse, à une date inconnue.[49] L'auteur affirme que, depuis 1843, aucun terme de période prophétique n'a changé.[50] Le sociologue Joseph Zygmunt décrit ce mécanisme dans le mouvement : après un échec, le groupe garde ses dates et change le sens de l'événement annoncé.[51]

L'automne 1881 reçoit un nouveau contenu. Il marque l'entrée sur la mer de verre, et à partir de là aucun vainqueur n'aura besoin de mourir.[52] En juillet 1878, la protection du Psaumes 91 visait une « peste morale » qui frapperait les autres sans atteindre les vainqueurs.[53] En janvier 1879, le psaume doit s'accomplir « littéralement » : la mort elle-même est un mal qui ne les touchera pas.[54] La promesse remplace l'enlèvement attendu par une protection pendant l'attente.

« La venue du Seigneur » attaque l'enlèvement possible à tout moment. Ses adversaires disent qu'aucune prophétie ni aucun signe ne précède la venue du Christ pour son Église.[55] Crompton décrit cette doctrine chez John Nelson Darby : la dernière semaine de Daniel est repoussée dans l'avenir, et l'Église vit dans une période dont la prophétie ne parle pas.[56] W. Penton note que Barbour lisait The Rainbow, revue londonienne où ce débat sur l'enlèvement secret était le plus vif.[57] La réponse tient en une question : la « dernière trompette » peut-elle sonner avant la première ?[58]

Le jugement de la chrétienté

Laodicée, la dernière des sept Églises, désigne la chrétienté présente. Elle doit subir l'épreuve la plus sévère que l'Église ait connue.[59] La raison donnée est qu'elle a reçu plus de lumière que les autres.[60] Philadelphie, l'Église de la Réforme, a disparu avant cette heure d'épreuve.[61] Le jugement reçoit aussi un lieu : le pressoir de la colère sera foulé aux États-Unis et non en Europe.[62] L'argument : l'Évangile, levé à l'Orient, se couche à l'Occident, et l'annonce du second avènement s'est surtout faite en Amérique.[63] Le commentateur américain Albert Barnes lisait le « hors de la ville » d'Apocalypse 14:20 comme l'extérieur de Jérusalem.[64] Ici, la « ville » est l'ancien Empire romain, et le pays des lecteurs devient le lieu du jugement.

L'expiation et la vie nouvelle

Feltwell juge lui-même « sentimentale » la doctrine courante du sacrifice substitutif.[65] Barbour défendait cette position depuis août 1878.[66] Dès 1874, Simon W. Bishop écrivait dans The Watchman's Cry que le Christ n'était pas mort comme substitut.[67] La note de janvier 1879 prend parti contre lui.

« La résurrection » va dans le même sens. Le Père relève tous les morts.[68] Le Christ n'a « absolument rien à faire » avec la vie naturelle et ne donne que la vie spirituelle.[69] En 1877, Russell écrivait au contraire que toute la famille humaine retrouverait dans le second Adam ce qu'elle avait perdu dans le premier.[70] Si la mort du Christ ne paie pas le retour à la vie, il ne reste au croyant que la foi. La rubrique des questions dit en effet que seule la foi est comptée pour justice.[71] La sainteté reste en formation : Dieu la voit déjà accomplie.[72]

Deux appels : l'Épouse maintenant, le monde ensuite

L'Évangile de grâce sert uniquement à appeler l'Épouse.[73] Le nombre des vainqueurs ne peut plus augmenter, car « la porte est fermée ».[74] Miller avait déjà écrit en décembre 1844 que la porte était fermée depuis le 22 octobre. Joshua Himes avait alors fait prévaloir l'idée d'une porte ouverte.[75] Ici, la porte fermée ne condamne pas le monde. Les saints feront leur vrai travail de « rois et prêtres » après leur translation.[76] Les « siècles à venir » sont réservés aux vivants et aux morts.[77] Les Juifs restent aveugles jusqu'à ce que soit entrée la plénitude des Gentils.[78] Les millérites refusaient tout retour d'Israël en Terre sainte.[79] George Storrs avait au contraire adopté cette croyance chez les adventistes de l'âge à venir.[80]

Le riche et Lazare entrent dans ce cadre. Le riche représente la nation juive, Lazare les Gentils.[81] En juillet 1878, la même parabole opposait autrement les rôles : le riche désignait les gouvernements des Gentils, qui ont aujourd'hui leurs biens.[82] L'auteur de janvier 1879 présente sa lecture sans dire que les autres ont tort.[83] Il rejette Jonathan Edwards, pour qui les saints verraient sans pitié leurs enfants tourmentés.[84] Schulz et de Vienne rattachent pourtant à Edwards l'idée que la masse des hommes serait sauvée après le second avènement.[85]

Accorder la Genèse et la géologie

Les jours de la création sont de longues périodes. Moïse les aurait vus défiler en témoin, comme un prophète voit les événements.[86] La terre lui apparaît d'abord comme un globe de feu liquide entouré de nuées.[87] Le géologue écossais Hugh Miller avait proposé la même lecture dans The Testimony of the Rocks (1857) : le récit est une vision prophétique et les « jours » sont de longues périodes.[88] Cette réponse permet de garder le récit de la Genèse sans contredire la géologie.


Organisation et histoire

Héritiers de Miller : les dates gardées, les attentes corrigées

La rédaction se range elle-même dans la suite du mouvement de William Miller. Elle situe le début de sa propre annonce vers 1840, « sous ce qu'on appelle le mouvement de Miller », et la fait durer « sous une forme ou une autre » jusqu'au moment présent.[89] L'auteur parle de l'attente de 1844 à la première personne : à propos de l'ange de l'Apocalypse 10, il écrit que « nous n'avons pas vu » toute la vérité sur la manière du retour.[90] Ce « nous » renvoie à une histoire personnelle. Penton présente en effet Nelson Barbour comme un prédicateur adventiste indépendant, lui-même ancien millérite.[91] La rédaction ne présente donc pas 1844 comme l'erreur des autres. Elle en parle comme d'un épisode de sa propre histoire, annoncé par la prophétie : le mouvement de 1843-1844 était « un mouvement prématuré annoncé par la prophétie ».[92]

L'échec de 1844 reçoit une explication précise : « l'erreur a été de ne pas comprendre la manière de l'avènement ».[93] Le calcul reste juste. Seul l'événement attendu était faux. Barbour défendait déjà cette position en octobre 1875, d'après Blandre.[94] Il l'avait reprise en 1877 dans Three Worlds (« Les Trois Mondes »).[95] Le numéro déplace pourtant un point de cette lecture. En novembre 1878, la revue voyait dans l'Apocalypse 10 deux mouvements adventistes : celui d'avant 1844, et le mouvement présent, qui était déjà porté devant « beaucoup de peuples ».[96] En janvier 1879, le groupe doit prophétiser « de nouveau » seulement une fois le premier message achevé, sous la forme d'un « chant nouveau ».[97] La prédication de la revue devient ainsi la fin d'un message, et non plus la seconde annonce elle-même.

La rédaction applique à ses propres positions la règle qu'elle applique à Miller. L'auteur reconnaît plusieurs changements d'avis. Il avait longtemps pris les 144 000 pour l'Église glorifiée.[98] Au printemps 1878, il croyait les saints déjà sur la « mer de verre ».[99] Au printemps 1875, il pensait que la moisson comprenait les morts en Christ.[100] Un changement récent ne fait l'objet d'aucun aveu. En octobre 1878, la revue plaçait encore la translation de l'Église en 1881.[101] Trois mois plus tard, 1881 ne marque plus que la fin du rassemblement du blé, et la date de la translation est déclarée « entièrement inconnue ».[102] Tous ces changements reçoivent la même justification : de 1843 à 1879, « il n'y a eu chez nous aucun changement dans le terme d'aucune période prophétique », seulement une connaissance de plus en plus grande de chaque étape.[103] Le sociologue Joseph Zygmunt décrit ce comportement dans le mouvement : après un échec, le groupe garde ses dates et change le sens de l'événement annoncé.[104] Penton résume la même règle : selon les dirigeants du mouvement, c'est le mauvais événement qui s'était produit à la bonne date.[105]

Une position tenue contre les autres milieux religieux

La plus longue polémique du numéro vise un autre courant qui attend lui aussi le retour du Christ avant le millénium. L'auteur examine le compte rendu anglais d'une conférence prophétique, réédité aux États-Unis, qui rassemble les exposés de seize orateurs.[106] Il la rapproche d'une conférence semblable tenue peu avant à New York. Cette conférence s'était réunie du 30 octobre au 1er novembre 1878 à l'église de la Sainte-Trinité, et ses exposés avaient été publiés en un volume.[107] Un membre de l'équipe y avait assisté : le numéro de décembre 1878 en rend compte à la première personne.[108] La rédaction ménage les Américains, qui auraient tenu leurs recherches dans des « limites si étroites » qu'ils ont avancé peu d'idées contraires à la Bible. Elle attaque les Anglais, dont les vues gagnent des partisans aux États-Unis.[109]

Le seul adversaire nommé est W. Kelly.[110] William Kelly, membre des Frères de Plymouth, dirigeait le Bible Treasury et passait pour le principal interprète de John Nelson Darby.[111] Le désaccord porte sur un point précis : selon ces auteurs, l'épouse ne peut rien savoir du moment de son mariage.[112] Crompton explique pourquoi le refus de tout calcul était la force du courant de Darby. Ce refus le protégeait des déceptions, mais il lui interdisait d'affirmer que la fin de l'âge était proche.[113] La revue de Barbour, qui vit de ses dates, ne peut accepter ce refus. Le débat n'était pas nouveau dans ce milieu. Selon Jonsson, cité par Penton, la question de l'enlèvement secret occupait surtout la revue anglaise The Rainbow, et Barbour en était lecteur.[114]

La revue se sépare aussi des milieux du réveil religieux. Toute religion fondée sur l'émotion, la joie ou l'exaltation sans connaissance de l'Écriture est rejetée comme « une imposture et une illusion du Diable ».[115] La réponse à H. B. Rice repose sur la même règle : l'Esprit conduit uniquement par la Parole, et aucune prétendue vérité n'est acceptée sans chapitre et verset.[116] Cette exigence avait déjà une histoire dans le groupe. D'après Schulz et de Vienne, les conférences de Philadelphie de 1876 avaient montré qu'il fallait un livre pour fournir aux auditeurs « chapitre et verset », et ce besoin avait conduit à Three Worlds.[117]

La même règle ouvre la revue à un débat interne. Une lettre du révérend Wm. V. Feltwell, de l'Église épiscopalienne réformée de Philadelphie, rejette l'idée que le Christ soit mort à la place des pécheurs.[118] L'Église de Feltwell était récente : George David Cummins l'avait fondée à New York en décembre 1873, après avoir quitté l'Église épiscopalienne qu'il jugeait trop attachée aux rites.[119] Une note de la rédaction approuve la lettre et conclut : « comme frère Feltwell, je ne vois de substitution ni dans la génération, ni dans la régénération ».[120] Cette note prend place dans une querelle ouverte depuis plusieurs mois au sein de l'équipe. Barbour avait rejeté la substitution dans le numéro d'août 1878. Russell, qui finançait la revue et y collaborait, lui avait répondu le mois suivant.[121] Russell justifiait alors son désaccord par la règle commune : le groupe n'a « pas d'autre credo que la Bible ».[122] En décembre 1878, Paton avait pris le parti de Russell dans un article.[123] En publiant la lettre d'un pasteur d'une autre Église, Barbour s'appuie donc sur un renfort extérieur contre ses deux collaborateurs.

Une petite équipe, des tableaux et des dons

L'équipe est réduite. B. W. Keith, de Dansville (New York), signe l'étude sur la connaissance.[124] Keith n'est pas un auteur de passage. C'est lui qui avait trouvé dans l'Emphatic Diaglott le mot grec rendu par « présence », d'où le groupe avait tiré la présence invisible du Christ.[125] Blandre le compte parmi les rares soutiens fidèles de Barbour.[126] Son appel à une étude constante des prophéties correspond à son propre rôle dans le groupe. Le texte sur l'amour de Dieu est signé de Mme N. H. Barbour.[127] Il s'agit d'Emeline Jobes, que Barbour avait épousée le 27 septembre 1877.[128] Elle avait déjà rédigé pour la revue le compte rendu des réunions sous tente de 1878.[129] Les mêmes personnes écrivent et prêchent. Paton, Russell, S. H. Withington, Keith et Barbour se disent prêts à venir tenir des réunions partout où l'on peut leur trouver une église ou une salle.[130] Selon Blandre, ces tournées visaient moins les grandes foules que les adventistes qu'on espérait convaincre.[131]

Les supports de prédication sont fabriqués avec peu de moyens. Le tableau du « plan des âges » qui ouvre le numéro reprend celui du numéro précédent.[132] Un lecteur demande une version assez grande pour être montrée en public. La rédaction répond qu'il n'existe que de petits tableaux imprimés en 1876, et que les grands tableaux des conférences sont « faits à la main et assez coûteux ».[133] Barbour s'en servait déjà en 1877 : un journal rapporte qu'il expliquait les « trois mondes » Le nouveau tableau doit être vendu aux lecteurs pour qu'il soit accroché chez eux, où il servira de « prédicateur constant ».[134] La prédication passe ainsi dans la maison du lecteur.

Ce tableau doit représenter les « trois mondes », c'est-à-dire le plan exposé dans Three Worlds.[135] Une lectrice du Maine lit le livre avec la revue.[136] Le livre, écrit par Barbour seul malgré les deux noms en couverture, est le résultat de l'association avec Russell.[137] Il avait d'abord paru par parties dans des numéros spéciaux, envoyés depuis Rochester par une « sœur ».[138] Les lecteurs le diffusent eux-mêmes : en septembre 1878, une lectrice remerciait une « bonne sœur » de lui avoir envoyé le livre avec six numéros de la revue.[139]

L'argent vient en petites sommes. La lectrice du Maine joint un dollar pour s'abonner deux ans.[140] Une lectrice du Connecticut envoie « l'obole de la veuve ».[141] Ces sommes ne suffisaient pas. D'après Russell, la revue ne s'était jamais financée seule, surtout quand elle était envoyée par milliers aux anciens lecteurs. Il avait donc déposé à Rochester une somme qui lui appartenait.[142] La revue dépend ainsi en même temps des dons de lecteurs modestes et de l'argent d'un collaborateur avec qui Barbour est en désaccord.

Des lecteurs isolés, jusque chez les pasteurs

Le lectorat reste dispersé mais réduit. Penton note qu'après l'échec de 1874 la revue était tombée de 15 000 à 6 000 exemplaires, et que la plupart des adventistes tenaient Barbour pour un faux prophète.[143] Les grands journaux adventistes refusaient même de signaler son existence.[144] L'équipe avait été mal reçue aux réunions adventistes de 1877, puis exclue de leur terrain en 1878.[145]

Les lecteurs vivent cet isolement chez eux. Dans l'Illinois, W. S. Gallegly écrit que « peu de gens dans les environs osent parler » de ces idées.[146] En Pennsylvanie, B. F. Johns se fait moquer : on dit qu'il est « marié » à la revue.[147] Il avoue avoir été « assez timide pendant un temps » pour l'offrir à d'autres.[148] L'adhésion se fait par la lecture : Johns a d'abord condamné la revue, puis l'a lue et relue en la comparant avec la Bible, et Gallegly dit que la Bible est devenue pour lui « un livre entièrement nouveau ».[149] La revue circule de main en main. Rice l'a reçue d'un envoyeur inconnu.[150] Schulz et de Vienne rappellent qu'au XIXe siècle les personnes d'intérêts religieux proches se réunissaient souvent à deux ou trois et s'envoyaient par la poste coupures, brochures et journaux.[151]

Plusieurs correspondants sont pasteurs. C. R. Greene, du Vermont, remplace des pasteurs dans plusieurs paroisses. Il a parlé du sujet avec prudence et a trouvé peu d'auditeurs.[152] Il explique le frein principal : peu de pasteurs étudient une autre théologie que celle de leur Église, et beaucoup s'en garderaient de peur de perdre leur place et leur gagne-pain.[153] H. B. Rice dirigeait depuis 1872 des congrégations des Disciples du Christ en Illinois puis en Californie.[154] Les pasteurs venus d'autres milieux que l'adventisme étaient rares dans le groupe de Barbour. Barbour et Russell voyaient donc en Rice une recrue importante.[155] La revue touche ainsi des hommes d'Église, mais leur emploi dépend des institutions dont elle conteste l'enseignement.


Contenu

Plan des âges

Le tableau du « plan des âges » est organisé autour de la phrase « les deux chérubins avaient une même mesure et une même taille » (1 Rois 6:25).[156] Les deux chérubins représentent deux plans : celui de la chair et celui de l'esprit. Au premier correspondent la Jérusalem terrestre, le sacrifice terrestre et le royaume terrestre. Au second correspondent la Jérusalem céleste, le sacrifice spirituel et le royaume céleste. Le premier plan regarde vers le sacrifice à venir, le second le regarde en arrière. Les douze tribus figurent d'un côté, les douze apôtres de l'autre.[157]

Une comparaison de durées est inscrite entre les deux plans. De la fin de l'âge patriarcal, à la mort de Jacob, jusqu'à la fin de l'âge juif, à la mort du Christ, il s'est écoulé 1845 ans. De la fin de l'âge juif, à la mort du Christ, jusqu'à la fin de l'âge de l'Évangile, il devrait aussi s'écouler 1845 ans si les deux plans sont de mesure égale.[158]

Le tableau porte aussi des repères chronologiques : les 2300 jours, les 1335 jours, la naissance et le baptême de Jésus, la crucifixion, la destruction de Jérusalem en l'an 70, les cycles de jubilé et la date de 1878. Il indique que les « temps des Gentils » prennent fin en 1914.[159]

Correspondance

Un lecteur de Colchester (Vermont), C. R. Greene, écrit qu'il lit et relit la revue et qu'il aime de plus en plus les sujets qui y sont traités. Il souhaite faire connaître à beaucoup de personnes la « présence » du Fils de l'homme comme Seigneur de la moisson et sa venue prochaine comme Époux.[160] Il note que peu de pasteurs trouvent le temps d'étudier une théologie autre que celle de leur Église, et que beaucoup s'en abstiendraient de peur de perdre leur place et leur gagne-pain. Lui-même a abordé le sujet avec prudence dans les paroisses où il a remplacé le pasteur, et il a trouvé peu de gens prêts à l'écouter.[161] Il demande si la revue édite un tableau comme celui de la page de titre, mais assez grand pour être montré devant un auditoire.

La réponse de la rédaction précise qu'il n'existe pas de tableau imprimé, hormis les petits modèles de 1876, qui ne tiennent pas compte des développements récents. Les grands tableaux utilisés pour les conférences sont faits à la main et coûtent cher. Un nouveau tableau est en préparation, d'environ cinq pieds de large, avec des figures visibles dans toute une salle de taille moyenne. Il représente en couleurs les « trois mondes » ou plan des âges, les chérubins et les « deux dispensations ». Son prix par la poste doit varier de 1 à 3 dollars selon la qualité du papier et du montage. Les lecteurs sont invités à commander sans tarder, car suspendu au mur il serait « un prédicateur constant ».[162]

Un autre lecteur, de Springfield (Massachusetts), V. N. Johnson, déclare ne pas adhérer à tout ce que la revue défend, mais y voir « une foule de vérités » très belles.[163]

Le livre de l'Apocalypse : le temps de détresse à venir

Les sept trompettes et le temps des Gentils

Les trois dernières trompettes sont appelées trompettes de malheur (Apocalypse 8:13). La première, qui est la cinquième de la série, correspond aux invasions sarrasines dans la partie orientale de l'empire romain. Elles commencent en 1299 et durent jusqu'au siège et à la chute de Constantinople, qui débute en 1449. Cela fait 150 ans et cinq mois prophétiques de tourment sans mise à mort (Apocalypse 9:5).[164]

La deuxième trompette de malheur, sixième de la série, commence en 1449. Elle sonne « une heure, un jour, un mois et un an » (Apocalypse 9:15), soit 391 ans et 15 jours, et se termine donc en 1840, quand les affaires de l'empire ottoman passent virtuellement aux mains des puissances alliées. La septième trompette commence alors à sonner et, d'après ces mesures prophétiques, elle continue jusqu'à la fin des temps des Gentils, en 1914.[165]

Cette septième trompette est appelée la « dernière trompette », car la destruction des gouvernements des Gentils et l'établissement du royaume de Dieu doivent s'y produire. Elle s'ouvre par une proclamation : les royaumes de ce monde « deviendront » les royaumes du Seigneur et de son Christ (Apocalypse 11:15). Cette proclamation est identifiée à l'annonce adventiste du retour du Christ avant le millénium, lancée vers 1840 par le mouvement de Miller et poursuivie depuis sous diverses formes. Elle est le dernier message de l'Évangile de grâce, « le mystère de Dieu ». Quand ce mystère sera achevé, viendront le temps de détresse, la colère des nations et la colère de Dieu.[166]

La septième trompette sonne environ 74 ans. « Cette génération » de soixante-dix ou quatre-vingts ans (Psaumes 90:10) ne passera pas avant l'accomplissement de ces événements. Comme 38 de ces 74 ans sont écoulés, la seconde moitié, celle du temps de détresse, est déjà commencée.[167]

La venue du Christ et la Laodicée

La venue du Christ, dans toutes ses étapes, occupe presque tous les « jours de la voix du septième ange ». À la « dernière trompette », le Seigneur descend avec un cri (1 Thessaloniciens 4:16). Ce cri coïncide avec les « grandes voix » qui ouvrent la trompette. La voix de l'archange Michel coïncide avec le temps de détresse, la colère des nations et la colère de Dieu, pendant la seconde moitié de la trompette. Les nations y sont « brisées comme un vase de potier », mais les amis de l'Époux sont appelés à comprendre la situation (Jean 15:15), contrairement à ceux qui enseignent qu'on ne peut rien savoir du jour du Seigneur.[168]

Les sept Églises des chapitres 2 et 3 sont présentées comme l'histoire prophétique de sept phases de l'Église de l'Évangile. La dernière, Laodicée, entre dans ce temps de détresse et est « vomie » de la bouche de Dieu (Apocalypse 3:16). Philadelphie, l'Église de la Réforme, est passée et a été gardée de l'heure d'épreuve (Apocalypse 3:10). L'épreuve de feu de Laodicée est jugée la plus sévère que l'Église ait connue.[169]

Les paroles du Christ à ses disciples (Matthieu 24:6) et celles de Paul aux Thessaloniciens (2 Thessaloniciens 2:2-3) sont rapportées à cette épreuve. Chaque phase de l'Église a eu ses épreuves, et Laodicée, qui a eu plus de lumière, doit s'attendre à une épreuve plus redoutable. Seuls quelques-uns d'entre eux y échappent : la grande masse bâtit avec « du foin, du bois, du chaume », tandis que le petit nombre bâtit avec des matériaux qui résistent au feu (1 Corinthiens 3:12-15). Les premiers subiront une perte et seront sauvés « comme par le feu ».[170]

Le jour du Christ est déjà venu ou à la porte, de sorte qu'on ne peut plus dire « ne soyez pas troublés ». Il reste la parole : « le juste vivra par sa foi » (Hébreux 10:38).[171]

La moisson et la « mer de verre »

À la moisson, à la fin de l'âge, les anges rassemblent d'abord l'ivraie en bottes, puis le blé (Matthieu 13:30). Ce rassemblement du blé n'est pas la translation des saints, car celle-ci n'est pas l'œuvre des anges. Les saints sont rassemblés non en un lieu mais dans une condition, celle de la « mer de verre mêlée de feu » (Apocalypse 15:2) : ils traversent la fournaise sans que le feu ait prise sur eux. Selon les mesures de la revue, cette condition commence à l'automne de 1881, et la protection surnaturelle du Psaumes 91 est alors accordée.[172]

Les saints sur la mer de verre ont un chant à chanter, c'est-à-dire une proclamation destinée à toutes les nations : « toutes les nations viendront et se prosterneront devant toi, car tes jugements ont été manifestés » (Apocalypse 15:4). Ce groupe représente l'Église des premiers-nés, car les vivants représentent toujours l'Église entière. Il est rapproché des 144 000 de l'Apocalypse 14, qui portent aussi des harpes de Dieu et chantent un chant que nul autre ne peut chanter, ainsi que du message du premier ange (Apocalypse 14:6) qui annonce l'Évangile éternel à toutes les nations et déclare que l'heure du jugement est venue.[173] Tous ceux qui entreront dans le « haut appel » le seront au temps de la moisson, et l'Évangile de grâce prendra fin. Le message de l'ange du milieu du ciel est distinct de cet Évangile de grâce, destiné uniquement à l'épouse, c'est-à-dire à « tirer un peuple pour son nom ».[174]

L'ange de l'Apocalypse 10 et le mouvement adventiste

L'Apocalypse est un livre de symboles, et chaque proclamation d'un ange s'accomplit par des événements sur la terre. Les trois messages de l'Apocalypse 14 et celui du chapitre 10 s'accomplissent sous la septième trompette. L'ange du chapitre 10, enveloppé d'une nuée, au visage comme le soleil et aux pieds comme des colonnes de feu, tenant un livre ouvert doux à manger et amer à digérer, représente le mouvement adventiste. La nuée figure une part d'obscurité : les adventistes n'ont pas vu toute la vérité sur la manière du retour, d'où l'amertume de la déception mêlée à la douceur.[175]

Le dernier verset du chapitre, « Il faut que tu prophétises de nouveau devant beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois » (Apocalypse 10:11), annonce une suite à ce premier message. Il est identifié au chant de la mer de verre et au message de l'ange de l'Apocalypse 14:6. L'auteur reconnaît que ce rapprochement peut sembler forcé et avance trois raisons : ceux qui sont sur la mer de verre sont des vainqueurs isolés du reste des hommes pendant les sept dernières plaies ; leur chant, qui est une proclamation, porte sur les jugements de Dieu et sur l'adoration de toutes les nations, comme le message de l'ange ; ils ne représentent pas toute l'Église, puisqu'ils vainquent « l'image de la bête » et « le nombre de son nom », ce qui n'existait pas aux premiers temps de l'Église.[176] Les 144 000 et le groupe de la mer de verre ne peuvent pas augmenter en nombre, puisque « la porte est fermée » et que nul ne peut entrer dans le temple avant l'accomplissement des plaies. Même si les deux groupes ne sont pas identiques, le chant de la mer de verre coïncide parfaitement avec le premier message de l'Apocalypse 14.[177]

L'ensemble s'accorde avec les périodes prophétiques, qui font commencer en 1840 et finir en 1914 les « jours de la voix du septième ange ». Après la première proclamation, faite avec un livre ouvert, viennent le temps de détresse, les nations en colère et la colère de Dieu. Le groupe qui a contribué aux « grandes voix » doit ensuite prophétiser de nouveau, par un « chant nouveau », puisque le « mystère de Dieu » sera alors achevé. L'Évangile du royaume n'est jamais appelé « éternel » : il prend fin quand il a été prêché en témoignage à toutes les nations (Matthieu 24:14). La « semence » qui doit bénir toutes les nations commence son œuvre auprès d'elles dès que son « seul corps » est complet.[178]

Révision de vues antérieures : résurrection, translation et pressoir

L'auteur écrit avoir longtemps cru que les 144 000 de l'Apocalypse 14 et le groupe de la mer de verre étaient l'Église glorifiée des premiers-nés. Beaucoup de ce qu'il pensait devoir s'accomplir dans le monde spirituel doit, selon lui, se produire sur la terre, parmi les hommes, avant la translation des saints. La résurrection des morts en Christ et la translation des vivants sont placées bien avant dans le temps de détresse, à un moment inconnu, et pas avant que le « pressoir de la colère de Dieu » ne soit foulé. Le Christ foule le pressoir seul (Ésaïe 63:3 ; Apocalypse 14:20), mais il est accompagné des appelés, choisis et fidèles dans la conquête des nations (Apocalypse 17:14).[179]

Le pressoir doit être foulé dans les États-Unis et non en Europe. L'Évangile, levé à l'est, se couche à l'ouest. La proclamation du premier avènement était limitée à la petite province de Judée, et celle du second avènement l'est surtout à ce pays. L'ancien empire romain représente « la grande ville qui règne sur les rois de la terre », et le pressoir est foulé « hors de la ville ». Le rassemblement du blé se termine à l'automne de 1881. Les vainqueurs, appelés à siéger avec le Christ sur son trône, doivent alors occuper la position de la « mer de verre mêlée de feu » jusqu'à ce que le pressoir soit foulé.[180]

Au printemps, l'auteur pensait que les saints étaient déjà dans la condition de la mer de verre pendant les trois ans et demi du rassemblement. Il constate maintenant que cette condition sera la même pour tous au même moment. À partir de l'automne 1881, la promesse du Psaumes 91 doit s'accomplir : aucun des vainqueurs n'aura besoin de mourir, même s'il arrive à ce point au bord de la tombe. La mort, dont l'aiguillon est le péché, est un mal qui ne les atteindra pas (Psaumes 91:10). Ce sera le temps où « le juste vivra par sa foi ». Les conseils de ne pas descendre de la terrasse, de se souvenir de la femme de Lot et de perdre sa vie pour la sauver se rapportent à cette « heure d'épreuve ». Les vainqueurs résisteront à l'épreuve du feu, les autres subiront une perte. Le conseil à Laodicée d'acheter de l'or éprouvé au feu (Apocalypse 3:18) y est jugé approprié. La vérité que possèdent les vainqueurs est la cause apparente de leur préservation et la base de leur foi (Psaumes 91:4).[181]

La compréhension de la moisson et de la résurrection est aussi modifiée. Quand le sujet de la moisson est apparu au printemps 1875, la revue croyait que la moisson rassemblait tous les fruits de l'âge de l'Évangile, y compris les morts en Christ. Elle estime maintenant que la parabole du blé et de l'ivraie ne représente que l'Église vivante, tout au long de l'âge comme à sa fin. Seuls l'ivraie vivante est liée en bottes et le blé vivant rassemblé sur la « mer de verre ». Ce rassemblement précède la translation, donc la résurrection des morts en Christ. Les vivants représentent l'Église entière, comme dans la moisson de l'âge juif, où seule la génération vivante a été séparée en blé et en paille : le blé a été rassemblé dans une condition nouvelle et la paille brûlée par le feu, c'est-à-dire par les trente-trois années de jugements qui ont détruit la nation.[182]

Le moment de la résurrection et de la translation reste donc inconnu, sinon qu'il se situe entre le foulage du pressoir et le rassemblement des nations à Jérusalem pour la grande bataille. Le Christ vient avec tous ses saints à cette bataille, qui doivent donc avoir été enlevés à sa rencontre dans les airs auparavant.[183]

Ce qui est connu et ce qui reste ignoré

Les croyants peuvent connaître le début du jour du Seigneur, le déroulement général des événements, sa fin et l'issue des jugements : ceux-ci amènent « toutes les nations » à adorer le seul vrai Dieu (Apocalypse 15:4). Même si les nations sont brisées, les peuples seront tournés vers « un langage pur » et serviront Dieu d'un commun accord (Sophonie 3:8-9). Le jour et l'heure de la translation restent ignorés, et certains seront trouvés « moulant au moulin » à ce moment, puisque les hommes doivent continuer à manger et à boire pendant ces jugements.[184]

L'auteur affirme que, dans toutes les vues avancées de 1843 à 1879, aucun terme d'une période prophétique n'a changé, mais que la connaissance de chaque étape a grandi. Quand la moisson de Matthieu 13 a été découverte en 1875, seule une partie des vérités du temps de la moisson était perçue. Comme la moisson de l'âge juif concernait seulement la génération alors vivante, celle de l'âge de l'Évangile aurait dû être comprise comme concernant seulement la dernière génération. Mais en croyant que le rassemblement du blé par les anges signifiait la translation, il fallait aussi supposer que les morts en Christ étaient concernés. La résurrection et la translation ne sont désormais dues qu'après le travail des anges et après l'épreuve que doit traverser la génération vivante (Malachie 3:1-3). Pendant que le Christ foule le pressoir, les saints seraient, comme les trois captifs hébreux, dans la fournaise sous protection surnaturelle, et la résurrection pourrait n'avoir lieu qu'à la fin de cette épreuve pour les saints vivants.[185]

La connaissance

L'indifférence du monde chrétien envers de nombreux enseignements de la Bible, et l'ignorance qui en découle sur le plan du salut, sont présentées comme le signe du déclin de la dernière phase de l'Église. Une connaissance approfondie et croissante est jugée nécessaire à l'Église : « Mon peuple est détruit faute de connaissance » (Osée 4:6).[186]

Les Écritures étant en grande partie prophétiques, elles ne se comprennent qu'à mesure de leur accomplissement, ce qui exige une étude constante, surtout de la part des enseignants (2 Timothée 2:15 ; 2 Timothée 3:14-15). La même exhortation se trouve en Proverbes 2:1-4. La vie future dépend de la connaissance acquise. Pour connaître Dieu pleinement et le Christ, la seule voie est l'un ou l'autre de ses « deux témoins », l'Ancien et le Nouveau Testament. La connaissance du seul vrai Dieu et de Jésus-Christ est la vie éternelle (Jean 17:3), et la foi vient de ce qu'on entend, par la parole de Dieu (Romains 10:13-17).[187]

L'étude de la Bible est présentée comme un travail de tous les jours : Paul demande pour les chrétiens d'Éphèse « l'esprit de sagesse et de révélation » afin que les yeux de leur intelligence soient éclairés (Éphésiens 1:15-18). La sagesse et la connaissance sont dites être la stabilité des temps du croyant (Ésaïe 33:6), et la recommandation de grandir dans la connaissance du Seigneur Jésus-Christ est citée en 2 Pierre 3:17-18.[188]

La connaissance de la Parole de Dieu conditionne la vie future et prépare aussi au travail à venir. Le vrai travail des saints, comme « rois et prêtres », commence après leur transformation. Les apôtres, prophètes, évangélistes, bergers et enseignants ont été donnés pour qualifier pleinement les saints à ce service (Éphésiens 4:11-13), et toute l'Écriture inspirée sert à rendre l'homme de Dieu, c'est-à-dire l'Église, accompli (2 Timothée 3:16-17). Dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, la connaissance est hautement valorisée et jamais jugée dangereuse. L'enseignement courant veut que l'on soit sauvé si l'on est bon et si l'on fait le bien, mais personne ne peut ni être bon ni faire le bien, au sens biblique, sans suivre les instructions de la Bible. La foi est nécessaire pour plaire à Dieu, et la connaissance en est la base.[189]

L'étude seule ne suffit pas : elle ne donne que la lettre, et « la lettre tue » (2 Corinthiens 3:6). L'Esprit saint est promis comme guide vers toute la vérité. Il fait comprendre les « choses profondes de Dieu », c'est-à-dire le sens spirituel, qui est l'harmonie de toutes les parties de la Parole. La vérité a pour but de sanctifier, de séparer du monde et d'unir à Dieu (Jean 17:17). Cela demande de connaître la partie dite pratique de la Parole, mais aussi les prophéties. La majorité écarte l'idée que leur compréhension soit nécessaire, alors que Pierre parle d'une « parole prophétique plus sûre » à laquelle il est bon de prêter attention (2 Pierre 1:19), et que « le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie » (Apocalypse 19:10).[190]

Beaucoup admettent cela en général, mais soutiennent que l'on ne peut rien savoir du temps. L'auteur oppose à cette opinion le passage où Pierre dit que les prophètes ont cherché à connaître l'époque que désignait l'Esprit de Christ en eux, et qu'ils ont servi non pour eux-mêmes mais pour ceux qui viendraient plus tard (1 Pierre 1:9-12). Puisque tout a été écrit pour les chrétiens, on ne peut sans risque négliger ces textes. Daniel dit à propos d'une prophétie de temps que « les sages comprendront » (Daniel 12:10), et Jésus, renvoyant à Daniel, ajoute : « que le lecteur comprenne » (Matthieu 24:15). Cette compréhension exige une attention constante, guidée par le même esprit que celui des prophètes. L'auteur cite la formule de John Wesley : être toujours à l'étude, et sans relâche. L'étude est signée B. W. Keith, de Dansville (New York).[191]

Le riche et Lazare

On demande souvent comment comprendre l'enseignement du Christ sur le riche et Lazare (Luc 16:19-31). La question est posée dans le cadre d'une thèse : l'épreuve de la grande masse des hommes se déroule dans l'âge à venir, quand les saints jugeront le monde et siégeront avec le Christ sur son trône. L'auteur se demande d'abord s'il s'agit d'un fait réel ou d'une parabole. Pris à la lettre, le récit conduirait à des absurdités.[192]

Lazare n'entre pas dans le sein d'Abraham pour sa foi ni pour ses œuvres, mais seulement parce qu'il est pauvre. Tout pauvre malade pourrait donc s'attendre à y aller, sans foi en Christ, du seul fait d'avoir souffert. Le ciel et l'enfer seraient aussi situés tout près l'un de l'autre, leurs occupants converseraient, et les saints verraient et entendraient leurs proches tourmentés, ce qui serait une source permanente de souffrance. L'auteur rejette la conclusion de Jonathan Edwards, selon laquelle les saints deviendront assez endurcis pour chanter plus fort les louanges de Dieu en voyant leurs enfants se tordre de douleur. L'amour et la pitié ne disparaîtront pas tant qu'il y aura de la souffrance, et ils grandiront à mesure que les saints deviendront semblables au Christ. Les « choses anciennes » ne seraient d'ailleurs pas oubliées, contrairement à ce qui est promis. Pour ces raisons, selon l'auteur, presque tous les commentateurs voient ici une parabole.[193]

Dans une parabole, chaque élément représente autre chose que ce que disent les mots, comme le blé et l'ivraie. Le Christ a expliqué certaines paraboles et laissé celle-ci sans explication, de sorte que l'auteur présente seulement sa compréhension actuelle, sans prétendre que les autres ont tort. Le riche représente la nation juive au temps du Christ : la pourpre désigne la royauté, le fin lin la pureté, et l'ensemble un sacerdoce royal. Les Juifs avaient reçu les plus grandes faveurs de Dieu, car les oracles de Dieu leur avaient été confiés. Le Christ est venu chez les siens, qui ne l'ont pas reçu. Il a dit à ses disciples de ne pas aller vers les nations (Matthieu 10:5), et il a d'abord refusé à la Syrophénicienne le pain des enfants, appelant les Juifs des enfants et les non-Juifs des chiens, avant de l'exaucer à cause de sa foi.[194]

Lazare représente les nations, pauvres, « sans Dieu et sans espérance dans le monde » (Éphésiens 2:12). La mort qui met fin à la situation décrite est celle du Christ : « si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Corinthiens 5:14). Les Juifs cessent alors d'être le peuple royal de Dieu. Ils sont « tourmentés », ce que représentent les malheurs survenus depuis qu'ils ont rejeté le Christ, tandis que les non-Juifs, réconciliés avec Dieu, sont introduits dans le « sein » ou la famille d'Abraham. Lazare est porté par les anges, qui sont des esprits au service de ceux qui hériteront du salut (Hébreux 1:14) : celui qui est en Christ est une nouvelle créature (2 Corinthiens 5:17). Si les deux tribus de Juda représentent le riche, les dix tribus pourraient représenter les cinq frères, qui ont Moïse et les prophètes.[195]

L'auteur rapproche cette lecture de Romains 11:19-20 : à cause de l'incrédulité, les branches naturelles ont été retranchées et des branches sauvages greffées. La parabole ne mentionne pas le rassemblement final d'Israël, sans doute parce qu'il n'avait pas de rapport avec son sujet, alors que Paul en parle : si la chute des Juifs est la richesse du monde, leur diminution la richesse des nations (Romains 11:12).[196]

Réflexions sur la loi

Le droit du Créateur de gouverner va de soi, et sa volonté exprimée est sa loi. Cette loi est spirituelle (Romains 7:14), donnée pour la vie mais trouvée mortelle (Romains 7:10-11). « Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements », dit le Maître (Matthieu 19:17). La faiblesse de la loi vient de la chair, qui est faible, et la loi a été donnée pour le prouver. L'incapacité de l'homme naturel à l'observer fonde son hostilité envers Dieu (Romains 8:7-8). La loi ne donne donc pas la vie, mais elle fait ressortir la faiblesse de la chair et fait mourir l'homme naturel, qui ne peut atteindre la vie éternelle. La chair, vouée à la mort, sert pourtant de marche vers une vie plus haute. Ce que la loi ne pouvait faire, Dieu l'a fait en envoyant son Fils « dans une chair semblable à celle du péché », afin que la justice de la loi s'accomplisse en ceux qui marchent selon l'Esprit (Romains 8:3-4).[197]

L'« homme intérieur », la nouvelle créature en Christ, doit être en harmonie avec la loi de Dieu. On ne peut pas dire qu'il lui soit soumis, car la vie divine, le Christ formé en nous, est égale à cette loi. Hors de cette harmonie, il n'y a pas de vie éternelle, et l'œuvre du Christ a précisément pour but d'y amener les hommes. Tant que l'homme est à l'état naturel, il ne peut vaincre la chair et ne répond de la loi que pour la vie naturelle. Tant qu'il n'est pas engendré de l'Esprit et rendu participant de la nature divine, il n'a que cette vie naturelle à perdre. La divinité du Christ vient du Parent divin et non de l'humain, afin que l'homme obtienne une nature supérieure et, avec elle, l'immortalité.[198]

Le péché est un trait de la chair, que le Christ a condamné dans la chair. Ceux en qui habite l'Esprit de Dieu ne sont pas comptés dans la chair mais dans l'Esprit (Romains 8:9), même s'ils vivent dans la chair par la foi au Fils de Dieu (Galates 2:20). Celui qui est engendré de Dieu, l'homme intérieur, ne peut pécher, car la semence de Dieu demeure en lui (1 Jean 3:9). Paul peut ainsi dire que ce n'est plus lui qui agit, mais le péché qui habite en lui, et que dans sa chair n'habite aucun bien (Romains 7:17-20). Il se complaît dans la loi de Dieu selon l'homme intérieur, mais voit dans ses membres une autre loi qui combat celle de son esprit (Romains 7:22-23). Ce combat n'existe qu'une fois la nature divine communiquée. La vie chrétienne consiste à faire mourir par l'Esprit les actes du corps. Cette crucifixion de la chair est la cause des souffrances du temps présent, qui ne sont pas comparables à la gloire à venir. Ceux qui souffrent avec le Christ régneront avec lui, et aux vainqueurs il promet une place sur son trône. La victoire ne consiste donc pas seulement à se séparer du monde : le monde, la chair et le Diable doivent être foulés aux pieds.[199]

Le péché était dans le monde avant la loi, bien que « le péché n'est pas imputé quand il n'y a pas de loi » (Romains 5:13) et que le péché soit « la transgression de la loi » (1 Jean 3:4). L'auteur résout la difficulté par une comparaison : la lumière et la chaleur sont latentes dans l'huile avant d'être produites, et de même la loi existait à l'état latent. Toute la lumière spirituelle que reçoit l'Église est aussi ancienne que la Bible, et la vérité est plus ancienne que le livre : « elle n'est pas vraie parce qu'elle est écrite, mais écrite parce qu'elle est vraie ». La volonté de Dieu non exprimée peut ainsi s'appeler la loi non écrite. Le principe du bien existe avec Dieu de toute éternité ; sa violation est le péché, et la loi a été « ajoutée à cause des transgressions ».[200]

Certains commandements de Dieu n'expriment pas des principes éternels. Ils répondent à des circonstances précises et disparaissent avec elles. L'auteur les appelle lois positives, par opposition à la loi morale : elles sont justes parce qu'elles ont été données. Elles éprouvent la fidélité autant que la loi morale, et même davantage. Il range dans cette catégorie les cérémonies et l'ordre donné à Abraham d'immoler son fils. Le sabbat a été une épreuve pour les Juifs, mais après la résurrection du Christ il n'est plus mentionné comme loi de l'Église, et la violation du sabbat n'est plus évoquée comme péché. Le baptême est obligatoire dans le Nouveau Testament, alors que l'ancienne alliance ne l'exigeait pas. Les lois morales ne changent pas ; elles sont en quelque sorte écrites dans la nature de l'homme (Romains 2:15), qui distingue ainsi le bien du mal dans une certaine mesure. Mais sa conscience du bien est si faible qu'il est comme « vivant sans la loi » ; quand le commandement est venu, le péché a repris vie et il est mort. Par la loi, le péché devient « excessivement pécheur » (Romains 7:13), et par elle vient la connaissance du péché.[201]

L'ordre donné à Adam de ne pas manger du fruit était une loi positive, mais en le violant il a aussi enfreint la loi morale, car il a convoité ce qui n'était pas à lui et s'est fait voleur. L'expiation par le Christ assure à l'homme naturel le relèvement et la réconciliation. La vie nouvelle ou ressuscitée mettra l'homme, une fois développée, en harmonie avec tous les principes éternels. L'idée que les dix commandements soient en eux-mêmes la loi de Dieu est jugée fausse. Ils n'épuisent pas le devoir de l'homme, malgré leur valeur. Un énoncé parfait de tous ses devoirs serait comme les actes du Christ mis par écrit : un ouvrage très volumineux. L'amour de Dieu et du prochain n'est pas commandé dans le décalogue. Les deux grands commandements énoncés par le Christ le contiennent et lui sont supérieurs, comme le christianisme est supérieur au judaïsme.[202]

La venue du Seigneur

L'auteur examine un ouvrage anglais réédité aux États-Unis, qui rassemble les exposés de seize orateurs. Il s'agit, d'après lui, du compte rendu d'une conférence prophétique tenue en Angleterre, peu avant une conférence semblable à New York, les deux assemblées étant en accord général. Les participants américains se sont tenus à des limites assez étroites pour avancer peu de positions contraires à la Bible ; les Anglais, non. Comme leurs vues gagnent des partisans aux États-Unis, il en relève les incohérences.[203]

Les deux côtés de l'Atlantique s'accordent sur un point : l'épouse ne peut savoir, même approximativement, quand aura lieu son mariage. Entre le départ du Seigneur depuis Béthanie et sa venue pour son Église, il n'y aurait ni prophétie, ni signe, rien ; tous les signes et prophéties concerneraient les Juifs et une phase ultérieure de l'avènement. L'Église vraie aurait donc dû attendre le retour à chaque instant. L'auteur y voit une manière expéditive d'écarter une partie de l'Écriture. Leur texte principal est 1 Thessaloniciens 4:15-17 : « nous les vivants, qui serons restés jusqu'à la venue du Seigneur », qui prouverait que l'apôtre croyait que certains de ses lecteurs seraient encore en vie.[204]

L'auteur répond que le raisonnement ferait aussi du Christ ressuscité un homme dans l'erreur, lui qui a dit : « Allez... je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:19-20). Personne ne suppose que Jésus pensait que certains de ses auditeurs vivraient jusqu'à la fin de l'âge. Ces mêmes adversaires insistent sur l'unité du corps unique, qui est le Christ. Or l'Église ne meurt pas : certains membres s'endorment, mais elle est toujours désignée par « nous », « vous » ou « vos », et elle doit vivre jusqu'au retour du Seigneur. « Nous ne nous endormirons pas tous » (1 Corinthiens 15:51) ne serait pas vrai si « nous » ne désignait que les membres vivants à cette époque. Ce raisonnement sur le « nous » de 1 Thessaloniciens 4:17 est, d'après l'auteur, répété jusqu'à quatre fois dans un seul exposé.[205]

Il propose une règle de lecture : l'Église est interpellée à la deuxième personne (« vous », « nous »), tandis que le monde est désigné à la troisième (« ils », « leur »). Le jour viendra comme un voleur sur eux, mais non sur les frères, qui ne sont pas dans les ténèbres. Il admet que « le jour du Seigneur » et « le jour du Christ » sont un seul et même jour. Sur 2 Thessaloniciens 2:2, ses adversaires comprennent que les Thessaloniciens craignaient que le jour fût déjà venu et qu'ils eussent été laissés de côté. Cela lui paraît très faible : Paul, leur enseignant, était encore parmi eux. Paul aurait écrit qu'ils étaient tous encore là et seraient peut-être partis avant l'arrivée de la lettre. Il dit au contraire que ce jour ne viendra pas avant certains événements.[206]

Ses adversaires affirment que ce jour ne vient pas sur l'Église et que les saints seront enlevés avant. L'auteur objecte que le Christ a averti ses disciples de prendre garde pour que ce jour ne vienne pas sur eux à l'improviste (Luc 21:34). Il note aussi que Paul distingue ceux dont il parle (« ils ») de ceux à qui il parle (1 Thessaloniciens 5:1-5). Le jour vient à la fois sur le monde et sur l'Église : les enfants de la lumière ne sont pas surpris comme par un voleur, et échappent aux événements qui frappent la terre, car Dieu donne ordre à ses anges à leur sujet.[207]

L'auteur relève ensuite d'autres incohérences chez ceux qui refusent toute idée de durée pour l'âge de l'Évangile et rapportent toutes les mesures du temps à la restauration des Juifs. Le temps qui mène à la levée de l'aveuglement d'Israël mesure aussi « la plénitude des nations ». Le Christ a confié à son Église une mission mondiale et promis d'être avec elle jusqu'à la fin de l'âge ; il serait donc incohérent d'attendre son retour immédiat. De même, ces auteurs voient dans Apocalypse 2 et 3 une histoire prophétique de l'Église en sept phases. Jean, à Patmos, ne pouvait donc pas attendre la fin de son temps, avec toute cette histoire devant lui.[208]

L'un de ces auteurs, W. Kelly, soutient qu'à l'exception des trois premiers chapitres, tout le livre de l'Apocalypse est à venir et se situe après l'enlèvement des saints. Ces écrivains s'appuient sur « Après cela, j'ai regardé » (Apocalypse 4:1) : le chapitre 4 ouvrirait le jugement des nations, suivi des sceaux, donc tout ce qui suit l'ouverture des sceaux viendrait après le retrait des saints. L'auteur objecte que, selon ce raisonnement, tout le livre de Daniel après le chapitre 2 devrait suivre l'ordre chronologique. Or le chapitre 2 mène déjà à la conquête des nations et à la fin des temps des Gentils (Daniel 2:44). Daniel reprend ensuite quatre fois le même parcours en y ajoutant à chaque fois des éléments, et il en va de même dans l'Apocalypse : les bêtes et les trompettes ne sont pas nécessairement postérieures à la première série de prophéties.[209]

Selon ses adversaires, l'Église peut être enlevée n'importe quel jour, et sûrement avant la première trompette. L'auteur leur oppose 1 Corinthiens 15:51-52 : la transformation et la résurrection des morts en Christ ont lieu « à la dernière trompette ». Il se demande si la dernière trompette peut sonner avant la première. Il identifie cette trompette à la septième de l'Apocalypse, où les royaumes du monde deviennent ceux du Seigneur et où vient le temps de récompenser les serviteurs, les prophètes et les saints (Apocalypse 11:15-18). À la résurrection, ce corps mortel revêt l'immortalité, les saints deviennent semblables au Christ glorieux, et c'est là leur grande récompense, « la couronne de justice » que le juste juge donnera « en ce jour-là » (2 Timothée 4:8). Jésus parle aussi d'une récompense « à la résurrection des justes » (Luc 14:14). À moins d'admettre deux dernières trompettes et deux récompenses, il y a donc une prophétie à accomplir entre l'ascension et le retour pour l'épouse. L'enseignement contraire égare les hommes et décourage de prêter attention à la « parole prophétique plus sûre » (2 Pierre 1:19).[210]

La parabole du blé et de l'ivraie (Matthieu 13:24-30) est rapportée à l'Église de l'Évangile et non aux Juifs. La moisson est la fin de l'âge, et à ce moment les anges rassemblent d'abord l'ivraie pour la lier en bottes. Pendant ce travail invisible des anges, le « blé » reste à ses occupations ordinaires, au moulin, aux champs. Étant enfants de la lumière, ces chrétiens ne sont pas surpris par ce jour : ils savent que la moisson est en cours et que l'épouse « se prépare ».[211]

Le texte du Seigneur à Noé se poursuit : en dépit de l'aveuglement des hommes qui plantent et bâtissent sans rien savoir, comme aux jours de Noé, les vrais enfants de la lumière connaissent le temps de leur visitation.[212]

Le sabbat

Peu de chrétiens qui observent le « jour du Seigneur », le premier jour de la semaine, savent expliquer pourquoi. Leur première réponse serait que Dieu l'a commandé. Or le commandement porte sur le septième jour, qui n'est pas celui que l'on garde.[213]

L'Église chrétienne observe le premier jour parce que le Christ est ressuscité ce jour-là. Ce jour est présenté comme celui où la nouvelle création a commencé et où l'immortalité de l'homme a été assurée par la résurrection du « premier-né ». Les chrétiens le consacrent au culte de Dieu comme des fils, non comme des serviteurs qui obéissent à un ordre que Dieu n'a donné nulle part. C'est un service volontaire, offert par des sous-prêtres qui présentent des « sacrifices spirituels » (1 Pierre 2:5). Les chrétiens ne sont plus sous la loi des commandements « charnels », qui règle seulement la conduite extérieure, mais sous la loi de l'amour. Celui qui aime n'a pas besoin qu'on lui interdise de tuer, de voler ou d'adorer un autre dieu.[214]

Les commandements charnels ne concernaient donc que la « semence charnelle ». La Loi est un précepteur qui conduit au Christ, et celui qui entre dans son école en est libéré. À l'objection que le Christ a déclaré qu'aucun trait de la Loi ne passerait avant que tout soit accompli, la réponse est que la Loi ne passe qu'à mesure de son accomplissement, et que certains de ses éléments restent à accomplir. Ceci vaut pour l'ensemble de la Loi, types compris. Le jour des expiations en fournit un exemple : il représente en une journée tout l'âge de l'Évangile. Le grand prêtre a offert des taureaux et des boucs et porté leur sang dans le lieu saint ; de même le Christ, grand prêtre, est entré dans le lieu saint « non fait de main d'homme » pour comparaître devant Dieu pour les croyants (Hébreux 9:24). Le grand prêtre typique est sorti bénir le peuple qui attendait ; le Christ sortira de même, et en lui toutes les familles de la terre seront bénies (Genèse 12:3). Cette bénédiction du peuple est la partie du type qui reste à accomplir.[215]

La Pâque est un autre type partiellement accompli. L'Agneau a été immolé il y a 1800 ans, et durant toute cette « nuit » les chrétiens appliquent le sang de l'aspersion et mangent l'Agneau avec des « herbes amères », qui représentent les souffrances. Le Christ est formé en eux, espérance de la gloire. Au « matin », tous les premiers-nés seront épargnés : cette partie reste à venir. Le lecteur est exhorté à veiller pour être jugé digne d'échapper à ce qui va venir sur la terre (Luc 21:36).[216]

Certains éléments de la Loi sont donc accomplis et terminés, d'autres restent en vigueur parce qu'ils ne sont pas accomplis. La loi des commandements charnels appartient au premier groupe : le Christ l'a abolie en la clouant à sa croix, et il n'y a plus de condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ (Romains 8:1-2). Le sabbat, lui, est à la fois un commandement et un type. Comme commandement, il a pris fin à la croix. Comme type, il se divise en deux parties, l'une accomplie et l'autre non. Le mot « sabbat » signifie « repos », et il y avait des sabbats de jours et des sabbats d'années.[217]

Les sabbats d'années sont au nombre de trois : la septième année, la quarante-neuvième (7 × 7) et la cinquantième, qui est le jubilé. Le jubilé contient tous les sabbats plus petits. Cette année-là, chacun rentrait en possession de son héritage, quelle que soit sa perte : c'est un type des « temps de la restitution de toutes choses » (Lévitique 25). La grande restitution rendra à l'homme, par le nouveau représentant, ce qu'il a perdu par le premier Adam, car « comme tous meurent en Adam, de même tous revivront en Christ » (1 Corinthiens 15:22). La vie éternelle n'est pas restituée à l'homme, car il ne l'a jamais possédée : il était à l'épreuve, avec la promesse de la vie éternelle s'il obéissait, et cette obéissance est accomplie en ceux qui rendent l'obéissance de la foi.[218]

Les sabbats d'années, qui sont des multiples les uns des autres, ont aussi une signification de durée : le « jubilé des jubilés », l'antitype, s'atteint en multipliant le sabbat complet par lui-même, soit 50 fois 50, ou 2500 ans. Le cycle antitypique ne commence qu'à la fin des cycles typiques. Neuf cent cinquante ans après le début du système des jubilés, Dieu en a fait cesser l'observance extérieure par la captivité. Selon la chronologie biblique, les 2500 ans se sont achevés en 1875, date à laquelle le monde est entré dans les « temps de la restitution », pendant lesquels le Christ règne jusqu'à ce qu'il ait soumis tous ses ennemis. Le royaume n'est pas encore rétabli, ce qui conduit beaucoup à douter de cette entrée. La réponse est que le temps de détresse est déjà commencé et doit croître jusqu'au renversement de tous les gouvernements des Gentils. Ce renversement dégage la place, comme la Palestine doit être vidée avant la restauration d'Israël, et il fait partie de l'œuvre de restitution. La restitution est pour le monde, tandis que les saints entrent en même temps dans la joie de leur Seigneur, le repos qui reste pour le peuple de Dieu (Hébreux 4:9).[219]

Les sabbats de jours

Les sabbats de jours sont également trois : le septième jour, le quarante-neuvième (7 × 7) et le cinquantième. Leurs multiples culminent au cinquantième jour. Contrairement aux sabbats d'années, ils devaient toujours être gardés, que ce soit dans le pays d'Israël ou chez les ennemis, et le Christ lui-même y a obéi jusqu'à leur fin. Ces types ont cessé à la croix. Depuis la résurrection, un dernier cycle de cinquante jours a commencé, et son antitype est arrivé à la Pentecôte, quand les disciples ont connu pour la première fois le repos de la foi. Il n'y a pas seulement un repos qui reste pour le peuple de Dieu : ceux qui croient « entrent dans le repos » (Hébreux 4:3), celui dont parle Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués » (Matthieu 11:28). Cet accomplissement a eu lieu quand ils ont reçu les prémices de l'Esprit, joie et paix dans l'Esprit saint.[220]

Le chrétien peut donc jouir à chaque heure du vrai sabbat dont le sabbat de la Loi n'était que l'ombre. L'Israélite pouvait garder le sabbat de jours partout, parmi ses frères ou ses ennemis, alors que les sabbats d'années ne se gardaient que dans son pays. De même, les chrétiens, citoyens d'un pays lointain, pèlerins et étrangers, ont dès maintenant le repos dans le Christ, une paix que le monde ne peut ni donner ni enlever. Ils ne doivent pas attendre l'amitié du monde, qui est inimitié contre Dieu (Jacques 4:4), mais le Christ promet : « En moi vous aurez la paix » (Jean 16:33).[221]

Ceux qui n'ont pas ce repos en ont, selon l'auteur, deux raisons. La première est un manque de consécration complète à Dieu : le corps, l'esprit, tout, jusqu'à la réputation. Le consacré cherche à connaître la volonté du Seigneur et à l'accomplir, par exemple en se faisant baptiser à la ressemblance de sa mort ou en donnant aux pauvres. La seconde est le manque de foi. Certains déposent leurs fardeaux aux pieds du Seigneur, puis les reprennent en se relevant. Le texte invite à croire que « toutes choses concourent au bien » (Romains 8:28) et que Dieu ne refuse aucun bien à ceux qui lui sont consacrés. Il cite un cantique, « Quel ami nous avons en Jésus », et la page se termine par les initiales de l'auteur de l'exposé.[222]

Une raison de notre espérance

Les chrétiens sont exhortés à être prêts à rendre compte de leur espérance, avec douceur et crainte (1 Pierre 3:15). La génération présente est présentée comme témoin du grand changement entre l'âge de l'Évangile et l'âge du millénium. Comme aucune prophétie n'est d'interprétation particulière (2 Pierre 1:20), une mesure du temps ne peut être comprise isolément : un plan d'ensemble est esquissé et une seule partie est démontrée.[223]

Les deux âges, l'un issu des douze tribus et l'autre des douze apôtres, sont dans un rapport de type à antitype, le naturel d'abord et le spirituel ensuite. Jusque dans le détail, Jacob a douze fils et le Christ douze apôtres ; Jacob en perd un et deux sont choisis à sa place, le Christ en perd un et deux sont choisis ; pourtant on ne reconnaît jamais que douze. Les premiers sont engendrés de la chair, les seconds de l'Esprit. Le premier âge avait un royaume terrestre, une ville, un sanctuaire, des sacrifices, une tente, un temple, de l'encens, une prêtrise et un culte, tandis que le second a l'équivalent céleste de chacun (Hébreux 8:5). Le Christ est envoyé dans la chair au premier, et il vient comme Dieu pour le second. Son premier avènement a fermé l'âge juif et ouvert un âge supérieur ; le second doit fermer l'âge présent et inaugurer le royaume. L'auteur annonce que Moïse et les prophètes établissent par deux lignes d'argument distinctes que les deux âges sont « d'une même mesure et d'une même taille ».[224]

Le premier avènement comprenait plusieurs étapes, et le second aussi. Les prophéties sur sa venue pour son Église diffèrent autant de celles sur sa venue au mont des Oliviers que la crèche diffère de « voici ton roi qui vient à toi, plein de douceur ». Dans la première, le Seigneur vient dans notre atmosphère et les saints sont enlevés de la terre ; dans la seconde, il vient avec ses saints. Les deux étapes seraient séparées de plusieurs années.[225]

Le premier avènement, avec l'œuvre de clôture de l'âge juif, couvre la période allant de la naissance de Jésus à la destruction de Jérusalem. Elle se découpe ainsi : la conception et la naissance de Jésus ; trente à trente et un ans plus tard sa venue comme l'Oint, qui clôt les « sept semaines et soixante-deux semaines » (Daniel 9:25) ; trois ans et demi de ministère public, au milieu de la « semaine » où il est retranché ; la seconde moitié de cette semaine, qui complète les soixante-dix, consacrée à rassembler le reste élu, dont Paul se compte, avant que Dieu abandonne les Juifs pour se tourner vers les Gentils ; enfin, après cette semaine où l'alliance nouvelle est confirmée, trente-trois ans et demi de jugements qui renversent la nation.[226]

Chacun de ces points aurait son parallèle exact à la fin de l'âge de l'Évangile. La mesure part de la mort de Jacob, où commence l'âge des douze tribus, et de la mort du Christ, où commence l'âge de l'Évangile. À la même distance de temps, de ce côté-ci de la mort du Christ, que la naissance de Jésus de ce côté-ci de la mort de Jacob, se trouve la fin d'une période prophétique qui a ému les nations chrétiennes comme la naissance de Jésus a ému la nation juive : les 2300 jours de Daniel 8 et le mouvement de 1843-1844. Trente ans plus tard, trois périodes chronologiques et prophétiques se terminent, et le monde chrétien est de nouveau éveillé. Les sept ans de 1873-1874 à 1880-1881 sont présentés comme la « moisson » de l'âge de l'Évangile, comme la « semaine » l'était pour l'âge juif. La fin des trente-trois ans et demi de jugements, qui ont pris fin en l'an 70 de notre ère, a pour parallèle la fin des temps des Gentils en 1914. Les « sept temps » valent 2520 ans, et en les comptant à partir de la livraison de Jérusalem aux Gentils lors de la captivité, en 606 avant notre ère, on arrive à 1914. L'auteur juge cette position claire et sans réplique.[227]

Si le second avènement est dans ce rapport avec le premier, le délai de l'Époux (Matthieu 25:5) doit durer trente ans après que l'avènement a commencé en un certain sens. Les détails de l'expiation s'accordent avec cela (Lévitique 16). La cérémonie du bouc émissaire est la dernière de l'expiation, et c'est par elle que les péchés sont emportés. L'âge de l'Évangile, pendant lequel le Christ comparaît devant Dieu pour les croyants, est le jour des expiations, et le dernier acte, lié à son apparition la seconde fois (Hébreux 9:28), est l'effacement des péchés. Le grand prêtre sort à la porte de la tente avec le bouc émissaire, puis rentre et y demeure. L'auteur compare ce raisonnement au pantographe : on connaît le bras court, et chaque trait du crayon se reproduit au bout du bras long. Le Christ est resté trente ans dans sa tente terrestre avant de commencer son œuvre de Seigneur de la moisson, et les deux, le modèle et le « véritable », doivent être « d'une même mesure et d'une même taille ».[228]

Les 2300 jours

Les 2300 jours marquent la première étape de l'avènement, non vers la terre, mais hors du lieu saint, avant les trente années d'attente : « Jusqu'à deux mille trois cents soirs et matins ; alors le sanctuaire sera purifié » (Daniel 8:14). La vision est donnée la troisième année de Balthazar et se nomme « la vision des jours ». Elle traverse les empires médo-perse, grec et romain, mais ne retient Daniel qu'à cause de son rapport avec le peuple de Dieu. Les Perses devaient rétablir les Juifs et, par là, le sacrifice quotidien. Le peuple et le sanctuaire seraient foulés aux pieds pendant la montée et la chute des empires, mais à la fin des « jours » le sanctuaire serait purifié.[229]

Cette vision couvre l'Église juive, depuis le rétablissement du sacrifice quotidien, puis l'Église de l'Évangile, et va jusqu'à la « dernière fin de l'indignation » (Daniel 8:19), c'est-à-dire jusqu'à la fin des temps des Gentils. Certains pensent qu'elle ne concerne que les empires perse et grec et qu'elle s'achève avec Antiochus Épiphane, prince grec qui a profané le sanctuaire. L'auteur rejette cette lecture : la vision montre aussi une puissance devenue extrêmement grande, qui enlève le sacrifice quotidien et se dresse contre le « Prince des princes », le Christ. Les rois de la terre se sont dressés contre lui sous Hérode, Ponce Pilate et les Juifs (Actes 4:26). Cette troisième puissance est donc Rome. Gabriel explique aussi à Daniel le bélier, le bouc et le roi d'aspect féroce, qui sera brisé sans main d'homme (Daniel 8:25, Daniel 2:34), et cela confirme qu'il s'agit de l'empire romain. Une période qui couvre tant d'histoire doit donc se comprendre en années, les « jours » étant des symboles d'années.[230]

Ni Gabriel ni Daniel n'ont compris la vision : « J'étais stupéfait de la vision, mais personne ne la comprit » (Daniel 8:27). Le texte rapproche ce passage de 1 Pierre 1:11, où les prophètes cherchaient quel temps l'Esprit du Christ indiquait. Il renvoie aussi à la déclaration que personne ne connaît le jour ni l'heure, pas même les anges. Cela ne doit pas décourager : les prophètes ont servi non pour eux-mêmes mais pour ceux à qui l'Évangile est annoncé. Aux saints, « participants de l'appel céleste », aucun mystère n'est caché, car le Christ leur a fait connaître tout ce qu'il a entendu de son Père, à mesure que cela devient dû. Le temps et la manière du temps jusqu'à la « gloire » doivent être connus « au temps de la fin », mais seulement des « sages » (Daniel 12:10).[231]

Quelques années après cette vision, Daniel cherche de nouveau à comprendre le temps et la manière du temps. Gabriel, qui se tient en présence de Dieu, reçoit alors une commission qui exige une rapidité inhabituelle : « Soixante-dix semaines sont déterminées sur ton peuple et sur ta ville sainte » (Daniel 9:24). L'auteur soutient que la vision à laquelle Gabriel se réfère est « la vision des jours », puisque Gabriel avait reçu l'ordre de la faire comprendre à Daniel (Daniel 8:16), n'y était pas parvenu et revient la lui expliquer. Pour lui, il n'y a pas deux opinions possibles : les soixante-dix semaines font partie des 2300 jours. La question « jusques à quand la vision, concernant le sacrifice quotidien… » suppose que la première partie, le « quotidien », appartenait à l'âge juif et le reste à ce qui suit son abolition.[232]

Les soixante-dix septènes, soit 490 ans, se terminent avec la « semaine » où l'alliance est confirmée. L'apôtre fait du passage de l'ancienne alliance à la nouvelle, confirmée par la mort du testateur, un sujet très clair. La nouvelle alliance a été confirmée aux Juifs et aux Gentils pendant cette dernière semaine, où il a fait cesser le sacrifice et l'oblation. Si l'on retranche 490 des 2300, il reste 1810, qui conduisent à la purification (en marge : justification) du sanctuaire. Le mouvement de 1843-1844 en est issu sans surprise : l'Église a toujours compris que les « soixante-dix semaines » conduisaient au premier avènement, donc le reste de la « vision des jours » s'achève là où commence la purification du sanctuaire. L'erreur de ce mouvement est de ne pas avoir compris la manière de l'avènement.[233]

Le premier avènement appartient au modèle de l'âge juif, et il sert de guide à l'ordre des événements du second. Ceux qui attendaient en 1843-1844 n'avaient donc pas à s'attendre à voir s'accomplir tout l'avènement dès sa première étape. Ce mouvement prématuré est annoncé par la prophétie et s'accorde avec le fait que le Seigneur devait tarder. La parabole des vierges (Matthieu 25) se situe, contrairement aux autres, à la fin de l'âge de l'Évangile : un mouvement prématuré a lieu, les vierges s'endorment pendant que l'Époux tarde, puis un second mouvement se termine par sa venue et par les noces.[234]

Le sanctuaire : de quoi s'agit-il ?

Le mot hébreu rendu par « sanctuaire » dans ce passage est koh-desh. Il est traduit par « ville sainte » en Daniel 9:24 et par « saints » en Deutéronome 33:2. Le mot mik-dahsh, employé en Daniel 8:11, Daniel 9:17 et Daniel 11:31, ne désigne jamais le peuple ni l'Église.[235]

Le sanctuaire à purifier, ou à justifier, à la fin des 2300 jours est l'Église de l'Évangile. Cinq raisons sont données. Premièrement, elle est le sanctuaire, la demeure de Dieu, de l'âge présent. Deuxièmement, elle doit être purifiée pour être présentée à Dieu sans tache ni ride (Éphésiens 5:27), avant que l'Épouse soit prête. Troisièmement, à la fin des 2300 jours il n'y a rien à purifier, sinon ce qui est d'ordre céleste (Hébreux 9:23). Quatrièmement, seuls le peuple juif, l'« armée », et l'Église de l'Évangile, le « sanctuaire », remplissent les conditions : tous deux ont été foulés aux pieds, l'Église doit être purifiée par « le meilleur sacrifice », et les Juifs cesseront d'être foulés aux pieds à la fin des temps des Gentils. L'Église est purifiée avant la restauration des Juifs, qui restent aveugles jusqu'à ce que la plénitude des Gentils soit entrée, et la promesse ne concerne que le sanctuaire. Cinquièmement, tout ce qui doit être purifié par le meilleur sacrifice l'est avant que le grand prêtre sorte vers le peuple ; cela ne peut donc pas être quelque chose qui est purifié après sa venue.[236]

Aucun autre argument sur les 2300 jours ne réunit les deux âges, le naturel et le spirituel, avec autant de beauté et de logique que cette application du sanctuaire à l'Église de l'Évangile. La purification, c'est-à-dire l'effacement des péchés, est le dernier trait de l'expiation, juste avant la sortie du grand prêtre. Les 2300 jours, qui s'achèvent 1810 ans après les 70 semaines, atteignent le début de cette purification. Si l'œuvre du Christ comme grand prêtre dans le lieu saint a demandé plus de 1800 ans, l'œuvre antitypique du bouc émissaire peut bien en demander 30. Ces trente ans d'attente de l'Époux dans le « tabernacle qui n'est pas fait de main d'homme », pendant lesquels cette œuvre s'accomplit selon la loi, sont le parallèle des trente ans passés dans son tabernacle terrestre lors du premier avènement. Que le second avènement soit réglé sur le modèle du premier n'a rien de plus surprenant que les autres parallèles entre le temple terrestre et le temple spirituel, ou entre les sacrifices terrestres et spirituels. Sans cela, plusieurs passages bibliques seraient rompus et la série de parallèles resterait incomplète.[237]

L'auteur se dit pleinement persuadé que la première étape de la sortie du grand prêtre a commencé le dixième jour du septième mois, à l'automne 1844. D'après d'autres arguments, la seconde étape a eu lieu à l'automne 1874, date à laquelle la « moisson » de l'âge de l'Évangile aurait commencé. Cette moisson dure sept ans, parallèle de la « semaine » pendant laquelle s'est accompli le travail de clôture de l'âge juif et d'introduction de l'âge de l'Évangile. Suivent trente-trois ans et demi de jugements sur les nations, parallèle des trente-trois ans et demi qui séparent la fin de cette « semaine » de l'an 70. À la fin des sept ans de moisson, l'Épouse sera « rassemblée sur la mer de verre » : cette position n'est pas une translation, mais un état de victoire complète sur le monde. À partir de là commencent les jugements sur l'ivraie (Matthieu 13:40) et le foulage de la cuve (Apocalypse 14:20), et le Psaume 91 s'accomplira littéralement : aucun de ces vainqueurs ne mourra, car la mort est un mal.[238] L'auteur ne sait pas combien de temps ils vivront ainsi par la foi. Cela dure seulement tant que le Christ foule seul la cuve ; quand il vaincra les nations, ses saints seront revêtus de puissance et seront avec lui (Apocalypse 2:26, Apocalypse 17:14).[239]

La résurrection

La question est examinée sous un angle qui commence dans le numéro précédent : Dieu, et lui seul, s'occupe de l'homme naturel, et l'œuvre du Christ ne commence qu'avec la vie nouvelle. Le Père relève donc les morts de leur condition. Le Christ relève ceux que le Père lui a donnés, non de la mort physique mais de la condition mortelle : « L'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'entendront vivront » (Jean 5:25). Tous les hommes sont comptés comme morts, faute de vie spirituelle ; le Christ, et lui seul, donne cette vie à tous ceux que le Père lui donne.[240]

Le chrétien est appelé une nouvelle créature, et pourtant il subit la même mort physique que les autres hommes. Sa vie nouvelle, par la foi au Fils de Dieu, n'est pas encore possédée en réalité (Romains 8:2-6) ; il y entre vraiment quand « le mortel est englouti par la vie ». C'est à cette vie que le Christ relève les siens au dernier jour. Pour eux, le relèvement est double : Dieu les relève de la mort physique, et le Christ de la condition mortelle. Les deux effets peuvent coïncider dans le temps, mais sont l'œuvre d'abord du Père, ensuite du Fils. Cette distinction s'inscrit dans le partage du travail qui traverse tout le plan.[241]

Que le Père relève les morts est répété à de nombreuses reprises, tout comme le fait qu'il a relevé le Christ et qu'il relève les morts en Christ. « Tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix et sortiront » : les uns pour la résurrection de vie, les autres pour le jugement, mot rendu à tort par « condamnation » (Jean 5:28-29). Cela semble contredire 1 Corinthiens 15:44, mais comme le travail est double, il reste vrai que les morts en Christ sont « semés corps naturel, ressuscités corps spirituel ». Les contradictions apparentes de la Bible sont voulues. Dieu relève tous les hommes de la mort naturelle et le Christ les relève de la mort spirituelle, avec des exceptions dans les deux cas ; pour le second, ce sont ceux qui périssent au cours du développement spirituel.[242]

Le Christ avait le pouvoir de donner sa vie et de la reprendre, mais il n'a pas usé de ce pouvoir : comme nous, il est mort de la mort adamique, et c'est Dieu qui l'a relevé (Actes 2:32, Actes 3:15, Actes 4:10). Croire que Dieu l'a relevé est une condition du salut (Romains 10:9). Si l'Esprit de celui qui a relevé Jésus habite dans le croyant, Dieu rendra aussi la vie à son corps mortel (Romains 8:11). En rapprochant ce verset de Jean 5:21, l'auteur conclut que Dieu relève tous ceux qui meurent, tandis que le Christ relève les morts en Christ et les morts hors du Christ, et qu'il ne communique que la vie spirituelle. Il n'a donc rien à voir avec la vie naturelle ni avec l'état de mort naturelle, sauf pour son œuvre propre de régénération. Pour communiquer sa nature aux hommes, il devait devenir l'un d'eux ; il est donc mort, puis il est ressuscité et revenu à la vie, pour être « Seigneur des morts et des vivants ». Toute autre lecture mettrait Romains 8:11 en contradiction avec Jean 6:44, alors que la ligne tracée entre l'œuvre du Père et celle du Fils rétablit l'accord.[243]

Questions et réponses

À la question de savoir comment Adam, créé le sixième jour, a pu vivre le septième si les « jours » de la création sont de vastes périodes géologiques, la réponse est que la plus longue période a une fin : la création s'achève à la fin du sixième jour et le septième commence. Le mot « jour » désigne presque n'importe quelle période indéterminée. Le septième jour, celui du repos de Dieu, n'est pas encore terminé d'après ce qui est révélé ; en Hébreux 4:10, le repos du croyant est une période infinie, et au verset 7 un « jour » limité représente des âges. L'expression hébraïque « soir et matin » fait penser à des jours de vingt-quatre heures, mais le récit de Moïse peut s'accorder avec la géologie aussi facilement que « le lever du soleil » ou « les bouts de la terre » s'accordent avec la géographie et l'astronomie. Le soleil et la lune arrêtés s'expliquent par une apparence : Dieu a prolongé le jour. Moïse raconte la création en témoin oculaire, comme tout prophète à qui les événements sont donnés à voir. Il la reçoit en une révélation de six jours : la terre lui apparaît à son état le plus ancien, « informe et vide », puis, au fil des changements produits par les lois physiques, il voit naître la lumière, le premier jour. Il voit ensuite des mouvements puissants dans les nuées qui entourent le globe primitif de feu liquide, les eaux étant retenues en vapeur, puis le refroidissement divise les eaux d'en haut, dont une partie tombe en pluie : c'est le deuxième jour. Dans cette révélation, Dieu a ainsi fait la grande division en sept, nombre parfait des Écritures.[244]

Sur Genèse 2:9, le fruit de l'arbre ne possédait pas en lui-même le pouvoir de donner la connaissance du bien et du mal. Dieu avait interdit un acte ; c'est la désobéissance et le sentiment de culpabilité qui ont permis à l'homme de distinguer le bien du mal. Il connaissait déjà le bien, puisque tout ce que Dieu avait fait était bon, mais il devait aussi faire l'expérience du mal pour les distinguer.[245]

Jésus peut rester notre médiateur selon le type de la loi, même s'il est sorti du lieu très saint en 1843-1844, et il ne pourrait pas l'être sans en sortir avant d'accomplir le type du bouc émissaire. L'expiation n'a pas été achevée dans le lieu très saint : elle l'a été après sa sortie dans le tabernacle, mais avant son apparition au peuple.[246]

À un correspondant qui demande ce que comprend le fait d'être saint, la réponse est que, même en accomplissant tout ce qui est commandé et en vivant des années sans péché, seule la foi est comptée pour justice. Le « lavage de la régénération » consiste à s'approprier le Christ par la foi et à être compté en lui. En tant que nouvelles créatures en Christ, les croyants sont aux yeux de Dieu une partie de son Fils bien-aimé et saints comme lui. Cette sainteté est en cours de formation et possédée par la foi ; Dieu « appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient ». La foi est proportionnelle à la connaissance de Dieu, et l'Esprit n'enseigne que par la Parole. Toute religion sensationnelle, toute joie ou exaltation qui ne s'appuie pas sur la connaissance des Saintes Écritures est donc « une imposture et une illusion du Diable ».[247]

Enfin, si la première année de Cyrus est 536 avant notre ère, comment le temps entre l'ordre de restaurer Jérusalem et le Messie, le Prince, peut-il être de 69 semaines seulement ? La « sortie de l'ordre » est son entrée en vigueur, non son enregistrement par Cyrus. L'ordre est resté de nombreuses années dans le trésor du roi (Esdras 5:17) et n'a pris effet que sous le règne d'Artaxerxès.[248]

L'amour merveilleux de Dieu

L'amour du Père est manifesté dans le don de son Fils, propitiation pour nos péchés et pour ceux du monde entier (1 Jean 3:1, 1 Jean 4:10, 1 Jean 2:2), afin que les croyants vivent par lui. Il se déploie dans le « plan des âges » : Dieu dit à Israël « Je t'ai aimé d'un amour éternel » (Jérémie 31:3) et a racheté son peuple par son amour et sa pitié (Ésaïe 63:9). Cet amour est sans limite et atteint tous les hommes ; ce qui sera dévoilé « dans les siècles à venir » pour les vivants et les morts est présenté comme une riche provision. Alors le Fils de Dieu, uni à son Épouse, régnera sur les nations jusqu'à ce que toute puissance et toute autorité soient soumises et que Dieu soit « tout en tous ». L'œuvre commune proposée au commencement, « Faisons l'homme à notre image » (Genèse 1:26), sera alors accomplie : Dieu est l'auteur de la vie naturelle et le Christ de la vie spirituelle. L'Épouse, comme Rebecca, type de l'Église, devient la mère de milliers de millions, et sa postérité possède les portes de ses ennemis (Genèse 24:60). Le texte est signé de Mme N. H. Barbour.[249]

Correspondance

Le révérend Wm. V. Feltwell, de l'Église épiscopalienne réformée de Philadelphie, écrit à propos de 1 Pierre 2:24 (« lui-même a porté nos péchés »). Il croit que l'original éclaircira la difficulté que ce passage pose à beaucoup, et peut-être toute la question de la substitution. Il juge sentimentale la doctrine populaire du sacrifice substitutif du Seigneur. Il ne voit aucune idée de substitution dans la chute du premier Adam et de ses descendants, ni dans le second Adam et sa postérité, et dit s'intéresser aux arguments de la revue sur l'expiation.[250]

Une note de la rédaction se réjouit de voir des frères abandonner le sentimentalisme attaché à ce sujet, en particulier l'idée que Dieu aurait fait une loi satisfaite par le châtiment d'un innocent, ce qui déshonore l'idée d'amour et de justice. Si le Christ a souffert comme substitut pour les péchés de chacun, la justice ne pourrait permettre de punir personne pour ses propres péchés. Mais si le Christ a ouvert un chemin par lequel l'homme est conduit à une vie plus haute et glorifie Dieu, le plan est en accord avec le dessein initial de Genèse 1:26. L'auteur, comme Feltwell, ne voit de substitution ni dans la génération ni dans la régénération.[251]

B. F. Johns, de Meyersdale (Pennsylvanie), aime lire la revue, dont on dit moqueusement qu'il est « marié » avec elle. Il l'avait d'abord condamnée, puis, en lisant et relisant et en comparant avec la Bible, il a vu la beauté des prophéties, des types et de l'harmonie de la Bible. Il se dit heureux de la gloire proche et un peu timide à offrir la revue à d'autres, mais ces vérités l'ont tellement sanctifié qu'il souhaite que tous les vrais croyants reçoivent le Herald of the Morning, « l'Étoile du jour » qui se lève.[252] W. S. Gallegly, de Lick Creek (Illinois), remercie Dieu d'avoir pu voir ces vérités. Peu de personnes oseraient en parler dans son voisinage, mais la lumière gagne du terrain lentement. La Bible est devenue pour lui un livre entièrement nouveau depuis qu'il lit la revue.[253]

Nancy Manning, de Weld (Maine), lit Les Trois Mondes (Three Worlds) et le dernier numéro de la revue et les compare avec la loi et le témoignage. Elle dit apprécier l'amour de Dieu, refuse de le limiter à l'âge présent et croit que, dans les âges à venir, il montrera les richesses de sa grâce : Dieu veut que tous les hommes parviennent à la connaissance de la vérité, quand le voile de ténèbres sera levé et que les nations marcheront dans la lumière de l'Épouse glorifiée. Elle joint un dollar pour un abonnement de deux ans.[254] John Umstadt, de Holden (Missouri), écrit qu'il ne se passerait de la revue pour rien au monde : même si l'auteur se trompait en la moitié de ce qu'il dit, ce serait encore le meilleur journal qu'il ait lu, parce qu'il oriente l'esprit dans la bonne direction.[255] C. A. Conde, de Philadelphie, juge les articles sur l'expiation clairs et complets, surtout le dernier, et ajoute que les comprendre ainsi dissiperait une bonne part du mystère sur l'œuvre du Sauveur venu sur la terre.[256]

H. B. Rice, de West Oakland (Californie), prédicateur chez les Disciples depuis six ou sept ans, a reçu des numéros de la revue d'un envoyeur inconnu. Les vues lui sont nouvelles et il veut les examiner avec soin. Il demande si l'application de Jean 16:13 (« vous conduira dans toute la vérité ») à l'Église de l'Évangile signifie que l'Esprit donne de nouvelles révélations aux chrétiens d'aujourd'hui, ou qu'on est conduit dans toute la vérité par les Écritures ; dans ce second cas, il est d'accord. La rédaction répond que l'Esprit conduit uniquement par la Parole, et que l'Esprit lui-même doit être mis à l'épreuve par elle (Ésaïe 8:20). Un enseignement qui irait au-delà de ce qui est écrit ne pourrait être vérifié ; la revue n'accepte donc aucune prétendue vérité sans chapitre et verset.[257]

M. H. Bottsford, d'East Berlin (Connecticut), se réjouit de la « lumière de la vérité présente » : la revue est pour elle « viande et boisson ». Elle attend et veille, convaincue que « celui qui doit venir viendra, et ne tardera pas », et discerne par la foi l'Épouse, corps du Seigneur, dans sa parure de noces. Elle dit connaître déjà un avant-goût de l'union spirituelle avec l'Époux céleste et joint « l'obole de la veuve ».[258]

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Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 8.
  2. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 19.
  3. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 7.
  4. ↑ SCHULZ Bruce W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 2, p. 542-543 : « As early as 1674, commentators suggested that 'present truth' was connected to predictive prophecy. »
  5. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 8.
  6. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  7. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 1.
  8. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 17.
  9. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 30 : « But if you had solved that problem in seven different ways, all independent of one another, and in each and every case reached the same result, you would be a fool any longer to doubt the accuracy of that result. »
  10. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 18.
  11. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 19.
  12. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 39-41 : « Les 2 300 ans de Daniel VIII : purification du « sanctuaire » (l'église), résurrection puis rédemption complète. »
  13. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  14. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 18.
  15. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 45-46 : « En 1840 John Dowling publia une critique de Miller dans laquelle il affirma que les 2 300 soirs et matins de Daniel correspondaient à 1 150 jours de 24 heures à l'époque du roi séleucide Antiochos IV identifié à la petite corne de la prophétie ».
  16. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  17. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 23-24 : « That the command to rebuild Jerusalem was given in 457 BC was confirmed by the prophecy's fulfilment 490 years later in AD 33 with the crucifixion of Jesus. »
  18. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 15.
  19. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 114-116 : « On ajouta 49 cycles jubilaires de 50 ans, soit 2450 ans et on aboutit à 1844 qui aurait dû être l'année du jubilé (= du retour du Christ). »
  20. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 15.
  21. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 52-56 : « Autour de Joseph Bates et sous l'influence des baptistes du septième jour, un groupe d'adventistes se mirent à respecter le jour du Seigneur le samedi (sabbat) au lieu du dimanche. »
  22. ↑ SCHULZ Bruce W. et DE VIENNE Rachael, Separate Identity, vol. 1, p. 278 : « The Jubilee and Sabbath figures took us to Pentecost, and "since that time to the true believer every day is spiritually a Sabbath." »
  23. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 14.
  24. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  25. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 11.
  26. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 11.
  27. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 11.
  28. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  29. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 313 : « Mankind's ability to know right and wrong came from Adam and Eve's experience of sin. »
  30. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
  31. ↑ Ellen White's Statements About the 5th & 6th Trumpets, Adventist Biblical Research, consulté en 2026.
  32. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 39-41 : « Les 391 ans de la sixième trompette de l'Apocalypse IX, période commencée en 1453 par la prise de Constantinople par les Turcs. »
  33. ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 78
  34. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
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  39. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 5.
  40. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 29-32 : « “The mistake of [Miller and] the 1843 movement was not in the argument proving that the ‘days’ ended there, but in assuming that they covered all the vision,” Barbour wrote. »
  41. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 17.
  42. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 50-51 : « À cette époque, l’idée selon laquelle la seconde venue du Christ devait s’effectuer en deux étapes, la première étant invisible, était très répandue chez les commentateurs ».
  43. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  44. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 52-56 : « Hiram Edson affirma avoir bénéficié d'une vision lui ayant révélé que le 22 octobre 1844 le Christ était passé d'une pièce à l'autre du sanctuaire céleste. »
  45. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
  46. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 29-32 : « besides, Barbour had already asserted that the saints had been resurrected in 1875, something to which Russell had quite evidently agreed. »
  47. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
  48. ↑ Herald of the Morning de octobre 1878, p. 62
  49. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
  50. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 7.
  51. ↑ ZYGMUNT Joseph F., « Prophetic Failure and Chiliastic Identity: The Case of Jehovah's Witnesses », American Journal of Sociology, vol. 75, n° 6, 1970.
  52. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
  53. ↑ Herald of the Morning de juillet 1878, p. 15
  54. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  55. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 11.
  56. ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 29-30 : « Rather, the Ecclesiastical dispensation has intervened and the final week is yet future. That is, the Church exists during a period to which prophecy does not apply. »
  57. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 24-26 : « Those associates, George Storrs, George Stetson, Miles Grant, Joseph A. Seiss and Nelson Barbour, were all subscribers to it ».
  58. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 13.
  59. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
  60. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 4.
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  64. ↑ Barnes, Notes on Revelation 14:20, CCEL, consulté en 2026.
  65. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  66. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 306-307 : « The doctrine of substitution, that is punishing the innocent in place of the guilty, is unscriptural, and obnoxious to all our ideas of justice, or of right and wrong. »
  67. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 305 : « In what way did Christ die for us? We answer not as a substitute. »
  68. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 21.
  69. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  70. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 306-307 : « The whole human family get back in the second Adam all they lost in the first Adam. »
  71. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  72. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  73. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 4.
  74. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 5.
  75. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 52-56 : « Dans l'Advent Herald du 11 décembre 1844, Miller écrivit que la porte était fermée depuis le 22 octobre et qu'il était trop tard pour s'adresser à ceux qui étaient alors indifférents à la propagande adventiste. »
  76. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 8.
  77. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  78. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  79. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 45-46 : « La Conférence Générale se distinguait d'autres millénaristes sur un point important : Israël ne serait pas restauré en Terre sainte. »
  80. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 65-66 : « il participa aux premières réunions lors desquelles Joseph Marsh lança le mouvement des adventistes de l'âge à venir qui admit ses thèses et dont il adopta la croyance selon laquelle le peuple juif serait littéralement restauré dans la terre promise lors du millénium ».
  81. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 9.
  82. ↑ Herald of the Morning de juillet 1878, p. 16
  83. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 9.
  84. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 9.
  85. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, op. cit., p. 223-224 : « His belief that the world of mankind came to salvation after Christ's Second Advent was an extension of Reform [in this case Congregationalist] theology as represented by Jonathan Edwards [1703-1758] and other American colonial-era participants in the first Great Awakening. »
  86. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
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  88. ↑ Hugh Miller, Victorian Web, consulté en 2026.
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  90. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 5.
  91. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 27 : « Dr Nelson H. Barbour (1824–1905), a physician and an independent Adventist preacher who had also been a Millerite and had been connected with Jonas Wendell's circle. »
  92. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 20.
  93. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 19.
  94. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 144 : « En octobre 1875 dans le Héraut (Herald) (note 139), Barbour présentait l'attente adventiste de 1843-1844 comme licite : la chronologie avait été bien calculée et donc ce qui avait été annoncé pour 1874 devait être approuvé puisque s'appuyant sur 1844. »
  95. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 30 : « "The mistake of [Miller and] the 1843 movement was not in the argument proving that the 'days' ended there, but in assuming that they covered all the vision," Barbour wrote. »
  96. ↑ Herald of the Morning de novembre 1878, p. 77
  97. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 5.
  98. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 5.
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  100. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
  101. ↑ Herald of the Morning de octobre 1878, p. 62
  102. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 6.
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  104. ↑ ZYGMUNT Joseph F., « Prophetic Failure and Chiliastic Identity: The Case of Jehovah's Witnesses », American Journal of Sociology, vol. 75, n° 6, 1970.
  105. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 3-4 : « Bible Student–Jehovah's Witness leaders have always argued that the "wrong thing [or things] had happened at the right time." »
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  111. ↑ William Kelly (biblical scholar), Wikipédia, consulté en 2026.
  112. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 11.
  113. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 30 : « The strength of Darby's dispensationalism lay in its refusal to be drawn into the kind of speculations which had previously led only to disillusionment. »
  114. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 24 : « Those associates, George Storrs, George Stetson, Miles Grant, Joseph A. Seiss and Nelson Barbour, were all subscribers to it, as Russell himself likely was, although this cannot definitely be established. »
  115. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 22.
  116. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 24.
  117. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 217 : « However one result of the Philadelphia meetings was that they "found... that such a book was necessary to furnish hearers with chapter and verse for what was claimed." »
  118. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  119. ↑ Reformed Episcopal Church, Encyclopedia.com, consulté en 2026.
  120. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  121. ↑ KNOX Zoe, Jehovah's Witnesses and the Secular World, p. 251 du PDF : « In the August 1878 issue of Herald of the Morning, Barbour denied substitutionary atonement: that Christ, who was innocent, died in place of the guilty. For Russell, this was a rejection of Christ's ransom sacrifice. Russell penned a response repudiating Barbour's views that appeared in the periodical the following month. »
  122. ↑ Herald of the Morning de septembre 1878, p. 39
  123. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 33 : « He openly took issue with Barbour's position on the atonement and obtained Paton's support in an article which was published in the December 1878 Herald. »
  124. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 8.
  125. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 27 : « Barbour and a supporter, John H. Paton, were at first quite perplexed until Benjamin W. Keith, a reader of the Herald, discovered Benjamin Wilson's interlinear Greek-English New Testament translation called the Emphatic Diaglott, in which parousia was rendered as presence. »
  126. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 148 : « Au moins Barbour était soutenu par John H. Paton et Benjamin W. Keith. »
  127. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  128. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 273 : « The New London, Ohio, Record reported that the marriage took place September 27, 1877 at the home of her brother in law, Daniel Y. Jobes, in Honeoye Falls, New York. »
  129. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 246 : « Emeline Barbour's report on the 1878 Springfield event noted Advent opposition. »
  130. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  131. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 181 : « Il s'agissait moins de s'adresser à de grandes foules qu'à rencontrer des adventistes à convaincre. »
  132. ↑ Herald of the Morning de décembre 1878, p. 81
  133. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  134. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  135. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  136. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 24.
  137. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 28 : « Although it bore the names of both men as authors, it was composed entirely by Barbour. »
  138. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 235 : « Though Barbour's book had been published serially in special issues of The Herald and mailed by a "sister" in Rochester, it didn't see publication as a book until mid year 1877. »
  139. ↑ Herald of the Morning de septembre 1878, p. 47
  140. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 24.
  141. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 24.
  142. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 338 : « The paper has never been self-supporting, and particularly not at first, when we sent many thousands of copies to persons who had been readers of the paper of old »
  143. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 27 : « The Herald then declined in publication to 6,000 copies from a peak of 15,000, and its editor was dismissed by most as a misguided – if not a false – prophet. »
  144. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 143 : « Les grands journaux adventistes (Temps de l'Adventiste Chrétien (Advent Christian Times), Crise Mondiale (World's Crisis)) refusèrent de faire connaître l'existence du Héraut du Matin (Herald of the Morning) »
  145. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 246 : « Her report makes it clear that they had been unwelcome in 1877 and banned from the conference grounds in 1878. »
  146. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  147. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  148. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  149. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 23.
  150. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 24.
  151. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 216 : « They also shared items of religious interest, mailing clippings, tracts, papers and such to friends. »
  152. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  153. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  154. ↑ Hugh Rice.
  155. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, op. cit., p. 333 : « Barbour and Russell saw Rice as a "catch" -- as an important addition to their group. »
  156. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 1.
  157. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 1.
  158. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 1.
  159. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 1.
  160. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  161. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  162. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  163. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 2.
  164. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
  165. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
  166. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 3.
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  170. ↑ Herald of the Morning de janvier 1879, p. 4.
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