Colporteur
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Cet article est une ébauche à compléter, ce qui signifie que certaines informations essentielles peuvent être absentes pour l'instant
Du temps de Charles Taze Russell et de Joseph Rutherford, un colporteur était un évangélisateur, itinérant ou non, qui devait consacré au moins la moitié de son temps à la prédication et dont les frais étaient couverts par la marge qu'il faisait sur la vente des livres de Russell et des fonds venant de Brooklyn. Cette fonction fut mise en place par la Société Watch Tower en avril 1881, et le terme "colporteur" fut remplacé par celui de "pionnier" dans les années 1930. Un examen des conseils donnés aux colporteurs par la Watch Tower met en évidence l'utilisation de techniques commerciales cette activité.
Conditions
Ce service commença en avril 1881 lorsqu'un article intitulé "Wanted 1,000 Preachers" parut dans La Tour de Garde (alors appelée Zion's Watch Tower) qui faisait l'appel à devenir colporteur, tout en précisant les conditions de ce service:[1]
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"Un vaste champ est ouvert pour l'emploi du temps et des talents de chaque homme et de chaque femme consacrée à qui le Seigneur a commis une connaissance de Sa vérité. (...) "Pour ceux situés de telle façon qu'ils puissent donner la moitié ou plus de leur temps exclusivement à l'œuvre du Seigneur, nous avons un plan à proposer. [Nous nous référons à ceux qui n'ont pas de familles à leur charge, à la fois des hommes et des femmes,] à savoir: Que vous alliez de l'avant dans les villes grandes ou petites, en fonction de votre capacité, en tant que Colporteurs ou évangélisateurs, cherchent à trouver en tout lieu les chrétiens sincères, dont beaucoup que vous trouverez sont dotés d'un zèle pour Dieu, mais non selon la connaissance; à ceux qui visent à faire connaître les richesses de la grâce de notre Père, et les beautés de sa parole, en leur donnant des tracts; et comme travail de bonté et d'amour pour eux, s'efforcent de leur vendre le Dawn Day, ou de prendre leur abonnement pour La Tour de Garde, [ou si vous êtes intéressés, mais trop pauvres pour acheter, présentant le même comme un don de Dieu.] "Comme peu de gens peuvent se permettre de voyager, de payer leur pension et leur vêtement sans quelque revenu, nous proposons de fournir les tracts et les Day Dawn gratuitement, et de permettre à toute personne de prendre des abonnements pour La Tour de Garde, en utilisant l'argent obtenu à partir de ces deux sources, (Dawn Day et La Tour de Garde -- les tracts sont gratuits et ne doivent pas être vendus) en remboursant les dépenses nécessaires. Dans le cas où vous recevriez plus que ce qui serait nécessaire pour payer les frais (ce qui n'est pas du tout probable), il serait prévu que vous nous fassiez quelques retours. "Maintenant, qui a un désir ardent d'aller travailler dans la vigne, et a été en train de prier pour que le Seigneur ouvre la voie. N'est-ce pas le chemin? Cette offre est faite pour vous par la "Watch Tower Tract Society." (...) "Pour tous, nous dirions: Commandez tous les tracts que vous pouvez utiliser pour la gloire de Dieu. Nous réitérons notre proposition précédente, à savoir: que vous les donniez, non pas tous à la fois, mais un à la fois, et plus généralement dans leur ordre de publication — tenant une liste." |
Historique et effectifs
Il est à noter que dans les premières années de ce service, la mission de colporteur consistait surtout à distribuer des tracts et à prononcer des discours dans différentes villes, mais ces adeptes n'effectuaient que peu de porte à porte comme le font les Témoins de Jéhovah actuels. Leur activité les rapprochait davantage de d'un surveillant de circonscription moderne que d'un pionnier: ils devaient chercher les chrétiens qui étaient déjà mûrs pour la moisson, donc déjà convertis; il s'agissait donc de "glaner" plus que d'évangéliser dans le sens courant. Au fil du temps toutefois, leur rôle devient limité à la prédication, tandis qu'émergeait la fonction de pèlerin qui se concentrait sur les ecclesias déjà formées.
(effectifs à compléter)
Voici un historique de quelques-uns des colporteurs parmi les plus importants, classés par année, sachant que la liste est très loin d'être exhaustive:
| Année | Nom, prénom(s) | Pays visité | Détails |
|---|---|---|---|
| 1881 | Sunderlin, John C. | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Angleterre | Il fut le premier à répondre à l'appel, étant envoyé en septembre 1881 à Londres où il passa peu de temps, distribuant des exemplaires de la brochure Food for Thinking Christians par l'intermédiaire d'environ cinq cents adolescents qu'il avait embauchés.[2] |
| Bailey, Robert | Originaire du Michigan, il fut annoncé comme colporteur en mai.[3] | ||
| Adamson, John B. | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Illinois, Iowa | En octobre, il participait déjà à la distribution de la brochure Food en Illinois et Iowa.[4] Il évoqua dans des lettres ses techniques pour être un colporteur efficace.[5][6][7] | |
| McGranor | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Pennsylvanie, Ohio | En octobre, il participait déjà à la distribution de la brochure Food en Pennsylvanie de l'Ouest et dans l'Ohio.[4] | |
| Bender, J.J. | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Écosse, Angleterre | Il visita Glasgow, Édimbourg, Dundee, Aberdeen et plusieurs villes d'Angleterre afin de distribuer la brochure Food for Thinking Christians. Pour cela, il recherchait une personne apte à recruter du personnel pour distribuer gratuitement les publications à la sortie des églises, personne avec laquelle il passait un contrat. Il eut recourut à une annonce dans un journal de Glasgow.[4][2] Il rendit compte du nombre de publications qu'il avait distribué dans chaque ville.[8] | |
| Keith, Benjamin W. | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Pennsylvanie, New York, Massachusetts, Michigan | Originaire de Dansville dans l'État de New York, il participait déjà à la distribution de la brochure Food en octobre, prêchant en Pennsylvanie et dans l'État de New York.[4] Il prêcha aussi à Lynn, dans le Massachusetts, en février 1882,[9] et était en route pour le Michigan en juillet.[10] | |
| Keim | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant New Jersay, Delaware | En octobre, il participait déjà à la distribution de la brochure Food dans le New Jersey et le Delaware.[4] | |
| 1882 | Boyer et Leigh | En janvier, avec deux autres, ils prenaient des leçons d'enseignements bibliques dans ce but.[11] En avril, il était prévu que Boyer reste à Pittsburgh,[12] s'occupant de préparer et d'envoyer des lettres à des correspondants de Grande-Bretagne.[13] Leigh était prêt à démarrer sa mission vers mai de la même année,[14] et dès le mois suivant partit avec Spears pour visiter les villes situées sur l'Ohio entre Cincinnati et St Louis.[15] | |
| Tackabury, S. | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant New York | Annoncé comme colporteur en mars,[16] Il commença son œuvre dès le mois suivant, parcourant l'ouest de New York.[17] | |
| Graves | Il fut un prédicateur dans les trains de chemin de fer et distributeur de tracts, distribuant la brochure Food au cours des six derniers mois précédant avril.[12] | ||
| Spears | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Ohio | Annoncé en juin, il visitait les villes situées sur l'Ohio entre Cincinnati et St Louis, avec Leigh.[15] | |
| Lowver | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Kansas, Texas | Originaire du Missouri, il avait commencé en juillet et visitait le Kansas et le Texas.[10] | |
| McCormack | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Chicago | Il est incertain si lui et sa femme étaient colporteurs ou pas, mais en mars, ils allaient revenir à Chicago pour y "disséminer la vérité".[10] | |
| 1883 | Seagrin, Charles | En juin, cela faisait six mois qu'il annonçait la "bonne nouvelle" à ses compatriotes, les Suédois.[18] | |
| v. 1887 | Bryan, Elmer; Rogers, S.D.; Weber, Henry; Blunden, Simon O.; Zink, L.F.[19] | ||
| v. 1895 | Thori, M.P;[20] Knauss F., Kellogg, Geo.;[21] Marchant, Arthur,[22] et beaucoup d'autres | ||
| 1898 | Webb, Geoffrey | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Canada | Il prêcha à Rapid City, au Manitoba.[23] |
| v. 1903 | Hyning, Ray Van, [24] Feldt, Viktor et Lindkvi, Fritiof (Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Norvège)[25] | ||
| v. 1905 | Macmillan, Alexander H.; Cole, James H.; Riemer, Hugo Henry[24] | ||
| v. 1906 | Magnuson, Oscar[24] | ||
| 1908 | White, Ethel[24] | ||
| av. 1910 | Morgan et Laing | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Panama | Il furent envoyés en 1910 au Panama par le représentant de la Watch Tower de Kingston, en Jamaïque.[26] |
| 1914 | Carmichael, Hendry | Birmanie | À Rangoon, il laissa quelques livres et tracts.[27] |
| 1923 | Mart, Marcello; Hotz, Emma; (av. 1923) Protti, Ignazio, Adele et Albina | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Italie | Jusqu'en 1927, ils effectuèrent du colportage dans le Piémont et la Lombardie.[28] |
| 1927 | Owenpa | Afrique | Il démissionna des chemins de fer le 1er juillet pour devenir colporteur.[29] |
| 1930 | Wozniak, André | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Belgique | Il totalisa 43 années en tant que surveillant de circonscription et colporteur/pionnier spécial.[30] |
| 1931 | Wilkinson, Éric | Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant France | Il prêcha à Paris.[31] |
| da Silva Jordão, Manuel | Portugal | Avant cette date, il était déjà colporteur.[32] | |
Conseils
Des conseils précis furent donnés aux colporteurs du mouvement des Etudiants de la Bible lors de conventions appelées Believers in the Atonement Sacrifice of Christ Convention, qui eurent lieu à Ashbury Park, New Jersey, du 22 au 29 juillet 1906, et à St Paul, Minnesota, du 13 au 20 août 1906. Deux discours furent prononcés à cet effet: l'un par Charles Taze Russell, et un autre par James H. Cole, lui-même colporteur.[33] Puis, en 1928, sous la présidence de Joseph Rutherford, une brochure fut publiée à l'attention des colporteurs.
Ceux de Russell
Russell adressa un discours au sujet du travail des colporteurs, et déclara que pour autant qu'il pouvait comprendre les directions de la Providence du Seigneur, le travail de colporteur était "l'un des principaux moyens que le Seigneur est en train d'utiliser en ce temps de récolte pour l'accomplissement du travail de la récolte".
Russell estimait qu'il ne fallait utiliser que deux tracts, "The Dark Cloud and the Silver Lining" et "Do You Know", les autres tracts étant réservés aux volontaires (les volontaires étaient ceux qui distribuaient les tracts gratuitement); néanmoins, il ne fallait laisser ceux-ci que dans les cas où aucune commande de livres n'était réalisée. Bien que les colporteurs pouvaient aussi effectuer le travail des volontaires, Russell estimait qu'ils feraient mieux, une fois arrivé le dimanche, de consulter leur livre des noms contenant les personnes intéressées, et ainsi d'utiliser leur temps de libre à leur rendre visite. Les tracts n'avaient pas besoin d'être introduits par une présentation, sauf dans les cas où la personne était abordée sur un perron par exemple. Russell conseillait d'utiliser le mot "gratuit" et de le mettre bien en évidence et de s'assurer que l'interlocuteur l'a bien entendu.
Il ne serait pas bien qu'une femme délaisse sa maison et son mari pour devenir colportrice, car "elle a un devoir d'épouse"; si mari était Étudiant de la Bible et n'y voyait pas d'inconvénient, elle pouvait l'effectuer tout en tenant compte des intérêts et des attentes de celui-ci, mais s'il était "du monde", "il a[vait] le droit d'exiger que sa maison soit prise en charge, ce qui fait partie du contrat de la femme ne doit pas violer".
Si la personne refusait les livres après les avoir commandés, il ne fallait pas être grossier ou méchant, car cela pourrait jeter le discrédit sur le Seigneur. La réponse à faire était la suivante: "Eh bien maintenant, madame (ou monsieur) vous avez certainement commandé ceux-ci avec la pleine connaissance, et je pense vraiment que vous prenez difficilement en compte mes circonstances lorsque vous refusez de les prendre. Vous savez, cela prit beaucoup de mon temps à venir ici et à vous parler sur le sujet, et je ne suis pas payé quoi que ce soit à cet effet; c'est un amour de la vérité et le désir de vous servir. Et puis, considérez que cela prend du temps pour moi de vous apporter le livre, et le travail est digne de quelque chose, bien sûr. Maintenant, tout ce que j'ai dans cette affaire est une allocation par la Société que je reçois dans une proportion de tout ce qui vient de ces livres, qui sont vendus au prix coûtant. Trois livres pour un dollar équivaut à rien, et je n'aurais pas pensé que vous vous rétracteriez, sauf s'il y avait un malentendu dans votre esprit. Il me semble que quelqu'un a dû vous avoir dit quelque chose pour vous porter préjudice, et vous avez peut-être oublié ce que je vous ai dit sur les livres quand j'ai pris votre commande. Maintenant, mon ami, laissez-moi vous dire qu'il existe des ennemis de ce livre, mais en principe, vous constaterez que les ennemis sont ceux qui ne les ont jamais lus. Les ennemis de ces livres sont des gens qui ne les ont jamais étudiés, je suppose que vous êtes un homme intelligent (ou une femme, selon le cas et c'est ce qu'on peut dire de presque tout le monde qui commanderait un livre); vous semblez avoir une grande part d'intelligence, et je suppose que vous vous faites une réflexion. Maintenant, je vais vous dire ceci, que si vous prenez les livres et les conserver pendant une semaine ou un mois, je vous dirai où je serai, et si vous me dites, après les avoir lus, qu'ils ne vous sont pas utiles, et ne valent pas davantage qu'un dollar, je les reprendrai et rembourserai votre argent, et ce sera tout ce qui sera dit à ce sujet" [autrement dit, il fallait manipuler la personne en utilisant la culpabilité, en se rabattant sur l'argument de la persécution, en utilisant une fausse flatterie, etc].
Il était possible de demander à la personne de la faire payer pour le temps perdu dans le cas où celle-ci avait acheté les livres, les avait payés, et demandait à être remboursée sans les avoir lus. Dans ce cas, la réponse à faire était la suivante: "Eh bien, maintenant, mon ami, si vous insistez vraiment pour que je les ramène, vous serez certainement disposé à ce que que j'obtienne quelque chose pour mon temps, et je pense que vous admettrez qu'un quart du temps que j'ai passé avec vous pour venir démarcher et un quart pour vous les amener, c'est assez peu, mais je ne veux pas récupérer les livres; je veux de votre part obtenir leur bénéfice, c'est la raison pour laquelle je suis dans ce travail." Russell affirmait qu'un tel raisonnement, la personne se sentirait probablement de nature à laisser le colporteur le persuader à prendre les livres.
Dans le cas où le colporteur vendait des volumes à 10 cents alors que c'était inscrit en première page qu'il s'agissait de volumes à 5 cents et que quelqu'un en faisait la remarque, il fallait dire que les 5 cents en plus correspondaient au temps passé à les vendre [autrement dit, les livres étaient vendus à un prix supérieur à celui indiqué, le tout était que la personne ne s'en aperçoive pas].
Russell déclara qu'il était justifié de vendre les Études dans les Écritures à ceux qui possédaient déjà les Aurore du Millénium, et ceci même si ce sont en réalité les mêmes ouvrages... Selon Russell, la vente de trois pour 98 cents semblait frapper les gens comme étant remarquablement peu cher, en conséquence, le colporteur pouvait dire: "Il y a deux ensembles de ces études, la première série est à 98 cents. Les livres de l'autre ensemble sont plus épais, et si vous les voulez maintenant ou dans le futur, vous pouvez les obtenir aussi." Donc, il fallait leur faire savoir qu'il y avait deux séries, mais "en parlant d'eux comme des ensembles différents". Une personne pouvait se rendre compte après que le colporteur soit parti que les deux séries de livres étaient identiques, mais cela n'avait pas d'importance car cela se produisait une fois sur mille, selon Russell, et que c'était la preuve que la personne était quelqu'un qui s'opposait. Il fallait dire auparavant en présentant la deuxième série: "Sous certains aspects, ce livre ressemble beaucoup aux Aurore du Millénium, et d'ailleurs les Aurore du Millénium ont beaucoup de matières en elles". Mais il ne fallait pas violer sa conscience en la circonstance... [tout en sachant pertinemment qu'on vendait à la personne les mêmes livres, il fallait avec recours à une certaine ingéniosité pour lui faire accepter les deux séries... N'était-ce pas malhonnête?]
À ceux qui objectaient la distribution de publications le dimanche, il fallait répondre que c'était "la lecture du dimanche" [c'était faux puisque ces publications étaient aussi distribuées les autres jours, le but étant de contourner l'objection ayant trait au travail le dimanche].
Si quelqu'un demandait au colporteur s'il était un ministre et à quelle dénomination il appartenait, il fallait répondre: "Oui, je suis un ministre effectuant cette œuvre comme étant la meilleure façon par laquelle je peux mettre l'Évangile dans les mains du peuple. Je travaille sous les auspices de la Watch Tower Bible & Tract Society, qui est strictement non dénominationnelle." Dans le cas où un mari refusait les livres, mais que la femme les désirait et les achetait à contrecœur, c'était bien, car Russell préférait toujours que les livres soient vendus, et il fallait dire: "Si vous pouvez expliquer à votre mari que ce sont des livres religieux, et que vous souhaitez les lui faire examiner, et s'il trouve quelque chose de mal chez eux c'est une autre affaire; mais je suis sûr que quand il les lira, il sera être heureux de les avoir dans la maison." Enfin, les colporteurs ne devaient pas sortir du territoire qui leur était assigné.
Ceux de Cole
Pour sa part, James H. Cole expliqua: "Ne pensez pas que c'est un lit de fleurs de la facilité, le Seigneur ne va pas nous mener au ciel de cette façon. Et bien sûr le plus actif vous devenez au service du Seigneur, le plus l'adversaire vous persécutera. (...) Je n'ai pas de plaisir à aller dans les maisons pour vendre des livres et ce n'est pas parce que j'ai un goût pour la vente de livres que je suis dans le service. Si ce n'était pas pour la vérité, je vendrais mes livres à l'homme du journal et irais dans d'autres affaires. La promesse du Seigneur, c'est qu'il sera avec ceux qui Le servent, et ils seront parmi ceux qui régneront avec Lui. Une des choses les plus importantes pour le colporteur à retenir est de mettre du sentiment dans son travail, mettez votre âme tout entière en elle".
Au sujet de la méthode à utiliser, Cole expliqua qu'"aucun de nous n'est trop vieux pour apprendre quelque chose de plus", en conséquence de quoi, tout en étant "aussi naturels que possible", il fallait désormais "apprendre une nouvelle méthode qui a fait ses preuves" [ainsi, une certaine uniformisation des méthodes était requise]. Il déclara ensuite qu'"un certain nombre de règles ou de principes sont toujours effectués dans chaque vente de livres, que nous le réalisions à ce moment ou non"; il fallait donc "apporter des pensées dans leurs esprits (...) en proposant deux questions, éveillant leur curiosité, mais en laissant les questions sans réponse", à savoir "pourquoi Dieu permet le mal" puis dire que c'est une vaste sujet et que le livre l'expliquera mieux qu'on ne le ferait. Il était conseillé de souligner aussi clairement que possible le fait que Dieu avait le pouvoir d'empêcher le mal et pourtant ne le faisait pas.
Cole expliqua que "l'une des premières choses à faire dans le cadre du démarchage est de cacher le livre", sans quand les gens auraient immédiatement une mauvaise impression, ajoutant: "Je n'ai jamais laisser paraître aux gens que je suis un agent de livre. Je porte mon livre dans un petit sac épinglé à mon épaule, sous mon manteau". De ce fait, une Étudiante de la Bible fournirait ces sacs aux colporteurs, s'ils écrivaient à la Maison de la Bible. Parmi les conseils donnés par Cole, il y avait ceux-ci: "Fixez-vous droit dans les yeux des gens pour commencer". "Ne sentez pas que vous dérangez les gens, puisque nous prenons seulement environ quatre minutes de leur temps, et nous apportons ce que devrait être une grande bénédiction pour eux. Si vous ne pouvez pas vendre un livre rapidement, vous n'êtes pas susceptibles de le vendre du tout. Il y a certaines choses qui doivent être effectuées dans tous les cas avant de pouvoir vendre à une personne, à savoir: éveillez la curiosité, vous aurez ainsi attirer l'attention, puis suscitez l'intérêt, qui à son tour va créer un désir, s'il est correctement manipulé. Ces points sont martelés en détail dans les "Conseils aux Colporteurs", qui peut être obtenu à la Maison de la Bible, et que je vous recommanderais à tous de les étudier attentivement. Soyez souriants, aimables, etc. Soyez plus polis, ou davantage que l'étiquette l'exigerait. Si vous obtenez un demi-occasion pour remercier une personne pour quelque chose, faites-le. Faites-en une question de principe et les gens se rendront compte qu'il y a quelque chose derrière cela, que vous êtes un chrétien".
Il n'est pas nécessaire d'obtenir les noms des personnes à l'avance, mais il est important "de savoir si elles sont protestantes ou catholiques", Cole affirmant s'être rendu compte au bout de trois que dans les lieux peuplés de catholiques, il s'était "vite lassé". Or, le but étant de passer son temps "là où le plus peut être accompli dans le même laps de temps", Cole expliqua que depuis qu'il avait délaissé les catholiques, il avait "doublé [s]es ventes", et se sentais "justifié à agir ainsi". Il demandait donc trois ou quatre portes avant si les habitants des maisons suivantes étaient protestants [ainsi, ce n'est pas l'intérêt spirituel des personnes qui compte, c'est le maximum de ventes de livres dans un minimum de temps...].
Il était déconseiller d'entrer chez les personnes en période d'été, hormis dans un quartier chic. Dans les villes, il n'est pas nécessaire d'appeler le pasteur des gens, car cela pourrait "mettre en danger les commandes", mais il est possible de les appeler dans les villages de campagne si le colporteur s'y sent prêt.
Une fois les trois livres présentés sans que l'interlocuteur ne les achète, il fallait dire: "Ce premier volume est une œuvre complète et tous les sujets que j'ai mentionnés sont traités dans ce volume. Nous apportons souvent juste ce premier volume, et beaucoup disent que juste l'un de ces sujets est d'une valeur de 35 cents. Après avoir lu celui-ci, si vous désirez obtenir les autres, vous pouvez envoyer à la Société de la Bible et les obtenir. Votre voisine, Mme So & So, fait de cette façon". Si certaines personnes disaient qu'elles possédaient déjà des livres traitant de ces sujets, il ne fallait pas en tenir compte puisque c'était presque forcément faux.
Dans le cas où le colporteur présentait les Études dans les Écritures à quelqu'un qui possédait déjà les livres de l' Aurore du Millénium — sachant que ce sont les mêmes livres, le titre de la série ayant simplement changé —, il fallait "essayer de vendre les livres de toute façon", et si la personne demandait: "Est-ce que ce sont les mêmes que les Aurore du Millénium?", il fallait "essayer d'éluder la question en leur demandant: "Qu'est-ce que l' Aurore du Millénium enseigne?""; à cela les gens répondraient forcément quelque chose d'un tant soit peu erroné, et donc le colporteur pourrait répondre: "Ce livre [celui qui était alors proposé] n'enseigne pas quelque chose comme ça" [autrement dit, il fallait ruser, en ayant recours à ce qui devint plus tard la stratégie de guerre théocratique, pour vendre deux fois le même produit!].
Il n'était pas nécessaire de se référer à la carte du Tableau des Âges, car cela pouvait ne pas être "prudent". Si le colporteur le montrait quand même, il fallait dire: "Vous avez souvent entendu combien la Bible se contredit", puis "voici un petit tableau qui explique clairement la Bible et montre qu'elle ne se contredit pas, mais c'est une illustration du plan de salut de Dieu que l'on trouve dans les Écritures".
Suivant le territoire et le volume de temps qu'il travaillait chaque jour, Cole affirma vendre environ 30 volume au bout de 8 heures. Il n'était pas nécessaire de proposer tous les volumes de la série de livres écrits par Russell, car cela "gâchait souvent la vente de trois livres en essayant de vendre les six".
Il fallait obtenir les commandes aussi vite que possible, qui arrivaient généralement trois mois plus tard. Dans le cas d'une impossibilité à obtenir les livres, il était conseillé de dire: "Je vois que vous êtes intéressé par les livres de toute façon et notre société a publié cette même œuvre sous forme de brochure que nous fournissons pour seulement 10 cents". Il était possible de prendre des échanges commerciaux pour les livres dans des magasins telles que les épiceries ou les commerces d'ameublement, ou de louer les livres, mais pas de les vendre à crédit. Si, dans un quartier huppé, le majordome venait à la porte mais pas la maîtresse de maison, il était conseillé de ne pas s'attarder là, car il fallait "aller là où les livres [était] souhaités" [toujours le même leitmotiv donc: vendre au plus vite]. Il fallait toujours les vendre au prix de 98 cents, car cela était inférieur à un dollar, prix qui risquait de paraître trop onéreux [technique typiquement commerciale].
À la question de savoir pourquoi les livres étaient vendus si bon marché, il était conseillé de dire: "Les livres sont tellement appréciés que la Société de la Bible en a fait sa spécialité et le travail n'est pas un plan pour se faire de l'argent. La circulation est tellement grande et ainsi tant se sont intéressés à la Bible par la lecture des livres qu'ils contribuent volontairement aux dépenses de la Société. Nous aussi, nous avons été tellement aidés par les livres que nous effectuons ce travail entièrement sur l'intérêt profond que nous avons en lui en tant qu'œuvre chrétienne". Il fallait parler d'une voix basse, car cela était plus respectueux et plus en harmonie avec l’œuvre.
Si la personne demandait à quelle église le colporteur appartenait, il fallait répondre: "Il s'agit d'une œuvre non confessionnelle, nous sommes connectés avec une Société de la Bible dont les œuvres sont pour tous les chrétiens. Ça n'a pas beaucoup d'importance de savoir à quelle église vous appartenez à si votre nom est écrit dans le ciel." Si la personne déclare ne vouloir lire que des écrits de sa propre religion, il fallait répondre: "Je trouve les chrétiens dans toutes les églises" [ainsi, il fallait édulcorer sa position de ceux qui sont "dans la vérité" pour avoir une chance de vendre ses livres].
Ceux de Rutherford
(à compléter)
Références
- Erreur lors de la création de la vignette : Fichier manquant Parkinson, James (1999, 3è éd.) (anglais), The Bible Student Movement in the Days of CT Russell, format pdf
- ↑ La Tour de Garde (anglais), avril 1881, R214, p. 7, "Wanted 1,000 Preachers"
- ↑ 2,0 et 2,1 WTBTS (1973), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 86
- ↑ La Tour de Garde (anglais), mai 1881, R239, p. 8
- ↑ 4,0 4,1 4,2 4,3 et 4,4 La Tour de Garde (anglais), octobre/novembre 1881, R290, p. 5, "In the Vineyard"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), octobre/novembre 1881, R298, p. 6, "From Bro. J.B. Adamson"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), mars 1882, p. 4, "A Word from Bro. J.B. Adamson"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), février 1883, p. 1, "Letter from Bro. Adamson"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), octobre/novembre 1881, R293, p. 6, "From Bro. J.J. Bender"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), mars 1882, R325, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ 10,0 10,1 et 10,2 La Tour de Garde (anglais), juillet 1882, R367, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), janvier 1882, R311, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ 12,0 et 12,1 La Tour de Garde (anglais), avril 1882, R334, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), juillet 1882, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), mai 1882, R345, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ 15,0 et 15,1 La Tour de Garde (anglais), juin 1882, R357, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), mars 1882, R325, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), avril 1882, R335, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), juin 1883, R487, p. 1, "View from the Tower"
- ↑ Perkinson, 1999, p. 9
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 février 1896, R1940, p. 36, "Encouraging Words from Faithful Workers"
- ↑ La Tour de Garde (anglais), 15 avril 1896, p. 88, "Encouraging Words from Faithful Workers"
- ↑ WTBTS (1979), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 82
- ↑ WTBTS (1979), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 85
- ↑ 24,0 24,1 24,2 et 24,3 Perkinson, 1999, p. 10
- ↑ WTBTS (1977), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 199
- ↑ WTBTS (1977), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 243
- ↑ WTBTS (1979), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 35
- ↑ WTBTS (1982), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 131
- ↑ WTBTS (1986), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 190
- ↑ WTBTS (1984), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 49
- ↑ WTBTS (1980), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, pp. 66,67
- ↑ WTBTS (1983), Annuaire des Témoins de Jéhovah, Watch Tower Bible & Tract Society, p. 137
- ↑ Asbury Park, New Jersay, 22-29 juillet 1906; St Paul, Minnesota, 13-20 août 1906, Convention "Beleivers in the Atonement Sacrifice of Chirst, 1906 Souvenir Report from the Conventions of the Watch Tower Bible and Tract Society, heraldmag.org
