1881
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| 1881 | |
|---|---|
| Food for Thinking Christians, numéro spécial de Zion's Watch Tower (1881) |
| Chronologie de la Société Watch Tower | |
|---|---|
| Années : 1875 - 1876 - 1877 - 1878 - 1879 | |
| Décennies : 1880s - 1890s - 1900s - 1910s - 1920s | |
1881 est l'année que la revue de Charles Taze Russell attendait. Selon ses calculs, les fidèles vivants devaient être changés en êtres spirituels, et emportés auprès du Christ, au plus tard à l'automne. En février, Russell l'écrit : « nous ne savons ni le jour ni l'heure, mais nous l'attendons en 1881, peut-être vers l'automne »[1]. En mai, elle écrit n'avoir « jamais prétendu » cela[2]. L'automne passe sans changement. La revue annonce alors qu'une « porte » s'est fermée le 3 octobre : celle de l'appel à devenir l'Épouse du Christ[3]. Elle enseigne aussi désormais que les fidèles devront mourir pour être changés[4].
C'est aussi l'année où Russell se donne des moyens. Le 16 février, quatre hommes fondent la Zion's Watch Tower Tract Society, pour distribuer des tracts gratuits[5]. En avril, la revue demande « 1 000 prédicateurs »[6]. Au second semestre, elle fait distribuer aux portes des églises Food for Thinking Christians, à plus d'un million d'exemplaires selon elle[7]. Schulz et de Vienne y voient un effort pour appeler le plus de fidèles possible « avant la translation »[8]. À la fin de l'année, les premiers associés de Russell commencent à partir. Un an plus tard, il reste seul des premiers dirigeants[9].
En bref : les doctrines de 1881
| Doctrine | Origine | Avant 1881 | En 1881 | Ce qu'il en advient |
|---|---|---|---|---|
| Le changement des fidèles, attendu pour l'automne 1881 | Nelson Barbour : en 1879, il place à l'automne 1881 la fin de la récolte de l'Église. Russell l'approuvait dès 1878[10]. Albert Jones en fait cinq preuves en janvier[11] | Mai 1880 : John Paton ne voit aucune raison d'attendre quelque chose « en 1881 plus qu'en une autre année »[12]. Décembre 1880 : « probablement d'ici l'automne 1881, peut-être avant, nous serons changés »[13] | Annoncé, puis nié, puis déplacé. Janvier : la naissance du « petit troupeau » est « un événement attendu en 1881 »[14]. Février : « nous l'attendons en 1881 »[15]. Mai : la revue « n'a jamais prétendu » que les fidèles seraient changés cette année ; seule la porte de l'appel se fermera, « vers le 2 octobre »[16]. Octobre-novembre : « la faveur a maintenant pris fin », et la porte est fermée[17] | Juillet 1882 : « nous n'avons jamais prétendu que les conversions cesseraient » en octobre 1881[18]. 1891 : Thy Kingdom Come garde 1881 comme fin de l'appel[19]. 1911 : l'appel a cessé en 1881, mais la porte reste « entrouverte »[20] |
| Les fidèles vivants devront mourir pour être changés | Selon Penton, l'idée vient de Manuel Lacunza[21] | 1879 : les fidèles vivants seront changés « de corps naturels en corps spirituels »[22]. Septembre 1881 encore : « nous espérons et croyons que nous n'aurons pas à attendre dans la mort comme Paul »[23] | Revirement en octobre-novembre : les membres du corps, « comme leur chef, meurent physiquement ». La revue reconnaît avoir « toujours cru » le contraire[24]. Décembre : « désormais, la mort peut être une bénédiction »[25] | Crompton relève une contradiction durable : tous les fidèles doivent mourir, mais un jour viendrait où les derniers vivants seraient changés[26] |
| L'Église partage le sacrifice du Christ | Peut-être Benjamin Keith, dès 1878, selon Penton[27] | Octobre 1880 : l'offrande du Christ et de son Église est « le prix de la rançon de la vie du monde »[28]. Paton est « lent à accepter cette vue »[29] | Affirmée. Mai : l'Épouse du Christ « est admise à partager le sacrifice de rédemption »[30]. Septembre : le sacrifice ne sera fini que quand « chaque membre de ce corps » aura été offert[31] | Juillet 1882 : l'idée prend le nom de « doctrine du Mystère »[32]. Août 1883 : c'est pour Russell « la meilleure » des vérités reçues[33] |
| Le bouc émissaire et la « grande compagnie » | Russell, dès mars 1880[34] | Octobre 1880 : pour Paton, le bouc émissaire représente les Églises ; pour l'éditeur, la « grande compagnie »[35] | Imposée. Février : la lecture de Russell est présentée comme celle du groupe[36]. Septembre : la grande compagnie aura la vie éternelle, mais « perdra le prix » de l'immortalité[37] | 1935 : Rutherford fait de la « grande foule » une classe terrestre[38] |
| La nature du Christ | La rédaction, contre Paton[39] | Octobre 1880 : la rédaction juge « erreurs graves et nuisibles » l'idée de Paton d'une divinité qui demeure dans l'humanité du Christ[40] | Contredite. Mars : la revue publie sans réponse la même idée, de la main de Paton : le Christ était « à la fois humain et divin »[41]. Juin : Jésus a « transféré sa vie » d'une forme spirituelle à une forme humaine[42]. Juillet-août : il a renoncé à son existence spirituelle « entièrement et pour toujours »[43] | Juillet 1882 : « le premier Fils créé de Dieu »[44] |
| La Trinité rejetée, les saints appelés « dieux » | La rédaction ; un auteur de The Restitution, journal de l'« Âge à venir »[45] | Avril 1880 : le Père et le Fils ne sont « pas plus une seule personne » qu'un père et son fils sur terre[46] | Nouveau ton. Avril : 1 Jean 5:7 est un ajout, et c'est « le seul texte » qui appuie la Trinité[47]. Octobre-novembre : un Dieu en trois personnes est une « hérésie papale »[48]. Décembre : les saints, engendrés de la nature divine, « sont tous des dieux »[49] | Juillet 1882 : Russell rompt ouvertement avec la doctrine protestante de Dieu[50] |
| Pourquoi Dieu a permis le mal | Un tract publié par George Storrs en 1873, tiré du pasteur anglican Henry Smith-Warleigh[51] | Août 1879 : Dieu a permis, et même « voulu », la chute de l'homme[52] | Reformulé. Septembre : Dieu n'a pas seulement prévu la chute, il l'a « prévue dans son plan »[53] | Abandonné pour l'essentiel sous Rutherford[54] |
| Babylone : il faut sortir des Églises | En 1844, Joseph Marsh et George Storrs : une Église organisée par les hommes « devient Babylone »[55] | 1880 : pour Paton, l'organisation tombera, « mais pas les gens »[56] | Durci. Mai : depuis 1878, la revue se sent libre d'appeler les croyants à sortir des Églises[57]. Cet appel doit être obéi « à tout prix »[58]. Décembre : la revue publie une lettre de démission comme modèle[59] | Après 1881, la prédication ne vise plus à convertir, mais à faire sortir des Églises ceux qui sont déjà appelés[60] |
| Prêcher, condition pour être du « petit troupeau » | Russell[61] | Octobre 1880 : Russell suspend ses voyages pour écrire des tracts gratuits[62] | Nouveau. Avril : l'appel aux colporteurs, parce que la porte va se fermer[63]. Juillet-août : « nous croyons que nul ne sera du petit troupeau s'il n'est prédicateur »[64] | Environ 300 colporteurs en 1885 : les 1 000 ne sont pas atteints[65]. Les Étudiants de la Bible ne font pourtant pas de la prédication leur premier devoir, à la différence des Témoins plus tard[66] |
| Le « serviteur fidèle » | La rédaction[67] | Octobre 1880 : pour William Mann, c'est « évidemment une petite compagnie »[68] | Élargi. Octobre-novembre : c'est le « petit troupeau » tout entier, qui donne la nourriture aux croyants[69] | Plus tard, Russell accepte qu'on applique le texte à lui-même. Franz juge trompeur que les Proclamateurs de 1993 ne citent que la déclaration de 1881[70] |
| Baptême | La rédaction ; Jones[71] | Septembre 1880 : le vrai baptême, dans la mort, est « indispensable », et le baptême d'eau est « aussi prescrit »[72] | Allégé. Février : l'eau n'est qu'un symbole, gardé parce que « nous pensons que le Seigneur le désire »[73]. Avril : pour Jones, le baptême et la Cène « passeront » avec la fin de la moisson | Décembre 1881 : l'article de 1880 est révisé ; le vrai baptême devient la mort de la nature humaine[74] |
| Exclusion | La rédaction[75] | Mars 1880 : « nous n'excluons personne pour une opinion »[76]. Septembre 1880 : ceux qui nient la rançon et la présence sont jetés « dans les ténèbres du dehors »[77] | Une première règle. Février : le départ de Barbour accomplit la parabole de l'homme « jeté dans les ténèbres du dehors ». Octobre-novembre : le frère « désordonné » est averti, puis on ne le fréquente plus[78] | Décembre 1882 : nier la rançon, c'est nier « le fondement même de tout le christianisme »[79] |
| 1914 | Barbour, dès 1875[80] | Mars 1880 : « les temps des Gentils vont jusqu'en 1914 »[81] | Gardé, au second plan. Janvier : la moisson dure quarante ans, de 1874 à 1914, comme celle des Juifs[82]. Octobre-novembre : Dieu combattra pour Israël « peut-être vers 1914 »[83]. Food ne donne pas la date[84] | Après 1881, l'attention se porte sur 1914[85]. Voir Prédictions pour 1914 |
Doctrine
La revue a encore plusieurs auteurs. Russell, Paton, Jones, Keith, Mann, Lizzie Allen et John Sunderlin y signent des articles. Paton cesse d'écrire après juin. En février, la revue pose une règle : une vue nouvelle « ne peut jamais contredire une vérité antérieure ». La « lumière nouvelle » ne fait que s'ajouter à l'ancienne[86]. Dans la même année, elle change pourtant la date du changement, sa nature, le sens du baptême et celui du « serviteur fidèle ».
Ce qui change
1881 : la date annoncée, niée, puis déplacée
En décembre 1880, la revue avait écrit la date : les fidèles vivants seraient changés « probablement d'ici l'automne 1881, peut-être avant »[87]. Dans ces textes, le « changement » et l'enlèvement sont un seul événement : le corps humain devient un corps spirituel, et le fidèle rejoint le Christ. L'idée de 1881 vient de Barbour. En juin 1879, il plaçait à l'automne 1881 la fin de la récolte de l'Église[88].
Le numéro de janvier 1881 met la date au centre. Russell écrit que la moisson dure quarante ans, de 1874 à 1914. Ses sept premières années servent à mettre l'Épouse à l'abri, et elles « finissent en 1881 »[89]. Dans le même numéro, la naissance du « petit troupeau » est « un événement attendu en 1881 »[90]. Jones va plus loin. Le changement est dû « d'ici l'automne de notre année 1881 »[91], et il pourrait venir pour certains « avant ce moment »[92]. Il aligne cinq preuves. Ce sont les jours de Daniel, les sept ans de construction du Temple de Salomon, les sept jours de Noé dans l'arche, l'âge d'Aaron et le parallèle avec les Juifs. Deux témoins suffisent, conclut-il, à prouver une cause[93]. Jones fait aussi commencer en 1874 la résurrection des fidèles morts : Daniel se serait levé à l'automne 1874, « ressuscité corps spirituel »[94]. La doctrine la fixera plus tard en 1878[95][96]. Selon Schulz et de Vienne, Russell écrit ici « sans les précautions de Jones »[97].
En février, Russell confirme : « nous ne savons ni le jour ni l'heure, mais nous l'attendons en 1881, peut-être vers l'automne ». À cette date, la porte des noces doit se fermer, et l'appel à être l'Épouse doit cesser[98]. Le même article reconnaît la déception de 1878 : on attendait alors un changement, et tous furent déçus « quand rien de surnaturel ne se produisit »[99]. Russell lit les « nuées » de 1 Thessaloniciens 4:17 comme la détresse qui vient. Selon Schulz et de Vienne, il abandonne ici sa règle d'expliquer l'Écriture par l'Écriture. Il lit les versets à la lumière de son attente[100]. En mars, un lecteur lui demande s'il est d'accord avec les articles de Jones. Il répond : « dans l'ensemble, oui »[101]. En avril, Jones écrit qu'il a « des raisons de croire le temps très court »[102].
En mai, le ton change. Keith prévient : si l'on découvre une erreur sur ce qu'on attend, les conditions pour devenir l'Épouse restent les mêmes[103]. Dans l'article « The Year 1881 », Russell écrit que la revue « n'a jamais prétendu » que les fidèles seraient changés cette année. Elle aurait seulement dit, « à plusieurs reprises », que ce ne pouvait être « avant l'automne 1881 »[104]. Les textes de décembre 1880, de janvier et de février disent le contraire. Le « peut-être avant » de décembre 1880 et le « avant ce moment » de Jones contredisent aussi la seconde affirmation. Ce qui finit à l'automne, précise l'article, ce sont les sept ans de faveur, « vers le 2 octobre »[105]. La porte de l'appel, « non la porte de la miséricorde », sera alors « fermée pour toujours »[106]. Le changement lui-même sera dû « à n'importe quel moment après le 2 octobre », sans date connue[107].
Le même article écarte les attentes populaires de 1881 : la « prophétie de la mère Shipton » et la Grande Pyramide[108]. Il se sert pourtant de la pyramide pour ses propres dates. Sa grande galerie mesurerait 1 874, 1 878 et 1 881 pouces, et les faveurs de l'Évangile « cesseront entièrement cette année »[109]. Russell y avait d'abord vu la date du changement de l'Église, « mais il aurait été dû en 1874, et aucun enlèvement n'eut lieu »[110]. Schulz et de Vienne replacent cette attente dans une vague bien plus large : la mère Shipton, la pyramide, la conjonction des planètes du 19 juin 1881. Comparée à ces croyances, celle de la revue était « modérée ». Mais les commentaires de Russell « ne disent pas toute l'histoire »[111].
En juillet-août, des lecteurs croient encore que la revue attend le changement en octobre. Elle répond : « il n'en est rien ». Octobre marque seulement la « limite de la faveur »[112]. « Que personne ne pense désormais que nous attendons l'enlèvement cette année »[113]. La revue n'attend « aucun signe visible » : on verra la fin de l'âge par « l'œil de la foi »[114].
Le numéro d'octobre-novembre paraît après la date. Il ne dit nulle part qu'une attente a échoué. Les sept ans de faveur ont pris fin le 3 octobre 1881[115]. La revue ne peut « plus offrir le grand prix » de l'appel à ceux qui ne se sont pas consacrés avant[116]. Pourquoi les noces n'ont-elles pas eu lieu ? Selon la revue, la parabole prévoit « un temps d'attente après la fermeture de la porte »[117]. Le Temple de Salomon, image des années 1874 à 1881, sert encore. Plus aucune pierre n'est choisie, mais « la gloire du Seigneur attend »[118]. En décembre 1880, ces sept ans étaient pourtant le temps où tous les membres devaient devenir des êtres spirituels.
Schulz et de Vienne résument : l'enlèvement n'a pas eu lieu, « mais il fallait que quelque chose ait eu lieu ». Russell pose alors que la porte s'est fermée, sans autre base que sa lecture de la chronologie[119]. Pour Crompton, séparer la fin de l'appel de la récompense permet de garder 1881, tout en repoussant la récompense[120]. Franz relève que les dates gardées, 1874 et 1878, portaient sur des événements que personne ne pouvait voir. Elles pouvaient donc être maintenues sans preuve contraire, au contraire de l'enlèvement attendu pour 1881[121]. Penton écrit que Russell attendait sincèrement d'être changé lui-même. Il ne prévoyait pas une campagne de trente-cinq ans, mais d'être « un être spirituel, un dieu, avec son Seigneur »[122]. Schulz et de Vienne jugent que cet échec montre Russell sous son jour « le moins aimable »[123].
Les sources favorables au mouvement taisent cette attente. Le livre d'A. H. Macmillan passe directement de 1879 à 1884[124]. Les Proclamateurs de 1993 écrivent que, l'événement ne s'étant pas produit, on conclut que la résurrection des morts avait commencé. Ils ne disent pas que le changement des vivants avait été annoncé[125].
Les fidèles vivants devront mourir
Jusqu'en septembre 1881, la revue attend un changement sans mort. Food for Thinking Christians l'écrit encore : « nous espérons et croyons que nous n'aurons pas à attendre dans la mort comme Paul »[126]. Les vivants seraient changés sans goûter la mort[127].
Un mois plus tard, l'article « Who Can Hear It? » dit le contraire. L'idée « longtemps chérie » que certains vivants ne mourraient jamais n'est pas biblique[128]. Tous les membres du corps, « comme leur chef, leur modèle, leur précurseur, meurent physiquement »[129]. Sur 1 Corinthiens 15:51, la revue reconnaît avoir lu autrement le verset, « comme nous l'avons toujours cru »[130]. « Ne pas dormir » veut désormais dire : être changé à l'instant même de sa mort, sans temps de sommeil. Ce changement est déjà possible : « nous croyons que l'enlèvement de cette manière est maintenant dû »[131]. L'enlèvement et le changement restent un seul événement, mais ils passent désormais par la mort de chacun.
En décembre, la revue lit ainsi Apocalypse 14:13 : « heureux dès maintenant les morts qui meurent dans le Seigneur ». Ce texte ne se comprend, selon elle, qu'en 1881, « pour la première fois »[132]. « Pas toujours, mais désormais, la mort peut être une bénédiction »[133]. Un lecteur objecte qu'Élie est monté au ciel sans mourir. Réponse : Élie n'était « certainement en aucun sens » une image de l'homme naturel[134]. Dans The Day Dawn, Élie emporté figurait pourtant l'enlèvement attendu[135].
Penton rattache cette idée à Manuel Lacunza[136]. Crompton relève une contradiction qui reste dans la doctrine : tous les fidèles doivent passer par la mort, mais un jour viendrait où les derniers vivants seraient changés[137]. A. H. Macmillan affirme que Russell lisait déjà ainsi 1 Corinthiens 15:51 au moment de sa rupture avec Barbour[138]. Food, en septembre 1881, et l'article d'octobre-novembre, qui présente l'idée comme nouvelle, le contredisent.
L'Église partage le sacrifice du Christ
En 1879, la rançon était le seul sacrifice du Christ : un homme pour un homme. En octobre 1880, l'offrande du Christ et de son Église devenait « le prix de la rançon de la vie du monde »[139]. Penton pense que l'idée vient peut-être de Keith, qui l'écrivait dans le Herald of the Morning d'octobre 1878[140].
En 1881, l'idée devient courante dans la revue. En janvier, l'Épouse est formée de ceux qui ont accompli leur alliance « en sacrifiant la nature humaine »[141]. En février, le jour des Expiations est présenté comme « l'une des nourritures les plus douces que nous ayons goûtées ». Le taureau figure Jésus, et les deux boucs figurent l'Église[142]. En mai, la formule est nette. Comme l'épouse d'Adam a partagé la chute, « l'Épouse du Christ est admise à partager le sacrifice de rédemption »[143]. Food précise que le sacrifice ne sera fini que quand « chaque membre de ce corps » aura été offert[144]. En octobre-novembre, le corps du Christ a le privilège « de prendre part à la rédemption du monde »[145].
En 1879, la revue avait rompu avec Barbour pour défendre la rançon payée par le seul Christ. En 1881, la rédemption du monde n'est complète qu'avec le sacrifice de l'Église. En juillet 1882, l'idée prendra le nom de « doctrine du Mystère »[146]. Vers 1907-1909, Russell la remettra en avant, et beaucoup de ses proches lui demanderont en vain d'y renoncer[147].
L'Église, « Père éternel » avec le Christ
En 1877, Three Worlds faisait de l'Épouse « la mère spirituelle » de l'humanité. La rédaction avait abandonné cette idée en janvier 1880, mais Paton la gardait dans The Day Dawn[148]. En octobre-novembre 1881, le Christ est le « Père éternel » d'Ésaïe 9:6, parce qu'il rend la vie humaine au genre humain[149]. L'Église, associée à son sacrifice, portera avec lui ce titre[150]. Elle n'est plus la mère de l'humanité, mais une partie du « Père ».
Le bouc émissaire : la lecture de Russell s'impose
En octobre 1880, le second bouc du jour des Expiations divisait la revue. Pour Paton, il représentait les Églises ; pour l'éditeur, la « grande compagnie », une seconde classe de fidèles[151]. En février 1881, la lecture de Russell est donnée comme celle du groupe. La « seconde compagnie, hélas », ne se sacrifie pas, et elle est « envoyée au loin » dans la grande tribulation, comme le bouc émissaire[152]. En janvier, la revue avait déjà lu ainsi la naissance des fils de Rachel : Joseph figure le petit troupeau, Benjamin, la grande compagnie[153]. En juillet-août, une note de l'éditeur confirme : le bouc émissaire figure la partie de l'Église « qui sera délivrée ensuite »[154]. Food précise que la grande compagnie aura la vie éternelle, comme les anges, mais « perdra le prix » de l'immortalité[155].
Selon Schulz et de Vienne, le tract n° 6 de Jones expose en 1881 cette doctrine des deux classes plus en détail que jamais. Ils la font venir surtout du millénarisme britannique[156]. En 1935, Rutherford fera de la « grande foule » une classe terrestre[157].
La nature du Christ : deux explications la même année
En octobre 1880, la rédaction avait jugé « erreurs graves et nuisibles » l'idée de Paton : une divinité qui demeure dans l'humanité du Christ[158]. En mars 1881, la revue publie sans réponse un article de Paton qui dit la même chose. Le Christ était « à la fois humain et divin »[159]. Il mourut quand son humanité fut « abandonnée de cette divinité »[160]. Sa mort n'est donc « pas le résultat direct de la crucifixion »[161]. L'article n'est pas signé, mais la série porte les initiales de Paton à partir d'avril.
En juin, un autre article dit le contraire. Avant de naître, Jésus était « un glorieux être spirituel ». Il a « transféré sa vie » d'une forme spirituelle à une forme humaine, puis l'a sacrifiée[162]. En juillet-août, Jésus a renoncé à son existence d'être spirituel « entièrement et pour toujours »[163]. Le ressuscité « n'est plus un homme » ; il est maintenant un être spirituel[164]. Selon Schulz et de Vienne, l'exposé de juillet sur la nature du Christ répond à une rencontre houleuse entre Russell et Paton[165].
La Trinité rejetée, les saints appelés « dieux »
En 1880, la rédaction séparait déjà le Père et le Fils : ils ne sont « pas plus une seule personne » qu'un père et son fils sur terre[166]. En 1881, le ton devient polémique. En avril, la revue salue la nouvelle version anglaise du Nouveau Testament. Elle y voit la preuve que 1 Jean 5:7 est un ajout. Or c'est « le seul texte » qui donne « même une ombre d'appui » à la Trinité[167]. En juillet-août, elle reprend un auteur de The Restitution, le journal de l'« Âge à venir » : la Trinité est un « dogme païen »[168]. En octobre-novembre, Mann la range parmi les vieilles théories de « Babylone »[169]. Le même numéro parle d'une « hérésie papale »[170].
En décembre, l'article « Ye Are Gods » va plus loin. Les fidèles sont engendrés de la nature divine ; ils sont donc des êtres divins, « et par conséquent, tous sont des dieux »[171]. Penton y voit une doctrine qui divinise les membres de l'Église. En juillet 1882, Russell rompt ouvertement avec la doctrine protestante de Dieu[172]. Penton juge Paton, au contraire, plus proche que Russell de la Trinité et de l'incarnation[173]. Voir Trinité.
Pourquoi Dieu a permis le mal
En août 1879, la revue publiait un dialogue sur le mal. Dieu y avait permis, « et même voulu », la chute de l'homme[174]. Le dialogue paraît comme tract n° 4 au printemps 1881[175], puis en tête de Food. Le mot change. Dieu n'a pas seulement prévu la chute : il l'a « prévue dans son plan »[176].
Le texte vient d'un tract publié par George Storrs en 1873, lui-même tiré d'un pasteur anglican, Henry Smith-Warleigh. Russell le paraphrase[177]. Pour Schulz et de Vienne, le raisonnement repose sur une chaîne de déductions, et non sur la Bible. Si Dieu a rendu le péché inévitable, « qui d'autre en est responsable ? ». L'idée affaiblit même la rançon : si Adam a fait ce que Dieu voulait, pourquoi payer un prix ?[178] Les Témoins abandonneront l'essentiel de cette doctrine sous Rutherford[179].
Babylone : sortir des Églises, « à tout prix »
En 1880, Paton écrivait que l'organisation de Babylone tomberait, « mais pas les gens »[180]. L'idée de Babylone vient de l'adventisme. En 1844, Joseph Marsh l'identifiait aux Églises historiques. Storrs ajoutait qu'une Église organisée par les hommes « devient Babylone au moment même où elle est organisée »[181].
En janvier 1881, Laodicée, la dernière des sept Églises de l'Apocalypse, est la chrétienté actuelle. Elle est « vomie » depuis 1878, et elle « ne sera jamais restaurée »[182]. Les Églises protestantes sont les « filles » de la papauté[183]. En mai, la revue écrit que l'Église a cessé d'être la voix de Dieu en 1878. La vérité viendra « désormais par d'autres canaux »[184]. « Depuis 1878, et jamais avant », la revue se sent libre d'appeler les croyants à sortir des Églises[185]. Cet appel doit être obéi « à tout prix », sinon on devient « un adorateur d'idoles »[186]. En juin, la revue prévient : celui qui veut partir sera d'abord retenu par des flatteries. S'il insiste, « on trouvera un prétexte » pour le présenter comme exclu[187].
En juillet-août, la revue nuance. Elle n'a jamais conseillé de quitter l'Église du Christ, celle dont les noms sont écrits au ciel[188]. L'appel vise les « joyaux » restés dans les Églises, « et eux seuls »[189]. En décembre, elle explique comment partir : « ne demandez pas de lettre » de recommandation[190]. Elle publie comme modèle la lettre d'une lectrice de Pittsburgh qui quitte son Église après seize ans : « je demande que mon nom soit rayé »[191].
En octobre-novembre, la revue refuse toute Église et tout credo. Faudrait-il alors former une organisation visible ? « Oui, c'est ce que nous avons » : une assemblée sur le modèle des premiers chrétiens, avec le Christ pour seul chef[192]. Après 1881, selon Crompton, la prédication ne vise plus à convertir, mais à faire sortir de Babylone ceux qui sont déjà appelés[193]. En décembre, l'article « The Anti-Christ » fait de l'« homme de péché » non un homme, mais une institution : la papauté[194]. Le même article voit dans les communistes et les nihilistes « la grande armée du Seigneur » contre le despotisme[195].
Prêcher pour être du « petit troupeau »
En octobre 1880, Russell suspendait ses voyages pour écrire des tracts gratuits[196]. En 1881, la prédication devient une condition. En avril, l'appel aux colporteurs se justifie par l'échéance : la possibilité de chercher le prix de l'appel « va bientôt finir »[197]. Le même mois, la revue conseille de parler d'abord du plan de Dieu, et en dernier des dates. Il ne faut parler du temps et de la présence qu'à ceux qui ont « une oreille pour entendre »[198]. Au moment où elle fixe l'automne 1881, la revue conseille donc de taire les dates aux nouveaux venus.
En juillet-août, elle écrit : « nous croyons que nul ne sera du petit troupeau s'il n'est prédicateur ». On peut prêcher aux foules, de maison en maison, ou en distribuant des tracts[199]. Penton rappelle pourtant que les Étudiants de la Bible ne tenaient pas la prédication pour leur premier devoir. Le monde aurait sa chance pendant le millénium : il n'était donc pas nécessaire de prêcher à tous[200]. Voir Colporteur.
Le « serviteur fidèle »
En octobre 1880, Mann voyait dans le « serviteur fidèle » de Matthieu 24:45 « évidemment une petite compagnie »[201]. En octobre-novembre 1881, c'est le « petit troupeau » tout entier, des serviteurs consacrés qui donnent la nourriture aux croyants[202]. Vers 1894, Russell en viendra à se voir lui-même comme ce serviteur[203]. Les Proclamateurs de 1993 mettent en avant la déclaration de 1881. Franz juge ce choix trompeur, puisque Russell accepta ensuite qu'on applique le texte à lui-même[204]. Voir Esclave fidèle et avisé.
Baptême
En septembre 1880, le vrai baptême, dans la mort, était « indispensable », et le baptême d'eau était « aussi prescrit »[205]. En janvier 1881, la revue précise qu'il n'y a eu qu'un seul baptême de l'Esprit, à la Pentecôte. Prier pour un nouveau baptême de l'Esprit, comme « frère Moody » dans le Massachusetts, c'est « demander mal »[206]. En février, la tombe d'eau est « un très beau type » de la mort à la nature humaine, « mais ce n'est pas la réalité ». La revue gardera le symbole de l'eau, « comme nous pensons que le Seigneur le désire »[207]. Le baptême d'eau n'est plus « indispensable ». En mars, Paton lui donne plus de poids : c'est « un premier pas » dans la vie chrétienne[208]. En avril, Jones écrit que la Cène et « le baptême dans le Christ » sont des ordonnances qui « passeront » avec la fin de la moisson[209]. En décembre, la revue republie l'article de 1880 en le révisant : le vrai baptême devient la mort de la nature humaine[210].
Exclusion : le départ de Barbour, puis une première règle
En 1880, la revue disait n'exclure personne pour une opinion. Mais ceux qui niaient la rançon et la présence étaient jetés « dans les ténèbres du dehors »[211]. En février 1881, la revue raconte le départ de Barbour sans le nommer. Un frère « d'influence et de talent » s'est écarté « du fondement même de toute foi »[212]. Il a fini par nier « que le Christ soit présent »[213]. Son départ accomplit la parabole de l'homme sans habit de noces, « jeté dans les ténèbres du dehors »[214]. Le départ d'un dissident devient ainsi une preuve que le groupe a raison.
En octobre-novembre, l'article « The Ekklesia » donne une première règle écrite. Le frère « désordonné » est d'abord averti. S'il ne change pas, on ne le fréquente plus, sans le tenir pour un ennemi (2 Thessaloniciens 3:14)[215]. En décembre 1882, nier la rançon deviendra la limite écrite[216]. Voir Exclusion.
Les jours de la création
En décembre, Mann écrit que les jours de la création ne sont pas des jours de vingt-quatre heures. Dieu se repose sept mille ans ; chaque jour de la création dure donc sept mille ans, soit « quarante-neuf mille ans » en tout[217]. Penton décrit le même raisonnement, des jours de sept mille ans, comme une doctrine des Témoins défendue depuis Russell. Il la juge fondée sur « une logique à rebours »[218].
Ce qui est réaffirmé
La publication de référence de l'année précédente est la revue de 1880, avec The Day Dawn de Paton. Food for Thinking Christians reprend et développe plusieurs de ses thèmes.
Le Christ présent depuis 1874
En 1880, la revue comparait le Christ présent à l'électricité, « l'éclair qu'on ne peut pas voir »[219]. En février 1881, la revue raconte d'où vient cette idée. Après l'échec de 1874, Keith découvre dans l'Emphatic Diaglott que parousia veut dire « présence »[220]. Le récit ne nomme pas Barbour, qui avait diffusé cette lecture dès 1875. En octobre-novembre, la revue nomme au contraire « frère Barbour de Rochester » comme celui par qui fut lancé le « cri de minuit »[221]. En 1879, Russell ne lui reconnaissait que d'avoir mis les dates en ordre[222].
En juillet-août, le Christ est revenu « inconnu du monde ». Le reconnaître présent est « l'épreuve de la vue spirituelle »[223]. Food emploie le mot lui-même : à son second avènement, le Christ « will be invisible to mankind »[224]. Selon Schulz et de Vienne, la présence invisible, encore discutée en 1880, devient avec Food une doctrine établie[225]. L'idée est plus ancienne que Russell : Jonsson la fait remonter à Henry Drummond, vers 1828[226].
L'âme n'est pas immortelle
Pour Paton, en 1880, l'homme n'avait pas d'âme immortelle[227]. Food le redit. L'âme, c'est l'être entier : la vie et le corps réunis[228]. L'âme immortelle est le premier mensonge de Satan, « vous ne mourrez point ». Sur lui repose la croyance en « un lieu de tourments sans fin »[229]. Seuls le Père et le Fils possèdent l'immortalité ; elle est promise à l'Épouse[230]. L'idée vient d'Henry Grew et de George Storrs, transmise par l'adventisme[231].
L'enfer et le jugement
En 1880, la revue lisait « enfer » comme la tombe[232]. En 1881, Food appelle le tourment éternel un blasphème contre Dieu[233]. La mort ne clôt pas le temps de l'épreuve[234]. Ceux qui sont morts sans connaître l'Évangile auront leur première chance après leur retour à la vie : « nous ne prêchons pas une seconde chance »[235]. Même Sodome reviendra à « son état d'autrefois »[236]. Le jour du jugement dure mille ans : c'est un temps de gouvernement bienfaisant, non un tribunal d'un jour[237]. Il y aura de la place pour tous les ressuscités : selon Food, le Texas, pris comme cimetière, contiendrait près de trois fois le genre humain[238]. Le riche et Lazare est une parabole : Lazare représente les non-Juifs[239]. Comme en 1879, Food déclare ajoutée après coup une phrase gênante d'Apocalypse 20:5[240]. Selon Schulz et de Vienne, cette phrase gênait les attentes du mouvement. La Watchtower a ensuite cessé de soutenir l'avis de Russell sur ce verset[241].
La terre ne sera pas détruite
The Day Dawn disait que le passage d'un monde à l'autre n'était pas un changement physique[242]. En juillet-août 1881, l'erreur des autres viendrait, selon la revue, d'une traduction. Faute de rendre aiôn par « âge », on attend la fin du monde et « un naufrage de la matière » au lieu de la fin d'un âge[243]. Pour Food, le feu de la colère de Dieu (Sophonie 3:8) détruit les gouvernements, non les peuples[244].
La rançon vaut pour tous
En 1879, la revue avait rompu avec Barbour sur la rançon. En mars 1881, Russell refuse de prier pour la conversion d'une famille « plongée dans le péché ». Tous les hommes « SONT SAUVÉS, sont rachetés », et ils recevront leur part au prochain âge[245]. Food précise ce salut : il délivre tous les hommes de la mort venue d'Adam, mais chacun pourra mourir ensuite pour son propre péché[246]. Seul un homme pouvait racheter l'homme, « une vie pour une vie »[247]. Selon Penton, Russell prend la tête du mouvement surtout pour défendre sa conception de la rançon. Il garde pourtant la chronologie de Barbour quand Barbour lui-même l'abandonne[248]. Voir Rançon.
Le retour des Juifs en Palestine
En 1880, Israël devait bientôt devenir « la première nation de la terre »[249]. En avril 1881, la revue reprend d'un journal écossais une information sur les « ligues antisémites » de Berlin, sans la commenter[250]. En juin, elle reproduit une conférence du docteur John H. Thomas, parue dans The Restitution[251]. La survie des Juifs prouve la Bible, et ils sont déjà 30 000 à Jérusalem[252]. La conférence dit aussi que les Juifs détiennent « le pouvoir de l'argent en Europe ». Selon Schulz et de Vienne, Thomas se situait entre l'« Âge à venir » et les christadelphes. En 1882, il dénoncera le « russellisme »[253]. En mars, la revue ne se prononce pas sur l'idée que les Anglais et les Américains descendent des tribus perdues d'Israël. Elle la juge sans importance pour l'Église[254].
Faits historiques
Janvier-février : les tracts et la Tract Society
En janvier, le premier tract gratuit accompagne la revue. Le lecteur peut en demander vingt-cinq au plus à la fois, et il doit lire chaque tract avant de le donner[255]. Le même mois, Jones prêche chaque soir dans une chapelle presbytérienne de Brooklyn. Selon un auditeur, il annonce que « cette année 1881 révélera beaucoup de ce qu'on a espéré »[256].
Le 16 février 1881, jour anniversaire de Russell, quatre hommes fondent la Zion's Watch Tower Tract Society. Ils veulent distribuer des tracts dans toutes les grandes villes du nord des États-Unis et de Grande-Bretagne, sans faire de dettes. « L'argent que nous donnons n'est pas à nous, il appartient à Celui à qui nous sommes. » Russell promet 7 000 dollars, William Conley 4 000, Jones 2 000 et Joseph Russell, le père de Russell, 1 000[257]. Conley est président, Joseph Russell vice-président, et Charles Taze Russell secrétaire-trésorier[258]. La revue ne dit rien de cette fondation. En avril, elle ne parle que d'une « union des efforts » pour les tracts, sans date, sans noms et sans sommes[259]. Les noms des dirigeants ne paraissent que dans la presse, en août[260]. Schulz et de Vienne n'ont pas pu consulter le registre de la Société. La Watch Tower le leur a refusé en 2010, en 2013 et en 2019[261]. Voir Fondation de la Société Watch Tower.
En février, l'article de tête de Russell demande aux fidèles de ne pas amasser. Leur argent est celui de Dieu, et ils en sont « l'intendant », non « le banquier »[262]. Le mot « intendants » est aussi celui de l'acte de fondation. En mars, la revue offre l'abonnement aux plus pauvres : « vous pouvez l'avoir gratuitement »[263].
Avril : les « 1 000 prédicateurs » et le Mémorial
En avril, la revue demande « 1 000 prédicateurs ». L'appel vise les hommes et les femmes sans famille à charge, qui peuvent donner au moins la moitié de leur temps. Ils iront de ville en ville « comme colporteurs ou évangélistes ». Ils recevront gratuitement les tracts et des exemplaires de The Day Dawn, et garderont l'argent des ventes pour leurs frais. Plus de 900 000 pages de tracts sont déjà sorties[264]. Selon Schulz et de Vienne, cela fait un peu plus de 28 000 tracts. Le chiffre d'« un million » de brochures, avancé plus tard par la Watch Tower, viendrait d'une confusion avec ces pages[265]. En mai, la revue précise qu'elle ne cherche pas des vendeurs de livres, mais des ouvriers « pour un salaire céleste »[266]. Voir Colporteur.
Le Mémorial de la mort du Christ est célébré le 14 avril au soir, chez William Conley, à Allegheny. Le groupe le célèbre ainsi « depuis quelques années »[267]. À Newark, Jones réunit « entre cinquante et soixante » personnes. D'après les lettres reçues, le Mémorial est célébré « dans une vingtaine d'endroits »[268]. En 1880, Russell voyait dans le pain le corps du Christ qu'est l'Église. En mai 1881, le corps rompu est celui du Christ, mort pour nos péchés, et le pain est aussi « la vérité »[269]. Voir Mémorial.
À la fin du numéro d'avril, l'éditeur s'excuse. La revue, les tracts et les réunions l'occupent tout entier, et le courrier est « forcément très négligé »[270]. Les réunions de Pittsburgh se tiennent désormais le dimanche dans une salle publique, le Curry Institute Hall[271].
Mai-juin : les premiers évangélistes, le départ de Paton
Le 3 mai meurt Ira Allen, de Honeoye, qui avait reçu Russell en novembre 1880. C'est le père de Lizzie Allen[272]. En mai, la revue annonce que les quatre premiers tracts sont épuisés. Ils seront réunis, avec des ajouts, « sous une seule couverture »[273]. Ce recueil deviendra Food for Thinking Christians.
En juin, Russell présente les premiers évangélistes à plein temps. John B. Adamson quitte une affaire qui lui rapportait « environ 1 500 dollars par an »[274]. Robert Bailey, du Michigan, et un frère McGrannor, de Pennsylvanie, partent aussi. Sunderlin est « dans l'œuvre depuis trois mois »[275]. Schulz et de Vienne relèvent que les récits d'Adamson sur son passé sont vagues, et parfois exagérés. Colporteur très efficace, il quittera Russell en 1894 avec des griefs[276].
Le dernier article de Paton paraît en juin[277]. La revue ne le signale pas. Selon Schulz et de Vienne, Russell présente à une conférence de responsables le manuscrit de son tract sur le Tabernacle. Il le donne pour le fruit d'une étude faite dans la prière. Paton y voit une prétention à l'inspiration divine, et s'en plaint à George B. Stacy. Celui-ci écrit à Russell qu'il se trompe lourdement dans ses efforts « pour être reconnu comme un missionnaire spécial du Seigneur »[278]. En août, Paton est déjà en train de quitter le mouvement[279]. Selon Penton, qui suit un récit de Russell écrit en 1906, Paton se met à nier la rançon. Russell refuse alors ses articles, et les deux hommes se séparent « avec une certaine amertume »[280]. Ce motif est celui que donne l'une des deux parties.
Juillet-août : la revue gratuite, le tableau des âges, la campagne de Food
Le numéro de juillet-août ouvre le troisième volume. La revue devient gratuite. Elle n'a jamais payé, depuis le début, qu'« environ les deux tiers de ses frais »[281]. « Nous ne ferons pas de dettes, et nous ne mendierons jamais. » La liste des collaborateurs réguliers paraît pour la dernière fois. Elle nomme encore Paton, qui n'écrit plus[282]. Chaque lecteur reçoit un « tableau des âges », à accrocher chez soi et à apprendre à expliquer. « Ainsi, chaque lecteur sera un prédicateur »[283]. Ce tableau vient du milieu de Barbour, qui disait en avoir dessiné les grandes lignes pour Russell en 1877[284].
Le tract n° 6, écrit par Jones, place le mariage de l'Épouse en 1881. Il s'appuie sur des astrologues qui annoncent un « carnaval de mort » au moment où les planètes se rapprochent du Soleil. Russell prend ses distances, mais sans vouloir « contredire les astrologues »[285]. Schulz et de Vienne jugent ce tract « très mal écrit »[286].
En août, Food for Thinking Christians sort. La brochure de 164 pages reprend les cinq premiers tracts et le tableau des âges, avec des textes nouveaux[287]. Russell traite lui-même avec une compagnie de garçons messagers de New York. Les imprimeurs travaillent à Columbus, Lockport, Philadelphie et New York[288]. Le 7 août, à Newark, des paquets sont déposés devant les églises. Dans une église presbytérienne, les brochures finissent au poste de police. Un pasteur épiscopalien, Hannibal Goodwin, veut les brûler : elles sont pour lui pleines de « fanatisme et d'hérésie caractérisée ». Un lecteur de Newark récupère les paquets et les redistribue[289]. La presse s'en fait l'écho. Le Chicago Daily Tribune interroge Russell, décrit comme « un homme d'affaires très respectable » : le groupe n'a « pas de credo » et n'est pas une Église[290]. Russell déclare aussi au Buffalo Daily Courier avoir quitté l'Église méthodiste épiscopale. Selon Schulz et de Vienne, il n'en fut jamais membre[291]. Le même mois, Barbour réunit ses propres lecteurs à Rochester[292].
Le numéro de septembre de la revue reprend le texte de Food en format journal. Ceux qui ne sont pas « des chrétiens qui réfléchissent » doivent le passer à un voisin[293]. Russell reconnaîtra plus tard que Food attaquait d'abord l'erreur pour la démolir. Certains lecteurs s'arrêtaient là, sans aller jusqu'à la vérité proposée[294]. Penton y voit pourtant le début d'un ensemble complet de doctrines, qui dépasse les seuls calculs sur la fin : « un nouveau mouvement religieux prenait forme »[295].
La Grande-Bretagne
Sunderlin est à Londres au moins depuis le 11 juillet. Il y fait imprimer Food. Épuisé, il rentre à New York le 8 septembre, juste au moment où les brochures sont prêtes[296]. Russell parle de « fièvre rhumatismale »[297]. J. J. Bender, représentant de commerce de Pittsburgh, arrive à Londres vers la mi-septembre[298]. Il ne trouve personne à Glasgow, passe une annonce dans un journal, et reçoit dix-huit réponses. Il organise ensuite la distribution à Édimbourg, Dundee et Aberdeen[299]. Il rentre le 7 novembre[300].
L'Annuaire 2000 des Témoins de Jéhovah fait arriver ensemble Sunderlin et Bender. Selon Schulz et de Vienne, c'est une erreur : ils ne furent jamais en Grande-Bretagne en même temps. Ce n'étaient pas non plus des colporteurs, puisqu'ils ne distribuaient pas eux-mêmes et que Food n'était pas vendu[301]. En octobre, un journal de Hull annonce 300 000 brochures, distribuées à la sortie des offices par 1 500 garçons. À Sheffield, une agence cherche par annonce cinquante garçons pour ce travail[302]. À Leeds, un pasteur conseille de brûler la brochure, « le livre le plus damnable » qu'il ait lu[303]. Voir Royaume-Uni.
Octobre-novembre : la porte fermée, les chiffres de la campagne
Le numéro d'octobre-novembre paraît en retard, après la campagne. Près de mille lettres et cartes postales attendent encore, « non ouvertes et non lues »[304]. La revue redevient payante. La poste traitait le journal gratuit comme de la publicité, et la gratuité a coûté plus de quatre-vingts dollars sur le seul numéro de juillet[305].
La revue fait le bilan de Food. Prévu à 300 000 exemplaires, le tirage est porté à 500 000 aux États-Unis[306]. Elle ajoute 300 000 exemplaires en Grande-Bretagne et plus de 400 000 en format journal, soit 1 200 000 en tout. C'est « environ huit fois plus » que ce que l'American Tract Society publie en un an[307]. Les chiffres varient beaucoup selon les sources. La presse d'août parle de 400 000 exemplaires[308]. Russell parle en 1890 de « plus d'un million »[309]. Une note des Reprints de 1919 donne 1 400 000[310]. Penton compte quelque 2,45 millions de Food et de brochures sur le Tabernacle, « bien que beaucoup moins aient sans doute été lus »[311].
Le coût reste lui aussi discuté. Selon Russell, en 1902, la campagne coûta 42 000 dollars, « donnés volontairement, sans sollicitation »[312]. En 1890, il reconnaissait pourtant que « la fois où nous avons été le plus près de demander de l'argent, c'est en 1881 ». Il avait exposé le projet à un frère aisé, qui donna largement, puis « recula » et perdit son intérêt[313]. La revue promettait pourtant, dès août 1879, de ne « jamais mendier »[314]. Au début de 1882, la Société déclare 35 391,18 dollars reçus en tout[315]. Les dons tombent à 3 373,86 dollars en 1882, quand des donateurs se retirent[316].
La revue nomme ses ouvriers. Adamson parcourt l'Illinois et l'Iowa, Keith le centre de la Pennsylvanie et l'État de New York. Keim travaille dans le New Jersey et le Delaware. Jones s'est installé à New York. La revue cite aussi les femmes qui animent sans bruit les petits groupes[317]. Elle « suppose » que Paton écrit pour le journal de Jones[318]. Au même moment, Barbour se trouve en Australie, d'après la presse du pays[319]. Schulz et de Vienne notent que Paton est absent de la liste de ceux qui diffusent Food. Il glissait déjà vers le salut universel, et n'acceptait pas que Russell prenne la tête du mouvement[320].
Jones annonce un mensuel à lui, le Zion's Day Star, publié à New York. Russell lui adresse ses meilleurs vœux[321]. Un an plus tard, Jones niera à son tour la rançon telle que Russell l'entend[322]. Voir Albert Jones.
Décembre : le courrier afflue
En décembre, les lettres arrivent de tous les États-Unis et de Grande-Bretagne, quarante à cinquante par jour[323]. Un pasteur de Nottingham demande soixante ou soixante-dix exemplaires de Food pour son assemblée[324]. Russell imprime 6 000 exemplaires des derniers numéros de l'année[325]. La revue trie aussi ses abonnés. Ceux qui n'ont pas écrit depuis dix-huit mois trouveront une croix rouge sur la bande. Leur nom sera rayé s'ils ne répondent pas[326]. Elle espère sortir son tract sur le Tabernacle « avant janvier 1882 »[327]. Il ne paraîtra qu'en février 1882[328]. La liste des collaborateurs réguliers est supprimée, sans un mot sur ceux qui sont partis[329].
Un lecteur publie une lettre ouverte. Il a remarqué chez certains « frères prédicateurs » passés parmi eux une tendance à se demander « qui serait le plus grand ». L'éditeur juge ces paroles « dites à propos »[330].
Le mouvement à la fin de 1881
On ne connaît aucun effectif sûr. L'Annuaire 1975 des Témoins de Jéhovah parle d'environ cent personnes en 1881. Schulz et de Vienne jugent ce chiffre très sous-estimé, et proposent « un peu plus de 500 » fidèles, sans base solide[331]. De l'automne 1881 à 1884, le groupe traverse une crise. Paton, Jones, Conley et d'autres partent, et le groupe de Newark manque de disparaître[332]. Selon Schulz et de Vienne, Conley, qui vient de perdre sa fille adoptive, se tourne vers la guérison par la foi[333]. Vers 1881, l'entreprise de ferraille Russell & Thomas, que gérait Russell, disparaît des sources. Son père fonde alors une autre société de ferraille, la Pittsburgh Scrap Metal Co.[334] Pour Blandre, ces ruptures successives font de Russell « le chef charismatique de la tendance principale »[335].
En 1884, la Société est enregistrée légalement. Russell l'explique alors ainsi : certains fidèles resteront peut-être dans la chair pendant une bonne part du temps de détresse. Le travail ne doit donc pas s'arrêter. Selon Schulz et de Vienne, l'échec des prédictions est l'une des raisons de cette démarche : l'enlèvement « n'a tout simplement pas eu lieu »[336].
Publications de l'année
Périodique : Zion's Watch Tower and Herald of Christ's Presence
Livre
Parues en 1881, absentes de la bibliothèque
- Les numéros originaux de la revue : la bibliothèque contient la réédition de 1919, les Reprints. Celle-ci laisse de côté certains textes, comme la lettre de Robert Bailey de juillet-août 1881[337].
- Les six tracts publiés séparément de janvier à juin 1881, dont le tract n° 6 d'Albert Jones.
- Le tableau des âges (Chart of the Ages), envoyé avec le numéro de juillet-août.
- Le Zion's Day Star d'Albert Jones.
- Le Herald of the Morning de Barbour pour 1881.
Voir aussi
Références
- ↑ La Tour de Garde, février 1881, « "Cast Not Away Therefore Your Confidence" », p. 7
- ↑ La Tour de Garde, mai 1881, « The Year 1881 », p. 8
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « "And the Door Was Shut" », p. 4
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « "Who Can Hear It?" », p. 8
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity: Organizational Identity Among Readers of Zion's Watch Tower, vol. 2, p. 169-170.
- ↑ La Tour de Garde, avril 1881, « Wanted 1,000 Preachers », p. 10
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « In the Vineyard », p. 6
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 554.
- ↑ Robert Crompton, Counting the Days to Armageddon: Jehovah's Witnesses and the Second Presence of Christ, Cambridge, James Clarke & Co, 1996, p. 72.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 544.
- ↑ La Tour de Garde, janvier 1881, « How Long, O Lord? », p. 8
- ↑ La Tour de Garde, mai 1880, « Expedient for You », p. 9
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1880, « The Restored Dominion », p. 4
- ↑ La Tour de Garde, janvier 1881, « Zion's Travail », p. 9
- ↑ La Tour de Garde, février 1881, « "Cast Not Away Therefore Your Confidence" », p. 7
- ↑ La Tour de Garde, mai 1881, « The Year 1881 », p. 8
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « "And the Door Was Shut" », p. 4
- ↑ La Tour de Garde, juillet 1882, « Questions and Answers », p. 11
- ↑ Robert Crompton, Counting the Days to Armageddon, p. 68.
- ↑ Raymond Franz, Crise de conscience, 4e éd., Atlanta, Commentary Press, 2003, p. 230-231.
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, 3e éd., University of Toronto Press, 2015, p. 35-36.
- ↑ La Tour de Garde, août 1879, « How Will He Come Again? », p. 7
- ↑ Food for Thinking Christians, 1881, p. 117
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « "Who Can Hear It?" », p. 8
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « The Blessed Dying », p. 5
- ↑ Robert Crompton, Counting the Days to Armageddon, p. 72.
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 409.
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « Questions of Correspondents », p. 9
- ↑ La Tour de Garde, novembre 1880, « Covenant by Sacrifice », p. 5
- ↑ La Tour de Garde, mai 1881, « "Pink Cottage" Faith Cure », p. 11
- ↑ Food for Thinking Christians, 1881, p. 14
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 35-36.
- ↑ La Tour de Garde, août 1883, « View from the Tower », p. 2
- ↑ La Tour de Garde, mars 1880, « The Great Day of Atonement », p. 3
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « The Scapegoat » (note de l'éditeur), p. 10
- ↑ La Tour de Garde, février 1881, « "Cast Not Away Therefore Your Confidence" », p. 6
- ↑ Food for Thinking Christians, 1881, p. 146
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 281.
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « The Two Natures », p. 6
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « Why Did Christ Come in the Flesh? », p. 3
- ↑ La Tour de Garde, mars 1881, « Number Three », p. 4
- ↑ La Tour de Garde, juin 1881, « The Footsteps of Jesus », p. 7
- ↑ La Tour de Garde, juillet-août 1881, « Anointed to Preach », p. 2
- ↑ La Tour de Garde, juillet 1882, « Hear, O Israel! Jehovah Our God Is One Jehovah », p. 4
- ↑ La Tour de Garde, juillet-août 1881, « The New Version », p. 11
- ↑ La Tour de Garde, avril 1880, « The Melchisedec Priesthood », p. 1
- ↑ La Tour de Garde, avril 1881, « New Version of the N. T. », p. 3
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « The Everlasting Father », p. 11
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « "Ye Are Gods" », p. 3
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 36.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 203-204.
- ↑ La Tour de Garde, août 1879, « Why Evil Was Permitted », p. 2
- ↑ Food for Thinking Christians, 1881, p. 7
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- ↑ La Tour de Garde, mai 1881, « The Year 1881 », p. 8
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- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « Out of Babylon », p. 12
- ↑ Robert Crompton, Counting the Days to Armageddon, p. 68.
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 37.
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « Not Until November », p. 11
- ↑ La Tour de Garde, avril 1881, « Wanted 1,000 Preachers », p. 10
- ↑ La Tour de Garde, juillet-août 1881, « Anointed to Preach », p. 3
- ↑ George D. Chryssides, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, Lanham, Scarecrow Press, 2007, p. 30-31.
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 38.
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « In the Vineyard », p. 6
- ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, « When and How Will Christ Come? », p. 8
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « In the Vineyard », p. 6
- ↑ Raymond Franz, Crise de conscience, p. 73.
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- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « In the Vineyard », p. 6
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- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 175.
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- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « The Workers », p. 6
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « The Workers », p. 6
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 541.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 415.
- ↑ La Tour de Garde, octobre-novembre 1881, « Another Paper », p. 9
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 35.
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « View from the Tower », p. 2
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « View from the Tower », p. 3
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 159.
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « Notice the Wrapper », p. 10
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « Notice the Wrapper », p. 10
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 409.
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, p. 10
- ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, « An Open Letter », p. 11
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 158-160.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 166.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 554-555.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity: Organizational Identity Among Readers of Zion's Watch Tower, vol. 1, p. 51.
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 10.
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 174.
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