Enfance dans le jéhovisme

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Enfant proclamateur de six ans et demi effectuant 60 heures par mois de porte en porte en 1942 - Consolation, 1er avril 1942

Le rapport parlementaire de 1995 classait le mouvement des Témoins de Jéhovah dans les sectes qui pratiquent "l'embrigadement des enfants sous une forme plus ou moins insidieuse". Des rumeurs prétendent que tous les enfants sont battus dans ce mouvement et d'autres que l'enfant de Témoins de Jéhovah est privé de tout. Qu'en est-il exactement ? Cet article se propose de présenter d'une façon aussi exhaustive que possible tous les aspects de la vie de l'enfant élevé dans le mouvement des Témoins de Jéhovah, afin que chacun puisse se faire une opinion sur le sujet.

Éducation

Durant la petite enfance

Prédicateur de 1 an et demi - Consolation, 24 décembre 1941

L'éducation des enfants dès leur plus jeune âge est comparé chez les Témoins de Jéhovah à un "modelage", comme un potier avec de l'argile. La Tour de Garde du 15 février 2003, page 23, dans l'article "Qui modèlera son cœur ?" l'explique en ces termes:

« Les parents aussi apportent une contribution importante à la société en modelant le caractère et la personnalité de leurs enfants. La Bible compare les humains à de l'argile, et les parents ont reçu de Dieu la tâche de modeler l'" argile" que sont leurs enfants (Job 33:6; Genèse 18:19). Tout comme la réalisation d’une belle poterie, la transformation d’un enfant en un adulte équilibré capable d’assumer ses responsabilités ne se fait pas toute seule. Elle n'est pas le fruit du hasard. »

En se basant sur l'exemple du disciple Timothée (2 Timothée 3:15), les Témoins considèrent qu'on peut modeler le cœur de l'enfant dès ces premiers mois par la lecture de la Bible. En effet, La Tour de Garde précédemment citée continue:

« Selon les pédiatres, à huit mois un nourrisson a déjà appris à reconnaître les sons de sa langue, noué des liens étroits avec ses parents, développé ses facultés de perception et commencé à explorer son environnement. L'idéal est donc de commencer à modeler son cœur dès son plus jeune âge. Quel avantage ce sera pour lui si, comme Timothée, il apprend à 'connaître les écrits sacrés depuis sa toute petite enfance' ! — 2 Timothée 3:15. »

En rapport avec ce texte biblique, une illustration porte ce commentaire: "Des parents lisent la Bible à leur nouveau-né. Ce moment agréable marqué par la voix rassurante du père ou de la mère peut donner le goût de la lecture à l'enfant." La lecture est présentée positivement dans d'autres revues du mouvement en rapport avec les tous petits, à chaque fois un livre du mouvement est proposé aux parents comme base de lecture.[1]

Il est recommandé d'entreprendre l'étude familiale de la Bible — c'est-à-dire des publications de l'organisation — dès les premières années. Dans un article consacré à "éduquer les enfants dès la petite enfance", une revue interne au mouvement, Le Ministère du Royaume de février 2002, déclarait ceci:

« Le premier moyen de leur enseigner la vérité et de les aider à entrer dans des relations d'intimité avec Jéhovah est l'étude régulière de la Bible en famille. »

Il est également ajouté que cette étude doit être courte et fréquente, et suggère quelques activités: « Racontez-leur des histoires de personnages bibliques. Demandez-leur de dessiner ou de mimer des scènes ou des événements tirés de la Bible. Faites un bon usage des cassettes vidéo et audio, y compris des drames bibliques. »

Intégration sociale

Interdits (cas général, hors France)

  • Les anniversaires de naissance

Il est absolument interdit de fêter les anniversaires de naissance chez les Témoins de Jéhovah. Par conséquent, l'enfant élevé dans le mouvement ne doit pas accepter les invitations à des petites réceptions organisées au domicile de ses copains du "monde", ni les inviter chez lui pour cette occasion, ce qui peut parfois entraîner l'incompréhension de ses camarades. En classe, il ne doit pas apporter de gâteau pour cette occasion comme le font beaucoup d’enfants, ni fêter celui des autres élèves. Pareillement, il n'a pas le droit de souhaiter l'anniversaire des membres de sa famille qui ne sont pas Témoins de Jéhovah, ce qui peut générer des frictions dans les familles. Il arrive que certains enfants se sentent frustrés et vivent mal cette interdiction, tout en éprouvant parfois un sentiment de culpabilité de se sentir aussi faibles spirituellement.

  • Fêtes des mères, des pères et célébrations semblables

À ces occasions, les élèves préparent toujours une lettre, un dessin, un poème, un petits cadeau avec leur enseignant. Les enfants 'Témoins de Jéhovah' » doivent refuser, au grand étonnement de leurs petits camarades et ce moment peut se révéler difficile à vivre. Si un de leurs parents ou certains membres de leur famille concernés par ces fêtes ne sont pas Témoins de Jéhovah, il arrive que leur refus de leur souhaiter celles-ci, engendre des tensions, les mettant dans une situation inconfortable.

  • La Saint Nicolas et Noël

Ces fêtes sont considérées comme étant d’origine païennes et donc strictement interdites dans le mouvement. À la maison comme à l'école, l'enfant ne doit pas participer aux préparations de ces festivités: pas de sapin, pas de chants de Noël, pas de crèche, pas de cadeaux, pas de réveillon. Encore une fois, il peut arriver qu’il vive assez mal cette situation, un des moments les plus dur étant le retour en classe après les fêtes, quand ses petits copains lui racontent ce qu’ils ont eu et lui demandent ce qu’il en est pour lui. Répondre "Rien, on ne fête pas Noël chez moi" est parfois vécu comme une épreuve, s'accompagnant d'un fort sentiment de culpabilité de n'être pas à la hauteur des attentes de Jéhovah.

Jeunes enfants proclamateurs de Baton Rouge, USA - Consolation, 23 juillet 1941

Les Témoins de Jéhovah disent qu'ils offrent des jouets à leurs enfants à d'autres moments de l'année, qu'ils n'ont pas besoin d'une occasion spéciale pour faire un cadeau. Mais outre le fait que cette présentation ne correspond pas toujours à la réalité — certains parents ne composent pas nécessairement à d'autres moments — les petits vivent parfois assez mal le fait d'être traités différemment des autres enfants et d'être privés de la magie de ses fêtes, sans toutefois le reconnaître ouvertement, étant tiraillés par des sentiments contradictoires.

  • Pâques, Carnaval, Halloween

Là encore, ces fêtes étant vues comme païennes, il n'y a pas de chasse aux œufs dans le jardin, pas de décoration d'œufs, pas de lapin et de cloche en chocolat, pas de déguisement pour carnaval ou Halloween, ni à la maison, ni à l'école.

  • La "bonne année"

Il est interdit de souhaiter la "Bonne année" chez les Témoins de Jéhovah: pas de vœux oraux, pas de cartes de vœux, ni aux amis, ni à la famille. Et si quelqu'un leur présente ses vœux, ils ne doivent surtout pas répondre "vous aussi", mais uniquement "merci". Certains enfants du mouvement peuvent éprouver une certaine gène de ne pas pouvoir souhaiter la "bonne année" à leurs petits amis, enseignants ou membres de la famille non-Témoins de Jéhovah.

  • Les élections de délégués de classe

Il est interdit aux collégiens et lycéens du mouvement de participer aux élections des délégués de classe car ils doivent apprendre à rester "neutres quant aux affaires du monde". Cette situation peut s'avérer très embarrassante vis-à-vis de leurs camarades qui ne comprennent pas toujours cette prise de position.

  • Fête nationale

Pour préserver leur neutralité chrétienne, les enfants ne doivent normalement pas prendre part aux fêtes patriotiques: ni feux d'artifices du 14 juillet en France, ni participation aux festivités organisées dans les communes pour cette occasion.

Interdits (cas de la France)

Enfants proclamateurs de New-York - Consolation, 26 novembre 1941

Tous les interdits cités ci-dessus sont valables pour les enfants français de Témoins de Jéhovah: ni fêtes dites païennes, ni fêtes patriotiques. Cependant, depuis le milieu des années 1990, le mouvement a assoupli sa position sur l'attitude qu'ils doivent adopter à l'école. A partir de cette décennie, ils purent désormais prendre part aux goûters organisés pour ces diverses occasions, dessiner des sapins de Noël, participer aux activités liées à ces évènements, à condition qu'ils leur donnent une autre signification: le sapin doit être considéré comme une création de Jéhovah, etc. De la même façon, ces enfants ont maintenant le droit de voter lors des élections des délégués de classe, au collège et lycée.

À l'inverse, les publications internationales de la Watchtower prônent toujours la fermeté quant au refus de prendre part aux activités contraires à la foi des 'Témoins de Jéhovah', à l'école. Récemment aux USA, pays où la liberté de culte est totale, une directrice d'école a demandé à son fournisseur de supprimer les croix tracées sur une brioche traditionnelle de Pâques, par respect pour les croyances des enfants 'Témoins de Jéhovah'. Ces croix ont été jugées offensantes pour eux, comme l'a déclaré un représentant de la congrégation locale.[2] De même, en 2007, une enquête effectuée auprès de 145 directions d'établissement scolaire du Québec a révélé que la majorité des demandes d'accommodements pour motif religieux provenait de parents Témoins de Jéhovah qui refusaient que leur enfant se déguise et participe aux festivités d'Halloween, de Noël, ainsi qu'aux anniversaires de naissance.[3]

Ainsi, cet assouplissement de la position de la Société Watchtower pour la France a vu le jour dans la période où les dérives sectaires de cette organisation ont commencé à y être dénoncées. Pour se conformer à la loi sur la laïcité en milieu scolaire, le mouvement demanda aussi aux enfants français de ne plus pratiquer de prosélytisme direct à l'école, alors que de nombreuses publications des Témoins de Jéhovah continuent d'en faire régulièrement l'apologie; l'enfant ou le jeune pourra par son comportement respectueux et droit attiré l'attention sur lui, et ainsi provoquer des questions, il pourra alors donner "le témoignage" sur sa foi sans avoir été l'instigateur apparent du débat. Quoique motivées uniquement par une volonté d'apaiser les critiques, ces dispositions particulières aux enfants de Témoins de Jéhovah français sont de nature à rendre moins difficile leur vie sociale et leur intégration à l'école.

Milieu scolaire

L'école est un lieu ambivalent pour les Témoins de Jéhovah: c'est un lieu de contact avec "le monde", à la fois source de danger pour la spiritualité, et lieu de champ de mission utile pour apprendre (rapidement) un métier et ainsi être un bon prédicateur (lecture, écriture). Ces différents thèmes opposés se trouvent dans les revues jéhovistes au fil du temps.

Les différentes consignes de la Société Watchtower en rapport avec l'école (renoncement aux amitiés avec les camarades de classe, rejet des études supérieures, etc) peuvent être considérées comme des freins à l'intégration dans la société des enfants de Témoins de Jéhovah, qui sont privés d'une partie de ce qui constitue la vie sociale des autres enfants. Néanmoins, certains d'entre eux semblent ne pas trop souffrir de leur différence et se sentent bien dans le mouvement; alors que d'autres enfants éprouvent un sentiment de frustration refoulé, assorti de la culpabilité de ne pas être assez forts spirituellement face à tous ces interdits, surtout si leurs parents se montrent exigeants quant aux respect des règles de l'organisation. Ce décalage entre leurs aspirations réelles et leur vie peut en partie expliquer le fait que de nombreux enfants élevés dans le mouvement des Témoins de Jéhovah le quittent un jour, mais gardent souvent très longtemps des séquelles psychologiques plus ou moins graves de cette enfance "volée".

Buts et dangers de l'école

Pour les Témoins de Jéhovah, l'école a deux utilités: celle d'apprendre rapidement un métier, et celle d'apprendre à lire et à écrire, principalement pour devenir un bon prédicateur. Les rares fois où l'intérêt de l'école est mis en avant peuvent être résumées par cette citation, qui doit néanmoins être contextualisée — elle est extraite d'un livre sur le moyen de diriger sa famille (Le Secret du bonheur familial, p. 90) et tirée d'un chapitre qui veut évoquer le moyen de "protéger sa famille des influences destructrices", dans ce cadre l'école est principalement montrée du doigt, mais l'auteur se sent obligé en début d'article d'évoquer son utilité):

« Les parents chrétiens attachent une grande importance à l'instruction. Ils savent que l'école permet aux enfants d’apprendre à lire, à écrire et à communiquer, ainsi qu'à résoudre des difficultés. Elle devrait aussi leur inculquer l'art d'apprendre. Les aptitudes acquises à l'école peuvent aider les enfants à réussir leur vie malgré les obstacles que pose le monde. En outre, une bonne instruction leur permettra d’effectuer un travail de meilleure qualité. — Proverbes 22:29. »
Étude sur l'occurrence du mot "école" dans les revues TJ en 2007 et 2008

Il n'est pas évoqué d'autres utilités dans les revues du mouvement. Au contraire, en ce qui concerne l'apprentissage du "vivre ensemble", l'école est perçue et vécue négativement comme un lieu où le jeune Témoin de Jéhovah souffre et est persécuté en raison de sa foi, ou alors est tenté et poussé à suivre des voies contraire au jéhoviste. Les dangers évoqués peuvent être classés en deux blocs: ceux induits par l'enseignement, et ceux induits par le milieu.

  • Les conséquences de l'enseignement

La perte de foi en Dieu par le moyen de la théorie de l'évolution, la poursuite de biens et visées matérialistes qui entravent ou détruisent la spiritualité. C'est ce que déclare Le Tour de Garde, 15 mai 2008, p. 17:

« Les jeunes sont incités à poursuivre des objectifs matérialistes par les dirigeants d’entreprise et le corps enseignant, et quelquefois par leurs proches ou leurs amis, l'éducation sexuelle sans l'apprentissage de la moralité. »

De même, le livre Le secret du bonheur familial, page 92, chapitre 8:

« Malheureusement, certains renseignements erronés sur la sexualité qui circulent dans les écoles proviennent non pas des enfants, mais des enseignants eux-mêmes. Bon nombre de parents sont consternés lorsqu'à l'école on enseigne la sexualité aux enfants sans les renseigner sur les principes moraux et sur leurs responsabilités. »
  • Les conséquences du milieu ambiant

- La vulgarité: cf. Réveillez-vous!, mars 2008, p. 19, article "Est-ce si mal de dire des gros mots ?"

« D'ailleurs, plus d'un jeune serait d'accord pour dire que, s'il recevait un euro chaque fois qu'il entend un gros mot à l'école, il n'aurait jamais à travailler et ses parents pourraient prendre leur retraite! Dans la conversation courante, explique Ève, 15 ans, mes camarades d’école lâchent facilement plusieurs jurons par phrase. Quand on baigne dans ce langage toute la journée, c'est dur de ne pas l'adopter. »

- Le flirt et l'immoralité sexuelle: cf. Réveillez-vous!, novembre 2007, p. 27:

« À l'école, je voyais tout le monde avec un petit copain ou une petite copine; ils avaient l'air heureux. Quand j'étais avec eux et que je les voyais s'embrasser et s'enlacer, je les enviais, je me sentais seule. Souvent, je me laissais aller à fantasmer des heures entières sur un garçon que j'aimais bien. Du coup, j'avais de plus en plus envie d'être avec lui et de tout faire pour que ce soit possible. »

- L'homosexualité: cf. Réveillez-vous!, février 2007, p. 28:

« "Plein de filles de mon école se disent soit lesbiennes, soit bisexuelles, soit 'bicurieuses';", dit Becky, 15 ans. Christa, 18 ans, observe la même situation dans son école. »

- La pornographie: cf. Réveillez-vous!, décembre 2007, p. 12, article intitulé "Comment rejeter la pornographie:

« "Un garçon à l'école avait une photo de fille nue collée à l'intérieur de son casier, sur la porte. Et son casier n’était pas loin du mien." — Robert »

- La rébellion, l'incitation à la prise de drogue, la violence, les fêtes considérées comme "païennes" (Noël, Pâques, Halloween, anniversaire de naissance) auxquelles le jeune ne doit pas participer tout comme aux fêtes patriotiques, le danger de l'esprit de rivalité et de compétition, notamment dans le sport.

Un article du Réveillez-vous! de septembre 2008 intitulé "Comment surmonter le stress à l’école" faisait le résumé des différents stress que pouvait subir un jeune (Témoin de Jéhovah) à l'école: 1/ Le stress en raison des professeurs qui veulent l'excellence; 2/ le stress en raison des camarades: incitation au sexe, à l'alcool et à la rébellion; 3/ le stress d'être identifié comme Témoin de Jéhovah.

Dans ce cadre, l'éducation à l'école pour un jeune Témoin n'est un apprentissage du "vivre ensemble" que sur le mode de la différenciation et de l'élitisme. Les jeunes et les adultes de l'école, ainsi que les parents souvent caricaturés à l'extrême, sont présentés comme un exemple à ne pas suivre;[4][5] par contre, le jeune Témoin apprend à se différencier et est présenté comme un ilot de pureté guidé par l'esprit saint,[6] une sorte de représentant de Dieu isolé au milieu du "monde".[7]

Enfants proclamateurs de Sao-Paulo (Brésil) - Consolation, 8 juillet 1942

Une recherche sémantique sommaire sur le mot "école" dans les revues La Tour de Garde et Réveillez-Vous! des années 2007 et 2008, permet de confirmer cette analyse. Les occurrences positives sur l'école sont quasi-nulles, alors que celles négatives sont nombreuses. Dans le même temps, le champ sémantique de l'école (école, étudiant, enseignant, étude) est approprié par le jargon du mouvement qui devient dès lors un rival inconscient de l'école républicaine. Bien sûr, on note cette fois-ci une inversion complète du rapport des occurrences: il n'existe cette fois-ci aucune remise en cause ou reconnaissance d'erreurs de ces "écoles" religieuses jéhovistes que sont l'école de Guiléad, l'école du Ministère Théocratique, l'école des pionniers (cf. tableau ci-contre).

Le mode de classement des occurrences sur l'école républicaine ou jéhoviste doit être expliqué pour tout lecteur qui voudrait vérifier ces résultats:

  • Les occurrences "positives" sont des expressions associant une utilité à l'école.
  • Les occurrences "neutres" sont des phrases où l'école est évoquée d'une manière descriptive, par exemple dans un récit, sans qu'une connotation positive ou négative n'apparaisse.
  • Les occurrences "négatives" indiquent que l'école est critiquée ou présentée dans un contexte de difficulté ou de souffrance.

À l'inverse, on peut aussi noter dans les publications, la promotion des "écoles" religieuses internes au mouvement (École du ministère théocratique, École de Guiléad), comme diffusant un enseignement vital, parfois même mise en contraste voire en compétition avec l'école républicaine: ce fut le cas par exemple à propos de l'alphabétisation en Afrique ou de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture par l'étude de la Bible pour un enfant, l'apprentissage de la diction et de la présentation d'un exposé à l'École du ministère théocratique.

Activités extra scolaires

Si ces activités ne sont pas formellement défendues aux enfants en dehors du cas où le père Témoin de Jéhovah a des responsabilités au sein de la congrégation, elles sont en tout cas déconseillées dans les publications des Témoins de Jéhovah, qui ne rapportent positivement que les cas où des parents adeptes les ont interdites à leurs enfants. Voyez par exemple La Tour de Garde du 15 septembre 2007, page 10:

« Naturellement, l'état d'esprit d'un enfant est influençable, en bien comme en mal. Les dangers des mauvaises compagnies représentent donc un défi pour les parents (1 Corinthiens 15:33). Il faut beaucoup de doigté pour apprendre à nos enfants comment éviter de se lier avec des gens qui non seulement n'aiment pas Jéhovah, mais de plus ne le connaissent même pas (Proverbes 13:20). Shawn, déjà cité plus haut, reconnaît: "Nous avons expliqué à nos enfants qu'il leur fallait se montrer agréables avec leurs camarades, mais qu'il n’était pas souhaitable qu'ils les fréquentent en dehors de l’école. Nos enfants ont compris pourquoi il ne serait pas judicieux de leur part de participer à des activités périscolaires ou à des compétitions sportives organisées par l’établissement." »

Puisque ce monde est mauvais, il vaut mieux éviter de le fréquenter en dehors de l'école et se tenir à l'écart des "mauvaises fréquentations"; de plus, les activités extra-scolaires peuvent être considérées comme préjudiciables, si elles ont des répercussions sur la vie spirituelle des enfants. Par exemple, le sport est accusé de développer chez l'enfant l'esprit de compétition. C'est ce que déclare le Réveillez-vous ! du 22 juin 1991, page 16:

« Ne sous-estimez pas non plus les répercussions que vos activités sportives pourraient avoir sur votre programme d'activités spirituelles (Hébreux 10:23-25). "Souvent, c'étaient ou les matchs et les entraînements, ou les réunions chrétiennes", raconte Gérald. (...) Néanmoins, chez les Témoins de Jéhovah, les jeunes gens évitent en principe les activités sportives extra-scolaires. »

Toutefois, suivant les exemples présentés aux médias par le mouvement, certains parents choisissent de faire pratiquer des activités extra-scolaires à leurs enfants, alors que d'autres, privilégiant leur implication dans le mouvement, préfèreront suivre scrupuleusement les consignes de la Société Watchtower.

Ne pas se faire d'amis dans le "monde"

On apprend à l'enfant élevé chez les Témoins de Jéhovah qu'il vit dans un monde mauvais dominé par Satan, dont il doit se méfier. Il lui est donc déconseillé fortement voire interdit par ses parents de fréquenter en dehors du travail ou de l'école les jeunes de ce 'monde condamné', qui risqueraient de le détourner de l'organisation des Témoins de Jéhovah.

C'est ce que confirme, par exemple, La Tour de Garde, 1er avril, page 15, article intitulé "Comment élever des enfants dans un monde permissif":

« De façon similaire, les bons parents sont soucieux de protéger leurs enfants des dangers du monde dépravé. Il se peut qu'ils leur interdisent certaines activités qui les exposeraient inutilement à des influences dangereuses. C'est ainsi que des parents avisés prennent ce principe au sérieux: "Les mauvaises compagnies ruinent les habitudes utiles." (1 Corinthiens 15:33). En préservant les enfants de la compagnie de ceux qui ne respectent pas les normes morales de la Bible, on les empêchera certainement de commettre des erreurs aux conséquences fâcheuses, voire mortelles. »
Proclamatrices de sept et dix ans, en West-Virginie, USA — Consolation, 18 mars 1942

De même, La Tour de Garde, 15 février 2008, page 27, déclarait:

« Ne devrions-nous pas nous attendre à tomber dans le même piège (ajout personnel: que les israélites qui ont sombré dans le culte interdit de Baal) si nous fraternisons avec des personnes qui, même si elles sont amicales, n'adhèrent pas aux croyances, aux valeurs et aux principes chrétiens? Bien sûr, certains contacts sont inévitables sur notre lieu de travail, à l'école ou peut-être même à notre domicile. Cependant, ce qui est arrivé aux Israélites nous avertit que rechercher la compagnie de telles personnes est source de problèmes. La Bible formule cette vérité incontournable: "Les mauvaises compagnies ruinent les habitudes utiles." — 1 Cor. 15:33. »

Ainsi, mieux vaut pour lui se contenter de la fréquentation de ses amis au sein de la congrégation chrétienne. Cet enseignement peut amener certains enfants à avoir du mal à s'intégrer et à se sentir vraiment épanouis dans le milieu scolaire ou hors de leur congrégation.

Études supérieures

Voir article détaillé Études supérieures

Là encore, la Société Watch Tower n'interdit pas impérativement les études, mais elle s'efforce de démontrer au travers de ses publications qu'il vaut mieux en limiter la durée pour éviter de mettre en danger sa "spiritualité" au contact de l'enseignement profane: philosophie, préhistoire, évolution, etc... Une publication a même considérer l'université comme un lieu de "lavage de cerveau".[8]

Il est vrai que certains parents font le choix de faire suivre des études plus longues à leurs enfants, mais apparemment cela reste une minorité, car la poursuite d'études est souvent regardée comme un signe de manque de spiritualité pouvant restreindre l'accès à des fonctions dans l'organisation. Dans les faits, le refus des études supérieures peut avoir des conséquences sur le niveau social et pécuniaire du jeune une fois devenu adulte, comme le prouvent certaines études sociologiques et sondages.

Proclamatrices de sept et deux ans et demi, dans le Minnesota, USA - Consolation, 1 avril 1942

À une certaine époque, des observateurs extérieurs constataient qu'un revirement se manifestait dans l'organisation des Témoins de Jéhovah, encourageant des études plus poussées, changement que certains mettaient sur le compte de besoins de la Société Watchtower, notamment en informatique ou dans le domaine du droit.[9] Cependant, de récents articles de La Tour de Garde, comme celui précédemment cité, ou le discours prononcé lors d'une assemblée par un membre du Collège Central, Gerrit Losch, qui, tout en affirmant ne pas donner d'ordre aux adeptes Témoins, a comparé les études supérieures à un suicide [10] amènent à s'interroger sur un possible retour en arrière de la position de l'organisation des Témoins de Jéhovah.

Champ de mission

Voir article détaillé Prosélytisme en milieu scolaire

Si dans tous les pays, les Témoins de Jéhovah considèrent l'école comme tout lieux public comme un champ de mission, le mouvement a une approche différente suivant les législations des pays. Par exemple, dans les États où la laïcité n'est pas aussi clairement définie à l'école comme en France, les congrégations, comme par exemple en Estonie, démarchent les écoles et professeurs pour leur proposer massivement des publications. Dans le cas de ce pays, chaque professeur de biologie s'est vu proposer un livre critiquant la théorie de l'évolution.[11]

Les publications font souvent l'éloge des jeunes Témoins qui ont rendu témoignages dans le milieu scolaire. Voici quelques exemples:

  • Réveillez-vous!, 8 septembre 2004: Mélissa, dix ans, profita d'une discussion sur le système immunitaire en classe pour parler des transfusions sanguines. Elle offrit un DVD à son enseignante qui le lui demanda pour la bibliothèque de son école.
  • La Tour de Garde, 1er novembre 1995, p. 9: En discutant avec ces camarades de manière informelle, un jeune argentin convertit onze personnes.
  • Annuaire, 2013, p. 55: en classe, une Témoin de 16 ans utilise l'ordinateur portable de sa professeure pour montrer le site officiel de la Watch Tower, et leur conseille: "Chaque fois que vous avez des questions bibliques et qu'il n'y a pas de Témoin à qui vous adresser, vous pouvez toujours aller vous-mêmes sur le site"; selon elle, c'est ce que beaucoup ont fait.

Discipline

Position de la Watch Tower

La Tour de Garde, 1er mai 1954

La Société Watchtower axe une grande partie de son enseignement sur les bienfaits de la discipline. En s'appuyant sur un verset biblique, elle affirme qu’il "n'appartient pas à l'homme qui marche de diriger son pas" (Jérémie 10:23). Pour elle, les humains imparfaits ont besoin d'être disciplinés par Jéhovah pour que celui-ci continue de les bénir, et ce dès le plus jeune âge. Il est expliqué aux adeptes que lorsque la discipline est acceptée et appliquée, elle conduit à la vie éternelle.

Dans ses publications qui parlent de l'éducation des enfants, la Société Watchtower fait souvent référence à des versets bibliques assez durs tels que ceux-ci:

  • Proverbes 23:13-14: « Ne refuse pas la discipline au garçon. Si tu le frappes avec le bâton, il ne mourra pas. Toi , tu dois le frapper avec le bâton, pour délivrer son âme du shéol. »
  • Proverbes 13:24: « Celui qui retient son bâton a de la haine pour son fils, mais celui qui l’aime le cherche vraiment avec discipline. »
  • Proverbes 20:30: « Les plaies qui meurtrissent, voilà ce qui nettoie [du] mal; et les coups, le tréfonds du ventre. »
  • Proverbes 22:15: « La sottise est attachée au cœur d’un garçon ; le bâton de la discipline, voilà ce qui l’éloignera de lui. »

Cependant, elle précise que la discipline doit toujours être appliquée de façon réfléchie et d'une manière proportionnelle à la faute afin qu'elle reste une preuve d'amour et soit bénéfique; elle s'appuie alors sur une autre texte biblique, Ephésiens 6:4. Quant au "bâton de la discipline", elle indique qu'il n'est pas forcément à considérer au sens littéral, mais on peut noter sur ce point une évolution de l'enseignement au fil des années:

La Tour de Garde, 1er décembre 1963

Dans une Tour de Garde des années 50, on peut lire que si la verge (bâton) n'est pas nécessairement la verge littérale, les parents peuvent quand même y avoir recours.[12] Jusqu'au début des années 1980, les écrits de la Société Watchtower encourageaient l'usage de la fessée, du "martinet" ou de "quelque autre type de 'baguette' appropriée"; si la gravité de la faute à corriger le justifie.[13][14] Puis, dans une Tour de Garde de 1987, il fut dit que la discipline "s'appliqu[ait] généralement au moyen de paroles, et non de fessées".[15] En 2004, le mot fessée ne fut même plus associé à l'expression "bâton de discipline"; désormais, une Tour de Garde affirma que "les parents aur[aie]nt plus de succès s'ils exer[çai]ent leur autorité avec amour, et non de manière brutale".[16]

La position de la Société Watchtower vis-à-vis des châtiments corporels a donc évolué au fil du temps. Cependant, si elle a encouragé l'usage de ceux-ci à une époque, ils devaient être utilisés avec discernement et jamais sous le coup de la colère.[17]

Dans la pratique, certains témoignages font état de problèmes de maltraitance au sein du mouvement des Témoins de Jéhovah; toutefois, ils ne représentent pas le cas général, mais plutôt des dérives. Les écrits de la Société Watchtower ne peuvent être directement incriminés, mais des critiques du mouvement pensent que l'utilisation régulière de versets bibliques assez durs pour traiter le sujet de l’éducation des enfants peut avoir été compris par des personnes psychologiquement fragiles ou naturellement violentes comme des recommandations divines, au point qu'elles en ont oublié que ceux-ci ne sont pas à prendre au sens littéral. Toutefois, même s'il existe de nombreux témoignages attestant l'existence de problèmes de maltraitance au sein du mouvement des Témoins de Jéhovah, aucun élément statistique ne permet d'affirmer qu'ils y sont plus nombreux que dans le reste de la population. C'est donc sur la réaction de la communauté des Témoins de Jéhovah face à la maltraitance infantile, que les critiques sont les plus axées, car celle-ci, bien que parfois au courant de ces violences, n'a pas pris les mesures nécessaires pour protéger ces enfants.

Dans son audition du 12 juillet 2006 par la nouvelle commission d'enquête parlementaire relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs, M.Jancovici, chargé de mission pour la coordination, la prévention et le traitement des sectaires, confirma qu'il existait des situations isolées de maltraitance chez les Témoins de Jéhovah comme dans tout groupe social, mais fit remarquer qu'il existait aussi dans cette communauté une autre forme de maltraitance qui n'est ni induite par la doctrine, ni par le groupe, mais par la volonté de l'adepte d'appartenir au groupe et de montrer qu'il est un bon adepte. Il expliqua que lors des réunions à la Salle du Royaume, qui sont parfois longues pour des petits enfants, il leur est demandé de rester calmes et, s'ils ne sont pas sages, certains parents peuvent se retirer à l'écart pour corriger leurs enfants, ceci afin de montrer qu'ils sont de bons parents. De nombreux témoignages confirment ce point.

Cas de maltraitance d'enfants d'adeptes

  • 13 novembre 2001, États-Unis: Des parents sont accusés d'avoir battu leur fille de 12 ans jusqu'à la mort. Constance Slack, une infirmière travaillant dans un hôpital d'enfant, a bâillonné sa fille, Laree, tandis qu'elle a été attachée par les pieds à un futon. Son père, Larry Slack, a alors frappé à plusieurs reprises l'enfant avec un câble électrique de trois centimètres de large, caoutchouté et rempli de fils. Elle est morte suite à une hémorragie interne. Les deux parents étaient des fidèles Témoins de Jéhovah qui enseignaient leurs six enfants à la maison, enfants âgés de 8 à 17 ans. Les deux parents sont mis en examen pour assassinat, et en plus pour coups aggravés sur leur fils de 8 ans.[18]
  • 26 avril 2006, États-Unis: Le procès de Larry Slack, le père Témoin de Jéhovah qui a battu sa fille de 12 ans jusqu'à la mort en 2001, avec un câble électrique (voir ci-dessus), se tient à Chicago. Le frère de la victime a rapporté que le père et la mère, tous deux Témoins de Jéhovah, avaient l'habitude de battre les cinq frères et sœurs avec des câbles électriques pas seulement sur les fesses mais aussi sur tout le corps, et que cette fois-ci le père avait porté plus d'une centaine de coups.[19]
  • 9 septembre 2006, France: Un Témoin de Jéhovah d'Aubusson est condamné à trois années de prison ferme pour violences sur ses cinq enfants et agressions sexuelles sur deux d'entre eux. L'homme, âgé de 52 ans, régnait en tyran sur son foyer, infligeant fréquemment des punitions corporelles.[20]
  • 21 mars 2007, Royaume-Uni: Pendant 20 ans, une Témoin de Jéhovah considérée comme un pilier de sa congrégation locale maltraitait trois des enfants dont elle avait la charge, les battant à coup de bar de fer, leur grattant la peau avec du papier de verre, les forçant à manger leur vomi ou des excréments de rats. Elle pensait que ces enfants étaient possédés par le démon. C'est la faillite du système social anglais qui est pointé du doigt dans cette affaire, qui malgré de nombreux signalements n'a pas agi. La femme avait décidé de retirer les enfants du système scolaire suite à un signalement, et les éduquait à domicile. Un des enfants, devenu adulte, s'est confessé à un ami de sa religion, qui l'a incité à porté plainte.[21]
  • 5 octobre 2007, Belgique: Un petit garçon de huit ans, qui avait volé quelques bonbons ou quelques bons points à l'école, est victime de brutalité de la part de son père et sa belle-mère Témoins de Jéhovah. Son père en furie l'a jeté dans la baignoire et l'avait aspergé à l'eau glaciale au point de le faire sombrer dans l'hypothermie. Ils sont mis sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaires et tortures sur un mineur sur lequel ils avaient autorité.[22]

Vie religieuse

Enfant de six ans en prédication - Consolation, 14 octobre 1942

Force est de constater que l'emploi du temps d'un jeune enfant de Témoins de Jéhovah est assez chargé au niveau des activités religieuses. Si on comptabilise toutes les heures que l'enfant cumule, en plus de son temps scolaire, on se rend compte que ses semaines sont bien remplies. Cependant, il faut nuancer, certains parents raisonnables se rendront compte que leurs enfants sont fatigués et ne les emmèneront pas à toutes les réunions, au risque de passer pour spirituellement faibles aux yeux de leurs coreligionnaires; d'autres, convaincus de faire la volonté de Jéhovah, s'en tiendront scrupuleusement à cet emploi du temps.

Réunions et études

Les Témoins de Jéhovah ont un programme de réunions de quatre heures (cinq heures jusqu'en 2009) par semaine, réparties en deux soirées et un après-midi le week-end. Mais il faut savoir que les enfants de Témoins de Jéhovah ont souvent le même emploi du temps, très chargé. En effet, la Société Watchtower recommande aux parents d'emmener régulièrement leur enfant à toutes les réunions et ce, dès le plus jeune âge. C'est, selon elle, leur "santé spirituelle" qui en dépend et par voie de conséquence, leur survie le jour d'Har-Maguédôn et leur vie éternelle. De plus, elle affirme dans ses publications qu'assister à ces réunions n'est pas suffisant, il est aussi indispensable pour les enfants, d’écouter et d'être attentifs, ceci bien évidemment en fonction de leur âge et de leurs capacités. Pour cela, la Société Watchtower donne des conseils pour développer l'attention des jeunes enfants, en engageant les parents à faire prendre des "notes" aux petits qui ne savent pas encore lire, en les incitant à faire un bâton chaque fois qu'ils vont entendre des mots comme 'Jésus' ou 'Jéhovah'. On peut donc constater que les réunions pour un enfant de Témoins de Jéhovah ne sont pas des moments de détente et représentent un gros effort de concentration.

Les Témoins de Jéhovah sont aussi encouragés à préparer consciencieusement ces réunions avant d'y assister, soit en famille, soit individuellement. Pour cela, ils doivent lire une première fois les publications qui seront étudiées à la Salle du Royaume, et souligner dans chaque paragraphe les réponses aux questions qui figurent dans celles-ci ou encore, préparer leurs "devoirs" pour l'École théocratique.

Proclamatrice de trois ans et demi arrêtée en prédication en Oklahoma, USA - Consolation, 18 mars 1942

À la durée de la réunion, il faut ajouter celle des trajets aller et retour pour y assister, ainsi que le temps passé à la Salle du Royaume par la famille, après celle-ci. La Société Watchtower met l'accent sur la nécessité de profiter de ce moment, pour renforcer les liens entre les adeptes. Certaines réunions, le soir en semaine, se terminent parfois fort tard pour les enfants de Témoins de Jéhovah et il peut arriver que certains n'aient pas le temps de faire tous leurs devoirs scolaires, comme en témoignent d'anciens adeptes ayant été enfants dans le mouvement. La Tour de Garde du 1er novembre 2006, page 31, rappelle d'ailleurs que les devoirs scolaires ne doivent pas être un frein à l'assistance régulière aux réunions du groupe:

« Alors que la fin approche, nous devrions être plus déterminés que jamais à assister à nos réunions chrétiennes. Par respect pour le caractère sacré de nos réunions, nous ne laissons pas le travail profane, les devoirs scolaires ou des cours du soir nous empêcher de nous réunir régulièrement avec nos compagnons dans la foi. »

Aux réunions et à leur préparation s'ajoute parfois une étude de la Bible, que le père de famille (ou la mère, si le père n'est pas adepte) est invité à conduire avec ses enfants, d'une durée qui peut varier de quelques minutes à une heure chaque semaine, en fonction de l'âge et des aptitudes de l'enfant.

Enfin, il y a également les assemblées de circonscription et de district auxquelles les jeunes doivent aussi assister.

Prédication

Il ne faut pas oublier l'activité de prédication, à laquelle il est recommandé d'emmener les enfants, afin de les former à devenir des proclamateurs de la "bonne nouvelle", et cette activité représente généralement un minimum deux heures par semaine. L'enfant doit également se préparer en vue de cette activité, et sa participation sera bien souvent proportionnelle à son âge et ses capacités. Par exemple, lorsqu'il sera très jeune, on attendra généralement de lui qu'il lise un verset biblique à son interlocuteur ou qu'il lui donne un tract, puis lorsqu'il sera un peu plus grand, il devra proposer lui-même les publications du mouvement, etc, jusqu'à finalement être un proclamateur à part entière.

Lorsqu'il participe au prosélytisme, l'enfant d'une dizaine d'années est généralement vêtu de la même manière qu'un adulte: ainsi, le jeune garçon porte une chemise et une cravate, et souvent aussi une veste de costume. Cette tenue peut être éprouvante pour lui, car il est possible que tôt ou tard il rencontre ses camarades de classe tandis qu'il prêche, et cela peut lui valoir des moqueries à l'école. De ce fait, de nombreux jeunes vivent mal les moments de prosélytisme et cherchent des subterfuges pour ne pas être vus, ce qui peut leur engendrer un profond stress au quotidien. De surcroît, l'enfant a souvent honte d'éprouver de tels sentiments et d'en parler à ses parents Témoins: en effet, ce genre de préoccupations est en général incompris par les adultes Témoins qui ne verront là dedans rien d'autre qu'une expression des "souffrances" inhérentes à la fidélité du "vrai chrétien", et ceux-ci risquent de reprocher à leur enfant un "manque de foi".

Baptême

Jeunes proclamateurs de Miami, USA, tous ces enfant sont alors baptisés à l'exception de trois - Consolation, 23 décembre 1942
Voir article détaillé Baptême des enfants

Les Témoins de Jéhovah se positionnent ouvertement contre le baptême des bébés, affirmant que cette pratique est contraire aux principes bibliques puisque le nouveau-né ne peut pas comprendre la doctrine chrétienne. Toutefois, ils ne sont pas contre l'admission de jeunes enfants dans leurs rangs, puisque, disent-ils, c'est le jeune qui en fait la demande et sa compréhension de la doctrine est, au préalable, contrôlée par les questions du baptême. Or, le caractère consentant du jeune futur adepte est quelque peu discutable, compte tenu de plusieurs facteurs contraignants (mimétisme parental, pressions en interne, besoin de reconnaissance, etc) qui peuvent précipiter une décision dont les conséquences peuvent s'avérer douloureuses, puisque le jeune baptisé peut être exclu par la suite s'il transgresse une règle de l'organisation. Dans les faits, il est fréquemment reporté, dans les publications jéhovistes, le cas de jeunes ayant été baptisés dans leur enfance.

Santé

Aspects psychologiques: conséquences possibles de l'enseignement jéhoviste

L'enseignement des Témoins de Jéhovah ne traumatise pas de façon spectaculaire l'enfant qui adhère complètement aux idées du mouvement, car il se considère lui-même "Vérité", retient surtout de ses lectures le beau paradis, et se sent donc en sécurité parmi les "vrais serviteurs de Dieu"; dans son esprit, ce sont les méchants de ce monde mauvais, sous l'influence de Satan, qui seront détruits. Les troubles peuvent cependant être discrets, au point que l'enfant lui-même n'en a pas clairement conscience, ne sachant pas très bien à quoi attribuer le sentiment de malaise qui l'envahit souvent.

De même, l'enfant qui, du fait de son caractère, parvient à rester détaché psychologiquement de l'enseignement, se contentant de faire ce qu'on attend de lui, parce qu'au fond ça ne le dérange pas, mais sans y mettre son cœur, n'est pas trop affecté; il se conforme à l'enseignement seulement au niveau des pratiques visibles par les autres sans vraiment y adhérer dans leur esprit. Cette indifférence constitue en fait une protection.

Par contre, le conflit intérieur devient manifeste pour ceux qui, à un âge avancé, décident de ne pas confirmer par le baptême leur appartenance de fait au mouvement des Témoins de Jéhovah. De même, le jeune qui commence à l'âge adulte de transgresser le dogme en s'interrogeant sur le bien-fondé de celui-ci peut traverser une période de "dissonance cognitive" qui peut être psychologiquement éprouvante. Ceux-là vont payer un lourd tribu pour une éducation qu'ils n'ont pas choisie de recevoir.

Trois enseignements en particulier peuvent perturber l'enfant: la référence à Satan, la notion de péché, et l'attente apocalyptique.

Référence à Satan

Enfant de cinq ans ayant effectué 56 heures de prédication en un mois - Consolation, 30 septembre 1942

Une grande partie de l'enseignement de la Société Watch Tower repose sur la croyance en l'omniprésence de Satan dans notre monde actuel: le monde va mal car il est dirigé par Satan, les fausses religions sont sous son emprise pour détourner l'humanité du vrai Dieu, tout ceux qui ne sont pas Témoins de Jéhovah sont égarés par le prince du mal et tout ce qui va à l'encontre des idées promulguées par les Témoins de Jéhovah provient de celui que la Bible appelle aussi "l'adversaire". L'enfant élevé dans une famille Témoin de Jéhovah baigne en permanence dans cet enseignement, au travers de toutes les publications qu'il étudie, avant et durant les cinq réunions de la congrégation et aussi par des références courantes de son ou de ses parents Témoin(s) dans la vie quotidienne.

Cependant, il faut noter que l'enfant peut être troublé psychologiquement par cet enseignement, d'abord si l'un de ses parents n'est pas Témoin de Jéhovah, et plus encore si ce dernier s'oppose à ce que son enfant fréquente ce mouvement. Dans ce cas, l'enfant sera amené à voir en celui-ci, non seulement un opposant de Jéhovah, mais aussi un suppôt de Satan, lui faisant ainsi beaucoup de mal, sans même s’en rendre compte.[23] De plus, il peut se sentir affectivement tiraillé entre le parent qui adhère aux idées du mouvement et l'autre, qui n'y adhère pas, car même s'il voit en ce dernier un suppôt de Satan, il ne peut s'empêcher de l'aimer.

Ensuite, un jeune qui, à l'abord de l'âge adulte, décide de ne plus suivre ses parents dans le mouvement des Témoins de Jéhovah, peut éprouver un "handicap social" à sa sortie du mouvement, handicap qu'il mettra parfois des années à surmonter. En effet, il gardera longtemps une méfiance plus ou moins consciente vis à vis des "gens du monde" qu'il a appris à considérer comme sataniques durant toute son enfance, alors que son esprit était très malléable. S'investir dans la vie sociale, politique ou associative présente dans ce cas de grandes difficultés psychologiques.

L'autre effet néfaste de cet enseignement faisant souvent référence à Satan, pour le jeune élevé chez les Témoins de Jéhovah qui ne souhaite pas le rester, est que cette éducation, répétée tout au long de son enfance va laisser en lui une marque profonde, car il a appris à mettre toute pensée critique à l'égard du mouvement des Témoins de Jéhovah sur le compte de Satan. À ce propos, on peut lire dans La Tour de Garde du 1 avril 2004, page 12, que "Satan fait valoir ses idées en les présentant sous un jour attrayant" pour détourner les fidèles serviteurs de Jéhovah de la "Vérité".[24]

Cela signifie qu'une pensée, une idée, une lecture qui s'oppose à l'enseignement des Témoins de Jéhovah, provient forcément de Satan. Par conséquent, sans même en avoir conscience, celui qui a été élevé dans le mouvement, refoule tout ou partie de ce qui lui permettrait de poser un regard critique sur l'éducation reçue chez les Témoins de Jéhovah. Il arrive que se libérer totalement de l’emprise de cet enseignement, lui demande de nombreuses années voire qu'il n'y parvienne pas, surtout si la doctrine des Témoins de Jéhovah a été son unique référence.[25]

Notion de péché

Voir aussi Masturbation

La notion de "péché" est à la fois omniprésente et très étendue dans la théologie des Témoins de Jéhovah. Étroitement lié à la défaveur divine et à la mort, le péché peut revêtir de nombreuses formes selon l'enseignement de la Watch Tower: musique du "monde", masturbation, flirt, etc.

À un âge où les pulsions sexuelles sont très fortes durant l'adolescence, il peut être particulièrement éprouvant pour le jeune adolescent de lutter sans cesse contre des désirs ou des pratiques naturels (pensées à caractère érotique, masturbation); cela peut lui engendrer une grande frustration et contribuer à alimenter une mésestime de lui-même, surtout en cas de "rechutes", voire lui faire développer une peur panique d'avoir commis le "péché contre l'esprit saint" contre lequel il n'y a plus de pardon possible. En outre, le fait de devoir confier ses fautes à des adultes Témoins (parents, anciens) tel que le préconisent les publications jéhovistes, peut provoquer un grand sentiment de gêne et de malaise.

Il ne s'agit bien évidemment pas de dire qu'il est mal d'inculquer des principes moraux à un enfant, mais que les règles draconiennes de l'organisation jéhoviste peuvent se révéler dévastatrices pour un jeune naturellement enclin à se culpabiliser, et entraîner un dégoût de la sexualité, ce qui ne lui permettra pas d'être un adulte équilibré.

Enseignement apocalyptique

June-Mary, quatre ans, proclamatrice dans la rue à Athens, USA - Consolation, 26 novembre 1941

L'autre grand axe de l'enseignement de la Société Watch Tower, fondé sur sa lecture du livre de l’Apocalypse, consiste à croire en l'imminence de la destruction de ce système de choses, le jour d'Har-maguédôn. Là encore, l'enfant va constamment baigner dans cette doctrine, au travers des diverses publications qui lui sont soumises et dans le discours quotidien des parents (par exemple: « si tu n'obéis pas à Dieu, tu seras détruit à Har-Maguédôn », même si ce message lui sera donné de façon plus subtil à présent). Ces publications et ce discours vont lui présenter des descriptions de cette 'guerre', empreintes d'une grande violence, ainsi que la promesse d'un magnifique paradis pour les serviteurs zélés de Jéhovah — qui sera perdu si l'enfant n'est pas "obéissant". Pour augmenter l'efficacité de son enseignement, la Société Watchtower utilise de nombreuses images qui opposent des scènes bucoliques de paradis terrestre à de terribles scènes de destruction: hommes et femmes terrifiés tentant de fuir une pluie de météorites, crevasse s'ouvrant sous les pieds d’une foule apeurée, éclairs vengeurs de Jéhovah zébrant le ciel, etc...

Ainsi, l'enfant peut être perturbé à l'idée que des membres de sa famille non-Témoins de Jéhovah, puissent être détruits, mais il pourra aussi se rassurer en se disant qu'ils s'ouvriront peut-être aux croyances des Témoins de Jéhovah, avant que Dieu ne détruise ce mauvais système de choses.

D'autre part, et même si tous ses parents sont Témoins, le fait de se croire "dans la Vérité" ne l'empêche pas de se sentir humainement solidaire de l'ensemble de l'humanité, même si son éducation, insistant sur une opposition nette entre Témoins de Jéhovah d'un côté et "gens du monde" de l'autre, ne l'y incite guère.

Proclamateurs de trois et cinq ans, dans l'Arizona, USA — Consolation, 15 mai 1940

Comme il lui est enseigné qu'Har-Maguedôn peut survenir à tout moment, par surprise, et que seuls les Témoins de Jéhovah auront des chances sérieuses d'y survivre, il se persuade que les personnes réelles, celles qui l'entourent au quotidien et qui ne sont pas nécessairement Témoins de Jéhovah (ses maîtres à l'école, ses camarades de classe) sont susceptibles de périr à tout moment, de la main de Dieu, dans les conditions terribles décrites ci-dessus. Comme il est souvent en partie isolé socialement, du fait de ses comportements, de ses centres d'intérêt, de ses paroles spécifiques aux Témoins de Jéhovah, etc, il pourra se sentir indifférent au sort de ses camarades de classe, d'autant plus qu'en général, les autres enfants ne ménagent pas leurs quolibets et leurs moqueries face à tout comportement un peu hors-normes. Mais il peut aussi arriver que les "gens du monde" qu'il côtoie ne lui paraissent pas si méchants que cela, notamment de petits camarades ou de simples enfants qui n'y sont pour rien dans le fait que leurs parents ne soient pas Témoins. Le sentiment d'une grande injustice peut alors s'emparer de lui à l'idée qu'ils pourraient être détruits du jour au lendemain tout en devant pourtant le refouler, étant incapable de l'exprimer, de peur de passer lui-même du côté de Satan et d'être promis à une destruction certaine.

Les problèmes engendrés par cet enseignement, vont surtout devenir manifestes, si à l'abord de l'âge adulte, le jeune élevé dans le mouvement décide de le quitter. Même s'il ne peut plus croire en tout ce qu'on lui a inculqué, il peut mettre de nombreuses années à évacuer complètement cet enseignement ancré très profondément, d'autant plus qu'il rejette inconsciemment une partie de ses pensées critiques à l’égard du mouvement. Par conséquent, il est possible qu'il éprouve une très grande difficulté à se projeter dans l'avenir, car pour lui, il n'y a plus d'avenir, maintenant qu'il a rejoint le camp de ceux qui vont être détruits. L'idée insidieuse de sa destruction imminente peut rester présente très longtemps dans son esprit, le hanter lors de cauchemars, et l'empêcher d'élaborer des projets d'avenir. Certains jeunes quittant le mouvement des Témoins de Jéhovah adoptent même des comportements à risques, soit parce qu'ils veulent profiter de ce que le monde leur offre avant de disparaître, soit parce qu'ils n'arrivent pas à surmonter les séquelles psychologiques de cet enseignement.

Groupe d'enfants distributeurs de revues à une assemblée du Montana, USA — Consolation, 1er avril 1942

Transfusion sanguine

Situation actuelle

Les Témoins de Jéhovah doivent refuser toute transfusion sanguine pour obéir à un passage biblique tel qu'il est interprété par les membres du Collège Central de la Société Watchtower. Chaque Témoin de Jéhovah baptisé possède une carte qu'il renouvèle chaque année pour demander aux médecins de ne pas lui administrer de transfusion sanguine en cas d’accident ou d'opération chirurgicale.

La règle est la même pour les enfants mineurs qui doivent eux-aussi s'abstenir de sang. Les parents qui suivent les recommandations de la Société Watchtower, doivent refuser toute transfusion sanguine, même en cas de danger mortel pour leur enfant. Il est évident qu'ils ne désirent pas la mort de celui-ci, mais comme ils sont convaincus que la Bible défend l'absorption de sang, ils doivent choisir la douloureuse option qui consiste à refuser la transfusion sanguine, qu'elles qu’en soient les conséquences. S'ils désobéissent à ce commandement, ils croient se priver de la vie éternelle, tandis qu'ils sont persuadés qu'ils reverront leur enfant dans le paradis qu'ils pensent voir instauré très prochainement, s'ils refusent ce traitement. De la même façon, des enfants un plus âgés, parfois baptisés, vont aussi émettre cette volonté s'ils sont un jour confrontés à ce terrible cas de conscience. Ils devront suivre la consigne biblique mise en avant par les Témoins de Jéhovah, même si leur vie est en jeu, car ils sont persuadés qu'ils ressusciteront très bientôt.

Les techniques ne faisant pas appel à la transfusion de sang sont de plus en plus fiables et courantes; néanmoins, il reste encore de nombreuses situations où la transfusion sanguine demeure la seule solution thérapeutique, notamment en cas d'accident. De plus, certains pays ne peuvent proposer tous les traitements de substitution qui sont parfois extrêmement coûteux. Dans de nombreux pays, la justice intervient dans les cas litigieux et ordonne que l'autorité parentale soit suspendue afin que la transfusion soit administrée. En France, dans le cas des mineurs, le médecin doit prendre les décisions qu'il juge nécessaires à la santé de l'enfant, même contre l'avis des parents.[26] Cependant, tous les pays ne protègent pas l'enfant mineur et aujourd'hui, des enfants meurent encore pour avoir refusé cette technique médicale.

Controverse

Les opposants du mouvement dénoncent les pressions exercées dans la littérature des Témoins de Jéhovah et par les responsables des congrégations, qui incitent les parents à entraîner leurs enfants à affronter cette situation dramatique en défendant fermement leur refus de la transfusion. Ainsi, Le Ministère du Royaume de novembre 1990 donne aux parents les consignes suivantes: "Assurez-vous que le document médical personnel de tous les membres de votre famille est entièrement rempli", "Veillez ensuite à ce que tous les membres de votre famille aient CONSTAMMENT ces documents avec eux" et "Révisez ces questions en famille et répétez ce que vous direz et ferez, surtout en cas d'urgence".[27] Le Ministère du Royaume de la semaine du 19 au 25 décembre 2005 encourage les parents à faire des "séances d'exercices avec leurs enfants au sujet des commandement bibliques relatifs au sang", pour leur apprendre à "exprimer leurs croyances de façon convaincante".[28]

Enfin, l'ADFI, une association de lutte contre les dérives sectaires accuse l'organisation des Témoins de Jéhovah d'entretenir le « 'culte du martyr' » dans ses publications.[29] À cet égard, l'association signale le Réveillez-vous ! du 22 mai 1994, dont la couverture est un montage constitué du portrait d'une vingtaine d'enfants, ayant pour titre: "Jeunes qui ont mis Dieu en premier lieu", dans lequel on peut lire à la page 2:

Couverture du Réveillez-vous ! du 22 mai 1994
« Dans les temps anciens, des milliers de jeunes gens sont morts pour avoir accordé à Dieu la priorité. Aujourd'hui encore, des jeunes montrent la même détermination, à ceci près qu'ils le font dans des hôpitaux et des salles de tribunal, et qu'il est question de transfusions sanguines. »

Dans cette publication, l'organisation des Témoins de Jéhovah met l'accent sur de tels actes de loyauté, en faisant l'apologie de la fermeté de certains enfants qui ont déclaré "préférer mourir plutôt que de ne pas tenir la promesse faite à Jéhovah", quand ils ont été confrontés à ce problème. C'est ce qui est dit...

  • pp. 10 et 11:
« Je leur ai répété: 'Je ne veux ni sang ni produits sanguins d'aucune sorte. S'il le faut, je préfère mourir plutôt que de ne pas tenir la promesse que j'ai faite à Jéhovah Dieu de faire sa volonté.' (...) Le 22 septembre 1993, à 6 h 30, après une longue et pénible nuit, Lenae s'est endormie dans la mort, dans les bras de sa mère. La dignité et le calme de ces dernières heures sont restés dans l'esprit de ceux qui étaient présents. »
  • p. 14:
« "Lisa a dit clairement et très catégoriquement à cette cour que si l'on tente de lui transfuser du sang, elle s'opposera de toutes ses forces à cette transfusion. Elle a dit, et je la crois, qu'elle hurlera, se débattra, arrachera la perfusion de son bras et essaiera de détruire la poche de sang au-dessus de son lit. Je refuse d'émettre une ordonnance qui soumettrait cette enfant à ce calvaire." (...) Lisa et ses parents ont quitté l'hôpital le jour même. La fillette a effectivement combattu sa maladie avec dignité et dans la sérénité. Elle s'est éteinte paisiblement chez elle, dans les bras de son père et de sa mère. Par sa détermination, elle a imité les nombreux autres jeunes Témoins de Jéhovah qui ont accordé à Dieu la priorité. Comme eux, elle en sera récompensée, conformément à cette promesse de Jésus: "Celui qui perd son âme à cause de moi la trouvera". »

Des enfants, ayant pour unique référence la doctrine des Témoins de Jéhovah, ont-ils réellement la maturité nécessaire pour prendre une décision aux conséquences aussi graves?

Enfin, peut-on être certains que les enfants qui sont morts à cause de la doctrine des Témoins de Jéhovah sur le sang seraient restés dans le mouvement s'ils avaient vécu, alors qu'il est connu que de nombreux jeunes quittent un jour celui-ci? En effet, Nathalie Luca, anthropologue au CNRS, déclare que "des recherches sociologiques ont montré que très peu de ces enfants devenaient eux-mêmes Témoins de Jéhovah, ce qui montre qu'ils ne sont pas totalement aliénés par le groupe" (La Croix, lundi 6 août 2001, p. 3). Ce que confirme une enquête sociologique de la SOFRES: parmi l'ensemble des foyers ayant des enfants, seuls 27% ont baptisé tous leurs enfants, et 28% certains d'entre eux (Témoins de Jéhovah - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES).

Cas de mineurs décédés suite à un refus de transfusion sanguine

NB: La liste ci-dessous est loin d'être exhaustive, et comporte simplement quelques faits à titres d'exemples.

  • 7 juin 1985, Japon: Un garçonnet de dix ans, qui avait été renversé par un camion près de son domicile, est mort à Kawasaki. Les médecins de l'hôpital où il avait été transporté ont estimé que son état nécessitait une transfusion sanguine et une opération chirurgicale. Bien que leur fils les ait suppliés en disant "je veux vivre, je ne veux pas mourir", les parents, Témoins de Jéhovah, ont refusé la transfusion en raison de leurs convictions religieuses.[30]
  • 13 août 1991, Chesterfield: Un garçon de 14 ans, heurté par une voiture, est mort pendant qu'une audition de la Cour était conduite pour déterminer si le juge devait ordonner une transfusion, malgré l'opposition du garçon qui était Témoin de Jéhovah. Le juge venait d'ordonner la transfusion, il avait estimé que ne pas administrer le traitement aurait été une "négligence médicale".[31]
  • Septembre 2001, Congo: Décès d'une jeune fille âgée d'un peu moins de 15 ans, dont les parents Témoins de Jéhovah ont refusé le recours à la transfusion sanguine, alors que son état était devenu critique. [32]
  • 18 juillet 2002, Espagne: Un couple de Témoins de Jéhovah a estimé devoir faire respecter le refus de toute transfusion exprimé par leur fils de 13 ans, refus qui a finalement entraîné le décès de celui-ci.[33]
  • 6 septembre 2002, Canada: Un père dont la fille de 17 ans, membre des Témoins de Jéhovah, est morte de la leucémie, affirme qu'il va poursuivre la communauté religieuse en dommages. Lawrence Hughes s'était démené pour que sa fille Bethany reçoive les soins de la médecine conventionnelle et celle-ci avait pu recevoir des transfusions après que le gouvernement albertain en ait obtenu la garde, mais les traitements avaient dû être interrompus car sa leucémie était trop avancée.[34]
  • 29 novembre 2007, Seattle: Un Jeune Témoin de Jéhovah de 14 ans, atteint de leucémie, est décédé après avoir refusé des transfusions sanguines. La Cour suprême du Comté lui a donné le droit de refuser ce traitement, car elle considère qu'un adolescent de cet âge peut choisir son traitement.[35] Les parents biologiques, qui n'avaient pas la garde de l'enfant, étaient contre ce refus de transfusion; la tante qui avait la garde de l'enfant était elle aussi Témoin de Jéhovah.[36]

Historique de la place des enfants dans l'organisation

NB: L'historique présenté ci-dessous est partiel.

1922

Dans Tour de Garde du 15 juillet 1922, page 213, est décrite une cérémonie de consécration des enfants au Seigneur, cérémonie qui semblait être une sorte de protection pour ces enfants qui allaient être laissé seuls sur terre rapidement alors que les parents allaient monter au ciel. Les enfants d'adeptes étaient présentés par leurs parents au Seigneur dans une cérémonie publique dirigée par Joseph Rutherford. L'article explique que ces enfants seraient le noyau dur de la nouvelle société terrestre sous la domination des princes; ainsi, ce point de vue allait à l'encontre de celui de Russell, lui qui non seulement refusait les relations sexuelles dans le mariage et par conséquent de perdre du temps à élever des enfants, compte tenu de l'urgence des temps.[37]

1940

Proclamateur de dix ans dans les rues du Connecticut — Consolation, 18 février 1942

Dans le numéro d' Informant de janvier 1940, une campagne spéciale de distribution des revues La Tour de Garde et Consolation fut mise en place pour le mois de février. À cette occasion, en page 4 de ce numéro, les enfants furent invités à aider de manière plus élargie en distribuant ces revues au personnes déjà intéressées et à en chercher eux-même de nouvelles pour se constituer des "routes de périodiques".

1941

Ce fut la date la plus manifeste concernant la volonté de l'engagement des enfants dans le jéhovisme sous Rutherford. Le 16 juin de cette année, celui-ci envoya une lettre à tous les parents Témoins de Jéhovah pour leur rappeler l'engagement que les enfants doivent avoir dans la Théocratie (cf. Informant, juillet 1941, p. 1). Le 10 août de cette année-là fut instituée comme journée des enfants, lors de l'assemblée de district. Rutherford prononça ce jour-là le discours "Les enfants du Roi" et annonça la parution du livre Enfants. À cette occasion, les 15 000 enfants présents adoptèrent par acclamation une résolution considérée comme "une déclaration de guerre contre les ennemis de la Théocratie", censée démontrer qu'ils sont "pleinement consacrés au Seigneur et prêts à le servir à partir de maintenant". Outre que Rutherford promit à ce moment-là la protection de Dieu pour ces enfants qui s'engagaient, il assimila cette volonté de faire entrer les enfants dans la prédication comme une "lumière venant du Temple de Jéhovah" (cf. Informant, septembre 1941, p. 1).

Enfant de sept ans en prédication - Consolation, 15 octobre 1941

La page 2 de l' Informant de septembre révèle que, par ce moyen, le nombre de proclamateurs américains que la direction s'était fixée pourrait être atteint (70 000). Lors du discours, Rutherford déclara en face des 15 000 enfants présents à l'assemblée: "Regardez 15 000 nouveaux Témoins pour le Royaume" (Informant, octobre 1941, p. 1). De plus, après l'édition du questionnaire en trois volumes distincts pour l'étude du livre Enfants, une campagne nationale de distribution dans les boites aux lettres des personnes ayant acheté le livre fut organisé. Les enfants furent sollicités chaque lundi pendant trois semaines, après l'école, pour économiser les frais d'envoi par la Poste (Informant, septembre 1941, p. 3).

Le numéro de la revue interne Informant d'octobre 1941 proposa aux parents qui prêchaient de porte en porte d'introduire leur enfant auprès du maître de maison et de le laisser passer les disques des discours de Rutherford pendant que le parent allait effectuer une "nouvelle visite" un peu plus loin (Informant, octobre 1941, p. 2). Cette idée fut présentée comme "une voie ouverte par le Seigneur pour que les enfants soient occupés dans le champ" et, d'après l'article, ils en tireraient "une riche bénédiction de la part du Seigneur".

L' Informant de décembre 1941, à la page 1, préconisa de profiter des vacances des enfants, non pour "les envoyer au cinéma", mais pour qu'ils accompagnent leurs parents en prédication.

À partir de 1942

Proclamateur de 4 ans, dans l'Illinois - Consolation, 4 mars 1942

À partir de 1942 et les années suivantes, les enfants furent sollicités durant la campagne d'avril afin qu'ils deviennent "pionniers de vacances" et il leur fut conseillé de profiter des vacances d'été pour accomplir 150 heures de prédication par mois.

En conséquence, dans les Consolation des années 1940 apparurent de temps à autre des photos d'enfants parfois très jeunes (4 ans) portant des pancartes ou allant de porte en porte, bravant le froid ou la chaleur pour la glorification du nom de Jéhovah.

Néanmoins, la décision de la Cour Suprême des États-Unis du 31 janvier 1944 dans l'affaire Prince v. Massachusetts entraîna à défaut d'un arrêt, une limitation de cette pratique d'une manière moins ostentatoire. En 1941, la petite Betty Simsons, âgée de 9 ans, prêchait en vendant des revues du mouvement dans les rues de Brockton (Massachusetts) avec sa tante et tutrice légale Sarah Prince. Un officier du système scolaire lui demanda d'arrêter car pour lui la fille était trop petite pour vendre des revues. Même si Prince rentra chez elle avec l'enfant, l'officier porta plainte contre elle en invoquant la loi sur le travail des enfants du Massachusets, car ce n'était pas le première fois qu'il le lui reprochait. Il gagna devant la cour local et la cour Suprême de l'État, et enfin devant la Cour Suprême des États-Unis.

Hayden C. Convington tenta néanmoins de lutter contre cet arrêt dans une autre affaire en 1944, devant la Cour Suprême de l'Oregon, dans une affaire impliquant une jeune Témoin de 10 ans ayant prêché dans les rues de Portland. Néanmoins cette Cour Suprême suivit l'avis de celle des États-Unis qui entraîna un renforcement de la jurisprudence.[38]

Vidéos

  • Exemple de la vie d'un enfant, Matthieu, né en 1960, et qui grandit comme Témoin de Jéhovah (vidéo produite par jwfact, aka Paul Grundy):
  • Très jeunes enfants participant à l'École du Ministère Théocratique (la vidéo 6 étant un sujet donné en langue des signes):

Références

  1. Arrowup.png Par exemple La Tour de Garde, 1er mai 1999, p. 25; Réveillez-vous!, 22 novembre 2001, p. 14; Réveillez-vous!, 22 octobre 2004, p. 9
  2. Arrowup.png (en) "School decides to ban the bun", Evening Star, 4 février 2006, sur religionnewsblog.com. Consulté le 17 mars 2011
  3. Arrowup.png Baillargeon, Stéphane, "Accommodements raisonnables - La CSDM veut interdire les lieux de prière à l'école", 28 novembre 2007, sur ledevoir.com. Consulté le 17 mars 2011
  4. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er avril 2008, p. 16, article intitulé "Comment élever des enfants dans un monde permissif":
    « Malheureusement, de nos jours, nombre de parents semblent rechigner à déployer les efforts nécessaires. Ils choisissent la voie de la facilité. Ils laissent la télévision, l'école et les camarades enseigner à leurs enfants le bien et le mal, la morale et la sexualité. »
  5. Arrowup.png Réveillez-vous!, avril 2007, p. 11, disait:
    « À l'école, votre enseignant vous crie après parce que vous n'êtes pas aussi bon en maths que votre camarade. »
  6. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 septembre 2008, pp. 21-22, article intitulé "Résistez à l'esprit du monde":
    « Inévitablement, plus une personne s'expose à l'influence de l'esprit du monde, plus elle ressemble à Satan. Sur le plan spirituel, il est impossible de vivre en vase clos, à l'abri de toute influence. Chacun doit décider s'il se soumettra à l'esprit saint ou à l’esprit du monde. »
    L'illustration de la même page porte ce commentaire: "Avant d'aller au travail ou à l’école, priez pour obtenir l'esprit saint".
  7. Arrowup.png Réveillez-vous!, juillet 2007, p. 27:
    « À l'école, je m'efforçais de communiquer à mes camarades le peu de connaissance biblique que j'avais. J'apportais mon Recueil d'histoires bibliques, dont je lisais à l'occasion des chapitres à une fille qui était croyante. Cependant, comme j’essayais de me conformer aux normes chrétiennes, je n'étais pas très appréciée; il m'arrivait de me sentir vraiment seule. »
  8. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 décembre 1975, p. 764:
    « Mais jusqu'où doivent-ils poursuivre leurs études profanes ? Il ne serait guère raisonnable pour un jeune garçon, ou une jeune fille, de poursuivre de son propre gré des études coûteuses au delà de ce qu’exige la loi ou ses parents. D'après 1 Timothée 6:20, il serait peu sage de se remplir l'esprit des philosophies des hommes imparfaits (...). C'est pourquoi des années d’étude à l’université peuvent présenter des pièges. On peut subir un véritable "lavage de cerveau" à cause de l'enseignement de philosophies humaines et permettre ainsi la destruction de sa foi en Dieu et dans la Bible.»
  9. Arrowup.png "L'enfant face aux parents Témoins de Jéhovah", sur aggelia.be. Consulté le 18 mars 2011
  10. Arrowup.png (it) "Les témoins de Jéhovah et les études supérieures", discours de Gerrit Losch, sous-titré en anglais, sur youtube.com. Consulté le 18 mars 2011
  11. Arrowup.png Réveillez-vous!, août 2007, p. 32:
    « En Estonie, on a proposé à des directeurs d’école le livre portant le titre ci-dessus. "Nous nous sommes rendus dans toutes les écoles russophones de notre ville, raconte un enseignant de la Bible. Chacune a accepté au moins un livre par professeur de biologie, mais la plupart en ont demandé entre 15 et 40." »
  12. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er mai 1954, p. 135:
    « En résumé, administrez la correction dans un esprit d'amour et non sous le coup de la colère (Proverbes 15:1). Les punitions peuvent varier selon la docilité ou l'obstination de l'enfant. Vous pouvez punir en refusant un témoignage d'affection ou récompenser en donnant un tel témoignage. Vous pouvez exclure l'enfant insolent de la compagnie de l'obéissant, lui refuser un plaisir, un dessert, un jeu ou, parfois, vous pouvez vous servir de la verge littérale pour préserver l'ordre du foyer. (...) Cependant, lorsque la Bible parle de la verge de la correction, elle n'entend pas nécessairement la verge littérale. la verge signifie, au sens large du mot, l'autorité des parents. »
  13. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er février 1979, p. 31:
    « Il arrive qu'un enfant ait besoin d'être mis en présence d'une discipline énergique, telle une fessée (qu'il la voie infligée à un autre ou qu'il la reçoive personnellement), pour apprendre à éviter une mauvaise conduite. Mais dans bien des cas où l'enfant reçoit de la part de ses parents une formation sous forme de correction ferme et logique, il progresse au point d'être capable d'apprendre grâce aux paroles de réprimande ou aux conseils de ses parents. C'est déjà en soi une leçon qui lui servira toute sa vie. »
  14. Arrowup.png Réveillez-vous !, 22 août 1979, pp. 27,28:
    « Si les allusions à la "baguette" recouvrent divers aspects de la discipline à laquelle les parents soumettent leurs enfants, elles incluent, entre autres, les punitions corporelles. Que la fessée soit administrée à la main, au martinet ou avec quelque autre type de “baguette” appropriée, Dieu autorise de toute façon les parents à discipliner ainsi avec amour leurs enfants. »
  15. Arrowup.png La Tour de Garde, 1er octobre 1987, p. 17:
    « Il peut arriver qu'il faille donner la fessée à un enfant pour le discipliner, mais ce n'est pas souvent le cas. Proverbes 8:33 ne dit pas "sentez" la discipline, mais "écoutez la discipline et devenez sages". La discipline s’applique généralement au moyen de paroles, et non de fessées: "Les réprimandes de la discipline sont le chemin de la vie". "Saisis la discipline; ne lâche pas. Sauvegarde-la, car elle est ta vie." (Proverbes 4:13; 6:23) »
  16. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 août 2004, p. 6:
    « Et la Bible? Que dit-elle à ce sujet? Elle conseille aux parents d'exercer leur autorité avec amour et fermeté. On y lit: "La sottise est attachée au cœur d'un garçon; le bâton de la discipline, voilà ce qui l'éloignera de lui" (Proverbes 22:15). Bien sûr, toute discipline devrait être adaptée à la situation. Elle doit être administrée avec douceur, maîtrise et considération. C'est ainsi qu'elle est une marque d'amour. Les parents auront beaucoup plus de succès s'ils exercent leur autorité avec amour, et non de manière brutale. »
  17. Arrowup.png Réveillez vous !, 22 août 1979, pp. 27-28:
    « Les sévères mises en garde de la Bible contre les accès de colère aident les parents à rester maîtres d'eux (Proverbes 16:32; 25:28; Colossiens 3:8). Si, dans un accès de rage, des parents allaient jusqu'à frapper sauvagement un enfant, ce serait contraire aux prescriptions de la Parole de Dieu qui montrent que la discipline est une manifestation d'amour. La Bible n'est pas du tout d'accord que l'on fouette un enfant sous l'empire de la colère ou qu'on lui porte des coups si violents qu'ils laissent des ecchymoses et risquent de l’estropier. Ce n'est plus de la discipline affectueuse, mais de l'abus de puissance. »
  18. Arrowup.png Falsani, Cathleen (13 novembre 2001), "Une correction biblique tue une enfant selon la police", Sun Times, traduit par Charles Chasson, sur prevensectes.com. Consulté le 19 mars 2011
  19. Arrowup.png Watters, Randall (2009) (anglais), "Family murders and tortures by Jehovah's Witnesses", sur freeminds.org. Consulté le 19 mars 2011
  20. Arrowup.png "Les agressions sexuelles du témoin de Jéhovah", La Nouvelle République, 9 septembre 2006, sur unelueur.org, version archivée du 20 juin 2009. Consulté le 19 mars 2011
  21. Arrowup.png (en) "Blunders left foster mother free to torture", London Evening Standard, 21 mars 2007. Consulté le 19 mars 2011
  22. Arrowup.png D., F. (5 octobre 2007), "Geoffrey, petite victime de parents indignes", La Dernière Heure. Consulté le 19 mars 2011
  23. Arrowup.png Exemple paru dans Le Progrès, 25 décembre:
    « Témoins de Jéhovah: le combat d'un père.
    « Un père de 28 ans se démène pour que son fils, qui vit avec sa mère, adepte des Témoins de Jéhovah, ne soit plus soumis aux préceptes de la secte. Un gamin de cinq ans pour lequel « Noël, c'est satan ». « Noël, c'est avec Satan! Et moi, je suis avec Jéhovah et toi t'es avec Satan. Facile! Satan est méchant, moi j'suis gentil. Bien sûr Jéhovah il est gentil! Et toi, t'es dans le coté de Satan ». Cette conversation téléphonique, Laurent (1), l'a eue avec son fils il y a quelques semaines. »
  24. Arrowup.png La Tour de Garde du 1 avril 2004, p. 12:
    «& À l'instar d'un publicitaire, Satan fait valoir ses idées en les présentant sous un jour attrayant, sachant qu'à force, il pourra amener les gens à partager sa vision des choses. »
  25. Arrowup.png Voir à ce propos "Antidote à la fausse culpabilité TJ", une analyse sur l'incidence psychologique de cet enseignement et des moyens de s'en libérer, sur tjwt.free.fr. Consulté le 19 mars 2011
  26. Arrowup.png Code de la santé publique, article L. 1111-4:
    « Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s'il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision. Dans le cas où le refus d'un traitement par la personne titulaire de l'autorité parentale ou par le tuteur risque d'entraîner des conséquences graves pour la santé du mineur ou du majeur sous tutelle, le médecin délivre les soins indispensables. »
  27. Arrowup.png Le Ministère du Royaume, novembre 1990, pp. 3-6:
    « En premier lieu, assurez-vous que le document médical personnel de tous les membres de votre famille est entièrement rempli — daté, signé et certifié par des témoins. (...) Veillez ensuite à ce que tous les membres de votre famille aient CONSTAMMENT ces documents avec eux. Vérifiez chaque jour que vos enfants l'ont avec eux, avant qu'ils ne partent à l'école, et même avant qu'ils ne sortent jouer. Nous devons tous veiller à emporter ces documents au travail, en vacances ou aux assemblées. Ne les oubliez jamais! (...) Que devez-vous faire de ces renseignements pour être prêt à affronter un problème médical qui mettrait votre foi à l'épreuve?
    « D'abord: Révisez ces questions en famille et répétez ce que vous direz et ferez, surtout en cas d’urgence. »
  28. Arrowup.png Le Ministère du Royaume, semaine du 19 au 25 décembre 2005:
    « Votre enfant est-il en mesure de prendre une décision mûre?"
    Partie présentée par un ancien. (...) Terminez en encourageant les parents à revoir cet article de La Tour de Garde et à organiser ensuite des discussions et des séances d'exercice avec leurs enfants au sujet du commandement biblique relatif au sang. Les enfants apprendront ainsi à exprimer leurs croyances de façon convaincante. Les chefs de famille s'assureront que ceux de leurs enfants qui sont baptisés ont tous sur eux la carte Instructions médicales, et que ceux qui ne sont pas baptisés portent tous la Carte d'identité. »
  29. Arrowup.png UNADFI (2005) (français), "Quand l'intérêt de Jéhovah prime sur celui de l'enfant", BULLES, n°87, 3ème trimestre 2005, Spécial Témoins de Jéhovah, format pdf
  30. Arrowup.png "Japon - 1984 un père Témoin de Jéhovah refuse la transfusion de sang pour son fils mineur malgré ses réclamations", sur tjrecherches. Consulté le 20 mars 2011
  31. Arrowup.png Stealth, Gene (1991) (anglais), "Boy dies as judge orders transfusion for him", Detroit News, 13 août 1991, sur rickross.com. Consulté le 20 mars 2011
  32. Arrowup.png "Congo: Un père lynché pour avoir laissé mourir sa fille sans transfusion", sur tjrecherches. Consulté le 20 mars 2011
  33. Arrowup.png (en) "Report of the situation of fundamental rights in the European Union and its member States in 2002", E.U. network of independent experts in fundamental rights (CFR-CDF), p. 41, format pdf. Consulté le 20 mars 2011
  34. Arrowup.png "Calgary: Plainte contre la Watch Tower", Presse Canadienne, 6 septembre 2002, sur unelueur.org, version archivée du 29 novembre 2010. Consulté le 20 mars 2011
  35. Arrowup.png Ostrom, Carol M. (29 novembre 2007) (anglais), "Mount Vernon leukemia patient, 14, dies after rejecting transfusions", Seattle Times, 2007. Consulté le 20 mars 2011
  36. Arrowup.png (en) Teen Jehovah's Witness leukemia patient dies after refusing blood transfusion", 29 novembre 2007, sur foxnews.com. Consulté le 20 mars 2011
  37. Arrowup.png La Tour de Garde, 15 juillet 1922, p. 213:
    « On Sunday morning Brother Rutherford conducted a question meeting, following which there was a consecration of children. A great many children were on this occasion publicly presented by their parents to the Lord. It was an impressive and interesting service. At this service the speaker said in part:
    There is nothing dearer on earth than a child. The Lord showed his great love for children, and it is reasonable that his followers would be likewise much interested in the little ones. A person who does not love a child seems to be quite out of the usual. There is something lacking in that person womewhere, particularly if he claims to be a Christian. If we love chidren generally with stronger reasoning should we love the children, of the consecrated. The apostle Paul speaks of this special relationship to the Lord because of the consecration of their parents. We should take a special interest in such children.
    The King is now present, and his kingdom is beginning. Many of the children now living will never die. What a wonderful prospect before them! And about this, they should be informed, if properly instructed and started on the right course they may readily pass over the highway of holiness. The responsiblity of properly teaching children cannot be overstated. The privilege of starting a child aright is a blessed one. "Train up a child in the way he should go; and ... he will not depart from it." (Proverbs 22: 6) There never was an important time to train children in the right way as now.
    Some of the brethen from time to time have criticized their brethen for bringing children into the world, and from these words of criticism some have been much discouraged. We believe that this is not the proper course. While the’ chief purpose of each consecrated one is to glorify the Lord and to make his own calling and election sure, yet the bearing of children by the consecrated is not an improper thing. »
  38. Arrowup.png Peters, Shawn Francis (anglais), Judging Jehovah's Witnesses - Religious Persecution and the Dawn of the Rights Revolution, editions University Press of Kansas, p. 318, note 54

Voir aussi

Liens externes