Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

La Tour de Garde de Janvier 1884

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde de Janvier 1884
Revue La Tour de Garde
Date 1884
Auteur(s) Maria Russell, D. Winder, T. L. Cuyler, A. A. Bonar, Alexander McLaren
Année 1884
Langue Anglais
Pays États-Unis

Le retour du Christ a eu lieu, mais personne ne l'a vu. Pour le prouver, le numéro commence par décrire les corps spirituels des anges et du Christ ressuscité. Ces corps sont invisibles, et ils peuvent apparaître sous forme humaine. La moisson de l'âge de l'Évangile est déjà commencée. Elle sépare le blé de l'ivraie à l'intérieur des Églises, sans que le monde s'en aperçoive.

Une deuxième question occupe une grande place : Jésus était-il un homme parfait ? La réponse passe par une relecture du chapitre 53 d'Ésaïe. Elle s'appuie sur plusieurs traductions, dont celle d'un traducteur juif. Le portrait d'un Jésus beau et sans faiblesse sert à défendre la rançon. Selon le numéro, des responsables en vue de l'Église nominale nient alors cette doctrine.

Autour de ces deux sujets, le numéro s'adresse aux lecteurs eux-mêmes. Il leur annonce une année d'épreuves. Il leur donne des conseils pratiques pour étudier la Bible. Il répond aussi à leurs lettres. Des extraits de la presse anglaise sur les attentats à la dynamite et la peur d'une révolution en Europe sont lus comme des signes de la moisson en cours.

Analyse

Croyances

Lire la Bible sous la conduite de l'Esprit

Avant d'étudier les corps spirituels, le numéro écarte une objection. Selon elle, il ne faudrait pas chercher à connaître ce que « l'œil n'a pas vu » (1 Corinthiens 2:9).[1] La réponse lit la suite du chapitre. Le verset 9 parle de l'homme naturel. Le verset 10 dit que Dieu révèle ces choses par son Esprit. Le verset 13 donne la règle : comparer les choses spirituelles entre elles.[1] Pour la revue, les Églises se trompent parce qu'elles expliquent le spirituel par le naturel.[1] William Mann avait déjà répondu à la même objection dans la revue en 1882, avec la même suite du verset. Il visait alors ceux qui invoquent le mystère pour défendre le tourment éternel.[2]

L'Esprit ne dispense pas pour autant de travailler. L'article « L'école du Christ », signé « Mme C. T. R. », c'est-à-dire Maria Russell, dit que l'Esprit conduit dans toute la vérité. Il pose pourtant des conditions concrètes : un lieu et une heure fixes, un seul sujet à la fois, un index des anciens numéros et la mise par écrit de ce qu'on a compris.[3] L'erreur se repère au désaccord entre les textes, la vérité à leur accord.[3] L'aide de l'Esprit et la comparaison patiente des passages forment donc une seule méthode.

La même méthode sert à lire l'Apocalypse comme un livre de symboles. Un lecteur demande si l'ange d'Apocalypse 22:9, « compagnon de service » des prophètes, prouve que les prophètes morts deviennent des anges. La réponse est non : Jean représente les saints vivants au moment de la seconde présence, d'après Jean 21:22.[4] L'ange représente ceux de cette même catégorie que Dieu emploie pour montrer aux autres la gloire à venir.[4] La conclusion vise les lecteurs eux-mêmes. Certains d'entre eux risquent d'honorer, presque d'adorer, ceux par qui ils reçoivent la connaissance du plan de Dieu. Les vrais messagers refusent cet honneur et disent que toute sagesse vient de Dieu.[4] Schulz et de Vienne montrent que Russell faisait venir la vérité de la Bible elle-même vers les chrétiens. Paton, au contraire, se présentait volontiers comme sa source.[5]

Jésus homme parfait, prix de la rançon

L'article sur Ésaïe 53 cherche à prouver que Jésus était un homme parfait. Il raisonne ainsi. Si Jésus était né imparfait et mortel, il y aurait eu soit du péché en lui, soit une injustice de Dieu, qui aurait condamné un innocent. Ces deux hypothèses sont jugées contraires au caractère de Dieu.[6] Un Jésus déjà condamné n'aurait eu aucune vie à donner. Sa vie parfaite est donc nécessaire pour qu'elle serve de prix équivalent à celle d'Adam.[6] Cette idée d'un échange exact, une vie humaine pour une vie humaine, vient de George Stetson. Dès 1872, il s'appuyait sur Exode 21:23, « vie pour vie ». Il ajoutait que Jésus ne reprend pas à sa résurrection la vie qu'il a sacrifiée, sinon le prix serait annulé.[7] George Storrs voyait déjà en Jésus un homme parfait, et non le Dieu-homme de la théologie d'Anselme.[8] Schulz et de Vienne opposent les deux doctrines. Pour Anselme, le Dieu-homme paie un prix supérieur à la valeur de toute l'humanité. Pour Russell, Jésus paie un prix « correspondant », ni plus ni moins.[9]

Le moment du sacrifice est fixé avec soin. Le sacrifice n'a pas lieu quand l'être spirituel devient homme. Il commence à la consécration, que le baptême représente comme une mort, à trente ans, l'âge fixé par la Loi.[6] Chez Stetson, la vie de Jésus se découpait aussi à partir du baptême : à ce moment, le Saint-Esprit lui était donné en plus de sa vie humaine.[7] L'âge de trente ans servait déjà à Barbour, qui s'appuyait sur Luc 3:23 pour placer en l'an 30 le passage d'un âge à l'autre et arriver à 1874.[10] Ici, le même âge sert à expliquer pourquoi Jésus ne pouvait pas s'offrir plus tôt.[6]

La relecture d'Ésaïe 53:2 soutient le même argument. Un Jésus parfait ne peut pas être laid, puisque le visage reflète le cœur.[11] Le débat est ancien. Au IIᵉ siècle, le philosophe Celse se servait des passages d'Ésaïe sur le serviteur « sans beauté » pour attaquer Jésus, et Origène lui répondait.[12] Clément d'Alexandrie admettait que le Seigneur était « sans beauté d'aspect ». Pour lui, la vraie beauté du Christ était celle de son âme.[13] Augustin lisait ensemble Psaumes 45:3, « le plus beau des fils de l'homme », et Ésaïe 53:2.[14] La revue retient une autre solution. Jésus est beau, et « sans gloire » exprime seulement le jugement d'hommes dépravés, qui attendaient un chef de guerre.[11] Elle cite aussi la traduction d'Isaac Leeser.[15] Leeser, rabbin de Philadelphie, avait achevé en 1853 la première traduction américaine de toute la Bible hébraïque, faite pour des lecteurs juifs.[16] La revue s'étonne qu'un Juif ne reconnaisse pas Jésus dans un texte qu'il a lui-même traduit.[15]

Reste à expliquer l'« homme de douleurs ». Les douleurs de Jésus sont celles des malades qu'il guérit. À chaque guérison, une « vertu », c'est-à-dire une part de sa vitalité, sort de lui (Marc 5:30).[11] La revue s'appuie sur des « hommes de science » qu'elle ne nomme pas : certaines personnes pourraient transmettre leur vitalité, au prix d'une faiblesse passagère.[11] Le mot grec traduit par « vertu » est dunamis, la puissance. John Gill comprenait au contraire que cette puissance guérissait sans rien diminuer de celle qui restait en Jésus.[17] La lecture de la revue explique les marques de souffrance sur le visage de Jésus sans lui attribuer aucune faiblesse propre.[11]

Le sang de l'agneau pascal sert de type au sang de Jésus. Les Israélites sont à l'abri sous le sang mis sur leurs portes ; le croyant est à l'abri sous le sang de l'Agneau de Dieu.[3] Le Dr Bonar cité par le numéro appelle le sacrifice quotidien de l'agneau un « sermon » répété matin et soir pendant quinze cents ans.[6] Le même type réglait déjà la pratique des groupes : en 1882, Keith célébrait à Buchanan la mort de « notre agneau pascal ».[18]

Toute cette défense répond à un adversaire désigné ailleurs dans le numéro. Dans le commentaire d'Ésaïe 29, la négation de la rançon est présentée comme la forme la plus subtile de l'incrédulité. Elle est portée par certains des plus en vue de l'Église nominale.[19] En mai 1883, la revue visait encore un ancien collaborateur, Paton, à qui elle demandait de se repentir.[20] En juin 1883, elle plaçait Paton et Jones sur la même liste que Henry Ward Beecher et Robert Ingersoll.[21] Dans ce numéro, aucun ancien compagnon n'est nommé : le reproche vise les responsables des Églises.[19] La querelle avait commencé en 1878 avec Barbour. Il comparait alors la mort du Christ à une mouche percée d'une épingle pour régler la faute d'un enfant.[22]

Deux espérances : le ciel pour l'Église, la terre pour le monde

La rançon rachète tous les hommes, mais elle ne leur ouvre pas le même avenir. Seule l'Église reçoit un corps spirituel. Tous les autres retrouveront la perfection humaine d'Adam.[23] La perfection de Jésus montre ce que sera cette humanité restaurée à la fin de son règne.[6] Selon Schulz et de Vienne, Russell et son groupe pensaient d'abord que l'Église et le reste des hommes vivraient ensemble dans un paradis terrestre. En 1877, aux côtés de Barbour, Russell en vient à donner à l'Église une nature à part et un héritage céleste.[24] Robert Crompton montre la conséquence. L'âge de l'Évangile sert à choisir le « petit troupeau ». Le jugement du reste des hommes n'aura lieu que pendant le Millénium.[25]

Cette séparation explique une réponse du courrier. Les promesses terrestres de la Bible concernent le monde à venir. Ce monde pourra donc admirer la Bible sans faire partie des « joyaux ».[26] Comprendre le plan de Dieu ne suffit pas : il faut sacrifier le présent pour l'avenir promis.[26] En mai 1880, la revue faisait au contraire de la compréhension de la doctrine une preuve d'appartenance au petit troupeau.[27]

L'espérance céleste suit le modèle du Christ, « premier-né d'entre les morts ». La conversion est un engendrement par l'esprit, et la naissance de l'esprit a lieu à la résurrection, dans un corps spirituel.[1] Stetson distinguait déjà trois étapes en 1871 : l'engendrement par la Parole, la conversion, puis la naissance spirituelle dans une nature immortelle.[28] En 1875, Paton écrivait dans le Herald of the Morning que la nouvelle naissance estun changement de nature, et non la conversion.[29]

Le courrier précise ensuite qui forme cette Église. Au sens large, ce sont tous les croyants à la rédemption. Au sens plus étroit, ce sont ceux qui ont fait alliance pour sacrifier les intérêts terrestres. Au sens le plus étroit, seuls ceux qui accomplissent ce sacrifice forment « l'Église qui est son corps », l'Épouse.[26] Personne ne peut juger de ce dernier point chez les autres, car Dieu seul voit le sacrifice de chacun.[26] Le sacrifice demandé est précis. Russell distinguait la consécration à Dieu des consécrations à une œuvre choisie par soi-même, comme la tempérance ou l'Église locale.[30]

Le sort de ceux qui refusent ce rachat est réglé par Luc 12:4-5. Tous sont rachetés de la mort venue d'Adam. La géhenne désigne la « seconde mort », une disparition totale.[26] Storrs enseignait déjà que les méchants revenaient à la vie pour être jugés, puis détruits sans plus aucune existence : c'était pour lui la seconde mort.[31] Russell écrivait en 1879 que, sans la rançon, la mort venue d'Adam aurait été une destruction aussi définitive que la seconde mort.[32] Le commentaire d'Ésaïe 29 relève que les Églises nominales n'osent plus prêcher que tout bas le tourment éternel.[19]

Un retour invisible, prouvé par les corps spirituels

Les deux grands articles sur la manière du retour reprennent des exposés plus anciens de Russell. Blandre range dans ce numéro, aux pages 578-580, l'un des six discours que Russell avait prononcés en 1877 devant son groupe d'Allegheny.[33] L'article sur la présence avant l'enlèvement de l'Église reprend presque mot pour mot un texte paru en août 1879.[34]

L'argument part des anges. Ils sont présents sans être vus, et ils apparaissent parfois en hommes, chez Abraham, Gédéon ou les parents de Samson.[1] Le Christ ressuscité est un « esprit vivifiant ». Il apparaît dans des corps différents, en jardinier ou en voyageur, et entre les portes fermées.[35] Stetson enseignait déjà que Jésus était ressuscité dans une nature spirituelle et immortelle.[7] En 1877, Three Worlds affirmait que les anges et les saints ont des corps spirituels d'ordinaire invisibles, et que Jésus est présent depuis 1874 dans un tel corps.[36] Tony Wills résume la conséquence. Les corps du Christ ressuscité étaient des corps pris pour un temps. Si Jésus pouvait être présent sans être vu pendant les quarante jours, il pouvait revenir de la même façon.[37]

Le mot grec parousia signifie selon la revue « toujours une présence personnelle, le fait d'être arrivé ».[23] D'autres mots grecs désignent l'apparition et la révélation.[23] Benjamin Keith avait trouvé ce sens de « présence » dans l'Emphatic Diaglott de Benjamin Wilson, à Matthieu 24:37.[38] Penton note que Robert Govett, en Angleterre, lisait déjà parousia comme « présence » : le Christ resterait invisible pendant les derniers jours du monde.[39] Selon Jonsson, l'idée d'un retour en deux temps, le premier invisible, venait de Henry Drummond vers 1828 et circulait largement chez les disciples de Darby.[38]

La comparaison avec les jours de Noé porte sur l'ignorance des gens. Ils mangeaient, buvaient et se mariaient, « choses assez légitimes à faire, et non des péchés ».[23] Le monde ne s'aperçoit donc de rien pendant la présence du Christ.[23]

Actes 1:11 sert à nouveau de preuve. Le Christ est monté au ciel sans trompette, et le texte ne dit pas qu'on le verra revenir : il viendra « ainsi », en silence.[35] En avril 1882, Benjamin Keith écrivait au contraire que l'expression « de la même manière » dit seulement que le retour est certain, et rien de sa manière.[40]

L'ordre des événements découle de l'Épouse. Le Christ ne peut paraître dans la gloire sans les saints, puisqu'ils sont sa gloire. Il doit donc les rassembler en secret avant de paraître avec eux, comme l'annoncent Colossiens 3:4, Jude 14 et Zacharie 14:5.[35]

La trompette de 1 Thessaloniciens 4:16 ne contredit pas ce retour silencieux. Elle est la dernière trompette de 1 Corinthiens 15:52 et la septième d'Apocalypse 11:15-18. Comme les six premières, elle couvre une période et ne fait aucun bruit dans l'air.[23] Elle accompagne le grand jour de la colère et les sept coupes.[23] Dans le Herald of the Morning d'octobre 1875, l'article « The Last Trump » avait le premier exposé clairement la présence invisible depuis 1874.[29] En février 1881, les trompettes de 1 Thessaloniciens 4 annonçaient le changement des saints attendu pour l'automne 1881.[41] En juin 1883, la « voix de l'archange » du même verset était l'ordre donné par le Christ aux royaumes qu'il ébranle.[42] Ici, aucune date n'est donnée : les saints sont changés « en un clin d'œil », aussi invisibles que le Christ, et les tombes ne s'ouvrent pas.[23]

La moisson en cours et l'agitation de l'Europe

Le laboureur d'Ésaïe 28:23-29 montre que Dieu agit selon un calendrier. Il prépare le sol avant l'Évangile, sème pendant l'âge de l'Évangile, puis moissonne.[19] La revue répond ainsi à ceux qui croient l'œuvre de Dieu sans but ni date.[19] Barbour découpait déjà l'histoire en trois « mondes » et en âges, et il calculait la date de chacun.[43] Crompton montre que, pour Russell, l'âge juif et l'âge de l'Évangile ont la même durée : la fin de l'un permet de comprendre la fin de l'autre.[44]

La moisson de l'âge de l'Évangile suit donc celle de l'âge juif, achevée en 70.[23] Elle se fait dans l'Église, où le blé et l'ivraie poussent ensemble depuis la mort des apôtres, et elle commence par l'ivraie.[23] La revue dit avoir des preuves abondantes que cette moisson est en cours, sans que la masse de l'Église s'en doute.[23] La séparation se fait par la vérité et par l'esprit de sacrifice.[23] Dès octobre 1875, Samuel Withington calquait cette moisson sur celle des trois ans et demi du ministère de Jésus parmi les Juifs.[29]

Les deux extraits de presse servent de signes. Le Blackwood's Magazine décrit une Europe qui attend un nouveau Waterloo et craint la « révolution sociale ».[45] Robert Laird Collier décrit la peur de la dynamite en Angleterre.[1] Collier était pasteur unitarien à Chicago depuis 1866.[46] La campagne de dynamite des fenians, menée surtout depuis les États-Unis, avait commencé en janvier 1881. Le 30 octobre 1883, deux bombes avaient explosé dans le métro de Londres.[47] Pour les étudiants de la Bible, cette agitation annonce l'aube du Millénium. Plus la tempête vient tôt, mieux cela vaut.[45] En 1879, Russell écrivait déjà que les royaumes tomberaient sous un soulèvement des peuples, que les socialistes, les communistes et les nihilistes seraient heureux de provoquer.[48] Wills précise que Russell refusait la violence, mais reconnaissait une part de justice aux revendications ouvrières.[49]

Le jugement de l'Église nominale

La moisson est aussi un jugement contre l'Église nominale. Dans Ésaïe 29:1-8, Ariel et Sion désignent cette Église, appelée Babylone, c'est-à-dire confusion, parce qu'elle a reçu une foule de membres non convertis.[19] Chryssides note que Russell appelait Babylone l'Église nominale tout entière, alors que les protestants réservaient d'ordinaire ce nom à l'Église catholique.[50] Storrs disait déjà qu'une Église devient Babylone dès qu'elle s'organise.[51]

La tempête annoncée frappe deux groupes. Les « étrangers » sont les membres entrés par intérêt social ou commercial. Les « terribles » sont les membres du clergé venus chercher l'argent et la considération.[19] Les uns et les autres disparaîtront quand les Églises cesseront d'être riches et populaires.[45] Le vrai blé existe pourtant, en petit nombre, chez les laïcs comme chez les pasteurs.[45]

Les incrédules servent Dieu sans le savoir. Ils renversent les erreurs des Églises, mais ils échouent contre la Bible, le rempart de Sion : seules disparaissent les traditions humaines.[45] Leur victoire n'est qu'un rêve, d'après Ésaïe 29:7-8.[45] Ceux qui dénoncent les erreurs des Églises passent pour des ennemis. Élie était traité de « trouble-Israël » (1 Rois 18:17), Jésus de séducteur, Paul de « peste ».[45] Le lecteur rejeté par son Église, dans le courrier, entre dans ce schéma : son exclusion est lue comme une marque de fidélité.[26]

L'épreuve des consacrés

Le texte d'ouverture glose le « jour qui vient » de Malachie 4:1 par « [est maintenant présent] ». Ce jour éprouve par le feu l'édifice de foi de chacun, selon 1 Corinthiens 3:13-15.[52] Les vœux de nouvel an reposent ainsi sur la doctrine de la présence. Après la déception du printemps 1878, un article du Herald of the Morning cité par Schulz et de Vienne disait déjà : « c'est le jour de l'embrasement, qui éprouvera l'œuvre de chacun ».[53] En octobre 1879, la revue appliquait le même passage aux croyances de toute une époque, jugées par le feu de l'incrédulité.[54] Le numéro de janvier 1884 l'applique à la foi de chaque lecteur.[52]

Le battage d'Ésaïe 28 explique pourquoi les épreuves sont plus ou moins dures. La nigelle et le cumin se battent doucement au bâton. Le blé, qui tient à sa balle, demande la roue du chariot. De même, les saints très attachés au monde subissent une épreuve plus rude.[19] La « nigelle » traduit l'hébreu qetsach, le cumin noir.[55] John Gill lisait déjà ce verset comme une image des corrections que Dieu proportionne à la force de chacun.[56] Le numéro mesure la dureté de l'épreuve à l'attachement au monde et à ses institutions.[19]

La souffrance devient alors une preuve. Plus le sacrifice est grand, plus il prouve qu'on appartient au Seigneur. La réponse au lecteur exclu s'appuie sur 1 Pierre 4:12-16 et Romains 8:14-18.[26] Penton situe l'origine probable de cette idée chez Benjamin Keith. En octobre 1878, il écrivait que le plan de Dieu échouerait si le corps du Christ ne souffrait pas avec sa tête.[57] Le même esprit règle les dépenses : celui qui ne réserve pas tout à Jésus, nourriture, logement, vêtements et voyages compris, retient « une partie du prix », comme Ananias.[23]

Dieu pourvoit pourtant aux besoins, mais pas aux désirs. Il peut juger que la pauvreté ou l'humiliation conduisent mieux à la sainteté.[3] Ce texte vient de Theodore Ledyard Cuyler, pasteur presbytérien de Brooklyn et militant de la tempérance, qui dirigeait alors la plus grande paroisse presbytérienne des États-Unis.[58] La revue reprend donc un pasteur d'une Église nominale pour soutenir ses propres lecteurs dans l'épreuve.[3]


Organisation et histoire

Quitter les Églises, être rejeté par elles

Dans le commentaire d'Ésaïe 29:1-8, se séparer des « systèmes nominaux » fait partie du sacrifice demandé aux consacrés. Dieu laisse l'Église nominale « ajouter année à année » pour que ses enfants fidèles aient le temps d'en sortir.[59] Le délai n'a pas le même but qu'en mars 1881. Les années écoulées depuis 1878 étaient alors une marque de la patience de Dieu envers l'Église tiède de Laodicée, appelée à se repentir.[60] En janvier 1884, ce temps ne sert plus qu'aux consacrés qui doivent partir. Le mot « Babylone » vise toutes les Églises : Chryssides rappelle que Russell l'appliquait à l'« Église nominale » tout entière, là où les protestants de son temps le réservaient d'ordinaire à l'Église catholique.[61]

Les attaques contre le clergé portent sur l'argent et sur le pouvoir. Les « terribles » d'Ésaïe sont les pasteurs entrés dans le ministère pour la popularité, l'aisance et le salaire. Ils dominent les fidèles, entretiennent la peur et prennent les revenus des Églises.[62] Les « étrangers » sont les membres entrés par intérêt social ou commercial.[63] Cette critique permet de quitter une Église sans quitter le christianisme. Penton note que Russell admettait qu'on puisse appartenir à la vraie Église tout en restant membre d'une Église de la chrétienté. Il jugeait pourtant préférable d'en sortir pour se joindre aux autres Étudiants de la Bible, et cette adhésion restait libre.[64] La réponse sur les trois sens du mot « Église » suit la même idée. Au sens large, tout croyant à la rédemption fait partie de l'Église. Au sens étroit, seuls les consacrés qui accomplissent leur sacrifice forment le « corps ». Personne ne peut juger de cette dernière condition chez autrui.[65]

La sortie n'est pas toujours volontaire. Un lecteur raconte que l'« orthodoxie soi-disant » a « braqué ses canons » sur lui et que son nom a été rayé de l'Église où il était honoré.[66] Ce type de rupture existait avant Russell. En 1872, des pasteurs baptistes ont exclu John H. Paton de leur Église parce qu'il niait l'immortalité de l'âme. Ils lui avaient refusé toute défense et ne lui permettaient de répondre que par oui ou par non.[67] D'autres lecteurs préféraient partir les premiers. Schulz et de Vienne citent la lettre d'une femme qui se retire de son Église après seize ans parce que « Babylone » va tomber.[68]

La réponse au lecteur exclu donne un sens à cette perte. Abandonner son « bon nom » par amour de la vérité prouve qu'on a l'esprit du Maître. Plus le sacrifice augmente, plus la preuve d'appartenir au Seigneur augmente.[69] L'exclusion devient ainsi la marque de l'élection. En mars 1882, ce départ forcé recevait un autre nom biblique : c'était la « décapitation » d'Apocalypse 20:4, qui coupe le croyant des dirigeants de sa confession.[70] En janvier 1884, la même expérience est rattachée aux souffrances pour le nom du Christ de 1 Pierre 4:12-16. Elle est aussi préparée à l'avance. Les lecteurs savent qu'on les traitera de « trouble-Israël », comme Élie, Jésus et Paul.[71] L'opposition ne doit pas les décourager, car seuls quelques-uns ont une oreille pour entendre.[72] Le mouvement subit des exclusions qu'il refuse de pratiquer lui-même. En mai 1880, la revue jugeait que l'Église n'a pas le devoir de chasser les non-convertis, parce que personne ne voit le cœur.[73]

Des liens encore forts avec le milieu évangélique

Les nouveaux venus sont souvent des prédicateurs déjà actifs. L'évangéliste de Brunswick (Maine) date du 30 août 1883 son entrée en « Canaan », après plus de quarante ans « dans le désert ». Il compte continuer à prêcher et trouve partout « quelques affamés ».[74] Il ne demande à entrer dans aucun groupe : il garde son ministère et en change le contenu. Schulz et de Vienne montrent que les lecteurs de la revue venaient surtout des grandes Églises protestantes, en particulier méthodistes, et non des groupes adventistes. À Allegheny et à Pittsburgh, l'opposition des pasteurs venait le plus souvent des méthodistes.[75]

La revue condamne les Églises, mais elle reproduit des textes de leurs pasteurs. Sarah Smiley est une prédicatrice d'origine quaker, passée au protestantisme évangélique. Elle est la première femme connue à avoir prêché dans une église presbytérienne, et elle défend le droit des femmes au ministère.[76] Le pasteur T. L. Cuyler, cité juste après elle, a écrit A Woman in the Pulpit (« Une femme en chaire »), un texte qui porte sur la prédication de Sarah Smiley.[77][78] Andrew A. Bonar, cité sur l'Agneau de Dieu, est pasteur de l'Église libre d'Écosse à Glasgow. Il croit que le Christ reviendra avant le millénium.[79][80] Ce choix d'auteurs correspond à la place que Russell se donnait. Dans un article d'avril 1883, il se disait plus proche de ces partisans d'un retour du Christ avant le millénium que des adventistes, dont il rejetait presque toutes les idées.[81] La revue rejette les Églises comme institutions, mais elle garde la piété de certains de leurs pasteurs.

La revue et ses enseignants à la place du clergé

Sans pasteurs, il faut savoir qui enseigne. La réponse sur Apocalypse 22:9 distingue, parmi les saints vivants, un groupe de « messagers » que Dieu emploie pour montrer aux autres la gloire à venir. Les lecteurs sont prévenus contre la tentation d'admirer ces messagers presque jusqu'à les adorer. Les vrais messagers refusent cet honneur : ils se disent frères et compagnons de service, et rappellent que toute sagesse vient de Dieu.[82] Le même verset servait en janvier 1880 à condamner un autre culte, celui des organisations d'Église et des credos.[83] En 1884, le danger visé se trouve à l'intérieur du mouvement : il concerne ceux qui transmettent l'enseignement.

L'étude se fait à partir de la revue. Dans « L'école du Christ », la lectrice doit étudier à heure fixe et dans un lieu calme, garder les anciens numéros et en dresser un index par sujets. Elle doit aussi mettre par écrit ce qu'elle a compris.[84] La collection des numéros devient une bibliothèque de référence. Garder ses numéros était déjà l'habitude de certains lecteurs : Schulz et de Vienne citent une abonnée qui les prêtait mais ne les donnait jamais, « car ils me sont aussi précieux que de la poudre d'or ».[85] Cette méthode décrit une étude solitaire. En août 1882, la revue conseillait au contraire d'étudier ses articles en petits groupes le soir.[86] Elle citait aussi une lectrice qui avait obtenu de son mari le droit de tenir une classe biblique chez elle.[87] Les deux pratiques correspondent à ce que Schulz et de Vienne décrivent pour les années 1870-1887 : des lecteurs d'abord dispersés forment peu à peu une communauté qui partage les mêmes croyances.[88]

L'article est signé « Mme C. T. R. ». Maria Russell écrit donc aussi des conseils de vie pratique, et pas seulement des réponses doctrinales. En mars 1883, elle avait répondu au nom de la rédaction à un lecteur resté membre de son Église qu'il devait en sortir.[89] Le sociologue Joseph Zygmunt la jugeait assez sûre en doctrine et assez bonne à l'écrit pour servir de porte-parole et de rédactrice sur les questions de doctrine et de morale.[90] Ses conseils entrent dans la vie de la maison. Les sœurs doivent renoncer aux tâches inutiles et confier à d'autres ce qu'elles font par économie. Les filles doivent apprendre tôt à partager les soucis de leur mère, et les fils ceux de leur père. Le temps gagné sert à étudier la Bible.[91] L'étude devient une tâche de la femme dans le foyer, au même titre que le ménage.

Des lecteurs mobilisés pour la moisson

La doctrine de la moisson donne un rôle à chaque lecteur. Ceux qui reconnaissent la présence du Christ doivent « collaborer » avec lui et participer à l'achèvement de la moisson dès qu'ils comprennent l'œuvre de l'heure.[92] Schulz et de Vienne montrent comment Russell comprenait ce travail : le Seigneur envoie ses moissonneurs par la presse, par les lettres privées, par les frères itinérants et par les efforts de chacun autour de lui.[93] Le bilan de l'année reprend cette idée. Il félicite les « sacrificateurs », hommes et femmes, qui donnent leur temps, leur argent, leurs talents et leur réputation pour répandre la doctrine.[94]

La diffusion passe par les lecteurs. Ils doivent envoyer les noms de personnes à qui la revue pourrait faire du bien.[95] Ils ne doivent plus donner leurs anciens numéros, qui ne peuvent plus être remplacés, mais commander des exemplaires d'essai pour leurs amis.[96] En février 1882, la consigne pour les tracts était de les prêter plutôt que de les donner, et de noter le nom des emprunteurs.[97] En janvier 1884, la rédaction veut que les vieux numéros restent chez les lecteurs et que les nouveaux venus reçoivent des exemplaires envoyés par la revue.

Cette diffusion coûte cher, et la revue est envoyée sans prix fixe à qui la demande.[98] Les dons ont fortement baissé. Pour 1881, le fonds des tracts avait reçu plus de 35 000 dollars.[99] Pour 1882, Russell n'a déclaré que 3 373,86 dollars de recettes, et il avait dépensé près de 2 600 dollars de plus. Le mouvement s'était divisé et certains donateurs étaient partis.[100] Russell lui-même avait mis dans l'œuvre une grande partie de sa fortune.[101] Le texte « Tout est-il vraiment à lui ? » est repris d'une autre source. Il demande la plus stricte économie sur la nourriture, le logement, les vêtements et les voyages pour tout donner à Jésus. Celui qui garde quelque chose pour lui retient « une partie du prix », comme Ananias.[102] Ce texte ne lance aucun appel aux dons pour la revue. Il fait pourtant de l'argent de chaque consacré un bien qui appartient au Seigneur, à un moment où le fonds manque de ressources.

La presse profane au service des attentes

La revue reprend un article du Blackwood's Magazine et une lettre du pasteur Robert Laird Collier. Les deux textes décrivent une Europe au bord d'une révolution politique et sociale.[103] Ces textes parlent de faits réels. Depuis le 14 janvier 1881, des républicains irlandais installés aux États-Unis organisent une série d'attentats à la dynamite en Grande-Bretagne.[104] Le 30 octobre 1883, deux explosions touchent le métro de Londres, l'une près de Paddington et l'autre près de Westminster.[105] Collier parle des arrestations de fabricants de nitroglycérine à Birmingham et à Londres, et de la reine qui n'ose plus quitter Windsor.[106]

La revue ne commente presque pas ces textes. Elle les place juste après l'article « Lumière dans les ténèbres », selon lequel la chute des grands systèmes et l'agitation des nations montrent aux Étudiants de la Bible la présence du Seigneur, alors que les autres n'y voient que de l'obscurité.[107] La lettre de Collier rejoint aussi les critiques de la revue contre le clergé. Selon lui, la tribune, la presse et la chaire sont « achetées », et aucune ne défend les pauvres qui meurent de faim près de Buckingham Palace.[108] Des auteurs étrangers au mouvement, dont un pasteur, décrivent ainsi des Églises du côté des riches. Le lecteur y trouve la confirmation de ce que dit le commentaire d'Ésaïe sur les « terribles » qui cherchent l'argent et la considération.[109]


Contenu

Regard sur l'année

Au seuil de l'année, les lecteurs sont invités à regarder en arrière et en avant. L'année écoulée est celle où plusieurs d'entre eux ont découvert la Parole de Dieu et le plan qu'elle révèle. Pour certains, elle a été une épreuve : le « grand Raffineur » les a mis au creuset pour séparer l'or des scories et leur faire refléter son image, selon Malachie 3:3. Ceux qui ont résisté à l'épreuve, abandonné les traditions des hommes et se sont attachés plus fermement à la faveur de Dieu en Christ sont déclarés heureux.[110]

L'épreuve doit se poursuivre jusqu'à ce que « le bois, le foin et le chaume » de chaque édifice de foi soient consumés. Le « jour qui vient », glosé entre crochets par « [est maintenant présent] », éprouve l'œuvre de chacun, d'après Malachie 4:1 et 1 Corinthiens 3:13-15. Ceux dont la construction a tenu doivent se réjouir « en tremblant », car l'épreuve n'est pas terminée. Tout ce qui ne supporte pas le feu doit être remplacé sans attendre. Chacun doit aussi examiner sa consécration : toute volonté propre non soumise à celle de Dieu est comparée à un grain de sable qui abîme un joyau en cours de polissage.[111]

Les difficultés sur le « chemin étroit » ne devraient pas diminuer durant l'année qui commence : « le fourneau devient plus chaud ». Plus les difficultés augmentent, plus la « grâce » disponible est abondante pour qui s'approche du trône. Les lecteurs sont renvoyés à 2 Corinthiens 12:9 et à la joie dans les tentations.[112]

L'année passée a fait connaître un plus grand nombre de « sacrificateurs » (les prêtres de 1 Pierre 2:9, par opposition aux Lévites, qui n'offraient pas de sacrifices). Ces hommes et ces femmes consacrent leur temps, leur argent, leurs talents et leur réputation à répandre la « bonne nouvelle d'une grande joie ». Par eux, la vérité atteint d'autres brebis du troupeau qui dépérissaient faute de nourriture. Ces efforts sont dits bénis, tant pour ceux qui reçoivent que pour ceux qui servent : tout effort accompli pour le Seigneur apporte une récompense au cœur de l'ouvrier.[113]

L'année nouvelle offre de nouvelles occasions de « service sacrificiel ». L'opposition ne doit pas décourager, car seuls quelques-uns ont « une oreille pour entendre » et c'est à eux qu'il faut s'attendre à parler. Si la majorité a rejeté les paroles du Maître, elle rejettera aussi celles de ses disciples ; elle l'a traité de Béelzébul, selon Matthieu 10:25 et Jean 13:16. Les lecteurs sont exhortés à partir avec l'armure complète de Dieu, la ceinture de la vérité, le bouclier de la foi et l'épée de l'Esprit, jusqu'à être jugés dignes d'entrer dans la joie de leur Seigneur.[114]

Un poème de vœux de bonne année suit, qui énumère des bénédictions, des espoirs et des chants nouveaux.[115]

Une lettre intéressante

Un lecteur de Brunswick (Maine) écrit à Russell qu'il lit la revue depuis janvier de l'année précédente avec un intérêt passionné. Il dit croire depuis longtemps à un ministère et à une Église « purs, consacrés et saints ». Il date du 30 août 1883 son entrée dans « Canaan » après quarante ans, cinq mois et dix jours passés « dans le désert ». Évangéliste, il prêchait la vérité telle qu'il la comprenait et compte continuer. Il trouve partout « quelques affamés ».[116]

L'école du Christ

Des conseils pratiques sont donnés aux croyants qui se sont mis « à l'école du Christ ». Nul ne peut progresser dans la vérité sans y consacrer du temps et un effort patient et persévérant, comme pour les mathématiques ou la philosophie, et l'étude de la Bible est plus importante encore. Les lecteurs ont besoin de l'armure complète de Dieu pour résister aux « traits enflammés » et aux ruses de l'adversaire.[117]

Les contraintes professionnelles et familiales sont reconnues. Elles sont présentées comme une occasion de vaincre et de sacrifier : sans obstacles, le privilège de courir sur le chemin étroit vers le haut appel disparaîtrait. Le texte invoque Luc 21:34 et 1 Corinthiens 10:13. Des soucis qui absorbent tout le temps d'un homme ne sont pas la volonté de Dieu : le diable accable alors le croyant pour freiner son progrès spirituel, et il faut chercher une issue, au besoin en changeant d'occupation.[118]

Les sœurs, qui disposent plus librement de leur temps, sont invitées à renoncer aux soins inutiles dus à l'habitude. Elles gardent par économie des tâches que d'autres pourraient faire. Une fille qui apprend tôt à partager les soucis de sa mère, un fils ceux de son père, en sera mieux préparé à la vie, et le temps gagné peut servir à étudier la Parole.[119]

La simple lecture n'est pas de l'étude : lire dans un endroit sujet aux interruptions ne vaut rien, comme les enfants ne pourraient ainsi préparer leurs leçons. La méthode conseillée comprend un lieu et une heure réguliers, aussi peu troublés que possible, tous les ouvrages utiles à portée de main, une lecture attentive avec recherche des références, un seul sujet traité à la fois jusqu'à ce qu'il soit maîtrisé, la conservation des anciens numéros de la revue et l'établissement d'un index par sujets. Certains ont donné des numéros anciens qui ne peuvent plus être remplacés ; les lecteurs sont priés de ne plus le faire et de commander des exemplaires d'essai pour leurs amis.[120]

Après chaque étude, il faut mettre par écrit ce qu'on a compris. Cet exercice aide à rassembler toutes les preuves de la Bible, fait apparaître l'harmonie des Écritures sur la ligne de la vérité et révèle l'erreur par le désaccord. La capacité grandit avec la pratique. Elle conduit à une certitude « au-delà des vacillements douloureux du doute » ; l'Esprit aide les faiblesses et conduit dans toute la vérité. L'article est signé « Mme C. T. R. ».[121]

La leçon d'un guide suisse

Sarah Smiley raconte sa descente du Rigi en 1879 avec un vieux guide suisse. Il prend tous ses bagages sur ses épaules ; elle en garde quelques-uns, qui la gênent, jusqu'à ce que le guide exige qu'elle ne garde que son bâton. Libérée, elle avance deux fois plus vite et en sécurité. Elle y entend une leçon : de même, elle suivra Jésus, son guide et son porteur de fardeaux, et lui confiera tous ses soucis, car « il prend soin de vous ».[122]

La riche provision de Dieu

La nature humaine est faite de besoins, du cri du nourrisson aux nécessités quotidiennes du vieillard, et le commerce entier sert à y répondre. Dieu pourvoit aux besoins sans fin de ses enfants. T. L. Cuyler cite la promesse de Philippiens 4:19 et la compare à des obligations d'État, un « titre de garantie du gouvernement du ciel ». Dieu ne promet pourtant pas tout ce qu'on désire ni tout ce qu'on demande en prière : beaucoup de besoins sont artificiels et nés de l'égoïsme. Il peut juger que l'âme s'enrichira dans la pauvreté, ou que la voie vers la sainteté passe par l'humiliation. Il donne ce dont on a besoin, ce qui diffère de ce qu'on convoite.[123]

Le sang pour signe

Lors de la nuit sombre en Égypte, Dieu dit aux Israélites que le sang serait pour eux un signe et qu'il passerait au-dessus des maisons marquées. Les premiers-nés de chaque maison devaient mourir, sauf là où le sang de l'agneau était sur les poteaux et le linteau, d'après Exode 12:1-13. Le sang de l'agneau désigne celui de Jésus, versé longtemps après. Comme les Israélites étaient en sûreté sous le sang de l'agneau, quiconque est abrité par le sang de l'Agneau de Dieu est en sûreté comme en présence de Dieu, selon Jean 1:12.[124]

Tenez ferme

Un texte exhorte à « tenir ferme » quand on ne peut plus rien faire, d'après Éphésiens 6:13. Il faut tenir dans la foi, sur le terrain de l'alliance, face à l'ennemi, en veillant et en attendant. Il est parfois plus facile de marcher ou de charger que de rester immobile sous l'assaut. Le bon soldat doit être prêt aux deux, car, citant Milton, « ils servent aussi, ceux qui se tiennent seulement là et attendent ». La patience et la fermeté sont précieuses devant Dieu, et obéir vaut mieux que sacrifier.[125]

« Voici l'Agneau de Dieu »

D'après le Dr A. A. Bonar, au temps de Moïse, un « sermon » dont le texte était l'Agneau immolé était prêché chaque matin, et le même chaque soir, par le sacrifice quotidien de l'agneau, répété pendant quinze cents ans. Les prédicateurs n'ont pas à répéter exactement le même discours, car la Bible offre une grande variété. Leur sujet reste pourtant l'Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde, l'Agneau au milieu du trône.[126]

Christ, notre tout

Un poème présente le Christ vivant, né de façon merveilleuse, mourant, dont le sang scelle la paix du pécheur avec Dieu, puis monté au ciel après avoir racheté le monde. Il le décrit comme rançon et libérateur, et comme présence intérieure qui soumet la volonté rebelle.[127]

Il a pris nos infirmités et porté nos maladies

L'Écriture dit que Jésus était sans péché, personnel ou hérité (2 Corinthiens 5:21), et qu'aucune cause de mort ne fut trouvée en lui (Luc 23:22). Certains se demandent comment concilier ces textes avec les faits de sa vie. La mort et la souffrance sont le résultat direct du péché, et la loi qui condamne le désobéissant à mourir garantit la vie à l'obéissant (Romains 10:5, Galates 3:12). Si l'enfant de Marie n'a pas péché et a reçu, non la vie adamique condamnée par un père humain, mais une vie parfaite transférée de son existence antérieure, il ne devrait pas naître imparfait, souffrant et mourant. Le texte répond que s'il l'avait été, ce serait la preuve soit du péché en lui, soit d'une violation de la loi de Dieu par la condamnation d'un innocent. Il rejette ces deux hypothèses comme contraires au caractère de Dieu.[128]

Libre de tout péché, Jésus était libre aussi de ses conséquences. Sinon, il n'aurait pas pu donner sa vie en rançon, c'est-à-dire en prix équivalent, pour le péché du premier Adam. S'il était venu sous la condamnation, il n'aurait eu aucune vie à donner. Pour être un sacrifice acceptable, il devait être, comme le montrent les types, un « agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1:19), l'« Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1:29). Le sacrifice n'a pas eu lieu lors du changement de nature, d'esprit à homme : il a eu lieu après qu'il fut devenu homme, par le corps préparé pour la souffrance de la mort, d'après Hébreux 10:5. La mort n'avait donc aucun droit sur lui avant qu'il s'offre lui-même, « homme pour les hommes » (1 Corinthiens 15:21), et « devenu obéissant jusqu'à la mort » (Philippiens 2:8).[129]

Le désir de se sacrifier pour racheter les hommes devait habiter Jésus bien avant sa maturité. Il ne pouvait toutefois se présenter à la mort, symbolisée par le baptême, qu'à trente ans, âge fixé par la Loi. Devenu alors « obéissant jusqu'à la mort » par sa consécration, il a conduit sa vie de façon à épuiser sa vie parfaite.[130]

Ce raisonnement conduit à une conclusion : l'homme Jésus était un homme parfait. Il possédait toutes les qualités du corps et de l'esprit que n'avait pas la race adamique, asservie au péché et gémissant sous la corruption. À sa consécration, il avait la perfection de forme et de traits, d'esprit et de corps qu'Adam avait avant que le péché et la mort ne flétrissent sa couronne de gloire et d'honneur (Psaumes 8:5, Hébreux 2:7). Cette même perfection sera celle de toute la race restaurée quand le Rédempteur aura effacé toute trace de péché, de douleur et de mort à la fin de son règne (Apocalypse 21:4).[131]

Jésus a reçu une onction spéciale de l'Esprit à son baptême. Il n'est pas possible de déterminer combien de ses miracles lui sont dus, et combien relevaient de pouvoirs propres à tout homme parfait, resté en pleine communion avec Dieu. On voit parmi les hommes des prodiges qui possèdent à un degré supérieur l'une ou l'autre qualité humaine. Un homme qui réunirait les qualités de tous les grands hommes ne serait pourtant qu'un homme parfait, et paraîtrait très imparfait comparé à Adam ou à Jésus, les deux hommes parfaits. Le premier homme a perdu une grande domination, une gloire et un honneur propres à la nature humaine en se vendant au péché (Psaumes 8:5, Romains 7:14). Jésus possédait cette même humanité, avec toute sa couronne, en devenant homme (Hébreux 2:9).[132]

Avant d'examiner la puissance de Jésus comme homme parfait, le texte annonce l'examen d'un passage généralement compris comme décrivant Jésus défiguré, dépourvu de toute beauté capable d'attirer les hommes.[133]

Le texte sur Ésaïe 52:14 et 53 se poursuit : il corrige l'idée d'un Jésus défiguré. Le titre déjà publié porte sur cet article, je continue donc sans nouveau titre, puis j'ouvre les deux rubriques suivantes.

Le visage et le corps sont présentés comme le reflet du cœur et de la vie : plus le péché marque l'esprit et le corps d'un homme, plus son visage le montre. Un Jésus parfait est donc décrit comme aussi éloigné de toute difformité que l'est l'orient de l'occident, et « tout aimable » plutôt qu'horrible.[134] Les passages en cause sont Ésaïe 52:14 et Ésaïe 53:2. La traduction de la version du roi Jacques y est jugée moins claire que d'autres : celle de Douay parle d'un visage « sans gloire parmi les hommes », celle de Young d'une apparence « altérée par les hommes ». Le texte y voit deux sens possibles. Il peut s'agir de la beauté abîmée par les épines, les clous et les peines : plus les traits étaient parfaits, plus il y avait à abîmer, sans que Jésus devienne pour autant inférieur aux autres. Il peut aussi s'agir de son caractère, jugé sans gloire et vil par des hommes dépravés.[135]

C'est la seconde lecture que retient la revue. L'homme dépravé admire des choses qui paraîtraient horribles à l'homme parfait et méprise ce qui est bon. Les Juifs attendaient un sauveur guerrier qui conquerrait le monde avec des armes charnelles, et ils ont oublié que le Sauveur devait d'abord vaincre la mort. Jésus et quelques disciples humbles, sans armée, sans richesses et sans influence, proclamaient le royaume tout proche. Ses paroles (« Aimez vos ennemis », « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre », « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ») les ont convaincus qu'il était le moins apte à être le Libérateur attendu. La pureté, l'amour et la douceur de son visage, unis à la fermeté et au courage, passaient pour de l'efféminement à leurs yeux. Ils auraient préféré les marques du péché, de la férocité, de la passion et des menaces contre leurs ennemis.[136]

Le texte cite ensuite Ésaïe 53:2-12 dans la traduction de Douay, avec des commentaires entre crochets. Jésus y est un rejeton tendre sorti d'une terre assoiffée, un roi peu vraisemblable par son apparence et son entourage. Le « nous » du prophète est glosé ainsi : les hommes n'ont pas trouvé en lui les qualités des conquérants terrestres et lui ont préféré un brigand et un meurtrier (Actes 3:14). Les mots « un homme de douleurs, habitué à la souffrance » sont expliqués par la perfection de son organisme. Plus un organisme est parfait, plus il est sensible à la peine et aux blessures. Des gens habitués à la saleté des greniers et des caves des grandes villes peuvent rire et chanter dans leur misère parce que leurs sens sont plus grossiers. Le monde, avec ses hommes plongés dans le péché, la misère, la maladie et la mort, devait donc apparaître d'autant plus pénible à l'homme parfait.[137]

Ses douleurs étaient celles des autres, que sa sympathie lui faisait porter. Il donnait de sa propre vitalité à ceux qui souffraient, et la revue note que des hommes de science reconnaissent de plus en plus que certaines personnes ont plus de vitalité que d'autres et peuvent en communiquer, au prix d'une faiblesse passagère. Les récits de guérison l'indiquent : la femme malade depuis douze ans qui touche son vêtement, et Jésus qui reconnaît qu'une « vertu » (force, vitalité) est sortie de lui (Marc 5:30) ; la foule qui cherche à le toucher parce qu'une « vertu » sortait de lui et les guérissait tous (Luc 6:19, Luc 8:43-46). Matthieu 8:17 rattache ces guérisons à la prophétie : « Il a pris nos infirmités et porté nos maladies ». Les marques de peine sur son visage ne viennent pas d'une faiblesse personnelle, mais de ce qu'il portait les fardeaux d'une race déchue. Cette perfection de l'amour mesure, selon la revue, la profondeur de la chute causée par la désobéissance d'Adam. Quand le péché et ses effets auront disparu, la douleur, la maladie et la mort disparaîtront aussi.[138]

Le verset 4 confirme que ces infirmités sont celles de la race et non les siennes. Les hommes l'ont pris pour un lépreux, frappé par Dieu. La lèpre est dans la Bible un type du péché : Jésus a été jugé souillé parce qu'il en subissait les peines, alors qu'il n'avait aucune cause de punition et prenait ces infirmités de sa propre volonté. Les versets suivants sont commentés de la même façon. Jéhovah fait retomber sur lui le châtiment de tous. Il ne résiste pas. Sa mort est si ignominieuse que peu comprennent qu'il souffre, juste, pour des injustes. Son sacrifice a un double but : faire la volonté du Père et devenir le « Père éternel » qui amène de nombreux fils à la vie dans la régénération, dans la liberté, la perfection et l'honneur. Il devient l'héritier de tous ceux qu'il a achetés de son sang. Le « fort » de ce monde, Satan, a pris beaucoup de dépouilles à l'humanité ; le Libérateur le liera (Matthieu 12:29), puis distribuera ce butin pendant son règne, jusqu'à ce que les hommes retrouvent la gloire, l'honneur et la domination de la terre.[139]

La revue conclut que cette prophétie, que l'on croyait décrire un Jésus difforme et hideux, enseigne l'inverse : sa perfection paraissait sans gloire aux yeux d'hommes dépravés, et ce qui a marqué son visage est le poids des infirmités et du péché, qu'il s'est imposé lui-même.[140] Les épisodes de son ministère rapportés presque par hasard par les apôtres confirment cette supériorité. Enfant, il étonne les docteurs de la Loi par ses questions et ses réponses. Comme enseignant public, il n'a pas d'égal : cinq mille personnes le suivent trois jours dans le désert sans penser à manger (Matthieu 14:13-21, Matthieu 15:29-39). Ses ennemis eux-mêmes disent : « Jamais homme n'a parlé comme cet homme » (Jean 7:46). La sagesse de ses réponses déjoue leurs pièges (Matthieu 22:20-22, Matthieu 21:24-25), et on demande d'où lui vient cette sagesse (Matthieu 13:54). Sa morale dépasse celle des païens et des maîtres antérieurs : personne n'avait dit d'aimer ses ennemis, ni que haïr son frère sans cause est une forme de meurtre. Il enseigne avec autorité, non comme les scribes.[141]

Son corps est dit aussi parfait et beau que son esprit. Couronné de la gloire et de l'honneur de la nature humaine, il est un roi parmi les hommes, dont le regard calme et bienveillant impose le respect. Les soldats venus l'arrêter à Gethsémané reculent devant sa majesté (Jean 18:3-8), et une autre troupe revient sans lui (Jean 7:30, Jean 7:32, Jean 7:44-46). Pilate, assailli par la foule menée par les prêtres, présente Jésus en disant « Voici l'homme ! », comme s'il comptait sur la noblesse de son visage pour toucher la foule. Seul l'aveuglement causé par le « dieu de ce monde » a pu empêcher la foule de voir qu'il est « tout aimable » et « le plus distingué entre dix mille ». Jésus aurait pu la reprendre d'un regard, et elle aurait sans doute voulu le faire roi de force. Il ne répond pourtant rien (Matthieu 27:12-14), car il est venu souffrir et mourir, le juste pour les injustes, et se donner en rançon pour tous.[142]

L'humanité parfaite de Jésus annonce ce que l'humanité entière pourra retrouver grâce à sa rançon. Si cette gloire de l'homme, « un peu inférieur aux anges », est si grande, celle de l'exaltation de Jésus à la nature divine, « bien supérieure aux anges », l'est davantage. Tout ce que Jésus a fait ne relève pas des seuls pouvoirs humains : beaucoup de ses œuvres viennent de son onction par l'Esprit saint à son baptême, c'est-à-dire de la puissance de Jéhovah en lui.[143] L'article s'achève sur une autre traduction d'Ésaïe 53, celle du juif Isaac Leeser, admise parmi les Juifs. Le texte observe que, venant de cette source, on pouvait s'attendre à ce que chaque expression soit détournée de Jésus, et s'étonne que le Juif n'y lise pas la vie du Christ.[144] Cette version décrit un serviteur « méprisé et évité par les hommes », qui « n'a porté que nos maladies », « blessé pour nos transgressions », qui s'est laissé conduire comme un agneau à l'abattoir, qu'on a mis au tombeau avec les méchants et qui, ayant offert son âme en sacrifice pour la faute, verra une descendance et partagera le butin avec les forts.[145] Une invitation suit : envoyer les noms de personnes à qui des exemplaires de la revue pourraient faire du bien, et conserver les siens pour s'y référer.[146]

Images prophétiques

Considérez les voies de Dieu

Le passage d'Ésaïe 28:23-29 décrit le laboureur qui ne laboure pas sans cesse, mais prépare le sol, sème la nigelle, le cumin, le blé, l'orge et le seigle, chacun à sa place. Les hommes, à cause de leur courte vue, croient les œuvres de Dieu sans but ni calendrier ; le prophète montre au contraire que ses temps, ses saisons et ses plans sont définis et ordonnés. Dieu prépare d'abord le sol de l'humanité et l'ameublit pour la semence de la vérité, puis vient le semis, puis la moisson de chaque semence en sa saison.[147]

L'âge de l'Évangile est un temps de semailles. Celui qui sème la bonne semence est le Fils de l'homme (Matthieu 13:37), aidé de ses disciples. Il sera suivi d'une « moisson », comme il a été précédé d'un âge où la charrue et la herse des expériences amères avec le péché et la Loi ont préparé les hommes. Il y a autant de moissons que de sortes de semences (1 Corinthiens 15:38-44). Tous reconnaissent qu'il y a un temps pour semer, mais on oublie qu'un temps de moisson viendra : Dieu ne prépare pas le sol pour toujours, et il ne sèmera pas pour toujours non plus.[148]

L'illustration signifie que le temps de détresse qui vient sur l'Église doit être reconnu comme la moisson et le battage, où l'on sépare le vrai grain de la balle et de l'ivraie. Deux classes générales sont distinguées. La nigelle et le cumin, petites graines aromatiques dans des gousses fragiles, se battent doucement avec une verge ou un bâton : ils représentent des saints peu attachés au monde et à ses institutions, vite séparés de lui. Les autres grains, plus abondants, adhèrent à la balle et exigent des moyens plus rudes, comme les roues de chariot passées plusieurs fois dessus. Certains enfants du Seigneur, très attachés au monde et à ses formes, doivent donc traverser une rude épreuve, et chaque vrai grain sera sauvé d'une manière ou d'une autre (1 Corinthiens 3:15). Une autre traduction des versets 28-29 est citée : le batteur ne bat pas le grain pour toujours et la roue ne le broie pas. Le temps de détresse n'est pas destiné à détruire ces croyants, mais à les rendre aptes au service futur. Comprendre ce plan permet de saisir le tri qui se fait aujourd'hui parmi les enfants de Dieu et de collaborer avec lui plutôt que de combattre son œuvre.[149]

Malheur à Ariel

Ésaïe 29:1 illustre à nouveau la détresse qui vient sur l'Église nominale, sa nécessité et la compassion de Dieu ensuite. Jérusalem, la cité de David, sert parfois à désigner l'Église nominale ; Ariel et Sion (verset 8) désignent donc la même chose. Bien que cette Église soit devenue corrompue, le Seigneur lui permet d'ajouter année à année, pour que ses enfants consacrés achèvent leur sacrifice, dont une part importante est de se séparer des systèmes nominaux pour ne tenir qu'au vrai.[150]

Jéhovah affirme qu'il « affligera Ariel » (verset 2), mais il se souvient que beaucoup de ses enfants s'y trouvent, certains faibles, errants ou négligents. La détresse a pour but de les réveiller et de les libérer de leur servitude et de leur conformité au monde. Ils seront sauvés, mais pour la majorité « comme par le feu », à travers la « grande tribulation ». Le siège décrit au verset 3 sert à séparer la vraie Sion de la multitude de mondains et de non-régénérés qu'elle a reçus pour enfants et qui lui valent d'être appelée Babylone, c'est-à-dire confusion. L'orgueil de l'Église nominale commence déjà à être humilié : elle proclamait fortement l'éternité des tourments et la damnation des enfants non élus, mais elle ne les murmure plus qu'à voix basse dans ses écrits ou prudemment en chaire. Enrichie et nombreuse, elle s'est enflée d'orgueil, la mondanité a rempli son cœur et l'Esprit du Christ a été étouffé.[151]

La « multitude d'étrangers », qui sera comme une fine poussière, et celle des « terribles » (tyrans, dans la traduction de Leeser) comme de la balle qui passe, désigne ses enfants du monde, non régénérés, qui forment la plus grande partie de ses membres et qu'elle considère comme sa force : leur richesse, leur influence et leur rang. La visite « avec tonnerre, tremblement de terre, grand bruit, tourbillon, tempête et flamme de feu dévorant » (verset 6) est présentée comme l'ensemble des expressions symboliques de la grande tempête de troubles qui se prépare. Le tonnerre et le bruit signifient la controverse, et l'incrédulité la plus subtile s'élève au sein de l'Église, avec comme trait marquant la négation de la rançon donnée par le Christ. Cette erreur est proclamée par certains des plus en vue de l'Église nominale, et beaucoup les suivent. Dans cet esprit de doute, on découvrira bientôt que personne ne peut rendre compte de son espérance et que beaucoup d'enseignements n'avaient aucun fondement. Les dogmes jusque-là incontestés seront soumis à la raison, qui, sans guide biblique, mènera à l'incrédulité ouverte. Les Églises nominales, aux credo en conflit, seront de moins en moins estimées, tandis que les hommes secouent le joug de la superstition sans consulter la Parole de Dieu ni reconnaître la vraie Église. Le « tremblement de terre » symbolise l'état de la masse de l'Église nominale quand la tempête éclatera, et le « feu dévorant » la destruction certaine qui consumera à la fin ces faux systèmes. Devant cette tempête, la multitude des mondains qui sont entrés dans l'Église par désir de respectabilité, de relations, d'intérêts commerciaux ou de popularité disparaîtra, comme le montre le verset 5.[152]

Les « tyrans » ou « terribles » désignent les chefs, prêtres, gouvernants et membres du clergé. Beaucoup sont entrés dans le ministère de l'Église nominale pour la popularité, l'aisance, l'argent et la respectabilité ; ils dominent l'héritage de Dieu, renforcent la servitude de la peur, entravent la pensée et la croissance dans la grâce et la connaissance, et dévorent ses revenus. Quand ces Églises cesseront d'être populaires et prospères, ils seront dispersés comme de la balle. Du blé véritable existe cependant chez les membres du clergé comme chez les laïcs, en petit nombre, et il est en train d'être séparé.[153]

Ceux qui ne sont pas de vrais enfants du Seigneur seront emportés par la tempête, quand les instruments de battage du Seigneur auront séparé la balle du grain en ce temps de moisson. Les vrais croyants éprouvés seront ramenés à la condition humble dont ils n'auraient jamais dû sortir.[154]

Les versets 7 et 8 d'Ésaïe 29:7-8 annoncent que la multitude des nations qui combattent Ariel sera comme un songe. Dans la controverse du Seigneur avec Sion, les incrédules et les mondains de toutes les nations servent d'instruments pour châtier Sion et renverser ses erreurs. Comme Satan, dont la colère tourne à la louange de Jéhovah, ils semblent réussir un temps, mais seulement en apparence : de la Sion nominale sort la vraie Sion, plus forte après cette épreuve. Ceux qui attaquent son rempart, la Bible, croiront l'avoir détruit. Ils constateront que seuls le bois, le foin et le chaume des traditions humaines ont disparu, et que le rempart d'origine reste intact. Leur victoire sera l'illusion d'un rêve.[155]

Les enfants infidèles de Dieu, dans la Sion nominale, prennent leurs amis les plus fidèles pour des ennemis. Par quelques-uns de ses élus, « le Seigneur a un procès avec son peuple » (Michée 6:2), et ceux-ci doivent obéir à l'ordre d'Ésaïe 58:1 : crier à pleine voix et montrer au peuple ses transgressions. On les traite en ennemis, et s'opposer aux faux systèmes qui tiennent la vraie Sion enchaînée passe pour de l'incrédulité. Le prophète distingue pourtant les vrais ennemis : la multitude des nations qui ne se disent même pas enfants de Dieu et qui combattent Sion, quelle que soit sa force, ainsi que son rempart, la Bible. Les armées de l'incrédulité cherchent à renverser les Églises nominales, ce en quoi elles servent le Seigneur sans le savoir, mais aussi à démolir la Bible, la forteresse où même le plus faible enfant de Dieu trouve refuge.[156]

Ceux qui défendent la vérité ont toujours passé pour des ennemis aux yeux de la masse nominale. On demande à Élie : « Est-ce toi qui troubles Israël ? » (1 Rois 18:17), à cause de son zèle pour Jéhovah et de son opposition au culte des images de Baal. Jésus fut traité de séducteur du peuple par les « orthodoxes » de son temps (Luc 23:2, Luc 23:14), et Paul de « peste » et d'agitateur (Actes 24:5). Quiconque combat l'erreur sous ses formes populaires doit s'attendre au même reproche et à passer un temps pour un trouble-Israël.[157]

Lumière dans les ténèbres

Les Égyptiens voyaient dans la colonne une nuée et des ténèbres, tandis qu'elle donnait de la lumière à Israël pendant la nuit (Exode 14:20). Les mêmes faits apparaissent différemment selon le point de vue. La séparation du blé et de l'ivraie et la chute de certains systèmes gigantesques de la terre sont, pour les étudiants de la Bible, la preuve de la présence du Seigneur ; pour d'autres, c'est une nuée sombre. L'agitation des nations et le déchaînement des vagues de la mer sont pour eux le signe de l'aube du jour millénaire, alors que d'autres y voient ce qui éloigne le temps de la bénédiction. La tempête devant disperser les puissances des ténèbres et laisser entrer les rayons guérisseurs du soleil de justice, plus elle vient tôt, mieux cela vaut.[158]

Mauvais présages

Un article d'un journal profane, repris dans la revue, décrit une Europe pleine de signes et de pressentiments de crise, qui glisse vers une nouvelle de ces cataractes d'événements qui brisent le cours de l'histoire. Il admet que le temps du « Millénium », où les nations vivront en paix, viendra sans doute, mais juge le monde encore loin de ce but. Dans les classes réfléchies, l'inquiétude gagne toute l'Europe, sans que personne puisse dire la forme ni l'ampleur du danger qui menace la paix du continent.[159]

L'auteur se demande si les dernières années du siècle ne verront pas une guerre aussi sanglante que celle qui en a marqué l'ouverture, et si l'Europe n'attend pas un nouveau Waterloo avant de retrouver l'équilibre. Il s'afflige que les « classes dangereuses » et les forces de dissolution soient plus redoutables que jamais, et que la « révolution sociale », avec le communisme athée et le nihilisme, puisse ébranler toute la civilisation moderne. Sur le continent, aucun cabinet ni aucun parlement ne sent plus la poudre dans l'air sans craindre les machinations secrètes de la politique, et les gouvernements se surveillent comme sur un sol qu'ils croient miné.[160]

Il oppose cette situation à celle de l'Exposition universelle de Londres, vingt ans plus tôt, conçue comme un « Palais de la Paix » où la guerre devait appartenir au passé et où la seule rivalité serait celle d'expositions. Il parle de « rêves » d'hommes d'État et de philanthropes balayés. La civilisation elle-même est mise à l'épreuve, et pourrait disparaître comme Ninive, Babylone, l'Égypte des pharaons et Rome, car il n'y a pas dans le jardin du monde de plantes éternelles. Les feux rouges de la destruction couvent déjà. Il compare l'Europe de 1851 à celle de 1883, et suppose qu'une folie de la guerre a pu saisir un continent entier, et même une partie plus vaste de la population du globe, avec une issue qui risque d'être une réalité terrible. Le texte est tiré du Blackwood's Magazine.[161]

La création gémit

Le pasteur Robert Laird Collier, ancien ministre en vue à Chicago et alors résident en Angleterre, écrit à un quotidien de Chicago que l'Angleterre est prise de panique : la dynamite est partout, la reine n'ose pas quitter le château de Windsor, doublement gardé, et le public n'a plus accès à ses abords. Des hommes fabriquant de la nitroglycérine en grande quantité ont été arrêtés à Birmingham et à Londres. La presse étouffe ce sentiment par souci de l'ordre social. Tous les gens sensés réprouvent le complot féniens d'assassinats. Mais la conviction dominante est que l'Europe est au début d'une révolution politique et sociale : l'ancien régime touche à sa fin et on dit que plus jamais une couronne ne sera posée sur une tête en Europe.[162]

Collier décrit des hommes de toutes les couches de la société qui posent à Londres des questions sociales auxquelles aucune philosophie ne répond, sauf la révolution sociale. Les torts faits à l'Irlande sont anciens et graves : une commission royale a recommandé des réformes dès 1842, mais les projets de loi ont été rejetés ou abandonnés pendant quarante ans. Quelques milliers de propriétaires anglais exigent le moindre sou de loyer et le dépensent en Angleterre. L'Irlande est toutefois pour lui un facteur mineur dans la révolution européenne générale. Tout près de Buckingham Palace, des hommes et des femmes meurent de faim ; le Parlement est celui des riches, et ceux qui combattent ces injustices passent pour excentriques ou dangereux. Aucun journal influent de Londres ne s'élève contre elles, et la tribune, la presse et la chaire sont achetées par des considérations sociales. La dynamite et l'assassinat sont horribles, mais ce sont les moyens par lesquels ces hommes se font entendre, la presse, la tribune et la chaire leur étant fermées.[163]

La manière du second avènement

Pour ceux qui aiment et attendent l'apparition du Seigneur, il importe de connaître l'enseignement biblique sur la manière de sa venue. Israël selon la chair a trébuché lors du premier avènement à cause de fausses idées sur ce point. Selon la revue, le Christ ne reparaîtra pas dans la chair, puisque Paul écrit : « Si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus [ainsi] » (2 Corinthiens 5:16). Il est désormais un être spirituel hautement exalté, doté d'un corps spirituel (Philippiens 2:9 ; 1 Corinthiens 15:44), « l'empreinte de la personne » du Père (Hébreux 1:3). Il ne reparaîtra donc pas dans le corps pris pour le sacrifice, mais dans son corps glorieux.[164]

Pour étudier la question, la revue demande ce que sont les corps spirituels, quels pouvoirs ils ont et par quelles lois ils sont régis. À l'objection qu'on n'a pas à sonder les choses cachées de Dieu, et que « ce que l'œil n'a pas vu » n'est pas monté au cœur de l'homme (1 Corinthiens 2:9), elle répond que ce verset concerne l'homme naturel ou charnel. Les versets suivants disent que Dieu a révélé ces choses par son Esprit, et le verset 13 donne la règle : « comparer les choses spirituelles avec les spirituelles ». On se trompe, selon elle, en comparant le spirituel au naturel, ce qui donne des ténèbres au lieu de lumière.[165]

Il existe un corps spirituel comme un corps naturel, un corps céleste comme un corps terrestre, distincts et séparés (1 Corinthiens 15:28-48). Le corps naturel est de chair, de sang et d'os ; le corps spirituel est donc différent, et Jésus a dit qu'un esprit n'a ni chair ni os (Luc 24:39). De quoi il est fait, on l'ignore : « ce que nous serons n'est pas encore manifesté, mais nous serons semblables à lui » (1 Jean 3:2).[166]

Les anges ont des corps spirituels. Le Christ a été ressuscité en corps spirituel, ce qui fut sa seconde naissance. Il avait d'abord pris part à la chair et au sang (Hébreux 2:14), puis fut « mis à mort quant à la chair, mais rendu vivant quant à l'esprit ». Il est « le premier-né d'entre les morts » et « le premier-né de plusieurs frères ». L'Église compose ces frères et aura la même seconde naissance, en corps spirituels par la résurrection, semblables au corps glorieux du Christ. Cette naissance doit être précédée d'un engendrement par l'esprit, qui est la conversion, comme la naissance de la chair l'est d'un engendrement de la chair. Après avoir porté l'image du terrestre, les croyants porteront l'image du céleste (1 Corinthiens 15:49).[167]

L'examen de ce qui est rapporté des anges et du Christ ressuscité donne des indications sur les corps spirituels. D'abord, les anges peuvent être présents sans être vus : « l'ange de l'Éternel campe autour de ceux qui le craignent » et les anges sont des « esprits au service de Dieu » envoyés pour ceux qui hériteront du salut (Hébreux 1:14) ; l'ânesse de Balaam voit l'ange sur le chemin (Nombres 22:23). Ensuite, les anges peuvent apparaître comme des hommes : le Seigneur et deux anges mangent le repas préparé par Abraham (Genèse 18:1-8) ; un ange apparaît à Gédéon sous les traits d'un homme avant de se faire connaître (Juges 6:12, Juges 6:22) ; les parents de Samson prennent l'ange pour un homme jusqu'à ce qu'il monte au ciel dans la flamme de l'autel (Juges 13:20-21).[168]

Troisièmement, les corps spirituels sont brillants et glorieux dans leur état normal. L'ange qui roule la pierre du sépulcre a un visage « comme l'éclair » (Matthieu 28:3). Daniel voit un être aux yeux comme des torches de feu, au visage comme l'éclair, aux bras et aux pieds semblables à de l'airain poli, à la voix comme celle d'une multitude, devant lequel il tombe comme mort (Daniel 10:6). Saul de Tarse voit le corps glorieux du Christ, plus brillant que le soleil de midi, et perd la vue (Actes 26:13 ; 1 Corinthiens 15:8). Sans miracle, ces corps restent invisibles, à moins qu'on ait les yeux ouverts pour les voir ou qu'ils apparaissent en chair comme des hommes. Les compagnons de Saul entendent une voix sans voir personne (Actes 9:7), et ceux de Daniel, saisis de frayeur, s'enfuient sans voir l'être glorieux (Daniel 10:7). Cet être dit que « le prince de Perse » lui a résisté vingt et un jours (Daniel 10:13) : il n'a pas pu lui apparaître en gloire, il était soit invisiblement présent, soit apparu en homme.[169]

Depuis sa résurrection, le Christ est un corps spirituel. Pendant les quarante jours précédant son ascension, il apparaît à ses disciples sept ou huit fois, et le reste du temps il est présent mais invisible. Les récits disent qu'il « apparut » ou « se montra », langage jamais employé avant son passage du corps naturel au corps spirituel. Il apparaît dans des corps différents : en jardinier devant Marie, sous une autre forme à deux disciples en chemin (Marc 16:12), puis dans un corps semblable à celui qui fut crucifié, avec les marques de la lance et des clous, entrant « les portes étant fermées ». Il parle, puis disparaît, allant et venant aussi invisiblement que le vent (Jean 3:8). Les croyants auront ce pouvoir à la résurrection, comme tous les êtres spirituels. Quand Jésus dit « Touchez-moi, car un esprit n'a ni chair ni os » et mange avec eux, la revue y voit l'apparition des anges en chair et en os qui mangent : leurs corps spirituels ne mangent pas, mais le corps dans lequel ils apparaissent le fait. Les disciples ont vu le Christ dans un corps de chair, non son corps spirituel glorieux.[170]

Paul enseigne que le Christ a été ressuscité en « esprit vivifiant » (1 Corinthiens 15:44-45). Où il a pris les divers corps dans lesquels il est apparu, la revue avoue ne pas le savoir, comme on ignore comment le grain de blé pousse, comment il a changé l'eau en vin ou ressuscité des morts. Elle se demande aussi d'où viennent les vêtements portés après la résurrection, puisque les anciens avaient été partagés au sort et que les linges restaient au tombeau, et conclut qu'il n'est pas plus difficile à des êtres spirituels de créer une enveloppe de chair qu'une enveloppe d'étoffe. Le corps spirituel du Christ, comme ceux des anges, est donc glorieux mais invisible aux mortels, avec le pouvoir de manifester la gloire ou d'apparaître en homme ou sous toute forme choisie. À la résurrection, les croyants lui seront semblables sur ce point.[171]

Ces constatations servent à comprendre les passages sur la manière du second avènement. Jésus dit à Jean à Patmos : « Voici, je viens comme un voleur » (Apocalypse 16:15). Il vient en secret, inconnu du monde, mais les croyants attentifs à la parole prophétique, lumière dans un lieu obscur (2 Pierre 1:19), ne seront pas dans les ténèbres de sorte que ce jour les surprenne comme un voleur (1 Thessaloniciens 5:2-4). Il vient « comme un voleur » pour l'Église, les vierges qui veillent, tant ceux qui dorment en Jésus que ceux qui sont vivants et restent. Ce temps de rassemblement est la moisson de l'âge de l'Évangile. Comme dans la moisson de l'âge juif les personnes préparées devinrent collaboratrices du Seigneur pour introduire la nouvelle époque, ceux qui sont trouvés prêts et attentifs à son second avènement discerneront sa présence et collaboreront avec lui pour introduire l'âge du Millénium. Dès qu'ils connaissent l'œuvre spéciale de l'heure, ils participent avec lui à l'achèvement de la moisson.[172]

Pendant ce changement d'époque, le monde continue comme d'habitude. Il dira : « Où est la promesse de son avènement (en grec, parousia, « présence ») ? Depuis que les pères sont morts, tout continue comme depuis le commencement » (2 Pierre 3:4). Le second avènement, comme le premier, couvre une période et non un instant : le premier a duré près de trente-quatre ans, le second dure beaucoup plus longtemps et inclut le règne millénaire. Comme la prophétie a annoncé le but et la manière du premier, elle couvre aussi les traits marquants du second et du règne. Le Christ vient pour régner, et doit régner jusqu'à ce que tous ses ennemis soient abattus, le dernier étant la mort (1 Corinthiens 15:25-26).[173]

Pour le premier avènement, les prophéties suivent un ordre : le Christ doit être l'« enfant né » et le « fils donné » avant d'être l'« homme de douleur », et mourir avant de ressusciter. Pour le second, l'ordre se juge d'après la nature des événements. Comme l'épouse est la gloire de l'époux, l'Épouse est la gloire du Christ, puisque les croyants doivent avoir part à la gloire qui sera révélée (1 Pierre 5:1 ; 1 Pierre 5:10). La gloire devant être révélée en eux (Romains 8:18), le Christ ne peut venir dans la gloire de son royaume, l'Église, avant de l'avoir rassemblée hors du monde. Il est écrit : « Quand il paraîtra, vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire » (Colossiens 3:4). Les prophètes ont annoncé les souffrances du Christ, tête et corps, et la gloire qui suivrait ; si les souffrances sont celles de tout le corps, la gloire l'est aussi (Romains 8:17). Hénoc a prophétisé que le Seigneur vient avec dix mille de ses saints (Jude 14), et Zacharie que tous les saints viendront avec lui (Zacharie 14:5). Quand le Christ paraît dans la gloire, les saints sont donc avec lui, et ils doivent avoir été rassemblés auparavant.[174]

Deux objections supposées sont examinées. La première est Actes 1:11 : « Ce Jésus viendra de la même manière que vous l'avez vu monter au ciel ». La seconde est 1 Thessaloniciens 4:16 : le Seigneur descendra du ciel avec un cri, une voix d'archange et la trompette de Dieu, et les morts en Christ ressusciteront. On y voit d'ordinaire une venue visible de tous, avec le son de la trompette et des tombes qui s'ouvrent. La revue répond que le Christ n'est pas monté au ciel avec une trompette ni une démonstration extérieure. Le texte ne dit pas qu'on le verra venir, ni que quelqu'un le verra : « il viendra ainsi ». Son arrivée est privée ; il vient rassembler l'Église et établir son royaume, pour être glorifié dans ses saints en ce jour (2 Thessaloniciens 1:10). Le monde ne l'a pas vu après sa résurrection ni lors de son ascension, et Jésus a dit : « Encore un peu de temps, et le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez » (Jean 16:16).[175]

Quant à la trompette, l'Église est récompensée « à la résurrection », une seule fois. La « trompette de Dieu » (1 Thessaloniciens 4:16) et la « dernière trompette » (1 Corinthiens 15:52) sont donc la même, car les mêmes événements, résurrection et récompense des saints, sont mentionnés pour chacune. La revue l'identifie aussi à la « septième trompette » d'Apocalypse 11:15-18, sous laquelle les morts sont également jugés.[176]

Les sept trompettes de l'Apocalypse sont décrites comme une série de même nature, dont six sont déjà passées. Selon la revue, Isaac Newton, Clark et tous les commentateurs de renom s'accordent pour dire que cinq ou six de ces trompettes appartiennent au passé. Elles ont correspondu à des événements terrestres, chacun couvrant une période. Toutes doivent avoir retenti avant la résurrection, qui relève de la septième. Un son dans l'air serait contraire au caractère des six premières. La septième trompette est rapprochée du « grand jour de sa colère », temps des jugements sur les royaumes du monde et des sept coupes, puis du « temps de détresse tel qu'il n'y en a point eu depuis qu'il existe une nation ». Les trompettes ne s'opposent donc pas à la venue « comme un voleur » : le Christ emporte en secret son trésor, ses joyaux. Il est un corps spirituel, invisible sans miracle, comme durant les quarante jours qui suivent sa résurrection. Le monde ne voit pas non plus les saints qui se rassemblent. Changés « en un clin d'œil » en corps spirituels, ils sont aussi invisibles que lui et que les anges. Les tombes ne s'ouvrent pas sous les yeux du monde, car un corps spirituel n'est pas de la terre. Seule l'Église reçoit des corps spirituels ; tous les autres doivent connaître une restitution, un retour à la perfection humaine.[177]

Présence du Christ avant l'enlèvement de l'Église

Le premier avènement, avec sa présence personnelle et son ministère de trois ans et demi, est appelé une moisson : celle de l'âge juif. Le Christ y est le principal moissonneur et ses disciples des moissonneurs subalternes, qui rassemblent le blé dans l'âge supérieur de l'Évangile. Jésus cite à ce propos : « Levez les yeux et regardez les champs, ils sont déjà blancs pour la moisson » et « je vous ai envoyés moissonner ce que vous n'avez pas travaillé ; d'autres ont travaillé [les prophètes], et vous êtes entrés dans leur travail » (Jean 4:38). Ce travail, limité à la Judée, ne cesse entièrement qu'à la fin de cette moisson, en l'an 70. Après sa résurrection, Jésus envoie ses disciples prêcher à toutes les nations, mais il s'agit alors de semer : Paul plante, Apollos arrose, Dieu donne la croissance. Une moisson est annoncée pour la fin de l'âge présent, comme l'illustrent la parabole de l'ivraie et du blé et son explication (Matthieu 13:1-43). Blé et ivraie sont tous deux dans le royaume des cieux, c'est-à-dire l'Église : cette parabole, comme les six autres de la série, concerne deux catégories de membres de l'Église, non le monde qui ne professe rien.[178]

Le Fils de l'homme a planté l'Église comme une bonne semence pure. Du temps des apôtres, des « dons de l'Esprit », comme le discernement des esprits, permettaient d'empêcher l'ivraie, c'est-à-dire les hypocrites, de s'introduire parmi le blé (exemples cités : 1 Corinthiens 5:3, Simon le magicien, Ananias et Sapphira). À la mort des apôtres, « pendant que les hommes dormaient », l'ennemi a semé l'ivraie. Paul dit que le mystère d'iniquité agissait déjà de son temps. Blé et ivraie grandissent depuis côte à côte dans toutes les Églises. On ne doit pas les séparer, au risque d'arracher du blé : « Laissez croître ensemble les deux jusqu'à la moisson ». La moisson est « la fin du monde » (en grec, aiôn, « âge »). Au temps de la moisson, le Seigneur dira aux moissonneurs de rassembler d'abord l'ivraie pour la brûler, puis le blé dans sa grange. La moisson est une période, comme celle qui clôt l'âge juif, et elle comporte un ordre : « d'abord l'ivraie ». Il y a donc, à la fin de l'âge, un travail de séparation dans l'Église. La revue juge disposer de preuves abondantes qu'on est dans cette moisson, que l'Église en masse et le monde ignorent, comme dans l'âge juif. La séparation se fait par la faucille tranchante de la vérité et par l'esprit de sacrifice.[179]

La présence du Christ comme être spirituel est distinguée de celle de l'Esprit du Christ. Cette dernière n'a jamais quitté l'Église, de sorte que, en ce sens, il ne pourrait pas « revenir » : « Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20). Il s'agit ici de la présence personnelle, qui est partie et reviendra sous forme d'un corps spirituel (Jean 14:3). Le mot grec parousia, souvent traduit par « venue », signifie toujours présence personnelle, être arrivé, et jamais « être en chemin » comme le mot français. Beaucoup de ceux qui attendent le Seigneur le reconnaissent, mais l'Église en général se trompe en supposant que présence implique vue, manifestation, apparition. Le grec emploie d'autres mots pour la révélation, l'apparition et la manifestation : phaneroô (« paraître ») et apokalupsis (« être révélé », 2 Thessaloniciens 1:7).[180]

Les paroles du Christ servent de preuve qu'il sera présent dans le monde sans que celui-ci le sache. Dans Matthieu 24:37, il dit que la parousia du Fils de l'homme sera comme les jours de Noé. La comparaison porte sur les jours qui précèdent le déluge, non sur le déluge lui-même : les gens mangeaient, buvaient, se mariaient et ne savaient rien. Le point de comparaison est l'ignorance, non la méchanceté. Ces occupations ordinaires n'avaient rien de coupable ; de même, pendant la présence du Christ, les hommes vaquent à leurs affaires sans se douter de sa présence, de la moisson ni du changement d'âge. Luc 17:26 parle des « jours du Fils de l'homme » : ces jours ne peuvent pas précéder sa venue, pas plus que les jours d'Henry Clay ne précéderaient sa naissance. Le monde continue donc comme d'habitude jusqu'à ce que « la moisson soit passée, l'été fini », sans être dans l'arche ni parmi le petit troupeau « jugé digne d'échapper à la grande tribulation ». Les lecteurs sont invités à veiller et à s'attacher à la parole prophétique, « lampe qui brille dans un lieu obscur », pour connaître sa présence et les changements dus, et travailler sagement dans sa vigne. Ils sont mis en garde contre les excès de table, l'ivrognerie et les soucis de la vie, de peur que ce jour ne les surprenne comme un piège (Luc 21:34-36).[181]

Tout est-il vraiment à lui ?

Des hommes et des femmes chantent « Mon corps, mon âme et mon esprit, Jésus, je te les donne », tout en vivant pour eux-mêmes ; ils chantent que toute la nature ne serait qu'un présent trop petit, mais ce qu'ils offrent à Dieu est une infime fraction de leurs biens. Le lecteur est interrogé : combien donne-t-il au Seigneur ? S'est-il jamais considéré comme appartenant au Seigneur, et tout ce qu'il possède comme sa propriété ? Son métier est-il conduit pour le Seigneur ou pour se faire un nom et une position ? Élève-t-il ses enfants pour le Seigneur, avec une éducation qui serve au mieux les desseins de Dieu ? Ses horaires de repas sont-ils assez souples quand l'œuvre de Dieu demande un changement ? Sa position sociale est-elle au service de Dieu, utilisée ou négligée selon ses desseins ? Se montre-t-il fidèle envers ceux de sa condition, en leur faisant voir que Dieu passe d'abord, sans souci de leur mépris ? Son argent est-il au Seigneur, avec la plus stricte économie sur la nourriture, le logement, les vêtements et les voyages, pour tout réserver à Jésus ? Sinon, il retient « une partie du prix ». Le texte est signalé comme tiré d'une autre source.[182]

Questions et réponses

À propos de Luc 12:4-5, ces paroles s'adressent aux « amis » de Jésus, ceux qui croient à une existence future assurée par lui, le donneur de vie. Tuer le corps représente la perte de la mesure de vie présente, tandis que jeter dans la géhenne (traduite par « enfer ») représente la destruction complète et l'extinction. Par la faveur de Dieu, tous sont rachetés de la première mort, la mort adamique. Ceux qui le croient et l'apprécient estiment que la vie actuelle n'est presque rien à côté de la vie future. Ils doivent donc la tenir pour peu et ne pas craindre de la perdre pour une juste cause. Quand la faveur des hommes et le bien-être présent s'opposent à la volonté de Dieu, il faut rechercher la faveur de Dieu à tout prix, car « sa faveur, c'est la vie » (Psaumes 30:5). Dieu détient le pouvoir d'extinction totale, la « seconde mort », que représente ici la géhenne.[183]

Un lecteur écrit qu'il trouve peu de gens capables de recevoir la vérité et qu'il doit étudier presque seul. L'orthodoxie « soi-disant » a braqué ses canons sur lui, et son nom a été rejeté de l'Église où il était honoré. Il s'inquiète de savoir si cette épreuve d'exclu le prépare au service du Maître et s'il ne sera pas lui aussi rejeté lors du rassemblement des joyaux. Il demande aussi si le monde peut voir les beautés de l'Écriture. La réponse admet que le monde verra beaucoup de beauté dans l'Écriture à l'âge à venir, car une grande part concerne les choses naturelles ou terrestres et abonde en promesses terrestres glorieuses. Voir ce qui est grand et bon dans le caractère et le plan de Dieu n'est donc pas une preuve suffisante qu'on sera parmi ses joyaux. « Ce n'est pas celui qui me dit : Seigneur, Seigneur, qui entrera dans le royaume des cieux, mais celui qui fait la volonté de mon Père » (Matthieu 7:21). La volonté de Dieu pour l'âge de l'Évangile est de choisir ceux qui croient assez à ses promesses d'avenir pour sacrifier le présent afin de les obtenir.[184]

Le sacrifice du « bon nom » par amour du Seigneur et de sa Parole indique, selon la réponse, que ce frère partage l'esprit du Maître, car personne ne fait un tel sacrifice sans aide d'en haut. Elle cite Pierre sur la « fournaise » de l'épreuve, les souffrances du Christ et le reproche subi pour son nom (1 Pierre 4:12-16), puis le choix de Paul : « Je lui montrerai combien il doit souffrir pour mon nom » (Actes 9:16). Les preuves d'être agréé de Dieu se trouvent dans ce qu'il permet de souffrir pour lui et pour sa vérité : plus le sacrifice augmente, plus la preuve d'appartenir au Seigneur augmente, et « ceux qui sont à lui, il les rassemble ». Elle cite à l'appui Matthieu 5:11-12, 2 Timothée 2:11-12 et Romains 8:14-18, que la réponse commente ainsi : la disposition à souffrir avec le Christ prouve l'accord avec l'Esprit de Dieu, donc la qualité d'enfant de Dieu. Viennent ensuite Romains 8:28 et Romains 8:35-39 sur l'amour du Christ dont rien ne sépare, puis 1 Pierre 3:12-14. La Parole de Dieu est dite pleine de promesses encourageantes pour tous les fidèles éprouvés.[185]

À la question de savoir si la véritable Église du Christ peut être identifiée, et si l'on peut être dans l'Église sans être dans le Christ, la réponse distingue trois sens. Au sens le plus large, l'Église comprend tous les croyants à la « rédemption par son sang ». Au sens plus restreint, ce sont ceux d'entre eux qui ont conclu une alliance pour sacrifier les intérêts terrestres aux intérêts célestes. Au sens le plus restreint, seuls ceux de cette dernière catégorie qui remplissent leur alliance et accomplissent le sacrifice forment l'ÉGLISE qui est SON CORPS (Colossiens 1:24), appelée aussi « l'Épouse, la femme de l'Agneau » (Apocalypse 21:9). Chacun peut décider s'il a franchi les deux premières étapes et s'il franchit la troisième. Pour les autres, on connaît leur position sur les deux premières par la profession et le fruit, mais sur la dernière il faut se garder de conclure sans preuve positive, car bien des circonstances inconnues peuvent cacher les signes de leur sacrifice, que Dieu seul connaît avec eux. Durant cet âge, ceux des trois catégories sont comptés dans l'Église ; l'Église nominale comprend aussi des hypocrites. La moisson est le temps où l'on sépare et rassemble le grain, et chaque catégorie de croyants authentiques sera alors distinguée. Au jour où le Seigneur rassemblera ses joyaux, il réunira ceux qui ont achevé l'alliance de sacrifice (Psaumes 50:5), et eux seuls formeront « l'Église qui est son corps ». Pendant l'âge du Millénium, il y aura encore une Église dans le monde, composée de CROYANTS à la rédemption en Christ ; sous l'influence du règne du Christ, elle s'étendra et gagnera le monde entier, et « la connaissance du Seigneur remplira toute la terre ».[186]

Sur Apocalypse 22:9, où l'ange dit à Jean prêt à l'adorer : « Garde-toi de le faire ; je suis ton compagnon de service et celui de tes frères les prophètes », un lecteur demande si cela prouve que les prophètes morts sont devenus anges et que cet ange en était un. La réponse est négative : l'Apocalypse est un livre symbolique, et Jean comme l'ange représentent des catégories de l'Église actuellement vivante. Jean représente les disciples vivants quand les scènes de l'âge du Millénium commencent à se dérouler à la seconde présence de Jésus, ce qu'indiquent les paroles de Jésus sur Jean, applicables à la catégorie qu'il représente : « Si je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne » (Jean 21:22). Jean figure l'ensemble des saints vivants. L'ange (messager) qui montre les choses à Jean représente ceux de la catégorie de Jean que Dieu utilise pour attirer l'attention sur la gloire à venir et pour que tous les membres de cette catégorie les voient par les yeux de la foi. Comme Jean s'est prosterné devant le messager, la faiblesse humaine peut pousser certains de cette catégorie à trop estimer, presque à adorer, ceux par qui Dieu leur transmet la connaissance de ses plans. Les vrais messagers de Dieu refusent cet hommage : ils disent que toute sagesse vient de Dieu, qu'ils sont des frères et des compagnons de service des prophètes et de tous ceux qui gardent les paroles de Dieu, et qu'il faut adorer Dieu.[187]

Soyez fidèles à Dieu

Le manque d'honnêteté morale est présenté comme le principal obstacle au progrès de la vérité religieuse, aujourd'hui comme à l'époque du Nazaréen. Beaucoup d'auditeurs de Jésus, convaincus par ses prodiges qu'il était un maître « envoyé de Dieu », ne pouvaient accepter sa doctrine qu'au prix de leur position sociale. Les honnêtes ont fait le sacrifice nécessaire et l'ont publiquement suivi ; ceux qui aimaient la louange des hommes plus que l'approbation de Dieu ont étouffé leurs convictions et sont restés hypocritement avec la foule. D. Winder, l'auteur, juge qu'il en va de même aujourd'hui face à toute tentative de réformer les crédos absurdes et contradictoires de l'époque. Selon lui, une grande majorité des prédicateurs modernes et des laïcs instruits des Églises sont aussi convaincus que lui de l'erreur de la théologie moderne et de l'impuissance des chaires à réformer le monde, mais l'amour de la popularité et du confort et le manque de confiance en Dieu les maintiennent leur vie durant dans une position fausse et hypocrite, « une continuelle imposture ». Il cite les paroles du Christ sur le sel qui perd sa saveur, la lampe cachée sous un couvert, le malheur de ceux dont tous les hommes disent du bien (Luc 16:15), et la bénédiction de ceux qu'on hait, qu'on rejette et dont on rejette le nom pour le Fils de l'homme (Luc 6:22-23).[188]

La gloire du Christ dans ses saints

Sur 2 Thessaloniciens 1:10, Alexander McLaren relève le double sens du mot « glorifier ». Le Christ glorifie les croyants en les rendant glorieux, en répandant sur eux son éclat. Les croyants glorifient le Christ en montrant cette lumière reflétée, par exemple en aidant un œil faible à saisir sa bonté et sa vérité. C'est ce second sens qu'emploie l'apôtre. Comme le soleil levant entouré de nuages rosés qui tirent de lui tout leur éclat, le Christ, au milieu de milliers de ceux qui l'aiment et le servent, répand un flot de gloire sur le monde qui attend. Le caractère de ses serviteurs sera d'une telle beauté que tout l'univers aura de lui une plus haute idée. Selon McLaren, l'idée qui traverse tout le Nouveau Testament est que le Christ et les chrétiens sont si unis que son destin est le leur et son caractère le leur. Quand le Christ caché sera manifesté, tous ceux qui l'aiment brilleront aussi, et leur vie, étouffée par la vie animale et naturelle, éclatera sans obstacle. McLaren compare le présent à une lanterne sourde dont le volet est à peine levé, et l'avenir à la même lanterne volet levé, selon les mots du Maître : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matthieu 13:43). Il décrit un jour sombre où une rafale éclaircit le ciel et réveille couleurs, parfums et chants d'oiseaux. Tout ce que sont les croyants dans leurs désirs et aspirations les plus profonds éclatera aux yeux de tous, comme le fond d'une mer pure où le soleil étincelle sur chaque roche.[189]

La puissance de l'amour du Christ

Quand Paul paraît si captivé par l'Évangile que certains le disent hors de sens, il n'offre qu'une explication : « l'amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts » (2 Corinthiens 5:14). C'est la mort du Christ, plus que sa vie, son exemple ou son enseignement, qui attire le cœur vers Dieu. L'auteur, qui n'est pas nommé, présente l'objection d'un adversaire : l'amour divin se voit aussi dans chaque fleur, chaque étoile, chaque montagne, et, dans la Bible, dans la vie du Christ, ses œuvres de miséricorde et ses paroles de grâce ; Paul serait donc étroit de s'enfermer dans la croix, et le serait aussi celui qui insiste sur la mort du Christ au Calvaire comme motif d'amour. L'auteur concède l'étroitesse, mais rappelle que les choses étroites sont parfois les plus puissantes. Il évoque un cours d'eau qu'il connaît, qui s'élargit sur des kilomètres en une belle étendue, au flot tranquille et à la calme majesté. Le passage s'interrompt à la fin de la page.[190]

Voir aussi

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 1,4 et 1,5 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578.
  2. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 239-240.
  3. ↑ 3,0 3,1 3,2 3,3 et 3,4 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572.
  4. ↑ 4,0 4,1 et 4,2 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581-582.
  5. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 217-218.
  6. ↑ 6,0 6,1 6,2 6,3 6,4 et 6,5 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573.
  7. ↑ 7,0 7,1 et 7,2 BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 103-105.
  8. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 127-128.
  9. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 315.
  10. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 117-120.
  11. ↑ 11,0 11,1 11,2 11,3 et 11,4 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574.
  12. ↑ Origen Against Celsus — bkv.unifr.ch, consulté en 2026.
  13. ↑ Clement of Alexandria — CCEL, consulté en 2026.
  14. ↑ The Feeling of Things, the Contemplation of Beauty — Saint-Siège, consulté en 2026.
  15. ↑ 15,0 et 15,1 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575.
  16. ↑ Isaac Leeser — Wikipedia, consulté en 2026.
  17. ↑ Mark 5:30 — Bible Study Tools, consulté en 2026.
  18. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 81.
  19. ↑ 19,0 19,1 19,2 19,3 19,4 19,5 19,6 19,7 et 19,8 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576.
  20. ↑ La Tour de Garde de Mai 1883, p. 8.
  21. ↑ La Tour de Garde de Juin 1883, p. 9.
  22. ↑ MACMILLAN A. H., Faith on the March, p. 27-29. Original : « that Christ's death was no more a settlement of the penalty of man's sins than would the sticking of a pin through the body of a fly ».
  23. ↑ 23,00 23,01 23,02 23,03 23,04 23,05 23,06 23,07 23,08 23,09 23,10 23,11 et 23,12 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580.
  24. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 165.
  25. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 31-33.
  26. ↑ 26,0 26,1 26,2 26,3 26,4 26,5 et 26,6 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581.
  27. ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98.
  28. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 101-103.
  29. ↑ 29,0 29,1 et 29,2 BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 126-131.
  30. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 229-230.
  31. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 108-109.
  32. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 317-318.
  33. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 187-189.
  34. ↑ La Tour de Garde de août 1879, p. 20.
  35. ↑ 35,0 35,1 et 35,2 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579.
  36. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 181-182.
  37. ↑ WILLS Tony, A People for His Name, chap. 2 « Charles Taze Russell », section « Ransom, Restitution And Resurrection ».
  38. ↑ 38,0 et 38,1 JONSSON Carl Olof, Les temps des gentils reconsidérés, p. 50-51.
  39. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 24-25.
  40. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 8.
  41. ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 6.
  42. ↑ La Tour de Garde de Juin 1883, p. 4.
  43. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 28-29.
  44. ↑ CROMPTON, Counting the Days to Armageddon, op. cit., p. 43-44.
  45. ↑ 45,0 45,1 45,2 45,3 45,4 45,5 et 45,6 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577.
  46. ↑ Louise Collier Willcox — Wikipedia, consulté en 2026.
  47. ↑ Fenian dynamite campaign — Wikipedia, consulté en 2026.
  48. ↑ MACMILLAN, Faith on the March, op. cit., p. 57-59. Original : « Such a rising and overturning Socialists, Communists and Nihilists of today would gladly bring about if they could. »
  49. ↑ WILLS, A People for His Name, op. cit., chap. 6 « Time Prophecy and the End of the World », section « How the World Would End ».
  50. ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 13-14.
  51. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 111-112.
  52. ↑ 52,0 et 52,1 La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571.
  53. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 300-301. Original : « this is the day of burning, which will try every man's work of what sort it is ».
  54. ↑ La Tour de Garde de octobre 1879, p. 36.
  55. ↑ Isaiah 28:27 — kjvstudy.org, consulté en 2026.
  56. ↑ Gill's Commentary, Isaiah 28:27, consulté en 2026.
  57. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 409-410. Original : « would not the plan be a failure without the suffering of the body ».
  58. ↑ Theodore L. Cuyler — Wikipedia, consulté en 2026.
  59. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  60. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 4.
  61. ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of JW, p. 13-14.
  62. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  63. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  64. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 39-41. Original : « he believed it possible to be a spirit-begotten member of the true church – Christ's church – while still a member of one of the churches of Chrétienté. »
  65. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  66. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  67. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 191.
  68. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 419-421.
  69. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  70. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 8.
  71. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  72. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  73. ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98.
  74. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571-572
  75. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 150-151.
  76. ↑ Sarah Smiley — Wikipedia, consulté en 2026.
  77. ↑ CUYLER Theodore Ledyard, A Woman in the Pulpit, Log College Press, consulté en 2026.
  78. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  79. ↑ Andrew Bonar — Wikipedia, consulté en 2026.
  80. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  81. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 176-177.
  82. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581-582
  83. ↑ La Tour de Garde, janvier 1880, p. 3
  84. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  85. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 216-217. Original : « I read them over and over, lend them, but never give them away for they are as choice to me as gold dust. »
  86. ↑ La Tour de Garde, août 1882, p. 2
  87. ↑ La Tour de Garde, août 1882, p. 2
  88. ↑ KNOX Zoe, Jehovahs Witnesses and the Secular World, p. 72 du PDF.
  89. ↑ La Tour de Garde de Mars 1883, p. 8.
  90. ↑ Maria Russell, citant ZYGMUNT Joseph, Jehovah's Witnesses: A study of symbolic and structural elements in the development and institutionalization of a sectarian sect, 1967, p. 384.
  91. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  92. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  93. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 479.
  94. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  95. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  96. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  97. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 3
  98. ↑ La Tour de Garde, juillet 1881, p. 1
  99. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 3
  100. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 171-172.
  101. ↑ COLE Marley, Jehovahs Witnesses-The new world society, p. 61-62.
  102. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  103. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577-578
  104. ↑ The Fenian Dynamite Campaign and the Irish-American Impetus for Dynamite Terror, Inquiries Journal, consulté en 2026.
  105. ↑ The first terrorist attack on the London Underground, IanVisits, consulté en 2026.
  106. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  107. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  108. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  109. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  110. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  111. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  112. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  113. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  114. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  115. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 571
  116. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, pp. 571-572
  117. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  118. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  119. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  120. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  121. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  122. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  123. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  124. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 572
  125. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  126. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  127. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  128. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  129. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  130. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  131. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  132. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  133. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 573
  134. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574
  135. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574
  136. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574
  137. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574
  138. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574
  139. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 574-575
  140. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  141. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  142. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  143. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  144. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  145. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  146. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 575
  147. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  148. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  149. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  150. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  151. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  152. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 576
  153. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  154. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  155. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  156. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  157. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  158. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  159. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  160. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 577
  161. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  162. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  163. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  164. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  165. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  166. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  167. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578
  168. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 578-579
  169. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  170. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  171. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  172. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  173. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  174. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  175. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  176. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 579
  177. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  178. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  179. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  180. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  181. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  182. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 580
  183. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  184. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  185. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  186. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581
  187. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 581-582
  188. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 582
  189. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 582
  190. ↑ La Tour de Garde de Janvier 1884, p. 582

Catégorie:1884

Sommaire