Comité de construction régional

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Les Comités de construction régionaux (abrégés CCR) sont des structures organisées par la Société Watch Tower[1] dans la plupart des pays du monde dans le but de superviser la construction et l'entretien de leurs lieux de culte, à savoir les Salles du Royaume (pour leurs réunions hebdomadaires) et les Salles d'assemblées pour leurs grands rassemblements annuels, et aussi de coordonner l'aide humanitaire en cas de catastrophe.

Objectifs et historique

L'objectif de ces Comités de construction régionaux, qui se composent habituellement chacun de cinq à sept adeptes experts dans les activités de construction, est de coordonner les efforts des adeptes participant aux chantier afin de fournir des lieux de culte à la fois attrayants et fonctionnels, et cela à des prix les plus réduits possible. De plus, depuis quelques années, les CCR ont également pour but d'organiser les secours en cas de catastrophes, par exemple lors du cyclone Katrina en 2005 où ils aidèrent à la reconstruction de 4 000 Salles du Royaume et maisons.[2]

Résultat d'une demande croissante de lieux de culte jéhovistes, les CCR virent le jour vers le milieu de l'année 1986, et la Société Watch Tower décida de superviser cette activité. En 1987, 60 comités de construction régionaux furent mis en place aux États-Unis, comités qui se sont rapidement développés à l'étranger, et les filiales de la Watch Tower reçurent des instructions détaillées sur leur fonctionnement, uniformisant ainsi les procédés à l'échelle mondiale.[3] En date du 1er septembre 1987, il y avait en France cinq comités de construction régionaux mis en place de façon officielle.[4]

Procédures

Ce sont principalement des anciens qui sont choisis pour servir dans ces comités, et en général la plupart d'entre eux ont aussi de l’expérience dans des domaines divers incluant la sécurité, l'immobilier, l'ingénierie, ou encore la construction.

Le comité de construction doit être consulté par les congrégations si:[3]

  • Elles désirent choisir un terrain pour construire leur propre Salle du Royaume; elles doivent en outre consulter le(s) surveillant(s) de leur circonscription et les anciens des congrégations voisines;
  • Elles prévoient de rénover ou d'améliorer une Salle du Royaume déjà existante — il peut s'agir de l'entretien des moquettes, des appareils de chauffage et de climatisation, ou de résolutions des problèmes d'humidité, entre autres;[5]
  • Elles veulent agrandir leurs installations, par exemple pour permettre à un certain nombre de congrégations de pouvoir s'y réunir à l'occasion des assemblées de circonscription et/ou des assemblées spéciales d'un jour).

Après cette demande, le comité évalue la convenance d'un chantier de construction possible, en achetant la terre et les matériaux et en mobilisant la main-d’œuvre nécessaire parmi les adeptes spécialisés dans différentes professions en rapport avec la construction. Ceux-ci travaillent bénévolement, sans être rémunérés,[6] et sont généralement hébergés chez des Témoins locaux ou, plus rarement, logent à l'hôtel à leurs propres frais, pendant toute la durée du chantier.[2] Éventuellement, en cas de sinistre, les comités peuvent demander à leurs volontaires de participer aux travaux de secours envers leurs coreligionnaires, comme ce fut le cas en 1999 dans plusieurs îles des Antilles.[7]

Statistiques

En 1992, les comités de construction régionaux supervisés par la Watch Tower avaient participé à l'édification de Salles du Royaume en Afrique du Sud, en Allemagne, en Argentine, en Australie, au Canada, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, au Japon et au Mexique. La rapidité de la construction peut varier de deux jours à quelques mois suivant les endroits. Les effectifs sur un chantier ont diminué avec le temps grâce à une plus grande efficacité: le nombre de volontaires travaillant simultanément ne dépasse que rarement les 200 désormais, et ceux-ci ne sont présents que lorsqu'ils doivent effectuer une tâche.[3]

En 2008, les CCR des États-Unis comptaient 131 000 volontaires.[8] En 2011, il y avait 400 CCR dans le monde entier, dont 128 aux États-Unis. Durant la décennie précédante, ces CCR ont construit plus de 20 000 lieux de culte.[9]

Critiques

S'il est vrai que l'organisation et la mise en œuvre des chantiers par les CCR peuvent impressionner des observateurs par leur fonctionnement très minutieux et leur efficacité pour ce qui est de coordonner les efforts et de réaliser de belles constructions en peu de temps, il n'empêche que cette manière de procéder — dont les adeptes tirent souvent une certaine gloire car elle est censée à leurs yeux démontrer qu'il règne en leur sein une fraternité unique —, n'est pas spécifique à la Watch Tower et est également à l'œuvre dans d'autres organisations très structurées. Par exemple, il fut rapporté que plus de 300 adeptes de la Calvary Tabernacle Church avait construit une église en un peu plus de 24 heures, suivant le programme "Églises en un jour", programme qui avait permis la construction de lieux de culte parfois en un temps record de 18 heures.[10]

De plus, le travail des bénévoles entièrement gratuit permet à la Watch Tower d'obtenir des lieux de culte qui ne lui coûtent rien — ni d'ailleurs au niveau de la gestion qui est à la charge des congrégations locales —, alors que dans le cas d'une vente ultérieure du bâtiment, c'est elle qui récupérera l'intégralité de la transaction. Ainsi, l'ambiance chaleureuse et efficace des ces constructions supervisées par les CCR masque une autre réalité moins attrayante: celle d'une société calquant son fonctionnement sur le taylorisme, utilisant une main d’œuvre la moins onéreuse possible dans le but d'en tirer des bénéfices financiers souvent substantiels. On peut s'interroger: est-ce le mode de fonctionnement d'une organisation religieuse désintéressée ou bien d'une puissante entreprise multinationale ayant parfaitement compris les règles du management et du monde économique?

Voir aussi

Références

  1. Arrowup.png Olson, Laura R. ; Djupe, Paul A. (2003) (anglais), Encyclopedia of American Religion and Politics, Infobase Publishing, p. 466, entrée "Watchtower Society" (ISBN 978-1-4381-3020-0)
  2. 2,0 et 2,1 The Derby Informer (2 avril 2011) (anglais), "Extreme makeover: Jehovah's Witness-style", derbyinformer.com. Consulté le 5 avril 2012
  3. 3,0, 3,1 et 3,2 WTBTS (1993), Les Témoins de Jéhovah: Prédicateurs du Royaume de Dieu, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 325,326
  4. Arrowup.png Le Ministère du Royaume, décembre 1987, p. 7, "Avis"
  5. Arrowup.png Le Ministère du Royaume, août 2003, p. 4, "Entretenons notre lieu de culte"
  6. Arrowup.png Le Ministère du Royaume, décembre 1991, p. 4, "Notre service bénévole face à l'accroissement"
  7. Arrowup.png WTBTS (2000), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 12
  8. Arrowup.png "United States Branch Statistics Direct From The Service Desk" (anglais), 2008, governingbodyletters.blogspot.fr. Consulté le 5 mai 2012
  9. Arrowup.png Sherman, Bill (28 mai 2011) (anglais), "A new Jehovah's Witness Kingdom Hall went up in Sand Springs last weekend", Tulsa World. Consulté le 5 mai 2012
  10. Arrowup.png Vasquez, Maegan (29 mai 2012) (anglais), "Faithful Volunteers Build Church in One Day in Iowa", Fox News. Consulté le 5 juin 2012