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Jeunesse de Russell

De Tj-encyclopédie
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Jeunesse de Russell

La jeunesse de Charles Taze Russell, qui s'étendit depuis sa naissance en 1852 jusqu'à sa rencontre avec les adventistes vers l'âge de 17 ans, fut une période décisive dans la vie de celui qui devint le fondateur du mouvement des Étudiants de la Bible. Bien qu'on ne sache que peu de choses sur ses premières années, il apparaît que le chemin ayant conduit Russell à organiser son propre mouvement dans les années ultérieures fut déjà tracé dans sa jeunesse avec les jalons suivants : une enfance marquée par un attachement familial fort aux convictions religieuses doublé d'un intérêt personnel pour la religion, même dans les jeunes années, suivi d'un questionnement et d'une déception de la part des institutions religieuses déjà existantes ; ce cheminement fut ensuite prolongé à l'âge adulte par la croyance d'avoir trouvé ou ravivé des éléments de vérité suite à un examen personnel des Écritures ou à une nouvelle révélation qui pouvaient n'être rien de plus qu'une projection de ses conceptions personnelles, ce qui aboutit finalement à la fondation d'un mouvement qui n'avait pas été initialement envisagé, mais qui s'est structuré de façon progressive. On retrouve les mêmes caractéristiques, par exemple, dans l'histoire de Joseph Smith et de Mary Baker Eddy, respectivement fondateurs du mormonisme et de la Science chrétienne, ce qui, sans diminuer la sincérité de la démarche du pasteur ni le caractère authentiquement religieux de celle-ci, en relative grandement l'origine soi-disant divine attribuée par la Société Watch Tower, puisque selon elle, Russell est censé avoir été dirigé par l'esprit saint.

Un problème méthodologique particulier affecte la connaissance de cette période : les sources disponibles sont toutes partiales. Russell lui-même a raconté sa jeunesse sur le mode du parcours initiatique guidé par Dieu, dans des récits autobiographiques publiés en 1894, 1906 et 1916, soit plus de vingt ans après les faits et dans des contextes polémiques internes au mouvement.[1] Ses admirateurs ont amplifié ce récit dans le même sens : Clayton Woodworth affirme ainsi, sans aucune source contemporaine à l'appui, que Russell aurait lui-même rédigé son contrat d'association commerciale à l'âge de onze ans ;[2] Fredrick Zydek invente des détails sur l'immigration de la famille et sur l'héritage de l'oncle Charles Tays.[3] Les opposants ont eu de leur côté tendance à noircir le tableau, voyant dans chaque activité commerciale de Russell un signe de turpitude. L'étude des sources primaires — registres civils, annuaires de ville, actes notariés, journaux de l'époque — permet de corriger un certain nombre de ces déformations, comme l'ont entrepris Schulz et de Vienne dans leur histoire critique du mouvement. Mais d'autres points resteront vraisemblablement dans l'ombre : la documentation sur ces années de jeunesse est lacunaire, et ce que Russell choisissait de taire — notamment l'étendue réelle de ses dettes envers les adventistes qu'il a côtoyés — est par définition difficile à restituer.

Voir article principal Charles Taze Russell

Voir aussi Famille de Russell, Charles Tays Russell et Joseph Russell

Charles Taze Russell naquit dans une famille d'immigrants irlandais dont le destin américain fut largement tracé par son oncle, Charles Tays Russell (1806–1876), frère aîné de son père Joseph. Né dans le comté de Donegal, Charles Tays gagna les États-Unis dès 1822/1823, à l'âge de dix-sept ans, et trouva un emploi auprès d'Alexander Turney Stewart, grand marchand de toiles irlandaises qui allait devenir l'un des commerçants les plus importants d'Amérique. Établi à Pittsburgh avant 1831, il y ouvrit son propre magasin au 92 Market Street, puis fonda une entreprise commercialisant des produits bruts avant de se reconvertir en 1867 dans le courtage et l'assurance.[4] Il ne se maria jamais et acquit la nationalité américaine en 1840.[5]

Son frère cadet Joseph — né le 4 juillet 1813 à Londonderry, arrivé en Amérique vraisemblablement en 1839 à bord du Massasolt depuis Liverpool[6] — vint le rejoindre à Pittsburgh et ouvrit un magasin de vêtements au 96 Liberty Street à Allegheny. Il avait épousé Ann Eliza Birney, d'origine écossaise et irlandaise, protestante d'Ulster comme lui,[7] dont le frère Thomas Birney avait avancé des fonds à Joseph pour son commerce.[8] Mais ce magasin n'était pas la propriété de Joseph : c'est Charles Tays qui le finançait et en était le propriétaire principal, laissant à son frère la gestion — Joseph n'apparaît d'ailleurs que comme « clerk » (employé) dans les annuaires de la ville jusqu'en 1867–1868. Une faillite survint en 1855, plongeant la famille dans une précarité durable : en 1860, la valeur totale des biens de Joseph n'était que de 250 dollars, et Eliza, déjà atteinte de tuberculose, rédigea son testament en décembre de cette même année, ordonnant la vente d'un terrain de 160 acres qu'elle possédait en Iowa pour rembourser les dettes et les avances de son frère.[9]

C'est dans ce contexte d'instabilité financière, mais aussi de foi protestante tenace, que naquit Charles le 16 février 1852 à Allegheny en Pennsylvanie — ville industrielle surnommée « Slabtown », dont les quartiers bas étaient régulièrement inondés, comme ce fut le cas l'année même de sa naissance.[10] Il était le deuxième enfant d'une fratrie de cinq, mais le seul fils à survivre avec sa sœur Margaret Land (1854–1934) : Thomas, l'aîné, mourut le 11 août 1855 à cinq ans ; Lucinda, née en 1857, mourut dès 1858 de scrofule ; Joseph Lytle Jr., né en 1859, mourut le 25 avril 1860 de laryngo-trachéo-bronchite.[11] Après la mort du petit Thomas, Eliza reporta toute son attention sur Charles, qui apprit à lire couramment vers l'âge de six ans.[12]

Eliza décéda le 15 janvier 1861, laissant Charles à neuf ans sous la seule influence de son père. La relation qui se noua entre eux fut d'une intimité aimante et d'un respect mutuel qui ne se démentit jamais : c'est d'ailleurs cette relation qui, selon plusieurs historiens, contribua à façonner la conception de Dieu du jeune Charles. Ayant grandi dans la chaleur bienveillante d'un père humain, il ne pouvait concevoir le Seigneur Jéhovah autrement que comme un être miséricordieux, et trouva de plus en plus insupportable le Dieu sévère et prédestinateur de la confession presbytérienne dans laquelle il avait été élevé.[13] Dès ces premières années d'adolescence de Charles, Joseph lui-même commença d'ailleurs à s'intéresser à l'adventisme, signe que la remise en cause religieuse était une démarche familiale autant que personnelle[14] — les Russell avaient d'ailleurs rejoint en juin 1860, lors d'un séjour de Joseph à Philadelphie, la First Independent Church, une congrégation presbytérienne dissidente fondée sur le refus d'accepter un pasteur imposé par l'église mère.[15]

Cette complicité entre père et fils traversa toute la vie adulte de Charles : Joseph rejoignit les premières classes d'étude biblique à Allegheny — la présence de son nom dans les colonnes du Héraut de la Vie et du Royaume à Venir atteste que le groupe lisait dès ses débuts la littérature adventiste de l'âge à venir[16] —, fut formellement associé à son fils au sein de la Société Watch Tower[17] et prit même publiquement sa défense dans les colonnes de La Tour de Garde lors du schisme de 1894. Joseph se remaria après la mort d'Eliza et eut une autre fille, Mabel Russell (1881–1962), demi-sœur de Charles.[18] Le noyau originel du groupe d'Allegheny se composait quant à lui de cinq membres : Charles, son père Joseph, sa sœur Margaret, et le couple William et Sarah Conley.[19] Margaret resta proche de son frère à l'âge adulte — il l'hébergea dans l'appartement précédemment occupé par Maria après leur séparation en 1897 —, avant qu'elle ne quitte finalement le mouvement lors du schisme de la nouvelle alliance.

Quant à l'oncle Charles Tays, il mourut en 1876 sans s'être marié, désignant Joseph comme exécuteur testamentaire et lui léguant 1 000 dollars — soit environ 333 dollars pour Charles après partage entre les héritiers, bien loin de la légende d'un héritage fondateur qui aurait mis le jeune Russell sur la voie de la fortune.[20]

Scolarité et formation professionnelle

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Russell se montrait docile vis-à-vis de l'éducation prodiguée par ses parents et affichait une réelle soif d'apprendre.[21] Vers 1865, il fut diplômé de la Grant School, dans le 3e quartier de Pittsburgh, établissement qui comptait environ 1 600 élèves pour seulement 16 enseignants. Le diplôme de 7e année, obtenu vers l'âge de douze ans, marquait alors l'entrée dans la vie professionnelle.[22] Son éducation fut ensuite complétée, selon ses propres déclarations, par des « tuteurs privés » — formule qui correspond vraisemblablement aux cours du soir proposés par la YMCA (comptabilité, droit commercial, langues, mathématiques, dessin technique), qu'il fréquenta à partir de 1865 ou 1866.[23] Cela amena l'historien James Penton à qualifier de « modeste » l'éducation reçue par Russell,[24] ce qui souleva plus tard des controverses : le pasteur J. J. Ross lui reprocha son manque de qualifications dans l'une de ses brochures, tandis que beaucoup firent une comparaison à son désavantage entre son niveau d'éducation et celui de son épouse Maria.

Ainsi, le père de Russell fit rapidement de son fils son associé en affaires. L'anecdote selon laquelle Charles aurait lui-même rédigé le contrat d'association à l'âge de 11 ans ne figure dans aucun écrit de Russell lui-même : elle provient uniquement de Clayton Woodworth (La Mystère Accompli, 1917) et a depuis été amplifiée et déformée par des sources non vérifiables.[25] D'autres sources de la Watch Tower situent cette association à 15 ans.[26] En tout état de cause, Joseph possédait un magasin de vêtements et d'ameublement dont Charles prit progressivement la direction active ; dès l'année suivant son entrée dans l'affaire, à 15 ans, son père l'envoyait à Philadelphie, à plusieurs centaines de miles, comme agent d'achat.[27] Mû par une ambition commerciale réelle, Russell chercha à développer les affaires familiales : à partir de 1877 il possédait trois magasins, et jusqu'à cinq au plus fort de son activité — deux à Allegheny et trois à Pittsburgh — opérant sous la raison sociale « J. L. Russell & Son, articles de confection pour hommes ». La valeur nette de ses biens fut estimée à environ 60 000 dollars en 1879.[28] Il vendit progressivement ces établissements à partir d'environ 1884, au fur et à mesure que son activité religieuse réclamait davantage de son temps.[29]

Presbytérien, puis Congrégationaliste

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La famille était de confession presbytérienne, et les parents affichaient une profonde dévotion qu'ils cherchèrent à transmettre à leurs enfants, à tel point que Russell déclara avoir été « élevé en tant que presbytérien, et endoctriné par le Catéchisme ».[30] Sa mère lui avait dit qu'elle l'avait dédié au Seigneur comme la mère de Samuel l'avait fait dans la Bible, avec l'espoir et la prière qu'il devînt un ministre de l'Évangile[31] ; à cette fin, elle l'instruisit dans les préceptes de sa religion du mieux qu'elle put, et Russell considéra cela comme une « chance ».[32]

Au sujet de sa petite enfance, Russell dit se souvenir avoir reçu cinq corrections dans ses jeunes années — il s'agissait de fessées administrées avec un martinet en cuir composé de six ou huit lanières. Trois d'entre elles furent appliquées par sa mère, et Russell affirma se souvenir avec précision de chaque détail, montrant par là que les méthodes employées avaient porté leurs fruits. Un jour, alors qu'il avait cinq ans, sa mère le soupçonna d'avoir menti. Elle lui demanda de monter avec le martinet, puis lui lut Apocalypse 21:8, qui déclare que les menteurs seront jetés dans le lac de feu. Russell cita cette anecdote pour montrer que la leçon eut une profonde influence sur lui, bien qu'il reconnut que sa mère avait mal interprété ce passage, puisqu'il avait rapidement rejeté la croyance dans les tourments éternels.[33]

Très tôt dans sa vie, le jeune Russell fit preuve de beaucoup de piété et déclara en 1904 qu'il n'avait pas eu besoin de se convertir, étant né selon lui dans une condition justifiée avec la faveur de Dieu.[34] Il passait beaucoup de temps, lorsqu'il était pré-adolescent, à effectuer des recherches dans des concordances bibliques : à 12 ans, il se lança dans une étude qui se prolongea jusqu'à deux heures du matin, heure à laquelle son père le découvrit absorbé dans cette activité.[35] À peu près vers la même époque, il consacra officiellement sa vie au service de Dieu — il évoquera lui-même parfois l'âge de 15 ans pour cette dédicace, oscillant entre 12 et 15 ans selon les occasions.[36]

Alors qu'il était encore adolescent, il quitta l'Église presbytérienne pour rejoindre Plymouth Congregational Church, la seule église congrégationaliste d'Allegheny et Pittsburgh jusqu'en 1875, fondée en 1865 par l'American Home Mission Society. Russell data son association à cette église à sa treizième année, ce qui en fait l'un des tout premiers membres.[37] La raison mise en avant dans le récit officiel de la Watch Tower — les « conceptions plus libérales » de cette confession — est cependant trompeuse : les doctrines congrégationaliste et presbytérienne étaient en réalité identiques, toutes deux fondées sur la Confession de Westminster, la seule différence portant sur le mode de gouvernement ecclésiastique.[38] Il fit aussi partie de l'Association chrétienne de jeunes gens (YMCA).[39] Rapidement, il devint enseignant et intendant d'une école du dimanche, et rêva d'embrasser une carrière de missionnaire à l'étranger.[40]

Le premier pasteur de Plymouth Church, Henry D. Moore (né le 4 novembre 1822 à Philadelphie), y fut installé le 13 décembre 1865. Considéré comme un prédicateur de premier ordre et franc-maçon actif, Moore était un millénariste littéraliste qui prêchait sur le retour personnel et visible de Jésus-Christ — son sermon Argument pour le second retour personnel de Jésus-Christ fut publié à Cincinnati en 1874. Il approchait l'interprétation prophétique en cherchant le sens ordinaire et naturel du langage, une méthode que Russell adoptera et revendiquera dans ses propres travaux. Moore quitta Allegheny fin 1867 pour raisons de santé et fut remplacé par Henry Boardman Ensworth, ordonné le 18 décembre 1867.[41]

La YMCA donna à Russell l'occasion de « faire du bien », selon son expression favorite, qui restera dans son vocabulaire pour le reste de sa vie. L'association distribuait des tracts par milliers dans les bars, les hôtels, les usines et dans les rues la nuit. C'est dans ce cadre organisé — et non seul sur la voie publique comme le laisse entendre le récit hagiographique — que Russell pratiquait, à partir de 14 ou 17 ans selon les sources, l'évangélisation en écrivant à la craie des avertissements sur les trottoirs et les murs des maisons, pour inciter les ouvriers à se repentir afin d'échapper aux tourments éternels.[42]

Assez naturellement, Russell croyait tout ce qu'on lui avait enseigné : il pensait à la fois que Dieu était justice et amour, mais croyait aussi aux tourments éternels et à la prédestination. Toutefois, en janvier ou février 1868, à l'âge de 16 ans — il n'allait avoir 17 ans qu'en février de cette même année —, il eut une discussion avec un jeune ami incroyant qui lui fit remarquer la contradiction entre l'idée d'un Dieu aimant et sa volonté de prédestiner des gens aux tourments éternels.[43] L'incroyant utilisa notamment l'argument dit de « Roger Williams » : des fouilles en 1860 avaient montré que les restes du fondateur de Rhode Island avaient été absorbés par les racines d'un pommier, lequel avait produit des pommes mangées par des hommes et des animaux ; cet argument, repris dans un manuel scolaire de chimie alors en usage à Pittsburgh, rendait la résurrection corporelle absurde.[44]

Ébranlé par ce qui lui semblait effectivement contradictoire, Russell commença à questionner sa foi et à interroger des membres du clergé, ce qui le fit rapidement passer pour quelqu'un sur le point de devenir incroyant. Plusieurs dirigeants locaux de son église fixèrent avec lui un rendez-vous pour répondre à ses questions, Bible à l'appui ; la réunion ne fit cependant que renforcer ses doutes, et il répondit : « Je crois que Dieu est parfait en sagesse, en puissance, en justice et en amour, et je refuse de croire qu'une chose contraire à Son caractère est une révélation venant de Lui. Par conséquent, je ne crois pas qu'Il a donné la Bible comme Sa révélation ; car s'Il l'avait donnée comme telle, elle serait en accord avec Sa sagesse, Sa puissance, Sa justice et Son amour. »[45] Par cette phrase, Russell montra que, désormais, il n'accepterait une doctrine que si elle s'accordait avec l'idée qu'il se faisait de Dieu. Ses premiers écrits témoignent d'une influence puissante de l'esprit rationaliste de son époque : dès l'adolescence, il ne cessa de s'interroger sur la façon dont un Dieu tout-aimant pouvait condamner les pécheurs à des tourments éternels.[46]

Le pasteur Ensworth convoqua alors une session ecclésiastique à laquelle participèrent notamment des professeurs du séminaire théologique presbytérien d'Allegheny. Cette session rendit les questions à Russell avec l'aveu qu'on ne pouvait y répondre de façon satisfaisante. Russell demanda peu après une lettre de renvoi, acte formel de son retrait de Plymouth Congregational Church. Ensworth lui-même quitta Allegheny en juillet 1868 pour une paroisse de remplacement à Philadelphie, avant d'abandonner définitivement le calvinisme pour rejoindre l'Église épiscopalienne en 1874.[47]

Russell cessa de prêcher, rejeta l'Ancien Testament — et le Nouveau parce qu'il le citait — et ne crut plus que la Bible était la Parole de Dieu ; il croyait toutefois toujours en Dieu, du fait de l'ordre qu'il observait dans la nature.[48] Il se mit alors à enquêter sur différentes religions et philosophies incluant l'islam, le confucianisme, le bouddhisme, le taoïsme, l'hindouisme et le judaïsme, mais ne trouva dans aucune de ces traditions une réponse qui s'accordât avec ses propres conceptions. Selon P. S. L. Johnson, associé de Russell, cette étude fut brève et superficielle : Russell commença par la religion chinoise, la rejeta sur la foi d'un récit de création, puis rejeta l'hindouisme et le bouddhisme pour des raisons similaires, et l'islam au moins en partie parce qu'il se fondait sur l'Ancien Testament — il avait vraisemblablement lu un résumé abrégé de ces systèmes plutôt que leurs textes fondamentaux.[49]

À l'issue de ces explorations infructueuses, il résolut de se consacrer aux affaires familiales avec le souci de gagner assez d'argent pour apporter des secours matériels aux nécessiteux — c'est dans cet état d'esprit qu'il tomba, en 1869 ou 1870, sur la prédication de Jonas Wendell.[50] Sa fréquentation de réunions adventistes raviva sa foi. Russell lui-même décrit l'événement en ces termes dans la Tour de Garde de mai 1890 : « Ce qui semblait n'être qu'un hasard me conduisit, un soir, à me glisser dans une salle poussiéreuse et sombre où j'avais entendu dire que des réunions religieuses avaient lieu, pour voir si la poignée de personnes qui s'y rassemblait avait quelque chose de plus raisonnable à proposer que les confessions de foi des grandes Églises. C'est là que, pour la première fois, j'entendis exposer les positions des Seconds Adventistes par le prédicateur, M. Jonas Wendell. » La réunion se tint à Quincy Hall, Lacock Street, non loin de la résidence des Russell.[51] Russell ne devint pas pour autant un « second-adventiste » à ce moment-là ni, de son propre point de vue, jamais par la suite : presque immédiatement, il contacta plusieurs amis qui commencèrent à étudier les Écritures avec lui, formant peu à peu un mouvement distinct.[52]

Ressources sur le sujet

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  1. Bruce W. Schulz et Rachel de Vienne, Identité Séparée (A Separate Identity), Fluttering Wings Press, vol. I, pp. 1, 55 ; Bernard Blandre, La préhistoire des témoins de Jéhovah, Éditions de l'AEIMR, p. 157–158.
  2. C. Woodworth et G. Fisher, The Finished Mystery, Watch Tower Society, 1917, p. 53.
  3. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 2.
  4. Blandre, op. cit., p. 152 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 3.
  5. Zydek, 2010, p. 3
  6. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 3.
  7. La Tour de Garde (anglais), 1er janvier 1955, article "Part 1—Early Voices (1870–1878)", p. 7 ; M. James Penton, Apocalypse Delayed, University of Toronto Press, 1997, p. 14.
  8. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 6.
  9. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 4, 7, 17–18.
  10. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 4.
  11. Blandre, op. cit., p. 153–154 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 7.
  12. Zydek, 2010, pp. 7-9
  13. Penton, op. cit., p. 15 ; Wills, 2006, p. 3.
  14. Penton, op. cit., p. 14.
  15. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 8.
  16. Blandre, op. cit., p. 153 ; Penton, op. cit., p. 15.
  17. Watch Tower Bible and Tract Society, 1993, p. 43
  18. Blandre, op. cit., p. 154.
  19. Blandre, op. cit., p. 154.
  20. Zydek, 2010, p. 49 ; Blandre, op. cit., p. 152 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 48.
  21. Wills, 2006, p. 3
  22. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 20.
  23. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 31.
  24. Penton, 1997, p. 14
  25. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 17.
  26. Watch Tower Bible and Tract Society, 1971, p. 17
  27. Penton, op. cit., p. 14 ; Wills, op. cit., p. 3 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 27.
  28. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 46–47.
  29. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 48.
  30. La Tour de Garde (anglais), 1916, pp. 170, 171 ; cité par Watch Tower Bible and Tract Society, 1971, p. 14
  31. Wills, op. cit., p. 3.
  32. Zion's Watch Tower (anglais), 1er août 1905, R3608, p. 237, article "In the days of thy youth"
  33. Jones, L. W., Ce que le Pasteur Russell a dit, Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, format pdf, pp. 280-81 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 5–6.
  34. Zion's Watch Tower (anglais), 1er novembre 1904, R3456, p. 335
  35. WTBTS (1975) (français), Annuaire des Témoins de Jéhovah, pp. 34, 35
  36. Zion's Watch Tower (anglais), 1er juin 1914 ; R5477, p. 175 ; Wills, op. cit., p. 3 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 27.
  37. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 22.
  38. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 23.
  39. La Tour de Garde (anglais), 1916, pp. 170, 171 ; cité par Watch Tower Bible and Tract Society, 1971, p. 14
  40. Wills, 2006, p. 3
  41. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 22–23, 30.
  42. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 31 ; Penton, op. cit., p. 14 ; Pastor Russell's Sermons (anglais), p. 517.
  43. Blandre, op. cit., p. 154–155 ; Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 34.
  44. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 35–36.
  45. « Biographie de Charles Taze Russell (1852-1916), section 'Les jeunes années' », Mouvement Missionnaire Intérieur Laïque, ctrussell.fr. Consulté le 10 août 2011
  46. Penton, op. cit., p. 15.
  47. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 38–39.
  48. Wills, 2006, p. 4
  49. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, p. 45 ; Blandre, op. cit., p. 155.
  50. Blandre, op. cit., p. 155.
  51. Schulz et de Vienne, op. cit., vol. I, pp. 55–56.
  52. Penton, op. cit., p. 15.