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La Tour de Garde de Mars 1881

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La Tour de Garde de Mars 1881
Revue La Tour de Garde
Date 1881
Année 1881
Éditeur Watch Tower Bible and Tract Society

Ce numéro de mars 1881 porte principalement sur des questions de théologie biblique, en particulier sur la signification de la prêtrise de Melchisédek, le sens des paraboles évangéliques du jugement, et plusieurs points doctrinaux touchant au péché, à la justification, à l'immortalité et à la condition des morts.

Parmi les textes qui y figurent, on trouve un dialogue sur la figure de Melchisédek et ses deux prêtrises types, une réflexion sur la parabole des brebis et des boucs, et plusieurs développements brefs sur des questions posées par des correspondants. Un poème, attribué au British Evangelist et repris après avoir été omis d'un numéro antérieur, y est également publié.

Le numéro contient aussi une série d'articles courts sur des sujets variés : le spiritisme, le péché impardonnable, la liberté chrétienne, la relation entre immortalité et incorruptibilité, ainsi qu'une lettre ouverte et plusieurs réponses à des questions de lecteurs.

Analyse

Croyances

Une Bible ordonnée, comprise peu à peu

Le chiffre trois est mis en avant pour prouver que la Bible contient une véritable science, au même titre que les savoirs sur la nature.[1] La formule est nette : « nous sommes convaincus que le trois est fondamental au ciel et sur la terre ».[2] En 1880, John Henry Paton répondait déjà à l'incroyant qui reprochait à la Bible de manquer de l'ordre des sciences. Selon lui, ce reproche tombe dès qu'on lit la Bible comme un ensemble organisé.[3] Le chiffre trois sert ici le même but : montrer à l'incroyant un ordre caché. Le tabernacle et ses trois compartiments servent de point de départ.[4] En novembre 1880, ces trois espaces représentaient déjà trois états successifs du Christ et deux naissances du croyant.[5]

Parmi les exemples du chiffre trois figure un Dieu « Trine », Père, Fils et Esprit saint, fondé sur l'ordre de baptiser de Matthieu 28:19.[6] Cette formule montre qu'à cette date, la Trinité n'est pas rejetée dans la revue. En revanche, les « trois témoins » retenus sont ceux de la terre : l'Esprit, l'eau et le sang de 1 Jean 5:8.[7] La phrase voisine sur le Père, la Parole et l'Esprit « dans le ciel » n'est pas mobilisée. Cette phrase manque dans les premiers manuscrits grecs, et Érasme ne l'a ajoutée à son édition qu'en 1522, sous la pression, tout en disant ses doutes.[8]

La même idée d'ordre caché explique la parabole des armoires. Le chercheur trouve d'abord une nourriture simple, puis les armoires s'ouvrent une à une, et la joie grandit avec chaque trésor découvert.[9] La vérité est donc présentée comme donnée par étapes. Dès juillet 1879, le verset sur le sentier du juste qui s'éclaire « jusqu'au plein jour » servait à expliquer pourquoi les enseignements du groupe étaient absents de la tradition chrétienne.[10] Ce vocabulaire de la nourriture donnée au bon moment vient du milieu adventiste. En 1870, Jonas Wendell, qui avait marqué le jeune Russell, publiait La Vérité présente, ou la nourriture de saison.[11] L'historien James Penton voit dans cet appel à une « lumière nouvelle » un moyen courant, chez les groupes qui annoncent la fin, de réclamer un savoir à part et donc une autorité à part.[12] Le conseil donné à frère Baldwin va dans ce sens : pour comprendre, il doit relire plusieurs fois les brochures, puis Day Dawn.[13] Le lecteur est donc renvoyé aux écrits du groupe pour avancer dans la Bible.

Le Christ, prêtre et victime, sans chair déchue

La réflexion sur la Bible mène à la personne du Christ. Celui-ci est décrit comme « fait un peu inférieur aux anges pour la souffrance de la mort », mais pas comme porteur d'une nature humaine déchue.[14] Ce refus prend parti dans un vrai débat du XIXᵉ siècle. Le pasteur écossais Edward Irving soutenait que le Christ avait pris une nature humaine « déchue », sans jamais pécher. Il fut accusé par le presbytère de Londres en 1830, puis privé de son ministère par l'Église d'Écosse en 1833.[15] Le texte de mars 1881 suit une autre voie. Il reprend presque mot pour mot l'enseignement de George Stetson, mort en 1879, pour qui Jésus descendait d'Abraham et de David tout en étant sans péché parce qu'engendré du Saint-Esprit.[16] L'opposition entre Adam « créé » et le Christ « engendré de Dieu » précise ce point.[17]

Cette nature sans péché permet au Christ de mourir comme un sacrifice valable. Sa mort est décrite comme volontaire. Il est à la fois le prêtre, par sa nature divine, et la victime, par sa nature humaine, comme Aaron et la bête offerte.[18] Au moment où la divinité abandonne l'humanité de Jésus, celui-ci baisse la tête et meurt.[19] On retrouve là encore Stetson. Selon lui, l'Esprit avait quitté Jésus sur la croix, au cri « pourquoi m'as-tu abandonné ? », et c'est un homme seul qui donnait sa vie.[20]

Le verset de Daniel 9:26 change ici d'usage. En août et novembre 1879, la formule « mais non pour lui-même » servait à prouver que la mort du Christ remplaçait celle des hommes.[21][22] En mars 1881, le même verset sert surtout à dater cette mort : « Après les soixante-deux semaines, le Messie sera retranché, mais non pour lui-même ».[23] Le calcul écarte l'idée que toute la vie de Jésus, depuis sa naissance, aurait été sa mort.[24]

La prêtrise de Melchisédek complète le tableau. Le dialogue refuse de voir en Melchisédek le Christ lui-même, sous prétexte qu'il n'a ni père ni mère.[25] Cette identification avait une longue histoire. Beaucoup de chrétiens anciens voyaient en Melchisédek une apparition du Christ avant sa naissance humaine. La secte des melchisédéciens, attribuée à Théodote le banquier, en faisait même une puissance céleste supérieure au Christ.[26] Le refus repose sur l'argument que le Christ a un Père, une mère et qu'il est vraiment mort.[27] Les deux prêtrises deviennent alors deux étapes : celle d'Aaron pour le temps des souffrances, celle de Melchisédek pour le règne. Le principe « pas de croix, pas de couronne » les relie.[28] L'idée que le « corps » du Christ doit compléter ses souffrances vient peut-être de Benjamin Keith. En octobre 1878, celui-ci écrivait que, sans la souffrance du corps, le plan de Dieu échouerait.[29]

Le chemin du petit troupeau, de la justification au changement de corps

Le principe « pas de croix, pas de couronne » s'applique ensuite au croyant. Le parcours compte trois étapes : la justification, la sanctification et la rédemption, à prendre dans cet ordre.[30] La justification repose sur un échange : Jésus est traité en pécheur à la place du croyant, qui est traité en juste à sa place.[31] En février 1881, cet échange tenait déjà en une formule : « il a porté nos péchés ; nous portons sa justice ».[32] Penton souligne que cette idée de substitution diffère beaucoup de la tradition. Pour Russell, le Christ est seulement un homme, mort à la place d'Adam, et il paie pour Adam et toute sa descendance.[33]

Ce pardon déjà reçu explique la critique des chrétiens qui se disent, dans leurs réunions, de « misérables pécheurs ».[34] La formule vient de la prière anglicane : la litanie du Book of Common Prayer répète « aie pitié de nous, misérables pécheurs ».[35] Une habitude de piété très répandue est donc jugée contraire à la foi, parce qu'elle prive le croyant de la paix du pardon.[36]

La consécration consiste à « consacrer ou donner notre volonté, notre temps, nos talents, notre vie ».[37] La volonté humaine est alors considérée comme morte. Une « nouvelle créature » naît, encore à l'état d'embryon, et grandit jusqu'au changement de corps.[38] Ce changement est décrit comme instantané, « en un clin d'œil ». Une mise en garde vise ceux qui se croiraient déjà changés.[39] Cette prudence a un contexte précis. En février 1881, le changement des saints était attendu au cours de l'année 1881, peut-être à l'automne, et il était séparé du mariage avec l'Époux.[40] Mars 1881 maintient cette séparation : le changement prépare seulement le mariage.[41]

Les trois baptêmes décrivent le même chemin d'une autre façon. Le baptême de feu désigne d'abord le jugement de la nation juive, puis les épreuves de chaque chrétien, jusqu'au « baptême dans la mort ».[42] Cette lecture s'appuie sur une parole de Jésus : dans Luc 12:50, le « baptême » qu'il doit recevoir désigne sa souffrance et sa mort, et non un bain d'eau.[43] La critique de l'église nominale vise ceux qui croient « naviguer vers le paradis porté par des brises légères ».[44] Pour appuyer l'idée que la souffrance est nécessaire, les textes puisent dans des récits édifiants très répandus. L'image du raffineur d'argent, tirée de Malachie 3:3, circulait dans les milieux protestants sans origine établie.[45] L'histoire de Macaire, qui envoie un disciple insulter puis flatter un mort, vient des récits des Pères du désert.[46] Une leçon de moines de l'Antiquité sert donc à décrire la mort à soi-même attendue du petit troupeau.[47]

L'immortalité réservée aux saints, la destruction pour les méchants

Le changement de corps mène à la question de l'immortalité. L'étude des mots grecs aphtharsia, aphthartos et athanasia rapporte l'immortalité aux saints ressuscités et changés.[48] « Ces deux mots reçoivent le sens d'immortel, selon les lexicographes », est-il rappelé, en s'appuyant sur Liddell et Scott.[49] En décembre 1879, l'immortalité était déjà présentée comme obtenue seulement en Christ, et non possédée par nature.[50] Cette idée vient de George Storrs. Après avoir lu un tract d'Henry Grew en 1837, Storrs devint le principal défenseur américain de l'idée que l'homme n'a pas d'âme immortelle et ne reçoit la vie éternelle que comme un don.[51]

Le sort des méchants découle de ce principe. Les « boucs » subissent une « destruction éternelle », et Satan est anéanti dans la seconde mort.[52] Pour défendre ce point, la revue s'appuie sur un auteur respectable : Richard Whately, archevêque anglican de Dublin. Il avait publié en 1829 un ouvrage sur l'état futur selon l'Écriture, réédité huit fois.[53] Whately pensait que seule la révélation, et non la raison, fonde l'espoir d'une vie après la mort.[54] Citer un archevêque permet de montrer que le refus du tourment éternel n'est pas propre aux adventistes.[55]

Ceux qui ne sont pas changés retrouvent un corps naturel. C'est le cas des enfants morts en bas âge : ils ressuscitent avec un corps naturel et reprennent leur croissance.[56] Cette réponse suit la distinction posée en juillet 1879 : le second Adam rend à tous la vie naturelle perdue par Adam, le corps spirituel restant réservé aux croyants.[57] En octobre 1879, la même opposition fondait deux lignées, l'une issue du premier Adam, l'autre du second.[58] Le cas de Moïse à la Transfiguration se règle par le même partage. Comme il est mort, il ne peut avoir un corps spirituel avant le Christ, et l'épisode est appelé une « vision ».[59] Le mot grec horama de Matthieu 17:9 veut dire « ce qui est vu ». Certains Pères de l'Église, comme Irénée et Tertullien, lisaient déjà la scène comme une vision.[60] Le corps spirituel reste invisible aux hommes, comme celui du Christ revenu. Cette idée était exposée dans le Herald of the Morning dès octobre 1875.[61]

Toute l'humanité rachetée, un petit troupeau choisi

Si l'immortalité est réservée aux saints, le salut ne s'y limite pas. À la demande de prier pour une famille « plongée dans le péché », la réponse affirme que toute la famille humaine est déjà rachetée et recevra au « temps convenable » une pleine délivrance.[62] Le lien entre la rançon et cette restauration de tous avait été établi par le groupe de Russell vers 1873. Russell expliqua plus tard qu'avant de comprendre la rançon, il doutait que les enfants morts sans comprendre soient concernés par la résurrection.[63] La réponse sur les enfants ressuscités applique donc directement cette idée.[64] Storrs fondait déjà cette vue sur l'amour de Dieu : aucun humain n'est tenu à l'écart du sacrifice du Christ.[65]

La parabole des brebis et des boucs entre dans ce cadre. Elle décrit le jugement d'une humanité restaurée qui retrouve la domination d'Adam, sous l'autorité de Dieu.[66] L'historien Tony Wills relève que Russell appliquait cette parabole au règne de mille ans.[67] Pour leurs adversaires, cette chance offerte après la mort était une erreur grave. En 1878, le méthodiste chargé de transcrire un sermon d'un pasteur rallié à ces idées marqua d'une croix chaque passage sur ce sujet.[68] Les six mille ans du règne de l'adversaire reprennent aussi un repère de Storrs, qui situait son époque dans le sixième millénaire.[69]

La même répartition vaut pour Israël. La semence charnelle d'Abraham reçoit des promesses terrestres, la semence spirituelle des promesses célestes, et l'aveuglement d'Israël n'est que partiel.[70] C'est la ligne de juillet 1879, qui annonçait une restauration nationale d'Israël distincte de l'espérance de l'Église.[71] Le tribut payé par Abraham à Melchisédek sert d'image : Israël selon la chair servira alors l'Israël spirituel.[72] La question d'un lecteur sur l'origine israélite des Américains et des Anglais renvoie à une mode de l'époque. Edward Hine avait publié en 1871 un livre identifiant la nation britannique aux tribus perdues, vendu, dit-on, à 250 000 exemplaires, et il fonda une société sur ce thème en 1880.[73] Le politologue Michael Barkun décrit ce mouvement victorien comme un courant qui attendait la fin du monde et restait favorable aux Juifs.[74] La réponse ne tranche pas. Elle juge la question sans effet sur la vocation céleste et craint qu'une telle origine, si elle était connue, aveugle ces peuples.[75]

La prière doit suivre ce partage. Demander l'entrée d'une personne dans l'épouse revient à vouloir aider Dieu dans son choix, et la réponse rappelle : « vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal ».[76] Le rachat de tous rend inutile une prière inquiète pour le salut des proches.[77]

La moisson de quarante ans jusqu'en 1914

Ce plan s'inscrit dans un calendrier. La moisson de l'âge chrétien dure quarante ans, comme celle de l'âge juif qui s'achève en 70, et elle va jusqu'à l'année 1914 incluse.[78] L'expression est claire : « Nous croyons que ce doit être l'Aube du Jour jusqu'en 1914 ».[79] En mars 1880, 1914 marquait déjà la fin des Temps des Gentils, au terme de 2 520 ans comptés depuis 606 avant notre ère.[80] En mai 1880, l'âge chrétien, clos en 1878, était prolongé de trente-sept ans jusqu'en 1914, sur le modèle de l'intervalle entre l'an 33 et l'an 70.[81] Mars 1881 compte autrement : la moisson entière couvre quarante ans, de 1874 à 1914. Ce chiffre de quarante ans vient de Nelson Barbour. En 1875, celui-ci avait déjà retiré quarante ans à 1914 pour retrouver 1874, sur le modèle des quarante ans séparant le début du ministère de Jésus de la prise de Jérusalem.[82] Barbour avait mentionné 1914 pour la première fois en septembre 1875 dans le Herald of the Morning.[83]

Le sens donné aux années après 1878 change aussi. Ce temps supplémentaire est présenté comme une marque de la patience de Dieu, qui veut que personne ne périsse.[84] En novembre 1879, l'Église nominale était présentée comme rejetée au printemps 1878, en s'appuyant sur Apocalypse 3:16 : Laodicée est vomie de la bouche du Seigneur.[85] En mars 1881, le verset retenu est Apocalypse 3:19 : « tous ceux que j'aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et repens-toi ».[86] La même église tiède reçoit donc un appel à se repentir, et plus seulement une condamnation. Le lecteur resté dans une Église a encore le temps de rejoindre le blé.[87] Penton résume la souplesse de ces calendriers par une formule de Melvin Curry : la chronologie biblique est une pâte à modeler qu'on étire selon les besoins.[88]

Une Église faite d'individus, libre et sans compromis

La moisson rassemble des individus, et non des Églises entières. L'image de la vigne le dit : l'Église n'est pas une « branche » méthodiste ou baptiste, mais une vigne dont chaque chrétien est une branche, relié directement au Christ.[89] Le mot « branche » avait alors un sens précis dans le monde anglais. Depuis le traité de William Palmer en 1838, la « théorie des branches » faisait de l'Église une seule Église formée des branches romaine, grecque et anglicane, à condition de garder la succession des évêques.[90] Rien ne montre que la revue vise Palmer. Mais elle refuse le même vocabulaire, appliqué cette fois aux dénominations protestantes.[91] Wills explique que, pour Russell, la vraie Église réunit des consacrés présents dans toutes les dénominations ou hors d'elles.[92]

Ce lien direct au Christ s'accompagne d'une défense de la liberté de penser. La règle est posée ainsi : « La vraie doctrine n'est pas notre droit de penser par nous-mêmes, mais le droit de l'autre homme de penser par lui-même ».[93] Cette maxime est empruntée à un journal baptiste de New York, l'Examiner and Chronicle, publié par Edward Bright de 1865 à 1881.[94] Un petit groupe en désaccord avec les grandes Églises reprend donc la défense baptiste des minorités religieuses. La liberté laissée à l'autre n'empêche pas de combattre son erreur, sans confondre la personne et ce qu'elle enseigne.[95] Les travaux sur les minorités religieuses relèvent cette tension entre doctrines très exclusives et appel à la tolérance.[96]

Le refus du compromis s'appuie sur la querelle entre Luther et Érasme. Luther reproche à Érasme de vouloir marcher sur des œufs sans les briser.[97] Leur conflit avait abouti en 1525 au De servo arbitrio, la réponse de Luther à Érasme, souvent présenté comme un homme qui préférait une paix désavantageuse à une guerre juste.[98] Le prédicateur baptiste Spurgeon, cité au même endroit, jugeait que tout compromis sur la vérité repose sur le mensonge.[99] La liberté accordée aux autres et la fermeté sur sa propre doctrine sont ainsi présentées comme compatibles.[100]


Organisation et histoire

Une rédaction ouverte qui garde la main sur la doctrine

John C. Sunderlin a été invité à écrire pour la revue. Son nom rejoint la liste des collaborateurs, et « ce numéro contient deux articles de sa plume ».[101] Sunderlin avait été ordonné pasteur méthodiste en 1870 et avait prêché dans plusieurs paroisses. En se rapprochant de Russell, il a quitté ce ministère et repris son métier de photographe.[102] Il apparaît pour la première fois dans la revue avec une lettre publiée en octobre 1880.[103] En cinq mois, il passe donc du statut de lecteur à celui d'auteur. Dans sa lettre, cet ancien pasteur se présente comme un simple « rameau » de la vigne et non comme le membre d'une Église.[104]

Ce cercle d'auteurs existe depuis le départ. Le premier numéro de juillet 1879 nommait cinq collaborateurs réguliers : Paton, Mann, Keith, Rice et Jones. Rice a été retiré de la liste en mai 1880 sans avoir rien écrit, et Lizzie A. Allen l'a remplacé.[105] L'arrivée de Sunderlin élargit ce groupe.

L'ouverture a pourtant une limite. Un lecteur demande si l'éditeur est entièrement d'accord avec des articles récents signés du « frère Jones ». L'éditeur répond qu'il l'est sur le fond. Il ajoute toutefois que deux auteurs n'expriment jamais une idée avec les mêmes mots. Puis il corrige un point : le passage au corps spirituel ne se fait pas peu à peu, il se produit « changés en un moment, en un clin d'œil ». Il met aussi en garde contre l'idée qu'on serait, soi-même ou un autre, déjà changé.[106] La correction vise un proche. En janvier 1881, c'est un article signé A. D. J. (Albert Delmont Jones) qui démontrait le plus en détail que l'automne 1881 serait la date du changement des croyants encore vivants.[107] Jones avait été employé dans les magasins de Russell. Il avait publié Day Dawn et, en janvier 1881, il donnait chaque soir des conférences à Brooklyn.[108] L'éditeur nuance donc en public l'un de ses principaux collaborateurs, devant tous les lecteurs. C'est lui qui garde le dernier mot sur ce que la revue enseigne.

Le courrier des lecteurs fonctionne de la même façon. Les correspondants sont nommés. Amon Hipsher est un riche fermier d'Ames, dans l'Iowa. En décembre 1874, il avait été élu président d'une conférence de l'Église de Dieu de tendance One Faith.[109] Lorenzo J. Baldwin, petit fermier de l'Iowa, est actif dans ce même milieu.[110] Ces lecteurs ne viennent donc pas d'un groupe créé par Russell. Ils viennent de petites Églises qui attendaient elles aussi un royaume sur la terre. Leurs questions arrivent toutes au même bureau. Les réponses sont imprimées sous leur nom et servent donc à tous les autres lecteurs.[111] L'historien Joshua King a montré comment, dans la Grande-Bretagne du XIXᵉ siècle, des lecteurs se servaient de l'imprimé pour se sentir membres d'une communauté chrétienne à distance.[112] D'autres travaux observent que les périodiques religieux de cette époque cherchent moins à convertir qu'à souder un groupe de croyants autour d'une doctrine commune.[113] La lettre signée « M. C. » montre aussi que la piété des lecteurs peut être corrigée. Prier pour qu'une famille entre dans l'« épouse » du Christ est jugé présomptueux : il n'appartient pas aux croyants d'aider le Seigneur à choisir.[114]

Des lecteurs devenus diffuseurs, un petit nombre de livres de référence

Un correspondant demande s'il faut lire les brochures avant de les distribuer. On lui répond qu'on risque sinon de répandre un « poison moral » sans le savoir. Chacun doit donc vérifier le contenu lui-même avant de le transmettre.[115] La consigne date de janvier 1881. Le premier supplément de brochure était alors joint au numéro, avec des envois de vingt-cinq exemplaires au plus et la demande de lire chaque brochure avant de la donner.[116] En février, Russell rappelait que ces brochures s'adressaient aux « chrétiens qui réfléchissent » et qu'elles paraîtraient une « folie » à l'homme ordinaire. Elles n'étaient pas faites pour convertir les incroyants.[117] Russell demandait de les distribuer aux seuls chrétiens intéressés.[118] L'urgence annoncée en décembre 1880 était ainsi devenue une consigne de diffusion.[119] Le lecteur devient un maillon de la diffusion, mais il doit choisir à qui il donne.

Les réponses renvoient sans cesse aux mêmes publications. À Baldwin, qui pose trop de questions, on fixe un ordre de lecture : relire trois ou quatre fois les brochures, puis lire Day Dawn.[120] À Hipsher, on répond seulement par un renvoi à une page.[121] Day Dawn sert aussi de référence pour un calcul de dates dans l'exposé sur les trois baptêmes.[122] Ce livre sort du même cercle. John Paton l'a écrit en sept semaines à partir de ses notes de sermons, à l'automne 1879, à la demande de Jones, qui en a payé tous les frais. C'était le premier exposé suivi de la doctrine depuis Three Worlds de Nelson Barbour.[123] Les questions des lecteurs ramènent donc toujours à un petit ensemble de textes produits par les rédacteurs eux-mêmes.

La gratuité sert la même diffusion. Les abonnés qui disent être très pauvres sont rassurés : « si vous êtes très pauvres, nous ne voulons pas que vous nous envoyiez d'argent ». Il leur suffit de faire connaître leur besoin.[124] Ce n'était pas une première. En 1879, le recueil de cantiques Songs of the Bride avait été envoyé à chaque abonné, qui ne payait que s'il en avait les moyens.[125] En septembre 1880, les frères prédicateurs liés à la revue ne demandaient ni salaire ni frais de voyage.[126] D'après les recherches de Schulz et de Vienne, seuls le Herald of the Morning et cette revue, parmi les périodiques qu'ils ont étudiés, offraient l'abonnement gratuit aux pauvres.[127] L'argent compte moins que le nombre de lecteurs atteints.

Des textes qui renvoient les uns aux autres

Le texte conservé de ce numéro porte des notes de rééditeur. L'une signale un poème placé ici faute de place ailleurs. D'autres indiquent que l'article sur les brebis et les boucs, sauf quelques paragraphes, ainsi que ceux sur le spiritisme et sur le péché impardonnable, se lisent dans d'autres numéros de la série.[128] Le numéro lu aujourd'hui n'est donc pas tout à fait celui que recevaient les abonnés. La réponse à Hipsher le montre. En mars 1881, l'article « Unpardonable Sin » figurait à la page 3 de ce même numéro, et c'est à cette page que l'éditeur renvoie son lecteur.[129]

Dans l'original, les articles de doctrine et le courrier se répondent donc à l'intérieur d'un même numéro. Ils se répondent aussi d'un numéro à l'autre. La nouvelle lecture de la parabole des brebis et des boucs est présentée comme en accord avec un article de décembre 1880, « La domination restaurée ».[130] Le sens du mot « branche » chez Sunderlin renvoie à un enseignement déjà donné.[131] La revue se sert d'elle-même comme d'un ouvrage de référence que ses lecteurs sont censés garder et relire.

Entre emprunts évangéliques et conscience de minorité

Une bonne partie des pages vient de l'extérieur. Le poème sur l'épouse qui veille vient du British Evangelist. Le plaidoyer pour la liberté chrétienne vient du New York Examiner, et le récit du « loup de fer » du Friendly Companion. S'y ajoutent deux textes de Spurgeon, un récit d'Horatius Bonar, un développement de l'archevêque Whately et une maxime de Pascal.[132] Ces sources dessinent un milieu précis. Le British Evangelist était dirigé depuis 1869 par William Reid, avec W. P. Mackay, dans le milieu des Frères.[133] Le Friendly Companion était une revue pour enfants fondée en 1865 par John Gadsby. Elle était liée au Gospel Standard, le mensuel des baptistes dits « stricts ».[134] L'Examiner était un hebdomadaire baptiste de New York, publié par Edward Bright & Co. de 1865 à 1881.[135] Richard Whately, archevêque anglican de Dublin, avait publié en 1829 un livre sur la vie future. Il y doutait qu'on puisse prouver l'immortalité de l'âme par la seule raison.[136] La revue puise donc encore largement dans la presse protestante de langue anglaise.

Le texte sur la liberté chrétienne est pourtant choisi par un petit groupe qui se sent minoritaire. Il soutient que les persécutés deviennent souvent persécuteurs dès qu'ils ont le pouvoir. Il défend surtout le droit de l'autre à penser autrement, en particulier quand il appartient à une minorité.[137] Selon lui, « rien ne peut garantir plus sûrement la préservation de la liberté chrétienne pour quiconque que sa concession pour tous ».[138] L'idée était déjà familière dans ce milieu. En 1876, George Storrs acceptait que des croyants se réunissent en Église locale, à condition de ne pas s'enchaîner à des opinions que l'étude honnête ne pourrait plus changer.[139] Le même numéro refuse d'ailleurs de reconnaître la moindre Église comme une « branche » de la vigne.[140]

La question sur l'origine israélite des peuples américain et anglais montre comment le groupe se situe face à un autre courant de son temps. En Angleterre, cette idée était défendue par John Wilson dès 1840, puis par Edward Hine, qui disait avoir vendu 250 000 exemplaires de son livre de 1871.[141] Le politologue Michael Barkun y voit, à l'époque victorienne, un mouvement d'attente de la fin des temps, plutôt favorable aux Juifs.[142] L'idée n'était pas étrangère à l'entourage de Russell. En 1850, Storrs avait présenté le livre de Wilson aux lecteurs du Bible Examiner, puis il l'avait réédité. Paton lui-même trouvait la thèse séduisante.[143] La réponse ne l'adopte pas et ne la réfute pas non plus. Elle la déclare sans importance pour l'appel au ciel. Elle ajoute qu'une telle origine, si elle était connue, risquerait même d'aveugler ces peuples, comme Israël l'avait été.[144] Le groupe reste proche du protestantisme par ses lectures, mais il ramène déjà chaque question à sa propre doctrine.


Contenu

La Prêtrise selon Melchisédek

La suite d'un article commencé dans un numéro antérieur[145] prend la forme d'un dialogue entre deux interlocuteurs désignés par les lettres A et B, consacré à la figure biblique de Melchisédek, roi de Salem évoqué dans la Genèse et dans l'épître aux Hébreux. B avance l'idée que l'absence de père ou de mère attribuée à Melchisédek dans le texte biblique pourrait suggérer qu'il s'agit en réalité de Jésus-Christ lui-même. A réfute cette identification en rappelant que Christ a lui-même invoqué son Père, citant ses paroles « Père, pardonne-leur » et « Père, glorifie-moi »[146]. La formule de Hébreux 7:3 est examinée à travers la traduction de Wakefield, rendue ainsi : « De qui, ni le père, ni la mère, ni la généalogie, ni la naissance, ni la mort, nous n'avons aucun compte », mise en parallèle avec la tenue de registres généalogiques précis chez les Lévites, qui permettait à tout prétendant à la prêtrise de prouver sa filiation[147].

La traduction du Diaglott est également citée pour ce même verset, affirmant que Melchisédek demeure prêtre perpétuellement, « sans père, sans mère, sans généalogie, n'ayant ni commencement de jours ni fin de vie, mais ayant été rendu semblable au Fils de Dieu » [148]. Deux lectures sont opposées : celle de Wakefield, selon laquelle le texte signifie seulement qu'aucun registre n'existait concernant la naissance ou la mort de Melchisédek, et une autre selon laquelle Hébreux 7:8 impliquerait, à l'image d'Hénoch et d'Élie, que Melchisédek n'est pas mort mais a été « transporté »[149]. Le verset est cité en ce sens : « Ici, en effet, des hommes (la prêtrise lévitique) perçoivent les dîmes, eux qui meurent ; mais là, quelqu'un (Melchisédek) dont il est attesté qu'il vit » [150].

Face à l'insistance de B, qui voit dans cette absence de mort un argument supplémentaire en faveur d'une identification à Christ, A répond que c'est au contraire la preuve du contraire : Melchisédek ne meurt pas, tandis que Christ, selon les propres mots de Paul, « Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, a goûté la mort pour tout homme » [151]. Il en découle que Christ, ayant eu un Père sur le plan spirituel et une mère sur le plan terrestre, et étant effectivement mort « pour nos péchés », ne peut être la même personne que Melchisédek[152].

B demande alors pourquoi deux prêtrises distinctes sont données et mises en contraste. A explique que l'œuvre de Jésus est trop vaste et variée pour être illustrée par un seul type biblique (terme technique désignant une préfiguration) : David préfigure sa puissance royale dans la défaite des ennemis, Salomon son règne de paix millénaire et sa sagesse, mais ces deux figures restent des types imparfaits puisque leurs royaumes ont connu une fin[153]. La prêtrise d'Aaron est présentée comme préfigurant la prêtrise chrétienne pendant la période où Christ et son corps souffrent et meurent, jusqu'à leur apparition dans la gloire du royaume ; c'est à l'endroit où cesse le type aaronique que commence le type melchisédekien, caractérisé non par la mort et le sacrifice mais par le règne et la bénédiction, à la fois royale et sacerdotale[154].

Un événement marquant de ce règne futur est annoncé : la bénédiction des descendants naturels d'Abraham, préfigurée en Genèse 14:18-20 lorsque Melchisédek, roi de Salem, bénit Abraham. Il en est tiré l'idée que « l'aîné » (Israël selon la chair) servira alors « le plus jeune » (l'Israël spirituel), payant tribut et hommage comme Abraham le fit envers Melchisédek[155]. La citation de Paul selon laquelle « S'il était sur la terre, il ne pourrait être prêtre » est reprise pour préciser que Jésus, issu de la tribu royale de Juda, n'a pas usurpé la fonction sacerdotale lévitique : son offrande s'est faite sur l'autel que constitue la terre elle-même, et son sang a été présenté non dans les lieux saints faits de main d'homme, mais dans les lieux réels dont ceux-ci ne sont qu'un type ou une ombre[156]. Il est annoncé qu'une fois le sacrifice achevé — la part de souffrance et de mort laissée à combler par le « corps » de Christ, c'est-à-dire les chrétiens fidèles — ceux-ci « apparaîtront avec lui » pour bénir les peuples, cette fois avec une puissance royale unie à la fonction sacerdotale, cette prêtrise devant alors durer éternellement[157]. La formule finale résume la complémentarité des deux types : « pas de croix, pas de couronne », le type aaronique montrant la nécessité de mourir avec Christ, le type melchisédekien montrant la vie et la glorification à venir avec lui[158].

Attendre et veiller

Un poème signalé comme ayant été omis par erreur de sa place normale dans la réimpression du numéro d'avril 1880[159] met en scène une figure féminine — « l'épouse et reine » — qui attend et veille tout le jour, priant malgré sa solitude, comparée à une colombe sur une mer agitée par la tempête. Le texte évoque un contexte de guerre répandue sur la terre, de détresse parmi les nations, d'hommes dont le cœur défaille de crainte devant les malheurs à venir, de famine et de peste, de moqueurs méprisant la parole de Dieu et de l'amour de beaucoup qui se refroidit[160]. Malgré ce tableau, l'épouse est dite demeurer en sécurité, appuyée sur celui dont le cœur s'est brisé par amour pour elle en portant un fardeau qu'elle ne pouvait porter elle-même. Le poème est attribué au British Evangelist[161].

Les brebis et les boucs

Signalé comme ayant été repris, à l'exception de certains paragraphes, dans le numéro d'août 1884[162], cet article commente la parabole évangélique du jugement des nations. La question posée — pourquoi l'être humain est-il couronné de gloire et d'honneur, fait roi sur toute la terre — reçoit la réponse du Seigneur lui-même, reprise textuellement : « J'ai eu faim et vous m'avez nourri, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu et vous m'avez vêtu, j'étais malade et vous m'avez visité, en prison et vous êtes venus à moi » [163]. À la question de ceux qui demandent quand ils ont accompli cela, la réponse donnée est que ce service rendu les uns aux autres est compté comme rendu à Christ lui-même, celui-ci se présentant comme Fils de Dieu sur un plan supérieur, mais frère de tous les êtres humains, qu'il s'agisse de Christ et des saints de l'âge de l'Évangile — enfants de Dieu sur le plan spirituel — ou de l'humanité en général, appelée à devenir fils de Dieu sur le plan terrestre restauré, comme Adam avant le péché[164].

Aucun grand exploit n'est désigné comme fondement de cet honneur et de cette faveur : il s'agit seulement d'être entré en harmonie avec la loi de Dieu, l'amour, et de l'avoir prouvé par ses œuvres, conformément à Romains 13:10 selon lequel l'amour est l'accomplissement de la loi[165]. Il en est déduit que l'humanité restaurée à l'image de Dieu — « très bonne » — sera elle aussi amour, puisque Dieu lui-même est amour[166]. Le sort opposé, réservé à ceux placés « à gauche », est introduit par la formule « Éloignez-vous de moi, maudits », décrits comme condamnés pour n'avoir pas voulu se plier à la main façonnante du potier — c'est-à-dire aux influences divines qui façonnent et modèlent le caractère[167].

À travers l'image du potier façonnant l'argile selon Romains 9:21, la destruction promise aux « boucs » est décrite comme réservée à ceux qui, par leur refus persistant d'être transformés par les influences divines, demeurent hors d'harmonie avec la loi du royaume céleste[168]. Satan lui-même est voué à l'anéantissement, conformément à Apocalypse 20:10 citant le serpent ancien jeté dans l'étang de feu, identifié comme la seconde mort, et à Hébreux 2:14 selon lequel Christ détruit celui qui a le pouvoir de la mort, c'est-à-dire le diable[169]. Le sort des « boucs » est opposé à celui des « brebis » par la formule de Matthieu 25:46, rendue d'après la traduction Diaglott par une « destruction éternelle » plutôt qu'un tourment sans fin, tandis que les justes reçoivent la vie éternelle[170].

L'héritage promis aux « brebis » — le royaume préparé depuis la fondation du monde — est interprété comme une restauration de la domination terrestre confiée originellement à l'homme, cette domination devant toutefois s'exercer en harmonie avec les lois célestes et non de façon indépendante d'elles, selon la formule « Que ta volonté soit faite sur la terre comme elle se fait dans le ciel » [171]. Cette relation entre domination terrestre et autorité céleste est illustrée par une comparaison avec l'organisation politique des États-Unis, où chaque État exerce sa propre souveraineté sur son territoire tout en restant soumis au gouvernement fédéral, l'exemple de la guerre de Sécession étant invoqué pour montrer comment les États rebelles furent ramenés par la force à l'union avant d'être restaurés dans leur position antérieure une fois l'harmonie rétablie[172].

Le gouvernement divin est ainsi présenté comme un gouvernement général s'étendant sur l'ensemble de ses œuvres, fondé sur la justice, l'équité et l'amour, conformément à <CiteBench>Daniel 4:17</CiteBible> selon lequel le Très-Haut domine sur le royaume des hommes et le donne à qui il veut, mais le royaume terrestre est annoncé comme devant revenir à l'homme une fois celui-ci instruit de la domination des cieux[173]. La perte de ce domaine par l'homme parfait originel, à la suite du péché, est présentée comme ayant entraîné son transfert à l'adversaire, dont le règne de terreur et de mort est chiffré à six mille ans, limité par une borne fixée par le Tout-Puissant à son pouvoir de nuire[174]. L'achèvement de l'œuvre du Fils de Dieu — restaurer toutes choses et tirer l'ordre de la confusion — doit se conclure, d'après 1 Corinthiens 15:28, par la remise du royaume au Père afin que Dieu soit tout en tous[175]. Cette lecture de la parabole est présentée comme en pleine harmonie avec les idées développées dans un article intitulé « The restored dominion » (« La domination restaurée »), paru dans le numéro de décembre 1880 de la revue[176].

Le spiritisme

Signalé comme repris dans le numéro de septembre 1881[177], le contenu de cet article n'est pas développé dans cette tranche du périodique.

Le péché impardonnable

Signalé lui aussi comme repris dans le numéro de septembre 1881[178], cet article n'est pas davantage développé ici.

Regarder à Jésus

Le verbe « regarder » est analysé à partir de deux éléments nécessaires à la vision physique, la lumière et l'œil, cette distinction servant de point de départ à une explication de ce que signifie « regarder » dans le domaine spirituel : la lumière y désigne les moyens de connaître — l'explication, l'illustration, le rapprochement d'un passage biblique avec un autre — tandis que l'œil correspond à l'entendement, conformément à l'expression « les yeux de votre entendement étant éclairés » [179].

L'invitation à regarder à Jésus s'appuie sur Hébreux 2:9, selon lequel il a été fait « un peu inférieur aux anges pour souffrir la mort »[180]. La question de la nature exacte de cet abaissement est examinée en détail : il est écarté que cet abaissement signifie que Jésus aurait pris la nature humaine déchue et imparfaite, malgré le fait qu'il soit décrit comme participant de la « semence d'Abraham » selon Hébreux 2:16 et comme « fait de la semence de David selon la chair » selon Romains 1:3[181]. L'argument s'appuie sur le cas d'Abraham lui-même, déclaré juste par la foi avant même la circoncision selon Romains 4:10-13, ce qui montre qu'être compté dans la lignée d'Abraham n'implique pas nécessairement d'être déchu ou imparfait[182]. Il est rappelé que selon Galates 4:4-5, le Fils a été « fait d'une femme, fait sous la loi », mais que, selon Hébreux 7:16, 18-19, il échappe à l'ancien commandement charnel devenu caduc par sa faiblesse, pour relever au contraire de « la puissance d'une vie sans fin »[183].

La ressemblance de Jésus avec ses « frères », énoncée en Hébreux 2:17 pour fonder sa qualité de grand-prêtre miséricordieux et fidèle apte à faire propitiation pour les péchés du peuple, est présentée comme une ressemblance autre que celle d'un pécheur comme les autres hommes, puisqu'il n'a jamais commis de péché réel, alors que la nature humaine déchue, qualifiée de « portée au péché comme les étincelles à s'envoler vers le haut », ne peut éviter le péché aussi longtemps qu'elle demeure dans cet état[184]. Un parallèle est établi entre Jésus et Isaac selon Galates 4:28-31, les deux étant qualifiés d'« enfants de la promesse », nés non de la servante mais de la femme libre, pour établir qu'être « fait semblable » à ses frères ne signifie pas participer de la nature humaine tombée, puisque Christ et ses frères sont engendrés de l'esprit, contrairement à l'humanité déchue en général[185]. La différence entre Adam et Christ est résumée par l'opposition entre un être créé par Dieu et un être engendré de Dieu, Adam ayant été créé tandis que Christ a été « engendré de Dieu » [186].

La différence entre Adam et Christ n'empêche pas une communauté de nature entre Christ et ses « frères », cette communauté étant précisément ce qui permet à Dieu, par le Christ, de relever l'humanité de sa condition déchue et de la faire « s'asseoir ensemble dans les lieux célestes en Jésus-Christ », selon Éphésiens 2:6-7[187]. L'abaissement du Christ « un peu au-dessous des anges » est présenté comme n'ayant eu d'autre but que de lui permettre de souffrir la mort et de détruire celui qui avait le pouvoir de la mort, une fois ce but atteint il n'y a donc plus lieu, selon ce raisonnement, qu'il demeure abaissé, ni que ses frères le demeurent non plus[188]. La condition présente des croyants est résumée par 1 Jean 3:2-3 : ils sont dès maintenant « fils de Dieu », sans que soit encore manifesté ce qu'ils seront, la promesse étant qu'ils seront semblables au Christ lorsqu'il apparaîtra[189]. L'observation du Christ est ainsi donnée comme moyen de connaître par avance la condition future de ses « frères », puisque Hébreux 3:1 les invite à « considérer l'apôtre et le souverain sacrificateur de notre profession, Christ Jésus »[190]. La destinée commune des croyants et du Christ est rattachée au dessein de Dieu de les glorifier ensemble, l'honneur et la gloire réservés à « ceux qui sont appelés selon son dessein » étant subordonnés à l'objectif de conduire « plusieurs fils à la gloire », ce qui exigeait que le chef de leur salut passe lui-même par la souffrance, en laissant à ses frères un exemple à suivre[191].

Le nombre trois

Le chiffre sept est rappelé comme ayant déjà fait l'objet d'une étude antérieure jugée riche d'enseignements, la structure du tabernacle et de ses trois compartiments servant de point de départ pour avancer que le chiffre trois occupe lui aussi une place fondamentale, aussi bien dans la structure de l'univers que dans le plan des âges et dans le cheminement du chrétien vers Dieu[192]. Le modèle montré à Moïse sur la montagne, dont le tabernacle et tous ses arrangements sont la réalisation, est rattaché à cette logique du chiffre trois, présentée comme une preuve supplémentaire que la Bible renferme une science et constitue la vérité de Dieu, propre à dissiper le voile de l'incrédulité chez ceux qui en saisissent la portée[193]. Trois exemples bibliques sont d'abord passés en revue à l'appui de cette thèse. Le premier est le Dieu « Trine » — Père, Fils et Esprit saint — mentionné à de nombreuses reprises dans la Bible et fondé sur l'ordre de mission donné par le Christ selon Matthieu 28:19, cette triade étant mise en relation avec la foi dans le Créateur, le Rédempteur et le Régénérateur et avec trois étapes successives par lesquelles les hommes sont amenés à l'image divine[194]. Le deuxième est la composition de l'homme en trois éléments — « l'esprit, l'âme et le corps » — selon 1 Thessaloniciens 5:23, pour la sanctification complète desquels Paul prie en vue de la présence du Seigneur Jésus-Christ, l'Esprit divin étant désigné comme le sanctificateur et la Parole de vérité comme l'instrument de cette sanctification, conformément à 2 Thessaloniciens 2:13 et à Jean 17:17[195]. Une distinction est établie entre cet esprit de l'homme, qui a besoin d'être sanctifié, et l'Esprit de Dieu qui demeure en l'homme et qui sanctifie, cette distinction s'appuyant sur Romains 8:16, où il est dit que « l'Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes les enfants de Dieu »[196].

Le troisième exemple développé est celui des « trois témoins » d'après 1 Jean 5:8 : « il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre, l'Esprit, et l'eau, et le sang ; et ces trois sont d'accord en un »[197]. Ce témoignage conjoint est interprété comme le témoignage même de Dieu concernant son Fils, jugé supérieur en importance au témoignage des hommes d'après 1 Jean 5:9, et rattaché à la révélation de l'amour de Dieu pour le monde, puisque le Fils est l'expression générale du Père[198]. L'affirmation que « Dieu est amour » est reliée au témoignage de l'Esprit d'après Romains 5:5, selon lequel l'amour de Dieu est répandu dans les cœurs par le Saint-Esprit donné aux croyants, puis au témoignage que constitue la mort du Christ « pour les impies » selon Romains 5:6, mort datée grâce à la prophétie de Daniel 9:26 annonçant que le Messie serait retranché après « les soixante-deux semaines », non pour lui-même mais pour les pécheurs[199]. Il est précisé que cette datation exclut que la mort du Christ se confonde avec sa naissance ou s'étende à toute la durée de sa vie terrestre, comme certains le soutiennent, les semaines marquant plutôt le moment de son baptême, après lequel il devait répandre son âme jusqu'à la mort[200]. Le baptême d'eau est présenté comme un symbole du baptême dans la mort et, par là même, comme un gage de l'obéissance du Christ à la volonté du Père, c'est-à-dire sa consécration à la croix, ce qui justifie que soit dit de lui qu'il est « venu par l'eau et par le sang », selon 1 Jean 5:6[201].

La mort du Christ après les semaines prophétiques est ensuite discutée comme expression de l'amour de Dieu, en s'appuyant sur Romains 5:7-8 : alors qu'il serait déjà remarquable qu'un homme meure pour un juste, ou même, à la limite, pour un homme bon, Dieu manifeste son amour en ce que le Christ est mort pour des pécheurs[202]. D'après Romains 5:10, cette mort assure la réconciliation en annulant la malédiction venue sur tous par le premier Adam, ce qui ouvre la voie au don de l'Esprit aux obéissants et, par suite, au don de la vie éternelle, la formule retenue étant que les croyants, une fois réconciliés par la mort du Fils, seront « sauvés par sa vie »[203]. Le Christ est ainsi désigné à la fois comme restaurateur de l'ancienne vie perdue par Adam et comme donateur d'une vie supérieure, en tant que second Adam, le témoignage de l'Esprit sur sa mort étant jugé impossible à ignorer ou à minimiser par quiconque en saisit la portée[204].

Les coups de lance dans le côté du Christ sont présentés comme un troisième témoignage, venant s'ajouter à celui de l'Esprit pour établir qu'il est mort réellement et volontairement, en s'appuyant sur Jean 19:34-35 qui rapporte qu'un soldat lui perça le côté d'un coup de lance et qu'il en sortit du sang et de l'eau[205]. La séparation du sang et de l'eau est avancée comme la preuve qu'il était déjà mort depuis un certain temps, l'écoulement n'étant pas celui d'un sang encore vif[206]. Cette observation sert à soutenir que la mort du Christ n'est pas la conséquence directe de la crucifixion elle-même : alors que les suppliciés survivaient généralement plusieurs jours sur la croix, il n'est resté suspendu que six heures, de la troisième à la neuvième heure selon Marc 15:25-34, ce qui explique l'étonnement de Pilate lorsque Joseph d'Arimathée réclame le corps, Pilate ne croyant à sa mort qu'après avoir fait venir le centurion pour confirmation d'après Marc 15:43-45[207]. L'absence d'anticipation des Juifs quant à une mort si rapide est également relevée, ceux-ci ayant demandé à Pilate que les jambes des crucifiés soient brisées, alors que les soldats, trouvant Jésus déjà mort, font une exception pour lui et ne lui brisent pas les jambes, un soldat se contentant de lui percer le côté[208]. Cet épisode est relié à l'accomplissement d'une prophétie, « aucun de ses os ne sera brisé », et à l'accomplissement typique de la prescription selon laquelle aucun os de l'agneau pascal ne devait être brisé d'après Nombres 9:12, tandis que le coup de lance lui-même est relié à l'annonce faite en Zacharie 12:9-10 selon laquelle, lors de son retour pour délivrer Israël, les Juifs « regarderont vers celui qu'ils ont percé »[209].

La mort du Christ est ainsi présentée comme un acte volontaire, inscrit dans l'administration divine, cohérent avec l'idée développée antérieurement selon laquelle le Christ réunissait en lui une nature humaine et une nature divine, devenant ainsi l'antitype à la fois du prêtre et du sacrifice — c'est-à-dire d'Aaron et de la bête offerte[210]. Ce n'est pas la vie du prêtre, mais la nature inférieure représentée par la bête, qui constituait le sacrifice requis ; le pouvoir de prêtre, à l'œuvre chez Jésus comme chez tous ses disciples véritables, est identifié à la nature divine, un corps ayant été préparé pour cette offrande d'après Hébreux 10:5-10, de la même manière que les chrétiens sont appelés à offrir leur propre corps selon Romains 12:1, grâce au pouvoir de l'Esprit divin qui habite en eux d'après Romains 8:13[211]. Le pouvoir que le Christ dit avoir reçu de son Père de donner sa vie puis de la reprendre est cité d'après Jean 10:15-18, avec la précision que cette autorité ne peut concerner une vie préexistante, personne n'ayant jamais songé à la lui ravir, mais seulement sa vie humaine, que les hommes ont pu croire lui arracher en le crucifiant alors qu'en réalité il la donnait de lui-même[212]. La parole du Christ annonçant la destruction du temple de son corps et sa reconstruction en trois jours, d'après Jean 2:19-22, est appliquée à la fois à sa propre personne et à son corps que constitue l'Église, la formule « je les relèverai au dernier jour » étant mise en relation, pour l'Église, avec le septième millénaire depuis le premier Adam et le troisième depuis le second Adam[213]. Le pouvoir qui a mis à mort la nature humaine du Christ est désigné comme identique au pouvoir qui sauve, de sorte que la seule voie du salut consiste à suivre le Christ ; au moment où l'humanité de Jésus se trouve abandonnée par cette divinité qui la tenait sous son contrôle, l'auteur y voit l'antitype d'Aaron immolant la bête, Jésus inclinant alors immédiatement la tête et mourant[214]. Ce sacrifice est qualifié de préparation spéciale de Dieu et d'offrande volontaire, manifestant l'amour du Père selon la formule de Romains 5:8 rappelée à la fin de la partie précédente, l'invitation finale étant de croire en cette vérité fondée sur le témoignage conjoint des trois témoins, et de suivre l'exemple du Christ dans le sacrifice afin de partager sa gloire si l'on se rend conforme à sa mort[215].

Deuxième partie

Trois baptêmes sont distingués en rapport avec la manière dont Dieu traite les hommes : le baptême d'eau, le baptême d'Esprit et le baptême de feu, les trois étant mentionnés par Jean-Baptiste d'après Matthieu 3:11[216]. Cette déclaration est rapportée en premier lieu à la nation juive à la fin de son époque et reliée à la moisson accomplie par le Christ mentionnée au verset suivant, moisson qui comporte elle aussi trois éléments : la séparation du blé et de l'ivraie, le rassemblement du blé et la combustion de l'ivraie, cette œuvre couvrant une période de quarante ans qui ne s'achève qu'avec la destruction de Jérusalem en 70 de notre ère, le Christ étant désigné comme le Seigneur de la moisson et le moissonneur en chef, assisté de collaborateurs placés sous son autorité[217]. Jean-Baptiste s'adresse à une multitude mélangée dont une partie, une fois transmise au Christ, reçoit le baptême de l'Esprit tandis que l'autre reçoit le baptême de feu, le baptême de l'Esprit correspondant au rassemblement du blé dans le grenier de l'évangile et le baptême de feu à la combustion de l'ivraie, c'est-à-dire aux jugements frappant la nation rejetée, ceux qui portent le fruit recherché par le Christ étant jugés dignes et remplis de l'Esprit comme fils de Dieu, tandis que les autres sont coupés et jetés au feu, invitation étant faite de vérifier dans le contexte si « la colère à venir », le baptême de feu et le « feu inextinguible » ne désignent pas une même réalité[218].

La moisson de l'âge de l'évangile, telle qu'évoquée dans la parabole de l'ivraie et du blé en Matthieu 13, est présentée comme parallèle à la moisson juive et comme comportant les mêmes trois éléments de séparation, de rassemblement et de combustion, la différence étant qu'il s'agissait alors de l'église juive nominale, composée de blé et de paille, alors qu'il s'agit désormais de l'église évangélique nominale, composée de blé et d'ivraie[219]. Selon les périodes prophétiques développées dans Day Dawn, cette moisson couvre également une durée de quarante ans, s'étendant jusqu'à l'année 1914 incluse[220]. La parole du Sauveur selon laquelle « la moisson, c'est la fin du monde », suivie de l'annonce de la combustion de l'ivraie à la fin de l'âge, conduit à souligner que l'âge, et donc la moisson, s'étend en un certain sens jusqu'en 1914, l'ivraie devant être brûlée non après la fin de l'âge mais à la fin de l'âge, et le rayonnement de gloire comparé à celui du soleil n'étant pas attendu avant que cette combustion n'ait eu lieu, ce qui conduit à estimer que l'« aube du jour » (Day Dawn) doit se prolonger jusqu'en 1914, l'élévation à la gloire précédant naturellement ce rayonnement[221]. Le prolongement de l'âge juif après l'an 33 et celui de l'âge de l'évangile après 1878 sont présentés comme une expression de la longue patience de Dieu envers son peuple souillé, Dieu ne voulant pas qu'aucun d'entre eux périsse mais qu'ils viennent à la repentance d'après 2 Pierre 3:9, dans le droit fil de l'encouragement adressé à l'église tiède : « tous ceux que j'aime, je les reprends et les châtie ; aie donc du zèle, et repens-toi », selon Apocalypse 3:19, ainsi que de la parabole de la brebis perdue, où le Sauveur n'est satisfait qu'après avoir retrouvé et ramené la brebis égarée[222]. Cette prolongation de la moisson n'est pas jugée contradictoire avec l'idée d'une élévation immédiate du groupe des rois et des prêtres si le Seigneur le veut ainsi, le petit troupeau étant appelé à participer à l'administration des jugements à venir qui purifieront les souillés ou achèveront de mûrir le blé encore vert[223].

Si les trois baptêmes concernent d'abord la nation juive, ils sont présentés comme s'appliquant aussi, en un sens, à chaque chrétien. Le baptême d'eau, de nature extérieure et touchant aux relations extérieures, est néanmoins jugé important comme acte d'obéissance et comme expression de loyauté envers le Sauveur, tenant lieu de première démarche dans une vie de fidélité, étant donné la place que lui accordent le Christ dans sa mission et les apôtres dans leur pratique, et constitue un symbole de l'ensemble du christianisme : sa foi, fondée sur la mort et la résurrection du Christ ; sa vie, consistant à mourir au péché pour marcher dans une vie nouvelle ; son espérance, fondée sur la mort et la résurrection du saint[224]. Le baptême de l'Esprit est quant à lui jugé nécessaire pour permettre au chrétien de réaliser ce que symbolisait le baptême d'eau, c'est-à-dire pour lui permettre de tenir son engagement, le fait d'être baptisé de l'Esprit équivalant à être rempli de l'Esprit, comme il ressort de la comparaison entre la promesse du Christ en Actes 1:5 et son accomplissement en Actes 2:4[225].

Le baptême de l'Esprit est relié à la promesse faite aux disciples avant la Pentecôte, « vous serez baptisés du Saint-Esprit, non plusieurs jours après ceci », et à son accomplissement le jour de la Pentecôte, où tous sont remplis du Saint-Esprit[226]. La réception collective de l'Esprit par l'Église au jour de la Pentecôte est présentée comme représentative de l'ensemble de l'Église et comme demeurant acquise à celle-ci depuis lors, tandis que chaque croyant individuel reçoit ce même Esprit au moment où il passe de la mort à la vie par la foi, ce qui est illustré par la conversion de Corneille et de sa maison, sur qui le Saint-Esprit tombe pendant que Pierre parle encore, au grand étonnement des croyants circoncis présents, qui constatent que le don du Saint-Esprit est aussi répandu sur les nations[227]. Ce don est présenté comme accordé à tous ceux qui obéissent à l'Évangile, « autant que le Seigneur notre Dieu en appellera », les disciples d'Éphèse étant de même exhortés par Paul à être remplis de l'Esprit plutôt que de s'enivrer de vin, d'après Éphésiens 5:18[228].

Le baptême de feu, appliqué à l'individu, est assimilé aux épreuves, aux châtiments, aux afflictions et aux tribulations que chacun doit traverser afin de vaincre et de régner avec le Christ, ce baptême dans la mort — celui que le Sauveur a lui-même subi et auquel il a annoncé que ses disciples devraient eux aussi être soumis — constituant précisément ce qui est promis par le baptême d'eau, mais ne pouvant être mené à bien que par la puissance de l'Esprit du Christ demeurant en eux, d'après Romains 8:13[229]. Le baptême de feu et le baptême dans la mort sont considérés comme identiques, ou plutôt comme deux aspects d'une même réalité, le premier étant le processus et le second son achèvement, être baptisé dans la mort du Sauveur impliquant bien davantage qu'être baptisé dans l'eau, bien que ce dernier symbolise le premier[230]. Une partie des châtiments et des afflictions est attribuée aux conditions naturelles de chacun, l'épître aux Hébreux rappelant que « celui que le Seigneur aime, il le châtie... afin que nous participions à sa sainteté », d'après Hébreux 12:6-10, les jugements et les troubles étant représentés dans l'Écriture par le feu, de sorte que les épreuves du chrétien sont qualifiées d'« épreuves de feu » selon 1 Pierre 4:12[231]. Si certaines de ces épreuves viennent d'ennemis extérieurs, le plus grand ennemi du chrétien est désigné comme son ancien moi, sa nature charnelle, contre laquelle l'Esprit intérieur, ou nature nouvelle, mène combat, d'après Romains 7:15-25[232].

Une des grandes erreurs attribuées à l'église nominale est de considérer qu'il serait facile d'être chrétien, comme si l'on pouvait naviguer vers le paradis porté par des brises légères et se reposer sur des lits de fleurs, alors que le chemin suivi par le Maître était un chemin semé d'épines, et qu'il a dit « suis-moi »[233]. Le chemin de la croix est présenté comme le chemin qui mène à la couronne, la croix étant symbole de mort par crucifixion, la Parole enseignant que c'est à travers beaucoup de tribulation — le feu — qu'il faut entrer dans le royaume de Dieu, d'après Actes 14:22[234]. Le Seigneur est comparé à un raffineur d'argent qui surveille ses enfants dans le feu afin de purifier les fils de Lévi, d'après Malachie 3:3, ces épreuves étant souvent sévères mais accompagnées de joies, Jésus ayant annoncé à ses disciples qu'ils auraient des tribulations dans le monde mais la paix en lui, d'après Jean 16:23, tandis que Paul affirme se glorifier aussi dans les tribulations en raison de leurs effets bénéfiques sur le caractère, d'après Romains 5:3-6, rien de tout cela ne pouvant séparer les croyants de l'amour de Dieu manifesté en Christ, d'après Romains 8:35-39[235]. Le baptême de feu, qu'il concerne une nation, une église ou un individu, est présenté comme permis par miséricorde, en tant que processus purificateur sans lequel le bien final ne peut être atteint, sa fonction étant la destruction de la chair — la vieille nature — l'Esprit se voyant attribuer un double rôle, celui de faire mourir et celui de faire vivre d'une vie nouvelle et immortelle, le baptême d'eau étant jugé représentatif de ces deux aspects à la fois, en tant que mort et résurrection symboliques[236].

Justification, sanctification, rédemption

Trois étapes sont distinguées pour atteindre « le prix de notre vocation céleste » — gloire, honneur et immortalité : la justification, la sanctification et la rédemption, aucune de ces étapes ne pouvant être omise par ceux qui remportent le grand prix, ni prise dans un ordre différent de celui indiqué par l'Écriture[237]. La justification vient en premier par nécessité, car toute la race humaine étant pécheresse, Dieu ne pourrait ni la sanctifier ni la glorifier sans qu'elle soit d'abord « affranchie du péché », amenée à une condition d'absence de péché, afin qu'elle puisse « avoir son fruit dans la sainteté » — la sanctification — et finalement recevoir « la fin, la vie éternelle » — la rédemption —, d'après Romains 6:22[238]. En tant que pécheurs, les hommes ne sont « pas soumis à la loi de Dieu, et ne le peuvent même pas », d'après Romains 8:7, l'affranchissement du péché par la foi consistant à croire qu'une rançon a été donnée pour ce péché et qu'en l'acceptant par la foi, Dieu ne considère ni ne traite plus le croyant comme pécheur mais comme un être parfait et sans péché, cette purification étant qualifiée d'œuvre complète bien qu'invisible à l'œil naturel, le croyant ne pouvant constater physiquement de changement mais se sachant justifié uniquement par les yeux de la foi, parce que la parole de Dieu le déclare ainsi[239]. La crainte que la justification soit incomplète est écartée au motif que Jéhovah lui-même en est l'auteur, d'après Romains 3:26, qui le désigne comme « juste et justifiant celui qui croit en Jésus », et d'après la question rhétorique « qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui justifie »[240].

Le fondement de cette justification est rattaché au paiement de la rançon pour les péchés par Jésus, qui « a lui-même porté nos péchés en son corps sur le bois », d'après 1 Pierre 2:24, le Christ ayant souffert, « le juste pour les injustes (les pécheurs) », afin de ramener les croyants à Dieu, d'après 1 Pierre 3:18, Jésus étant traité en pécheur à la place des croyants, qui sont désormais traités en êtres justes à sa place, d'après 1 Corinthiens 6:11 et Romains 5:9[241]. Seuls les croyants sont justifiés durant cet âge de l'Évangile ; ceux qui ne croient pas que le Christ est mort pour les péchés selon les Écritures et qu'il « est ressuscité le troisième jour » pour leur justification, d'après 1 Corinthiens 15:14 et Romains 4:25, ne sont pas justifiés et demeurent « encore dans leurs péchés », tandis que l'affirmation selon laquelle « tous ceux qui croient sont justifiés de toutes choses », d'après Actes 13:39, et que « l'homme est justifié par la foi », d'après Galates 2:16 et Galates 3:24, est présentée comme la règle générale du salut durant cette période[242].

Croire à cette « bonne nouvelle » de la justification est censé procurer joie et paix, en permettant au croyant de s'approcher de Dieu sans crainte mais avec amour, en percevant la bonté et l'amour divins manifestés par ce moyen, d'après 1 Jean 4:9, cette foi introduisant ainsi une communion avec Dieu en tant qu'êtres justifiés, « étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu », d'après Romains 5:1[243]. Il est relevé que peu de croyants saisissent pleinement cette justification, peu croient réellement être « justifiés de toutes choses » et revêtus aux yeux de Dieu de l'absence de péché propre à Jésus, d'où l'absence, chez beaucoup, de la joie et de la paix qui devraient en découler, un usage courant dans les réunions religieuses de toutes dénominations étant de se déclarer devant Dieu de « misérables pécheurs », attitude jugée incohérente avec le pardon déjà accordé selon 2 Pierre 1:9, ceux qui s'y livrent ignorant qu'ils participent déjà de cette justification par la foi et se privant ainsi de la paix qui naît de la croyance, étant rappelé qu'« il est impossible de plaire à Dieu sans la foi »[244].

La question est posée de savoir pourquoi Dieu a fait connaître cette justification présente aux croyants tout en la gardant cachée au reste de l'humanité jusqu'à l'âge millénaire, alors même que le prix de la rançon doit finalement libérer toute l'humanité du péché et de sa peine et l'amener à la même condition d'acceptation — l'absence de péché, la perfection — dont jouissent déjà par la foi ceux qui croient. La réponse avancée tient au plan que Dieu accomplit « selon le dessein de sa volonté », ce plan prévoyant la sélection, parmi l'humanité, d'un nombre destiné à être transféré des conditions terrestres et de la nature humaine aux conditions spirituelles et à la « nature divine », pour devenir « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Jésus-Christ notre Seigneur »[245]. Le dessein de Dieu dans le développement de ce « petit troupeau » est présenté comme double : d'abord en faire des monuments éternels de sa bonté, connus et lus des anges et des hommes, ainsi que Paul l'exprime en indiquant que le développement de l'église de l'Évangile, composée de vainqueurs, doit permettre à Dieu de montrer, « dans les siècles à venir, les richesses surabondantes de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ », d'après Éphésiens 2:7[246], ce second aspect du dessein divin restant à développer dans la suite de l'exposé.

La sanctification est présentée comme la deuxième des trois étapes de ce développement, le terme étant défini comme le fait de mettre à part ou de séparer en vue d'un usage particulier, la volonté de Dieu étant que tous les justifiés soient ainsi mis à part pour son service, conformément à 1 Thessaloniciens 4:3[247]. Deux parts sont distinguées dans cette œuvre, l'une appartenant au croyant, l'autre à Dieu : Dieu pourvoit à la justification de l'homme, puis l'appelle à mettre à part — à consacrer — cette humanité justifiée, ce qui suppose un abandon de la volonté propre, du temps, des talents, de la vie et de tout ce que l'on possède, avec la prière que Dieu en dispose selon son bon plaisir[248]. Une fois ce geste accompli, l'œuvre de Dieu commence, celui-ci se mettant à utiliser cette volonté remise entre ses mains pour « opérer en vous et le vouloir et le faire » en accord avec sa propre volonté, le corps humain lui-même se trouvant dès lors employé au service de Dieu sous ce nouveau contrôle et rendu saint par cet usage[249].

À partir du moment de cette consécration, le croyant est considéré comme mort en tant qu'être humain, la volonté humaine devant être ensevelie pour que la volonté de Dieu — l'esprit du Christ — en prenne possession et devienne la volonté et l'intelligence du croyant lui-même, celui-ci étant alors désigné comme une « nouvelle créature », engendrée à une vie nouvelle mais encore à l'état d'embryon, appelée à croître et à se développer en étant « transformé de gloire en gloire » à l'image du Seigneur, d'après 2 Corinthiens 3:18[250]. À mesure que cette nature spirituelle se renforce, la nature humaine s'affaiblit et devient plus facile à maintenir dans la mort, ce qui exige non seulement d'abandonner sa volonté à Dieu, mais de la maintenir dans cet état de reddition, l'image retenue étant celle de tenir son corps assujetti sous la volonté de Dieu[251]. Cette nature nouvelle, à mesure qu'elle grandit, aspire à sa perfection, c'est-à-dire au moment où elle ne sera plus entravée par les conditions humaines mais deviendra semblable au « corps glorieux » du Christ, cette promesse étant rattachée à la naissance de l'Esprit — des corps spirituels —, « ce qui est né de l'Esprit est esprit » tout comme « ce qui est né de la chair est chair », la perfection de cette vie spirituelle devant intervenir au moment où la condition corruptible et mortelle fera place à la condition incorruptible et immortelle du corps spirituel[252]. Ce changement est situé, pour ceux qui dorment déjà en Jésus, au moment de la résurrection en corps spirituels, et pour les vivants, au moment du passage de leur corps de chair à leur propre corps spirituel de nouvelles créatures, d'après 1 Corinthiens 15:52 : « nous qui sommes vivants et qui demeurons, nous serons changés en un instant »[253].

Ce changement de condition, du corps terrestre au corps spirituel, constitue la troisième étape de ce développement, désignée comme la rédemption, celle-ci étant présentée comme l'achèvement complet du salut, suivi de la gloire et de la puissance[254]. C'est vers ce terme de la course que se tournent les regards des croyants, d'après Romains 8:23, qui évoque ceux qui possèdent déjà les premiers fruits de l'Esprit et qui gémissent néanmoins en eux-mêmes, attendant l'adoption, c'est-à-dire la rédemption de leur corps — le corps dont Jésus est la tête et dont tous les vainqueurs sont membres[255].

La puissance qui sanctifie

La sanctification n'est pas attribuée à une force physique mais à une puissance mentale agissant sur l'intelligence et la volonté, l'Esprit de Dieu étant présenté comme s'adressant à la raison et se servant de la Parole de Dieu comme instrument[256]. Dans cette Parole, l'Esprit aurait, par les prophéties ainsi que par les ombres et les types de la Loi, accumulé au fil des âges les vérités destinées à nourrir le corps du Christ durant l'âge de l'Évangile et à l'édifier dans la foi très sainte, une citation de Jérémie 15:16 étant invoquée pour justifier l'usage de cette nourriture spirituelle : « Tes paroles ont été trouvées, et je les ai mangées »[257]. Une parabole est développée sous la forme d'un dialogue entre un chercheur et son Père céleste : celui qui demande à être mis à part pour le service divin et reçoit pour réponse qu'un riche entrepôt de vérité a déjà été préparé, dont il tirera la force recherchée s'il s'en nourrit, conformément à l'invitation « frappez, et l'on vous ouvrira ; cherchez, et vous trouverez »[258]. Le chercheur revient ensuite se plaindre de n'avoir trouvé dans l'entrepôt qu'une nourriture simple, les mets les plus choisis semblant enfermés dans des armoires dont les clés ne correspondent pas, et demande une autre voie pour obtenir la force nécessaire ; la réponse qui lui est faite consiste à affirmer que la voie choisie par le Père est la meilleure façon de recevoir cette force, la joie, le zèle et l'amour devant grandir à mesure que ces armoires s'ouvriront l'une après l'autre, révélant leurs riches trésors[259].

La Parole de Dieu est ainsi désignée comme le trésor du Père, où la vérité destinée à sanctifier l'Église à chaque époque aurait été mise en réserve, d'où découlent « de grandes et précieuses promesses » permettant de devenir participant de la nature divine, d'après 2 Pierre 1:4, et où se révèle « l'amour du Christ » qui contraint les croyants, d'après 2 Corinthiens 5:14, le Sauveur lui-même ayant prié que ses disciples soient sanctifiés par cette vérité, d'après Jean 17:17 : « Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité »[260]. Il en est conclu qu'aucun chrétien désireux de sanctification ne peut se permettre d'ignorer les Écritures, l'étude de la Bible étant assimilée à la sanctification elle-même et qualifiée de « puissance de Dieu pour le salut » d'après Romains 1:16, l'exhortation de Paul à Timothée étant reprise pour appeler chaque croyant à reconnaître que les Saintes Écritures, connues depuis l'enfance, peuvent rendre « sage à salut », toute Écriture étant inspirée de Dieu et utile pour la doctrine, la réprimande, la correction et l'instruction dans la justice, d'après 2 Timothée 3:15-17[261].

Les trois étapes sont récapitulées sous la forme suivante : premièrement, la justification de la nature humaine ; deuxièmement, une consécration ou un sacrifice de cette nature humaine à Dieu, suivi de sa mort et du commencement de l'existence en tant que nouvelle créature spirituelle à l'intérieur du corps humain durant la vie présente ; troisièmement, l'achèvement de cette nouvelle nature divine par la puissance de Dieu, lorsque le croyant deviendra semblable au corps glorieux du Christ, « image expresse de la personne du Père »[262]. L'assurance de persévérer dans cette vocation est subordonnée à la fidélité à l'engagement pris — donner tout son être au Père et le laisser disposer de soi selon ce qu'il juge le meilleur —, une citation de cantique étant insérée pour exprimer ce don total : « Tout pour Jésus ! tout pour Jésus ! toutes les forces rachetées de votre être », la promesse étant faite que si ces engagements sont tenus, « une entrée vous sera pleinement accordée dans le royaume éternel de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ », d'après 2 Pierre 1:10-11, Dieu étant assuré de tenir sa part de l'accord puisque « celui qui vous appelle est fidèle, et c'est lui qui le fera », d'après 1 Thessaloniciens 5:24, et que « si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui », d'après 2 Timothée 2:12[263]. L'exposé se clôt par les vers d'un cantique exprimant le souhait de s'éveiller à la ressemblance du Seigneur et de briser les chaînes de la chair pour être libre[264].

Questions des correspondants

Une série de questions de lecteurs est traitée sous forme de dialogue, chacune suivie d'une réponse attribuée au rédacteur. La première porte sur l'apparition de Moïse lors de la Transfiguration : puisque Moïse n'a pas été « transmué » mais est mort, selon Deutéronome 34:5, il aurait pu être ressuscité par la puissance de Dieu mais non revêtu d'un corps spirituel, cette condition étant réservée au Christ, « premier-né d'entre les morts » à un corps spirituel, « mis à mort dans la chair mais rendu vivant par l'Esprit »[265]. L'hypothèse que Moïse soit apparu sous une forme charnelle est avancée sans être présentée comme exigée par le récit, Jésus lui-même qualifiant l'épisode de « vision » lorsqu'il ordonne à ses disciples de n'en parler à personne, d'après Matthieu 17:9, ce qui conduit à relativiser toute affirmation plus catégorique sur la nature de cette apparition[266].

Une deuxième question porte sur l'utilité de lire attentivement les brochures avant de les distribuer. La réponse insiste sur le risque de propager, sans le savoir, un « poison moral » aussi bien qu'une nourriture spirituelle, et appelle chaque lecteur à vérifier par lui-même, avant toute diffusion, si le contenu correspond à une nourriture saine, de façon à pouvoir ensuite « rendre raison de l'espérance » qui l'anime, selon 1 Pierre 3:15[267].

Une troisième question, posée par un lecteur convaincu que le peuple des États-Unis descendrait des tribus perdues d'Israël et constituerait ainsi la semence d'Abraham, donne lieu à une distinction entre deux semences issues d'Abraham : les enfants de la chair, c'est-à-dire les douze tribus d'Israël, et les enfants de la promesse, c'est-à-dire ceux de la foi, Ismaël et Isaac étant présentés comme les types respectifs de ces deux lignées, d'après Romains 9:8 et Galates 3:16,29[268]. Les promesses spirituelles sont réservées à la semence spirituelle, le Christ, et à ceux qui lui appartiennent, aucune d'entre elles n'étant due à la semence charnelle naturelle, bien que celle-ci puisse, en abandonnant ses promesses terrestres, devenir cohéritière avec les nations du même corps et participer à la promesse en Christ, d'après Éphésiens 3:6[269]. L'aveuglement de la majeure partie de la semence charnelle à l'égard des promesses spirituelles, davantage attirée par les promesses charnelles, est rattaché à Romains 9:30-32 et Romains 11:7, qui opposent ce qu'Israël en tant que nation n'a pas obtenu à ce que « l'élection » — le reste associé aux nations — a obtenu, le reste de la nation ayant été aveuglé ; la promesse demeure cependant que si ces croyants ne persistent pas dans l'incrédulité, ils seront de nouveau greffés dans les promesses spirituelles, tandis que l'ensemble d'Israël recevra finalement, en tant que semence naturelle, les bénédictions qui lui sont propres, d'après Romains 11:23-26[270]. Les deux semences d'Abraham sont enfin rattachées à Romains 4:16, qui assure que la promesse soit garantie à toute la semence, « non seulement à celle qui est de la loi, mais aussi à celle qui est de la foi »[271]. La question de savoir si les peuples des États-Unis et d'Angleterre descendent réellement d'Israël selon la chair est laissée sans réponse tranchée, jugée sans incidence sur le prix spirituel de la vocation céleste en Christ ; une telle origine, si elle était établie et connue, risquerait même, selon l'hypothèse avancée, d'aveugler ces peuples aux promesses spirituelles comme cela s'est produit dix-huit siècles plus tôt pour Israël, alors que leur appartenance à la semence naturelle leur assurerait de grandes bénédictions dans l'âge à venir, après l'exaltation de la semence spirituelle à la gloire et à la puissance, d'après Romains 11:31[272]. Une question de « frère Hipsher » sur le péché impardonnable reçoit pour seule réponse un renvoi à la page 3 d'une brochure intitulée Unpardonable Sin[273].

Une question sur la nature du corps que recevront les jeunes enfants lors de la résurrection s'appuie sur 1 Corinthiens 15:38,44, selon lequel Dieu donne à chaque semence son propre corps, distinguant corps naturel et corps spirituel[274]. Adam, homme parfait, sert d'illustration du corps naturel que recevront ceux qui relèvent de la terre une fois achevée l'œuvre de résurrection et de restitution, tandis que le corps du Christ après sa résurrection illustre le corps spirituel que recevront ceux qui ont été engendrés de l'Esprit, d'après 1 Corinthiens 15:48-49. Le critère retenu pour les enfants morts en bas âge est qu'ils ont été engendrés et nés de la chair sans avoir été « engendrés de l'Esprit par la parole de vérité » ; ils demeurent donc classés parmi la semence naturelle et recevront, lors de la résurrection, un corps naturel, tandis que ceux qui ont été engendrés de l'esprit recevront un corps spirituel semblable au corps glorieux du Christ[275]. Il est précisé que ces enfants, destinés ultimement à la même perfection que celle dont jouissait Adam, ne ressusciteraient pas directement dans cet état achevé mais reprendraient leur développement comme enfants, dans des conditions rendues plus favorables par le retrait progressif de la malédiction, la mortalité infantile ayant par ailleurs été, selon cette réponse, bien moindre dans les âges passés qu'à l'époque contemporaine[276]. À un « frère J. Baldwin » dont les questions sont jugées trop nombreuses pour un traitement complet, il est conseillé de relire plusieurs fois les brochures disponibles puis l'ouvrage Day Dawn, la compréhension de ces sujets étant comparée à une nourriture qu'on ne peut avaler d'un coup mais qu'il faut assimiler progressivement, conformément à l'exhortation « celui qui cherche trouve » et à Osée 6:3 : « nous connaîtrons, si nous nous attachons à connaître le Seigneur »[277].

Une question demande s'il est possible d'avoir la certitude d'appartenir au « petit troupeau » ou si le doute doit nécessairement subsister. La réponse s'appuie sur la confiance exprimée par Paul, « je sais en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il est puissant pour garder ce que je lui ai confié jusqu'à ce jour-là », pour soutenir que l'appartenance au petit troupeau dépend entièrement de la fidélité du croyant à tenir sa part de l'alliance, Dieu étant par ailleurs assuré de tenir la sienne[278]. Celui qui s'est entièrement donné, de sorte que la volonté de Dieu s'accomplit en lui — la nature humaine étant alors crucifiée — reçoit le grand prix ; celui qui entrave cette œuvre par l'opposition de sa propre volonté perd le prix et doit alors passer par le feu de la tribulation pour obtenir malgré tout le corps spirituel[279]. La certitude proposée n'est donc pas celle d'une élection garantie pour l'avenir, mais celle d'une possession présente et conditionnelle, résumée par la formule retenue, « le prix est mien aujourd'hui, à moins que je ne le perde demain », avec la résolution, empruntée à Paul, de tenir son corps assujetti, de peur qu'après avoir prêché aux autres le grand prix, il ne se trouve lui-même rejeté[280].

Une dernière question demande si l'accord est total avec des articles signés du « frère Jones » parus dans un numéro récent. La réponse accorde un accord de principe sur le fond tout en relevant que deux auteurs n'exprimeraient jamais une même pensée dans des termes rigoureusement identiques, et introduit une mise en garde contre l'idée que le passage du corps naturel au corps spirituel serait progressif ou sujet à incertitude : ce changement est décrit comme devant survenir « en un moment, en un clin d'œil », radical par nature, transformant un corps naturel, terrestre, faible et corruptible en un corps puissant, spirituel, incorruptible et immortel, « semblable au corps glorieux du Christ »[281]. Ce changement n'empêcherait pas, selon les types bibliques invoqués, que les transformés continuent d'apparaître pour un temps à l'humanité en général comme s'ils n'avaient pas été changés, tout en pouvant eux-mêmes discerner tous ceux qui se trouvent déjà sur le plan spirituel — le Seigneur, les prophètes, les saints ressuscités et les autres changés de la même manière —, ce voile ne concernant que la perception des êtres restés sur le plan naturel[282]. La mise en garde finale invite à ne pas se croire ni croire autrui déjà changés avant de pouvoir accomplir ce que tout homme né de l'Esprit peut faire, à l'image de ce que le Christ lui-même fit après sa résurrection d'entre les morts, c'est-à-dire aller et venir comme le vent sans que personne sache d'où il vient ni où il va, selon Jean 3:8 : « il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit »[283]. Ce changement du naturel au spirituel est enfin distingué du mariage lui-même, présenté seulement comme la préparation à celui-ci, l'Époux étant depuis sa résurrection un corps spirituel, ce qui rend logique, selon cette réponse, que l'Épouse soit elle-même transformée à la même image et à la même nature avant de partager avec lui la gloire du pouvoir que constitue le mariage[284].

Une lettre ouverte

Une lettre de lecteur demande des prières pour une famille désignée par l'initiale « M. C. », son épouse, son fils et sa fille, présentés comme « plongés dans le péché », afin qu'ils soient sauvés et deviennent membres de l'épouse du Christ[285]. La réponse qualifie cette requête de raisonnable selon les critères de la plupart des chrétiens, mais de présomptueuse au regard de la doctrine exposée : toute la famille humaine est déjà considérée comme sauvée et rachetée, et recevra, au « temps convenable » de Dieu, une pleine délivrance de l'esclavage du péché et de la mort, avec une connaissance complète du Rédempteur et une large possibilité de parvenir à la condition d'hommes et de femmes parfaits durant le millénium, conformément à l'idée que Jésus-Christ, par la grâce de Dieu, a goûté la mort pour tout homme et s'est donné lui-même en rançon pour tous, « pour en être témoigné en temps convenable »[286]. Demander à Dieu de convertir par un autre moyen que sa parole, seule « capable de rendre sage à salut », équivaudrait à lui demander d'accomplir un miracle, ce qui reste possible s'il le veut mais ne dépend pas de la prière du croyant[287]. Le plan divin est décrit comme accordant la « restitution » aux milliards de personnes durant l'âge à venir, tout en sélectionnant dès l'âge de l'Évangile, parmi ces milliards déjà rachetés de la mort, un « petit troupeau » appelé à devenir « l'épouse, la femme de l'Agneau » et à porter son nom ; il n'appartiendrait donc pas aux croyants d'aider le Seigneur à décider qui doit faire partie de cette compagnie choisie[288]. La clé de nombreuses prières restées sans réponse est rattachée à l'avertissement selon lequel « vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal » : pour être assuré d'une réponse, il faudrait demander en accord avec le plan et la parole de Dieu, une prière formulée en faveur de l'inclusion de M. C. et de sa famille dans l'épouse du Christ risquant, si ce choix n'est pas celui du Seigneur, de demeurer sans réponse plutôt que de forcer la main divine[289]. Les prières inacceptables sont attribuées soit au désir de l'ancienne nature humaine, soit à une nouvelle nature spirituelle encore mal instruite sur ce qu'il convient de demander, cette dernière ne pouvant actuellement agir qu'à travers le corps naturel et se trouvant par là sujette à l'erreur, d'où l'intervention de l'Esprit qui « aide notre faiblesse » et « intercède pour les saints selon la volonté de Dieu », d'après Romains 8:26[290]. La Bible est désignée comme l'unique source permettant d'apprendre ce qu'il convient de demander, d'où l'importance de la connaître pour prier en accord avec elle, cette exigence étant rattachée à la parole du Christ selon laquelle, si ses paroles demeurent dans le croyant, celui-ci peut demander ce qu'il veut et l'obtenir[291]. Une maxime de Pascal est citée en conclusion, selon laquelle la vérité elle-même, séparée de l'amour de la vérité, peut devenir une idole[292].

Un rameau pour les branches

Un passage d'une lettre de frère Sunderlin est reproduit, dans lequel celui-ci se présente comme un simple « rameau » envoyant son affection à toutes les « branches de la vigne »[293]. Cette image est rattachée à un enseignement déjà développé sur le sens du mot « branche » tel qu'employé par le Christ : alors qu'il est courant de parler d'une branche méthodiste ou baptiste de l'Église, l'Église elle-même n'est pas présentée comme une branche mais comme une vigne, composée de tous ceux qui sont véritablement unis au Christ, aucune dénomination n'étant reconnue comme une branche, le Christ traitant chaque chrétien individuellement, « je suis le cep, vous êtes les branches », d'après Jean 15:5[294]. Cette compréhension est censée rendre les croyants moins soucieux de voir leur nom inscrit sur une liste terrestre et plus soucieux d'avoir leur nom écrit dans les cieux, moins attentifs à la « voix » et aux « autorités » d'une institution humaine et davantage à l'autorité et à la voix du Maître et Chef, selon 1 Corinthiens 11:3 : « le chef de tout homme, c'est le Christ, et le chef du Christ, c'est Dieu »[295]. Sunderlin a été invité à rédiger des articles pour le périodique afin de contribuer à la santé spirituelle, au réconfort et à la fructification des autres « branches », invitation suivie d'effet puisque son nom est ajouté à la liste des collaborateurs et que ce numéro contient deux articles de sa plume[296].

Les temporisateurs

La politique hésitante et accommodante de nombreux croyants est comparée aux propos de Luther adressés à Érasme, lui reprochant de vouloir marcher sur des œufs sans les briser et parmi des verres sans les casser[297]. Cette posture de compromis est jugée plus adaptée à un clown de théâtre qu'à un serviteur du Christ, celui qui tente de ménager les deux partis devant avancer avec la prudence d'un danseur de corde, de peur d'offenser l'un ou l'autre camp, une citation de Spurgeon étant mobilisée pour fustiger la couardise d'Érasme, qui se targuait de ne pas trahir la cause du Christ « du moins autant que l'époque le lui permettra »[298]. Une image complémentaire, tirée d'un auteur anonyme, compare les épreuves et les chagrins à un nuage qui s'interpose entre le croyant et le soleil sans empêcher celui-ci de briller, mais seulement d'en jouir, l'assurance étant donnée qu'aucune difficulté n'est trop grande pour Dieu, qui trouve dans l'adversité l'occasion d'exercer sa puissance et sa grâce[299].

Mort et enseveli

Une anecdote attribuée au quatrième siècle met en scène un jeune disciple interrogeant Macaire sur le sens de l'expression « être mort au péché ». Macaire lui ordonne de se rendre à la tombe d'un frère récemment enseveli pour lui adresser d'abord toutes les méchancetés qu'il a pu entendre à son sujet, puis de revenir rapporter sa réponse ; le disciple revient en disant qu'il n'a obtenu aucune réponse, « il est mort »[300]. Macaire l'envoie une seconde fois adresser au mort des paroles de flatterie, louant sa sainteté et ses œuvres, et le disciple rapporte de nouveau qu'il n'a reçu aucune réponse, « il est mort et enseveli ». Macaire conclut que c'est là ce que signifie être mort au péché, mort et enseveli avec le Christ, la louange et le blâme n'ayant plus aucune prise sur celui qui est réellement mort et enseveli avec lui, d'après Romains 6:3[301].

Liberté chrétienne

Une maxime placée en exergue énonce que la vraie doctrine ne porte pas sur le droit de penser par soi-même, mais sur le droit de l'autre à penser par lui-même[302]. L'impression largement répandue que le combat pour la liberté chrétienne aurait été mené à son terme et gagné est jugée exacte seulement pour les formes les plus actives de persécution, le droit de la minorité à la liberté d'expression et d'action conforme à sa conscience étant reconnu en théorie dans la plus grande partie du monde civilisé[303]. L'adoucissement des lois sévères est néanmoins distingué d'un changement radical de la nature humaine : les formes les plus grossières de persécution ont disparu, mais des formes plus subtiles demeurent, l'esprit d'intolérance ayant survécu à la disparition de nombreuses institutions par lesquelles cette intolérance s'exprimait autrefois, de sorte que la liberté chrétienne reste, dans une large mesure, concédée seulement en théorie, beaucoup s'efforçant encore de punir ceux qui ont l'audace de penser différemment d'eux[304].

Ce paradoxe n'est pas jugé surprenant : il est relevé comme une curiosité de l'histoire humaine que les persécutés deviennent si souvent à leur tour persécuteurs dès que le pouvoir passe entre leurs mains, ce retournement s'expliquant par le fait que le principe véritable de la liberté chrétienne n'a jamais été saisi, et ne l'est encore aujourd'hui que par un petit nombre[305]. Chaque secte chrétienne qui s'est levée depuis les origines a revendiqué avec véhémence son propre droit à différer des autres et a protesté contre la persécution dont elle s'estimait victime, sans pour autant concéder aux autres le même droit de différer d'elle, ni s'abstenir de persécuter dès qu'elle en avait le pouvoir[306]. À l'époque contemporaine, chacun revendique promptement pour lui-même le droit de penser librement, mais rares sont ceux qui concèdent aux autres ce même droit, chacun s'indignant qu'on tente de le contraindre à proclamer une opinion qu'il ne partage pas sincèrement, sans pour autant s'abstenir de vouloir contraindre les autres[307].

La vraie doctrine de la liberté chrétienne est donc redéfinie comme portant non sur le droit de penser par soi-même — qui n'est en réalité jamais menacé lorsqu'il coïncide avec la pensée de la majorité — mais sur le droit de l'autre à penser par lui-même, en particulier lorsqu'il appartient à une minorité ; c'est cette liberté-là, celle de l'autre, qui exige une défense à tout prix, car si elle lui est refusée, rien ne garantit qu'elle demeure longtemps accordée à soi-même[308]. Revendiquer cette liberté pour autrui, même lorsqu'il diffère de soi, n'équivaut pas à admettre que vérité et erreur se confondent ni à nier qu'il importe grandement de savoir ce que cet autre croit et enseigne : il peut rester du devoir du croyant de combattre de toutes ses forces ce qu'enseigne cet autre et de le dénoncer comme une erreur mortelle, sans pour autant identifier la personne à son enseignement ni se livrer à l'esprit d'intolérance et de persécution[309]. Rester loyal envers la vérité tout en reconnaissant fidèlement le droit égal de tout homme à la libre pensée et à la libre parole n'est pas présenté comme une tâche aisée, mais comme une conciliation possible, la préservation de la liberté chrétienne pour quiconque étant jugée conditionnée par la concession de cette même liberté à tous, source attribuée au New York Examiner[310].

Le loup de fer

Un pasteur rapporte avoir célébré les funérailles d'un paroissien agriculteur qui, après quarante ans de travail, se retrouve propriétaire des mêmes cent acres de terre qu'au départ, sans avoir mis d'argent de côté à la banque[311]. Les témoignages des voisins recueillis lors de la cérémonie évoquent une maison toujours chaleureuse et hospitalière, où nul pauvre n'était jamais renvoyé, des enfants élevés et instruits au mieux des moyens du défunt — devenus pasteur, ingénieur civil ou enseignants —, ainsi que des orphelins et une nièce infirme accueillis durablement au foyer, et un jeune homme recueilli dans les bas-fonds de la ville[312]. Ce récit est présenté non comme celui d'un avare amassant dollar après dollar, mais comme celui d'un serviteur de Dieu ayant aidé de nombreuses existences et élevé plusieurs d'entre elles hors de la misère et de l'ignorance vers la vie et la joie[313].

Sur le chemin du retour, le même pasteur s'arrête chez un autre paroissien qui se moque du défunt, n'ayant laissé, selon lui, pas un sou de plus que ce qu'il avait reçu de son propre père, tandis que lui-même, parti de rien, est devenu propriétaire de vastes champs jusqu'au ruisseau[314]. Il sort du placard une tirelire de fer en forme de loup, dans les mâchoires de laquelle il a glissé chaque pièce économisée, son but ayant été de mourir à la tête de cent mille dollars : viande remplacée par de la mélasse, laine remplacée par du calicot pour sa femme, scolarité sacrifiée pour faire travailler tôt ses enfants, aucun argent dépensé pour les églises, les malades, les pauvres ou les livres[315]. Le résultat de cette existence est décrit sans complaisance : une maison nue et sans confort, une épouse usée par le travail et morte depuis longtemps, une fille affamée de corps et d'esprit encore asservie aux tâches ménagères, un fils devenu alcoolique et mort en prison faute d'autre perspective, et un autre fils, avare plus dur encore que son père, resté à la maison pour se disputer chaque sou arraché à des champs fertiles[316]. Les funérailles de cet homme, célébrées la veille, n'ont arraché aucune larme ni à un voisin, ni à un ami, ni à un fils, ni à une fille, ses enfants n'ayant eu de hâte que pour commencer entre eux la querelle autour de la terre à laquelle il avait sacrifié sa vie[317]. L'économie mise au service d'un but noble est qualifiée de vertu, mais, dans certaines maisons, d'avarice qui, comme un loup, dévore l'intelligence, la religion, l'espérance et la vie elle-même, source attribuée au Friendly Companion[318].

La mort et non la vie

Une objection est formulée contre l'idée qu'il faille, par principe de foi chrétienne, interpréter nécessairement de façon figurée plutôt que littérale les termes de « mort » et de « destruction » employés dans la Bible pour désigner le sort des condamnés, et insister sur la croyance qu'ils demeureraient vivants pour toujours[319]. Le mot « vie », appliqué à la condition des justes, est habituellement compris comme signifiant une vie heureuse, mais rien dans l'Écriture n'enseignerait que ce mot implique nécessairement par lui-même le bonheur, sous peine de rendre tautologique l'expression « vie heureuse » et contradictoire l'expression « vie misérable », alors que l'usage ordinaire de toute langue applique le mot « vie » aussi bien à une existence malheureuse qu'à une existence heureuse[320]. Dans son sens reçu, le mot « vie » s'appliquerait donc aussi bien à la condition des bénis qu'à celle des condamnés, à supposer que ces derniers soient destinés à continuer d'exister éternellement dans un état de misère ; or les mots « vie » et « immortalité » ne sont jamais appliqués dans l'Écriture à la condition des condamnés[321]. Si l'on suppose que les auditeurs de Jésus et des apôtres ont compris les termes employés dans leur sens le plus ordinaire possible, ils ont dû naturellement les entendre comme signifiant, à défaut d'enseignement contraire, que les condamnés seraient réellement et littéralement « détruits » et cesseraient d'exister, plutôt que destinés à exister pour toujours dans un état de souffrance, les condamnés n'étant jamais décrits comme maintenus en vie mais comme perdant la vie[322]. Deux formules du quatrième évangile sont citées à l'appui, « vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie » et « celui qui a le Fils a la vie, et celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie »[323], ainsi que les termes « perdition », « mort » et « destruction », employés dans de nombreux passages pour exprimer le sort des condamnés et qui, à défaut d'enseignement contraire, seraient naturellement pris dans leur sens usuel et évident, ce développement étant attribué à l'archevêque Whately[324].

Immortalité et incorruptibilité

Une question de lecteur donne lieu à un examen philologique des termes grecs traduits par « immortalité » et « incorruptibilité » dans le Nouveau Testament. Le mot grec aphtharsia est relevé comme traduit par « immortalité » en Romains 2:7 et par « incorruptible » ou « incorruption » dans plusieurs autres passages, dont Romains 1:23, 1 Corinthiens 9:25, 1 Corinthiens 15:42, 1 Corinthiens 15:50, 1 Corinthiens 15:52, Éphésiens 6:24 et Tite 2:7[325]. Le mot grec aphthartos est de même relevé comme rendu par « immortel » en 1 Timothée 1:17 et par « incorruptible » dans Romains 1:23, 1 Corinthiens 9:25, 1 Corinthiens 15:52, 1 Pierre 1:4, 1 Pierre 1:23 et 1 Pierre 3:4, tandis que le mot athanasia n'apparaît que trois fois, traduit par « immortalité » en 1 Corinthiens 15:53, 1 Corinthiens 15:54 et 1 Timothée 6:16[326].

L'autorité des lexicographes Liddell et Scott est invoquée pour confirmer que ces deux mots grecs portent tous deux le sens d'« immortel », Plutarque étant cité comme employant aphthartos dans le sens d'« incorruptible, immortel », ce terme étant jugé correspondre le plus exactement aux mots français « incorruptible » — n'étant pas susceptible de se corrompre ou d'être corrompu — et « immortel » — n'étant pas mortel, non sujet ni susceptible de mourir[327]. Athanasia, bien que correctement traduit par « immortalité » selon l'usage, est présenté comme portant moins le sens de ne pas être susceptible de mourir que celui d'immuabilité, ce qui fait d'aphthartos le mot correspondant le plus étroitement au sens français d'« immortel », c'est-à-dire non mortel, non périssable, non corruptible[328]. Cette distinction s'appuie sur la parenté grammaticale, en grec, entre « corruptible » (phthartos) et « incorruptible » (aphthartos) en 1 Corinthiens 15:53-54, parenté qui n'existe pas entre « mortel » (thnetos) et « immortalité » (athanasia) dans les mêmes versets, bien que ces deux derniers mots apparaissent apparentés en français, le sens de l'expression étant alors reformulé comme signifiant que ce qui est mortel, c'est-à-dire une condition destinée à la mort, doit revêtir l'immortalité, c'est-à-dire une condition durable ou immuable[329].

L'idée que « incorruptible » désignerait un état et « immortalité » un autre état distinct est écartée comme dépourvue de fondement et probablement due à un manque de rigueur dans l'examen du sujet, les traductions existantes employant à juste titre les deux mots français de façon interchangeable selon le professeur Young ainsi que Liddell et Scott[330]. Une préférence est néanmoins exprimée pour que le mot athanasia ait été traduit par « immuabilité » plutôt que par « immortalité » dans les trois passages où il apparaît, bien que le mot français « immortalité » couvre déjà, selon cette analyse, l'idée d'immuabilité[331]. Une reformulation de 1 Corinthiens 15:53-54 est proposée sur cette base : les morts d'une classe particulière — les saints — ressuscitent incorruptibles, c'est-à-dire immortels, non susceptibles de se corrompre, de se décomposer ou de périr, et les vivants de cette même classe sont changés ; ce qui est corruptible — une condition malade et périssable — doit être revêtu d'incorruptibilité — une qualité imputrescible — et ce qui est mortel — une condition destinée à la mort — doit être revêtu d'immortalité — une immuabilité[332]. L'accomplissement de la promesse prophétique selon laquelle « la mort sera engloutie dans la victoire » est rattaché au moment où cette classe particulière — les morts ressuscités et les vivants changés, les vainqueurs, les saints — accède à des conditions immuables et exemptes de mort, ce moment marquant le commencement de l'accomplissement, pour le reste du monde, de la prophétie d'Ésaïe 25:8, l'œuvre millénaire d'abolition de la mort et de restauration de la vie devant alors se poursuivre avec succès[333].

Un accusateur réduit au silence

Une anecdote met en scène deux voyageurs assis côte à côte dans un wagon de chemin de fer, engagés dans une conversation sur la religion, l'un d'eux, sceptique, justifiant son incrédulité en détaillant avec un plaisir manifeste l'hypocrisie, la ruse, la convoitise et les divisions observées au sein de l'Église professante, avant de désigner certains de ses dirigeants comme les plus manifestement corrompus de tous[334]. Assis en face, un chrétien contraint d'écouter ces accusations les reconnaît trop vraies pour être dissimulées même à l'esprit le plus charitable, de sorte qu'il ne peut que baisser la tête et accepter le reproche mérité, plutôt que de les récuser comme fausses, ce qui lui aurait permis d'y voir une simple manifestation de la haine du monde envers le Christ[335]. Lorsque le sceptique, désireux d'élargir son audience, s'adresse à lui directement, le chrétien reconnaît son habileté à détecter le mal et à démasquer les abominations qui ruinent la chrétienté et la préparent au jugement de Dieu, avant de proposer un défi : sans rien offrir en défense de ce qui vient d'être dit, il met son interlocuteur au défi de prononcer une seule parole contre le Seigneur Jésus-Christ lui-même[336]. Surpris et presque intimidé, le sceptique admet ne trouver aucun défaut à lui reprocher, le reconnaissant parfait, ce qui permet au chrétien d'expliquer que c'est précisément cette perfection qui a attiré son cœur, la contemplation du Christ lui révélant chaque fois davantage sa propre condition de pécheur coupable, sans pour autant ébranler son droit à se réjouir et à l'aimer dès lors qu'il sait que le Christ est mort pour lui et a payé intégralement sa dette sur la croix, le salut reposant sur ce qu'a fait le Christ et non sur la conduite de ceux qui se disent ses disciples, ce récit étant attribué à Horatius Bonar[337].

La discorde précède l'harmonie

Les épreuves et les tentations de la vie présente sont comparées à l'étape de réglage dans une fabrique de pianos, où la visite de la salle d'accord donne l'impression d'un lieu bruyant et désagréable plutôt que musical, la réponse apportée étant que la musique ne se produit pas à cet endroit mais que les instruments y sont fabriqués et accordés, ce processus produisant nécessairement beaucoup de discorde[338]. L'Église de Dieu sur la terre est assimilée à cette fabrique, le Seigneur façonnant et accordant ses instruments en ce lieu, la discorde perceptible qui en résulte étant jugée nécessaire pour préparer les croyants aux harmonies éternelles à venir, propos attribué à Spurgeon[339]. Un avis est adressé aux abonnés qui écrivent qu'ils sont très pauvres et enverront de l'argent pour le périodique dès qu'ils le pourront : la réponse assure que si l'on est réellement très pauvre, aucun paiement n'est attendu, et qu'il suffit de faire connaître ce besoin pour recevoir le périodique gratuitement[340]. Deux maximes brèves viennent clore ce passage, l'une empruntée à Pascal selon laquelle la vérité elle-même, séparée de l'amour de la vérité, peut devenir une idole, l'autre affirmant qu'un homme bon incarne la bonté, la fleur et son parfum ne faisant qu'un[341].

L'amour de Dieu pour moi

Un poème signé « Mrs. A. M. B. », de Newark, dans le New Jersey, décrit sous forme de récit allégorique la venue de Jésus apportant un coffret de bijoux que les anges auraient désiré voir, chaque joyau étant montré un à un jusqu'à ce que la lumière en devienne comparable à celle du soleil[342]. Le poème se poursuit par une invitation à revêtir ces bijoux et à suivre le Christ vers des contrées de pur délice, assortie de la promesse d'être bientôt emportée pour partager sa demeure et devenir à jamais son épouse, à travers l'éternité[343].

Voir aussi

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Illustrations du numéro

Références

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  144. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  145. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195, note de continuation « (Continued from page 86) »
  146. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  147. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  148. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  149. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  150. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  151. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  152. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  153. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  154. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  155. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  156. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  157. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  158. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  159. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195, note « Crowded out of its proper place in reprint of April, 1880, issue. »
  160. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  161. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  162. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195, note « With the exception of the paragraphs below this article was reprinted in issue of August, 1884. See pages 654 and 655. »
  163. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  164. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  165. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  166. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  167. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  168. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195
  169. ↑ « Ce serpent ancien qui est le diable et Satan fut jeté dans l'étang de feu ; c'est la seconde mort »
  170. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 195-196
  171. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  172. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  173. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  174. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  175. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  176. ↑ « Cette parabole, telle que nous la comprenons maintenant, est en parfaite harmonie avec les idées avancées dans l'article intitulé "La domination restaurée". Voir La Tour de Garde, décembre 1880 »
  177. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196, note « Reprinted in issue of September, 1881. See pages 265-267. »
  178. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196, note « Reprinted in issue of September, 1881. See pages 260 and 261. »
  179. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  180. ↑ « fait un peu inférieur aux anges pour la souffrance de la mort »
  181. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  182. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  183. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  184. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  185. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  186. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 196
  187. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  188. ↑ « n'était pour aucune autre raison que pour qu'il puisse souffrir la mort »
  189. ↑ « maintenant nous sommes les fils de Dieu »
  190. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  191. ↑ « nous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces »
  192. ↑ « nous sommes convaincus que le trois est fondamental au ciel et sur la terre »
  193. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  194. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  195. ↑ « L'Esprit divin est le Sanctificateur, et la Parole de vérité est l'instrument »
  196. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  197. ↑ « Il y en a trois qui rendent témoignage sur la terre, l'Esprit et l'eau et le sang »
  198. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  199. ↑ « Après les soixante-deux semaines, le Messie sera retranché, mais non pour lui-même »
  200. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  201. ↑ « C'est lui qui est venu par l'eau et le sang — le Sauveur oint »
  202. ↑ « Dieu manifeste son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous »
  203. ↑ « d'autant plus, étant réconciliés, nous serons sauvés par sa vie »
  204. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 197
  205. ↑ « Mais un des soldats lui perça le côté avec une lance, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau »
  206. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  207. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  208. ↑ « ils ne lui brisèrent pas les jambes »
  209. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  210. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  211. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  212. ↑ « Personne ne me l'ôte, mais je la donne moi-même »
  213. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  214. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  215. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  216. ↑ « Moi, je vous baptise d'eau... mais lui vous baptisera du Saint-Esprit et de feu »
  217. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  218. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  219. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  220. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  221. ↑ « Nous croyons que ce doit être l'Aube du Jour jusqu'en 1914 »
  222. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  223. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  224. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  225. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 198
  226. ↑ « Vous serez baptisés du Saint-Esprit, non plusieurs jours après ceci »
  227. ↑ « Le Saint-Esprit tomba sur tous ceux qui entendaient la parole »
  228. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  229. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  230. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  231. ↑ « épreuves de feu »
  232. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  233. ↑ « naviguer vers le paradis porté par des brises légères »
  234. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  235. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  236. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  237. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  238. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  239. ↑ « affranchis du péché par la foi »
  240. ↑ « Qui accusera les élus de Dieu ? C'est Dieu qui justifie »
  241. ↑ « Étant maintenant justifiés par son sang, nous serons sauvés de la colère par lui »
  242. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 199
  243. ↑ « Étant justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu »
  244. ↑ « misérables pécheurs »
  245. ↑ « héritiers de Dieu, et cohéritiers de Jésus-Christ notre Seigneur »
  246. ↑ « les richesses surabondantes de sa grâce »
  247. ↑ « C'est ici la volonté de Dieu, votre sanctification »
  248. ↑ « consacrer ou donner notre volonté, notre temps, nos talents, notre vie »
  249. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  250. ↑ « nouvelles créatures »
  251. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  252. ↑ « ce qui est né de l'Esprit est esprit »
  253. ↑ « nous qui sommes vivants et qui demeurons, serons changés en un instant »
  254. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  255. ↑ « la rédemption de notre corps »
  256. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  257. ↑ « Tes paroles ont été trouvées, et je les ai mangées »
  258. ↑ « Frappez, et il vous sera ouvert — cherchez, et vous trouverez »
  259. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  260. ↑ « Sanctifie-les par ta vérité ; ta parole est la vérité »
  261. ↑ « Toute Écriture est donnée par inspiration de Dieu, et utile pour la doctrine »
  262. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  263. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 200
  264. ↑ « Si je puis m'éveiller à ta ressemblance, ô Seigneur »
  265. ↑ « mis à mort dans la chair mais rendu vivant par l'Esprit »
  266. ↑ « Voyez que vous ne disiez à personne la vision »
  267. ↑ « toujours prêts à répondre à quiconque vous demande raison de l'espérance qui est en vous »
  268. ↑ « Il y a des promesses spirituelles pour la semence spirituelle, qui est Christ »
  269. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  270. ↑ « l'aveuglement est arrivé en partie à Israël, jusqu'à ce que la plénitude des nations soit entrée »
  271. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  272. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  273. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  274. ↑ « Il y a un corps naturel et il y a un corps spirituel »
  275. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  276. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  277. ↑ « Alors nous connaîtrons, si nous nous attachons à connaître le Seigneur »
  278. ↑ « Je sais en qui j'ai cru, et je suis persuadé qu'il est puissant pour garder ce que je lui ai confié »
  279. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  280. ↑ « je tiens mon corps assujetti, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même rejeté »
  281. ↑ « changés en un moment, en un clin d'œil »
  282. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  283. ↑ « Il en est ainsi de tout homme qui est né de l'Esprit »
  284. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 201
  285. ↑ « plongés dans le péché »
  286. ↑ « il s'est donné lui-même en rançon pour tous, pour en être témoigné en temps convenable »
  287. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 202
  288. ↑ « un petit troupeau, pour en faire sortir un peuple pour son nom »
  289. ↑ « vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal »
  290. ↑ « l'Esprit intercède pour les saints selon la volonté de Dieu »
  291. ↑ « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez »
  292. ↑ « La vérité elle-même, séparée de l'amour de la vérité, peut être une idole »
  293. ↑ « Ce rameau envoie son affection à toutes les branches de la vigne »
  294. ↑ « Je suis le cep, vous êtes les branches »
  295. ↑ « Le chef de tout homme, c'est le Christ, et le chef du Christ, c'est Dieu »
  296. ↑ « Ce numéro contient deux articles de sa plume »
  297. ↑ « Vous désirez marcher sur des œufs sans les briser, et parmi des verres sans les casser »
  298. ↑ « Je ne serai pas infidèle à la cause du Christ, au moins autant que l'époque me le permettra »
  299. ↑ « Il n'y a pas de difficulté trop grande pour notre Dieu »
  300. ↑ « Je ne peux obtenir aucune réponse ; il est mort »
  301. ↑ « Vous savez maintenant, mon fils, ce que c'est que d'être mort au péché, mort et enseveli avec le Christ »
  302. ↑ « La vraie doctrine n'est pas notre droit de penser par nous-mêmes, mais le droit de l'autre homme de penser par lui-même »
  303. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  304. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  305. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  306. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  307. ↑ « Chacun s'indigne de toute tentative de le contraindre à proclamer une chose qu'il ne croit pas sincèrement »
  308. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  309. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  310. ↑ « rien ne peut garantir plus sûrement la préservation de la liberté chrétienne pour quiconque que sa concession pour tous »
  311. ↑ « Quarante ans plus tôt, il avait commencé à travailler avec cent acres de terre, et il a terminé avec cent »
  312. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  313. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  314. ↑ « Pauvre Gould est donc mort ! Il a laissé un piètre bilan — pas un sou de plus que ce qu'il a reçu de son père »
  315. ↑ « Mon but était de mourir à la tête de cent mille dollars »
  316. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  317. ↑ « Ni voisin ni ami, ni fils ni fille, n'a versé une larme sur lui »
  318. ↑ « comme un loup, dévore l'intelligence, la religion, l'espérance et la vie elle-même »
  319. ↑ « Je pense que nous ne sommes pas fondés à conclure, de façon aussi catégorique, qu'il faille interpréter figurativement et non littéralement la mort et la destruction »
  320. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  321. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  322. ↑ « seraient réellement et littéralement détruits, et cesseraient d'exister »
  323. ↑ « Celui qui a le Fils a la vie, et celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie »
  324. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 203
  325. ↑ « Le mot grec aphtharsia est traduit par immortalité en Romains 1:17 »
  326. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 204
  327. ↑ « Ces deux mots reçoivent le sens d'immortel, selon les lexicographes »
  328. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 204
  329. ↑ « Ce mortel [condition périssable] doit revêtir l'immortalité [une condition durable ou immuable] »
  330. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 204
  331. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 204
  332. ↑ « Les morts (d'une classe particulière), c'est-à-dire les saints, seront ressuscités incorruptibles »
  333. ↑ « La mort sera engloutie dans la victoire »
  334. ↑ « l'hypocrisie et la ruse et la convoitise et les divisions trouvées dans l'Église professante »
  335. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 204
  336. ↑ « Je vous mets ici solennellement au défi de prononcer la première parole contre le Seigneur Jésus-Christ lui-même »
  337. ↑ « Mon salut dépend de ce qu'il a fait, et non de ce qu'ils font »
  338. ↑ « nous ne produisons pas de musique ici ; nous fabriquons les instruments et les accordons ici »
  339. ↑ « les harmonies éternelles là-haut »
  340. ↑ « si vous êtes très pauvres, nous ne voulons pas que vous nous envoyiez d'argent »
  341. ↑ « La fleur et son parfum ne font qu'un »
  342. ↑ « apporta son coffret de bijoux que les anges avaient désiré voir »
  343. ↑ « Là, vous serez pour toujours mon épouse, à travers l'éternité »

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