Réponse jéhoviste à la lutte anti-sectes en France

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Depuis leur mise en cause, que ce soit par des associations anti-sectes dès les années 1970 ou dans le rapport parlementaire de 1995 qui les listait comme secte, les Témoins de Jéhovah de France ont réagi en déployant une stratégie qui comportait toute une série de mesures visant à apaiser les critiques à leur égard. Ces mesures ont inclus des changements au niveau de l'organisation, des actions juridiques tant sur les plan locaux que nationaux, un lobbying pratiqué par des représentants de l'organisation, des collaborations et des tentatives de rapprochement avec des associations et des personnes susceptibles de leur venir en aide, une plus grande médiatisation cherchant à "normaliser" le mouvement dans l'esprit du public, et une suppression, ou du moins, une mise en sourdine, de certains comportements controversés. Certaines de ces actions se sont révélées judicieuses, tandis que d'autres n'ont pas obtenu le succès escompté.

Modification des comportements

Suppression de pratiques controversées

Voir article détaillé Prosélytisme en milieu scolaire

Les autorités jéhovistes ont décidé de supprimer ou de modifier certaines pratiques qui pouvaient leur porter préjudice. Ces changements, qui n'étaient pas motivés par une volonté de rendre la vie plus agréable aux adeptes, mais bien par un souci d'atténuer les critiques, d'obtenir une reconnaissance officielle et donc une respectabilité, incluaient le prosélytisme en milieu scolaire. La consigne de chercher à convertir ses semblables, y compris les camarades de classe, reste d'actualité, mais en France, il est désormais rappelé dans les publications telles que Le Ministère du Royaume que les élèves jéhovistes doivent le faire d'une manière qui est en conformité avec la loi républicaine. Il leur est donc conseillé de donner le témoignage de façon indirecte, non en prêchant de façon ostentatoire et en distribuant de la littérature dans l'enceinte scolaire, mais en saisissant, voire en provoquant des discussions, par exemple en défendant sa foi ou en exprimant son point de vue sur des questions telles que la préhistoire — il s'agit donc de témoignages informels. Dans la pratique, les inspecteurs généraux de la Cellule de Prévention des Phénomènes Sectaires ont expliqué en 2003 qu'il y avait bel et bien, de la part de jeunes Témoins de Jéhovah, "un prosélytisme qui se fait dans les cours de récréation, dans les couloirs", mais que cela ne donnait pas lieu à des plaintes de la part des parents parce un prosélytisme venant de jeunes ne provoque pas le même phénomène de suspicion et de rejet que s'il était le fait de professeurs.[1]

Changement de vocabulaire

Depuis quelque années, des termes autrefois bannis par la Société Watch Tower ont commencé à fleurir dans leur langage. C'est ainsi que, parfois, le mot "Église" a fait son apparition pour désigner le mouvement dans son ensemble ou les congrégations locales, des expressions telles que "denier du culte", "prêcher l'évangile", "Ancien/Nouveau Testament" se sont substitués aux expressions correspondantes qui sonnaient trop jéhovistes, "Dieu" a parfois remplacé "Jéhovah", le terme "chrétien" est venu s'insérer avant ou au milieu de l'expression "Témoins de Jéhovah", l'exclusion a été rebaptisée "excommunication"; les comités judiciaires ont été renommés Comités de discipline religieuse afin de ne pas être perçus comme des tribunaux internes à l'organisation. De même, le mouvement met désormais en avant son ancienneté, ses racines dans le christianisme et ses effectifs afin de se conférer une honorabilité et de l'importance. Par exemple, quelque-uns de ces termes ou expressions se retrouvent dans le communiqué de la Fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah de France du 29 juin 1998: "denier du culte" (cinq fois), "Église" pour désigner le mouvement (deux fois), "annoncer l'Évangile" et "citoyens" pour désigner les Témoins et leurs sympathisants, et ceci alors qu'ils sont censés ne pas participer aux affaires civiques...

En fait, cette nouvelle sémantique n'est quasiment jamais employée dans la littérature officielle du mouvement, c'est-à-dire celle qui est distribuée dans le cadre de la prédication ou utilisée pour le culte. Cette prose est largement utilisée de manière détournée, que ce soit par le mouvement lui-même ou par ses fidèles, lorsqu'il s'agit de défendre les intérêts de l'organisation: on la retrouve donc dans les communiqués officiels, dans les dépliants faisant l'objet de campagnes spéciales de distribution, dans les interviews avec la presse, dans les témoignages formatés qu'il faut restituer dans un tribunal en cas de litige ou sur les sites web d'adeptes. Autrement dit, ce langage n'est pas destiné à convertir ceux qui en prennent connaissance, mais à les rassurer en présentant le mouvement comme similaire à quelque chose qui représente le religieusement correct: le christianisme majoritaire, et plus particulièrement l'Église catholique.

Changements organisationnels

Modification des statuts

Mis en cause par des associations anti-sectes à cause d'une affaire d'héritage, les Témoins de Jéhovah de France ont décidé de modifier les statuts de leurs associations vers 1976, afin de mettre en avant leur prétention à constituer une association cultuelle et ainsi souligner leur dimension religieuse. Ils se sont désormais inscrits, non plus comme un simple mouvement associatif régi par la loi de 1905, mais comme une organisation de nature religieuse, donc sous la loi de 1905. Le président de la Fédération chrétienne de France, Guy Canonici, expliqua: "Il fallait un cadre qui soit conforme à ce que nous sommes réellement. (...) Il fallait autre chose qui reflète mieux notre identité."[2]

Toutefois, cette déclaration de Canonici ne correspond pas exactement à la stratégie de la Société Watch Tower: en effet, si l'on met cette situation en parallèle avec le statut "culturel" que la Watch Tower du Mexique a demandé et assumé pendant des décennies, en allant même jusqu'à supprimer des pratiques religieuses telles que les prières lors du culte, on se rend compte que ce sont davantage les bénéfices plutôt que son identité religieuse que la Watch Tower privilégie. Ainsi, quoique légale, la démarche entreprise en France par la filiale s'inscrivait bien dans une optique de parer aux critiques et donc d'asseoir son œuvre, et non en premier lieu pour cadrer avec ses prétentions religieuses (même si par ricochet, c'est bien l'effet voulu: non comme finalité, mais comme moyen).

D'ailleurs, la Commission parlementaire de 1999 ne s'y trompa pas et releva que ces changements statuaires constituaient manifestement "une volonté [pour l'organisation jéhoviste] d'adapter les statuts de plusieurs de ses structures aux canons de l'association cultuelle traditionnelle." Toutefois, sur la longue durée, ces changements furent payants car, même si une décision du Conseil d'État refusa aux Témoins de Jéhovah la qualité d'association cultuelle en 1985, d'autres décisions de cette même juridiction et de tribunaux inférieurs octroyèrent la qualité cultuelle à des associations locales, avec de nombreux avantages financiers à la clé (déductions fiscales pour les donateurs, exemption de taxes foncières sur les lieux de culte...), et une meilleure honorabilité.[3] Le statut officiel qu'ils ont ainsi acquis peut donc ensuite être revendiqué dans l'espace public lorsque des critiques s'élèvent.

Multiplication des associations

Le mouvement a multiplié les associations sur le territoire français au point d'en compter plus d'un millier au niveau local et plusieurs au niveau national. Ceci a été réalisé dans un souci de sectoriser les différentes activités du groupe, certaines d'entre elles étant susceptibles de ne pas lui permettre de bénéficier d'avantages fiscaux et donc de façon implicite de reconnaissance. De ce fait, les associations locales, qui ne se livrent pas aux activités d'édition par exemple, ont pu obtenir un caractère cultuel avec des avantages financiers tels que l'exonération de la taxe foncière sur les Salles du Royaume. Les auteurs du rapport parlementaire de 1999 reprochèrent à l'organisation jéhoviste de brouiller les pistes et d'entretenir à dessein une confusion, écrivant:[4]

"Ces différentes personnes morales sont organisées dans un souci de sectorisation des activités qui reproduit le schéma sectaire classique. Néanmoins, la confusion des rôles qui caractérise la répartition des compétences entre les associations nationales, de même que les relations juridiques et financières étroites qu'elles entretiennent, font de la secte une organisation particulièrement intégrée.
(...)
"La secte vient également de créer une Fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah, déclarée le 15 février 1999, qui a pour objet de regrouper les associations constituant la secte, afin de contribuer à la diffusion de son message et à la défense de ses adeptes. Cette structure est, d'un point de vue financier et comptable, une coquille vide qui ne reçoit aucune recette autre que les cotisations de ses membres, et ne semble disposer d'aucun actif.
(...)
"Dans les faits, chaque association peut être amenée à intervenir dans un domaine extérieur à sa spécialisation, et la secte entretient sur ce point une indéniable confusion des rôles.
(...)
"Le cas des Témoins de Jéhovah constitue un exemple parmi d'autres qui montre l'impossibilité d'examiner la situation juridique d'une association sectaire indépendamment de celle des entités qui lui sont liées. En particulier, la Commission appelle l'opinion publique, l'administration ou le juge à la prudence et à la vigilance dans les conséquences qu'ils peuvent tirer de l'objet "cultuel" que certaines associations se sont donné. L'objet de la Communauté des Béthélites ne peut pas être examiné au regard de ses seuls statuts. Un tel examen doit englober les activités issues des relations conventionnelles ou financières qui lient cette association aux autres branches de la secte."

Affiliation à la CAMAC-CAVIMAC

La Société Watch Tower a demandé à ce que ses ministres religieux de la Communauté Chrétienne des Béthélites puissent être affiliés aux caisses spéciales d'assurances santé et vieillesse des ministres non salariés de cultes (CAMAC et CAVIMAC). Cette demande eut lieu le 28 octobre 1996, c'est-à-dire quelques mois après la publication du rapport parlementaire n°2468; toutefois, en juin 1997, le conseil d'administration de la CAMAC-CAMAVIC rejeta cette demande, et la Communauté saisit alors le Tribunal des Affaires sociales.[5] Finalement, en 2003, 700 Témoins de Jéhovah purent bénéficier de la CAMAC-CAVIMAC, ce qui représentait, en juillet 2011, 3,7% de l'ensemble des ministres affiliés à cet organisme.[6] L'UNADFI assimila cette demande d'affiliation à une volonté de "grignoter notamment des avantages financiers", ceux-ci étant ensuite utilisés comme "arguments de propagande pour faire valoir leur côté religieux, et ceci au même titre que les communautés ayant traditionnellement fait l'objet depuis le 9 décembre 1905 de dispositions légales spécifiques".[7] De même, le député Philippe Vuilque critiqua cette décision.[8][9] Interrogée sur ce sujet, la CAVIMAC déclara qu'"au plan juridique, tout [était] correct. La commission consultative qui a[vait] donné son accord n'a[vait] pas les moyens d'aller à l'encontre de la décision du Conseil d'État". Toutefois, la reconnaissance officielle était la vraie motivation de cette démarche de l'organisation car l'affiliation de la CAVIMAC est financièrement moins intéressante que le régime général de la Sécurité sociale auquel le groupe adhérait depuis quelques temps.[10]

Lobbying

Structures officielles et officieuses

Voir articles détaillés Comité de liaison hospitalier, Association médico-scientifique d'information et d'assistance du malade et Association nationale des droits du patient

Les Comités de liaison hospitalier constituent des groupes de pression visant à faire accepter la position des Témoins de Jéhovah sur la question du sang. Parallèlement, ces structures ont aussi pour but de faire connaître les décisions de justice favorables à l'organisation en rapport avec le refus des transfusions sanguines et des techniques alternatives de soins sans utilisation de sang. S'il est vrai que ces structures existent partout dans le monde, il n'empêche que leur rôle est capital en France, étant donné que les Témoins sont principalement considérés comme une secte en raison de leur refus de transfusion sanguine. L'activité de ces Comités est en outre diversement appréciée en dehors de la Watch Tower.

De plus, par le biais d'associations comme l'Association médico-scientifique d'information et d'assistance aux malades (AMS), montée par les juristes Témoins de Jéhovah Alain Garay et Philippe Goni domiciliés à l'époque dans les bureaux des Témoins de Jéhovah de Boulogne-Billancourt et chargée de diffuser des informations médicales et juridiques concernant le refus des transfusions sanguines, le mouvement a tenté de faire entendre sa voix au Conseil de l'Europe, où cette association a demandé le statut consultatif en 1997 et 1999. De même, l'Association nationale des droits du patient, créée par Alain Garay, organise des colloques ayant pour but de promouvoir et de favoriser l'expression des droits des patients, notamment en rapport avec le refus de la transfusion sanguine.

Publication d'ouvrages

Plusieurs Témoins de Jéhovah ayant des positions stratégiques ou des personnes qui leur sont très proches ont publié des ouvrages qui, bien que ne s'expriment pas au nom de l'organisation jéhoviste, ont eu pour effet de défendre le mouvement sur des questions polémiques régulièrement soulevées en France. Par exemple, dans un style corrosif, l'avocat Christian Paturel a édité les livres Et Pharaon dit: Qui est Jéhovah?, La dernière croisade: Le droit à la différence, le cas des Témoins de Jéhovah, Sectes, religions et libertés publiques et La pensée unique face aux spiritualités — Le choc des mondes; de même, Davy Forget et les avocats Philippe Goni et Alain Garay ont respectivement publié les ouvrages Témoins de Jehovah en France entre reconnaissance et discrimination, Les Témoins de Jéhovah — Pratique cultuelle et loi du 9 décembre 1905 et L'activisme anti-sectes. De l'assistance à l'amalgame, entre autres. De plus, certains sociologues qui n'ont jamais précisé clairement leur affiliation religieuse ont également pris la défense du mouvement en rédigeant des ouvrages complaisants, ce qui a pu contribuer à redorer l'image de celui-ci.

Appel à des universitaires/sociologues

La Watch Tower sollicite volontiers des personnalités du monde universitaire ou sociologique susceptibles de lui offrir un soutien. Ainsi, en 1995, le sociologue Massimo Introvigne témoigna en faveur des Témoins de Jéhovah dans le cadre d'un procès intenté au motif de diffamation;[11] de même, les résultats de recherches effectués par le professeur Vassilis Saroglou ont été utilisés par la filiale française pour démontrer le sentiment de bien-être que pouvaient ressentir les membres d'un mouvement socialement contesté.

Collaborations externes

Voir article détaillé Liens avec des organisations défendant les mouvements religieux minoritaires

Bien que le nom de la Société Watch Tower ne soit pas explicitement mentionné sur le site web de la Coordination des Associations et Particuliers pour la Liberté de Conscience (COORDIAP), une association de défense des minorités religieuses en France, la sociologue Céline Couchouron-Gurung releva que les méthodes employées par cette association étaient les mêmes que celle du mouvement religieux, et que les arguments avancés sur le site correspondaient à ceux développés dans les ouvrages de Christian Paturel et Alain Garay (par exemple, certaines remarques sur l'UNADFI). D'ailleurs, Paturel collabore régulièrement avec ce site et celui du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS), deux organismes auxquels il a fourni certains de ses documents et sur lesquels il donne une interview. La sociologue en conclut qu'"il y a donc sinon une collaboration, au moins un échange de ressources entre des Témoins de Jéhovah ou des proches de Témoins et des membres de l'association".[12]

De même, Garay, avocat jéhoviste et dont les activités de lobbying sont régulièrement dénoncées, figurait, en mai 1999, parmi les orateurs inscrits à un colloque du Centre pour l'Étude des Nouvelles Religions (CESNUR), organisation réputée comme tribune utilisée par les mouvements sectaires. Le site du CESNUR fait aussi la promotion du livre d'Alain Garay, L'activisme anti-sectes. De l'assistance à l'amalgame.

Garay fut aussi est l'un des trois experts choisis par le Quai d'Orsay pour représenter la France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération Européenne (OSCE). Ce panel est chargé, entre autres, de proposer des modèles de lois sur la liberté religieuse aux pays de l'OSCE. De même, des représentants de la branche française ont participé à des réunions de l'OSCE en octobre 2006 et en juillet 2009 — bien que dans ces deux derniers cas, cette démarche ne se limite pas à la France, puisque d'autres organisations jéhovistes d'Europe ont également participé à ces conférences.

Dialogue avec les pouvoirs publics

En 1995, le ministère de la défense alors dirigé par François Léotard tenta une approche auprès des instances jéhovistes en rapport avec l'ouverture manifestée par les objecteurs jéhovistes devant les tribunaux depuis 1989. Ce ministre eut plusieurs contacts avec Christian Paturel, selon les propos de ce dernier et, dès 1993, le cas du statut des objecteurs de conscience Témoin de Jéhovah fut l'objet d'un colloque à l'Assemblée Nationale à l'initiative de l'avocat Jean-Marc Florand qui prétendit plus tard être en parti responsable du résultat de 1995. Le ministre Léotard proposa le transfert des objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah sous la tutelle du Ministère des Affaires Sociales plutôt que sous la tutelle du Ministère de la Défense. Bien que le problème ne résidait pas à ce niveau puisque les Témoins de Jéhovah voulaient alors être totalement exemptés, l'organisation accepta ce compromis qui mit fin au conflit entourant la question du service civil.

De même, des rencontres avec la Commission parlementaire de 1995 et avec la Mission interministérielle de lutte contre les sectes (MILS) — en présence de ses représentants Alain Vivien et Denis Barthélémy — ont été organisées à l'initiative de l'organisation jéhoviste. Des discussions courtoises ont eu lieu, mais lorsque des dossiers précis ont été évoqués, aucun compromis durable n'a pu être trouvé. Les sujets abordés furent le refus de la transfusion sanguine, le rejet du vote et l'éducation jéhoviste jugée trop stricte. D'une manière générale, les instances jéhovistes rencontrent également de façon régulière le Ministre de l'Intérieur et le Bureau des Cultes.[13]

En 2012, Geroges Fenech, l'ancien président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES), expliqua dans l'un de ses ouvrages que parmi toutes les rencontres de leaders de groupements à caractère sectaire, l'une d'elle lui avait laissé un goût particulièrement "amer": celle de Guy Canonici qui un jour était venu dans son bureau en compagnie de Jean-Claude Pons afin de lui lire une lettre "sous forme de réquisitoire", lui demandant de se rétracter sur ses propos critiques à l'encontre de l'organisation des Témoins de Jéhovah. Fenech dit qu'il aurait souhaité aborder avec Canonici les aspects problématiques en lien avec l'organisation jéhoviste, mais qu'il ne put établir aucun dialogue avec lui, que les deux représentants de la Watch Tower se retirèrent, "le visage fermé", et qu'il ne les revit jamais. Fenech conclut ce passage en maintenant sa position en rapport avec les dérives sectaires du mouvement.[14]

Meilleure visibilité dans l'espace publique

Campagnes de tracts

Dès 1996, les Témoins de Jéhovah de France ont distribué des tracts pour protester contre le traitement dont ils s'estimaient victimes dans ce pays. Trois campagnes ont été organisées à l'échelle nationale: Les Témoins de Jéhovah — Ce que vous devez savoir en 1996, Français, on vous trompe! en 1999 et Que se trame-t-il en France? Les libertés peuvent-elles régresser? en 2002. Ces dépliants n'avaient pas une fonction prosélyte, mais visaient à faire connaître le mouvement — sous son meilleur jour, évidemment — (tract de 1996) et à dénoncer les critiques dont ils s'estimaient l'objet (tracts de 1999 et de 2002).

À propos des deux derniers imprimés, on peut constater que, par leur titre accrocheur, leur contenu et la mise en page, les Témoins cherchent à impliquer le lecteur; le but était que celui-ci se sente concerné, même s'il ne s'intéresse pas aux Témoins de Jéhovah: il s'agit de s'adresser à tout un peuple (les "Français", "en France") en utilisant des généralisations qui évoquent un problème collectif ("on"), voire même en utilisant des valeurs chères au lecteur ("les libertés") afin de les gagner à leur cause. Le vocabulaire relève davantage du champ lexical de la citoyenneté, langage qui ne transparaît jamais dans les publications internes. Les Témoins cherchent en outre à se donner de l'importance par exemple en précisant le tirage de l'imprimé (12 millions d'exemplaires), en gonflant le nombre de leurs effectifs (toutes les personnes ayant assisté au Mémorial sont comptabilisées), en citant des témoignages favorables de personnalités du "monde" (Mme De Gaulle, Léon Blum).

Reprenant point par point les travaux de Luc Boltanski et Laurent Thévenot relatifs aux caractéristiques de l'action civique, la sociologue Cécile Couchouron-Gurung établit une comparaison entre le mode de fonctionnement des Témoins lors de ces campagnes de tracts et une "section syndicale" et la "propagande politique".[15]

S'il est tout à fait normal de défendre ses intérêts en alertant l'opinion publique, il est beaucoup plus critiquable de le faire de manière similaire à celles d'organisations censées se trouver sous la coupe du Diable, et ceci alors que l'on prétend être une organisation fondamentalement différente. En effet, la filiale française a misé sur un élan de solidarité de la part du peuple français en invoquant un problème d'atteintes aux libertés religieuses qui pourrait, par la suite, concerner les autres religions, comme si le sort de "Babylone la Grande" lui importait. Le Témoin lambda aurait-il pu utiliser les mêmes méthodes pour défendre ses propres intérêts si ceux-ci n'étaient pas liés à sa religion? C'est fort peu probable, ce qui indique que le mouvement peut recourir à des stratégies qui ne cadrent pas avec ses propres valeurs.

Médiatisation de l'aide humanitaire

Depuis le rapport parlementaire de 1995, les Témoins de Jéhovah de France ont mis en avant leur actions humanitaires, soulignant désormais l'importance de l'aide apportée aux personnes extérieures au groupe. Par exemple, ils sont venus au secours des populations touchées par des glissements de terrain, des inondations et des tempêtes dans le sud de la France, notamment en 1999 et 2000. Des communiqués ont été rédigés par l'organisation afin de mettre en avant ce travail d'aide aux sinistrés et présenter les Témoins comme des personnes qui se soucient de leur prochain, et ceci alors que l'action humanitaire ne fait pas partie de leur doctrine. De même, des brochures à caractère non prosélyte — Mission au Rwanda et Une mission en Afrique — ont été publiées afin de faire connaître les actions humanitaires des Témoins de Jéhovah de France en Afrique par le biais de leur association Aidafrique.

Bien que cette action humanitaire ait souvent été présentée dans les médias comme une méthode de recrutement dissimulée, le sociologue Régis Dericquebourg estime qu'elle a semblé profitable aux Témoins de Jéhovah de France, ce qui n'a pas été le cas pour les autres mouvements sectaires.[16]

Médiatisation de l'histoire jéhoviste sous le IIIè Reich

Dans les mois qui ont suivi le rapport parlementaire de 1995, l'association jéhoviste française Cercle Européen des Témoins de Jéhovah Anciens Déportés en Internés (CETJAD) a organisé, dans 42 villes, une exposition baptisée "Mémoire de Témoins" retraçant la déportation de nombreux fidèles dans l'Allemagne nazie; puis en 1998, s'est déroulée la projection gratuite, dans 120 villes de France, du film La fermeté des Témoins de Jéhovah face à la persécution nazie; enfin, la même année, le président de la Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah de France, Guy Canonici, a publié un ouvrage sur les Témoins face au nazisme, Les Témoins de Jéhovah face à Hitler. Tous ces événements ont reçu un certain écho dans les médias et avaient pour but de mettre en évidence un aspect historique du mouvement peu connu du grand public, à savoir le martyre des adeptes sous le régime nazi.[17]

Médiatisation des assemblées et du Mémorial

Lors de grandes assemblées à dimension internationale ou, du moins, ayant un caractère exceptionnel notamment en raison du nombre élevé de participants, la filiale française a décidé de médiatiser ces événements; ce fut le cas notamment du rassemblement de Villepinte en 1997, de l'inauguration des locaux du Béthel ou des assemblées internationales de 2001. Lors du rassemblement de Villepinte en 2003, un communiqué de presse a été envoyé aux médias peu avant l'assemblée, et des contacts ont été pris avec des journalistes afin qu'ils couvrent l'événement. Pareillement, à la fin du rassemblement, la Société a transmis aux journaux différents comptes-rendus chiffrés dont le nombre de baptêmes et l'assistance totale. Finalement, en l'espace de six jours 19 articles parurent dans la presse.[18] Lorsque des journalistes étaient présents à de telles assemblées, c'étaient des adeptes chargés des relations publiques, et non des Témoins lambdas, qui ont répondu aux questions, restituant des réponses millimétrées et calibrées lors de leurs interviews.

De même, la Société Watch Tower a parfois communiqué la date du Mémorial dans la presse et a fait participer ses fidèles à des campagnes d'invitations dans le cadre de la prédication, cette dernière pratique s'étant renouvelée chaque année depuis quelques temps.

Le but de cette médiatisation était de souligner l'importance numérique des effectifs du groupe,[19] et donc de lui donner un certain poids dans le paysage religieux du pays, de souligner son caractère chrétien (utilisation de la Bible lors des sessions, cantiques, célébration de la Cène...) et finalement de faire connaître le déroulement de ces réunions afin d'éviter l'ignorance qui pouvait nourrir des fantasmes. Néanmoins, cette médiatisation n'a pas eu l'effet escompté, les médias ayant souvent été critiques vis-à-vis de ces rassemblements, et c'est pourquoi cette pratique est désormais moins développée par la filiale française.

Utilisation des médias

Voir article détaillé Internet

Depuis 1997, la Société Watch Tower possède son propre site Internet. Il y a le site Internet de l'organisation au niveau mondial, qui se consacre principalement sur les doctrines, et le site de la filiale française, qui "vise plutôt à répondre, de manière pédagogique, aux attaques de leurs adversaires", et "constitue un plaidoyer en faveur de l'organisation jéhoviste".[20] En effet, l'essentiel du site se compose de communiqués visant à contrer les accusations dont la branche française fait l'objet et de mettre en valeur toute décision de justice favorable. Comme le note le professeur de sociologie Benjamin-Hugo Leblanc, "les Témoins de Jéhovah n'ont aucune réticence à employer Internet pour tout ce qui relève d'une diffusion d'informations sommaires et introductives", mais "refusent visiblement toute communication plus élaborée par voie de l'ordinateur".[21]

La Watch Tower utilise aussi des droits de réponse dans la presse où elle emploie souvent un langage qui s'apparente à la langue de bois. Par exemple, dans un cas de réponse au journal Le Progrès qui avait publié un article critique vers la fin des années 1990, elle cita une maxime de Martin Luther King — un réformateur religieux de "Babylone la Grande" pour la Watch Tower — relative à son rêve pour justifier le fait qu'il ne fallait pas tuer l'espérance, ce qui avait de quoi surprendre puisqu'en déclarant cela, la Watch Tower semblait réduire ses attentes eschatologiques à une vue chimérique.[22]

Lors de certaines émissions, les Témoins de Jéhovah avaient parfois ouvert leurs portes à des journalistes, comme ce fut le cas dans le cadre de l'émission Envoyé Spécial à la fin des années 1990. Des représentant des Témoins de Jéhovah, dont Guy Canonici, se sont exprimés dans des émissions diffusées à la télévision ou à la radio; dans certains cas, comme dans celles sur Europe 1 et sur France 2, les réponses de ce dernier ont foisonné d'approximations, d'omissions et de demi-vérités que seuls ceux qui connaissaient le sujet en profondeur ont pu déceler et témoignant ainsi indirectement du fait que l'organisation jéhoviste bénéficie d'un service de communication particulièrement doué pour la langue de bois.[23][24] Toutefois, il est à noter que ces entretiens ne s'effectuaient jamais dans le cadre d'un débat en face à face avec des critiques; de plus, dans une émission ultérieure d'Envoyé Spécial diffusée le 25 septembre 2010, des représentants jéhovistes n'ont pas souhaité s'exprimer devant la caméra ni n'ont autorisé à filmer dans la Salle du Royaume, ce qui laisse à penser que le mouvement a révisé sa stratégie de communication.

Recours à des études sociologiques

Voir article détaillé Enquête de la SOFRES

En 1998, une enquête de la SOFRES (références: Témoins de Jéhovah - Rapport de synthèse, réf. MHI-MVN 98-204, octobre 1998, SOFRES) fut réalisée par cet institut de sondage spécialisé dans les études marketing et d'opinion afin d'établir le profil sociologique des adeptes Témoins de Jéhovah de France grâce à des données sur leurs statut social et leur habitudes de vie. Effectuée à la demande des autorités jéhovistes en réponse aux accusations de retrait de la vie sociale véhiculées par d'anciens membres et par des organismes de lutte contre les sectes, l'enquête fournit des résultats indiquant un bon niveau d'intégration sociale qui s'apparente aux moyennes nationales. Toutefois, la méthodologie utilisée pour l'enquête ainsi que les pourcentages obtenus peuvent soulever des critiques susceptibles de limiter la portée des résultats.

Critiqués pour leur refus de prendre part aux fêtes, les Témoins de Jéhovah de France ont utilisé dans un communiqué officiel les résultats de sondages extérieurs à leur organisation qui indiquaient que 22% des français déclaraient ne pas être attachés à la célébration de Noël,[25] ce qui n'était généralement pas considéré comme un signe de désocialisation. De même, l'organisation se servit d'un sondage ayant révélé que les mots préférés des enfants avaient trait aux gourmandises et aux animaux; les mots 'anniversaires' et 'Noël' n'ayant pas été cités.[26]

La Watch Tower — et ses adeptes à sa suite — s'est aussi servie de l'appartenance au jéhovisme du plus jeune bachelier de France de 1996 afin de prouver que les jeunes du mouvement suivaient une scolarité tout à fait normale et que l'organisation n'était pas un frein à la réussite scolaire. Les sociologues Frédéric Lenoir et Nathalie Luca ont rencontré les parents de ce jeune de 15 ans nommé Samuel qui, dans leurs échanges, ont "plac[é] l'éducation jéhoviste comme un modèle d'éducation pour la société"; la mère a déclaré: "Le développement de la personnalité de Samuel a certainement été influencé par les principes qu'il a acquis dès son plus jeune âge. Cela lui a servi pour raisonner et prendre des décisions. Nous pensons que le mode de vie chrétien a été pour lui une chance supplémentaire d'épanouissement. Cela lui a permis d'avoir une vie de famille équilibrée, et de pouvoir communiquer". À cela, les deux sociologues répondirent que, dans ce cas "plus qu'exceptionnel", les Témoins effectuaient "un remarquable retournement de la situation", présentant soudainement leur mouvement comme étant "le chemin pour réussir dans le monde, ce même monde qu'ils estiment perdu".[27]

Ainsi, le mouvement jéhoviste n'hésite pas à utiliser des contre-exemples et des ressources sociologiques compilées par des personnes du "monde" et ainsi leur accorde implicitement une crédibilité, mais ceci uniquement lorsque les résultats sont susceptibles de lui fournir une aide; à l'inverse, les témoignages d'anciens membres qui racontent leur vécu sont systématiquement ignorés et niés en bloc.

Recours en justice

Juridictions locales

L'organisation jéhoviste a presque systématiquement engagé des poursuites judiciaires à l'encontre des maires des communes qui refusaient l'implantation d'une Salle du Royaume ou Salle d'Assemblée — notamment parce qu'ils avaient utilisé abusivement leur droit de préemption après avoir noté l'identité du demandeur — ou de la location d'une salle qui était destinée à la célébration du Mémorial. Plusieurs cas ont été médiatisés, comme ceux de Caudebec-les-Elbeuf (1991-94), de Paris (1996-2002), de Saint-Paul-de Vence (1999), d'Étampes (2006) ou encore de Deyvillers (2007). Les Témoins de Jéhovah ont remporté des victoires juridiques dans de nombreux cas, ce qui a abouti à une jurisprudence favorable qui s'avère dissuasive envers les élus locaux qui voudraient s'opposer aux Témoins.[28]

Instances nationales

Les recours en justice des Témoins de Jéhovah de France se sont multipliés ces dernières années; l'organisation a d'ailleurs mis en place des services juridiques composés notamment d'avocats dont la fonction est de fournir une assistance juridique à toutes les associations jéhovistes dispersées sur le territoire français. Ces services sont particulièrement efficaces pour ce qui est de connaître les subtilités juridiques et techniques susceptibles de secourir un mouvement très puissant financièrement et donc capable de supporter des actions en justice très coûteuses et longues. Il est à noter que, selon la MILS, l'instrumentalisation des appareils judiciaires par de très nombreux recours en justice constitue, pour une organisation, un indice de dérive sectaire.[29]

Au niveau national, les Témoins de Jéhovah de France ont fréquemment poursuivi en justice des militants anti-sectes et des journalistes au motif de diffamation ou d'injure publique. Parmi les personnalités poursuivies figurent Charline Delporte et Lydwine Ovigneur, membres de l'association anti-sectes ADFI, Jean-Pierre Brard, ancien maire de Montreuil, Jacques Trouslard, délégué de l'épiscopat chargé de la question des sectes, ou encore Philippe Robin, journaliste.[30]

Bien qu'il ne s'agisse pas d'une démarche effectuée au nom de l'organisation jéhoviste elle-même, on peut aussi citer le recours en justice de trois Témoins de Jéhovah qui ont cherché à annuler le décret du 30 avril 1996 accordant à l'UNADFI la reconnaissance d'utilité publique. Toutefois, au début de l'année 1998, le Conseil d'État rejeta leur requête, estimant que ce décret n'était entachée d'aucune illégalité, contrairement à ce qu'alléguaient les requérants; de plus, il avait été promulgué en toute conformité en respectant la procédure officielle et ne portait, en lui-même, nullement atteinte à la liberté de conscience et de religion. L'octroi de ce statut avait été fondé sur la reconnaissance de l'action d'intérêt général de l'UNADFI. Les trois représentants des Témoins de Jéhovah furent condamnés à payer à l'UNADFI la somme de 15 000 francs au titre des frais irrépétibles.[31]

Selon la sociologue Céline Couchouron-Gurung, le but de telles actions est d'une part de "régler une affaire et d'obtenir réparation", ce qui est tout à fait normal lorsqu'effectivement certains propos sont franchement diffamatoires; toutefois, ces démarches sont aussi un moyen "d'anticiper sur des affaires à venir et faire comprendre aux militants (...) qu'une procédure longue et coûteuse les attend; le but est de les dissuader". Ces recours en justice, qui peuvent s'éterniser en allant jusque devant la Cour de Cassation, s'avèrent donc aussi être un moyen d'intimidation et peuvent avoir pour effet de faire taire des opposants bien dérangeants.[32]

Cour Européenne

Voir articles détaillés Fédération chrétienne des Témoins de Jéhovah de France c. France et Taxation des dons manuels

La branche française a saisi à plusieurs reprises la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Tentant de s'opposer à la Loi About-Picard qui avait pour but de renforcer la répression sectaire, la Fédération Chrétienne des Témoins de Jéhovah a toutefois vu sa requête être déclarée irrecevable le 6 novembre 2001; en revanche, son recours devant la Cour Européenne en rapport avec la taxation des dons manuels fut couronnée de succès dans une décision du 30 juin 2011.

Ressources sur le sujet

Références

  1. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 114,115
  2. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 111
  3. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 112
  4. Arrowup.png Assemblée Nationale (10 juin 1999), "Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relation avec les milieux économiques et financiers", pp. 30-36, assemblee-nationale.fr. Consulté le 2 janvier 2012
  5. Arrowup.png Assemblée Nationale (10 juin 1999), "Rapport fait au nom de la Commission d'enquête sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relation avec les milieux économiques et financiers", p. 69, assemblee-nationale.fr. Consulté le 2 janvier 2012
  6. Arrowup.png Association pour une Retraire Convenable (24 octobre 2011), "Rachat des périodes de formation à la vie religieuse au Régime des cultes", aprc.asso.fr. Consulté le 2 janvier 2012
  7. Arrowup.png UNADFI (septembre 2003), "Le grignotage jéhoviste", BULLES, format pdf. Consulté le 2 janvier 2012
  8. Arrowup.png Journal Officiel (3 février 2004), Question N° : 32762 de M. Vuilque Philippe(Socialiste - Ardennes) QE, p. 765, droitdesreligions.net. Consulté le 2 janvier 2012
  9. Arrowup.png MIVILUDES (2004), Rapport annuel, p. 20, miviludes.gouv.fr. Consulté le 2 janvier 2012
  10. Arrowup.png Fischetti, Antonio (18 novembre 2003), "Le cadeau aux Témoins de Jéhovah", Charli Hebdo, prevensectes.com. Consulté le 2 janvier 2012
  11. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 183
  12. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 184,185
  13. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 216-19
  14. Arrowup.png Fenech, Georges (août 2012), Apocalypse: menace imminente? Les sectes en ébullition, Calmann-Lévy, pp. 55-58 (ISBN 978-2-7021-4390-2)
  15. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 121,122
  16. Arrowup.png Dericquebourg, 2000
  17. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 151-54
  18. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 147,148
  19. Arrowup.png Hosatte, Jean-Marie (9 août 1997), "La stratégie médiatique", Le Point. Consulté le 4 janvier 2012
  20. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 235–49
  21. Arrowup.png Leblanc, Benjamin-Hugo (automne 2000), "Nouvelles religions, nouveaux médias: les « sectes » et leurs stratégies sociales à l'épreuve d'Internet", Religiologiques, 22, pp. 109,110 (pp. 9,10 du pdf), format pdf
  22. Arrowup.png Le Progrès (1997?), "La tribune", euaggelion2414.com. Consulté le 20 septembre 2012:
    "II ne faut pas tuer l'espérance. Martin Luther King avait fait un rêve. Les Témoins de Jéhovah font le même, celui d'un monde plus juste et plus fraternel. Est-on coupable quand on rêve? L'est-on davantage quand on espère? Aspirant à une vie meilleure dès maintenant en mettant en pratique les principes éternels de l'Évangile, les Témoins de Jéhovah n'ont qu'un message: laissez-nous espérer!"
  23. Arrowup.png Chasson, Charles (2 octobre 2009), "Qu'est ce qui peut bien pousser Guy Canonici à mentir?", temoinsdejehovah.blog.free.fr. Analyse de l'intervention de Guy Canonici sur Europe 1. Consulté le 3 janvier 2012
  24. Arrowup.png Lucretius (12 avril 2008), "Guy Canonici - historien ou hagiographe?", TJ-Revelation. Analyse de l'intervention de Guy Canonici sur France 2 le 7 avril 2008. Consulté le 3 janvier 2012
  25. Arrowup.png La Croix, vendredi 23 décembre 2005, article "Neuf français sur dix critiquent une fête trop commerciale"
  26. Arrowup.png Le Monde, mercredi 19 avril 2006, article "Les mots préférés des jeunes"
  27. Arrowup.png Lenoir, Frédéric; Luca, Nathalie (1998), Sectes, mensonges et idéaux, Bayard éditions, p. 54 (ISBN 2-227-31705-1)
  28. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, pp. 128-36
  29. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 139
  30. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 137
  31. Arrowup.png UNADFI, "Rejet de la demande par des Témoins de Jéhovah du retrait de la reconnaissance d'utilité publique de l'UNADFI", Décision du Conseil d'État, prevensectes.com. Consulté le 11 janvier 2012
  32. Arrowup.png Couchouron-Gurung, 2011, p. 138