Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

La Tour de Garde de mai 1882

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde de mai 1882
Revue La Tour de Garde
Date 1882
Auteur(s) John C. Sunderlin, William I. Mann, D. Widner
Année 1882
Langue Anglais
Pays États-Unis

Les lecteurs de la revue viennent de célébrer le Souper du Seigneur au printemps 1882, en petits groupes, des deux côtés de l'Atlantique. Le sens du pain et du vin y est fixé, ainsi que le choix du vin plutôt que du jus de raisin. Plusieurs lettres de lecteurs anglais et américains montrent comment les écrits de Pittsburgh circulent et gagnent des pasteurs déçus par leurs Églises.

La plus grande partie des pages défend la présence invisible du Christ et l'espérance d'une « restitution » de toute l'humanité. Le mot grec parousia y signifie « présence », et des signes du temps présent servent de preuves : l'essor du crime, la course aux armements, le traité de Berlin de 1878 et le départ de Juifs russes et roumains vers la Palestine. Les Églises établies sont jugées rejetées par le Christ depuis 1878. Les fidèles sont appelés à en sortir et à accepter les souffrances que leur vaut la vérité.

Le numéro règle aussi une question d'édition. Le livre annoncé sous le titre Millennial Day Dawn (« L'Aube du jour millénaire ») ne doit pas être confondu avec une édition révisée de The Day Dawn (« L'Aube du jour ») que prépare un autre auteur. Des réponses à des lecteurs traitent enfin de l'âme, du nombre 666, du mot « enfer » et de la papauté, présentée comme une imitation du règne futur de l'Église.

Analyse

Croyances

Prophéties accomplies et règles de lecture de la Bible

J. C. Sunderlin cherche à prouver que la Bible vient de Dieu par des prophéties que personne n'aurait inventées. Selon lui, les prophètes juifs annonçaient un Messie humilié et rejeté. Cette annonce allait contre ce que leur peuple espérait, et aucun auteur humain n'aurait cherché à flatter les Juifs de cette façon.[1] Pour cette preuve, il s'appuie notamment sur la fin de Daniel 9.[2] En mars 1881, ce même passage servait à autre chose : il permettait de dater la mort du Christ.[3] Sunderlin ajoute que les prophètes ne comprenaient pas leurs propres paroles (Daniel 12:8 ; 1 Pierre 1:10-12).[4] Penton relève la même idée chez Russell dès 1876. Pour Russell, les passages historiques et moraux de la Bible sont clairs, mais les passages prophétiques restent obscurs jusqu'au moment où Dieu aide à les comprendre.[5] Sunderlin peut donc présenter l'aveu d'ignorance des prophètes comme une raison de faire confiance à ceux qui, en 1882, disent enfin comprendre.[6]

D. Widner donne une règle pour juger une doctrine. Une doctrine est vraie si elle s'accorde avec tous les passages clairs de la Bible. Un enseignant qui rencontre un passage clair contraire à sa doctrine doit corriger sa doctrine, et non ignorer le passage.[7] Schulz et de Vienne rattachent cette façon de lire à une tradition protestante ancienne. En 1607, Richard Bernard demandait déjà de comparer les passages entre eux et d'expliquer les plus obscurs par les plus clairs.[8] Widner retourne cette règle contre les Églises. Il affirme que, si tous les chrétiens l'appliquaient, les « inventions humaines » et les fausses doctrines tomberaient vite.[9]

Une autre règle complète celle-ci : les rites de la Loi sont des types. Sunderlin explique que les pères d'Israël étaient « exaltés » même pendant leur esclavage en Égypte. Selon lui, tout le rituel d'Israël exprimait par des signes le plan de Dieu pour l'humanité.[10] Le supplément sur le Tabernacle applique cette méthode objet par objet. Il est pourtant réservé aux chrétiens « pleinement consacrés », et le lecteur doit le relire deux ou trois fois.[11] Penton souligne l'importance de cet écrit sur le Tabernacle : il a servi à fixer la doctrine de Russell sur l'Église.[12]

Ces règles ne valent que pour ceux qui ont l'esprit humble. Sunderlin oppose les « sages et intelligents » de ce monde, dont Dieu anéantit la sagesse, aux croyants qui ne sont « rien » aux yeux du monde (1 Corinthiens 1:19 ; 1 Corinthiens 1:28-29).[13] À la fin de 1881, Matthieu 11:25 servait à séparer ceux qui avaient accepté le message annonçant l'Époux pour 1874 de ceux qui, par prudence, l'avaient refusé.[14] En mai 1882, Sunderlin s'applique ce verset à lui-même. Ce qu'il comprend lui aurait été montré parce qu'il est un « petit enfant », et il répond ainsi à d'anciens amis qui l'accusent de se croire seul sage.[15]

L'homme mortel, la tombe et le retour de tous à la vie

Un lecteur demande comment un ressuscité peut se souvenir de sa vie sans une âme qui survit à la mort. La réponse compare l'homme à une pompe à vapeur. Le corps est la pompe, la vie est la vapeur et la pensée est l'eau qui coule. Quand la pompe est réparée et que la vapeur revient, l'eau coule de nouveau.[16] L'image explique pourquoi l'homme mort ne pense plus. Elle explique aussi pourquoi il pourra penser de nouveau quand Dieu refera son corps. La même image vaut pour les animaux, ce qui ôte à l'homme toute part immortelle par nature.[17] Penton fait remonter cette croyance à George Storrs. En 1837, Storrs a lu un tract de Henry Grew et en a tiré l'idée que l'homme n'est pas immortel par nature. Ses Six sermons sur ce sujet circulaient à près de 200 000 exemplaires en 1880.[18]

Si l'homme n'a pas d'âme immortelle, il n'y a personne à tourmenter après la mort. La réponse sur Psaumes 55:15 en tire la conséquence. Le sheol, comme le grec hadès, désigne la tombe, où vont les bons, les méchants, et même Jésus.[19] La « destruction éternelle » de 2 Thessaloniciens 1:9 est lue comme une mort définitive. L'argument est simple : la destruction ne signifie pas davantage une survie dans la misère que la mort ne signifie une vie dans la misère.[20] En Angleterre, le pasteur congrégationaliste Edward White défendait depuis 1846 la même idée : Dieu n'accorde l'immortalité qu'aux croyants, et les méchants sont détruits.[21] Ce verset était pourtant cité par les deux camps. Le mot grec olethros (« destruction ») n'impose pas à lui seul l'idée d'une disparition complète.[22]

Puisque les morts sont seulement dans la tombe, Dieu peut tous les rappeler à la vie. Sunderlin développe longuement cette « restitution ». Toutes les nations, Sodome comprise, revivront. Elles tireront leçon de leur passé et auront honte de leurs fautes (Actes 3:21 ; Ézéchiel 16:44-63).[23] L'argument repose sur la justice de Dieu. Sodome et Tyr ont eu moins d'occasions de se repentir que Capernaüm. Elles doivent donc recevoir leur chance plus tard.[24] La réponse sur l'enfer place cette épreuve du monde dans « l'âge à venir », où tous connaîtront Dieu dans de bonnes conditions.[25] Penton estime que Russell a probablement appris la restitution de l'humanité dans le Bible Examiner de Storrs.[26] Cette doctrine choquait. En 1878, Charles E. Barnes, ancien compagnon de Barbour, avait relevé un sermon de ce type prêché par un pasteur méthodiste. Il y voyait une « seconde probation », c'est-à-dire l'idée fausse que les morts auraient une seconde chance d'être sauvés.[27]

Deux salut, deux natures et le royaume

Tous reviendront à la vie, mais pas à la même vie. Sunderlin s'appuie sur 1 Timothée 4:10, qui présente Dieu comme « le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants ». Il y lit deux salut. Le premier est la vie humaine rendue à tous. Le second est un salut spécial, réservé aux croyants.[28] Ceux qui renoncent à leur nature humaine avec le Christ deviennent « participants de la nature divine ». Le reste de l'humanité est seulement rétabli dans la nature humaine perdue en Adam.[29] Dès 1875, Barbour séparait le « petit troupeau », appelé à l'immortalité, du reste des descendants d'Adam, qui seraient rétablis plus tard sur la terre.[30] Penton note que Russell allait plus loin en décembre 1881. Dans un article intitulé « Vous êtes des dieux », il affirmait que les membres de l'Église, engendrés à la nature divine, forment une famille de dieux dont Jésus est le premier-né.[31]

L'article « Les enfants du Christ » relie ces deux classes. Le Christ complet, c'est-à-dire Jésus et son Église, sera le « Père éternel » de l'humanité, parce qu'il lui rendra la vie. Il ne lui donne pourtant pas sa propre nature divine.[32] Pour le montrer, l'article rappelle que Jéhovah est le père de trois sortes d'êtres : les hommes, les anges et les « nouvelles créatures ». Une seule de ces natures, la nature divine, est la sienne.[33] La même logique conduit à rejeter une autre lecture. Un écrivain, étranger à la revue, voyait dans Éphésiens 1:5 le Christ comme père et l'Église comme mère des nations. Cette lecture est refusée : le verset parle seulement des croyants faits enfants de Jéhovah par Jésus.[34] En 1880, John H. Paton défendait justement cette lecture dans son livre : l'Église y était la « mère » des nations, à côté du Christ « père ».[35]

Ce partage des natures donne sa forme au royaume. Abraham, Isaac, Jacob et les prophètes ressuscités dans une vie humaine parfaite deviennent les « princes sur toute la terre » de Psaumes 45:16. Ce sont les agents terrestres d'une classe spirituelle qui reste invisible.[36] Crompton décrit le même schéma chez Russell. Les « anciens fidèles » sont ressuscités sur la terre pour faire le travail d'enseignement que demande le jugement du monde pendant les mille ans.[37] Sunderlin décrit ce royaume comme un gouvernement juste sur la terre. Les épées y deviennent des socs de charrue (Ésaïe 2:4) et les hommes y « apprennent la justice » sous un jugement rapide (Ésaïe 26:9).[38] En attendant ce royaume, Satan est dit autorisé à régner sur le monde (Jean 14:30 ; Éphésiens 2:2).[39]

La papauté est jugée à partir de ce royaume futur. Elle prétend déjà régner sur la terre comme épouse du Christ, et elle imite ainsi le règne que la vraie épouse doit bientôt exercer.[40] En décembre 1879, la revue reprochait déjà au pape de s'attribuer les titres prophétiques du Christ, dont celui de « Père éternel ».[41] En mai 1882, ce titre revient au Christ complet, dont les membres sont encore sur la terre.[42] La comparaison avec Rome va jusqu'à l'organisation de l'Église. L'Église romaine compte trois classes : la hiérarchie, les prêtres et le peuple. L'Église glorifiée en comptera trois aussi : les vainqueurs qui règnent, la « grande foule » qui sert devant le trône, et les habitants de la terre, appelés enfants de l'Église.[43] La réponse refuse pourtant de prendre la papauté pour modèle, car « ce serait un mauvais plan de fabriquer de vrais dollars à l'image des faux ».[44]

Consécration, coupe et souffrance

Le petit troupeau n'obtient la nature divine qu'en renonçant à sa nature humaine. Le Mémorial exprime ce renoncement. La date et le sens de cette célébration viennent d'un héritage ancien. Penton indique que Russell a appris de Storrs l'usage de célébrer le repas du Seigneur une fois par an, le 14 nisan.[45] En 1881, les petits groupes de lecteurs ne s'accordaient encore ni sur la date ni sur la manière de le célébrer.[46] En mars 1882, la revue avait conseillé le jus de raisin sec pour la coupe.[47] En mai, elle regrette ce conseil et ne retient plus que le vin.[48] La raison est doctrinale. La coupe représente la mort de la volonté humaine, qui rend insensible au monde. Seul un vin capable d'enivrer peut donc la représenter.[49] Ce choix va contre un mouvement alors très actif dans les Églises protestantes. En 1864, les méthodistes avaient recommandé d'employer le pur jus de raisin pour la Cène.[50] En 1869, le dentiste méthodiste Thomas B. Welch avait mis au point un jus de raisin pasteurisé pour remplacer le vin de la communion.[51]

Le pain et la coupe ne rappellent pas seulement la mort de Jésus. Ils représentent aussi celle de son corps, l'Église. Boire à la coupe, c'est accepter de souffrir avec le Christ pour partager sa gloire (1 Corinthiens 10:16-17).[52] L'ordre des emblèmes a lui aussi un sens. Le pain vient d'abord, car le croyant doit être fortifié par les promesses avant de pouvoir se sacrifier.[53] Pour la même raison, le Mémorial garde sa place pendant la présence du Christ. « Jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11:26) signifie jusqu'à ce que le dernier membre de l'Église soit mort, et non jusqu'au retour du Seigneur.[54] Le poème « Pleine consécration » dit la même chose en vers : la vie de Dieu se trouve dans la mort aux espérances humaines.[55]

Si la coupe signifie la souffrance, un chrétien qui ne souffre pas a des raisons de s'inquiéter. « Tribulation et paix » le dit clairement. Penser que le temps de souffrir est passé est une ruse de l'adversaire pour endormir les saints. Une paix sans épreuve ressemble au sommeil ou au calme plat sur l'océan.[56] Schulz et de Vienne attribuent cet article à Russell.[57] L'article désigne la source de cette souffrance : elle vient, comme toujours, de l'Église mêlée au monde, c'est-à-dire des Églises établies.[58] La réponse au lecteur de Danville applique cette règle à un cas concret. Celui qui prêche fidèlement dans l'Église anglicane sera d'abord bien reçu, comme Jésus à Nazareth, puis chassé comme lui (Luc 4:15 ; Luc 4:28-29).[59] L'hostilité des Églises devient ainsi un signe de fidélité.

Les sept Églises, la bête et le rejet de 1878

Selon W. I. Mann, les sept Églises de l'Apocalypse représentent les époques successives de l'histoire chrétienne. Smyrne, dont le nom évoque l'amertume, représente l'Église persécutée par les païens jusqu'à Constantin.[60] Penton rappelle que l'ouvrage Les Trois Mondes, publié en 1877 par Barbour et Russell, lisait déjà les sept Églises comme l'Église entière à différentes époques.[61] Mann compte un jour pour une année. Les « dix jours » de tribulation de Apocalypse 2:10 deviennent ainsi les dix ans de la persécution de Dioclétien, commencée en 303.[62] Le commentateur méthodiste Adam Clarke lisait déjà ces dix jours comme dix ans, « précisément la durée de la persécution sous Dioclétien ».[63] La promesse faite aux martyrs de Smyrne, « Sois fidèle jusqu'à la mort », clôt aussi l'article « Tribulation et paix ». Elle s'adresse donc également aux lecteurs de 1882.[64]

Cette lecture de l'histoire de l'Église s'appuie aussi sur le nombre de la bête. Chaque nom calculé en janvier compte dix-huit lettres, soit trois fois six, ce qui donne 666. Ce résultat est présenté comme la preuve que la bête et son image sont correctement identifiées.[65] Cette certitude était récente. Schulz et de Vienne rapportent que Russell avait avoué à un petit groupe de Lynn n'avoir jamais vu d'explication satisfaisante du 666. La clé finalement retenue lui est venue quelques mois plus tard, par la lettre d'un lecteur de cette ville.[66]

Cette histoire aboutit au rejet des Églises. La réponse au lecteur de Danville le date par un parallèle. L'Église juive a été abandonnée cinq jours avant la crucifixion. Au point correspondant du temps, en 1878, « l'Église de l'Évangile a été vomie de sa bouche ».[67] Ce parallèle vient de Barbour. En décembre 1875, il comptait 1845 ans de la mort de Jacob à celle de Jésus, puis la même durée de l'an 33 au printemps 1878.[68] En mars 1881, la revue voyait encore dans Laodicée une Église appelée à se repentir pendant la moisson.[69] En mai 1882, il ne reste qu'une consigne : dire « Sortez » au blé encore mêlé à l'ivraie. Les lecteurs ne se réunissent plus avec les Églises.[70] Crompton explique ce changement par la parabole du filet. Pendant la moisson, l'Église ne pêche plus au large : elle trie ce qui est déjà dans le filet.[71]

La présence invisible du Christ et les signes du temps

L'article « La Parousia bien définie » répond au Sabbath Advocate. Ce périodique adventiste de l'Église de Dieu, qui observait le sabbat, paraissait à Marion (Iowa) depuis 1866. Il s'appelait Advent and Sabbath Advocate (« Avocat de l'Avènement et du sabbat ») depuis 1873.[72] Selon Schulz et de Vienne, Russell n'a répondu directement qu'à deux critiques de la brochure Food for Thinking Christians (« Nourriture pour les chrétiens qui réfléchissent »), et celle-ci est l'une des deux. Il reprend la définition donnée par son adversaire et s'en sert pour prouver une présence invisible qui suit la venue.[73] L'idée n'était pas nouvelle. Penton rappelle que le pasteur anglais Robert Govett traduisait déjà parousia par « présence » et croyait à une présence invisible du Christ dans les derniers jours.[74] Jonsson ajoute que l'idée d'un retour en deux étapes, dont la première serait invisible, s'était répandue chez beaucoup d'interprètes des prophéties après Henry Drummond, vers 1828.[75]

L'éclair de Matthieu 24:27 sert d'illustration. Il est comparé au courant électrique : invisible dans le fil, il ne se voit que par ses effets.[76] En mai 1880, le même éclair représentait encore la vérité, qui brille seulement pour les croyants obéissants.[77] En 1882, ses effets deviennent des jugements qui s'abattent sur l'État et sur l'Église. Les preuves de la présence restent réservées aux « veilleurs fidèles », jusqu'à ce que ces jugements la révèlent à tous.[78] Crompton relève ces deux voies chez Russell : l'étude des prophéties d'abord, puis l'évidence des événements internationaux pour le reste du monde. Il note aussi que Russell ne dit jamais clairement si le Christ est présent sur la terre en personne.[79]

Ces jugements forment le temps de détresse. Les « nuées » de Matthieu 24:30 sont lues comme des gouvernements près de la rupture avec leurs sujets.[80] Sunderlin s'en prend à l'idée que le monde progresse. Il dresse la liste des serrures, des coffres-forts, des meurtres, des fraudes électorales et des monopoles.[81] Il cite aussi 2 Timothée 3:1-13, selon lequel les méchants iront de mal en pis.[82] Schulz et de Vienne montrent que voir dans la lutte entre le capital et le travail l'accomplissement d'une prophétie était une idée répandue chez les adventistes et chez les partisans de l'« âge à venir ». Russell disait la partager depuis 1875.[83] Sunderlin retourne même Ésaïe 2:4 contre un prédicateur qui l'appliquait à son époque. Selon lui, le monde présent « apprend la guerre de plus en plus », comme l'annonce Joël 3:9-10.[84]

Le retour des Juifs est le signe visible de ce temps. Sunderlin rappelle que des croyants avaient annoncé dès 1876 le retour de la faveur divine envers les Juifs pour le printemps 1878. Il voit cette annonce réalisée par le traité de Berlin. Il compare le Premier ministre juif d'Angleterre, Disraeli, à Esther, venue au royaume « pour un temps comme celui-ci » (Esther 4:14).[85] Crompton note que Russell faisait de ce congrès et du rôle de Lord Beaconsfield une preuve que la faveur divine revenait au peuple juif. Les persécutions en Roumanie et en Russie en faisaient aussi partie, car elles poussaient les Juifs vers la terre de leurs ancêtres.[86] En avril 1882, Mann jugeait que l'émigration des Juifs russes vers l'Amérique n'était pas le retour annoncé, et que le rassemblement se ferait « un à un ».[87] En mai, les sociétés d'émigration formées en Roumanie et en Russie pour coloniser la Palestine sont relevées comme des pas vers ce retour. Ces Juifs doivent toutefois revenir sans croire en Jésus, avant d'être délivrés par « celui qu'ils ont percé » (Zacharie 12:9-10).[88] Ce rôle donné au peuple juif dans les prophéties est présenté plus en détail dans l'article Sionisme.[89]


Organisation et histoire

Se séparer des Églises et des anciens alliés adventistes

Un lecteur de Danville, au Québec, demande s'il peut rester dans l'Église épiscopalienne. La réponse donne une règle générale de conduite. Depuis 1878, les lecteurs de la revue ne se réunissent plus avec l'Église évangélique nominale. Ils se retrouvent « de maison en maison », comme les disciples chassés des synagogues.[90] Le lecteur peut encore entrer dans l'Église anglicane, mais seulement pour y moissonner le blé « avec la faucille de la vérité ». Il n'y entre pas comme membre.[90] En novembre 1879, la revue répondait à la même question avec prudence. Elle demandait surtout d'être « séparé du monde ». Elle ne conseillait de quitter son Église que si celle-ci vivait unie au monde.[91] En mai 1882, chaque grain de blé resté dans les Églises doit entendre « Sortez », par la parole et par l'exemple.[90] La question n'est pas isolée. Un lecteur de l'Ontario demandait déjà en janvier-février 1882 s'il devait rompre avec son Église.[92] Selon Schulz et de Vienne, beaucoup de lecteurs restaient d'abord dans leur ancienne Église, faute d'autre lieu, puis la quittaient assez vite. Les réunions dans les maisons ont donné naissance aux premiers groupes locaux.[93] Un mois plus tôt, la revue précisait que ces groupes refusaient tout nom de secte et tout credo.[94]

La même séparation touche les autres groupes adventistes. Le Sabbath Advocate auquel répond le numéro est l'Advent and Sabbath Advocate. C'est le journal de l'Église de Dieu (septième jour), publié deux fois par mois à Marion, dans l'Iowa, par la Christian Publishing Company.[95] Une partie des lecteurs de la Watch Tower lisaient aussi ce journal.[96] Selon Schulz et de Vienne, lAdvocate attaquait les arguments sur la parousia parus dans le premier numéro du Zion's Day Star d'A. D. Jones. Russell reprend la définition de lAdvocate pour défendre la présence invisible. C'est l'une des rares critiques de Food for Thinking Christians auxquelles il répond directement.[97] Ces adventistes du septième jour s'ajoutent à Barbour, qui avait lui-même rejeté le retour invisible en 1880.[98] La présence invisible depuis 1874 sépare donc la revue à la fois de son ancien allié et des groupes qui gardent le sabbat.[99]

La séparation touche enfin les livres. Le Day Dawn original est l'œuvre de John H. Paton.[100] En avril 1882, la revue annonçait un livre collectif, sans nom d'auteur, destiné à remplacer le Day Dawn de Paton.[101] En mai, elle justifie autrement le choix du titre Millennial Day Dawn (« L'Aube du Millénium »). La brochure Food for Thinking Christians (« Nourriture pour les chrétiens qui réfléchissent ») recommande l'ancien Day Dawn, presque épuisé. Ses lecteurs doivent donc recevoir un livre conforme à son enseignement.[102] La revue revendique plus de 1 600 000 annonces gratuites pour Day Dawn.[102] Ce chiffre est proche du tirage de Food, que la revue estimait à « 1 400 000 exemplaires » à l'automne 1881.[103] La revue écrit à l'auteur de l'« édition révisée » sans le nommer. Elle ne cite A. D. Jones que comme ancien éditeur du livre.[102] Paton manque d'ailleurs parmi les diffuseurs de Food. Selon Schulz et de Vienne, il était mal à l'aise devant la place prise par Russell.[104]

Le Mémorial et l'enseignement réglés par la revue

Russell tenait de George Storrs la célébration annuelle du Souper du Seigneur, le 14 nisan.[105] En 1881, les groupes ne s'accordaient encore ni sur la date ni sur la manière de célébrer. Les comptes rendus restaient incomplets.[106] En mars 1882, la revue fixait pour tous la date, l'heure et le lieu de la célébration. Elle conseillait le jus de raisin sec.[107] En avril, elle demandait une carte à chaque groupe de trois personnes ou plus qui célébrait le Mémorial.[108] Le numéro de mai publie le résultat de cette demande. Les comptes rendus arrivent « de toutes les directions ». Les plus grandes réunions, à Newark et à Pittsburgh, comptent environ soixante personnes.[109] La revue revient aussi sur sa consigne du jus de raisin et impose le vin.[110] Le jus de raisin était alors l'usage des Églises engagées dans la lutte contre l'alcool. Dès 1864, les méthodistes recommandaient le jus pur du raisin pour la Cène. En 1869, le dentiste méthodiste Thomas B. Welch mettait au point un jus de raisin pasteurisé pour remplacer le vin de la communion.[111] En deux mois, la revue abandonne cet usage protestant.[110]

La revue règle aussi l'enseignement donné par les lecteurs. En juillet 1881, elle avait joint le « Tableau des âges » à un numéro. Elle demandait à chaque lecteur de l'accrocher chez lui et de l'expliquer à ses visiteurs.[112] En mai 1882, elle répond aux « demandes fréquentes » de plans de sermons. Elle envoie gratuitement des notes pour six discours, à étudier dans l'ordre. Elle réserve les grands tableaux à ceux qui sauront bien s'en servir.[113] Les lecteurs prêchent donc avec leurs propres mots, mais sur un plan fixé par la revue.[113] Le supplément sur le Tabernacle suit la même règle. En février 1882, la revue conseillait déjà de prêter les écrits plutôt que de les donner, et de noter le nom des emprunteurs.[114] En mai, elle limite encore les destinataires : le Tabernacle ne doit être prêté qu'à des chrétiens « pleinement consacrés ».[110] Selon Penton, cet écrit sur le Tabernacle a servi à fixer la doctrine de Russell sur l'Église.[115]

Le lecteur de Nottingham cite les réponses de « Mme Russell » parmi les articles qui l'ont aidé.[110] En février 1882, une lettre de lecteur avait été « remise à sœur Russell pour qu'elle y réponde ».[116] Selon Schulz et de Vienne, Maria Russell tenait la correspondance de la revue. Elle triait les lettres et choisissait celles qui recevaient une réponse imprimée. Elle répondait elle-même à une partie d'entre elles, surtout à celles des femmes.[117] Les lettres publiées en mai 1882 passent donc par ses mains avant d'arriver dans la revue.[118]

Des prédicateurs, des auteurs et une brochure diffusée en masse

Le numéro nomme les prédicateurs et dit où ils travaillent. Benjamin Keith interrompt sa tournée dans le Michigan après la mort d'un jeune enfant.[110] Selon Schulz et de Vienne, les villes visitées dans le Michigan étaient fortement marquées par la prédication de Paton.[119] J. B. Adamson parcourait l'Illinois et l'Iowa en novembre 1881. En mai 1882, il tient des réunions dans le comté de Mercer, en Pennsylvanie.[120][110] Leigh se préparait à Pittsburgh depuis le début de l'année avec Boyer, pour mettre en ordre les enseignements bibliques.[121] En mai, il est sur le point de partir.[110]

Plusieurs auteurs signent les articles : J. C. Sunderlin en signe deux, W. I. Mann et D. Widner un chacun.[122] Sunderlin était malade depuis son retour d'Angleterre. En mars 1882, il ne pouvait travailler qu'autour de chez lui.[123] Depuis le début de 1882, tout article doit être approuvé par au moins deux relecteurs avant d'être imprimé.[124] Le numéro corrige aussi un oubli : l'article d'avril sur les sept Églises était de Mann.[125] En avril, la revue refusait pourtant tout nom d'auteur pour le livre annoncé, afin de freiner l'orgueil.[126] Le livre doit rester anonyme, mais les articles de la revue gardent le nom de leur auteur.[125]

Ces prédicateurs s'appuient sur Food for Thinking Christians. À l'automne 1881, 500 000 exemplaires avaient été imprimés aux États-Unis. Sunderlin et Bender avaient été « envoyés en Grande-Bretagne » pour en publier 300 000 de plus.[127] Dans les grandes villes, la brochure était distribuée à la porte des églises le dimanche. Dans les petites villes, les lecteurs la diffusaient eux-mêmes.[128] En mai 1882, les commandes régulières montrent que des lecteurs prêchent en prêtant la brochure.[110] Schulz et de Vienne notent que Food a touché des lecteurs étrangers jusque-là aux adventistes et aux partisans de l'« âge à venir ». Le Day Dawn de Paton, beaucoup moins diffusé, ne les avait pas atteints.[129]

Qui rejoint le mouvement, et comment la revue s'en sert

Les lettres publiées montrent d'où viennent les nouveaux lecteurs. Le correspondant de Londres a été méthodiste pendant vingt-cinq ans. Le lecteur de Caledonia, dans le Mississippi, est pasteur congrégationaliste.[110] Schulz et de Vienne identifient le lecteur de Nottingham à George Riley, prédicateur de la Methodist New Connexion, ou à son frère Aaron.[130] Le lecteur de Danville fréquente l'Église épiscopalienne.[90] Au début du mouvement, les adhérents venaient surtout des adventistes et des partisans de l'« âge à venir ».[131] Selon Schulz et de Vienne, la plupart des adhérents des années 1880 n'avaient jamais été adventistes.[132] Ces lecteurs ont été gagnés par un écrit reçu, et non par un proche. Les sociologues John Lofland et Rodney Stark décrivent au contraire la conversion comme le fruit de liens personnels avec les membres d'un groupe.[133] La croissance a aussi ses limites matérielles. Le tableau ne peut pas être posté en Europe.[113] Le pasteur de Caledonia est trop pauvre pour acheter le Diaglott.[110]

La revue publie « des extraits » de quelques-unes de ces lettres.[110] En décembre 1881, elle disait recevoir « en moyenne 40 à 50 lettres par jour ».[134] Les extraits choisis suivent l'avertissement sur la difficulté du supplément sur le Tabernacle. Le correspondant de Londres dit l'avoir lu pour y chercher une erreur, sans en trouver. Le pasteur de Caledonia dit avoir plus appris en quelques semaines qu'en dix ans.[110] En mars 1882, la revue répondait aux pasteurs qui ordonnaient de brûler ses écrits.[135] En mai, un lecteur rapporte que des fidèles de Spurgeon n'ont pas pu le contredire.[110]

L'actualité juive lue dans la presse

Les nouvelles de Palestine viennent de la presse anglaise et de la presse juive : le Jewish World, le Times, le Jewish Chronicle et une lettre de Lawrence Oliphant.[136] En décembre 1880, la revue reprenait déjà le « Times de Londres » sur le projet de colonisation d'Oliphant.[137] En 1882, Oliphant ne parle plus d'un projet. Des sociétés d'émigration formées en Roumanie lui demandent son aide.[138] Le 11 janvier 1882, les délégués de ces sociétés se réunissaient à Focșani, en Roumanie. Ils représentaient environ 70 000 militants et retenaient l'émigration agricole en Palestine.[139] Le 21 janvier 1882, des jeunes Juifs fondaient le groupe Bilou à Kharkov.[140]

En avril 1882, Mann rappelait que les Juifs seraient rassemblés « un à un ».[141] En mai, la revue ne se prononce pas sur les moyens du rétablissement. Elle note seulement les faits qui semblent l'en rapprocher.[142] Zoe Knox explique que Russell citait les commentaires de la presse sur la Palestine pour montrer que ces faits retenaient l'attention de tous.[143] Crompton relève que les persécutions en Roumanie et en Russie étaient lues comme un signe de faveur, puisqu'elles poussaient les Juifs vers la terre de leurs ancêtres.[144] Le Juif russe cité dans le numéro donne la même raison à l'émigration.[138]


Contenu

Vue depuis la Tour

Plusieurs lettres reçues témoignent de l'intérêt des lecteurs. Comme la revue l'avait demandé, un certain nombre de lecteurs rapportent avoir célébré l'anniversaire du sacrifice de l'agneau pascal. Les comptes rendus viennent de toutes les directions. Les plus grandes de ces petites réunions ont lieu à Newark (New Jersey) et à Pittsburgh, avec environ soixante personnes dans chaque ville.[145] Elles sont décrites comme des moments solennels et impressionnants.[146]

À Pittsburgh, les participants évoquent la scène de la chambre haute à Jérusalem, 1849 ans plus tôt. Ils examinent le type que Jésus et les douze s'étaient réunis pour observer. À travers ce type, ils voient l'antitype : la délivrance du monde par la mort de Jésus, l'Agneau.[147] L'ombre que représentait la Loi prend fin avec ce dernier repas pascal, et la réalité commence le jour même où l'Agneau est immolé. Jésus a remplacé l'agneau typique par lui-même, et la chair de l'agneau par le pain et le vin de son repas, emblèmes de son corps et de son sang. Chaque fois que les croyants célèbrent l'anniversaire avec ces emblèmes, ils « annoncent la mort du Seigneur ».[148]

Le Souper est ensuite commémoré. Boire à la coupe signifie partager les souffrances du Christ comme membres de son corps, ce que confirme 1 Corinthiens 10:16-17 cité d'après le Diaglott. Les participants doivent boire à la coupe de souffrance et de mort pour partager la gloire future. Le pain rompu représente le soutien mutuel des membres du corps, chacun contribuant selon ses capacités à fortifier et à édifier l'ensemble. L'ordre des emblèmes, le pain d'abord puis le vin, signifie que le Seigneur donne d'abord la force par la vérité avant de tendre la coupe de la mort et du sacrifice. Personne ne peut se sacrifier avant d'avoir été fortifié par les « très grandes et précieuses promesses ».[149]

La revue regrette d'avoir recommandé le jus de raisin comme substitut du vin dans son numéro précédent. Après réflexion, seul le vin est jugé convenable, car toutes les mentions bibliques du vin désignent une boisson capable d'enivrer. Un vin qui n'engourdirait pas ne pourrait pas représenter la coupe des souffrances et de la mort de la volonté et de la nature humaines, laquelle donne une insensibilité aux choses du monde et, en même temps, une paix profonde. L'avertissement « Ne vous enivrez pas de vin » est rapproché de l'exhortation à être rempli de l'Esprit. À la réunion de Pittsburgh, du vin et du jus de raisin étaient proposés, mais tous ont choisi le vin.[150]

À un correspondant qui demande pourquoi célébrer le Souper depuis la présence du Seigneur, puisque Paul écrit « jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Corinthiens 11:26), la réponse est que le Souper est l'emblème de la mort de Jésus et aussi de celle de l'Église, son corps. Tant que des membres sont encore dans la chair et souffrent, les souffrances du Christ ne sont pas terminées. La tête et les membres qui ont achevé leur course sont entrés dans la gloire. Il reste approprié d'annoncer cette mort jusqu'à ce que le Christ dans la chair soit entièrement mort et que le Christ, la nouvelle créature, soit complet.[151]

Des nouvelles de collaborateurs sont également données. Benjamin Keith, dont un voyage dans le Michigan avait été annoncé, a été rappelé chez lui par la mort d'un jeune enfant, sa femme étant malade ; il prévoit un voyage plus long dès que possible. J. B. Adamson tient des réunions fructueuses dans le comté de Mercer (Pennsylvanie), et un frère nommé Leigh s'apprête à partir en mission.[152] Les commandes régulières de la brochure Food for Thinking Christians (« Nourriture pour les chrétiens qui réfléchissent ») montrent que certains lecteurs font de la prédication en prêtant des écrits.[153] Le supplément sur le Tabernacle est jugé difficile, comparé à une « viande forte » (Hébreux 5:14) qui demande une mastication approfondie. Les lecteurs sont invités à le lire deux ou trois fois et à ne le prêter qu'à des chrétiens pleinement consacrés.[154]

Extraits de lettres de lecteurs

Une lettre de Londres (5 avril 1882) émane d'un lecteur qui a cherché dans le supplément sur le Tabernacle quelque chose de contraire à la vérité biblique. Il juge le plan exposé « magnifiquement grand et glorieux », en harmonie avec la justice, la miséricorde et l'amour de Dieu. Membre de l'Église méthodiste depuis vingt-cinq ans, il a rejeté l'immortalité naturelle de l'âme cinq ans plus tôt et la Trinité trois ans plus tôt, puis a quitté cette Église. Il dit avoir présenté les idées de Food et du Tabernacle à des fidèles de Spurgeon, qui n'ont pu le contredire. Il demande des brochures et des instructions sur la manière de prêcher.[155]

Un pasteur congrégationaliste noir de Caledonia (Mississippi) écrit le 8 avril qu'il a plus appris en deux ou trois semaines grâce à Food et au Tabernacle qu'en dix ans par d'autres lectures. Trop pauvre pour acheter le Diaglott, il souhaite qu'un ami le lui paie.[156]

Un lecteur de Nottingham (24 février 1882) a reçu The Day Dawn (« L'Aube du jour »), la Watch Tower et le supplément sur le Tabernacle. Les articles sur la semaine de la création et sur l'importance du baptême, parus en décembre, l'ont aidé, tout comme ceux sur le rassemblement des croyants et la consécration à une œuvre, ainsi que les réponses de Mme Russell à des questions de lecteurs. Il a été frappé par la distinction entre rançon et pardon.[157] Ce pasteur dit souhaiter voir revivre le christianisme apostolique.[158]

Plans de sermons

Des lecteurs demandent régulièrement des plans de sermons sur la « bonne nouvelle ». Des notes d'exposé pour six sermons expliquant le « Tableau des âges », distribué comme supplément du numéro de juillet 1881, sont proposées gratuitement. Le prédicateur doit les étudier dans l'ordre, tableau accroché en bonne place, puis donner les discours dans ses propres mots, en gardant en tête que « l'ordre est la première loi du ciel ». Les petits tableaux, d'environ 33 pouces de large, conviennent à un auditoire d'une douzaine de personnes ; de plus grands seront fournis à ceux qui sauront bien s'en servir. Le tableau doit être accroché dans une pièce très fréquentée pour être revu mentalement. Une explication se trouve dans Food, p. 105. Les lecteurs américains peuvent le commander, mais il ne peut être posté en Europe.[159]

Extrait d'une lettre

Le texte d'Éphésiens 1:1-12, dans la traduction du Diaglott, est reproduit. Il évoque les bénédictions spirituelles, le choix des croyants avant la fondation du monde, la rédemption par le sang du Christ, et le plan de réunir toutes choses sous un seul chef, le Christ, dans l'administration de la plénitude des temps.[160]

Tribulation et paix

Jésus promet à ses disciples la tribulation dans le monde et la paix en lui (Jean 16:33). Le lecteur qui souffre doit d'abord vérifier que sa tribulation ne vient pas de causes naturelles ou de ses propres fautes, auquel cas il doit se repentir. S'il souffre comme chrétien, il n'a pas à en avoir honte, et cette souffrance garantit sa récompense future (Matthieu 5:11-12). Les souffrances présentes pour la vérité sont présentées comme une partie du salaire de ceux qui courent pour le prix céleste (1 Corinthiens 9:24).[161]

Celui qui pense que le temps de la souffrance est passé commet une « grave erreur », une ruse de l'adversaire pour endormir les saints. C'est l'erreur dont l'Église nominale a été bercée et dont les lecteurs viennent de sortir. Jésus et Paul ont souffert jusqu'au bout.[162] Celui qui ne souffre pas risque de ne pas vivre selon son engagement et de ne pas confesser le Christ devant les hommes ; Jésus a dit que celui qui a honte de lui et de ses paroles, il aura honte de lui devant son Père. La génération présente est qualifiée d'adultère, parce que l'Église, qui se dit fiancée au Christ, est mêlée au monde. La tribulation vient, comme toujours, de l'Église du monde, c'est-à-dire des « systèmes nominaux », comme l'ont éprouvé Jésus, les apôtres et les premiers réformateurs.[163]

La paix promise par Jésus coexiste avec la tribulation et l'emporte sur elle, au point que les afflictions et les mépris du monde paraissent légers au regard de l'espérance de la gloire. Ceux qui souffrent sans avoir la paix manquent de foi pour saisir les promesses.[164] Celui qui a la paix sans souffrir, alors que tous disent du bien de lui, est averti de se méfier : c'est la paix d'un sommeil où l'on rêve d'être rassasié et couronné, ou celle d'un calme plat sur l'océan. Le navire doit affronter les vents et la mer agitée pour atteindre le port. La citation de Apocalypse 2:10 clôt l'exhortation : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. »[165]

Pleine consécration

Un poème, signalé comme extrait d'une autre source, célèbre l'union avec « l'Esprit parfait » et la mort aux espérances humaines. Il présente la perte de la vie présente comme la découverte de « la vie de Dieu » dans la mort humaine.[166]

La Parousia bien définie

Le Sabbath Advocate s'oppose à l'idée d'une présence personnelle invisible de Jésus pendant la « moisson ». Il soutient que parousia, quand le mot s'applique à la venue du Sauveur, désigne la présence après la venue, ce qui suppose une venue personnelle préalable.[167] Cette formulation est saluée pour sa franchise : elle admet que parousia signifie « présence ». Selon la réponse, « venir » désigne une action inachevée ; si Jésus est arrivé, il est présent et non plus « en train de venir », d'où l'importance du mot grec. Beaucoup en ont du mal à saisir la portée parce qu'ils pensent que la présence implique la vue. Un lecteur peut pourtant percevoir la présence d'un gaz par l'odorat, celle d'un ami par l'ouïe, ou celle d'une personne par le témoignage d'une source digne de foi.[168]

Jésus manifeste sa présence à certains par l'œil et l'oreille de la foi, par la Parole de Dieu. Deux preuves sont avancées : les déclarations des prophètes et les enseignements des ombres de la Loi, puis l'accomplissement actuel des événements annoncés pour sa présence. Ce type de preuve est réservé aux seuls « veilleurs fidèles », le petit troupeau, jusqu'à ce qu'il soit révélé par des jugements sur les nations.[169] De même que le diable parcourt la terre sans être vu durant l'âge de l'Évangile, le nouveau prince du monde sera présent, actif et invisible durant l'âge millénaire, comme le sont les anges (Hébreux 1:14), car ce sont des êtres spirituels et non humains. Les croyants ont connu Jésus selon la chair, mais ne le connaissent plus ainsi : il est désormais la « nouvelle créature », « image expresse » de la personne du Père que nul homme n'a vu ni ne peut voir (Hébreux 1:3 ; 1 Timothée 6:16).[170]

L'électricité sert d'illustration d'une présence connue seulement par ses effets : invisible dans le fil télégraphique, elle se révèle dès que l'on touche le fil. Mise en contact avec un charbon, elle produit la lumière électrique ; libérée dans les nuages, elle devient l'éclair. Le même fluide était déjà là avant l'éclair.[171] Cette illustration éclaire Matthieu 24:27 : ceux qui situent Jésus dans une maison ou dans le désert ne doivent pas être crus, car comme l'éclair, ainsi sera la présence (parousia) du Fils de l'homme. La comparaison porte sur ce qu'il est après son arrivée, et non sur la manière dont il vient. Luc 17:24 est lu de la même façon : le Fils de l'homme « sera » comme le fluide électrique qui cause l'éclair, présent et invisible, sauf par ses jugements qui s'abattent sur les systèmes corrompus de la terre, l'État et l'Église, pour les renverser.[172]

Les « nuées » de Matthieu 24:30 sont interprétées comme un grand temps de détresse : les gouvernements n'ont jamais vu autant de nuages sombres, et dans chaque royaume gouvernants et gouvernés approchent de la rupture. La force de l'éclair se dirigera contre les « princes des ténèbres de ce monde » (Éphésiens 6:12). Elle apportera lumière et connaissance aux sujets pauvres et opprimés, et les préparera à un meilleur gouvernement terrestre sous Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes ressuscités à la perfection humaine, sous le nouveau prince du pouvoir de l'air, le Christ.[173]

La lumière éclaire déjà les « éveillés » de l'Église, ce qui leur permet de voir dans la Parole des choses restées inaperçues durant la nuit de l'âge de l'Évangile. Les nuées s'amassent et l'orage doit bientôt éclater, réveillant par son tonnerre ceux qui sont à l'aise en Sion, même s'ils se réveillent dans la terreur. Le matin du Millénium est déjà là, mais il est encore tôt : la lumière de l'étoile du matin (2 Pierre 1:19 ; Apocalypse 22:16) n'est perçue que par l'Épouse qui veille. Il reste du temps avant le lever du soleil, et les pleurs durent jusqu'au matin, quand le soleil de justice se lèvera avec la guérison dans ses ailes (Psaumes 30).[174]

Enfin, Matthieu 24:37 (« Comme étaient les jours de Noé, ainsi sera la présence du Fils de l'homme ») indique ce à quoi il faut s'attendre à la fin de cet âge. Le raisonnement se poursuit sur la page suivante.[175]

La comparaison avec Noé porte sur l'ignorance des gens : avant le déluge, ils ne croyaient pas à la catastrophe annoncée et vaquaient à leurs affaires ; de même, pendant la présence de Jésus, ils ignorent sa présence et le déluge de détresse qui approche. Les Étudiants de la Bible sont accusés de réveiller l'Église endormie en disant que Jésus est là, que le jugement commence « par la maison de Dieu » et que les institutions sectaires nominales sont déjà « vomies » de sa bouche (Apocalypse 3:16). Le passage parallèle de Luc 17:26 est cité avec la précision « dans les jours (dans la présence) du Fils de l'homme ».[176] Paul souhaitait que les cœurs soient affermis « à la PRÉSENCE (parousia) de notre Seigneur » (1 Thessaloniciens 3:13), et la lumière croissante de la vérité est présentée comme ce qui produit cet affermissement.[177]

Les moqueurs annoncés par 2 Pierre 3:4 demandent : « Où est la promesse de sa présence ? » Ils sont rapprochés des contemporains de Noé. À sa présence, Jésus inspecte d'abord sa maison et récompense les fidèles (« Tu as été fidèle en peu de choses, je t'établirai sur beaucoup »), puis châtie ses ennemis. L'inspection est dite en cours, et les nouveaux dirigeants doivent bientôt apparaître, brillant comme le soleil dans le royaume de leur Père. Les lecteurs sont exhortés à rendre leur élection certaine et à ne pas être seulement des étudiants mais des acteurs de la volonté de Dieu.[178]

Une réponse à tout homme

Ce texte, signé J. C. Sunderlin, part de 1 Pierre 3:15 : il faut sanctifier le Seigneur dans son cœur et être toujours prêt à rendre compte de son espérance, avec douceur et crainte. L'auteur demande qu'on utilise sa raison pour les fins voulues par Dieu, malgré les « sages et intelligents » qui prétendent en avoir le monopole. Il définit l'espérance en général comme le regard vers un bien futur que l'on croit accessible, ce qui suppose que la situation présente est jugée insatisfaisante.[179]

Le monde présente un tableau sombre : douleurs, larmes, séparations, êtres qui naissent malades et entourés d'influences mauvaises, société corrompue qui devient « de pire en pire », gouvernements chancelants, sceptiques et chrétiens perplexes, création qui « gémit ». Malgré cela, l'espérance est que la malédiction du péché sera levée, que les gouvernements soumis aux puissances des ténèbres passeront sous l'autorité du Prince de la Paix, que la justice et la paix l'emporteront. Cette espérance s'étend à tous les hommes ayant vécu : un grand jubilé les libérera ensemble de la captivité de la mort. La terre elle-même changera, les épines laissant la place à des fruits qui donnent la vie.[180]

Pour rendre ce changement durable, Dieu établira dans les cieux un gouvernement qui soumettra les éléments mauvais, au point que les instruments de mort deviendront des outils agricoles. Les dirigeants de ce gouvernement sont en cours de formation. Cette formation est présentée comme l'œuvre principale que Dieu accomplit dans cet âge, œuvre presque achevée. Ces dirigeants, d'anciens hommes devenus « fils de Dieu » et « nouvelles créatures » par la sanctification de l'esprit et la foi en la vérité, serviront d'instruments pour le bien des hommes dans les âges à venir. Tous les obstacles, comme l'hérédité et les mauvaises influences, seront alors ôtés, et les hommes, instruits par l'expérience du mal, voudront faire la volonté de Dieu, du moins en règle générale.[181]

L'auteur reconnaît que l'espérance est grande et donne ses raisons, à commencer par la confiance dans la Bible, sur laquelle reposent toutes les autres. Des prophètes juifs ont annoncé longtemps à l'avance des événements. Une bonne part de leurs prophéties allait contre l'esprit et l'attente des Juifs, qui les ont rejetées : rien, par exemple, n'y aurait été dit de l'humiliation du Christ ni de l'ignominie de ses souffrances s'il s'était agi de flatter leur ambition. Les prophètes eux-mêmes ne comprenaient pas leurs propres paroles (Daniel 12:8 ; Zacharie 4:5 ; 1 Pierre 1:10-12).[182]

Le Christ rejeté par les Juifs avait été annoncé (Ésaïe 53:2-3 ; Jean 1:10-11). Il est né à Bethléem et remplit le tableau d'Ésaïe 53, de la fin de Daniel 9, d'Ésaïe 7:14 et Ésaïe 61:1, de Jérémie 31:22 et d'Osée 6:2. Cette dernière prophétie a une double portée : sa résurrection en accomplit un aspect et garantit celui des résurrections futures. Le sort des Juifs, décrit en Ésaïe 28 et Jérémie 34:17, confirme aussi la Bible. Presque toutes les prophéties sur leur chute sont accomplies, et celles sur leur relèvement commencent à l'être. L'auteur déclare ensuite tenir la Bible pour la parole de Dieu sans s'y attarder davantage.[183]

Le changement du monde suppose un désir universel de changement. Le pouvoir actuel doit devenir si pesant et si incapable de rendre les hommes heureux que tous réclameront sa chute. Des organisations qui veulent renverser les gouvernements se forment déjà. Pleines de mal, elles aggraveront la situation, jusqu'à ce que le monde reconnaisse que la sagesse humaine est folie et désire un roi régnant avec justice. La corruption morale mûrit la « moisson d'iniquité », qui doit aboutir à la ruine générale en peu de temps ; alors « le désir de toutes les nations » viendra (Aggée 2:7). Satan est dit autorisé à régner pour le moment (Jean 14:30 ; Éphésiens 6:12 ; Éphésiens 2:2). Le temps de détresse est annoncé avec Joël 3:9-16, Sophonie 3:8, Ésaïe 13:6-12 et Sophonie 1:14-18. À qui objecterait que ces textes concernent Juda et Israël, l'auteur répond que le prophète voit d'un seul regard les jugements de Dieu sur le péché jusqu'à la fin, et que seul l'œil de la foi y comprend quelque chose (Daniel 12:10).[184]

Ces raisons conduisent à attendre un temps de détresse avant un temps de règne juste et de restauration (Matthieu 19:28). Les « sages et intelligents » de ce monde n'enseignent pas cela, mais Dieu anéantit leur intelligence (1 Corinthiens 1:19 ; Matthieu 11:25), et ceux qui partagent ces vues ne sont « rien » aux yeux du monde (1 Corinthiens 1:28-29).[185]

Contre l'idée que le monde va de mieux en mieux, l'auteur pose une série de questions auxquelles chacun peut répondre : peut-on laisser ses bâtiments ouverts plus sûrement qu'autrefois, vend-on moins de serrures et de coffres-forts, y a-t-il moins de meurtres, de prisons, de vols, d'incendies criminels, d'armes et de revolvers vendus ? Les hommes s'aiment-ils davantage, légifère-t-on plus pour les pauvres, les capitalistes ménagent-ils les ouvriers ? Les Églises sont-elles plus pures et moins mondaines, les monopoles moins nombreux, les fraudes électorales plus rares ? Il s'arrête là, renonçant à poursuivre ce « catalogue visqueux ».[186]

Il passe aux raisons d'espérer un meilleur état de choses. Ésaïe 2 annonce pour les derniers jours que la montagne (le gouvernement) de la maison du Seigneur sera établie au sommet des montagnes et exaltée au-dessus des collines, c'est-à-dire qu'elle sera la puissance dirigeante. Toutes les nations afflueront vers elle, la loi sortira de Sion glorifiée, les épées seront changées en socs et la guerre ne s'apprendra plus. D'autres textes sont cités : Osée 2:18, Ésaïe 11:6-16 et Malachie 3:5. Sous le jugement rapide de ce pouvoir, les hommes « apprendront la justice » (Ésaïe 26:9). À celui qui voudrait vivre à cette époque, l'auteur répond qu'il le pourra, puisque « toute chair verra » ensemble la gloire du Seigneur (Ésaïe 40:5).[187]

La « restitution » du monde est annoncée par les prophètes depuis longtemps (Actes 3:21 ; Ézéchiel 16:44-63 ; Matthieu 11:24-25). Les nations, Sodome comprise, vivront de nouveau, profiteront de leur expérience passée et en auront honte. Le Père veut rendre par le Christ tout ce qui a été perdu en Adam, d'où la résurrection « des justes et des injustes » (Actes 24:15). L'âge présent est celui de la génération, le suivant celui de la régénération (Matthieu 19:28) : tous meurent à cause d'Adam, tous revivront à cause de la justice du Christ (1 Corinthiens 15:22 ; Romains 5:18-19).[188]

Tous n'arriveront pourtant pas à la même vie. Ceux qui renoncent au naturel avec le Christ et complètent ses souffrances deviennent « participants de la nature divine ». L'auteur déduit cette différence de 1 Corinthiens 15:23 et 1 Corinthiens 15:48, où Paul parlerait des deux résurrections ; il réserve le mot « restauration » à la première, celle des morts en général, et à la seconde la résurrection « d'entre les morts ». Il ajoute que le Christ éclaire « tout homme » venant au monde (Jean 1:9), non un sur cent ou mille mais chacun, et que Sodome et Tyr, qui avaient eu moins d'occasions que Capernaüm et Bethsaïda, connaîtront une condition meilleure (Matthieu 11:21-25). Le Christ, ressuscité selon les Écritures, est présenté comme les prémices.[189]

Selon l'auteur, des personnes éclairées avaient annoncé dès 1876 que la faveur envers les Juifs commencerait au printemps 1878. Elle est venue à l'heure dite par le « traité de Berlin ». Un Juif était alors Premier ministre d'Angleterre, et l'auteur le compare à Esther, venue au royaume « pour un temps comme celui-ci » (Esther 4:14). Les Juifs peuvent revenir dans leur « ville sainte » et y pratiquer leur culte, et l'on dit que le temple est en reconstruction. Leur sort en Russie et en Allemagne reste mauvais, ce que l'auteur juge conforme à Jérémie 49:5-6, tandis que Michée 4:6-7 annonce le rassemblement de celle qui boite, faite « reste ».[190]

Une espérance plus haute encore réunit toutes les autres : être rendu parfait en Christ, devenir participant de la nature divine et achever l'adoption comme fils de Dieu (Éphésiens 4:5-7 ; Jean 1:12 ; 1 Jean 3:1). Le monde l'attend avec impatience (Romains 8:19). Elle équivaut à « obtenir la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ » (2 Thessaloniciens 2:14) et passe par la souffrance et la mort quotidienne avec le Christ. Pour s'éprouver, l'auteur cite 1 Jean 3:3 : qui a cette espérance se purifie comme le Christ est pur. Le fin lin ne doit pas être mélangé à d'autres matières.[191]

Les sept Églises : le message à Smyrne

Signé W. I. Mann, ce texte commente Apocalypse 2:8. Le nom Smyrne vient du mot signifiant « myrrhe », lui-même issu de l'arabe marra (« être amer »). L'hébreu mara désigne la première eau trouvée par les Israélites dans le désert (Exode 15:23) et le nom choisi par Naomi dans son affliction (Ruth 1:20). Le titre signifie donc symboliquement « à l'Église dans l'amère affliction », ce qui correspond à la phase de Smyrne. Celle-ci s'étend de la fin de la période d'Éphèse, ou plus tôt, jusqu'au début du règne de Constantin, période des persécutions païennes.[192]

Le message vient de celui qui se dit « le premier et le dernier, qui était mort et qui est vivant ». Il est présenté comme une consolation pour les martyrs : le Christ a précédé les persécuteurs, leur survivra, et a été mis à mort par la même puissance. Les mots « tu es riche », dits à des gens pauvres, signifient que le royaume des cieux leur appartient. Les « blasphémateurs » sont ceux qui se disaient favoris des dieux ; le Christ leur donne le nom de Satan, Diable.[193]

Les « dix jours » de tribulation sont du temps symbolique, un jour pour une année. Ils désignent la persécution sous Dioclétien, commencée le jour de Noël 303 apr. J.-C. Une citation des Outlines of History de Wilson (« Aperçu de l'histoire ») rapporte que la persécution dura dix ans, avec une cruauté à peine atténuée, et que les persécuteurs se vantèrent d'avoir éteint le nom chrétien et rétabli le culte des dieux. Aux fidèles qui attendaient la mort en martyrs est adressée la promesse : « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie », et celui qui vaincra ne souffrira pas la seconde mort. Une note précise que l'article du numéro précédent sur les sept Églises était aussi de W. I. Mann, dont le nom avait été omis par inadvertance.[194]

Un test infaillible

Signé D. Widner, ce court texte pose qu'une interprétation qui s'accorde avec tous les faits connus d'une question est substantiellement vraie, comme pour les problèmes les plus ardus de la science. Une théorie du christianisme est donc vraie si elle s'accorde avec toutes les déclarations claires du Christ et des apôtres et avec les usages des Églises primitives. Une théorie qui oblige à supprimer des passages clairs de l'Écriture est dangereuse. Les enseignants chrétiens doivent appliquer ce critère à eux-mêmes : devant un passage clair qu'ils ne peuvent concilier avec leur théorie, ils ne doivent pas l'ignorer mais corriger leur théorie. Si tous les chrétiens suivaient cette règle, elle entraînerait rapidement la chute des inventions humaines et des fausses doctrines.[195]

« Ce salut »

Signé J. C. Sunderlin, ce texte part d'Actes 13:26, un discours de Paul prononcé dans la synagogue d'Antioche de Pisidie, où les chefs de la synagogue l'avaient invité à parler avec Barnabas. Les destinataires sont les « enfants de la race d'Abraham » et ceux qui « craignent Dieu ». Le mot « crainte » est compris au sens d'appréhension du mal : tout Israélite, conscient de son incapacité à observer la Loi entière, vivait dans la peur de la malédiction attachée à la transgression, et cette peur était aggravée par les préceptes des hommes.[196]

Paul commence par rappeler que Dieu a choisi les pères et exalté le peuple en Égypte. Le texte y voit un fait : même en servitude, les pères étaient exaltés, puisque tout le rituel et toutes les relations de Dieu avec Israël étaient des « ombres », des expressions en signes de son plan pour toute l'humanité dans les âges suivants. Paul survole ensuite l'histoire d'Israël jusqu'au Christ, puis annonce « la parole de ce salut ». Les chefs ont condamné Jésus sans le connaître ni comprendre les prophètes, mais Dieu l'a ressuscité ; la promesse faite aux pères est donc considérée comme déjà accomplie.[197]

Paul n'expose pas toute la nature de ce salut dans ce discours. Il le suggère seulement, pour éveiller le désir d'en entendre davantage, car un prédicateur doit prendre garde de ne pas donner trop tôt une nourriture trop forte à des auditeurs pleins de préjugés. Les Juifs ne sont pas tenus pour coupables de ne pas avoir compris la nature de la venue du Christ et de son royaume : les prophètes eux-mêmes ne la comprenaient pas, comme le dit 1 Pierre 1:10-12.[198]

Ce « salut » est rapproché du « salut commun » de Jude 3, livré aux saints « une fois pour toutes ». Il n'est offert que dans un seul âge et sans « seconde chance ». 1 Timothée 4:10 distingue deux salut : une générale, la vie naturelle donnée à tous les hommes, et une spéciale, réservée aux croyants, qui est « ce salut ». Par lui, les croyants sont justifiés de ce dont la loi de Moïse ne pouvait les justifier (Actes 13:39). Paul met aussitôt en garde contre l'idée qu'on pourrait vivre dans le relâchement, en citant Actes 13:40-41. Le texte se demande si beaucoup de gens n'ont pas aujourd'hui une vue aussi étroite de ce salut.[199]

La citation d'Ésaïe 29:14 (« la sagesse de leurs sages périra ») sert à affirmer que ce salut échappe à la compréhension des sages et des hommes prudents : il est, pour le moment, la « pierre d'achoppement » d'Ésaïe 8:14. Cette sagesse a péri, selon le texte, parce que les enseignements en vigueur brouillent la Parole et supposent l'échec du plan de Dieu. On y enseigne que Dieu a voulu sauver tous les hommes, mais que l'adversaire et la perversité humaine ont limité ce dessein, de sorte que peu de gens profitent de la mort du Christ et que démons et esprits perdus subsistent éternellement dans la misère consciente.[200]

Le texte oppose ensuite à l'idée d'un monde qui s'améliore la prédiction de 2 Timothée 3:1-13 : dans les derniers jours, les hommes mauvais iront de mal en pis. Il cite un journal profane d'une certaine renommée, qui disait ne pouvoir qu'énumérer les crimes de la semaine, faute de place pour les détails.[201]

La corruption est décrite comme énorme, dans les classes basses comme dans les classes dites élevées, et tout l'appareil de l'Église et de l'État paraît si pourri que beaucoup s'exclament : « Je ne sais pas où nous allons ! » Ces exclamations sont présentées comme un accomplissement de Luc 21:25-26 : les cœurs commencent à défaillir de crainte, les trônes vacillent et la méfiance règne. Pourtant, les « sages » proclament « paix et sûreté », ainsi que le dit 2 Pierre 3:4. Ces bouleversements ne seraient que le début du « procès de Dieu avec les peuples ».[202]

Sunderlin rapporte une conversation avec un prédicateur qui appliquait Ésaïe 2:4 à l'âge présent. Il lui a répondu que, dans ce cas, le verset devrait dire « ils apprendront la guerre de plus en plus » : la terre tremble sous le canon, des millions de soldats tombent et les instruments de mort se perfectionnent. La prophétie de Joël 3:9-10 (« Préparez la guerre ») s'applique, selon lui, à la période actuelle. Les prophéties sur les affaires terrestres de ce temps échappent aux sages comme elles leur échappaient lors de la première venue du Christ, et peu de gens verront la grandeur de « ce salut » avant que les preuves soient si nombreuses que les « fils de Dieu » soient manifestés.[203]

Sunderlin prévoit que d'anciens amis jugeront imprudent son langage direct et lui diront : « Sans doute, vous êtes les hommes, et la sagesse mourra avec vous. » Il répond que la sagesse de ce monde (de cet âge) est bien morte pour lui, qu'il n'a aucune prétention à une telle réputation et que ce qu'il a vu lui a été montré dans la Parole parce qu'il était un « petit enfant » (Matthieu 11:25). Le sabbat suivant, Paul et Barnabas parlent avec hardiesse, et Actes 13:47 révèle ce salut : le Christ est établi comme lumière des Gentils, pour porter le salut jusqu'aux extrémités de la terre. Le même mystère est évoqué en Ésaïe 42:6-7. En Ésaïe 49:6, la restitution, que les sages jugent impossible et absurde, est appelée « chose légère » pour le Seigneur. Le texte se clôt sur 1 Pierre 1:13-16 dans la traduction de l'Emphatic Diaglott.[204]

« Millennial Day Dawn »

Une mise au point corrige une erreur de certains lecteurs : le livre annoncé dans le numéro précédent, qui doit bientôt paraître, n'est pas une révision de Day Dawn, or the Gospel in Type and Prophecy (« L'Aube du jour, ou l'Évangile en type et en prophétie »). Ce sera un livre entièrement différent, même si certains sujets y sont traités. Il porte le nom de Millennial Day Dawn (« L'Aube du Millénium ») parce que la brochure Food for Thinking Christians (« Nourriture pour les chrétiens qui réfléchissent »), diffusée en Angleterre et aux États-Unis à très grande échelle, recommande l'ancien Day Dawn, dont l'édition est presque épuisée. Le nouveau livre doit donner aux lecteurs de cette brochure un ouvrage conforme à son enseignement.[205]

Un autre livre, Day Dawning, existe déjà, et un troisième, intitulé Day Dawn or Gospel in Type and Prophecy, « édition révisée », est annoncé : des feuilles d'épreuve ont été reçues. Aucun des deux n'est conforme à l'ancien Day Dawn recommandé dans la brochure, ni à aucune publication sortie de ce bureau. Il reste quelques exemplaires reliés de l'ancien Day Dawn, au prix réduit de 50 cents.[206]

Une lettre a été envoyée à l'auteur de la nouvelle édition pour lui suggérer de changer le titre, afin d'éviter la confusion avec l'ouvrage original. S'il le conserve, il ne devra pas s'étonner qu'on en conclue qu'il veut profiter de la publicité mondiale faite à l'ancien Day Dawn, tant par son éditeur, A. D. Jones, que par les publications de la Tour de Garde. Celles-ci lui ont consacré plus de 1 600 000 annonces et recommandations gratuites, à cause des vérités qu'il contenait, sans le tenir pour exempt d'erreurs. La justice et la convenance de donner à un livre très différent le nom exact d'un autre, dont la réputation a été bâtie par ceux qui en partageaient les principes, sont mises en question.[207]

Les enfants du Christ

Parmi les titres du Christ figure celui de « Père éternel ». Être père suppose des enfants. Jésus n'est pourtant pas le père de l'Église, son corps : c'est « le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ » qui l'a engendrée (1 Pierre 1:3), et Jésus n'a pas honte de l'appeler ses frères (Hébreux 2:11-12). Mais quand Jésus et ses frères, son épouse, son corps, formeront ensemble le Christ complet, cet oint unique redonnera la vie à l'humanité et sera le Père, le donneur de vie, de la race humaine. Psaumes 45:16 (« À la place de tes pères, tu auras des fils ») est cité à l'appui, comme un verset qui ne s'explique pas autrement.[208]

Le contexte du psaume met en scène Jéhovah, le roi, son Fils, notre Seigneur Jésus, et les filles du roi, femmes pures et honorables. L'épouse du Fils du roi occupe la première place parmi ses compagnes. Le texte relève que « roi » est au singulier possessif dans l'original et désigne Jéhovah, bien que les traductions le mettent au pluriel, et renvoie à la Concordance de Young. Le Fils reçoit de Jéhovah l'onction « d'une huile de joie au-dessus de tes compagnons », c'est-à-dire comme chef de ses frères et cohéritiers (Hébreux 1:8-9).[209]

Le « petit troupeau » des vainqueurs de cet âge, aujourd'hui « fiancé à un seul époux, le Christ », sera bientôt la reine « en or d'Ophir », revêtue de la gloire, de l'honneur et de l'immortalité de la nature divine, à la droite de son Seigneur. Le psaume lui adresse dès à présent ses conseils : prêter attention aux instructions de Jéhovah, sonder les Écritures, oublier son peuple et la maison de son père, c'est-à-dire renoncer au monde, à ses vanités, à ses faveurs, à ses reproches, à ses louanges et à son mépris, pour ne chercher que l'approbation du Roi. La beauté de la fille du roi est celle du caractère ; ses vêtements d'or et sa robe brodée symbolisent sa parure. Les vierges ses compagnes, qui la suivent, désignent les vainqueurs des âges passés et ceux de la « grande foule » de cet âge (Apocalypse 7:15). Ils entreront dans les bénédictions du Roi, mais à la suite de la reine, car « sans nous ils ne parviendraient pas à la perfection » (Hébreux 11:40).[210]

Les « pères » sont Abraham, Isaac, Jacob et les prophètes, chefs de la nation juive et patriarches de l'âge précédent. Ces vainqueurs, héritiers de certains dons, appels et promesses de Dieu qui s'accompliront à coup sûr, n'ont pas reçu le « haut appel ». Ils deviendront les enfants du Christ en ce sens que, comme tous les hommes, ils recevront leur vie humaine restaurée et parfaite directement du Christ glorifié, qui sera leur père, donneur de vie. Les « princes sur toute la terre » du psaume sont ces dignes éprouvés, agents terrestres par lesquels la classe spirituelle bénira toutes les nations. Ainsi s'accomplit aussi la promesse faite à Abraham (Genèse 12:3 ; Genèse 22:18) : la postérité est le Christ, dont Abraham ne fait pas partie, mais il participera à l'œuvre de bénédiction en tant qu'enfant du Christ. Faire des pères des gouvernants du plan humain marquera le début de la phase terrestre du royaume de Dieu, qui remplira finalement la terre et englobera tous les hommes. Ceux qui refuseront de s'y assimiler seront retranchés pendant l'âge du Millénium : c'est la seconde mort.[211]

À l'objection que les enfants prendraient eux aussi la nature divine en perdant la nature humaine, la réponse est que donner la vie n'implique pas de transmettre sa propre nature. Jéhovah est le père des hommes, des anges et des « nouvelles créatures » dont Jésus est le chef, trois natures différentes, humaine, angélique et divine, dont une seule est la sienne (Luc 3:38 ; Job 38:7 ; Matthieu 3:17 ; 1 Jean 3:2 ; 2 Pierre 1:4). Le Christ devient père non par une création directe, mais en restaurant la vie perdue d'une race déjà créée, laquelle doit être rendue parfaite dans sa nature d'origine, la nature humaine.[212]

Ces « princes » rappellent Ésaïe 32:1 (« Un roi régnera selon la justice, et des princes gouverneront avec droiture »), que le texte glose, d'après Young, par « agir comme magistrats ». La famille divine est entièrement royale : Jéhovah est le « Roi de gloire » et le « Roi éternel », tous les oints, le Christ, seront rois (Apocalypse 5:10), et Jésus, leur chef, est « Roi des rois ». Une note précise que Jésus est appelé « prince » plusieurs fois, mais que les mots grec et hébreu signifient « chef » et non « prince ». Un cantique de quelques vers sur le Jubilé de mille ans clôt cet article.[213]

La Palestine et les Juifs

Un Juif russe, écrivant au Jewish World, affirme que ses frères de Russie veulent émigrer dès que possible, mais sans transformer la question russo-juive en question américaine ou espagnole : ils cherchent à la résoudre une fois pour toutes. Leur but est la colonisation de la Palestine. Dans presque toutes les villes de Roumanie et dans quelques grandes villes de Russie, des sociétés d'émigration vers la Palestine se sont formées avec leurs propres fonds, et l'on espère que le gouvernement russe ne s'y opposera pas. Après avoir attendu en vain que leurs frères d'Occident prennent l'initiative, ils ont pris l'affaire en main. Ils ont choisi la Palestine pour y trouver une demeure durable, et aussi pour l'absence de concurrence excessive, la proximité de la Russie et l'amitié traditionnelle du gouvernement turc envers les Juifs.[214]

Lawrence Oliphant, dans une lettre au Times datée du 11 février, confirme l'existence de ces sociétés roumaines, dont plusieurs lui ont demandé son aide. Selon lui, l'idée dominante du Juif d'Orient est de retourner en Palestine, y compris chez les plus aisés, dont la plus haute ambition est de devenir propriétaires fonciers sur la terre de leurs ancêtres. La crainte des exactions des fonctionnaires locaux et leur ignorance de l'agriculture les retiennent, mais plus d'un riche Juif exploite déjà avec succès des terres en Palestine, et une colonie a été fondée il y a environ cinq ans près de Lydda. Il cite aussi le correspondant du Jewish Chronicle à Jérusalem (lettre du 27 janvier) : le mouvement d'émigration vers ce pays s'étend de plus en plus en Russie, et des envoyés venus de divers endroits sont arrivés à Jérusalem pour y trouver des terrains convenables.[215]

Dans le même courrier, le Juif russe annonce que d'autres émigrants suivront au printemps suivant. Il rapporte aussi qu'un gentilhomme russe lui a assuré que beaucoup de capitalistes juifs de son pays sont résolus à s'installer à Jaffa pour y construire des fabriques. Il a vu des lettres de vieux rabbins de la plus stricte orthodoxie : selon eux, celui qui met la main à la culture du sol de la Terre sainte agit plus méritoirement que celui qui passe ses jours et ses nuits à étudier au Beth Hamedrash (maison d'étude).[216]

Le Times soutient en partie l'appel de Lawrence Oliphant dans un éditorial. Il y rappelle que le Juif n'est pas un étranger en Syrie ni en Palestine, où sa race est chez elle. Il décrit la Palestine comme un pays de rochers et de désert, qu'un empire riche aurait peine à remettre en valeur, mais qui comporte des terres très fertiles attendant seulement le cultivateur. Il écrit aussi que « la religion interdit au Juif d'oublier jamais la Judée ». Selon le journal, la brutalité de la foule met des hommes à disposition et la pitié des nations civilisées fournit des ressources suffisantes pour replanter le Juif dans le pays de ses ancêtres.[217]

La revue rappelle son opinion antérieure : une partie du peuple juif serait réinstallée dans l'ancienne ville et l'ancien pays sans avoir cru que Jésus est le Messie. Ces Juifs subiraient plus tard une dernière invasion et un siège de la part de leurs ennemis païens, puis seraient délivrés par « celui qu'ils ont percé » (Zacharie 12:9-10). La revue ne se prononce pas sur les moyens de ce rétablissement partiel, mais elle relève avec un intérêt croissant les événements qui semblent l'approcher de son accomplissement.[218]

Questions et réponses

Un lecteur ne comprend pas comment un être ressuscité peut garder la mémoire de sa vie passée sans « quelque chose d'inexplicable qui ne meurt pas », ce que l'on appelle généralement l'âme. La réponse définit l'être, ou l'individualité, comme l'existence consciente qui résulte de l'union du principe de vie avec une matière organisée. Elle l'illustre par une pompe à vapeur : sans vapeur, la machine est immobile ; avec la vapeur, l'eau coule ; si l'on coupe la vapeur ou si l'on casse la pompe, l'eau cesse de couler, et elle coule de nouveau quand la pompe est réparée. La pompe représente le corps humain, la vapeur la vie comme principe, et l'eau qui coule la pensée, produite par la combinaison de la vie avec l'organisme physique le plus fin, le cerveau. La même image s'applique aux animaux inférieurs, avec des pompes de tailles et de capacités différentes.[219]

Un autre lecteur demande une explication plus détaillée du calcul du nombre de la bête et de son image. Chacun des noms donnés dans le numéro de janvier comporte exactement 18 lettres, soit trois fois six, ce qui donne 666 une fois les lettres écrites en chiffres. Ce résultat correspond au nombre de Apocalypse 13:18 et est présenté comme la preuve que les symboles de la bête et de son image sont correctement appliqués. Le lecteur est invité à relire l'article de janvier pour ne pas être de ceux qui adorent la bête ou son image, ou qui reçoivent sa marque. Ceux-là ne sont pas comptés parmi les vainqueurs qui s'assoiront avec le Christ sur son trône (Apocalypse 20:4).[220]

Un lecteur cite un écrivain, étranger à la revue, selon lequel Éphésiens 1:5 signifie que, durant les âges à venir, le Christ sera le Père et l'Église la Mère des nations, par la loi de la régénération. La réponse maintient que le Christ complet (tête et corps) est biblique­ment appelé le « Père éternel » de la famille humaine, comme la revue l'a déjà exposé. Elle approuve toutefois la critique du lecteur : en contexte, le verset enseigne que les croyants sont enfants de Jéhovah par le moyen de Jésus-Christ. Elle renvoie à la traduction du Diaglott.[221]

Le même écrivain soutient que l'Église papale, en tant que contrefaçon, représente la véritable Église. Elle aurait reçu des additions pendant son règne de mille ans avant d'engendrer ses filles, les Églises de la Réforme ; il en irait de même pour la vraie Église. Le lecteur demande jusqu'où il est sûr de suivre une contrefaçon comme guide. La réponse situe la contrefaçon dans le règne et non dans la souffrance : depuis son exaltation au pouvoir, la papauté prétend régner sur la terre en épouse du Christ, et imite ainsi le règne de la vraie épouse, qui doit bientôt commencer.[222]

La réponse juge qu'on tombe dans l'absurde en appliquant ce raisonnement jusqu'au bout. Puisque les membres de l'Église contrefaite sont morts, jusqu'aux papes, la vraie Église serait donc sujette à la mort, et même Jésus. Puisque la contrefaçon a abusé de son pouvoir, la vraie le ferait aussi. Puisqu'elle est devenue corrompue et a provoqué une Réforme, la vraie deviendrait corrompue et aurait des filles semblables. La revue ajoute que « ce serait un mauvais plan de fabriquer de vrais dollars à l'image des faux ». Mieux vaut chercher le modèle original que la contrefaçon a copié sur certains points.[223]

Une erreur courante, selon la réponse, consiste à croire que l'Église romaine est « congrégationaliste », c'est-à-dire que la congrégation en fait partie. Elle est « épiscopale » : une hiérarchie gouverne les laïcs, et l'Église romaine représente l'extrême de ce régime. Elle comprend trois classes : la hiérarchie proprement dite (évêques, archevêques, cardinaux et pape), les prêtres, qui sont les serviteurs directs de l'Église, et le peuple, appelé les enfants de l'Église. Cette organisation est mise en parallèle avec l'Église glorifiée. Les vainqueurs avec le Christ pour tête y forment la première classe, qui règne. Viennent ensuite la « grande foule » devant le trône, qui sert et qui n'est pas composée de vainqueurs, mais accède aux conditions spirituelles « par la grande tribulation » (Apocalypse 7:14-15). Enfin, les habitants de la terre, à mesure qu'ils s'accordent avec le royaume, seront appelés enfants de l'Église ou de la hiérarchie.[224]

À propos de la prière de David : « Qu'ils descendent vivants dans le séjour des morts » (Psaumes 55:15), un lecteur y voit l'existence actuelle d'un enfer pour les méchants. La réponse précise que le mot traduit par « enfer » est sheol, qui désigne l'état de mort ou la tombe. Les bons comme les mauvais y vont, et Jésus y est allé (Psaumes 16:10 ; Actes 2:27). Le mot grec correspondant, hadès, a le même sens. David demande donc que les méchants meurent vite et cessent de nuire, non qu'ils soient torturés. Si une torture éternelle semblait mauvaise chez David, elle serait dix mille fois plus affreuse de la part de Jéhovah. La réponse en conclut que la théologie moderne est en faute, puisque Jéhovah, David et Paul pensent de même. Elle donne comme clé que l'âge de l'épreuve du monde est l'âge à venir, où tous connaîtront Dieu et sa vérité dans des circonstances favorables (voir Psaumes 136:1).[225]

Au sujet de 2 Thessaloniciens 1:9, la réponse invite à lire les versets 7 à 10. Le « jour » dont parle le passage est compris comme le jour millénaire, le septième jour de mille ans, « le dernier jour » du péché, où celui-ci sera effacé pour toujours. Le Seigneur y exercera sa puissance, les saints se reposeront et toute impiété sera soumise. Ceux qui refuseront alors de connaître Dieu et d'accepter la « bonne nouvelle » seront « punis d'une destruction éternelle ». Selon la réponse, la destruction ne signifie pas plus la conservation dans la misère que la mort ne signifie la vie dans la misère. Seuls les théologiens, ajoute-t-elle, tordraient ainsi des mots aux sens opposés, au point de déformer les Écritures, de diffamer leur Auteur, de tourmenter ses enfants et de faire des incrédules.[226]

Un lecteur de Danville (Québec) travaille comme serviteur du Seigneur parmi les chrétiens en général et fréquente surtout l'Église épiscopalienne. Il demande s'il fait bien, comme Jésus allant dans les synagogues juives. La réponse affirme que chaque membre du corps du Christ est oint pour annoncer la bonne nouvelle, chacun selon ses capacités et non forcément en public. Le message particulier du moment est que c'est le temps de la moisson : le blé mûr de l'Église de l'Évangile doit être séparé de l'ivraie, comme le blé mûr de l'Église juive l'a été de la balle. Si le lecteur trouve du blé dans l'Église anglicane, il peut y manier « la faucille de la vérité ». Il y sera d'abord bien reçu, comme Jésus (Luc 4:15), mais s'il proclame fidèlement la vérité, on le traitera bientôt comme Jésus (Luc 4:28-29). Jésus avait prévenu ses disciples de ce traitement (Matthieu 10:17 ; Marc 13:9 ; Jean 16:2 ; Matthieu 10:24-25).[227]

La réponse établit un parallèle de dates. L'Église juive n'a été abandonnée que cinq jours avant la crucifixion ; de même, « l'Église de l'Évangile a été vomie de sa bouche » au point correspondant du temps, en 1878. Depuis lors, l'appel est « Sortez du milieu d'elle, mon peuple ». Les disciples de Jésus, ne pouvant plus entrer dans les synagogues quand ils étaient hardis pour la vérité, se réunissaient de maison en maison ; de même, les lecteurs ne se réunissent plus avec l'Église évangélique nominale, trop envahie par l'ivraie pour que le blé y prospère. À tout grain de blé encore debout parmi l'ivraie, la réponse recommande de dire, par la parole et l'exemple : « Sortez ».[228]

Voir aussi

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349-350
  2. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  3. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 3.
  4. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349-350
  5. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 253-254.
  6. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  7. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  8. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 93.
  9. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  10. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  11. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  12. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 35-37.
  13. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  14. ↑ La Tour de Garde, novembre 1881, p. 4
  15. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  16. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  17. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  18. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 16-17.
  19. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  20. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  21. ↑ Annihilationism — Edward White, Life in Christ, Plymouth Brethren, consulté en 2026.
  22. ↑ 2 Thessalonians 1:9 Everlasting Destruction, Christian Courier, consulté en 2026 ; Introduction To Evangelical Conditionalism: 2 Thessalonians 1:9, Rethinking Hell, consulté en 2026.
  23. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  24. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  25. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  26. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 17-18.
  27. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 278.
  28. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  29. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  30. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 130-132.
  31. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 35-37.
  32. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353-354
  33. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  34. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  35. ↑ The day dawn or the gospel in type and prophecy, vol. 2 (1880), p. 342.
  36. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  37. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 32-33.
  38. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  39. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  40. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  41. ↑ La Tour de Garde, décembre 1879, p. 1
  42. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  43. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355-356
  44. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  45. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 17-18.
  46. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 158-159.
  47. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 2.
  48. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  49. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  50. ↑ Raise a juice box to the temperance movement, Christian History Institute, consulté en 2026.
  51. ↑ Methodist History: Communion and Welch's Grape Juice, United Methodist Church, consulté en 2026.
  52. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  53. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  54. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  55. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  56. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347-348
  57. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 238.
  58. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  59. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  60. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  61. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 48-49.
  62. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  63. ↑ The Church of Smyrna, Herald Magazine, consulté en 2026 ; Smyrna — the persecuted church, Ministry Magazine, consulté en 2026. Original : « precisely the duration of the persecution under Diocletian ».
  64. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348 et 351
  65. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  66. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 64-65.
  67. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  68. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 126-129.
  69. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 4.
  70. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  71. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 67-68.
  72. ↑ Our History, Bible Advocate Online, consulté en 2026 ; The Palimpsest, University of Iowa, consulté en 2026.
  73. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 408-409.
  74. ↑ PENTON James, Apocalypse Delayed, p. 24-25.
  75. ↑ JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 50-51.
  76. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  77. ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98.
  78. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  79. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 35-36.
  80. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  81. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  82. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  83. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 174.
  84. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  85. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  86. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 45-46.
  87. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 8.
  88. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354-355
  89. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  90. ↑ 90,0 90,1 90,2 et 90,3 La Tour de Garde de mai 1882, p. 356.
  91. ↑ La Tour de garde de novembre 1879, p. 46.
  92. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 463-464.
  93. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 229.
  94. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 11.
  95. ↑ The Palimpsest, University of Iowa, consulté en 2026 ; « Our History », Bible Advocate Online, consulté en 2026.
  96. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 39-40.
  97. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 408-409.
  98. ↑ La Tour de Garde de novembre 1880, p. 152.
  99. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348.
  100. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 183-184.
  101. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 2.
  102. ↑ 102,0 102,1 et 102,2 La Tour de Garde de mai 1882, p. 353.
  103. ↑ La Tour de Garde, août 1881, p. 10
  104. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 414-415.
  105. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 17-18. Original : « the practice of celebrating the Memorial of the Lord's Supper once a year on the supposed date of Christ's death, 14 Nisan [...] was learned by Russell from the editor of the Bible Examiner. »
  106. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 158-159.
  107. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 2.
  108. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 4.
  109. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 345.
  110. ↑ 110,00 110,01 110,02 110,03 110,04 110,05 110,06 110,07 110,08 110,09 110,10 110,11 et 110,12 La Tour de Garde de mai 1882, p. 346.
  111. ↑ « Raise a juice box to the temperance movement », Christian History Institute, consulté en 2026 ; « Methodist History: Communion and Welch's Grape Juice », UMC, consulté en 2026. Original de 1864 : « that in all cases the pure juice of the grape be used in the celebration of the Lord's Supper ».
  112. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 209-211.
  113. ↑ 113,0 113,1 et 113,2 La Tour de Garde de mai 1882, p. 347.
  114. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 3
  115. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 35-36. Original : « Tabernacle Teachings, which helped to formulate his doctrine of the church ».
  116. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 7
  117. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 20-22.
  118. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, op. cit., p. 20-22.
  119. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 81.
  120. ↑ La Tour de Garde, novembre 1881, p. 6
  121. ↑ La Tour de Garde de Janvier et Février 1882, p. 1.
  122. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349-353
  123. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 2.
  124. ↑ La Tour de Garde de Janvier et Février 1882, p. 3.
  125. ↑ 125,0 et 125,1 La Tour de Garde de mai 1882, p. 351.
  126. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 2.
  127. ↑ La Tour de Garde, novembre 1881, p. 6
  128. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 395-396.
  129. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 417-418.
  130. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 433-434.
  131. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 285-287.
  132. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 150-151.
  133. ↑ « Conversion », SAGE Encyclopedia of the Sociology of Religion, consulté en 2026.
  134. ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, p. 2
  135. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 2.
  136. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354-355
  137. ↑ La Tour de Garde, décembre 1880, p. 11
  138. ↑ 138,0 et 138,1 La Tour de Garde de mai 1882, p. 354.
  139. ↑ « First Aliyah », Wikipédia, consulté en 2026.
  140. ↑ « The First Aliyah », Jewish Virtual Library, consulté en 2026.
  141. ↑ La Tour de Garde, avril 1882, p. 8
  142. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355.
  143. ↑ KNOX Zoe, Jehovah's Witnesses and the Secular World, p. 271 du PDF. Original : « He cited various commentaries in the press on the repossession of Palestine to demonstrate that due attention was being given to developments that marked the end of days ».
  144. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 45-46.
  145. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 345
  146. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 345
  147. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 345
  148. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  149. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  150. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  151. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  152. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  153. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  154. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  155. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  156. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 346
  157. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, pp. 346-347
  158. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  159. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  160. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  161. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  162. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  163. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  164. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 347
  165. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, pp. 347-348
  166. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  167. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  168. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  169. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  170. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  171. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  172. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  173. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  174. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  175. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 348
  176. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  177. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  178. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  179. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  180. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  181. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 349
  182. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, pp. 349-350
  183. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  184. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  185. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  186. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  187. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 350
  188. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  189. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  190. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  191. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  192. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  193. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  194. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  195. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 351
  196. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  197. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  198. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  199. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  200. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  201. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 352
  202. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  203. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  204. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  205. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  206. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  207. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  208. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 353
  209. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  210. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  211. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  212. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  213. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  214. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  215. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 354
  216. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  217. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  218. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  219. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  220. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  221. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  222. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  223. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 355
  224. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, pp. 355-356
  225. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  226. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  227. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356
  228. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 356

Catégorie:1882