Jonas Wendell
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| Jonas Wendell | |
|---|---|
![]() Portrait gravé de Jonas Wendell, vers 1870 | |
| Nom complet | Jonas Wendell |
| Naissance |
25 décembre 1814 Minden (New York) |
| Décès |
14 août 1873 Edinboro (Pennsylvanie) |
| Nationalité |
|
| Occupation | prédicateur adventiste |
| Influences | George Storrs |
| Connu(e) pour | prédicateur qui ranima la foi du jeune Charles Taze Russell ; annonce du retour du Christ pour 1873 |
| Œuvres célèbres | The Present Truth, or Meat in Due Season (1870) |
Jonas Wendell (25 décembre 1814, Minden, New York – 14 août 1873, Edinboro, Pennsylvanie) fut un prédicateur adventiste itinérant qui annonça à plusieurs reprises la date du retour du Christ, en 1850, en 1854, en 1868 puis en 1873, et mourut l'année même où il l'attendait.[1] Il doit sa place dans l'histoire des Témoins de Jéhovah à une rencontre : vers 1869, le jeune Charles Taze Russell, qui doutait de la Bible, entra par hasard dans la salle d'Allegheny où Wendell prêchait, et Russell écrivit plus tard que ce sermon avait suffi à rétablir sa foi.[2] Ce que Russell lui doit au-delà de ce moment reste discuté entre historiens, et Russell lui-même n'en a pas parlé de la même façon selon les années.
Jeunesse (1814-1847)
Jonas Wendell naquit le 25 décembre 1814 à Minden, dans le comté de Montgomery (New York), de Jacob et Magdalena Wendell, et fut baptisé à l'église luthérienne St. Paul de Minden le 22 janvier 1815.[3] La nécrologie écrite par son ami George Stetson le fait naître en 1815, une date que reprend George Chryssides, qui le fait aussi naître à Edinboro, où Wendell ne s'installa qu'à l'âge adulte.[4] Le baptême de janvier 1815, relevé par Schulz et de Vienne, rend la date de 1814 plus sûre.
Avant de se tourner vers la religion, le jeune homme fit de la politique : en août 1839, il fut délégué à une convention du parti whig à Saratoga Springs ; il étudia ensuite le droit auprès de son frère aîné Jacob, avant d'y renoncer pour la prédication adventiste.[5] Selon Stetson, il se convertit à Syracuse vers 1843 et entra dans l'Église méthodiste épiscopale, puis adopta vers 1845 l'idée que l'immortalité ne se reçoit que par le Christ et que les méchants seront détruits, et non tourmentés sans fin.[6] C'est la prédicatrice millérite Lucy Maria Hersey qui l'avait gagné au message adventiste, à une époque où la place des femmes dans la prédication faisait débat parmi les disciples de William Miller.[7]
Après la « grande déception » d'octobre 1844, quand le Christ ne revint pas à la date annoncée par les millérites, Wendell écrivit que le petit groupe de Syracuse n'avait perdu que trois ou quatre membres, et il y prêchait encore en 1847.[8]
Les dates de 1850 et de 1854 (1847-1858)
Associé au pasteur baptiste John C. Bywater de Rochester, Wendell annonça avec lui le retour du Christ pour 1850, dans une petite revue fondée pour l'occasion, The Watchman. L'historien adventiste Isaac Wellcome écrivit que les deux hommes avaient créé leur propre journal parce que les autres revues adventistes publiaient leurs articles en les accompagnant de critiques.[9]
Le calcul reposait sur les 2300 « soirs et matins » de Daniel 8:14, lus comme 2300 années. Pour savoir d'où les compter, Miller se servait d'une autre prophétie, les « soixante-dix semaines » de Daniel 9:24, qu'il lisait comme 70 × 7 = 490 années, commencées en même temps que les 2300 ans. Il plaçait la fin de ces 490 années à la crucifixion, en l'an 33 ; en remontant de 490 ans, il trouvait 457 av. J.-C., l'année du retour d'Esdras à Jérusalem, et en ajoutant 2300 ans, il arrivait à 1843.[10][11] Les partisans de 1850 gardaient les 2300 ans, mais ils plaçaient la crucifixion à la fin de la soixante-neuvième semaine, et non de la soixante-dixième. Il ne fallait donc plus remonter que de 483 ans depuis la crucifixion : le point de départ reculait de sept ans, et la fin passait de 1843 à 1850. L'historienne adventiste Julia Neuffer note que 1850 était la date la plus tardive que permettait ce déplacement.[12] Ni Neuffer ni les autres auteurs consultés ne donnent l'année de départ exacte retenue par Bywater et Wendell.
George Storrs, qui dirigeait le Bible Examiner, refusa de publier un article sur la date de 1850, de peur d'ajouter une déception de plus à celles qui ébranlaient déjà la foi au retour du Christ[13], mais il accueillit pourtant les deux prédicateurs, parce qu'ils enseignaient comme lui que l'homme n'a pas d'âme immortelle.[14] À la conférence de Rochester de 1850, il entendit prêcher Wendell, dont il écrivit le nom « Wendall »[15], puis il retrouva les deux hommes à Canandaigua, où ils avaient planté leur tente sur la place publique.[16] L'année suivante, à Honeoye, Storrs nota que Bywater et Wendell y avaient prêché « pour la première fois », lors de leur passage de 1850, que l'immortalité ne se reçoit que par le Christ.[17]
L'échec de 1850 ne guérit pas Wendell des calculs : il fut bientôt aussi sûr de 1854 qu'il l'avait été de 1850. Cette nouvelle date venait de Jonathan Cummings, la voix principale du mouvement de 1854.[18] Dans sa brochure sur la parabole des dix vierges, Cummings faisait partir de l'an 519 les trois périodes du livre de Daniel, 1260, 1290 et 1335 années (Daniel 7:25 ; Daniel 12:11-12).[19] Cummings ne rattache cette année à aucun événement : il la justifie par la fin des périodes. Les 1260 années finissent en 1779, quelques mois avant le « jour obscur » du 19 mai 1780, quand le ciel de la Nouvelle-Angleterre s'assombrit en plein jour[20] ; les 1290 années finissent en 1809, année où Napoléon annexa les États du pape et le fit prisonnier[21] ; et les 1335 années finissent en 1854, année de la résurrection des morts.[22]
En janvier 1854, installé à Edinboro, en Pennsylvanie, Wendell écrivait à Storrs que l'idée de « la vie par le Christ seul » se répandait dans la région.[23] Dans cette même lettre, il racontait un débat improvisé avec un pasteur méthodiste qui l'accusait de rabaisser l'homme au rang de la bête, et auquel il avait répondu que c'était Dieu qui le disait, en citant l'Ecclésiaste.[24] Quand l'année 1854 passa à son tour, la foi de Wendell « lui fit défaut », écrivit Stetson, et il « s'égara » pendant plusieurs années.[25] Pour Schulz et de Vienne, la cause est claire : il avait consacré plusieurs années de sa vie à des spéculations prophétiques qui se révélèrent fausses.[26]
C'est un homme qu'il avait lui-même converti, C. B. Turner, qui aida Wendell à retrouver la foi. La nécrologie de Turner place ce retour pendant l'hiver 1864-1865, mais Schulz et de Vienne y voient une erreur pour 1854-1855, puisque Wendell prêchait de nouveau avant octobre 1858.[27]
Le prédicateur itinérant (1858-1868)
Revenu à la prédication, Wendell parcourut l'Ohio, l'État de New York, la Pennsylvanie et la Nouvelle-Angleterre, souvent aux côtés de John T. Ongley, de C. F. Sweet et de George Stetson, qui croyaient tous à l'« âge à venir », l'idée d'un règne terrestre du Christ où les nations auraient encore une chance d'être sauvées.[28] Bernard Blandre voit en Wendell un exemple typique de ces prédicateurs chrétiens adventistes qui mélangeaient sans difficulté les croyances des seconds adventistes et celles de l'âge à venir, un mélange que le jeune Russell reçut dès le début.[29]
Ses tournées laissaient des églises derrière lui. À Yorkshire Corners (New York), en 1865 et en 1867, ses réunions avec le médecin prédicateur Clinton Colegrove donnèrent naissance à une église de soixante-trois membres ; en 1866, près de Woodhull, dans le comté de Steuben, il prêcha vingt et un soirs de suite et écrivit qu'une centaine de personnes avaient adopté ses vues et que vingt-deux avaient été baptisées.[30] En février 1867, il fonda avec Daniel R. Mansfield l'église de Nevada, dans l'Ohio, dont Stetson devint ensuite le pasteur.[31] Stetson, qui travailla souvent avec Wendell, dut un jour expliquer qu'il existait « deux Wendell » : on confondait Jonas avec son neveu Rufus, l'un des dirigeants de l'Union de la vie et de l'avent fondée par Storrs, qui niait que les méchants ressusciteraient.[32]
En 1868, Wendell se rallia à l'attente de cette même année, défendue par William C. Thurman. Dans un long article du World's Crisis du 11 mars 1868, il faisait partir de l'an 533 les périodes de 1260 et de 1335 jours du livre de Daniel, pour aboutir à 1793 et à 1868.[33] L'an 533 est celui où l'empereur d'Orient Justinien reconnut l'évêque de Rome comme le chef de toutes les Églises : pour Wendell, ce texte donnait au pape le droit d'employer la puissance civile de l'empire contre tous ceux qu'il jugeait hérétiques.[34] Les 1260 années comptées depuis ce décret tombaient sur 1793, l'année de l'exécution de Louis XVI, et les 1335 années sur 1868.[35] Wendell présentait ce calcul comme le fruit de sa propre étude, alors qu'il l'empruntait à des auteurs anglais comme Elliott et Cuninghame : Schulz et de Vienne relèvent que Miller, Thurman et Barbour revendiquaient de la même façon une originalité qui n'était pas la leur, et qu'une telle revendication valait affirmation d'un guidage divin.[36] L'année 1869 passa sans que le Christ paraisse, et Wendell, sans un mot sur cette déception, adopta aussitôt la date de 1873.[37]
Pittsburgh et Russell (1869-1871)
Le 17 janvier 1869, Wendell et Edward Cotton arrivèrent à Pittsburgh pour une visite d'un jour qu'ils prolongèrent : Wendell n'y trouva d'abord qu'une demi-douzaine de fidèles, et ils étaient trente en février.[38] Après des réunions au Lafayette Hall de Pittsburgh, il défia les pasteurs de la ville de débattre avec lui de l'immortalité de l'âme ; le pasteur qui avait relevé le défi se retira, et Wendell porta l'affaire dans la presse en écrivant qu'il n'existait pas une fausse religion qui ne repose sur l'immortalité de l'âme.[39] Le 20 février 1869, une annonce de la Pittsburgh Gazette invitait le public à entendre « Elder J. Wendell » le lendemain au Quincy Hall, sur Lacock Street, à Allegheny.[40]
C'est dans cette salle, près de la maison des Russell, que le jeune Charles Taze Russell entra un soir. Russell situe la rencontre « vers 1869 », et ailleurs « près de deux ans » après avoir quitté l'église congrégationaliste de Plymouth, ce qui conduit Schulz et de Vienne à la placer vers la fin de 1869.[41] Les auteurs ne s'accordent pas sur cette date. M. James Penton écrit « en 1869 » à une page, puis parle de Wendell, une page plus loin, comme de l'homme qui avait ranimé la foi de Russell « en 1868 ».[42][43] Chryssides donne 1870, comme Robert Crompton.[44][45]
Schulz et de Vienne pensent que Wendell avait quitté Allegheny à la mi-mai 1869 et écrivent qu'ils ne savent pas s'il y revint en 1870.[46] La Pittsburgh Gazette du 23 février 1870 répond à cette question : elle parle d'« Elder Wendell, qui prêche maintenant au Quincy Hall, à Allegheny », et rapporte son offre de débattre avec tout homme de bonne réputation de l'idée que la vie éternelle n'est promise qu'aux saints.[47]
Wendell revint encore à Pittsburgh le 5 novembre 1871 et y resta environ quatre semaines, rejoint par Stetson. Il écrivit que l'église de la ville avait été « comme des brebis sans berger » et qu'elle venait de choisir pour pasteur George D. Clowes, un ancien pasteur méthodiste exclu de son Église pour hérésie.[48] Schulz et de Vienne se contredisent sur ce point, puisqu'ils datent ailleurs ce retour de 1872.[49] Clowes fut ordonné un an plus tard, en novembre 1872, par Stetson et E. McCullock.[50]
La brochure de 1870
En 1870, Wendell publia à Edinboro une brochure de quarante-huit pages, The Present Truth, or Meat in Due Season (« La vérité présente, ou la nourriture en son temps »), qui annonçait le retour du Christ pour 1873 et fut rééditée cette année-là.[51] La réédition de 1873, réduite à seize pages, annonçait sur sa couverture les preuves de la venue du Seigneur « cette année, 1873 ».[52] L'expression « vérité présente » du titre se retrouve plus tard dans tout le vocabulaire de Russell, et Schulz et de Vienne pensent que Russell la découvrit dans cette brochure.[53]
Wendell y voyait des signes de la fin : les Mormons partis chercher le royaume de Dieu dans le désert de l'Utah, le jour obscur de 1780 et la pluie d'étoiles de 1833.[54] Pour 1873, Wendell gardait le décret de Justinien, mais il en plaçait l'effet en 538 : cette année-là, l'armée byzantine chassa de Rome les Ostrogoths ariens, ennemis du pape, et le décret de 533 put enfin s'appliquer.[55] Comptées depuis 538, les 1260 années finissaient en 1798, quand les troupes françaises détruisirent l'État pontifical, les 1290 années en 1828, que Wendell rattachait au début de la prédication de Miller, et les 1335 années en 1873.[56] En passant du décret de 533 à son application en 538, il repoussait de cinq ans la fin de l'attente, de 1868 à 1873. Il reprochait à Miller d'avoir fait partir les 1290 et les 1335 années de la « chute du paganisme », au lieu de l'établissement de la papauté[57] ; un tableau de la brochure met côte à côte le calcul de Miller, parti de 508 pour finir en 1843, et le sien, parti de 538 pour finir en 1873.[58] Pour les 2300 jours, qu'il faisait partir de 427 av. J.-C. et finir eux aussi en 1873, les auteurs ne précisent pas à quel événement Wendell rattachait ce point de départ.[59]
Schulz et de Vienne, Jonsson et Blandre ne s'accordent pas sur l'origine de ce calcul. Pour Schulz et de Vienne, Wendell adopta la date de Nelson Barbour et reprit ses enseignements sans le citer, comme il l'avait fait pour 1868.[60] Carl Olof Jonsson écrit de même que la brochure « inclut la chronologie de Barbour ».[61] Blandre, qui a lu la brochure, conclut au contraire que le calcul de Wendell est beaucoup plus simple que celui de Barbour et différent de lui, même s'il aboutit à la même année, et que les deux hommes travaillaient chacun de leur côté.[62] Ni l'un ni l'autre n'était d'ailleurs le premier à arriver à cette date : John Fry dès 1835, puis George Duffield en 1842, avaient déjà fait finir les 1335 jours en 1873.[63] En 1872, l'attente de 1873 gagnait tout le milieu adventiste, au point qu'une « conférence sur le temps » fut convoquée à Lawrence, dans le Massachusetts.[64]
L'accusation de 1871
Fin mai 1871, une dépêche de l'Associated Press partie d'Erie annonça que Wendell, présenté comme un pasteur d'une soixantaine d'années, avait été arrêté et conduit à Edinboro, accusé de « fornication » avec une jeune fille de seize ans nommée Terry, qu'il aurait fait sortir d'une maison de redressement pour s'enfuir avec elle.[65] La nouvelle fut reprise jusqu'en Californie, par le Daily Alta California du 29 mai 1871, ainsi que par le New-York Daily Tribune.[66]
Le 2 juin 1871, Wendell écrivit d'Erie au Tribune qu'il déclarait l'accusation « fausse, et sans aucun fondement ». Schulz et de Vienne font remarquer que ce démenti ne dit pas que l'arrestation n'a pas eu lieu, mais seulement qu'il était innocent.[67] Le 27 juin, l'Advent Christian Times annonça qu'après une enquête complète, la conférence de New York avait « entièrement disculpé » Wendell.[68] C'était donc sa propre conférence religieuse qui le mettait hors de cause, et non un tribunal : Schulz et de Vienne n'ont trouvé aucune pièce judiciaire sur l'affaire.[69] L'affaire précède de cinq mois son retour à Pittsburgh de novembre 1871.
Sa mort (1873)
Malade depuis 1871, Wendell resta actif jusqu'au bout : pendant l'hiver 1872-1873, il travaillait avec Stetson à ranimer l'église d'Edinboro, et il prêchait encore sous la tente en Pennsylvanie du 15 juin au 5 juillet 1873.[70] En avril 1873, il écrivait que l'église d'Edinboro, où se retrouvaient adventistes et croyants de l'âge à venir, comptait une centaine de membres.[71]
Le 7 août 1873, venu voir un fidèle nommé Goodwin dans l'atelier où celui-ci fabriquait des pompes à eau, il manqua une marche en haut de l'escalier et tomba jusqu'en bas, se blessant gravement. Le 13 août, il put encore diriger la réunion de prière ; le lendemain, au retour du pique-nique de l'école du dimanche, il aida un garçon dont le cheval s'emballait, remonta épuisé dans sa voiture et mourut aussitôt.[72] C'était l'année même où il avait annoncé le retour du Christ. Stetson prononça son oraison funèbre à Edinboro le 16 août, devant tout le clergé de la ville.[73]
Ce que Russell en a dit, face aux historiens
Dans le récit de sa jeunesse qu'il publia en 1890, puis de nouveau en 1894 et en 1906, Russell raconte être entré « apparemment par hasard » dans une « salle poussiéreuse et sombre » et y avoir entendu pour la première fois les idées des seconds adventistes, de la bouche de « M. Jonas Wendell, mort depuis longtemps ». Il ajoute que l'adventisme ne l'avait aidé à trouver « aucune vérité », mais seulement à se défaire de ses erreurs.[74] Il précise ailleurs qu'il n'avait adopté ni la date annoncée par Wendell ni les événements que Wendell prédisait. Schulz et de Vienne notent pourtant que, dans le même récit, Russell reconnaît que Wendell avait « éveillé son intérêt » pour les prophéties.[75] Russell voyait d'ailleurs dans ce « hasard » un guidage divin.[76]
La revue de Russell n'a pas toujours tenu ce langage. En février 1881, La Tour de Garde écrivait, en revenant sur l'année 1871, que « beaucoup » des membres du groupe étaient alors des seconds adventistes, qui attendaient la fin du monde pour 1873 parce que six mille ans se seraient écoulés depuis Adam.[77] Schulz et de Vienne soulignent que la phrase ne parle que de 1871 et que Russell avait pris soin de ne pas écrire « la plupart ».[78]
Schulz et de Vienne, Blandre et Jonsson ne mesurent pas de la même façon ce que Russell doit à Wendell. Schulz et de Vienne estiment que Wendell n'a influencé Russell que des deux façons que Russell mentionne : en éveillant son intérêt pour les prophéties et en répondant à ses questions sur l'injustice de l'enfer.[79] Ils rappellent aussi que les fidèles du Quincy Hall n'étaient pas des adventistes mais une congrégation de l'âge à venir, distincte du groupe d'étude biblique de Russell.[80] Blandre juge au contraire le récit de Russell, écrit plus de vingt ans après la mort de Wendell, « ni objectif ni complet » : devenu le chef d'une organisation importante, Russell aurait eu tendance à « déprécier les influences dont il avait bénéficié dans son adolescence ».[81] Pour Blandre, il est probable que Russell crut d'abord avec Wendell que Jésus reviendrait en 1873.[82] Jonsson pense le contraire : Russell savait que Wendell attendait 1873, mais rejetait alors tout calcul de date.[83] L'un des premiers amis de Russell, William Conley, s'associa en 1873 à Thomas B. Riter dans une affaire de tôlerie, signe, selon Schulz et de Vienne, qu'il ne prenait pas au sérieux les prédictions de Wendell et de Barbour.[84]
Plusieurs auteurs ont prêté à Wendell un rôle qu'il n'a pas eu. Tony Wills écrit qu'il annonçait 1874.[85] Ralph Orr lui attribue le calcul des 2520 ans et le remplacement de 1874 par 1914 ; Stuart A. Kallen en fait le fondateur de l'adventisme ; Schulz et de Vienne répondent que rien de tout cela n'est vrai.[86]
Voir aussi
Ressources sur le sujet
Schulz, Bruce W. et de Vienne, Rachael (anglais), A Separate Identity: Organizational Identity Among Readers of Zion's Watch Tower, vol. 1, chap. 1 (« Jonas Wendell », p. 65-82)
Blandre, Bernard (français), La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 92-98 et 155-167
Références
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity: Organizational Identity Among Readers of Zion's Watch Tower, vol. 1, p. 70 : « He was soon as positive about 1854 as he had been about 1850. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 55 : « it was sufficient, under God, to re-establish my wavering faith in the divine inspiration of the Bible ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 65 : « Wendell was born December 25, 1814, in Minden, Montgomery County, New York ».
- ↑ George D. Chryssides, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, Lanham, Scarecrow Press, 2007, p. 139 : « WENDELL, JONAS (1815–1873). Born in Edenboro, Pennsylvania ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 66 : « In the mid-1840s he studied law with Jacob Wendell, an older brother, but gave that up for the Second Adventist ministry. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 66 : « About 1845 he came into the truth of life and immortality in Christ only ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 66 : « Wendell's conversion to Adventism was through the efforts of Lucy Maria Hersey ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 92 : « il adressa à la Voix de la Vérité (Voice of Truth) une lettre selon laquelle le groupe de Syracuse (État de New York) n'avait subi que trois ou quatre défections ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 66 : « Elders J. C. Bywater and Jonas Wendall [sic] started specially to advocate that the Lord would make his second advent in 1850. ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 37 : « les 2 300 ans après lesquels le sanctuaire serait purifié selon Daniel VIII allaient du retour d'exil d'Esdras à Jérusalem (457 av. JC) à 1843 ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 38 : « partant de la date de la crucifixion du Christ (en l'an 33), il retrancha 490 ans (70x7) pour aboutir à 457 av. JC ».
- ↑ Julia Neuffer, The Gathering of Israel: A Historical Study of Early Writings, Ellen G. White Estate, p. 7 : « 1850 was the latest date to which they could stretch the 2300 days by shifting the 70 weeks » ; note 43 : « Based on ending the 69th of the 70 weeks at the cross ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 69 : « We cannot give currency to views on that subject which we are sure will result in no good ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 70 : « Storrs accepted Wendell and Bywater because they preached Conditional Immortality doctrine. ».
- ↑ Bible Examiner, juillet 1850, p. 105
- ↑ Bible Examiner, octobre 1850, p. 153
- ↑ Bible Examiner, octobre 1851, p. 155
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 70 : « The primary voice behind the 1854 prediction was Jonathan Cummings ».
- ↑ Parable of the Ten Virgins Going Forth to Meet the Bridegroom, Concord, 1854, p. 6
- ↑ Parable of the Ten Virgins Going Forth to Meet the Bridegroom, Concord, 1854, p. 6
- ↑ Parable of the Ten Virgins Going Forth to Meet the Bridegroom, Concord, 1854, p. 8
- ↑ Parable of the Ten Virgins Going Forth to Meet the Bridegroom, Concord, 1854, p. 9
- ↑ Bible Examiner, 1er février 1854, p. 47
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 72 : « I remarked in reply that we did not make man like a beast, but God declares he is so ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 70 : « his 'faith failed him,' … and for several years 'went astray.' ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 72 : « He invested several years of his life to prophetic speculations that proved unfounded. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 72 : « The 1864-1865 date is incorrect; it is a misstatement for 1854-1855. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 70 : « He participated in the mission activity of George Stetson, C. F. Sweet and John T. Ongley, all of whom were Age-to-Come believers. ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 94 : « Jonas Wendell est typique de ces prédicateurs chrétiens adventistes qui n'hésitaient pas à mélanger les croyances des seconds adventistes et celles des adventistes de l'âge à venir. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 74 : « As the result of my visit, about one hundred embraced the views of Bible truth as we hold them ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 74 : « George Stetson became their pastor shortly after the congregation was formed. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 90 : « there are two Wendells in the field, – as once there were two Richmonds, – Jonas and Rufus ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 74 : « Wendell counted both periods from 533 A. D. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 74-75 : « authority was given to the Bishop of Rome to settle all controversies of the church … and permitted (him) to use the civil power of the empire against whoever he deemed heretical ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 80 : « Il aboutit à la fin des 1260 jours-années à 1793, date de l'exécution du roi Louis XVI et acheva 1335 jours-années en 1868. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 75 : « Wendell borrowed these ideas from others, but he presented them as the result of his own study ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 75 : « We have found no statement from him concerning the disappointment. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 75 : « Wendell reported only "half a dozen" faithful in Pittsburgh when they arrived. By February there were thirty. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 76 : « There is not a false religion but has for its foundation the immortality of the soul ».
- ↑ Pittsburgh Gazette, 20 février 1869, p. 4
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 65 : « We can probably date this to sometime late in 1869. ».
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed: The Story of Jehovah's Witnesses, 3e éd., University of Toronto Press, 2015, p. 15 : « Sometime in 1869, Jonas Wendell, an Advent Christian preacher, was holding a service in "a dusty, dingy hall" in Allegheny ».
- ↑ M. James Penton, Apocalypse Delayed, 3e éd., p. 16 : « Jonas Wendell, the man who had revived Russell's dormant faith in Christianity in 1868 ».
- ↑ George D. Chryssides, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 139 : « C. T. Russell attended one of his talks in Allegheny, Pennsylvania, in 1870 ».
- ↑ Robert Crompton, Counting the Days to Armageddon: Jehovah's Witnesses and the Second Presence of Christ, Cambridge, James Clarke & Co, 1996, p. 30 : « he first attended, in 1870, a meeting of a group which he described as 'Second Adventists' and heard Jonas Wendell expound his Adventist views ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 76 : « We do not know if he returned at all in 1870, but he was back in 1871. ».
- ↑ Pittsburgh Gazette, 23 février 1870, p. 4
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 77 : « The church in Pittsburgh have been like sheep without a shepherd. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 80 : « When Wendell returned to Pittsburgh in 1872, he was fresh from distressing personal controversy. ».
- ↑ Advent Christian Times, 17 décembre 1872, p. 156
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 95 : « Dans une brochure publiée en 1870 Jonas Wendell interpréta la Bible pour annoncer le retour de Jésus en 1873. ».
- ↑ Jonas Wendell, The Present Truth, or Meat in Due Season, éd. de 1873, p. 1
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 543 : « Russell first met the concept through Jonas Wendell's booklet The Present Truth, or Meat in Due Season. ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 96 : « Cette prophétie était accomplie par les mormons qui allèrent chercher le royaume de Dieu dans le désert de l'Utah. ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 97 : « le pouvoir pontifical ne fut établi qu'en 538 lorsque les Byzantins prirent Rome aux Ostrogoths ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 97 : « 538 + 1290 ans = 1828 (début de la prédication de Miller) ».
- ↑ Jonas Wendell, The Present Truth, or Meat in Due Season, éd. de 1873, p. 12
- ↑ Jonas Wendell, The Present Truth, or Meat in Due Season, éd. de 1873, p. 13
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 97 : « La même date de 427 av. JC était aussi celle du début des 2300 ans qui s'achevaient donc en 1873. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 75 : « Wendell adopted Barbour's teachings without credit ».
- ↑ Carl Olof Jonsson, Les « temps des Gentils » reconsidérés, Atlanta, Commentary Press, 2008, p. 49 : « En 1870, le célèbre prédicateur adventiste Jonas Wendell inclut la chronologie de Barbour dans sa brochure ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 98 : « Les deux auteurs travaillaient indépendamment l'un de l'autre. ».
- ↑ Carl Olof Jonsson, Les « temps des Gentils » reconsidérés, p. 49 : « comme par exemple John Fry en 1835 et George Duffield en 1842 ».
- ↑ Advent Christian Times, 20 août 1872, p. 24
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 80 : « Wendell secured the girl's release from the House of Refuge some time since, and had arranged to run away with her. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 80 : « The report was published by papers as far away as California. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 80 : « Wendell's denial does not say the arrest did not occur, merely that he was innocent of the charge. ».
- ↑ Advent Christian Times, 27 juin 1871, p. 537
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 81 : « A search for an original record has proved fruitless. ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 94 : « Quoique malade depuis 1871, Wendell resta actif ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 51 : « the Second Adventist and One Faith unity congregation at Edinboro numbered about one hundred in 1873 ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 81-82 : « he went to his assistance, where he overtaxed his physical strength, and returned to his own buggy quite exhausted ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 82 : « his funeral was numerously attended at our chapel, when all the clergy of our village came to observe his obsequies ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 55 : « though Adventism helped me to no single truth, it did help me greatly in the unlearning of errors ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 150 : « I was not a convert, either to the time he suggested nor to the events he predicted. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 161 : « He felt visiting the Wendell meeting in 1869 was divinely guided. ».
- ↑ La Tour de Garde, février 1881, p. 188
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 2, p. 150 : « this is a look backward to 1871, and did not represent matters as they were in the 1880s ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 82 : « Wendell influenced Russell only in the two ways he mentions ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 151 : « The Quincy Hall adherents weren't Adventists. They were a One Faith congregation ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 158 : « il avait eu une tendance toute naturelle à déprécier les influences dont il avait bénéficié dans son adolescence ».
- ↑ Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 167 : « Il est probable que dans un premier temps il suivit Jonas Wendell en croyant que Jésus reviendrait en 1873. ».
- ↑ Carl Olof Jonsson, Les « temps des Gentils » reconsidérés, p. 53 : « Russell savait que certains adventistes, dont Jonas Wendell, attendaient le retour du Christ en 1873, mais lui-même rejetait le concept du calcul des dates. ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 154 : « That Conley focused on a major business venture that year is a strong indicator that he did not take the predictions of Jonas Wendell, Nelson Barbour and others seriously. ».
- ↑ Tony Wills, A People for His Name: A History of Jehovah's Witnesses and an Evaluation, 2e éd., Morrisville, Lulu Enterprises, 2006, chap. 2 : « The prediction of Jonas Wendell and others that 1874 would mark the end had failed ».
- ↑ Bruce W. Schulz et Rachael de Vienne, A Separate Identity, vol. 1, p. 82 : « He says that after the failure of 1874, Wendell "replaced" that date with 1914. None of this is true. ».

