Basculer le menu
Changer de menu des préférences
Basculer le menu personnel
Non connecté(e)
Votre adresse IP sera visible au public si vous faites des modifications.

La Tour de Garde de Juin 1884

De Tj-encyclopédie
La Tour de Garde de Juin 1884
Revue La Tour de Garde
Date 1884
Auteur(s) George Storrs, S. T. Tackabury, Maria Russell
Année 1884
Langue Anglais
Pays États-Unis

Ce numéro cherche à prouver que le Christ est déjà présent, de façon invisible. Il traite aussi de la place des croyants en attendant la fin de l'âge de l'Évangile. Les preuves viennent de deux sources : les prophéties et l'actualité. Les troubles sociaux et la crise financière de 1884 sont lus comme les premiers signes du « jour du Seigneur ». Plusieurs textes répondent au doute de ceux qui ne voient rien venir. Ils invitent à reconnaître la présence par ses effets, comme Jean-Baptiste, en prison, devait reconnaître le Messie à ses œuvres.

La seconde question du numéro porte sur le sort des hommes. L'Église est choisie pour régner avec le Christ, et son appel reste soumis à des conditions. Le reste de l'humanité doit revenir de la mort pour connaître la vérité dans l'âge suivant. Le numéro oppose cette espérance à deux doctrines : le tourment éternel, et le retour du Christ en deux étapes enseigné par les Frères de Plymouth. Deux textes de George Storrs, mort quelques années plus tôt, soutiennent cet enseignement. La rédaction corrige l'un d'eux sur les points où sa propre compréhension a changé depuis.

Analyse

Croyances

Une présence invisible prouvée par les secousses de 1884

Le Christ est tenu pour présent depuis l'automne 1874, et le « jour du Seigneur » pour commencé en 1875.[1] Les deux dates ne désignent pas le même événement. En 1874, le Christ arrive pour ses saints. En 1875 s'ouvre le jour du Seigneur.[2] Le repère de 1875 vient des calculs de jubilés de Nelson Barbour et de John Henry Paton. The Day Dawn plaçait en 1875 l'annonce de la présence et du message de la moisson, six mois après l'arrivée du Christ, comme au premier avènement.[3] En août 1883, la revue faisait déjà commencer au printemps 1875 le « rétablissement de toutes choses ».[4] Le début du jour du Seigneur a donc changé plusieurs fois. En septembre 1879, il était placé en 1873.[5] En novembre 1882, il était placé en 1874.[6] En juin 1884, il est placé en 1875.[7]

Le récit de Jean-Baptiste explique pourquoi si peu de gens croient à cette présence. Jean doute parce que Jésus ne ressemble pas au Messie qu'il attendait. Les croyants de 1884 doutent pour la même raison : ils attendent un Christ visible.[8] Jésus ne répond pas à Jean par le calcul des semaines de Daniel. Il lui montre des faits : les aveugles voient, les morts se relèvent.[9] De la même façon, les preuves de la présence sont les événements du moment : la colère de Dieu contre le mal et la vérité qui se répand.[10] Raymond Franz note qu'une présence invisible est presque impossible à réfuter. Selon lui, elle a permis aux associés de Barbour de garder la date de 1874 en changeant ce qui devait s'y produire.[11] Les signes visibles servent ici à rendre cette présence croyable.[12]

L'éclair de Matthieu 24:27 change encore de sens dans ce numéro. En mai 1880, il désignait le rayonnement de la vérité.[13] En février 1881, il devenait le courant électrique, invisible dans le fil.[14] En mai 1882, ce courant ne se voyait que par ses effets : les jugements qui frappent l'État et l'Église.[15] En juin 1884, les éclairs sont de nouveau des « éclairs de vérité ». Les saints se rassemblent autour de cette nourriture, comme les aigles autour du corps.[16] Luc 17:20 est cité dans la traduction de l'Emphatic Diaglott.[17] Bernard Blandre rappelle que c'est dans cette traduction que Benjamin W. Keith avait trouvé le mot grec rendu par « présence ». Barbour avait exposé cette lecture pour la première fois en octobre 1875.[18]

Cette présence prend place dans un découpage de l'histoire en âges, exposé par Samuel T. Tackabury. Chaque âge a ses semailles et sa moisson. Le Christ a fait la moisson de l'âge juif, et celle de l'âge de l'Évangile est en cours.[19] Tackabury, ancien pasteur méthodiste, avait rompu publiquement avec son Église en février 1883.[20] Robert Crompton montre que, chez Russell, l'âge juif sert de type à l'âge de l'Évangile. Les deux âges ont la même durée. On peut donc savoir, d'après le premier, ce qui doit arriver pendant la moisson du second.[21] Tackabury reproche à beaucoup d'ouvriers de vouloir semer et moissonner en même temps.[22] Crompton explique ce reproche : pendant la moisson, le travail consiste à trier, et non plus à pêcher.[23] Tackabury tient aussi le plan de Dieu pour infaillible. Il condamne les chrétiens qui croient que les desseins de Dieu peuvent échouer.[24]

Les troubles de 1884 sont lus comme les preuves visibles de cette moisson. La « demi-panique » financière correspond à la crise de mai 1884 à New York. La maison de courtage Grant & Ward et la Marine National Bank font faillite. Le président de la Second National Bank s'enfuit au Canada après avoir détourné 3 millions de dollars.[25] Grant & Ward, fondée par Ferdinand Ward et le fils de l'ancien président Grant, promettait des gains énormes sans rien placer.[26] Cette ruine de riches est rapprochée de Jacques 5:1-8.[27] The Day Dawn lisait déjà ce passage de Jacques comme l'annonce du conflit entre le capital et le travail, et voyait dans la crise de l'automne 1873 une confirmation de la date.[28] En septembre 1879, la revue reconnaissait l'oppression des pauvres, mais rappelait que la Bible n'approuve pas le communisme.[29] En juin 1884, le raisonnement va plus loin : l'argent rémunère un service rendu, et aucun millionnaire n'a rendu de service hors du commun. La conclusion présentée comme logique est que les grandes fortunes ont été amassées malhonnêtement.[30]

Le sort des mouvements révolutionnaires change aussi. En août 1883, Sunderlin les jugeait impuissants à chasser le « prince de ce monde », puisqu'ils agissent selon les mêmes principes que lui.[31] En juin 1884, les Chaldéens d'Habacuc représentent les communistes, les nihilistes et les socialistes. Ils forment la grande armée du Seigneur qui renverse les royaumes, même s'ils attribuent leur victoire au libéralisme.[32] Cette lecture prolonge celle de Barbour. Selon Blandre, Barbour annonçait quarante ans de troubles où la faim et le chômage dresseraient les travailleurs contre les capitalistes, jusqu'à la chute des gouvernements en 1914.[33] Le « temps de détresse » de Daniel 12:1 avait déjà été rattaché au retour du Christ par Barbour et par plusieurs millénaristes de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe.[34] Ce temps frappe aussi les Églises : leurs titres, leurs constructions et leurs élections d'évêques relèvent du même orgueil que les fortunes du monde.[35]

Le calendrier et la nature des saints glorifiés

Si la moisson a commencé, les saints doivent être recueillis selon un ordre. Le Christ vient pour eux à l'automne 1874. Depuis l'automne 1881, ceux qui meurent dans le Seigneur sont changés aussitôt, selon Apocalypse 14:13.[36] Le délai avant le changement de tout le corps du Christ est dit caché, pour éprouver la fidélité. Il peut être bref ou durer encore quelques années.[37] En janvier 1881, la revue attendait ce changement au plus tard pour l'automne 1881.[38] Franz relève que l'enlèvement des saints vivants en 1881 était la seule prédiction visible de cette chronologie, et qu'elle ne s'est pas réalisée.[39] Selon Penton, l'idée d'un changement immédiat des saints à leur mort vient de la lecture de 1 Thessaloniciens 4:14-18 par le jésuite Lacunza.[40]

La réponse rejette le second avènement en deux temps des Frères de Plymouth.[41] Penton retrace l'origine de cette doctrine : Lacunza, traduit par Edward Irving, puis les conférences de Powerscourt, John Nelson Darby et les Frères de Plymouth.[42] En 1859, Alexander Craven Ord, auteur lié aux Frères de Plymouth, distinguait déjà la parousia du Christ venu chercher ses saints de son epiphaneia, son apparition en gloire avec eux.[43] La réponse reconnaît aux Frères plusieurs vues justes : le Seigneur vient comme un voleur, l'Église doit être triée, le petit troupeau est élevé avant le jugement du monde. Elle leur reproche de garder une venue visible dans la chair et un règne établi en Palestine.[44] Le schéma retenu garde pourtant le même ordre : d'abord la moisson invisible des saints, puis le jugement du monde. Il place seulement ces deux étapes dans une seule présence.[45] Penton montre que le prédicateur anglais Robert Govett soutenait déjà que le Christ, après avoir ressuscité ses saints, resterait présent de façon invisible dans les derniers jours.[46] Schulz et de Vienne notent que Russell a connu la théorie des Frères par Last Times de Joseph Seiss, et que l'idée d'une parousia en partie invisible est plus ancienne que les Frères eux-mêmes.[47]

Ce changement fait passer l'Église de la nature humaine à la nature divine.[48] La note de la rédaction sur l'article de George Storrs situe cette idée dans le temps. Storrs aurait écrit son texte environ dix ans plus tôt, avant que l'élection de l'Église soit comprise comme un changement de nature.[49] Schulz et de Vienne datent de 1877, au temps de l'association avec Barbour, la conviction de Russell que l'Église aurait une nature à part.[50] En décembre 1881, Russell écrivait déjà que les croyants engendrés d'une nature divine sont des « êtres divins ».[51] En juin 1884, ce changement a un corps. Le Père et le Seigneur ne sont pas de purs esprits sans corps, et les vainqueurs recevront un corps spirituel.[52] En mars 1881, l'éditeur corrigeait Albert D. Jones en affirmant que le passage au corps spirituel se fait en un instant.[53] En juin 1884, deux rythmes sont distingués : l'esprit se renouvelle peu à peu, le corps change en un instant.[54]

Le passage d'une nature à l'autre ne détruit ni la mémoire ni l'identité. La nature humaine est présentée comme l'image terrestre de la nature spirituelle, avec les mêmes facultés.[55] Ce raisonnement sert aussi pour Jésus : passé de la nature spirituelle à la nature humaine, il pouvait se souvenir de sa gloire passée. Sa prière de Jean 17:5 est « plus qu'exaucée » par sa nature divine actuelle.[56] Les justifiés qui ne se sacrifient pas restent « terrestres ». L'idée que tous les hommes bons, Abraham ou Moïse, ont été engendrés de l'esprit est jugée erronée.[57] En juin 1882, la revue faisait aussi des patriarches et des prophètes des hommes parfaits, alors qu'en décembre 1880 elle les faisait entrer dans la condition spirituelle.[58] Dans le numéro précédent, la revue rejetait l'idée que tous les êtres doivent un jour atteindre la nature divine : Dieu reste libre d'en élever quelques-uns.[59]

L'élection de l'Épouse et la rançon pour tous

Ce droit de Dieu de choisir quelques-uns fonde la doctrine de l'élection défendue par Storrs. Russell republie ce texte sans en donner la source et le date d'une dizaine d'années.[60] Roy Goodrich en donne le titre complet, The Doctrine of Election, Calvinism Slain by the Sword of the Spirit (« La doctrine de l'élection, le calvinisme tué par l'épée de l'Esprit »), et le date de 1874.[61] Storrs avait grandi, comme Russell, dans un milieu calviniste strict.[62] Pour lui, Dieu élit pour bénir les autres. Ceux qui ne sont pas élus ne sont écartés que de la charge : c'est une « réprobation inoffensive ».[63] Blandre montre que Russell disait la même chose dès 1877 : Dieu élit les patriarches, puis Israël, puis le petit troupeau, et l'élection des uns n'entraîne pas la damnation des autres.[64] En juillet 1879, la revue promettait de réconcilier calvinistes et arminiens en rangeant chaque texte dans l'âge auquel il appartient.[65] Storrs propose une autre solution. Il garde le droit souverain de Dieu, selon Romains 9:20, mais rend l'élection révocable : tous les croyants sont élus pour courir, personne n'est élu d'avance pour recevoir le prix.[66]

Storrs prend Ésaü comme modèle du chrétien qui se contente d'être sauvé et vend ainsi son droit d'aînesse.[67] En janvier 1880, Ésaü servait à représenter la nature humaine, et Jacob la nature spirituelle.[68] En septembre 1881, le choix entre Jacob et Ésaü montrait que l'élection n'envoie personne en enfer.[69] Le chrétien sans zèle reçoit chez Storrs un salut « inférieur » : il sera sujet du Royaume, et non gouvernant.[70] En janvier 1883, la revue plaçait plutôt ces consacrés peu fidèles dans une classe de serviteurs, la « grande multitude », de nature spirituelle.[71] La note de la rédaction ne corrige que deux points de Storrs : le changement de nature de l'Église et les talents complets d'Adam.[72]

La rançon pour tous, commentée aussi par Storrs à partir de 1 Timothée 2:4, complète cette élection. Tous sont délivrés de la mort venue d'Adam sans condition. La vie éternelle reste soumise à la foi.[73] Storrs n'a pas toujours pensé ainsi. Jusqu'en 1871, il enseignait que le sort de chacun était fixé à la mort. Il a ensuite admis que les morts qui n'ont pas connu le Christ auraient une occasion de l'accepter après leur résurrection.[74] En septembre 1876, il publiait dans son Bible Examiner un article de Barbour sur une mise à l'épreuve dans l'âge à venir pour tous ceux qui n'ont pas connu la vérité.[75] Le texte de 1884 précise l'ordre : Dieu veut ressusciter tous les hommes parce que beaucoup sont morts sans connaître la vérité. Seul celui qui la rejette volontairement après l'avoir connue n'a plus de sacrifice pour ses fautes, selon Hébreux 10:26.[76]

L'épreuve dans l'âge à venir reçoit une durée. D'après Ésaïe 65:20, lu dans la traduction de Leeser, nul ne mourra avant cent ans. Le vieillard ressuscité aura droit aux mêmes cent ans que le nourrisson.[77] The Day Dawn citait ce verset pour montrer que la mort subsiste pendant les mille ans.[78] Chez certains commentateurs prémillénaristes, le même verset signifie que le pécheur sera puni de mort sur-le-champ, ou que sa vie sera limitée à cent ans.[79] G. K. Beale, qui ne croit pas à un règne de mille ans sur terre, y voit au contraire la nouvelle création éternelle.[80] Les nourrissons ressusciteront nourrissons, sans maladie.[81] Blandre rappelle que George Stetson soutenait dès 1871 que les petits enfants seraient sauvés.[82]

Ce schéma suppose que les morts dorment jusqu'à leur résurrection. Tackabury fait du « Vous ne mourrez point » d'Éden le premier mensonge de Satan, d'où vient le tourment éternel.[83] Storrs avait adopté l'idée d'une âme mortelle en 1837, après avoir lu une brochure de Henry Grew.[84] Une édition de 1847 de ses Six Sermons porte le sous-titre « Réponse de Dieu au mensonge de Satan ».[85] En septembre 1882, la revue opposait le tourment éternel à la rançon : si le salaire du péché était la torture sans fin, le Christ devrait la subir pour toujours.[86] Tackabury tire son argument du jugement : on ne peut pas juger dans l'avenir des morts déjà récompensés ou punis depuis des siècles.[87] La question de l'enfer était alors très discutée. Le 11 novembre 1877, le chanoine F. W. Farrar avait rejeté le tourment éternel dans un sermon prêché à l'abbaye de Westminster.[88] Contre le poème qui fait de la mort une amie, la rédaction n'aligne que des versets : la mort est le salaire du péché et le « dernier ennemi ».[89]

Rester parmi les élus : foi, sacrifice et vérité présente

L'élection peut se perdre. La question devient donc : à quelles conditions garde-t-on son appel ? L'article sur Pierre, signé « Mrs. C. T. R. », est de Maria Russell, qui a signé environ quatre-vingt-dix articles de la revue.[90] Elle ne pose qu'une exigence : un amour du Seigneur sans rival. La justice du Christ est imputée au croyant, et la victoire est celle de la foi.[91] En septembre 1881, la revue disait que la foi suffit pour être justifié, mais que les œuvres sont nécessaires pour gagner le prix.[92] Dans le même numéro de juin 1884, Storrs exhorte à courir pour remporter le prix, et Maria Russell assure que Dieu comptera pour vainqueur celui qui persévère malgré ses fautes.[93] Elle lit l'ordre « Pais mes agneaux » comme un ordre de prêcher l'Évangile.[94] En avril 1882, la revue disait que tous les membres prêchent, femmes comprises.[95]

La victoire se vit aussi dans le sacrifice de chaque jour. Les consacrés renoncent aux bonnes choses de la vie présente, et pas seulement au péché.[96] La revue enseignait la même chose en octobre 1880.[97] Les « Devoirs de la vie quotidienne » mettent au premier rang les petites épreuves que l'on n'a pas choisies : les défauts de l'entourage, les contrariétés du travail. Elles valent plus que les privations que l'on s'impose.[98] Un court proverbe ajoute que l'idée de sacrifice peut naître de l'orgueil spirituel.[99] En février 1882, un article signé R. W. condamnait déjà la consécration à une œuvre choisie par soi-même.[100] Schulz et de Vienne notent que Russell a republié ce texte en octobre-novembre 1882, signe que le problème persistait.[101]

Le même R. W. exige la fidélité à la « vérité présente ». Selon lui, toute déviation mène aujourd'hui à nier toute la vérité, jusqu'à la rédemption par le sang du Christ.[102] L'expression vient de 2 Pierre 1:12. Schulz et de Vienne expliquent que les spécialistes du grec y voient la vérité déjà présente dans le croyant, alors que des auteurs religieux du XIXe siècle en faisaient une doctrine découverte récemment.[103] Blandre signale que l'adventiste Jonas Wendell, qui a compté dans la formation du jeune Russell, avait publié en 1870 The Present Truth, or Meat in due Season (« La vérité présente, ou la nourriture au temps voulu »).[104] La déviation visée porte sur la rançon. Barbour l'avait niée en 1878 ; Paton la contestait en 1883.[105] En juin 1883, la revue avertissait contre un troisième journal opposé à la rançon, The Millenarian.[106] Penton estime que Russell a pris la tête du groupe surtout pour défendre cette doctrine.[107] Tackabury rattache ces erreurs à Satan déguisé en ange de lumière et à l'apostasie annoncée par 2 Thessaloniciens 2:3.[108]

L'égyptologie au service de la Genèse

Un extrait du Sunday School Times oppose deux récits des débuts de l'homme. Pour la Bible, l'homme commence haut et descend par le péché. Pour les savants sceptiques, il part de la bête et monte. Les égyptologues confirmeraient le premier récit : la plus ancienne pyramide est la mieux bâtie.[109] Ce débat était ancien en Grande-Bretagne. En 1869, le duc d'Argyll soutenait dans Primeval Man que l'humanité avait dégénéré depuis le premier couple au lieu d'évoluer, contre Sir John Lubbock.[110] L'archevêque Whately affirmait que les peuples sauvages ne s'étaient jamais élevés seuls à un état supérieur.[111] La note de la rédaction sur Storrs va dans le même sens : Adam possédait au départ tous les talents, que le péché a altérés.[112] La rançon est pensée comme le prix exact d'une vie humaine parfaite, perdue par Adam.[113] Un Adam parfait au départ est donc nécessaire à cette doctrine. En septembre 1883, la revue annonçait que les preuves extérieures de la Bible se multiplieraient pour instruire « l'homme naturel ».[114]


Organisation et histoire

Une revue écrite à plusieurs mains, sous le contrôle de la rédaction

Deux textes de George Storrs paraissent dans ce numéro : l'un sur l'élection, l'autre sur 1 Timothée 2:4.[115] Storrs est mort le 28 décembre 1879. Il n'a donc pas pu relire ces textes avant leur publication.[116] La rédaction ne donne pas la source du texte sur l'élection. Elle le date seulement d'une dizaine d'années.[117] Bernard Blandre en conclut qu'il remonte aux environs de 1874.[118] Roy Goodrich le cite sous le titre The Doctrine of Election, Calvinism Slain by the Sword of the Spirit (« La doctrine de l'élection, le calvinisme tué par l'épée de l'Esprit ») et le date lui aussi de 1874.[119]

La rédaction ajoute une note à ce texte. Elle y corrige deux passages : le changement de nature de l'Église, de l'humain au spirituel, et les talents d'Adam. Elle indique aussi ce qu'elle écrirait aujourd'hui à la place de l'auteur.[120] Storrs refusait l'idée d'un Christ déjà présent de façon invisible. Il l'avait écrit en 1877, dans son compte rendu de la brochure de Russell, tout en restant poli envers lui.[121] Le texte republié ne touche pas à cette question.[122] Blandre rapproche ce texte de la manière dont Russell dit avoir compris, vers 1874, le sort du « petit troupeau » appelé à régner au ciel avec le Christ.[123] Le second texte de Storrs porte sur la rançon donnée « pour tous ». En septembre 1876, Storrs avait déjà publié dans le Bible Examiner un article de Nelson Barbour sur le même verset et sur une seconde chance offerte dans l'âge à venir, sans doute à la demande de Russell.[124] Penton montre que Russell avait repris de Storrs l'idée que tous les hommes ressusciteront et pourront accepter la rançon.[125] La note rend hommage à cet « ancien soldat de la croix ». La dette du groupe envers lui est reconnue, mais la rédaction garde le dernier mot sur la doctrine.[126]

D'autres articles portent une signature. S. T. Tackabury signe l'article sur Jean 4:37, puis, sous les initiales « S. T. T. » suivies de la mention « Pittsburgh », l'article sur Jean 14:1-2.[127] Schulz et de Vienne identifient en Tackabury un pasteur méthodiste rallié au groupe en 1882.[128] En février 1883, il avait rompu publiquement avec son Église.[129] Un an et demi plus tard, il écrit des articles de doctrine pour la revue. Les initiales « R. W. » apparaissaient déjà au bas d'un article en février 1882.[130] L'article sur Pierre est signé « Mrs. C. T. R. », c'est-à-dire Maria Russell.[131] En mars 1883, elle signait déjà ainsi une réponse faite au nom de la rédaction.[132] Selon Schulz et de Vienne, elle triait dans ces années-là le courrier des lecteurs et répondait elle-même aux lettres des femmes.[133] En avril 1882, la revue affirmait que, dans le groupe, les femmes prêchent comme les hommes.[134] Depuis décembre 1881, la liste des collaborateurs réguliers n'est plus publiée et le nom de chaque auteur figure avec son article.[135] Depuis le début de 1882, tout article doit être approuvé par au moins deux des personnes qui connaissent le mieux la Bible, y compris ceux du rédacteur lui-même.[136] La note sur Storrs montre que ce contrôle s'applique aussi à un auteur mort.[137]

Le travail de la rédaction s'appuie sur des traductions précises de la Bible. Luc 17:20 est cité d'après le Diaglott.[138] Cette traduction de Benjamin Wilson rendait par « présence » le mot grec que la version du roi Jacques traduit par « avènement ». Benjamin W. Keith l'avait signalé à Barbour.[139] Ésaïe 65:20 est lu dans la traduction d'Isaac Leeser.[140] Leeser, rabbin de Philadelphie, avait achevé en 1853 la première traduction anglaise complète de la Bible hébraïque faite par un Juif, directement depuis l'hébreu.[141] Le texte d'Habacuc est commenté à partir de plusieurs traductions.[142] Depuis 1882, la revue conseille aux petits groupes d'apporter aux réunions une Bible, une concordance, le Diaglott et plusieurs versions du Nouveau Testament.[143] En avril 1883, elle avait cessé de vendre la concordance de Cruden pour vendre celle de Young.[144] Le premier article dit que l'ordre d'Habacuc, écrire la vision pour qu'on puisse la lire, est déjà exécuté au moyen de tableaux, de diagrammes et de concordances.[145] En juillet 1881, la revue avait envoyé à ses lecteurs un grand tableau des âges, à accrocher chez soi.[146] En mai 1882, elle proposait des plans de sermons pour expliquer ce tableau en public.[147] Selon Schulz et de Vienne, ces tableaux viennent du groupe de Barbour.[148]

Une place revendiquée parmi les groupes qui attendent le Christ

Le premier article rappelle que « l'auteur et d'autres » ont annoncé la présence du Seigneur en 1876 et 1877, et que peu de gens les ont crus.[149] Les « autres » ne sont pas nommés. En 1877, Barbour et John H. Paton parcouraient l'Ohio pour annoncer que le « temps de détresse » avait commencé.[150] Le livre Three Worlds, qui exposait ces dates en 1877, avait été écrit par Barbour seul, même s'il portait aussi le nom de Russell.[151] Barbour avait ensuite rompu avec Russell en 1878 sur la question de la rançon.[152] En juin 1882, la revue racontait déjà ces annonces de 1876 sans nommer Barbour et en gardait le mérite pour ses propres rédacteurs.[153] Dans la rubrique des questions, l'automne 1874 et l'automne 1881 sont présentés comme des étapes déjà passées : la venue du Christ pour ses saints, puis le changement immédiat des saints qui meurent.[154] En janvier 1881, la revue attendait pour l'automne de cette année-là le changement des croyants vivants en êtres spirituels.[155] Penton montre que Russell, chaque fois que l'événement attendu ne se produisait pas, gardait la date et en changeait le sens.[156]

La même rubrique attribue aux « Frères de Plymouth » l'idée d'un second avènement en deux temps : le Christ viendrait d'abord rassembler ses saints, puis reviendrait avec eux juger le monde.[157] Schulz et de Vienne citent cette page et pensent que Russell connaissait cette doctrine par le livre Last Times du luthérien Joseph A. Seiss.[158] Penton fait remonter ce retour en deux temps au jésuite Manuel Lacunza. Ses idées sont passées par les conférences d'Albury Park et de Powerscourt jusqu'à John Nelson Darby et aux Frères de Plymouth.[159] En 1859, Alexander Craven Ord, auteur de ce courant, distinguait déjà dans le titre d'une brochure la « venue » (parousia) du Christ pour recevoir ses saints et son « apparition » (epiphaneia) en gloire avec eux.[160] Storrs, George Stetson et Barbour lisaient tous The Rainbow, revue londonienne où l'enlèvement secret des saints était vivement discuté.[161] Les Plain Papers de William Trotter, disciple de Darby, avaient aussi fait connaître au groupe de Barbour l'idée d'une espérance céleste pour l'Église.[162]

Ces emprunts expliquent le ton de la réponse. La rédaction reconnaît que les Frères de Plymouth avaient vu juste sur trois points : le Seigneur vient comme un voleur, sans être vu ; une séparation doit avoir lieu dans l'Église ; le petit troupeau est élevé avant le jugement du monde.[163] Elle leur reproche seulement d'avoir gardé l'attente d'un Christ visible, dans la chair, qui régnerait peut-être en Palestine.[164] Pour elle, il n'y a qu'un seul second avènement, déjà en cours.[165] Le groupe se distingue ainsi d'un courant plus ancien et plus répandu sur un seul point : la présence invisible depuis 1874.[166]

L'actualité de 1884 lue comme une confirmation

Le premier article parle d'une « demi-panique financière » qui frappe cette fois les millionnaires plus que les pauvres.[167] En mai 1884, la Marine National Bank et la maison de courtage Grant & Ward font faillite à New York. Le président de la Second National Bank détourne 3 millions de dollars et s'enfuit au Canada. La crise gagne le New Jersey et la Pennsylvanie, puis elle est vite arrêtée.[168] La rédaction annonce que cette crise n'est sans doute pas finie et qu'une détresse plus grave suivra après un temps de répit.[169] Selon Schulz et de Vienne, le New York Times du 2 mai 1884 publiait un entretien où Russell présentait les nihilistes et les communistes comme les signes avant-coureurs de la tempête et citait Jacques 5:1-5. Le journal concluait en se moquant des originaux qui cherchent une cause surnaturelle à des troubles d'origine économique.[170] Le même passage de Jacques sert ici à juger les riches.[171]

Cette façon de lire les crises vient de Barbour. Dès 1874, il faisait commencer le temps de détresse avec la crise de septembre 1873 et les conflits entre le travail et le capital. Blandre montre que Russell a repris cette idée.[172] Tony Wills rapporte que Russell voyait dans la panique de 1873 le premier « spasme » d'un enfantement, suivi d'autres à intervalles irréguliers.[173] L'image des secousses successives revient dans ce numéro, à propos de 1 Thessaloniciens 5:3.[174] Les émeutes de Cincinnati de mars 1884 avaient déjà été citées dans le numéro précédent.[175]

D'autres protestants américains lisaient l'agitation ouvrière comme un signe de la fin. L'historien Matthew Avery Sutton explique par l'industrialisation, la croissance des villes et les grèves le passage de nombreux évangéliques à l'attente d'un retour du Christ avant le millénium.[176] Ces prédicateurs craignaient que les classes populaires rejoignent les socialistes et les anarchistes.[177] La rédaction leur donne un autre rôle. Dans le commentaire d'Habacuc, les communistes, les nihilistes et les socialistes sont les « Chaldéens » : ils servent sans le savoir de grande armée au Seigneur pour renverser les royaumes.[178]

Un article entier attaque les « nations chrétiennes ». Il dénonce le rhum vendu à Madagascar, le whisky de Belfast envoyé à Chypre, l'opium imposé à la Chine et les maladies laissées dans les îles des mers du Sud.[179] Le fait est discuté à Londres. En avril 1883, une question posée à la Chambre des communes signale que le gouvernement malgache taxait le rhum de l'île Maurice à 33 %, et que les consuls l'avaient poussé à descendre à 10 %.[180] Le 25 mai 1883, la Grande-Bretagne et Madagascar signent un accord sur le commerce des alcools.[181] Kathleen L. Lodwick a montré que des missionnaires protestants, surtout des médecins, menaient eux-mêmes campagne contre l'opium imposé par leur propre pays.[182] La rédaction retourne ces griefs contre les missions. Elle demande aux pasteurs qui annoncent la conversion prochaine du monde s'ils connaissent vraiment le monde.[183] Pour Russell, selon Robert Crompton, la prédication de l'âge présent sert à choisir le petit troupeau, et non à convertir le monde.[184]

Pour appuyer ces jugements, la rédaction puise dans la presse. Elle cite le Sunday School Times, un correspondant du Nation au Caire et un journal de l'île Maurice.[185] Le Sunday School Times paraît à Philadelphie. Henry Clay Trumbull le dirige depuis 1875 et en fait une revue écoutée, même des savants.[186] En février 1884, la revue s'était déjà servie d'un journal de Pittsburgh contre les pasteurs de la ville.[187] Elle réfute aussi, par une simple suite de versets, un poème paru dans un journal « qui se dit chrétien ».[188] George Chryssides date de juin 1884 le premier article de Russell sur la Grande Pyramide.[189] La revue lisait pourtant déjà les mesures de la grande galerie de la pyramide en mai 1881.[190] Dans ce numéro, la pyramide n'apparaît qu'à travers un article emprunté sur l'ancienneté de la civilisation égyptienne.[191]

Deux frontières : les Églises au dehors, les dissidents au dedans

La rédaction attaque les monopoles religieux et les « titres ronflants » du clergé.[192] Elle cite une dénomination qui se vante de construire une église par jour. Vers 1881, le méthodiste Charles C. McCabe avait répondu à l'agnostique Robert Ingersoll que son Église ouvrait plus d'une nouvelle congrégation par jour ; on le surnommait « McCabe deux par jour ».[193] Elle cite aussi une conférence tenue le mois précédent, où les candidats à l'épiscopat ont usé des manœuvres d'une convention politique.[194] La description correspond à la Conférence générale de l'Église méthodiste épiscopale, ouverte à Philadelphie le 1er mai 1884, qui élit quatre évêques.[195] Les deux exemples visent les méthodistes, l'Église que Tackabury et Sunderlin avaient quittée.[196]

La rédaction annonce que les Églises qui se disent la vraie Église perdront leur prestige. Elle présente cette chute comme une délivrance pour les enfants de Dieu qui y restent attachés.[197] Penton montre que Russell, comme Storrs, voyait dans les Églises de la chrétienté la Babylone de l'Apocalypse. Il admettait qu'on puisse être un vrai chrétien en restant dans l'une d'elles, mais il pressait les croyants d'en sortir.[198] En mars 1884, la revue répondait à un lecteur baptiste qu'il devait quitter son Église.[199] En mars 1883, elle refusait que ceux qui sortent des Églises fondent une organisation visible portant un nom.[200]

L'article signé R. W. trace la seconde frontière. Il décrit des lecteurs qui ont d'abord accueilli la « vérité présente » avec joie, puis l'ont tenue pour un conte vain.[201] Il rappelle que la revue a déjà signalé ces erreurs.[202] En 1883, la rédaction avait publiquement rompu avec Paton, qui contestait désormais la rançon.[203] En juin 1883, elle comptait trois journaux opposés à la rançon lancés en un an et demi, dont ceux de Paton et d'A. D. Jones.[204] R. W. ne nomme personne. Il affirme que tout écart conduit à nier la rédemption par le sang du Christ.[205] Dès mars 1880, la revue disait ne retrancher personne pour ses opinions, mais elle rangeait la rançon dans la « foi unique », hors de toute discussion.[206] Quitter la doctrine du groupe sur ce point revient donc à quitter la foi. Le sociologue David G. Bromley appelle « apostat » celui qui passe entièrement dans le camp adverse, et le distingue de celui qui négocie son départ avec les responsables du groupe.[207] Paton et Jones, qui ont fondé leurs propres journaux, correspondent au premier cas.[208] En mai 1883 pourtant, aucune exclusion n'était prononcée : la séparation passait par l'argument imprimé et l'appel au repentir.[209] Dans ce numéro, les deux frontières suivent la même règle : hors de la doctrine du groupe, il n'y a ni vraie Église ni vraie foi.[210]


Contenu

Vue depuis la Tour : « Elle viendra sûrement et ne tardera pas »

Le passage d'Habacuc sur la vision qui « viendra sûrement » sert de point de départ. Le prophète se tient à son poste de guet, la Tour, et reçoit l'ordre d'écrire la vision pour qu'elle soit lisible par tous. Cet ordre est présenté comme exécuté : par des tableaux, des diagrammes et des concordances, la révélation biblique a été mise à la portée du public. Les gens restent pourtant lents à croire que l'âge de l'Évangile va prendre fin. Ils répètent la question annoncée par 2 Pierre 3:4 : « Où est la promesse de sa venue (présence) ? ».[211] Les gens plongés dans l'obscurité à l'approche de la fin sont désignés comme des incrédules, selon Habacuc 2:3.[212]

Quand l'auteur et d'autres ont annoncé la présence du Seigneur en 1876 et 1877, peu de personnes l'ont cru. Il ne leur restait alors qu'à inviter les gens à examiner les preuves bibliques. Des signes extérieurs sont ensuite venus les confirmer : les émeutes ferroviaires de 1878, le socialisme en Allemagne, le nihilisme en Russie, le communisme en France. Les gouvernements du monde civilisé sont décrits comme posés au bord d'un volcan fumant, prêt à entrer en éruption.[213]

Certains ont cru que tous les événements du jour du Seigneur se produiraient d'un coup. L'apôtre montre au contraire que la détresse arrive par secousses, comme des vagues successives qui rapprochent le point culminant annoncé par Aggée 2:22. Elles sont comparées aux douleurs de l'accouchement de 1 Thessaloniciens 5:3 et Psaumes 48:6 : les troubles du jour du Seigneur sont les douleurs de l'ancien monde pendant que naît la nouvelle dispensation.[214]

La dernière de ces secousses est une demi-panique financière, qui frappe cette fois les riches plus que les pauvres, puisque des millionnaires souffrent. Elle est rapprochée de Habacuc 2:5, où l'orgueilleux, insatiable comme la tombe, n'est plus honoré. Autrefois la grande richesse valait de l'honneur ; ce temps est présenté comme révolu pour ceux dont la soif de gain n'a aucune limite.[215] À mesure que l'instruction progresse, les masses contestent les droits des rois et demandent pourquoi des millionnaires croulent sous une fortune qu'ils ne savent ni dépenser ni placer, alors que d'autres, leurs égaux en intelligence, en moralité et en force, manquent du nécessaire. L'argent étant l'équivalent d'un service rendu et les grands fortunés n'ayant jamais rendu au monde de service extraordinaire, la conclusion présentée comme logique est qu'ils ont accumulé le surplus de leurs biens de façon malhonnête.[216] Ce verdict du peuple est rapproché de Habacuc 2:6-7 et de Jacques 5:1-8, où les riches sont invités à pleurer et à hurler, et où le salaire retenu aux moissonneurs crie vers le Seigneur.[217]

Le texte de Jacques place cette détresse des riches parmi les événements des derniers jours, au moment où le Seigneur est déjà venu. Les faits actuels sont ainsi donnés comme une confirmation de l'Écriture et de l'idée que le « jour du Seigneur » a commencé en 1875.[218] Tout ne se produira pas d'un seul coup : chaque spasme prépare le suivant jusqu'au point culminant. Certains voyaient la présence dans les Écritures avant ces signes ; ceux qui ne la voient pas dans la Bible l'apprendront par les événements. Riches, puissants, pauvres, esclaves et hommes libres chercheront alors protection auprès des « grandes montagnes » (les gouvernements) et des « rochers » (les sociétés), selon Apocalypse 6:15-17 et Luc 23:30.[219]

La présence du Prince de la paix provoque tant de troubles parce qu'il est aussi un roi de justice, et qu'il n'y a ni paix ni bonheur durables sans justice. L'établissement de son royaume suppose le renversement des royaumes actuels, soutenus par l'injustice et la tyrannie. Les titres et les honneurs de naissance, fondés sur la fraude des siècles passés, tomberont de même que les fortunes acquises malhonnêtement de nos jours. Pendant son règne, « les doux hériteront la terre ».[220] La crise financière actuelle n'est probablement pas terminée ; elle touche tous les centres financiers du monde et sera suivie, après un temps de répit, d'une détresse plus sévère.[221]

Le Seigneur n'est pas plus favorable aux monopoles religieux et aux titres ronflants qu'aux monopoles financiers et politiques. Le même orgueil qui pousse le monde à rechercher titres, honneurs et richesses anime les sectes de l'Église nominale, et la sentence de Proverbes 16:18 les vise toutes. Sont cités en exemple une dénomination qui se vante de construire une église par jour, et une conférence tenue le mois précédent pour élire des évêques, où les candidats ont usé des manœuvres d'une convention politique.[222] Les systèmes terrestres qui se prétendent la véritable Église perdront leur honneur et leur prestige, et leurs impostures seront dévoilées. Ce sera une délivrance pour beaucoup d'enfants de Dieu, aujourd'hui liés par les théories et les coutumes de ces sectes, qui prennent les Églises nominales pour la véritable Église dont les noms sont écrits au ciel.[223] Cette liberté religieuse, financière et politique est ce que l'humanité désire, mais le chemin pour l'atteindre est escarpé : le renversement des grands monopoles par le nouveau Roi provoque un temps de détresse tel qu'il n'y en a jamais eu, selon Daniel 12:1.[224] Un poème de quatre strophes sur l'attente du règne du Messie clôt cette partie.[225]

La prophétie d'Habacuc

Le texte d'Habacuc est cité avec des commentaires intercalés entre crochets, à partir de plusieurs traductions.[226]

Le cri du prophète (Habacuc 1:2-4) est appliqué au « présent monde mauvais » : Dieu semble indifférent, laisse le mal triompher, les pieux souffrir et les méchants prospérer. Le prophète parle au nom de tous les amis de la justice, qui demandent quand ce monde cédera la place à celui où habite la justice.[227]

La réponse de Dieu annonce une œuvre incroyable, accomplie par les Chaldéens (Habacuc 1:5-6). Ceux-ci représentent les masses populaires de la terre qui, sous les noms de communistes, nihilistes et socialistes, s'organisent pour renverser les gouvernements. Le nom convient : de même que Babylone littérale régnait sur la Chaldée, la Babylone symbolique règne sur les peuples du monde civilisé.[228]

Les chevaux, plus rapides que les léopards, représentent des doctrines, et leurs cavaliers les enseignants de ces doctrines. Le commentaire en tire la férocité de ces doctrines, la rapidité de leur diffusion et l'origine étrangère de leurs enseignants.[229] Leurs visages « tournés vers l'orient » signifient que ces mouvements s'opposent à l'aube du Millénium : ils feront subir un jugement aux institutions mauvaises, mais ils sont contraires à la vraie lumière et leur mission est la violence.[230] Leur succès les rend arrogants. Ils ne voient pas qu'ils servent de grande armée au Seigneur pour renverser l'oppression, abaisser les orgueilleux et « battre les montagnes » (les royaumes) ; ils attribueront la victoire au libéralisme.[231] La confiance des saints s'exprime dans la fin du passage : Dieu a établi ces peuples pour le jugement et pour corriger les nations.[232]

Le troisième chapitre adopte le point de vue du Seigneur et montre que c'est sa puissance qui ébranle les royaumes. Il évoque d'abord la délivrance d'Israël hors d'Égypte, présentée comme une illustration de la délivrance du monde par le nouveau royaume de la terre.[233] Les commentaires du Habacuc 3:2-15 donnent un sens symbolique à chaque détail : la venue et le royaume du Seigneur sont des bienfaits, car le « Soleil de justice » apporte lumière et joie, et ce bienfait reste caché aux hommes pour un temps. La peste qui précède sa face est la peste morale, qui fuit comme l'obscurité devant le soleil. Les charbons ardents sont la consumation de la paille et des scories à l'avènement de la justice. Les montagnes anciennes écrasées sont les gouvernements. Les tentes de Cushan sont des demeures de ténèbres, symbole de l'iniquité, et Madian désigne la discorde. Les rivières sont des « canaux de vérité ». La « tête de la maison du méchant » est Satan, dont le renversement est complet. Les chevaux traversant la mer figurent les doctrines du Seigneur qui s'imposent à la grande foule des « vagues furieuses de la mer ».[234]

Le prophète tremble, mais veut se « reposer » au jour de la détresse. En ce « jour du Seigneur », seuls peuvent se reposer ceux qui sont bâtis sur le roc, nourris de la manne céleste, rafraîchis par l'eau vive de la vérité et fidèles à leur alliance en suivant les traces de Jésus. Pour eux, le jour ne viendra pas comme un voleur et un piège (1 Thessaloniciens 5:1-5), et la détresse apporte les chars du salut pour la délivrance des justes.[235]

Le secret des saints

Un poème reproduit d'un recueil (« Selected ») décrit la vie des saints : jouer sa partie sans se faire remarquer, ne chercher de repos qu'en Dieu, n'avoir aucune volonté propre dans les petites choses, porter la croix quotidienne avec un zèle qui en cache le poidssa vie passer dans des travaux que nul ne loue, et céder avec une telle simplicité que personne ne soupçonne l'effort. Ce chemin est difficile, car l'orgueil humain refuse les épreuves obscures, mais la porte étroite mène à la félicité céleste.[236]

La doctrine de l'élection

L'auteur de ce texte, George Storrs, d'après la note de rédaction, combat depuis cinquante ans la conception calviniste de l'élection. Celle-ci enseigne que Dieu a choisi de toute éternité, sans condition, un nombre déterminé de personnes pour le salut, qui ne peuvent se perdre, et laissé tous les autres à la damnation éternelle. L'auteur la juge contraire au caractère de Dieu, à son amour pour le monde, à la mort du Christ « pour tout homme » et à la rançon donnée « pour tous » (1 Timothée 2:4-6, Hébreux 2:9).[237]

Il admet cependant qu'il existe une doctrine biblique de l'élection et qu'elle relève de la souveraineté de Dieu. Dieu a élu le premier Adam avant sa création, comme chef et représentant de la race humaine dans sa nature animale. Il a élu aussi, « avant la fondation du monde » (Éphésiens 1:4), le second Adam, le Christ, comme chef d'une race spirituelle appelée à se former en son temps.[238]

L'élection biblique est inoffensive

Ces deux élections entraînent une « réprobation inoffensive » : nul autre homme ne peut prendre la place du premier ou du second Adam. Aucune des deux n'exclut qui que ce soit de l'amour de Dieu ; toutes deux sont ordonnées au profit des non-élus, pour apporter la vie et le bien-être à toute la race. Le premier Adam était élu pour multiplier et remplir la terre, la soumettre (Genèse 1:28). Le second l'était pour faire naître chez les hommes un élément spirituel et les soumettre à la volonté de Dieu, afin qu'ils trouvent leur joie dans la communion avec le Père et avec Jésus-Christ (1 Jean 1:1-3).[239]

Une note de la rédaction précise que ce texte a probablement été écrit dix ans plus tôt, avant que la revue comprenne que l'élection de l'Église en cours est un changement de nature, de l'humain au spirituel. Elle aurait aujourd'hui écrit que le second Adam devient le chef d'une race nouvelle, spirituelle, et le restaurateur de la race humaine. Elle corrige aussi un passage plus loin : à l'origine, Adam possédait la gamme complète des talents, que le péché, la dégradation et l'imperfection ont plus ou moins altérée. La note rend hommage à Storrs, « ancien soldat de la croix » décédé quelques années plus tôt, qui a clairement montré que les élus doivent souffrir avec le Christ pour être glorifiés avec lui.[240]

Le droit du Créateur d'élire

Le droit souverain du Créateur d'élire qui il veut pour une charge ou une tâche est jugé indéniable, sous peine de nier qu'il est Dieu. L'auteur cite Romains 9:20 : « Ô homme, qui es-tu pour répondre à Dieu ? ». Il observe que, sans diversité, la société n'existerait pas : si tous étaient chefs, il n'y aurait pas de sujets. Les hommes naissent avec cinq talents, deux ou un seul, non par leur choix mais par la volonté du Créateur. Chacun est « élu avant sa naissance » à la capacité qu'il porte en lui, que l'effort peut accroître.[241] L'auteur compare cette élection à celle des gouvernants par les hommes : les élus remplissent une charge pour le bien de la communauté, non pour leur profit. Les autres sont « réprouvés » de cette charge, mais la mise à l'écart est inoffensive, car la charge a pour but de protéger les intérêts de tous et de punir ceux qui troublent la paix. Vue ainsi, l'élection perd ce qu'elle a de haïssable.[242]

Un regard calme sur la question

Si l'on suppose une élection d'individus, la question est de savoir pour quoi ils sont élus. L'idée qu'ils le sont pour être sauvés pendant que tous les autres seraient damnés est jugée absurde, sans fondement dans la Bible et blasphématoire. Ils sont « choisis en Christ » et pour lui, afin de l'aider à bénir la race d'Adam, pour laquelle il a goûté la mort : « tout homme », toute créature, ces « tous » pour lesquels il s'est donné en rançon, ce qui sera « attesté en son temps » (Marc 16:15, 1 Timothée 2:6, Hébreux 2:9).[243] Les élus doivent devenir l'Épouse de l'Agneau, ses cohéritiers, régner avec lui (Apocalypse 19:7-8, Romains 8:17, 2 Timothée 2:12) et siéger avec le Christ sur son trône lors de la régénération (Apocalypse 3:21). Le Christ et son Père ont le droit de choisir l'Épouse. Elle n'a pas pour rôle de s'exalter elle-même, mais d'exalter l'Époux et de travailler avec lui à bénir l'humanité. Aucun chrétien ne devrait ainsi s'opposer à la doctrine de l'élection, puisque personne n'en est lésé.[244]

Les élus bénéficient de cette élection au lieu d'en être exclus, et les non-élus aussi : personne n'est écarté du salut ni de la vie éternelle. Les non-élus ont même plus d'espoir de les obtenir que si l'Épouse n'avait pas été choisie et préparée pour bénir le reste de la race humaine. Ils n'ont donc aucune raison d'être jaloux : l'élection a été faite pour leur profit, et les élus doivent d'abord « boire la coupe du Christ » et être baptisés de son baptême de souffrances, de mépris et de persécution, certains jusqu'à la mort (Hébreux 11:36-38). Les élus ne vivent pas comme les autres hommes : appelés hors du monde, ils attendent un « royaume préparé pour eux depuis la fondation du monde » (Matthieu 25:34). Le Christ est leur Rédempteur et leur modèle, et vouloir lui ressembler est leur motif dominant.[245]

L'élection est-elle absolue pour les personnes ?

Le nombre des élus est jugé « très probablement » fixe, sans que l'auteur veuille le démontrer. Il pose une autre question : l'élection des personnes qui formeront l'Épouse de l'Agneau est-elle sans condition ? L'offre de cet honneur ne concerne qu'une partie de l'humanité, puisque peu d'hommes ont entendu la bonne nouvelle. Elle n'est pas irrévocable, d'après l'Ancien et le Nouveau Testament. Pierre invite les croyants à rendre « sûrs » leur appel et leur élection (2 Pierre 1:10). Paul craint d'être lui-même « rejeté » après avoir prêché aux autres (1 Corinthiens 9:27) et il cherche à atteindre la résurrection « d'entre les morts » (Philippiens 3:11), ce qui montre qu'il ne tenait pas son élection pour acquise.[246]

L'élection de personnes peut donc se perdre par la faute. Les passages de Hébreux 6:4-6 et de Hébreux 10:26-27 sont cités à l'appui : ceux qui ont reçu la lumière et retombent volontairement dans le péché n'ont plus de sacrifice pour leurs fautes. Des individus peuvent ainsi être élus pour courir la course aux charges de « rois et sacrificateurs » sans recevoir l'investiture, faute d'avoir atteint la maturité exigée ou d'avoir fait fructifier la grâce. L'auteur reproche à beaucoup de ne pas distinguer l'élection pour courir la course de l'élection pour recevoir le prix. Tous les croyants sont élus pour courir, mais personne n'est élu absolument pour posséder ces charges : cette dernière élection dépend de conditions à remplir, d'où l'exhortation « courez de manière à remporter le prix » (1 Corinthiens 9:24), la couronne incorruptible étant pour « celui qui vaincra ».[247]

Le dessein de Dieu dans l'élection

Cette conception de l'élection reconnaît la souveraineté de Dieu et son droit de distribuer ses dons comme il l'entend, tout en visant le bien de l'ensemble des hommes. Les uns sont élevés pour gouverner et enseigner, les autres sont bénis par leur gouvernement et leur enseignement. L'humanité entière vivra ainsi en harmonie, chacun « sous sa vigne et sous son figuier », sans que personne ne l'effraie (Michée 4:4).[248]

L'auteur y voit un puissant encouragement à une vie sainte, au détachement du monde, au renoncement, à la patience dans l'épreuve et à la vigilance. Il regrette que la plupart des chrétiens se contentent d'être sauvés de l'enfer ou de la mort, sans chercher une communion profonde avec le Père et le Fils. Ceux-là peuvent être sauvés, mais d'un salut « inférieur » : ils seront sujets du Royaume et non gouvernants, et ne seront pas héritiers du Royaume, tout en profitant des bienfaits du règne du Christ et de son Épouse. L'ampleur de leur perte, faute d'avoir rendu leur élection « sûre », est jugée impossible à dire pour le moment. Se contenter d'être sauvé « d'une manière ou d'une autre » revient, selon lui, à mépriser son droit d'aînesse comme Ésaü, qui l'a vendu pour un plat de lentilles. Les honneurs, le luxe et la richesse du présent ne pèsent rien face à l'honneur de « suivre l'Agneau partout où il va » (Apocalypse 14:4). Le texte se termine par l'exhortation à s'efforcer d'entrer par la porte étroite et à suivre le chemin étroit, et il est signé George Storrs.[249]

Fils de Dieu et filles des hommes

Une mention de la rédaction indique que cet article a été republié sous le titre « Les anges qui n'ont pas gardé leur première demeure » dans le numéro du 15 juillet 1894, auquel le lecteur est renvoyé. Aucun texte n'est reproduit ici.[250]

L'égyptologie et la Bible

Selon le Sunday School Times (« Journal de l'école du dimanche »), le désaccord entre la Bible et les savants sceptiques est le plus vif sur les débuts de l'homme. La Bible fait commencer l'homme à un niveau élevé, puis décliner par le péché et la négligence de ses privilèges. Les savants moqueurs le font partir du niveau de la bête et progresser jusqu'à aujourd'hui. Un correspondant du Nation, au Caire, rapporte « la conviction grandissante des égyptologues » que la plus ancienne civilisation égyptienne connue est la plus haute et qu'on n'en connaît que la décadence. La plus ancienne pyramide est la plus grande et la mieux bâtie, le plus ancien temple, près du Sphinx de Gizeh, montre une maçonnerie jamais égalée, et le plus ancien papyrus est le plus sage. Le texte conclut que la science elle-même vient défendre le récit biblique, que la Genèse donnait déjà.[251]

Que sont les « nations chrétiennes » ?

Les pays chrétiens sont accusés de détruire les peuples autochtones des îles pour gagner de l'argent. L'exemple donné est Madagascar, où des marchands de rhum, aidés par les gouvernements anglais et américain, défont l'œuvre des missionnaires. Ces deux gouvernements taxent les alcools distillés à environ deux dollars le gallon, mais l'Angleterre a imposé à Madagascar un traité limitant la taxe à trente-trois pour cent, ramenée à dix pour cent en 1867, soit environ deux cents le gallon. Plus de 400 000 gallons de rhum arrivent chaque année de l'île Maurice. Un correspondant d'un journal mauricien décrit une population d'ivrognes, femmes et enfants compris, des femmes devenant stériles, et une race qui aura disparu avant la fin du siècle. Les survivants maudiront le jour où l'homme blanc est venu chez eux « sous prétexte de leur montrer le chemin du ciel ». C'est, dit le texte, la civilisation « du rhum et de la poudre », non celle du christianisme.[252]

D'autres exemples suivent. En août 1879, des distillateurs de Belfast expédient environ mille caisses de whisky à Chypre, île appauvrie et presque dépeuplée par le mauvais gouvernement musulman. En Inde, l'exemple anglais a fait mille ivrognes pour un chrétien. En Chine, plus de mille indigènes meurent chaque jour, empoisonnés par l'opium britannique imposé à coups de canon. Les îles des mers du Sud pourrissent de maladies que les marins de la chrétienté y ont laissées, sauf celles sans port. Devant ces faits, des pasteurs « délicats » annoncent pourtant la conversion prochaine du monde. Le texte leur demande s'ils connaissent le monde et la conversion, ou s'ils disent « paix et sûreté » quand la destruction subite va venir.[253]

La vie et la mort

Un journal qui se dit chrétien a publié un poème qui fait de la vie et de la mort deux sœurs aimables, la mort étant décrite comme un sein tendre où la vie trouve le repos. Sans commentaire personnel, la rédaction y oppose une série de textes bibliques : Genèse 2:17, Deutéronome 30:15, Proverbes 8:36, Ésaïe 28:15-18, Ézéchiel 18:4 et 18:32, Osée 13:14, Romains 5:12, Romains 6:23, 1 Corinthiens 15:26 et 15:54, 2 Timothée 1:10 et Hébreux 2:14. Ces textes montrent, selon elle, que Dieu voit dans la mort la peine, le résultat et le salaire du péché, introduite par le diable. Le Christ est venu la détruire, et elle sera détruite comme « dernier ennemi », non comme amie de l'homme. Que ceux qui haïssent la sagesse fassent alliance avec la mort ; la rédaction la déteste et cherche la vie auprès du Christ, le Donneur de vie.[254]

Un court proverbe clôt la page : la voie la plus pénible peut être la bonne, mais elle ne l'est pas parce qu'elle est pénible ; elle l'est parce qu'elle est la bonne, et l'idée de sacrifice de soi peut avoir pour racine l'orgueil spirituel.[255]

Transformés

Le texte de Romains 12:2 (« Soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence ») s'adresse, selon l'auteur, aux croyants que Paul appelle « frères », et non au monde incrédule. La conversion du pécheur, que beaucoup de chrétiens y voient, est certes un grand changement, mais c'est un changement de caractère. Paul parle d'une transformation de nature, promise aux croyants de l'âge de l'Évangile à certaines conditions. Seuls ceux qui sont justifiés par la foi en la rançon sont tenus par Dieu pour saints et agréables, et peuvent offrir leur humanité en sacrifice vivant.[256]

Cette transformation de nature résulte du sacrifice de l'humanité justifiée, à l'exemple de Jésus qui a sacrifié son humanité parfaite, en renonçant à tout droit à une existence humaine future et aux satisfactions présentes. Le premier sacrifice est celui de la volonté humaine : le croyant ne se laisse plus guider que par la volonté divine, qui devient peu à peu la sienne. Il juge et pense alors du point de vue de Dieu, dont le plan et les desseins deviennent les siens. Seuls ceux qui se sont réellement offerts en sacrifice peuvent comprendre cette transformation. Les « consacrés » doivent, outre combattre le péché, renoncer aux bonnes choses présentes et consacrer toutes leurs forces au service de Dieu. Leurs désirs, leurs espoirs et leurs buts se tournent vers les choses spirituelles et invisibles, tandis que leurs espoirs humains meurent. Ils sont tenus pour de « nouvelles créatures », engendrées de Dieu et participantes, dans cette mesure, de la nature divine.[257]

L'auteur distingue ces nouvelles créatures de ceux qui sont seulement justifiés. Ces derniers restent « terrestres » et leurs espoirs seront pleinement satisfaits dans la restitution de toutes choses. Les premiers ne sont pas de ce monde, comme le Christ, et la gloire terrestre ne les satisferait plus. Il tient donc pour erronée l'idée courante que tous les hommes bons, tels qu'Abraham, Moïse et les prophètes, ont été engendrés de l'esprit.[258]

Le nouvel esprit divin est l'arrhes de l'héritage de la nature divine complète, esprit et corps. L'auteur admet que l'idée d'un corps divin puisse surprendre : Jésus est l'« expression exacte » de la personne de son Père et les vainqueurs seront rendus semblables à son corps glorieux. Il y a un corps naturel et un corps spirituel, et il n'imagine pas le Père ni le Seigneur comme de simples esprits sans corps. Le renouvellement de l'esprit, de humain à spirituel, est progressif, mais le passage du corps humain au corps spirituel sera instantané (1 Corinthiens 15:52). Le changement de nature de l'Église commence ici-bas et s'achève à la résurrection (2 Corinthiens 1:20-22). Le « trésor », l'esprit divin, est maintenant dans des vases de terre ; il sera un jour dans un vase glorieux, le corps spirituel.[259]

L'auteur s'appuie sur Genèse 5:1 pour dire que la nature humaine est la ressemblance de la nature spirituelle. L'homme a une volonté, une raison et une mémoire, comme Dieu et les anges. Avec les mêmes données et dans les mêmes circonstances, ces natures arrivent aux mêmes conclusions, d'où l'invitation : « Venez, raisonnons ensemble ». La nature spirituelle a des pouvoirs supérieurs, qui viennent non de facultés différentes, mais d'un champ plus large et de circonstances différentes. La nature humaine est donc une image terrestre parfaite de la nature spirituelle, avec les mêmes facultés, limitées à la sphère terrestre. La nature divine est le plus haut degré de la nature spirituelle, et la distance entre Dieu et ses créatures est immense. Il y a pourtant une ressemblance, sinon Dieu et l'homme ne pourraient avoir de communion ; les animaux, qui n'ont pas cette ressemblance, ne peuvent ni le connaître ni communier avec lui.[260]

Le passage de la nature humaine à la nature spirituelle consiste à transporter les mêmes facultés mentales dans une condition supérieure. Revêtu du corps céleste, le croyant aura les pouvoirs qui lui appartiennent. L'engendrement actuel n'en est qu'un très petit commencement, mais il garantit l'œuvre achevée (Éphésiens 1:13-14). À ceux qui demandent s'ils se reconnaîtront une fois changés, l'auteur répond que oui : ils seront les mêmes êtres conscients, puisque « si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » (Romains 6:8). Les changements quotidiens du corps humain ne font pas perdre le souvenir du passé ni l'identité ; le changement promis non plus, qui en augmentera la puissance et l'étendue. La mémoire retracera toute la carrière depuis l'enfance humaine, ce qui permettra de mesurer par contraste la récompense du sacrifice.[261]

Ces idées servent aussi à comprendre le cas de Jésus, passé de la condition spirituelle à la condition humaine : c'était le même être, spirituel d'abord, humain ensuite. Comme les deux natures sont distinctes mais que l'une est la ressemblance de l'autre, et que les facultés comme la mémoire leur sont communes, Jésus pouvait se souvenir de sa gloire antérieure à son état d'homme.[262]

Revêtu de la nature divine, le Christ reçoit une gloire qui dépasse celle qu'il avait avant de venir sur terre : les paroles de sa prière en Jean 17:5 sont citées comme preuve de cette gloire antérieure, celle de la nature spirituelle. Sa prière est « plus qu'exaucée » par son exaltation actuelle à la forme la plus haute de la nature spirituelle, la nature divine.« Père, glorifie-moi de la gloire que j'avais auprès de toi avant que le monde fût » [263]

Dans le texte de Paul, l'apôtre ne dit pas « Ne vous conformez pas à ce monde, mais transformez-vous vous-mêmes », mais « ne vous conformez pas… mais soyez transformés ». Le croyant ne se conforme pas et ne se transforme pas lui-même : il se soumet, soit aux influences du monde qui l'entourent, soit à la volonté de Dieu, qui agit par sa Parole et son esprit pour le transformer. Aux « consacrés », le texte demande à quelle influence ils se soumettent. Les influences qui transforment mènent au sacrifice et à la souffrance présents, mais leur fin est glorieuse. Celui qui se développe sous elles découvre chaque jour quelle est la volonté de Dieu, « bonne, agréable et parfaite ». L'auteur termine par un vœu : marcher selon cette volonté à travers la souffrance, jusqu'à être pleinement transformé à l'image glorieuse du Christ.[264]

« Voyez à marcher avec circonspection »

Peu de temps avant ce numéro, beaucoup de ceux qui se réjouissent de la « vérité présente » se trouvaient dans l'obscurité, cherchant un repos mal assuré dans le lit trop court et la couverture étroite des credo de Babylone. Certains aimaient les ténèbres, et peu désiraient vivement l'aurore. À eux s'adresse l'appel d'Ésaïe 60:1 : « Lève-toi, brille, car ta lumière est venue ». Cette lumière est celle de la présence du Seigneur, dont le second avènement est présenté comme venu à son échéance. Au premier avènement, Jésus se disait « la lumière du monde » ; le Christ étant maintenant venu dans la gloire et la puissance, l'Église doit briller d'un éclat croissant.[265]

Peu de gens ont discerné cette lumière lors du premier avènement, car la majorité préférait les ténèbres ; ceux qui l'ont reçue l'ont ensuite transmise pendant tout l'âge de l'Évangile, selon la parole « Vous êtes la lumière du monde » (Matthieu 5:14-16). Sans le « mystère d'iniquité », cette lumière aurait inondé le monde depuis longtemps. Mais Dieu a prévu de laisser ce mystère agir, en l'enveloppant de nuages d'erreur et de superstition, afin que le monde ne voie rien avant le « temps fixé » pour lier Satan et inaugurer le règne de la justice (Apocalypse 20:2). La tromperie répandue par Satan a été telle que même les « enfants de lumière » l'ont discernée et suivie faiblement ; presque tous les enfants de Dieu ont subi plus ou moins cet engourdissement. Pour les quelques-uns qui ont quitté les lits trop courts, l'appel à faire briller leur lumière prend une portée accrue maintenant que la « grande lumière », le chef glorieux de l'Église, est venue.[266]

À ceux qui objectent que, si le Seigneur était présent, la terre entière serait remplie de sa gloire, la réponse est qu'il vient « comme un voleur » et reste d'abord inaperçu du monde. Ni le monde ni les enfants de Dieu infidèles et endormis ne verront sa lumière. Les ténèbres de l'ignorance et de l'incrédulité couvriront partout la terre, et seuls quelques fidèles discerneront le second avènement, jusqu'à ce que le jour du Seigneur soit bien avancé et que le Soleil de justice ait dissipé le voile qui couvre la terre. La prophétie d'Ésaïe 60:2 est citée à l'appui : les ténèbres couvriront la terre, mais le Seigneur se lèvera sur son peuple.[267]

Paul exhortait ceux qui jouissaient de la lumière du premier avènement à marcher « avec circonspection, non comme des insensés, mais comme des sages, rachetant le temps [saisissant l'occasion] car les jours sont mauvais » (Éphésiens 5:15-16). Cette exhortation s'applique avec plus de force encore à ceux qui jouissent de la lumière de sa seconde présence. Marcher avec circonspection, c'est marcher avec prudence, en veillant de tous côtés pour éviter la surprise et le danger. Ayant échappé aux anciennes ténèbres, il faut éviter d'être trompé de nouveau et ramené en arrière : une fois sur le chemin du retour, ce n'est plus qu'une question de temps avant de retrouver la même obscurité, ou une pire.[268]

L'auteur rappelle que la revue a déjà signalé la tendance destructrice des erreurs répandues en ce temps d'épreuve finale de l'Église. Selon lui, toute déviation de la ligne droite de la vérité conduit désormais, avec une rapidité et une certitude infaillibles, à nier tout l'ensemble de la vérité, jusqu'en son centre. Il a vu des personnes prises dans les pièges de l'adversaire s'accrocher avec une ténacité qu'aucun effort ne pouvait vaincre aux affirmations les plus déraisonnables et les plus contraires à la Bible, tandis que ce qu'elles avaient salué avec joie comme la vérité de Dieu leur paraissait un conte vain. Ce n'est pas la vérité, quel que soit le chemin, si ce chemin éloigne du centre de l'espérance : la rédemption par le sang précieux du Christ.[269]

Cette vérité est comparée à une ancre solidement fixée, qui a retenu les enfants de Dieu pendant tout l'âge de l'Évangile. D'autres vérités ont été mutilées ou détruites, mais Dieu n'a pas permis au diable, dans sa colère, de jeter l'ancre du chrétien. Elle ne sera jamais détruite, mais le croyant peut perdre prise. Le texte d'Hébreux 10:35 (« Ne rejetez donc pas votre confiance, qui a une grande récompense ») est invoqué, avec cette conclusion : « Tenez-vous à l'ancre ». L'article est signé R. W.[270]

« L'un sème et un autre moissonne »

Le texte de Jean 4:37 ouvre sur l'idée que l'ordre est « la première loi du ciel ». Le Créateur a tenu compte de l'ordre dans toutes ses œuvres, comme le montrent les étapes de la création, qui ont pu s'étendre sur des milliers, voire des dizaines de milliers d'années, jusqu'à l'achèvement de l'univers. Le même ordre s'observe dans les êtres vivants : dans chaque domaine de la nature, on passe par des degrés successifs jusqu'au plus élevé de la classe. L'homme, couronnement de la création, « fait un peu inférieur aux anges », doué de raison et admis à la communion avec son Créateur, retient toute l'attention. Un ordre semblable, moins visible, règne dans l'œuvre du relèvement de l'homme après le péché.[271]

Dieu, ayant prévu tout ce qui arriverait à sa créature, a conçu un plan de rédemption qui ne pouvait en aucune façon manquer son but. Sur ce point, selon l'auteur, beaucoup de personnes bien intentionnées se trompent : nombre de chrétiens croient que les plans de Dieu risquent l'échec, et même qu'ils échouent d'ordinaire. Cette croyance déshonore Dieu et vient d'une mauvaise interprétation de la Bible.[272]

À la lumière actuelle, les enfants de Dieu comprennent mieux ce plan que leurs prédécesseurs. Selon Proverbes 4:18, le sentier des justes est comme la lumière qui brille de plus en plus jusqu'au plein jour. Cette lumière fait apparaître dans la méthode de Dieu un plan bien défini, en plusieurs étapes, que certains appellent le « plan des âges », car il comprend plusieurs dispensations. L'âge patriarcal, où la connaissance de Dieu se limitait presque à un seul homme à la fois, est suivi de l'âge juif, où elle se limitait surtout à la nation juive, puis de l'âge de l'Évangile, pendant lequel le Christ choisit une Église ou épouse, appelée à l'accompagner dans l'œuvre de bénédiction de toutes les familles de la terre (Genèse 12:3). La Bible mentionne aussi des « âges à venir » où Dieu montrera les richesses surabondantes de sa grâce (Éphésiens 2:7). Chaque âge a une durée fixée et une œuvre précise, avec un temps de semailles et un temps de moisson.[273]

Le Christ est venu moissonner le fruit de l'âge juif. Il a envoyé ses disciples non vers les Gentils, mais seulement vers « les brebis perdues de la maison d'Israël ». Dans cette moisson, il a brûlé la balle et rassemblé le blé au grenier ; à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir fils de Dieu (Jean 1:12). Les disciples ont moissonné là où d'autres avaient semé : les prophètes, messagers de Dieu auprès du peuple, avaient semé la graine, et les moissonneurs sont venus à l'heure voulue.[274]

L'âge de l'Évangile a lui aussi son temps de semailles et sa moisson. Après la résurrection, le Christ a envoyé ses disciples prêcher l'Évangile du royaume dans le monde entier ; à la fin du monde (de l'âge, de la dispensation), le Fils de l'homme enverra les moissonneurs, qui rassembleront le blé dans son grenier (Matthieu 13:30). Beaucoup d'ouvriers, pourtant très désireux de travailler, ne savent pas s'ils doivent semer ou moissonner ; ils voudraient semer et moissonner à la fois. Faute de comprendre le plan de Dieu, ou même d'y voir un plan, ils travaillent au hasard, comme ils s'imaginent que Dieu le fait.[275]

Le blé et l'ivraie ont grandi ensemble dans le champ. À l'observateur ordinaire, la récolte promettait d'être abondante ; à celui qui connaît ce qu'il y a dans l'homme, elle se présentait tout autrement. La moisson est maintenant en cours et, selon les apparences, l'ivraie l'emporte de beaucoup sur le blé. Beaucoup de personnes qui désirent travailler pour le Maître n'ont aucune idée de son plan : elles travaillent sur des plans humains, et ceux qu'elles instruisent s'en trouvent plus confus qu'éclairés. L'auteur y applique la parole « si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse » (Matthieu 15:14), puis la prière de Matthieu 9:37-38 pour que le Seigneur de la moisson envoie des ouvriers. L'article est signé S. T. Tackabury.[276]

« M'aimes-tu plus que ceux-ci ? »

Des personnes appelées à devenir l'épouse du Christ, une seule exigence est posée : un amour suprême pour le Seigneur, qui n'admet aucun rival. Un tempérament hérité, qui lutte plus ou moins sans cesse contre les efforts pour plaire à Dieu, ne compromet pas cette acceptation. L'apôtre Pierre est donné en exemple : affligé de deux défauts de caractère, il désirait vivement l'approbation des hommes et il était très impulsif, ce qui a dû souvent le décourager et le faire douter d'être agréé. Son amour pour le Seigneur est attesté par le fait qu'il a assez maîtrisé ces penchants pour devenir un disciple déclaré et constant, partageant l'opprobre du Christ.[277]

Quand est venue l'heure terrible où l'opinion populaire a tenu Jésus pour un imposteur et ses disciples pour des fanatiques aveugles et méprisables, la fierté et l'impulsion de Pierre, jointes à la peur, l'ont conduit à nier catégoriquement avoir jamais connu le Seigneur. Peu avant, la même impulsivité lui avait fait tirer l'épée pour défendre Jésus. Après son reniement, il se souvient tristement des paroles de Jésus et se repent, comme le montre sa conduite : il reste avec les autres disciples, tous très perplexes et déçus, qui disent tristement : « Nous espérions que ce serait lui qui rachèterait Israël. »[278]

Lorsque Marie apprend que le Seigneur est ressuscité, elle court l'annoncer à Pierre, sachant que la nouvelle lui serait agréable, et l'amour impulsif de Pierre le porte avec une joyeuse espérance vers son Maître ressuscité. Après avoir pourvu aux besoins matériels des disciples, Jésus interroge Pierre : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Pierre répond : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Jésus lui dit : « Pais mes agneaux » (Jean 21:15-17). La question est répétée deux fois, avec la même réponse de Pierre et le même ordre de nourrir les enfants du Seigneur, c'est-à-dire de prêcher l'Évangile. Les disciples ont pourtant reçu l'instruction d'attendre d'abord à Jérusalem d'être revêtus de la puissance d'en haut. Au jour de la Pentecôte, ils reçoivent l'onction, qui est le gage de leur héritage de la nature divine et la garantie de leur agrément comme membres de la future épouse du Christ.[279]

La conduite du Seigneur envers Pierre est présentée comme un encouragement pour les saints faibles mais sincères et aimants. Son tempérament ardent et impétueux, tout en débordant d'amour pour le Maître, est resté pour lui un grave handicap, même après la réception de l'esprit d'adoption dans la famille divine. Le trait le plus louable de Pierre était sa persévérance, inspirée par son amour : s'il faisait un faux pas, il s'en rendait aussitôt compte et revenait sur ses pas. Il ne s'est jamais détourné complètement du Seigneur, ni admis un autre bénéficiaire de cet amour suprême. Au lecteur qui pourrait répondre comme Pierre à la question « M'aimes-tu plus que ceux-ci ? », il est demandé de le montrer par ses œuvres, au mieux de ses moyens. Même en tombant ou en trébuchant, il ne sera pas entièrement abattu, car le Seigneur le soutient de sa main (Psaumes 37:24), et par un effort constant il parviendra, au moins en partie, à surmonter les faiblesses de sa nature.[280]

Pour éviter le découragement devant des échecs répétés ou des victoires seulement partielles sur les anciens penchants, il faut se rappeler que toute l'imperfection de la nature adamique a été imputée à Jésus-Christ, que sa mort l'a annulée et que sa justice est maintenant imputée aux croyants. C'est donc par la foi en lui, et non par leur justice réelle, qu'ils sont agréables à Dieu et peuvent avoir une espérance bien fondée d'être acceptés. La promesse de l'union éternelle avec le Christ est faite à « celui qui vaincra », mais non à celui qui vainc chaque penchant perverti de sa nature humaine au point de se présenter réellement parfait : si c'était l'exigence, aucun ne pourrait la remplir. La victoire qui triomphe du monde, c'est la foi (1 Jean 5:4). Celui qui, par amour pour le Seigneur, persévère dans ses efforts pour lui être agréable, même au prix de grandes difficultés, et dont la confiance reste ferme dans l'œuvre achevée de la rédemption, est en train de vaincre. À la fin, Dieu le tiendra pour vainqueur, même si lui-même et son entourage constatent son imperfection humaine. Le texte s'achève par un encouragement mis dans la bouche du Seigneur : « Va, pais mes brebis », avec la promesse de la puissance d'en haut, l'esprit d'adoption, gage de l'héritage commun avec lui. Il est signé « Mrs. C. T. R. ».[281]

La présence de notre Seigneur

La question de Jean-Baptiste, « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Matthieu 11:3), sert de point de départ. Jean est décrit comme un serviteur de Dieu courageux, dévoué et fidèle, prêt à toute privation, et son expérience ressemble à celle de beaucoup d'enfants de Dieu. À ses débuts, plein de zèle, il espérait sans doute un grand succès, non pas mesuré à la popularité ou à un gros salaire, puisqu'il se contentait de sauterelles et de miel sauvage et ne portait pas de vêtements doux, mais au nombre d'hommes repentis et prêts à recevoir le Messie promis, attendu depuis quatre mille ans. Pendant un temps, de grandes foules se repentent et se font baptiser. Après six mois, Jean peut désigner à ses disciples l'Agneau de Dieu, mais il s'agit de Jésus de Nazareth, son cousin. Beaucoup disent : « N'est-ce pas Jésus, le fils de Joseph le charpentier, dont nous connaissons le père et la mère ? » et d'autres : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » L'attente juive est fortement déçue.[282]

Jean perd en popularité, son influence décroît et sa conduite hardie le mène en prison, ce qui est une rude épreuve pour sa foi. Il n'avait sans doute pas compris, comme les autres Juifs, l'objet du premier avènement du Christ, et trouvait étrange que son propre cousin, de naissance humble et sans honneur mondain, soit désigné comme le Messie en qui repose l'espoir du monde. Découragé et seul, il se demande s'il s'est trompé, s'il n'aurait pas pu jouir des honneurs et du confort du monde plutôt que de la prison et de l'opprobre. Troublé par ces doutes, il envoie deux de ses disciples poser sa question à Jésus.[283]

Jésus prêchait alors publiquement que, selon les prophètes, le temps était accompli et que le royaume des cieux était proche (Marc 1:14-15). Pourtant, à Jean, il ne répond pas que l'on vit le début de la soixante-dixième semaine de la prophétie de Daniel (Daniel 9:24-27), bien que ce fût vrai, et il ne détaille pas les autres preuves prophétiques le concernant. Il renvoie à ce que les disciples de Jean entendent et voient : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Matthieu 11:4-6). Ces faits suffisaient à prouver qu'il était le Christ. Quand Dieu fait connaître une grande vérité, il ne se limite pas à une seule méthode de preuve et donne des témoignages de plusieurs sortes.[284]

Il en va de même pour la seconde présence du Seigneur, qui est maintenant annoncée. Aux saints qui demandent comme Jean s'il est celui qui doit venir, le Seigneur répond de rapporter ce qu'ils voient et entendent. Au premier avènement, le peuple entendait la proclamation « le temps est accompli » et voyait l'accomplissement des prophéties alors échues sur le Christ. Le prophète avait dit : « L'Esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, car l'Éternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux » (Ésaïe 61:1). Jésus ne pouvait pas dire que toute la prophétie le concernant était accomplie, mais il attirait l'attention sur des traits précis alors réalisés. Il prêchait surtout aux pauvres et aux humbles, contrairement aux docteurs de l'époque qui recherchaient la faveur et la flatterie des riches. Les riches pouvaient venir aux mêmes conditions, ce qui attirait sur eux l'opprobre de leurs voisins et du sentiment religieux populaire. Il commençait aussi à proclamer la liberté aux captifs de la mort : il enseignait qu'un temps viendrait où la mort n'existerait plus, et il montrait son pouvoir de libérer tous les hommes en délivrant quelques-uns des liens de la mort (Jean 2:11). Ce n'était qu'une petite partie de la longue suite de preuves prophétiques qui ont été rendues manifestes depuis à l'Église, mais elle suffisait à une foi forte et ferme.[285]

Il en est de même aujourd'hui : tout ce qui est prophétisé sur le second avènement n'est pas encore échu, mais les événements prévus pour le début de son jour s'accomplissent sous les yeux. Comme à l'époque du premier avènement, la « Sion nominale » est orgueilleuse, populaire et corrompue. Seuls ceux qui s'en rendent compte, qui « mènent deuil en Sion », sont consolés par la bonne nouvelle que leur apporte le chef de l'Église, dont la présence promise devait amener une lumière nouvelle. Aujourd'hui comme alors, les pauvres et les humbles le reçoivent avec joie et sont l'objet de son attention particulière : ils reçoivent la beauté et la gloire du plan de Dieu qui se déploie, en échange des cendres des vieilles traditions humaines, l'huile de joie à la place du deuil et le vêtement de louange à la place d'un esprit abattu. La prophétie d'Ésaïe 61:1-3 ne devait avoir qu'un accomplissement partiel au premier avènement ; son accomplissement complet est échu à notre époque, mais il ne faut pas tout en attendre dès l'aube du jour. L'ouverture de la prison de la mort pour ceux qu'elle tient captifs n'est pas encore échue et viendra à son rang. Le « jour de vengeance » annoncé est en revanche échu, et tout observateur des signes des temps reconnaît l'orage qui s'amoncelle, selon la parole de Jésus : « Vous savez discerner l'aspect du ciel, et vous ne pouvez discerner les signes des temps » (Matthieu 16:3).[286]

La cause principale des doutes de Jean est située dans la déception de ses attentes juives sur la manière dont le Christ viendrait ; la même cause fait trébucher beaucoup de gens aujourd'hui. Le texte cite la parole de Jésus selon laquelle le royaume de Dieu ne vient pas de manière visible, et que « la majesté royale de Dieu est au milieu de vous » (Luc 17:20, traduction du Diaglott), invisible à l'œil naturel et d'abord ignorée du monde. Il cite aussi Matthieu 24:23, 26-28 : si l'on dit « Le Messie est ici ou là », « il est dans le désert », « il est dans les chambres », il ne faut pas le croire, car la présence du Fils de l'homme sera comme l'éclair qui part de l'orient et brille jusqu'à l'occident. L'accomplissement de la seconde moitié de la prophétie d'Ésaïe est la preuve que le royaume est venu, comme la première moitié a servi de preuve de la première présence. Le « jour de vengeance » sur toute forme de mal, d'oppression et de péché est présenté comme arrivé, et les preuves s'en multiplient. La présence du Seigneur se reconnaît à ces preuves, qui sont les « éclairs de vérité », et là où se trouve la vérité, la nourriture, se rassemblent les saints affamés et clairvoyants, qui sont nourris et éclairés. Ils sont richement servis à la table du Maître (Luc 12:37). Le Christ a été vu et connu dans la chair, mais les croyants n'attendent plus de le voir ainsi (2 Corinthiens 5:16) : ils le verront tel qu'il est lorsqu'ils seront devenus semblables à lui.[287]

Poème « Nous travaillons ensemble »

Un court poème intitulé « Nous travaillons ensemble » évoque des croyants qui, même éloignés les uns des autres, travaillent ensemble, mains unies et cœurs rapprochés, avec un même but et le même beau nom. Ils n'osent pas flâner et poursuivent l'œuvre du Maître en l'ayant en vue.[288]

Le vrai soutien de l'humanité

Un poème de deux strophes, puis de deux autres, exprime la confiance d'un croyant qui ne voit que le pas suivant sur son chemin. Le Père connaît toute la route. Même dans l'obscurité, la verge et le bâton de Dieu dirigent le marcheur et renouvellent ses forces. Le croyant, dont la force est très faible, demande à être soutenu par la main droite de Dieu et à recevoir des paroles de réconfort.[289]

La volonté de Dieu

Le texte de 1 Timothée 2:4 (Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité ») est commenté par George Storrs.[290] Le mot « sauvé » signifie délivrer. Selon les circonstances, la délivrance peut porter sur un danger, un ennemi, le péché, la tentation, la mort ou l'ignorance. Le texte énonce deux faits : Dieu veut que tous soient sauvés, et il veut que tous connaissent la vérité.[291]

Le premier fait désigne un salut qui ne dépend que de la volonté de Dieu. Le salut final, lui, reste conditionnel : il suppose la foi en la vérité et la sanctification par l'Esprit (2 Thessaloniciens 2:13). Pour définir ce salut inconditionnel, Storrs cite Romains 5:18-19 : de même que tous meurent par le péché d'Adam, tous seront rendus vivants par la justice du Christ. Cette résurrection est accordée à tous sans condition. La vie éternelle et l'immortalité restent soumises à une condition. La mort est « abolie » en ce sens qu'elle ne peut plus retenir aucun descendant d'Adam.[292]

Le second fait explique pourquoi Dieu veut ressusciter tous les hommes : des millions de personnes sont mortes sans connaître la vérité, et la résurrection est le seul moyen de la leur faire connaître. Storrs précise que ce salut passe avant la connaissance de la vérité, sans que tous soient d'abord ressuscités avant de l'entendre. Il veut dire que la volonté divine de ressusciter tous les hommes repose sur ce besoin. Personne n'a son sort définitif fixé avant d'avoir entendu l'Évangile. Tant que l'amour de Dieu et le Christ comme « donneur de vie » n'ont pas été annoncés à chacun, la mise à l'épreuve de l'individu n'a pas eu lieu.[293]

L'auteur cite Hébreux 10:26 : celui qui pèche volontairement après avoir reçu la connaissance de la vérité n'a plus de sacrifice pour le péché. La mort, « dernier ennemi », doit être détruite (1 Corinthiens 15:26), sinon la volonté de Dieu serait mise en échec. Seul celui qui rejette volontairement la vérité, après l'avoir connue, échappe à la vie éternelle. Storrs invoque aussi Ésaïe 46:10 : le dessein de Dieu s'accomplira.[294]

Le contexte confirme cette lecture. L'apôtre demande des prières pour tous les hommes, puis rappelle qu'il y a un seul Dieu et un seul médiateur, Jésus-Christ, qui s'est donné en rançon pour tous, « en son temps » (1 Timothée 2:1-6). Les exceptions, comme ceux qui rejettent volontairement le Libérateur, sont rares. Elles ne changent pas plus la règle générale du salut de la mort que la translation d'Énoch et d'Élie ne change le fait que la mort a passé sur tous. La même exception s'applique aux saints vivants au retour du Christ.[295]

Devoirs de la vie quotidienne

La vie n'est pas faite seulement de grands maux ou d'épreuves lourdes. Le retour constant de petits maux est l'exercice ordinaire par lequel s'exercent les qualités chrétiennes. Supporter les défauts de l'entourage, les caractères difficiles, l'indifférence et l'ingratitude, ainsi que les personnes désagréables placées par la Providence sur le chemin, constitue le meilleur entraînement à la patience et au renoncement à soi, d'autant que ces épreuves ne sont pas choisies. Accepter les contrariétés professionnelles, les déceptions, les interruptions et la sottise relève davantage du renoncement que les privations qu'on s'impose soi-même. Ces maux mineurs, bien employés, forment une bonne discipline morale. Le passage est tiré d'un autre auteur, non nommé.[296]

Questions et réponses

L'enfant qui meurt à cent ans

Un lecteur trouve un obstacle à l'idée que la mort sera détruite dans l'âge à venir : Ésaïe 65:20 dit que « l'enfant mourra âgé de cent ans ». La réponse s'appuie sur la traduction de Leeser, qui parle d'un jeune homme qui mourra à cent ans, tandis que le pécheur sera maudit s'il meurt à cet âge. Le verset 17 place la scène sous les « nouveaux cieux » (nouveaux pouvoirs dirigeants) et la « nouvelle terre » (humanité régénérée).[297]

Aucun nourrisson ne mourra plus après quelques jours, et chacun atteindra la maturité. On meurt aujourd'hui parce que les pères ont mangé le raisin vert du péché ; dans cet âge, celui qui mourra le fera pour ses propres péchés (Jérémie 31:29-30). Il ne mourra pas avant cent ans, et pourra même ne pas mourir s'il remplit les conditions. S'il meurt à cent ans, c'est qu'il refuse le joug aisé et le fardeau léger. Cette mort n'est plus la mort adamique, déjà annulée, mais la seconde mort, sans rédemption. La période d'épreuve la plus courte sera donc de cent ans.[298]

Ceux qui sont nés dans l'âge présent et reviendront à la vie dans l'âge à venir ne voient pas leur temps de vie actuel compter dans leur épreuve. Le vieillard ressuscité aura la même chance que le nourrisson : la pleine durée de ses jours d'épreuve, soit cent ans.[299]

Le temps entre la venue du Christ pour ses saints et sa venue avec eux

Un lecteur demande combien de temps s'écoule entre la venue du Christ pour ses saints et sa venue avec eux pour juger le monde. La réponse place la venue du Christ pour ses saints à l'automne 1874, avec comme première tâche la glorification des saints. La moisson, c'est-à-dire la séparation du blé et de l'ivraie, commence alors. Depuis l'automne 1881, les morts qui meurent dans le Seigneur sont « heureux dès maintenant » (Apocalypse 14:13), car pour eux l'instant de la mort est l'instant du changement. Ils sont aussitôt avec le Seigneur, présents mais invisibles comme lui, et engagés dans l'œuvre en cours, dans laquelle les croyants encore sur terre sont leurs collaborateurs.[300]

La résurrection des saints endormis était due à cette date, puisque les vivants ne sont changés qu'après les morts (1 Thessaloniciens 4:16). La durée avant le changement de tout le corps du Christ est dite cachée pour éprouver la fidélité : elle peut être brève ou durer encore quelques années. Le texte cite Jude 14 : « le Seigneur vient avec dix mille de ses saints ».[301]

La réponse rejette la théorie qui divise le second avènement en deux parties : d'abord rassembler les saints, puis juger le monde avec eux. Cette théorie est attribuée aux « Frères de Plymouth ». Ils avaient vu justement que le Seigneur viendrait comme un voleur, sans être vu, qu'une séparation devait avoir lieu dans l'Église et que le petit troupeau serait élevé avant le jugement du monde. Mais en gardant l'idée d'une venue visible dans la chair, ils ont conclu que Jésus partirait avec son Église sans être vu, puis reviendrait visiblement établir son règne, probablement en Palestine (Luc 17:20). Pour la réponse, il n'y a qu'un seul second avènement, au cours duquel le Christ accomplit diverses tâches et ne cessera pas avant d'avoir « établi la justice sur la terre » (Ésaïe 42:4).[302]

Les nourrissons dans l'âge à venir

Les nourrissons ressusciteront nourrissons, car « il n'y a ni œuvre, ni pensée, ni science, ni sagesse dans le séjour des morts » (Ecclésiaste 9:10). Tous reviendront tels qu'ils sont morts, mais sans infirmité ni maladie.[303]

Paroles et actes

Un poème oppose ceux qui parlent beaucoup et ne font presque rien à ceux dont la vie porte la marque de la justice. Les paroles sont comparées à la rosée, les actes sont dits vrais. Si le cœur est pur et bon, la vie sera ce qu'elle doit être.[304]

Que votre cœur ne se trouble pas

L'article part de Jean 14:1-2 : « Que votre cœur ne se trouble point… Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père… Je vais vous préparer une place. » Fort de son succès en Éden, Satan tente de faire échouer le plan de Dieu en trompant le « second Adam ». Il propose un compromis qui éviterait à Jésus la souffrance et la mort tout en lui permettant d'atteindre le but de sa mission : que le monde soit sauvé (Jean 3:17). Jésus sait que la vie humaine a été perdue par la faute d'Adam et que, pour la racheter, il doit donner la sienne, comme l'écrit Ésaïe 53:11. Il cite aussi 1 Pierre 2:24. Sa volonté étant en accord avec celle du Père, il va jusqu'à la mort.[305]

Aucune preuve n'indique que l'adversaire ait renouvelé l'attaque du désert. Il reste cependant l'espoir de s'en prendre aux « disciples », un par un. Jésus sait, par la révélation donnée à ses serviteurs, que l'ennemi se transformera en ange de lumière et fera substituer des erreurs à la vérité.[306] Pour avertir les disciples, il prononce la parabole de Matthieu 13:24-43. Il prévoit l'apostasie annoncée par Paul (2 Thessaloniciens 2:3), l'« homme de péché » et les « doctrines de démons » (1 Timothée 4:1).[307]

La première erreur citée est celle d'Éden : « Vous ne mourrez point ». Elle a servi à Satan à fonder les religions païennes et à maintenir sa domination sur le monde. Dans les pays chrétiens, malgré 1 Timothée 6:16 (« seul il possède l'immortalité »), elle a produit le dogme des tourments éternels : les méchants vont au supplice dès la mort, sans espoir de repentir. L'auteur relève l'incohérence de ceux qui enseignent ce dogme tout en fixant dans l'avenir un jugement où ces morts, au ciel ou au tourment depuis parfois des milliers d'années, seront appelés pour être récompensés ou condamnés à l'état où ils sont déjà.[308]

Cette croyance a plongé beaucoup d'enfants de Dieu dans l'angoisse. La mère qui voit pour la dernière fois le corps de son fils égaré, persuadée qu'il subit déjà le tourment, ne peut entendre les paroles de Jésus que comme une moquerie. Selon l'auteur, les théologiens n'ont pas réussi à concilier l'orthodoxie avec l'enseignement de Jésus.[309]

Croire en Jésus, c'est croire qu'il suffit pour accomplir le dessein de Dieu, qu'il est plus fort que l'« homme fort armé » qu'il peut lier et détruire (Matthieu 12:29 ; Hébreux 2:14) et qu'il s'est donné en rançon pour tous, « en son temps » (1 Timothée 2:6). C'est aussi croire que, dans la maison de son Père (le Royaume), il y a plusieurs demeures (conditions d'existence), et que ce qu'il prépare pour son Église n'est pas tout ce que les créatures de Dieu recevront. Un royaume a été préparé dès la fondation du monde pour les fils des hommes (Matthieu 25:34). Perdu par la désobéissance, il sera restauré, comme l'annoncent tous les prophètes (Actes 3:21) : tous les hommes reviendront à la vie (Jean 5:28) et pourront se mettre en accord avec les lois de Dieu. À mesure que les enfants de Dieu comprennent le plan, la joie remplace le découragement et ils chantent avec les anges (Luc 2:14). L'article est signé S. T. T. et daté de Pittsburgh.[310]

« La crainte est un tourment »

Certains chrétiens sont paralysés par la peur : de prier en public, d'être seuls à défendre le bien, de donner à la cause du Seigneur de peur de manquer, de reprendre un frère, de confesser le Christ, de quitter une Église qui a abandonné la vérité, de soutenir une bonne cause impopulaire. Ils ressemblent à un malade qui se croyait en argile fragile et qui fut guéri quand un ami le fit tomber de sa voiture. Le remède à la crainte est la foi et l'obéissance forcée au devoir, de même que le remède à l'égoïsme est le sacrifice de soi et celui de la paresse spirituelle le travail. Il faut se jeter dans un devoir désagréable avant que le frisson n'arrive (Ecclésiaste 9:10).[311]

Le conflit à venir

Une citation de John Jay annonce une lutte, dans la République américaine, entre le peuple constituant l'État et les ecclésiastiques représentant l'Église romaine. Jay y voit un enjeu : soit l'État maintient sa suprématie dans l'éducation, la justice et la protection des élections contre l'influence des prêtres, soit, en cas de trahison ou d'indifférence, la lutte se transportera sur le champ de bataille et deviendra une guerre de religion.[312]

Une belle pensée

« Je te conduirai de mon regard » : l'œil exprime toutes les émotions, et celui qui aime l'approbation d'un autre guette son regard avant toute parole. De même, le Seigneur guide ceux dont le plaisir est dans sa loi. Ces personnes marchent chaque jour en communion avec Dieu, et la nouvelle nature se réjouit même pendant que la nature humaine est crucifiée quotidiennement.[313]

Deux courts textes empruntés à d'autres sources terminent le numéro. Dans le premier, un homme traverse le Mississippi gelé en rampant de peur que la glace ne cède, et un autre le dépasse en traîneau chargé de fonte. Les chrétiens, dit le texte, avancent de même vers le Canaan céleste en tremblant, alors que les promesses sont assez sûres pour qu'on chante avec confiance. Dans le second, le bois le plus robuste pousse sur les rochers norvégiens battus par la tempête, et la piété la plus saine est la plus occupée, qui répond aux tentations comme Néhémie : « Je fais un grand travail, je ne puis descendre » (Néhémie 6:3).[314]

Voir aussi

Téléchargement

📄 Télécharger le PDF OCRisé de ce numéro

Illustrations du numéro

Références

  1. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621 et 631
  2. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621 et 631
  3. ↑ The day dawn or the gospel in type and prophecy vol 2, 1880, p. 381
  4. ↑ La Tour de Garde, août 1883, p. 2
  5. ↑ La Tour de Garde de septembre 1879, p. 26.
  6. ↑ La Tour de Garde de Novembre 1882, p. 11.
  7. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  8. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  9. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  10. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  11. ↑ FRANZ Raymond, Crise de conscience, p. 224-225.
  12. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  13. ↑ La Tour de Garde de mai 1880, p. 98.
  14. ↑ La Tour de Garde de février 1881, p. 5.
  15. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 4.
  16. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  17. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  18. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 126-127.
  19. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  20. ↑ La Tour de Garde de Février 1883, p. 9.
  21. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 43-44. Original : « seeing and appreciating the Jewish age, its length, and the peculiarities of its harvest or close, we may know the exact length of the Gospel age ».
  22. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  23. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 67-68.
  24. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  25. ↑ Banking Panics of the Gilded Age, Federal Reserve History, consulté en 2026.
  26. ↑ Panic of 1884, Wikipédia, consulté en 2026.
  27. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  28. ↑ The day dawn or the gospel in type and prophecy, vol. 2 (1880), p. 84.
  29. ↑ La Tour de Garde de septembre 1879, p. 26.
  30. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  31. ↑ La Tour de Garde de Août 1883, p. 519-520.
  32. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  33. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 183-185.
  34. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 84-86.
  35. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621-622
  36. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  37. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  38. ↑ La Tour de Garde, janvier 1881, p. 6
  39. ↑ FRANZ, Crise de conscience, op. cit., p. 229-230.
  40. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 35-37. Original : « Influenced by Lacunza's teachings on 1 Thessalonians 4:14–18 [...] Russell believed that when those saints still living died, they would be changed immediately ».
  41. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  42. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 22-23.
  43. ↑ Alexander Craven Ord, Brethren Archive, consulté en 2026.
  44. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  45. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  46. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 24-26.
  47. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 165-167.
  48. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  49. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  50. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 165.
  51. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 35-37. Original : « we are begotten of a divine nature [...] we are divine beings – hence all such are Gods ».
  52. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  53. ↑ La Tour de Garde de Mars 1881, p. 7.
  54. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  55. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  56. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626-627
  57. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  58. ↑ La Tour de Garde de juin 1882, p. 6.
  59. ↑ La Tour de Garde, mai 1884, p. 5
  60. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 70-72.
  61. ↑ GOODRICH Roy, Demonism and the Watchtower, p. 178-180.
  62. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 16-17.
  63. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623-624
  64. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 186-187.
  65. ↑ La Tour de Garde, juillet 1879, p. 6
  66. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  67. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  68. ↑ La Tour de Garde de janvier 1880, p. 66.
  69. ↑ La Tour de Garde, septembre 1881, p. 8
  70. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  71. ↑ La Tour de Garde, janvier 1883, p. 4
  72. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  73. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  74. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 16.
  75. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 219.
  76. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  77. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  78. ↑ The day dawn or the gospel in type and prophecy vol 2, 1880, p. 342
  79. ↑ Millennial Sin, Grace thru Faith, consulté en 2026.
  80. ↑ Beale, JETS 61.3, 2018, consulté en 2026.
  81. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  82. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 100-102.
  83. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  84. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 63-64.
  85. ↑ GOODRICH, Demonism and the Watchtower, op. cit., p. 178-180. Original : « God's Answer to Satan's Lie ».
  86. ↑ La Tour de Garde, septembre 1882, p. 5
  87. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  88. ↑ Froom, The Conditionalist Faith of Our Fathers, vol. 2, consulté en 2026. Titre original du sermon : « Hell—What It Is Not ».
  89. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  90. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  91. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  92. ↑ La Tour de Garde, septembre 1881, p. 25
  93. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624 et 628
  94. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  95. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 1.
  96. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  97. ↑ La Tour de Garde, octobre 1880, p. 5
  98. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  99. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  100. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 7
  101. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 229-230.
  102. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  103. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 541-542.
  104. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 82-83.
  105. ↑ La Tour de Garde de Mai 1883, p. 8.
  106. ↑ La Tour de Garde de Juin 1883, p. 9.
  107. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 35-37.
  108. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631-632
  109. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  110. ↑ Primeval man, 1869, Royal Collection Trust, consulté en 2026.
  111. ↑ The Spectator, 7 août 1869, consulté en 2026.
  112. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  113. ↑ La Tour de Garde de décembre 1879, p. 62.
  114. ↑ La Tour de Garde, septembre 1883, p. 4
  115. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623-624 et 630
  116. ↑ PENTON M. James, Apocalypse Delayed, p. 17-18.
  117. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  118. ↑ BLANDRE Bernard, La préhistoire des témoins de Jéhovah, p. 70-72.
  119. ↑ GOODRICH Roy, Demonism and the Watchtower, p. 178-180.
  120. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  121. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 192.
  122. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623-624
  123. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 165-167.
  124. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 219.
  125. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 35-37.
  126. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  127. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628 et 632
  128. ↑ La Tour de Garde de mars 1882, p. 2.
  129. ↑ La Tour de Garde de Février 1883, p. 9.
  130. ↑ La Tour de Garde, février 1882, p. 7
  131. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  132. ↑ La Tour de Garde de Mars 1883, p. 8.
  133. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 22.
  134. ↑ La Tour de Garde de avril 1882, p. 1.
  135. ↑ La Tour de Garde, décembre 1881, p. 10
  136. ↑ La Tour de Garde de Janvier et Février 1882, p. 3.
  137. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  138. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  139. ↑ La Tour de Garde de janvier 1880, p. 67.
  140. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  141. ↑ English from Hebrew, Bridwell Library, consulté en 2026.
  142. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  143. ↑ La Tour de Garde de Janvier et Février 1882, p. 1.
  144. ↑ La Tour de Garde, avril 1883, p. 4
  145. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  146. ↑ La Tour de Garde, juillet-août 1881, p. 11
  147. ↑ La Tour de Garde de mai 1882, p. 3.
  148. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 209-211.
  149. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  150. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 237.
  151. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 27-28.
  152. ↑ La Tour de garde de novembre 1879, p. 47.
  153. ↑ La Tour de Garde de juin 1882, p. 1.
  154. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  155. ↑ La Tour de Garde de janvier 1881, p. 6.
  156. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 240-241.
  157. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  158. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 1, p. 165-167.
  159. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 22-23.
  160. ↑ Alexander Craven Ord, Brethren Archive, consulté en 2026.
  161. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 24-26.
  162. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 33-34.
  163. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  164. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  165. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  166. ↑ La Tour de Garde de mai 1881, p. 7.
  167. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  168. ↑ Banking Panics of the Gilded Age, Federal Reserve History, consulté en 2026.
  169. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  170. ↑ SCHULZ et DE VIENNE, Separate Identity, vol. 2, p. 417-418.
  171. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  172. ↑ BLANDRE, La préhistoire des témoins de Jéhovah, op. cit., p. 112-114.
  173. ↑ WILLS Tony, A People for His Name, chap. 6 « Time Prophecy and the End of the World », section « How the World Would End ».
  174. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  175. ↑ La Tour de Garde de Avril-Mai 1884, p. 611.
  176. ↑ American Apocalypse, History News Network, consulté en 2026.
  177. ↑ Bunk History, consulté en 2026.
  178. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  179. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  180. ↑ House of Commons, 19 avril 1883, Hansard, consulté en 2026.
  181. ↑ Agreement relative to the Traffic in Spirituous Liquors, UK Parliament, consulté en 2026.
  182. ↑ Crusaders Against Opium, UKnowledge, consulté en 2026.
  183. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  184. ↑ CROMPTON Robert, Counting the Days to Armageddon, p. 31-33.
  185. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  186. ↑ Trumbull, Henry Clay, Jewish Encyclopedia, consulté en 2026.
  187. ↑ La Tour de Garde de Février 1884, p. 1.
  188. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  189. ↑ CHRYSSIDES George, Historical Dictionary of Jehovah's Witnesses, p. 65-67.
  190. ↑ La Tour de Garde, mai 1881, p. 9
  191. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  192. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  193. ↑ Charles Cardwell McCabe, Wikipédia, consulté en 2026.
  194. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  195. ↑ History of Methodism in Maine, 1793-1886, consulté en 2026.
  196. ↑ La Tour de Garde de Février 1883, p. 9.
  197. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621-622
  198. ↑ PENTON, Apocalypse Delayed, op. cit., p. 39-41.
  199. ↑ La Tour de Garde de Mars 1884, p. 12.
  200. ↑ La Tour de Garde de Mars 1883, p. 10.
  201. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  202. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  203. ↑ La Tour de Garde de Mai 1883, p. 8.
  204. ↑ La Tour de Garde de Juin 1883, p. 9.
  205. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  206. ↑ La Tour de Garde de mars 1880, p. 85.
  207. ↑ Central European Journal of Contemporary Religion, 2/2017, Karolinum, consulté en 2026.
  208. ↑ La Tour de Garde de Juin 1883, p. 9.
  209. ↑ La Tour de Garde de Mai 1883, p. 8.
  210. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621-622 et 627
  211. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  212. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  213. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  214. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  215. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  216. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  217. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  218. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  219. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  220. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  221. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  222. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 621
  223. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, pp. 621-622
  224. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  225. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  226. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  227. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  228. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  229. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  230. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  231. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  232. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  233. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  234. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  235. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 622
  236. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  237. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  238. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  239. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  240. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 623
  241. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  242. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  243. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  244. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  245. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  246. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  247. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  248. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  249. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  250. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 624
  251. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  252. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  253. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  254. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  255. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 625
  256. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  257. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  258. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  259. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  260. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  261. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  262. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 626
  263. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  264. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  265. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  266. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  267. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  268. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  269. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  270. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  271. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 627
  272. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  273. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  274. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  275. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  276. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  277. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  278. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  279. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  280. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  281. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 628
  282. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  283. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  284. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  285. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  286. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  287. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  288. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 629
  289. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  290. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  291. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  292. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  293. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  294. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  295. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  296. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 630
  297. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  298. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  299. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  300. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  301. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  302. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  303. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  304. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  305. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 631
  306. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, pp. 631-632
  307. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  308. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  309. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  310. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  311. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  312. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  313. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632
  314. ↑ La Tour de Garde de Juin 1884, p. 632

Catégorie:1884

Sommaire